Yoma 34b -- le sens de la déduction des nesakhim, les lingots de fer dans le mikve et là loi du davar che-eino mitkaven, puis la seconde immersion et les vêtements blancs

Yoma 34b

Sougya : Le daf se clôt d'abord sur la querelle des nesakhim : les Sages lisent le passage biblique comme dit du tamid de l'après-midi et en apprennent celui du matin ; Rabbi fait l'inverse, appuyé par Rabba bar Oulla sur l'article de la-keves ha-ehad, puisque le mot ehad a été introduit à propos de l'agneau du matin. Chacun doit alors recaser le verset que l'autre lui prend, et Tossefot dégage une nafka mina concrète : une communauté qui ne dispose de libations que pour un seul tamid.

La guemara revient ensuite à la michna sur le Cohen gadol âgé ou istenis, et rapporte la technique des lingots de fer chauffés la veille et jetés dans l'eau froide du mikve. L'objection est immédiate -- c'est tremper le fer, donc makeh be-patich -- et suscite deux réponses de nature opposée : Rav Bibi nie le fait, Abaye nie l'interdit au nom du davar che-eino mitkaven.

La guemara retourne alors Abaye contre lui-même à partir de la circoncision au travers d'une bahereth, et se résout en une ligne : ce qui vaut pour toute la Tora ne vaut pas ici, où le tsirouf n'est que rabbinique. Rachi et le Ri lisent cette ligne de deux façons opposées, et Tossefot déploie à cette occasion l'un des plus longs traités talmudiques sur le pessik reicha et la melakha che-eina tsrikha le-goufa.

Une nouvelle michna ouvre enfin le service propre au jour : seconde immersion à la Beit haParva, en lieu saint cette fois, drap de boutz tendu entre le Cohen gadol et le peuple, controverse du tana kama et de Rabbi Meir sur l'ordre du kidouch et du dévêtissement, puis le chiffrage des vêtements blancs -- douze maneh et huit cents zouz pour Rabbi Meir, dix-huit et douze maneh pour les Sages, trente maneh à la charge du public, le surplus à la charge du Cohen gadol.

Les libations du tamid : dans quel sens apprend-on ? La Tora ne détaille les nesakhim qu'à un seul endroit. Reste à savoir lequel des deux tamidim est le modèle. Les Sages (rabbanan) Le passage des nesakhim est écrit à propos du tamid de l'après-midi APRÈS-MIDI = source MATIN = appris de lui Et le mot ehad (un) du verset ? Il veut dire : le plus choisi du troupeau. Le choix des nedarim vient d'un autre verset. Rabbi (Yehouda haNassi) Le verset dit la-keves ha-ehad ; or l'agneau dit ehad est celui du matin MATIN = source APRÈS-MIDI = appris de lui Preuve : Chemot 29,39 - tu feras l'un (ehad) des agneaux le matin. Le plus choisi vient de mivhar nidrekhem. Nafka mina (Tossefot) : une communauté qui n'a de libations que pour UN seul tamid Les Sages : le soir est le modèle -> on les offre l'après-midi Rabbi : le matin est le modèle (ikar) -> on les offre le matin
Rabbi contre les Sages : de quel tamid apprend-on les libations de l'autre, et la conséquence pratique dégagée par Tossefot.
Les lingots de fer dans le mikve : la sougya du davar che-eino mitkaven Quatre coups : le fait, l'objection, deux réponses, la contre-attaque, la solution -- et deux lectures de la solution. Baraita de Rabbi Yehouda On chauffe des lingots la veille, on les jette dans l'eau froide du mikve Objection : ve-halo metsaref ! Le fer chaud plongé dans l'eau se trempe : c'est makeh be-patich Réponse 1 -- Rav Bibi Le fer n'avait pas atteint le point de tsirouf : déjà à demi refroidi, il ne durcit pas. Réponse 2 -- Abaye Même s'il atteint le tsirouf : c'est un davar che-eino mitkaven, donc permis. Contre-attaque : Abaye contre Abaye Sur la mila au travers d'une bahereth, Abaye a expliqué que le verset est requis pour R. Yehouda : eino mitkaven est INTERDIT. Réponse : hanei milei be-khôl haTora koula -- aval hakha tsirouf de-rabanan L'interdit de R. Yehouda vaut pour le reste de la Tora ; ici l'enjeu n'est que rabbinique. Deux lectures de cette réponse Rachi Efface les mots ein chevout ba-mikdach. Puisque même avec intention il n'y aurait pas d'interdit de la Tora, les Sages n'ont rien décrété sans intention -- même hors du Temple. Tout se joue sur le statut derabanan du tsirouf. Ri (Tossefot) Garde ein chevout ba-mikdach. Chabbat exige melekhet mahchevet : sans intention, pas d'interdit de la Tora -- seulement derabanan, et au Temple on ne tient pas les chevout. Tout se joue sur la spécificité de Chabbat.
La sougya des lingots de fer : de la baraita de Rabbi Yehouda jusqu'aux deux lectures - Rachi et le Ri - de la réponse finale.
Le prix des vêtements blancs : Rabbi Meir contre les Sages 1 maneh = 100 zouz. Dans les deux avis, ceux du matin valent un tiers de plus que ceux de l'après-midi. 0 1800 zouz Rabbi Meir le prix est nommé, pas le total Matin -- lin de Pelousim 12 maneh = 1200 zouz Après-midi -- lin de l'Inde 800 zouz Total implicite : 20 maneh. Tossefot s'étonne que la michna n'écrive ni 8 maneh ni le total. Les Sages le total est nommé : 30 maneh Matin 18 maneh = 1800 zouz Après-midi 12 maneh = 1200 zouz Total : 30 maneh Qui paie ? Les 30 maneh : la communauté. Au-delà : le Cohen gadol, de sa propre bourse. Roch : la répartition 18/12 n'est pas rigide -- ce qui compte, c'est que le matin l'emporte et que le total fasse 30 maneh.
Les vêtements de lin de la seconde immersion : les chiffres de Rabbi Meir et ceux des Sages, et qui en supporte le coût.
1
רַבִּי אוֹמֵר: עַרְבִית מִשֶּׁל שַׁחֲרִית.

Rabbi dit : celle de l'après-midi [s'apprend] de celle du matin.

📜 Rachi (1)
רַבִּי אוֹמֵר שֶׁל עַרְבִית מִשֶּׁל שַׁחֲרִית דִּלְכַבֵּשׁ הָאֶחָד אַדְּשַׁחֲרִית קָאֵי שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ אֶת הַכֶּבֶשׂ אֶחָד תַּעֲשֶׂה בַבֹּקֶר:
Car [les mots] la-keves ha-ehad (pour l'agneau, l'un) se rapportent à celui du matin, dont il est dit : tu feras l'un (ehad) des agneaux le matin (Chemot 29,39).
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי אוֹמֵר שֶׁל עַרְבִית מִשֶּׁל שַׁחֲרִית נ"ל דְּאִיכָּא בֵּינַיְיהוּ צִיבּוּר שֶׁלֹּא הָיוּ לָהֶם נְסָכִים אֶלָּא לְאֶחָד מֵהֶן לְמָאֵן דְּאָמַר דִּגְמַר שֶׁל עַרְבִית מִשֶּׁל שַׁחֲרִית א"כ שַׁחֲרִית עִיקָּר וְיַקְרִיבוּם שַׁחֲרִית וּלְמַאן דְּאָמַר גָּמַר שַׁחֲרִית מַעֲרָבִית יַקְרִיבוּם עַרְבִית:
Il me semble qu'il y a entre eux [une différence pratique] : une communauté qui n'aurait de libations que pour l'un des deux [tamidim]. Selon celui qui dit qu'on apprend celui de l'après-midi de celui du matin, le matin est alors le principal (ikar) et on les offrira le matin ; selon celui qui dit qu'on apprend celui du matin de celui de l'après-midi, on les offrira l'après-midi.
💡 Explication

Fin de la discussion ouverte à la page précédente sur les nesakhim (libations et oblation qui accompagnent le tamid). La Tora ne détaille cette règle qu'à un seul endroit ; il faut donc décider lequel des deux tamidim quotidiens y est visé, l'autre étant appris du premier.

Les rabbanan lisent le passage comme portant sur le tamid de l'après-midi ; Rabbi soutient l'inverse. Le désaccord paraît purement exégétique -- Tossefot va montrer qu'il ne l'est pas.

2
בִּשְׁלָמָא לְרַבָּנָן, הַאי בְּתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם כְּתִיב. אֶלָּא רַבִּי, מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבָּה בַּר עֻולָּא, אֲמַר קְרָא: ״לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד״, אֵיזֶהוּ כֶּבֶשׂ שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״אֶחָד״? הֱוֵי אוֹמֵר זֶה תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר.

Passe encore pour les Sages : ce [passage] est écrit à propos du tamid de l'après-midi. Mais Rabbi, quelle est sa raison ?

Rabba bar Oulla a dit : le verset dit la-keves ha-ehad (pour l'agneau, l'un) -- quel est l'agneau à propos duquel il est dit un (ehad) ? Tu dois dire : c'est le tamid du matin.

💡 Explication

La guemara accorde d'emblée la position des Sages : le contexte du passage des nesakhim, dans les versets qui précèdent, parle du tamid de l'après-midi. Le fardeau de la preuve pèse donc sur Rabbi.

Rabba bar Oulla le tire d'un détail d'écriture : le verset des nesakhim ne dit pas seulement keves mais la-keves ha-ehad, avec l'article. Or le qualificatif ehad a déjà été attribué, en Chemot 29,39, à l'agneau du matin. L'article renvoie donc à un agneau connu : celui du matin.

🖼️ Schéma
La preuve de Rabba bar Oulla : où est ancré le mot ehad ? Chemot 29,39 et ha-keves EHAD taasse ba-boker tu feras l'UN des agneaux le matin c'est ici que le mot ehad est introduit Le verset des nesakhim LA-KEVES HA-EHAD : pour l'agneau, l'un un dixième de fleur de farine, un quart de hin de quel agneau parle-t-il ? L'article ha- renvoie à l'agneau déjà qualifié de ehad : celui du MATIN. Conséquence pour Rabbi Le passage des nesakhim est donc dit du tamid du MATIN ; celui de l'après-midi en est appris.
L'argument d'écriture : le mot ehad a un domicile scripturaire, et c'est le matin.
3
וְרַבָּנָן: מַאי ״אֶחָד״ — מְיֻוחָד שֶׁבְּעֶדְרוֹ. וְרַבִּי: מִ״וּמִבְחַר נְדָרֶיךָ״ נָפְקָא. וְרַבָּנָן: חַד בְּחוֹבָה וְחַד בִּנְדָבָה, וּצְרִיכִי.

Et les Sages : que signifie un (ehad) ? -- le plus distingué de son troupeau. Et Rabbi : cela se déduit de et le meilleur de vos vœux (Devarim 12,11).

Et les Sages : l'un [des versets vaut] pour l'obligatoire et l'autre pour le volontaire, et les deux sont nécessaires.

📜 Rachi (1)
וּצְרִיכִי יֵשׁ צַד נוֹטֶה שֶׁהַנְּדָבָה צָרִיךְ לְייַפּוֹתָהּ כְּדֵי שֶׁתִּתְרַצֶּה לְדוֹרוֹן וְהַקְבָּלַת פָּנִים וְיֵשׁ צַד נוֹטֶה לוֹמַר שֶׁהַחוֹבָה הַמֻּוטֶּלֶת צָרִיךְ לִפְרֹועַ חוֹבוֹ מִשָּׁלֵם:
Il y a un côté qui incline à dire que l'offrande volontaire (nedava), il faut l'embellir pour qu'elle soit agréée comme un présent et une entrée en présence ; et il y a un côté qui incline à dire que la dette imposée (hova), on doit s'en acquitter intégralement.
💡 Explication

Chaque camp doit maintenant recaser le verset que l'autre lui prend. Les Sages refusent de lire ehad comme un renvoi au matin : pour eux, le mot est qualitatif -- meyouhad che-be-edro, le plus remarquable du troupeau. C'est la source de l'exigence de qualité pour un sacrifice.

Rabbi, lui, tire cette exigence d'ailleurs : mivhar nidrekhem. Les Sages répliquent que les deux versets sont nécessaires (tsrikhi) : chacun couvre un registre distinct -- l'un l'offrande obligatoire (hova), l'autre l'offrande volontaire (nedava) -- et Rachi explique pourquoi aucun des deux ne se déduit de l'autre.

4
אִם הָיָה כֹּהֵן גָּדוֹל זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס וְכוּ׳. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: עֲשָׁשִׁיּוֹת שֶׁל בַּרְזֶל הָיוּ מְחַמִּין מֵעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים וּמְטִילִין לְתוֹךְ צוֹנֵן, כְּדֵי שֶׁתָּפִיג צִינָּתָן. וַהֲלֹא מְצָרֵף! אָמַר רַב בֵּיבָי: שֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְצֵירוּף. אַבַּיֵּי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא שֶׁהִגִּיעַ לְצֵירוּף — דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר.

Si le Cohen gadol était âgé ou istenis (de constitution délicate), etc. Il a été enseigné : Rabbi Yehouda a dit : on chauffait des lingots de fer (achachiot) depuis la veille de Yom Kippour et on les jetait dans l'eau froide, afin d'en dissiper la froideur.

Mais il trempe le fer (metsaref) ! Rav Bibi a dit : [le fer] n'avait pas atteint le point de tsirouf.

Abaye a dit : même si tu dis qu'il avait atteint le point de tsirouf -- un acte non intentionnel (davar che-eino mitkaven) est permis.

📜 Rachi (3)
עֲשָׁשִׁיּוֹת חֲתִיכוֹת עָבוֹת כְּמוֹ עָשָׂת שֵׁן (שִׁיר הַשִּׁירִים ה׳:י״ד) וְאַף לְשׁוֹן חֲכָמִים מְנוֹרָה בָּאָה מִן הָעֶשֶׁת (מְנָחוֹת דַּף כֹּח.) משי"ש בְּלַעַ"ז:
Des morceaux épais, comme echet chen, bloc d'ivoire (Chir haChirim 5,14) ; et de même dans la langue des Sages : la menora vient d'un bloc (echet) [Menahot 28a]. masi-s en langue vernaculaire [masse].
וַהֲלֹא מְצָרֵף הַנּוֹתֵן בַּרְזֶל מִן הָאֵשׁ לַמַּיִם מְצָרְפוֹ מְחַזְּקוֹ וּמַקְשֵׁהוּ:
Celui qui met du fer [sorti] du feu dans l'eau le trempe : il le renforce et le durcit.
שֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְצֵירוּף כְּבָר הָיָה מְצֻונָּן בְּמִקְצָת אַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ נוֹתְנִין בַּלַּיְלָה בְּתוֹךְ גֶּחָלִים לוֹחֲשׁוֹת אֵינוֹ מְלֻובָּן כָּל כָּךְ שֶׁיְּהֵא לוֹ חִיזּוּק ע"י מַיִם:
Il s'était déjà refroidi en partie : bien qu'on les mit la nuit au milieu de braises ardentes, il n'est pas incandescent au point d'en tirer un renforcement par l'eau.
💡 Explication

Retour à la michna : pour un Cohen gadol âgé ou istenis (que le froid rend malade), on tiédissait l'eau du mikve. Une baraita rapporte au nom de Rabbi Yehouda une autre technique : des achachiot, lingots de fer chauffés la veille, jetés dans l'eau froide.

Objection : plonger du fer chaud dans l'eau, c'est le tremper (tsirouf) -- une forme de makeh be-patich, le geste qui achève la fabrication d'un objet, travail interdit le jour de Kippour comme Chabbat. Deux réponses de nature très différente : Rav Bibi nie que le fait se produise (le lingot n'était plus assez chaud) ; Abaye concède le fait mais nie l'interdit, au nom du principe du davar che-eino mitkaven -- l'effet secondaire non visé n'est pas imputé.

🖼️ Schéma
Le lingot, le feu, l'eau : où se loge le tsirouf ? Veille de Kippour les achachiot chauffent dans les braises Le jour même on les plonge dans l'eau froide du mikve Effet VOULU l'eau tiédit, le froid part Effet NON VOULU le fer se trempe : tsirouf makeh be-patich achèvement du fer Rav Bibi -- on nie le fait Le lingot avait déjà tiédi ; il n'était pas assez incandescent pour que l'eau le durcisse. Pas de tsirouf du tout : rien à discuter. Abaye -- on nie l'interdit Admettons le tsirouf : il n'est pas visé. Un davar che-eino mitkaven est permis. C'est cette phrase que la guemara va attaquer.
Le même geste produit deux effets : celui qu'on veut (tiédir l'eau) et celui qu'on ne veut pas (tremper le fer).
5
וּמִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי? וְהַתַּנְיָא: ״בְּשַׂר עָרְלָתוֹ״, אֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ שָׁם בַּהֶרֶת — יָקוֹץ, דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה. וְהָוֵינַן בָּהּ: קְרָא לָמָּה לִי? וְאָמַר אַבַּיֵּי: לְרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר.

Et Abaye a-t-il vraiment dit cela ? Mais n'a-t-il pas été enseigné : la chair de son prépuce (Vayikra 12,3) -- même là où il y a une bahereth (tache lépreuse), qu'il coupe ; paroles de Rabbi Yochiya.

Et nous avons discuté là-dessus : pourquoi ai-je besoin d'un verset ? Et Abaye a dit : [c'est] selon Rabbi Yehouda, qui dit qu'un acte non intentionnel est interdit.

📜 Rachi (3)
מִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי דְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין מֻותָּר:
Qu'un acte non intentionnel est permis.
קְרָא ל"ל בָּשָׂר לְרַבּוֹת הַמְנֻוגָּע דְּמָצֵי לְמִכְתַּב יִמּוֹל עָרְלָתוֹ וְכָתַב בָּשָׂר לְרַבּוֹת בָּשָׂר הָאָמוּר בִּנְגָעִים (וַיִּקְרָא יג) אָדָם כִּי יִהְיֶה בְעוֹר בְּשָׂרוֹ ל"ל קְרָא הָא דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין הוּא:
[Le mot] chair vient inclure celui qui est atteint de la plaie : car [le verset] pouvait écrire il circoncira son prépuce, et il a écrit la chair pour inclure la chair dont il est question à propos des plaies (Vayikra 13) : un homme, lorsqu'il y aura dans la peau de sa chair... Pourquoi ai-je besoin d'un verset ? C'est bien un acte non intentionnel !
וְאָמַר אַבַּיֵּי וְכוּ' אַלְמָא ס"ל לְאַבַּיֵּי דִּקְרָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְר' יְהוּדָה מִדְּאִצְטְרִיךְ קְרָא לְמִישְׁרְיֵיהּ:
Il en ressort qu'Abaye tient que le verset vient en appui à Rabbi Yehouda, puisqu'il a fallu un verset pour le permettre.
💡 Explication

La guemara attaque Abaye avec Abaye lui-même. Ailleurs, à propos de la circoncision d'un enfant dont le prépuce porte une bahereth, une baraita de Rabbi Yochiya déduit du mot superflu bessar (la chair) qu'on coupe malgré l'interdit d'exciser une tache lépreuse. On avait demandé : à quoi bon un verset, puisqu'il ne vise pas la bahereth mais la mila ?

Et c'est Abaye qui avait répondu : cette baraita suit Rabbi Yehouda, pour qui le davar che-eino mitkaven est interdit. Or notre baraita sur les lingots est elle aussi de Rabbi Yehouda : Abaye ne peut pas l'y sauver par un principe qu'il attribue lui-même à l'avis opposé.

🖼️ Schéma
Circoncire à travers une bahereth : pourquoi faut-il un verset ? La situation Le prépuce du huitième jour porte une tache lépreuse (bahereth). Couper une bahereth est interdit (Devarim 24,8) -- mais il vise la mila. R. Yochiya : besar orlato Le mot chair est de trop : il vient inclure le cas de la chair atteinte. Donc : qu'il coupe malgré la bahereth. Rachi : sans ce mot, on aurait lu yimol orlato. La question de la guemara : kera lama li ? Il ne vise pas la bahereth : c'est déjà un davar che-eino mitkaven, donc permis sans verset. Réponse d'Abaye : la baraita suit Rabbi Yehouda Pour lui, eino mitkaven est INTERDIT -- il faut donc un verset pour permettre. D'où l'attaque contre Abaye.
Mila à travers une bahereth : le verset ne serait superflu que si l'acte non intentionnel était déjà permis.
6
הָנֵי מִילֵּי, בְּכָל הַתּוֹרָה כֻּולָּהּ, אֲבָל הָכָא צֵירוּף דְּרַבָּנַן הוּא.

Ces paroles [valent] pour toute la Tora entière, mais ici le tsirouf est d'ordre rabbinique.

📜 Rachi (2)
בְּכָל הַתּוֹרָה בְּאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא כְּגוֹן קוֹצֵץ בַּהֶרֶת דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ״ד:ח׳) הִשָּׁמֶר בְּנֶגַע הַצָּרַעַת וְאָמַר מַר בְּקוֹצֵץ בַּהַרְתּוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר:
Dans un interdit de la Tora, comme celui qui coupe une bahereth, dont il est écrit garde-toi de la plaie de la lèpre (Devarim 24,8), et le maître a dit : c'est de celui qui coupe sa bahereth que parle le verset.
וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ לָא גָרְסִינַן דְּהָא תָּלָה טַעְמָא בְּאֵין מִתְכַּוֵּין:
Et il n'y a pas de chevout au Temple -- nous ne lisons pas [ces mots], car [Abaye] a fait dépendre la raison du caractère non intentionnel [de l'acte].
🗂️ Tossefot (1)
הָנֵי מִילֵּי בְּאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא אֲבָל הָכָא צֵירוּף דְּרַבָּנַן ה"ג רַשִׁ"י וְלָא גָּרְסִי' אֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ וּמְפָרֵשׁ כֵּיוָן דְּאַפֵּי' אִי הֲוָה מִתְכַּוֵּין לֵיכָּא אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא כִּי לָא מִיכַּוֵין לָא גָּזְרוּ בֵּיהּ רַבָּנַן אֲפִילּוּ בַּמְּדִינָה וְקָשֶׁה לר"י דא"כ מַשְׁמַע דִּבְצֵירוּף דְּרַבָּנָן לֹא אָסַר ר' יְהוּדָה וּבְפֶרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מא:) מַשְׁמַע דְּאָסַר דְּקָאָמַר אַבַּיֵּי גּוּפֵיהּ הָתָם הַמֵּיחַם שֶׁפִּינָּה מִמֶּנּוּ מַיִם לֹא יִתֵּן לְתוֹכוֹ מַיִם כָּל עִיקָּר מִפְּנֵי שֶׁמְּצָרֵף וְר' יְהוּדָה הִיא דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר מִיהוּ הָא לָא קַשְׁיָא דְּמָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּצֵירוּף עֲשָׁשִׁיּוֹת דַּווְקָא דְּרַבָּנָן שֶׁאֵינָם כֵּלִים וְעוֹמְדִין לַעֲשׂוֹת מֵהֶם כֵּלִים לְבַסּוֹף וְצֵירוּף דְּהַשְׁתָּא לָאו הַייְנוּ גְּמַר מְלַאכְתּוֹ אֲבָל מֵיחַם שֶׁהוּא כְּלִי וְצֵירוּף שֶׁלּוֹ הוּא גְּמַר מְלַאכְתּוֹ הָוֵי דְּאוֹרָייְתָא מִיהוּ קָשֶׁה דבס"פ כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מו:) אָמְרִי' כָּל הֵיכָא דְּכִי קָא מִיכַּוֵּין אִיכָּא אִיסּוּרָא דְּאוֹרַיי' כִּי לָא מִיכַּוֵין גָּזַר ר"ש וְכָל הֵיכָא דְּכִי קָא מִיכַּוֵּין לֵיכָּא אִיסּוּרָא דְּאֻורְיִי' כִּי לָא מִיכַּוֵּין לֹא גָּזַר פִּי' כְּגוֹן גּוֹרֵר מִטָּה וְסַפְסָל וְכִסֵּא דְּהָוְיָא חוֹרֵשׁ כִּלְאַחַר יָד א"כ ר' יְהוּדָה דִּפְלִיג עָלֶיהָ אָסַר אַפֵּי' בְּכִי הַאי גַּוְונָא דְּכִי מִיכַּוֵּין לֵיכָּא אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא וְעוֹד מַאי פָּרִיךְ מִבַּהֶרֶת דְּלָא מָצֵי לְמִיפְרַךְ אֶלָּא מִבָּרַיְיתָא וּמִמִּילְּתָא דְּאַבַּיֵּי דְּאִיתְּמַר עֲלָהּ לִיפְרֹךְ מִמַּתְנִי' דפ"ב דְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (דַּף כג:) ר' יְהוּדָה אוֹמֵר כָּל הַכֵּלִים אֵין נִגְרָרִין חוּץ מִן הָעֲגָלָה מִפְּנֵי שֶׁהִיא כּוֹבֶשֶׁת אַלְמָא דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר נְהִי דְּמָצֵי לְמֵימַר דְּנִיחָא לֵיהּ לְמִיפְרַךְ דְּאַבַּיֵּי אַדְּאַבַּיֵּי טְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְאֵתוּיֵי מִמִּילְּתָא דְּר' יְהוּדָה דְּמַתְנִי' בְּהֶדְיָא וְעוֹד שֶׁהוּא מוֹחֵק כָּל הַסְּפָרִים דְּגָרַס בְּהוּ הָנֵי מִילֵּי בְּכָל הַתּוֹרָה כֻּולָּהּ אֲבָל הָכָא צֵירוּף דְּרַבָּנַן וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ עַל כֵּן נִרְאֶה לר"י אַבַּיֵּי אָמַר אַפֵּי' תֵּימָא שֶׁהִגִּיעַ לְצֵירוּף דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר פֵּירוּשׁ מִן הַתּוֹרָה ואע"ג דְּמִדְּרַבָּנָן אָסוּר אֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ וּפָרִיךְ מִי אָמַר אַבַּיֵּי דְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לָא מִיתְּסַר אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן וְהַתַּנְיָא וְכוּ' וּמִדְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא ש"מ דְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר מִדְּאוֹרַייְתָּא וּמְשַׁנֵּי הָנֵי מִילֵּי בְּכָל הַתּוֹרָה כֻּולָּהּ אָסוּר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין כְּמִתְכַּוֵּין אֲבָל הָכָא פֵּירוּשׁ בְּשַׁבָּת דִּכְתִיב בֵּיהּ מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת בָּעֵינַן שֶׁיֵּחָשֵׁב לַעֲשׂוֹת הַמְּלָאכָה שֶׁהוּא עוֹשֶׂה הִלְכָּךְ צֵירוּף דְּהָכָא הָוֵי כְּלֹא מִתְכַּוֵּין דְּרַבָּנָן וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִינַן בְּהוּ בְּהֶדְיָא אֲבָל הָכָא מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת אָסְרָה תּוֹרָה וְזֶה כפר"י וְהַשְׁתָּא אַוַּכְּחָן דִּלְר' יְהוּדָה דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר מִדְּאוֹרַייְתָּא גַּבֵּי שַׁבָּת וְתֵימַהּ דִּבְפֶרֶק סָפֵק אָכַל (כְּרִיתוֹת דַּף כ:) אָמַר רַב אָשֵׁי כְּגוֹן שֶׁנִּתְכַּוֵּין לְכַבּוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת וְהֻובְעֲרוּ הַתַּחְתּוֹנוֹת מֵאֵילֵיהֶן ור"א בַּר צָדוֹק סָבַר לָהּ כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר אַלְמָא לְר' יְהוּדָה דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין חַייָּב מה"ת וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָתָם פְּסִיק רֵישֵׁיהּ הוּא שא"א בְּשׁוּם עִנְיָן כְּשֶׁחוֹתֶה שֶׁלֹּא יֻובְעֲרוּ הַתַּחְתּוֹנוֹת וְכֵיוָן דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ כְּמִתְכַּוֵּין דָּמֵי וְאע"ג דְּלָא צָרִיךְ לְהַבְעָרָתוֹ וְהָוְיָא לָהּ מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ סָבַר לַהּ נַמֵּי בְּהָא כַּר' יְהוּדָה דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַייָּב עָלֶיהָ וְהָא דְּפָטַר לֵיהּ ר"ש לָאו מִשּׁוּם דְּלָא חֲשִׁיב לֵיהּ מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת דְּהָא כִּי הֵיכִי דִּלְר' יְהוּדָה הָוְיָא מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת הָכִי נָמֵי לר"ש כֵּיוָן דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וְעוֹד דְּר' שִׁמְעוֹן מְחַייֵּב מְקַלְקֵל בְּהַבְעָרָה אע"ג דְּבִשְׁאָר מְלָאכוֹת פָּטוּר מִשּׁוּם מְלֶאכֶת מַחֲשֶׁבֶת כִּדְאִיתָא בספ"ק דַּחֲגִיגָה (דַּף י.) וּמִתְעַסֵּק נָמֵי דְּפָטוּר בִּשְׁאָר מְלָאכוֹת מִטַּעַם מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת מְחַיֵּיב ר' שִׁמְעוֹן בְּחַבּוּרָה וְהַבְעָרָה כִּדְאָמַר פ' סָפֵק אָכַל (כְּרִיתוֹת דַּף יט:) הַנַּח לַתִּינוֹקוֹת הוֹאִיל וּמְקַלְקֵל בְּחַבּוּרָה חַיָּיב מִתְעַסֵּק נָמֵי חַיָּיב אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּפָטַר מִשּׁוּם דְּבָעֵינַן מְלָאכָה הַצְּרִיכָה לְגוּפָהּ דְּיָלְפִינַן מִמִּשְׁכָּן וַאֲפִילּוּ בְּחַבּוּרָה וְהַבְעָרָה ס"ל דְּבָעֵינַן צְרִיכָה לְגוּפָהּ כִּדְמוֹכַח בר"פ אֵלּוּ הֵן הַנֶּחֱנָקִין (סַנְהֶדְרִין דַּף פֹּה.) וְהַאי דִּנְקַט בִּכְרִיתוֹת לִישָּׁנָא דְּמִתְכַּוֵּין וְאֵין מִתְכַּוֵּין וְלָא נְקַט הָא ר' יְהוּדָה דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַייָּב עָלֶיהָ הָא ר' שִׁמְעוֹן מִשּׁוּם רְבוּתָא דְּר' יְהוּדָה נְקַט לֵיהּ דאע"פ שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לְהַבְעִיר הַתַּחְתּוֹנוֹת מֵאַחַר שֶׁהוּא פְּסִיק רֵישֵׁיהּ חַייָּב דסד"א דְּר' יְהוּדָה לָא מִחַייַּב מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁהוּא מִתְכַּוֵּין בְּיָדַיִם כְּגוֹן מֵפִיס מֻורְסָא שֶׁהוּא מִתְכַּוֵּין לְפֶתַח וְכֵן חָס עַל הַנֵּר שֶׁמִּתְכַּוֵּין לְכַבּוֹת וּמוֹצִיא הַמֵּת בַּמִּטָּה וְכֵן כֻּולָּם שֶׁמִּתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת הַמְּלָאכָה בְּיָדַיִם אֶלָּא שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ אֲבָל בְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת בְּיָדַיִם כְּגוֹן נִתְכַּוֵּין לְכַבּוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת וְהֻובְעֲרוּ הַתַּחְתּוֹנוֹת מֵאֵילֵיהֶן דְּלָא נִתְכַּוֵּין לִמְלֶאכֶת הַבְעָרָה כְּלָל אֶלָּא לְכִיבּוּי אע"ג דַּהֲוָה פְּסִיק רֵישֵׁיהּ סד"א דְּלָא לִיחַייֵּב ר' יְהוּדָה קמ"ל אֲבָל בְּהַהִיא דְּבָתַר הָכִי דְּחוֹתֶה אֶת הַגֶּחָלִים לְהִתְחַמֵּם בָּהֶן וְהֻובְעֲרוּ מֵאֵילֵיהֶן לָא נְקַט לִישָּׁנָא דְּאֵין מִתְכַּוֵּין אֶלָּא מְשַׁנֵּי הָא ר' יְהוּדָה דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַיָּיב עָלֶיהָ הָא ר"ש דְּאָמַר פָּטוּר אע"ג דְּאֵין כַּווָּנָתוֹ לְהַבְעִיר מִדְּפָטַר בָּהּ ר"ש מ"מ הֲרֵי לְהִתְחַמֵּם הוּא עוֹשֶׂה אֶלָּא אֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְהַבְעִיר אֶלָּא לִמְשֹׁוךְ הַגֶּחָלִים אֶצְלוֹ לְהִתְחַמֵּם בָּהֶן וְאֵינוֹ צָרִיךְ שֶׁיֻּובְעֲרוּ יוֹתֵר מִמַּה שֶׁהֵם בּוֹעֲרִים כְּבָר וְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לָא הָוֵי אֶלָּא הֵיכָא דְּקָשֶׁה לוֹ בְּהַבְעָרָתָהּ דְּהַיְינוּ כְּשֶׁבָּא לְכַבּוֹת הָתָם שַׁיָּיךְ לְהַזְכִּיר אֵין מִתְכַּוֵּין לִרְבוּתָא דָּר' יְהוּדָה וְר' שִׁמְעוֹן שָׁרִי לֵיהּ מִשּׁוּם דְּהָוֵי לֵיהּ מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ וְאַף עַל גַּב דִּבְפֶ' הַבּוֹנֶה (שַׁבָּת דַּף קג.) אָמַר הַתּוֹלֵשׁ עֳולָשִׁין אִם לַאֲכִילָה כִּגְרוֹגֶרֶת אִם לְיַיפּוֹתָהּ בְּכָל שֶׁהוּא וּפָרִיךְ אַטּוּ כֻּולְּהוּ לָאו לְייַפּוֹת קַרְקַע נִינְהוּ וּמְשַׁנֵּי לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וּפָרִיךְ וְהָא אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלֹא יָמוּת וּמְשַׁנֵּי לָא נִצְרְכָה דַּעֲבִיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה כְּלוּם וּמִכָּל מָקוֹם אָסוּר לְכַתְּחִילָּה כְּמוֹ שֶׁאֲפָרֵשׁ בְּסָמוּךְ אֶלָּא שֶׁאֵין חַיָּיב חַטָּאת וּמַשְׁמַע הָא בְּאַרְעָא דִּידֵיהּ חַייָּב חַטָּאת ואע"ג דְּאֵין מִתְכַּוֵּין לְייַפּוֹת קַרְקַע חַייָּב כֵּיוָן דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וְנֶהֱנָה הוּא וְלָא דָּמֵי לַחוּתָהּ אֶת הַגֶּחָלִים לְהִתְחַמֵּם בָּהֶן וְהֻובְעֲרוּ מֵאֲלֵיהֶן דְּהָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ וּפָטוּר לְרַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁאֵין נֶהֱנֶה כְּלָל בְּהַבְעָרָה זוֹ שֶׁבְּלֹא תּוֹסֶפֶת הַבְעָרָה יֵשׁ כָּל כָּךְ גֶּחָלִים שֶׁיּוּכַל לְהִתְחַמֵּם בָּהֶן וא"כ בְּבֵרוּר לֹא נִתְכַּוֵּון לְהַבְעִיר אֲבָל בְּהַהִיא דְּהַבּוֹנֶה (שַׁבָּת דַּף קג.) כֵּיוָן שֶׁהוּא נֶהֱנֶה אֲנַן סָהֲדֵי שֶׁהוּא מִתְכַּוֵּין לְייַפּוֹת מִיהוּ קָשֶׁה דְּבִשְׁמַעְתִּין מַשְׁמַע דְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אַפֵּי' פְּסִיק רֵישֵׁיהּ לָא הָוֵי דְּאוֹרָיְיתָא לְעִנְייַן שַׁבָּת אַלִּיבָּא דְּר' יְהוּדָה דע"כ צֵירוּף עֲשָׁשִׁיּוֹת פְּסִיק רֵישֵׁיהּ הוּא מִדְּפָרִיךְ עֲלָהּ מֵהַהִיא דְּבַהֶרֶת אֲפִי' הָכִי אָמַר דְּמִדְּרַבָּנָן הוּא וּבְהַהִיא [דִּכְרִיתוֹת] מְחַיְּיבִין לְרַבִּי יְהוּדָה בְּהַהִיא דְּהַחוֹתֶה אֶת הַגֶּחָלִים שֶׁנִּתְכַּוֵּון לְכַבּוֹת הָעֶלְיוֹנוֹת וְהֻובְעֲרוּ הַתַּחְתּוֹנוֹת אַף ע"ג דְּלָא מְכַוֵּין לְהַבְעִיר הַתַּחְתּוֹנוֹת וי"ל דְּצֵירוּף עֲשָׁשִׁיּוֹת לָא הָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וַאֲפִילּוּ הָכִי פָּרֵיךְ שַׁפִּיר מִדִּמְשַׁנֵּי אַבָּיֵי לָא צְרִיכָא אֶלָּא לֵר' יְהוּדָה דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר מִכְּלָל דְּלָא שָׁאנֵי לֵיהּ בֵּין מִתְכַּוֵּין לְשֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין דְּאִי שְׁנֵי לֵיהּ אֲפִילּוּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אָתְיָא וּנְהִי דִּלְבַסּוֹף הָדַר בֵּיהּ כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק ר' אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה (שַׁבָּת דַּף קלג:) מ"מ מִדִּמְשַׁנֵּי הָכִי מֵעִיקָּרָא מִכְּלָל דִּלְרַבִּי יְהוּדָה דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר מִדְּאוֹרַייְתָּא אע"ג דְּלָא הָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וּבֶעָרוּךְ פִּי' בע"א הַהִיא דְּהַבּוֹנֶה לָא צְרִיכָא דַּעֲבִיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ כֵּיוָן שֶׁאֵין נֶהֱנֶה כְּלָל בְּיִיפּוּי קַרְקַע חֲבֵירוֹ שָׁרִי אֲפִילּוּ לְכַתְּחִילָּה אע"ג דַּהֲוָה פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וְהָא דְּאָמַר מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ ה"מ בְּדָבָר שֶׁהוּא נֶהֱנֶה כְּגוֹן בְּאַרְעָא דִּידֵיהּ וְקוֹצֵץ בַּהֶרֶת בְּנוֹ שֶׁהוּא נֶהֱנֶה וּמִתּוֹךְ כָּךְ הִתִּיר בַּרְזָא הַכְּרוּכָה בְּפִשְׁתָּן לִמְשֹׁוךְ מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת אע"ג דְּקָא עֲבִיד סְחִיטָה וְהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ הוֹאִיל וְאֵינוֹ נֶהֱנֶה בְּאוֹתָהּ סְחִיטָה דְּקָא אָזֵיל לְאִיבּוּד וּמֻותָּר וְלָאו רְאָיָה הִיא מֵהַהִיא דְּקָעֲבִיד בְּאַרְעָא דְּחַבְרֵיהּ דְּלִשְׁתְּרֵי לְכַתְּחִילָּה דְּהָתָם לְעִנְיַן חִיּוּב חַטָּאת קָאָמַר דְּאֵין חַיָּיב חַטָּאת וּמִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר דְּאָסוּר לְכַתְּחִילָּה וְעוֹד הֵבִיא הֶעָרוּךְ רְאָייָה לִדְבָרָיו מִדְּאָמַר פ' ר' אֱלִיעֶזֶר דְּמִילָה (גַּם זֶה שָׁם) וְאַבָּיֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ בְּאוֹמֵר אֲבִי הַבֵּן לָקֹוץ בַּהֶרֶת בְּנוֹ הוּא מִתְכַּוֵּין וּפָרִיךְ וְאִי אִיכָּא אַחֵר לֶיעְבֵּיד כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ וּמְשַׁנֵּי דְּלֵיכָּא אַחֵר אֲבָל אִי אִיכָּא אַחֵר הָיָה מֻותָּר לְכַתְּחִילָּה אַלְמָא שָׁרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן פְּסִיק רֵישֵׁיהּ לְכַתְּחִילָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה וְאֵין זוֹ רְאָיָה דְּהָא דְּמוּקֵי לֵיהּ אַבַּיֵּי בְּאוֹמֵר אֲבִי הַבֵּן כו' הַיְינוּ מִקַּמֵּי דְּשָׁמַע מֵרָבָא דְּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ כִּדְקָא מַסִּיק הָתָם לְבָתַר דִּשְׁמַע מֵרָבָא סָבְרָה וּלְהָכִי פָּרִיךְ וְאַבַּיֵּי אַלִּיבָּא דר"ש כֵּיוָן דִּפְלִיג אַף בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וא"כ לָא שְׁנָא פְּסִיק רֵישֵׁיהּ מִשְּׁאָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ אֲבָל לְמַאי דְּמַסִּיק דִּלְאַבַּיֵּי נָמֵי מוֹדֶה בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ ל"ש אָבִיו ל"ש אַחֵר וְעוֹד מָה רְאָיָה הִיא מֵהָתָם דִּילְמָא הָתָם מִדְּאוֹרַייְתָּא שָׁרִי אֲבָל מִדְּרַבָּנָן אִיכָּא לְמֵימַר דְּאָסוּר מִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכִי מַייְתֵי רְאָיָה כֵּיוָן דְּבִשְׁאָר [אִיסּוּרֵי] דְּלָא בָּעֵינַן מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת מֻותָּר מִן הַתּוֹרָה אֵין סְבָרָא לֶאֱסֹור גַּבֵּי שַׁבָּת אַפֵּי' מִדְּרַבָּנָן וַדַּאי אִי בִּשְׁאָר אִיסּוּרֵי אָסוּר מִדְּאוֹרַייְתָּא מִשּׁוּם דְּלָא בָּעֵינַן בְּהוּ מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת אָז הָיָה רָאוּי לִגְזֹור גַּבֵּי שַׁבָּת מִדְּרַבָּנָן לְהַשְׁווֹתוֹ לִשְׁאָר אִיסּוּרֵי אע"ג דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא שָׁרִי מִשּׁוּם מְלֶאכֶת מַחֲשֶׁבֶת מִיהוּ לְמַאי דְּפָרֵישִׁית דִּלְבַסּוֹף הָדַר בֵּיהּ וס"ל דְּמוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וּבִקְצִיצַת בַּהֶרֶת אָסוּר מִדְּאוֹרַייְתָּא אע"ג דְּלָא מִיכַּוֵּין וא"כ בְּשַׁבָּת אָסְרִינַן לְכַתְּחִילָּה ל"ש אָבִיו ול"ש אַחֵר וְאַדְּרַבָּה מִשָּׁם קָשֶׁה לְפִי' הֶעָרוּךְ מִדְּלָא קָאָמַר אֶלָּא לְאַבַּיֵּי הַאי בְּשַׂר מַאי עָבֵיד לֵיהּ אֲבָל לְרָבָא דִּסְבִירָא לֵיהּ מוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ לָא שָׁנֵי לֵיהּ בֵּין אָבִיו בֵּין אַחֵר כֵּיוָן דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּשַׁבָּת דְּמִדְּרַבָּנָן [אָסוּר] פְּסִיק רֵישֵׁיהּ אע"ג דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא שָׁרִי מִשּׁוּם מְלֶאכֶת מַחֲשֶׁבֶת מִכְּלָל דְּבִשְׁאָר אִיסּוּרֵי אָסוּר מִדְּאוֹרַיְיתָּא וְעוֹד מַיְיתֵי רְאָייָה מִפֶּרֶק כָּל כִּתְבֵי (שַׁבָּת דַּף קיז.) דְּשָׁקִיל לֵיהּ בְּבַרְזֵי ואע"ג דְּמוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ הוֹאִיל וְאֵין נֶהֱנֶה מֻותָּר וְאֵינוֹ רְאָייָה כְּמוֹ שֶׁפֵּי' שָׁם רַשִׁ"י דְּלָאו מְלָאכָה הִיא דְּאֵין דֶּרֶךְ הֶפְשֵׁט בְּכָךְ עוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּשָׁקִיל לֵיהּ בַּחֲתִיכוֹת קְטַנּוֹת כָּל כָּךְ שֶׁאֵין בָּהֶם בְּאַחַת מֵהֶן לַעֲשׂוֹת קָמֵיעַ הִלְכָּךְ לָא חֲשִׁיב עוֹר וְאֵין זֶה הֶפְשֵׁט עוֹד הֵבִיא רְאָיָה מִדְּאָמַר פ' לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לג.) אֵין מְמַעֲטִין אוֹתוֹ בי"ט מִשּׁוּם ר' אֶלְעָזָר בר"ש אָמַר מְמַעֵט וּפָרִיךְ הָא קָא מְתַקֵּן מָנָא וּמְשַׁנֵּי הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן שֶׁלִּיקְּטָן לַאֲכִילָה וְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וּפָרִיךְ וְהָא מוֹדֶה ר"ש בִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ לָא צְרִיכָא דְּאִית לֵיהּ הוֹשַׁעְנָא אַחֲרִיתִי דְּמֵאַחַר שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה בְּדָבָר מֻותָּר אע"ג דְּהָוֵי כִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְאֵין לִדְחוֹת וְלוֹמַר מֵאַחַר דְּאִית לֵיהּ הוֹשַׁעְנָא אַחֲרִיתִי לָא הָוֵי מְתַקֵּן כֵּיוָן דְּאֵינוֹ מְתַקְּנָהּ לְשֵׁם מִצְוָה דְּאִם כֵּן מַאי דֻּוחְקֵיהּ לְמֵימַר ר' אֶלְעָזָר בר"ש סָבַר לֵיהּ כַּאֲבוּהּ דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין מֻותָּר אַפֵּי' כְּר' יְהוּדָה מָצֵי לְאוֹקְמֵי מֵהַאי טַעְמָא מִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת מֵאַחַר שֶׁאוֹתוֹ תִּיקּוּן אֲפִילּוּ בְּמִתְכַּוֵּין אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן דְּמִיעוּט עֲנָבָיו אֵין נִרְאֶה תִּיקּוּן כָּל כָּךְ שֶׁיֵּחָשֵׁב תִּיקּוּן מִן הַתּוֹרָה לֹא גָּזְרוּ בֵּיהּ רַבָּנָן כֵּיוָן שֶׁאֵין נֶהֱנֶה וּלְדִבְרֵי הֶעָרוּךְ אָתֵי שַׁפִּיר הָא דְּאָמַר בְּפֶ' כָּל הַתָּדִיר (מְנָחוֹת דַּף צֵא:) הַמִּתְנַדֵּב יַיִן מֵבִיא וּמְזַלְּפוֹ עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים וּפָרִיךְ וְהָא קָא מְכַבֶּה וּמוּקִי לָהּ כְּר"ש דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וְאַפֵּי' דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְזַלֵּף עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים שֶׁלֹּא יִכְבֶּה מַתִּיר ר"ש לְכַתְּחִילָּה מֵאַחַר שֶׁאֵין נֶהֱנֶה מִיהוּ אֵין נִרְאֶה דִּבְרֵי הֶעָרוּךְ דְּהָא מֵפִיס מֻורְסָא כְּדֵי לְהוֹצִיא מִמֶּנָּה לֵחָה פָּטוּר אֲבָל אָסוּר אִי לָאו מִשּׁוּם צַעֲרָא דְּאִינָשֵׁי אע"פ שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה כְּלָל וְאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין כְּלָל לְבִנְיַן הַפֶּתַח וְכֵן קָשֶׁה מִמַּחַט שֶׁל יָד לִיטּוֹל בָּהּ אֶת הַקּוֹץ וּמְפָרֵשׁ לָהּ בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף פֹּה.) אַלִּיבָּא דר"ש דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ פָּטוּר עָלֶיהָ וְדַוְקָא מִשּׁוּם צַעֲרָא דְּגוּפָהּ הָא לָאו הָכִי לָא אע"ג דְּלָא מִיכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת חַבּוּרָה כִּי אִם לְהוֹצִיא הַקּוֹץ וּלְפִי זֶה צְרִיכִין אָנוּ לְיַישֵּׁב הַהִיא דְּכָל הַתָּדִיר דְּלָאו פְּסִיק רֵישֵׁיהּ הוּא שֶׁמְּזַלְּפוֹ בְּטִיפִּים דַּקּוֹת אִי נָמֵי עַל גַּבֵּי הָאֵיבָרִים דְּאֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יִכְבֶּה אֶת הָאֵשׁ:
Telle est la leçon de Rachi, et nous ne lisons pas les mots il n'y a pas de chevout au Temple. Il explique : puisque, même s'il avait eu l'intention, il n'y aurait pas d'interdit de la Tora, alors, quand il n'a pas d'intention, les Sages n'ont rien décrété là-dessus, même hors du Temple. Cela fait difficulté au Ri : il en ressortirait que, pour un tsirouf rabbinique, Rabbi Yehouda n'interdit pas ; or au chapitre Kira (Chabbat 41b) il ressort qu'il interdit, puisque Abaye lui-même y dit : le chaudron dont on a vidé l'eau, on n'y remettra pas d'eau du tout, parce qu'il trempe [le métal] -- et c'est Rabbi Yehouda, qui dit qu'un acte non intentionnel est interdit. Toutefois cette difficulté-là n'est pas sérieuse, car on pourrait répondre que c'est précisément le tsirouf des lingots qui est rabbinique, parce qu'ils ne sont pas des ustensiles et sont destinés à être transformés en ustensiles plus tard, si bien que le tsirouf d'à présent n'est pas l'achèvement de leur fabrication ; tandis que le chaudron, qui est un ustensile et dont le tsirouf constitue l'achèvement de sa fabrication, relève de la Tora. Mais il reste une difficulté : à la fin du chapitre Kira (Chabbat 46b) nous disons : partout où, s'il avait l'intention, il y aurait un interdit de la Tora, quand il n'a pas d'intention Rabbi Chimon décrète ; et partout où, s'il avait l'intention, il n'y aurait pas d'interdit de la Tora, quand il n'a pas d'intention il ne décrète pas -- par exemple celui qui traîne un lit, un banc ou une chaise, ce qui est labourer de façon inhabituelle (kil-ahar yad). S'il en est ainsi, Rabbi Yehouda, qui le conteste, interdit même dans un cas où, avec intention, il n'y aurait pas d'interdit de la Tora. En outre : pourquoi objecter depuis la bahereth, où l'on ne peut objecter que depuis une baraita et depuis le propos d'Abaye énoncé à son sujet ? Qu'on objecte donc depuis la michna du chapitre 2 du traité Betsa (23b) : Rabbi Yehouda dit : aucun ustensile ne se traîne, sauf le chariot, parce qu'il tasse [la terre] -- il en ressort qu'un acte non intentionnel est interdit. Même si l'on peut dire qu'il préférait objecter d'Abaye contre Abaye, il aurait mieux valu apporter le propos de Rabbi Yehouda tiré explicitement d'une michna. De plus, il [Rachi] efface tous les livres, où l'on lit : ces paroles valent pour toute la Tora entière, mais ici le tsirouf est rabbinique, et il n'y a pas de chevout au Temple. C'est pourquoi il paraît au Ri [qu'il faut lire ainsi] : Abaye a dit : même si tu dis qu'il a atteint le tsirouf, un acte non intentionnel est permis -- c'est-à-dire permis par la Tora ; et bien qu'il soit interdit rabbiniquement, il n'y a pas de chevout au Temple. Et l'on objecte : Abaye a-t-il dit qu'un acte non intentionnel n'est interdit que rabbiniquement ? Mais n'a-t-il pas été enseigné, etc. -- et puisqu'il a fallu un verset, apprends-en qu'un acte non intentionnel est interdit par la Tora. Et l'on répond : ces paroles valent pour toute la Tora entière, où le non-intentionnel est interdit comme l'intentionnel ; mais ici -- c'est-à-dire pour Chabbat, à propos duquel il est écrit melekhet mahchevet (travail de pensée) -- nous exigeons qu'il pense à accomplir le travail qu'il accomplit. Dès lors, le tsirouf dont il s'agit ici, étant un acte non voulu, n'est que rabbinique, et il n'y a pas de chevout au Temple. Il y a d'ailleurs des livres où l'on lit explicitement : mais ici, la Tora n'a interdit que melekhet mahchevet -- ce qui est conforme à l'explication du Ri. Et voici que nous avons prouvé que, pour Rabbi Yehouda, un acte non intentionnel est permis par la Tora en matière de Chabbat. Et c'est étonnant : au chapitre Safek akhal (Keritot 20b) Rav Achi dit : par exemple lorsqu'il a eu l'intention d'éteindre les braises du dessus et que celles du dessous se sont embrasées d'elles-mêmes ; et Rabbi Elazar bar Tsadok tient comme Rabbi Yehouda, qui dit qu'un acte non intentionnel est interdit -- il en ressort que pour Rabbi Yehouda un acte non intentionnel rend passible selon la Tora. On peut répondre que là, c'est un pessik reicha (conséquence inévitable) : il est impossible, de quelque manière que ce soit, qu'en ratissant les braises celles du dessous ne s'embrasent pas ; et puisque c'est un pessik reicha, cela vaut comme intentionnel. Et bien qu'il n'ait pas besoin de cet embrasement, ce qui en fait une melakha che-eina tsrikha le-goufa (un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même), il tient aussi sur ce point comme Rabbi Yehouda, qui rend passible pour une melakha che-eina tsrikha le-goufa. Et si Rabbi Chimon l'exempte, ce n'est pas parce qu'il n'y verrait pas une melekhet mahchevet : car de même que pour Rabbi Yehouda c'en est une, de même pour Rabbi Chimon, puisque c'est un pessik reicha. De plus, Rabbi Chimon rend passible celui qui détériore (mekalkel) par l'embrasement, alors que pour les autres travaux il exempte au titre de melekhet mahchevet, comme il est dit à la fin du premier chapitre de Haguiga (10a). Et de même le mitassek (celui qui agit par méprise), exempté pour les autres travaux au titre de melekhet mahchevet, Rabbi Chimon le rend passible pour la blessure et l'embrasement, comme il est dit au chapitre Safek akhal (Keritot 19b) : laisse les nourrissons -- puisque celui qui détériore par une blessure est passible, le mitassek aussi est passible. Mais la raison pour laquelle Rabbi Chimon exempte, c'est que nous exigeons un travail nécessaire pour lui-même (tsrikha le-goufa), ce que nous apprenons du Michkan ; et même pour la blessure et l'embrasement il tient qu'on l'exige, comme cela ressort du début du chapitre Elou hen ha-nehnakin (Sanhédrin 85a). Et si, dans Keritot, on a employé le langage de l'intention et de la non-intention plutôt que de dire : ceci est Rabbi Yehouda qui rend passible pour une melakha che-eina tsrikha le-goufa, ceci est Rabbi Chimon -- c'est pour marquer la force de la position de Rabbi Yehouda : bien qu'il n'ait pas l'intention d'embraser celles du dessous, du moment que c'est un pessik reicha il est passible. On aurait pu penser que Rabbi Yehouda ne rend passible pour une melakha che-eina tsrikha le-goufa que là où il agit intentionnellement de ses mains -- comme celui qui perce un abcès, qui vise l'ouverture ; ou celui qui épargne l'huile de la lampe, qui vise l'extinction ; ou celui qui sort un mort sur un lit ; et tous les cas semblables où il veut accomplir le travail de ses mains, sauf qu'il n'en a pas besoin pour lui-même. Mais là où il ne veut pas agir de ses mains -- comme lorsqu'il a voulu éteindre celles du dessus et que celles du dessous se sont embrasées d'elles-mêmes, où il n'a nullement visé le travail d'embrasement mais l'extinction -- on aurait pu penser que, même en pessik reicha, Rabbi Yehouda ne le rendrait pas passible ; cela nous apprend qu'il l'est. Mais dans le cas qui suit -- celui qui ratisse les braises pour s'y réchauffer et qu'elles s'embrasent d'elles-mêmes -- on n'a pas employé le langage du non-intentionnel ; on répond seulement : ceci est Rabbi Yehouda, qui rend passible pour une melakha che-eina tsrikha le-goufa, et ceci est Rabbi Chimon, qui exempte. Bien que son intention ne soit pas d'embraser -- puisque Rabbi Chimon l'en exempte --, il agit malgré tout pour se réchauffer : simplement, il ne vise pas l'embrasement mais veut tirer les braises vers lui pour s'y réchauffer, et il n'a pas besoin qu'elles brûlent plus qu'elles ne brûlent déjà. Et il n'y a acte non intentionnel que là où l'embrasement lui est préjudiciable, c'est-à-dire lorsqu'il vient éteindre : là, il est pertinent de mentionner le non-intentionnel, pour marquer la force de la position de Rabbi Yehouda ; et Rabbi Chimon le permet parce que c'est pour lui une melakha che-eina tsrikha le-goufa. Et bien qu'au chapitre HaBoneh (Chabbat 103a) on dise : celui qui arrache des chicorées, si c'est pour manger [il est passible] pour la mesure d'une figue sèche, si c'est pour améliorer [le champ] pour la moindre quantité ; et l'on objecte : mais tous ces cas ne visent-ils pas à améliorer le sol ? Et l'on répond : cela n'était nécessaire que selon Rabbi Chimon, qui dit qu'un acte non intentionnel est permis ; et l'on objecte : mais Abaye et Rava disent tous deux que Rabbi Chimon concède dans le cas d'un pessik reicha ve-lo yamout ! Et l'on répond : cela n'était nécessaire que dans le cas où il agit sur le champ d'autrui, où il ne tire aucun profit -- et malgré tout c'est interdit à priori, comme je l'expliquerai plus loin ; simplement il n'est pas passible d'un hatat. Il en ressort que sur son propre champ il serait passible d'un hatat : bien qu'il ne vise pas à améliorer le sol, il est passible, puisque c'est un pessik reicha et qu'il en tire profit. Et ce n'est pas comparable à celui qui ratisse les braises pour s'y réchauffer et qu'elles s'embrasent d'elles-mêmes, qui est une melakha che-eina tsrikha le-goufa dont Rabbi Chimon exempte : car il ne tire aucun profit de cet embrasement, puisque même sans surcroît d'embrasement il y a assez de braises pour se réchauffer ; il est donc clair qu'il n'a pas visé l'embrasement. Tandis que dans le cas de HaBoneh, puisqu'il en tire profit, nous sommes témoins qu'il vise l'amélioration [du sol]. Toutefois il y a une difficulté : dans notre sougya il ressort qu'un acte non intentionnel, même en pessik reicha, ne relève pas de la Tora quant à Chabbat selon Rabbi Yehouda -- car le tsirouf des lingots est forcément un pessik reicha, puisqu'on lui objecte depuis le cas de la bahereth, et malgré cela il a dit que c'est rabbinique ; alors que dans le cas de Keritot on rend Rabbi Yehouda passible pour celui qui ratisse les braises, qui voulait éteindre celles du dessus et dont celles du dessous se sont embrasées, bien qu'il n'ait pas visé leur embrasement. On peut répondre que le tsirouf des lingots n'est pas un pessik reicha ; et malgré cela l'objection est bien fondée : du fait qu'Abaye répond cela n'était nécessaire que selon Rabbi Yehouda, qui dit qu'un acte non intentionnel est interdit, il ressort qu'il ne distingue pas entre intentionnel et non intentionnel -- car s'il distinguait, [la baraita] pourrait s'accorder même avec Rabbi Chimon. Et même s'il s'est finalement rétracté, comme il ressort du chapitre Rabbi Eliezer de-Mila (Chabbat 133b), il reste que, du fait qu'il répond ainsi au départ, il ressort que pour Rabbi Yehouda un acte non intentionnel est interdit par la Tora même lorsque ce n'est pas un pessik reicha. Et le Aroukh a expliqué autrement le passage de HaBoneh : cela n'était nécessaire que dans le cas où il agit sur le champ d'autrui -- puisqu'il ne tire aucun profit de l'amélioration du champ de son prochain, c'est permis même à priori, bien que ce soit un pessik reicha. Et ce qu'on dit, que Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha, ne vaudrait que là où il tire profit, comme sur son propre champ, ou celui qui coupe la bahereth de son fils, qui en tire profit. C'est pourquoi il a permis d'ouvrir un robinet entouré de lin pour en tirer [du liquide] Chabbat, bien qu'il opère un essorage et que ce soit un pessik reicha, du moment qu'il ne tire aucun profit de cet essorage puisque [le liquide] se perd. Mais ce n'est pas une preuve, [tirée] du cas où il agit sur le champ d'autrui, qu'il serait permis à priori : car là-bas on parle de l'obligation d'un hatat -- il n'en est pas passible ; toutefois on peut dire que c'est interdit à priori. Le Aroukh apporte encore une preuve à ses propos de ce qu'on dit au chapitre Rabbi Eliezer de-Mila (là aussi) : et Abaye, selon Rabbi Chimon, que fait-il du mot chair ? [Il l'applique] au cas où le père de l'enfant déclare viser la coupe de la bahereth de son fils. Et l'on objecte : s'il y a quelqu'un d'autre, qu'il le fasse, selon Rech Lakich ! Et l'on répond : [c'est] qu'il n'y a personne d'autre -- mais s'il y en avait un, ce serait permis à priori. Il en ressortirait que Rabbi Chimon permet à priori un pessik reicha là où l'on ne tire pas profit. Mais ce n'est pas une preuve : si Abaye l'établit dans le cas où le père de l'enfant déclare, etc., c'est avant qu'il n'eût entendu de Rava que Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha, comme on le conclut là-bas : après l'avoir entendu de Rava, il l'a admis. Et c'est pourquoi on objecte : et Abaye, selon Rabbi Chimon -- puisqu'il diverge même dans le pessik reicha, de sorte qu'il n'y a pas de différence entre un pessik reicha et les autres actes non intentionnels, que fait-il du mot chair ? Mais selon la conclusion, où même pour Abaye [Rabbi Chimon] concède dans le pessik reicha, il n'y a pas de différence entre son père et un autre. Et de plus, quelle preuve tirer de là ? Peut-être que là-bas c'est permis par la Tora, mais que rabbiniquement on peut dire que c'est interdit. Toutefois on peut dire qu'il tire ainsi sa preuve : puisque pour les autres interdits, où l'on n'exige pas melekhet mahchevet, c'est permis par la Tora, il n'est pas logique d'interdire pour Chabbat, même rabbiniquement. Certes, si pour les autres interdits c'était interdit par la Tora -- parce qu'on n'y exige pas melekhet mahchevet --, alors il aurait été indiqué de décréter rabbiniquement pour Chabbat afin de l'aligner sur les autres interdits, bien que par la Tora ce soit permis au titre de melekhet mahchevet. Toutefois, selon ce que j'ai expliqué -- qu'il s'est finalement rétracté et tient que Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha --, la coupe de la bahereth est interdite par la Tora bien qu'il n'ait pas d'intention ; et donc pour Chabbat nous interdisons à priori, sans différence entre son père et un autre. Au contraire, de la même source il y a une difficulté contre l'explication du Aroukh : puisqu'on ne dit pas que la question ne vaudrait que pour Abaye -- que fait-il du mot chair ? --, alors que pour Rava, qui tient que Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha, il n'y a pas de différence entre son père et un autre, puisqu'il tient que pour Chabbat le pessik reicha est interdit rabbiniquement bien qu'il soit permis par la Tora au titre de melekhet mahchevet ; il en ressort donc que pour les autres interdits c'est interdit par la Tora. Il apporte encore une preuve du chapitre Kol kitvei (Chabbat 117a), où l'on retire [la peau] par lambeaux : bien que Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha, du moment qu'il n'en tire pas profit ce serait permis. Mais ce n'est pas une preuve, comme Rachi l'a expliqué là-bas : ce n'est pas un travail [interdit], car ce n'est pas la manière habituelle d'écorcher. On peut encore expliquer qu'il la retire en morceaux si petits qu'aucun d'eux ne suffit à faire une amulette ; dès lors cela ne compte pas comme du cuir, et ce n'est pas un écorchage. Il apporte encore une preuve de ce qu'on dit au chapitre Loulav ha-gazoul (Souka 33a) : on ne diminue pas [les baies du hadass] un jour de fête ; au nom de Rabbi Elazar be-Rabbi Chimon on a dit : on peut diminuer. Et l'on objecte : mais il répare ainsi un ustensile ! Et l'on répond : de quoi parlons-nous ici ? De quelqu'un qui les a cueillies pour les manger, et un acte non intentionnel est permis. Et l'on objecte : mais Rabbi Chimon concède dans le pessik reicha ! [Réponse :] cela n'était nécessaire que dans le cas où il possède un autre hochana -- car du moment qu'il n'en tire pas profit, c'est permis bien que ce soit comme un pessik reicha. Et l'on ne peut réfuter en disant que, possédant un autre hochana, il ne répare rien puisqu'il ne la prépare pas en vue de la mitsva : car alors, qu'est-ce qui obligeait à dire que Rabbi Elazar be-Rabbi Chimon tient comme son père, pour qui un acte non intentionnel est permis ? On aurait pu l'établir même selon Rabbi Yehouda, pour cette raison-là. Toutefois on peut réfuter : du moment que cette réparation, même intentionnelle, n'est interdite que rabbiniquement -- car la diminution des baies n'apparaît pas comme une réparation assez conséquente pour compter selon la Tora --, les Sages n'ont rien décrété là-dessus, puisqu'il n'en tire pas profit. Et selon les propos du Aroukh, on comprend bien ce qui est dit au chapitre Kol ha-tadir (Menahot 91b) : celui qui fait vœu de vin l'apporte et l'asperge sur le feu [de l'autel] ; et l'on objecte : mais il éteint ! Et l'on l'établit selon Rabbi Chimon, qui dit qu'un acte non intentionnel est permis -- et même si c'est un pessik reicha, car il est impossible d'asperger sur le feu sans éteindre, Rabbi Chimon le permettrait à priori du moment qu'il n'en tire pas profit. Toutefois les propos du Aroukh ne paraissent pas [justes], car celui qui perce un abcès pour en faire sortir le pus est exempt mais interdit, n'était la souffrance des gens, bien qu'il n'en tire aucun profit et qu'il ne vise nullement la formation de l'ouverture. De même il y a difficulté à partir de l'aiguille à main pour retirer une écharde, expliquée dans Sanhédrin (85a) selon Rabbi Chimon, qui exempte pour une melakha che-eina tsrikha le-goufa -- et [ce n'est permis] précisément en raison de la souffrance corporelle ; sinon, non, bien qu'il ne vise pas à faire une blessure mais seulement à extraire l'écharde. Et selon cela, nous devons résoudre le cas de Kol ha-tadir en disant que ce n'est pas un pessik reicha : il asperge en gouttes fines, ou bien il asperge sur les membres [du sacrifice], de sorte qu'il est possible qu'il n'éteigne pas le feu.
💡 Explication

La réponse tient en une ligne, et deux écoles s'opposent sur ce qu'elle dit exactement. La leçon manuscrite courante ajoute : et il n'y a pas de chevout au Temple (ein chevout ba-mikdach : les interdits rabbiniques sont levés dans l'enceinte du Temple). Rachi supprime ces mots : pour lui, l'argument est que le tsirouf n'étant de toute façon pas un interdit de la Tora ici, les Sages n'ont rien décrété sur un acte non visé -- même hors du Temple.

Le Ri (Tossefot) conserve la leçon et renverse la construction : pour Rabbi Yehouda, l'acte non intentionnel est permis par la Tora en matière de Chabbat, parce que Chabbat exige melekhet mahchevet -- un travail voulu comme tel. Il reste un interdit rabbinique, et c'est là qu'intervient ein chevout ba-mikdach. La longue glose qui suit est l'une des discussions les plus denses du Talmud sur le pessik reicha et la melakha che-eina tsrikha le-goufa.

7
מַתְנִי׳ הֱבִיאוּהוּ לְבֵית הַפַּרְוָה, וּבְקֹדֶשׁ הָיְתָה. פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם, קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: פָּשַׁט, קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. יָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפֵּג. הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי לָבָן, לָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו.

MICHNA. On l'a amené à la Beit haParva, et [celle-ci] était en [zone] sacrée.

On étendit un drap de lin fin (boutz) entre lui et le peuple ; il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit. Rabbi Meir dit : il se dévêtit, [puis] sanctifia ses mains et ses pieds.

Il descendit et s'immergea, remonta et s'essuya. On lui apporta les vêtements blancs ; il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds.

📜 Rachi (2)
מַתְנִי' הֱבִיאוּהוּ לְבֵית הַפַּרְוָה לִטְבֹּול טְבִילָה שְׁנִיָּה שֶׁהִיא טְעוּנָה מָקוֹם קָדוֹשׁ כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
Pour accomplir la seconde immersion, qui requiert un lieu saint, comme je l'ai expliqué plus haut.
ר"מ אוֹמֵר פָּשַׁט תְּחִלָּה וְאַחַר כָּךְ קִידֵּשׁ וְהָא פָּרֵישִׁית לְעֵיל פְּלֻוגְתַּייְהוּ:
Il se dévêtit d'abord et sanctifia ensuite ; et j'ai déjà expliqué plus haut leur controverse.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(28a) Lorsque vient l'heure de l'égorgement du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaire, on fait descendre le Cohen gadol à la maison d'immersion. (30a) On étendit un drap de boutz entre lui et le peuple ; (31b) et c'est afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz qu'on étendit un drap de boutz. (30a) Cette immersion-ci avait lieu en un lieu profane, car elle ne vient pas au titre de l'obligation du jour : chaque matin aussi, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (31b) On lui apporta les vêtements d'or ; il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds (43b) à partir d'une aiguière d'or. Et il n'y eut pas ici de sanctification au moment du dévêtissement, parce qu'il avait ôté des vêtements profanes ; or nous tenons qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le dévêtissement et l'autre pour le revetissement. (31b) S'il était âgé ou istenis, de sorte que le froid lui nuisait, on chauffait pour lui de l'eau depuis la veille [de Yom Kippour] et on la jetait dans l'eau froide ; (34b) ou bien on chauffait des morceaux de fer depuis la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien qu'il trempe [le fer], ce qui serait interdit au titre de makeh be-patich -- car c'est l'achèvement du travail du fer, qui le rend propre à couper --, puisqu'il n'a pas cette intention, cela ne relève que d'un chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (31b) Ensuite il égorgea le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services selon l'ordre de chaque jour, en vêtements d'or : avec la ketoret du Heikhal, l'entretien des lampes et l'oblation des havitin. (34b) Ensuite il vint à la Beit haParva, qui était en lieu saint. On étendit un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh -- ou plus, ou moins, pourvu seulement qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira l'après-midi. Les deux ensemble doivent valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux de l'après-midi en deçà de douze maneh, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu seulement que ceux du matin soient meilleurs et que les deux ensemble fassent trente maneh. Ceux-là, il les reçoit de la communauté ; mais s'il veut ajouter du sien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (35b) Il vint auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le nord. (36a) On disposait la tête du taureau de sorte que sa tête soit vers le sud et sa face vers l'ouest ; on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber des excréments, ce qui serait un outrage envers l'autel. Le Cohen se tient à l'est, face à l'ouest, appuie ses deux mains sur lui et fait sa confession. Voici ce qu'il disait : de grâce, ha-Chem, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.), selon les Sages. Lors de la première confession il ne se confessait que sur lui-même et les gens de sa maison : de grâce, ha-Chem, pardonne donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans la confession il disait ana ba-Chem, avec un beth. (37a) Il vint à l'est de la azara pour procéder au tirage au sort ; il suffit seulement que ce soit dans la azara. (39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (62a) Là se trouvaient deux boucs semblables d'aspect et de taille, et leur acquisition se faisait ensemble ; mais rien de tout cela n'est indispensable, ce n'est qu'un accomplissement optimal. (39a) Il y avait là une urne (kalpi) [de bois, contenant les deux mains], et dedans deux sorts : sur l'un était gravé à ha-Chem, sur l'autre à Azazel ; ils sont valides en n'importe quelle matière. Il brasse ses mains dans la kalpi de façon à ne pouvoir viser lequel est à ha-Chem et lequel a Azazel, et il remonta un sort dans chaque main [pour les deux boucs]. Si celui à ha-Chem est monté dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; s'il est monté dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : à ha-Chem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés, sachant lequel était monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'invalide pas. (41b) Il noua un ruban d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc émissaire et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être égorgé il nouait un ruban à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc émissaire ni aux autres boucs. Dans le seder Ata konanta il est écrit que le bouc à ha-Chem aussi, on le place face au lieu de son égorgement ; c'est étonnant, car la guemara conclut explicitement que le propos porte sur le nœud. Il revint auprès de son taureau une seconde fois et se confessa sur lui-même et sur ses frères les Cohanim ; car il faut que vienne un innocent pour expier sur le coupable, c'est pourquoi il se confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (43b) Il l'égorgea, en recueillit le sang dans un bassin (mizrak) et le remit à quelqu'un qui le remue afin qu'il ne coagule pas ; celui qui remuait se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prit un encensoir (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, muni d'un long manche qui parvenait sous son bras afin que celui-ci l'aidât. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit à sa venue ; Rabbenou Hananel explique un étui -- elle avait comme un étui, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle chauffe du fait des braises. Il monte au milieu de l'autel, ratisse une pleine mahta de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et la pose sur le dallage de la azara. (47a) On lui sortit une mahta pleine de ketoret, qu'on avait remise la veille de Yom Kippour au mortier et pilée finement afin qu'elle soit la plus fine des fines ; il en prit une pleine poignée, selon ce que contenaient les paumes de ce Cohen (48a), ni rases ni combles, mais bien remplies. Il la vida de ses paumes dans une coupe (kaf), prit dans sa droite la mahta où étaient les braises et dans sa gauche la coupe de ketoret. (51b) Il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux paro'khot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amat traksin qui existait dans le Premier Temple ; l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule paro'het, sur ce point la halakha suit Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de controverse suivie d'un énoncé anonyme, et l'anonyme est enseigné après la controverse. (52b) L'extérieure était agrafée au sud ; en outre, Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, qui dit qu'il se tenait du côté nord et procédait aux aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (58b) : il commença à asperger en descendant ; d'où commençait-il ? De l'angle nord-est -- que Rachi a expliquée comme tenant que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi haGuelili, alors que Rabbi Akiva le conteste dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (52b) Il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; il est dit dans le Yerouchalmi qu'il presse avec ses coudes afin que la paro'het ne brûle pas. Parvenu au nord, il tourna son visage vers le sud afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et posa la mahta de feu entre les deux barres. (53b) Après que l'arche eut été enlevée, il la posait sur la pierre de fondation (even chetiya) qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prit dans ses paumes la ketoret qui était dans la coupe et l'amoncela sur les braises. (53a) Il prenait garde de ne pas poser la ketoret sur le feu avant de l'avoir introduite dans le lieu le plus intérieur, pour réfuter les Sadducéens qui disent qu'il la pose dans le Heikhal et entre dans le nuage de fumée de la ketoret. (52b) Il commençait par le côté intérieur, qui est loin de lui : car s'il commençait de son côté, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La Maison s'emplit de fumée ; il y laissa la coupe et la mahta, et sortit par le chemin de son entrée, le visage tourné vers l'arche. Dans le seder Ata konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait ; cela ne figure pas dans la guemara, et au contraire il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire, car voici ce qui y est dit : tant que l'arche n'avait pas été enlevée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche enlevée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (53b) Il reprit le sang de celui qui le remuait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet ; il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette (ke-matslif). Rachi a expliqué : dans leur ordre, une fois vers le haut et sept vers le bas ; et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas à veiller à ce qu'elles soient dans l'ordre -- pour celle d'en haut il oriente le dos de sa main vers le bas et asperge vers le haut, et pour les sept d'en bas il oriente le dos de sa main vers le haut et asperge vers le bas. Voici comment il comptait : une ; une et une ; une et deux ; etc. Il sortit et posa le bassin de sang sur le support qui se trouvait dans le Heikhal. Il égorgea le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une fois vers le haut et sept vers le bas. Il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Il reprit le sang du taureau du support où il l'avait posé et en aspergea face à toute la paro'het, à l'endroit qui fait face à l'arche, une fois vers le haut et sept vers le bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis du sang du bouc sur la paro'het, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la paro'het. Ensuite il versa le sang du taureau dans le bassin où était le sang du bouc, puis reversa du bassin plein dans le bassin vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (58b) Il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé entièrement l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes, se tenant à l'angle sud-est. Il donna, comme je l'ai expliqué plus haut, en tenant que l'ouverture était au sud : il rencontrait donc d'abord l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, puisqu'il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi haGuelili le conteste sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; en outre, Rabbi Elazar tient comme lui. Aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à appliquer par le bas en tirant vers le haut ; et à la corne qui est devant lui il commence par le haut et tire vers le bas, car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. À l'endroit où il achevait les aspersions, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il écartait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et le reste du sang, il le versait sur le fondement occidental (yessod maaravi) de l'autel extérieur. (43b, 44a) Il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, qu'il s'agisse de ceux du Heikhal ou de ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel on n'a pas besoin de s'écarter durant les services du lieu le plus intérieur, seulement durant ceux du Heikhal. (60a) S'il a modifié cet ordre, il n'a rien fait du tout. S'il a, dans le Heikhal, fait passer le sang du bouc avant celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le bassin du sang du taureau s'est confondu avec celui du bouc, il donnera des deux bassins trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et si le premier est celui du bouc, il est lui-même comme inexistant et il s'acquitte par les deux derniers. Si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et une autre ketoret, et refera tout l'ordre écrit plus haut ; mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait applique à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli les applications du taureau et la ketoret selon la règle. S'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal ; s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (chirayim) ne sont pas indispensables. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu vaut aussi si son compagnon, le bouc émissaire, vient à mourir : à quelque moment que meure le bouc émissaire, à ce moment-là le sang est écarté.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le service ordinaire du matin, accompli en vêtements d'or, est terminé ; commence maintenant le service propre à Yom Kippour, qui se fait en bigdei lavan, vêtements de lin blanc. Chaque changement de tenue impose une immersion encadrée de deux kidouch yadayim ve-raglayim : un pour ôter, un pour revêtir. D'où le total de la journée : cinq immersions et dix sanctifications.

Cette immersion-ci, contrairement à la première, se fait en lieu saint : elle est une obligation propre au jour, non la simple immersion que tout Cohen accomplit avant d'entrer au service. Le drap de boutz préserve sa pudeur et, ajoute la guemara plus loin, lui rappelle que le service du jour se fait en boutz.

La divergence entre le tana kama et Rabbi Meir porte sur un seul point : le kidouch précède-t-il le dévêtissement ou le suit-il ? La controverse a déjà été exposée plus haut dans le traité.

🖼️ Schéma
La deuxième immersion, à la Beit haParva On quitte l'or pour le blanc : la première immersion était profane, celle-ci est une obligation du jour. Beit haParva en zone SACRÉE (la 1re était en zone profane) Drap de boutz tendu entre lui et le peuple Point de controverse Tana kama : kidouch PUIS pchita R. Meir : pchita PUIS kidouch un seul des deux kidouchim change de place Immersion, puis on s'essuie il descend, s'immerge, remonte Il revêt les BIGDEI LAVAN et sanctifie mains et pieds c'est en ces vêtements de lin que se fera le service propre au jour de Kippour La règle qui gouverne toute la journée : cinq immersions, dix sanctifications Chaque changement de vêtements = une immersion encadrée de DEUX kidouchim : un pour ôter, un pour revêtir. Exception (Roch) : au tout premier changement il n'y a pas de kidouch à l'otage, car il quittait des vêtements profanes.
Le passage de l'or au blanc : lieu, écran, ordre des gestes, et la règle des deux kidouchim.
8
בַּשַּׁחַר הָיָה לוֹבֵשׁ פִּלּוּסִין שֶׁל שְׁנֵים עָשָׂר מָנֶה. בֵּין הָעַרְבַּיִם הִנְדְּוִיִין שֶׁל שְׁמֹונֶה מֵאוֹת זוּז, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בַּשַּׁחַר הָיָה לוֹבֵשׁ שֶׁל שְׁמוֹנָה עָשָׂר מָנֶה, וּבֵין הָעַרְבַּיִם שֶׁל שְׁנֵים עָשָׂר מָנֶה, הַכֹּל שְׁלֹשִׁים מָנֶה. אֵלּוּ מִשֶּׁל צִיבּוּר, וְאִם רָצָה לְהוֹסִיף — מוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ.

Le matin il revêtait des [vêtements] de Pelousim valant douze maneh ; l'après-midi, des [vêtements] de l'Inde valant huit cents zouz -- paroles de Rabbi Meir. Et les Sages disent : le matin il revêtait [des vêtements] de dix-huit maneh, et l'après-midi de douze maneh ; en tout, trente maneh.

Ceux-là [proviennent] de la communauté, et s'il veut ajouter, il ajoute du sien.

📜 Rachi (3)
בַּשַּׁחַר בְּגָדִים שֶׁלּוֹבֵשׁ בִּטְבִילָה זוֹ הָיוּ מִפִּשְׁתָּן שֶׁל מְדִינַת פִּילּוּסִין שֶׁהוּא חָשׁוּב וּמְעֻולֶּה:
Les vêtements qu'il revêt lors de cette immersion étaient de lin de la province de Pelousim, qui est de qualité et supérieur.
וּבֵין הָעַרְבַּיִם בְּגָדִים שֶׁלּוֹבֵשׁ לְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה:
Les vêtements qu'il revêt pour aller retirer la coupe et l'encensoir [du Saint des Saints].
הַנִּדְוִין שֶׁהָיוּ מִפִּשְׁתָּן שֶׁל אֶרֶץ הִינְדְּוִין וְהִיא אֶרֶץ כּוּשׁ כְּדִמְתַרְגֵּם יוֹנָתָן בֶּן עֻוזִּיאֵל (יִרְמְיָהוּ י״ג:כ״ג) הֲיַהֲפֹוךְ כּוּשִׁי עוֹרוֹ הִינְדְּווָאָה:
Ils étaient de lin du pays des Hindviyin, qui est le pays de Kouch, comme le traduit Yonatan ben Ouziel (Yirmiyahou 13,23) : un Kouchi peut-il changer sa peau -- hindevaa.
🗂️ Tossefot (1)
הַנִּדְווִין שֶׁל ח' מֵאוֹת זוּז לָא יָדַעְנָא אַמַּאי לָא קָאָמַר שֶׁל ח' מָנֶה כִּדְקָאָמַר בְּרֵישָׁא שֶׁל י"ב מָנֶה וְעוֹד ק"ל אַמַּאי לָא קָא תָּנֵי בְּמִילְּתֵיהּ דר"מ שֶׁהֵן עֶשְׂרִים מָנֶה כִּדְקָתָנֵי בְּסֵיפָא בְּמִילְּתַייְהוּ דְּרַבָּנָן שֶׁהֵן שְׁלֹשִׁים מָנֶה מִיהוּ הָא לֹא קָשֶׁה דְּמִשּׁוּם דִּבְרֵישָׁא לָא תְּנָא כֻּולָּהּ מִילְּתָא בִּלְשׁוֹן מָנֶה לְהָכִי לָא קָתָנֵי נָמֵי בְּסֵיפָא בְּסַךְ הַכֹּל לֹא בִּלְשׁוֹן מָנִים וְלֹא בִּלְשׁוֹן זוּזִים מִיהוּ (מִמֶּנָּה) הִיא גּוּפָהּ תֵּימַהּ לִי אַמַּאי לָא קָתָנֵי בְּרֵישָׁא הַכֹּל בִּלְשׁוֹן מָנִים וְלֵיכָּא לְמֵימַר דַּח' מֵאוֹת זוּז דְּקָאָמַר זוּזֵי פְּשִׁיטֵי נִינְהוּ כִּי הַהִיא דס"פ אע"פ (כְּתֻובּוֹת דַּף סד:) וְנוֹתֵן לָהּ כֵּלִים שֶׁל נ' זוּז דִּמְפָרְשָׁה הָתָם נ' זוּזֵי פְּשִׁיטֵי זוּזֵי מְדִינָה שֶׁהֵן שְׁמִינִית שֶׁל דִּינָרֵי צֹורִי וְכֵן הַהִיא דְּפֶ' מְצִיאַת הָאִשָּׁה (כְּתֻובּוֹת דַּף סז.) דְּהַמַּשִּׂיא יְתוֹמָה לֹא יִפְחֹות לָהּ מִנ' זוּז חֲדָא דְּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ וְלֵימָא הַנִּדְווִין שֶׁל מָנֶה סַךְ הַכֹּל י"ג מָנֶה וְעוֹד מִסְּתָמָא בְּזוּזֵי צֹורִי אַייְרֵי דְּהָווּ לְהוּ שֶׁל שַׁחֲרִית עֲדִיפֵי מִנַּייְהוּ רַק שְׁלִישׁ דֻּומְיָא דְּרַבָּנָן וְשֶׁמָּא י"ל אֵין הַלָּשׁוֹן נוֹפֵל בְּטוֹב לוֹמַר שְׁמוֹנָה מָנֶה:
Je ne sais pas pourquoi il ne dit pas de huit maneh, comme il dit au début de douze maneh. Et j'ai en outre du mal à comprendre pourquoi l'on n'enseigne pas, dans le propos de Rabbi Meir, ce qui fait vingt maneh, comme on enseigne à la fin, dans le propos des Sages, ce qui fait trente maneh. Toutefois cela n'est pas une difficulté : puisque au début on n'a pas énoncé toute la chose en termes de maneh, on n'enseigne pas non plus à la fin le total, ni en maneh ni en zouz. Mais cela même m'étonne : pourquoi n'enseigne-t-on pas au début le tout en termes de maneh ? Et l'on ne peut pas dire que les huit cents zouz dont il parle soient des zouz ordinaires (zouzei pechitei), comme dans le passage de la fin du chapitre Af al pi (Ketoubot 64b) : et il lui donne des vêtements de cinquante zouz -- expliqué là-bas comme cinquante zouz ordinaires, monnaie provinciale, qui valent le huitième des dinarim de Tsor ; et de même le passage du chapitre Metsiat ha-icha (Ketoubot 67a) : celui qui marie une orpheline ne lui donnera pas moins de cinquante zouz. D'abord, quelle différence cela ferait-il ? Qu'il dise donc : ceux de l'Inde, d'un maneh, au total treize maneh. Et de plus, il s'agit vraisemblablement de zouz de Tsor, de sorte que ceux du matin ne les dépassent que d'un tiers, à l'instar de la proportion [retenue par] les Sages. Et peut-être peut-on dire que la formulation ne se prête pas bien à dire huit maneh.
💡 Explication

La michna chiffre les bigdei lavan. Le lin de Pelousim (Péluse, en Égypte) est le plus fin ; celui de l'Inde vient juste après. Rachi précise l'usage de chacun : ceux du matin pour tout le service intérieur du jour, ceux de l'après-midi pour le seul retour dans le Saint des Saints -- aller y reprendre la coupe et l'encensoir.

Les deux avis diffèrent sur les chiffres mais s'accordent sur la structure : le matin l'emporte sur l'après-midi, dans la même proportion (un tiers). Le montant est à la charge du public ; le Cohen gadol peut surenchérir à ses frais. Tossefot s'étonne de la rédaction : pourquoi 800 zouz et non 8 maneh, et pourquoi le total n'est-il donné que chez les Sages ?

🖼️ Schéma
Le prix des vêtements blancs : Rabbi Meir contre les Sages 1 maneh = 100 zouz. Dans les deux avis, ceux du matin valent un tiers de plus que ceux de l'après-midi. 0 1800 zouz Rabbi Meir le prix est nommé, pas le total Matin -- lin de Pelousim 12 maneh = 1200 zouz Après-midi -- lin de l'Inde 800 zouz Total implicite : 20 maneh. Tossefot s'étonne que la michna n'écrive ni 8 maneh ni le total. Les Sages le total est nommé : 30 maneh Matin 18 maneh = 1800 zouz Après-midi 12 maneh = 1200 zouz Total : 30 maneh Qui paie ? Les 30 maneh : la communauté. Au-delà : le Cohen gadol, de sa propre bourse. Roch : la répartition 18/12 n'est pas rigide -- ce qui compte, c'est que le matin l'emporte et que le total fasse 30 maneh.
Les deux barèmes, en zouz, et la charge financière qui les accompagne.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).