Yoma 35b -- les vêtements autres de Yehezkel, la tunique offerte par la mère du cohen, les trois accusés du tribunal d'en haut (Hillel, ben Harsom, Yossef), et la michna du viddouy sur le par

Yoma 35b

Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de la sougya des vêtements de lin : une objection tirée de Ye'hezkel 44,19, où les cohanim revêtent des vêtements autres, menace de renverser la hiérarchie établie entre le matin et l'après-midi ; la guemara résout que autres signifie ici inférieurs, puisque le service de l'après-midi n'expie rien et ne fait que dégager la cuiller et l'encensoir. Vient ensuite une règle de Rav Houna bar Yehouda : un cohen peut officier dans la ketonet que sa mère lui a confectionnée, à condition de la remettre pleinement à la collectivité -- avec deux illustrations opposées, la tunique de cent maneh de Rabbi Yichmael ben Pabi, acceptée, et celle de vingt mille de Rabbi Elazar ben Harsom, refusée par ses frères les cohanim parce qu'elle laissait transparaître son teint, comme du vin dans un verre selon l'image d'Abaye.

Le nom de ben Harsom fait alors basculer le daf dans l'aggada la plus célèbre du traité : un pauvre, un riche et un mécréant comparaissent devant le tribunal d'en haut, et à chacun on demande pourquoi il ne s'est pas occupé de Tora. À chaque excuse répond une vie qui la détruit -- Hillel qui donnait la moitié de son demi-dinar quotidien au portier de la maison d'étude et qui, le jour où il n'eut rien, passa la nuit sur la lucarne sous trois coudées de neige ; Rabbi Elazar ben Harsom, maître de mille villages et de mille navires, que ses propres serviteurs ne reconnaissaient pas parce qu'il n'était jamais allé les voir ; et Yossef, qui répondit aux trois menaces de la femme de Potifar par trois versets de Tehilim 146 et ne répondit rien du tout à ses mille kikar d'argent.

Conclusion de la beraita : chacun d'eux rend coupable sa propre catégorie. Le daf s'achève sur la michna qui reprend le fil du service : la position exacte du taureau entre le Oulam et l'autel, la semikha des deux mains, et le texte du premier viddouy -- portant sur le Cohen gadol et sa maison seulement -- suivi du répons de la foule au Nom prononcé.

Yoma 35b : du vêtement du Cohen gadol à l'excuse de tout homme Un amud qui glisse de la halakha du lin à la plus célèbre aggada du traité, puis revient à la michna du viddouy. 1. Fin de la sougya Ye'hezkel 44,19 bigdim aherim : plus chers, ou moins ? Réponse : moins. Sortir la cuiller et l'encensoir n'expie rien : on descend d'un cran. 2. La tunique privée Rav Houna bar Yehouda Un cohen peut porter la ketonet faite par sa mère s'il la remet au tsibbour. Cent maneh chez ben Pabi ; vingt mille chez ben Harsom. 3. Le tribunal d'en haut Pourquoi n'as-tu pas étudié ? Trois accusés, trois excuses, trois témoins à charge. Hillel, ben Harsom, Yossef La richesse de ben Harsom sert de charnière entre les deux sougyot. 4. Michna Le par et le viddouy Position du taureau, semikha, confession. ani ou-veiti Premier viddouy : lui et sa maison seulement. Le fil qui relie les quatre blocs : ce que vaut un vêtement, et ce que vaut une excuse La tunique de vingt mille de ben Harsom fait entrer son nom dans le daf ; le daf le rappelle aussitôt pour une tout autre raison -- non plus l'homme le plus richement vêtu, mais l'homme le plus riche qui a quand même étudié. Le luxe devient un argument contre soi.
Les quatre blocs du daf et le nom qui sert de charnière entre la halakha et l'aggada.
Trois accusés au tribunal d'en haut : la structure de la beraita Chaque cas suit exactement le même moule : une question, une excuse, une comparaison qui la détruit. Étape Le pauvre (ani) Le riche (achir) Le mécréant (racha) La question identique pour tous Mipnei ma lo asakta ba-Tora ? -- Pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ? L'excuse j'étais accaparé (tarud) j'étais pauvre, accaparé par ma nourriture j'étais riche, accaparé par mes biens j'étais beau, accaparé par mon yetser La réplique kloum ... yoter mi- ? étais-tu plus ... que ? Hillel un demi-dinar par jour, dont la moitié au portier R. Elazar ben Harsom mille villages, mille navires, jamais allé les voir Yossef ha-tsadik sollicité chaque jour, menacé puis acheté Le détail décisif l'excuse était la même Le jour où il n'a rien gagné, il monte sur le toit. Ses propres serviteurs le prennent pour un corvéable. Mille kikar refusés ; il répond par des versets. Nimtsa : Hillel mehayev et ha-aniyim, R. Elazar ben Harsom et ha-achirim, Yossef et ha-rechaim Chacun devient témoin à charge contre sa propre catégorie : l'excuse n'est jamais fausse, elle est seulement déjà surmontée.
La beraita des trois accusés : un moule unique applique trois fois, et trois vies qui servent de preuve.
Où se tient le taureau, et dans quel sens : la scène de la michna Vue de dessus. Le Temple est orienté est-ouest : on entre par l'est, le Saint des Saints est à l'ouest. HEIKHAL (à l'ouest) OULAM vestibule bein ha-oulam ve-la-mizbeah l'espace entre le vestibule et l'autel MIZBÉAH autel extérieur azara (vers l'est) le par tête face à l'ouest le cohen à l'est, face à l'ouest corps orienté nord-sud TSAFON (nord) DAROM (sud) Michna : rocho la-darom ou-fanav la-maarav -- sa tête au sud, mais sa face à l'ouest Le corps est couché nord-sud ; seule la tête est tordue vers le Heikhal. Rachi : la guemara en cherchera la raison. Roch : pourquoi ne pas coucher le taureau tête à l'ouest, tout simplement ? Parce qu'il pourrait lâcher ses excréments en direction de l'autel -- ce serait un outrage. On tord donc la tête seule.
La michna finale, vue de dessus : où se tient le taureau, dans quel sens, et où se place le Cohen gadol.
1
מֵיתִיבִי: ״וְלָבְשׁוּ בְּגָדִים אֲחֵרִים וְלֹא יְקַדְּשׁוּ אֶת הָעָם בְּבִגְדֵיהֶם״,

On objecte : et ils revêtiront d'autres vêtements, et ils ne sanctifieront pas le peuple par leurs vêtements (Ye'hezkel 44,19).

📜 Rachi (2)
מֵיתִיבִי גָּרְסִינַן בְּרֵישָׁא וַהֲדַר גָּרְסִינַן תָּנֵי רַב שְׁמוּאֵל:
Nous lisons d'abord meitivi (on objecte), et ensuite nous lisons Tani Rav Chmouel.
מֵיתִיבִי וְלָבְשׁוּ בְּגָדִים אֲחֵרִים וְלֹא גָּרְסִינַן וְקָרְבוּ אֶל אֲשֶׁר לָעָם דְּהַהוּא קְרָא לָא גַּבֵּי שֵׁירוּת כְּתִיב אֶלָּא גַּבֵּי בְּגָדִים שֶׁאָכְלוּ בָּהֶן וְלֹא אֶפְשָׁר לְאוֹקוֹמֵי ביוה"כ אֶלָּא מֵהַאי קְרָא מוֹתֵיב וּבְצֵאתָם אֶל חָצֵר הַחִיצוֹנָה וְגוֹ' דְּאִיכָּא לְאוֹקוֹמֵי בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים דִּכְתִיב לְעֵיל מִינֵּיהּ וְהָיָה בְּבוֹאָם אֶל שַׁעֲרֵי הֶחָצֵר הַפְּנִימִית וְלֹא יַעֲלֶה עֲלֵיהֶם צֶמֶר הָא וַדַּאי בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים כְּתִיב דְּאִי בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה הָא אִיכָּא מְעִיל דְּכוּלֵּיהּ תְּכֵלֶת וְחֹושֶׁן וְאֵפוֹד דְּאִית בֵּיהּ תְּכֵלֶת וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ וּבְצֵאתָם אֶל הֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה יִפְשְׁטוּ אֶת בִּגְדֵיהֶם וְגוֹ' וְלָבְשׁוּ בְּגָדִים אֲחֵרִים וְקָא סָלְקָא דַּעְתִּיךְ דְּהָכִי קָאָמַר וּכְשֶׁיַּחֲזֹור וְיִכָּנֵס שָׁם בֵּין הָעַרְבַּיִם וְלָבַשׁ בִּגְדֵי בַּד אֲחֵרִים וְלֹא אֶת הָרִאשׁוֹנִים וּמִשּׁוּם דְּלָא רְמָזָהּ מֹשֶׁה בְּאוֹרָיְיתָא וְהִילְכְתָא הָווּ גְּמִירִי לָהּ אֲתָא יְחֶזְקֵאל וְאַסֻּמְכֵּיהּ אַקְּרָא וְלֹא יְקַדְּשׁוּ אֶת הָעָם דִּכְתִיב בְּסֵיפָא מִילְּתָא אַחֲרִיתִי הִיא וּכְשֶׁיִּתְעָרְבוּ עִם הָעָם יִלְבְּשׁוּ בִּגְדֵי חוֹל:
On objecte : et ils revêtiront d'autres vêtements. -- Et nous ne lisons pas [le verset] et ils s'approcheront de ce qui est au peuple, car ce verset-là n'est pas écrit à propos du service mais à propos des vêtements dans lesquels ils mangeaient [les offrandes], et il n'est pas possible de l'appliquer à Yom Kippour. C'est de ce verset-ci qu'il objecte : et lorsqu'ils sortiront vers la cour extérieure, etc. -- que l'on peut, lui, appliquer à Yom Kippour, puisqu'il est écrit plus haut : et il adviendra, lorsqu'ils entreront aux portes de la cour intérieure... et aucune laine ne montera sur eux. Cela est certainement écrit à propos de Yom Kippour, car s'il s'agissait des autres jours de l'année, il y a le meil qui est entièrement de tekhelet, et le hochen et l'efod qui contiennent de la tekhelet. Et il est écrit après cela : et lorsqu'ils sortiront vers la cour extérieure ils ôteront leurs vêtements, etc., et ils revêtiront d'autres vêtements. Or il te vient à l'esprit que voici ce qu'il dit : lorsqu'il reviendra et entrera là de nouveau dans l'après-midi, il revêtira d'autres vêtements de bad et non les premiers ; et parce que Moche ne l'avait pas laissé entendre dans la Tora et qu'on le tenait par halakha [orale], Ye'hezkel est venu l'appuyer sur un verset. Quant à et ils ne sanctifieront pas le peuple, qui est écrit à la fin, c'est une autre affaire : lorsqu'ils se mêlent au peuple, ils revêtent des vêtements profanes.
💡 Explication

La guemara vient d'établir, par les quatre mentions du mot bad, que les vêtements du matin doivent être supérieurs à ceux de l'après-midi. Elle se heurte maintenant à un verset de Ye'hezkel qui semble dire l'inverse. Le prophète décrit les cohanim qui, sortant de la cour intérieure vers la cour extérieure, ôtent leurs vêtements de service et en revêtent d'autres.

Rachi reconstruit tout le raisonnement de l'objection. Le passage de Ye'hezkel 44 porte nécessairement sur Yom Kippour : il exige que les cohanim soient vêtus de lin et qu'aucune laine ne monte sur eux -- ce qui est impossible le reste de l'année, où le meil est entièrement de tekhelet et où le hochen et l'efod en contiennent. Puis vient le second vêtement : d'autres vêtements. Si Ye'hezkel enregistre une halakha que Moche n'avait pas explicitée et qu'on ne tenait que par tradition, alors ce mot aherim est le point d'appui scripturaire de la loi -- et il faut savoir dans quel sens le lire.

2
מַאי לַָאו ״אֲחֵרִים״ — חֲשׁוּבֵין מֵהֶן! לֹא, ״אֲחֵרִים״ — פְּחוּתִים מֵהֶן.

N'est-ce pas que autres signifie plus importants qu'eux ? Non : autres signifie inférieurs à eux.

📜 Rachi (2)
מַאי לָאו אֲחֵרִים חֲשׁוּבִין מֵהֶן דְּאִי לָאו לְעַילּוּיִנְהוּ לָמָּה לִי לְמִכְתַּב אֲחֵרִים דְּמַשְׁמַע שֶׁלֹּא יִהְיוּ דּוֹמִין לָרִאשׁוֹנִים:
N'est-ce pas que autres signifie plus importants qu'eux ? -- Car si ce n'était pas pour les rehausser, pourquoi aurais-je besoin d'écrire autres, qui implique qu'ils ne seront pas semblables aux premiers ?
לֹא פְּחוּתִין מֵהֶן לְפִי שֶׁעֲבוֹדָה הָרִאשׁוֹנָה חֲשׁוּבָה וּמְכַפֶּרֶת וְזוֹ אֵינָהּ אֶלָּא לְפַנּוֹת אֶת הַמָּקוֹם שֶׁאֵין כָּבוֹד שֶׁיִּהְיוּ מֻונָּחִין שָׁם לְפִיכָךְ שִׁינָּה הַכָּתוּב בִּבְגָדִים לְפָחוֹת:
Non, inférieurs à eux. -- Parce que le premier service est important et expie, tandis que celui-ci n'est que pour dégager le lieu -- car il n'est pas honorable qu'ils y restent posés. C'est pourquoi le verset a modifié les vêtements, à la baisse.
💡 Explication

Voici la charnière de l'objection et sa résolution, en une ligne chacune. Le mot aherim ne peut pas être neutre : s'il ne signalait aucune différence, il serait superflu. Il enseigne donc que les seconds vêtements ne ressemblent pas aux premiers -- reste à savoir dans quel sens penche la différence.

La réponse de la guemara retourne l'échelle : pehoutim mehen, inférieurs. Rachi en donne le principe, et c'est lui qui vaut d'être retenu : la dignité du vêtement suit la dignité du service. Le service du matin entre dans le Saint des Saints et expie. Celui de l'après-midi ne fait que retirer la cuiller et l'encensoir laissés à l'intérieur ; il n'expie rien, il règle une question de convenance -- il ne serait pas honorable de les laisser là. Un service moindre reçoit donc un lin moindre, et Ye'hezkel cesse de contredire la michna.

🖼️ Schéma
Un seul mot du prophète, deux lectures opposées Ye'hezkel 44,19 : ve-lavchou begadim AHERIM -- et ils revêtiront d'autres vêtements. Le mot aherim est superflu si les vêtements étaient identiques. Il enseigne donc une différence. Laquelle ? Hava amina : hachouvin mehen autres = plus importants Rachi : si ce n'était pas pour les rehausser, pourquoi écrire aherim ? Conséquence : le soir > le matin Maskana : pehoutim mehen autres = inférieurs Rachi : le premier service expie ; celui-ci ne fait que dégager le lieu. Conséquence : le matin > le soir Le principe qui tranche : la dignité du vêtement suit la dignité du service Le service du matin entre dans le Saint des Saints et expie. Celui de l'après-midi ne fait que retirer la cuiller et l'encensoir qu'il serait indigne de laisser là. Un service moindre : donc un lin moindre. Ye'hezkel ne contredit plus la michna.
Les deux lectures possibles du mot aherim, et le principe qui fait pencher la balance.
3
תָּנֵי רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה, וְאָמְרִי לַהּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: אַחַר שֶׁכָּלְתָה עֲבוֹדַת צִיבּוּר, כֹּהֵן שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹונֶת — לוֹבְשָׁהּ, וְעוֹבֵד בָּהּ עֲבוֹדַת יָחִיד, וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֶנָּה לַצִּיבּוּר. פְּשִׁיטָא?

Rav Houna bar Yehouda a enseigné -- et certains l'attribuent à Rav Chmouel bar Yehouda : après que le service public s'est achevé, un cohen dont la mère lui a confectionné une ketonet (tunique) la revêt et accomplit avec elle un service individuel (avodat yahid), à condition qu'il la remette à la collectivité (tsibbour). Cela est évident !

📜 Rachi (3)
עֲבוֹדַת יָחִיד הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לַצִּיבּוּר אֶלָּא לְפִי שֶׁמֻּוטֶּלֶת עָלָיו לְפַנּוֹת אֶת הַמָּקוֹם לְפִיכָךְ קוֹרֵא לָהּ עֲבוֹדַת יָחִיד:
Service individuel. -- La sortie de la cuiller et de l'encensoir, dont la collectivité n'a pas besoin ; c'est seulement parce qu'il lui incombe de dégager le lieu que [le maître] l'appelle service individuel.
וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֶנָּה לַצִּיבּוּר דְּסוֹף סוֹף מֵעֲבוֹדַת צִיבּוּר הִיא כָּךְ נִרְאֶה בְּעֵינַי וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי עֲבוֹדַת יָחִיד מִקְרָא פָּרָשָׁה דִּתְנַן [בְּמָתְנֵי'] (לְקַמָּן יוֹמָא דַּף סח:) קוֹרֵא בְּאִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקַשְׁיָא לִי בְּגַוַּהּ דְּלָא תְּנַן הָתָם וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֶנָּה לַצִּיבּוּר:
À condition qu'il la remette à la collectivité. -- Car en fin de compte cela relève du service public. Ainsi cela me paraît. Et moi, j'ai entendu [dire] que le service individuel est la lecture de la parachah, comme nous l'avons appris dans la michna (infra Yoma 68b) : il lit dans une itstalit (étole) blanche qui lui appartient. Mais cela me fait difficulté, car on n'y enseigne pas à condition qu'il la remette à la collectivité.
פְּשִׁיטָא דְּעוֹבֵד בָּהּ כֵּיוָן דַּאֲמַרְתְּ מוֹסְרָהּ לַצִּיבּוּר דְּצִיבּוּר הִיא:
Cela est évident. -- Qu'il puisse officier avec elle, puisque tu dis qu'il la remet à la collectivité : elle est donc à la collectivité.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כֹּהֵן שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹנֶת. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'שֶׁעָשָׂה כְּתֹנֶת' וְלָמָּה מַזְכִּירָהּ עַל שֵׁם אִמּוֹ דְּמַשְׁמַע שֶׁהִיא מִשְׁתַּדֶּלֶת בְּמַעֲשֵׂה הַכֻּתֹּונֶת טְפֵי? וְכֵן אָמְרוּ עַל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּאָבִי וְעַל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיתָא בְּמַכּוֹת (מַכּוֹת יא.) עַל הוֹרְגִין בְּשׁוֹגֵג שֶׁגּוֹלִין לְעָרֵי מִקְלָט 'לְפִיכָךְ אִמּוֹתֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים מַסְפִּיקוֹת לָהֶם מִחְיָה וּכְסוּת כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְפַּלְּלוּ עַל בְּנֵיהֶם שֶׁלֹּא יָמוּתוּ' עַיֵּין שָׁם. וְיָדוּעַ דְּכֻתֹּונֶת מְכַפֶּרֶת עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בְּרֵאשִׁית לז, לא) 'וְיִטְבְּלוּ אֶת הַכֻּתֹּנֶת בַּדָּם' וְלָכֵן מֵאַחַר שֶׁאִמּוֹתֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים הֵם שָׂמִים לֵב בַּעֲבוּר בְּנֵיהֶם שֶׁלֹּא יִתְפַּלְּלוּ עֲלֵיהֶם אֵלּוּ הַשּׁוֹפְכַי דָּם בְּשׁוֹגֵג שֶׁיָּמוּתוּ לְכָךְ מִשְׁתַּדְּלִים לַעֲשׂוֹת הַכֻּתֹּונֶת הַמְכַפֶּרֶת עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר כְּדֵי שֶׁתָּגִין שֶׁלֹּא יִהְיֶה שְׁפִיכוּת דָּמִים בְּיִשְׂרָאֵל וְלֹא יִצְטָרְכוּ לְגַלּוֹת לְעָרֵי מִקְלָט וְאָז יִהְיוּ בְּנֵיהֶם נִיצּוֹלִים מְקַלְּלוֹת הַגּוֹלִין דְּגָלוּת אֵין כָּאן גַּם קְלָלָה אֵין כָּאן.
Un cohen dont la mère lui a confectionné une ketonet. -- Il y a lieu de demander : il aurait fallu dire qu'il s'est fait une ketonet ; pourquoi la nommer au nom de sa mère, ce qui laisse entendre qu'elle s'applique davantage à la confection de la tunique ? De même a-t-on dit de Rabbi Yichmael ben Pabi et de Rabbi Elazar ben Harsom : sa mère lui confectionna. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'on trouve dans Makot (11a), à propos de ceux qui tuent par inadvertance et sont exilés dans les villes de refuge : c'est pourquoi les mères des cohanim leur fournissaient nourriture et vêtement, afin qu'ils ne prient pas sur leurs fils pour qu'ils ne meurent pas -- vois-y. Et il est connu que la ketonet expie l'effusion de sang, comme il est dit (Berechit 37,31) : et ils trempèrent la ketonet dans le sang. Dès lors, puisque les mères des cohanim ont à cœur, pour leurs fils, que ces meurtriers par inadvertance ne prient pas pour qu'ils meurent, elles s'appliquent à confectionner de la plus belle manière (mitsva min ha-mouvhar) la ketonet qui expie l'effusion de sang, afin qu'elle protège et qu'il n'y ait pas d'effusion de sang en Israël, et que l'on n'ait pas besoin d'être exilé dans les villes de refuge ; alors leurs fils seront sauvés des malédictions des exilés -- plus d'exil ici, donc plus de malédiction non plus.
💡 Explication

Nouvelle sougya, ouverte par la question du vêtement privé. Le principe de base est ferme : les bigdei kehouna doivent appartenir à la collectivité, comme tous les ustensiles du Temple. Un cohen ne sert pas dans un vêtement à lui. Que faire, alors, du cadeau d'une mère ?

La règle énonce une double condition. D'abord un moment : ahar che-kalta avodat tsibbour, après que le service public est achevé -- ce n'est plus le cœur de la journée. Ensuite un statut : ou-vilvad che-yimserena la-tsibbour, à condition qu'il la remette à la collectivité. La tunique cesse d'être sienne, devient bien du Temple, et redevient donc utilisable.

Rachi hésite sur ce qu'est une avodat yahid. Sa lecture : la sortie de la cuiller et de l'encensoir, service qui n'intéresse pas la collectivité et n'incombe qu'à lui. Il rapporte aussi ce qu'il a entendu -- la lecture publique de la parachah, où la michna (Yoma 68b) mentionne bien une étole blanche personnelle -- mais il l'écarte : la-bas, jamais on n'exige la remise à la collectivité. La guemara conclut par une objection de bon sens : pechita, c'est évident -- puisqu'elle est remise, elle est à eux.

🖼️ Schéma
La tunique offerte par la mère : comment un bien privé devient un vêtement de service Règle de base : tout service se fait en vêtements appartenant à la collectivité, comme tous les ustensiles du Temple. Sa mère lui fait une ketonet bien privé du cohen Obstacle un vêtement privé ne peut servir à la avoda La condition ou-vilvad che-yimserena la-tsibbour kacher il officie avec elle Qu'est-ce qu'une avodat yahid ? Rachi (sa lecture) : sortir la cuiller et l'encensoir -- la collectivité n'en a pas besoin, c'est lui qui doit dégager le lieu. Rachi (ce qu'il a entendu) : la lecture publique de la parachah. Pourquoi Rachi écarte la seconde lecture La michna de Yoma 68b dit bien qu'il lit dans une itstalit blanche qui lui appartient -- mais elle n'y ajoute jamais ou-vilvad che-yimserena la-tsibbour. La condition ne colle qu'à la première lecture. Peshita ? -- et la kouchia de la guemara Si elle est remise au tsibbour, elle appartient au tsibbour : où est la nouveauté ? Réponse : on aurait pu craindre une remise incomplète -- lo yimserena yafe yafe -- puisque c'est lui-même qui la porte et qui s'en honore. Tossefot : même les Sages de Baba Metsia 118a, qui craignent d'ordinaire une remise du bout des lèvres, l'admettent ici -- anan sahadei, nous sommes témoins qu'un Cohen gadol, grand en Tora, remet pleinement ce dont il tire déjà tout l'honneur.
Le circuit d'une tunique privée jusqu'au service, et les deux lectures de avodat yahid.
4
מַהוּ דְּתֵימָא נֵיחוּשׁ שֶׁמָּא לֹא יִמְסְרֶנָּה יָפֶה יָפֶה, קָא מַשְׁמָע לַן. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּאָבִי שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹונֶת שֶׁל מֵאָה מָנֶה, וְלוֹבְשָׁהּ וְעוֹבֵד בָּהּ עֲבוֹדַת יָחִיד, וּמְסָרָהּ לַצִּיבּוּר.

Tu aurais pu dire : craignons qu'il ne la remette pas pleinement (yafe yafe) -- [le maître] nous enseigne [qu'il n'y a pas lieu de le craindre]. On a dit de Rabbi Yichmael ben Pabi que sa mère lui confectionna une ketonet de cent maneh ; il la revêtait, accomplissait avec elle un service individuel, et la remit à la collectivité.

🗂️ Tossefot (1)
נֵיחוּשׁ שֶׁמָּא לֹא יִמְסְרֶנָּה יָפֶה יָפֶה קמ"ל וְאַפֵּי' לְרַבָּנָן דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּפֶרֶק הַבַּיִת וְהָעֲלִיָּה (בּ"מ דַּף קיח.) דִּסְבִירָא לְהוּ שׁוֹמְרֵי סְפִיחִים בַּשְּׁבִיעִית נוֹטְלִין שְׂכָרָן מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר אַף הָרוֹצֶה לְהִתְנַדֵּב בְּחִנָּם עוֹשֶׂה וְקָאָמַר דִּפְלִיגִי בִּמְיֻחָשׂ דִּילְמָא לֹא מָסַר לַצִּבּוּר יָפֶה דְּרַבָּנָן סָבְרִי חָייְשִׁינַן הָכָא מוֹדוּ דַּאֲנַן סָהֲדֵי דכ"ג מָסַר לֵיהּ יָפֶה שֶׁהוּא גָּדוֹל בַּתּוֹרָה וְיוֹדֵעַ שֶׁיֵּשׁ לִמְסֹור יָפֶה וְעוֹד כֵּיוָן שֶׁכָּל כְּבוֹד כְּהֻונָּה הוּא שֶׁלּוֹ מָסַר לֵיהּ יָפֶה אַגַּב חֲבִיבוּת שֶׁעוֹבֵד בָּהּ וְכֵן לְבֶן בֻּוכְרִי דְּאָמַר בְּפֶרֶק הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף כא:) כָּל כֹּהֵן שֶׁשּׁוֹקֵל אֵינוֹ חוֹטֵא וּפָרִיךְ כֵּיוָן דִּלְכַתְּחִילָּה לָא מִיחַייַּב לְאֵיתוֹיֵי כִּי קָא מַיְיתֵי מְעַיֵּיל חֻולִּין לָעֲזָרָה וּמְשַׁנֵּי דְּמָסַר לֵיהּ לַצִּבּוּר אִיכָּא לְמֵימַר אֲפִילּוּ את"ל דִּסְבִירָא לֵיהּ כְּרַבָּנָן דְּפֶ' הַבַּיִת וְהָעֲלִיָּה (בּ"מ דַּף קיח.) בְּהַהִיא אֲפִי' רַבָּנָן מוֹדוּ כֵּיוָן שֶׁכָּל יִשְׂרָאֵל מְבִיאִין שְׁקָלִים אִינְהוּ נָמֵי נְהִי דִּפְטִירִי מָסְרִי לַצִּבּוּר יָפֶה יָפֶה וְעוֹד כֵּיוָן שֶׁכָּל רִיוַּח הַקָּרְבָּנוֹת הַבָּאִים מִן הַשְּׁקָלִים שֶׁלָּהֶם הוּא גָּמְרִי וּמָסְרִי יָפֶה:
Craignons qu'il ne la remette pas pleinement -- [le maître] nous l'enseigne. -- Et cela vaut même selon les Sages qui s'opposent à Rabbi Yossi au chapitre haBayit ve-haAliya (Baba Metsia 118a), lesquels tiennent que les gardiens des repousses (chomerei sefihim) de l'année de chemita prennent leur salaire du prélèvement de la chambre (teroumat ha-lichka), tandis que Rabbi Yossi dit que même celui qui veut se porter volontaire gratuitement le fait ; et l'on y dit qu'ils divergent sur la crainte qu'il ne remette pas pleinement à la collectivité, les Sages tenant que l'on craint. Ici, ils concèdent, car nous en sommes témoins (anan sahadei) que le Cohen gadol la remet pleinement : il est grand en Tora et sait qu'il faut remettre pleinement ; et de plus, puisque tout l'honneur de la kehouna lui revient, il la remet pleinement par affection pour le service qu'il y accomplit. Et de même pour Ben Boukhri, qui dit au chapitre haKomets Rabba (Menahot 21b) que tout cohen qui verse le chekel ne pèche pas -- et l'on objecte : puisqu'il n'est pas tenu à priori de l'apporter, en l'apportant il introduit du profane (houlin) dans la azara ! et l'on répond qu'il le remet à la collectivité. On peut dire : même si tu voulais soutenir qu'il tient comme les Sages du chapitre haBayit ve-haAliya, dans ce cas-là même les Sages concèdent -- puisque tout Israël apporte les chekalim, eux aussi, bien qu'exemptés, remettent pleinement à la collectivité ; et de plus, puisque tout le bénéfice des sacrifices provenant des chekalim est aussi le leur, ils s'y résolvent et remettent pleinement.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שֶׁמָּא לֹא יִמְסְרֶנָּה יָפֶה יָפֶה. כֶּפֶל הַלָּשׁוֹן רוֹצֶה לוֹמַר בְּפֶה וּבַלֵּב דְּחָייְשִׁינַן כֵּיוָן דְּהוּא עַצְמוֹ מִתְכַּבֵּד בָּהּ לְכָךְ הוּא מוֹסְרָהּ וְאִם לֹא הָיָה לוֹ כָּבוֹד בָּהּ לֹא הָיָה מוֹסְרָהּ מִלֵּב וְנֶפֶשׁ וְרָצוֹן טוֹב. וּלְפִי הַהַשְׁעָרָה כְּתֹונֶת רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם שֶׁהָיְתָה מִשְׁתֵּי רִבּוֹא עוֹלָה לְמִסְפַּר גָּדוֹל וְאַף עַל גַּב דְּדִבְּרוּ חֲכָמִים בִּלְשׁוֹן גֻּוזְמָא אֶפְשָׁר דְּהָכָא לָאו גֻּוזְמָא הוּא.
De peur qu'il ne la remette pas pleinement (yafe yafe). -- Le redoublement de l'expression veut dire : de bouche et de cœur. Car nous craignons que, puisque lui-même s'honore de cette tunique, ce soit pour cela qu'il la remette ; et s'il n'en tirait aucun honneur, il ne la remettrait pas de tout cœur, de toute âme et de plein gré. Et selon l'estimation, la ketonet de Rabbi Elazar ben Harsom, qui valait vingt mille, atteint une somme énorme ; et bien que les Sages parlent parfois par hyperbole (gouzma), il se peut qu'ici ce ne soit pas une hyperbole.
💡 Explication

Réponse au pechita du segment précédent. La nouveauté n'est pas juridique mais psychologique : on aurait pu craindre une remise du bout des lèvres. Le redoublement yafe yafe vise exactement cela -- une remise pleine, et non une donation formelle assortie d'une réserve mentale. Comme c'est lui-même qui portera la tunique et en tirera l'honneur, le soupçon n'est pas absurde. La guemara le lève.

Tossefot mesure la portée de cette levée. Dans Baba Metsia 118a, les Sages et Rabbi Yossi divergent précisément sur ce soupçon, à propos des gardiens des repousses de chemita : les Sages craignent qu'un bénévole ne cède pas vraiment son travail à la collectivité. Ici pourtant, même eux concèdent -- anan sahadei, nous en sommes témoins : un Cohen gadol, grand en Tora, sait ce qu'exige une remise, et l'affection même qu'il porte au service dans cette tunique garantit qu'il la donne entièrement.

5
אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹונֶת מִשְׁתֵּי רִיבּוֹא, וְלֹא הֱנִיחוּהוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים לְלָובְשָׁהּ מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאָה כְּעָרֹום. וּמִי מִתְחֲזֵי? וְהָאָמַר מַר: חוּטָן כָּפוּל שִׁשָּׁה! אָמַר אַבַּיֵּי: כְּחַמְרָא בְּמִזְגָּא.

On a dit de Rabbi Elazar ben Harsom que sa mère lui confectionna une ketonet de vingt mille [maneh], mais ses frères les cohanim ne le laissèrent pas la revêtir, parce qu'il paraissait nu. Et pouvait-on donc le voir [au travers] ?

Le Maître n'a-t-il pas dit : leur fil était doublé six fois ! Abaye a dit : comme du vin dans un verre.

📜 Rachi (3)
מִשְׁתֵּי רִיבּוֹא מָנֶה:
De vingt mille. -- [Sous-entendu :] maneh.
הָאָמַר מַר חוּטָן שֶׁל בִּגְדֵי כְּהֻונָּה כָּפוּל שִׁשָּׁה לְקַמָּן בְּפֶרֶק בָּא לוֹ (יוֹמָא דַּף עא:):
Le Maître n'a-t-il pas dit : leur fil -- celui des vêtements de la kehouna -- était doublé six fois ; [voir] plus loin, au chapitre Ba lo (Yoma 71b).
כְּחַמְרָא בְּמִזְגָּא כְּיַיִן הַנִּרְאֶה מִחוּץ לִכְלִי זְכוּכִית ואע"פ שֶׁהַזְּכוּכִית עָבָה כָּךְ הָיָה הַפִּשְׁתָּן מֻוצְהָב וְנִרְאֶה בְּשָׂרוֹ מִתּוֹכָהּ:
Comme du vin dans un verre. -- Comme le vin que l'on aperçoit depuis l'extérieur d'un récipient de verre, bien que le verre soit épais : ainsi le lin était-il lustré, et sa chair se laissait voir au travers.
💡 Explication

Le second exemple renverse le premier. La tunique de cent maneh de ben Pabi était admise ; celle de vingt mille de ben Harsom est refusée -- non par ses supérieurs, mais par ses frères les cohanim, qui exercent là un contrôle collégial. Le motif n'est pas la dépense mais le résultat : nira ke-arom, il paraît nu.

La guemara refuse d'y croire tel quel, et c'est ce refus qui rend la scène compréhensible. Les vêtements de la kehouna sont tissés d'un fil kaful chicha, six brins torsadés ensemble (Yoma 71b). Un tel tissu ne peut pas être transparent, quelle que soit la finesse du lin.

Abaye tranche par une image : ke-hamra be-mazga, comme du vin dans un verre. Rachi la développe -- on ne voit pas le liquide, on voit sa couleur au travers d'une paroi pourtant épaisse. De même ici : sa chair n'était pas visible, mais son teint transparaissait. Assez pour choquer, pas assez pour être nu au sens propre. Le luxe n'a pas violé une règle : il a franchi une mesure.

🖼️ Schéma
Une tunique de vingt mille que l'on voit au travers : la kouchia et sa réponse Kouchia : ou-mi mithazei ? Le Maître a enseigné que le fil des vêtements de la kehouna est kaful chicha -- doublé six fois (Yoma 71b). Six brins torsadés en un seul fil. Un tel tissu ne peut pas être transparent. 6 brins 1 fil Abaye : ke-hamra be-mazga comme du vin dans un verre épais Le verre est opaque -- et pourtant La distinction d'Abaye : on ne voyait pas sa chair, on voyait sa couleur Rachi : ainsi que le vin que l'on aperçoit à travers la paroi d'un verre épais sans voir le liquide lui-même, le lin était si fin et si lustré que le teint de sa chair se devinait au travers. Assez pour choquer, pas assez pour être nu. Ce que le verdict de ses frères les cohanim enseigne La ketonet doit être conforme, pas somptueuse. Vingt mille dépensés ne rachètent pas un nira ke-arom -- il paraît nu. Le luxe a passé la mesure.
Le fil à six brins, l'objection qu'il soulève, et la réponse d'Abaye sur le vin dans le verre.
6
תָּנוּ רַבָּנַן: עָנִי וְעָשִׁיר וְרָשָׁע בָּאִין לַדִּין, לֶעָנִי אוֹמְרִים לוֹ: מִפְּנֵי מַה לֹא עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה? אִם אוֹמֵר: עָנִי הָיִיתִי, וְטָרוּד בִּמְזוֹנוֹתַי, אוֹמְרִים לוֹ: כְּלוּם עָנִי הָיִיתָ יוֹתֵר מֵהִלֵּל?

Nos maîtres ont enseigné : un pauvre, un riche et un mécréant viennent au jugement. Au pauvre on dit : pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ?

S'il dit : j'étais pauvre et accaparé par ma subsistance -- on lui dit : étais-tu donc plus pauvre que Hillel ?

📜 Rachi (1)
לְעָנִי אוֹמְרִים וְכוּ' כְּלוֹמַר אִם בָּאוּ ב"ד שֶׁלְּמַעְלָה לְחַיֵּיב עֲנִיִּים ע"י הִלֵּל וַעֲשִׁירִים ע"י ר' אֶלְעָזָר וּטְרוּדֵי הַיֵּצֶר עַל יְדֵי יוֹסֵף יֵשׁ פִּתְחוֹן פֶּה לְבַעַל הַדִּין לְחַיְּיבָם:
Au pauvre on dit, etc. -- C'est-à-dire : si le tribunal d'en haut vient à déclarer coupables les pauvres par [l'exemple de] Hillel, les riches par [celui de] Rabbi Elazar, et ceux qu'accapare le yetser par [celui de] Yossef, il y a de quoi ouvrir la bouche (pithon pe) à la partie [accusatrice] pour les déclarer coupables.
💡 Explication

Le nom de Rabbi Elazar ben Harsom, que le daf vient de citer pour sa tunique, sert de charnière : la guemara quitte la halakha du vêtement et entre dans la plus célèbre aggada du traité. On ne parlera plus de ce que porte un homme, mais de ce qu'il répond.

La beraita construit une scène de procès au tribunal d'en haut, avec trois défendeurs -- ani (le pauvre), achir (le riche), racha (le mécréant). Une seule question leur est posée, identique : mipnei ma lo asakta ba-Tora. Et chacun répond par la même structure d'excuse : j'étais tarud, accaparé. Le procédé est délibérément mécanique : la beraita veut montrer que les trois excuses sont au fond la même, et qu'elles tombent de la même manière.

Rachi précise le registre : il ne s'agit pas de dire que ces excuses sont mensongères, mais qu'il existe, pour chaque catégorie, un homme qui a vécu la même contrainte et l'a surmontée. Cet homme devient pithon pe -- de quoi ouvrir la bouche à l'accusation.

7
אָמְרוּ עָלָיו עַל הִלֵּל הַזָּקֵן שֶׁבְּכָל יוֹם וָיוֹם הָיָה עוֹשֶׂה וּמִשְׂתַּכֵּר בִּטְרַפָּעִיק, חֶצְיוֹ הָיָה נוֹתֵן לְשׁוֹמֵר בֵּית הַמִּדְרָשׁ, וְחֶצְיוֹ לְפַרְנָסָתוֹ וּלְפַרְנָסַת אַנְשֵׁי בֵיתוֹ. פַּעַם אַחַת לֹא מָצָא לְהִשְׂתַּכֵּר, וְלֹא הִנִּיחוֹ שׁוֹמֵר בֵּית הַמִּדְרָשׁ לְהִכָּנֵס. עָלָה וְנִתְלָה וְיָשַׁב עַל פִּי אֲרֻובָּה כְּדֵי שֶׁיִּשְׁמַע דִּבְרֵי אֱ-לֹהִים חַיִּים מִפִּי שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן.

On a dit de Hillel l'Ancien que, chaque jour, il travaillait et gagnait un tarpé'ik : il en donnait la moitié au gardien de la maison d'étude, et l'autre moitié à sa subsistance et à celle des gens de sa maison. Une fois, il ne trouva pas à gagner [sa journée], et le gardien de la maison d'étude ne le laissa pas entrer.

Il monta, se suspendit et s'assit à l'ouverture de la lucarne (arouba), afin d'entendre les paroles du Dieu vivant de la bouche de Chemaya et Avtalyon.

📜 Rachi (1)
טְרַפָּעִיק סֶלַע מְדִינָה שֶׁהוּא חֲצִי דִּינָר כָּךְ מְפֹורָשׁ בִּכְתֻובּוֹת (סד.):
Tarpé'ik. -- Un sela médina, qui vaut un demi-dinar ; ainsi est-ce expliqué dans Ketoubot (64a).
💡 Explication

Le récit commence par un budget, et c'est ce qui le rend implacable. Rachi chiffre le tarpé'ik : un sela médina, soit un demi-dinar (Ketoubot 64a). Ce demi-dinar se divise en deux : la moitié pour entrer à la maison d'étude, la moitié pour vivre. Autrement dit, Hillel consacre la moitié exacte de son revenu au droit d'écouter.

Un tel équilibre n'a aucune marge. Le jour où il ne trouve pas de travail, ce n'est pas seulement son repas qui manque : c'est son entrée. Le détail le plus dur du récit est donc que la maison d'étude était, de fait, payante -- et que le portier applique la règle sans exception.

La réponse de Hillel n'est pas une protestation mais un contournement : il monte sur le toit et s'assied à l'arouba, la lucarne par laquelle passe la lumière. Il ne cherche pas à entrer ; il cherche à entendre.

8
אָמְרוּ: אוֹתוֹ הַיּוֹם עֶרֶב שַׁבָּת הָיָה, וּתְקוּפַת טֵבֵת הָיְתָה, וְיָרַד עָלָיו שֶׁלֶג מִן הַשָּׁמַיִם. כְּשֶׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר אָמַר לוֹ שְׁמַעְיָה לְאַבְטַלְיוֹן: אַבְטַלְיוֹן אֲחִי, בְּכָל יוֹם הַבַּיִת מֵאִיר וְהַיּוֹם אָפֵל, שֶׁמָּא יוֹם הַמְעֻונָּן הוּא? הֵצִיצוּ עֵינֵיהֶן וְרָאוּ דְּמוּת אָדָם בַּאֲרֻובָּה. עָלוּ וּמָצְאוּ עָלָיו רוּם שָׁלֹשׁ אַמּוֹת שֶׁלֶג. פַּרְקוּהוּ, וְהִרְחִיצוּהוּ וְסָכוּהוּ, וְהוֹשִׁיבוּהוּ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה. אָמְרוּ: רָאוּי זֶה לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת.

Ils dirent : ce jour-là était une veille de Chabbat, et c'était la saison de Tevet, et une neige tomba sur lui du ciel. Lorsque monta la colonne de l'aube, Chemaya dit à Avtalyon : Avtalyon mon frère, chaque jour la maison est lumineuse et aujourd'hui elle est sombre -- serait-ce un jour nuageux ?

Ils levèrent les yeux et virent la forme d'un homme dans la lucarne. Ils montèrent et trouvèrent sur lui trois coudées de neige.

Ils le dégagèrent, le lavèrent, l'oignirent et l'assirent devant le brasier. Ils dirent : celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat.

📜 Rachi (1)
פֵּירְקוּהוּ פֵּירְקוּ מַשּׂוֹי הַשֶּׁלֶג מֵעָלָיו:
Ils le dégagèrent. -- Ils ôtèrent de sur lui la charge de neige.
🪔 Ben Yehoyada (3)
אוֹתוֹ הַיּוֹם עֶרֶב שַׁבָּת הָיָה. נִרְאֶה וַדַּאי שֶׁהָלַךְ וְקִידֵּשׁ בְּבֵיתוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וּבָא לְשָׁם אַחַר חֲשֵׁיכָה כִּי הָיוּ קוֹבְעִים לִלְמֹוד בֵּית הַמִּדְרָשׁ גַּם בְּלֵיל שַׁבָּת וְיֵשׁ הוֹלְכִים לְבֵיתָם אַחַר חֲצוֹת לַיְלָה לְקַייֵּם עוֹנַת תַּלְמִידֵי חֲכָמִים וְיֵשׁ שֶׁאֵין הוֹלְכִים לְבֵיתָם דְּאֵין לָהֶם עוֹנָה כִּי אֵין נְשֵׁיהֶם טְהוֹרִים וְלָכֵן נִשְׁאָרִים בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ עַד אוֹר הַבֹּוקֶר, וְנִזְדַּמֵּן שֶׁאוֹתוֹ לֵיל שַׁבָּת נִשְׁאֲרוּ שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ כָּל הַלַּיְלָה וְהִנֵּה בְּוַדַּאי שֶׁאוֹתוֹ עֶרֶב שַׁבָּת הִזְמִין לוֹ הקב"ה פַּרְנָסָתוֹ כַּנָּהוּג שֶׁהוּא טְרַפָּעִיק. וּמַה שֶׁאָמְרוּ לֹא מָצָא לְהִשְׂתַּכֵּר הַיְינוּ כְּדַרְכּוֹ שֶׁהוּא טְרַפָּעִיק שָׁלֵם וְנַעֲשָׂה לוֹ כָּךְ בְּהַשְׁגָּחָה כְּדֵי לַהֲבִיאוֹ לְיַד נִסָּיוֹן לְהַרְבּוֹת שְׂכָרוֹ וּכְדֵי שֶׁהָעוֹלָם יִלְמְדוּ מוּסָר מִמֶּנּוּ. וּמַה שֶׁהָיָה מֻוכְרָח לִיתֵּן לְשׁוֹמֵר בֵּית הַמִּדְרָשׁ חֲצִי טְרַפָּעִיק בְּכָל יוֹם עַייֵּן מָהַרְשָׁ"א שֶׁכָּתַב ב' טְעָמִים וְהֵם רְחוֹקִים. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דִּלְעוֹלָם הַבֵּית הַמִּדְרָשׁ הָיָה בְּתוֹךְ הָעִיר דְּהָכִי מִסְתַּבְּרָא מִכַּמָּה טְעָמִים אַךְ הַשּׁוֹמֵר הָיָה בּוֹ צֹורֶךְ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ בִּשְׁבִיל הַלַּיְלָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְהַנִּיחַ פֶּתַח בֵּית הַמִּדְרָשׁ פָּתוּחַ כָּל הַלַּיְלָה וּמֻוכְרָח שֶׁיַּעֲמֹוד הַשּׁוֹמֵר אֵצֶל הַפֶּתַח כָּל הַלַּיְלָה לִפְתֹּוחַ לְכָל הַבָּא וְלִנְעֹול אַחֲרָיו, וְגַם עוֹד אֶפְשָׁר שֶׁהוֹצָאוֹת שֶׁל הַדְלָקַת אֵשׁ בִּימֵי הַקֹּור וְגַם הַדְלָקַת שֶׁמֶן לְנֵרוֹת הַכֹּל יַעֲשֶׂה הַשַּׁמָּשׁ מִכִּיסוֹ וּתְמוּרַת כָּל זֶה יִקַּח לוֹ הַרְווָחָה זוֹ שֶׁיִּקַּח מִכָּל אָדָם חֲצִי טְרַפָּעִיק וְאִם לֹא יִתְּנוּ לוֹ לֹא יַכְנִיסֵם יַעַן כִּי הוּא עוֹשֶׂה הוֹצָאוֹת כְּנֶגֶד הַרְווָחָה זוֹ, וְהַנִּכְנָס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ בְּלֵיל שַׁבָּת מַקְדִּים לְהָבִיא חֲצִי הַטְּרַפָּעִיק בְּיוֹם שִׁשִּׁי מִבְּעוֹד יוֹם וְהִלֵּל ע"ה כֵּיוָן שֶׁלֹּא הֵבִיא לֹא הִכְנִיסוֹ וּלְכָךְ עָלָה וְיָשַׁב עַל פִּי אֲרֻבָּה לִשְׁמֹעַ תּוֹרָה.
Ce jour-là était une veille de Chabbat. -- Il paraît certain qu'il alla faire le kidouch chez lui pendant qu'il faisait encore jour, et qu'il vint là après la tombée de la nuit ; car ils avaient coutume d'étudier à la maison d'étude également la nuit de Chabbat. Certains rentrent chez eux après minuit pour accomplir la ona (le devoir conjugal) des talmidei hakhamim ; et d'autres ne rentrent pas chez eux -- n'ayant pas de ona, leurs épouses n'étant pas pures -- et restent donc à la maison d'étude jusqu'à la lumière du matin. Or il se trouva que, cette nuit de Chabbat, Chemaya et Avtalyon restèrent à la maison d'étude toute la nuit. Et il est certain que, cette veille de Chabbat, le Saint béni soit-Il lui avait préparé sa subsistance comme à l'accoutumée, c'est-à-dire un tarpé'ik ; et ce qu'ils ont dit, il ne trouva pas à gagner, signifie : comme à son habitude, un tarpé'ik entier. Cela lui advint par providence, afin de l'amener à l'épreuve pour accroître sa récompense, et afin que le monde en tire une leçon de moussar. Quant à l'obligation de donner chaque jour un demi-tarpé'ik au gardien de la maison d'étude, vois le Maharcha qui donne deux raisons -- mais elles sont peu convaincantes. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la maison d'étude se trouvait en réalité à l'intérieur de la ville, comme il est logique pour plusieurs raisons ; mais le gardien y était nécessaire pour la nuit, car on ne peut laisser la porte de la maison d'étude ouverte toute la nuit, et il faut nécessairement qu'un gardien se tienne près de la porte toute la nuit pour ouvrir à quiconque vient et refermer derrière lui. De plus, il se peut que les frais d'allumage du feu aux jours de froid, ainsi que l'huile des lampes, aient tous été à la charge du bedeau (chamach) : en contrepartie il prenait cet avantage, un demi-tarpé'ik de chacun ; et s'ils ne le lui donnaient pas, il ne les faisait pas entrer, puisqu'il engageait des dépenses en regard de cet avantage. Et celui qui entrait à la maison d'étude la nuit de Chabbat s'avançait à apporter le demi-tarpé'ik le vendredi pendant qu'il faisait encore jour ; or Hillel, paix sur lui, ne l'ayant pas apporté, [le gardien] ne le fit pas entrer -- et c'est pourquoi il monta et s'assit à l'ouverture de la lucarne pour entendre la Tora.
וְיָרַד עָלָיו שֶׁלֶג מִן הַשָּׁמַיִם. קָשֶׁה לְמַאי אִצְטְרִיךְ לְפָרֵשׁ 'מִן הַשָּׁמַיִם' פְּשִׁיטָא הוּא דְּהַשֶּׁלֶג יוֹרֵד מִן הַשָּׁמַיִם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאוֹתוֹ הַיּוֹם לֹא הָיָה קוֹר גָּדוֹל שֶׁרָאוּי לֵירֵד בּוֹ שֶׁלֶג אֶלָּא יְרִידַת הַשֶּׁלֶג הָיְתָה בְּהַשְׁגָּחָה פְּרָטִית מִן הַשָּׁמַיִם וְאֵינָהּ טִבְעִית מֵחֲמַת הַקֹּור, וְלָזֶה אָמַר וַיֵּרֶד עָלָיו שֶׁלֶג בְּהַשְׁגָּחָה מִן הַשָּׁמַיִם וְלֹא מֵחֲמַת הַקֹּור. וּבָזֶה יְתֹורַץ דִּקְדּוּק אַחֵר דְּאִם הָיָה קוֹר גָּדוֹל וְיוֹרֵד שֶׁלֶג בְּטֶבַע אֵיךְ סִיכֵּן עַצְמוֹ הִלֵּל ע"ה לֵישֵׁב עַל הַגַּג וְהַשֶּׁלֶג יוֹרֵד עָלָיו הֲלֹא אִיתָא בַּגְּמָרָא דְּקַמָּא (בָּבָא קַמָּא סא.) אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה כָּךְ מְקֻובְּלַנִי מִבֵּית דִּינוֹ שֶׁל שְׁמוּאֵל כָּל הַמּוֹסֵר עַצְמוֹ לָמוּת עַל דִּבְרֵי תוֹרָה אֵין אוֹמְרִים הֲלָכָה מִשְּׁמוֹ? וּבָזֶה נִיחָא דִּבְעֵת שֶׁנִּתְלָה עַל אַרְבֶּה לֹא הָיָה קוֹר גָּדוֹל וְלֹא הָיָה יוֹרֵד שֶׁלֶג אֶלָּא אַחַר שֶׁנִּתְלָה וְהֶעֱמִיק מַחְשַׁבְתּוֹ בְּדִבְרֵי תּוֹרָה יָרַד הַשֶּׁלֶג בְּהַשְׁגָּחָה וְהוּא לִהְיוֹתוֹ מְעַיֵּין בְּעֹומֶק דִבְרֵי תוֹרָה לֹא הִרְגִּישׁ וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּשַׁבָּת (שַׁבָּת פח.) עַל רָבָא דְּהָיָה מְעַיֵּין בִּשְׁמַעְתְּתָא וְיָתְבָה אֶצְבַּעְתֵּיהּ תּוּתֵי כְּרָעֶיהָ וְנִתְמַעֲכָה עַד שֶׁיֵּצֵא דָּם מִמֶּנָּה וְלֹא הִרְגִּישׁ מֵחֲמַת טִירָדַת עִיּוּנוֹ. וְאַחַר כָּךְ מֵרִבּוּי הַשֶּׁלֶג נִתְקָרֵר הַרְבֵּה וְנִתְעַלֵּף שֶׁלֹּא הָיָה בּוֹ כֹּחַ לָקוּם לִפְרֹוק מֵעָלָיו הַשֶּׁלֶג וְלָכֵן גַּם שְׁמַעְיָה אָמַר בִּלְשׁוֹן סָפֵק שֶׁמָּא יוֹם מְעֻונָּן דְּאִם הָיָה קוֹר גָּדוֹל לֹא הָיָה מִסְתַּפֵּק בָּזֶה וְהָיָה מַחֲלִיט דְּוַדַּאי יוֹם מְעֻונָּן. וְנִרְאֶה לִי דְּהָיָה דַּרְכָּם לִדְרֹושׁ בְּלֵיל שַׁבָּת בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וּבִפְרָט אַחַר חֲצוֹת לַיְלָה בְּרָזִין עִלָּאִין , וְלָזֶה אָמַר כְּדֵי שֶׁיִּשְׁמַע דִּבְרֵי אֱ-לֹהִים חַיִּים מִפִּי שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן. וְהָא דְּנַעֲשָׂה פִּרְסוּם צִדְקָתוֹ בְּחִיבּוּב הַתּוֹרָה בְּשֶׁלֶג וְלֹא בְּאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד, כִּי יֵשׁ שְׁלֹשָׁה מִינֵי אִילּוּפִים כְּלוֹמַר לִימּוּדִים. הָאֶחָד לִימּוּד הַסּוֹד וְהַשֵּׁנִי לִימּוּד הַמִּשְׁנָיוֹת דְּהַייְנוּ בְּקִיאוּת בַּהֲלָכוֹת פְּסוּקוֹת, וְהַשְּׁלִישִׁי לִימּוּד הָעִיּוּן וְהַסְּבָרָא לְדַעַת טַעַם כָּל הֲלָכָה וַהֲלָכָה. וְכָל לִימּוּד נִקְרָא אֶלֶף מִלְּשׁוֹן (אִיּוֹב לג, לג) 'וְאַאַלְפְּךָ חָכְמָה' וְכֵן (תְּהִלִּים נה, יד) 'אַלּוּפִי וּמְיֻדָּעִי' וּשְׁלֹשָׁה פְּעָמִים אָלֶ"ף עוֹלֶה שֶׁלֶג [אֶלֶף 111 × 3= שֶׁלֶג 333] לְכָךְ חִיבּוּב תּוֹרָה שֶׁהָיָה לוֹ בִּשְׁלֹשָׁה לִימּוּדִים הַנִּזְכָּרִים נִתְפַּרְסֵם וְנוֹדַע בְּעִנְיַן הַשֶּׁלֶג שֶׁיָּרַד עָלָיו. וּלְכָךְ הָיָה עָלָיו שֶׁלֶג שְׁלֹשָׁה אַמּוֹת כְּנֶגֶד שְׁלֹשָׁה לִימּוּדִים הַנִּזְכָּרִים וְהֵם י"ח טְפָחִים שֶׁעָשָׂה לוֹ הקב"ה נֵס וְנִשְׁאַר חַי. וְנִרְאֶה לִי בִּזְכוּת חִיבּוּב תּוֹרָה שֶׁל הִלֵּל אֲשֶׁר נִתְפַּרְסֵם וְנוֹדַע בְּמַעֲשֶׂה זוֹ שֶׁהָיְתָה בְּלֵיל שַׁבָּת, לְכָךְ אַחֲרֵי זֶה עָלָה לִגְדֻולָּה וְלִנְשִׂיאוּת מִסִּיבַּת הַשַּׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת עֶרֶב פֶּסַח בְּשַׁבָּת וְלֹא יָדְעוּ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת עַד שֶׁבָּא הִלֵּל ע"ה וְהוֹדִיעָם, נִמְצָא סִיבַּת נְשִׂיאוּתוֹ הָיָה מִכֹּחַ הַשַּׁבָּת.
Et une neige tomba sur lui du ciel. -- Difficulté : pourquoi préciser du ciel ? Il va de soi que la neige tombe du ciel ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ce jour-là le froid n'était pas assez grand pour qu'il fut normal qu'il y neige ; la chute de neige releva d'une providence particulière venue du Ciel, et non de la nature en raison du froid. C'est pourquoi il est dit : une neige tomba sur lui, par providence, du ciel -- et non à cause du froid. Cela résout une autre difficulté : si le froid avait été grand et la neige naturelle, comment Hillel, paix sur lui, aurait-il mis sa vie en danger en s'asseyant sur le toit tandis que la neige tombait sur lui ? N'avons-nous pas dans la guemara de Baba Kama (61a) : le roi David, paix sur lui, dit, ainsi ai-je reçu du tribunal de Chmouel -- quiconque se livre à la mort pour des paroles de Tora, on ne dit pas de halakha en son nom ? Et voici que tout s'explique : au moment où il se suspendit à la lucarne, il ne faisait pas grand froid et il ne neigeait pas ; ce n'est qu'après qu'il se fut suspendu et qu'il eut plongé sa pensée dans les paroles de Tora que la neige tomba par providence ; et lui, absorbé dans la profondeur des paroles de Tora, ne le sentit pas -- comme ils ont dit dans Chabbat (88a) de Rava, qui étudiait une sougya et dont le doigt, coincé sous sa jambe, fut écrasé au point d'en faire sortir du sang sans qu'il le sentît, tant son étude l'accaparait. Ensuite, sous l'abondance de la neige, il eut très froid et s'évanouit, n'ayant plus la force de se lever pour ôter la neige de sur lui. C'est aussi pourquoi Chemaya s'exprima sur le mode du doute -- serait-ce un jour nuageux ? : si le froid avait été grand, il n'aurait pas hésité et aurait affirmé qu'il s'agissait à coup sûr d'un jour nuageux. Et il me semble qu'ils avaient coutume d'exposer, la nuit de Chabbat, à la maison d'étude, et particulièrement après minuit, les razin ilain (les secrets supérieurs) ; c'est pourquoi il est dit : afin qu'il entende les paroles du Dieu vivant de la bouche de Chemaya et Avtalyon. Quant au fait que sa vertu, dans son amour de la Tora, se soit manifestée par la neige et non d'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, [d'expliquer ainsi] : il existe trois sortes de iloufim, c'est-à-dire d'études. La première est l'étude du sod ; la deuxième, l'étude des michnayot, c'est-à-dire la maîtrise des halakhot tranchées ; la troisième, l'étude en profondeur et le raisonnement (iyoun ve-svara), pour connaître la raison de chaque halakha. Or chaque étude se nomme alef, de la langue de (Iyov 33,33) ve-a'alefkha 'hokhma (je t'enseignerai la sagesse), et de même (Tehilim 55,14) aloufi ou-meyoudai. Et trois fois alef donne cheleg (neige) [alef vaut 111 ; 111 x 3 = 333 = cheleg]. C'est pourquoi l'amour de la Tora qu'il avait dans les trois études mentionnées se fit connaître et publier par l'épisode de la neige qui tomba sur lui. Et c'est pourquoi il y eut sur lui trois coudées de neige, en regard des trois études mentionnées -- soit dix-huit tefahim ; et le Saint béni soit-Il lui fit un miracle, de sorte qu'il resta en vie. Et il me semble que c'est en mérite de cet amour de la Tora de Hillel, qui se fit connaître et publier par cet épisode survenu une nuit de Chabbat, qu'il s'éleva ensuite à la grandeur et à la nessiout, à l'occasion du Chabbat où tomba la veille de Pessa'h, quand on ignorait si le sacrifice pascal repousse le Chabbat, jusqu'à ce que Hillel, paix sur lui, vint le leur enseigner. Il se trouve donc que la cause de sa nessiout fut la force du Chabbat.
רָאוּי זֶה לְחַלֵּל עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. הִקְשָׁה הַגָּאוֹן פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל מָה חִידּוּשׁ זֶה, וַהֲלֹא פִּקּוּחַ נֶפֶשׁ דּוֹחֶה שַׁבָּת? וְעוֹד הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כֵּן בְּעֵת שֶׁמְּצָאוּהוּ קֹודֶם שֶׁעָשׂוּ לוֹ כָּל אוֹתָם הַמַּעֲשִׂים יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בֶּאֱמֶת לֹא הֻוצְרְכוּ לְחַלֵּל שַׁבָּת בְּאִיסּוּר תּוֹרָה שֶׁנִּקְרָא חִילּוּל מַמָּשׁ, דִּרְחִיצָה וְסִיכָה דְּרַבָּנָן וְגַם הַמְּדוּרָה לֹא הֻוצְרְכוּ לְהַדְלִיק בַּעֲבוּרוֹ אֶלָּא הָיְתָה מְדוּרָה דּוֹלֶקֶת אֶצְלָם מֵעֶרֶב שַׁבָּת אַךְ רָצוּ לְפַרְסֵם מַעֲלָתוֹ לְעֵינֵי הָעוֹלָם שֶׁהוּא נִכְנָס בְּסַכָּנָה בַּעֲבוּר חִבּוּב תּוֹרָה שֶׁאֵינוֹ עַתָּה כְּחוֹלֶה שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה דְּאָסוּר לְחַלֵּל שַׁבָּת בַּעֲבוּרוֹ אֶלָּא רָאוּי הוּא מִצַּד הַסַּכָּנָה לְחַלֵּל עָלָיו הַשַּׁבָּת, אַךְ לֹא הֻוצְרַכְנוּ לְכָךְ מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לָנוּ מְדוּרָה דּוֹלֶקֶת. גַּם כִּווְּנוּ בָּזֶה לוֹמַר רָאוּי מִן הַדִּין לְחַלֵּל עָלָיו אַךְ זְכוּתוֹ גָּרַם שֶׁלֹּא הֻוצְרַכְנוּ לְחַלֵּל! וְעַל דֶּרֶךְ הַדְּרָשׁ נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ דְּהִלֵּל ע"ה הָיָה נִיצוֹץ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה אֲשֶׁר הַשַּׁבָּת הוּא חֶלְקוֹ כְּמוֹ שֶׁאוֹמְרִים בַּעֲמִידָה 'יִשְׂמַח מֹשֶׁה בְּמַתְּנַת חֶלְקוֹ' וְלָזֶה אָמַר רָאוּי מִצַּד בְּחִינָתוֹ לְחַלֵּל עָלָיו הַשַּׁבָּת שֶׁהוּא בְּחִינָתוֹ וְיֵשׁ לוֹ שַׁיָּיכוּת בּוֹ. אוֹ אֶפְשָׁר לוֹמַר דְּאוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁלֹּא מָצָא לְהִשְׂתַּכֵּר הָיָה בְּיוֹם חֲמִישִׁי וְלַשּׁוֹמֵר לֹא הָיוּ נוֹתְנִים שָׂכָר בַּעֲבוּר הַיּוֹם אֶלָּא רַק בַּעֲבוּר הַלַּיְלָה מִטַּעַם שֶׁכָּתַבְתִּי לְעֵיל, וְלָכֵן בְּלֵיל שִׁישִּׁי לֹא הִכְנִיסוּ וְנִתְלָה בָּאֲרֻובָּה וְכֵיוָן שֶׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר שֶׁל יוֹם הַשִּׁישִּׁי הִרְגִּישׁוּ בּוֹ וּפְרָקוּהוּ וְהִרְחִיצוּהוּ, וְסָכוּהוּ, וְהוֹשִׁיבוּהוּ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה. וּמַה שֶׁאָמְרוּ ' אָמְרוּ : אוֹתוֹ הַיּוֹם עֶרֶב שַׁבָּת הָיָה ' לָא קָאֵי עַל יוֹם שֶׁלֹּא מָצָא לְהִשְׂתַּכֵּר בּוֹ אֶלָּא קָאֵי עַל הַיּוֹם הַהוּא שֶׁפְּרָקוּהוּ וְהִרְחִיצוּהוּ, וְסָכוּהוּ, וְהוֹשִׁיבוּהוּ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה. וּמַה שֶׁאָמְרוּ רָאוּי זֶה לְחַלֵּל עָלָיו הַשַּׁבָּת כְּלוֹמַר אִם הָיָה מִזְדַּמֵּן דָּבָר זֶה בְּיוֹם שַׁבָּת הִנֵּה חֲשִׁיב מְסֻוכָּן 'שֶׁרָאוּי זֶה לְחַלֵּל עָלָיו הַשַּׁבָּת' וּבָזֶה הָאֹופֶן יִתְייַשְּׁבוּ כַּמָּה קֻושְׁיוֹת וְדִקְדּוּקִים. וְדַע כִּי מַה שֶׁאָמַר וְהִרְחִיצוּהוּ הַכַּוָּנָה דְּרָחֲצוּ אוֹתוֹ בְּמַיִם חַמִּין שֶׁהָיָה מוּכָן אֶצְלָם, וְהֻוצְרְכוּ לְכָךְ מִפְּנֵי כִּי עוֹרוֹ נִתְכַּווֵּן מֵחֲמַת קְרִירוּת הַשֶּׁלֶג וְלֹא הָיָה מְקַבֵּל הַסִּיכָה הֵיטֵב, וְעַל יְדֵי רְחִיצָה בְּמַיִם חַמִּין נִתְפַּשֵּׁט הָעוֹר וְאָז מְקַבֵּל הַסִּיכָה הֵיטֵב.
Celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat. -- Le Gaon Petah Enayim, de mémoire bénie, a demandé : quelle nouveauté y a-t-il là ? Le sauvetage d'une vie (pikouah nefech) ne repousse-t-il pas le Chabbat ? Et de plus, il aurait fallu le dire au moment où ils le trouvèrent, avant d'accomplir pour lui tous ces actes -- vois-y. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'en vérité ils n'eurent pas besoin de profaner le Chabbat par un interdit de la Tora, ce qui s'appelle profanation au sens propre : le lavage et l'onction sont d'ordre rabbinique, et quant au brasier, ils n'eurent pas besoin de l'allumer pour lui, car un brasier brûlait déjà chez eux depuis la veille de Chabbat. Mais ils voulurent proclamer son mérite aux yeux du monde : il s'était mis en danger par amour de la Tora ; il n'était donc pas maintenant comme un malade sans danger, pour lequel il est interdit de profaner le Chabbat, mais il était digne, du fait du danger, que l'on profane pour lui le Chabbat -- seulement, nous n'en avons pas eu besoin, puisque nous avions un brasier allumé. Ils entendaient aussi dire : il est digne, selon la loi stricte, que l'on profane pour lui -- mais son mérite fit que nous n'en eûmes pas besoin ! Et selon la voie du derach il me semble, avec l'aide du Ciel : il est connu que Hillel, paix sur lui, était une étincelle (nitsots) de Moche Rabbenou, paix sur lui, dont le Chabbat est la part, comme nous disons dans la Amida : que Moche se réjouisse du don de sa part. C'est pourquoi il est dit : il est digne, du côté de sa racine, que l'on profane pour lui le Chabbat, qui est sa racine et auquel il se rattache. Ou bien l'on peut dire que le jour où il ne trouva pas à gagner était un jeudi ; et l'on ne donnait pas de salaire au gardien pour la journée, mais seulement pour la nuit, pour la raison que j'ai écrite plus haut ; c'est pourquoi, la nuit du vendredi, il ne le fit pas entrer, et il se suspendit à la lucarne ; et lorsque monta la colonne de l'aube du vendredi, ils le remarquèrent, le dégagèrent, le lavèrent, l'oignirent et l'assirent devant le brasier. Et ce qu'ils ont dit, ils dirent : ce jour-là était une veille de Chabbat, ne porte pas sur le jour où il ne trouva pas à gagner, mais sur ce jour-là même où ils le dégagèrent, le lavèrent, l'oignirent et l'assirent devant le brasier. Et ce qu'ils ont dit, celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat, veut dire : si pareille chose était survenue un jour de Chabbat, il serait considéré comme en danger, de sorte que celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat. De cette manière se résolvent plusieurs difficultés et plusieurs minuties. Et sache que ce qu'ils ont dit, ils le lavèrent, veut dire qu'ils le lavèrent à l'eau chaude qui était prête chez eux ; et cela fut nécessaire parce que sa peau s'était rétractée sous l'effet du froid de la neige et ne recevait pas bien l'onction ; par le lavage à l'eau chaude, la peau se détendit et put alors bien recevoir l'onction.
💡 Explication

La scène est construite en aveugle : on ne voit pas Hillel, on voit une anomalie de lumière. Chemaya remarque que la salle, d'ordinaire éclairée à l'aube par la lucarne, reste sombre. Le corps d'un homme est devenu un obstacle à la lumière -- et c'est par là, seulement, qu'on le découvre.

La phrase finale est celle qui fait problème et que le Ben Ich Haï discutera longuement : raouy ze le-halel alav et ha-Chabbat -- celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat. Or le sauvetage d'une vie (pikouah nefech) repousse le Chabbat pour n'importe qui : l'énoncé serait donc vide. Sa réponse : rien ne fut réellement profane -- laver et oindre sont des interdits rabbiniques, et le brasier brûlait déjà depuis la veille. La phrase n'est pas une décision halakhique, c'est un éloge public.

Le Ben Ich Haï lit aussi la neige comme un signe et non comme un fait météorologique -- d'où l'insistance du texte sur min ha-chamayim. Si le froid avait été naturel et prévisible, Hillel se serait mis en danger, ce qui est précisément reproche (Baba Kama 61a). La neige n'est tombée qu'après qu'il fut plongé dans l'étude -- et il ne l'a pas sentie.

🖼️ Schéma
La nuit de Hillel sur la lucarne : le budget, la porte, la neige Le budget d'un jour 1 tarpé'ik gagné Rachi : un sela médina, soit un demi-dinar (Ketoubot 64a) La moitié au portier 1/2 tarpé'ik Ben Yehoyada : le gardien veille la nuit et paie feu et huile. L'autre moitié 1/2 tarpé'ik sa subsistance et celle des gens de sa maison. Le jour où il ne trouve pas à gagner : le demi-tarpé'ik manque, la porte reste fermée. il monte sur le toit il s'assied sur l'arouba (lucarne) la neige tombe min ha-chamayim amoud ha-chahar la maison reste sombre on le dégage bain, onction, brasier Ben Yehoyada : pourquoi min ha-chamayim ? Il ne faisait pas assez froid pour qu'il neige. La neige fut une hachgaha, non un fait de nature -- sinon Hillel se serait mis en danger volontairement, ce qui est justement interdit (Baba Kama 61a). Pourquoi trois coudées, et pourquoi la neige ? Trois formes d'étude : le sod, les michnayot, le iyoun. Chacune est un alef (ve-a'alefkha 'hokhma, Iyov 33,33). alef 111 x 3 = 333 = cheleg (neige) Trois amot = dix-huit tefahim ; il survit par miracle. Raouy ze le-halel alav et ha-Chabbat -- celui-ci est digne que l'on profane pour lui le Chabbat Ben Yehoyada : en fait rien ne fut profane (bain et onction sont derabbanan, le brasier brûlait déjà). C'est un éloge, pas un permis.
Le budget, la porte fermée, la nuit sur le toit -- et les lectures du Ben Ich Haï sur la neige et sur le Chabbat.
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עָשִׁיר, אוֹמְרִים לוֹ: מִפְּנֵי מַה לֹא עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה? אִם אוֹמֵר: עָשִׁיר הָיִיתִי וְטָרוּד הָיִיתִי בִּנְכָסַי. אוֹמְרִים לוֹ: כְּלוּם עָשִׁיר הָיִיתָ יוֹתֵר מֵרַבִּי אֶלְעָזָר? אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם שֶׁהִנִּיחַ לוֹ אָבִיו אֶלֶף עֲיָירוֹת בַּיַּבָּשָׁה, וּכְנֶגְדָּן אֶלֶף סְפִינוֹת בַּיָּם. וּבְכָל יוֹם וָיוֹם נוֹטֵל נֹאד שֶׁל קֶמַח עַל כְּתֵיפוֹ וּמְהַלֵּךְ מֵעִיר לְעִיר וּמִמְּדִינָה לִמְדִינָה לִלְמוֹד תּוֹרָה.

Au riche on dit : pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ? S'il dit : j'étais riche et j'étais accaparé par mes biens -- on lui dit : étais-tu donc plus riche que Rabbi Elazar ?

On a dit de Rabbi Elazar ben Harsom que son père lui laissa mille villages sur la terre ferme, et en regard d'eux mille navires en mer. Et chaque jour il prenait une outre de farine sur son épaule et marchait de ville en ville et de province en province pour apprendre la Tora.

🪔 Ben Yehoyada (2)
מִפְּנֵי מַה לֹא עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה. לְפִי הַכְּלָל הַיָּדוּעַ צָרִיךְ שֶׁנִּרְאֶה לוֹ ב' טְעָמִים בַּדָּבָר וְשׁוֹאֵל 'מִפְּנֵי מָה' וְנִרְאֶה לִי דְּכָאן נָמֵי יֵשׁ ב' טְעָמִים הָאֶחָד שֶׁאֵין הַזְּמַן שֶׁלּוֹ מַסְפִּיק כְּדֵי לְהָבִיא לְסִיפּוּק פַּרְנָסָתוֹ וּבְנֵי בֵּיתוֹ, וְהַשֵּׁנִי שֶׁלִּבּוֹ טָרוּד וְאֵין לוֹ יִשּׁוּב הַדַּעַת לִלְמֹוד, וְלָכֵן מְבִיאִים לוֹ הוֹכָחָה מֵהִלֵּל דַּהֲוָה בֵּיהּ תַּרְתֵּי. וּלְעָשִׁיר אוֹמְרִים לוֹ 'מִפְּנֵי מָה' דְּגַם כָּאן יֵשׁ ב' טְעָמִים, הָאֶחָד שֶׁהוּא הָיָה מַחֲזִיק בְּיַד לוֹמְדֵי תּוֹרָה, וּלְכָךְ פָּטוּר הוּא עַצְמוֹ מִלִּימּוּד דִּכְתִיב (קֹהֶלֶת ז, יב) 'בְּצֵל הַחָכְמָה בְּצֵל הַכָּסֶף' וְהַשֵּׁנִי ד'מַרְבֶּה נְכָסִים, מְרַבֶּה דְּאָגָה' (מִשְׁנָה אָבוֹת ב, ז) וְטָרוּד הוּא בַּעֲסָקָיו לְהַשְׁגִּיחַ עֲלֵיהֶם וּלְכָךְ מְבִיאִים לוֹ הוֹכָחָה מֵרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם דְּוַדַּאי הָיָה מַחֲזִיק בְּיַד לוֹמְדֵי תּוֹרָה, וְגַם הָיָה לוֹ נְכָסִים רַבִּים שֶׁרָאוּי לִהְיוֹת טָרוּד לִבּוֹ בְּהַשְׁגָּחָתָם, וְעִם כָּל זֶה לֹא הָיָה נִטְרָד שִׂכְלוֹ בָּהֶם וְלֹא הָיָה דּוֹאֵג וּמְחַשֵּׁב עֲלֵיהֶם.
Pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ? -- Selon la règle connue, il faut qu'on lui voie deux raisons pour qu'on demande mipnei ma (pourquoi). Et il me semble qu'ici aussi il y a deux raisons : la première, que son temps ne suffit pas à pourvoir à sa subsistance et à celle des gens de sa maison ; la seconde, que son cœur est accaparé et qu'il n'a pas la sérénité d'esprit (yichouv ha-daat) pour étudier. C'est pourquoi on lui apporte la preuve de Hillel, chez qui les deux se trouvaient. Et au riche aussi on dit mipnei ma, car ici encore il y a deux raisons : la première, qu'il soutenait de sa main ceux qui étudient la Tora et se croyait donc lui-même dispensé d'étudier, selon le verset (Kohelet 7,12) à l'ombre de la sagesse, à l'ombre de l'argent ; la seconde, que plus de biens, plus de soucis (Avot 2,7), et qu'il est accaparé par ses affaires, devant y veiller. C'est pourquoi on lui apporte la preuve de Rabbi Elazar ben Harsom, qui a coup sûr soutenait ceux qui étudient la Tora, et qui avait en outre des biens si nombreux qu'il eût été normal que son cœur fût accaparé à y veiller -- et malgré tout cela son esprit n'en fut pas accaparé, et il ne s'en souciait ni n'y pensait.
שֶׁהִנִּיחַ לוֹ אָבִיו אֶלֶף עֲיָרוֹת בַּיַּבָּשָׁה. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'שֶׁהָיָה לוֹ אֶלֶף עֲיָרוֹת' וְלָמָּה דִּקְדֵּק לְלַמְּדֵינוּ שֶׁבָּאוּ לוֹ בִּירֻושָּׁה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד לְהַגְדִּיל שִׁבְחוֹ שֶׁלֹּא תַּחְשֹׁוב שֶׁהוּא הִמְצִיא וְהוֹלִיד הָעֹושֶׁר הַזֶּה וּמִסְּתָמָא אִיבֵּד בּוֹ זְמַן הַרְבֵּה בַּתְּחִילָּה עַד שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ עֹושֶׁר הָרַב הַזֶּה לְכָךְ אָמַר שֶׁהִנִּיחַ לוֹ אָבִיו. וְהָא דְּאָמַר כְּנֶגְדָּן אֶלֶף סְפִינוֹת בַּיָּם , קָשֶׁה לְמַאי אִצְטְרִיךְ לוֹמַר 'כְּנֶגְדָּן' לֵימָא 'אֶלֶף עֲיָרוֹת וְאֶלֶף סְפִינוֹת'? וְנִרְאֶה לִי דְּאִם הָיָה אוֹמֵר כֵּן הֲוָה אֶפְשָׁר לוֹמַר סַךְ זֶה הוּא לְשׁוֹן גֻּוזְמָא, הֵן בָּעֲייָרוֹת הֵן בִּסְפִינוֹת וְלָא הָווּ אֶלֶף מַמָּשׁ לְכָךְ נָקֵיט כְּנֶגְדָּן דְּהֶרְאָה לָנוּ בָּזֶה שֶׁהוּא תּוֹפֵס הַמִּסְפָּר בְּדִקְדּוּק וְלָא נָקֵיט לְשׁוֹן גֻּוזְמָא.
Que son père lui laissa mille villages sur la terre ferme. -- Il y a lieu de demander : il aurait fallu dire qu'il avait mille villages ; pourquoi cette précision, nous apprendre qu'ils lui vinrent en héritage ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est pour accroître sa louange : afin que tu ne penses pas qu'il ait inventé et engendré lui-même cette fortune -- auquel cas il aurait vraisemblablement perdu beaucoup de temps au début, jusqu'à ce que cette grande fortune lui vint ; c'est pourquoi il est dit, que son père lui laissa. Et quant à ce qu'il dit, en regard d'eux mille navires en mer -- difficulté : pourquoi préciser en regard d'eux ? Qu'il dise mille villages et mille navires ! Il me semble que s'il avait parlé ainsi, on aurait pu dire que ce chiffre est une hyperbole, tant pour les villages que pour les navires, et qu'il n'y en avait pas mille au sens propre ; c'est pourquoi il emploie en regard d'eux, nous montrant par là qu'il tient le nombre avec exactitude et n'use pas d'un langage hyperbolique.
💡 Explication

Le second cas est construit en miroir exact du premier, et c'est le même homme -- Rabbi Elazar ben Harsom -- que le daf vient de citer pour sa tunique. Le retournement est délibéré : le voici réintroduit non plus comme l'homme le plus richement vêtu, mais comme l'homme le plus riche qui a quand même étudié.

Le détail décisif est celui de l'outre de farine. Un homme qui possède mille villages et mille navires porte lui-même sa nourriture sur l'épaule et marche de ville en ville. Sa fortune ne lui sert à rien pour ce qu'il fait de ses journées -- elle n'est même pas un confort, elle est seulement un poids qu'il ne porte pas.

Le Ben Ich Haï note que la formule mipnei ma suppose toujours deux motifs, et il les identifie ici : le riche pouvait prétendre qu'il soutenait les étudiants (et se croyait ainsi dispensé), et qu'il était de surcroît absorbé par la gestion. Ben Harsom détruit les deux -- il soutenait certainement, et ses biens auraient largement justifié l'absorption.

10
פַּעַם אַחַת מְצָאוּהוּ עֲבָדָיו, וְעָשׂוּ בּוֹ אַנִּגְרַיָּא. אָמַר לָהֶן: בְּבַקָּשָׁה מִכֶּם, הַנִּיחוּנִי וְאֵלֵךְ לִלְמוֹד תּוֹרָה. אָמְרוּ לוֹ: חַיֵּי רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם שֶׁאֵין מַנִּיחִין אוֹתְךָ. וּמִיָּמָיו לֹא הָלַךְ וְרָאָה אוֹתָן, אֶלָּא יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה כָּל הַיּוֹם וְכָל הַלַּיְלָה.

Une fois, ses serviteurs le trouvèrent et lui imposèrent une corvée (angarya). Il leur dit : de grâce, laissez-moi, que j'aille étudier la Tora.

Ils lui dirent : par la vie de Rabbi Elazar ben Harsom, nous ne te laisserons pas ! Et de ses jours il n'alla jamais les voir ; il restait plutôt assis, occupé de Tora, tout le jour et toute la nuit.

📜 Rachi (1)
אַנַּגְּרַיָּא עֲבוֹדַת שַׂר הָעִיר וַעֲבוֹדַת עַצְמוֹ הָיְתָה וְהֵם אֵינָם מַכִּירִים בּוֹ וּסְבוּרִים שֶׁהוּא מִיּוֹשְׁבֵי הָעֲיָירוֹת שֶׁלּוֹ שֶׁעֲבוֹדַת אֲדוֹנִי הָאָרֶץ מֻוטֶּלֶת עֲלֵיהֶם:
Angarya. -- La corvée due au seigneur de la ville -- et c'était en réalité sa propre corvée ; mais eux ne le reconnaissaient pas et pensaient qu'il était l'un des habitants de ses villages, sur lesquels pèse la corvée des maîtres du pays.
💡 Explication

La scène est le sommet ironique du récit, et Rachi la rend limpide. Les hommes qui l'arrêtent sont ses propres serviteurs ; la corvée (angarya) qu'ils lui imposent est celle due au maître du domaine -- c'est-à-dire à lui-même. Ils ne le reconnaissent pas et le prennent pour l'un des habitants de ses villages.

Le plus remarquable est sa réponse. Il ne dit pas qui il est. Il demande, comme le ferait un corvéable ordinaire : be-vakacha mikem, de grâce, laissez-moi aller étudier. Et ils lui jurent par sa propre vie qu'ils ne le laisseront pas -- serment absurde qu'ils prononcent devant celui qu'ils invoquent.

La dernière ligne fournit l'explication : mi-yamav lo halakh ve-raa otan, jamais de sa vie il n'alla voir ses biens. S'il n'est pas reconnu, c'est parce qu'il n'est jamais venu. Sa fortune n'était pas seulement négligée : elle lui était étrangère.

11
רָשָׁע, אוֹמְרִים לוֹ: מִפְּנֵי מַה לֹא עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה? אִם אָמַר: נָאֶה הָיִיתִי, וְטָרוּד בְּיִצְרִי, (הָיָה) אוֹמְרִים לוֹ: כְּלוּם נָאֶה הָיִיתָ מִיּוֹסֵף? אָמְרוּ עָלָיו עַל יוֹסֵף הַצַּדִּיק: בְּכָל יוֹם וָיוֹם הָיְתָה אֵשֶׁת פּוֹטִיפַר מְשַׁדַּלְתּוֹ בִּדְבָרִים. בְּגָדִים שֶׁלָּבְשָׁה לוֹ שַׁחֲרִית לֹא לָבְשָׁה לוֹ עַרְבִית. בְּגָדִים שֶׁלָּבְשָׁה לוֹ עַרְבִית לֹא לָבְשָׁה לוֹ שַׁחֲרִית.

Au mécréant on dit : pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ? S'il dit : j'étais beau et accaparé par mon yetser (mon penchant) -- on lui dit : étais-tu donc plus beau que Yossef ?

On a dit de Yossef le juste : chaque jour, la femme de Potifar le sollicitait par des paroles. Les vêtements qu'elle revêtait pour lui le matin, elle ne les revêtait pas pour lui le soir ; les vêtements qu'elle revêtait pour lui le soir, elle ne les revêtait pas pour lui le matin.

📜 Rachi (2)
מְשַׁדַּלְתּוֹ מְפַתֶּה אוֹתוֹ כִּי יִפְתֶּה מְתַרְגְּמִינַן אֲרִי יְשַׁדֵּל (שְׁמוֹת נב):
Mechadalto. -- Elle le séduisait ; car [le verset] ki yefaté (s'il séduit) se traduit [en araméen] arei yechadel (Chemot 22,15).
שֶׁלָּבְשָׁה לוֹ בִּשְׁבִילוֹ:
Qu'elle revêtait pour lui. -- À son intention.
🪔 Ben Yehoyada (2)
רָשָׁע, אוֹמְרִים לוֹ: מִפְּנֵי מַה לֹא עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה. נִרְאֶה לִי גַּם כָּאן יֵשׁ שְׁנֵי טְעָמִים הָאֶחָד הוּא עַל דֶּרֶךְ הַמַּעֲשֶׂה שֶׁשָּׁמַעְתִּי בְּאָדָם שֶׁהָיָה עָשִׁיר גָּדוֹל אַךְ הָיָה רָשָׁע וּמְנָאֵף הַרְבֵּה וְהָיוּ רוֹצִים לְהַעֲלוֹתוֹ לְסֵפֶר תּוֹרָה בִּשְׁבִיל הַמָּמוֹן דְּמֵאַחַר שֶׁהוּא עָשִׁיר הַרְבֵּה מֻוכְרָח שֶׁיִּתְנַדֵּב וְהוּא הָיָה מְסָרֵב וְלֹא הָיָה רוֹצֶה שֶׁיַּעֲלוּהוּ אֲפִילּוּ פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה, וְהָיָה נוֹתֵן לְבֵית הַכְּנֶסֶת נִדְבַת הָעֲלִיָּה וְאֵינוֹ עוֹלֶה, וְיִשְׁאָלוּהוּ לָמָּה אֵין אַתָּה רוֹצֶה לַעֲלוֹת? וְהֵשִׁיב שֶׁהוּא מְכַבֵּד הַתּוֹרָה בְּכָךְ יַעַן כִּי הוּא טָמֵא בִּזְנוּת וְכַמָּה מִינֵי נִיאוּף וְאֵין כָּבוֹד לַתּוֹרָה שֶׁיַּעֲלֶה אִישׁ טָמֵא כָּמוֹהוּ לְסֵפֶר תּוֹרָה! וְכֵן זֶה הָרָשָׁע נוֹתֵן טַעַם עַל שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּשְׁבִיל שֶׁאֵין רָאוּי לְאִישׁ טָמֵא בְּטֻומְאַת הַזְּנוּת כָּמוֹהוּ לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה הַקְּדוֹשָׁה. וְטַעַם הַשֵּׁנִי שֶׁהוּא טָרוּד בְּיִצְרוֹ, וְאַחַר שֶׁמֵּשִׁיב טַעַם זֶה מְבִיאִין לוֹ הוֹכָחָה מִן יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה. אִי נָמֵי אִיכָּא שְׁנֵי טְעָמִים, הָאֶחָד בִּשְׁבִיל שֶׁהוּא יָפֶה מְאֹד חוֹשְׁקִים בּוֹ הַנָּשִׁים וְעוֹשִׂין לוֹ הַמְצָאוֹת לְפַתּוֹתוֹ לִשְׁכַּב עִמָּהֶם לְכָךְ הוּא מִתְבַּלְבֵּל מִכֹּחַ מַעֲשִׂים שֶׁעוֹשִׂין לוֹ כִּי יְסוֹבְבוּהוּ מִכָּל רוּחוֹתָיו כְּדֵי לְנָאֵף עִמָּהֶם, וְהַשֵּׁנִי כִּי גַּם מִצַּד עַצְמוֹ הַיֵּצֶר הָרַע בּוֹעֵר בְּקִרְבּוֹ וְטוֹרְדוֹ, וּלְכָךְ הוּא מֵשִׁיב גַּם כֵּן שְׁנֵי טְעָמִים אֵלּוּ שֶׁאוֹמֵר נָאֶה הָיָה, וְלָכֵן חוֹשְׁקִים בּוֹ הַנָּשִׁים וְרוֹדְפִים אַחֲרָיו לְנֹאֵף, וְעוֹד גַּם מִצַּד עַצְמוֹ בּוֹעֶרֶת בְּקִרְבּוֹ הַתַּאֲוָה שֶׁטָּרוּד בְּיִצְרוֹ הָיָה, וּלְכָךְ מְבִיאִים לוֹ הוֹכָחָה מִיּוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה.
Au mécréant on dit : pourquoi ne t'es-tu pas occupé de Tora ? -- Il me semble qu'ici aussi il y a deux raisons. La première est du genre de ce fait que j'ai entendu, d'un homme fort riche mais mécréant et grand débauche, que l'on voulait appeler à la Tora pour l'argent -- car étant très riche il devrait nécessairement faire un don -- et qui refusait, ne voulant pas qu'on l'appelât même une fois l'an ; il donnait à la synagogue le don de la montée sans monter. On lui demanda : pourquoi ne veux-tu pas monter ? Il répondit qu'il honorait ainsi la Tora, car il était impur de débauche et de toutes sortes d'adultères, et qu'il n'est pas honorable pour la Tora qu'un homme impur comme lui monte au Sefer Tora ! De même ce mécréant donne pour raison de ne pas s'occuper de Tora qu'il ne convient pas à un homme impur de l'impureté de la débauche comme lui de s'occuper de la Tora sainte. Et la seconde raison est qu'il est accaparé par son yetser ; et après qu'il a répondu cette raison, on lui apporte la preuve de Yossef le juste, paix sur lui. Ou bien il y a deux raisons : la première, qu'étant très beau, les femmes le désirent et inventent des stratagèmes pour le séduire et coucher avec elles, de sorte qu'il est troublé par ce qu'on lui fait, car elles l'entourent de tous côtés pour commettre l'adultère avec elles ; la seconde, que de son propre côté aussi le yetser hara brûle en lui et l'accapare. C'est pourquoi il répond lui aussi ces deux raisons, en disant qu'il était beau -- de sorte que les femmes le désirent et le poursuivent pour l'adultère -- et qu'en outre, de son propre côté, le désir brûlait en lui, de sorte qu'il était accaparé par son yetser. C'est pourquoi on lui apporte la preuve de Yossef le juste, paix sur lui.
בְּגָדִים שֶׁלָּבְשָׁה לוֹ שַׁחֲרִית, לֹא לָבְשָׁה עַרְבִית עַרְבִית, לֹא לָבְשָׁה שַׁחֲרִית. כֵּן הַגִּרְסָא בְּעֵין יַעֲקֹב, וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י שֶׁלָּבְשָׁה לוֹ רוֹצֶה לוֹמַר 'בִּשְׁבִילוֹ' וְיֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה בְּשַׁחֲרִית נָקֵיט 'לוֹ' וּבְעַרְבִית לָא נָקֵיט 'לוֹ' דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'לֹא לָבְשָׁה לוֹ עַרְבִית'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הִיא כָּל פִּתּוּיִים שֶׁלָּהּ הָיוּ בַּיּוֹם שֶׁבַּעְלָהּ אֵינוֹ בַּבַּיִת אֶלָּא הוֹלֵךְ לְשֵׁירוּת הַמֶּלֶךְ עַל פְּקֻודָּתוֹ, וְלָכֵן בְּשַׁחֲרִית כְּשֶׁיֵּלֵךְ בַּעְלָהּ לוֹבֶשֶׁת בְּגָדִים נָאִים וּמְפֹואָרִים בִּשְׁבִילוֹ כְּדֵי לְפַתּוֹתוֹ בָּהֶם, אַךְ בְּעַרְבִית פּוֹשֶׁטֶת אוֹתָם הַבְּגָדִים וְלוֹבֶשֶׁת בְּגָדִים כְּמִנְהָגָהּ כִּי בַּלַּיְלָה בַּעְלָהּ עִמָּהּ בַּבַּיִת, וְלָכֵן לָא נָקֵיט ' לוֹ ' שֶׁהוּא רוֹצֶה לוֹמַר 'בִּשְׁבִילוֹ' אֶלָּא בְּשַׁחֲרִית. וְחָזַר וְאָמַר ' עַרְבִית לֹא לָבְשָׁה שַׁחֲרִית ' הַכַּוָּנָה אִם הָיָה מִזְדַּמֵּן שֶׁבָּעַרְבִית גַּם כֵּן לוֹבֶשֶׁת בְּגָדִים מְפֹואָרִים כְּגוֹן שֶׁיֵּשׁ לָהֶם יְמֵי אֵיד וְכַיּוֹצֵא שֶׁמִּנְהָגָהּ לִלְבֹּושׁ בְּגָדִים נָאִים לֹא הָיְתָה מִנְחַת אוֹתָם הַבְּגָדִים עָלֶיהָ בְּשַׁחֲרִית שֶׁהוּא זְמַן הַפִּיתּוּי אַף עַל פִּי שֶׁגַּם אֵלּוּ הֵם בְּגָדִים נָאִים אֶלָּא מֵחֲלִיפָתָם וְלוֹבֶשֶׁת בְּגָדִים נָאִים אֲחֵרִים, וְלָזֶה אָמַר 'עַרְבִית לֹא לָבְשָׁה שַׁחֲרִית'. וְנִרְאֶה לִי דְּהָעֲלִיּוֹת שֶׁלּוֹ בָּאוּ לוֹ עַל פִּי סֵדֶר הַדְּבָרִים שֶׁדִּבְּרָה עִמּוֹ דְּהָיְתָה אוֹמֶרֶת לוֹ תְּחִילָּה הֲרֵינִי חוֹבַשְׁתְּךָ בְּבֵית הָאֲסוּרִין! וְכֵן הוּא תְּחִילַּת הַכֹּל הֶעֱלָהוּ פַּרְעֹה מִבֵּית הָאֲסוּרִין דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית מא, יד) 'יִשְׁלַח פַּרְעֹה וַיִּקְרָא אֶת יוֹסֵף וַיְרִיצֻהוּ מִן הַבּוֹר' וְאַחַר כָּךְ אָמְרָה לוֹ הֲרֵינִי כּוֹפֶפֶת אֶת קוֹמְתָךְ! כֵּן אַחַר כָּךְ (שָׁם) 'וַיְגַלַּח וַיְחַלֵּף שִׂמְלֹתָיו' וְקוֹמַת הָאָדָם נִיכֶּרֶת וְנֶהְדֶּרֶת בְּמַלְבּוּשִׁים, וְאַחַר כָּךְ אָמְרָה לוֹ הֲרֵינִי מְסַמֵּאת אֶת עֵינֶיךָ! גַּם הוּא בָּא אַחַר כָּךְ לִפְנֵי פַּרְעֹה וְנִפְתְּחוּ עֵינֵי חָכְמָתוֹ וְשִׂכְלוֹ וּפְתַר לוֹ הַחֲלוֹם וְאָמַר לוֹ פַּרְעֹה 'אֵין נָבוֹן וְחָכָם כָּמוֹךָ' (בְּרֵאשִׁית מא, לט) וְאַחַר כָּךְ נָתְנָה לוֹ אֶלֶף כִּכַּר כֶּסֶף לְהַעֲשִׁירוֹ וְלֹא קִבֵּל לְכָךְ נִקְרָא 'אַבְרֵךְ' (שָׁם פָּסוּק מג) שֶׁהוּא מִילָה מֻורְכֶּבֶת 'אָב רַךְ' עַל אֲשֶׁר נִתְנַסָּה בִּשְׁנֵי דְּרָכִים הָאֶחָד בְּעֹושֶׁר שֶׁעָשְׂתָה אוֹתוֹ אָב וְהַשֵּׁנִי בְּיִסּוּרִין שֶׁעָשְׂתָה אוֹתוֹ רַךְ וְעִם כָּל זֶה גָּבַר עָלֶיהָ.
Les vêtements qu'elle revêtait pour lui le matin, elle ne les revêtait pas le soir ; le soir, elle ne les revêtait pas le matin. -- Telle est la version du Ein Yaakov ; et Rachi a expliqué que qu'elle revêtait pour lui veut dire à son intention. Il y a lieu de demander : pourquoi, pour le matin, emploie-t-il pour lui, et pour le soir ne l'emploie-t-il pas ? Il aurait fallu dire, elle ne les revêtait pas pour lui le soir. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que toutes ses tentatives de séduction avaient lieu le jour, lorsque son mari n'était pas à la maison mais parti au service du roi sur son ordre ; c'est pourquoi, le matin, quand son mari partait, elle revêtait des vêtements beaux et somptueux à son intention, afin de le séduire par eux ; mais le soir elle ôtait ces vêtements et en revêtait selon son habitude, car la nuit son mari était avec elle à la maison ; c'est pourquoi il n'emploie pour lui, c'est-à-dire à son intention, que pour le matin. Puis il ajoute, le soir elle ne les revêtait pas le matin, voulant dire : s'il arrivait que le soir aussi elle revête des vêtements somptueux -- par exemple lors de leurs jours de fête idolâtre ou en pareille occasion, où elle avait coutume de revêtir de beaux vêtements -- elle ne gardait pas ces vêtements-là sur elle le matin, qui est le temps de la séduction, bien que ceux-ci fussent également beaux, mais elle en changeait et revêtait d'autres beaux vêtements ; c'est le sens de, le soir elle ne les revêtait pas le matin. Et il me semble que ses élévations lui vinrent selon l'ordre des paroles qu'elle lui adressa : elle lui dit d'abord, voici que je vais t'enfermer dans la prison ! -- et de fait, le commencement de tout fut que Pharaon le fit monter de la prison, comme il est écrit (Berechit 41,14) : Pharaon envoya appeler Yossef, et on le fit courir hors de la fosse. Puis elle lui dit, voici que je vais courber ta stature ! -- et de même, ensuite (ibid.) : il se rasa et changea ses vêtements ; or la stature de l'homme se reconnaît et s'embellit par les vêtements. Puis elle lui dit, voici que je vais aveugler tes yeux ! -- et de même, ensuite, il vint devant Pharaon, les yeux de sa sagesse et de son intelligence s'ouvrirent, il lui interpréta son songe, et Pharaon lui dit : nul n'est intelligent et sage comme toi (Berechit 41,39). Puis elle lui donna mille kikar d'argent pour l'enrichir, et il n'accepta pas ; c'est pourquoi il fut appelé avrekh (ibid. v. 43), mot composé de av rakh (père / tendre), parce qu'il fut éprouvé de deux manières : par la richesse, qui faisait de lui un av (un père), et par les souffrances, qui faisaient de lui un rakh (un être tendre) -- et malgré tout cela il l'emporta sur elle.
💡 Explication

Le troisième cas change de nature. Le pauvre et le riche invoquaient des circonstances extérieures ; le racha invoque quelque chose qui lui appartient en propre -- sa beauté, et le yetser qu'elle attire. C'est l'excuse la plus difficile à réfuter, parce qu'elle est intérieure.

Le détail des vêtements est ce qui donne sa force au contre-exemple. La beraita ne dit pas que Yossef fût tente une fois ; elle décrit une campagne méthodique, quotidienne, avec une garde-robe renouvelée deux fois par jour. Rachi glose chelavcha lo -- qu'elle revêtait à son intention : les vêtements ne sont pas portés, ils sont des instruments.

Le Ben Ich Haï remarque que le mot lo n'apparaît que pour le matin, et en tire une reconstruction domestique : les tentatives avaient lieu le jour, quand le mari était au service du roi. Le soir, elle reprenait ses vêtements ordinaires -- son mari était rentré.

12
אָמְרָה לוֹ: הַשְׁמַע לִי! אָמַר לָהּ: לָאו. אָמְרָה לוֹ: הֲרֵינִי חוֹבַשְׁתְּךָ בְּבֵית הָאֲסוּרִין! אָמַר לָהּ: ״ה׳ מַתִּיר אֲסוּרִים״. הֲרֵינִי כּוֹפֶפֶת קוֹמְתָךְ! ״ה׳ זוֹקֵף כְּפוּפִים״. הֲרֵינִי מְסַמָּא אֶת עֵינֶיךָ! ״ה׳ פּוֹקֵחַ עִוְרִים״. נָתְנָה לוֹ אֶלֶף כִּכְּרֵי כֶסֶף לִשְׁמוֹעַ אֵלֶיהָ ״לִשְׁכַּב אֶצְלָהּ לִהְיוֹת עִמָּהּ״, וְלֹא רָצָה לִשְׁמוֹעַ אֵלֶיהָ.

Elle lui dit : écoute-moi ! Il lui dit : non.

Elle lui dit : voici que je vais t'enfermer dans la prison ! Il lui dit : haChem délie les prisonniers (Tehilim 146,7).

Voici que je vais courber ta stature ! -- haChem redresse ceux qui sont courbés (146,8). Voici que je vais aveugler tes yeux ! -- haChem ouvre les yeux des aveugles (146,8).

Elle lui donna mille kikar d'argent pour qu'il l'écoute, pour coucher auprès d'elle, pour être avec elle (Berechit 39,10) -- et il ne voulut pas l'écouter.

💡 Explication

La joute est construite avec une économie remarquable : trois menaces, trois répliques, toutes tirées du même psaume (Tehilim 146). Elle attaque successivement la liberté, le corps et la vue ; il répond à chaque fois par le verset qui annonce précisément la réparation de cette atteinte-là. Ce n'est pas de la bravade : c'est un homme qui refuse de calculer, parce que le calcul lui-même est déjà une concession.

Puis vient le renversement de stratégie. Ayant échoué par la menace, elle essaie l'achat -- mille kikar d'argent. Et ici, remarquablement, la beraita ne lui prête aucun verset. Face à la contrainte il argumente ; face à la corruption il se tait. La réponse est nue : ve-lo ratsa lichmoa éleha, il ne voulut pas l'écouter.

🖼️ Schéma
Trois menaces, trois versets : la joute de Yossef avec la femme de Potifar Elle attaque le corps, il répond par le même psaume -- Tehilim 146, où chaque menace est déjà annulée. Ce qu'elle menace Ce qu'il répond Je vais t'enfermer en prison harini hoveshtekha be-veit ha-assourin haChem matir assourim (146,7) l'Éternel délie les prisonniers Je vais courber ta stature harini kofefet komatekha haChem zokef kefoufim (146,8) l'Éternel redresse ceux qui sont courbés Je vais aveugler tes yeux harini messamé et einekha haChem poke'ah ivrim (146,8) l'Éternel ouvre les yeux des aveugles Mille kikar d'argent elle passe de la menace à l'achat ve-lo ratsa lichmoa éleha il ne voulut pas l'écouter -- pas de verset, un refus nu Pourquoi la Tora écrit lichkav etsla lihyot ima -- coucher auprès d'elle, être avec elle La guemara lit deux mondes dans une seule phrase : lichkav etsla dans ce monde-ci, lihyot ima dans le monde à venir. Ce n'est pas la faute d'un instant qu'il refuse, c'est l'attachement qu'elle produirait -- et qui durerait au-delà de la mort.
Les trois menaces et les trois versets de Tehilim 146, puis l'offre d'argent à laquelle il ne répond rien.
13
״לִשְׁכַּב אֶצְלָהּ״ בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״לִהְיוֹת עִמָּהּ״ לָעוֹלָם הַבָּא. נִמְצָא: הִלֵּל מְחַייֵּב אֶת הָעֲנִיִּים, רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן חַרְסוֹם מְחַיֵּיב אֶת הָעֲשִׁירִים, יוֹסֵף מְחַיֵּיב אֶת הָרְשָׁעִים.

Pour coucher auprès d'elle -- dans ce monde-ci ; pour être avec elle -- dans le monde à venir. Il se trouve donc que Hillel rend les pauvres coupables, Rabbi Elazar ben Harsom rend les riches coupables, et Yossef rend les mécréants coupables.

🪔 Ben Yehoyada (1)
נִמְצָא הִלֵּל מְחַיֵּב אֶת הָעֲנִיִּים. קָשֶׁה וַהֲלֹא יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה קָדִים וַהֲוָה לֵיהּ לְמִנְקַט יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה בְּרֵישָׁא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּנָקֵיט לְהוּ כְּפִי חֲשִׁיבוּת הַמִּתְחַיְּיבִים כִּי הֶעָנִי אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא עָסַק בַּתּוֹרָה הוּא חָשׁוּב בְּבֵית דִּין שֶׁל מַעְלָה טְפֵי מֵעָשִׁיר וְכָל שֶׁכֵּן מֵרָשָׁע דִּכְתִיב (אִיּוֹב לוֹ, טו) 'יַחֲלֹץ עָנִי בְּעָנְיוֹ' דְּנִיצּוֹל מְדִינָה שֶׁל גֵּהִינָּם, וְהֶעָשִׁיר אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא עָסַק בַּתּוֹרָה הוּא חֲשִׁיב בְּבֵית דִּין שֶׁל מַעְלָה טְפֵי מֵרָשָׁע דְּהוּא מָאוּס בְּטֻומְאַת נִיאוּף.
Il se trouve que Hillel rend les pauvres coupables. -- Difficulté : Yossef le juste, paix sur lui, est antérieur, et il aurait fallu le mentionner en premier ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils sont énumérés selon l'importance de ceux que l'on déclare coupables : car le pauvre, même s'il ne s'est pas occupé de Tora, est plus considéré au tribunal d'en haut que le riche, et à plus forte raison que le mécréant, comme il est écrit (Iyov 36,15) : il délivre le pauvre par sa pauvreté -- il est sauvé du jugement de la gehinam ; et le riche, bien qu'il ne se soit pas occupé de Tora, est plus considéré au tribunal d'en haut que le mécréant, lequel est repoussant par l'impureté de l'adultère.
💡 Explication

La beraita lit d'abord la formule redondante du verset (Berechit 39,10) comme deux plans distincts : lichkav etsla vise ce monde-ci, lihyot ima le monde à venir. Ce que Yossef refuse n'est donc pas seulement un acte, mais un lien qui lui survivrait.

Puis vient la conclusion, qui donne son sens à toute la beraita : chacun des trois hommes devient mehayev -- il rend coupable -- sa propre catégorie. Le principe est sévère et précis : l'obligation d'étudier ne se mesure pas dans l'abstrait, elle se mesure par ce qu'un homme placé dans les mêmes conditions a effectivement fait.

Le Ben Ich Haï relève un détail d'ordre : chronologiquement Yossef est le plus ancien et devrait venir en tête. S'il est cité en dernier, c'est que l'énumération suit non le temps mais le rang des accusés -- le pauvre passe avant le riche, et le riche avant le mécréant.

14
מַתְנִי׳ בָּא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ, וּפָרוֹ הָיָה עוֹמֵד בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ, רֹאשׁוֹ לַדָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו, וּמִתְוַדֶּה.

MICHNA. Il vient auprès de son taureau (paro).

Et son taureau se tenait entre le Oulam (le vestibule) et l'autel, sa tête au sud et sa face à l'ouest. Et le cohen se tient à l'est, la face à l'ouest.

Il appuie ses deux mains sur lui (semikha) et fait la confession (viddouy).

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' רֹאשׁוֹ לַדָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא שֶׁעוֹקֵם רֹאשׁוֹ לְצַד הַהֵיכָל וְקָא בָּעֵי טַעְמָא אַמַּאי לָא מוֹקֵי לֵיהּ לְהֶדְיָא זְנָבוֹ לַמִּזְרָח וְרֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב:
MICHNA. Sa tête au sud et sa face à l'ouest. -- La guemara explique qu'il tord sa tête du côté du Heikhal ; et elle en demande la raison : pourquoi ne le place-t-on pas directement la queue à l'est et la tête à l'ouest ?
וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח אֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח:
Et le cohen se tient à l'est. -- Le dos tourné vers l'est.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaire, on fait descendre le Cohen gadol à la maison d'immersion. (30a) Et l'on étendit un drap de boutz entre lui et le peuple. (31b) Et afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz, on étendit un drap de boutz. (30a) Et cette immersion-là avait lieu en un endroit profane, car elle ne relève pas de l'obligation du jour : chaque matin, en effet, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, monta et s'essuya. (31b) On lui apporta les vêtements d'or ; il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds (43b) à une aiguière d'or. Et il n'y eut pas ici de sanctification au moment du dévêtement, parce qu'il avait ôté des vêtements profanes -- or nous tenons qu'il y a deux sanctifications, l'une au dévêtement et l'autre au revêtement. (31b) Et s'il était âgé ou istenis (de constitution délicate), le froid lui nuisant, on lui chauffait de l'eau chaude depuis la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait aujourd'hui dans l'eau pour la réchauffer. Et bien qu'il trempe [le métal] -- ce qui est interdit au titre de make be-patich, puisque la trempe achève le travail du fer -- puisqu'il n'a pas cette intention, ce n'est qu'un chevout (interdit rabbinique) -- et il n'y a pas de chevout au Mikdach. (31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'arrangement des lampes et la minhat havitin. (34b) Ensuite il vint à la maison de Parva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de boutz entre lui et le peuple ; il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il avait ôté des vêtements de sainteté. Il s'immergea, monta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira l'après-midi ; et ensemble ils doivent valoir trente maneh. Et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux de l'après-midi en dessous de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu seulement que ceux du matin soient meilleurs et que les deux ensemble fassent trente maneh. Et cela vaut pour ce qui lui vient de la collectivité ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoute autant qu'il le veut. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le nord. (36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vint au sud et sa face à l'ouest ; et on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne lâche des excréments, ce qui serait un outrage pour l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face à l'ouest, appuie ses deux mains sur lui et fait la confession. Et voici ce qu'il disait : de grâce haChem, j'ai péché, j'ai commis des fautes, j'ai transgressé, moi et ma maison -- (ibid.) selon les Sages. Lors de la première confession, il ne confessait que sur lui et sur les gens de sa maison : de grâce haChem, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit que, lors de la seconde mention du Nom dans la confession, il disait ana be-Chem, avec un beit. (37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (62a) Et il y avait là deux boucs semblables d'aspect et de taille, et leur acquisition se faisait ensemble -- et tout cela n'est pas indispensable (eino me'akev), ce n'est qu'une mitsva [a priori]. (39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], et dedans deux sorts, l'un gravé pour haChem et l'autre pour Azazel ; ils sont valides en n'importe quelle matière. Il brasse ses mains dans la kalpi de façon à ne pas pouvoir viser lequel est pour haChem et lequel pour Azazel, et il fait monter un sort dans chaque main [pour les deux boucs]. Si celui de haChem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : à haChem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs, mais les a seulement fait monter en sachant lequel est monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'est pas indispensable. (41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé, et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil au cou, afin qu'il ne se confonde ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de haChem, on le place face au lieu de son abattage -- et c'est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela porte sur le nouage. Et il vint auprès de son taureau une seconde fois et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne un innocent pour expier sur le coupable, c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak (bassin) et le donna à quelqu'un qui le remuait pour qu'il ne coagule pas. Et celui qui remuait se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne ; et il avait un nichtok -- Rachi a expliqué : un anneau, dont on entend le son à son entrée ; et Rabbenou Hananel a expliqué : une gaine, comme un étui, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle chauffe au contact des braises. Il monte au milieu de l'autel et ratisse plein l'encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte. Il descendit et le posa sur le dallage de la azara. (47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens, que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé menu afin qu'il soit le plus fin des fins ; il en prit plein ses deux paumes, selon la capacité de ses paumes, (48a) ni rasés ni comblés, mais bien remplis (tefoufot). Il le versa de ses paumes dans une kaf (cuiller), prit dans sa droite l'encensoir contenant les braises et dans sa gauche la cuiller de l'encens. (51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot séparant le Kodech du Kodech ha-Kodachim, à l'endroit du mur amah traksin qui existait dans le premier Temple. L'extérieure était ouverte au sud, et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'elles étaient deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'un stam [enseignement anonyme], et le stam est enseigné après la mahloket. (52b) L'extérieure était relevée du côté sud ; de plus, Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, qui dit qu'il se tenait du côté nord et aspergeait. Et il ne faut pas apporter de preuve de cette michna (58b) : il commença à asperger en descendant -- d'où commençait-il ? de l'angle nord-est. Rachi a expliqué qu'il tient que l'ouverture était au nord ; mais même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi haGlili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une beraita -- et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il presse avec les coudes afin de ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche ; il marcha jusqu'à se trouver face à l'arche et posa l'encensoir de feu entre les deux barres. (53b) Et après que l'arche eut été emportée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et l'entassa sur les braises. (53a) Et il prenait garde de ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter le cœur des tsedoukim qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans le nuage de la fumée de l'encens. (52b) Et il commençait par le côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait du côté proche, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. La maison se remplit de fumée ; il laissa là la cuiller et l'encensoir, et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait -- mais cela ne figure pas dans la guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Et voici ce qui est dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été emportée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche emportée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient ; et il ne prolongeait pas sa prière, pour ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (53b) Il prit le sang de celui qui le remuait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres, et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette (ke-matslif). Rachi a expliqué : dans l'ordre, une vers le haut et sept vers le bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle d'en haut il incline le dos de sa main vers le bas et asperge vers le haut, et que pour les sept d'en bas il incline le dos de sa main vers le haut et asperge vers le bas. Et voici comment il comptait : une ; une et une ; une et deux ; etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support qui se trouvait dans le Heikhal. Il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une vers le haut et sept vers le bas. Il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit visé face à l'arche, une vers le haut et sept vers le bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où se trouvait le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que ce soit bien mélangé. (58b) Il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donne quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud : il se trouve qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, et il ne pouvait pas y commencer, car il devait sortir vers l'est jusqu'à avoir dépassé l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, [puis] nord-ouest, [puis] nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long en un seul endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi haGlili le conteste sur ce point dans une beraita, mais la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; de plus, Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait vers le bas -- car s'il commençait par le bas et tirait vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui sont sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le fondement (yessod) occidental de l'autel extérieur. (43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal pendant tout le temps qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur. Mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, il n'est pas nécessaire de se retirer lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (60a) Et s'il a changé cet ordre, il n'a rien fait. Et s'il a fait précéder, dans le Heikhal, le sang du bouc à celui du taureau, il recommence et asperge du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier était celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et si c'est celui du bouc, il est comme inexistant et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà fait les applications du taureau et l'encens selon la halakha. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et qu'il s'est répandu -- les résidus (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est aussi sa loi si son compagnon envoyé vient à mourir : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Retour à la michna, et changement complet de registre : après l'aggada, une description spatiale d'une précision quasi chorégraphique. Le taureau se tient bein ha-oulam ve-la-mizbeah, dans l'espace entre le vestibule et l'autel -- lieu de haute sainteté, où l'on ne pénètre pas sans raison.

La formulation contient une apparente contradiction, que Rachi signale aussitôt : le corps est orienté tête au sud, mais la face est tournée vers l'ouest, c'est-à-dire vers le Heikhal. Autrement dit, le corps est couché nord-sud et seule la tête est tordue vers le sanctuaire. Rachi annonce que la guemara demandera pourquoi on ne le couche pas simplement tête à l'ouest -- et le Roch donne déjà la réponse : pour éviter qu'il ne lâche ses excréments en direction de l'autel.

Le Cohen gadol, lui, se place à l'est du taureau, dos à l'est et face à l'ouest -- de sorte que lui et l'animal regardent dans la même direction pendant la semikha et le viddouy.

🖼️ Schéma
Où se tient le taureau, et dans quel sens : la scène de la michna Vue de dessus. Le Temple est orienté est-ouest : on entre par l'est, le Saint des Saints est à l'ouest. HEIKHAL (à l'ouest) OULAM vestibule bein ha-oulam ve-la-mizbeah l'espace entre le vestibule et l'autel MIZBÉAH autel extérieur azara (vers l'est) le par tête face à l'ouest le cohen à l'est, face à l'ouest corps orienté nord-sud TSAFÔN (nord) DARÔM (sud) Michna : rocho la-darom ou-fanav la-maarav -- sa tête au sud, mais sa face à l'ouest Le corps est couché nord-sud ; seule la tête est tordue vers le Heikhal. Rachi : la guemara en cherchera la raison. Roch : pourquoi ne pas coucher le taureau tête à l'ouest, tout simplement ? Parce qu'il pourrait lâcher ses excréments en direction de l'autel -- ce serait un outrage. On tord donc la tête seule.
La disposition exacte décrite par la michna, et la raison que le Roch donne à cette orientation tordue.
15
וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר: אָנָּא הַשֵּׁם! עָוִיתִי, פָּשַׁעְתִּי, חָטָאתִי לְפָנֶיךָ אֲנִי וּבֵיתִי. אָנָּא הַשֵּׁם! כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְלַפְּשָׁעִים וְלַחֲטָאִים שֶׁעָוִיתִי וְשֶׁפָּשַׁעְתִּי וְשֶׁחָטָאתִי לְפָנֶיךָ אֲנִי וּבֵיתִי, כַּכָּתוּב בְּתוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדֶּךָ: ״כִּי בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר וְגוֹ׳״. וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד, מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״.

Et voici ce qu'il disait : de grâce haChem ! j'ai commis des fautes (aviti), j'ai transgressé (pachati), j'ai péché (hatati) devant Toi, moi et ma maison. De grâce haChem ! expie donc (kaper na) les fautes, les transgressions et les péchés que j'ai commis, que j'ai transgressés et que j'ai péchés devant Toi, moi et ma maison, comme il est écrit dans la Tora de Moche Ton serviteur : car en ce jour il expiera pour vous, etc.

(Vayikra 16,30). Et eux répondaient après lui : béni soit le nom de la gloire de Son règne à tout jamais.

🗂️ Tossefot (1)
אָנָּא הַשֵּׁם בַּיְּרוּשַׁלְמִי יֵשׁ דְּבָרִאשׁוֹנָה אָמַר אָנָּא הַשֵּׁם וּבַשְּׁנִיָּה אָנָּא בַּשֵּׁם כַּפֶּר נָא וְכוּ':
Ana haChem. -- Dans le Yerouchalmi il est [dit] que la première fois il disait ana haChem, et la seconde fois ana be-Chem, kaper na, etc.
💡 Explication

Le viddouy est bâti en deux temps rigoureusement parallèles. D'abord l'aveu, à la première personne du singulier, avec trois verbes : aviti (fautes délibérées), pachati (transgressions par révolte), hatati (manquements par inadvertance). Puis la demande, qui reprend exactement les trois mêmes termes, cette fois au pluriel et comme objets de kaper na, expie donc. Rien n'est demandé qui n'ait d'abord été nommé.

La confession se clôt sur un appui scripturaire -- ka-katouv be-torat Moche avdekha -- et sur la portée restreinte de ce premier viddouy : ani ou-veiti, moi et ma maison. Le Roch le souligne : la première confession ne porte que sur lui et les siens ; les cohanim viendront à la seconde, et Israël à la troisième.

Le peuple ne répond pas amen mais une doxologie -- baroukh chem kevod malkhouto le-olam va-ed. C'est qu'ils viennent d'entendre le Nom explicite prononcé à voix haute, ce qui n'arrive que ce jour-là. Tossefot ajoute une variante du Yerouchalmi sur la formule d'appel elle-même : ana haChem la première fois, ana be-Chem la seconde.

🖼️ Schéma
Anatomie du premier viddouy : trois verbes, deux temps, un répons Temps 1 -- l'aveu : ana haChem, aviti pachati hatati lefanekha, ani ou-veiti De grâce haChem, j'ai commis des fautes, j'ai transgressé, j'ai péché devant Toi, moi et ma maison. avon faute délibérée, torsion de la volonté pécha révolte, transgression par défi het manquement, faute par inadvertance Temps 2 -- la demande : ana haChem, kaper na la-avonot ve-la-pechaim ve-la-hataim Les mêmes trois termes reviennent, mais au pluriel et en objet d'une demande : expie donc. Le point d'appui scripturaire ka-katouv be-torat Moche avdekha : ki va-yom ha-ze yekhaper (Vayikra 16,30) Tossefot : la variante du Yerouchalmi 1re mention : ana haChem -- 2e mention : ana be-Chem, avec un beit. Le Roch reprend cette lecture. Le répons de la foule : baroukh chem kevod malkhouto le-olam va-ed Ils ne répondent pas amen mais une bénédiction -- car ce qu'ils viennent d'entendre est le Nom explicite prononcé à voix haute.
Les deux temps du viddouy, les trois termes de la faute, et la variante du Yerouchalmi rapportée par Tossefot.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).