Yoma 36a -- où commence le tsafon, pourquoi le par se tient précisément entre le Oulam et l'autel, et sur quelle faute l'on confesse en posant les mains

Yoma 36a

Sougya : Le daf s'ouvre sur une déduction implicite de la michna : puisque le par du Cohen gadol se tient entre le Oulam et l'autel et qu'on l'abat à l'endroit même du viddouy, cet espace doit être du tsafon -- seul lieu valide pour l'abattage des kodchei kodachim. La guemara en cherche l'auteur et produit une beraita à trois avis emboîtés : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda pose le socle (ce qui fait face à l'autel, jusqu'au mur nord), Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon y ajoute l'espace entre le Oulam et l'autel, et Rabbi tout le nord jusqu'au mur oriental -- tous s'accordant seulement pour invalider lifnim min haHalifot, où l'autel n'est pas visible.

La tentative d'attribuer la michna au seul Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon s'effondre sur un a fortiori, et la question se reformule : elle ne portait jamais sur la validité du lieu mais sur son choix. La réponse est la même pour tous les tanaim et elle n'est pas halakhique -- houlcha de-Kohen gadol, la faiblesse d'un homme qui devra porter le mizrak de sang jusqu'au Saint des Saints.

Suit l'explication de l'orientation du taureau : le corps nord-sud et le cou tordu vers l'ouest, pour ne pas tourner l'arrière de la bête vers l'autel. Ce segment porte le long siman du Roch qui récapitule tout le seder ha-avoda de Yom Kippour.

Le daf s'achève sur une beraita de la semikha -- positions, contact sans écran, puis viddouy -- et sur la mahloket qu'elle ouvre à propos de la ola, seul korban dont la Tora ne nomme pas la faute : Rabbi Yossi HaGuelili répond par une liste de dons aux pauvres, Rabbi Akiva par un principe -- la ola comble exactement le trou laissé par le système des peines. La question be-mai ka miflagi reste suspendue au nom de Rabbi Yirmeya.

Où commence le tsafon ? Plan de la azara selon les trois tanaim Vue de dessus, nord en haut. Le tsafon est le seul lieu valide pour l'abattage des kodchei kodachim (Vayikra 1,11). TSAFON -- nord O E Lifnim min haHalifot l'autel n'y est pas visible donc ce n'est pas un flanc PASSOUL pour tous Bein haOulam vela Mizbeah R. Elazar b. R. Chimon ajoute (côté ouest) Face à l'autel 32 amot, jusqu'au mur R. Yossi b. R. Yehouda : tout le monde admet Pieds des cohanim 11 amot Rabbi ajoute Pieds d'Israël 11 amot, jusqu'au mur est Rabbi ajoute Heikhal Oulam Halifot Halifot Mizbéah 32 x 32 Le par du Cohen gadol angle nord-ouest de l'autel Trois cercles emboîtés, jamais trois avis contradictoires : R. Yossi b. R. Yehouda : le noyau -- ce qui fait face à l'autel. Personne n'en retranche. R. Elazar b. R. Chimon : + l'espace entre le Oulam et l'autel, à l'ouest. Il inclut le noyau. Rabbi : + tout le nord jusqu'au mur oriental. Il inclut les deux précédents -- d'où l'argument a fortiori de la guemara.
Le plan de la azara. Toute la première moitié du daf se joue sur cette carte : le tsafon n'est pas une direction mais une surface, et les trois tanaim en tracent trois versions emboîtées. Le point vert -- le par du Cohen gadol -- se trouve dans la zone que seul R. Elazar b. R. Chimon ajoute explicitement, d'où toute la question de la guemara.
Le fil de la sougya : une question mal posée, puis bien posée Toute la difficulté tient à une seule chose : pourquoi le par se tient-il précisément là, et pas ailleurs ? 1. Le donné La michna : le par se tient entre le Oulam et l'autel. Et plus loin (41b) : on l'abat à l'endroit du viddouy. Donc cet espace est du tsafon. 2. La question Man chamat leh ? Qui tient que cet espace est du tsafon ? Réponse : la beraita -- c'est R. Elazar fils de R. Chimon. 3. Hava amina rejetée Dirons-nous : lui et pas Rabbi ? -- Absurde : Rabbi ajoute l'est, plus éloigné du Heikhal. Le proche serait passoul et l'éloigné cacher ? 4. La vraie question : non pas la validité, mais le choix du lieu Si Rabbi : pourquoi ne pas le placer n'importe où au nord ? Si R. Elazar b. R. Chimon : pourquoi pas contre le mur nord, le vrai flanc ? 5. La réponse, valable pour tous Houlcha de-Kohen gadol : la faiblesse du Cohen gadol. On le rapproche au maximum de l'ouverture du Heikhal pour qu'il ne porte pas le mizrak de sang sur une longue distance. La halakha ouvre l'espace ; c'est le corps du cohen qui choisit le point exact.
Le mouvement de la sougya. La guemara commence par chercher un tana, croit trouver une exclusion, la retire elle-même, puis reformule : la vraie question n'a jamais été de savoir où l'abattage est valide, mais pourquoi on a choisi ce point-là. La réponse n'est pas halakhique -- c'est le corps du Cohen gadol.
Sur quoi confesse-t-on ? La beraita de la semikha et la mahloket sur la ola Le hatat et le acham disent d'eux-mêmes leur faute. La ola, elle, ne dit rien : que confesse-t-on dessus ? Cas clairs Hatat -- on confesse la faute du hatat Acham -- on confesse la faute du acham Rachi : la faute même pour laquelle il l'apporte. Cas ouvert : la ola La Tora ne dit pas pour quelle faute elle vient. Elle est donc le lieu de la mahloket. Deux réponses, ci-dessous. R. Yossi HaGuelili Une liste concrète On confesse sur la ola : leket -- la glanure oubliée au sol chikh'ha -- la gerbe oubliée au champ pea -- le coin non moissonné maasser ani -- la dîme du pauvre Point commun : des dons aux pauvres, des mitsvot positives que l'on omet sans être puni. R. Akiva Un principe, pas une liste La ola ne vient que pour : 1. un asse -- commandement positif omis 2. un lav hanitak la-asse -- interdiction réparable par un acte positif (le vol) Raison (Tossefta, citée par Rachi) : partout ailleurs la peine est déjà énoncée -- karet, mise à mort, flagellation. Reste ce qui n'a rien. Be-mai ka miflagi ? -- Sur quoi divergent-ils au juste ? Le daf s'arrête sur le nom de R. Yirmeya : la réponse ouvrira le folio suivant. Noter que R. Akiva n'exclut pas la liste de R. Yossi -- il la refonde.
La seconde moitié du daf. La beraita de la semikha décrit un geste, puis bute sur la ola : seul korban dont la Tora ne nomme pas la faute. R. Yossi HaGuelili répond par une liste de dons aux pauvres ; R. Akiva par un principe -- la ola comble exactement le trou laissé par le système des peines.
1
גְּמָ׳ מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ צָפוֹן —

Guemara. Qui as-tu entendu dire que l'espace entre le Oulam et l'autel est du nord (tsafon) ?

📜 Rachi (1)
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בֵּין אוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ קָרוּי צָפוֹן לִשְׁחִיטַת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים מֵחֲצִי פֶּתַח הַהֵיכָל וּלְצָפוֹן בֵּין הָאוּלָם לַמִּזְבֵּחַ דִּתְנַן בְּמָתְנֵי' וּפָרוֹ הָיָה עוֹמֵד בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ וּתְנַן בְּפֶרֶק דִּלְקַמָּן (יוֹמָא דַּף מא:) שֶׁבִּמְקוֹם וִידּוּי שְׁחָטוֹ דְּקָתָנֵי בָּא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ שְׁנִיָּה וְסָמַךְ שְׁתֵּי יָדָיו כו' שְׁחָטוֹ וְקִיבֵּל בַּמִּזְרָק כו':
Qui as-tu entendu dire qu'entre le Oulam et l'autel -- [cet espace] est appelé nord pour l'abattage des kodchei kodachim, depuis la moitié de l'ouverture du Heikhal et vers le nord, entre le Oulam et l'autel. Car nous avons appris dans notre michna : et son taureau se tenait entre le Oulam et l'autel ; et nous avons appris au chapitre suivant (Yoma 41b) que c'est à l'endroit du viddouy qu'il l'abattit, puisqu'il y est enseigné : il vint auprès de son taureau une seconde fois, posa ses deux mains, etc., l'abattit et recueillit [le sang] dans le mizrak, etc.
💡 Explication

La michna vient de dire que le taureau du Cohen gadol se tenait entre le Oulam et l'autel, et l'on apprendra plus loin (Yoma 41b) qu'on l'abattait à l'endroit même du viddouy. La guemara en tire une conséquence immédiate : cet espace doit donc être du tsafon, car un korban parmi les kodchei kodachim -- et le par du Cohen gadol en est un -- ne peut être abattu qu'au nord, selon le verset dit à propos de la ola : sur le flanc de l'autel, vers le nord (Vayikra 1,11).

D'où la question : man chamat leh -- qui as-tu entendu tenir cette position ? La guemara ne conteste pas la michna ; elle cherche son auteur. C'est un mouvement typique : identifier le tana, puis mesurer ce que cette identification coûte.

2
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא. דְּתַנְיָא: אֵיזֶהוּ צָפוּן — מִקִּיר שֶׁל מִזְבֵּחַ צְפוֹנִי וְעַד כֹּותֶל הָעֲזָרָה, וּכְנֶגֶד כָּל הַמִּזְבֵּחַ כֻּולּוֹ צָפוֹן, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹסִיף אַף בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ. רַבִּי מוֹסִיף אַף מְקוֹם דְּרִיסַת רַגְלֵי הַכֹּהֲנִים וְאַף מְקוֹם דְּרִיסַת רַגְלֵי יִשְׂרָאֵל. אֲבָל מִן הַחֲלִיפוֹת וְלִפְנִים הַכֹּל מוֹדִים שֶׁפָּסוּל.

C'est Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon. Car il a été enseigné : qu'est-ce que le nord ?

Depuis la paroi nord de l'autel jusqu'au mur de la azara ; et ce qui fait face à tout l'autel, c'est du nord -- paroles de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ajoute aussi l'espace entre le Oulam et l'autel.

Rabbi ajoute aussi l'emplacement du foulement des pieds des cohanim, et aussi l'emplacement du foulement des pieds des Israélites. Mais depuis les Halifot et vers l'intérieur, tous s'accordent que c'est passoul (invalide).

📜 Rachi (5)
וּכְנֶגֶד כָּל הַמִּזְבֵּחַ כֻּולּוֹ שְׁלֹשִׁים וּשְׁתַּיִם אַמָּה שֶׁכְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ בַּצָּפוֹן קָרוּי צָפוֹן לִשְׁחִיטַת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים אֲבָל שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ לְצַד מַעֲרָב וּלְצַד מִזְרָח אע"פ שֶׁהוּא צְפוֹן הָעֲזָרָה אֵינוֹ צָפוֹן לִשְׁחִיטָה דְּבָעֵינַן עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא א׳:י״א) וְשָׁחַט אֹותוֹ עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ צָפֹונָה:
Et face à tout l'autel -- les trente-deux coudées qui font face à l'autel, au nord, sont appelées nord pour l'abattage des kodchei kodachim ; mais ce qui ne fait pas face à l'autel, du côté ouest et du côté est, bien que ce soit le nord de la azara, n'est pas du nord pour l'abattage, car il nous faut sur le flanc de l'autel, ainsi qu'il est écrit (Vayikra 1,11) : et il l'abattra sur le flanc de l'autel, vers le nord.
אַף בֵּין הָאוּלָם לַמִּזְבֵּחַ כָּל חֵלֶק צְפוֹנִי לְצַד מַעֲרָב אע"פ שֶׁאֵינוֹ יֶרֶךְ מַמָּשׁ אֲבָל חֵלֶק צְפוֹנִי שֶׁמִּן הַמִּזְרָח וְלַמִּזְבֵּחַ לֹא (שֶׁמִּן מִזְבֵּחַ):
Aussi l'espace entre le Oulam et l'autel -- toute la portion nord du côté ouest, bien que ce ne soit pas le flanc à proprement parler ; mais la portion nord qui va de l'est vers l'autel, non.
רַבִּי מוֹסִיף אַף כָּל צְפוֹן הָעֲזָרָה שֶׁבְּאַחַת עֲשָׂרָה אַמָּה שֶׁל מְקוֹם דְּרִיסַת רַגְלֵי הַכֹּהֲנִים עַד כֹּותֶל מִזְרָחִי שֶׁל עֲזָרָה:
Rabbi ajoute -- même tout le nord de la azara qui se trouve dans les onze coudées de l'emplacement du foulement des pieds des cohanim, jusqu'au mur oriental de la azara.
אֲבָל מִן הַחֲלִיפוֹת וְלִפְנִים רֹוחַב הָאוּלָם עוֹדֵף עַל רֹוחַב הַהֵיכָל ט"ו אַמָּה לַצָּפוֹן וּכְנֶגְדּוֹ לַדָּרוֹם וּמֶשֶׁךְ אוֹתוֹ עֹודֶף אֵינוֹ אֶלָּא עֶשֶׂר אַמּוֹת מִמִּזְרָח לְצַד מַעֲרָב וְאוֹתוֹ עֹודֶף קָרוּי בֵּית הַחֲלִיפוֹת שֶׁהָיוּ בָּהֶן עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע חַלּוֹנוֹת חַלּוֹן לְכָל מִשְׁמָר שֶׁשָּׁם גּוֹנְזִים סַכִּינִים שֶׁל קוֹדֶשׁ וְסַכִּין קָרוּי חִילּוּף בִּלְשׁוֹן עַרְבִי וַאֲוִיר שֶׁאֲחוֹרֵי אוֹתוֹ עֹודֶף לַמַּעֲרָב וַאֲוִיר שֶׁבֵּין צָפוֹן כֹּותֶל הָעוֹדֵף לְבֵין כֹּותֶל הָעֲזָרָה קָרוּי לִפְנִים מִן הַחֲלִיפוֹת:
Mais depuis les Halifot et vers l'intérieur -- la largeur du Oulam dépasse la largeur du Heikhal de quinze coudées vers le nord, et autant vers le sud ; et l'étendue de ce dépassement n'est que de dix coudées, d'est en ouest. Ce dépassement est appelé Beit haHalifot : il s'y trouvait vingt-quatre fenêtres, une fenêtre pour chaque michmar (garde sacerdotale), où l'on rangeait les couteaux du sanctuaire -- et le couteau se dit hilouf en langue arabe. Et l'espace situé derrière ce dépassement, vers l'ouest, ainsi que l'espace compris entre le mur nord du dépassement et le mur de la azara, s'appelle lifnim min haHalifot (en deçà des Halifot).
הַכֹּל מוֹדִים שֶׁפָּסוּל דְּכֵיוָן שֶׁאֵין הַמִּזְבֵּחַ נִרְאֶה שָׁם אֵינוֹ קָרוּי יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ:
Tous s'accordent que c'est passoul -- puisque l'autel n'y est pas visible, l'endroit n'est pas appelé flanc de l'autel.
💡 Explication

La beraita répond en trois avis emboîtés, non contradictoires. Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda pose le socle : la bande située au nord de l'autel, sur toute la profondeur jusqu'au mur de la azara, mais seulement face à l'autel -- soit les trente-deux coudées de sa largeur. Rachi insiste sur la restriction : ce qui, au nord de la azara, ne fait pas face à l'autel n'est pas du tsafon, car le verset exige yerekh haMizbeah, le flanc de l'autel.

Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ajoute la bande située entre le Oulam et l'autel, du côté ouest uniquement. Rabbi ajoute encore la bande orientale, jusqu'au mur est de la azara -- les onze coudées du foulement des pieds des cohanim et celles du foulement des pieds d'Israël. Chacun contient le précédent : c'est ce fait qui va porter tout l'argument suivant.

Le seul consensus négatif porte sur lifnim min haHalifot. Rachi en explique la géométrie : le Oulam dépasse le Heikhal de quinze coudées au nord et autant au sud, sur une profondeur de dix coudées ; ce débord s'appelle Beit haHalifot car on y rangeait les couteaux du sanctuaire dans vingt-quatre niches, une par michmar. Ce qui se trouve derrière ce débord ne voit pas l'autel -- et ce qui ne voit pas l'autel ne peut pas être son flanc.

🖼️ Schéma
La beraita du tsafon : qui admet quoi Face à l'autel jusqu'au mur nord Bein haOulam vela Mizbeah Nord à l'est pieds cohanim + Israël Lifnim min haHalifot R. Yossi b. R. Yehouda le socle OUI non non non R. Elazar b. R. Chimon mossif -- il ajoute OUI OUI non non Rabbi mossif sur le précédent OUI OUI OUI non La dernière colonne est le seul consensus négatif : hakol modim che-passoul. Rachi en donne la raison unique : l'autel n'y est pas visible, donc l'endroit ne peut pas être appelé yerekh haMizbeah, flanc de l'autel.
Les trois définitions du tsafon en une grille. La dernière colonne est le seul point où les trois tanaim disent non ensemble.
3
לֵימָא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא וְלָא רַבִּי? אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, וְרַבִּי הַשְׁתָּא אַדְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה מוֹסִיף, אַדְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לָא מוֹסִיף?!

Dirons-nous que c'est Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon et non Rabbi ? Tu peux même dire que c'est Rabbi : car Rabbi, maintenant qu'il ajoute sur Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, n'ajouterait-il pas sur Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ?!

📜 Rachi (2)
לֵימָא דַּוְקָא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא וְלָא רַבִּי:
Dirons-nous -- que c'est spécifiquement Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon et non Rabbi ?
הַשְׁתָּא ר' אַדְּרַבִּי יוֹסֵי מוֹסִיף וְכוּ' כְּלוֹמַר מַאי תִּיבָּעֵי לָךְ פְּשִׁיטָא דְּלָאו דַּוְקָא קָא אָמְרִי וְכִי רַבִּי דְּמוֹסִיף אֶת צָפוֹן שֶׁל צַד מִזְרָח שֶׁהוּא מְרֻוחָק מִקְּדֻושַּׁת הֵיכָל אַדְּרַבִּי יוֹסֵי הוּא דְּמוֹסִיף לָהּ אֲבָל דְּרַבִּי אֶלְעָזָר לֵית לֵיהּ אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן הַמְרֻוחָק כָּשֵׁר וְהַמְקֹורָב פָּסוּל:
Maintenant que Rabbi ajoute sur Rabbi Yossi, etc. -- c'est-à-dire : de quoi t'inquiètes-tu ? Il est évident qu'ils ne parlent pas de manière exclusive. Se pourrait-il que Rabbi, qui ajoute le nord du côté est -- lequel est le plus éloigné de la sainteté du Heikhal -- n'ajoute que sur Rabbi Yossi, mais n'admette pas l'avis de Rabbi Elazar ? Peut-on dire une chose pareille : l'éloigné serait cacher et le proche passoul ?
💡 Explication

Première tentative de conclusion : puisque seul Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon nomme explicitement l'espace entre le Oulam et l'autel, la michna serait à son nom seul -- et donc pas selon Rabbi. La guemara écarte aussitôt cette lecture, et par un raisonnement de pure logique d'inclusion.

Rabbi ajoute une zone plus éloignée du Heikhal que celle de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon : le nord oriental de la azara. Rachi formule la conclusion sous forme d'absurdité : l'éloigné serait cacher et le proche passoul ? Un tana qui valide le point le plus lointain valide nécessairement, a fortiori, tout ce qui est en deçà. Le mot mossif (il ajoute) ne s'oppose pas à l'avis précédent -- il l'englobe.

4
אֲנַן הָכִי קָא אָמְרִינַן: אִי רַבִּי הִיא, נוֹקְמֶיהָ בְּכֻולָּהּ עֲזָרָה! אֶלָּא מַאי — רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא? וְנוֹקְמֵיהּ בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַכֹּותֶל!

Voici ce que nous voulions dire : si c'était Rabbi, qu'on le place n'importe où dans toute la azara ! -- Mais alors quoi, ce serait Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ? Qu'on le place entre l'autel et le mur !

📜 Rachi (2)
אֲנַן הָכִי קָאָמְרִינַן כְּלוֹמַר הָא וַדַּאי פְּשִׁיטָא לָן דְּרַבִּי נָמֵי אִית לֵיהּ בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ צָפוֹן וְהַאי דְּקָא אָמְרִי מַתְנֵי' לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי הָכִי קַשְׁיָא לָן דְּתַנָּא דְּמַתְנִיתִין לֵית לֵיהּ דְּרַבִּי דְּמַכְשִׁיר כָּל צְפוֹן הָעֲזָרָה דְּאִי כְּרַבִּי לָמָּה לִי לִקְרוֹבֶיהָ לְבֵין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ נוֹקְמֶיהָ בְּחֵלֶק צְפוֹנִי דְּכָל הָעֲזָרָה בְּאֵיזֶה מָקוֹם שֶׁיִּרְצֶה:
Voici ce que nous voulions dire -- c'est-à-dire : il nous est certes évident que Rabbi lui aussi tient que l'espace entre le Oulam et l'autel est du nord ; et si notre michna [semble] dire qu'elle n'est pas selon Rabbi, voici ce qui nous faisait difficulté : le tana de notre michna ne tiendrait pas comme Rabbi, qui rend valide tout le nord de la azara -- car si c'était selon Rabbi, pourquoi faudrait-il le rapprocher jusqu'entre le Oulam et l'autel ? Qu'on le place dans la partie nord de toute la azara, à l'endroit que l'on voudra.
אֶלָּא מַאי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן נוֹקְמֶיהָ בֵּין כֹּותֶל מִזְבֵּחַ צְפוֹנִי לְכֹותֶל עֲזָרָה צְפוֹנִית דְּהָא לְכֻולֵּי עָלְמָא עִיקַּר צָפוֹן דְּיֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ הָתָם הוּא:
Mais alors quoi, ce serait Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ? Qu'on le place entre la paroi nord de l'autel et le mur nord de la azara -- car pour tout le monde, le nord par excellence, celui du flanc même de l'autel, se trouve là.
🗂️ Tossefot (1)
נוֹקְמֶיהָ בֵּין הַמִּזְבֵּחַ וְלַכֹּותֶל תֵּימַהּ מַאי קס"ד דְּהַמַּקְשֶׁה דְּקָאָמַר לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי כֵּיוָן דלר"א בר"ש נָמֵי קָשֶׁה נוֹקְמֶיהָ בֵּין הַמִּזְבֵּחַ כֻּולּוֹ וְיֵשׁ לוֹמַר דס"ד דְּבִשְׁלָמָא לר"א בר"ש כֵּיוָן דְּעַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ הָוֵי מְקוֹם נַנָּסִין וְטַבָּעוֹת וְשֻׁולְחָנוֹת לָא מוֹקְמִי לֵיהּ הָתָם שֶׁאֵין לְשָׁם מָקוֹם פָּנוּי כֻּולֵּי הַאי וְעוֹד שֶׁמָּא יַרְבִּיץ גְּלָלִים וְאֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ גְּנַאי הוּא אֲבָל לְר' לוֹקֶמְיָה רָחוֹק מִשָּׁם אֵצֶל הַפֶּתַח וּמִכָּל מָקוֹם מַהְדַּר לֵיהּ דִּטְפֵי הֲוָה עֲדִיפָא לְאוֹקְמֵיהּ אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ מִלְּקָרְבוֹ כָּל כָּךְ לַהֵיכָל אֶלָּא מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל:
Qu'on le place entre l'autel et le mur -- Étonnant : quelle était donc la pensée du questionneur lorsqu'il disait ce n'est pas selon Rabbi, puisque selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon aussi la difficulté se pose -- qu'on le place [au flanc de] tout l'autel ? Et l'on peut dire qu'il pensait ceci : selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, cela se comprend -- puisque sur le flanc de l'autel se trouve l'emplacement des nanassin (les colonnes basses), des anneaux et des tables, on ne l'y place pas, car il n'y a pas là tant d'espace libre ; et de plus, il pourrait déposer des excréments, et près de l'autel c'est une indignité. Mais selon Rabbi, qu'on le place loin de là, près de l'ouverture ! Et malgré tout on lui répond qu'il eût été préférable de le placer auprès de l'autel plutôt que de le rapprocher à ce point du Heikhal -- si ce n'était la faiblesse du Cohen gadol.
💡 Explication

La guemara reformule sa propre question, et c'est le tournant du passage. Elle n'a jamais voulu dire que Rabbi invaliderait cet espace -- Rachi le souligne : il nous est certes évident que Rabbi lui aussi tient que l'espace entre le Oulam et l'autel est du nord. La difficulté est ailleurs : elle porte sur le choix du lieu, non sur sa validité.

Si la michna suivait Rabbi, pour qui tout le nord de la azara convient, pourquoi imposer un point aussi rapproché du Heikhal ? Mais la guemara retourne aussitôt l'objection contre celui qui la pose : selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon aussi, il y avait mieux -- l'espace entre l'autel et le mur nord, qui est le yerekh haMizbeah par excellence, celui que tout le monde admet. La question est donc symétrique : aucune des deux lectures n'explique le choix de la michna.

Les Tossefot demandent précisément pourquoi le questionneur avait cru que la difficulté visait Rabbi seul, et répondent en distinguant deux gens : chez Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, l'espace au flanc de l'autel est déjà encombré (les nanassin, les anneaux, les tables) et proche de l'autel, où des excréments seraient une indignité ; chez Rabbi, en revanche, on pouvait s'éloigner sans problème.

5
אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר — מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל, לְרַבִּי נָמֵי — מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל.

Mais alors, que dois-tu donc dire ? Que c'est à cause de la faiblesse du Cohen gadol.

Pour Rabbi aussi : à cause de la faiblesse du Cohen gadol.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר אַמַּאי מְקָרֵב לֵיהּ כֻּולֵּי הַאי:
Mais alors, que dois-tu donc dire -- pourquoi le rapproche-t-on a ce point ?
מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְכֹהֵן שֶׁלֹּא יִכְבַּד עָלָיו מַשּׂוֹי מִזְרָק הַדָּם מֵרָחוֹק:
À cause de la faiblesse du cohen -- pour que le fardeau du mizrak de sang porté de loin ne lui pèse pas.
לְרַבִּי נָמֵי אע"ג דְּכָל עֲזָרָה כְּשֵׁירָה בַּצָּפוֹן שֶׁלָּהּ מְקָרֵב לֵיהּ לְצַד הַפֶּתַח מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְכֹהֵן:
Pour Rabbi aussi -- bien que toute la azara soit valide dans sa partie nord, on le rapproche du côté de l'ouverture à cause de la faiblesse du cohen.
💡 Explication

La résolution est d'une simplicité désarmante, et elle vaut pour les deux lectures à la fois. Puisque, quel que soit le tana, il existait des emplacements valides autres que celui de la michna, c'est qu'un facteur non halakhique a déterminé le choix : houlcha de-Kohen gadol, la faiblesse du Cohen gadol.

Rachi précise en quoi consiste cette faiblesse -- et c'est très concret : que le fardeau du mizrak de sang porté de loin ne lui pèse pas. Après l'abattage, le cohen doit porter le bassin de sang jusque dans le Saint des Saints. Un homme à jeun, qui n'a pas dormi, en vêtements de lin : chaque coudée compte. La michna choisit donc, dans l'espace que la Tora autorise, le point le plus proche de l'ouverture du Heikhal.

Noter la structure du raisonnement : ce n'est pas une preuve mais une élimination. Puisque l'objection frappe les deux hypothèses également, la réponse qui sauve l'une sauve l'autre -- et la michna redevient compatible avec tous les tanaim.

🖼️ Schéma
Trois emplacements possibles, un seul retenu Distance à parcourir avec le mizrak de sang, depuis l'abattage jusqu'à l'ouverture du Heikhal. A. Contre le mur nord le vrai yerekh haMizbeah Valide pour tous. Mais : nanassin, anneaux, tables -- pas de place libre. Et surtout : trop loin écarte B. N'importe où au nord si l'on suit Rabbi Jusqu'au mur oriental, tout le nord est valide. Le plus loin de tous. écarte C. Bein haOulam vela Mizbeah ce que dit la michna Le point valide le plus proche de l'ouverture. Houlcha de-Kohen gadol. retenu Le critère qui tranche n'est pas la sainteté du lieu mais la fatigue d'un homme à jeun : Rachi -- que le fardeau du mizrak porté de loin ne lui pèse pas.
Les trois emplacements envisagés et le critère qui tranche : la distance à parcourir avec le mizrak de sang.
6
רֹאשׁוֹ לַדָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? אָמַר רַב: בְּעוֹקֵם אֶת רֹאשׁוֹ. וְנוֹקְמֶיהָ לְהֶדְיָא. אָמַר אַבַּיֵּי: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַרְבִּיץ גְּלָלִים.

Sa tête vers le sud et sa face vers l'ouest. Comment cela se trouve-t-il ?

Rav a dit : lorsqu'il tord sa tête. Et qu'on le place donc tout droit !

Abaye a dit : c'est un décret, de peur qu'il ne dépose des excréments.

📜 Rachi (2)
וְנוֹקְמֶיהָ לְהֶדְיָא אֲחוֹרָיו לַמִּזְבֵּחַ וּפָנָיו לַהֵיכָל:
Et qu'on le place tout droit -- son arrière vers l'autel et sa face vers le Heikhal.
שֶׁמָּא יַרְבִּיץ גְּלָלִים וּגְנַאי הוּא לְהַרְאוֹת בֵּית הָרֵיעִי שֶׁלּוֹ לְצַד הַמִּזְבֵּחַ וְהָכִי שַׁפִּיר טְפֵי לִהְיוֹת זְנָבוֹ לַצָּפוֹן וְרֹאשׁוֹ לַדָּרוֹם נִמְצָא זְנָבוֹ שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ שֶׁאֵינוֹ מוֹשְׁכוֹ לְצַד דָּרוֹם כָּל אֹורֶךְ הַפָּר אֶלָּא שֶׁיְּהֵא מִקְצָת גּוּפוֹ בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ:
De peur qu'il ne dépose des excréments -- et c'est une indignité de montrer son orifice du côté de l'autel ; ainsi il vaut mieux que sa queue soit au nord et sa tête au sud -- sa queue ne se trouve alors pas face à l'autel, car on ne le tire pas vers le sud sur toute la longueur du taureau, mais de sorte qu'une partie de son corps soit entre le Oulam et l'autel.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanerot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

La guemara revient à la lettre de la michna et y relève une apparente contradiction : la tête au sud, mais la face à l'ouest. Or la face suit normalement l'axe de la tête. Rav résout en distinguant deux choses : l'axe du corps est nord-sud, et l'animal tord son cou pour regarder vers l'ouest, c'est-à-dire vers le Heikhal.

D'où l'objection évidente : pourquoi cette contorsion ? Qu'on place l'animal droit, dos à l'est et face à l'ouest. Abaye répond par une gezera : de peur qu'il ne dépose des excréments. Rachi explique l'enjeu -- ce serait une indignité de tourner l'arrière de la bête vers l'autel. En l'orientant nord-sud, la queue pointe vers le nord et non vers l'autel, tout en laissant une partie du corps dans l'espace entre le Oulam et l'autel.

Ce segment porte le long siman du Roch qui récapitule tout le seder ha-avoda de Yom Kippour, depuis l'immersion de l'aube jusqu'aux lois du sang répandu -- à lire comme la carte générale dont notre daf n'éclaire qu'un détail.

🖼️ Schéma
Tête au sud, face à l'ouest : comment est-ce possible ? Vue de dessus, nord en haut. Le Heikhal est à l'ouest (gauche), l'autel à l'est (droite). Rejeté : le placer tout droit Heikhal autel tête arrière L'arrière fait face à l'autel. Abaye : gezera chema yarbits guelalim indignité envers l'autel Retenu (Rav) : le corps nord-sud, le cou tordu Heikhal autel tête au sud queue au nord face à l'ouest La queue n'est plus face à l'autel ; une partie du corps reste entre le Oulam et l'autel. La michna décrivait donc deux choses distinctes : l'axe du corps (tête au sud) et l'orientation du regard (face à l'ouest). Ce n'est pas une contradiction, c'est un animal qui tourne la tête.
L'orientation retenue et celle qui est écartée. La contorsion du cou n'est pas une bizarrerie : c'est le prix à payer pour ne pas tourner l'arrière de la bête vers l'autel.
7
תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד סוֹמֵךְ הַזֶּבַח? עוֹמֵד בַּצָּפוֹן וּפָנָיו לַמַּעֲרָב, וְהַסּוֹמֵךְ עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב, וּמַנִּיחַ שְׁתֵּי יָדָיו בֵּין שְׁתֵּי קְרָנוֹת שֶׁל זֶבַח, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר חוֹצֵץ בֵּינוֹ לְבֵין הַזֶּבַח, וּמִתְוַדֶּה. עַל חַטָּאת — עֲוֹן חַטָּאת, וְעַל אָשָׁם — עֲוֹן אָשָׁם, וְעַל עוֹלָה — עֲוֹן לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה וּמַעְשַׂר עָנִי, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.

Nos maîtres ont enseigné : comment pose-t-on les mains sur le sacrifice ? [L'animal] se tient au nord et sa face vers l'ouest ; celui qui pose les mains se tient à l'est et sa face vers l'ouest, et il place ses deux mains entre les deux cornes du sacrifice, à condition que rien ne fasse écran entre lui et le sacrifice, et il confesse.

Sur un hatat -- la faute du hatat ; sur un acham -- la faute du acham ; sur une ola -- la faute du leket, de la chikh'ha, de la pea et du maasser ani. Paroles de Rabbi Yossi HaGuelili.

📜 Rachi (7)
כֵּיצַד סוֹמֵךְ כָּל סְמִיכַת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים:
Comment pose-t-on les mains -- toute semikha des kodchei kodachim.
עוֹמֵד בַּצָּפוֹן שֶׁקָּדְשֵׁי קָדָשִׁים טְעוּנִין צָפוֹן:
Se tient au nord -- car les kodchei kodachim requièrent le nord.
וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח:
Et sa face vers l'ouest -- et son arrière vers l'est.
וְהַסּוֹמֵךְ הַבְּעָלִים:
Celui qui pose les mains -- les propriétaires (baalim).
עוֹמֵד בַּמִּזְרָח אֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח:
Se tient à l'est -- son arrière vers l'est.
עֲוֹן חַטָּאת אוֹתוֹ חֵטְא שֶׁהוּא מֵבִיא עָלָיו:
La faute du hatat -- la faute même pour laquelle il l'apporte.
וְעַל עוֹלָה עֲוֹן לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה שֶׁאֵין לָהֶן וִידּוּי הָכִי גָרְסִינַן לָהּ בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּמְנָחוֹת (פ"י) וְלָא גָּרְסִינַן בָּהּ מַעְשַׂר עָנִי דְּהָא יֵשׁ לוֹ וִידּוּי וְגַם נְתַתִּיו לַלֵּוִי זֶה מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לַיָּתוֹם וּלְאַלְמָנָה זֶה מַעְשַׂר עָנִי (מַעֲשֵׂר שֵׁנִי פ"ה):
Et sur une ola, la faute du leket, de la chikh'ha et de la pea -- car ceux-là n'ont pas de viddouy [en propre]. C'est ainsi que nous lisons dans la Tossefta de Menahot (ch. 10), et nous n'y lisons pas maasser ani, car celui-là a bien un viddouy : et je l'ai aussi donné au Levi -- c'est le maasser richone ; à l'orphelin et à la veuve -- c'est le maasser ani (Maasser Cheni ch. 5).
🗂️ Tossefot (1)
וּמַעְשַׂר עָנִי לָא יָדַעְנָא אַמַּאי לָא גָּרֵס לֵיהּ רַשִׁ"י דְּאַף עַל גַּב דְּבַתּוֹסֶפְתָּא דִּמְנָחוֹת לֵיתָא דִּילְמָא בָּרַייְתָא אַחֲרִיתִי הִיא וְאִי מִשּׁוּם דְּיֵשׁ לוֹ וִידּוּי כְּדִכְתִיב וְגַם נְתַתִּיו לַלֵּוִי לְגֵר וְגוֹ' מ"מ כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ וִידּוּי בִּפְנֵי עַצְמוֹ אֶלָּא אַגַּב מַעֲשֵׂר שֵׁנִי כְּמוֹ תְּרוּמָה דְּאֵין מִתְוַדֶּה עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת בִּיכּוּרִים (פ' ב' מִשְׁנָה ב) וּמַייְתִי לָהּ בְּפֶרֶק (הַזָּהָב דַּף נב) וּבְמַסֶּכֶת מַעֲשֵׂר שֵׁנִי (פ"ה מִשְׁנָה י) תַּנָּא וְגַם נְתַתִּיו לְרַבּוֹת אֶת הַתְּרוּמָה וְכוּ' לְהָכִי מִתְוַדֶּה נָמֵי עֲוֹן מַעְשַׂר עָנִי עַל הָעוֹלָה וְעוֹד דְּוִידּוּי דְּהָתָם הַייְנוּ כְּשֶׁעָשָׂה כְּדִין וְהָכָא מִתְוַדֶּה עֲוֹן מַעְשַׂר עָנִי:
Et du maasser ani -- Je ne sais pas pourquoi Rachi ne lit pas [ces mots]. Car bien qu'ils ne figurent pas dans la Tossefta de Menahot, il s'agit peut-être d'une autre beraita. Et si c'est parce qu'il a un viddouy, comme il est écrit et je l'ai aussi donné au Levi, à l'étranger, etc. -- malgré tout, puisqu'il n'a pas de viddouy par lui-même mais seulement à la remorque du maasser cheni, comme la terouma dont on ne se confesse pas séparément, ainsi que nous l'avons appris au traité Bikourim (ch. 2 michna 2), cité au chapitre haZahav (Baba Metsia 52) et au traité Maasser Cheni (ch. 5 michna 10) où il est enseigné : et je l'ai aussi donné -- pour inclure la terouma, etc. -- c'est pourquoi on confesse aussi la faute du maasser ani sur la ola. Et de plus, le viddouy de là-bas a lieu lorsqu'on a agi selon la loi, tandis qu'ici on confesse la faute du maasser ani.
💡 Explication

Nouvelle unité : une beraita qui décrit la semikha, l'imposition des mains, dans son détail géométrique. L'animal au nord et tourné vers l'ouest ; celui qui pose les mains -- Rachi précise qu'il s'agit des baalim, les propriétaires du korban -- se tient à l'est, derrière lui, regardant dans la même direction. Les deux mains vont entre les deux cornes, et rien ne doit s'interposer (hatsitsa) : la semikha est un contact réel, pas un geste symbolique.

Puis la beraita passe au contenu du viddouy qui accompagne le geste, et c'est là que commence la difficulté. Sur un hatat et un acham, aucune question : chacun est apporté pour une faute identifiée, on la confesse. Mais la ola ? La Tora n'indique nulle part pour quel manquement elle vient. Rabbi Yossi HaGuelili répond par une liste : les dons aux pauvres qu'on a omis de laisser -- leket (la glanure), chikh'ha (la gerbe oubliée), pea (le coin du champ) et le maasser ani.

Sur ce dernier mot, Rachi et les Tossefot divergent sur le texte même de la beraita. Rachi ne lit pas maasser ani, car celui-là possède déjà un viddouy propre (le viddouy maassrot de Devarim 26). Les Tossefot le défendent : ce viddouy-là n'existe qu'à la remorque du maasser cheni, et surtout il se dit quand on a bien agi, tandis qu'ici on confesse une faute.

🖼️ Schéma
Keitsad somekh ? La géométrie de la semikha Vue de dessus, nord en haut, ouest à gauche. Tous deux regardent vers l'ouest, l'un derrière l'autre. TSAFON -- l'animal se tient au nord deux cornes le zevah, face à l'ouest le somekh les baalim à l'est, face à l'ouest deux mains entre les cornes O E Les trois conditions 1. L'animal au tsafon, là face à l'ouest 2. Les deux mains, entre les deux cornes 3. Rien qui fasse écran entre lui et le zevah Puis seulement : il confesse. La condition de non-interposition dit tout : la semikha n'est pas un geste symbolique mais un contact. Le viddouy passe par la main posée.
La position exacte des deux acteurs de la semikha, et les trois conditions du geste.
8
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין עוֹלָה בָּאָה אֶלָּא עַל עֲשֵׂה, וְעַל לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתַּק לַעֲשֵׂה.

Rabbi Akiva dit : la ola ne vient que pour un [manquement à un] commandement positif, et pour une interdiction convertie en commandement positif.

📜 Rachi (1)
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר אֵין עוֹלָה בָּאָה כו' טַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּתּוֹסֶפְתָּא עַל מָה עוֹלָה בָּאָה אִם עַל כְּרִיתוֹת וּמִיתוֹת ב"ד הֲרֵי עָונְשָׁן אָמוּר אִם עַל לֹא תַעֲשֶׂה הֲרֵי עָונְשָׁן אָמוּר מַלְקוּת הָא אֵין עוֹלָה בָּאָה אֶלָּא עַל עֲשֵׂה וְעַל לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתַּק לַעֲשֵׂה שֶׁאֵין לוֹקִין עָלָיו:
Rabbi Akiva dit : la ola ne vient que, etc. -- la raison en est expliquée dans la Tossefta : pour quoi la ola vient-elle ? Si c'est pour les fautes passibles de karet et de mise à mort par le tribunal -- leur peine est déjà énoncée. Si c'est pour une interdiction -- sa peine est déjà énoncée, la flagellation. Il en résulte que la ola ne vient que pour un commandement positif et pour une interdiction convertie en commandement positif, pour lesquels on n'est pas flagellé.
🗂️ Tossefot (1)
עַל עֲשֵׂה וְעַל לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתַּק לַעֲשֵׂה לָא יָדַעְנָא אַמַּאי לָא קָא חֲשִׁיב כָּל לָאוֵי דְּלָא לָקוּ עֲלַייְהוּ כְּגוֹן לָאו שֶׁבִּכְלָלוּת וְלָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה וְנִרְאֶה לִי מִדִּכְתִיב (וַיִּקְרָא א) וְנִרְצָה לוֹ מַשְׁמַע שֶׁיֶּשׁ לוֹ תַּקָּנָה וְרִצּוּי בְּמָקוֹם אַחֵר וְהַיְינוּ עֲשֵׂה שֶׁבְּיָדוֹ לְתַקֵּן לַעֲשׂוֹת סֻוכָּה וּתְפִילִּין וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן וְאִם עָבַר יוֹם אוֹ יוֹמַיִם עוֹלָה מְכַפֶּרֶת עָלָיו וְכֵן לֹא תַעֲשֶׂה הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה וְכֵן עַל חַיָּיבֵי מִיתוֹת וְעַל חַיָּיבֵי כְּרֵיתוֹת וְחַייָּבֵי לָאוְיָן חֲמוֹרִין הָיְתָה מְכַפֶּרֶת אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לָהֶן כַּפָּרָה אַחֶרֶת שֶׁעָונְשָׁן אָמוּר אֲבָל הָנֵי אֵין לָהֶם רִיצּוּי וְתַקָּנָה בָּמָקוֹ' אַחֵר:
Pour un commandement positif et pour une interdiction convertie en commandement positif -- Je ne sais pas pourquoi il ne compte pas toutes les interdictions pour lesquelles on n'est pas flagellé, comme le lav chebikhlalot (interdiction formulée de manière générale) et le lav che-ein bo maasse (interdiction sans acte). Et il me semble que, puisqu'il est écrit (Vayikra 1) et cela lui sera agréé, cela indique qu'il existe pour lui un remède et un apaisement ailleurs -- à savoir le commandement positif qu'il est en son pouvoir de réparer : faire la soukka, [mettre] les téfiline et leurs semblables ; et s'il a laissé passer un jour ou deux, la ola l'expie. Et de même pour une interdiction convertie en commandement positif. Et de même, pour ceux qui encourent la mort, pour ceux qui encourent le karet et pour les interdictions graves, elle expierait -- sauf qu'ils ont une autre expiation, puisque leur peine est énoncée ; tandis que ceux-ci n'ont ni apaisement ni remède ailleurs.
💡 Explication

Rabbi Akiva ne répond pas par une liste mais par un principe. La ola ne vient que pour deux cas : un asse, commandement positif que l'on a omis d'accomplir, et un lav hanitak la-asse, une interdiction que la Tora fait immédiatement suivre d'un acte réparateur -- le vol suivi de l'obligation de restituer en est l'exemple type.

Rachi rapporte le raisonnement de la Tossefta, qui procède par élimination pure. Pour quelles fautes la ola pourrait-elle venir ? Pas pour les fautes passibles de karet ou de mise à mort : leur peine est déjà énoncée. Pas pour une interdiction ordinaire : sa peine est déjà énoncée, la flagellation. Il ne reste que les manquements pour lesquels on ne reçoit aucune peine -- et c'est exactement la que la ola vient combler le vide.

Les Tossefot posent alors l'objection qui s'impose : d'autres interdictions échappent aussi à la flagellation, comme le lav chebikhlalot ou le lav che-ein bo maasse. Leur réponse tient à deux mots du verset, ve-nirtsa lo : cela suppose qu'un apaisement soit possible ailleurs. L'asse est réparable par un acte, les fautes graves ont leur peine ; restent celles qui n'ont ni remède ni peine.

🖼️ Schéma
Le raisonnement de R. Akiva : la ola comble un trou Argument de la Tossefta rapporté par Rachi : élimination, catégorie par catégorie. Pour quelle faute la ola vient-elle ? Karet, mise à mort Leur peine est déjà énoncée par la Tora. écarte Lav ordinaire Sa peine est déjà énoncée : la flagellation. écarte Asse et lav nitak la-asse Aucune peine énoncée. On n'est pas flagellé. c'est là que vient la ola L'objection des Tossefot, et leur réponse par ve-nirtsa lo Pourquoi ne pas compter aussi le lav chebikhlalot et le lav che-ein bo maasse, qui n'entraînent pas non plus la flagellation ? Tossefot : le verset dit ve-nirtsa lo, cela lui sera agréé -- ce qui suppose un remède possible ailleurs. L'asse est réparable par un acte (faire la soukka, mettre les téfiline) ; les fautes graves ont leur expiation par la peine. Restent celles qui n'ont ni l'un ni l'autre.
Le raisonnement par élimination de la Tossefta, et l'objection des Tossefot avec sa réponse tirée de ve-nirtsa lo.
9
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה:

Sur quoi divergent-ils ? Rabbi Yirmeya a dit :

💡 Explication

Le daf s'arrête sur une question ouverte et le nom de celui qui va y répondre. Be-mai ka miflagi -- sur quel point de principe la divergence porte-t-elle au juste ? Car les deux avis ne sont pas nécessairement incompatibles : Rabbi Akiva pourrait admettre la liste de Rabbi Yossi HaGuelili tout en la refondant sur un autre critère.

La réponse de Rabbi Yirmeya ouvrira le folio suivant. C'est une coupure typique de la pagination : le verso commence sur la réponse, non sur un nouveau sujet.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).