Yoma 37a -- la formule du viddouy reconstituée par gezera chava, la place de l'autel dans la azara, les convenances de la marche et les deux goralot

Yoma 37a

Sougya : Le folio achève d'abord la beraita commencée en 36b : la formule du viddouy n'étant donnée nulle part dans la Tora, on la reconstitue par deux gezerot chavot articulées sur le mot kappara -- le Horev fournit le mot ana, la egla aroufa la mention du Nom. Abaye retourne le procédé et demande pourquoi la egla aroufa n'hérite pas elle aussi du ana ; la guemara enregistre la difficulté sans la résoudre.

Une beraita fonde ensuite la réponse de l'assemblée au Nom prononcé, sur deux versets. La michna passe alors au tirage au sort des deux boucs et livre trois données -- le lieu, les deux dignitaires qui encadrent le Cohen gadol, la kalpi et ses sorts -- puis s'interrompt pour une galerie de bienfaiteurs du Temple : Ben Katin, le roi Monbaz, la reine Hélène, Nikanor.

La guemara exploite d'abord la topographie : si l'on doit tirer le Cohen gadol au nord de l'autel, c'est que l'autel n'occupe rien du nord -- avis de Rabbi Eliezer ben Yaakov -- et il faut relire la michna précédente pour lui rendre un auteur unique. Vient un long développement de derekh erets : marcher à la droite de son maître fait un bour, mais la michna comme la beraita des trois anges chez Avraham placent le plus grand à droite ; la solution est géométrique, on se tient de biais, ni à hauteur ni franchement derrière.

Le daf se termine sur les goralot : deux hypothèses écartées sur leur nombre, le pluriel recycle en exigence d'identité, puis l'analogie du tsits écartée par la répétition goral goral -- le bois est aussi valide que l'or, ce qui donne son sens à la louange de Ben Gamla. Suivent les précisions sur le kiyor de Ben Katin et une dernière question, laissée ouverte, sur les poignées d'or de Monbaz.

D'où vient la formule du viddouy : deux gezerot chavot sur le mot kappara Le mot kappara est le pivot : partout où il apparaît, on transporte ici la manière de s'adresser à D.ieu qui l'accompagne là-bas. Yom Kippour -- notre verset ve-khiper baado ou-vead beito Vayikra 16,6 -- le viddouy sur le taureau La Tora ne donne aucune formule. Elle est à reconstituer. Le Horev -- la faute du veau d'or Chemot 32,30 : oulai akhapera bead hatatkhem -- peut-être pourrai-je expier pour votre faute. Ce que Moche dit ensuite (32,31) : ana hâta ha-am ha-ze hataa guedola Apport : le mot ANA -- de grâce. La egla aroufa -- le meurtre sans meurtrier Devarim 21,8 : kapper le-amkha Yisrael acher padita HACHEM Les kohanim s'adressent à D.ieu en Le nommant : le Nom est prononcé dans la formule même. Apport : le NOM. kappara = kappara kappara = kappara Résultat : ana Hachem, aviti pachati hatati... -- la formule combine l'apport des deux sources. Chaque source ne donne qu'un élément : le Horev le mot d'imploration, la egla aroufa la mention du Nom. La question d'Abaye : pourquoi le transport ne joue-t-il pas aussi entre les deux sources elles-mêmes ? Si kappara relie tout, la egla aroufa devrait hériter du ana -- or la michna de Sota ne le dit pas. Kachya.
Le mot kappara sert de crochet à deux analogies distinctes : l'une fournit le mot d'imploration ana, l'autre la mention du Nom. Abaye demandera pourquoi ce crochet ne fonctionne pas aussi entre les deux sources.
Où se tient-on pour le tirage au sort -- et ce que cela révèle du plan de la azara Plan vu du dessus. Le Heikhal est à l'ouest ; on entre par l'est. La michna dit : à l'EST de la azara, au NORD de l'autel. Rabbi Eliezer ben Yaakov -- l'avis de notre michna Heikhal Oulam NORD -- entièrement libre tsafona lifnei Hachem : que le nord soit tout entier vide Aucune parcelle de l'autel n'y pénètre. KG tirage Autel extérieur entièrement au sud de la ligne SUD est Elazar be-Rabbi Chimon -- l'avis écarté ici Heikhal Oulam NORD -- pas entièrement libre Autel sa partie haute mord sur la zone nord Conséquence : bein ha-oulam ve-la-mizbeah serait déjà du nord -- valide pour la chehita. Le raisonnement de la guemara tient à un seul mot de la michna : au nord de l'autel. S'il faut préciser qu'on tire le Cohen gadol vers le nord, c'est que le point où il se trouvait -- dans l'axe de l'autel -- n'était pas déjà le nord. Donc l'autel n'occupe rien du nord : c'est Rabbi Eliezer ben Yaakov. Reste à relire la michna précédente, qui semblait dire le contraire.
Toute la sougya topographique tient dans une précision de la michna : si l'on doit tirer le Cohen gadol vers le nord, c'est que l'axe de l'autel n'était pas déjà le nord.
Les deux goralot : combien, sur qui, en quelle matière Le verset dit goralot au pluriel mais goral ehad au singulier -- toute la beraita joue sur cette tension. Vayikra 16,8 : ve-natan Aharon al chnei ha-seirim GORALOT -- goral ehad la-Hachem ve-goral ehad la-Azazel Et Aharon placera sur les deux boucs des sorts -- un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel. Combien de goralot ? Hava amina 1 -- deux sur chaque bouc Deux sorts marqués du Nom sur le bouc du Nom, deux marques Azazel sur l'autre. Le pluriel goralot porterait sur chacun des deux animaux. Hava amina 2 -- un de chaque sur chaque bouc Sur chacun on poserait à la fois celui du Nom et celui d'Azazel -- et le Cohen gadol choisirait ensuite lequel des deux boucs va où. Écarte par : goral EHAD la-Hachem, goral EHAD la-Azazel Un seul pour le Nom, un seul pour Azazel -- donc un sort par bouc, pas deux. Rachi : le mot ehad est de trop, on savait déjà qu'il était unique -- il est là pour la deracha. Alors que reste-t-il au pluriel goralot ? Il n'enseigne plus le nombre mais la RESSEMBLANCE : ni l'un d'or et l'autre d'argent, ni l'un grand et l'autre petit. En quelle matière ? Hava amina -- l'analogie du tsits Le tsits porte le Nom gravé et il est d'or ; le goral porte lui aussi le Nom -- il faudrait donc de l'or. Sans cela, dire de n'importe quelle matière serait une évidence : c'est cette analogie qui rendait la précision nécessaire. Écarte par : goral -- goral, riba Le mot est répété : chaque reprise inclut une matière de plus. Riba d'olivier, riba de noyer, riba de buis. Le bois nu convient autant que l'or. L'histoire, dans la michna Buis (echkeroa) l'usage ancien -- parfaitement valide Or (Yehochoua ben Gamla) un embellissement, non une obligation C'est précisément parce que le bois était déjà kacher que le geste de Ben Gamla mérite d'être mentionné en louange : il donne du sien là où la halakha ne demandait rien.
La beraita élimine deux hypothèses sur le nombre de sorts, recycle le pluriel en exigence d'identité, puis écarte l'analogie du tsits qui aurait imposé l'or.
1
וּמִנַּיִן שָׁב״אֲנָא״? נֶאֱמַר כָּאן ״כַּפָּרָה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן בְּחוֹרֵב ״כַּפָּרָה״. מַה לְהַלָּן בְּ״אֲנָא״, אַף כָּאן בְּ״אֲנָא״. וּמִנַּיִן שב״שם״? נֶאֱמַר כָּאן ״כַּפָּרָה״, וְנֶאֶמְרָה בַּעֲגָלָה עֲרוּפָה ״כַּפָּרָה״. מַה לְהַלָּן ב״שם״, אַף כָּאן ב״שם״.

Et d'où [sait-on] que [le viddouy se dit] avec ana (de grâce) ? Il est dit ici kappara (expiation), et il est dit là-bas, au Horev, kappara.

De même que là-bas c'est avec ana, de même ici c'est avec ana. Et d'où [sait-on] que [c'est] avec le Nom ?

Il est dit ici kappara, et il est dit à propos de la egla aroufa (la génisse à la nuque brisée) kappara. De même que là-bas c'est avec le Nom, de même ici c'est avec le Nom.

📜 Rachi (5)
וּמִנַּיִן שֶׁבַּאֲנָא יְהֵא וִידּוּי זֶה:
Et d'où que ce soit avec ana -- que ce viddouy soit [ainsi formulé].
נֶאֱמַר כַּפָּרָה בְּחוֹרֵב בְּמַעֲשֵׂה עֵגֶל (שְׁמוֹת ל״ב:ל׳) אוּלַי אֲכַפְּרָה בְּעַד חַטַּאתְכֶם:
Il est dit kappara au Horev -- dans l'épisode du veau (Chemot 32,30) : peut-être pourrai-je expier (akhapera) pour votre faute.
מַה לְהַלָּן בָּאֵנָא אָנָּא חָטָא הָעָם הַזֶּה וְגוֹ':
De même que là-bas c'est avec ana -- ana (de grâce), ce peuple a commis une grande faute, etc.
וּמִנַּיִן שֶׁבַּשֵּׁם אָנָּא ה':
Et d'où que ce soit avec le Nom -- ana Hachem (de grâce, Éternel).
בַּעֲגָלָה עֲרוּפָה כַּפֵּר לְעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר פָּדִיתָ ה' (דְּבָרִים כ״א:ח׳):
À propos de la egla aroufa -- expie pour ton peuple Israël que tu as racheté, Éternel (Devarim 21,8).
⚖️ Rosh (1)
[דַּף פז ע"ב] תָּנוּ רַבָּנַן מִצְוַת וִידּוּי עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים עִם חֲשֵׁיכָה דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים צָרִיךְ שֶׁיִּתְוַדֶּה קֹודֶם שֶׁיֹּאכַל וְיִשְׁתֶּה שֶׁמָּא יֶאֱרַע דְּבַר קִלְקוּל בַּסְּעוּדָה. וְאַף עַל פִּי שֶׁהִתְוַדָּה קֹודֶם אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה מִתְוַדֶּה לְאַחַר אֲכִילָה. ואע"פ שֶׁהִתְוַדָּה עַרְבִית מִתְוַדֶּה שַׁחֲרִית. בְּשַׁחֲרִית יִתְוַדֶּה בְּמוּסָף. בְּמוּסָף יִתְוַדֶּה בְּמִנְחָה. בְּמִנְחָה יִתְוַדֶּה בִּנְעִילָה. וְהֵיכָן אוֹמְרָהּ. יָחִיד אַחַר תְּפִלָּתוֹ. מַאי אָמַר. אָמַר רַב אַתָּה יוֹדֵעַ רָזֵי עוֹלָם. וּשְׁמוּאֵל אָמַר אַתָּה מֵבִין תַּעֲלוּמוֹת לֵב. לֵוִי אָמַר בְּתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר כִּי בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר עֲלֵיכֶם. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר רִבּוֹן הָעוֹלָמִים רַבּוּ עֲוֹנֹותֵינוּ מִלִּמְנוֹת וְאַשְׁמוֹתֵינוּ עַצְמוֹ מִסְפָּר. רַב הוּנָא אָמַר אֱ-לֹהַי עַד שֶׁלֹּא נוֹצַרְתִּי אֵינִי כְּדַאי וְכוּ'. אָמַר רַב הַמְּדוּדִי לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא אָמַר אֲבָל חָטָאנוּ. אֲבָל אִם אָמַר אֲבָל חָטָאנוּ לֹא צָרִיךְ. וַאֲמַר רַב הַמְדּוּדֵי הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל וַהֲוָה יָתֵיב כַּד מָטֵי שְׁלִיחַ צִיבּוּר לְמֵימַר אֲבָל חָטָאנוּ קָם אַכְרְעֵיהּ. שְׁמַע מִינַּהּ עִיקַּר וִידּוּי מְעֻומָּד הוּא. (לְעֵיל דַּף לוֹ:) תָּנוּ רַבָּנַן כֵּיצַד מִתְוַדֶּה אוֹמֵר עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי חָטָאתִי. וְכֵן בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ הוּא אוֹמֵר וְהִתְוַדָּה עָלָיו אֶת כָּל עֲוֹנֹות בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאֶת כָּל פִּשְׁעֵיהֶם לְכָל חַטֹּאתָם. וְכֵן בְּמֹשֶׁה הוּא אוֹמֵר נֹושֵׂא עָוֹן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עֲוֹנוֹת אֵלּוּ הַזְּדוֹנוֹת שֶׁנֶּאֱמַר הִכָּרֵת תִּכָּרֵת וְגוֹ' וּפֹשְׁעִים אֵלּוּ הַמְּרָדִים שֶׁנֶּאֱמַר מֶלֶךְ מוֹאָב פָּשַׁע בִּי וְכֵן הוּא אוֹמֵר אָז תִּפְשַׁע לְבָנָה. חֲטָאִים אֵלּוּ הַשְּׁגָגוֹת שֶׁנֶּאֱמַר וְנֶפֶשׁ כִּי תֶחֱטָא בִּשְׁגָגָה. וְכִי מֵאַחַר שֶׁהִתְוַדָּה עַל הַזְּדוֹנוֹת וְעַל הַמְּרָדִים וְכִי חוֹזֵר וּמִתְוַדֶּה עַל הַשְּׁגָגוֹת. אֶלָּא אוֹמֵר אָנָּא שָׂא נָא לַחֲטָאִים וְלָעֲוֹנוֹת וְלַפְּשָׁעִים שֶׁחָטָאתִי וְשֶׁעָוִיתִי וְשֶׁפָּשַׁעְתִּי. וְכֵן בְּדָוִד הוּא אוֹמֵר חָטָאנוּ עִם אֲבוֹתֵינוּ הֶעֱוִינוּ וְהִרְשַׁעְנוּ. וְכֵן בְּדָנִיֵּאל חָטָאנוּ וְעָוִינוּ וְהִרְשַׁעְנוּ וּמָרָדְנוּ. אֶלָּא מַה שֶׁאָמַר מֹשֶׁה נֹושֵׂא עָוֹן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה וְנַקֵּה. אָמַר מֹשֶׁה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם בְּשָׁעָה שֶׁחוֹטְאִים יִשְׂרָאֵל וְעוֹשִׂין תְּשׁוּבָה עֲשֵׂה לָהֶם זְדוֹנוֹת כִּשְׁגָגוֹת. אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא אָמַר רַב הֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים. הָהוּא דִּנְחֵת קַמֵּיהּ דְּרָבָא וַעֲבַד כְּרַבִּי מֵאִיר אֲמַר לֵיהּ שָׁבְקַתְּ רַבָּנַן וְעָבְדַתְּ כְּרַבִּי מֵאִיר. אֲמַר לֵיהּ כְּרַבִּי מֵאִיר סְבִירָא לִי כְּדִכְתִיב. בְּסֵפֶר אוֹרָייְתָא. וְהָרַב אַלְפָסִי פָּסַק כְּרַבָּנָן וְכֵן בַּעַל הַהֲלָכוֹת וְרַב פַּלְטוֹיָא וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל וּבְתוֹרַת כֹּהֲנִים נָמֵי תַּנְיָא כְּרַבָּנָן. וְרַב סְעַדְיָה פָּסַק כְּרָבָא. וְכֵן פָּסַק הרי"ץ גֵּיאוּת זַ"ל וּבַעַל הָעִיטּוּר. וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִדְּשָׁתַק לֵיהּ רָבָא לְהַהוּא דְּנָחַת קַמֵּיהּ שְׁמַע מִינָּה קַבָּלָה וַהֲלָכָה כְּרָבָא דְּהוּא בָּתְרָאָה וּנְהִיגִי עַמָּא כְּרַבָּנָן: תָּנוּ רַבָּנַן (לְעֵיל לז.) מִנַּיִן שֶׁוִּידּוּיוֹ שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים בַּאֲנָא. נֶאֱמַר כָּאן כַּפָּרָה וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וְנֶאֱמַר בְּחוֹרֵב כַּפָּרָה אוּלַי אֲכַפְּרָה בְּעַד חַטַּאתְכֶם מַה לְהַלָּן בְּאָנָּא אַף כָּאן בְּאָנָּא. וּמִנַּיִן שֶׁבַּשֵּׁם נֶאֱמַר כָּאן כַּפָּרָה וְנֶאֱמַר בְּעֶגְלָה עֲרוּפָה כַּפָּרָה מַה לְהַלָּן בַּשֵּׁם דִּכְתִיב כַּפֵּר לְעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר פָּדִיתָ ה' אַף כָּאן בְּשֵׁם. וְתַנְיָא בְּפֶרֶק שֵׁנִי בַּתּוֹסֶפְתָּא אָנָּא ה' עָוִיתִי וְכוּ' אָנָּא ה' כַּפֵּר נָא וְכוּ' וְכֵן בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים. וְכֵן יֵשׁ בְּמִקְצָת סְפָרִים. וּבַיְּרוּשַׁלְמִי (פ"ג ה"ז) גָּרְסִינַן אָמַר רַבִּי חַגַּי בָּרִאשׁוֹנָה הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם וּבַשְּׁנִיָּה אֲנָא בְּשֵׁם. וְכָתַב רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל לָא מַשְׁגִּיחִין לְרַבִּי חַגַּי לְגַבֵּי מַתְנִיתִין. וּבְסֵדֶר רַבֵּינוּ וְהַבַּבְלִי יָסַד שְׁנֵיהֶם אָנָּא הַשֵּׁם וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ בָּרִאשׁוֹנָה אָנָּא הַשֵּׁם וּבַשְּׁנִיָּה אָנָּא בְּשֵׁם. וְכָתַב רָאַבְיָ"ה כֵּיוָן שֶׁפֵּירֵשׁ רַבִּי חַגַּי בִּירוּשַׁלְמִי דְּבָרִאשׁוֹנָה אָנָּא הַשֵּׁם וּבַשְּׁנִיָּה אֲנָא בְּשֵׁם הָכִי עָבְדִינַן דְּאָמוֹרָאֵי בְּקִיאִים בַּגִּירְסָא טְפֵי מִינָן. וְסָבוּר אֲנִי דַּאֲנָא הַשֵּׁם דְּהָיָה אוֹמֵר וּבַשְּׁנִיָּה אֲנָא בְּשֵׁם אֶלָּא שֶׁהַמִּשְׁנָה נִישְׁנֵית בִּלְשׁוֹן הָעוֹלָם. וְרַב הַאי אָמַר לֹא בַּלָּשׁוֹן הַזֶּה הָיָה אוֹמֵר כ"ג אָנָּא הַשֵּׁם אֶלָּא שֵׁם בֶּן שְׁנַיִם וְאַרְבָּעִים אוֹתִיּוֹת וַעֲדַייִן מָצוּי בִּישִׁיבָה בְּקַבָּלָה וְיָדוּעַ לַחֲכָמִים. וְאֵין נִרְאֶה לִי דִּבְרֵי רַב הַאי בָּזֶה דְּכֵיוָן דְּיָלְפִינַן בִּגְזֵרָה שָׁוָה מֵעֶגְלָה עֲרוּפָה הַזְכָּרַת הַשֵּׁם שֶׁל אַרְבַּע אוֹתִיּוֹת אֵין לְשַׁנּוֹת אֶלָּא כְּמוֹ שֶׁנִּכְתַּב בַּפָּסוּק הוּא מַזְכִּירוֹ אֶלָּא שֶׁמַּזְכִּירוֹ כִּכְתָבוֹ וְהוּא נִקְרָא שֵׁם הַמְפֹורָשׁ. וְהוּא מָקוֹר לְכָל הַשֵּׁמוֹת כִּי כֻּולָּן נֶאֱצָלִין מִמֶּנּוּ וְעָלָיו נֶאֱמַר (סַנְהֶדְרִין צ.) הַהוֹגֶה אֶת הַשֵּׁם בְּאוֹתִיּוֹתָיו נֶעֱקַר מִן הָעוֹלָם דְּאֵין לְהַזְכִּירוֹ בְּגִבּוּלִין. נִמְצָא בִּתְשׁוּבַת הַגְּאוֹנִים מִנְהָג שֶׁל יְשִׁיבָה. בְּשַׁחֲרִית שִׁבְעָה פְּעָמִים וְיַעֲבֹור. בְּמוּסָף שִׁבְעָה בְּמִנְחָה שִׁשָּׁה בִּנְעִילָה שְׁלֹשָׁה:
[folio 87b] Nos maîtres ont enseigné : la mitsva du viddouy se fait la veille de Yom Kippour, à la tombée de la nuit -- paroles de Rabbi Meir. Et les Sages disent : il faut se confesser avant de manger et de boire, de peur qu'un incident ne survienne au cours du repas. Et bien qu'il se soit confessé avant de manger et de boire, il se confesse [de nouveau] après avoir mangé. Et bien qu'il se soit confessé le soir, il se confesse le matin ; le matin, il se confessera à Moussaf ; à Moussaf, il se confessera à Minha ; à Minha, il se confessera à Neila. Et où le dit-on ? L'individu, après sa prière. Que dit-il ? Rav a dit : Tu connais les secrets du monde. Et Chemouel a dit : Tu comprends les mystères du cœur. Levi a dit : dans Ta Tora il est écrit -- car en ce jour Il expiera pour vous. Rabbi Yo'hanan a dit : Maître des mondes, nos fautes sont trop nombreuses pour être comptées et nos manquements trop grands pour être dénombrés. Rav Houna a dit : Mon Dieu, avant que je fusse formé je n'étais pas digne, etc. Rav haMedoudi a dit : on n'a enseigné cela que lorsqu'il n'a pas dit aval hatanou (mais nous avons fauté) ; mais s'il a dit aval hatanou, ce n'est plus nécessaire. Et Rav haMedoudi a dit : je me tenais devant Chemouel, et il était assis ; lorsque le chalia'h tsibbour arriva à dire aval hatanou, il se leva sur ses pieds. On en déduit que le viddouy proprement dit se dit debout. (Ci-dessus 36b) Nos maîtres ont enseigné : comment se confesse-t-il ? Il dit aviti, pachati, hatati. Et de même, à propos du bouc émissaire, il est dit : il confessera sur lui toutes les avonot des enfants d'Israël et toutes leurs pechaim, pour toutes leurs hataot. Et de même, à propos de Moche, il est dit : il supporte l'avon, le pécha et la hataa -- paroles de Rabbi Meir. Et les Sages disent : les avonot, ce sont les zedonot, ainsi qu'il est dit : il sera assurément retranché, etc. ; les pechaim, ce sont les rébellions, ainsi qu'il est dit : le roi de Moav s'est rebelle contre moi, et de même il est dit : alors Livna se rebella. Les hataim, ce sont les fautes par inadvertance, ainsi qu'il est dit : et une âme qui fautera par inadvertance. Or, puisqu'il s'est déjà confessé sur les fautes volontaires et sur les rébellions, reviendrait-il se confesser sur les inadvertances ? Il dit plutôt : de grâce, pardonne les hataim, les avonot et les pechaim que j'ai commis par inadvertance, par faute et par rébellion. Et de même, à propos de David, il est dit : nous avons fauté avec nos pères, nous avons commis des avonot et nous avons agi avec méchanceté. Et de même chez Daniel : nous avons fauté, nous avons commis des avonot, nous avons agi avec méchanceté et nous nous sommes rebelles. Mais alors, que signifie ce qu'a dit Moche -- il supporte l'avon, le pécha et la hataa, et Il absout ? Moche a dit devant le Saint béni soit-Il : Maître du monde, lorsque Israël faute et fait techouva, rends-leur les fautes volontaires comme des inadvertances. Rabba bar Chila a dit au nom de Rav : la halakha est comme les Sages. Un certain [officiant] qui descendit devant Rava fit selon Rabbi Meir. Il lui dit : tu délaisses les Sages et tu fais selon Rabbi Meir ? Il lui répondit : je tiens comme Rabbi Meir, ainsi qu'il est écrit dans le rouleau de la Tora. Et le Rav Alfassi a tranché comme les Sages, ainsi que l'auteur des Halakhot [Guedolot], Rav Paltoy et Rabbenou Hananel, de mémoire bénie ; et dans le Torat Kohanim aussi on enseigne comme les Sages. Et Rav Saadia a tranché comme Rava, et de même ont tranché le Ri"ts Guiat, de mémoire bénie, et l'auteur du Itour ; et ils ont apporté une preuve du fait que Rava garda le silence devant celui qui descendit devant lui : on en déduit qu'il a accepté, et la halakha est comme Rava, qui est le dernier. Mais l'usage du peuple suit les Sages. Nos maîtres ont enseigné (ci-dessus 37a) : d'où sait-on que le viddouy de Yom Kippour se dit avec ana (de grâce) ? Il est dit ici kappara -- ve-khiper baado -- et il est dit à Horev kappara -- peut-être expierai-je (akhappera) pour votre faute ; de même que là-bas c'est avec ana, ici aussi c'est avec ana. Et d'où sait-on que c'est avec le Nom ? Il est dit ici kappara et il est dit à propos de la eguela aroufa kappara ; de même que là-bas c'est avec le Nom, comme il est écrit -- pardonne (kaper) à Ton peuple Israël que Tu as racheté, Hachem -- ici aussi c'est avec le Nom. Et l'on enseigne au deuxième chapitre de la Tossefta : Ana Hachem, aviti, etc. ; Ana Hachem, kaper na, etc. Et de même dans le Torat Kohanim, et de même dans certains livres. Et dans le Yerouchalmi (chap. 3, hal. 7) nous lisons : Rabbi Haggai a dit, la première fois il disait Ana haChem et la seconde Ana be-Chem. Et Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, a écrit : on ne tient pas compte de Rabbi Haggai face à la michna. Et dans le seder de Rabbenou et dans le [seder] babylonien, on a établi les deux fois Ana haChem ; et dans le seder Ata Konanta, la première fois Ana haChem et la seconde Ana be-Chem. Et le Raavia a écrit : puisque Rabbi Haggai a expliqué dans le Yerouchalmi que la première fois c'est Ana haChem et la seconde Ana be-Chem, c'est ainsi que nous faisons, car les Amoraim sont plus experts que nous dans la version. Et je pense que c'est bien Ana haChem qu'il disait, et la seconde fois Ana be-Chem, sauf que la michna a été enseignée dans la langue courante. Et Rav Haï a dit : ce n'est pas dans cette formulation que le Cohen gadol disait Ana haChem, mais [avec] le Nom de quarante-deux lettres, qui se trouve encore dans la yechiva par tradition et qui est connu des sages. Et les paroles de Rav Haï ne me paraissent pas justes sur ce point : puisque nous apprenons par gezera chava de la eguela aroufa la mention du Nom de quatre lettres, il n'y a pas lieu d'en changer -- c'est tel qu'il est écrit dans le verset qu'il le mentionne, sauf qu'il le mentionne selon son orthographe, et c'est cela qu'on appelle le Chem haMeforach. Et il est la source de tous les Noms, car tous en découlent ; et c'est à son sujet qu'il est dit (Sanhédrin 90a) : celui qui prononce le Nom selon ses lettres est retranché du monde -- car on ne doit pas le mentionner hors [du Temple]. On trouve dans les responsa des Gueonim l'usage de la yechiva : le matin, sept fois vaYaavor ; à Moussaf sept, à Minha six, à Neila trois.
💡 Explication

La beraita commencée en 36b achève de reconstituer la formule du viddouy. La Tora prescrit au Cohen gadol de se confesser mais ne dicte aucun texte : il faut donc déduire jusqu'à la manière de s'adresser à D.ieu. Deux gezerot chavot font le travail, toutes deux articulées sur un seul mot -- kappara, expiation -- qui apparaît dans notre passage et dans deux autres endroits de la Tora.

Première analogie : au Horev, après le veau d'or, Moche dit oulai akhapera, peut-être pourrai-je expier. Sa prière s'ouvre alors par ana. On transporte ce mot ici. Seconde analogie : la egla aroufa, où les anciens et les kohanim disent kapper le-amkha Yisrael -- et la formule y contient explicitement le Nom divin. On transporte donc aussi la mention du Nom.

Le procédé est économique et révélateur : chaque source ne fournit qu'un élément de la formule. Aucune ne la donne entière. La formule liturgique ana Hachem est ainsi le produit d'un montage exégétique, non la citation d'un verset.

🖼️ Schéma
D'où vient la formule du viddouy : deux gezerot chavot sur le mot kappara Le mot kappara est le pivot : partout où il apparaît, on transporte ici la manière de s'adresser à D.ieu qui l'accompagne là-bas. Yom Kippour -- notre verset ve-khiper baado ou-vead beito Vayikra 16,6 -- le viddouy sur le taureau La Tora ne donne aucune formule. Elle est à reconstituer. Le Horev -- la faute du veau d'or Chemot 32,30 : oulai akhapera bead hatatkhem -- peut-être pourrai-je expier pour votre faute. Ce que Moche dit ensuite (32,31) : ana hâta ha-am ha-ze hataa guedola Apport : le mot ANA -- de grâce. La egla aroufa -- le meurtre sans meurtrier Devarim 21,8 : kapper le-amkha Yisrael acher padita HACHEM Les kohanim s'adressent à D.ieu en Le nommant : le Nom est prononcé dans la formule même. Apport : le NOM. kappara = kappara kappara = kappara Résultat : ana Hachem, aviti pachati hatati... -- la formule combine l'apport des deux sources. Chaque source ne donne qu'un élément : le Horev le mot d'imploration, la egla aroufa la mention du Nom. La question d'Abaye : pourquoi le transport ne joue-t-il pas aussi entre les deux sources elles-mêmes ? Si kappara relie tout, la egla aroufa devrait hériter du ana -- or la michna de Sota ne le dit pas. Kachya.
Les deux gezerot chavot du mot kappara et ce que chacune apporte à la formule du viddouy.
2
אָמַר אַבַּיֵּי: בִּשְׁלָמָא חוֹרֵב מֵעֶגְלָה עֲרוּפָה לָא יָלֵיף — מַאי דַהֲוָה הֲוָה. אֶלָּא עֶגְלָה עֲרוּפָה תֵּילַיף מֵחוֹרֵב? וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהִתְנָן: ״הַכֹּהֲנִים אוֹמְרִים: כַּפֵּר לְעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל״, וְאִילּוּ בְּ״אֲנָא״ לָא קָא אָמַר. קַשְׁיָא.

Abaye a dit : soit, le Horev, on ne l'apprend pas de la egla aroufa -- ce qui a été a été. Mais la egla aroufa, apprends-la donc du Horev !

Et si tu disais qu'il en est bien ainsi -- n'avons-nous pas appris [dans la michna] : les kohanim disent : expie pour ton peuple Israël -- alors qu'il n'y dit pas ana ! [C'est] difficile.

📜 Rachi (4)
בִּשְׁלָמָא חוֹרֵב מֵעֶגְלָה לָא יָלֵיף לוֹמַר שֶׁיְּהֵא שָׁם הַזְכָּרַת הַשֵּׁם:
Soit, le Horev ne s'apprend pas de la egla -- [à savoir] pour dire qu'il faille y mentionner le Nom.
מַאי דַהֲוָה הֲוָה כְּבָר עָבַר וְאִי אֶפְשָׁר לַחֲזֹור:
Ce qui a été a été -- c'est déjà passé, et il est impossible de revenir en arrière.
אֶלָּא עֶגְלָה עֲרוּפָה נֵילַף מֵחוֹרֵב וְתִיבְעֵי אֲנָא:
Mais la egla aroufa, apprenons-la du Horev -- et [alors] il faudrait ana.
וְהִתְנָן בַּהֲדֵי' מַעֲשֵׂה עֶגְלָה עֲרוּפָה בְּמַסֶּכֶת סוֹטָה (דַּף מו.) הַכֹּהֲנִים אוֹמְרִים כוּ':
N'avons-nous pas appris -- explicitement, le rite de la egla aroufa, au traité Sota (46a) : les kohanim disent, etc.
💡 Explication

Abaye prend la double gezera chava au sérieux et la retourne. Si le mot kappara suffit à faire circuler une exigence liturgique d'un texte à l'autre, alors la circulation devrait se faire aussi entre les deux sources, pas seulement de chacune vers Yom Kippour.

Dans un sens, la réponse est immédiate : le Horev ne peut rien recevoir de la egla aroufa, car mai de-hava hava -- ce qui a été a été. La prière de Moche est un événement passé ; une mitsva donnée plus tard ne peut rétroactivement lui imposer une formule. Mais dans l'autre sens, l'obstacle tombe : la egla aroufa devrait hériter du ana du Horev.

Or la michna de Sota 46a cite la formule des kohanim mot pour mot, et le mot ana n'y figure pas. La guemara ne résout pas : elle conclut kachya. Cette conclusion vaut aveu -- la difficulté est réelle et reste ouverte.

🖼️ Schéma
Pourquoi l'emprunt ne joue que dans un sens -- et pourquoi cela reste difficile Le Horev an 2448 -- la faute du veau La egla aroufa mitsva donnée plus tard temps Impossible : mai de-hava hava -- ce qui a été a été La prière de Moche appartient au passé ; on ne peut lui ajouter après coup une exigence issue d'une mitsva ultérieure. Ce sens-là, lui, devrait fonctionner : la egla aroufa devrait hériter du ana Mais la michna de Sota 46a donné la formule exacte des kohanim : kapper le-amkha Yisrael -- sans ana. La guemara ne résout pas : elle conclut kachya. Le problème est enregistré, non liquide -- signe qu'aucune réponse ne l'a satisfaite.
Le sens des emprunts entre le Horev et la egla aroufa : l'un est bloqué par la chronologie, l'autre reste sans réponse.
3
וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו. תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״כִּי שֵׁם ה׳ אֶקְרָא הָבוּ גֹודֶל לֵא-לֹהֵינוּ״, אָמַר לָהֶם מֹשֶׁה לְיִשְׂרָאֵל: בְּשָׁעָה שֶׁאֲנִי מַזְכִּיר שְׁמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אַתֶּם הָבוּ גֹּודֶל. חֲנַנְיָה בֶּן אֲחִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: ״זֵכֶר צַדִּיק לִבְרָכָה״, אָמַר לָהֶם נָבִיא לְיִשְׂרָאֵל: בְּשָׁעָה שֶׁאֲנִי מַזְכִּיר צַדִּיק עוֹלָמִים, אַתֶּם תְּנוּ בְּרָכָה.

[Michna :] Et ils répondent après lui. Il est enseigné : Rabbi dit : Car j'invoquerai le Nom de l'Éternel, rendez grandeur à notre D.ieu.

(Devarim 32,3) -- Moche a dit à Israël : lorsque je mentionne le Nom du Saint béni soit-Il, vous, rendez [-Lui] grandeur. Hananya, fils du frère de Rabbi Yehochoua, dit : Le souvenir du juste est en bénédiction (Michlei 10,7) -- le prophète a dit à Israël : lorsque je mentionne le Juste des mondes, vous, donnez [-Lui] bénédiction.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן בְּשָׁעָה שֶׁאֲנִי מַזְכִּיר שְׁמוֹ שֶׁל הקב"ה כו':
Voici la version que nous lisons : lorsque je mentionne le Nom du Saint béni soit-Il, etc.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בְּשָׁעָה שֶׁאֲנִי מַזְכִּיר שְׁמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אַתֶּם "הָבוּ גַּדֵּל לֶאֱלֹקֵינוּ". יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מֵהֵיכָא מַשְׁמַע דְּקָאֵי עַל עֲנִיַּית 'בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהִקְשׁוּ הָרֹאשָׁנִים דִּבְרֵישׁ תְּפִילַּת הָעֲמִידָה אֵינוֹ מַזְכִּיר מַלְכוּת וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בִּבְרָכוֹת (בְּרָכוֹת מ:) כָּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ מַלְכוּת אֵינָהּ בְּרָכָה, וְתֵירֵץ הָרֹא"שׁ זַ"ל כֵּיוָן דְּאָמְרִינַן בָּהּ הָאֵל הַגָּדוֹל חֲשִׁיב מַלְכוּת, וּבָזֶה פֵּירֵשׁ הָרַב פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל בִּבְרָכוֹת שָׁם בְּשֵׁם הָרַב תּוֹסְפוֹת יוֹם טוֹב זַ"ל אֱ-לוֹהַי הַמֶּלֶךְ וַאֲבָרֲכָה שִׁמְךָ לְעוֹלָם וָעֶד בְּכָל יוֹם אֲבָרֲכֶךָּ וַאֲהַלְלָה שִׁמְךָ לְעוֹלָם וָעֶד גָּדוֹל ה' וּמְהֻלָּל מְאֹד וְלִגְדֻלָּתוֹ אֵין חֵקֶר יְעֻויַּן שָׁם. נִמְצָא תֹּואַר גָּדוֹל הוּא תֹּואַר מַלְכוּת וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁאָמַר 'הָבוּ גָּדֵל לֶאֱלֹקֵינוּ' כְּאִלּוּ אָמַר הָבוּ מַלְכוּת לֶאֱלֹקֵינוּ וְהַיְינוּ דְּקָאֵי עַל עֲנִייַּת בשכמל"ו [בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד] דְּמַזְכִּירִים בָּהּ מַלְכוּת. וּמַה שֶׁאָמַר חֲנַנְיָה בֶּן אֲחִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ ' זֵכֶר צַדִּיק לִבְרָכָה ' לֹא בָּא לַחֲלֹוק עַל דְּרָשַׁת רַבִּי אֶלָּא רַבִּי קָאֵי עַל עֲנִייַּת בשכמל"ו שֶׁעוֹנִין בַּמִּקְדָּשׁ עַל הַזְכָּרַת הַשֵּׁם כִּכְתָבוֹ, וַחֲנַנְיָה בָּא לִלְמֹוד עוֹד דָּבָר אֶחָד דְּעַל כָּל אַזְכָּרָה שֶׁנִּשְׁמָע מִפִּי אָדָם בְּמַטְבֵּעַ בְּרָכוֹת צְרִיכִין לַעֲנוֹת ' בָּרוּךְ הוּא וּבָרוּךְ שְׁמוֹ ' וְלָכֵן בָּזֶה קָרָא להקב"ה בְּשֵׁם צַדִּיק כִּי עֲנִיָּה זוֹ הִיא אַחַר הַזְכָּרַת הַשֵּׁם מִפִּי כָּל אָדָם שֶׁהוּא מוֹצִיא הַשֵּׁם בְּאוֹתִיּוֹת 'אֲדֹנָי' וּמְכַוֵּין בּוֹ בְּלִבּוֹ בְּאוֹתִיּוֹת הוי"ה שֶׁצָּרִיךְ לְכַוֵּין בּוֹ בְּשֵׁם שִׁילּוּב הוי"ה אדנ"י שֶׁזֶּה הַשֵּׁם מְכוֹנָה בְּשֵׁם צַדִּיק שֶׁהוּא בְּחִינַת הַיְּסוֹד כַּנּוֹדָע. אַךְ עֲנִיַּית בשכמל"ו אַחַר הַזְכָּרַת שֵׁם מְפֹורָשׁ שֶׁקּוֹרֵא הַשֵּׁם כִּכְתָבוֹ דַּוְקָא, לְכָךְ בָּזֶה כְּתִיב (דְּבָרִים לב, ג) 'כִּי שֵׁם ה' אֶקְרָא' דַּיְיקָא דְּהַייְנוּ הַשֵּׁם כִּכְתָבוֹ, אָז אַתֶּם 'הָבוּ גָּדֵל' שֶׁהוּא עֲנִיַּית בשכמל"ו.
Lorsque je mentionne le Nom du Saint béni soit-Il, vous, rendez grandeur à notre D.ieu -- il y a lieu de demander : d'où ressort-il que cela porte sur la réponse Baroukh chem kevod malkhouto le-olam vaed ? Et il me semble, avec l'aide du Ciel, [qu'on peut répondre ainsi]. Les Richonim ont demandé : au début de la tefilat ha-amida on ne mentionne pas la royauté (malkhout), or Rabbi Yo'hanan a dit dans Berakhot (40b) : toute berakha où il n'y a pas de malkhout n'est pas une berakha. Et le Roch z"l a répondu : puisqu'on y dit ha-El ha-gadol, cela compte comme malkhout. Sur quoi le Rav Petah Einayim z"l a expliqué, dans Berakhot là-bas, au nom du Rav Tossefot Yom Tov z"l : mon D.ieu, le Roi -- et je bénirai ton Nom à jamais ; chaque jour je te bénirai et je louerai ton Nom à jamais ; grand (gadol) est l'Éternel et très digne de louange, et sa grandeur est insondable -- vois-y. Il en ressort que l'attribut gadol est un attribut de royauté. Dès lors, puisqu'il a dit rendez grandeur à notre D.ieu, c'est comme s'il avait dit rendez royauté à notre D.ieu -- et voilà pourquoi cela porte sur la réponse Baroukh chem kevod malkhouto, où l'on mentionne la royauté. Et ce que dit Hananya, fils du frère de Rabbi Yehochoua -- le souvenir du juste est en bénédiction -- ne vient pas contredire la deracha de Rabbi. Rabbi porte sur la réponse Baroukh chem kevod malkhouto que l'on répondait au Temple lorsque le Nom était prononcé tel qu'il s'écrit ; Hananya, lui, vient enseigner une chose de plus : que sur toute mention [du Nom] entendue de la bouche d'un homme dans la formule des berakhot, il faut répondre Baroukh Hou ou-varoukh chemo. C'est pourquoi il a désigné ici le Saint béni soit-Il du nom de tsadik -- car cette réponse-là vient après la mention du Nom par la bouche de tout homme, qui prononce le Nom avec les lettres Ado-nai tout en dirigeant son cœur vers les lettres du Havaya ; car il faut y diriger l'intention selon l'entrelacement (chilouv) du Havaya et d'Ado-nai, et ce Nom-là est surnommé tsadik, qui est la dimension du Yessod, comme on le sait. Mais la réponse Baroukh chem kevod malkhouto ne vient qu'après la mention du Chem HaMephorach, lorsqu'on lit le Nom précisément tel qu'il s'écrit ; c'est pourquoi il est écrit ici, avec exactitude (Devarim 32,3) : car j'invoquerai le NOM de l'Éternel -- c'est-à-dire le Nom tel qu'il s'écrit ; alors, vous, rendez grandeur -- ce qui est la réponse Baroukh chem kevod malkhouto.
💡 Explication

La michna avait dit que la foule répond après le Cohen gadol lorsqu'il prononce le Nom. La beraita cherche la source de cette réponse et en propose deux, qui ne se contredisent pas.

Rabbi lit Devarim 32,3 comme une instruction pratique adressée par Moche à ses auditeurs : quand j'invoque le Nom, à vous de répondre. Hananya tire la même obligation de Michlei 10,7, en identifiant le tsadik du verset avec D.ieu. Lui-même -- le Juste des mondes -- dont la mention appelle une bénédiction.

Le Ben Yehoyada explique que les deux enseignements visent en réalité deux réponses distinctes : celle du Temple (Baroukh chem kevod malkhouto, quand le Nom est prononcé tel qu'il s'écrit) et celle de tous les jours (Baroukh Hou ou-varoukh chemo, quand on entend une berakha).

4
מַתְנִי׳ בָּא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לִצְפוֹן הַמִּזְבֵּחַ, הַסְּגָן מִימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב מִשְּׂמֹאלוֹ. וְשֵׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים, וְקַלְפִּי הָיְתָה שָׁם, וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת, שֶׁל אֶשְׁכְּרוֹעַ הָיוּ, וַעֲשָׂאָן בֶּן גַּמְלָא שֶׁל זָהָב, וְהָיוּ מַזְכִּירִים אוֹתוֹ לְשֶׁבַח.

MICHNA. Il vint à l'est de la azara, au nord de l'autel ; le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche.

Et il y avait là deux boucs ; et une kalpi (urne) était là, et dedans deux goralot (sorts). Ils étaient de bois d'echkeroa (buis) ; Ben Gamla les fit d'or, et on le mentionnait en louange.

📜 Rachi (5)
מַתְנִי' בָּא לוֹ לְמִזְרַח חוֹזֵר אֲחוֹרָיו לְצַד מִזְרָח סָמוּךְ לַפֶּתַח שֶׁלֹּא הָיוּ מַכְנִיסִין הַשְּׂעִירִים לְהַגְרִיל אֶלָּא שֶׁיִּהְיוּ בְּתוֹךְ חֲלַל הָעֲזָרָה כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ט״ז:ז׳) וְהֶעֱמִיד אוֹתָם לִפְנֵי ה אֲבָל לֹא לְקָרְבָּן כָּל כָּךְ לְצַד הַהֵיכָל עַד שֶׁהוּא בָּא לְשׁוֹחֲטוֹ הָיוּ מַקְרִיבִין אוֹתוֹ כְּדִתְנַן לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף נג:) הֵבִיאוּ לוֹ אֶת הַשָּׂעִיר שְׁחָטוֹ וְכוּ':
Michna. Il vint à l'est -- il revient en arrière vers le côté est, près de l'entrée ; car on n'introduisait les boucs pour le tirage que [pour] qu'ils soient dans l'enceinte de la azara, comme il est écrit (Vayikra 16,7) : et il les placera devant l'Éternel -- mais non pas pour les approcher à ce point du côté du Heikhal. Ce n'est qu'au moment de l'abattre qu'on l'approchait, comme nous l'avons appris plus loin (Yoma 53b) : on lui apporta le bouc, il l'abattit, etc.
לִצְפוֹן הַמִּזְבֵּחַ כְּלוֹמַר מָשׁוּךְ מִכְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ לְצַד צָפוֹן שֶׁיְּהֵא כְּנֶגֶד אֲוִיר שֶׁבֵּין מִזְבֵּחַ לַצָּפוֹן דאע"ג דְּלָא שָׁחֵיט לֵיהּ הָכָא מ"מ כָּל מַעֲשָׂיו טְעוּנִין צָפוֹן וְאַשְׁמוֹעִינַן שֶׁאֵין צָפוֹן כְּנֶגֶד מִזְרָחוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ:
Au nord de l'autel -- c'est-à-dire tiré depuis l'axe de l'autel vers le côté nord, de sorte qu'il se trouve face à l'espace [libre] entre l'autel et le nord ; car même s'il ne l'abat pas ici, tous ses actes requièrent malgré tout le nord. Et [la michna] nous enseigne que l'axe est de l'autel n'est pas [déjà] le nord.
קַלְפִּי אשקור"ן בְּלַעַ"ז:
Kalpi -- eskoren en langue vernaculaire.
שֶׁל אֶשְׁכְּרוֹעַ בְּרוֹשׁ:
D'echkeroa -- du berroch [cyprès, ici le buis].
יְהוֹשֻׁעַ בֶּן גַּמְלָא כְּשֶׁנִּתְמַנָּה בִּכְהֻונָּה גְּדוֹלָה:
Yehochoua ben Gamla -- lorsqu'il fut nommé à la grande prêtrise.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

La michna quitte le viddouy sur le taureau pour le rite du tirage au sort des deux boucs. Trois informations y sont posées, dont chacune ouvrira une discussion dans la guemara : le lieu (à l'est de la azara, au nord de l'autel), les personnes qui encadrent le Cohen gadol -- le segan (son adjoint) à droite, le roch beit av (le chef de la famille sacerdotale de service) à gauche -- et l'objet : la kalpi et les deux sorts.

Rachi précise pourquoi on va vers l'est : on ne veut pas approcher les boucs du Heikhal, il suffit qu'ils soient dans l'enceinte de la azara, selon ve-heemid otam lifnei Hachem. Et pourquoi au nord : même si l'abattage n'a pas lieu ici, tous les actes de ce service requièrent le nord.

La dernière phrase est de l'ordre du souvenir communautaire : les sorts étaient de bois, Yehochoua ben Gamla les fit d'or, et on le mentionnait en louange. La guemara établira plus loin que le bois était pleinement valide -- ce qui est précisément la condition pour que le geste mérite une louange. Ce segment porte aussi le long siman du Roch qui récapitule tout le seder ha-avoda de Yom Kippour.

🖼️ Schéma
Où se tient-on pour le tirage au sort -- et ce que cela révèle du plan de la azara Plan vu du dessus. Le Heikhal est à l'ouest ; on entre par l'est. La michna dit : à l'EST de la azara, au NORD de l'autel. Rabbi Eliezer ben Yaakov -- l'avis de notre michna Heikhal Oulam NORD -- entièrement libre tsafona lifnei Hachem : que le nord soit tout entier vide Aucune parcelle de l'autel n'y pénètre. KG tirage Autel extérieur entièrement au sud de la ligne SUD est Elazar be-Rabbi Chimon -- l'avis écarté ici Heikhal Oulam NORD -- pas entièrement libre Autel sa partie haute mord sur la zone nord Conséquence : bein ha-oulam ve-la-mizbeah serait déjà du nord -- valide pour la chehita. Le raisonnement de la guemara tient à un seul mot de la michna : au nord de l'autel. S'il faut préciser qu'on tire le Cohen gadol vers le nord, c'est que le point où il se trouvait -- dans l'axe de l'autel -- n'était pas déjà le nord. Donc l'autel n'occupe rien du nord : c'est Rabbi Eliezer ben Yaakov. Reste à relire la michna précédente, qui semblait dire le contraire.
Le lieu du tirage au sort et ce qu'il suppose du plan de la azara : les deux lectures possibles de la place de l'autel.
5
בֶּן קָטִין עָשָׂה שְׁנֵים עָשָׂר דַּד לַכִּיּוֹר, שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ אֶלָּא שְׁנַיִם. וְאַף הוּא עָשָׂה מֻוכְנִי לַכִּיּוֹר, שֶׁלֹּא יִהְיוּ מֵימָיו נִפְסָלִין בְּלִינָה.

Ben Katin fit douze mamelles (becs verseurs) pour le kiyor (la vasque), alors qu'il n'en avait que deux. Et lui aussi fit une moukheni pour le kiyor, afin que ses eaux ne soient pas rendues passoul (invalides) par la lina (le séjour d'une nuit).

📜 Rachi (3)
בֶּן קַטִּין כ"ג הָיָה:
Ben Katin -- il était Cohen gadol.
עָשָׂה י"ב דַּד לִיצִיקַת הַמַּיִם:
Fit douze mamelles -- pour l'écoulement des eaux.
מוּכְנִי מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא גַּלְגַּל לְשַׁקְּעוֹ בּוֹ בַּבּוֹר שֶׁיְּהוּ מֵימָיו מְחֻובָּרִים לְמֵימֵי הַכִּיּוֹר וְאִי לָא הָווּ מִיפַּסְלִי בְּלִינָה לְפִי שֶׁקִּדְּשׁוּ בִּכְלִי וְלֹא כְּבוֹד קָדָשִׁים הוּא לִיפָּסֵל מַיִם קְדוֹשִׁים:
Moukheni -- explique dans la guemara : une roue pour l'enfoncer dans le puits, afin que ses eaux soient reliées aux eaux [vives] ; sinon elles seraient rendues passoul par la lina, puisqu'elles ont été sanctifiées dans un ustensile -- et ce n'est pas un honneur pour les choses saintes que des eaux sanctifiées deviennent passoul.
💡 Explication

La michna, ayant mentionné un bienfaiteur du Temple, enchaîne sur toute une liste. Ben Katin, Cohen gadol, résout deux problèmes matériels du service quotidien.

Le premier est un problème de débit : la vasque n'avait que deux becs, alors que le service du tamid mobilise douze kohanim qui doivent tous sanctifier mains et pieds. Le second est un problème de lina : une eau sanctifiée dans un ustensile de service est disqualifiée si elle y passe la nuit. Il faudrait donc la jeter chaque matin -- Rachi souligne que ce n'est pas un honneur pour des eaux sanctifiées de devenir passoul.

6
מוֹנְבַּז הַמֶּלֶךְ הָיָה עוֹשֶׂה כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁל זָהָב. הֵילֶנִי אִמּוֹ עָשְׂתָה נִבְרֶשֶׁת שֶׁל זָהָב עַל פֶּתַח הֵיכָל, וְאַף הִיא עָשְׂתָה טַבְלָא שֶׁל זָהָב שֶׁפָּרָשַׁת סוֹטָה כְּתוּבָה עָלֶיהָ. נִקָנוֹר נַעֲשׂוּ נִסִּים לְדַלְתוֹתָיו, וְהָיוּ מַזְכִּירִין אוֹתָן לְשֶׁבַח.

Le roi Monbaz faisait toutes les poignées des ustensiles de Yom Kippour en or. Hélène sa mère fit une nivrechet (un lustre) d'or au-dessus de l'entrée du Heikhal ; et elle fit aussi une tablette d'or sur laquelle était écrite la parachat sota.

Nikanor : des miracles furent faits à ses portes -- et on les mentionnait en louange.

📜 Rachi (3)
נֶבְרַשְׁתָּא מְנוֹרָה וְדוֹמֶה לוֹ בְּסֵפֶר (דָּנִיֵּאל ה׳:ה׳) לְקַבֵּל נֶבְרַשְׁתָּא דְּדַהֲבָא בְּמַעֲשֵׂה בֵּלְשַׁאצַּר:
Nivrechta -- un lustre (menora) ; on trouve semblable dans le livre [de Daniel] (Daniel 5,5) : face au nivrechta d'or, dans l'épisode de Belchatsar.
שֶׁפָּרָשַׁת סוֹטָה כְּתוּבָה עָלֶיהָ וְלֹא יִצְטָרֵךְ לְהָבִיא תּוֹרָה לִכְתֹּוב מִמֶּנּוּ מְגִילַּת סוֹטָה בַּמִּקְדָּשׁ:
Sur laquelle était écrite la parachat sota -- afin qu'on n'ait pas besoin d'apporter un sefer Tora pour en copier le rouleau de la sota dans le Temple.
נִקָנוֹר נַעֲשׂוּ נִסִּים לְדַלְתוֹתָיו שֵׁם הָאִישׁ נִקָּנוֹר וְנֵס שֶׁלּוֹ מְפֹורָשׁ בַּגְּמָרָא:
Nikanor, des miracles furent faits à ses portes -- Nikanor est le nom de l'homme, et son miracle est explicite dans la guemara.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מוֹנְבַּז הַמֶּלֶךְ עָשָׂה כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁל זָהָב. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁבָּחַר לַעֲשׂוֹת כֵּן כִּי הַמֶּלֶךְ נֶחְשָׁב יָד לְיִשְׂרָאֵל כִּי הוּא הָאוֹחֵז בָּהֶם וְתוֹפְסָם בְּמַלְכוּתוֹ לְהָגֵין עֲלֵיהֶם, וְלָכֵן אָמְרוּ עֲשֶׂרֶת הַשְּׁבָטִים (שְׁמוּאֵל ב' יט, מד) 'עֶשֶׂר יָדוֹת לִי בַמֶּלֶךְ וְגַם בְּדָוִד' דְּהַמֶּלֶךְ נֶחְשָׁב יָד לְכָל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט וְאוֹתִיּוֹת 'זָהָב' מוֹרִים עַל עֲנָוָה כִּי מִסְפָּרָם הוֹלֵךְ וּמִתְמַעֵט כֵּן הַמֶּלֶךְ כָּל זְמַן שֶׁהוּא מִתְגַּדֵּל יוֹסִיף עֲנָוָה שֶׁיִּתְמַעֵט בְּעֵינֵי עַצְמוֹ, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר הקב"ה לְיִשְׂרָאֵל חוֹשְׁקָנִי בָּכֶם כָּל זְמַן שֶׁאֲנִי נוֹתֵן לָכֶם גְּדֻולָּה אַתֶּם מְמַעֲטִים עַצְמְכֶם (חוֹלִין פט.) , וְלָכֵן מוֹנְבַּז הַמֶּלֶךְ עָשָׂה יְדוֹת הַכֵּלִים זָהָב לַעֲשׂוֹת בָּהֶם הוֹרָאָה עַל עַצְמוֹ. וְאִמּוֹ עָשְׂתָה נִבְרֶשֶׁת שֶׁל זָהָב רוֹצֶה לוֹמַר מְנוֹרָה, נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם לָזֶה כִּי נִבְרֶשֶׁת אוֹתִיּוֹת נִשְׁבֶּרֶת והקב"ה אָמַר לִיחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה (יְחֶזְקֵאל לד, טז) 'הַנִּדַּחַת אָשִׁיב וְלַנִּשְׁבֶּרֶת אֶחֱבֹשׁ' אַךְ כְּשֶׁאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם כָּתוּב בִּזְכַרְיָה (זְכַרְיָה יא, טז) שֶׁיַּעֲמִיד לָהֶם מֶלֶךְ לֹא טוֹב 'וְהַנִּשְׁבֶּרֶת לֹא יְרַפֵּא' וְכַנִּזְכָּר שָׁם לָשׁוֹן זֶה, וְלָכֵן עָשְׂתָה נִבְרֶשֶׁת זָהָב לִרְמֹוז בָּהּ עַל הַנִּשְׁבֶּרֶת שֶׁהִיא אוֹתִיּוֹת נִבְרֶשֶׁת שֶׁהִיא עַתָּה תְּשׁוּבָה כְּזָהָב, כִּי בְּנָהּ הוּא מֶלֶךְ טוֹב אֲשֶׁר אֶת הַנִּשְׁבֶּרֶת יְרַפֵּא וְיַעֲשֶׂנָּה חֲשׁוּבָה כְּזָהָב וְעָשְׂתָה זוֹ לִרְמֹוז רֶמֶז טוֹב עַל בְּנָהּ הַמֶּלֶךְ.
Le roi Monbaz faisait toutes les poignées des ustensiles de Yom Kippour en or. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle il a choisi d'agir ainsi est que le roi est compté comme une main (yad) pour Israël : c'est lui qui les tient et les saisit dans sa royauté pour les protéger. C'est pourquoi les dix tribus ont dit (II Chmouel 19,44) : j'ai dix mains dans le roi, et aussi dans David -- car le roi est compté comme une main pour chaque tribu. Et les lettres de zahav (or) indiquent l'humilité, car leur nombre va en décroissant [zayin 7, hei 5, beit 2] ; ainsi le roi : plus il grandit, plus il doit ajouter en humilité et se rapetisser à ses propres yeux -- comme l'a dit le Saint béni soit-Il à Israël : je vous désire, car chaque fois que je vous donne de la grandeur vous vous rapetissez (Houlin 89a). C'est pourquoi le roi Monbaz fit les poignées des ustensiles en or : pour y inscrire une indication sur lui-même. Et sa mère fit une nivréchet d'or, c'est-à-dire une menora. Il me semble, avec l'aide du Ciel, en voici la raison : nivréchet a les mêmes lettres que nichbéret (la brisée), et le Saint béni soit-Il a dit au prophète Ye'hezkel, la paix sur lui (Ye'hezkel 34,16) : je ramènerai l'égarée et je banderai la brisée. Mais lorsqu'on ne fait pas la volonté de l'Omniprésent, il est écrit dans Zekharya (11,16) qu'Il leur suscitera un roi qui n'est pas bon : et la brisée, il ne la guérira pas -- selon l'expression employée là-bas. Elle fit donc une nivréchet d'or pour y faire allusion à la nichbéret -- dont ce sont les mêmes lettres -- qui est désormais estimée comme de l'or ; car son fils est un bon roi, qui guérit la brisée et la rend précieuse comme l'or. Elle fit cela pour marquer un bon présage au sujet de son fils le roi.
💡 Explication

La liste se poursuit avec la famille royale d'Adiabène, convertie au judaïsme : Monbaz et sa mère Hélène. Chaque don répond à une gêne précise -- la tablette d'or dispense d'aller chercher un sefer Tora chaque fois qu'il faut copier le passage de la sota dans le Temple.

Nikanor occupe une place à part dans la liste : ce n'est pas ce qu'il a donné qui est rapporté, mais ce qui lui est arrivé -- des miracles à ses portes, dont la guemara donnera le récit. La formule finale, on les mentionnait en louange, clôture la série.

Le Ben Yehoyada lit les deux dons de la famille royale comme des messages : l'or, dont les lettres décroissent, comme l'humilité que le roi doit ajouter à mesure qu'il s'élève ; la nivrechet, anagramme de nichberet, la brisée que le bon roi guérit.

🖼️ Schéma
La galerie des bienfaiteurs du Temple -- et ce que chacun a résolu La michna interrompt le rite pour une liste : chaque don répond à une gêne concrète du service. Ben Katin, Cohen gadol Douze becs au kiyor -- et la moukheni qui sauve l'eau de la lina. Gêne résolue : l'attente de douze kohanim, puis l'eau à jeter chaque matin. Le roi Monbaz Toutes les poignées des ustensiles de Yom Kippour, en or. La guemara demandera : pourquoi les poignées seules et non les ustensiles ? Hélène, sa mère Un lustre d'or (nivrechet) au-dessus de l'entrée du Heikhal. Une tablette d'or portant la parachat sota. Pour ne plus sortir un sefer Tora afin d'en copier le passage. Nikanor Des miracles furent faits à ses portes -- la porte de la azara porte encore son nom. Rachi renvoie le récit du miracle à la guemara qui vient. Le seul de la liste dont le mérite tient à ce qui lui est arrivé, non à ce qu'il a fait. Yehochoua ben Gamla -- mentionné dans la michna d'à côté Il refit en or les deux goralot, jusque-là de buis. La guemara établira que le bois était parfaitement kacher -- c'est ce qui donne son sens à la formule de la michna : on le mentionnait en louange, pour un don qui n'était pas dû.
Les bienfaiteurs du Temple selon la michna : ce que chacun a donné et quel embarras concret son don venait lever.
7
גְּמָ׳ מִדְּקָאָמַר לִצְפוֹן הַמִּזְבֵּחַ, מִכְּלָל דְּמִזְבֵּחַ לָאו בְּצָפוֹן קָאֵי. מַנִּי? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב הִיא. דְּתַנְיָא: ״צָפוֹנָה לִפְנֵי ה׳״, שֶׁיְּהֵא צָפוֹן כֻּולּוֹ פָּנוּי, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב

GUEMARA. Du fait qu'il dit au nord de l'autel, il ressort que l'autel ne se tient pas au nord.

Selon qui [est notre michna] ? C'est Rabbi Eliezer ben Yaakov.

Car il est enseigné : au nord, devant l'Éternel (Vayikra 1,11) -- que le nord soit entièrement libre. Paroles de Rabbi Eliezer ben Yaakov.

📜 Rachi (3)
גְּמָ' מִדְּקָאָמַר לִצְפוֹן הַמִּזְבֵּחַ שֶׁהֻוצְרַךְ לְמָושְׁכוֹ מִכְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ וְלַצָּפוֹן:
Guemara. Du fait qu'il dit au nord de l'autel -- puisqu'il a fallu le tirer depuis l'axe de l'autel vers le nord.
מִכְּלָל דְּמִזְבֵּחַ לָאו בְּצָפוֹן הָוֵי קָאֵי אֵין כְּלוּם מִן הַמִּזְבֵּחַ בִּצְפוֹן הָעֲזָרָה וְאִי הֲווּ קָיְימִי כְּנֶגֶד מִזְרָחָהּ שֶׁל מִזְבֵּחַ פֻּורְתָּא לָאו בַּצָּפוֹן קָיְימִי:
Il ressort que l'autel ne se tenait pas au nord -- rien de l'autel n'est dans le nord de la azara ; car s'ils s'étaient tenus un peu à l'est de l'autel, ils ne se tiendraient pas au nord.
צָפוֹנָה עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ צָפֹונָה לְשׁוֹן אֲוִיר מַשְׁמַע הַךְ ה' יְתֵירָה אֶל צָפוֹן שֶׁהוּא הָאֲוִיר הַפָּנוּי:
Au nord, sur le flanc de l'autel -- tsafona a le sens d'un espace [libre] : ce hé surnuméraire [signifie] vers le nord, qui est l'espace vide.
💡 Explication

La guemara ne s'intéresse pas au rite mais à la topographie qu'il présuppose. Le raisonnement tient à une seule précision de la michna : s'il faut dire que le Cohen gadol est tiré au nord de l'autel, c'est que le point d'où il vient -- l'axe de l'autel -- n'était pas déjà le nord. Donc, pour l'auteur de la michna, aucune parcelle de l'autel n'occupe la zone nord.

Cette position est identifiée : c'est celle de Rabbi Eliezer ben Yaakov, qui lit dans le hé final de tsafona (au nord) l'indication d'un espace vide -- que le nord soit tout entier libre. Rachi explique le mécanisme grammatical : le hé surnuméraire désigne l'air, l'espace, et non simplement une direction.

8
וְהָא רֵישָׁא אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא! כֻּולַּהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב הִיא, וּתְנִי בְּבֵין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ.

Mais la première partie [de la michna] est [selon] Elazar be-Rabbi Chimon ! -- L'ensemble est [selon] Rabbi Eliezer ben Yaakov, et enseigne : dans [l'espace jouxtant] l'entre-deux du Oulam et de l'autel.

📜 Rachi (2)
וְהָא רֵישָׁא ר"א בר"ש דְּאָמַר מִזְבֵּחַ מִקְצָתוֹ בַּצָּפוֹן שֶׁהִכְשִׁיר שְׁחִיטַת הַפָּר בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ:
Mais la resha est [selon] Rabbi Elazar be-Rabbi Chimon -- qui dit qu'une partie de l'autel est au nord, puisqu'il a déclaré valide l'abattage du taureau entre le Oulam et l'autel.
כֻּולָּהּ ראב"י וְתָנֵי בְּרֵישָׁא פַּר הָיָה עוֹמֵד בְּבֵין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ סָמוּךְ לְבֵין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ אֵצֶל מִקְצוֹעַ צְפוֹנִית שֶׁל מִזְבֵּחַ שֶׁהָיָה מִקָּרְבָּן אֵצֶל הַפֶּתַח בְּכָל יְכֹולֶת מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְכֹהֵן וְיוֹתֵר מִכָּאן לֹא יָכוֹל לְקָרְבָּן דְּאִי מְעַיֵּיל לֵיהּ כְּנֶגֶד מִזְרַח הַמִּזְבֵּחַ לָאו בַּצָּפוֹן הוּא:
L'ensemble est [selon] Rabbi Eliezer ben Yaakov, et enseigne -- dans la première partie : le taureau se tenait dans [l'espace] jouxtant l'entre-deux du Oulam et de l'autel, tout près de l'entre-deux du Oulam et de l'autel, à l'angle nord de l'autel ; car on l'approchait de l'entrée autant qu'il était possible, à cause de la faiblesse du Cohen [gadol] -- et au-delà on ne pouvait plus l'approcher, car si on l'introduisait face à l'est de l'autel, ce ne serait plus le nord.
💡 Explication

Objection immédiate : la michna précédente plaçait le taureau bein ha-oulam ve-la-mizbeah, entre le vestibule et l'autel, pour la semikha et le viddouy. Or ce lieu ne peut valoir comme nord que si l'autel déborde sur la zone nord -- ce qui est l'avis de Elazar be-Rabbi Chimon, l'inverse de ce qu'on vient d'attribuer à notre michna. Deux michnayot voisines auraient alors deux auteurs opposés.

La réponse ne change pas le lieu, elle change la lecture du mot : lire non pas dans mais dans l'espace jouxtant l'entre-deux du Oulam et de l'autel, c'est-à-dire juste au nord de celui-ci, la où tout le monde s'accorde. Rachi ajoute le motif du déplacement vers l'entrée : on approchait le taureau autant qu'on pouvait, à cause de la faiblesse du Cohen gadol à jeun -- mais pas au-delà, car passé l'axe est de l'autel, on n'est plus au nord.

🖼️ Schéma
Sauver l'unité de la michna : où se tenait exactement le taureau La michna précédente plaçait le taureau bein ha-oulam ve-la-mizbeah -- ce qui semblait supposer qu'une part de l'autel est au nord. Heikhal Oulam Zone nord (libre) valide pour la chehita des kodchei kodachim Autel tout entier au sud bein ha-oulam par le plus près possible de l'entrée Lecture littérale -- Elazar be-Rabbi Chimon DANS l'espace entre le Oulam et l'autel. Cela n'est du nord que si l'autel déborde sur la zone nord. Mais alors notre michna, qui suppose l'inverse, aurait un autre auteur que la précédente. Lecture corrigée -- tout est Rabbi Eliezer ben Yaakov Lire : dans l'espace JOUXTANT l'entre-deux du Oulam et de l'autel, au nord de celui-ci, la où personne ne conteste. Rachi ajoute le motif du déplacement : on approchait le taureau de l'entrée autant que possible à cause de la holcha de-kohen -- la fatigue du Cohen gadol à jeun. La correction ne change pas le lieu physique de plus de quelques coudées -- elle change l'auteur de toute la michna.
La correction de la guemara ne déplace le taureau que de quelques coudées -- mais elle rend à la michna un auteur unique.
9
הַסְּגָן בִּימִינוֹ, וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. אָמַר רַב יְהוּדָה: הַמְהַלֵּךְ לִימִין רַבּוֹ הֲרֵי זֶה בּוּר. תְּנַן: הַסְּגָן בִּימִינוֹ, וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ!

[Michna :] Le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche. Rav Yehouda a dit : celui qui marche à la droite de son maître, celui-là est un bour (un rustre).

Nous avons appris [dans la michna] : le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche !

📜 Rachi (1)
הֲרֵי זֶה בּוֹר אַפֵּי' בְּדֶרֶךְ אֶרֶץ אֵינוֹ בָּקִי:
Celui-là est un bour -- il n'est même pas versé dans les règles de bienséance (derekh erets).
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְעוֹד תַּנְיָא: שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ, הָרַב בְּאֶמְצַע, גָּדוֹל מִיְּמִינוֹ, וְקָטָן בִּשְׂמֹאלוֹ. הָא דְּהֻוצְרַךְ לְהָבִיא הַבָּרַייְתָא מִשּׁוּם דְּמַתְנִיתִין לָא אַייְרֵי בְּרַבּוֹ אֶלָּא בַּסְּגָן וְכֹהֵן גָּדוֹל וְאֵין הַכֹּהֵן גָּדוֹל רַבּוֹ שֶׁל סְגָן אֶלָּא הוּא גָּדוֹל מִמֶּנּוּ, וְעִם כָּל זֶה הֵבִיא הַמִּשְׁנָה תְּחִילָּה מִשּׁוּם דְּנִיחָא לֵיהּ לְהַקְשׁוֹת מִן הַמִּשְׁנָה לְהָאָמוֹרָא וְלֹא מִן הַבָּרַיְיתָא דְּיֵשׁ לוֹמַר לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ וְרַק כְּדֵי שֶׁלֹּא יָבֹא לְחַלֵּק בֵּין גָּדוֹל לְרַבּוֹ הֵבִיא דִּבְרֵי הַבָּרַיְיתָא דְּמַשְׁמַע דְּדִין חַד לְהוּ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד הֻוצְרַךְ לְהָבִיא הַבָּרַייְתָא גַּם כֵּן כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּחַלֵּק בֵּין עוֹמֵד לִמְהַלֵּךְ שֶׁתֹּאמַר רַב יְהוּדָה אַיְירֵי בִּמְהַלֵּךְ וּמַתְנִיתִין דְּהַסְּגָן בִּימִינוֹ אַיְירֵי בְּעוֹמֵד לְכָךְ הֵבִיא הַבָּרַייְתָא דְּקָאָמַר לְהֶדְיָא שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ דְּשָׁמַע מִינָּהּ דְּאֵין חִילּוּק בְּכָךְ. וְרָאִיתִי לְהָרַב שִׂיחַ יִצְחָק זַ"ל שֶׁהֵבִיא קֻושְׁיָא בְּשֵׁם מהרד"ך זַ"ל דְּרַשִׁ"י זַ"ל בְּפֶרֶק הֲדַר כָּתַב הָא דְּאָמְרִינַן (יוֹמָא לז.) מְהַלֵּךְ לִימִין רַבּוֹ הֲרֵי זֶה בּוּר הַייְנוּ דַּוְקָא כְּשֶׁהַשְּׂמֹאל פָּנוּי, וּלְפִי זֶה מַאי פָּרֵיךְ הָכָא מִדִּתְנַן סְגָן בִּימִינוֹ דְּכָאן שָׁאנֵי שֶׁאֵין הַשְּׂמֹאל פָּנוּי וְהִנִּיחַ בְּצָרִיךְ עִיּוּן, עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּסָבַר הַמַּקְשָׁן דְּאֵין לְחַלֵּק בְּהָכִי אֶלָּא בְּכָל גַּווְנָא הֲרֵי זֶה בּוּר דְּאִם אִיתָא לְהָכִי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר בְּמַתְנִיתִין רֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ וְהַסְּגָן בִּימִינוֹ כְּדֵי לְלַמְּדֵינוּ לְפִי דַּרְכּוֹ דְּאֵין הַסְּגָן רָאוּי שֶׁיִּהְיֶה בִּימִינוֹ אֶלָּא אִם כֵּן רֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ, דְּאֵין הַשְּׂמֹאל פָּנוּי אֲבָל אִם הַשְּׂמֹאל פָּנוּי לֹא יִהְיֶה הַסְּגָן בִּימִינוֹ, וְכֵן בַּבָּרַיְיתָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר הָכִי הָרַב בְּאֶמְצַע קָטָן מִשְּׂמֹאלוֹ וְגָדוֹל מִיְּמִינוֹ, כְּדֵי לְלַמְּדֵינוּ דָּבָר זֶה וְכֵיוָן דְּלָא נָקֵיט הָכֵי שְׁמַע מִינָּה דִּבְכָל גַּווְנָא הַגָּדוֹל בְּיָמִין אַף עַל פִּי שֶׁהַשְּׂמֹאל פָּנוּי.
Et encore, il est enseigné : trois qui marchaient en chemin -- le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche. S'il a fallu apporter la beraita, c'est parce que la michna ne parle pas d'un maître mais du segan et du Cohen gadol -- et le Cohen gadol n'est pas le maître du segan, il lui est seulement supérieur. Malgré cela, [la guemara] a d'abord apporté la michna, parce qu'il lui est plus commode d'objecter à l'Amora depuis une michna que depuis une beraita, dont on pourrait dire qu'il ne l'avait pas entendue ; et c'est seulement pour qu'on n'en vienne pas à distinguer entre un supérieur et un maître qu'elle a apporté les paroles de la beraita, dont il ressort que leur règle est une. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, qu'il a fallu apporter la beraita aussi afin que tu ne distingues pas entre celui qui se tient debout et celui qui marche -- c'est-à-dire que tu dirais : Rav Yehouda parle de celui qui marche, tandis que la michna, où le segan est à sa droite, parle de celui qui se tient debout. C'est pourquoi elle a apporté la beraita, qui dit explicitement trois qui marchaient en chemin -- d'où l'on apprend qu'il n'y a pas de distinction en cela. Et j'ai vu que le Rav Siah Yits'hak z"l a rapporté une question au nom du Maharda"kh z"l : Rachi z"l, au chapitre Ha-dar, a écrit que ce que nous disons (Yoma 37a) -- celui qui marche à la droite de son maître est un bour -- ne vaut précisément que lorsque la gauche est libre ; et selon cela, quelle est l'objection ici depuis ce que nous avons appris, le segan à sa droite, puisqu'ici c'est différent, la gauche n'étant pas libre ? Et il l'a laissé en tsarikh iyoun, vois-y. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que celui qui objecte estime qu'il n'y a pas lieu de distinguer ainsi, mais qu'en toute manière celui-là est un bour. Car s'il en était autrement, la michna aurait dû dire : le roch beit av à sa gauche et le segan à sa droite -- afin de nous enseigner chemin faisant que le segan ne mérite d'être à sa droite que si le roch beit av est à sa gauche, la gauche n'étant alors pas libre ; mais si la gauche est libre, le segan ne se tiendra pas à sa droite. De même dans la beraita, elle aurait dû dire ainsi : le maître au milieu, le plus petit à sa gauche et le plus grand à sa droite, afin de nous enseigner cela. Et puisqu'elle n'a pas formulé ainsi, apprends-en qu'en toute manière le plus grand est à droite, même si la gauche est libre.
💡 Explication

La guemara passe des lieux aux convenances. Rav Yehouda énonce une règle de derekh erets : marcher à la droite de son maître, c'est se placer à son niveau -- Rachi glose durement, un tel homme n'est même pas versé dans les usages élémentaires.

L'objection vient de la michna qu'on vient de lire : le segan, qui est au Cohen gadol ce qu'un élève est à son maître, se tient bien à sa droite. Le Ben Yehoyada note que la michna ne parle pas exactement d'un maître mais d'un supérieur -- ce qui expliquera pourquoi la guemara ajoutera aussitôt une beraita.

10
וְעוֹד, תַּנְיָא: שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ — הָרַב בְּאֶמְצַע, גָּדוֹל בִּימִינוֹ, וְקָטָן מִשְּׂמֹאלוֹ. וְכֵן מָצִינוּ בִּשְׁלֹשָׁה מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת שֶׁבָּאוּ אֵצֶל אַבְרָהָם, מִיכָאֵל בְּאֶמְצַע, גַּבְרִיאֵל בִּימִינוֹ, וּרְפָאֵל בִּשְׂמֹאלוֹ.

Et encore, il est enseigné : trois qui marchaient en chemin -- le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche. Et ainsi trouvons-nous chez les trois anges du service qui vinrent chez Avraham : Mikhael au milieu, Gavriel à sa droite et Refael à sa gauche.

📜 Rachi (1)
ג' שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ לֹא יֵלְכוּ זֶה אַחַר זֶה אֶלָּא בְּשׁוּרָה אַחַת וְכֵן מָצִינוּ בְּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מִדִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית יח) שְׁלֹשָׁה נִצָּבִים עָלָיו מִכְּלָל שֶׁבְּשׁוּרָה אַחַת הֲווּ קָיְימִי זֶה אֵצֶל זֶה דְּאִי זֶה אַחַר זֶה קָייְמִי אֵין זֶה נִצָּבִים עָלָיו אֶלָּא רִאשׁוֹן:
Trois qui marchaient en chemin -- qu'ils n'aillent pas l'un derrière l'autre, mais sur une seule ligne. Et ainsi trouvons-nous chez les anges du service, du fait qu'il est écrit (Bereshit 18) : trois se tenaient sur lui -- il en ressort qu'ils se tenaient sur une seule ligne, l'un à côté de l'autre ; car s'ils s'étaient tenus l'un derrière l'autre, seul le premier aurait été se tenant sur lui.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וְעוֹד תַּנְיָא: שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ, הָרַב בְּאֶמְצַע, גָּדוֹל מִיְּמִינוֹ, וְקָטָן בִּשְׂמֹאלוֹ. הָא דְּהֻוצְרַךְ לְהָבִיא הַבָּרַייְתָא מִשּׁוּם דְּמַתְנִיתִין לָא אַייְרֵי בְּרַבּוֹ אֶלָּא בַּסְּגָן וְכֹהֵן גָּדוֹל וְאֵין הַכֹּהֵן גָּדוֹל רַבּוֹ שֶׁל סְגָן אֶלָּא הוּא גָּדוֹל מִמֶּנּוּ, וְעִם כָּל זֶה הֵבִיא הַמִּשְׁנָה תְּחִילָּה מִשּׁוּם דְּנִיחָא לֵיהּ לְהַקְשׁוֹת מִן הַמִּשְׁנָה לְהָאָמוֹרָא וְלֹא מִן הַבָּרַיְיתָא דְּיֵשׁ לוֹמַר לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ וְרַק כְּדֵי שֶׁלֹּא יָבֹא לְחַלֵּק בֵּין גָּדוֹל לְרַבּוֹ הֵבִיא דִּבְרֵי הַבָּרַיְיתָא דְּמַשְׁמַע דְּדִין חַד לְהוּ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד הֻוצְרַךְ לְהָבִיא הַבָּרַייְתָא גַּם כֵּן כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּחַלֵּק בֵּין עוֹמֵד לִמְהַלֵּךְ שֶׁתֹּאמַר רַב יְהוּדָה אַיְירֵי בִּמְהַלֵּךְ וּמַתְנִיתִין דְּהַסְּגָן בִּימִינוֹ אַיְירֵי בְּעוֹמֵד לְכָךְ הֵבִיא הַבָּרַייְתָא דְּקָאָמַר לְהֶדְיָא שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ דְּשָׁמַע מִינָּהּ דְּאֵין חִילּוּק בְּכָךְ. וְרָאִיתִי לְהָרַב שִׂיחַ יִצְחָק זַ"ל שֶׁהֵבִיא קֻושְׁיָא בְּשֵׁם מהרד"ך זַ"ל דְּרַשִׁ"י זַ"ל בְּפֶרֶק הֲדַר כָּתַב הָא דְּאָמְרִינַן (יוֹמָא לז.) מְהַלֵּךְ לִימִין רַבּוֹ הֲרֵי זֶה בּוּר הַייְנוּ דַּוְקָא כְּשֶׁהַשְּׂמֹאל פָּנוּי, וּלְפִי זֶה מַאי פָּרֵיךְ הָכָא מִדִּתְנַן סְגָן בִּימִינוֹ דְּכָאן שָׁאנֵי שֶׁאֵין הַשְּׂמֹאל פָּנוּי וְהִנִּיחַ בְּצָרִיךְ עִיּוּן, עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּסָבַר הַמַּקְשָׁן דְּאֵין לְחַלֵּק בְּהָכִי אֶלָּא בְּכָל גַּווְנָא הֲרֵי זֶה בּוּר דְּאִם אִיתָא לְהָכִי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר בְּמַתְנִיתִין רֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ וְהַסְּגָן בִּימִינוֹ כְּדֵי לְלַמְּדֵינוּ לְפִי דַּרְכּוֹ דְּאֵין הַסְּגָן רָאוּי שֶׁיִּהְיֶה בִּימִינוֹ אֶלָּא אִם כֵּן רֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ, דְּאֵין הַשְּׂמֹאל פָּנוּי אֲבָל אִם הַשְּׂמֹאל פָּנוּי לֹא יִהְיֶה הַסְּגָן בִּימִינוֹ, וְכֵן בַּבָּרַיְיתָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר הָכִי הָרַב בְּאֶמְצַע קָטָן מִשְּׂמֹאלוֹ וְגָדוֹל מִיְּמִינוֹ, כְּדֵי לְלַמְּדֵינוּ דָּבָר זֶה וְכֵיוָן דְּלָא נָקֵיט הָכֵי שְׁמַע מִינָּה דִּבְכָל גַּווְנָא הַגָּדוֹל בְּיָמִין אַף עַל פִּי שֶׁהַשְּׂמֹאל פָּנוּי.
Et encore, il est enseigné : trois qui marchaient en chemin -- le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche. S'il a fallu apporter la beraita, c'est parce que la michna ne parle pas d'un maître mais du segan et du Cohen gadol -- et le Cohen gadol n'est pas le maître du segan, il lui est seulement supérieur. Malgré cela, [la guemara] a d'abord apporté la michna, parce qu'il lui est plus commode d'objecter à l'Amora depuis une michna que depuis une beraita, dont on pourrait dire qu'il ne l'avait pas entendue ; et c'est seulement pour qu'on n'en vienne pas à distinguer entre un supérieur et un maître qu'elle a apporté les paroles de la beraita, dont il ressort que leur règle est une. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, qu'il a fallu apporter la beraita aussi afin que tu ne distingues pas entre celui qui se tient debout et celui qui marche -- c'est-à-dire que tu dirais : Rav Yehouda parle de celui qui marche, tandis que la michna, où le segan est à sa droite, parle de celui qui se tient debout. C'est pourquoi elle a apporté la beraita, qui dit explicitement trois qui marchaient en chemin -- d'où l'on apprend qu'il n'y a pas de distinction en cela. Et j'ai vu que le Rav Siah Yits'hak z"l a rapporté une question au nom du Maharda"kh z"l : Rachi z"l, au chapitre Ha-dar, a écrit que ce que nous disons (Yoma 37a) -- celui qui marche à la droite de son maître est un bour -- ne vaut précisément que lorsque la gauche est libre ; et selon cela, quelle est l'objection ici depuis ce que nous avons appris, le segan à sa droite, puisqu'ici c'est différent, la gauche n'étant pas libre ? Et il l'a laissé en tsarikh iyoun, vois-y. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que celui qui objecte estime qu'il n'y a pas lieu de distinguer ainsi, mais qu'en toute manière celui-là est un bour. Car s'il en était autrement, la michna aurait dû dire : le roch beit av à sa gauche et le segan à sa droite -- afin de nous enseigner chemin faisant que le segan ne mérite d'être à sa droite que si le roch beit av est à sa gauche, la gauche n'étant alors pas libre ; mais si la gauche est libre, le segan ne se tiendra pas à sa droite. De même dans la beraita, elle aurait dû dire ainsi : le maître au milieu, le plus petit à sa gauche et le plus grand à sa droite, afin de nous enseigner cela. Et puisqu'elle n'a pas formulé ainsi, apprends-en qu'en toute manière le plus grand est à droite, même si la gauche est libre.
וְכֵן מָצִינוּ בִּשְׁלֹשָׁה מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת שֶׁבָּאוּ אֵצֶל אַבְרָהָם, מִיכָאֵל בְּאֶמְצַע, גַּבְרִיאֵל בִּימִינוֹ, רְפָאֵל בִּשְׂמֹאלוֹ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְמַאי הֻוצְרַךְ לְהָבִיא סֵיפָא זוֹ דְּבָרַייְתָא דְּדַי לְהַקְשׁוֹת לְרַב יְהוּדָה מֵרֵישָׁא דְּקָאָמַר הַגָּדוֹל מִיְּמִינוֹ וְקָטָן מִשְּׂמֹאלוֹ? וְנִרְאֶה לִי כִּי מֵרֵישָׁא בִּלְחוּד יֵשׁ לְתָרֵץ דְּאַיְירֵי בִּמְהַלְּכִין בְּדֶרֶךְ אֲרֻוכָּה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ יְגִיעָה וּלְכָךְ הוֹלֵךְ מִיְּמִינוֹ כְּדֵי לְשַׁמְּשׁוֹ שֶׁיִּהְיֶה נִסְמָךְ עָלָיו בְּהִילּוּכוֹ, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בִּירוּשַׁלְמִי רַבִּי יוֹחָנָן הֲוָה אָזֵיל מִטְּבֶרְיָא לְצִפּוֹרִי וַהֲוָה מִסְתְּמִיךְ עַל רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא וְכֵן יְשַׁמְּשֶׁנּוּ בַּעֲלִיָּה וִירִידָה שֶׁיִּזְדַּמֵּן לִפְנֵיהֶם בַּדֶּרֶךְ וּבְכָל שִׁמּוּשִׁים אֵלּוּ צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה הוֹלֵךְ מִיְּמִינוֹ וְכֵיוָן דַּעֲבִיד כֵּן בִּשְׁבִיל כְּבוֹדוֹ לְשַׁמְּשׁוֹ הֲרֵי זֶה מְשֻׁובָּח וְאֵין זֶה בּוּר, אֲבָל רַב יְהוּדָה אַייְרֵי בִּמְהַלֵּךְ בְּחָצֵר אוֹ בִּמְבוֹאוֹת הָעִיר, דְּהָא רַב יְהוּדָה לָא קָאָמַר הַמְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּבָּרַיְיתָא לְכָךְ הֵבִיא סֵיפָא דְּבָרַייְתָא דְּקָאָמַר וְכֵן מָצִינוּ בְּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת וְכוּ' וּבַמַּלְאָכִים לֵיכָּא יְגִיעָה בַּדֶּרֶךְ וְאֵין צְרִיכִין לְשַׁמֵּשׁ זֶה אֶת זֶה, וְעוֹד שֶׁהֵם כְּבָר עָמְדוּ וְנִצְּבוּ בִּפְנֵי אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה בְּאֹופֶן זֶה מִיכָאֵל בָּאֶמְצַע גַּבְרִיאֵל בִּימִינוֹ וּרְפָאֵל מִשְּׂמֹאלוֹ.
Et ainsi trouvons-nous chez les trois anges du service qui vinrent chez Avraham : Mikhael au milieu, Gavriel à sa droite, Refael à sa gauche. Il y a lieu de demander : pourquoi a-t-il fallu apporter cette fin de beraita, alors qu'il suffisait d'objecter à Rav Yehouda depuis son début, où il est dit le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche ? Il me semble que du début seul on aurait pu répondre qu'il s'agit de gens qui marchent sur une longue route où il y a de la fatigue : il marche alors à sa droite afin de le servir, pour qu'il puisse s'appuyer sur lui en marchant -- comme ils ont dit dans le Yeroushalmi : Rabbi Yo'hanan allait de Tibériade à Tsipori et s'appuyait sur Rabbi Hiya bar Abba ; et de même il le servira dans les montées et les descentes qui se présenteront à eux en chemin. Or pour tous ces services il faut qu'il marche à sa droite ; et puisqu'il agit ainsi par égard pour son honneur, afin de le servir, c'est la chose louable et il n'est pas un bour. Mais Rav Yehouda, lui, parle de celui qui marche dans une cour ou dans les ruelles de la ville -- car Rav Yehouda n'a pas dit celui qui marche en chemin, comme il est dit dans la beraita. C'est pourquoi [la guemara] a apporté la fin de la beraita, qui dit : et ainsi trouvons-nous chez les anges du service, etc. -- or chez les anges il n'y a pas de fatigue du chemin et ils n'ont pas besoin de se servir l'un l'autre ; et de plus, ils s'étaient déjà tenus debout devant Avraham Avinou, la paix sur lui, de cette manière : Mikhael au milieu, Gavriel à sa droite et Refael à sa gauche.
💡 Explication

Seconde objection, tirée d'une beraita qui porte cette fois explicitement sur un maître et sur des gens qui marchent : elle ferme les deux échappatoires qu'on aurait pu tenter contre la première objection.

La beraita ajoute une preuve scripturaire élégante : les trois anges chez Avraham. Rachi montre d'où elle se tire -- chelocha anachim nitsavim alav, trois hommes se tenaient sur lui : s'ils avaient marché en file indienne, seul le premier aurait été dit se tenant sur lui. Donc ils étaient sur une ligne, et l'ordre est nommé : Mikhael au centre, Gavriel à droite, Refael à gauche.

Le Ben Yehoyada explique pourquoi la beraita ne pouvait s'arrêter à sa première phrase : sur une longue route, marcher à droite peut s'expliquer par le service -- on soutient son maître. Les anges, eux, ne connaissent ni fatigue ni besoin d'appui : leur disposition prouve que la droite est une place d'honneur, non de commodité.

11
תַּרְגְּמַהּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר פָּפָּא קַמֵּיהּ דְּרַב אַדָּא: כְּדֵי שֶׁיִּתְכַּסֶּה בּוֹ רַבּוֹ. וְהַתַּנְיָא: הַמְהַלֵּךְ כְּנֶגֶד רַבּוֹ — הֲרֵי זֶה בּוֹר, אֲחוֹרֵי רַבּוֹ — הֲרֵי זֶה מִגַּסֵּי הָרוּחַ! דִּמְצַדֵּד אַצִּדּוּדִי.

Rav Chmouel bar Papa l'a expliqué devant Rav Ada : de sorte que son maître le couvre. Mais n'est-il pas enseigné : celui qui marche à hauteur de son maître, celui-là est un bour ; derrière son maître, celui-là est parmi les orgueilleux ! -- [C'est qu'il se place] de biais.

📜 Rachi (3)
כְּדֵי שֶׁיִּתְכַּסֶּה בּוֹ רַבּוֹ הָא דְּקָתָנֵי מִיְּמִינוֹ לֹא שֶׁיֵּלֵךְ אֶצְלוֹ אֶלָּא מֵאֲחוֹרָיו וּמִיהוּ גָּדוֹל לְיָמִין וְקָטָן לְצַד שְׂמֹאל אֵצֶל גָּדוֹל וּשְׁנֵיהֶם אֲחוֹרֵי הָרַב מַמָּשׁ:
De sorte que son maître le couvre -- ce qui est enseigné à sa droite ne signifie pas qu'il marche à côté de lui, mais derrière lui ; toutefois le plus grand à droite et le plus petit du côté gauche, à côté du plus grand -- et tous deux exactement derrière le maître.
ה"ג וְהָתַנְיָא הַמְהַלֵּךְ כְּנֶגֶד רַבּוֹ הֲרֵי זֶה בּוּר אֲחוֹרֵי רַבּוֹ הֲרֵי זֶה מִגַּסֵּי הָרוּחַ:
Voici la version que nous lisons : mais n'est-il pas enseigné -- celui qui marche à hauteur de son maître, celui-là est un bour ; derrière son maître, celui-là est parmi les orgueilleux.
דִּמְצַדֵּד אַצִּדּוּדִי לֹא אֵצֶל מַמָּשׁ וְלֹא אֲחוֹרֵי מַמָּשׁ אֶלָּא שֶׁיְּכַסֶּה בּוֹ רַבּוֹ מִקְצָת צַד רַבּוֹ:
Il se place de biais -- ni exactement à côté, ni exactement derrière, mais de sorte qu'il soit couvert par son maître pour une partie du flanc de celui-ci.
💡 Explication

La résolution est géométrique. Rav Chmouel bar Papa distingue deux choses que le mot à sa droite confondait : le côté et la ligne. Être à droite ne signifie pas être à hauteur ; il faut se tenir légèrement en retrait, couvert par son maître.

Mais une beraita coince la réponse entre deux fautes : à hauteur du maître -- bour ; franchement derrière lui -- orgueilleux, car on le fait défiler devant soi. Il ne reste qu'une position, et la guemara la nomme d'un mot : metsaded atsdoudei, de biais. Rachi la définit par double négation : ni exactement à côté, ni exactement derrière.

🖼️ Schéma
Où marche-t-on par rapport à son maître ? Trois interdits et une seule position juste Vue du dessus, le sens de la marche vers le haut de l'image. À hauteur du maître -- bour rav élève Il se fait son égal. Rachi : il ignore jusqu'au derekh erets. Franchement derrière -- orgueil rav élève Il fait défiler son maître devant lui. De biais -- metsaded atsdoudei rav élève Ni à côté, ni derrière : légèrement en retrait sur la droite, partiellement couvert. Quand ils sont trois rav grand petit à la droite du maître à sa gauche Attention : dans un plan vu du dessus, la droite du maître est à gauche de l'image. Les deux applications du daf Michna : Cohen gadol au centre, SEGAN à droite, ROCH BEIT AV à gauche. Beraita : les trois anges chez Avraham -- MIKHAEL au centre, GAVRIEL à droite, REFAEL à gauche. Rachi : nitsavim alav suppose une ligne, non une file indienne.
Les deux positions interdites et la seule qui reste -- et les deux applications que le daf en donne, au Temple et chez Avraham.
12
וְקַלְפִּי הָיְתָה שָׁם וּבָהּ שְׁנֵי גוֹרָלוֹת. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְנָתַן אַהֲרֹן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִם גּוֹרָלוֹת״, [גּוֹרָלוֹת] שֶׁל כָּל דָּבָר.

[Michna :] Et une kalpi était là, et dedans deux goralot. Nos maîtres ont enseigné : Et Aharon placera sur les deux boucs des goralot (Vayikra 16,8) -- des goralot de n'importe quelle matière.

💡 Explication

Nouvelle unité, consacrée aux deux sorts. La beraita s'ouvre sur une affirmation qui paraîtra bientôt triviale à la guemara : le verset dit goralot sans préciser de matière, donc n'importe quelle matière convient. Le segment 13 expliquera pourquoi cette évidence avait besoin d'être dite.

13
יָכוֹל יִתֵּן שְׁנַיִם עַל זֶה וּשְׁנַיִם עַל זֶה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גּוֹרָל אֶחָד לַה׳ וְגוֹרָל אֶחָד לַעֲזָאזֵל״ — אֵין כָּאן לַשֵּׁם אֶלָּא גּוֹרָל אֶחָד, וְאֵין כָּאן לַעֲזָאזֵל אֶלָּא אֶחָד. יָכוֹל יִתֵּן שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל זֶה וְשֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל זֶה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גּוֹרָל אֶחָד [לָה׳״ — אֵין כָּאן לַה׳ אֶלָּא אֶחָד, וְאֵין כָּאן לַעֲזָאזֵל אֶלָּא אֶחָד]. אִם כֵּן, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״גּוֹרָלוֹת״ — שֶׁיִּהְיוּ שָׁוִין, שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה אֶחָד שֶׁל זָהָב וְאֶחָד שֶׁל כֶּסֶף, אֶחָד גָּדוֹל וְאֶחָד קָטָן.

On aurait pu penser qu'il en pose deux sur celui-ci et deux sur celui-là ; c'est pourquoi le verset dit : un goral pour l'Éternel et un goral pour Azazel -- il n'y a ici pour le Nom qu'un seul goral, et il n'y a ici pour Azazel qu'un seul. On aurait pu penser qu'il pose celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci, et celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-là ; c'est pourquoi le verset dit : un goral [pour l'Éternel -- il n'y a ici pour l'Éternel qu'un seul, et il n'y a ici pour Azazel qu'un seul].

S'il en est ainsi, que vient enseigner [le pluriel] goralot ? -- Qu'ils soient identiques : qu'il n'en fasse pas un d'or et un d'argent, un grand et un petit.

📜 Rachi (4)
יָכוֹל יִתֵּן שְׁנַיִם עַל זֶה וּשְׁנַיִם עַל זֶה וְהָכִי קָאָמַר קְרָא וְנָתַן עַל כָּל אֶחָד מִשְּׁנֵיהֶם גּוֹרָלוֹת דְּמַשְׁמַע שְׁנַיִם:
On aurait pu penser qu'il en pose deux sur celui-ci et deux sur celui-là -- et voici ce que dirait le verset : il posera sur chacun des deux des goralot, ce qui implique deux.
ת"ל גּוֹרָל אֶחָד לַה' אֵין כְּתִיב שֵׁם אֶלָּא עַל אֶחָד מֵהֶם וְאֵין כְּתִיב עֲזָאזֵל אֶלָּא עַל אֶחָד מֵהֶם:
C'est pourquoi le verset dit : un goral pour l'Éternel -- le Nom n'est écrit que sur l'un d'eux, et Azazel n'est écrit que sur l'un d'eux.
יָכוֹל יִתֵּן שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל זֶה לְקַייֵּם וְנָתַן גּוֹרָלוֹת שְׁנַיִם עַל כָּל אֶחָד מִשְּׁנֵיהֶם וְאֵיזֶה שֶׁיִּרְצֶה יַעֲשֶׂה לְשֵׁם:
On aurait pu penser qu'il pose celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci -- pour accomplir [le verset] il posera des goralot, deux sur chacun des deux ; et celui qu'il voudra, il le fera pour le Nom.
ת"ל אֶחָד מִמַּשְׁמָע שֶׁנֶּאֱמַר גּוֹרָל לָה' יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא אֶחָד וְכִי כְּתִיב אֶחָד לִדְרָשָׁה כַּתְבֵיהּ:
C'est pourquoi le verset dit : un -- du fait même qu'il est dit un goral pour l'Éternel, je sais déjà qu'il est unique ; si donc il est écrit un, c'est pour une deracha qu'il l'a écrit.
🗂️ Tossefot (2)
יָכוֹל יִתֵּן שְׁנַיִם עַל זֶה מַשְׁמַע דְּהָכִי פִּי' שְׁנַיִם שֶׁכָּתוּב עֲלֵיהֶם לְשֵׁם יִתֵּן עַל שֶׁל שֵׁם וּשְׁנַיִם שֶׁל עֲזָאזֵל עַל שֶׁל עֲזָאזֵל אֲבָל בַּיְּרוּשַׁלְמִי פָּרֵיךְ אַהָא דְקָאָמַר יָכוֹל יִתֵּן שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל זֶה וְעַל זֶה וְלָאו דָּא הִיא קַמַּיְיתָא מַשְׁמַע דֹּב' עַל זֶה וּב' עַל זֶה הַיְינוּ שֶׁל שֵׁם וַעֲזָאזֵל עַל זֶה וְעַל זֶה וּמְתָרֵץ הָכִי יָכוֹל מִשֶּׁהוּא נוֹתֵן שֶׁל שֵׁם עַל שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל שֶׁל עֲזָאזֵל יַחֲלִיף וְיִתֵּן שֶׁל שֵׁם עַל שֶׁל עֲזָאזֵל וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל שֶׁל שֵׁם:
On aurait pu penser qu'il en pose deux sur celui-ci -- il ressort que voici le sens : deux [sorts] sur lesquels est écrit pour le Nom, il les poserait sur [le bouc] du Nom, et deux d'Azazel sur [le bouc] d'Azazel. Mais dans le Yeroushalmi on objecte sur ce qui est dit ensuite -- on aurait pu penser qu'il pose celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci et sur celui-là : n'est-ce pas la même chose que la première [hypothèse] ? Il en ressort que deux sur celui-ci et deux sur celui-là signifiait déjà celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci et sur celui-là. Et [le Yeroushalmi] répond ainsi : on aurait pu penser qu'après avoir posé celui du Nom sur [le bouc] du Nom et celui d'Azazel sur [le bouc] d'Azazel, il les intervertisse et pose celui du Nom sur celui d'Azazel et celui d'Azazel sur celui du Nom.
יָכוֹל יִתֵּן שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל זֶה כו' פירש"י וְיִבְרֹור אֵיזֶה שֶׁיִּרְצֶה לַשֵּׁם וְאֵיזֶה שֶׁיִּרְצֶה לַעֲזָאזֵל וא"צ לְפָרֵשׁ כֵּן דְּנִמְצָא שֶׁלֹּא הָיָה הַגּוֹרָל קוֹבַעַת אֶלָּא הַשֵּׁם וּקְרָא כְּתִיב וְעָשָׂהוּ חַטָּאת וְדָרְשִׁינַן מִינֵּיהּ בְּפֶרֶק טָרַף בַּקַּלְפִּי (לְקַמָּן יוֹמָא מ:) דְּלָא הַשֵּׁם עוֹשֵׂהוּ חַטָּאת אֶלָּא הַגּוֹרָל אֶלָּא נ"ל לְפָרֵשׁ יָכוֹל יִתֵּן שֶׁל שֵׁם כו' כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ בִּירֻושַּׁל' לְאַחַר שֶׁנָּתַן שֶׁל שֵׁם עַל שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל שֶׁל עֲזָאזֵל יַחֲלִיף וְיִתֵּן שֶׁל זֶה עַל שֶׁל זֶה לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר גּוֹרָלוֹת דְּמַשְׁמַע גּוֹרָלוֹת עַל כָּל א' אִי נָמֵי לְאַחַר שֶׁנִּקְבְּעוּ יָבִיא עוֹד ב' גּוֹרָלוֹת שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל וְיַנִּיחַ שֶׁל שֵׁם עַל שֶׁל שֵׁם וְשֶׁל עֲזָאזֵל עַל שֶׁל עֲזָאזֵל:
On aurait pu penser qu'il pose celui du Nom et celui d'Azazel sur celui-ci, etc. -- Rachi a expliqué : et il choisira lequel il veut pour le Nom et lequel il veut pour Azazel. Mais il n'est pas nécessaire d'expliquer ainsi, car il en résulterait que ce n'est pas le goral qui fixe [le statut du bouc] mais la désignation -- alors que le verset dit : et il en fera un hatat, dont nous tirons au chapitre Taraf ba-kalpi (plus loin, Yoma 40b) que ce n'est pas la désignation qui en fait un hatat, mais le goral. Il me semble donc qu'il faut expliquer on aurait pu penser qu'il pose celui du Nom, etc., comme il se trouve dans le Yeroushalmi : après avoir posé celui du Nom sur [le bouc] du Nom et celui d'Azazel sur [le bouc] d'Azazel, il les intervertit et pose celui de l'un sur celui de l'autre, pour accomplir ce qui est dit goralot, qui implique des goralot sur chacun. Ou bien : après qu'ils ont été fixés, il apporterait encore deux goralot, celui du Nom et celui d'Azazel, et poserait celui du Nom sur [le bouc] du Nom et celui d'Azazel sur [le bouc] d'Azazel.
💡 Explication

La beraita exploite une tension interne au verset : goralot est au pluriel, mais goral ehad -- un sort -- est au singulier, deux fois. Elle procède en éliminant deux lectures du pluriel avant d'en tirer un enseignement inattendu.

Les deux hypothèses écartées supposent quatre sorts : soit deux assortis sur chaque bouc, soit un de chaque sur chaque bouc -- le Cohen gadol choisissant ensuite l'affectation. Le mot ehad les tue. Rachi éclaire pourquoi ce mot est exploitable : goral la-Hachem se lisait déjà au singulier ; si la Tora ajoute ehad, c'est qu'elle l'écrit pour la deracha.

Reste alors à recycler le pluriel, puisqu'il ne peut plus désigner le nombre par bouc. Il devient une exigence de ressemblance : les deux sorts doivent être identiques de matière et de taille. L'enjeu est évident -- un sort reconnaissable au toucher ruinerait le tirage.

🖼️ Schéma
Quatre façons de poser les sorts -- une seule survit Hava amina 1 : 2 + 2 assortis bouc A la-Hachem la-Hachem bouc B la-Azazel la-Azazel Hava amina 2 : 1 + 1 sur chacun bouc A la-Hachem la-Azazel bouc B la-Hachem la-Azazel La halakha : un seul sur chacun bouc A la-Hachem bouc B la-Azazel Écartées par : goral EHAD la-Hachem ve-goral EHAD la-Azazel Rachi : le mot ehad est superflu -- goral la-Hachem se lisait déjà au singulier. S'il est écrit, c'est qu'il enseigne quelque chose : un seul par bouc. Ce qu'il reste au pluriel Non plus le nombre, mais l'exigence que les deux sorts soient identiques. La variante du Yeroushalmi, retenue par les Tossefot L'hypothèse 2 n'est pas qu'on choisisse ensuite lequel est lequel -- ce serait la désignation verbale, et non le sort, qui fixerait le statut du bouc, contre ce qu'on tire de ve-assahou hatat (Yoma 40b). C'est : après avoir posé, on intervertit.
Les hypothèses de la beraita sur la pose des sorts, ce qui les élimine, et le nouveau rôle du pluriel goralot.
14
גּוֹרָלוֹת שֶׁל כָּל דָּבָר: פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, לְכִדְתַנְיָא: לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בַּצִּיץ שֶׁהַשֵּׁם כָּתוּב עָלָיו וְהוּא שֶׁל זָהָב, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גּוֹרָל״ ״גּוֹרָל״ רִיבָּה, רִיבָּה שֶׁל זַיִת, רִיבָּה שֶׁל אֱגוֹז, רִיבָּה שֶׁל אֶשְׁכְּרוֹעַ.

[Il a été enseigné :] des goralot de n'importe quelle matière -- c'est évident ! Non, cela est nécessaire pour ce qui a été enseigné : puisque nous trouvons à propos du tsits (la lame frontale) que le Nom y est écrit et qu'il est d'or, on aurait pu penser que celui-ci aussi [doive être d'or] ; c'est pourquoi le verset dit goral, goral -- [répétition qui] inclut : elle inclut [un goral] d'olivier, elle inclut [un goral] de noyer, elle inclut [un goral] de buis.

📜 Rachi (1)
יָכוֹל אַף זֶה כֵּן גּוֹרָל שֶׁהַשֵּׁם כָּתוּב עָלָיו:
On aurait pu penser que celui-ci aussi -- le goral, sur lequel le Nom est écrit.
🗂️ Tossefot (1)
ת"ל גּוֹרַל גּוֹרָל רִיבָּה מִיהוּ תֵּימַהּ לִי דְּמֵעִיקָּרָא קָאָמַר דְּמִגּוֹרָלוֹת נָפְקָא לָן וַהֲדַר מַיְיתֵי בָּרַייְתָא דְּמִגּוֹרַל גּוֹרָל נָפְקָא לֵיהּ וְעוֹד דִּלְעֵיל דָּרְשִׁינַן מִדִּכְתִיב גּוֹרָלוֹת שֶׁיְּהוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין וְי"ל דְּהָא דְּקָתָנֵי גּוֹרָלוֹת שֶׁל כָּל דָּבָר לָאו מִמַּשְׁמָעוּת דְּגוֹרָלוֹת נָפְקָא לֵיהּ אֶלָּא ה"ק תַּנָּא גּוֹרָלוֹת שֶׁאָמְרָה תּוֹרָה שֶׁל כָּל דָּבָר הֵן לָאו מֵהָכָא נָפְקָא אֶלָּא מִגּוֹרָל גּוֹרָל רִיבָּה:
C'est pourquoi le verset dit goral, goral -- [répétition qui] inclut. Toutefois cela m'étonne : au départ il a dit que nous l'apprenons de goralot, puis il apporte une beraita [selon laquelle] il l'apprend de goral, goral ; et de plus, plus haut nous avons tiré de ce qui est écrit goralot qu'ils doivent être identiques tous les deux. Et l'on peut répondre que ce qui est enseigné -- des goralot de n'importe quelle matière -- ne se tire pas du sens du mot goralot ; mais voici ce que dit le tana : les goralot dont la Tora a parlé sont de n'importe quelle matière -- non pas que cela se déduise d'ici, mais de goral, goral qui inclut.
💡 Explication

La guemara s'étonne de la première phrase de la beraita : la Tora n'ayant imposé aucune matière, dire que toute matière convient n'apprend rien. La réponse révèle une analogie qu'on aurait pu faire et qu'il fallait donc bloquer.

Le tsits porte gravé kodech la-Hachem et il est d'or. Les goralot portent eux aussi un texte -- l'un le Nom, l'autre Azazel. Le raisonnement était tentant : ce qui porte le Nom demande l'or. C'est cette inférence que la beraita écarte, par la répétition du mot goral : chaque occurrence inclut (riba) une matière supplémentaire -- olivier, noyer, buis.

La liste éclaire rétrospectivement la michna : le buis n'était pas un pis-aller mais une matière pleinement valide, et c'est bien pour cela que le geste de Ben Gamla, qui donne de l'or la où rien n'était dû, se dit en louange. Les Tossefot relèvent la tension entre les deux derachot de la beraita et répondent que la matière ne se tire pas du pluriel goralot, mais bien de la répétition.

🖼️ Schéma
Les deux goralot : combien, sur qui, en quelle matière Le verset dit goralot au pluriel mais goral ehad au singulier -- toute la beraita joue sur cette tension. Vayikra 16,8 : ve-natan Aharon al chnei ha-seirim GORALOT -- goral ehad la-Hachem ve-goral ehad la-Azazel Et Aharon placera sur les deux boucs des sorts -- un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel. Combien de goralot ? Hava amina 1 -- deux sur chaque bouc Deux sorts marqués du Nom sur le bouc du Nom, deux marqués Azazel sur l'autre. Le pluriel goralot porterait sur chacun des deux animaux. Hava amina 2 -- un de chaque sur chaque bouc Sur chacun on poserait à la fois celui du Nom et celui d'Azazel -- et le Cohen gadol choisirait ensuite lequel des deux boucs va où. Écarte par : goral EHAD la-Hachem, goral EHAD la-Azazel Un seul pour le Nom, un seul pour Azazel -- donc un sort par bouc, pas deux. Rachi : le mot ehad est de trop, on savait déjà qu'il était unique -- il est là pour la deracha. Alors que reste-t-il au pluriel goralot ? Il n'enseigne plus le nombre mais la RESSEMBLANCE : ni l'un d'or et l'autre d'argent, ni l'un grand et l'autre petit. En quelle matière ? Hava amina -- l'analogie du tsits Le tsits porte le Nom gravé et il est d'or ; le goral porte lui aussi le Nom -- il faudrait donc de l'or. Sans cela, dire de n'importe quelle matière serait une évidence : c'est cette analogie qui rendait la précision nécessaire. Écarte par : goral -- goral, riba Le mot est répété : chaque reprise inclut une matière de plus. Riba d'olivier, riba de noyer, riba de buis. Le bois nu convient autant que l'or. L'histoire, dans la michna Buis (echkeroa) l'usage ancien -- parfaitement valide Or (Yehochoua ben Gamla) un embellissement, non une obligation C'est précisément parce que le bois était déjà kacher que le geste de Ben Gamla mérite d'être mentionné en louange : il donne du sien là où la halakha ne demandait rien.
Les deux questions posées aux goralot -- le nombre et la matière -- et l'histoire de leur passage du buis à l'or.
15
בֶּן קָטִין עָשָׂה שְׁנֵים עָשָׂר דַּד לַכִּיּוֹר וְכוּ׳. תָּנָא כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ שְׁנֵים עָשָׂר אֶחָיו הַכֹּהֲנִים הָעֲסוּקִין בְּתָמִיד מְקַדְּשִׁין יְדֵיהֶן וְרַגְלֵיהֶן בְּבַת אַחַת. תְּנָא: שַׁחֲרִית בְּמִילּוֹאוֹ — מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו מִן הָעֶלְיוֹן, עַרְבִית בִּירִידָתוֹ — מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו מִן הַתַּחְתּוֹן.

[Michna :] Ben Katin fit douze mamelles au kiyor, etc. Il a été enseigné : afin que douze de ses frères les kohanim, occupés au tamid, puissent sanctifier leurs mains et leurs pieds en une seule fois.

Il a été enseigné : le matin, quand [le kiyor] est plein, on sanctifie ses mains et ses pieds par [le bec] supérieur ; le soir, quand [le niveau] est descendu, on sanctifie ses mains et ses pieds par [le bec] inférieur.

💡 Explication

La guemara donne le chiffre exact et sa raison : douze becs pour les douze kohanim affectés au tamid -- le nombre n'est pas décoratif, il correspond à l'effectif réel du service du matin, décrit au chapitre précédent.

La seconde beraita ajoute une observation pratique : les becs sont étages sur la hauteur de la vasque. Le matin le niveau est haut, on utilise les becs supérieurs ; le soir l'eau a baissé, on descend aux becs inférieurs. C'est la solution même au problème du débit : elle rend la vasque utilisable tout au long du jour sans la remplir à nouveau.

🖼️ Schéma
Les deux inventions de Ben Katin sur le kiyor Deux problèmes distincts : le débit le jour, la conservation de l'eau la nuit. 1. Douze becs au lieu de deux kiyor niveau du matin niveau du soir becs étages sur toute la hauteur But : que les DOUZE kohanim occupés au tamid puissent sanctifier mains et pieds en une seule fois, sans file d'attente. Le matin, quand le kiyor est plein : par les becs du haut. Le soir, quand l'eau a baissé : par les becs du bas. 2. La moukheni -- une roue kiyor gilgela puits -- eau vive, non sanctifiée dans un ustensile kiyor immergé Une eau sanctifiée dans un ustensile devient passoul par la LINA -- le simple fait d'y passer la nuit. On descend le kiyor dans le puits : ses eaux redeviennent reliées à l'eau vive et échappent à la disqualification.
Les deux inventions de Ben Katin : les douze becs étages pour le débit, la roue pour sauver l'eau de la lina.
16
וְאַף הוּא עָשָׂה מֻוכְנִי לַכִּיּוֹר וְכוּ׳. מַאי מוּכְנִי? אָמַר אַבַּיֵּי: גִּילְגְּלָא דַּהֲוָה מְשַׁקְּעָא לֵיהּ.

[Michna :] Et lui aussi fit une moukheni pour le kiyor, etc. Qu'est-ce que la moukheni ?

Abaye a dit : une roue par laquelle il l'enfonçait [dans le puits].

💡 Explication

Le mot moukheni est un emprunt grec -- le même que notre mécanique -- et la guemara demande simplement de quoi il s'agit. Abaye répond : une roue, un treuil pour descendre la vasque et la remonter.

Le principe halakhique en jeu vaut la peine d'être noté : l'eau devient sujette à la lina parce qu'elle a été sanctifiée dans un ustensile de service. En replongeant la vasque entière dans l'eau vive du puits, on rétablit la continuité avec une source qui, elle, ne se disqualifie jamais.

17
מוֹנְבַּז הַמֶּלֶךְ עָשָׂה כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים וְכוּ׳. נִעְבְּדִינְהוּ לְדִידְהוּ דְּזָהָב!

[Michna :] Le roi Monbaz faisait toutes les poignées des ustensiles, etc. Qu'il fasse donc les [ustensiles] eux-mêmes en or !

📜 Rachi (1)
לְדִידְהוּ לְכֵלִים:
Eux-mêmes -- les ustensiles.
💡 Explication

Dernière ligne du amoud, et question ouverte : si Monbaz voulait honorer le Temple de son or, pourquoi s'arrêter aux poignées ? Les ustensiles eux-mêmes auraient été l'offrande évidente.

La réponse viendra en 37b. La question suppose ce que la michna avait laissé implicite : le don de Monbaz portait sur un détail, et un détail choisi appelle une explication.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).