Yoma 35a -- Parva le mage, le drap de boutz comme aide-mémoire, les trente maneh relus comme un plancher budgétaire, et les quatre bad qui imposent le meilleur lin au service du matin

Yoma 35a

Sougya : Court amud, entièrement consacré à relire la michna précédente détail par détail. La guemara demande d'abord ce que signifie le nom de la chambre du Beit haParva : Rav Yossef répond qu'il s'agit de Parva l'amgoucha, un mage perse -- Rachi en fait le constructeur de la chambre, tandis que Tossefot rapporte du Aroukh qu'il avait creusé un souterrain pour espionner le service du Cohen gadol et fut démasqué par les cohanim.

Elle demande ensuite pourquoi le drap tendu devant le Cohen gadol doit être de boutz : Rav Kahana répond qu'il sert d'aide-mémoire, l'étoffe annonçant que le service du jour se fait en vêtements de lin. Vient alors la question la plus technique : pourquoi la michna totalise-t-elle dix-huit et douze en trente maneh, alors que chacun sait additionner ?

Parce que ce total n'est pas un compte mais une norme -- le minimum à prélever sur le hekdech -- d'où il suit que la répartition entre le matin et l'après-midi reste libre. Le daf se clôt en posant la borne de cette liberté : tous s'accordent à exiger que les vêtements du matin soient supérieurs, et Rav Houna fils de Rav Ilai le tire des quatre mentions du mot bad dans Vayikra 16,4, lues comme un superlatif -- le plus choisi parmi le lin ; Tossefot préférant y voir quatre enseignements distincts.

Yoma 35a : quatre questions posées à la michna précédente La guemara ne discute pas une loi nouvelle : elle reprend la michna mot à mot et demande, de chaque détail, pourquoi. 1. Un nom Beit haParva Qui est Parva ? Rav Yossef : Parva le mage Rachi : il l'a bâtie. Aroukh : il l'a espionnée. 2. Une matière Le drap de boutz Pourquoi du boutz ? Rav Kahana : un aide-mémoire Le drap qui le caché lui rappelle en quoi il va servir. 3. Un chiffre 18 + 12 = 30 maneh Pourquoi ce total ? Ce n'est pas de l'addition : c'est un plancher À prélever sur le hekdech ; la répartition reste libre. 4. Une hiérarchie Matin > après-midi D'où le sait-on ? Rav Houna b. Rav Ilai : bad x 4 Le plus choisi parmi le lin (Vayikra 16,4). Le fil conducteur : le vêtement blanc du jour de Kippour Les quatre questions tournent autour d'un même objet : le lin. Le lieu où l'on s'en revêt, le drap qui l'annonce, son prix minimal, et la qualité qui distingue le service du matin de celui de l'après-midi.
Le plan du daf : quatre reprises de la michna, quatre pourquoi.
Les trente maneh : un plancher, pas une addition Ce que la michna chiffre n'est pas un tarif fixe mais l'engagement minimal du public envers le service du jour. Le barème des Sages (michna 34b) MATIN : lin de Pelousim -- 18 maneh APRÈS-MIDI : lin de l'Inde -- 12 TOTAL : 30 maneh à la charge du public, prélevé sur le hekdech. La question de la guemara : le tana vient-il nous apprendre à compter ? Le tout fait trente maneh -- mais tout le monde sait déjà que dix-huit et douze font trente. Un total redondant, dans la michna, est toujours le signe qu'il enseigne autre chose. Règle 1 -- le plancher On ne confectionne pas l'ensemble pour moins de 30 maneh C'est le total qui est contraignant, pas chacune des deux lignes du budget. Règle 2 -- la souplesse Retrancher au matin et ajouter à l'après-midi : lit lan bah -- permis Ex. 16 + 14, ou 20 + 10 : la répartition interne est laissée au trésorier. Règle 3 -- la limite Mais la souplesse s'arrête à un point non négociable : matin > après-midi Tout le monde en convient, Rabbi Meir comme les Sages. D'où la question du segment 4.
Le total de trente maneh relu comme un plancher budgétaire, avec sa souplesse et sa limite.
Les quatre bad de Vayikra 16,4 Un seul verset énumère les quatre vêtements blancs -- et répète quatre fois le mot lin. כתנת בד קדש ילבש ומכנסי בד יהיו על בשרו ובאבנט בד יחגר ובמצנפת בד יצנף Il revêtira une tunique de lin consacrée, des caleçons de lin seront sur sa chair, il ceindra une ceinture de lin et se coiffera d'un turban de lin. bad 1 -- ketonet la tunique bad 2 -- mikhnasayim les caleçons bad 3 -- avnet la ceinture bad 4 -- mitsnefet le turban Chaque bad pourrait n'être que la matière du vêtement qu'il accompagne. Alors pourquoi le répéter ? Rav Houna fils de Rav Ilai (et Rachi) La quadruple mention forme un bloc : bad muvhar she-ba-bad le lin le plus choisi parmi le lin. Une exigence unique de qualité, portée sur les vêtements du matin. Donc : matin supérieur à après-midi. Tossefot : quatre enseignements distincts 1. le-goufeih : la matière elle-même, du lin. 2. bad = levad, seul : sans les habits d'or. 3. meilleur que le lin du reste de l'année. 4. meilleur que celui de l'après-midi. Variante (i nami) : 1 et 2 comme ci-dessus, et 3 + 4 ensemble donnent le muvhar de Rachi.
Le verset des quatre vêtements blancs et les deux lectures de ses quatre bad.
1
גְּמ׳ מַאי ״פַּרְוָה״? אָמַר רַב יוֹסֵף: פַּרְוָה אַמְגּוּשָׁא.

GUEMARA. Que signifie [le nom] Parva ?

Rav Yossef a dit : Parva le mage (amgoucha).

📜 Rachi (1)
גְּמ' פַּרְווָה אַמְגּוּשָׁא מְכַשֵּׁף אֶחָד בְּנָאָהּ וּשְׁמוֹ פַּרְוָוה:
Un sorcier l'a construite, et son nom était Parva.
🗂️ Tossefot (1)
פַּרְווָה אַמְגּוּשָׁא פִּי' בֶּעָרוּךְ וְזֶה לְשׁוֹנוֹ יֵשׁ מִן הַחֲכָמִים שֶׁאוֹמְרִים כִּי חָפַר מְחִילָה תַּחַת הַקַּרְקַע בַּקֹּדֶשׁ עַד שֶׁיִּרְאֶה עֲבוֹדַת כֹּהֵן גָּדוֹל וְהִרְגִּישׁוּ הַכֹּהֲנִים בַּחֲפִירָה וּמְצָאוּהוּ וְקָרָא אוֹתָהּ הַלִּשְׁכָּה עַל שְׁמוֹ:
Expliqué dans le Aroukh, et voici ses termes : il est parmi les Sages qui disent qu'il creusa un souterrain (mehila) sous le sol, dans le [domaine] consacré, jusqu'à pouvoir voir le service du Cohen gadol ; les cohanim s'aperçurent du creusement et le trouvèrent -- et l'on appela cette chambre de son nom.
💡 Explication

Le daf s'ouvre par une question de vocabulaire, et non de loi. La michna vient de situer la seconde immersion du Cohen gadol dans la lichkat Beit haParva, la chambre du Beit haParva. La guemara s'arrête sur ce nom : les autres chambres du Temple portent des noms transparents (chambre du bois, chambre de l'exil, chambre des pierres taillées). Parva n'est ni une matière ni une fonction : c'est un nom propre, et un nom propre étranger.

Rav Yossef répond en un mot : amgoucha, terme araméen désignant le mage perse, le pratiquant de la magie zoroastrienne -- la même racine que dans magus. La chambre porte le nom d'un sorcier non juif. La réponse résout la philologie mais ouvre une énigme historique, que Rachi et le Aroukh vont combler de deux manières opposées : pour l'un ce mage a bâti la chambre, pour l'autre il l'a violée.

🖼️ Schéma
Pourquoi une chambre du Temple porte-t-elle le nom d'un mage ? Rav Yossef donne le nom ; les deux lectures divergent sur ce que ce mage y a fait. Rachi -- le bâtisseur Un sorcier l'a construite, et son nom était Parva. Lichkat Beit haParva chambre en lieu saint (kodech) mikve sur son toit Le nom est celui de l'artisan : un usage courant pour les bâtiments du Temple. Aucun scandale : juste une signature. Tossefot au nom du Aroukh -- l'espion Il creusa un souterrain pour voir le service. le kodech, au-dessus service du Cohen gadol la mehila (galerie souterraine) Les cohanim s'aperçoivent du creusement et le trouvent. Le nom garde la trace de l'effraction.
Deux reconstitutions du personnage de Parva, et deux façons de comprendre pourquoi son nom a survécu.
2
פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. מַאי שְׁנָא שֶׁל בּוּץ? אָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ.

Ils étendirent un drap de boutz (lin fin). En quoi le [drap] de boutz est-il différent ?

Rav Kahana a dit : afin qu'il reconnaisse que le service du jour [se fait] en vêtements de boutz.

💡 Explication

La michna prescrivait de tendre un sadin chel boutz, un drap de lin fin, entre le Cohen gadol et le peuple pendant qu'il se dévêt et s'immerge. La fonction première est évidente : préserver sa pudeur devant l'assemblée. Mais cette fonction-là n'exige aucune étoffe particulière -- n'importe quel tissu opaque ferait l'affaire. La guemara demande donc : mai chena chel boutz, qu'a de particulier le boutz pour qu'on l'impose ?

Rav Kahana répond que le drap a une seconde fonction, pédagogique : ke-dei che-yakir, afin qu'il reconnaisse. Le Cohen gadol quitte à cet instant les huit vêtements d'or pour les quatre vêtements blancs ; c'est le basculement du jour. L'étoffe qui l'entoure au moment même du changement est faite de la matière qu'il va revêtir. Le rideau n'est pas seulement un écran : il est un rappel adressé au Cohen gadol lui-même, pour qu'il ne se trompe ni de vêtements ni de registre de service.

🖼️ Schéma
Le drap de boutz : un rideau qui parle La michna aurait pu prescrire n'importe quelle étoffe opaque. Elle en impose une seule. Le peuple ne doit pas voir le Cohen gadol nu (tsniout). sadin chel boutz drap de lin fin Le Cohen gadol il se dévêt des habits d'or, s'immerge, et revêt le blanc. C'est le tournant du jour. Fonction évidente : masquer n'importe quelle étoffe y suffirait Fonction de Rav Kahana : signaler le boutz annonce le service en lin du jour
La scène de la seconde immersion : le drap sépare, et en même temps il enseigne.
3
בַּשַּׁחַר הָיָה לוֹבֵשׁ פִּלּוּסִין שֶׁל שְׁמוֹנָה עָשָׂר וְכוּ׳. וְתַנָּא מִנְייָנָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן? הָא קָא מַשְׁמַע לַן דִּבְצִיר מֵהָנֵי לָא נֶעְבֵּיד. הָא אִי בָּצֵיר מֵהָנֵי וְטָפֵי אַהֲנִי — לֵית לַן בַּהּ.

Le matin il revêtait [du lin] de Pelousim de dix-huit [maneh], etc. Et le tana vient-il nous enseigner un compte ?

Voici ce qu'il nous enseigne : que l'on ne confectionne pas [l'ensemble] pour moins que ceux-là. Mais si l'on retranche à ceux-ci et que l'on ajoute à ceux-là -- cela ne nous pose pas de problème.

📜 Rachi (3)
תַּנָּא מִנְייָנָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּקָתָנֵי הַכֹּל שְׁלֹשִׁים מָנֶה וְכִי אֵין אָנוּ יוֹדְעִין שֶׁשְּׁמוֹנָה עָשָׂר וּשְׁנַיִם עָשָׂר הֲרֵי שְׁלֹשִׁים:
Puisqu'il enseigne : le tout fait trente maneh. Or ne savons-nous pas que dix-huit et douze font trente ?
הָא קמ"ל לְהָכִי הֲדַר כַּייְלִינְהו לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּהָא דִּשְׁלֹשִׁים מָנֶה סַךְ הַכֹּל הוּא דְּיָהֵיב שִׁיעוּרָא לִיטֹּול מִן הַהֶקְדֵּשׁ וּבְצִיר מִשְּׁלֹשִׁים מָנֶה לָא לֶיעֱבֵיד סַךְ הַכֹּל:
C'est pour cela qu'il revient les totaliser : pour nous enseigner que ces trente maneh sont le total, en ce qu'il fixe la mesure à prélever sur le hekdech (le trésor consacré), et que l'on ne confectionne pas, au total, pour moins de trente maneh.
הָא אִי בָּצֵיר מֵהָנֵי דְּשַׁחֲרִית מִשְּׁמוֹנָה עָשָׂר וּטְפֵי אַהָנֵי דְּעַרְבִית מִשְּׁנַיִם עָשָׂר לֵית לַן בַּהּ:
-- c'est-à-dire [si l'on retranche] à ceux du matin, en dessous de dix-huit, et que l'on ajoute à ceux de l'après-midi, au-dessus de douze : cela ne nous pose pas de problème.
💡 Explication

La michna avait chiffré les vêtements blancs : dix-huit maneh le matin, douze l'après-midi, le tout trente maneh. La guemara bute sur ce dernier membre de phrase. Une michna ne gaspille pas ses mots, et personne n'a besoin qu'on lui apprenne que dix-huit et douze font trente. Un total explicite qui ne fait que redire ses termes est donc, nécessairement, autre chose qu'un total.

La réponse retourne la lecture du chiffre : ce n'est pas un constat mais une norme. Trente maneh est le montant minimal à prélever sur le hekdech (le trésor consacré) pour l'ensemble des vêtements du jour -- de-batsir me-hanei la na'avid, on ne fera pas pour moins. Le vrai sujet de la michna est budgétaire : ce que la collectivité doit au service de Kippour.

Rachi tire aussitôt la conséquence, et la guemara la formule elle-même : si le total est la seule contrainte, la répartition interne ne l'est pas. Retrancher au matin et ajouter à l'après-midi -- lit lan bah, cela ne nous dérange pas. Les deux lignes du barème sont indicatives ; seul leur sous-total est obligatoire.

🖼️ Schéma
Un total superflu : la mécanique de la question et de la réponse La michna : le matin dix-huit maneh, l'après-midi douze -- le tout : trente maneh. Kouchia : ve-tana minyana ata le-achmo'inan ? Le tana vient-il nous enseigner un compte ? Nous savons additionner : 18 + 12 = 30. Terouts : ha ka machma lan de-batsir me-hanei la na'avid Le total n'est pas une addition, c'est une norme : on ne fait pas l'ensemble pour moins de trente maneh. Rachi : c'est la mesure à prélever sur le hekdech. Conséquence immédiate : la répartition interne redevient libre 18 + 12 = 30 le barème de la michna valide 16 + 14 = 30 moins au matin, plus au soir valide -- lit lan bah 14 + 12 = 26 total sous le plancher exclu
De la question sur un total superflu à la requalification du chiffre en plancher budgétaire.
4
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהַת דְּשַׁחַר עֲדִיפִי, מְנָא לַן? אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב עִילָּאֵי: אֲמַר קְרָא: ״בַּד״ ״בַּד״ ״בַּד״ ״בַּד״, מֻובְחָר בְּבַד.

En tout état de cause, tout le monde [accorde] que ceux du matin sont supérieurs : d'où le tenons-nous ? Rav Houna fils de Rav Ilai a dit : le verset dit bad, bad, bad, bad -- le plus choisi parmi le bad (lin).

📜 Rachi (1)
בַּד בַּד אַרְבָּעָה זִימְנֵי כְּתִיב בִּלְבִישַׁת בִּגְדֵי שַׁחֲרִית לְמֵימַר דְּהָוֵי בַּד בַּד הַמֻּובְחָר בְּבַד:
[Le mot bad] est écrit quatre fois à propos du revêtement des vêtements du matin, pour dire qu'il doit être du bad le plus choisi parmi le bad.
🗂️ Tossefot (1)
בַּד בַּד בַּד בַּד נִרְאֶה לִי חַד לְגוּפֵיהּ וְחַד בַּד לְשׁוֹן לְבַד שֶׁאֵין לוֹבֵשׁ עִמָּהֶן בִּגְדֵי זָהָב כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה וּבַד שְׁלִישִׁי לוֹמַר יוֹתֵר טוֹב מִבַּד שֶׁל שְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה וְהָרְבִיעִי לוֹמַר שֶׁטּוֹב מִשֶּׁל עַרְבִית אִי נָמֵי בַּד שְׁלִישִׁי וּרְבִיעִי מִידְּרִישׁ הָכִי בַּד הַמֻּובְחָר שֶׁבַּבַּד:
Il me semble : l'un [des quatre] pour lui-même (le-goufeih, pour enseigner la matière de lin elle-même) ; et un [second] bad au sens de levad (seul), qu'il ne revêt pas avec eux les vêtements d'or, comme il le fait tous les autres jours de l'année ; et le troisième bad pour dire [qu'il doit être] meilleur que le bad des autres jours de l'année ; et le quatrième pour dire qu'il est meilleur que celui de l'après-midi. Ou bien (i nami) : les troisième et quatrième bad se derachent ainsi -- le bad le plus choisi parmi le bad.
💡 Explication

La souplesse accordée au segment précédent avait besoin d'une borne. Si l'on peut librement déplacer de la valeur d'un service à l'autre, rien n'empêche en principe d'habiller le Cohen gadol de dix maneh le matin et de vingt l'après-midi. La guemara écarte cette possibilité en constatant un accord général : de-kouley alma de-chahar adifey, tout le monde -- Rabbi Meir comme les Sages -- tient que les vêtements du matin doivent être supérieurs. Reste à en trouver la source.

Rav Houna fils de Rav Ilai la lit dans Vayikra 16,4, le verset qui énumère les quatre vêtements blancs du jour. Le mot bad (lin) y revient quatre fois -- une fois pour la tunique, une pour les caleçons, une pour la ceinture, une pour le turban. La répétition est en soi justifiable : chaque vêtement reçoit sa matière. Mais la derasha lit les quatre mentions ensemble, comme un superlatif construit par accumulation : muvhar ba-bad, le plus choisi parmi le lin. Et puisque ce verset porte sur les vêtements du matin, c'est à eux que s'applique l'exigence de qualité supérieure.

Tossefot n'accepte pas ce traitement en bloc et redistribue les quatre mentions en quatre enseignements : la matière elle-même ; bad au sens de levad, seul, c'est-à-dire sans les vêtements d'or qui l'accompagnent le reste de l'année ; puis meilleur que le lin des autres jours ; puis meilleur que celui de l'après-midi. Sa variante finale (i nami) rejoint Rachi pour les deux derniers.

🖼️ Schéma
Où s'arrête la liberté de répartition ? La réponse du segment précédent ouvrait grand ; ce segment referme d'un cran. matin = 30 soir = 0 15 / 15 matin = 0 soir = 30 zone permise : matin supérieur zone exclue : le soir dépasserait le matin seuil De-kouley alma mihat de-chahar adifey, mena lan ? En tout état de cause, tout le monde accorde que ceux du matin sont supérieurs. D'où le tenons-nous ? Rav Houna fils de Rav Ilai : bad, bad, bad, bad Quatre mentions du lin dans le verset du matin : muvhar ba-bad, le plus choisi parmi le lin.
La borne posée à la liberté de répartition, et le verset qui la fonde.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).