Yoma 49a -- Ce qu'un autre ne peut pas faire à ma place : la main du zar, puis les mains pleines du Cohen Gadol

Yoma 49a

Sougya : L'amoud s'ouvre en refermant la sougya de la holakha : une baraita qui range la main gauche, le zar, l'onen, l'ivrogne et le baal moum parmi les invalidants réfute définitivement Rav Chechet. La guemara s'étonne alors, car cette baraita est celle-là même dont Rav Chechet se servait contre Rav Hisda ; elle répond par la chronologie -- il l'a apprise en étant réfuté, puis s'en est servi -- et neutralise le verset des Chroniques en expliquant que les Lévites ne convoyaient rien, leurs mains servant de simple banc (maase itstseva).

S'ouvre ensuite une série de questions sur la hafina, la puisée de l'encens à pleines mains : Rav Papa demande si un autre cohen peut remplir les mains du Cohen Gadol, le verset exigeant peut-être "il prendra et il apportera" du même homme -- teikou. Rabbi Yehochoua ben Levi pousse le cas plus loin : le Cohen Gadol a puisé puis est mort, son successeur entre-t-il avec cette puisée ?

L'admiration de Rabbi Hanina pour cette question déclenche un double examen -- un excursus sur le cresson broyé le chabbat et sur les mules blanches, qui établit que Rabbi Hanina était l'aîné et expert en médecine, puis la constatation que sa propre position ("avec un taureau" et non avec son sang, et une hafina antérieure à l'égorgement est nulle) rend la question impossible chez lui : il louait la cohérence de RYbL sur les prémisses de RYbL. Rav Papa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua subordonnent enfin la réponse à une autre question -- le Cohen Gadol repuise-t-il à l'intérieur ? -- mais en tirent des conséquences exactement inverses, et l'amoud s'interrompt sur une preuve tentée puis rejetée, et un "viens et entends" laissé en suspens.

Une seule baraita, deux usages opposés -- et un ordre inverse La guemara réfute Rav Chechet avec la baraita même dont il s'est servi ailleurs. La difficulté est chronologique, pas logique. TEMPS 1 -- Rav Chechet interroge Rav Hisda (par son amora) La holakha, le convoiement du sang, faite par un zar (non-cohen) : valide ou passoul ? Rav Hisda répond KESHEIRA, et s'appuie sur II Chroniques 35:11 -- les Lévites tenaient le sang du Pessa'h. TEMPS 2 -- On enseigne à Rav Chechet la baraita, et elle le réfute Zar, onen, ivrogne, bel moum -- dans la kabbala, la holakha, la zerika : passoul. Et de même assis, et de même MAIN GAUCHE : passoul. -- TEIOUVTA sur la thèse de 48b. TEMPS 3 -- Instruit, Rav Chechet retourne la MÊME baraita contre Rav Hisda Puisqu'elle invalide le zar dans la holakha, elle ruine la réponse KESHEIRA du TEMPS 1. C'est ce troisième moment que l'amoud rapporte en premier -- d'où l'illusion de contradiction. Réponse 1 : batar de-shamah hadar otveih Après l'avoir entendue, il l'a à son tour objectée. Rav Chechet ne connaissait pas la baraita quand il tranchait ; il l'apprend en étant réfuté, puis s'en sert. Réponse 2 : maase itstseva Le verset ne décrit pas une holakha faite par des zarim : les Lévites ne rapprochaient rien de l'autel, ils tenaient le sang sur leurs mains comme sur un banc (itstseva).
Fin de la sougya de la holakha : la baraita qui réfute Rav Chechet est celle-là même qu'il invoquait contre Rav Hisda. La guemara résout par la chronologie -- et neutralise le verset des Chroniques par la notion de maase itstseva.
Trois questions sur la hafina -- et une seule qui commande les autres La hafina : puiser l'encens à pleines mains, Vayikra 16:12 -- "il prendra plein ses mains d'encens... et il apportera". Q1 -- Rav Papa : hafan haveiro Un autre cohen puise et dépose l'encens dans les mains du Cohen Gadol. Est-ce une hafina valable ? mélo hofnav plein ses mains : c'est bien le cas ve-lakah... ve-hevi celui qui prend doit apporter : pas le cas TEIKOU Q3 -- hofen hozer ve-hofen ? Le Cohen Gadol repuise-t-il une seconde fois à l'intérieur, après avoir vidé le kaf ? Preuve tentée : la michna dit du kaf "telle était sa mesure" -- mesure du dehors = mesure du dedans, donc pas de reprise Rejetée deux fois : la michna peut dire seulement qu'il PEUT se servir d'une mesure -- ou qu'il ne doit ni retrancher ni ajouter. La question reste ouverte : "ta chema..." Q2 -- Rabbi Yehochoua ben Levi : hafan ou-met Il a puisé puis est mort. Son successeur entre-t-il avec CETTE hafina-là ? Q3 commande Q2 Rav Papa Si OUI, il repuise à l'intérieur alors le successeur PEUT entrer : la hafina qui compte sera de toute façon refaite par lui-même à l'intérieur -- de-ha mikayma hafina Si NON, une seule hafina alors la question demeure : l'unique hafina a été faite par un mort -- tibaei lakh Rav Houna fils de Rav Yehochoua Si OUI, il repuise à l'intérieur alors le successeur NE PEUT PAS entrer : il est impossible que ses mains contiennent exactement ce que tenaient celles du premier -- yehsar / yotir Si NON, une seule hafina alors la question demeure : la hafina requise a bien été faite, mais par un autre -- tibaei lakh
Les trois questions de l'amoud sur la hafina. Q1 finit en teikou. Q2 dépend entièrement de Q3 -- mais Rav Papa et Rav Houna en tirent des conséquences exactement inverses.
Un compliment qui ne tient pas : deux objections, deux relectures Rabbi Hanina salue la question de Rabbi Yehochoua ben Levi. La guemara montre que la phrase ne peut pas se lire comme on croyait. "Bo ou-re -- viens et vois la question des rishonim" Lecture naïve : RYbL appartient à la génération ancienne. Objection A -- qui est l'aîné ? RYbL dit : "c'est à MOI que RABBI Hanina a permis de boire du cresson le chabbat." Un ancien n'appelle pas un cadet "Rabbi" : c'est donc Rabbi Hanina qui est l'aîné. (d'où le long excursus médical sur le cresson et la mule) Objection B -- la question est-elle seulement possible ? Rabbi Hanina tient : "ba-par" et non avec le SANG du taureau -- le successeur doit reprendre à l'égorgement. Et : l'encens puisé avant l'égorgement n'est rien. Pour lui, hafan ou-met n'ouvre donc aucun doute. Relecture A -- déplacer le mot "rishonim" Non pas : "la question DES anciens que tu es", mais : "VOTRE question, à vous les derniers, vaut la question des anciens -- dont je suis." L'éloge porte sur la question, pas sur l'âge. Rabbi Hanina reste l'aîné : la difficulté tombe. Relecture B -- l'éloge est conditionnel Le fait même que RYbL pose la question prouve qu'il tient "ba-par" MÊME avec le sang du taureau. Sur ses propres prémisses, la question tient debout. Rabbi Hanina loue une cohérence, pas sa thèse. Il salue ceux qui, avant lui, divergeaient de son avis.
Le compliment de Rabbi Hanina bute sur deux obstacles : son âge réel, et le fait que sa propre position rend la question impossible. Deux relectures le sauvent.
1
מֵיתִיבִי: זָר, וְאוֹנֵן, שִׁיכּוֹר, וּבַעַל מוּם, בְּקַבָּלָה וּבְהוֹלָכָה וּבִזְרִיקָה — פָּסוּל. וְכֵן יוֹשֵׁב, וְכֵן שְׂמֹאל — פָּסוּל! תְּיוּבְתָּא.

On objecte : un zar (non-cohen), un onen (endeuillé le jour même du décès), un cohen ivre et un cohen atteint d'un défaut corporel (baal moum) -- pour la kabbala (recueil du sang), la holakha (convoiement vers l'autel) et la zerika (aspersion) : passoul (invalide). Et de même s'il est assis, et de même s'il opère de la main gauche : passoul ! -- Teiouvta (réfutation décisive).

📜 Rachi (2)
זָר וְאוֹנֵן שִׁיכּוֹר וּבַעַל מוּם כֻּולְּהוּ נָפְקִי לָן מִקְּרָאֵי דְּמַחְלִי עֲבוֹדָה בפ"ב דִּזְבָחִים (דַּף טז.):
Zar, onen, ivrogne et baal moum -- pour tous, c'est de versets que nous apprenons qu'ils profanent le service, au deuxième chapitre de Zevahim (16a).
וְכֵן יוֹשֵׁב דְּבָעֵי לַעֲמֹוד לְשָׁרֵת (דְּבָרִים יח):
Et de même assis -- car il faut se tenir debout pour servir (Devarim 18).
🗂️ Tossefot (1)
זָר וְאוֹנֵן וְשִׁיכּוֹר בספ"ק דִּזְבָחִים (דַּף יד.) נָמֵי מַיְיתֵי לָהּ וּפֵירֵשׁ שָׁם רַשִׁ"י שִׁיכּוֹר שְׁתוּיֵי יַיִן וְהִקְשָׁה רַבֵּינוּ חַיִּים כֹּהֵן זצ"ל דבס"פ אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף מה:) תְּנַן הַחֵרֵשׁ וְהַשּׁוֹטֶה וְהַשִּׁיכּוֹר פְּסוּלִין בְּאָדָם וּכְשֵׁרִים בַּבְּהֵמָה וְכוּ' וּפָרִיךְ בגמ' שִׁיכּוֹר אַחֻולֵּי מֵחֵיל עֲבוֹדָה וּבַהֲדֵי מוּמֵי בָּעֵי לְמִיחְשְׁבֵיהּ וּמוּקֵי לָהּ בִּשְׁאָר דְּבָרִים הַמְשַׁכְּרִים וּדְלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר חַיָּיב מִיתָה אַף בִּשְׁאָר דְּבָרִים הַמְשַׁכְּרִים עַל כֵּן פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ חַיִּים דְּהָכָא נָמֵי מַייְרֵי בִּשְׁאָר דְּבָרִים הַמְשַׁכְּרִים וריצב"א פִּי' דפרש"י עִיקָּר וְאַדְּרַבָּה מֵהָתָם יֵשׁ רְאָיָה לְפֵירוּשׁוֹ מִדְּפָרִיךְ סְתָמָא שִׁיכּוֹר אַחֻולֵּי מֵחֵיל עֲבוֹדָה וְכוּ' אַלְמָא דִּסְתָם שִׁיכּוֹר מַייְרֵי בִּשְׁתוּיֵי יַיִן וְהָתָם דְּקַשְׁיָא לֵיהּ בַּהֲדֵי מוּמִין בָּעֵי לְמִיחְשְׁבֵיהּ לְהָכִי מוּקֵי לֵיהּ בִּשְׁאָר דְּבָרִים הַמְשַׁכְּרִים אֲבָל הָכָא דְּקָתָנֵי לֵיהּ בַּהֲדֵי מְחַלְּלֵי עֲבוֹדָה נוֹקְמֶיהָ בִּשְׁתוּיֵי יַיִן כְּמוֹ סְתָם שִׁיכּוֹר דִּבְכָל דֻּוכְתָּא:
Zar, onen et ivrogne -- À la fin du premier chapitre de Zevahim (14a) on cite également cette baraita, et Rachi y explique que l'ivrogne désigne celui qui a bu du vin. Rabbenou Haim Cohen z"l a objecté : à la fin du chapitre Elou moumin (Bekhorot 45b), la michna enseigne que le sourd-muet, le dément et l'ivrogne sont passoul chez l'homme et kacher chez l'animal, etc. ; et la guemara y demande : l'ivrogne, il profane le service -- fallait-il donc le compter parmi les moumin (défauts corporels) ? Elle répond en le rapportant aux autres substances enivrantes [que le vin], et non selon Rabbi Yehouda qui rend passible de mort même pour les autres substances enivrantes. Rabbenou Haim en conclut qu'ici aussi il s'agit des autres substances enivrantes. Mais le Ritsba a expliqué que le commentaire de Rachi est le principal, et qu'au contraire on peut tirer de là une preuve en sa faveur : puisque la guemara y demande sans autre précision "l'ivrogne, il profane le service", c'est bien qu'un "ivrogne" sans précision désigne celui qui a bu du vin. Là-bas, ce qui la gênait était de le compter parmi les moumin, d'où le recours aux autres substances enivrantes ; mais ici, où la baraita le range parmi ceux qui profanent le service, laissons-le dans son sens ordinaire, celui qui a bu du vin, comme partout ailleurs.
💡 Explication

Cette baraita clôture la sougya ouverte en 48b. Rav Chechet y soutenait que la holakha faite de la main gauche est valide, en s'appuyant sur le kaf de l'encens que le Cohen Gadol porte de la gauche. La baraita range ici la main gauche parmi les invalidants, exactement au même rang que le zar ou l'homme assis, et pour les trois avodot du sang.

Le mot teiouvta n'est pas une simple objection : c'est le sceau d'une réfutation définitive. La position de Rav Chechet est écartée, et la halakha exige la main droite jusque dans la holakha.

2
וְהָא רַב שֵׁשֶׁת הוּא דְּאוֹתְבַהּ, דַּאֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְאָמוֹרֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא, בְּעִי מִינֵּיהּ מֵרַב חִסְדָּא: הוֹלָכָה בְּזָר מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: כְּשֵׁירָה, וּמִקְרָא מְסַיְּיעֵנִי: ״וַיִּשְׁחֲטוּ הַפָּסַח וַיִּזְרְקוּ הַכֹּהֲנִים מִיָּדָם וְהַלְוִיִּם מַפְשִׁיטִים״!

Mais n'est-ce pas Rav Chechet lui-même qui a objecté cette baraita ? Car Rav Chechet dit à l'amora (le répétiteur attitré) de Rav Hisda : pose-lui la question, à Rav Hisda -- la holakha faite par un zar, qu'en est-il ?

Il lui répondit : elle est kachère, et un verset me soutient : "Ils immolèrent le sacrifice de Pessa'h, les cohanim aspergeaient de leur main et les Lévites dépouillaient" (II Chroniques 35:11) !

📜 Rachi (2)
וְהָא רַב שֵׁשֶׁת הוּא דְּאוֹתְבַהּ לְהָא מַתְנֵי' לְאָמוֹרֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל אַלְמָא שְׁמִיעָא לֵיהּ וְהֵיכִי טָעֵי לְמִיפְשַׁט דִּכְשֵׁרָה בִּשְׂמֹאל:
Mais c'est Rav Chechet lui-même qui l'a objectée -- cette baraita, à l'amora de Rav Hisda, comme la guemara va l'expliquer. Elle lui était donc connue : comment aurait-il pu se tromper au point de trancher qu'elle est valide de la main gauche ?
וְיִזְרְקוּ הַכֹּהֲנִים הַדָּם מִיָּדָם שֶׁל שׁוֹחֲטִים שֶׁהֵם זָרִים וְחָזְרוּ וְקִבְּלוּ הַדָּם מִיַּד הַכֹּהֵן הַמְקַבֵּל וְהוֹלִיכוּהוּ אֶל הַזּוֹרֵק:
Et les cohanim aspergeaient le sang -- [reçu] de la main des égorgeurs, qui étaient des zarim ; [les Lévites] reprenaient ensuite le sang de la main du cohen qui l'avait recueilli et le convoyaient jusqu'à celui qui procède à l'aspersion.
💡 Explication

La guemara ne conteste pas la réfutation : elle s'étonne de la chronologie. Cette même baraita, Rav Chechet la connaît si bien qu'il s'en sert ailleurs comme d'une arme contre Rav Hisda. Comment aurait-il pu trancher contre elle ?

Noter le procédé : Rav Chechet ne s'adresse pas directement au maître mais à son amora, le répétiteur qui transmet et amplifie l'enseignement devant l'assemblée. La question porte sur le même point que 48b, mais sur un autre axe : non plus la main gauche, mais la personne du convoyeur.

3
וּמוֹתֵיב רַב שֵׁשֶׁת: זָר וְאוֹנֵן, שִׁיכּוֹר וּבַעַל מוּם, בְּקַבָּלָה וּבְהוֹלָכָה וּבִזְרִיקָה — פָּסוּל, וְכֵן יוֹשֵׁב וְכֵן שְׂמֹאל — פָּסוּל.

Et Rav Chechet objectait : un zar, un onen, un cohen ivre et un cohen atteint d'un défaut corporel, pour la kabbala, la holakha et la zerika -- passoul ; et de même assis, et de même de la main gauche -- passoul.

📜 Rachi (1)
וּמֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת גָּרְסִינַן:
Notre version du texte est : "et Rav Chechet objectait".
💡 Explication

C'est ici la preuve de l'embarras : la baraita citée par Rav Chechet contre Rav Hisda est mot pour mot celle qui le réfute au segment 0. Un seul texte, deux emplois -- et deux positions incompatibles chez le même amora.

4
בָּתַר דְּשַׁמְעַהּ הֲדַר אוֹתְבַהּ. וְהָא רַב חִסְדָּא קְרָא קָאָמַר? דַּעֲבוּד מַעֲשֵׂה אִיצְטַבָּא.

Après l'avoir entendue [ici], il l'a à son tour objectée [à Rav Hisda]. -- Mais Rav Hisda invoquait bien un verset ! -- [Il ne prouve rien :] ils ne faisaient office que de banc (itstseva).

📜 Rachi (2)
בָּתַר דְּשַׁמְּעָהּ דְּאוֹתְבוּהָ נִיהֲלֵיהּ הָכָא הֲדַר אוֹתְבָה אִיהוּ לְרַב חִסְדָּא:
Après l'avoir entendue -- une fois qu'on la lui eut objectée ici, il l'a à son tour objectée à Rav Hisda.
מַעֲשֵׂה אִיצְטַבָּא הַמְקַבְּלִים הָיוּ מוֹשִׁיבִים אֶת הַדָּם בְּיַד הַזָּרִים וְאֵין הַזָּרִים מְקָרְבִין אוֹתוֹ לְצַד הַמִּזְבֵּחַ כְּלָל אֶלָּא מוֹשִׁיבִים הַדָּם עַל יָדָם כַּאֲשֶׁר עַל גַּבֵּי אִיצְטַבָּא:
Un office de banc -- ceux qui recueillaient le sang le posaient dans la main des zarim, et les zarim ne le rapprochaient nullement de l'autel : ils ne faisaient que porter le sang sur leurs mains comme sur un banc.
💡 Explication

La réponse est d'une simplicité désarmante : batar de-chamah hadar otveih. L'amoud présente d'abord l'objection de Rav Chechet à Rav Hisda, mais elle est postérieure ; Rav Chechet ignorait la baraita quand il tranchait sur la main gauche, il l'a apprise en étant réfuté, puis s'en est servi à son tour. L'ordre du texte n'est pas l'ordre du temps.

Reste le verset. La guemara ne le rejette pas, elle le relit : les Lévites ne convoyaient rien du tout. Le cohen posait le récipient sur leurs mains immobiles, exactement comme on pose un objet sur un banc -- maase itstseva. Le sang n'avance pas d'un pas vers l'autel par leur fait ; il n'y a donc jamais eu de holakha faite par un zar.

🖼️ Schéma
Le verset des Chroniques : deux lectures du rôle des Lévites Lecture de Rav Hisda -- une holakha Les zarim égorgent le Pessa'h Un cohen recueille le sang (kabbala) Les Lévites PORTENT le sang vers l'autel => la holakha par un zar est kachère Lecture finale -- maase itstseva Un cohen recueille le sang Il POSE le récipient sur les mains du Levi, qui reste immobile : une main-banc, rien de plus Le cohen reprend et convoie lui-même => aucun zar n'a fait de holakha
Le verset des Chroniques ne décrit pas un convoiement, mais un simple dépôt : les mains des Lévites servent de support, pas de moyen de transport.
5
בָּעֵי רַב פָּפָּא: חָפַן חֲבֵירוֹ, וְנָתַן לְתוֹךְ חָפְנָיו מַהוּ? ״מְלֹא חָפְנָיו״ בָּעֵינַן, וְהָא אִיכָּא! אוֹ דִּילְמָא: ״וְלָקַח״ ״וְהֵבִיא״ בָּעֵינַן? וְהָא לֵיכָּא! תֵּיקוּ.

Rav Papa demanda : son compagnon a puisé l'encens et l'a déposé dans les mains [du Cohen Gadol], qu'en est-il ? Exige-t-on "plein ses mains" -- et cela est bien réalisé ?

Ou peut-être exige-t-on "il prendra... et il apportera" -- et cela n'est pas réalisé ? Teikou (la question reste ouverte).

📜 Rachi (1)
אוֹ דִילְמָא וְלָקַח וְהֵבִיא דִּוְלָקַח נָמֵי אַמָּלֵא חָפְנָיו קָאֵי:
Ou peut-être "il prendra" et "il apportera" -- car "il prendra" se rapporte lui aussi à "plein ses mains".
🗂️ Tossefot (1)
בָּעֵי רַב פָּפָּא חָפַן חֲבֵירוֹ וְנָתַן לְתוֹךְ חָפְנָיו מַהוּ מְלֹא חָפְנָיו בָּעֵינַן וְכוּ' תֵּימַהּ לִי הָא אִיבַּעְיָא לֵיהּ לְעֵיל כְּבָר כִּי הַאי גַוְונָא גַּבֵּי בֵּין הַבֵּינַייִם וי"ל באת"ל קָאָמַר את"ל בֵּין הַבֵּינַיִים לָא דְּלָא קְרִי בֵיהּ וְלָקַח וְהֵבִיא כֵּיוָן דְּלָא אָתֵי מִכֹּחַ גַּבְרָא הָכָא מַאי מִי אָמְרִינַן אע"ג דְּלָאו אִיהוּ חָפַן מ"מ כֵּיוָן דְּמִכֹּחַ גַּבְרָא קָאָתֵי שַׁפִּיר דָּמֵי וְשַׁפִּיר קָרֵינַן בֵּיהּ וְלָקַח הַלּוֹקֵחַ מִי שֶׁהוּא וְיָשִׂים בְּחָפְנָיו שֶׁל כ"ג וַהֲדַר נְעַיֵּיל הוּא וְקָרֵי בֵּיהּ מְלֹא חָפְנָיו וְהֵבִיא אוֹ דִּילְמָא וְלָקַח וְהֵבִיא בָּעֵינַן שֶׁהַלּוֹקֵחַ יָבִיא:
Rav Papa a demandé : son compagnon a puisé et l'a déposé dans ses mains, qu'en est-il ? Exige-t-on "plein ses mains", etc. -- Cela m'étonne : une question de même forme a déjà été posée plus haut à propos de bein habeinayim (l'encens qui glisse entre les doigts). On peut répondre qu'il s'agit d'un im timtsa lomar (un "admettons que") : admets que pour bein habeinayim la réponse soit négative, parce qu'on n'y lit pas "il prendra et il apportera", cet encens ne venant pas de la force d'un homme -- ici, alors, quelle est la loi ? Dit-on que, même si ce n'est pas lui qui a puisé, puisque cela vient tout de même de la force d'un homme c'est valable, et que l'on y lit bien "il prendra" -- celui qui prend, qui qu'il soit, le met dans les mains du Cohen Gadol, puis celui-ci entre, et l'on lit en lui "plein ses mains... et il apportera" ? Ou bien exige-t-on "il prendra et il apportera", c'est-à-dire que celui qui prend soit celui-là même qui apporte ?
💡 Explication

Retour à la hafina, la puisée de l'encens à pleines mains le jour de Kippour. Le verset (Vayikra 16:12) porte deux exigences : un état -- "mélo hofnav", plein ses mains -- et un acte -- "ve-lakah... ve-hevi", il prendra et il apportera.

Toute la question de Rav Papa tient dans cet écart. Si la Torah décrit un résultat, le Cohen Gadol a bien les mains pleines et peu importe qui les a remplies. Si elle prescrit une chaîne d'actes accomplie par un seul homme, la prise faite par autrui rompt la chaîne. La guemara conclut en teikou.

6
בָּעֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: חָפַן וּמֵת, מַהוּ שֶׁיִּכָּנֵס אַחֵר בַּחֲפִינָתוֹ? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: בֹּא וּרְאֵה שְׁאֵלַת הָרִאשׁוֹנִים.

Rabbi Yehochoua ben Levi demanda : il a puisé puis est mort -- un autre peut-il entrer avec sa hafina (sa puisée) ? Rabbi Hanina dit : viens et vois la question des premiers !

📜 Rachi (2)
מַהוּ שֶׁיִּכָּנֵס אַחַר כֹּהֵן הַמְשַׁמֵּשׁ תַּחְתָּיו מַהוּ שֶׁיִּכָּנֵס לִפְנִים בַּחֲפִינָה זוֹ שֶׁנָּתַן הָרִאשׁוֹן לְתוֹךְ הַכַּף וְאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור וְלַחְפֹּון:
Un autre peut-il entrer -- le cohen qui officie à sa place peut-il entrer à l'intérieur avec cette hafina que le premier avait déjà versée dans le kaf, sans avoir à puiser de nouveau ?
א"ר חֲנִינָא לַתַּלְמִידִים בֹּא וּרְאֵה שֶׁהַדּוֹר הָאַחֲרוֹן זוֹכֶה לְהִתְחַכֵּם כְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים שֶׁאַף אֲנִי הָיִיתִי שׁוֹאֵל שְׁאֵילָה זוֹ וְעַכְשָׁיו שְׁאָלָהּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי שֶׁהוּא מִן הָרִאשׁוֹנִים:
Rabbi Hanina dit -- à ses élèves : viens et vois que la dernière génération mérite d'atteindre la sagesse des premières générations, car moi aussi je posais cette question ; et voici que Rabbi Yehochoua ben Levi l'a posée, lui qui est des premiers.
💡 Explication

Même point de tension que chez Rav Papa, mais radicalisé : ici, celui qui a puisé ne peut plus rien apporter, il est mort. L'encens est déjà versé dans le kaf ; le cohen qui prend la relève doit-il tout recommencer, ou hérite-t-il d'une hafina déjà faite ?

La réaction de Rabbi Hanina -- bo ou-re, viens et vois -- est un cri d'admiration devant ses élèves. Elle va occuper la guemara pendant dix segments, car elle est doublement problématique : quant à l'âge respectif des deux maîtres, et quant à la cohérence de Rabbi Hanina avec ses propres positions.

7
לְמֵימְרָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי קַשִּׁישׁ? וְהָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לִי הִתִּיר רַבִּי חֲנִינָא לִשְׁתּוֹת שַׁחֲלַיִים בְּשַׁבָּת!

Cela voudrait-il dire que Rabbi Yehochoua ben Levi était l'aîné ? Mais Rabbi Yehochoua ben Levi a bien dit : c'est à moi que Rabbi Hanina a permis de boire du cresson (chehalayim) le chabbat !

📜 Rachi (1)
שַׁחֲלַיִים קרשו"ן:
Chehalayim -- kerchon [cresson, en langue vernaculaire].
💡 Explication

L'objection est tirée d'une formule de politesse. En disant "Rabbi Hanina", Rabbi Yehochoua ben Levi se place en position de cadet : un ancien n'aurait pas donné ce titre à un plus jeune. Si donc Rabbi Hanina est l'aîné, l'éloge "la question des premiers" ne peut pas désigner l'ancienneté de RYbL.

Ce simple détail va entraîner la guemara dans un long excursus médical sur le cresson et sur les mules -- avant qu'elle ne revienne, au segment 11, au point de départ.

8
לִשְׁתּוֹת, פְּשִׁיטָא? דִּתְנַן: כָּל הָאֳוכָלִין אוֹכֵל אָדָם לִרְפוּאָה, וְכָל הַמַּשְׁקִין שׁוֹתֶה!

"Boire" -- mais c'est évident ! Car nous avons appris [dans une michna] : tous les aliments, un homme peut les manger à titre de remède, et toutes les boissons, il peut les boire !

💡 Explication

La michna (Chabbat 109b) pose une règle nette : ce qui est aliment ou boisson ordinaire ne tombe pas sous le décret rabbinique contre les remèdes le chabbat. Boire un jus de cresson n'a donc rien qui demande une permission.

La guemara ne cherche pas ici une source : elle sonde la vraisemblance du récit. Une question triviale n'aurait pas été posée à un maître ni rapportée ; il faut donc que le cas ait été autre.

9
אֶלָּא: לִשְׁחוֹק וְלִשְׁתּוֹת שַׁחֲלַייִם בְּשַׁבָּת. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאִיכָּא סַכַּנְתָּא — מְשָׁרָא שָׁרֵי. וְאִי דְּלֵיכָּא סַכַּנְתָּא — מֵיסָר אֲסִיר! לְעוֹלָם דְּאִיכָּא סַכַּנְתָּא, וְהָכִי קָא מִבַּעְיָא לֵיהּ: מִי מַסְיָא, דְּנֵיחוּל עֲלַייְהוּ שַׁבְּתָא, אוֹ לָא מַסְּיָא וְלָא נֵיחוּל עֲלַייְהוּ שַׁבְּתָא.

Il faut plutôt dire : broyer et boire du cresson le chabbat. De quel cas s'agit-il ?

S'il y a danger [de mort] -- c'est de toute façon permis ! Et s'il n'y a pas de danger -- c'est de toute façon interdit !

En vérité il y a danger, et voici ce qu'il lui demandait : cela guérit-il, de sorte que l'on profane le chabbat pour cela -- ou cela ne guérit-il pas, et l'on ne profane pas le chabbat pour cela ?

📜 Rachi (1)
לִשְׂחֹוק וְלִשְׁתּוֹת:
Broyer et boire.
💡 Explication

La correction porte sur le verbe : non pas boire, mais broyer, ce qui engage une melakha (tohen, moudre). L'alternative devient alors trop nette pour laisser place à une question de rav : danger de mort, on profane ; pas de danger, on ne profane pas.

D'où le renversement décisif de la guemara : la question de Rabbi Yehochoua ben Levi n'était pas halakhique mais médicale. Le danger est établi ; ce qui manque, c'est de savoir si ce remède-là est efficace. Car on ne profane le chabbat que pour un traitement dont on attend vraiment quelque chose -- di-nihol alaihou chabta.

🖼️ Schéma
Le cresson le chabbat : pourquoi la question n'est pas halakhique Broyer et boire du cresson Il y a danger de mort (pikouah nefech) On profane le chabbat sans hésiter. Rien à demander à un rav. Il n'y a pas de danger Broyer est une melakha interdite. Rien à demander non plus. La vraie question était MÉDICALE Il y a bien danger. Reste à savoir : ce remède guérit-il vraiment ? S'il guérit, on profane pour lui ; sinon, on ne profane pas. D'où le recours à Rabbi Hanina, expert en remèdes.
Les deux branches halakhiques se referment d'elles-mêmes. Ce qui reste ouvert est une question de fait médical -- et c'est pourquoi elle s'adresse à Rabbi Hanina.
10
וּמַאי שְׁנָא רַבִּי חֲנִינָא? מִשּׁוּם דְּבָקִי בִּרְפוּאוֹת הוּא. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מֵעוֹלָם לֹא שְׁאָלַנִי אָדָם עַל מַכַּת פִּרְדָּה לְבָנָה וְחָיָה.

Et pourquoi Rabbi Hanina en particulier ? Parce qu'il était expert en remèdes.

Car Rabbi Hanina a dit : jamais un homme ne m'a consulté sur la ruade d'une mule blanche et n'a vécu.

💡 Explication

La guemara justifie le choix de l'interlocuteur : si la question est médicale, elle s'adresse à celui qui possède un savoir médical. Rabbi Hanina est présenté comme baki bi-refouot, expert en remèdes -- une compétence distincte de l'autorité halakhique.

Sa formule est un pronostic, pas une menace : la blessure infligée par une mule blanche est tenue pour incurable. Elle sert de preuve indirecte -- on venait bien le consulter sur des cas cliniques.

11
וְהָא קָא חָזֵינַן דְּחַיֵּי! אֵימָא: וְחָיִיתָ. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּמִיתַּסִּי! בְּסֻומָּקָן אִינְהוּ וְחִיוָּרָן רֵישׁ כַּרְעַיְהוּ קָאָמְרִינַן.

Mais nous voyons bien qu'ils vivent ! -- Dis plutôt : "et [la plaie] a guéri". -- Mais nous voyons bien qu'elle guérit ! -- Nous parlons de mules rousses dont le haut des pattes est blanc.

📜 Rachi (1)
אֵימָא וְחָיִיתָ הַמַּכָּה:
Dis plutôt : "et elle a guéri" -- [le sujet est] la plaie.
💡 Explication

Deux corrections successives, l'une grammaticale, l'autre clinique. D'abord le sujet du verbe : ce n'est pas l'homme qui ne survit pas, c'est la plaie qui ne se referme pas. Puis la portée : l'affirmation ne vaut pas de toute mule blanche, mais d'une variété précise -- robe rousse, sommet des pattes blanc.

La méthode mérite d'être relevée : la guemara traite un énoncé médical comme un énoncé juridique, en le confrontant à l'observation et en restreignant son domaine jusqu'à ce qu'il soit vérifiable.

12
מִכָּל מָקוֹם, שְׁמַע מִינַּהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא קַשִּׁישׁ? אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: שְׁאֵלָתָן כִּשְׁאֵילָה שֶׁל רִאשׁוֹנִים.

Quoi qu'il en soit, il faut en conclure que Rabbi Hanina était l'aîné ! -- Voici plutôt ce qu'il a dit : leur question [à eux, les derniers] est comme la question des premiers.

📜 Rachi (2)
שְׁמַע מִינָּה דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לָא הֲוָה קָשִׁישׁ מִדְּקָרֵי לֵיהּ רַבִּי דְּקָאָמַר לִי הִתִּיר רַבִּי חֲנִינָא וְלֹא הָיָה דֶּרֶךְ הַזְּקֵנִים לוֹמַר עַל הַבַּחוּרִים רַבִּי אֶלָּא לִי הִתִּיר חֲנִינָא הָיָה אוֹמֵר כְּלוֹמַר לִי אָמַר חֲנִינָא שֶׁהִיא רְפוּאָה:
Apprends-en -- que Rabbi Yehochoua ben Levi n'était pas l'aîné, puisqu'il l'appelle "Rabbi" en disant "c'est à moi que Rabbi Hanina a permis". Or il n'était pas d'usage que les anciens disent "Rabbi" des plus jeunes : il aurait dit "c'est à moi que Hanina a permis", c'est-à-dire : c'est à moi que Hanina a dit qu'il s'agit d'un remède.
אֶלָּא הָכִי קָאָמַר ר' חֲנִינָא לְתַלְמִידָיו בֹּא וּרְאֵה שֶׁשְּׁאֵלָתָן שֶׁל אַחֲרוֹנִים כִּשְׁאֵלָתִי שֶׁאֲנִי מִן הָרִאשׁוֹנִים שֶׁאַף אֲנִי הָיִיתִי מִתְקַשֶּׁה:
Voici plutôt ce qu'il a dit -- Rabbi Hanina, à ses élèves : viens et vois que la question des derniers vaut ma propre question, à moi qui suis des premiers, car moi aussi j'y trouvais une difficulté.
💡 Explication

Retour au fil principal après l'excursus. Le détour médical n'a rien changé au problème : le titre de "Rabbi" donné par Rabbi Yehochoua ben Levi établit bien que Rabbi Hanina est l'aîné.

La solution consiste à déplacer un seul mot. Rabbi Hanina ne dit pas : "voyez la question de l'ancien que tu es", mais : "votre question, à vous les derniers, vaut la question des anciens" -- ceux dont il fait lui-même partie. L'éloge porte sur la qualité de la question, non sur l'âge de celui qui la pose.

13
וּמֵי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: ״בְּפַר״, וְלֹא בְּדָמוֹ שֶׁל פַּר.

Et Rabbi Hanina a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rabbi Hanina a dit : "avec un taureau" -- et non avec le sang d'un taureau !

📜 Rachi (2)
וּמֵי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא הָכִי מִי מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי נִכְנַס אַחֵר בַּחֲפִינָתוֹ אִי לֹא:
Et Rabbi Hanina a-t-il vraiment dit cela -- la chose lui fait-elle vraiment doute, qu'un autre entre ou non avec la hafina du premier ?
בְּפַר וְלֹא בְּדָמוֹ שֶׁל פַּר בְּזֹאת יָבֹא אַהֲרֹן אֶל הַקֹּדֶשׁ בְּפַר (וַיִּקְרָא ט״ז:ג׳) וְלֹא בְּדָמוֹ שֶׁל פַּר שֶׁאִם שָׁחַט פָּרוֹ וּמֵת אֵין הַמְשַׁמֵּשׁ תַּחְתָּיו נִכְנָס בְּאוֹתוֹ דָּם לִפְנִים אֶלָּא צָרִיךְ לְהָבִיא פַּר אַחֵר וְלִשְׁחוֹט וְכֵיוָן דְּצָרִיךְ לְהָבִיא פַּר אַחֵר צָרִיךְ לַחְפֹּון לְאַחַר שְׁחִיטָתוֹ:
"Avec un taureau" et non avec le sang d'un taureau -- "C'est avec ceci qu'Aharon entrera dans le sanctuaire : avec un jeune taureau" (Vayikra 16:3), et non avec le sang d'un taureau : si le Cohen Gadol a égorgé son taureau puis est mort, celui qui officie à sa place n'entre pas à l'intérieur avec ce sang-là, mais doit amener un autre taureau et l'égorger. Et puisqu'il doit amener un autre taureau, il doit puiser l'encens après cet égorgement.
💡 Explication

Nouvelle attaque, cette fois interne. Si la question de RYbL est réellement difficile, elle doit d'abord être possible. Or Rabbi Hanina lit dans "c'est avec ceci qu'Aharon entrera dans le sanctuaire : avec un jeune taureau" (Vayikra 16:3) une exclusion : avec un taureau, et non avec le sang d'un taureau.

Conséquence pratique : si le Cohen Gadol meurt après l'égorgement, son successeur ne reprend pas le service en cours. Il amène un nouveau taureau et repart de l'égorgement.

14
וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: קְטוֹרֶת שֶׁחֲפָנָהּ קֹודֶם שְׁחִיטַת הַפָּר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם!

Et Rabbi Hanina a dit [encore] : l'encens qu'il a puisé avant l'égorgement du taureau -- il n'a rien fait du tout !

📜 Rachi (1)
וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא קְטוֹרֶת שֶׁחֲפָנָהּ קֹודֶם שְׁחִיטָה לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם שֶׁכֵּן סֵדֶר הָעֲבוֹדוֹת בְּעִנְיַן חָפַן וּמֵת נָמֵי אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא שָׁחַט פָּרוֹ תְּחִילָּה וְזֶה הַבָּא אַחֲרָיו צָרִיךְ לְהָבִיא פַּר אַחֵר וְאִי אָמְרַתְּ יִכָּנֵס בַּחֲפִינָתוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן נִמְצֵאת חֲפִינָה זוֹ קֹודֶם שְׁחִיטַת פָּרוֹ שֶׁל שֵׁנִי:
Et Rabbi Hanina a dit : l'encens qu'il a puisé avant l'égorgement n'a rien fait du tout -- car tel est l'ordre des services. Or dans le cas de "il a puisé puis est mort" aussi, il est impossible qu'il n'ait pas d'abord égorgé son taureau ; et celui qui vient après lui doit amener un autre taureau. Si tu dis qu'il entre avec la hafina du premier, il se trouve que cette hafina est antérieure à l'égorgement du taureau du second.
💡 Explication

Le second énoncé ferme le piège. L'ordre des avodot du jour est contraignant : l'égorgement du taureau précède la hafina. Une puisée anticipée est nulle, elle n'a aucune existence rituelle.

Combinés, les deux énoncés rendent la question de RYbL impossible chez Rabbi Hanina. Le successeur doit un nouveau taureau ; dès lors la puisée du premier se trouve, par rapport à ce nouveau taureau, antérieure à l'égorgement -- donc nulle. Il n'y a rien à demander : il faut repuiser.

🖼️ Schéma
Pourquoi, pour Rabbi Hanina, la question ne peut même pas naître Ordre imposé du service : chaque étape doit suivre celle qui la précède. 1. Égorgement du taureau du CG 2. Hafina puisée de l'encens 3. Encensement au Saint des Saints 4. Aspersion du sang du taureau Position de Rabbi Hanina : "ba-par" -- et non avec le SANG du taureau Si le premier Cohen Gadol meurt, son successeur ne peut pas entrer avec le sang déjà recueilli : il doit amener un NOUVEAU taureau et l'égorger. Le compteur repart de l'étape 1. Conséquence : la hafina du premier devient antérieure à l'égorgement du second Or "l'encens puisé avant l'égorgement n'a rien fait du tout". Donc, pour Rabbi Hanina, aucun doute possible : c'est nul.
Deux énoncés de Rabbi Hanina qui s'emboîtent : le successeur repart de l'égorgement, et une hafina antérieure à l'égorgement ne vaut rien. La question de RYbL se dissout.
15
הָכִי קָאָמַר: מִדְּקָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ, הָא מִכְּלָל דְּקָסָבַר ״בְּפַר״, וַאֲפִילּוּ בְּדָמוֹ שֶׁל פַּר. וּלְמַאי דִּסְבִירָא לֵיהּ — שְׁאֵילָתוֹ כִּשְׁאֵילַת הָרִאשׁוֹנִים.

Voici ce qu'il a dit : du fait même qu'il pose la question, il faut conclure qu'il tient "avec un taureau" -- et même avec le sang d'un taureau. Et selon ce qu'il tient, lui, sa question est bien comme la question des premiers.

📜 Rachi (2)
הָכִי קָאָמַר רַבִּי חֲנִינָא מִדְּקָא מִבַּעְיָא לֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הָא מִכְּלָל דס"ל דְּאֵין צָרִיךְ לְהָבִיא פַּר אַחֵר דְּאִם כֵּן הָוְיָא לָהּ קְטוֹרֶת שֶׁחֲפָנָהּ קֹודֶם שְׁחִיטַת הַפָּר:
Voici ce qu'a dit Rabbi Hanina -- du fait même que Rabbi Yehochoua ben Levi pose la question, il faut conclure qu'il tient qu'on n'a pas besoin d'amener un autre taureau ; sans quoi cet encens se trouverait puisé avant l'égorgement du taureau.
וּלְמַאי דס"ל יָפֶה שָׁאַל כִּשְׁאֵילַת הָרִאשׁוֹנִים אוֹתָן שֶׁנֶּחְלְקוּ עָלַי בְּפַר וַאֲפִילּוּ בְּדָמוֹ שֶׁל פַּר אַף לָהֶן נִשְׁאַל שְׁאֵילָה זוֹ:
Et selon ce qu'il tient -- il a bien posé sa question, comme la question des premiers, ceux qui ont divergé d'avec moi et tiennent "avec un taureau" et même avec le sang d'un taureau : eux aussi se posaient cette question.
💡 Explication

La résolution est élégante : l'éloge de Rabbi Hanina est conditionnel. Il ne dit pas que la question l'embarrasse, lui ; il constate que RYbL, en la posant, révèle sa propre prémisse -- il lit "ba-par" comme incluant le sang du taureau, donc sans obligation d'en amener un nouveau.

Sur cette prémisse, la difficulté est réelle et rejoint celle que se posaient les anciens, ceux qui divergeaient de Rabbi Hanina. Ce qui est loué, c'est la cohérence interne d'une position adverse -- pas sa vérité.

16
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? אָמַר רַב פָּפָּא: אִי חוֹפֵן חוֹזֵר וְחוֹפֵן — חֲבֵירוֹ נִכְנָס בַּחֲפִינָתוֹ — דְּהָא מִקַּייְמָא חֲפִינָה. אִי אֵין חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן — תִּבָּעֵי לָךְ.

Qu'en est-il finalement ? Rav Papa dit : si l'on puise et repuise -- son compagnon entre avec sa hafina, puisque la hafina [requise] se trouve bien accomplie.

Si l'on ne puise pas puis ne repuise pas -- que la question reste ouverte pour toi.

📜 Rachi (2)
מַאי הָוֵי עֲלַהּ חָפַן וָמֵת מַהוּ שֶׁיִּכָּנֵס אַחֵר בַּחֲפִינָתוֹ:
Qu'en est-il finalement -- "il a puisé puis est mort", un autre peut-il entrer avec sa hafina ?
אִי חוֹפֵן חוֹזֵר וְחוֹפֵן אִי מִפַּשְׁטָא לָן בַּעְיַין דְּאִיבַּעְיָא לָן גַּבֵּי חֲפִינַת פָּנִים אִם צָרִיךְ לַחֲזֹור וְלַחְפֹּון אוֹ לֹא וְתִימְצֵי לוֹמַר דְּצָרִיךְ לַחֲזֹור וְלַחְפֹּון חֲבֵירוֹ נִכְנָס בַּחֲפִינָתוֹ דְּהָא מִיקַּייְמָא חֲפִינָה:
Si l'on puise et repuise -- si nous parvenons à résoudre la question que nous nous posions à propos de la hafina de l'intérieur, savoir s'il faut ou non puiser de nouveau, et que tu conclues qu'il faut puiser de nouveau, alors son compagnon entre avec sa hafina, puisque la hafina [requise] se trouve bien accomplie [par lui-même, à l'intérieur].
💡 Explication

La guemara réclame une conclusion pratique. Rav Papa ne la donne pas directement : il subordonne la question de RYbL à une autre, celle de savoir si le Cohen Gadol, une fois entré au Saint des Saints, repuise l'encens dans le kaf avant de le poser sur les braises.

Son raisonnement : s'il y a une seconde puisée à l'intérieur, c'est elle qui est la hafina opératoire, et le successeur l'accomplira lui-même. La puisée du défunt n'est plus qu'un préparatif -- de-ha mikayma hafina. Mais s'il n'y a qu'une seule puisée, celle du dehors, alors elle a été faite par un homme qui n'est plus là, et le doute demeure entier.

17
אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ לְרַב פָּפָּא: אַדְּרַבָּה, אִי חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן, לֹא יִכָּנֵס אַחֵר בַּחֲפִינָתוֹ — אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְחַסֵּר וְשֶׁלֹּא יוֹתִיר. וְאִי אֵין חוֹפֵן חוֹזֵר וְחוֹפֵן — תִּיבָּעֵי לָךְ.

Rav Houna fils de Rav Yehochoua dit à Rav Papa : au contraire ! Si l'on puise et repuise, un autre n'entrera pas avec sa hafina -- il est impossible qu'il ne retranche ni n'ajoute.

Et si l'on ne puise pas puis ne repuise pas -- que la question reste ouverte pour toi.

📜 Rachi (1)
אַדְּרַבָּה אִי חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן אָז אֵין חֲבֵירוֹ נִכְנָס בַּחֲפִינָתוֹ שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יַחְסִיר חֲבֵירוֹ וְשֶׁלֹּא יוֹתִיר חָפְנָיו שֶׁל רִאשׁוֹן שָׁוִין לְחָפְנָיו שֶׁל שֵׁנִי:
Au contraire, si l'on puise et repuise -- alors son compagnon n'entre pas avec sa hafina, car il est impossible que le compagnon ne retranche ni n'ajoute : les mains du premier né sauraient contenir exactement autant que celles du second.
🗂️ Tossefot (1)
אִי חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן נִכְנָס חֲבֵירוֹ בַּחֲפִינָתוֹ תֵּימַהּ אִי חוֹבָה הוּא לַחְפֹּון פַּעֲמַייִם אֶחָד מִבַּחוּץ וְאֶחָד מִבִּפְנִים הֵיכִי עָיֵיל חַבְרֵיהּ בַּחֲפִינָתוֹ מ"מ הֲרֵי לֹא חָפַן כֹּהֵן אֶחָד תְּרֵי זִימְנֵי וְנִרְאֶה דה"פ אִי חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן לְפִי שֶׁמִּן הַתּוֹרָה אֵין לַדָּבָר קִצְבָּה שֶׁיָּכוֹל לַחְפֹּון כָּל כָּךְ פְּעָמִים כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְחַסֵּיר וְלֹא יוֹתִיר וּלְהָכִי תַּקִּינוּ רַבָּנָן שֶׁיַּחֲזֹור וְיַחְפֹּון בִּפְנִים שֶׁמָּא נִתְפַּזֵּר לוֹ מִן הַקְּטֹורֶת בַּדֶּרֶךְ וְנֶחְסַר קְצָת וא"כ אִם חָפַן וְנָתַן לְתוֹךְ הַכַּף וּמֵת בַּחוּץ חוֹזֵר חֲבֵירוֹ וְחוֹפֵן פַּעַם שֵׁנִית וְחוֹזֵר וְנוֹתֵן לְכַף וְנִכְנַס דְּקָרֵינַן בֵּיהּ מְלֹא חָפְנָיו וְהֵבִיא דְּלֵיכָּא אֶלָּא הֲבָאָה אַחַת וְאִי אֵין חוֹפֵן וְחוֹזֵר וְחוֹפֵן מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע מְלֹא חָפְנָיו חַד אָמַר רַחֲמָנָא וְלָא תְּרֵי זִימְנֵי מְלֹא חָפְנָיו א"כ אֵין חֲבֵירוֹ נִכְנָס בַּחֲפִינָתוֹ:
S'il puise et repuise, son compagnon entre avec sa hafina -- Cela étonne : si c'est une obligation de puiser deux fois, une fois au-dehors et une fois au-dedans, comment son compagnon pourrait-il entrer avec sa hafina ? Il resterait qu'aucun cohen n'a puisé deux fois. Il semble donc que le sens soit celui-ci : "s'il puise et repuise" veut dire que, selon la Torah, la chose n'a pas de mesure fixe -- il peut puiser autant de fois qu'il le veut, pourvu qu'il ne retranche ni n'ajoute ; et c'est pourquoi les Sages ont institué qu'il repuise à l'intérieur, de crainte qu'un peu d'encens ne se soit dispersé en chemin et qu'il en manque. Dès lors, s'il a puisé, versé dans le kaf, puis est mort au-dehors, son compagnon puise une seconde fois, verse à nouveau dans le kaf et entre : on lit bien en lui "plein ses mains... et il apportera", puisqu'il n'y a qu'une seule apportée. Mais si l'on ne puise pas et repuise, parce que "plein ses mains" signifie que le Miséricordieux n'a prescrit qu'une seule fois "plein ses mains" et non deux -- alors son compagnon n'entre pas avec sa hafina.
💡 Explication

Même prémisse, conclusion inverse : c'est la marque d'une lecture différente de ce qu'est la seconde puisée. Pour Rav Houna, si la Torah exige de repuiser à l'intérieur, c'est que la seconde puisée doit reproduire exactement la première. Or les mains du successeur ne sont pas celles du défunt : elles prendront un peu plus ou un peu moins.

Le désaccord porte donc sur la fonction de la reprise : simple réfection de la mesure (Rav Papa) ou contrôle de conformité à la puisée initiale (Rav Houna). Fait notable : les deux s'accordent sur l'autre branche -- si l'on ne repuise pas, la question demeure ouverte.

18
דְּאִיבַּעְיָא לְהוּ: חוֹפֵן חוֹזֵר וְחוֹפֵן, אוֹ לָא? תָּא שְׁמַע: כָּךְ הָיְתָה מִידָּתָהּ. מַאי לַָאו: כְּשֵׁם שֶׁמִּדָּתָהּ מִבַּחוּץ כָּךְ מִדָּתָהּ מִבִּפְנִים!

Car on avait demandé : puise-t-on puis repuise-t-on, ou non ? -- Viens et entends : "telle était sa mesure". N'est-ce pas [à dire] : de même que sa mesure au-dehors, telle sa mesure au-dedans !

💡 Explication

La guemara expose enfin la question dont tout dépend. La preuve tentée vient de la michna sur le kaf : cet ustensile n'avait pas de contenance normée, "telle était sa mesure" -- c'est-à-dire la mesure des mains du Cohen Gadol.

Si la mesure du dedans est identique à celle du dehors, c'est qu'on se contente de verser le contenu du kaf sur les braises : pas de seconde puisée.

🖼️ Schéma
"Telle était sa mesure" : une preuve et ses deux échappatoires La michna sur le kaf : "kakh hayta midatah" Le kaf n'a pas de contenance fixe : sa mesure, c'est la puisée des mains. Déduction proposée : mesure du dehors = mesure du dedans donc il ne repuise PAS à l'intérieur -- Q3 serait tranchée Échappatoire 1 -- une permission La michna dit seulement que s'il VEUT se servir d'un ustensile de mesure, il en a le droit. Échappatoire 2 -- une contrainte La michna dit qu'il ne doit ni retrancher ni ajouter -- sans rien dire d'une seconde puisée.
La michna sur le kaf semble trancher la question -- mais elle supporte deux autres lectures, et la preuve s'effondre.
19
לֹא, דִּילְמָא שֶׁאִם רָצָה לַעֲשׂוֹת מִדָּה — עוֹשֶׂה, אִי נָמֵי: שֶׁלֹּא יְחַסֵּר וְשֶׁלֹּא יוֹתִיר.

Non : peut-être [la michna signifie-t-elle] que s'il veut faire une mesure, il en fait une ; ou bien encore qu'il ne doit ni retrancher ni ajouter.

💡 Explication

Deux relectures suffisent à ruiner la déduction. Première : la michna accorde une faculté -- le Cohen Gadol peut, s'il le souhaite, se servir d'un ustensile calibré pour obtenir sa mesure. Seconde : elle pose une contrainte -- ni moins ni plus que ce qu'il a pris. Dans les deux cas, rien n'est dit d'une éventuelle seconde puisée à l'intérieur.

20
תָּא שְׁמַע:

Viens et entends :

💡 Explication

L'amoud s'arrête sur une amorce : une seconde tentative de preuve s'ouvre et se poursuivra en 49b. La question de la seconde puisée -- et par elle celle du cohen mort après avoir puisé -- reste pour l'instant sans réponse.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).