Yoma 39a -- le sort qui monte dans la droite : la kalpi, le segan et les quarante ans de Chimon HaTsadik

Yoma 39a

Sougya : Le folio achève d'abord le troisième chapitre par la parabole de Rech Lakich -- le naphte qu'on mesure seul, le baume qu'on mesure à deux -- puis par deux beraitot jumelles, batiees sur le même moule à trois étages : celui qui se rend impur un peu est rendu impur beaucoup, en bas puis en haut, en ce monde puis dans le monde à venir, et exactement de même pour la sainteté ; entre les deux, l'école de Rabbi Yichmael lit dans un alef manquant que la faute obstrue le cœur. S'ouvre ensuite le quatrième chapitre, Taraf be-kalpi, consacré au tirage au sort des deux boucs de Yom Kippour.

La michna en donne la chorégraphie : le brassage, les deux sorts, le segan à droite et le roch beit av à gauche, la main que l'on fait lever pour que tous voient. La guemara montre que chaque détail vise le même but -- empêcher le kohen gadol de choisir : le brassage soudain, la boîte qui ne contient que deux mains, et l'objection de Ravina qui établit que la kalpi n'est de bois profane que parce que rien d'autre n'est possible, puisque la Tora a égard au bien d'Israël.

Une beraita fait ensuite tirer le segan lui-même, et la divergence se ramène à une seule question : la droite du segan vaut-elle mieux que la gauche du kohen gadol ? Le folio se clôt sur la beraita des quarante ans de Chimon HaTsadik, où cinq signes -- le sort dans la droite, le fil d'écarlate qui blanchit, la lampe occidentale, le feu du bûcher, la bénédiction dans les pains -- passent tous du constant à l'aléatoire, jusqu'à la pénurie qui trie les discrets et les gloutons.

Se rendre impur, se sanctifier : un seul moule, deux sens Deux beraitot lisent deux versets voisins (Vayikra 11,43 et 11,44) sur exactement la même grille à trois étages. Toum'a -- ve-nitmetem bam Kedoucha -- ve-hitkadichtem QUANTITÉ Il se rend impur un peu -- on le rend impur beaucoup QUANTITÉ Il se sanctifie un peu -- on le sanctifie beaucoup ÉTAGE En bas (ici) -- on le rend impur en haut ÉTAGE En bas (ici) -- on le sanctifie en haut MONDE En ce monde -- on le rend impur pour le monde à venir MONDE En ce monde -- on le sanctifie pour le monde à venir La symétrie n'est pas parfaite : le point de bascule de Rech Lakich Celui qui vient se rendre impur : on lui OUVRE On lève l'obstacle -- on ne l'accompagne pas. Celui qui vient se purifier : on l'AIDE On marche avec lui -- le Ciel prend part à l'acte. Le naphte Mesure-le toi-même : je garde mes distances. Le baume (afarsemon) Attends que je mesure avec toi : nous serons parfumés tous deux.
La grille commune aux deux beraitot -- quantité, étage, monde -- et le point où la symétrie se rompt : on ouvre à celui qui se souille, on aide celui qui se purifie.
La hagrala : comment un tirage au sort devient une désignation Toute la michna est bâtie pour empêcher le kohen gadol de choisir -- et pour rendre le hasard public. La kalpi -- boîte de bois, profane Ne contient que deux mains, pas une de plus Taraf be-kalpi -- il brasse d'un coup Soudain, sans tâtonner : impossible de reconnaître les sorts Il remonte deux sorts, un dans chaque main laChem sur l'un, laAzazel sur l'autre laChem monte dans la DROITE Simane yafe -- bon présage pour l'année Le SEGAN, placé à sa droite, parle Ichi kohen gadol, lève ta droite laChem monte dans la GAUCHE Valide, mais sans le présage Le ROCH BEIT AV, placé à sa gauche, parle Ichi kohen gadol, lève ta gauche Il pose les sorts sur les boucs et dit : laChem hatat R. Yichmael : laChem suffit -- et le peuple répond Baroukh chem kevod malkhouto
Le déroulé de la hagrala selon la michna : chaque détail sert soit à rendre le choix impossible, soit à rendre le résultat visible de tous.
Les quarante ans de Chimon HaTsadik : cinq signes qui basculent Rien ne disparaît. Tout passe du constant à l'aléatoire -- c'est la forme même du retrait de la Chekhina. Le signe Pendant ses 40 ans À partir de la Le sort laChem Dans quelle main monte-t-il ? Toujours dans la droite Parfois droite, parfois gauche Le fil d'écarlate Noué au bouc envoyé Il blanchissait Parfois oui, parfois non La lampe occidentale Témoignage de la Chekhina Elle brûlait Parfois allumée, parfois éteinte Le feu du bûcher Faut-il rapporter du bois ? Il se renforçait seul Deux bûches, pour la mitsva seulement Parfois oui, parfois non On portait du bois tout le jour Omer, deux pains, le'hem La part de chaque kohen Berakha : un kazayit rassasie Certains en laissaient même Meera : une part grosse comme une fève Moins qu'un kazayit Conséquence humaine, et non seulement liturgique Les discrets (tsenouin) retirent leur main ; les gloutons prennent et mangent. La pénurie trie les caractères.
Les cinq signes de la beraita : sous Chimon HaTsadik ils sont constants, après lui ils deviennent aléatoires.
1
בָּא לִמְדֹּוד נֵפְט, אוֹמֵר לוֹ: מְדֹוד אַתָּה לְעַצְמְךָ. בָּא לִמְדֹּוד אֲפַרְסְמוֹן, אוֹמֵר לוֹ: הַמְתֵּן לִי עַד שֶׁאֶמְדֹּוד עִמְּךָ, כְּדֵי שֶׁנִּתְבַּסֵּם אֲנִי וְאַתָּה.

[Celui qui] vient mesurer du naphte, [le marchand] lui dit : mesure-le toi-même. [Celui qui] vient mesurer du baume (afarsemon), il lui dit : attends-moi jusqu'à ce que je mesure avec toi, afin que nous soyons parfumés, moi et toi.

📜 Rachi (1)
בָּא הַלּוֹקֵחַ לִמְדֹּוד נֵפְט מִפְּנֵי שֶׁרֵיחוֹ רַע אוֹמֵר לוֹ הַמּוֹכֵר מְדֹוד לְעַצְמְךָ:
Vient -- l'acheteur qui vient mesurer du naphte : parce que son odeur est mauvaise, le vendeur lui dit : mesure pour toi-même.
💡 Explication

Fin de la parabole de Rech Lakich commencée au folio précédent : celui qui vient se rendre impur, on lui ouvre ; celui qui vient se purifier, on l'aide. Le marchand est le Ciel, la marchandise est l'acte de l'homme.

Le partage ne porte pas sur la permission -- les deux clients repartent avec leur marchandise -- mais sur la proximité. Devant le naphte, le vendeur ouvre la boutique et recule ; devant le baume, il s'approche et prend part à l'opération. L'image est physique : mesurer du baume avec quelqu'un, c'est se parfumer soi-même. L'aide divine n'est pas une récompense ajoutée après coup, c'est la nature même du contact.

🖼️ Schéma
Se rendre impur, se sanctifier : un seul moule, deux sens Deux beraitot lisent deux versets voisins (Vayikra 11,43 et 11,44) sur exactement la même grille à trois étages. Toum'a -- ve-nitmetem bam Kedoucha -- ve-hitkadichtem QUANTITÉ Il se rend impur un peu -- on le rend impur beaucoup QUANTITÉ Il se sanctifie un peu -- on le sanctifie beaucoup ÉTAGE En bas (ici) -- on le rend impur en haut ÉTAGE En bas (ici) -- on le sanctifie en haut MONDE En ce monde -- on le rend impur pour le monde à venir MONDE En ce monde -- on le sanctifie pour le monde à venir La symétrie n'est pas parfaite : le point de bascule de Rech Lakich Celui qui vient se rendre impur : on lui OUVRE On lève l'obstacle -- on ne l'accompagne pas. Celui qui vient se purifier : on l'AIDE On marche avec lui -- le Ciel prend part à l'acte. Le naphte Mesure-le toi-même : je garde mes distances. Le baume (afarsemon) Attends que je mesure avec toi : nous serons parfumés tous deux.
La parabole en bas du schéma : le naphte qu'on mesure seul, le baume qu'on mesure à deux.
2
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: עֲבֵירָה מְטַמְטֶמֶת לִבּוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא תִטַּמְּאוּ בָּהֶם וְנִטְמֵתֶם בָּם״, אַל תִּקְרֵי ״וְנִטְמֵאתֶם״, אֶלָּא: ״וְנִטַּמְטֵם״.

On a enseigné à l'école de Rabbi Yichmael : la faute obstrue (metamtemet) le cœur de l'homme, car il est dit : <i>et ne vous rendez pas impurs par eux, ve-nitmetem bam</i> (Vayikra 11,43). Ne lis pas <i>ve-nitmetem</i> (et vous serez rendus impurs), mais <i>ve-nitamtem</i> (et vous serez obstrués).

📜 Rachi (2)
מְטַמְטֶמֶת אוֹטֶמֶת וְסוֹתֶמֶת מִכָּל חָכְמָה:
Elle obstrue -- elle bouche et ferme [le cœur] à toute sagesse.
וְנִטְמֵתֶם חָסֵר א':
Ve-nitmetem -- il manque un alef.
🪔 Ben Yehoyada (1)
עֲבֵרָה מְטַמְטֶמֶת לִבּוֹ שֶׁל אָדָם. נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁפֵּירַשְׁתִּי בס"ד בְּמָקוֹם אַחֵר כִּי קַו הָאֶמְצָעִי שֶׁל עֶשֶׂר סְפִירוֹת רָמוּז בְּתוֹךְ אוֹתִיּוֹת 'לֵב' בְּמִילּוֹאָם כָּזֶה ל מֵ "ד ב י " ת שֶׁהֵם אוֹתִיּוֹת ' תָּמִיד ' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ד עֵת ת פְּאֵרַת י סוֹד מ לְכַוַּת כִּי הַדַּעַת הוּא אֶמְצָעִי בִּשְׁלֹשָׁה רִאשׁוֹנוֹת וְהַתִּפְאֶרֶת אֶמְצָעִי בִּשְׁלֹשָׁה אֶמְצָעִיּוֹת וְהַיְּסוֹד אֶמְצָעִי בִּשְׁלֹשָׁה אַחֲרוֹנוֹת וְהַמַּלְכוּת עוֹמֶדֶת אֲחוֹרֵי הַיְּסוֹד וְכָל שֶׁפַע יָבֹא בְּקַו הָאֶמְצָעִי שֶׁהוּא רָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'תָּמִיד' שֶׁהֵם רְמוּזִים בְּתוֹךְ אוֹתִיּוֹת 'לֵב' וְזֶהוּ שֶׁאָמַר עֲבֵרָה מְטַמְטֶמֶת לִבּוֹ שֶׁל אָדָם פֵּירוּשׁ גּוֹרֶמֶת שֶׁלֹּא יִשְׁתַּלְשֵׁל לוֹ הַשֶּׁפַע בְּקַו הָאֶמְצָעִי הָרָמוּז בַּלֵּב. וּמַה שֶׁאָמַר (וַיִּקְרָא יא, מג) ' וְנִטְמֵתֶם בָּם' הִקְשָׁה הָרִי"ף זַ"ל וַהֲלֹא קְרָא אַיְירֵי בִּשְׁרָצִים וְלֹא בַּעֲבֵירוֹת? עַייֵּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר הַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל בְּנַחַל שׂוֹרֵק בְּהַפְטָרַת שַׁבָּת וְרֹאשׁ חֹודֶשׁ עַל פָּסוּק (יְשַׁעְיָה סו, יז) 'אֹכְלֵי בְּשַׂר הַחֲזִיר וְהַשֶּׁקֶץ וְהָעַכְבָּר' כִּי מִן אֲכִילַת שְׁרָצִים יָצָא קִטְרוּג שֶׁלֹּא יִמְחֹול הַקַּב " ה לְבַעֲלֵי עֲבֵירוֹת יְעֻויַּן שָׁם.
<i>La faute obstrue le cœur de l'homme.</i> Il me semble, avec l'aide du Ciel, selon ce que j'ai expliqué ailleurs : la <b>ligne médiane</b> (kav ha-emtsai) des dix sefirot est allusionnée dans les lettres de <i>lev</i> (cœur) prises dans leur remplissage (milouy), ainsi -- lamed = ל מ"ד, beit = ב י"ת -- dont les lettres ajoutées forment <i>tamid</i> (מ, ד, י, ת), initiales de <b>Daat, Tiferet, Yessod, Malkhout</b>. Car Daat est la médiane des trois premières [sefirot], Tiferet la médiane des trois du milieu, Yessod la médiane des trois dernières, et Malkhout se tient derrière Yessod ; et tout influx (chefa) descend par la ligne médiane, dont les initiales font <i>tamid</i>, allusionnées dans les lettres de <i>lev</i>. C'est ce qu'il dit : la faute obstrue le cœur de l'homme -- c'est-à-dire qu'elle empêche l'influx de descendre jusqu'à lui par la ligne médiane allusionnée dans le cœur. Et quant à ce qu'il dit de <i>ve-nitmetem bam</i> (Vayikra 11,43), le Rif a soulevé une difficulté : le verset parle pourtant de bestioles rampantes (cheratsim) et non de fautes ! Voir là-bas. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, selon ce qu'a dit le Gaon Hida dans <i>Nahal Sorek</i>, sur la haftara de Chabbat Roch Hodech, à propos du verset (Yechaya 66,17) <i>ceux qui mangent la chair du porc, l'abomination et la souris</i> : que de la consommation des cheratsim est sortie une accusation (kitroug) pour que le Saint béni soit-Il ne pardonne pas à ceux qui commettent des fautes. Voir là-bas.
💡 Explication

Le mot du verset est écrit défectif -- sans alef : ve-nitmetem au lieu de ve-nitmeetem. Rachi le note explicitement. Cette lettre manquante est le point d'appui de tout le derach : le mot peut alors se lire sur la racine timtoum, boucher, colmater.

L'énoncé change alors de nature. L'impureté n'est plus un statut rituel extérieur mais une perte de capacité : Rachi glose metamtemet par elle bouche et obstrue [le cœur] à toute sagesse. La faute ne se contente pas de rendre coupable, elle rend moins intelligent -- elle attaque l'organe même qui aurait permis de la reconnaître.

3
תָּנוּ רַבָּנַן: ״(אַל) תִטַּמְּאוּ בָּהֶם וְנִטְמֵתֶם בָּם״, אָדָם מְטַמֵּא עַצְמוֹ מְעַט — מְטַמְּאִין אוֹתוֹ הַרְבֵּה. מִלְּמַטָּה — מְטַמְּאִין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה. בָּעוֹלָם הַזֶּה — מְטַמְּאִין אוֹתוֹ לָעוֹלָם הַבָּא.

Nos maîtres ont enseigné : <i>ne vous rendez pas impurs par eux, ve-nitmetem bam</i> -- un homme se rend impur un peu, on le rend impur beaucoup ; [il se rend impur] en bas, on le rend impur d'en haut ; [il se rend impur] en ce monde, on le rend impur pour le monde à venir.

📜 Rachi (1)
מְטַמְּאִין אוֹתוֹ הַרְבֵּה מַנִּיחִין אוֹתוֹ לִיטָּמֵא הַרְבֵּה וְהָכִי קָאָמַר קְרָא אַל תִּטַּמְּאוּ בָּהֶן וְאִם תְּטַמְּאוּ סוֹף וְנִטְמֵתֶם:
On le rend impur beaucoup -- on le laisse se rendre impur beaucoup. Et voici ce que dit le verset : ne vous rendez pas impurs par eux ; et si vous vous rendez impurs, vous finirez par être rendus impurs.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אָדָם מְטַמֵּא עַצְמוֹ מְעַט, מְטַמְּאִין אוֹתוֹ הַרְבֵּה. קָשֶׁה רָאוּי שֶׁיִּהְיֶה לוֹ כְּמִידָּתוֹ וְלָמָּה 'הַרְבֵּה'? וְעוֹד הָא אָמַר לְעֵיל 'הַבָּא לְטַמֵּא פּוֹתְחִין לוֹ' וְלֹא אָמַר מְטַמְּאִין אוֹתוֹ וְכָל שֶׁכֵּן דְּלָא יְטַמְּאוּהוּ הַרְבֵּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּנָה כָּאן הוּא עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (קִידּוּשִׁין מ:) 'לְעוֹלָם יִרְאֶה אָדָם כָּל הָעוֹלָם חֶצְיוֹ חַיָּיב וְחֶצְיוֹ זַכַּאי עָשָׂה עֲבֵירָה אַחַת הִכְרִיעַ עַצְמוֹ וְכָל הָעוֹלָם לְכַף חוֹבָה' נִמְצָא זֶה בְּחֵטְא אֶחָד שֶׁהוּא מְעַט גּוֹרֵם שֶׁיְּטַמְּאוּהוּ הַרְבֵּה דְּהַיְינוּ יִשְׂאוּ עָלָיו טֻומְאַת עוֹנוֹת הַרְבֵּה שֶׁל כָּל הָעוֹלָם שֶׁעַל יָדוֹ הָיְתָה הַהַכְרָעָה שֶׁל כֻּולָּם לְכַף חוֹבָה הֲרֵי טֻומְאַת חֲטָאִים שֶׁל רַבִּים תְּלוּיָה בּוֹ וּנְשָׂאָהּ עָלָיו. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד בְּכַוָּנַת הַמַּאֲמָר כָּאן עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (חֲגִיגָה טו.) לֹא זָכָה נוֹטֵל חֶלְקוֹ וְחֵלֶק חֲבֵירוֹ בְּגֵיהִנָּם, נִמְצָא לוֹקֵחַ גַּם עוֹנוֹת חֲבֵירוֹ וְכָל שֶׁכֵּן אִם הוּא גָּרַם לְהַחֲטִיא אֲחֵרִים דְּנֶחְשָׁבִים עֲוֹנֹותָם עָלָיו וְכָל עָוֹן הוּא כֹּחַ טֻומְאָה. נִמְצָא הוּא טִימֵּא עַצְמוֹ מְעַט דְּהַיְינוּ בְּטֻומְאַת עוֹנוֹת עַצְמוֹ בִּלְבַד וּמְטַמְּאִין אוֹתוֹ הַרְבֵּה בְּטֻומְאַת עוֹנוֹת אֲחֵרִים שֶׁנִּדְבָּקִים בּוֹ.
<i>Un homme se rend impur un peu, on le rend impur beaucoup.</i> Cela fait difficulté : il conviendrait qu'on lui fasse selon sa propre mesure -- pourquoi <i>beaucoup</i> ? De plus, on a dit plus haut <i>celui qui vient se rendre impur, on lui ouvre</i>, et non <i>on le rend impur</i> -- à plus forte raison ne devrait-on pas le rendre impur beaucoup ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention est ici selon ce qu'ont dit nos maîtres (Kidouchin 40b) : <i>que l'homme se voie toujours comme si le monde entier était moitié coupable et moitié méritant ; s'il commet une seule faute, il s'est fait pencher lui-même et le monde entier du côté de la culpabilité</i>. Il se trouve donc que par une seule faute -- ce qui est peu -- il cause qu'on le rende impur beaucoup : on porte sur lui l'impureté des nombreuses fautes du monde entier, puisque c'est par lui que la bascule de tous s'est faite du côté de la culpabilité ; voilà que l'impureté des fautes de la multitude dépend de lui et est portée sur lui. Et il me semble encore, avec l'aide du Ciel, quant à l'intention de cet énoncé, selon ce qu'ont dit nos maîtres (Haguiga 15a) : <i>s'il n'a pas mérité, il prend sa part et la part de son compagnon dans le Guehinnom</i> -- il se trouve qu'il prend aussi les fautes de son compagnon, et à plus forte raison s'il a causé à d'autres de fauter, car leurs fautes lui sont comptées ; et toute faute est une force d'impureté. Il se trouve qu'il s'est rendu impur <i>un peu</i> -- par l'impureté de ses propres fautes seulement -- et qu'on le rend impur <i>beaucoup</i>, par l'impureté des fautes d'autrui qui se collent à lui.
מִלְּמַטָּה, מְטַמְּאִין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה. נִרְאֶה לִי בס"ד נִטְמָא מִלְּמַטָּה בִּבְרִית הַמְעֻוָּר מְטַמְּאִין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה בְּמַחְשָׁבָה שֶׁבְּרֹאשׁוֹ שֶׁכָּל מַחְשְׁבוֹתָיו יִהְיוּ טְמֵאִים. אוֹ יוּבַן נִטְמָא מִלְּמַטָּה בַּלֵּב מְטַמְּאִין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה בְּעֵינַיִם כִּי 'עֵינָא וְלִיבָּא תְּרֵי סַרְסוּרַי דַּעֲבֵירָה אִינּוּן' (יְרוּשַׁלְמִי בְּרָכוֹת א, ה) שֶׁיִּהְיֶה מִסְתַּכֵּל בְּרַע וְלָכֵן מְאוֹר עֵינַיִם תָּלוּי בַּלֵּב וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ עַל רְפוּאַת עֵינַיִם בְּשַׁבָּת, וְכֵיוָן דְּנִטְמָא סַרְסוּר הַתַּחְתּוֹן יִטַּמָּא סַרְסוּר הָעֶלְיוֹן. אוֹ יוּבַן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר בְּמַתְנִיתִין דְּסוֹטָה (מִשְׁנָה סוֹטָה ט, יג) הַטָּהֳרָה נָטְלָה אֶת הַטַּעַם וְאֶת הָרֵיחַ כִּי מִקֹּודֶם שֶׁהָיוּ נִזְהָרִין לֶאֱכֹול חֻולִּין בְּטָהֳרָה וּמִתְרַחֲקִין מִכָּל אֹוכֶל אֲשֶׁר יִטַּמָּא וּלְכָךְ הָיָה לָהֶם הַרְגָּשָׁה בְּרֵיחַ דָּבָר נִפְלָא, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּסוֹטָה (סוֹטָה מט.) רַב הוּנָא אַשְׁכַּח תּוֹמַרְתָּא דְּחִינוּנִיתָא, פֵּירוּשׁ שְׁמֹנָה וְהוּא מִין תְּמָרִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם רֵיחַ טוֹב, כַּרְכָא בְּסוּדָרֵיהּ אֲתָא רָבָא בְּרֵיהּ אֲמַר לוֹ מוֹרְחָנָא תּוּמַרְתָּא דַּחֲנִינוּתָא אֲמַר לוֹ בְּנִי טָהֳרָה יֵשׁ בְּךָ? יָהֲבָה נִיהֲלֵיהּ! וְכוּ', עַייֵּן שָׁם. נִמְצָא הָרִאשׁוֹנִים שֶׁהָיוּ נִזְהָרִים שֶׁלֹּא יַכְנִיסוּ לְתוֹךְ פִּיהֶם אֶלָּא מַאֲכָל בְּטָהֳרָה לְכָךְ הָיָה לָהֶם הַרְגָּשָׁה גְּדוֹלָה בַּחֹוטֶם. אִם כֵּן שְׁמַע מִינָּה הַמְטַמֵּא פִּיו בְּמַאֲכָל אָסוּר וְטָמֵא תְּסֻולַּק הַרְגָּשָׁתוֹ מִן הַחֹוטֶם בְּעִנְיַן טֻומְאָה וְטָהֳרָה לְגַמְרֵי. וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ מִלְּמַטָּה בְּפִיו בְּמַאֲכָלוֹת אֲסוּרוֹת וּטְמֵאוֹת מְטַמְּאִין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה בַּחֹוטֶם. וּמַה שֶׁאָמַר בָּעוֹלָם הַזֶּה , מְטַמְּאִין אוֹתוֹ לָעוֹלָם הַבָּא יוּבַן עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (סוֹטָה ג:) הָעֲבֵירָה מְלַפַּפְתּוֹ וְהוֹלֶכֶת עִמּוֹ לְגֵיהִנָּם שֶׁנֶּאֱמַר (אִיּוֹב ו, יח) 'יִלְפְּתוּ אָרְחוֹת דַּרְכָּם' וְכֵן אָמְרוּ (שָׁם) הַבּוֹעֵל אֲרַמִּית קְשׁוּרָה בּוֹ כַּכֶּלֶב, בַּר מִינָן.
<i>En bas, on le rend impur d'en haut.</i> Il me semble, avec l'aide du Ciel : s'il s'est rendu impur en bas, dans le <b>brit ha-maor</b> (l'alliance de la chair), on le rend impur en haut, dans la pensée qui est dans sa tête, de sorte que toutes ses pensées soient impures. Ou bien on comprendra : il s'est rendu impur en bas dans le cœur, on le rend impur en haut dans les yeux -- car <i>l'œil et le cœur sont les deux courtiers de la faute</i> (Yerouchalmi Berakhot 1,5) -- de sorte qu'il regardera le mal ; et c'est pourquoi la lumière des yeux dépend du cœur, comme ils l'ont dit à propos du remède des yeux dans Chabbat. Et puisque le courtier d'en bas s'est rendu impur, le courtier d'en haut se rendra impur. Ou bien on le comprendra, avec l'aide du Ciel, selon la michna de Sota (9,13) : <i>la pureté a ôté le goût et l'odeur</i>. Car auparavant on prenait garde de manger le profane (houlin) en pureté et l'on s'éloignait de tout aliment qui rend impur, et c'est pourquoi ils avaient une sensibilité à l'odeur qui tenait du prodige ; comme ils l'ont dit dans Sota (49a) : Rav Houna trouva une <i>tomarta de-hinounita</i> -- c'est-à-dire une datte grasse, une espèce de dattes qui a bonne odeur -- il l'enveloppa dans son écharpe ; vint Rava son fils, qui lui dit : je sens une <i>tomarta de-hinounita</i>. Il lui dit : mon fils, il y a de la pureté en toi ! Donne-la-lui ! etc., voir là-bas. Il se trouve que les premiers, qui prenaient garde de ne faire entrer dans leur bouche qu'un aliment en pureté, avaient une grande sensibilité dans le nez. Si oui, apprends-en que celui qui rend sa bouche impure par un aliment interdit et impur, sa sensibilité lui sera entièrement retirée du nez en matière de pureté et d'impureté. Et c'est ce qu'ils ont dit : <i>en bas</i> -- dans sa bouche, par des aliments interdits et impurs -- <i>on le rend impur en haut</i>, dans le nez. Et ce qu'il dit, <i>en ce monde, on le rend impur pour le monde à venir</i>, se comprendra selon ce qu'ont dit nos maîtres (Sota 3b) : <i>la faute l'enlace et l'accompagne jusqu'au Guehinnom</i>, comme il est dit (Iyov 6,18) <i>ilaftou orhot darkam</i> ; et de même ont-ils dit (ibid.) : celui qui a commerce avec une aramit, elle lui est liée comme un chien -- que nous en soyons préservés.
💡 Explication

Trois axes, tirés du même verset. La quantité (un peu appelle beaucoup), l'étage (l'acte terrestre appelle une réponse céleste), le monde (l'acte présent engage l'a-venir). Le verset se prête à cette lecture parce qu'il contient deux fois la même racine : ne vous rendez pas impurs -- et vous serez rendus impurs.

Rachi tient à préciser la mécanique : on le rend impur beaucoup ne veut pas dire qu'on l'impurifie activement, mais on le laisse se rendre impur beaucoup. Le verset dit alors : ne vous rendez pas impurs par eux -- car si vous vous rendez impurs, vous finirez par être rendus impurs. La sanction est un retrait de retenue, pas une intervention.

4
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם וִהְיִיתֶם קְדוֹשִׁים״, אָדָם מְקַדֵּשׁ עַצְמוֹ מְעַט — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ הַרְבֵּה, מִלְּמַטָּה — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה, בָּעוֹלָם הַזֶּה — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ לָעוֹלָם הַבָּא.

Nos maîtres ont enseigné : <i>et vous vous sanctifierez et vous serez saints</i> (Vayikra 11,44) -- un homme se sanctifie un peu, on le sanctifie beaucoup ; [il se sanctifie] en bas, on le sanctifie d'en haut ; [il se sanctifie] en ce monde, on le sanctifie pour le monde à venir.

📜 Rachi (1)
וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם מְעַט וִהְיִיתֶם קְדוֹשִׁים הַרְבֵּה הַבָּא לִיטָּהֵר מְסַייְּעִין אוֹתוֹ:
Et vous vous sanctifierez -- un peu ; et vous serez saints -- beaucoup. Celui qui vient se purifier, on l'aide.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָדָם מְקַדֵּשׁ עַצְמוֹ מְעַט, מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ הַרְבֵּה. גַּם זֶה יִתְבָּאֵר הֵיטֵב עַל פִּי הַקְדָּמוֹת הַנִּזְכָּר לְעֵיל שֶׁפֵּרַשְׁנוּ בַּחֲלֻוקַּת הַטֻּומְאָה דְּהַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים זְכוּת הָרַבִּים תָּלוּי בּוֹ. וְכֵן עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (קִדּוּשִׁין מ:) 'עָשָׂה מִצְוָה אַחַת הֲרֵי הִכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם כֻּלּוֹ לְכַף זְכוּת' וְכֵן מְקַדֵּשׁ עַצְמוֹ בִּבְרִית הַמְעֻוָּר מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ מִלְמַעְלָה בְּמוֹחוֹ , כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ (בְּרֵאשִׁית רַבָּה צ, ג) עַל יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה מַחְשָׁבָה שֶׁלֹּא חֲשָׁבָהּ בַּעֲבֵירָה תָּבֹא וַתִּקְרָא חָכְמָה, (בְּרֵאשִׁית מא, מג) 'וְיִקְרְאוּ לְפָנָיו אַבְרֵךְ' אָב בְּחָכְמָה וְרַךְ בַּשָּׁנִים, עַייֵּן שָׁם. נִמְצָא הַשּׁוֹמֵר עַצְמוֹ בִּבְרִית הַמְעֻוָּר זוֹכֶה לְחָכְמָה וּבִינָה, וּלְכָךְ אָמַר לוֹ פַּרְעֹה (שָׁם פָּסוּק לט) 'אֵין נָבוֹן וְחָכָם כָּמוֹךָ'. בָּעוֹלָם הַזֶּה רוֹצֶה לוֹמַר בַּגַּשְׁמִיּוּת מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ בָּעוֹלָם הַבָּא בְּרוּחָנִיּוּת, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ (בְּרָכוֹת יז.) 'צַדִּיקִים יוֹשְׁבִים וְעַטְרוֹתֵיהֶם בְּרָאשֵׁיהֶם' שֶׁהֵם אוֹרוֹת שֶׁנִּבְרְאוּ מִן מִצְוֹת וּמַעֲשִׂים טוֹבִים שֶׁלָּהֶם שֶׁעָשׂוּ בָּעוֹלָם הַזֶּה. אוֹ מְקַדֵּשׁ עַצְמוֹ לְמַטָּה לְהַעֲלוֹת מ"ן [מִיַּיִן נֻוקְבִּין] , מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ לְמַעְלָה לְהוֹרִיד אוֹרוֹת מ"ד [מִיַּיִן דֻּוכְרִין] . בָּעוֹלָם הַזֶּה שֶׁגּוֹרֵם זִוּוּג תִּפְאֶרֶת וּמַלְכוּת שֶׁהֵם סוֹד 'עוֹלָם הַזֶּה' מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ בָּעוֹלָם הַבָּא שֶׁהֵם זִוּוּג חו"ב [חָכְמָה וּבִינָה] שֶׁהֵם סוֹד 'עוֹלָם הַבָּא'. וְנִרְאֶה לִי דְּנָקֵיט ג' חֲלוּקוֹת שֶׁל קְדֻושָּׁה כְּנֶגֶד ג' פְּעָמִים 'קָדוֹשׁ' [קָדוֹשׁ גֵּימַטְרְיָא תי 410] הָרְמוּזִים בְּמִלּוּי שְׁלֹשָׁה אוֹתִיּוֹת 'בֶּטַח' שֶׁהֵם ב י " ת ט י " ת ח י " ת שֶׁהֻשְׁלַם בִּשְׁלֹשָׁה אֵלּוּ (מִשְׁלֵי א, לג) 'יִשְׁכֹּן בֶּטַח'.
<i>Un homme se sanctifie un peu, on le sanctifie beaucoup.</i> Ceci aussi s'explique fort bien selon les prémisses mentionnées plus haut, que nous avons exposées pour la division relative à l'impureté : celui qui fait mériter la multitude, le mérite de la multitude dépend de lui. Et de même selon ce qu'ont dit nos maîtres (Kidouchin 40b) : <i>s'il accomplit une seule mitsva, il s'est fait pencher lui-même et le monde entier du côté du mérite</i>. De même, celui qui se sanctifie dans le <b>brit ha-maor</b>, on le sanctifie d'en haut dans son cerveau, comme l'ont dit nos maîtres (Berechit Rabba 90,3) au sujet de Yossef le juste : <i>la pensée qu'il n'a pas pensée en matière de faute, qu'elle vienne et soit appelée sagesse</i> -- (Berechit 41,43) <i>et l'on cria devant lui avrekh</i> : <i>av</i> (père) en sagesse et <i>rakh</i> (tendre) en années, voir là-bas. Il se trouve que celui qui se garde dans le brit ha-maor mérite la sagesse et le discernement ; c'est pourquoi Pharaon lui dit (ibid. v. 39) <i>nul n'est aussi discernant et sage que toi</i>. <i>En ce monde</i> -- c'est-à-dire dans la matérialité -- <i>on le sanctifie dans le monde à venir</i>, dans la spiritualité, comme ils l'ont dit (Berakhot 17a) : <i>les justes sont assis, leurs couronnes sur leurs têtes</i> -- ce sont des lumières créées à partir des mitsvot et des bonnes actions qu'ils ont accomplies en ce monde. Ou bien : il se sanctifie en bas pour faire monter les <b>M"N</b> (mayin noukvin, eaux féminines), on le sanctifie en haut pour faire descendre les lumières des <b>M"D</b> (mayin doukhrin, eaux masculines). <i>En ce monde</i> -- puisqu'il cause l'union de Tiferet et Malkhout, qui sont le sod de <i>ce monde</i> -- <i>on le sanctifie dans le monde à venir</i>, qui est l'union de 'Hokhma et Bina, sod du <i>monde à venir</i>. Et il me semble qu'il a pris trois divisions de sainteté en face des trois fois <i>kadoch</i> [kadoch = 410 en guematria] allusionnées dans le remplissage (milouy) des trois lettres de <i>betah</i> (avec confiance) : בי"ת, טי"ת, חי"ת -- car ce qui se complète dans ces trois-là [la part ajoutée par le milouy, י"ת, soit 410] (Michlei 1,33) <i>yichkon betah</i> : il demeurera en sécurité.
💡 Explication

La beraita jumelle, mot pour mot, sur les trois mêmes axes. Le verset s'y prête tout autant : et vous vous sanctifierez -- l'initiative de l'homme -- et vous serez saints -- ce qui lui revient. Rachi résume la différence d'échelle en trois mots : un peu pour la première moitié du verset, beaucoup pour la seconde.

Rachi rattache alors explicitement cette beraita à la maxime de Rech Lakich : celui qui vient se purifier, on l'aide. C'est la clé de tout le passage : les deux beraitot ont la même forme, mais elles ne décrivent pas le même régime. Du côté de la souillure, le Ciel se retire et laisse faire ; du côté de la sainteté, il ajoute du sien.

5
הֲדַרַן עֲלָךְ אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה

Nous revenons vers toi, [chapitre] <i>Amar lahem ha-memouneh</i>.

💡 Explication

Hadran alakh -- formule de clôture du troisième chapitre de Yoma, qui portait le nom de son incipit, Amar lahem ha-memouneh (le préposé leur dit). Le chapitre s'ouvrait sur l'aube et les premières immersions du kohen gadol et s'achevait sur la longue sougya aggadique du nom du juste et du nom du méchant.

S'ouvre maintenant le quatrième chapitre, Taraf be-kalpi, entièrement consacré au moment le plus théâtral du service : la désignation par tirage au sort des deux boucs de Yom Kippour.

6
טָרַף בַּקַּלְפִּי , וְהֶעֱלָה שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת, אֶחָד כָּתוּב עָלָיו ״לַשֵּׁם״, וְאֶחָד כָּתוּב עָלָיו ״לַעֲזָאזֵל״. הַסְּגָן בִּימִינוֹ, וְרֹאשׁ בֵּית אָב מִשְּׂמֹאלוֹ. אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ — הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל, הַגְבַּהּ יְמִינְךָ. וְאִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּשְׂמֹאלוֹ — רֹאשׁ בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל, הַגְבַּהּ שְׂמֹאלֶךָ.

<b>Michna.</b> Il brassa [les sorts] dans la kalpi et remonta deux sorts : sur l'un était écrit <i>laChem</i> (pour le Nom) et sur l'autre <i>laAzazel</i>. Le segan [se tenait] à sa droite et le roch beit av (chef de la maison paternelle) à sa gauche.

Si celui de <i>Chem</i> monta dans sa droite, le segan lui dit : mon maître le kohen gadol, lève ta droite. Et si celui de <i>Chem</i> monta dans sa gauche, le roch beit av lui dit : mon maître le kohen gadol, lève ta gauche.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' טָרַף בַּקַּלְפִּי שָׁנִינוּ בַּפֶּרֶק שֶׁלְּמַעְלָה (דַּף לז.) וְקַלְפִּי הָיְתָה שָׁם:
Michna. Il brassa dans la kalpi -- nous avons appris au chapitre précédent (37a) : et il y avait là une kalpi.
טֶרֶף פִּתְאוֹם בִּטְרֵיפָה וּבַחֲטִיפָה:
Taraf -- soudainement, en brassant et en happant.
וְהֶעֱלָה שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת אֶחָד בְּיָמִין וְאֶחָד בִּשְׂמֹאל וְהַשְּׂעִירִים עוֹמְדִים אֶחָד לְיָמִין וְאֶחָד בִּשְׂמֹאל וְנוֹתֵן גּוֹרָל שֶׁעוֹלֶה בְּיָמִין לְשָׂעִיר שֶׁל יָמִין:
Et il remonta deux sorts -- un dans la droite et un dans la gauche ; et les boucs se tiennent, l'un à droite et l'autre à gauche, et il pose le sort qui monte dans la droite sur le bouc de droite.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Le mot taraf est le premier problème du chapitre. Rachi l'explique par deux termes : soudainement, en brassant et en happant. Ce n'est pas une prise ordinaire mais un geste volontairement brusque -- et la guemara dira aussitôt pourquoi. La kalpi elle-même a déjà été présentée au chapitre précédent (37a).

La michna donne ensuite une chorégraphie : deux hommes encadrent le kohen gadol, chacun affecté à un côté. Ce n'est pas du protocole gratuit : celui qui parle change selon la main où le sort est monté, parce que la parole doit venir du côté concerné. Que le sort laChem monte dans la droite est un simane yafe, un bon présage -- et le lève ta main sert à le rendre visible de toute l'assemblée.

🖼️ Schéma
La hagrala : comment un tirage au sort devient une désignation Toute la michna est bâtie pour empêcher le kohen gadol de choisir -- et pour rendre le hasard public. La kalpi -- boîte de bois, profane Ne contient que deux mains, pas une de plus Taraf be-kalpi -- il brasse d'un coup Soudain, sans tâtonner : impossible de reconnaître les sorts Il remonte deux sorts, un dans chaque main laChem sur l'un, laAzazel sur l'autre laChem monte dans la DROITE Simane yafe -- bon présage pour l'année Le SEGAN, placé à sa droite, parle Ichi kohen gadol, lève ta droite laChem monte dans la GAUCHE Valide, mais sans le présage Le ROCH BEIT AV, placé à sa gauche, parle Ichi kohen gadol, lève ta gauche Il pose les sorts sur les boucs et dit : laChem hatat R. Yichmael : laChem suffit -- et le peuple répond Baroukh chem kevod malkhouto
Le déroulé complet de la michna, du brassage jusqu'à la réponse du peuple.
7
נְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים, וְאוֹמֵר: ״לָה׳ חַטָּאת״. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: לֹא הָיָה צָרִיךְ לוֹמַר ״חַטָּאת״, אֶלָּא ״לָה׳״. וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״.

Il les posa sur les deux boucs et dit : <i>laChem hatat</i> (pour l'Éternel, un sacrifice expiatoire). Rabbi Yichmael dit : il n'avait pas besoin de dire <i>hatat</i>, mais seulement <i>laChem</i>.

Et eux répondent après lui : <i>Baroukh chem kevod malkhouto le-olam vaed</i> (béni soit le nom de la gloire de Son règne à jamais).

📜 Rachi (1)
וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו כְּשֶׁמַּזְכִּיר אֶת הַשֵּׁם:
Et eux répondent après lui -- lorsqu'il mentionne le Nom.
💡 Explication

La désignation devient effective par le geste (poser le sort sur le bouc) accompagné de la parole. Rabbi Yichmael allège la formule : laChem suffit, puisque la nature du sacrifice est déjà connue -- le mot hatat n'ajoute rien à la désignation.

Rachi précise ce qui déclenche la réponse de l'assemblée : lorsqu'il mentionne le Nom. Ce n'est donc pas une réponse à la désignation du bouc mais à la prononciation du Nom explicite, comme aux autres moments du service où le kohen gadol le prononce.

8
גְּמָ׳ לָמָּה לִי טָרַף בְּקַלְפִּי? כִּי הֵיכִי דְּלָא נִיכַּוֵּין וְלִישְׁקוֹל.

<b>Guemara.</b> Pourquoi me faut-il qu'il brasse dans la kalpi ? Afin qu'il ne vise pas et ne prenne pas [à dessein].

📜 Rachi (1)
גְּמ' דְּלָא נִיכַוֵּין שֶׁלֹּא יְמַשְׁמֵשׁ לְהָבִין בְּמִשְׁמוּשׁוֹ אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְיִטְּלֶנּוּ בְּיָמִין לְפִי שֶׁהוּא סִימָן יָפֶה כְּשֶׁהוּא עוֹלֶה בְּיָמִין:
Guemara. Qu'il ne vise pas -- qu'il ne palpe pas pour comprendre par son tâtonnement lequel est celui du Nom et le prenne dans la droite, parce que c'est un bon présage lorsqu'il monte dans la droite.
💡 Explication

La guemara demande la raison d'un détail apparemment décoratif, et la réponse est brutale : le brassage existe pour neutraliser la volonté du kohen gadol. Rachi développe : qu'il ne palpe pas pour deviner au toucher lequel est celui du Nom et le prenne dans sa droite, parce que c'est un bon présage lorsqu'il monte dans la droite.

Le problème est donc une bonne intention, pas une mauvaise. Le kohen gadol voudrait le bon présage pour Israël -- et c'est précisément cela qui ruinerait la hagrala, qui doit rester un tirage. Un sort choisi n'est plus un sort.

9
אָמַר רָבָא: קַלְפִּי שֶׁל עֵץ הָיְתָה, וְשֶׁל חוֹל הָיְתָה, וְאֵינָהּ מַחְזֶקֶת אֶלָּא שְׁתֵּי יָדַיִם.

Rava a dit : la kalpi était de bois, elle était profane (chel hol), et elle ne contenait que deux mains.

📜 Rachi (1)
וְשֶׁל חוֹל הָיְתָה אֵינָהּ מְקֻודֶּשֶׁת:
Et elle était profane -- elle n'était pas consacrée.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Trois traits en une phrase, qui vont être examinés séparément. De bois : la matière. Profane : Rachi glose elle n'était pas consacrée -- ce n'est donc pas un kli charet, un ustensile de service. Elle ne contenait que deux mains : la dimension.

Le troisième trait prolonge directement la réponse précédente : une boîte juste assez large pour deux mains ne laisse aucune place au tâtonnement. La forme de l'objet est un dispositif anti-intention.

10
מַתְקִיף לַהּ רָבִינָא: בִּשְׁלָמָא אֵינָהּ מַחְזֶקֶת אֶלָּא שְׁתֵּי יָדַיִם — כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיכַּוֵּין וְלִישְׁקוֹל. אֶלָּא שֶׁל חוֹל? נִקְדְּשָׁה! אִם כֵּן הָוֵה לֵהּ כְּלִי שָׁרֵת שֶׁל עֵץ, וּכְלִי שָׁרֵת דְּעֵץ לָא עָבְדִינַן. וְנֶעֶבְדָה דְּכֶסֶף, וְנֶעֶבְדָה דְּזָהָב? הַתּוֹרָה חָסָה עַל מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל.

Ravina objecte : soit, elle ne contenait que deux mains -- afin qu'il ne vise pas et ne prenne pas [à dessein]. Mais [pourquoi] profane ?

Qu'on la consacre ! Si c'était le cas, ce serait un ustensile de service (kli charet) en bois -- or on ne fabrique pas d'ustensile de service en bois.

Et qu'on la fasse en argent, qu'on la fasse en or ! La Tora a eu égard au bien d'Israël.

📜 Rachi (1)
הַתּוֹרָה חָסָה כו' שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא י״ד:ל״ו) וְצִוָּה הַכֹּהֵן וּפִנּוּ אֶת הַבַּיִת וְגוֹ' עַל מֶה חָסָה תּוֹרָה עַל פַּכִּין שֶׁל כְּלֵי חֶרֶס שֶׁאֵין לָהֶם טָהֳרָה בַּמִּקְוֶה א"כ חָסָה עַל מָמוֹן קַל כ"ש עַל מָמוֹן חָשׁוּב א"כ חָסָה עַל מָמוֹנָן שֶׁל (צְירוּעִין) קַל וָחֹומֶר עַל מָמוֹנָן שֶׁל צַדִּיקִים:
La Tora a eu égard, etc. -- comme il est dit (Vayikra 14,36) : <i>le kohen ordonnera qu'on vide la maison</i>, etc. Sur quoi la Tora a-t-elle eu égard ? Sur des cruchons de terre cuite, qui n'ont pas de purification au mikve. Si donc elle a eu égard à un bien de peu de valeur, à plus forte raison à un bien de valeur ; et si elle a eu égard au bien des metsoraim, à plus forte raison au bien des justes.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַתּוֹרָה חָסָה עַל מָמוֹנָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת דְּלָא אִתְּמַר הָכִי אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁנִּפְסַד וְנִפְחַת כְּגוֹן הַךְ דְּמַחְתָּה דִּלְקַמָּן (דַּף מד:) , וְכָאן מָה הֶפְסֵד וּפְחַת יֵשׁ לָזֶה אֲפִילּוּ אַחַר כַּמָּה שָׁנִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּקַייְמָא לָן בַּגְּמָרָא דִּזְבָחִים (זְבָחִים פח.) כְּלֵי קֹודֶשׁ שֶׁנִּקְּבוּ אוֹ נִסְדְּקוּ אֵין סוֹתְמִין אוֹתָם אֶלָּא מַתִּיכִין אוֹתָם וְעוֹשִׂים אוֹתָם חֲדָשִׁים, וְכֵן פָּסַק הָרַמְבַּ"ם (בְּפֶרֶק א' מֵהִלְכוֹת כְּלֵי הַמִּקְדָּשׁ) יְעֻויַּן שָׁם. וְלָכֵן חָסוּ לְבִלְתִּי עֲשׂוֹת מִזָּהָב מִפְּנֵי הַהֶפְסֵד שֶׁאִם יְנַקֵּב אוֹ יִפָּגֵם מְעַט עַל יְדֵי אֵיזֶה סִיבָּה צָרִיךְ לְהַתִּיכוֹ וְלַעֲשׂוֹתוֹ מֵחָדָשׁ וְיִהְיֶה בָּזֶה הֶפְסֵד הֵן מִצַּד הַהַתָּכָה הֵן מִצַּד הָעֵסֶק וְהַמְּלָאכָה הַחֲדָשָׁה שֶׁלּוֹ. וּמַה שֶׁאָמַר כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיכַּוֵּין וְלִישְׁקוֹל הִקְשׁוּ תּוֹסֶפֶת יְשָׁנִים אִם כֵּן לֹא עָשָׂה מִצְוַת הַגְרָלָה! וְתֵירוּצָם דֹּוחַק, יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּנָה כְּדֵי שֶׁלֹּא יַחְשְׁדוּ אוֹתוֹ יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּתְכַּוֵּון וְשֶׁקֶל וְאָז לֹא תִּהְיֶה שִׂמְחָתָם שְׁלֵימָה כְּשֶׁרוֹאִין שֶׁעָלָה בְּיָמִין.
<i>La Tora a eu égard au bien d'Israël.</i> Il y a lieu de faire difficulté : on n'a dit cela que pour une chose qui se détruit et s'use, comme le cas de l'encensoir plus loin (44b) ; or ici, quel dommage et quelle usure y aurait-il, même après plusieurs années ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nous tenons de la guemara de Zevahim (88a) que des ustensiles sacrés qui se sont percés ou fendus, on ne les rebouche pas : on les fond et on en fait de nouveaux -- et ainsi a tranché le Rambam (Hilkhot Klei ha-Mikdach, chapitre 1), voir là-bas. C'est pourquoi on a eu égard à ne pas la faire en or, à cause de la perte : car si elle venait à se percer ou à s'ébrécher un peu pour une raison quelconque, il faudrait la fondre et la refaire à neuf, et il y aurait là une perte -- tant du fait de la fonte que du fait du travail et de la nouvelle façon. Et sur ce qu'il dit <i>afin qu'il ne vise pas et ne prenne pas [à dessein]</i>, les Tossefot Yechanim ont demandé : si oui, il n'a pas accompli la mitsva de la hagrala ! Et leur réponse est forcée, voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention est celle-ci : afin qu'Israël ne le soupçonne pas d'avoir visé et pris [à dessein] -- car alors leur joie ne serait pas entière lorsqu'ils voient qu'il est monté dans la droite.
💡 Explication

Ravina trie : il accorde le troisième trait, qui a une raison fonctionnelle déjà donnée, et attaque le second. Pourquoi laisser profane un objet aussi central du service de Yom Kippour ?

La réponse procède par élimination. Consacrer l'objet tel quel produirait un kli charet en bois, ce qui n'existe pas. Reste à changer la matière -- argent ou or -- et là se dresse le principe : ha-Tora hassa al mamonan chel Israël, la Tora a égard au bien d'Israël. Rachi reconstruit ce principe par un kal va-homer tiré du metsora : si la Tora a eu égard à de simples cruchons de terre cuite, à plus forte raison à un bien de valeur ; et si elle a eu égard au bien des metsoraim, à plus forte raison à celui des justes.

Le résultat vaut d'être noté : le statut profane de la kalpi n'est pas une décision positive, c'est le seul point que rien n'exclut.

🖼️ Schéma
De quoi faire la kalpi ? L'objection de Ravina, branche par branche Rava donne trois traits. Ravina en accepte un et attaque le second -- la réponse ferme toutes les issues. Pourquoi ne pas la consacrer ? La consacrer telle quelle, en bois Elle deviendrait un kli charet en bois Or on ne fabrique pas d'ustensile de service en bois Impossible La faire en argent ou en or Techniquement possible : la consécration marcherait Mais la Tora a égard au bien d'Israël Écarte Reste : bois, et profane (chel hol) Ce n'est pas un choix, c'est le seul point non exclu Le troisième trait échappe à l'objection : elle ne contient que deux mains Ravina l'accorde d'emblée -- ce trait ne tient pas à la matière mais à la fonction : empêcher de tâtonner.
L'objection de Ravina traitée comme un arbre : deux branches fermées, une seule possibilité restante.
11
מַתְנִיתִין דְּלָא כִּי הַאי תַּנָּא דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַסְּגָן וְכֹהֵן גָּדוֹל מַכְנִיסִין יָדָן בַּקַּלְפִּי, אִם בִּימִינוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל עוֹלֶה — הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל, הַגְבַּהּ יְמִינְךָ. וְאִם בִּימִינוֹ שֶׁל סְגָן עוֹלֶה — רֹאשׁ בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ לְכֹהֵן גָּדוֹל: דַּבֵּר מִילָּךְ.

Notre michna n'est pas conforme à ce tana, car il a été enseigné : Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : le segan et le kohen gadol introduisent leur main dans la kalpi. Si [le sort du Nom] monte dans la droite du kohen gadol, le segan lui dit : mon maître le kohen gadol, lève ta droite.

Et s'il monte dans la droite du segan, le roch beit av dit au kohen gadol : <i>dabber milakh</i> (dis ta parole).

📜 Rachi (1)
וְאִם בִּימִינוֹ שֶׁל סְגָן עָלָה רֹאשׁ בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ לְכֹהֵן גָּדוֹל דַּבֵּר מִילָּךְ דַּבֵּר דְּבָרֶיךָ לָה' חַטָּאת:
Et s'il monte dans la droite du segan, le roch beit av dit au kohen gadol : dis ta parole -- dis tes paroles : laChem hatat.
💡 Explication

La beraita propose une autre mise en scène : deux hommes tirent, une main chacun, et ce sont deux mains droites. La michna, elle, laisse tout au kohen gadol, qui plonge ses deux mains.

Le cas nouveau est celui où le sort du Nom monte chez le segan. Le kohen gadol n'a alors rien à lever ; on lui demande simplement de prononcer la formule. Rachi explicite ce que veut dire dabber milakh : dis tes paroles -- laChem hatat. La désignation verbale lui reste réservée même lorsque le geste lui a échappé.

12
וְנֵימָא לֵיהּ סְגָן? כֵּיוָן דְּלָא סָלֵיק בִּידֵיהּ חָלְשָׁא דַּעְתֵּיהּ.

Et que le segan le lui dise donc ! Puisque [le sort] n'est pas monté dans sa main, cela lui serrerait le cœur (halcha daate).

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דְּלָא סָלֵיק בִּידֵיהּ דְּכֹהֵן גָּדוֹל וּבִידֵיהּ דִּסְגָן סָלֵיק חַלָּשׁ דַּעְתֵּיהּ דְּכֹהֵן גָּדוֹל אִי אוֹמֵר לוֹ סְגָן:
Puisqu'il n'est pas monté dans sa main -- [dans celle] du kohen gadol, mais que c'est dans la main du segan qu'il est monté, le kohen gadol serait affaibli si le segan le lui disait.
💡 Explication

Question de cohérence : dans le premier cas c'est le segan qui parle, pourquoi pas dans le second ? La réponse est psychologique, et la guemara ne la déguise pas. Rachi : puisque [le sort] n'est pas monté dans la main du kohen gadol mais dans celle du segan, le kohen gadol serait affaibli si c'était le segan qui le lui disait.

Halcha daate -- littéralement son esprit faiblit -- désigne cette blessure discrète. L'homme qui vient d'être dépassé par son second n'a pas à recevoir de lui l'ordre de parler. Le rite prévoit un tiers pour absorber la gêne.

13
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? מַר סָבַר: יַמִּינָא דִּסְגָן עֲדִיף מִשְּׂמָאלֵיהּ דְּכֹהֵן גָּדוֹל. וּמַר סָבַר: כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ.

En quoi divergent-ils ? Un maître tient : la droite du segan vaut mieux que la gauche du kohen gadol.

Et l'autre maître tient : elles sont équivalentes.

💡 Explication

La guemara ramène la différence de chorégraphie à une seule question, très précise : entre la droite du second et la gauche du premier, laquelle est préférable ?

Pour la beraita, la droite l'emporte sur le rang : mieux vaut deux mains droites, quitte à faire entrer le segan dans le service. Pour notre michna, les deux se valent -- et dès lors rien ne justifie de faire intervenir quelqu'un d'autre que le kohen gadol. Les deux camps veulent la même chose, le meilleur présage possible ; ils n'évaluent pas de la même façon ce qui compte, la main ou l'homme.

🖼️ Schéma
Qui met la main dans la kalpi ? Une mahloket sur la valeur d'une gauche Les deux camps veulent le meilleur présage. Ils divergent sur ce qui vaut mieux : la gauche du grand ou la droite du second. Notre michna Identifiée à R. Hanina segan hakohanim Beraita -- R. Yehouda au nom de R. Eliezer Une autre mise en scène du tirage QUI TIRE Le kohen gadol seul, ses deux mains dans la kalpi. Le segan et le roch beit av l'encadrent, sans tirer. QUI TIRE Le segan et le kohen gadol, chacun une main. Deux droites plongent dans la boîte. RAISON Droite du segan et gauche du kohen gadol se valent -- alors autant tout laisser au grand. RAISON La droite du segan vaut mieux que la gauche du kohen gadol : on maximise les droites. RÔLE DU SEGAN Aucun service tant que le kohen gadol est apte. Il se tient à droite pour une seule raison : remplacer aussitôt en cas d'invalidation. RÔLE DU SEGAN Il participe activement au tirage. Sa main peut faire monter le sort laChem -- et alors le kohen gadol doit parler. Nafka mina visible : qui adresse la parole au kohen gadol Michna : selon la main, le segan ou le roch beit av dit lève ta droite / ta gauche. Beraita : si le sort monte chez le segan, c'est le roch beit av qui dit dabber milakh -- pas le segan. Raison : que le segan lui parle à ce moment-là lui serrerait le cœur (halcha daate).
Les deux positions, leur raison et la différence visible dans le déroulé du rite.
14
וּמַאן הַאי תַּנָּא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה — רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים הוּא. דְּתַנְיָא, רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: לָמָּה סְגָן מִיְּמִינוֹ — שֶׁאִם אֵירַע בּוֹ פְּסוּל בְּכֹהֵן גָּדוֹל, נִכְנָס סְגָן וּמְשַׁמֵּשׁ תַּחְתָּיו.

Et qui est ce tana qui diverge d'avec Rabbi Yehouda ? C'est Rabbi Hanina, segan des kohanim.

Car il a été enseigné : Rabbi Hanina, segan des kohanim, dit : pourquoi le segan [se tient-il] à sa droite ? Afin que, s'il survient au kohen gadol une invalidation (passoul), le segan entre et serve à sa place.

📜 Rachi (1)
לָמָּה סְגָן מִיְּמִינוֹ כו' שֶׁהוֹלֵךְ תָּמִיד לִימִינוֹ כָּךְ אָמְרוּ בְּשֵׁם ר' יִצְחָק הַלֵּוִי וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי מֵרַבֵּינוּ יִצְחָק בַּר יְהוּדָה לָמָּה סְגָן מְמֻונֶּה שֶׁאִם יֶאֱרַע פְּסוּל אֲבָל כָּל זְמַן שֶׁלֹּא יֶאֱרַע בּוֹ פְּסוּל אֵין הַסְּגָן עוֹבֵד שׁוּם עֲבוֹדָה בָּעוֹלָם:
Pourquoi le segan [se tient-il] à sa droite, etc. -- qu'il marche toujours à sa droite ; ainsi ont-ils dit au nom de Rabbi Yits'hak HaLevi. Et moi, j'ai entendu de notre maître Yits'hak bar Yehouda : pourquoi nomme-t-on un segan ? Afin que, s'il survient une invalidation [au kohen gadol, il le remplace] ; mais tant qu'il ne lui survient pas d'invalidation, le segan n'accomplit aucun service au monde.
💡 Explication

La guemara identifie le tana anonyme de notre michna. L'énoncé de Rabbi Hanina donne une raison unique à la présence du segan : la suppléance en cas d'empêchement. Rachi tire la conclusion avec une netteté remarquable, en distinguant deux traditions reçues de ses maîtres : tant qu'il ne survient pas d'invalidation [au kohen gadol], le segan n'accomplit aucun service au monde.

C'est exactement l'inverse de la beraita, où la main du segan participe au tirage. Le segan est donc soit une doublure au repos, soit un officiant d'appoint -- et c'est de ce statut que dépend la chorégraphie de la hagrala.

15
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבָּעִים שָׁנָה שֶׁשִּׁמֵּשׁ שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק, הָיָה גּוֹרָל עוֹלֶה בְּיָמִין. מִכָּאן וְאֵילָךְ, פְּעָמִים עוֹלֶה בְּיָמִין פְּעָמִים עוֹלֶה בִּשְׂמֹאל. וְהָיָה לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית מַלְבִּין. מִכָּאן וְאֵילָךְ, פְּעָמִים מַלְבִּין פְּעָמִים אֵינוֹ מַלְבִּין. וְהָיָה נֵר מַעֲרָבִי דּוֹלֵק. מִכָּאן וְאֵילָךְ, פְּעָמִים דּוֹלֵק פְּעָמִים כָּבֶה.

Nos maîtres ont enseigné : pendant les quarante ans où Chimon HaTsadik officia, le sort montait dans la droite. À partir de là, parfois il montait dans la droite, parfois il montait dans la gauche.

Et le fil d'écarlate (lachon chel zehorit) blanchissait ; à partir de là, parfois il blanchissait, parfois il ne blanchissait pas. Et la lampe occidentale (ner maaravi) brûlait ; à partir de là, parfois elle brûlait, parfois elle s'éteignait.

📜 Rachi (2)
לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית צֶמֶר סָרוּק וּמָשׁוּךְ כְּמִין לָשׁוֹן וְצָבוּעַ אָדֹום וְקוֹשְׁרִין אוֹתוֹ בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהָיָה מַלְבִּין מֵאֵילָיו וְהוּא סִימָן שֶׁמָּחַל הקב"ה לְיִשְׂרָאֵל שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָהוּ א׳:י״ח) אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ:
Fil d'écarlate -- de la laine cardée et étirée en forme de langue, teinte en rouge, que l'on nouait à la tête du bouc envoyé ; et elle blanchissait d'elle-même, ce qui est le signe que le Saint béni soit-Il a pardonné à Israël, comme il est dit (Yechaya 1,18) : <i>si vos fautes sont comme l'écarlate, elles blanchiront comme la neige</i>.
וְהָיָה נֵר מַעֲרָבִי דּוֹלֵק לְאַחַר שֶׁכָּבוּ שְׁאָר כָּל הַנֵּרוֹת ואע"פ שֶׁמִּמֶּנּוּ מַתְחִיל לְהַדְלִיק עַרְבִית בּוֹ הָיָה מַסְיִי' הֲטָבַת נֵרוֹת שַׁחֲרִית וְהוּא עֵדוּת שֶׁהַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל כְּדִכְתִיב מִחוּץ לַפָּרֹוכֶת הָעֵדוּת וְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף כב:) עֵדוּת הִיא לְכָל בָּאֵי עוֹלָם שֶׁהַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל וְאָמְרִינַן (שָׁם) מַאי עֵדוּת זֶה נֵר מַעֲרָבִי שֶׁנּוֹתֵן בָּהּ שֶׁמֶן כְּמִדַּת חַבְרוֹתֶיהָ וּמִמֶּנָּה הָיָה מַתְחִיל וּבָהּ הָיָה מְסַייֵּם וְאֵיזֶהוּ נֵר מַעֲרָבִי לְמָאֵן דְּאָמַר (מְנָחוֹת דַּף צח:) שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת סְדוּרִים מִזְרָח וּמַעֲרָב קָרֵי נֵר מַעֲרָבִי נֵר שֵׁנִי שֶׁסָּמוּךְ לָרִאשׁוֹן שֶׁבַּמִּזְרָח כְּדִתְנַן (תָּמִיד פ"ו מִשְׁנָה א) נִכְנַס אֶחָד וּמָצָא שְׁתֵּי נֵרוֹת מִזְרָחִיּוֹת דּוֹלְקוֹת וְכוּ' לְמָאֵן דְּאָמַר כו' צָפוֹן וְדָרוֹם נְתוּנִין הָיוּ אֶמְצָעִיתָן פָּנָיו מְסֻובִּין כְּלַפֵּי מַעֲרָב וְהוּא קָרוּי מַעֲרָבִי וּשְׁאָר הַנֵּרוֹת מְצַדְּדִין פְּנֵיהֶם כְּלַפֵּי אֶמְצָעִי כְּדִכְתִיב (בַּמִּדְבָּר ח׳:ג׳) אֶל מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה הִיא אֶמְצָעִית יָאִירוּ נֵרוֹת שֶׁל שִׁשָּׁה קָנִים:
Et la lampe occidentale brûlait -- après que toutes les autres lampes se sont éteintes. Et bien que ce soit par elle que l'on commence à allumer le soir, c'est par elle que l'on achevait l'entretien des lampes (hatavat nerot) le matin. Et c'est un témoignage que la Chekhina réside en Israël, comme il est écrit : <i>hors de la parokhet du témoignage</i> ; et nous disons au traité Chabbat (22b) : c'est un témoignage pour tous les habitants du monde que la Chekhina réside en Israël. Et nous disons (ibid.) : quel témoignage ? C'est la lampe occidentale, dans laquelle on met de l'huile à la même mesure que ses compagnes, par laquelle on commençait et par laquelle on achevait. Et quelle est la lampe occidentale ? Pour celui qui dit (Menahot 98b) que les sept lampes sont disposées d'est en ouest, on appelle lampe occidentale la deuxième lampe, celle qui est proche de la première à l'est, comme nous avons appris (Tamid 6,1) : <i>l'un entra et trouva les deux lampes orientales allumées</i>, etc. Pour celui qui dit, etc., qu'elles étaient placées du nord au sud, celle du milieu avait sa face tournée vers l'ouest, et c'est elle que l'on appelle occidentale ; et les autres lampes tournaient leur face vers celle du milieu, comme il est écrit (Bamidbar 8,3) : <i>face au devant de la menora</i> -- c'est celle du milieu -- <i>éclaireront les lampes</i> des six branches.
💡 Explication

La beraita convertit la question du présage en histoire. Ce que la michna traitait comme une éventualité -- droite ou gauche -- a d'abord été une constante de quarante ans, puis est devenu aléatoire. Le schéma se répète à l'identique sur chaque signe : et à partir de là, parfois... parfois....

Les deux autres signes sont expliqués par Rachi. Le lachon chel zehorit est une laine cardée et étirée en forme de langue, teinte en rouge, nouée à la tête du bouc envoyé ; elle blanchissait d'elle-même, signe du pardon, selon Yechaya 1,18. Le ner maaravi est le témoignage que la Chekhina réside en Israël : une lampe qui recevait la même mesure d'huile que les autres et brûlait pourtant plus longtemps.

Il faut noter la forme du déclin : aucun signe ne disparaît. Ils cessent seulement d'être fiables. Le retrait de la présence divine se manifeste comme un passage du constant au hasard.

🖼️ Schéma
Les quarante ans de Chimon HaTsadik : cinq signes qui basculent Rien ne disparaît. Tout passe du constant à l'aléatoire -- c'est la forme même du retrait de la Chekhina. Le signe Pendant ses 40 ans À partir de la Le sort laChem Dans quelle main monte-t-il ? Toujours dans la droite Parfois droite, parfois gauche Le fil d'écarlate Noué au bouc envoyé Il blanchissait Parfois oui, parfois non La lampe occidentale Témoignage de la Chekhina Elle brûlait Parfois allumée, parfois éteinte Le feu du bûcher Faut-il rapporter du bois ? Il se renforçait seul Deux bûches, pour la mitsva seulement Parfois oui, parfois non On portait du bois tout le jour Omer, deux pains, le'hem La part de chaque kohen Berakha : un kazayit rassasie Certains en laissaient même Meera : une part grosse comme une fève Moins qu'un kazayit Conséquence humaine, et non seulement liturgique Les discrets (tsenouin) retirent leur main ; les gloutons prennent et mangent. La pénurie trie les caractères.
Les cinq signes de la beraita et leur bascule après les quarante ans.
16
וְהָיָה אֵשׁ שֶׁל מַעֲרָכָה מִתְגַּבֵּר, וְלֹא הָיוּ כֹּהֲנִים צְרִיכִין לְהָבִיא עֵצִים לְמַעֲרָכָה, חוּץ מִשְּׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים כְּדֵי לְקַייֵּם מִצְוַת עֵצִים. מִכָּאן וְאֵילָךְ, פְּעָמִים מִתְגַּבֵּר פְּעָמִים אֵין מִתְגַּבֵּר, וְלֹא הָיוּ כֹּהֲנִים נִמְנָעִין מִלְּהָבִיא עֵצִים לַמַּעֲרָכָה כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ.

Et le feu du bûcher (maarakha) se renforçait, et les kohanim n'avaient pas besoin d'apporter du bois au bûcher, sauf les deux bûches, pour accomplir la mitsva du bois. À partir de là, parfois il se renforçait, parfois il ne se renforçait pas, et les kohanim ne s'abstenaient pas d'apporter du bois au bûcher tout au long de la journée.

📜 Rachi (2)
וְהָיָה אֵשׁ הַמַּעֲרָכָה מִתְגַּבֵּר וְדוֹלֵק מֵאֵילָיו בְּלֹא תּוֹסֶפֶת עֵצִים וְלֹא הָיוּ צְרִיכִין לְהָבִיא עֵצִים מִשֶּׁסִּדְּרוּהוּ שַׁחֲרִית:
Et le feu du bûcher se renforçait -- et brûlait de lui-même, sans ajout de bois ; et ils n'avaient pas besoin d'apporter du bois une fois qu'ils l'avaient disposé le matin.
חוּץ מִשְּׁנֵי גְּזִירִין שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם שֶׁהֵן חוֹבָה כִּדְאָמְרִי בְּפִרְקִין לְעֵיל:
Sauf les deux bûches -- celles de l'après-midi (bein ha-arbayim), qui sont une obligation, comme nous l'avons dit dans notre chapitre plus haut.
💡 Explication

Quatrième signe, sur le même moule. Rachi précise ce que voulait dire se renforçait : le feu brûlait de lui-même, sans ajout de bois, et il n'y avait plus rien à apporter une fois le bûcher disposé le matin.

Les deux bûches qui subsistent ne sont pas un appoint de combustible : Rachi renvoie à notre chapitre plus haut -- ce sont celles de l'après-midi (bein ha-arbayim), qui sont une obligation. Elles restent parce que la mitsva du bois demeure, même quand le feu n'a besoin de personne.

La dernière phrase décrit le nouveau régime par un détail concret : les kohanim ne cessent plus de porter du bois tout au long de la journée. Le miracle s'est retiré, le travail est revenu.

17
וְנִשְׁתַּלְּחָה בְּרָכָה בָּעֹומֶר, וּבִשְׁתֵּי הַלֶּחֶם, וּבְלֶחֶם הַפָּנִים. וְכָל כֹּהֵן שֶׁמַּגִּיעוֹ כְּזַיִת, יֵשׁ אוֹכְלוֹ וְשָׂבֵעַ, וְיֵשׁ אוֹכְלוֹ וּמוֹתִיר. מִכָּאן וְאֵילָךְ, נִשְׁתַּלְּחָה מְאֵירָה בָּעֹומֶר וּבִשְׁתֵּי הַלֶּחֶם וּבְלֶחֶם הַפָּנִים, וְכָל כֹּהֵן מַגִּיעוֹ כְּפוּל. הַצְּנוּעִין מוֹשְׁכִין אֶת יְדֵיהֶן, וְהַגַּרְגְּרָנִין נוֹטְלִין וְאוֹכְלִין. וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁנָּטַל חֶלְקוֹ וְחֵלֶק חֲבֵירוֹ, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ ״בֶּן

Et une bénédiction fut envoyée dans le omer, dans les deux pains et dans le pain de proposition (le'hem ha-panim) : tout kohen à qui revenait un kazayit, il en était qui le mangeaient et étaient rassasiés, et il en était qui le mangeaient et en laissaient. À partir de là, une malédiction (méera) fut envoyée dans le omer, dans les deux pains et dans le pain de proposition, et à chaque kohen ne revenait qu'une [part grosse comme une] fève.

Les discrets (tsenouin) retiraient leur main, et les gloutons prenaient et mangeaient. Et il advint que l'un prit sa part et la part de son compagnon, et on l'appelait <i>ben [hamtsan]</i> [-- la suite au folio suivant].

📜 Rachi (2)
נִשְׁתַּלְּחָה מְאִירָה שֶׁאֵינוֹ מַשְׁבִּיעוֹ:
Une malédiction fut envoyée -- [le pain] ne le rassasie pas.
וְכָל כֹּהֵן מַגִּיעוֹ כְּפוּל שֶׁאֵינוֹ כַּזַּיִת מֵאַחַר שֶׁרָאוּ שֶׁאֵינוֹ מַשְׂבִּיעַ הַצְּנוּעִין מוֹשְׁכִין אֶת יְדֵיהֶן (וְאִם יוֹתִיר לֹא הָיוּ מוֹשְׁכִין יְדֵיהֶם) וּבִימֵי שִׁמְעוֹן אֶת מִי שֶׁמַּגִּיעַ כָּפוּל לֹא הָיוּ מוֹשְׁכִין יְדֵיהֶם:
Et à chaque kohen ne revenait qu'une fève -- ce qui n'est pas un kazayit. Dès lors qu'ils voyaient que cela ne rassasie pas, les discrets retiraient leur main. (Et si [la part] devait laisser un reste, ils ne retiraient pas leur main.) Et aux jours de Chimon [HaTsadik], celui à qui il ne revenait qu'une fève, ils ne retiraient pas leur main.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' טָרַף בַּקַּלְפִּי וְכוּ'. וְקָרְאוּ אוֹתוֹ חַמְצָן כָּל יָמָיו אַף ע"פ שֶׁגַּם גַּרְגְּרָנִין אֲחֵרִים חוֹטְפִים וְאוֹכְלִים כְּמוֹתוֹ הַאי דְּקָרְאוּ אוֹתוֹ חַמְצָן טְפֵי מְאֻחָרֵינִי י"ל לְפִי שֶׁהוּא חָטַף מְחַמְּצָן אַחֵר אִי נָמֵי אֲחֵרִים לֹא הִקְפִּידוּ כְּשֶׁהָיוּ חוֹטְפִין זֶה מִזֶּה אֲבָל זֶה כְּשֶׁזֶּה חָטַף מִיָּדוֹ הִקְפִּיד:
Bien que d'autres gloutons aussi happaient et mangeaient comme lui, si on l'a appelé <i>hamtsan</i> (le happeur) plus que les autres, on peut dire que c'est parce qu'il a happé [la part] d'un autre happeur. Ou encore : les autres ne s'en formalisaient pas lorsqu'ils se happaient [des parts] l'un à l'autre, mais celui-ci, lorsqu'un autre lui happa [sa part] de la main, s'en formalisa.
💡 Explication

Cinquième signe, et le plus concret : il touche la nourriture des kohanim. La bénédiction ne faisait pas grossir les parts, elle changeait leur pouvoir de rassasier -- un kazayit suffisait, et certains en laissaient même. Rachi définit symétriquement la malédiction : elle ne le rassasie pas.

Après, la part tombe sous le kazayit : grosse comme une fève. Rachi souligne le point halakhique -- ce n'est plus un kazayit, donc plus une consommation qui vaut accomplissement. C'est pourquoi les tsenouin retirent leur main : ils refusent de prendre une part qui ne permet pas de manger comme il faut. Les gloutons, eux, prennent.

La beraita s'achève sur un cas d'espèce, coupé en plein milieu par la fin du folio : un homme prit sa part et celle de son compagnon, et on lui donna un surnom. Les Tossefot, qui lisent la suite, demandent déjà pourquoi ce sobriquet lui est resté à lui plutôt qu'aux autres gloutons.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).