Yoma 41b -- le riche et le sacrifice du pauvre, puis la languette d'écarlate : où la nouer, et quelle mesure lui faut-il ?

Yoma 41b

Sougya : Le daf achève d'abord la sougya des kinin : la baraita du metame mikdach est corrigée -- « et ensuite il a pris et il a dit » --, ce qui loge la parole dans la fenêtre de la lekiha ; Rav Papa sauve la lecture en supposant qu'un seul oiseau fût acheté, et montre au passage l'asymétrie entre l'ola, qui se recycle en nedava, et le hatat, qui part à la mort. La guemara reprend alors pour elle-même (goufa) la controverse de Rabbi Elazar et de Rabbi Haga au nom de Rabbi Hocha'ya : un riche qui apporte le sacrifice du pauvre s'est-il acquitté ?

L'objection tirée du metsora est neutralisée par trois mots du verset -- torat inclut, zot exclut, et le hou de ve-im dal hou restreint la sévérité au seul metsora. S'ouvre ensuite la michna du service de Kippour : la languette d'écarlate nouée sur la tête du bouc émissaire, le placement des deux boucs, et la seconde confession du kohen gadol sur son taureau, élargie aux fils d'Aharon.

La guemara demande si ve-la-nichhat porte sur l'attache ou sur le placement, et tranche par la baraita de Rav Yossef : puisque deux dangers sont nommés -- confondre les deux boucs entre eux et les confondre avec d'autres --, seule l'attache les couvre tous deux. Le daf s'achève sur la mesure des languettes : Rabbi Yitzhak a reçu une distinction dont il a perdu l'attribution, Rav Yossef la reconstitue par la division du bouc émissaire, Rami bar Hama objecte le poids exigé pour la para, Rava renvoie à la controverse de Rabbi et de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, Abaye distingue la flamme jaillissante de la flamme ployée -- et Rav Dimi puis Ravin rapportent d'Erets Israël les trois poids, dont l'appariement se lira en 42a.

Riche et pauvre : peut-on apporter le sacrifice de l'autre état ? Korban olé ve-yored = sacrifice à taux variable : bête pour le riche, paire d'oiseaux pour le pauvre. METSORA (Lev 14) METAME MIKDACH (Lev 5) PAUVRE qui apporte le sacrifice du riche YATSA -- acquitté inclus par le mot torat (la loi de) YATSA -- acquitté le riche fait toujours plus que son dû RICHE qui apporte le sacrifice du pauvre c'est ici que tout se joue LO YATSA -- non acquitté exclu par le mot zot (telle sera) michna admise par tous MAHLOKET R. Elazar au nom de R. Hocha'ya : lo yatsa R. Haga au nom de R. Hocha'ya : yatsa c'est la question du daf Trois mots gouvernent le tableau : torat (inclut) -- zot (exclut) -- ve-im dal hou (limite au metsora) Le va-et-vient de la guemara 1. le metsora prouverait lo yatsa partout 2. mais le hou de ve-im dal hou est une exclusion 3. donc : le metsora, oui -- les autres, non Nafka mina (conséquence) R. Haga survit à l'objection : pour le metame mikdach, le riche qui apporte un ken peut bien s'acquitter -- et c'est ce qui privait Rav Chechet de son levier (41a).
Riche et pauvre : les quatre cas du korban olé ve-yored et les trois mots qui les départagent.
Les deux boucs de Kippour : où noue-t-on la languette d'écarlate ? Conclusion de la guemara : ve-la-nichhat porte sur l'attache (kechira), non sur le placement (ha'amada). SA'IR HA-MICHTALEAH le bouc émissaire, envoyé à Azazel SUR LA TÊTE placé face à la porte de son envoi SA'IR HA-NICHHAT le bouc pour HACHEM, égorgé en hatat AU COU (bet ha-chehita) 1. Ne pas confondre les deux entre eux tête rouge = émissaire · cou rouge = égorgé le placement seul y suffirait déjà satisfait par les deux lectures 2. Ne pas les confondre avec d'autres boucs un bouc sans marque se perd dans le troupeau le placement n'y suffit pas -- il faut une marque seule la lecture kechira y répond -- c'est la preuve
Les deux boucs et la languette : pourquoi il faut nouer, et pas seulement placer.
Les trois languettes d'écarlate (lachon chel zehorit) Rav Dimi au nom de Rabbi Yo'hanan : trois poids -- dix zouz, deux sela'im, un chekel -- sans savoir les apparier. PARA ADOUMA la vache rousse -- Nombres 19,6 Rôle : lier cèdre + hysope et les jeter au feu de la vache Division (haloka) : NON Poids (koved) : discuté Rabbi : un seul faisceau suffit R. Elazar b. R. Chimon : il faut du poids 10 zouz (selon Ravin / R. Yonatan) SA'IR HA-MICHTALEAH le bouc émissaire -- notre michna Rôle : marquer, puis blanchir (kacheleg yalbinou, Isaie 1,18) Division (haloka) : OUI moitié au rocher, moitié entre les cornes (michna Yoma 67a) Donc : mesure indispensable 2 sela'im = 8 zouz METSORA purification du lépreux -- Lévitique 14 Rôle : lier cèdre + hysope pour l'aspersion aux deux oiseaux Division (haloka) : NON Poids : sans objet rien n'est jeté dans un feu 1 chekel = 2 zouz Pourquoi la languette du bouc intérieur n'est-elle pas dans la liste ? (Tossefot) Parce qu'elle ne sert qu'à distinguer : sa seule fonction est d'empêcher la confusion. Une marque n'a pas besoin de mesure -- elle est valide en quelque quantité que ce soit. Règle : la mesure suit la fonction. Pas de fonction quantitative, pas de chiour.
Les trois languettes d'écarlate : rôle, division, poids et mesure.
1
מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? לָא תֵּימָא: וְאַחַר כָּךְ אָמַר, אֶלָּא אֵימָא: וְאַחַר כָּךְ לָקַח וְאָמַר.

... que peut-on dire ? Ne dis pas : « et ensuite il a dit », mais dis plutôt : « et ensuite il a pris et il a dit ».

📜 Rachi (2)
מַאי אִיכָּא לְמֵימַר וְהָא הָכָא לָאו בִּשְׁעַת לְקִיחָה וְלָאו שְׁעַת עֲשִׂיָּיה הוּא וְקָבַע לֵיהּ:
Que peut-on dire ? - or ici, ce n'est ni au moment de la prise ni au moment de l'accomplissement, et pourtant cela a bien fixé pour lui.
לָא תֵּימָא וְאַחַר כָּךְ אָמַר אֶלָּא וְאַחַ"כּ לָקַח וְאָמַר זוֹ לְחַטָּאת וְזוֹ לְעוֹלָה דְּעָבְדִי תַּנָּאֵי דִּמְחַסְּרִי תֵּיבָה אַחַת עַל יְדֵי שִׁכְחָה וּמִיחַלַּף לְהוּ בֵּין וְאַחַר כָּךְ לָקַח לִוְאַחַר כָּךְ אָמַר:
Ne dis pas « et ensuite il a dit », mais « et ensuite il a pris et il a dit » - celui-ci pour le hatat et celui-là pour l'ola. Car il arrive que les tannaim omettent un mot par oubli, et qu'ils confondent « et ensuite il a pris » avec « et ensuite il a dit ».
💡 Explication

Suite directe de 41a. La baraita du metame mikdach (celui qui a rendu le Temple impur) pauvre, devenu riche, qui nomme ensuite ses deux tas d'argent, semblait prouver qu'une simple parole peut fixer une désignation hors des deux fenêtres de Rav Hisda. Rav Chechet s'en tirait grâce à l'avis « le riche ne s'acquitte pas avec le sacrifice du pauvre » -- mais selon Rabbi Yochiya, qui dit qu'il s'acquitte, ce levier disparaît.

La guemara répond alors par une correction de texte (hagaha) : la baraita ne dit pas « et ensuite il a dit », mais « et ensuite il a pris et il a dit ». Dès lors, la parole tombe au moment de la lekiha (la prise) -- l'une des deux fenêtres légitimes -- et toute la difficulté s'évanouit. Rachi explique le mécanisme de l'erreur : les tannaim transmettaient oralement et pouvaient omettre un mot, si bien que « ve-ahar kakh lakah » a glissé en « ve-ahar kakh amar ».

2
לָקַח, מוֹסִיף וּמֵבִיא חוֹבָתוֹ מַאי נִיהוּ?!

« Il a pris » ?! Alors « il ajoute et apporte son obligation » -- qu'est-ce à dire ?!

📜 Rachi (1)
וּפָרְכִינַן לָקַח אִם כֵּן מוֹסִיף וּמֵבִיא חוֹבָתוֹ בְּהֵמָה מִדְּמֵי חַטָּאתוֹ מַאי נִיהוּ הֲרֵי אֵינוֹ מָעוֹת שֶׁכְּבָר לָקַח הָעוֹף:
Et nous objectons : « il a pris » - si c'est ainsi, « il ajoute et apporte son obligation, une bête, à partir de l'argent de son hatat » -- qu'est-ce à dire ? Ce ne sont plus des pièces, puisqu'il a déjà pris l'oiseau.
💡 Explication

La correction crée aussitôt un nouveau problème. Si le personnage a déjà pris (acheté et consacré) ses oiseaux, il ne détient plus d'argent : il détient des oiseaux. Or la suite de la baraita dit qu'il « ajoute et apporte son obligation » -- c'est-à-dire qu'il complète la somme mise de côté pour acheter la bête due par le riche. On n'ajoute pas de l'argent à un oiseau.

3
דְּפָרֵיק לֵיהּ. וְהָא אֵין פִּדְיוֹן לָעוֹף!

C'est qu'il l'a racheté. -- Mais il n'y a pas de rachat (pidyon) pour un oiseau !

📜 Rachi (2)
דְּפָרֵיק לֵיהּ וּמוֹצִיאוֹ לְחֻולִּין וּמוֹסִיף מִבֵּיתוֹ וְקוֹנֶה מִן הַמָּעוֹת בְּהֵמָה:
Qu'il l'a racheté - il le fait sortir vers le profane (houlin), ajoute de sa maison, et achète une bête avec cet argent.
וְהָא אֵין פִּדְיוֹן לָעוֹף דְּהָכִי תְּנַן בְּמַסֶּכֶת מְנָחוֹת (דַּף ק:) אֲבָל הָעוֹפוֹת וְהַלְּבוֹנָה וְהַכְּלִי שָׁרֵת אֵין לָהֶם פִּדְיוֹן שֶׁלֹּא נֶאֱמַר אֶלָּא בִּבְהֵמָה:
Or il n'y a pas de rachat pour un oiseau - car ainsi avons-nous appris dans le traité Menahot (100b) : « mais les oiseaux, l'encens et les ustensiles du service n'ont pas de rachat », car [le rachat] n'a été énoncé qu'à propos d'une bête.
💡 Explication

Première tentative : peut-être a-t-il racheté l'oiseau, c'est-à-dire transféré sa sainteté sur de l'argent, redevenu ainsi disponible pour acheter une bête. Rachi précise le mécanisme : le rachat fait sortir l'oiseau vers le houlin (le profane), et l'argent obtenu, complété de sa poche, sert à l'achat.

Refus immédiat : la michna de Menahot 100b pose qu'« il n'y a pas de rachat pour les oiseaux, l'encens et les ustensiles du service ». Le pidyon des consacrés n'a été institué par la Torah que pour la behema (la bête). Un oiseau consacré est un cul-de-sac : rien ne l'en fait sortir.

4
אָמַר רַב פָּפָּא: כְּגוֹן שֶׁלָּקַח פְּרֵידָה אַחַת, אִי עוֹלָה זְבַן — מוֹסִיף וּמֵבִיא חוֹבָתוֹ מִדְּמֵי חַטָּאתוֹ, וְהַאי עוֹלָה אָזְלָא לִנְדָבָה. אִי חַטָּאת זְבַן — אֵין מוֹסִיף וּמֵבִיא חוֹבָתוֹ מִדְּמֵי עוֹלָתוֹ, וְהַאי חַטָּאת אָזְלָא לְמִיתָה.

Rav Papa a dit : par exemple qu'il n'ait pris qu'un seul oiseau (perida ahat). S'il a acheté l'ola -- il ajoute et apporte son obligation avec l'argent de son hatat, et cette ola s'en va en nedava (offrande volontaire).

S'il a acheté le hatat -- il n'ajoute pas et n'apporte pas son obligation avec l'argent de son ola, et ce hatat s'en va à la mort (mitah).

📜 Rachi (2)
כְּגוֹן [שֶׁלָּקַח] פְּרִידָה אַחַת גּוֹזֵל אֶחָד לָקַח מִן הַצִּבּוּרִין דְּמָעוֹת וְהָכִי קָאָמַר תַּנָּא אִי עוֹלָה זְבַן הָנֵי מָעוֹת דְּקָיְימִי חַטָּאת נִינְהוּ וּמוֹסִיף עֲלֵיהֶן וּמֵבִיא חוֹבָתוֹ וְהַאי עוֹלָה דִּזְבַן אָזְלָא לִנְדָבָה:
Par exemple qu'il ait pris un seul oiseau - il a pris un pigeonneau avec l'un des deux tas d'argent. Et voici ce que le tanna veut dire : s'il a acheté l'ola, l'argent qui subsiste est celui du hatat ; il y ajoute et apporte son obligation, et cette ola qu'il a achetée s'en va en nedava.
אִי חַטָּאת זְבַן הֻוקְבְּעוּ מָעוֹת צִבּוּר הַשֵּׁנִי לְעוֹלָה עַל יְדֵי לְקִיחָה זוֹ וְאֵין מוֹסִיף עֲלֵיהֶן וּמֵבִיא מֵהֶן חוֹבָתוֹ אֶלָּא מֵבִיא מִן הַמָּעוֹת עוֹלַת נְדָבָה וְהַחַטָּאת שֶׁלָּקַח תָּמוּת וּמִבֵּיתוֹ יָבִיא מָעוֹת וְיִקַּח בְּהֵמָה:
S'il a acheté le hatat - l'argent du second tas se trouve fixé pour l'ola par cette prise même ; il n'y ajoute donc pas et n'en apporte pas son obligation, mais il apporte de cet argent une ola de nedava ; et le hatat qu'il a pris mourra, et c'est de sa maison qu'il apportera de l'argent pour acheter une bête.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַאי עוֹלָה אָזְלָא לִנְדָבָה לָאו לְנִדְבַת צִבּוּר קָאָמַר לְקֵיץ הַמִּזְבֵּחַ דְּהָאָמַר בפ"ק דִּשְׁבוּעוֹת (דַּף יב:) דְּאֵין מְקַיְּצִין בְּעוֹלַת הָעוֹף אֶלָּא לְנִדְבַת יָחִיד קָאָמַר מִיהוּ הַלָּשׁוֹן קָשֶׁה דְּקָאָמַר אָזְלָא לִנְדָבָה דִּבְכָל דֻּוכְתָּא אָמְרִינַן לִנְדָבָה הַייְנוּ לְשׁוֹפָרוֹת לְנִדְבַת צִבּוּר וְי"ל הָא דְּאֵין מְקַיְּצִין בְּעוֹלַת הָעוֹף הַיְינוּ דְּאֵין לוֹקֵחַ לְכַתְּחִילָּה מִן הַמָּעוֹת שֶׁל הַנְּדָבָה עוֹפוֹת לְהָקִיץ אֲבָל אִי מִתְרַמֵּי מִמֵּילָא כִּי הָכָא מְקַיְּצִין בּוֹ אֲבָל קָשֶׁה אַמַּאי לָא מַייְתֵי לֵיהּ עוֹלַת יָחִיד כִּי הַהִיא דִּתְנַן בְּנָזִיר פֶּרֶק מִי שֶׁאָמַר הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁמַע (דַּף כֹּד.) הָאִשָּׁה שֶׁנָּדְרָה בְּנָזִיר וְהִפְרִישָׁה אֶת בְּהֶמְתָּהּ וְהֵפֵר לָהּ בַּעְלָהּ וְכוּ' עַד הַחַטָּאת תָּמוּת הָעוֹלָה תִּקְרַב עוֹלָה וּשְׁלָמִים יִקְרְבוּ שְׁלָמִים וי"ל שָׁאנֵי הָתָם כֵּיוָן דִּכְבָר הִפְרִישָׁה כָּל קָרְבְּנוֹתֶיהָ הֻוקְבְּעוּ לָהּ לִשְׁמָהּ אֲבָל הָכָא דְּלָא לָקַח כָּל קָרְבְּנוֹתָיו לֹא הֻוקְבַּע לוֹ לְהָכִי אָזְלָא לְנִדְבַת צִבּוּר אִי נָמֵי נ"ל דְּהָכָא קָאָמַר סְתָמָא אָזְלָא לִנְדָבָה וְלָא קָאָמַר תִּקְרַב עוֹלָה כִּדְקָאָמַר הָתָם לְפִי שֶׁאֵין נַפְקוּתָא בַּדָּבָר וְאֵין חִילּוּק בֵּין עוֹלַת הָעוֹף הַבָּאָה בִּשְׁבִיל צֹורֶךְ לְאוֹתָהּ שֶׁהִיא בָּאָה נִדְבַת צִבּוּר דְּאִידִי וְאִידִי אֵין טְעוּנִין סְמִיכָה וְלֹא נְסָכִים דְּעוֹף אֵין טָעוּן נְסָכִים וְלֹא סְמִיכָה אֲבָל עוֹלַת בְּהֵמָה שֶׁהִיא בָּאָה בִּשְׁבִיל יָחִיד טְעוּנָה נְסָכִים מִשֶּׁלּוֹ וְאִם הִיא קָרְבַּן אֲנָשִׁים טָעוּן סְמִיכָה וּכְשֶׁהִיא בָּאָה נִדְבַת צִבּוּר נְסָכֶיהָ קְרֵיבִין מִשֶּׁל צִבּוּר וְאֵין טָעוּן סְמִיכָה וְאִם הָיָה כֹּהֵן עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ כְּשֶׁהִיא בָּאָה בִּשְׁבִיל יָחִיד אֲבָל כְּשֶׁבָּאָה נִדְבַת צִבּוּר עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ לְאַנְשֵׁי מִשְׁמָר הָכִי מְפֹורָשׁ בִּתְמוּרָה בְּפֶרֶק וְאֵלּוּ קָדָשִׁים (דַּף כ:) וְאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא נַפְקוּתָא לְעִנְיַן עֲבוֹדָתָהּ שֶׁמַּקְרִיבָהּ אֲפִילּוּ בִּמְשַׁמֵּר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ כֵּיוָן דְּאִם אֵין כֹּהֵן לָא נָפְקָא מִינֵּיהּ מִידִי קָאָמַר סְתָמָא אָזְלָא לִנְדָבָה:
Et cette ola s'en va en nedava - il ne veut pas dire la nedava communautaire, celle du kayits ha-mizbeah (le « dessert de l'autel », les holocaustes achetés avec le surplus des chofarot), car il est dit au premier chapitre de Chevouot (12b) qu'on ne fait pas le kayits avec une olat ha-of (holocauste d'oiseau) ; il veut donc dire une nedava individuelle. Toutefois l'expression fait difficulté, car il dit « elle s'en va en nedava », or partout ailleurs « en nedava » désigne les chofarot, c'est-à-dire la nedava communautaire. Et l'on peut répondre : ce que l'on dit, qu'on ne fait pas le kayits avec une olat ha-of, signifie qu'on n'achète pas de prime abord des oiseaux avec l'argent de la nedava pour faire le kayits ; mais si l'oiseau se présente de lui-même, comme ici, on en fait bien le kayits. Mais il reste une difficulté : pourquoi ne l'apporte-t-il pas en holocauste individuel, comme dans la michna de Nazir, chapitre Mi che-amar Hareini nazir ve-chama (24a) : « la femme qui a fait vœu de nazireat et a mis à part sa bête, puis dont le mari a annulé le vœu... » jusqu'à « le hatat mourra, l'ola sera offerte en ola et les chelamim en chelamim » ? Et l'on peut répondre : la-bas c'est différent, car ayant déjà mis à part tous ses sacrifices, ceux-ci se sont fixés pour elle à leur nom ; tandis qu'ici, où il n'a pas pris tous ses sacrifices, rien ne s'est fixé pour lui, et c'est pourquoi l'oiseau s'en va en nedava communautaire. Ou bien il me semble qu'ici il parle sans préciser -- « elle s'en va en nedava » -- et ne dit pas « elle sera offerte en ola » comme la-bas, parce qu'il n'y a aucune conséquence pratique : il n'existe aucune différence entre une olat ha-of apportée pour un besoin particulier et celle qui vient en nedava communautaire, car ni l'une ni l'autre ne requiert la semikha (imposition des mains) ni les nessakhim (libations) -- un oiseau ne requiert ni nessakhim ni semikha. Tandis qu'une olat behema apportée pour un individu requiert des nessakhim à ses frais, et si c'est le sacrifice d'un homme elle requiert la semikha ; alors que venant en nedava communautaire, ses nessakhim sont offerts aux frais du public et elle ne requiert pas la semikha. Et si le propriétaire était kohen, le service et la peau lui reviennent quand elle vient pour un individu ; mais quand elle vient en nedava communautaire, son service et sa peau reviennent aux hommes de la garde (michmar). Ainsi est-ce expliqué dans Temoura, chapitre Ve-elou kodachim (20b). Et bien qu'il subsiste une conséquence pratique quant au service -- qu'il puisse l'offrir même dans une garde qui n'est pas la sienne --, puisque s'il n'est pas kohen il n'en résulte rien, il parle sans préciser : « elle s'en va en nedava ».
💡 Explication

Solution élégante de Rav Papa : il n'a acheté qu'un des deux oiseaux du ken. Il reste donc bien de l'argent -- celui du second tas -- et l'objection du segment 1 tombe. Mais l'issue dépend entièrement de lequel des deux il a acheté, et c'est là que le cas devient instructif.

-- S'il a acheté l'ola : l'argent restant est celui du hatat. Or c'est précisément un hatat qu'il doit maintenant apporter, en bête. Il complète la somme et achète sa bête. L'oiseau d'ola, devenu inutile, part en nedava -- il sera offert comme holocauste volontaire, ce qui ne pose aucune difficulté.

-- S'il a acheté le hatat : l'argent restant est celui de l'ola, et il est verrouillé. On ne convertit pas de l'argent consacré à une ola en un hatat. Il devra payer sa bête de sa poche, et l'oiseau de hatat, dont le maître aura expié par ailleurs, tombe sous la règle du hatat che-meto be'aleha : il part à la mort. Asymétrie classique : l'ola se recycle, le hatat non.

🖼️ Schéma
Rav Papa : il n'a acheté qu'un seul oiseau (perida ahat) Deux tas d'argent avaient été nommés : l'un hatat, l'autre ola. Il achète avec l'un des deux -- lequel ? Un seul oiseau acheté Il a acheté l'OLA l'argent qui reste est celui du HATAT Il ajoute et achète sa bête de hatat L'oiseau déjà acheté devient superflu Il part en NEDAVA (offrande volontaire) une olat ha-of surnuméraire se recycle sans peine Il a acheté le HATAT l'argent qui reste est celui de l'OLA Verrouillé : de l'argent d'ola on ne fait pas un hatat Il paiera sa bête de sa poche L'oiseau hatat part à la MORT (mitah) un hatat dont le maître a expié ailleurs ne s'offre plus
Rav Papa : selon l'oiseau acheté, l'argent restant libère ou verrouille l'obligation.
5
גּוּפָא. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי הוֹשַׁעְיָא: מְטַמֵּא מִקְדָּשׁ עָשִׁיר וְהֵבִיא קָרְבַּן עָנִי — לֹא יָצָא. וְרַבִּי חַגָּא אָמַר רַבִּי הוֹשַׁעְיָא: יָצָא.

Le sujet lui-même (goufa). Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Hocha'ya : un metame mikdach riche qui a apporté le sacrifice du pauvre -- il ne s'est pas acquitté.

Et Rabbi Haga a dit au nom de Rabbi Hocha'ya : il s'est acquitté.

💡 Explication

Goufa (« le sujet lui-même ») : formule technique par laquelle la guemara reprend pour elle-même un enseignement qu'elle n'avait cité qu'en passant. L'avis de Rabbi Hocha'ya venait d'être invoqué en 41a comme simple levier du raisonnement de Rav Chechet ; il devient maintenant l'objet d'étude.

Le metame mikdach -- celui qui, en état d'impureté, est entré au Temple ou a mangé des kodachim -- doit un korban olé ve-yored, sacrifice « qui monte et qui descend » selon la fortune : une bête pour le riche, une paire d'oiseaux pour le pauvre, une offrande de farine pour le très pauvre. Question : un riche qui apporte quand même le ken du pauvre s'est-il acquitté ? Deux traditions contradictoires au nom du même maître, transmises par deux disciples différents.

6
מֵיתִיבִי: מְצֹורָע עָנִי שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָשִׁיר — יָצָא, עָשִׁיר שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָנִי — לֹא יָצָא. שָׁאנֵי הָתָם, דִּכְתִיב: ״זֹאת״.

On objecte : un metsora pauvre qui a apporté le sacrifice du riche -- il s'est acquitté ; un riche qui a apporté le sacrifice du pauvre -- il ne s'est pas acquitté. -- Là-bas c'est différent, car il est écrit « zot » (« telle sera »).

📜 Rachi (1)
שָׁאנֵי מְצוֹרָע דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא י״ד:ב׳) זֹאת תִּהְיֶה תּוֹרַת הַמְּצֹורָע וְלֹא אַחֶרֶת:
Le metsora est différent - car il est écrit (Lévitique 14,2) « telle (zot) sera la loi du metsora » -- et non une autre.
💡 Explication

Objection contre Rabbi Haga, tirée de la michna sur le metsora (Néguaim 14,12) : le riche qui apporte le sacrifice du pauvre ne s'acquitte pas. Si cela vaut chez le metsora, pourquoi pas chez le metame mikdach ?

Réponse : le metsora est un cas particulier, verrouillé par un mot du verset. Lévitique 14,2 ouvre : « zot tihye torat ha-metsora » -- « telle sera la loi du metsora ». Le démonstratif zot fonctionne en exégèse comme une exclusion : telle sera la loi, et non une autre. Chez le metsora, aucun écart n'est toléré.

7
אִי הָכִי, רֵישָׁא נָמֵי! הָא רַבִּי רַחֲמָנָא ״תּוֹרַת״, וְהַתַּנְיָא: ״תּוֹרַת״, לְרַבּוֹת מְצֹורָע עָנִי שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָשִׁיר. יָכוֹל אֲפִילּוּ עָשִׁיר שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָנִי — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״זֹאת״.

Si c'est ainsi, le premier membre aussi ! -- Là, le Miséricordieux l'a bien inclus par « torat » (« la loi de »). Et il a d'ailleurs été enseigné : « torat » -- pour inclure le metsora pauvre qui a apporté le sacrifice du riche.

Aurais-je pu croire que même un riche ayant apporté le sacrifice du pauvre [s'acquitte] ? L'Écriture dit donc : « zot ».

📜 Rachi (3)
רֵישָׁא נָמֵי עָנִי שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָשִׁיר:
Le premier membre aussi - le pauvre qui a apporté le sacrifice du riche.
הָתָם הָא רַבִּי רַחֲמָנָא תּוֹרָה אַחַת לְכָל הַמְצֹורָעִין כֻּולָּן יוֹצְאִין בְּקָרְבַּן עָשִׁיר:
Là, le Miséricordieux l'a bien inclus - une seule loi (tora ahat) pour tous les metsoraim : tous s'acquittent avec le sacrifice du riche.
וְהַתַּנְיָא בְּנִיחוּתָא:
Et il a été enseigné - à prendre comme une confirmation (be-nihouta), non comme une objection.
💡 Explication

Contre-question logique : si zot interdit tout écart, il devrait interdire aussi l'écart vers le haut -- le pauvre qui apporte le sacrifice, plus coûteux, du riche. Or la michna dit expressément qu'il s'acquitte.

Réponse : le même verset porte deux mots exégétiques qui tirent en sens contraire. Torat (« la loi de ») est un terme inclusif -- Rachi le glose : tora ahat, une seule loi pour tous les metsoraim, qui tous s'acquittent avec le sacrifice du riche. Et zot est un terme exclusif, qui bloque le mouvement inverse. La baraita citée expose exactement cette répartition des rôles, et la guemara la cite be-nihouta -- en confirmation, non en objection : nuance de lecture que Rachi tient à signaler, car la formule « ve-ha-tanya » introduit d'ordinaire une difficulté.

8
וְנֵילַף מִינָּהּ! מִיעֵט רַחֲמָנָא ״וְאִם דַּל הוּא״.

Et dérivons-en ! -- Le Miséricordieux a restreint par « et s'il est pauvre (ve-im dal hou) ».

📜 Rachi (2)
וְנֵילַף מִינָּהּ לְטַמֵּא מִקְדָּשׁ:
Et dérivons-en - pour le metame mikdach.
וְאִם דַּל הוּא מִיעוּט הוּא מְצֹורָע הוּא דְּעָשִׁיר שֶׁהֵבִיא קָרְבַּן עָנִי לֹא יָצָא אֲבָל שְׁאָר חַיָּיבֵי קָרְבָּן עוֹלֶה וְיוֹרֵד לָא:
« Et s'il est pauvre » - c'est une restriction : c'est le metsora seul dont le riche, ayant apporté le sacrifice du pauvre, ne s'acquitte pas ; mais les autres redevables d'un korban olé ve-yored, non.
💡 Explication

Dernière tentative pour étendre au metame mikdach la sévérité du metsora : puisque le mécanisme est le même (sacrifice à taux variable), pourquoi ne pas apprendre l'un de l'autre ? Cela réfuterait définitivement Rabbi Haga.

Réponse : le verset du metsora pauvre porte « ve-im dal hou » -- « et s'il est pauvre, lui » (Lévitique 14,21). Le pronom hou, redondant, est lu comme un mi'out, une restriction : c'est lui seul, le metsora, dont l'écart invalide. Pour les autres redevables d'un korban olé ve-yored, la sévérité ne s'exporte pas. Rachi l'énonce en toutes lettres. Rabbi Haga tient donc bon -- et l'avis de Rabbi Yochiya, qui privait Rav Chechet de son levier en 41a, garde tout son mordant.

9
מַתְנִי׳ קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, וְהֶעֱמִידוֹ כְּנֶגֶד בֵּית שִׁילּוּחוֹ, וְלַנִּשְׁחָט — כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ.

MICHNA. Il nouait une languette d'écarlate (lachon chel zehorit) sur la tête du bouc émissaire (sa'ir ha-michtaléah) et le plaçait face au lieu de son envoi ; et pour celui qui devait être égorgé -- face au lieu de son égorgement.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' כְּנֶגֶד בֵּית שִׁילּוּחוֹ כְּנֶגֶד שַׁעַר שֶׁהוֹצִיאוּהוּ בּוֹ:
Michna. Face au lieu de son envoi - face à la porte par laquelle on le faisait sortir.
וְלַנִּשְׁחָט מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Et pour celui qui doit être égorgé - expliqué dans la guemara.
💡 Explication

Nouvelle michna, qui reprend le fil du service de Yom Kippour après le tirage au sort. Les deux boucs sont désormais départagés : l'un « pour HACHEM », qui sera égorgé en hatat ; l'autre « pour Azazel », qui sera envoyé au désert.

Deux gestes de marquage : une languette de laine écarlate nouée sur la tête du bouc émissaire, et le placement de chaque bête face à sa destination -- l'émissaire devant la porte orientale par laquelle on le fera sortir (Rachi), l'autre devant le lieu de son égorgement. La formule elliptique « ve-la-nichhat » (« et pour celui qui doit être égorgé ») laisse indéterminé ce qu'on lui fait exactement : Rachi annonce que la guemara s'en expliquera.

10
בָּא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ שְׁנִיָּה, וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה, וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר: אָנָּא הַשֵּׁם! (חָטָאתִי עָוִיתִי וּפָשַׁעְתִּי) לְפָנֶיךָ אֲנִי וּבֵיתִי וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ. אָנָּא הַשֵּׁם! כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְלַפְּשָׁעִים וְלַחֲטָאִים שֶׁעָוִיתִי וְשֶׁפָּשַׁעְתִּי וְשֶׁחָטָאתִי לְפָנֶיךָ אֲנִי וּבֵיתִי וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ, כַּכָּתוּב בְּתוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדֶּךָ: ״כִּי בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר עֲלֵיכֶם לְטַהֵר אֶתְכֶם מִכֹּל חַטֹּאתֵיכֶם לִפְנֵי ה׳ תִּטְהָרוּ״, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״.

Il venait auprès de son taureau une seconde fois, posait ses deux mains sur lui et se confessait. Et voici ce qu'il disait : « De grâce, HACHEM !

(j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, je me suis révolté) devant Toi, moi et ma maison et les fils d'Aharon, Ton peuple saint. De grâce, HACHEM !

Pardonne donc les iniquités, les révoltes et les fautes par lesquelles j'ai commis l'iniquité, je me suis révolté et j'ai fauté devant Toi, moi et ma maison et les fils d'Aharon, Ton peuple saint -- ainsi qu'il est écrit dans la Torah de Moche Ton serviteur : car en ce jour Il fera expiation pour vous afin de vous purifier ; de toutes vos fautes, devant HACHEM vous serez purs (Lévitique 16,30). » Et eux répondaient après lui : « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à tout jamais. »

💡 Explication

Deuxième viddouy (confession) sur le taureau du kohen gadol. Le premier, en 36b, ne portait que sur lui et sa maison ; celui-ci élargit le cercle aux bene Aharon, la tribu sacerdotale. Le Roch en donne la raison de fond : il faut que vienne l'innocent pour expier sur le coupable -- le kohen gadol doit d'abord se blanchir lui-même avant de pouvoir porter la faute d'autrui, d'où l'ordre croissant des trois confessions (lui, sa maison ; les kohanim ; puis tout Israël, sur le bouc émissaire).

Deux détails liturgiques majeurs. La semikha se fait ici à deux mains -- particularité des sacrifices de Kippour. Et surtout, le Nom explicite (chem ha-meforach) était prononcé, seul moment de l'année où il l'était ; à chaque fois, l'assistance se prosternait en répondant Baroukh chem kevod malkhouto le-olam va-ed. C'est de là que vient la phrase que nous disons à voix basse dans le Chema -- et à voix haute à Kippour.

11
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״וְלַנִּשְׁחָט״ — אַקְּשִׁירָה קָאֵי, אוֹ אַהַעֲמָדָה קָאֵי?

GUEMARA. Une question leur fut posée : « et pour celui qui doit être égorgé » -- cela porte-t-il sur l'attache (kechira), ou sur le placement (ha'amada) ?

📜 Rachi (2)
גְּמ' אַקְּשִׁירָה קָאֵי דְּקוֹשֵׁר לוֹ לָשׁוֹן כְּנֶגֶד צַוָּארוֹ:
Guemara. Cela porte sur l'attache - qu'on lui noue une languette en face de son cou.
אוֹ אַהַעֲמָדָה קָאֵי וְהָכִי קָאָמַר וְאֶת שְׂעִיר הַחַטָּאת הָעוֹמֵד לִשְׁחִיטָה מַעֲמִיד כְּנֶגֶד מְקוֹם בֵּית שְׁחִיטָתוֹ:
Ou bien cela porte sur le placement - et voici ce qu'il veut dire : le bouc du hatat, destiné à l'égorgement, on le place en face du lieu de son égorgement.
💡 Explication

La michna a énoncé deux actions sur le bouc émissaire -- nouer, puis placer -- et une seule proposition, très elliptique, sur l'autre bouc. À laquelle des deux se rattache-t-elle ?

-- Lecture kechira : on lui noue aussi une languette, mais à l'endroit de son égorgement, c'est-à-dire au cou. Les deux boucs seraient alors marqués, en deux endroits différents.
-- Lecture ha'amada : on se contente de le placer face au lieu de son égorgement, sans lui rien nouer. Un seul bouc porterait une marque.

L'enjeu est concret : le bouc égorgé porte-t-il, oui ou non, une languette d'écarlate ?

12
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, וְהֶעֱמִידוֹ כְּנֶגֶד בֵּית שִׁילּוּחוֹ, וְלַנִּשְׁחָט — כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ, שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב זֶה בָּזֶה, וְלֹא יִתְעָרֵב בַּאֲחֵרִים.

Viens et écoute, car Rav Yossef a enseigné : il nouait une languette d'écarlate sur la tête du bouc émissaire et le plaçait face au lieu de son envoi ; et pour celui qui devait être égorgé -- face au lieu de son égorgement ; afin que celui-ci ne se mélange pas avec celui-là, et qu'ils ne se mélangent pas avec d'autres.

⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

La baraita de Rav Yossef reprend mot pour mot la michna, mais y ajoute la raison -- et c'est cet ajout qui tranchera. Deux dangers sont nommés, non un seul : que les deux boucs se confondent entre eux, et qu'ils se confondent avec d'autres boucs.

Retenons la méthode : quand une baraita donne deux motifs, toute lecture qui n'en explique qu'un est disqualifiée. Le segment suivant applique cette règle.

13
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא אַקְּשִׁירָה קָאֵי — שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אַהַעֲמָדָה קָאֵי, נְהִי דִּבְחַבְרֵיהּ לָא מִיעָרַב, דְּהַאי קְטִיר בֵּיהּ וְהַאי לָא קְטִיר בֵּיהּ, בְּאַחֲרֵינִי מִיהַת מִיעָרַב! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ אַקְּשִׁירָה קָאֵי. שְׁמַע מִינָּה.

Soit, si tu dis que cela porte sur l'attache -- fort bien. Mais si tu dis que cela porte sur le placement : certes, il ne se mélange pas avec son compagnon, puisque celui-ci en porte une nouée et celui-là non ; mais avec d'autres, il se mélangerait tout de même !

Ne faut-il donc pas en conclure que cela porte sur l'attache ? Conclus-en effectivement ainsi.

📜 Rachi (2)
שַׁפִּיר דְּתוּ לָא מְעָרְבִי אַהֲדָדֵי שֶׁזֶּה קָשׁוּר בְּרֹאשׁוֹ וְזֶה בְּצַוָּארוֹ וְלֹא בַּאֲחֵרִים שֶׁאֵלּוּ קָשׁוּר עֲלֵיהֶן לָשׁוֹן וְשֶׁל אֲחֵרִים אֵינוֹ קָשׁוּר:
Fort bien - car dès lors ils ne se mélangent plus l'un avec l'autre, celui-ci étant noué à la tête et celui-là au cou ; ni avec d'autres, car ceux-ci portent une languette nouée, tandis que les autres n'en portent pas.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ וְלַנִּשְׁחָט אַהַעֲמָדָה הוּא דְּקָאֵי וּמִשּׁוּם דִּקְשִׁירַת שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ לְחוּדֵיהּ קָאָמַר שֶׁלֹּא יִתְעָרְבוּ זֶה בָּזֶה וְלֹא בַּאֲחֵרִים בִּשְׁלָמָא בַּמִּשְׁתַּלֵּחַ לָא מִיעָרַב שָׂעִיר הַפְּנִימִי דְּהַאי קָשִׁיר בֵּיהּ וְהַאי לָא קָשִׁיר בֵּיהּ אֶלָּא בְּאַחֲרֵינִי אַמַּאי לָא מִיעָרַב שָׂעִיר הַפְּנִימִי הָא שָׂעִיר פְּנִימִי וַאֲחֵרִים אֵין לְשׁוֹן קָשׁוּר עֲלֵיהֶם:
Mais si tu dis - que « et pour celui qui doit être égorgé » porte sur le placement, et que c'est de la seule attache du bouc émissaire qu'il dit « afin qu'ils ne se mélangent pas l'un avec l'autre ni avec d'autres » : soit, le bouc intérieur ne se mélange pas avec l'émissaire, puisque celui-ci en porte une nouée et celui-là non ; mais avec d'autres, pourquoi le bouc intérieur ne se mélangerait-il pas ? Car ni le bouc intérieur ni les autres ne portent de languette nouée.
💡 Explication

Le raisonnement est une élimination par couverture. Le premier danger -- confondre les deux boucs entre eux -- est écarté par les deux lectures : la lecture kechira les distingue par l'emplacement de la languette (tête contre cou), et la lecture ha'amada les distingue par la présence ou l'absence de languette.

Mais le second danger tranche. Selon la lecture ha'amada, le bouc égorgé ne porte aucune marque -- exactement comme n'importe quel bouc du Temple. Rien ne le distinguerait des autres, et le second motif de la baraita resterait sans effet. Seule la lecture kechira couvre les deux dangers.

Chema mina -- « conclus-en » : conclusion admise, non simple hypothèse. Le bouc égorgé porte bien une languette, nouée au cou.

🖼️ Schéma
La preuve de Rav Yossef : deux dangers, une seule lecture les couvre La baraita donne DEUX raisons : ni entre eux, ni avec d'autres. Une lecture qui n'en couvre qu'une est fausse. Lecture HA'AMADA (placement) Lecture KECHIRA (attache) Danger 1 confondre les deux boucs entre eux COUVERT l'un est noué, l'autre non COUVERT tête contre cou Danger 2 confondre avec d'autres boucs NON COUVERT le bouc égorgé n'a aucune marque COUVERT il porte une languette au cou Chema mina : ve-la-nichhat porte sur l'ATTACHE. Chema mina.
La baraita donne deux motifs : seule la lecture kechira les honore tous les deux.
14
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: שְׁתֵּי לְשׁוֹנוֹת שָׁמַעְתִּי, אַחַת שֶׁל פָּרָה, וְאַחַת שֶׁל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. אַחַת צְרִיכָה שִׁיעוּר, וְאַחַת אֵינָהּ צְרִיכָה שִׁיעוּר. וְלָא יָדַעְנָא הֵי מִינַּייְהוּ.

Rabbi Yitzhak a dit : j'ai entendu [une distinction au sujet de] deux languettes, l'une de la para (vache rousse) et l'autre du bouc émissaire : l'une requiert une mesure (chiour) et l'autre n'en requiert pas -- mais je ne sais laquelle des deux.

📜 Rachi (3)
שְׁתֵּי לְשׁוֹנוֹת שָׁמַעְתִּי עַל שְׁתֵּי לְשׁוֹנוֹת שֶׁל זְהוֹרִית שָׁמַעְתִּי חִילּוּק בֵּינֵיהֶם אַחַת שֶׁל פָּרָה אֲדֻומָּה שֶׁכָּתוּב בָּהּ (בַּמִּדְבָּר י״ט:ו׳) וְלָקַח הַכֹּהֵן עֵץ אֶרֶז וְאֵזוֹב וּשְׁנִי תוֹלָעַת:
J'ai entendu deux languettes - au sujet de deux languettes d'écarlate, j'ai entendu une distinction entre elles : l'une, celle de la vache rousse (para adouma), dont il est écrit (Nombres 19,6) « le kohen prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate de ver (chni tola'at) ».
אַחַת צְרִיכָה שִׁיעוּר וְשִׁיעוּרָהּ מְפָרֵשׁ לְקַמָּן:
L'une requiert une mesure - et sa mesure est précisée plus loin.
וְאַחַת אֵין צְרִיכָה שִׁיעוּר שֶׁכְּשֵׁירָה בְּכָל שֶׁהוּא:
Et l'autre ne requiert pas de mesure - elle est valide en quelque quantité que ce soit.
💡 Explication

Nouvelle sougya, appelée par le mot lachon chel zehorit. La laine écarlate apparaît dans trois rituels ; la question est de savoir laquelle exige une quantité minimale (chiour) et laquelle est valide en n'importe quelle quantité.

Rabbi Yitzhak transmet honnêtement une tradition incomplète : il a reçu la distinction, il a perdu son attribution. Cette figure -- « j'ai entendu, mais je ne sais laquelle » -- revient plusieurs fois dans le Talmud ; elle témoigne d'une fidélité scrupuleuse à la transmission orale, qu'on préfère lacunaire plutôt que reconstituée au jugé.

Chez la para adouma (Nombres 19,6), le kohen jette au feu de la vache trois éléments : bois de cèdre, hysope et laine écarlate.

15
אָמַר רַב יוֹסֵף, נֶיחֱזֵי אֲנַן: שֶׁל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ דְּבָעֵי חֲלֻוקָּה — בָּעֵי שִׁיעוּר, וְשֶׁל פָּרָה דְּלָא בָּעֵי חֲלֻוקָּה — לָא בָּעֵי שִׁיעוּר.

Rav Yossef a dit : voyons par nous-mêmes. Celle du bouc émissaire, qui requiert une division (haloka), requiert une mesure ; et celle de la para, qui ne requiert pas de division, ne requiert pas de mesure.

📜 Rachi (1)
דְּבָעֵי חֲלֻוקָּה כְּדִתְנַן לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף סז.) מֶה הָיָה עוֹשֶׂה הַמְשַׁלֵּחַ אֶת הַשָּׂעִיר חוֹלֵק לְשׁוֹן זְהוֹרִית חֶצְיוֹ קָשַׁר בַּסֶּלַע וְחֶצְיוֹ קָשַׁר בֵּין קַרְנָיו:
Qui requiert une division - comme nous l'avons appris plus loin (Yoma 67a) : que faisait celui qui conduisait le bouc ? Il divisait la languette d'écarlate, en nouait une moitié au rocher et l'autre moitié entre les cornes.
💡 Explication

Nihzé anan -- « voyons par nous-mêmes » : formule par laquelle un amora propose de reconstituer par le raisonnement ce que la tradition a perdu. Le principe invoqué est simple et fécond : la mesure suit la fonction. Une languette n'a besoin d'un minimum que si l'on doit en faire quelque chose de quantitativement exigeant.

Or la languette du bouc émissaire doit être coupée en deux : la michna de Yoma 67a rapporte que celui qui conduit le bouc au précipice noue une moitié au rocher et l'autre entre les cornes de la bête. Une languette qu'on divise doit être assez longue pour supporter la division -- donc chiour. Celle de la para n'est que jetée au feu : n'importe quelle quantité fait l'affaire.

16
מַתְקֵיף לַהּ רָמֵי בַּר חֲמָא: דְּפָרָה נָמֵי בָּעֵי כֹּובֶד! אֲמַר לֵיהּ רָבָא: כֹּובֶד — תַּנָּאֵי הִיא.

Rami bar Hama objecte : celle de la para aussi requiert du poids (koved) ! Rava lui dit : le poids, c'est une controverse de tannaim.

📜 Rachi (2)
בָּעֵי כֹּובֶד שֶׁתְּהֵא כְּבֵידָה וְתִפֹּול לְתוֹךְ עֹומֶק הָאוּר כְּדִכְתִיב (שָׁם) אֶל תּוֹךְ שְׂרֵפַת הַפָּרָה:
Requiert du poids - qu'elle soit lourde et tombe au fond du feu, comme il est écrit (ibid.) « au milieu de la combustion de la vache ».
תַּנָּאֵי הִיא לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין:
C'est une controverse de tannaim - plus loin dans notre sougya.
💡 Explication

Objection de Rami bar Hama contre la déduction de Rav Yossef : la languette de la para aussi a une exigence quantitative, d'une autre nature. Le verset dit de jeter les trois éléments « el tokh séréfat ha-para » -- « au milieu de la combustion de la vache ». Trop légère, la laine s'envolerait ou brûlerait en l'air sans jamais atteindre le cœur du brasier. Il lui faut donc du koved, du poids -- c'est-à-dire, en pratique, un minimum.

Rava désamorce d'un mot : cette exigence de poids n'est pas unanime, c'est une mahloket tannaitique. Rav Yossef raisonnait selon l'avis qui ne l'exige pas. Rava tiendra sa promesse et produira la controverse au segment 19 -- Rachi renvoie d'ailleurs explicitement « plus loin dans notre sougya ».

17
וּדְפָרָה לָא בָּעֵי חֲלֻוקָּה?! אֵיתִיבֵיהּ אַבַּיֵּי: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה, כּוֹרְכָן בִּשְׁיָרֵי לָשׁוֹן! אֵימָא, בִּזְנַב לָשׁוֹן.

Et celle de la para ne requiert vraiment pas de division ?! Abaye lui objecta : « comment fait-il ?

Il les enroule avec les restes (chirayim) de la languette » ! -- Dis plutôt : avec la queue (zanav) de la languette.

📜 Rachi (4)
כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה בְּמַסֶּכֶת פָּרָה (פ"ג מִשְׁנָה יא) תְּנַן לָהּ:
Comment fait-il ? - nous l'avons appris dans le traité Para (3,11).
כּוֹרְכָן לְעֵץ אֶרֶז וְאֵזוֹב:
Il les enroule - le bois de cèdre et l'hysope.
[בִּשְׁיָרֵי הַלָּשׁוֹן מִדְּקָתָנֵי שְׁיָרֵי מִכְּלָל דְּאִיכָּא תּוּ]:
[Avec les restes de la languette - du fait qu'il enseigne « restes », il ressort qu'il y en a encore d'autre.]
בִּזְנַב הַלָּשׁוֹן סְרוּקָה בְּמַסְרֵק וְנַעֲשֵׂית קְצָרָה לָרֹאשׁ הָאֶחָד כְּמִין זָנָב:
Avec la queue de la languette - peignée au peigne, elle s'amincit vers l'une de ses extrémités en forme de queue.
💡 Explication

Abaye attaque l'autre pilier de Rav Yossef : la para ne requiert-elle vraiment aucune division ? La michna de Para 3,11 décrit le geste : on enroule le bois de cèdre et l'hysope « avec les chirayim de la languette ». Or « restes » suppose logiquement qu'il y avait un tout dont on a prélevé une part -- Rachi le formule exactement ainsi : du fait qu'il enseigne « restes », il ressort qu'il y en a encore d'autre. Donc division, donc chiour.

Réponse par correction de lecture : lire non pas chirayim (restes) mais zanav (queue). La languette était peignée, ce qui l'effilait vers une extrémité en forme de queue ; c'est de cette pointe amincie qu'on se servait pour lier le faisceau. Aucune division n'est en cause -- seulement la forme naturelle de la laine cardée.

18
אָמַר רַבִּי חָנִין אָמַר רַב: עֵץ אֶרֶז וּשְׁנִי תּוֹלַעַת שֶׁקְּלָטָתַן שַׁלְהֶבֶת — כְּשֵׁרָה. מֵיתִיבִי: נִתְהַבְהֵב הַלָּשׁוֹן — מֵבִיא לָשׁוֹן אַחֵר וּמְקַדֵּשׁ!

Rabbi Hanin a dit au nom de Rav : du bois de cèdre et de l'écarlate de ver que la flamme a saisis -- c'est valide (kachera). On objecte : « si la languette a été roussie (nit'habhev), il en apporte une autre et la sanctifie » !

📜 Rachi (2)
שֶׁקְּלָטָתַן שַׁלְהֶבֶת וְלֹא נָפְלוּ לְתוֹךְ שְׂרֵיפַת הַפָּרָה אֶלָּא נִתְהַבְהֲבוּ בָּאֲוִיר:
Que la flamme les a saisis - et ils ne sont pas tombés dans la combustion de la vache, mais ont été roussis en l'air.
וּמְקַדֵּשׁ כְּלוֹמַר וְנוֹתֵן שָׁם. כָּל מַעֲשֵׂה פָּרָה קָרֵי לָהּ קִידּוּשׁ:
Et il sanctifie - c'est-à-dire il l'y met. Tout l'accomplissement de la para est appelé « sanctification » (kidouch).
💡 Explication

Digression sur le même verset. Que se passe-t-il si le bois de cèdre et la laine, jetés vers le brasier, prennent feu en l'air avant d'avoir touché la masse de la vache ? Rachi précise le cas : ils ne sont pas tombés dans la combustion de la vache, mais ont été roussis en l'air.

Rav valide. La baraita citée en objection semble dire l'inverse : si la languette a été roussie, il faut en apporter une autre et recommencer. Rachi glose au passage un usage de vocabulaire : dans le rituel de la para, mekadech (« il sanctifie ») signifie simplement « il l'y met » -- tout l'accomplissement de la para est appelé kidouch.

19
אָמַר אַבַּיֵּי, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּקוֹלַחַת, כָּאן בְּנִכְפֶּפֶת.

Abaye a dit : pas de difficulté. Ici -- pour une flamme jaillissante (kolahat) ; là -- pour une flamme ployée (nikhpefet).

📜 Rachi (1)
בְּקוֹלַחַת אֵשׁ שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ עַמּוּד שַׁלְהֶבֶת זָקוּף לְמַעְלָה כְּקֶלַח שֶׁל עֵשֶׂב גָּבוֹהַּ צָרִיךְ לְהָבִיא אַחֵר וְהָא דְּאָמַר רַבִּי חֻנַיְן כְּשֵׁירָה בְּנִכְפֶּפֶת אֵשׁ שֶׁשַּׁלְהֶבֶת נְמוּכָה וּכְפוּפָה וּסְמוּכָה לְגַחַלְתָּהּ וְקָרֵינַן בֵּיהּ אֶל תּוֹךְ:
Kolahat (jaillissante) - un feu au-dessus duquel se dresse une colonne de flamme droite, comme une haute tige de plante : il faut alors en apporter une autre. Et ce que dit Rabbi Hanin, qu'elle est valide, vaut pour une flamme nikhpefet : un feu dont la flamme est basse, courbée et proche de sa braise -- et nous lisons alors à son sujet « au milieu de ».
💡 Explication

Résolution par distinction de cas : les deux sources parlent de deux formes de feu.

-- Kolahat : la flamme monte en colonne droite, haute -- Rachi la compare à une tige de plante élancée. Ce qu'elle saisit brûle loin de la masse incandescente. Le verset « el tokh », « au milieu de », n'est pas satisfait : il faut en apporter une autre.

-- Nikhpefet : la flamme est basse, courbée, collée à sa braise. Ce qu'elle saisit brûle dans l'épaisseur même du brasier. « Nous lisons alors à son sujet el tokh », conclut Rachi -- et c'est valide.

Le critère n'est donc pas le contact matériel avec la vache, mais l'appartenance à la zone du feu qui est la combustion elle-même.

🖼️ Schéma
Abaye : deux formes de flamme, deux verdicts Le verset exige el tokh séréfat ha-para -- au MILIEU de la combustion de la vache. KOLAHAT -- flamme jaillissante colonne de feu dressée, comme une haute tige la languette brûle LOIN de la masse languette saisie ici PASSOUL -- il en apporte une autre NIKHPEFET -- flamme ployée flamme basse, courbée, collée à sa braise la languette brûle DANS la masse -- el tokh languette saisie ici KACHERA -- R. Hanin au nom de Rav
Kolahat contre nikhpefet : la forme de la flamme décide si l'on est bien « au milieu » du brasier.
20
רָבָא אוֹמֵר: כֹּובֶד תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: לָמָּה כּוֹרְכָן — כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ כֻּולָּן בַּאֲגֻודָּה אַחַת, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁיְּהֵא בָּהֶן כֹּובֶד, וְיִפְּלוּ לְתוֹךְ שְׂרֵיפַת הַפָּרָה.

Rava dit : le poids est une controverse de tannaim. Car il a été enseigné : pourquoi les enroule-t-il ?

Afin qu'ils soient tous en un seul faisceau (agouda ahat) -- paroles de Rabbi. Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon dit : afin qu'ils aient du poids et tombent dans la combustion de la para.

📜 Rachi (1)
שֶׁיִּהְיוּ כֻּולָּן בַּאֲגֻודָּה אַחַת דְּבָעֵינַן שֶׁיְּהוּ נִלְקָחִין בְּבַת אַחַת דִּכְתִיב וְלָקַח עֵץ אֶרֶז וְאֵזוֹב וּשְׁנִי תוֹלָעַת:
Qu'ils soient tous en un seul faisceau - car nous exigeons qu'ils soient pris en une seule fois, comme il est écrit « il prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate de ver ».
💡 Explication

Rava produit enfin la controverse promise au segment 15. La question posée est celle de la finalité du geste : pourquoi enrouler le cèdre et l'hysope dans la laine écarlate plutôt que de les jeter séparément ?

-- Rabbi (Yehouda ha-Nassi) : pour qu'ils forment une seule agouda, un seul faisceau. La raison est exégétique -- Rachi la donne : le verset dit « il prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate », d'un seul verbe, ce qui exige une prise simultanée. Le lien est ici formel, pas physique : aucune exigence de poids.

-- Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon : pour leur donner du poids, afin qu'ils tombent dans la combustion. Le lien est ici mécanique -- et il implique un koved, donc un chiour.

La mahloket est établie : Rav Yossef suivait Rabbi, Rami bar Hama raisonnait selon Rabbi Elazar b. R. Chimon. La nafka mina est directe : faut-il, oui ou non, une quantité minimale de laine pour la para ?

21
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שָׁלֹשׁ לְשׁוֹנוֹת שָׁמַעְתִּי, אַחַת שֶׁל פָּרָה, וְאַחַת שֶׁל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, וְאַחַת שֶׁל מְצֹורָע. אַחַת מִשְׁקַל עֲשָׂרָה זוּז, וְאַחַת מִשְׁקַל שְׁנֵי סְלָעִים, וְאַחַת מִשְׁקַל שֶׁקֶל, וְאֵין לִי לְפָרֵשׁ.

Lorsque Rav Dimi arriva, il dit au nom de Rabbi Yo'hanan : j'ai entendu [parler de] trois languettes -- l'une de la para, l'une du bouc émissaire et l'une du metsora. L'une du poids de dix zouz, l'une du poids de deux sela'im, et l'une du poids d'un chekel -- mais je n'ai pas de quoi préciser [laquelle].

📜 Rachi (2)
וְאַחַת שֶׁל מְצוֹרָע דִּכְתִיב בֵּיהּ נָמֵי וּשְׁנֵי תּוֹלַעַת וְאֵזוֹב:
Et l'une, celle du metsora - car il y est écrit également « et de l'écarlate de ver et de l'hysope ».
וְאֵין לִי לְפָרֵשׁ וְאֵינִי יוֹדֵעַ לְפָרֵשׁ אֵיזוֹ גְּדוֹלָה וְאֵיזוֹ קְטַנָּה וְאֵיזוֹ בֵּינוֹנִית:
Et je n'ai pas de quoi l'expliquer - je ne sais pas préciser laquelle est la grande, laquelle la petite, laquelle la moyenne.
🗂️ Tossefot (1)
שָׁלֹשׁ לְשׁוֹנוֹת הָא דְּלָא נְקַט נָמֵי שֶׁל שָׂעִיר הַפְּנִימִי נ"ל מִשּׁוּם דְּהַהִיא לָא הֲוָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לָא הֲוָה לָהּ שִׁיעוּר כְּלָל אֲבָל הָנֵי כֵּיוָן דְּיֵשׁ בָּהֶן צֹורֶךְ הֲוָה לְהוּ שִׁיעוּר וְזֶה שֶׁל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ הָיָה בּוֹ צֹורֶךְ לֵידַע אִם הִלְבִּין כְּדִכְתִיב כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ (יְשַׁעְיָהוּ א):
Trois languettes - s'il n'a pas mentionné aussi celle du bouc intérieur, il me semble que c'est parce que celle-là n'avait d'autre fonction que d'éviter la confusion : elle n'a donc aucune mesure du tout. Mais celles-ci, ayant une fonction propre, ont une mesure. Et celle du bouc émissaire avait sa fonction : savoir si elle avait blanchi, comme il est écrit « ils blanchiront comme neige » (Isaie 1,18).
💡 Explication

Ki ata Rav Dimi : formule marquant l'arrivée en Babylonie d'un nahouta, ces maîtres qui faisaient la navette avec la terre d'Israël et rapportaient les enseignements des académies de Tibériade. La tradition qu'il apporte élargit celle de Rabbi Yitzhak : non plus deux languettes, mais trois -- s'ajoute celle du metsora, où le verset mentionne pareillement « l'écarlate de ver et l'hysope » (Lévitique 14,4).

Et de nouveau la même honnêteté lacunaire : trois poids sont transmis -- dix zouz, deux sela'im (soit huit zouz), un chekel (soit deux zouz) -- mais l'appariement s'est perdu. Rachi le formule : je ne sais pas préciser laquelle est la grande, laquelle la petite, laquelle la moyenne. Le segment suivant apportera la solution, par Ravin.

Tossefot pose la bonne question : pourquoi la languette du bouc intérieur -- celle qu'on vient d'établir, nouée au cou -- ne figure-t-elle pas dans la liste ? Réponse : parce qu'elle ne sert qu'à distinguer. Une marque n'a pas de fonction quantitative, donc pas de chiour. Les trois autres ont chacune un office propre -- et celle du bouc émissaire, précise Tossefot, avait le sien : blanchir, signe du pardon, selon « vos péchés fussent-ils comme l'écarlate, ils blanchiront comme neige » (Isaie 1,18).

22
כִּי אֲתָא רָבִין, פֵּירְשַׁהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹנָתָן,

Lorsque Ravin arriva, il l'expliqua au nom de Rabbi Yonatan :

🗂️ Tossefot (1)
כִּי אֲתָא רָבִין פֵּירְשַׁהּ מִשְּׁמֵיהּ דר' יוֹנָתָן שֶׁל פָּרָה מִשְׁקַל י' סְלָעִים מִשּׁוּם כֹּובֶד אע"ג דָּר' יוֹנָתָן לָא חָיֵישׁ לְכֹובֶד כִּדְאָמַר רָבָא תַּנָּאֵי הִיא דִּלֵּר' יוֹנָתָן לֵית לֵיהּ כֹּובֶד שֶׁמָּא רָבִין ס"ל כְּשִׁינּוּיָא דְּאַבַּיֵּי דְּאָמַר כָּאן בְּקוֹלַחַת כָּאן בְּנִכְפֶּפֶת וְאַפֵּי' לַסְּפָרִים דְּגָרְסִי כִּי אֲתָא רָבִין פֵּירְשַׁהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן צָרִיךְ לְתָרֵץ כֵּן דמ"מ אַלִּיבָּא דָּר' יוֹנָתָן פֵּירְשָׁהּ דְּאִיהוּ אָמַר ג' לְשׁוֹנוֹת שָׁמַעְתִּי אִי נָמֵי י"ל ג' לְשׁוֹנוֹת שָׁמַעְתִּי דְּקָאָמַר אַלִּיבָּא לְמָאֵן דְּאִית לֵיהּ כֹּובֶד וְשָׁמַעְתִּי קָאָמַר וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ:
Lorsque Ravin arriva, il l'expliqua au nom de Rabbi Yonatan : celle de la para, du poids de dix sela'im - à cause du poids (koved). Et bien que Rabbi Yonatan ne se soucie pas du poids -- comme l'a dit Rava, « le poids est une controverse de tannaim », et selon Rabbi Yonatan il n'y a pas d'exigence de poids --, peut-être Ravin tient-il pour la réponse d'Abaye, qui a dit « ici pour une flamme jaillissante, là pour une flamme ployée ». Et même selon les livres qui lisent « lorsque Ravin arriva, il l'expliqua au nom de Rabbi Yo'hanan », il faut répondre de la même manière, car c'est de toute façon selon Rabbi Yonatan qu'il l'a expliquée, puisque c'est lui qui a dit « j'ai entendu trois languettes ». Ou bien l'on peut dire : « j'ai entendu trois languettes » a été énoncé selon celui qui admet l'exigence de poids -- il dit « j'ai entendu », mais lui-même n'est pas de cet avis.
💡 Explication

Le daf s'interrompt sur l'annonce. Ravin, autre nahouta, rapporte l'appariement que Rav Dimi n'avait pu fournir : la suite -- dix sela'im pour la para, deux sela'im pour le bouc émissaire, un chekel pour le metsora -- se lit en 42a.

Tossefot signale d'emblée la difficulté : si le poids attribué à la languette de la para se justifie par le koved, comment Rabbi Yonatan, qui selon Rava n'exige pas de koved, peut-il lui assigner un poids ? Deux issues sont proposées : ou bien Ravin retient la distinction d'Abaye (kolahat / nikhpefet) plutôt que celle de Rava ; ou bien Rabbi Yonatan rapporte une tradition qu'il transmet fidèlement -- « j'ai entendu » -- sans y souscrire lui-même.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).