Sougya : Le folio achève d'abord la beraita commencée en 36b : la formule du viddouy n'étant donnée nulle part dans la Tora, on la reconstitue par deux gezerot chavot articulées sur le mot kappara -- le Horev fournit le mot ana, la egla aroufa la mention du Nom. Abaye retourne le procédé et demande pourquoi la egla aroufa n'hérite pas elle aussi du ana ; la guemara enregistre la difficulté sans la résoudre.
Une beraita fonde ensuite la réponse de l'assemblée au Nom prononcé, sur deux versets. La michna passe alors au tirage au sort des deux boucs et livre trois données -- le lieu, les deux dignitaires qui encadrent le Cohen gadol, la kalpi et ses sorts -- puis s'interrompt pour une galerie de bienfaiteurs du Temple : Ben Katin, le roi Monbaz, la reine Hélène, Nikanor.
La guemara exploite d'abord la topographie : si l'on doit tirer le Cohen gadol au nord de l'autel, c'est que l'autel n'occupe rien du nord -- avis de Rabbi Eliezer ben Yaakov -- et il faut relire la michna précédente pour lui rendre un auteur unique. Vient un long développement de derekh erets : marcher à la droite de son maître fait un bour, mais la michna comme la beraita des trois anges chez Avraham placent le plus grand à droite ; la solution est géométrique, on se tient de biais, ni à hauteur ni franchement derrière.
Le daf se termine sur les goralot : deux hypothèses écartées sur leur nombre, le pluriel recycle en exigence d'identité, puis l'analogie du tsits écartée par la répétition goral goral -- le bois est aussi valide que l'or, ce qui donne son sens à la louange de Ben Gamla. Suivent les précisions sur le kiyor de Ben Katin et une dernière question, laissée ouverte, sur les poignées d'or de Monbaz.
Et d'où [sait-on] que [le viddouy se dit] avec ana (de grâce) ? Il est dit ici kappara (expiation), et il est dit là-bas, au Horev, kappara.
De même que là-bas c'est avec ana, de même ici c'est avec ana. Et d'où [sait-on] que [c'est] avec le Nom ?
Il est dit ici kappara, et il est dit à propos de la egla aroufa (la génisse à la nuque brisée) kappara. De même que là-bas c'est avec le Nom, de même ici c'est avec le Nom.
La beraita commencée en 36b achève de reconstituer la formule du viddouy. La Tora prescrit au Cohen gadol de se confesser mais ne dicte aucun texte : il faut donc déduire jusqu'à la manière de s'adresser à D.ieu. Deux gezerot chavot font le travail, toutes deux articulées sur un seul mot -- kappara, expiation -- qui apparaît dans notre passage et dans deux autres endroits de la Tora.
Première analogie : au Horev, après le veau d'or, Moche dit oulai akhapera, peut-être pourrai-je expier. Sa prière s'ouvre alors par ana. On transporte ce mot ici. Seconde analogie : la egla aroufa, où les anciens et les kohanim disent kapper le-amkha Yisrael -- et la formule y contient explicitement le Nom divin. On transporte donc aussi la mention du Nom.
Le procédé est économique et révélateur : chaque source ne fournit qu'un élément de la formule. Aucune ne la donne entière. La formule liturgique ana Hachem est ainsi le produit d'un montage exégétique, non la citation d'un verset.
Abaye a dit : soit, le Horev, on ne l'apprend pas de la egla aroufa -- ce qui a été a été. Mais la egla aroufa, apprends-la donc du Horev !
Et si tu disais qu'il en est bien ainsi -- n'avons-nous pas appris [dans la michna] : les kohanim disent : expie pour ton peuple Israël -- alors qu'il n'y dit pas ana ! [C'est] difficile.
Abaye prend la double gezera chava au sérieux et la retourne. Si le mot kappara suffit à faire circuler une exigence liturgique d'un texte à l'autre, alors la circulation devrait se faire aussi entre les deux sources, pas seulement de chacune vers Yom Kippour.
Dans un sens, la réponse est immédiate : le Horev ne peut rien recevoir de la egla aroufa, car mai de-hava hava -- ce qui a été a été. La prière de Moche est un événement passé ; une mitsva donnée plus tard ne peut rétroactivement lui imposer une formule. Mais dans l'autre sens, l'obstacle tombe : la egla aroufa devrait hériter du ana du Horev.
Or la michna de Sota 46a cite la formule des kohanim mot pour mot, et le mot ana n'y figure pas. La guemara ne résout pas : elle conclut kachya. Cette conclusion vaut aveu -- la difficulté est réelle et reste ouverte.
[Michna :] Et ils répondent après lui. Il est enseigné : Rabbi dit : Car j'invoquerai le Nom de l'Éternel, rendez grandeur à notre D.ieu.
(Devarim 32,3) -- Moche a dit à Israël : lorsque je mentionne le Nom du Saint béni soit-Il, vous, rendez [-Lui] grandeur. Hananya, fils du frère de Rabbi Yehochoua, dit : Le souvenir du juste est en bénédiction (Michlei 10,7) -- le prophète a dit à Israël : lorsque je mentionne le Juste des mondes, vous, donnez [-Lui] bénédiction.
La michna avait dit que la foule répond après le Cohen gadol lorsqu'il prononce le Nom. La beraita cherche la source de cette réponse et en propose deux, qui ne se contredisent pas.
Rabbi lit Devarim 32,3 comme une instruction pratique adressée par Moche à ses auditeurs : quand j'invoque le Nom, à vous de répondre. Hananya tire la même obligation de Michlei 10,7, en identifiant le tsadik du verset avec D.ieu. Lui-même -- le Juste des mondes -- dont la mention appelle une bénédiction.
Le Ben Yehoyada explique que les deux enseignements visent en réalité deux réponses distinctes : celle du Temple (Baroukh chem kevod malkhouto, quand le Nom est prononcé tel qu'il s'écrit) et celle de tous les jours (Baroukh Hou ou-varoukh chemo, quand on entend une berakha).
MICHNA. Il vint à l'est de la azara, au nord de l'autel ; le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche.
Et il y avait là deux boucs ; et une kalpi (urne) était là, et dedans deux goralot (sorts). Ils étaient de bois d'echkeroa (buis) ; Ben Gamla les fit d'or, et on le mentionnait en louange.
La michna quitte le viddouy sur le taureau pour le rite du tirage au sort des deux boucs. Trois informations y sont posées, dont chacune ouvrira une discussion dans la guemara : le lieu (à l'est de la azara, au nord de l'autel), les personnes qui encadrent le Cohen gadol -- le segan (son adjoint) à droite, le roch beit av (le chef de la famille sacerdotale de service) à gauche -- et l'objet : la kalpi et les deux sorts.
Rachi précise pourquoi on va vers l'est : on ne veut pas approcher les boucs du Heikhal, il suffit qu'ils soient dans l'enceinte de la azara, selon ve-heemid otam lifnei Hachem. Et pourquoi au nord : même si l'abattage n'a pas lieu ici, tous les actes de ce service requièrent le nord.
La dernière phrase est de l'ordre du souvenir communautaire : les sorts étaient de bois, Yehochoua ben Gamla les fit d'or, et on le mentionnait en louange. La guemara établira plus loin que le bois était pleinement valide -- ce qui est précisément la condition pour que le geste mérite une louange. Ce segment porte aussi le long siman du Roch qui récapitule tout le seder ha-avoda de Yom Kippour.
Ben Katin fit douze mamelles (becs verseurs) pour le kiyor (la vasque), alors qu'il n'en avait que deux. Et lui aussi fit une moukheni pour le kiyor, afin que ses eaux ne soient pas rendues passoul (invalides) par la lina (le séjour d'une nuit).
La michna, ayant mentionné un bienfaiteur du Temple, enchaîne sur toute une liste. Ben Katin, Cohen gadol, résout deux problèmes matériels du service quotidien.
Le premier est un problème de débit : la vasque n'avait que deux becs, alors que le service du tamid mobilise douze kohanim qui doivent tous sanctifier mains et pieds. Le second est un problème de lina : une eau sanctifiée dans un ustensile de service est disqualifiée si elle y passe la nuit. Il faudrait donc la jeter chaque matin -- Rachi souligne que ce n'est pas un honneur pour des eaux sanctifiées de devenir passoul.
Le roi Monbaz faisait toutes les poignées des ustensiles de Yom Kippour en or. Hélène sa mère fit une nivrechet (un lustre) d'or au-dessus de l'entrée du Heikhal ; et elle fit aussi une tablette d'or sur laquelle était écrite la parachat sota.
Nikanor : des miracles furent faits à ses portes -- et on les mentionnait en louange.
La liste se poursuit avec la famille royale d'Adiabène, convertie au judaïsme : Monbaz et sa mère Hélène. Chaque don répond à une gêne précise -- la tablette d'or dispense d'aller chercher un sefer Tora chaque fois qu'il faut copier le passage de la sota dans le Temple.
Nikanor occupe une place à part dans la liste : ce n'est pas ce qu'il a donné qui est rapporté, mais ce qui lui est arrivé -- des miracles à ses portes, dont la guemara donnera le récit. La formule finale, on les mentionnait en louange, clôture la série.
Le Ben Yehoyada lit les deux dons de la famille royale comme des messages : l'or, dont les lettres décroissent, comme l'humilité que le roi doit ajouter à mesure qu'il s'élève ; la nivrechet, anagramme de nichberet, la brisée que le bon roi guérit.
GUEMARA. Du fait qu'il dit au nord de l'autel, il ressort que l'autel ne se tient pas au nord.
Selon qui [est notre michna] ? C'est Rabbi Eliezer ben Yaakov.
Car il est enseigné : au nord, devant l'Éternel (Vayikra 1,11) -- que le nord soit entièrement libre. Paroles de Rabbi Eliezer ben Yaakov.
La guemara ne s'intéresse pas au rite mais à la topographie qu'il présuppose. Le raisonnement tient à une seule précision de la michna : s'il faut dire que le Cohen gadol est tiré au nord de l'autel, c'est que le point d'où il vient -- l'axe de l'autel -- n'était pas déjà le nord. Donc, pour l'auteur de la michna, aucune parcelle de l'autel n'occupe la zone nord.
Cette position est identifiée : c'est celle de Rabbi Eliezer ben Yaakov, qui lit dans le hé final de tsafona (au nord) l'indication d'un espace vide -- que le nord soit tout entier libre. Rachi explique le mécanisme grammatical : le hé surnuméraire désigne l'air, l'espace, et non simplement une direction.
Mais la première partie [de la michna] est [selon] Elazar be-Rabbi Chimon ! -- L'ensemble est [selon] Rabbi Eliezer ben Yaakov, et enseigne : dans [l'espace jouxtant] l'entre-deux du Oulam et de l'autel.
Objection immédiate : la michna précédente plaçait le taureau bein ha-oulam ve-la-mizbeah, entre le vestibule et l'autel, pour la semikha et le viddouy. Or ce lieu ne peut valoir comme nord que si l'autel déborde sur la zone nord -- ce qui est l'avis de Elazar be-Rabbi Chimon, l'inverse de ce qu'on vient d'attribuer à notre michna. Deux michnayot voisines auraient alors deux auteurs opposés.
La réponse ne change pas le lieu, elle change la lecture du mot : lire non pas dans mais dans l'espace jouxtant l'entre-deux du Oulam et de l'autel, c'est-à-dire juste au nord de celui-ci, la où tout le monde s'accorde. Rachi ajoute le motif du déplacement vers l'entrée : on approchait le taureau autant qu'on pouvait, à cause de la faiblesse du Cohen gadol à jeun -- mais pas au-delà, car passé l'axe est de l'autel, on n'est plus au nord.
[Michna :] Le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche. Rav Yehouda a dit : celui qui marche à la droite de son maître, celui-là est un bour (un rustre).
Nous avons appris [dans la michna] : le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche !
La guemara passe des lieux aux convenances. Rav Yehouda énonce une règle de derekh erets : marcher à la droite de son maître, c'est se placer à son niveau -- Rachi glose durement, un tel homme n'est même pas versé dans les usages élémentaires.
L'objection vient de la michna qu'on vient de lire : le segan, qui est au Cohen gadol ce qu'un élève est à son maître, se tient bien à sa droite. Le Ben Yehoyada note que la michna ne parle pas exactement d'un maître mais d'un supérieur -- ce qui expliquera pourquoi la guemara ajoutera aussitôt une beraita.
Et encore, il est enseigné : trois qui marchaient en chemin -- le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche. Et ainsi trouvons-nous chez les trois anges du service qui vinrent chez Avraham : Mikhael au milieu, Gavriel à sa droite et Refael à sa gauche.
Seconde objection, tirée d'une beraita qui porte cette fois explicitement sur un maître et sur des gens qui marchent : elle ferme les deux échappatoires qu'on aurait pu tenter contre la première objection.
La beraita ajoute une preuve scripturaire élégante : les trois anges chez Avraham. Rachi montre d'où elle se tire -- chelocha anachim nitsavim alav, trois hommes se tenaient sur lui : s'ils avaient marché en file indienne, seul le premier aurait été dit se tenant sur lui. Donc ils étaient sur une ligne, et l'ordre est nommé : Mikhael au centre, Gavriel à droite, Refael à gauche.
Le Ben Yehoyada explique pourquoi la beraita ne pouvait s'arrêter à sa première phrase : sur une longue route, marcher à droite peut s'expliquer par le service -- on soutient son maître. Les anges, eux, ne connaissent ni fatigue ni besoin d'appui : leur disposition prouve que la droite est une place d'honneur, non de commodité.
Rav Chmouel bar Papa l'a expliqué devant Rav Ada : de sorte que son maître le couvre. Mais n'est-il pas enseigné : celui qui marche à hauteur de son maître, celui-là est un bour ; derrière son maître, celui-là est parmi les orgueilleux ! -- [C'est qu'il se place] de biais.
La résolution est géométrique. Rav Chmouel bar Papa distingue deux choses que le mot à sa droite confondait : le côté et la ligne. Être à droite ne signifie pas être à hauteur ; il faut se tenir légèrement en retrait, couvert par son maître.
Mais une beraita coince la réponse entre deux fautes : à hauteur du maître -- bour ; franchement derrière lui -- orgueilleux, car on le fait défiler devant soi. Il ne reste qu'une position, et la guemara la nomme d'un mot : metsaded atsdoudei, de biais. Rachi la définit par double négation : ni exactement à côté, ni exactement derrière.
[Michna :] Et une kalpi était là, et dedans deux goralot. Nos maîtres ont enseigné : Et Aharon placera sur les deux boucs des goralot (Vayikra 16,8) -- des goralot de n'importe quelle matière.
Nouvelle unité, consacrée aux deux sorts. La beraita s'ouvre sur une affirmation qui paraîtra bientôt triviale à la guemara : le verset dit goralot sans préciser de matière, donc n'importe quelle matière convient. Le segment 13 expliquera pourquoi cette évidence avait besoin d'être dite.
On aurait pu penser qu'il en pose deux sur celui-ci et deux sur celui-là ; c'est pourquoi le verset dit : un goral pour l'Éternel et un goral pour Azazel -- il n'y a ici pour le Nom qu'un seul goral, et il n'y a ici pour Azazel qu'un seul. On aurait pu penser qu'il pose celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci, et celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-là ; c'est pourquoi le verset dit : un goral [pour l'Éternel -- il n'y a ici pour l'Éternel qu'un seul, et il n'y a ici pour Azazel qu'un seul].
S'il en est ainsi, que vient enseigner [le pluriel] goralot ? -- Qu'ils soient identiques : qu'il n'en fasse pas un d'or et un d'argent, un grand et un petit.
La beraita exploite une tension interne au verset : goralot est au pluriel, mais goral ehad -- un sort -- est au singulier, deux fois. Elle procède en éliminant deux lectures du pluriel avant d'en tirer un enseignement inattendu.
Les deux hypothèses écartées supposent quatre sorts : soit deux assortis sur chaque bouc, soit un de chaque sur chaque bouc -- le Cohen gadol choisissant ensuite l'affectation. Le mot ehad les tue. Rachi éclaire pourquoi ce mot est exploitable : goral la-Hachem se lisait déjà au singulier ; si la Tora ajoute ehad, c'est qu'elle l'écrit pour la deracha.
Reste alors à recycler le pluriel, puisqu'il ne peut plus désigner le nombre par bouc. Il devient une exigence de ressemblance : les deux sorts doivent être identiques de matière et de taille. L'enjeu est évident -- un sort reconnaissable au toucher ruinerait le tirage.
[Il a été enseigné :] des goralot de n'importe quelle matière -- c'est évident ! Non, cela est nécessaire pour ce qui a été enseigné : puisque nous trouvons à propos du tsits (la lame frontale) que le Nom y est écrit et qu'il est d'or, on aurait pu penser que celui-ci aussi [doive être d'or] ; c'est pourquoi le verset dit goral, goral -- [répétition qui] inclut : elle inclut [un goral] d'olivier, elle inclut [un goral] de noyer, elle inclut [un goral] de buis.
La guemara s'étonne de la première phrase de la beraita : la Tora n'ayant imposé aucune matière, dire que toute matière convient n'apprend rien. La réponse révèle une analogie qu'on aurait pu faire et qu'il fallait donc bloquer.
Le tsits porte gravé kodech la-Hachem et il est d'or. Les goralot portent eux aussi un texte -- l'un le Nom, l'autre Azazel. Le raisonnement était tentant : ce qui porte le Nom demande l'or. C'est cette inférence que la beraita écarte, par la répétition du mot goral : chaque occurrence inclut (riba) une matière supplémentaire -- olivier, noyer, buis.
La liste éclaire rétrospectivement la michna : le buis n'était pas un pis-aller mais une matière pleinement valide, et c'est bien pour cela que le geste de Ben Gamla, qui donne de l'or la où rien n'était dû, se dit en louange. Les Tossefot relèvent la tension entre les deux derachot de la beraita et répondent que la matière ne se tire pas du pluriel goralot, mais bien de la répétition.
[Michna :] Ben Katin fit douze mamelles au kiyor, etc. Il a été enseigné : afin que douze de ses frères les kohanim, occupés au tamid, puissent sanctifier leurs mains et leurs pieds en une seule fois.
Il a été enseigné : le matin, quand [le kiyor] est plein, on sanctifie ses mains et ses pieds par [le bec] supérieur ; le soir, quand [le niveau] est descendu, on sanctifie ses mains et ses pieds par [le bec] inférieur.
La guemara donne le chiffre exact et sa raison : douze becs pour les douze kohanim affectés au tamid -- le nombre n'est pas décoratif, il correspond à l'effectif réel du service du matin, décrit au chapitre précédent.
La seconde beraita ajoute une observation pratique : les becs sont étages sur la hauteur de la vasque. Le matin le niveau est haut, on utilise les becs supérieurs ; le soir l'eau a baissé, on descend aux becs inférieurs. C'est la solution même au problème du débit : elle rend la vasque utilisable tout au long du jour sans la remplir à nouveau.
[Michna :] Et lui aussi fit une moukheni pour le kiyor, etc. Qu'est-ce que la moukheni ?
Abaye a dit : une roue par laquelle il l'enfonçait [dans le puits].
Le mot moukheni est un emprunt grec -- le même que notre mécanique -- et la guemara demande simplement de quoi il s'agit. Abaye répond : une roue, un treuil pour descendre la vasque et la remonter.
Le principe halakhique en jeu vaut la peine d'être noté : l'eau devient sujette à la lina parce qu'elle a été sanctifiée dans un ustensile de service. En replongeant la vasque entière dans l'eau vive du puits, on rétablit la continuité avec une source qui, elle, ne se disqualifie jamais.
[Michna :] Le roi Monbaz faisait toutes les poignées des ustensiles, etc. Qu'il fasse donc les [ustensiles] eux-mêmes en or !
Dernière ligne du amoud, et question ouverte : si Monbaz voulait honorer le Temple de son or, pourquoi s'arrêter aux poignées ? Les ustensiles eux-mêmes auraient été l'offrande évidente.
La réponse viendra en 37b. La question suppose ce que la michna avait laissé implicite : le don de Monbaz portait sur un détail, et un détail choisi appelle une explication.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).