Yoma 43b -- la chehita de la para adouma par un zar : Rabbi Yohanan contre son maître ; puis le seder ha-avoda reprend : les deux viddouyim, la mah'ta et les dix écarts de Yom Kippour

Yoma 43b

Sougya : Le daf ferme d'abord la longue sougya de la para adouma. Abaye montre que Rabbi Yehouda est nécessairement en désaccord avec la michna de Para, puisque le passage relève du régime « un sens en chasse un autre ».

Une dernière deracha, sur le mot superflu tahor, admet le tevoul yom au service de la para -- la position même que l'on affichait publiquement pour démentir les Sadducéens. Rabbi Assi livre alors l'aveu qui résume tout : Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich n'ont rien tiré de cette paracha, guère plus qu'un renard n'emporte de terre d'un champ labouré.

Reste la question pratique : un non-kohen peut-il égorger la vache rousse ? Rabbi Yo'hanan renvoie la baraita enseigner dehors et contredit même le maître dont il tient la tradition, au nom d'une règle sans exception -- on n'a jamais trouvé de chehita qu'un zar rende invalide.

Le traité revient ensuite à son fil propre, le service de Yom Kippour : pourquoi la seconde confession inclut les kohanim alors que la première ne les nommait pas (un coupable ne plaide pas pour un coupable), puis la michna du sang brassé pendant l'absence du kohen gadol et de la pelle à braises, avec sa longue série de bekhol yom / ve-hayom -- métal, contenance, poids, manche, couleur de l'or, quantité et mouture de la ketoret, montée de la rampe, kidouch des mains, nombre de bûchers. La guemara s'ouvre sur une contradiction frontale entre la michna et Lévitique 16,17, que Rav Yehouda résout en déplaçant non le texte mais le point d'où l'on compte les rangées de dalles.

La chehita de la para adouma par un zar : trois voix, une dissidence Rabbi Yo'hanan tient tête à la baraita, à son propre maître -- et de fait à Rav (43a) LA QUESTION : un non-kohen (zar) peut-il égorger la vache rousse ? la chehita est-elle une avoda, un service réservé, ou un simple acte préparatoire ? LE TANNA (baraita) Toutes les chehitot sont valides par un zar -- SAUF celle de la para PASSOUL R. CHIMON B. YEHOTSADAK le maître de R. Yo'hanan, cité par lui La chehita de la para par un zar est invalide PASSOUL RABBI YO'HANAN et moi je dis... Nous n'avons jamais trouvé de chehita invalide par un zar KACHÈRE Le camp du PASSOUL rejoint Rav (43a) ve-chahat otah LEFANAV : la chehita elle-même revient à Elazar, donc elle est bien une avoda dont le zar est écarté Le camp du KACHER rejoint Chmouel lefanav = sous ses yeux : le zar égorge, Elazar regarde LA RÈGLE INVOQUÉE PAR R. YO'HANAN : lo matsinou chehita chepsoula be-zar Dans tout le Temple la chehita est le seul geste sanglant qu'un non-kohen peut faire : ni le kodech kodachim, ni le pessa'h, ni le tamid n'y font exception. R. Yo'hanan refuse d'ouvrir une exception pour la seule para -- quitte à renvoyer le tanna enseigner sa baraita dehors, et à contredire celui de qui il la tient.
La fin de la sougya de la para adouma : Rabbi Yohanan renvoie la baraita dehors et contredit son propre maître, au nom d une règle simple -- on n a jamais trouvé de chehita qu un zar rende invalide.
Bekhol yom / ve-hayom : les dix écarts de Yom Kippour la michna n'énonce pas des curiosités : chaque écart à une cause, et les causes sont de quatre sortes Le détail CHAQUE JOUR ET AUJOURD HUI (Yom Kippour) Mah'ta : le métal argent, puis on verse dans l'or or d'emblée H Mah'ta : contenance 4 kav vers 3 kav (R. Yossi : 1 sea vers 3 kav) 3 kav d'emblée H Mah'ta : poids lourde légère H Mah'ta : manche court long (le bras soutient) H Mah'ta : couleur de l'or or vert or rouge (R. Menahem) H Ketoret : quantité un peras matin + un peras soir + le plein des deux mains T Ketoret : mouture fine (daka) plus fine que fine T Kevech : montée / descente montée à l'est, descente à l'ouest au milieu (R. Yehouda : toujours) K Kidouch mains et pieds au kiyor, comme tout kohen à l'aiguière d'or (R. Yehouda : toujours) K Ma'arakhot sur l'autel R. Meir 4 / R. Yossi 3 / R. Yehouda 2 5 / 4 / 3 G Lecture des couleurs : H -- houlcha : alléger la charge du kohen gadol, qui officie seul et à jeun T -- la Torah elle-même exige mélo hofnav et une ketoret daka pour ce jour K -- kavod : marquer son rang d'envoyé d'Israël G -- la guemara en donnera la raison plus loin
La michna du seder ha-avoda énumère dix écarts entre le service ordinaire et celui de Yom Kippour. Quatre causes seulement les commandent : la fatigue du kohen gadol, la loi propre du jour, son honneur, et ce que la guemara expliquera plus loin.
Le quatrième roved : dedans ou dehors ? plan ouest-est du Temple. Le roved est une rangée de dalles de marbre ; on les compte à partir de l'entrée du Heikhal KODECH HA-KODACHIM le KG y offre la ketoret HEIKHAL ohel moed au sens du verset Lv 16,17 : et aucun homme ne sera dans la tente d'assignation entrée du Heikhal OULAM AZARA (le parvis, dalle de marbre) autel extérieur 4 4 LECTURE 1 -- rejetée le quatrième roved À L'INTÉRIEUR du Heikhal, compté de l'entrée vers le fond Impossible : le verset chasse tout homme du Heikhal pendant la ketoret du KG LECTURE 2 -- Rav Yehouda : tani chel heikhal le quatrième roved DU Heikhal, c'est-à-dire dans la azara, compté depuis l'entrée vers l'extérieur Le memares reste dehors : le verset est sauf, et le sang reste sous surveillance tout près Un seul mot change de fonction : chebaheikhal (qui est DANS le Heikhal) devient chel heikhal (DU Heikhal). Le b hébreu marquait un lieu ; le chel n'indique plus qu'un point de départ pour compter. La michna n'a pas bougé d'une lettre de sens, mais d'une préposition.
L objection de la guemara et sa résolution : le memares ne peut pas se tenir dans le Heikhal pendant la ketoret. Rav Yehouda corrige la lecture, non le texte.
1
וְלָא פְּלִיג רַבִּי יְהוּדָה!

Et Rabbi Yehouda ne serait donc pas en désaccord !

🗂️ Tossefot (1)
וְלָא פְּלִיג ר' יְהוּדָה תֵּימַהּ הוּא דְּבַתּוֹסֶפְתָּא דְּמַסֶּכֶת פָּרָה תְּנֵינָא בְּהֶדְיָא ר' יְהוּדָה [א] מַכְשִׁיר בְּקָטָן וְשֶׁמָּא הַמַּקְשֶׁה לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ הַבָּרַיְיתָא:
Et Rabbi Yehouda ne serait pas en désaccord - c'est étonnant, car dans la Tossefta du traité Para nous avons appris explicitement que Rabbi Yehouda déclare valide (l'aspersion faite) par un mineur. Peut-être celui qui soulève la difficulté ne connaissait-il pas cette baraita.
💡 Explication

Fin de l'objection ouverte à la page précédente. La michna du traité Para (12,10) énumère ceux qui sont écartés de la hazaa (l'aspersion des eaux lustrales) : le tomtoum, l'androgyne, la femme et le mineur dépourvu de discernement. Cette michna est stam -- anonyme --, ce qui laisse entendre que tout le monde y souscrit, Rabbi Yehouda compris. Or on vient d'établir que Rabbi Yehouda lit la paracha autrement que les Sages : il devrait donc s'opposer à cette michna.

La formule hébraïque est une exclamation d'étonnement, non une affirmation : comment ?! Rabbi Yehouda ne serait pas en désaccord ?

2
אָמַר אַבַּיֵּי: כֵּיוָן דְּאָמַר מַר ״מַשְׁמָע מוֹצִיא מִיַּד מַשְׁמָע וּמַשְׁמָע מִמֵּילָא״ — פְּלִיג.

Abaye dit : puisque le Maître (Oulla) a dit « un sens en chasse un autre, et un sens (vaut) de lui-même » -- il est bien en désaccord.

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דְּאָמַר כו' דְּאַתְּ עַל כָּרְחָךְ לָא מָצֵית לְמֵימַר בְּהַאי דְּמַשְׁמַע מִמֵּילָא הוּא וְעַל כָּרְחֲךָ פְּלִיגִי:
Puisque le Maître a dit, etc. - car tu ne peux pas, quoi qu'il en soit, soutenir qu'il s'agisse ici d'un machma mi-meila (un sens qui se maintiendrait de lui-même) ; force est donc de dire qu'ils sont en désaccord.
💡 Explication

Abaye répond que le silence de la michna ne prouve rien. Le principe posé par Oulla comporte deux régimes : machma motsi mi-yad machma (la condition posée à une étape est chassée par celle de l'étape suivante) et machma mi-meila (la condition acquise court d'elle-même jusqu'à la fin). Or, dans le passage discuté, on est nécessairement dans le premier régime -- comme Rachi le précise, on ne peut pas y lire un machma mi-meila. Dès lors, Rabbi Yehouda, qui lit la séquence des versets autrement que les Sages, aboutit forcément à une autre liste de gens aptes : il est donc en désaccord avec la michna, même si la michna ne le dit pas.

🖼️ Schéma
Les deux régimes d'un verset qui répète une condition toute la paracha de la para se lit avec ces deux modes -- et rien ne dit lequel s'applique ou MACHMA MOTSI MI-YAD MACHMA un sens en chasse un autre étape 1 : kohen étape 2 : kohen La condition de l'étape 1 ne franchit pas l'étape 2 : il faut la réécrire pour qu'elle vaille. Conséquence : la où le verset se tait, tout le monde redevient apte. MACHMA MI-MEILA un sens qui se maintient de lui-même étape 1 : kohen étape 2 : (rien) La condition acquise reste acquise : le silence du verset ne libère rien. Conséquence : la restriction court jusqu'au bout de la paracha. L'aveu de R. Assi : R. Yo'hanan et Rech Lakich n'ont pas trouvé la règle qui dirait lequel des deux modes vaut ou d'où l'image du renard : ce qu'on rapporte d'un champ labouré après l'avoir foulé tient sur ses pattes. Le verset dicte, la logique suit.
Les deux régimes de lecture qui commandent toute la paracha de la para -- et l'aveu, deux lignes plus loin, qu'aucune règle ne dit lequel s'applique ou.
3
״וְהִזָּה הַטָּהֹור עַל הַטָּמֵא״. ״טָהוֹר״ מִכְּלָל שֶׁהוּא טָמֵא, לִימֵּד עַל טְבוּל יוֹם שֶׁכָּשֵׁר בְּפָרָה.

« Et l'homme pur (tahor) aspergera l'impur » (Nb 19,19). (Le mot) « pur » implique par contrecoup qu'il était (encore) impur : cela enseigne au sujet du tevoul yom qu'il est kacher pour la para (adouma).

📜 Rachi (2)
וְהִזָּה הַטָּהוֹר הַאי טָהוֹר יַתִּירָא הוּא דְּהָא בְּטָהוֹר קָאֵי:
Et le pur aspergera - ce mot « pur » est de trop, car (le verset) traite déjà d'un homme pur.
מִכְּלָל שֶׁהוּא טָמֵא שֶׁיּוֹצֵא מִכְּלַל טֻומְאָה:
Ce qui implique qu'il est (encore) impur - c'est-à-dire qu'il est en train de sortir de la catégorie de l'impureté.
🗂️ Tossefot (1)
לִימֵּד עַל טְבוּל יוֹם שֶׁכָּשֵׁר בְּפָרָה תֵּימַהּ לָמָּה לִי קְרָא מֵהֵיכָא תֵּיתֵי לְפָוסְלוֹ אִי מִשּׁוּם דְּחַטָּאת קַרְייָה רַחֲמָנָא הָא הַזָּאָה לָאו עֲבוֹדָה הִיא כֵּיוָן שֶׁזָּר כָּשֵׁר בָּהּ וְאִי מִשּׁוּם דְּכָתַב טוּבָא טָהוֹר בַּפָּרָשָׁה וְאָסַף אִישׁ טָהוֹר וְטָבַל בַּמַּיִם אִישׁ טָהוֹר הָא אִצְטְרִיךְ לִדְרָשָׁא כּוּלְּהוּ בִּשְׁמַעְתִּין וי"ל ס"ד מִדִּכְתִיב וְהִנִּיחַ בְּמָקוֹם טָהוֹר בָּעֵינַן נָמֵי גַּבְרָא שֶׁיְּהֵא טָהוֹר גָּמוּר קָא מַשְׁמַע לַן וְאִם תֹּאמַר וְהֵיכִי גָּמְרִינַן שְׁאָר עֲבוֹדוֹת דְּפָרָה דְּפָסוּל בְּזָר מֵהַזָּאָה אִיכָּא לְמִיפְרַךְ מַה לְהַזָּאָה שֶׁכְּשֵׁירָה בְּזָר וי"ל דְּאַפֵּי' הָכֵי כֵּיוָן דְּעִיקַּר טָהֳרָה בְּהַזָּאָה קָאָתֵי וְאַכְּשַׁר בָּהּ רַחֲמָנָא טְבוּל יוֹם כָּל שֶׁכֵּן בִּשְׁאָר עֲבוֹדוֹת וא"ת וְאֵימָא לְרַבּוֹת מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים אֲבָל טְבוּל יוֹם לֹא וי"ל דְּמוֹקְמִינַן קְרָא בְּטֻומְאָה דְּאוֹתָהּ פָּרָשָׁה כְּגוֹן טֻומְאַת מֵת דְּלָא שַׁייְכָא בָּהּ כַּפָּרָה וְהָכִי אָמְרִינַן בְּפ"ב דִּזְבָחִים (דַּף י':) דִּלְמַאן דְּאָמַר בִּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים כְּשֵׁירָה קָסָבַר טֻומְאָה דְּכָל הַתּוֹרָה כֻּולָּהּ וְכֵיוָן דְּמַכְשְׁרִינַן טְמֵא מֵת דְּאַייְּרִי בְּאוֹתָהּ פָּרָשָׁה ה"ה כָּל טְבוּל יוֹם אֲפִילּוּ אוֹתוֹ שֶׁמְּחֻוסָּר כַּפָּרָה וּמַאן דְּאָמַר מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים פָּסוּל קָסָבַר טֻומְאָה דְּאוֹתָהּ פָּרָשָׁה דְּהַייְנוּ טְבוּל יוֹם דְּמֵת דְּלָאו מְחֻוסַּר כַּפָּרָה אֲבָל דְּזָב וּמְצוֹרָע לֹא אֲפִילּוּ הֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ כֵּיוָן דִּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים:
Cela enseigne au sujet du tevoul yom qu'il est kacher pour la para - c'est étonnant : pourquoi un verset est-il nécessaire ? D'où aurait-on voulu l'invalider ? Si c'est parce que la Torah l'a appelée « hatat » (sacrifice expiatoire) -- mais la hazaa n'est pas une avoda (un service sacerdotal), puisqu'un zar (non-kohen) y est valide ! Et si c'est parce que le mot « pur » revient de nombreuses fois dans la paracha -- « et un homme pur recueillera », « et il trempera dans l'eau, un homme pur » --, mais tous ces mots sont nécessaires aux derachot exposées dans notre sougya ! Et l'on peut répondre : on aurait pu penser, du fait qu'il est écrit « et il déposera (les cendres) en un lieu pur », qu'il faut aussi que l'homme soit d'une pureté complète ; le verset vient donc nous apprendre (qu'il n'en est rien). Et si tu demandes : comment apprend-on, a partir de la hazaa, que les autres services de la para sont invalidés par un zar ? On peut objecter : la hazaa a ceci de particulier qu'elle est justement valide par un zar ! On peut répondre : malgré cela, puisque l'essentiel de la purification passe par la hazaa et que la Torah y a déclaré valide le tevoul yom, à plus forte raison en va-t-il ainsi pour les autres services. Et si tu demandes : dis plutôt que (le verset) vient inclure le mehoussar kippourim (celui à qui il manque encore ses sacrifices), mais non le tevoul yom ! On peut répondre : nous rapportons le verset à l'impureté dont traite cette paracha même, à savoir l'impureté du mort (toumat met), pour laquelle aucune expiation n'est requise. Et c'est ce que nous disons au deuxième chapitre de Zevahim (10b) : celui qui dit que le mehoussar kippourim est valide tient que (le verset vise) l'impureté de toute la Torah ; et puisque nous déclarons valide l'impur par le mort, dont traite cette paracha, il en va de même pour tout tevoul yom, y compris celui à qui il manque encore une expiation. Et celui qui dit que le mehoussar kippourim est invalide tient que (le verset vise) l'impureté de cette paracha seule, c'est-à-dire le tevoul yom de l'impureté du mort, qui n'est pas mehoussar kippourim ; mais celui du zav ou du metsora, non -- même si le soleil s'est déjà couché pour lui, puisqu'il lui manque encore ses sacrifices.
💡 Explication

Nouvelle deracha, sur un mot qui semble redondant. Le verset traite déjà d'un homme pur : préciser tahor serait donc superflu -- sauf à désigner une pureté d'un genre particulier, une pureté qui vient de sortir de l'impureté et n'est pas encore achevée. C'est exactement le statut du tevoul yom : il s'est immergé, mais il doit attendre le coucher du soleil pour être pleinement pur.

Le point est loin d'être théorique : les Sadducéens exigeaient au contraire que le kohen qui brûle la para ait attendu le coucher du soleil, et la michna de Para (3,7) raconte que l'on rendait le kohen volontairement tevoul yom pour démentir les Sadducéens. Tossefot ajoute la portée de la règle : acquise sur la hazaa, elle s'étend par kal va-homer à tous les autres services de la para.

🖼️ Schéma
Le tevoul yom : l'entre-deux que la para adouma accepte le mot tahor est de trop dans le verset : il ne peut donc désigner qu'une pureté encore incomplète contact impur tame gamour tevila (immersion) il devient TEVOUL YOM coucher du soleil tahor gamour la fenêtre du tevoul yom : immergé, mais le jour n'est pas fini Partout ailleurs dans le Temple le tevoul yom reste écarté du service et de la terouma : il lui manque le soir Pour la para adouma : KACHER acquis d'abord sur la hazaa, puis étendu par kal va-homer à tous les services de la para
Le statut intermédiaire du tevoul yom, et la seule zone du service où il est admis.
4
אָמַר רַבִּי אַסִּי: כִּי הָווּ בַּהּ רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ בְּפָרָה, לָא מַסְּקִי מִינַּהּ אֶלָּא כְּמַאי דְּמַסֵּיק תַּעֲלָא מִבֵּי כְרָבָא. אֶלָּא אָמְרִי: ״מַשְׁמָע מוֹצִיא מִיַּד מַשְׁמָע וּמַשְׁמָע מִמֵּילָא״.

Rabbi Assi dit : lorsque Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich s'appliquaient à (la paracha de) la para, ils n'en faisaient monter qu'autant qu'un renard fait monter (de terre) d'un champ labouré. Ils disaient plutôt : « un sens en chasse un autre, et un sens (vaut) de lui-même ».

📜 Rachi (3)
כִּי הָווּ כִּי מְדַקְדְּקִי:
Lorsqu'ils y étaient - c'est-à-dire lorsqu'ils l'examinaient dans le détail.
לָא מַסְּקִי מִינֵּיהּ כְּלוֹמַר לֹא הָיוּ מַעֲלִין מִתּוֹכָהּ דְּבַר חִידּוּשׁ לִהְיוֹת יְכוֹלִין לֶאֱחֹוז בְּשִׁיטָתָהּ לְהַשְׁווֹת שֶׁיְּהֵא מִקְרְאוֹתֶיהָ כֻּולָּם מוֹצִיאִים זֶה מִיָּד זֶה אוֹ כֻּולָּם מִתְקַייְּמִים זֶה אַחַר זֶה:
Ils n'en faisaient pas monter - c'est-à-dire qu'ils n'en tiraient aucune nouveauté qui leur eût permis de saisir sa méthode et d'en uniformiser la lecture, de sorte que tous ses versets s'excluent l'un l'autre, ou bien que tous se maintiennent l'un après l'autre.
כַּמָּה דְּמַסִּיק תַּעֲלָא מִבֵּי כְרָבָא כַּמָּה שֶׁמַּעֲלֶה הַשּׁוּעָל בְּרַגְלָיו כְּשֶׁדּוֹרֵס עַל שְׂדֵה נִיר:
Autant qu'un renard fait monter d'un champ labouré - autant que le renard en soulève avec ses pattes lorsqu'il foule un champ fraîchement labouré.
💡 Explication

Aveu remarquable, et signature de toute la sougya. Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich, les deux plus grands dialecticiens de leur génération, ont cherché la règle qui dirait quand un verset chasse la condition précédente et quand il la laisse courir. Ils ne l'ont pas trouvée. L'image araméenne est cinglante : ce qu'un renard emporte d'un champ fraîchement labouré, c'est ce qui colle à ses pattes -- presque rien.

La conclusion n'est donc pas une doctrine mais un constat : les deux régimes existent, le texte décide au cas par cas, et l'exégète suit. C'est ce qui explique pourquoi la paracha de la para est traditionnellement tenue pour le hok par excellence : même sa grammaire résiste.

5
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַשְּׁחִיטוֹת כְּשֵׁירוֹת בְּזָר, חוּץ מִשֶּׁל פָּרָה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: פּוּק תְּנִי לְבָרָא: לֹא מָצִינוּ שְׁחִיטָה בְּזָר פְּסוּלָה.

Un tanna enseigna devant Rabbi Yo'hanan : toutes les chehitot sont valides (accomplies) par un zar (non-kohen), à l'exception de celle de la para. Rabbi Yo'hanan lui dit : sors enseigner cela dehors !

Nous n'avons pas trouvé de chehita qui soit invalide (accomplie) par un zar.

💡 Explication

Le tanna n'est pas ici un maître de la Michna mais un récitant : un homme dont la mémoire conserve les baraitot et qui les débite à la demande dans la maison d'étude. Rabbi Yo'hanan ne discute pas la baraita, il la bannit : poc tani le-bara, va l'enseigner dehors.

Sa raison tient en une phrase : dans tout le Temple, la chehita est le seul geste du sacrifice qu'un non-kohen peut accomplir -- c'est même la preuve classique que la chehita n'est pas une avoda. Admettre une exception pour la para, ce serait ruiner la règle.

6
וְרַבִּי יוֹחָנָן, לָא מִיבַּעְיָא לְתַנָּא דְּלָא צָיֵית, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְרַבֵּיהּ לָא צָייֵת. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: שְׁחִיטַת פָּרָה בְּזָר — פְּסוּלָה. וַאֲנִי אוֹמֵר: כְּשֵׁירָה, לֹא מָצִינוּ שְׁחִיטָה שֶׁפְּסוּלָה בְּזָר.

Et Rabbi Yo'hanan (était à ce point ferme) : il va sans dire qu'il n'écouta pas le tanna, mais il n'écouta même pas son propre maître. Car Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotsadak : la chehita de la para (accomplie) par un zar est passoul (invalide).

Et moi, je dis : elle est kachère -- nous n'avons pas trouvé de chehita qui soit invalide (accomplie) par un zar.

💡 Explication

Le détail est saisissant : Rabbi Yo'hanan transmet lui-même la position de son maître Rabbi Chimon ben Yehotsadak, puis ajoute dans la même phrase et moi je dis... pour la refuser. La fidélité de la transmission et le désaccord de fond cohabitent sans se gêner.

Sur le fond, ce débat prolonge celui de la page précédente. Pour Rav, ve-chahat otah lefanav place la chehita entre les mains d'Elazar : elle est donc une avoda dont le zar est écarté. Pour Chmouel, lefanav signifie seulement sous ses yeux : un zar égorge, Elazar surveille. Rabbi Yo'hanan campe dans le second camp, et il y campe seul contre sa propre chaîne de transmission.

7
בָּא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ שְׁנִיָּה. מַאי שְׁנָא בְּוִידּוּי רִאשׁוֹן דְּלָא אָמַר: ״וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ״, וּמַאי שְׁנָא בְּוִידּוּי שֵׁנִי דְּאָמַר: ״וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ״?

« Il vient auprès de son taureau une seconde fois » (michna). Qu'y a-t-il de différent dans le premier viddouy (confession), où il ne dit pas « et les fils d'Aharon, ton peuple saint », et qu'y a-t-il de différent dans le second viddouy, où il dit « et les fils d'Aharon, ton peuple saint » ?

💡 Explication

Retour au fil du traité : la guemara reprend la michna du seder ha-avoda laissée plus haut. Le kohen gadol confesse deux fois sur le même taureau, avant et après le tirage au sort des deux boucs. La formule change entre les deux : la première fois moi et ma maison, la seconde moi, ma maison, et les fils d'Aharon ton peuple saint.

La question porte donc sur l'ordre : pourquoi ne pas inclure les kohanim dès le début ?

8
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, כָּךְ הִיא מִדַּת הַדִּין נוֹתֶנֶת: מוּטָב יָבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב, וְאַל יָבֹא חַייָּב וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב.

L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : ainsi le veut la midat ha-din (la mesure de la justice) : mieux vaut qu'un innocent (zakai) vienne obtenir l'expiation pour le coupable (hayav), plutôt qu'un coupable vienne obtenir l'expiation pour un coupable.

📜 Rachi (1)
מִדַּת הַדִּין נוֹתֶנֶת כְּלוֹמַר כָּךְ יָפֶה לוֹמַר שֶׁאַחַר שֶׁהִתְוַדָּה עַל עַצְמוֹ וִיהֵא זַכַּאי רָאוּי לְכַפֵּר עַל אֲחֵרִים:
C'est ce que la mesure de la justice exige - c'est-à-dire qu'il convient de dire ainsi : après s'être confessé pour lui-même et être devenu innocent (zakai), il est apte à obtenir l'expiation pour autrui.
💡 Explication

La réponse ne relève pas de la liturgie mais du droit : tant que le kohen gadol porte lui-même sa faute, il ne peut pas plaider pour autrui. La première confession le lave, lui et sa maison ; devenu zakai, il est alors en position d'intervenir pour ses frères kohanim lors de la seconde.

Rachi formule le principe en une ligne : après s'être confessé pour lui-même et être devenu innocent, il est apte à obtenir l'expiation pour autrui. C'est aussi le raisonnement qui commande l'ordre général du jour : expiation du plus proche au plus lointain, de soi à sa maison, de sa maison à la tribu, de la tribu à tout Israël.

🖼️ Schéma
Pourquoi deux confessions sur le même taureau un coupable ne peut pas plaider pour un coupable : il faut d'abord se laver soi-même VIDDOUY 1 (avant les sorts) J'ai péché... MOI ET MA MAISON Il ne mentionne pas les kohanim. à cet instant, il est encore HAYAV l'expiation le lave VIDDOUY 2 (notre michna) MOI, MA MAISON, ET LES FILS D'AHARON il élargit son plaidoyer à toute la kehouna. il est désormais ZAKAI École de R. Yichmael : ainsi le veut la midat ha-din mieux vaut qu'un innocent vienne expier pour un coupable, plutôt qu'un coupable expie pour un coupable L'ordre n'est pas une politesse liturgique mais une logique d'avocat : on ne se présente pas pour autrui tant qu'on porte soi-même la dette. Le taureau est unique, la confession est double, et entre les deux le kohen gadol a changé de statut.
Entre les deux confessions, le kohen gadol change de statut -- et c'est ce changement qui autorise l'élargissement de la formule.
9
מַתְנִי׳ שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל בְּמִזְרָק אֶת דָּמוֹ, וְנוֹתְנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס בּוֹ עַל הָרֹובֶד הָרְבִיעִי שֶׁבַּהֵיכָל, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. נָטַל מַחְתָּה וְעָלָה לְרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ, וּפִנָּה גֶּחָלִים אֵילָךְ וְאֵילָךְ, וְחוֹתֶה מִן הַמְעֻוכָּלוֹת הַפְּנִימִיּוֹת, וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרֹובֶד הָרְבִיעִי שֶׁבָּעֲזָרָה.

MICHNA. Il l'égorgea et recueillit son sang dans un mizrak (bassin du service), et il le donne à celui qui le remue (le memares) sur le quatrième rovéd (rangée de dalles) du Heikhal, afin qu'il ne se fige pas.

Il prit une mah'ta (pelle à braises), monta au sommet de l'autel, écarta les braises de-ci de-là, et ramassa des braises intérieures déjà consumées ; il descendit et la posa sur le quatrième rovéd de la azara.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' לְמִי שֶׁהָיָה מְמָרֵס בּוֹ מֵיגֵס בּוֹ:
MICHNA. À celui qui le remuait - qui le brassait.
עַל הָרוֹבֵד הָרְבִיעִי כָּל הָרִצְפָּה עֲשׂוּיָה שׁוּרוֹת שׁוּרוֹת טַבְלָאוֹת אַבְנֵי שַׁיִשׁ וְכָל שׁוּרָה וְשׁוּרָה קְרוּיָה רֹובֶד וְקָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דְּעַל שׁוּרָה רְבִיעִית שֶׁמַּפְתֵּחַ הַהֵיכָל וְלִפְנִים קָאָמַר:
Sur le quatrième rovéd - tout le dallage est fait de rangées et de rangées de plaques de marbre, et chaque rangée est appelée rovéd. Et l'on croit d'abord que (la michna) veut dire : sur la quatrième rangée à compter de l'entrée du Heikhal vers l'intérieur.
שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ כְּשֶׁיִּשְׁהֶה עַד שֶׁתַּעֲשֶׂה עֲבוֹדַת הַקְּטֹורֶת כְּמוֹ שֶׁסְּדוּרוֹת בַּפָּרָשָׁה:
Afin qu'il ne se fige pas - car il attendra le temps que s'accomplisse le service de la ketoret, dans l'ordre où (ces services) sont rangés dans la paracha.
מַחְתָּה גֶּחָלִים וְהִנִּיחָם עַד שֶׁיַּחְפֹּון קְטֹורֶת וְיִתֵּן לְתוֹךְ הַכַּף וְאַחַ"כּ יַכְנִיס כַּף וּמַחְתָּה לִפְנִים:
Une mah'ta - (une pelle à) braises ; il les dépose là, le temps de prendre à pleines mains la ketoret et de la mettre dans la cuiller (kaf), après quoi il fera entrer la cuiller et la mah'ta à l'intérieur.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

La michna enchaîne deux opérations qui doivent se dérouler en parallèle. D'un côté le sang du taureau, recueilli au mizrak : le kohen gadol va s'absenter le temps d'offrir la ketoret dans le Saint des Saints, et un sang laissé au repos coagule -- il deviendrait impropre à l'aspersion. On confie donc le bassin à un memares qui le brasse sans arrêt.

De l'autre côté le feu. Le kohen gadol monte à l'autel extérieur, écarte la couche supérieure de braises et prend celles du dedans, déjà consumées : de la braise incandescente sans flamme, qui ne s'embrasera pas trop tôt. Le rovéd désigne, précise Rachi, une rangée de dalles de marbre du dallage : c'est une unité de repérage, pas un objet.

🖼️ Schéma
La michna en six gestes : du couteau à la pelle à braises deux fils parallèles -- le sang qu'il faut empêcher de figer, et le feu qu'il faut porter dedans 1. Chehita du taureau après le second viddouy 2. Kabbala au mizrak le sang recueilli au bassin 3. Le memares brasse le sang sur le 4e rovéd le KG part offrir la ketoret : sans brassage, le sang coagulerait et deviendrait impropre à l'aspersion 4. Il monte à l'autel mah'ta d'or à la main 5. Il écarte les braises du dessus et ramasse celles du dedans, déjà consumées : de la braise sans flamme, qui ne fume pas trop tôt 6. Il redescend et pose la mah'ta sur le 4e rovéd de la azara -- le temps de prendre la ketoret à pleines mains Les deux fils se rejoindront : il entrera avec la mah'ta et la cuiller, puis ressortira reprendre le sang des mains du memares. Tout le dispositif de la michna n'existe que pour cet intervalle-là : le sang doit rester liquide pendant que le kohen gadol est à l'intérieur.
Les six gestes de la michna, sur deux fils parallèles : le sang qu'il faut garder liquide, le feu qu'il faut porter au-dedans.
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בְּכָל יוֹם הָיָה חוֹתֶה בְּשֶׁל כֶּסֶף וּמְעָרָה בְּתוֹךְ שֶׁל זָהָב, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל זָהָב וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס.

Chaque jour il ramassait (les braises) avec (une pelle) d'argent et les versait dans une (pelle) d'or ; et aujourd'hui il ramasse avec celle d'or, et c'est avec elle qu'il faisait entrer (les braises).

📜 Rachi (2)
חוֹתֶה בְּשֶׁל כֶּסֶף מְפָרֵשׁ טַעְמָא בגמ':
Il ramasse avec (une pelle) d'argent - la guemara en explique la raison.
וְהַיּוֹם חוֹתֶה וְכוּ' טַעְמָא דיוה"כ בְּכוּלְּהוּ מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל:
Et aujourd'hui il ramasse, etc. - la raison, pour Yom Kippour, dans tous ces cas, tient à la faiblesse du kohen gadol.
💡 Explication

Début de la longue série des bekhol yom / ve-hayom : chaque jour on faisait ainsi, et aujourd'hui autrement. Le principe ordinaire est celui de l'économie du métal précieux -- la Torah a ménagé l'argent d'Israël : on ramasse avec une pelle d'argent, qui s'use, et on transvase dans l'or, qui sert seulement à porter.

À Yom Kippour ce détour saute. Rachi donne la clé de toute la série : houlchat kohen gadol, la faiblesse du kohen gadol. Il jeûne, il officie seul du matin au soir : on lui épargne le transvasement.

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בְּכָל יוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל אַרְבַּעַת קַבִּין וּמְעָרֶה לְתוֹךְ שְׁלֹשֶׁת קַבִּין, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בִּשְׁלֹשֶׁת קַבִּין וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּכָל יוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל סְאָה וּמְעָרֶה בְּתוֹךְ שְׁלֹשֶׁת קַבִּין, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בִּשְׁלֹשֶׁת קַבִּין וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס.

Chaque jour il ramasse avec (une pelle) de quatre kav et verse dans une de trois kav ; et aujourd'hui il ramasse avec celle de trois kav, et c'est avec elle qu'il faisait entrer. Rabbi Yossi dit : chaque jour il ramasse avec (une pelle) d'un sea et verse dans une de trois kav ; et aujourd'hui il ramasse avec celle de trois kav, et c'est avec elle qu'il faisait entrer.

💡 Explication

Même structure, appliquée cette fois à la contenance. Le transvasement quotidien fait perdre des braises en route : on ramasse large pour n'en garder que trois kav. Rabbi Yossi durcit l'écart : la pelle du quotidien contient un sea, soit six kav -- le double de ce qui sera finalement porté.

La conséquence est la même dans les deux avis : à Yom Kippour, on ramasse d'emblée la mesure utile.

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בְּכָל יוֹם הָיְתָה כְּבֵדָה, וְהַיּוֹם קַלָּה. בְּכָל יוֹם הָיְתָה יָדָהּ קְצָרָה, וְהַיּוֹם אֲרֻוכָּה. בְּכָל יוֹם הָיְתָה זֶהָבָה יָרֹוק, וְהַיּוֹם אָדֹום. דִּבְרֵי רַבִּי מְנַחֵם.

Chaque jour elle était lourde, et aujourd'hui légère. Chaque jour son manche était court, et aujourd'hui long.

Chaque jour son or était vert, et aujourd'hui rouge. Paroles de Rabbi Menahem.

📜 Rachi (2)
בְּכָל יוֹם כְּשֶׁחוֹתֶה גֶּחָלִים מִמַּעֲרָכָה שְׁנִיָּה שֶׁל קְטֹורֶת לְהַכְנִיס עַל הַמִּזְבֵּחַ הַפְּנִימִי לִקְטֹורֶת שַׁחֲרִית וְעַרְבִית:
Chaque jour - lorsqu'il ramasse des braises du deuxième bûcher, celui de la ketoret, pour les porter sur l'autel intérieur, pour la ketoret du matin et du soir.
וְהַיּוֹם אֲרֻוכָּה כְּדֵי שֶׁיִּתֵּן יָדוֹ לְמַטָּה מִזְּרוֹעוֹ וּתְהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ:
Et aujourd'hui il est long - afin qu'il place sa main plus bas que son avant-bras, et que son bras vienne le soutenir.
💡 Explication

Trois dernières différences sur l'objet lui-même. Le manche long est le détail le plus parlant : selon Rachi, il permet au kohen gadol de tenir la pelle assez bas pour que son avant-bras vienne la soutenir -- un levier, pas un ornement.

L'or rouge (zahav parvayim dans d'autres sources) est un or plus pur et plus lourd ; l'or vert, allié, est celui du service ordinaire. Le nom de Rabbi Menahem, rarissime dans la Michna, ne signe peut-être que la dernière clause, celle de la couleur.

🖼️ Schéma
La mah'ta de Yom Kippour : un objet redessine pour un homme fatigué cinq différences, une seule intention -- que le kohen gadol puisse la porter jusqu'au bout CHAQUE JOUR 4 kav (ou 1 sea) or vert, lourde, manche court -- et l'on transvase ensuite dans une pelle d'or ET AUJOURD HUI 3 kav manche long : il passe sous l'avant-bras, qui porte or rouge, légère, plus petite -- et aucun transvasement : c'est elle qui entre Le fil conducteur, selon Rachi : houlchat kohen gadol -- la faiblesse du kohen gadol. Il jeûne, il a déjà immergé plusieurs fois, il officie seul toute la journée : on allège l'outil au lieu d'alléger le service.
La mah'ta du quotidien et celle de Yom Kippour : cinq différences, une seule raison.
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בְּכָל יוֹם מַקְרִיב פְּרָס בְּשַׁחֲרִית וּפְרָס בֵּין הָעַרְבַּיִם, וְהַיּוֹם מוֹסִיף מְלֹא חָפְנָיו. בְּכָל יוֹם הָיְתָה דַּקָּה, וְהַיּוֹם דַּקָּה מִן הַדַּקָּה.

Chaque jour il offre un peras (un demi-mane) le matin et un peras l'après-midi ; et aujourd'hui il ajoute le plein de ses deux mains. Chaque jour elle était fine (daka), et aujourd'hui plus fine que fine.

📜 Rachi (3)
פְּרָס חֲצִי מָנֶה:
Un peras - un demi-mane.
מוֹסִיף מְלֹא חָפְנָיו שֶׁמַּכְנִיס לִפְנַי וְלִפְנִים לְבַד מִפְּרָס שַׁחֲרִית וְשֶׁל עַרְבִית הַנִּיתָּן עַל מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי:
Il ajoute le plein de ses mains - qu'il fait entrer dans le Saint des Saints, en plus du peras du matin et de celui du soir déposés sur l'autel intérieur.
וְהַיּוֹם דַּקָּה מִן הַדַּקָּה זוֹ שֶׁהָיָה מַכְנִיס לִפְנַי וְלִפְנִים הָיָה מַחֲזִיר עֶרֶב יוה"כ לְמַכְתֶּשֶׁת וְשׁוֹחֲקָהּ הַדַּק:
Et aujourd'hui plus fine que fine - celle qu'il faisait entrer dans le Saint des Saints, on la remettait la veille de Yom Kippour au mortier et on la broyait fin.
💡 Explication

On passe de la pelle à ce qu'elle sert : la ketoret. Le rythme quotidien est fixé -- un demi-mane le matin, un demi-mane l'après-midi, sur l'autel intérieur. Yom Kippour n'annule rien, il ajoute : la poignée que le kohen gadol emporte dans le Saint des Saints vient en surplus des deux perassim ordinaires.

La seconde clause est une exigence de la Torah elle-même (Lv 16,12 : ketoret samim daka) : cette ketoret-là, on la remettait au mortier la veille du jour pour la rebroyer -- daka min ha-daka, plus fine que fine.

14
בְּכָל יוֹם כֹּהֲנִים עוֹלִין בְּמִזְרָחוֹ שֶׁל כֶּבֶשׁ וְיוֹרְדִין בְּמַעֲרָבוֹ, וְהַיּוֹם כֹּהֵן גָּדוֹל עוֹלֶה בָּאֶמְצַע וְיוֹרֵד בָּאֶמְצַע. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם כֹּהֵן גָּדוֹל עוֹלֶה בָּאֶמְצַע וְיוֹרֵד בָּאֶמְצַע.

Chaque jour les kohanim montent par le côté est de la rampe (kevech) et descendent par son côté ouest ; et aujourd'hui le kohen gadol monte par le milieu et descend par le milieu. Rabbi Yehouda dit : toujours le kohen gadol monte par le milieu et descend par le milieu.

📜 Rachi (2)
בְּכָל יוֹם כֹּהֲנִים הָעוֹלִים לַמִּזְבֵּחַ עוֹלִים בִּשְׂפַת מִזְרָחוֹ שֶׁל כֶּבֶשׁ שֶׁהַמִּזְרָח הוּא לִימִין הָעוֹלָה שֶׁהֲרֵי פָּנָיו לַצָּפוֹן כְּשֶׁעוֹלֶה בַּכֶּבֶשׁ שֶׁהוּא בַּדָּרוֹם וְכֵיוָן דְּכָל תְּחִילַּת פִּנּוֹתָיו לְיָמִין אֵין נָאֶה שֶׁיְּהֵא מַקִּיף שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ וְרֹוחַב הַכֶּבֶשׂ שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה עוֹלֶה בַּמִּזְרָח וּמַקִּיף אֶת הַמִּזְבֵּחַ לַעֲבוֹדָתוֹ וְיָרַד לְצַד שְׂמֹאל בִּשְׂפַת מַעֲרָב:
Chaque jour les kohanim - ceux qui montent à l'autel montent par le bord est de la rampe (kevech), car l'est se trouve à la droite de celui qui monte : son visage est en effet tourné vers le nord lorsqu'il gravit la rampe, qui est au sud. Et puisque tous ses premiers tournants se font vers la droite, il ne serait pas convenable qu'il contourne (l'autel) sans nécessité. La largeur de la rampe est de seize coudées : il monte à l'est, contourne l'autel pour son service, puis descend du côté gauche, par le bord ouest.
וְהַיּוֹם כֹּהֵן גָּדוֹל מַרְאֶה כְּבוֹדוֹ וְחִיבָּתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּא שְׁלוּחָן וְעוֹשֶׂה עַצְמוֹ כְּבֶן בַּיִת וְאִם בָּא לַעֲלוֹת לַמִּזְבֵּחַ לְהַקִּיף כְּגוֹן לְמַתַּן דָּמִים תְּמִידִין וּמוּסָפִין וְאֵילּוּ וְאֵיל הָעָם מַקִּיף אֶת כָּל הַכֶּבֶשׂ לְצֹורֶךְ וְשֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ:
Et aujourd'hui - le kohen gadol manifeste son rang et l'affection (dont jouit) Israël, dont il est l'envoyé ; il se comporte en familier de la maison. Et s'il vient monter à l'autel pour en faire le tour -- par exemple pour l'application des sangs des temidim et des moussafim, de son bélier et du bélier du peuple --, il parcourt toute la rampe, aussi bien par nécessité que sans nécessité.
💡 Explication

Nouvelle cause : ici ce n'est plus la fatigue, c'est le kavod. La rampe est au sud de l'autel ; celui qui la gravit a donc le nord devant lui et l'est à sa droite. Comme tous les tournants du service se font par la droite, monter à l'est puis redescendre à l'ouest évite de contourner l'autel sans nécessité.

Le kohen gadol, lui, prend le milieu : selon Rachi, il montre son rang et l'affection portée à Israël dont il est l'envoyé, et se comporte en familier de la maison. Rabbi Yehouda conteste seulement que ce soit propre au jour : selon lui, c'est toute l'année le privilège du kohen gadol -- ce sera aussi sa position pour le kidouch à l'aiguière, dans la clause suivante.

🖼️ Schéma
La rampe (kevech) vue de dessus : par où l'on monte, par où l'on descend la rampe est au sud de l'autel ; celui qui monte à donc l'est à sa droite -- et tout tournant se fait par la droite AUTEL rampe (kevech), 16 coudées de large OUEST EST montée descente KG Kohen ordinaire : est à la montée, ouest à la descente Kohen gadol à Yom Kippour : le milieu, à l'aller comme au retour Pourquoi le milieu ? Rachi : il montre son rang et l'affection portée à Israël, dont il est l'envoyé ; il se comporte en familier de la maison. Rabbi Yehouda Ce n'est pas propre au jour : TOUJOURS le kohen gadol monte et descend par le milieu.
La rampe vue de dessus : la règle du tournant à droite pour le kohen ordinaire, la ligne médiane pour le kohen gadol.
15
בְּכָל יוֹם כֹּהֵן גָּדוֹל מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו מִן הַכִּיּוֹר, וְהַיּוֹם מִן הַקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם כֹּהֵן גָּדוֹל מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו מִן הַקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב.

Chaque jour le kohen gadol sanctifie ses mains et ses pieds à partir du kiyor (la vasque) ; et aujourd'hui, à partir de l'aiguière d'or (kiton). Rabbi Yehouda dit : toujours le kohen gadol sanctifie ses mains et ses pieds à partir de l'aiguière d'or.

🗂️ Tossefot (1)
וְהַיּוֹם מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב דְּאָמַר בְּפֶרֶק שֵׁנִי דִּזְבָחִים (דַּף כב.) דִּבְכָל כְּלִי שָׁרֵת מְקַדֵּשׁ דִּכְתִיב יִרְחֲצוּ לְרַבּוֹת שְׁאָר כְּלֵי שָׁרֵת. רִיבָ"א:
Et aujourd'hui à partir d'une aiguière d'or - car il est dit au deuxième chapitre de Zevahim (22a) que l'on sanctifie (les mains et les pieds) avec n'importe quel ustensile du service (keli charet), puisqu'il est écrit « ils se laveront » -- pour inclure les autres ustensiles du service. Rivva.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Même couple que la clause précédente, et même dissidence de Rabbi Yehouda : ce n'est pas la spécificité du jour, c'est le statut permanent du kohen gadol.

Tossefot lève la difficulté technique que la clause soulève : la Torah prescrit le kiyor pour le kidouch des mains et des pieds. Comment une simple aiguière ferait-elle l'affaire ? Réponse (Zevahim 22a) : le verset ils se laveront vient inclure les autres keli charet (ustensiles du service). L'aiguière d'or en est un.

16
בְּכָל יוֹם הָיוּ שָׁם אַרְבַּע מַעֲרָכוֹת, וְהַיּוֹם חָמֵשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּכָל יוֹם שָׁלֹשׁ, וְהַיּוֹם אַרְבַּע. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּכָל יוֹם שְׁתַּיִם, וְהַיּוֹם שָׁלֹשׁ.

Chaque jour il y avait là quatre ma'arakhot (bûchers), et aujourd'hui cinq -- paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yossi dit : chaque jour trois, et aujourd'hui quatre.

Rabbi Yehouda dit : chaque jour deux, et aujourd'hui trois.

📜 Rachi (1)
אַרְבַּע מַעֲרָכוֹת כו' מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Quatre bûchers, etc. - la guemara l'explique.
💡 Explication

Dernière clause de la série, et la seule où les trois tanaim s'écartent sur le nombre tout en s'accordant sur l'écart : quel que soit le compte ordinaire, Yom Kippour en ajoute exactement un.

Ce bûcher supplémentaire est celui d'où l'on tire les braises de la ketoret du Saint des Saints. Rachi renvoie explicitement à la suite : la guemara l'explique -- le détail des ma'arakhot et de leurs sources scripturaires occupera la page suivante.

17
גְּמ׳ וְהָכְתִיב: ״וְכָל אָדָם לֹא יִהְיֶה בְּאֹהֶל מוֹעֵד״? אָמַר רַב יְהוּדָה: תָּנֵי ״שֶׁל הֵיכָל״.

GUEMARA. Mais n'est-il pas écrit : « Et aucun homme ne sera dans la Tente d'assignation (quand il y entrera pour faire l'expiation dans le sanctuaire, jusqu'à sa sortie) » (Lv 16,17) ?

Rav Yehouda dit : enseigne « (le quatrième rovéd) DU Heikhal ».

📜 Rachi (2)
גְּמ' וְהָא כְּתִיב וְכָל אָדָם וְגוֹ' וּמוֹקְמִינַן לָהּ לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין בִּשְׁעַת הַקְּטֹורֶת וְאֶת אָמַרְתָּ מְמָרֵס בּוֹ עַל הָרֹובֶד רְבִיעִי שֶׁבַּהֵיכָל:
GUEMARA. Mais il est écrit « et aucun homme », etc. - et nous rapportons ce verset, plus loin dans notre sougya, au moment de la ketoret ; or tu dis (que quelqu'un) le remue sur le quatrième rovéd qui est dans le Heikhal !
תָּנֵי שֶׁל הֵיכָל כְּשֶׁיּוֹצֵא מִן הַהֵיכָל לָעֲזָרָה מוֹנֶה אֶת הָרוֹבְדִין וְהָוֵי הַאי רְבִיעִי לַהֵיכָל:
Enseigne : du Heikhal - lorsqu'il sort du Heikhal vers la azara, il compte les revadim, et celui-ci se trouve être le quatrième à partir du Heikhal.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה תְּנִי שֶׁל הֵיכָל וְהָא דְּאָמַר לְקַמָּן דְּפוֹרְשִׁין נָמֵי מִבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ הָא מַסְּקִינַן לְקַמָּן דה"מ בִּשְׁעַת הַקְטָרָה דְּהֵיכָל וּבִשְׁעַת מַתַּן דָּמִים דְּהֵיכָל אֲבָל בִּשְׁעַת הַקְטָרָה לִפְנַי וְלִפְנִים לֹא וְהָכָא אַייְרֵי בְּהַקְטָרַת קְטֹרֶת דְּלִפְנַי וְלִפְנִים וּמִיָּד אַחַר הַקְטָרַת קְטֹרֶת דְּלִפְנַי וְלִפְנִים נָטַל הַדָּם מִיָּד הַמְמָרֵס וּלְקַמָּן כִּי בָּעֵי לְאוֹכוֹחֵי דְּפוֹרְשִׁין מִבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ אַף בִּשְׁעַת הַקְטָרָה דְלִפְנַי וְלִפְנִים מִבָּרַיְיתָא דְּר' יוֹסֵי הֲוָה מָצֵי לְאוֹכוּחֵי מִמַּתְנִיתִין דְּאֵין פּוֹרְשִׁין וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אַדְּמַקְּשַׁתְּ לִי מִבָּרַיְיתָא דְּר' יוֹסֵי תָּבִיא לִי סִייַּעְתָּא מִמַּתְנִיתִין וי"ל דְּמִמַּתְנִיתִין לָא הֲוָה מָצֵי לְאֵיתוּיֵי סִייַּעְתָּא דְּאִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן דְּהַפָּרָשָׁה דְּמִבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ אֵינָהּ אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אֵין פּוֹרְשִׁין אֶלָּא מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֹא גָּזְרוּ אֶלָּא עַל הָעוֹמְדִים שָׁם שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ וא"ת א"כ אַמַּאי לָא קָאָמַר דְּהָא מִילְּתָא אִיכָּא נָמֵי בֵּין הֵיכָל לְבֵין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ דְּאִילּוּ מֵהֵיכָל פָּרְשִׁינַן אַפֵּי' לְצֹורֶךְ וּמִבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ לֹא פָּרְשִׁינַן אֶלָּא שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ וי"ל דְּהַמַּקְשָׁן דִּלְקַמָּן סְבִירָא לֵיהּ דְּאַפֵּי' מֵהֵיכָל נָמֵי לָא פָּרְשִׁינַן לְצֹורֶךְ עֲבוֹדָה וְהוּא לֹא הָיָה מַגִּיהַּ בְּמַתְנִיתִין מִידִי אֶלָּא הֲוָה תָּנֵי שֶׁבַּהֵיכָל דְּכֵיוָן דְּצֹורֶךְ עֲבוֹדָה הוּא שָׁרִי אַף בַּהֵיכָל:
Rav Yehouda dit : enseigne « du Heikhal » - quant à ce qui est dit plus loin, que l'on doit aussi se retirer de l'espace entre le Oulam et l'autel, nous concluons plus loin que cela ne vaut qu'au moment de l'encensement du Heikhal et de l'application des sangs dans le Heikhal, mais non au moment de l'encensement du Saint des Saints. Or ici il s'agit de l'encensement du Saint des Saints, car c'est immédiatement après cet encensement qu'il prit le sang des mains du memares. Et plus loin, lorsque (la guemara) veut prouver que l'on se retire de l'espace entre le Oulam et l'autel même au moment de l'encensement du Saint des Saints, elle le prouve à partir de la baraita de Rabbi Yossi ; or elle aurait pu le prouver à partir de notre michna, dont il ressort qu'on ne se retire pas -- et il y aurait eu lieu de dire : plutôt que de m'objecter la baraita de Rabbi Yossi, apporte-moi un appui depuis la michna ! Et l'on peut répondre : de la michna on ne pouvait tirer aucun appui, car on peut dire que, puisque le retrait de l'espace entre le Oulam et l'autel n'est que d'ordre rabbinique -- la Torah n'imposant de se retirer que de la Tente d'assignation --, on n'a décrété que sur ceux qui s'y tiennent sans nécessité. Et si tu demandes : dans ce cas, pourquoi (la guemara) ne dit-elle pas que la même différence existe aussi entre le Heikhal et l'espace entre le Oulam et l'autel -- puisque du Heikhal nous nous retirons même pour un besoin du service, tandis que de l'espace entre le Oulam et l'autel nous ne nous retirons que lorsqu'il n'y a pas de nécessité ? On peut répondre : celui qui soulève la difficulté plus loin tient que même du Heikhal on ne se retire pas lorsqu'il y a un besoin du service ; aussi ne corrigeait-il rien dans la michna, mais enseignait bien « qui est dans le Heikhal », puisque, s'agissant d'un besoin du service, c'est permis même dans le Heikhal.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

La guemara ouvre sur la première clause de la michna, et frappe fort : la michna place le memares dans le Heikhal, alors que le verset chasse tout homme de la Tente d'assignation pendant que le kohen gadol y officie. Rachi précise que ce verset est justement rapporté, plus loin dans notre sougya, au moment de la ketoret -- c'est-à-dire exactement l'instant où le sang est brassé.

La réponse de Rav Yehouda est un modèle d'économie : tani, enseigne autrement -- non pas chebaheikhal (qui est dans le Heikhal) mais chel heikhal (du Heikhal). Le rovéd reste le quatrième, mais on compte depuis l'entrée du Heikhal vers l'extérieur : le memares se tient dans la azara, tout près, et le verset est respecté.

Tossefot exploite ce cadre pour la question voisine : jusqu'où faut-il se retirer ? Le retrait de l'espace entre le Oulam et l'autel n'est que de-rabbanan et ne vise que ceux qui s'y trouveraient sans nécessité ; celui du Heikhal, lui, est de-oraita.

🖼️ Schéma
Une michna contre un verset : comment la guemara tranche LA MICHNA il le donne à celui qui le remue sur le 4e roved QUI EST DANS LE HEIKHAL LE VERSET (Lv 16,17) et aucun homme ne sera dans la tente d'assignation quand il y entrera pour expier CONTRADICTION FRONTALE Rav Yehouda : tani -- enseigne CHEL HEIKHAL, du Heikhal on ne corrige pas le verset et l'on ne supprime pas la michna : on déplace le point d'où l'on compte les rangées
Le mécanisme de la résolution : la guemara ne corrige ni le verset ni la michna, elle déplace le point d'où l'on compte.
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תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְכָל אָדָם לֹא יִהְיֶה בְּאֹהֶל מוֹעֵד״,

Nos maîtres ont enseigné : « Et aucun homme ne sera dans la Tente d'assignation »,

💡 Explication

Le daf s'interrompt sur l'ouverture d'une baraita qui va détailler la portée exacte du verset : quels espaces faut-il évacuer, et à quels moments du service. La suite -- Heikhal, espace entre le Oulam et l'autel, temps de la ketoret et temps des aspersions -- se lit en 44a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).