Yoma 52b -- Les cinq versets sans hekhra, et le détour du Cohen Gadol vers un Aron qui n'est plus là

Yoma 52b

Sougya : L'amoud achève d'abord la liste ouverte à la fin de 52a : cinq mots de la Torah -- seet, mechoukadim, mahar, arour, ve-kam -- dont nul ne sait s'ils ferment la proposition qui précède ou ouvrent celle qui suit ; la baraita sur les sept noms de Yossef Ich Houtsal sert à montrer que le compteur des cinq et le questionneur du verset de Melakhim sont un seul et même homme, et l'apparente contradiction se résout par un mot : cinq dans la Torah, davantage chez les Prophètes. L'objection de Rav Hisda sur Chemot 24,5 tombe de même -- son doute n'est pas celui d'Issi.

Commence alors le chapitre suivant de l'avoda : la michna décrit le trajet en Z du Cohen Gadol entre les deux tentures agrafées à des extrémités opposées, jusqu'entre les barres de l'Aron, où il entasse l'encens avant de ressortir à reculons et de prier brièvement, pour ne pas effrayer le peuple qui attend. La guemara y trouve une impossibilité : des tentures, c'est le second Temple ; un Aron, c'est le premier.

De là, la longue baraita sur la gueniza -- ce que Yochiyahou enfouit, et par quelles guezerot chavot on sait que la fiole de manne, l'huile d'onction, le bâton d'Aharon et le coffre des Pelichtim l'ont suivi. La solution est une relecture minimale : l'emplacement de l'Aron, comme entre les barres.

Le folio se termine sur une question de geste -- de quel bord de l'encensoir commence-t-on a entasser ? -- qu'Abaye tranche par l'avertissement fait au Cohen Gadol, dont le mot final reste suspendu jusqu'à 53a.

Les cinq mots sans hekhra -- ni l'amont ni l'aval ne l'emportent Le mot est écrit entre deux propositions. Selon qu'on le rattache à celle d'avant ou à celle d'après, le sens bascule. Le mot Rattaché à ce qui PRECEDE Rattaché à ce qui SUIT seet Berechit 4,7 si tu t'améliores -- seet = pardon seet -- si tu ne t'améliores pas = tu porteras ta faute mechoukadim Chemot 25,34 quatre coupes -- mechoukadim = ce sont les coupes qui sont en amandes mechoukadim -- ses boutons et ses fleurs = ce sont boutons et fleurs qui le sont mahar Chemot 17,9 combats Amalek -- demain = la guerre est pour demain demain -- je me tiendrai sur la colline = la guerre est pour tout de suite arour Berechit 49,6-7 ils ont mutilé un bœuf -- maudit = le bœuf de Chekhem, issu de Canaan maudite -- soit leur colère, car violente = c'est la colère qui est maudite ve-kam Devarim 31,16 tu te coucheras -- et tu te relèveras = allusion à la résurrection des morts et se lèvera -- ce peuple, et il se prostituera = annonce de la trahison d'Israël
Les cinq mots de la Torah dont on ne sait s'ils ferment la phrase d'avant ou ouvrent celle d'après.
Le détour du Cohen Gadol : deux parokhot, deux ouvertures opposées Vue de dessus. Il n'entre jamais droit devant : il longe, il traverse, il se retourne. NORD SUD OUEST EST Saint des Saints Hekhal parokhet extérieure ouverte au SUD parokhet intérieure ouverte au NORD ouverture ouverture Aron bad (barre) nord bad (barre) sud 1 2 3 4 1. il entre par la fente du sud -- 2. il remonte l'entre-deux vers le nord -- 3. il franchit la fente du nord -- 4. il se retourne vers le sud et longe la parokhet jusqu'entre les deux barres
La michna : le trajet en Z du Cohen Gadol, du sud vers le nord entre les deux tentures, puis du nord vers le sud jusqu'aux barres de l'Aron.
Ce qui fut enfoui avec l'Aron -- et par quel mot on le sait Rabbi Elazar ne raisonne pas par proximité mais par mots-crochets : chaque objet est accroché au précédent par une guezera chava. ARON enfoui par Yochiyahou tsintsenet ha-man la fiole de manne tselohit chemen huile d'onction makel Aharon avec amandes et fleurs argaz des Pelichtim le coffre-cadeau chama / chama là-bas / là-bas dorot / dorot michmeret / michmeret mi-tsido (à son côté) Si tout cela est enfoui depuis Yochiyahou, comment la michna peut-elle faire marcher le Cohen Gadol jusqu'à l'Aron sous le second Temple ?
La baraita de la gueniza : les quatre objets enfouis avec l'Aron et les mots-crochets qui les y rattachent.
1
״שֶׁאַתְּ״.

"Seet" (Berechit 4,7).

📜 Rachi (1)
שֶׁאַתְּ הֲלֹא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת (בְּרֵאשִׁית ד׳:ז׳) וּלְשׁוֹן סְלִיחָה הוּא אוֹ שֶׁאַתְּ אִם לֹא תֵּיטִיב וּלְשׁוֹן נְשִׂיאוּת עָוֹן הוּא:
"Seet" : "N'est-il pas vrai que si tu t'améliores, seet" (Berechit 4,7) -- et c'est alors un terme de pardon (seliha) ; ou bien "seet -- si tu ne t'améliores pas", et c'est alors un terme de port de la faute (nessiat avon).
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאַתְּ מְשֻׁוקָּדִים מָחָר אָרוּר וְקָם תֵּימַהּ הוּא דְּלָא נַקְטִינְהוּ כַּסֵּדֶר שֶׁהֵן כְּתוּבִים בַּתּוֹרָה וְהָכִי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר שֶׁאַתְּ אָרוּר מָחָר מְשֻׁוקָּדִים וְקָם וא"ת אַמַּאי לָא דַּרְשִׁינְהוּ לְהוּ לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם כְּמוֹ בְּנֶשֶׁךְ וּבְמַרְבִּית (וַיִּקְרָא כֹּה) דְּדָרְשִׁינַן לֵיהּ בְּפֶרֶק אֵיזֶהוּ נֶשֶׁךְ (ב"מ סא.) לְפָנָיו וּלְאַחֲרָיו וּכְמוֹ וְרָחַץ דְּדָרְשִׁינַן לֵיהּ בְּפָ' אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (לְעֵיל יוֹמָא דַּף לא:) אֻופְשַׁט וְאֻולְבַּשׁ י"ל גַּבֵּי שֶׁאַתְּ אִי קָאֵי אַאִם תֵּיטִיב אָז הוּא לְשׁוֹן סְלִיחָה וְאִי קָאֵי אַוְּאִם לֹא תֵּיטִיב אָז הוּא לְשׁוֹן נְשִׂיאוּת עָוֹן וְכֵן אָרוּר אִי קָאֵי אַשּׁוּר אָז קָאֵי אַשְּׁכֶם שֶׁהוּא כְּנַעַן דִּכְתִיב אָרוּר כְּנַעַן וְאִי קָאֵי אַאַפָּם אָז קִלֵּל אַפָּם וְכֵן מָחָר אִי קָאֵי אַמִּלְחָמָה וְאָנֹכִי נִצָּב עַל רֹאשׁ הַגִּבְעָה הַיּוֹם לְהִתְפַּלֵּל קֹודֶם הַמִּלְחָמָה כְּדִכְתִיב הֲיַעֲרֹוךְ שׁוּעֲךָ לֹא בְצָר (אִיּוֹב לו) אוֹ קָאֵי אַאָנֹכִי נִצָּב מָחָר לְהִתְפַּלֵּל וְכֵן וְקָם וּלְפִי שֶׁאֵין פֵּירוּשָׁם שָׁוֶה ע"כ אֵין לָהֶם הֶכְרֵעַ אֲבָל אַמְּשֻׁוקָּדִים קָשֶׁה וְי"ל מִשּׁוּם דְּאִיכָּא אֶתְנַחְתָּא בַּגְּבִיעִים וּבַמְנוֹרָה אַרְבָּעָה גְּבִיעִים וּמִשָּׁמְעוֹ מְשֻׁוקָּדִים כַּפְתּוֹרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ וּקְרָא אַחַרְיַנָא מוֹכְחָא דִּמְשֻׁוקָּדִים לָא קָאֵי אֶלָּא אַגְּבִיעִים דִּכְתִיב שְׁלֹשָׁה גְּבִיעִים מְשֻׁוקָּדִים וּלְהָכִי אֵין לוֹ הֶכְרֵעַ וְהָא דִּפְלִיגִי תַּנָּאֵי בִּזְבָחִים בְּפֶ' שֵׁנִי (דַּף כֹּד.) גַּבֵּי וְלָקַח הַכֹּהֵן מִדַּם הַחַטָּאת בְּאֶצְבָּעוֹ וְנָתַן (וַיִּקְרָא ד) דְּאִיכָּא דְּמוּקֵי בְּאֶצְבָּעוֹ אַלְּקִיחָה וְאִיכָּא דְּמוּקֵי אַנְּתִינָה וְאִיכָּא דְּמוּקֵי אַתַּרְוַיְיהוּ יֵשׁ לְפָרֵשׁ טַעְמָא דְּמַאן דְּמוּקֵי לֵיהּ אַתַּרְוַייְהוּ מִשּׁוּם דִּפְשָׁטָא דִּקְרָא אַלְּקִיחָה דִּלְפָנָיו קָאֵי וּמוֹקְמִינַן לֵיהּ נָמֵי אַנְּתִינָה כִּדְאַשְׁכְּחַן בַּמִּלּוּאִים כְּדִכְתִיב וְלָקַחְתָּ מִדַּם הַפָּר וְנָתַתָּה עַל קַרְנֹות הַמִּזְבֵּחַ בְּאֶצְבָּעֶךָ (שְׁמוֹת כט) וְהָתָם עַל כָּרְחָךְ קָאֵי אַנְּתִינָה וּמַאן דְּלָא מוּקִי לֵיהּ אֶלָּא אַלְּקִיחָה כְּמִשְׁמְעוֹתֶיהָ וּמַאן דְּמוּקֵי לֵיהּ אַנְּתִינָה יָלֵיף מִמִּלּוּאִים דְּהָתָם לָא קָאֵי אֶלָּא אַנְּתִינָה דִּלְפָנָיו וְלָאו אַלְּקִיחָה דִּלְפָנָיו פָּנָיו:
"Seet, mechoukadim, mahar, arour, ve-kam" : Il est étonnant qu'on ne les ait pas pris dans l'ordre où ils sont écrits dans la Torah -- il aurait fallu dire : seet, arour, mahar, mechoukadim, ve-kam. Et si tu demandes : pourquoi ne pas les exposer à la fois sur ce qui précède et sur ce qui suit, comme pour "be-nechekh ou-ve-marbit" (Vayikra 25) qu'on expose au chapitre Eizehou Nechekh (Baba Metsia 61a) sur l'avant et sur l'après, ou comme "ve-rahats" qu'on expose au chapitre Amar lahem ha-memouneh (plus haut, Yoma 31b) et sur le fait de se dévêtir et sur le fait de se revêtir ? On peut répondre : pour seet, s'il se rapporte à "si tu t'améliores", c'est un terme de pardon, et s'il se rapporte à "et si tu ne t'améliores pas", c'est un terme de port de la faute (les deux sens s'excluent). De même arour : s'il se rapporte à "le bœuf", il vise Chekhem, qui est de Canaan, dont il est écrit "maudit soit Canaan" ; et s'il se rapporte à "leur colère", c'est la colère qu'il maudit. De même mahar : s'il se rapporte à la guerre, alors "et moi je me tiendrai au sommet de la colline" c'est aujourd'hui, pour prier avant la bataille, comme il est écrit "ta clameur suffira-t-elle à te tirer de détresse ?" (Iyov 36) ; ou bien il se rapporte à "je me tiendrai" : c'est demain qu'il priera. Et de même ve-kam. Comme leur explication n'est pas la même des deux côtés, nécessairement ils n'ont pas de hekhra. Mais sur mechoukadim, la question reste difficile (car là les deux lectures ne s'excluent pas). Et l'on peut répondre : parce qu'il y a une atnahta sur "gueviim" -- "et dans la menora quatre coupes" -- ce qui donne à entendre "mechoukadim kaftoreha ou-frahéha" ; tandis qu'un autre verset prouve que mechoukadim ne se rapporte qu'aux coupes, puisqu'il est écrit "trois coupes mechoukadim". C'est pourquoi il n'a pas de hekhra. Quant à la controverse des tanaim dans Zevahim, au deuxième chapitre (24a), sur "et le Cohen prendra du sang du hatat avec son doigt et il donnera" (Vayikra 4) -- certains rapportent "avec son doigt" à la prise, d'autres au don, d'autres aux deux -- on peut expliquer ainsi le motif de celui qui le rapporte aux deux : le sens littéral du verset le rattache à la prise qui le précède, et nous le rattachons aussi au don, comme nous le trouvons pour les jours d'investiture, où il est écrit "et tu prendras du sang du taureau et tu en mettras sur les cornes de l'autel avec ton doigt" (Chemot 29), et là il se rapporte forcément au don. Celui qui ne le rapporte qu'à la prise s'en tient au sens littéral ; et celui qui le rapporte au don l'apprend des jours d'investiture, où il ne se rapporte qu'au don qui le précède, et non à la prise qui le précède.
💡 Explication

L'amoud s'ouvre en pleine énumération : la baraita citée à la fin de 52a annonçait cinq versets de la Torah sans hekhra -- sans qu'on puisse décider de quel côté le mot penche -- et la guemara les égrène maintenant l'un après l'autre, en un seul mot chacun. Il faut aller chercher le verset complet pour comprendre.

Le hekhra n'est pas une hésitation sur le sens d'un mot : c'est une hésitation sur la ponctuation. Le mot est écrit entre deux propositions, et rien dans le texte ne dit s'il clôt celle d'avant ou ouvre celle d'après. Ici : "N'est-il pas vrai que si tu t'améliores, seet" -- et seet veut alors dire pardon, élévation ; ou bien "seet -- si tu ne t'améliores pas", et seet veut alors dire porter le poids de la faute.

🖼️ Schéma
Les cinq mots sans hekhra -- ni l'amont ni l'aval ne l'emportent Le mot est écrit entre deux propositions. Selon qu'on le rattache à celle d'avant ou à celle d'après, le sens bascule. Le mot Rattaché à ce qui PRECEDE Rattaché à ce qui SUIT seet Berechit 4,7 si tu t'améliores -- seet = pardon seet -- si tu ne t'améliores pas = tu porteras ta faute mechoukadim Chemot 25,34 quatre coupes -- mechoukadim = ce sont les coupes qui sont en amandes mechoukadim -- ses boutons et ses fleurs = ce sont boutons et fleurs qui le sont mahar Chemot 17,9 combats Amalek -- demain = la guerre est pour demain demain -- je me tiendrai sur la colline = la guerre est pour tout de suite arour Berechit 49,6-7 ils ont mutilé un bœuf -- maudit = le bœuf de Chekhem, issu de Canaan maudite -- soit leur colère, car violente = c'est la colère qui est maudite ve-kam Devarim 31,16 tu te coucheras -- et tu te relèveras = allusion à la résurrection des morts et se lèvera -- ce peuple, et il se prostituera = annonce de la trahison d'Israël
Les cinq mots, avec les deux lectures possibles de chacun.
2
״מְשֻׁוקָּדִים״.

"Mechoukadim" (Chemot 25,34).

📜 Rachi (1)
מְשֻׁוקָּדִים אַרְבָּעָה גְּבִיעִים מְשֻׁוקָּדִים (שְׁמוֹת כה) אוֹ מְשֻׁוקָּדִים כַּפְתּוֹרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ:
"Mechoukadim" : "quatre coupes mechoukadim" (Chemot 25) -- ou bien "mechoukadim : ses boutons et ses fleurs".
3
״מָחָר״.

"Mahar" (Chemot 17,9).

📜 Rachi (1)
מָחָר וְצֵא הִלָּחֵם בַּעֲמָלֵק מָחָר (שָׁם יז) אוֹ צֵא וְהַלֶּחֶם בַּעֲמָלֵק מִיָּד וּמָחָר אָנֹכִי נִצָּב וְהַיּוֹם אִי אַתָּה צָרִיךְ לִתְפִלָּתִי:
"Mahar" : "et sors combattre Amalek demain" (ibid. 17) -- ou bien : sors et combats Amalek dès maintenant, "et demain je me tiendrai (au sommet de la colline)", et aujourd'hui tu n'as pas besoin de ma prière.
4
״אָרוּר״.

"Arour" (Berechit 49,7).

📜 Rachi (1)
אָרוּר וּבִרְצוֹנָם עָקְרוּ שׁוֹר (בְּרֵאשִׁית מ״ט:ז׳) אָרוּר שׁוֹר שֶׁל שְׁכֶם שֶׁהוּא מֵאָרוּר כְּנַעַן אוֹ אָרוּר אַפָּם כִּי עָז:
"Arour" : "et par leur bon vouloir ils ont mutilé un bœuf" (Berechit 49,7) -- maudit, le bœuf de Chekhem, qui provient du maudit Canaan ; ou bien : "maudite soit leur colère, car elle est violente".
5
״וְקָם״.

"Ve-kam" (Devarim 31,16).

📜 Rachi (1)
וְקָם הִנְּךָ שֹׁוכֵב עִם אֲבֹותֶיךָ וְקָם (דְּבָרִים ל״א:ט״ז) וְכָאן רָמַז לוֹ תְּחִייַּת הַמֵּתִים אוֹ וְקָם הָעָם הַזֶּה וְזָנָה:
"Ve-kam" : "te voici couché avec tes pères, et il se lèvera" (Devarim 31,16) -- et il y a là une allusion faite à (Moche) sur la résurrection des morts ; ou bien : "et ce peuple se lèvera et se prostituera".
💡 Explication

Le cinquième cas est le plus lourd de conséquences. "Te voici couché avec tes pères -- et il se lèvera" : si ve-kam se rattache à ce qui précède, l'Écriture glisse ici une allusion à la résurrection des morts à Moche lui-même. S'il se rattache à ce qui suit, "et ce peuple se lèvera et se prostituera", il n'y a plus d'allusion du tout, mais l'annonce de la trahison d'Israël.

6
וְהַתַּנְיָא: הוּא יוֹסֵף אִישׁ הוּצָל, הוּא יוֹסֵף הַבַּבְלִי, הוּא אִיסִי בֶּן יְהוּדָה, הוּא אִיסִי בֶּן גּוּר אַרְיֵה, הוּא אִיסִי בֶּן גַּמְלִיאֵל, הוּא אִיסִי בֶּן מַהֲלַלְאֵל, וּמַה שְׁמוֹ — אִיסִי בֶּן עֲקִיבָא שְׁמוֹ. בִּדְאוֹרָיְיתָא — לֵיכָּא, בְּדִנְבִיאֵי — אִיכָּא.

Or n'a-t-on pas enseigné : il est Yossef Ich Houtsal, il est Yossef le Babylonien, il est Issi ben Yehouda, il est Issi ben Gour Arie, il est Issi ben Gamliel, il est Issi ben Mahalalel -- et quel est son nom ? Issi ben Akiva est son nom.

(Réponse :) dans la Torah, il n'y en a pas (davantage) ; dans les Prophètes, il y en a.

🗂️ Tossefot (1)
הוּא יוֹסֵף הַבַּבְלִי כּוּ' וְהָא דְאָמַר לֵיהּ רַב אַסִּי לְרַבִּי שִׁילָא בְּפָ' בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לוֹ:) אֲנָא הוּא אִיסִי בֶּן יְהוּדָה דְּהוּא אִיסִי בֶּן גּוּר אַרְיֵה דְּהוּא אִיסִי בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּהוּא אִיסִי בֶּן מַהֲלַלְאֵל אֲסִיתָא דִּנְחָשָׁא דְּלָא שָׁלֵיט בֵּיהּ רוּקְבָּא וְלָא קָאָמַר נָמֵי דְּהוּא יוֹסֵף הַבַּבְלִי דְּהוּא יוֹסֵף אִישׁ הוּצַל שֶׁהֲרֵי כָּל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ הָיָה לוֹ כִּדְמַשְׁמַע הָכָא י"ל דְּלָא קָא חָשֵׁיב הָתָם אֶלָּא שֵׁמוֹת דְּאִיסִי דְּדָמְיָא לִשְׁמוֹ שֶׁל רַב אַסִּי:
"Il est Yossef le Babylonien, etc." : Quant à ce que Rav Assi dit à Rabbi Chila au chapitre Benot Koutim (Nida 36b) : "Je suis Issi ben Yehouda, qui est Issi ben Gour Arie, qui est Issi ben Gamliel, qui est Issi ben Mahalalel -- mortier de bronze que la pourriture n'entame pas", sans dire aussi "qui est Yossef le Babylonien, qui est Yossef Ich Houtsal", alors qu'il portait bien tous ces noms comme il ressort d'ici -- on peut répondre qu'il n'a énuméré là-bas que les noms en "Issi", qui ressemblent au nom de Rav Assi.
💡 Explication

La baraita sert ici de pièce d'identité : Yossef Ich Houtsal -- celui qui, en 52a, posait la question du verset de Melakhim -- est la même personne qu'Issi ben Yehouda, qui a compté cinq versets seulement. Un homme ne peut pas se contredire : ou bien il y en a cinq, ou bien il y en a six.

La réponse tient à un mot que la baraita avait pris soin de dire : ba-Torah. Les cinq sont une liste close, mais elle ne vaut que pour le Pentateuque. Le verset de I Rois 6,19 est dans les Neviim, un autre corpus -- là, les cas sont plus nombreux et Issi n'a jamais prétendu les dénombrer.

7
וּבִדְאוֹרָייְתָא לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא דְּבָעֵי רַב חִסְדָּא: ״וַיִּשְׁלַח אֶת נַעֲרֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיַּעֲלוּ עֹולֹות כְּבָשִׂים וַיִּזְבְּחוּ זְבָחִים שְׁלָמִים פָּרִים״ — אוֹ דִּילְמָא אִידִי וְאִידִי פָּרִים! לְרַב חִסְדָּא מְסַפְּקָא לֵיהּ, לְאִיסִי בֶּן יְהוּדָה פְּשִׁיטָא לֵיהּ.

Et dans la Torah, n'y en a-t-il pas (d'autres) ? Mais voici ce que Rav Hisda a demandé : "et il envoya les jeunes gens des enfants d'Israël, et ils offrirent des holocaustes -- des agneaux ; et ils sacrifièrent des sacrifices de paix -- des taureaux" ; ou bien peut-être les uns et les autres étaient-ils des taureaux !

(Réponse :) pour Rav Hisda c'est un doute, pour Issi ben Yehouda c'est évident.

📜 Rachi (1)
וְיַעֲלוּ עוֹלוֹת כְּבָשִׂים ונ"מ לִפְסֹוק כָּאן אֶת הַטַּעַם בְּאֶתְנַחְתָּא אוֹ דִּילְמָא אִידִי וְאִידִי פָּרִים וְאֵין אֶתְנַחְתָּא בְּטַעַם עוֹלוֹת אֶלָּא טַעַם גֵּרֵשׁ וְיַעֲלוּ עוֹלוֹת כְּדֵי שֶׁיִּתְחַבֵּר לְשֶׁל אַחֲרָיו:
"Et ils offrirent des holocaustes -- des agneaux" : et la conséquence pratique est de placer ici l'accent atnahta ; ou bien peut-être les uns et les autres étaient-ils des taureaux, et il n'y a pas d'atnahta sur le mot "olot" mais un accent guerech -- "et ils offrirent des holocaustes" -- afin que le mot se rattache à ce qui le suit.
💡 Explication

L'objection ne porte plus sur le corpus mais sur le compte : voici, dans la Torah même, un sixième verset où la coupure est indécidable. La nafka mina est exactement celle d'un signe de cantillation : place-t-on l'atnahta -- la grande pause du verset -- après kevassim, ou bien le mot parim gouverne-t-il rétroactivement les deux moitiés ?

La réponse est d'une grande sobriété : un doute n'est pas une propriété du verset, c'est un état du lecteur. Rav Hisda hésite ; Issi ben Yehouda, lui, tranchait. Sa liste de cinq est la liste des versets qu'il tenait pour indécidables, pas de ceux sur lesquels d'autres ont hésité.

🖼️ Schéma
Chemot 24,5 : où tombe la coupure ? Rav Hisda hésite sur le même genre de découpe -- mais Issi ben Yehouda, lui, tranchait. ils offrirent des olot : des agneaux et sacrifièrent des chelamim : des taureaux Lecture A -- atnahta après kevassim : agneaux pour l'olah, taureaux pour les chelamim. ils offrirent des olot agneaux et chelamim -- taureaux (les uns et les autres) Lecture B -- pas d'atnahta sur olot mais un guerech : le mot parim gouverne les deux moitiés. Réponse de la guemara : le doute est celui de Rav Hisda, pas celui d'Issi -- pour Issi le verset était clair.
Les deux découpes possibles de Chemot 24,5 -- et le signe de cantillation qui en dépend.
8
מַתְנִי׳ הַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם, וּפְנִימִית מִן הַצָּפוֹן. מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶן, עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן. הִגִּיעַ לַצָּפוֹן — הוֹפֵךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם, מְהַלֵּךְ לִשְׂמֹאלוֹ עִם הַפָּרֹוכֶת עַד שֶׁהוּא מַגִּיעַ לָאָרוֹן,

MICHNA. Celle du dehors était agrafée ouverte du côté du sud, et celle du dedans du côté du nord.

Il marche entre elles jusqu'à parvenir au nord. Parvenu au nord, il tourne son visage vers le sud, marche à sa gauche le long de la parokhet jusqu'à parvenir à l'Aron,

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם רַבָּנָן קָאָמְרִי לָהּ:
MICHNA. "Celle du dehors était agrafée du côté du sud" : ce sont les Sages (Rabbanan, qui tiennent qu'il y avait deux tentures) qui l'enseignent.
פְּרוּפָה רֹאשָׁהּ כְּפוּלָה לְצַד הַחוּץ וְנֶאֱחֶזֶת בְּקֶרֶס שֶׁל זָהָב לִהְיוֹת פְּתוּחָה וְעוֹמֶדֶת:
"Peroufa" (agrafée) : son extrémité est repliée vers le dehors et retenue par un crochet d'or, de sorte qu'elle demeure ouverte.
מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶן נִכְנַס בִּפְרִיפַת הַדָּרוֹם וּמְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶן עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִפְרִיפַת הַצָּפוֹן:
"Il marche entre elles" : il entre par l'agrafure du sud et marche entre elles jusqu'à parvenir à l'agrafure du nord.
הִגִּיעַ לַצָּפוֹן וּמִשֶּׁנִּכְנַס לְתוֹךְ הֶחָלָל הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם לֵילֵךְ עַד בֵּין הַבַּדִּים שֶׁהֵם בְּאֶמְצַע הֶחָלָל כִּדְאָמַר מַר (ב"ב דַּף צט.) אָרוֹן שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה הָיָה לוֹ אֲוִיר עֲשָׂרָה אַמּוֹת בְּבֵית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים לְכָל רוּחַ וְרוּחַ:
"Il est parvenu au nord" : et dès qu'il est entré dans l'espace intérieur, il tourne son visage vers le sud pour aller jusqu'entre les barres, qui sont au milieu de cet espace, ainsi que l'a dit le Maître (Baba Batra 99a) : l'Aron qu'a fait Moche avait dix coudées de vide de chaque côté dans le Saint des Saints.
מְהַלֵּךְ לִשְׂמֹאלוֹ עִם הַפָּרֹוכֶת שֶׁהַמְּהַלֵּךְ מִצָּפוֹן לִדְרוֹם שְׂמֹאלוֹ לַמִּזְרָח וְהַפָּרֹוכֶת הָיְתָה לוֹ לְמִזְרַח הֶחָלָל לְבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים וְהַבַּדִּים הָיוּ אֲרֻוכִּים עַד הַפָּרֹוכֶת רֹאשָׁן אֶחָד לַמַּעֲרָב וְהַשֵּׁנִי לַמִּזְרָח אֶחָד בְּרֹאשׁ הָאָרוֹן לַצָּפוֹן וְאֶחָד בְּרֹאשׁוֹ לַדָּרוֹם וְאֹורֶךְ אַמָּתַיִם וַחֲצִי שֶׁל אָרוֹן בֵּינֵיהֶן:
"Il marche à sa gauche le long de la parokhet" : car celui qui marche du nord vers le sud à sa gauche à l'est, et la parokhet était pour lui à l'est ; (il parcourt ainsi) l'espace jusqu'entre les deux barres. Les barres étaient longues jusqu'à la parokhet, une de leurs extrémités à l'ouest et l'autre à l'est, l'une (des barres) au bord de l'Aron côté nord et l'autre à son bord côté sud, la longueur de deux coudées et demie de l'Aron se trouvant entre elles.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית מִן הַצָּפוֹן. נִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁהָיָה הַסֵּדֶר כָּךְ דְּהַחֲכָמָה תִּתְיַיחֵס לַדָּרוֹם וְהָעֹושֶׁר לַצָּפוֹן וּתְחִילָּה הָאָדָם יַעֲסֹוק בְּחָכְמָה וְאַחַר כָּךְ בְּעֹושֶׁר וְלָכֵן הָיְתָה פְּתוּחָה מִדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁיָּבֹא תְּחִילָּה בְּצַד הַדָּרוֹם וְאַחַר כָּךְ יַגִּיעַ לַפֶּתַח שֶׁבְּצַד הַצָּפוֹן שֶׁרוֹמֵז לְעֵסֶק הָעֹושֶׁר אַךְ לֹא יִשְׁתַּקַּע בְּעֵסֶק זֶה שֶׁל עֹושֶׁר אֶלָּא חוֹזֵר וּפוֹנֶה וּמַבִּיט בְּחָכְמָה לְכָךְ כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הוֹפֵךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם וּמְהַלֵּךְ עִם הַפָּרֹוכֶת עַד שֶׁמַּגִּיעַ לָאָרוֹן שֶׁהוּא מְקוֹם הַתּוֹרָה וְהַמִּצְוֹת.
"Celle du dehors était agrafée du côté du sud, et celle du dedans du côté du nord." Il me semble avec l'aide du Ciel que l'ordre était celui-ci. La 'hokhma (sagesse) se rapporte au sud et la richesse au nord ; or l'homme doit d'abord s'occuper de sagesse et ensuite de richesse. C'est pourquoi (la première tenture) était ouverte au sud, afin qu'il vienne d'abord du côté du sud, et qu'il parvienne ensuite à l'ouverture du côté du nord, qui fait allusion à l'occupation de la richesse. Mais qu'il ne s'enlise pas dans cette affaire de richesse : il revient, se tourne et regarde vers la sagesse. C'est pourquoi, dès qu'il est parvenu au nord, il tourne son visage vers le sud et marche le long de la parokhet jusqu'à parvenir à l'Aron, qui est le lieu de la Torah et des mitsvot.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Le second Temple n'avait plus l'ama traksin, cette cloison d'une coudée dont 52a discutait : deux tentures la remplaçaient, séparées d'une coudée. Restait un problème pratique : on ne peut pas percer une porte dans une tenture qui doit rester close. On a donc agrafé (peroufa) chacune des deux, mais à des extrémités opposées -- l'extérieure au sud, l'intérieure au nord.

Le résultat est un trajet en Z. Le Cohen Gadol entre par la fente du sud, remonte l'étroit couloir entre les deux tentures jusqu'au nord, franchit la seconde fente, puis -- se trouvant alors dans l'angle nord du Saint des Saints alors que l'Aron est au centre -- se retourne vers le sud et longe la tenture, qu'il a des lors à sa gauche, jusqu'à se trouver entre les deux barres.

🖼️ Schéma
Le détour du Cohen Gadol : deux parokhot, deux ouvertures opposées Vue de dessus. Il n'entre jamais droit devant : il longe, il traverse, il se retourne. NORD SUD OUEST EST Saint des Saints Hekhal parokhet extérieure ouverte au SUD parokhet intérieure ouverte au NORD ouverture ouverture Aron bad (barre) nord bad (barre) sud 1 2 3 4 1. il entre par la fente du sud -- 2. il remonte l'entre-deux vers le nord -- 3. il franchit la fente du nord -- 4. il se retourne vers le sud et longe la parokhet jusqu'entre les deux barres
Le trajet en Z imposé par les deux ouvertures opposées.
9
הִגִּיעַ לָאָרוֹן — נוֹתֵן אֶת הַמַּחְתָּה בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. צָבַר אֶת הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים, וְנִתְמַלֵּא כָּל הַבַּיִת כֻּולּוֹ עָשָׁן. יָצָא וּבָא לוֹ בְּדֶרֶךְ בֵּית כְּנִיסָתוֹ, וּמִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּבַּיִת הַחִיצוֹן. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ, שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת יִשְׂרָאֵל.

parvenu à l'Aron, il place la mahta (l'encensoir) entre les deux barres. Il entasse l'encens sur les braises, et toute la Maison tout entière se remplit de fumée.

Il sort et s'en revient par le chemin de son entrée, et prie une prière brève dans la maison extérieure. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer Israël.

📜 Rachi (2)
דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ כְּשֵׁם שֶׁנִּכְנָס כְּשֶׁהוֹלֵךְ לַדָּרוֹם עַד שֶׁהִגִּיעַ לָאָרוֹן פָּנָיו כְּלַפֵּי דָּרוֹם כָּךְ כְּשֶׁיָּצָא לֹא הֵיסֵב אֶת פָּנָיו לָצֵאת אֶלָּא יוֹצֵא דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו וּפָנָיו לָאָרוֹן:
"Par le chemin de son entrée" : de même qu'il est entré en allant vers le sud jusqu'à parvenir à l'Aron, le visage tourné vers le sud, de même, quand il sort, il ne détourne pas son visage pour sortir, mais sort à reculons, le visage vers l'Aron.
בַּבַּיִת הַחִיצוֹן בַּהֵיכָל:
"Dans la maison extérieure" : dans le Hekhal.
🗂️ Tossefot (1)
יָצָא וּבָא לוֹ דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ אע"ג דְּבִיאָה דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו לֹא שְׁמָהּ בִּיאָה כִּדְאָמַר פ' שֵׁנִי דִּשְׁבוּעוֹת (ד' יז:) הַנִּכְנָס לַבַּיִת הַמְנֻוגָּע אֲפִילּוּ נִכְנַס כֻּולּוֹ חוּץ מֵחָוטְמוֹ טָהוֹר מִדְּאִצְטְרִיךְ וְהַבָּא אֶל הַבַּיִת (וַיִּקְרָא י״ד:מ״ו) דֶּרֶךְ בִּיאָה אָסְרָה תּוֹרָה יְצִיאָה דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו שְׁמָהּ יְצִיאָה כִּדְאָמַר הָכָא דאע"ג דִּכְתִיב וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ (וַיִּקְרָא ט״ז:י״ח) יוֹצֵא דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו כְּתַלְמִיד הַנִּפְטָר מֵרַבּוֹ:
"Il sort et s'en revient par le chemin de son entrée" : bien qu'une entrée faite à reculons ne porte pas le nom d'entrée -- comme il est dit au deuxième chapitre de Chevouot (17b) : celui qui pénètre dans une maison frappée de plaie (bait ha-menouga), même s'il y est entré tout entier sauf le nez, reste pur ; puisqu'il a fallu le verset "et celui qui vient dans la maison" (Vayikra 14,46), c'est que la Torah n'a interdit que l'entrée faite à la manière d'une entrée -- une sortie à reculons porte bien, elle, le nom de sortie, comme on le dit ici : bien qu'il soit écrit "et il sortira vers l'autel" (Vayikra 16,18), il sort à reculons, comme le disciple qui prend congé de son maître.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Et lorsque vint le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaira, on fait descendre le Cohen gadol vers le lieu d'immersion. (f. 30a) Et l'on étendit un drap de bouts (lin) entre lui et le peuple. (f. 31b) Et afin qu'il sache que le service du jour se fait en vêtements de bouts, on étendit un drap de bouts. (f. 30a) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre au jour : tous les matins déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit, et il sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec un pichet d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch au moment de se dévêtir, puisqu'il ôtait des vêtements profanes -- et nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, un pour le dévêtir et un pour le revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (metsaref) et soit interdit au titre de make bepatich -- lequel est l'achèvement du travail du fer, sa mise en forme -- puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est là qu'une chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (f. 31b) Ensuite il abattit le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et accomplit tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or, avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat hanérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Ensuite il vint au Beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de bouts entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergea, remonta, s'essuya, et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit maneh, ou plus, ou moins -- pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et l'ensemble des deux doit valoir trente maneh ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit maneh et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que le total des deux fasse trente maneh. Cela vaut de ce qui provient du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Et il vint auprès de son taureau, lequel se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace situé entre le Oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) Et l'on disposait la tête du taureau de sorte que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas tout droit, la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne dépose des excréments, ce qui serait une indignité envers l'autel. Et le cohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, pose ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : de grâce, ô Nom, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) -- selon les Sages. Le premier viddouy ne portait que sur lui et les gens de sa maison : de grâce, ô Nom, expie donc les fautes, etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit qu'à la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ana beChem, avec un beit. (f. 37a) Et il vint à l'est de la azara pour tirer au sort, car il faut seulement que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (f. 62a) Et il y avait là deux boucs identiques d'aspect et de taille, dont l'acquisition se faisait d'un seul coup -- tout cela n'étant pas indispensable mais relevant seulement de la mitsva. (f. 39a) Et il y avait là une kalpi [de bois, contenant les deux mains], où se trouvaient deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; ils sont valides en toute matière. Il agite ses mains dans la kalpi de manière à ne pouvoir viser lequel est laChem et lequel laAzazel, et il remonta dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de Chem monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta droite ; et s'il monta dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui dit : lève ta gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : laChem, hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel monta dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'empêche pas. (f. 41b) Il noua un fil d'écarlate [du poids de deux selaim] à la tête du bouc envoyé et le plaça à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni au bouc envoyé ni aux autres boucs. Et dans [le piyout] Ata Konanta il est écrit que même le bouc de Chem, on le place face au lieu de son abattage -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que cela se rapporte au nouage. Et il vint auprès du second taureau et confessa sur lui et sur ses frères les cohanim ; car il faut que vienne l'innocent et qu'il expie pour le coupable -- c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'abattit, recueillit son sang dans un mizrak et le remit à celui qui le brassait (memares), afin qu'il ne se coagule pas. Et le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du Heikhal vers l'extérieur. Et il prit un encensoir d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche parvenant sous son bras afin que son bras le soutienne. Et il avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entendait le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique un étui qu'il avait, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il chauffe à cause des braises. Et il monte au milieu de l'autel, ratisse un plein encensoir de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et le pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) Et on lui sortit un encensoir plein d'encens que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, afin qu'il soit le plus fin du fin ; et il en prit une pleine poignée, à la mesure de ses propres mains, (f. 48a) ni rasée ni comblée, mais bombée. Et il le versa de ses mains dans une cuiller (kaf), prit dans sa droite l'encensoir où étaient les braises et dans sa gauche la cuiller d'encens. (f. 51b) Et il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à parvenir aux deux parokhot qui séparent le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la amma teraksin qui existait dans le premier Temple. Et l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de mahloket suivie d'une michna anonyme (setam) enseignée après la mahloket : (f. 52b) l'extérieure est repliée au sud. Et en outre Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut apporter de preuve de cette michna (f. 58b) : il commença à asperger et descendit -- d'où commençait-il ? De l'angle nord-est ; et Rachi explique qu'il tient que l'ouverture était au nord. Or même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, et Rabbi Akiva le contredit dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (f. 52b) Et il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes pour ne pas brûler la parokhet. Parvenu au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marcha jusqu'à se trouver face à l'arche, et déposa l'encensoir de feu entre les deux barres. (f. 53b) Et après que l'arche eut été cachée, il le posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Et il prit à pleines mains l'encens qui était dans la cuiller et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Et il veillait à ne pas mettre l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, afin de réfuter la thèse des Tsedoukim, qui disent qu'il le met dans le Heikhal et entre dans la nuée de la fumée de l'encens. (f. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras se brûlerait. Et la maison se remplit de fumée ; il y déposa la cuiller et l'encensoir et sortit par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans Ata Konanta il est écrit qu'il ferma les yeux et sortit ; or cela ne figure pas dans la guemara -- au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été cachée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; une fois l'arche cachée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait une courte prière dans le Heikhal, pour que l'année soit comme il convient. Et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Et il prit le sang des mains de celui qui le brassait, entra dans le lieu le plus intérieur, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kapporet. Et il n'est pas nécessaire qu'il atteigne le kapporet, mais [qu'il asperge] comme celui qui fouette (kematslif). Et Rachi explique : dans l'ordre, une en haut et sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle du haut il inclinait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il inclinait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et ainsi comptait-il : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Heikhal. Et il abattit le bouc et fit de son sang à l'intérieur comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Et il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Heikhal. Et il prit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé, et en aspergea face à toute la parokhet, à l'endroit qui vise l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; et ensuite du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Et ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Et il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donna quatre applications sur ses quatre cornes ; et il se tenait à l'angle sud-est et donnait, comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture est au sud -- de sorte qu'il rencontrait [d'abord] l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, [puis] sud-ouest, ouest-nord, nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; et Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une beraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; et en outre Rabbi Elazar tient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il acheva l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod (fondation) ouest de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services, tant ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur ; mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas besoin de s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, mais seulement lors de ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait. Et si, dans le Heikhal, il a fait précéder le sang du bouc à celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé à celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli comme il faut les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel ; et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu -- les restes (cheyarim) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa loi si meurt son compagnon, celui qui est envoyé : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Trois détails tiennent tout le passage. D'abord la mahta est déposée entre les barres, et non sur l'Aron : la guemara reviendra sur ce mot. Ensuite il sort par le chemin de son entrée, c'est-à-dire à reculons, le visage toujours tourné vers l'Aron -- Tossefot y voit l'attitude du disciple qui prend congé de son maître.

Enfin la prière est brève, et la michna dit pourquoi : pour ne pas effrayer Israël. Le peuple attend dehors ; un Cohen Gadol qui tarde dans le Saint des Saints, c'est un Cohen Gadol qu'on imagine mort. La halakha intègre ici l'angoisse de la foule comme un facteur de la liturgie.

10
גְּמ׳ בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵּימָא בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, מִי הָווּ פָּרֹוכֶת? אֶלָּא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, מִי הֲוָה אָרוֹן?

GUEMARA. De quoi traitons-nous ?

Si l'on dit : du premier Sanctuaire -- y avait-il donc des tentures ? Mais si l'on dit : du second Sanctuaire -- y avait-il donc un Aron ?

📜 Rachi (1)
גְּמ' מִי הָווּ פָּרֹוכֶת אַמָּה טְרַקְסִין הֲוָה:
GUEMARA. "Y avait-il donc des tentures ?" : c'était l'ama traksin (une cloison d'une coudée).
💡 Explication

La guemara prend la michna en tenaille. Les deux époques du Temple sont mutuellement exclusives pour ce texte : le premier Temple avait l'ama traksin, une cloison de pierre, et non deux tentures ; le second avait bien deux tentures, mais plus d'Aron.

Or la michna parle des deux à la fois. C'est cette contradiction qui va ouvrir la longue digression sur la gueniza de l'Aron.

11
וְהַתַּנְיָא: מִשֶּׁנִּגְנַז אָרוֹן — נִגְנְזָה עִמּוֹ צִנְצֶנֶת הַמָּן, וּצְלוֹחִית שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, וּמַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן וּשְׁקֵדֶיהָ וּפְרָחֶיהָ, וְאַרְגַּז שֶׁשִּׁגְּרוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לֵא-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּכְלֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הֲשֵׁיבֹותֶם לוֹ אָשָׁם תָּשִׂימוּ בָאַרְגַּז מִצִּדּוֹ וְשִׁלַּחְתֶּם אֹותוֹ וְהָלָךְ״.

Or n'a-t-on pas enseigné : lorsque l'Aron fut enfoui, furent enfouis avec lui la fiole de manne, le flacon de l'huile d'onction, le bâton d'Aharon avec ses amandes et ses fleurs, et le coffre (argaz) que les Pelichtim avaient envoyé en présent au Dieu d'Israël, ainsi qu'il est dit : "et les objets d'or que vous lui rendez en (offrande de) faute, vous les mettrez dans un coffre à son côté, et vous l'enverrez, et il s'en ira" ?

📜 Rachi (1)
תָּשִׂימוּ בְּאַרְגָּז מִצִּדּוֹ אַלְמָא גַּבֵּי אָרוֹן הֲוָה קָאֵי וּמִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דְּעִמּוֹ נִגְנַז:
"Vous les mettrez dans un coffre à son côté" : cela montre qu'il se tenait auprès de l'Aron, et il s'ensuit de soi-même qu'il fut enfoui avec lui.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וְאַרְגַּז שֶׁשָּׁלְחוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לָהּ' אֱלֹקִי יִשְׂרָאֵל. הַדָּבָר יִפָּלֵא וַהֲלֹא בְּאַרְגָּז הִנִּיחוּ צוּרוֹת עַכְבָּרִים וְצוּרוֹת טְחוֹרִים שֶׁל זָהָב וְאֵיךְ יַנִּיחוּ יִשְׂרָאֵל צוּרוֹת מְאוּסוֹת כְּאִלּוּ בְּצַד אֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ וְיַכְנִיסוּם לְבֵית קֹודֶשׁ קֳדָשִׁים? וְהָיָה צָרִיךְ לְהַעֲבִירָם תֶּכֶף וּמִיָּד כְּשֶׁבָּא לָהֶם אֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּוַדַּאי אוֹתָם עַכְבָּרִים וּטְחוֹרִים הֱסִירוּם תֶּכֶף וּמִיָּד אַךְ בָּאָרוֹן הָיָה דַּף בּוֹלֵט שֶׁעָלָיו מֻונָּח סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁכָּתַב מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְכַאֲשֶׁר הוֹצִיאוּ הָאָרוֹן לַמִּלְחָמָה הֱסִירוֹ הַסֵּפֶר תּוֹרָה מֵעַל דַּף הַבּוֹלֵט, וְהַפְּלִשְׁתִּים עָשׂוּ אַרְגָּז שֶׁל זָהָב וְהִנִּיחוּ בְּתוֹכוֹ צוּרוֹת עַכְבָּרִים וּטְחוֹרִים, וּבְעֵת שֶׁבָּא הָאָרוֹן אֵצֶל יִשְׂרָאֵל הֱסִירוֹ עַכְבְּרֵי הַזָּהָב מִשָּׁם וְנִשְׁאַר אַרְגָּז הַזָּהָב רֵיקָן שֶׁקָּבְעוּ אוֹתוֹ פְּלִשְׁתִּים עַל גַּבֵּי דַּף הַבּוֹלֵט בָּאָרוֹן, וְעַתָּה הִנִּיחוּ סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁכָּתַב מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה בְּתוֹךְ הָאַרְגָּז הַזָּהָב הַהוּא. וְהָא דְּלָא הֱסִירוֹ גַּם הָאַרְגָּז מִשָּׁם נִרְאֶה דְּעָשׂוּ כֵּן עַל פִּי רוּחַ הַקֹּודֶשׁ שֶׁרָצָה הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ שֶׁיִּשָּׁאֵר הָאַרְגָּז שֶׁעָשׂוּ פְּלִשְׁתִּים שָׁם כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה זֵכֶר לְדוֹרוֹת עוֹלָם הַדָּבָר אֲשֶׁר קָרָה לַאֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ בְּהוֹצִיאָם אוֹתוֹ לַמִּלְחָמָה שֶׁאָז מֵעַתָּה וּמֵעַכְשָׁיו יִהְיוּ נִזְהָרִים בְּכָךְ שֶׁלֹּא יוֹצִיאוּ עוֹד הָאָרוֹן מִמְּקוֹמוֹ כְּלָל.
"Et le coffre (argaz) que les Pelichtim envoyèrent en présent à Hachem, Dieu d'Israël." La chose étonne : n'avaient-ils pas déposé dans ce coffre des figures de souris et des figures de tumeurs en or -- et comment Israël aurait-il placé de telles figures répugnantes à côté de l'Aron saint et les aurait-il introduites dans le Saint des Saints ? Il aurait fallu les faire disparaître sur-le-champ, dès que l'Aron saint leur revint ! Et il me semble avec l'aide du Ciel que ces souris et ces tumeurs, assurément, on les ôta sur-le-champ ; mais il y avait dans l'Aron une planchette en saillie sur laquelle reposait le sefer Torah qu'écrivit Moche notre maître, la paix soit sur lui. Lorsqu'on sortit l'Aron pour la guerre, on ôta le sefer Torah de cette planchette en saillie ; les Pelichtim firent un coffre d'or et y déposèrent les figures de souris et de tumeurs ; et lorsque l'Aron revint auprès d'Israël, on ôta de là les souris d'or, et il resta le coffre d'or vide, que les Pelichtim avaient fixé sur la planchette en saillie de l'Aron -- et l'on déposa alors dans ce coffre d'or le sefer Torah qu'écrivit Moche notre maître, la paix soit sur lui. Et si l'on n'a pas ôté de là le coffre lui aussi, il semble qu'on ait agi ainsi par roua'h ha-kodech (esprit de sainteté) : le Nom béni voulait que demeurât là le coffre qu'avaient fait les Pelichtim, afin qu'il fut un souvenir pour les générations du monde de ce qui était arrivé à l'Aron saint lorsqu'on l'avait sorti pour la guerre -- de sorte que désormais on prit garde à ne plus jamais sortir l'Aron de sa place.
אֵלּוּ חֲמִשָּׁה דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ בֵּין מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן לְמִקְדָּשׁ שֵׁנִי וְכוּ'.. הִקְשָׁה הֲרִיטֵּב " א זַ"ל אַמַּאי לָא חֲשִׁיב שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה אֵינוֹ נוֹגֵעַ חֶסְרוֹנוֹ לְיִשְׂרָאֵל כִּי אֵין בּוֹ צֹורֶךְ אֶלָּא רַק לְמֶלֶךְ שֶׁהוּא מִתְכַּבֵּד יוֹתֵר בִּמְשִׁיחָתוֹ בּוֹ מַה שֶׁאֵין כֵּן כָּל הָנֵי חֲמִשָּׁה חֶסְרוֹנָם נוֹגֵעַ לְכָל יִשְׂרָאֵל שֶׁכֻּולָּם מִתְכַּבְּדִים בָּהֶם. אַךְ הָרִיטְבָ"א זַ"ל תֵּירֵץ לְקֻושְׁיָתוֹ הַנִּזְכָּר מִפְּנֵי שֶׁשֶּׁמֶן הַמִּשְׁחָה אַף בְּבַיִת רִאשׁוֹן לֹא הָיָה תָּמִיד שֶׁכְּבָר נִגְנַז בִּימֵי יֹאשִׁיָּהוּ עַד כָּאן. וְכָתַב הַגָּאוֹן חִיֵּד " א זַ"ל בְּפֶתַח עֵינַיִים מִפִּי הַשְּׁמוּעָה קֻושְׁיָא עֲצוּמָה עַל הָרִיטְבָ"א זַ"ל דְּהָא אָמְרוּ בְּפֶרֶק הוֹצִיאוּ לוֹ (יוֹמָא נב:) דְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה נִגְנַז עִם הָאָרוֹן בְּיַחַד וְכֵיוָן דַּחֲשִׁיב אָרוֹן יֹאמַר גַּם כֵּן שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְכָתַב עַל זֶה שֶׁהִיא תְּמִיהָה קַיֶּימֶת יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהָאָרוֹן בְּעֵת שֶׁנִּגְנַז בְּבַיִת רִאשׁוֹן בִּימֵי יֹאשִׁיָּהוּ לָא חֲשִׁיב נֶחְסַר מִן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ יַעַן כִּי הוּא נִגְנַז בְּאַחַת הַלְּשָׁכוֹת בְּתוֹךְ בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְלֹא יָצָא מִבֵּית הַמִּקְדָּשׁ, וְאוֹתָם שֶׁגָּנְזוּ אוֹתוֹ הֵם יוֹדְעִים בְּאֵיזֶה מָקוֹם הוּא מֻונָּח וְלָכֵן אֵין זֶה חֲשִׁיב חִסָּרוֹן בִּזְמַן בַּיִת רִאשׁוֹן דְּמַה לִי מֻונָּח בְּבֵית קֹודֶשׁ קֳדָשִׁים מַה לִי מֻונָּח בְּאַחַת הַלְּשָׁכוֹת הִנֵּה שְׁתֵּי מְקוֹמוֹת אֵלּוּ בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ, וְכֵיוָן דְּיוֹדְעִים בְּאֵיזֶה מָקוֹם מֻונָּח הֲרֵי הֵם יְכוֹלִים לְהוֹצִיאוֹ מִמָּקוֹם הַשֵּׁנִי וּלְהַחֲזִירוֹ לְבֵית קֹודֶשׁ קֳדָשִׁים אִם יִרְצוּ וְכָל הָרָאוּי לְבִילָּה אֵין בִּילָּה מְעַכֶּבֶת (מְנָחוֹת קג:) וַהֲרֵי הוּא כְּאִלּוּ מֻונָּח בְּקוֹדֶשׁ קָדָשִׁים וְאֵין זֶה חֲשִׁיב חִסָּרוֹן, אַךְ בְּבַיִת שֵׁנִי דְּאוֹתָם שֶׁהָיוּ יוֹדְעִין מְקוֹמוֹ נִפְטְרוּ וְאוֹתָם שֶׁעָלוּ בְּבַיִת שֵׁנִי לֹא הָיוּ יוֹדְעִים הֵיכָן הוּא מֻונָּח דְּאִי אֶפְשָׁר לְהַחֲזִירוֹ לִמְקוֹמוֹ נֶחְשָׁב זֶה חִסָּרוֹן בְּבַיִת שֵׁנִי גַּבֵּי הָאָרוֹן, אָמְנָם שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה שֶׁנִּגְנַז בִּזְמַן שֶׁהָיָה בַּיִת רִאשׁוֹן אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ שֶׁהֵם יוֹדְעִים בְּאֵיזֶה מָקוֹם נִגְנַז עִם כָּל זֶה כֵּיוָן שֶׁהֻוצְרְכוּ אֵלָיו לִמְשֹׁוחַ בּוֹ אֶת יְהוֹאָחָז מִפְּנֵי מַחֲלֹוקֶת שֶׁל יְהוֹיָקִים וְלֹא יָכְלוּ לְגַלּוֹתוֹ וְלַהֲבִיאוֹ לַעֲשׂוֹת בּוֹ מְלַאכְתּוֹ הַמְיֻוחֶדֶת לוֹ נִרְגָּשׁ חֶסְרוֹנוֹ וְנִיכָּר, וּלְהָכִי גַּם בְּבַיִת רִאשׁוֹן נֶחְשְׁבָה גְּנִיזָתוֹ חִסָּרוֹן כֵּיוָן שֶׁהוּא עִנְיָינוֹ לִמְשֹׁוחַ בּוֹ וּכְשֶׁהֻוצְרְכוּ אֵלָיו לֹא נִמְצָא בְּיָדָם וְהֻוכְרְחוּ לִמְשֹׁוחַ יְהוֹאָחָז בְּאֶפְרַסְמוֹנָא דַּכְיָא וְכַנִּזְכָּר בְּהוֹרָיוֹת (הוֹרָיוֹת יב.) וּלְהָכִי לָא חָשֵׁיב לֵיהּ בַּהֲדֵי חֲמִשָּׁה שֶׁלֹּא נִרְגָּשׁ חֶסְרוֹנָם בְּבַיִת רִאשׁוֹן גַּם בְּסוֹפוֹ. וְאַף עַל גַּב דְּאִם הָיָה גַּם כֵּן מָצוּי אֶצְלָם שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה אֶפְשָׁר לֹא הָיוּ מוֹשְׁחִין בּוֹ אֶת יְהוֹאָחָז עִם כָּל זֶה חֲשִׁיב חִסָּרוֹן כֵּיוָן שֶׁהֻוצְרְכוּ אֵלָיו וְלֹא נִמְצָא גָּלוּי בְּיָדָם. נִמְצָא בַּיִת רִאשׁוֹן שֶׁבָּנָה שְׁלֹמֹה הַמֶּלֶךְ ע"ה הָיָה שָׁלֵם בַּחֲמִשָּׁה דְּבָרִים וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּנִרְמְזָה מַעֲלָה זוֹ בְּשֵׁם שְׁלֹמֹה שֶׁהוּא שָׁלֵם ה '. וְנִרְאֶה לִי לָכֵן נֶאֱמַר עַל שְׁלֹמֹה הַמֶּלֶךְ ע"ה (מְלָכִים א' ה, יב) 'וַיְהִי שִׁירוֹ חֲמִשָּׁה וְאֶלֶף' דְּמִסֵּפֶר הָאָלֶף כִּיוֵּן בּוֹ לְאוֹמְרוֹ כְּנֶגֶד בֵּית הַמִּקְדָּשׁ עַצְמוֹ דְּעָלָיו נֶאֱמַר (שִׁיר הַשִּׁירִים ד, ד) 'בָּנוּי לְתַלְפִּיּוֹת אֶלֶף הַמָּגֵן תָּלוּי עָלָיו' וּמִסְפַּר הַחֲמִשָּׁה הַנּוֹתָרִים עַל אֶלֶף הֵם כְּנֶגֶד חֲמִשָּׁה יִתְרוֹנוֹת הַנִּזְכָּרִים שֶׁהָיָה יֶתֶר בַּיִת רִאשׁוֹן. וּמַה שֶׁאָמַר שֶׁנֶּחְסַר הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה אֵין כַּוָּנָתוֹ לוֹמַר שֶׁלֹּא הָיָה הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה כְּלָל דְּזֶה אִי אֶפְשָׁר דַּאֲפִילּוּ בְּחֻרְבָּן לֹא זָזָה שְׁכִינָה מִכֹּותֶל מַעֲרָבִי (מִדְרַשׁ רַבָּה שְׁמוֹת ב, ב) , אַךְ בֶּאֱמֶת בְּהַשְׁרָאַת אוֹר שְׁכִינָה יֵשׁ כַּמָּה הַדְרָגוֹת וְאוֹתָהּ הַמַּדְרֵגָה שֶׁהָיְתָה בִּזְמַן בַּיִת רִאשׁוֹן לֹא הָיְתָה בְּבַיִת שֵׁנִי, וְכֵן תִּמְצָא גַּם כֵּן בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ דְּגַם הַנְּבוּאָה קָרֵי לָהּ בְּשֵׁם רוּחַ הַקֹּודֶשׁ וּמַדְרֵגַת הַנְּבוּאָה שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן לֹא הָיְתָה בְּבַיִת שֵׁנִי. אָמְרִי : [ אִין ] , מְהַוָּה הָווּ , סִיּוּעִי הוּא דְּלָא מְסַיְּעָא [כא:] וְנִרְאֶה לִי לְפִי זֶה מַה שֶׁאָמַר בִּזְבָחִים (זְבָחִים סא:) אֵשׁ שֶׁיָּרְדָה בִּימֵי שְׁלֹמֹה לֹא נִסְתַּלְּקָה עַד שֶׁבָּא מְנַשֶּׁה וְסִילְּקָהּ, אֵין הַכַּוָּנָה סִילְּקָהּ לְגַמְרֵי שֶׁנִּסְתַּלֵּק גּוּף הָאֵשׁ, אֶלָּא הַכַּוָּנָה נִסְתַּלֵּק כֹּחַ הַפְּעֻולָּה שֶׁלָּהּ כִּדְאָמַר הָכָא מְהַוָּה הָווּ סִיּוּעַי הוּא דְּלָא מְסַיְּעָא דְּכֵן הָיָה לָהּ גַּם בְּבַיִת רִאשׁוֹן מִזְּמַן מְנַשֶּׁה עַד חֻרְבַּן הַבַּיִת. וְעַל חֶסְרוֹן אוּרִים וְתֻמִּים עַיֵּין פֶּתַח עֵינַיִם בְּשֵׁם הָרַמְבַּ"ם דְּנִכְתְּבוּ עַל יְדֵי שָׁמַיִם, וְהִקְשָׁה וַהֲלֹא אָמְרוּ בַּגְּמָרָא שֶׁהָיוּ כְּתוּבִים עַל יְדֵי הַשָּׁמִיר? יְעֻויַּן שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאַף עַל גַּב דְּהָיָה עַל יְדֵי הַשָּׁמִיר הָיוּ צְרִיכִין לְמַעֲשֵׂה נֵס מִן הַשָּׁמַיִם כִּי הַשָּׁמִיר טִבְעוֹ וּסְגֻולָּתוֹ לְשַׁבֵּר מֵעֵבֶר לְעֵבֶר וְאֵינוֹ חוֹקֵק מְעַט כְּמוֹ כְּתִיבָה וּמַה שֶׁהָיָה חֲקִיקָה בְּדֶרֶךְ כְּתִיבָה הָיָה בְּדֶרֶךְ נֵס וּמַעֲשֵׂה שָׁמַיִם מִקְּרֵי. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בְּלָאו הָכִי פְּעֻולַּת הַשָּׁמִיר עַצְמָהּ נִקְרֵאית בִּידֵי שָׁמַיִם כֵּיוָן שֶׁהִיא פְּעֻולָּה סְגֻולִּיִּית דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שׂוֹרְטִין תְּחִילָּה וּמַרְאִין לָהֶם אֶת הַשָּׁמִיר וְהֵם נִבְקָעִין מֵאֲלֵיהֶן, נִמְצָא הוּא מַעֲשֶׂה סוּגְלִיי וְאֵינוֹ טִבְעִי וְכָל מַעֲשֶׂה סוּגְלִיי נִקְרָא בִּידֵי שָׁמַיִם. וּמַה שֶׁאָמַר 'שֵׁשׁ אַשְׁוַת הֵן' נִרְאֶה לִי בס"ד אֵשׁ רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ש ש א שְׁוָת.
"Ces cinq choses qui séparent le premier Sanctuaire du second, etc." Le Ritva, de mémoire bénie, a objecté : pourquoi n'a-t-on pas compté aussi l'huile d'onction ? Vois-y. Et il me semble avec l'aide du Ciel que le manque de l'huile d'onction ne touche pas Israël, car elle n'est nécessaire qu'au roi, qui se trouve davantage honoré d'en être oint ; tandis que ces cinq-là, leur manque touche tout Israël, puisque tous en sont honorés. Mais le Ritva, de mémoire bénie, a répondu à l'objection rapportée : parce que l'huile d'onction, même sous le premier Temple, n'était déjà plus là en permanence, ayant été enfouie aux jours de Yochiyahou. Fin de citation. Et le gaon le Hida, de mémoire bénie, a écrit dans Petah Einayim, au nom de la tradition orale, une objection considérable contre le Ritva : n'a-t-on pas dit au chapitre Hotsiou Lo (Yoma 52b) que l'huile d'onction fut enfouie avec l'Aron en même temps ? Et puisqu'on compte l'Aron, qu'on compte aussi l'huile d'onction ! Et il écrit là-dessus que l'étonnement demeure entier. Vois-y. Et il me semble avec l'aide du Ciel que l'Aron, au moment où il fut enfoui sous le premier Temple aux jours de Yochiyahou, n'est pas tenu pour avoir manqué au Sanctuaire, puisqu'il fut enfoui dans l'une des chambres à l'intérieur même du Sanctuaire et ne sortit pas du Sanctuaire, et que ceux qui l'ont enfoui savaient en quel lieu il était déposé. Ce n'est donc pas là un manque au temps du premier Temple : que m'importe qu'il soit déposé dans le Saint des Saints ou déposé dans l'une des chambres -- voici deux lieux qui sont dans le Sanctuaire ; et puisqu'on savait en quel lieu il était déposé, on pouvait l'extraire du second lieu et le rendre au Saint des Saints si on le voulait, et "tout ce qui est apte au mélange, le mélange n'y est pas indispensable" (Menahot 103b) : c'est donc comme s'il était déposé dans le Saint des Saints, et cela ne compte pas pour un manque. Mais sous le second Temple, ceux qui connaissaient son emplacement étaient morts, et ceux qui montèrent au second Temple ne savaient pas où il était déposé ; comme il était impossible de le rendre à sa place, cela compte pour un manque du second Temple quant à l'Aron. En revanche l'huile d'onction, qui fut enfouie au temps où le premier Temple existait : bien que certains sussent en quel lieu elle avait été enfouie, puisqu'on en eut besoin pour oindre Yehoahaz à cause de la contestation de Yehoyakim et qu'on ne put ni la mettre au jour ni l'apporter pour accomplir l'office qui lui est propre, son manque s'est fait sentir et s'est vu. C'est pourquoi, même sous le premier Temple, son enfouissement est tenu pour un manque, puisque sa raison d'être est qu'on en oigne, et que lorsqu'on en eut besoin elle ne se trouva pas entre leurs mains et qu'il fallut oindre Yehoahaz avec de l'afarsemona dakhia (baume pur), comme il est rapporté dans Horayot (12a). C'est pourquoi on ne l'a pas comptée parmi les cinq, dont le manque ne s'est pas fait sentir sous le premier Temple, même à sa fin. Et bien que, si l'huile d'onction s'était trouvée entre leurs mains, il est possible qu'on n'aurait quand même pas oint Yehoahaz -- cela compte tout de même pour un manque, puisqu'on en a eu besoin et qu'elle ne s'est pas trouvée au jour entre leurs mains. Il se trouve ainsi que le premier Temple, que bâtit le roi Chelomo, la paix soit sur lui, était complet en cinq choses ; et il me semble avec l'aide du Ciel que cette qualité est allusionnée dans le nom Chelomo, qui est "chalem heh" (complet en cinq). Et il me semble que c'est pour cela qu'il est dit du roi Chelomo, la paix soit sur lui (I Rois 5,12) : "et son cantique fut de cinq et mille" -- par le nombre mille il visait le Sanctuaire lui-même, dont il est dit (Chir ha-Chirim 4,4) "bâti pour les trophées, mille boucliers y sont suspendus" ; et le nombre cinq qui reste au-delà du mille correspond aux cinq supériorités mentionnées, par lesquelles le premier Temple était en plus. Et ce qu'on dit, que manqua la résidence de la Chekhina, n'entend pas dire qu'il n'y eut aucune résidence de la Chekhina -- cela est impossible, car même lors de la destruction la Chekhina n'a pas bougé du mur occidental (Chemot Rabba 2,2) ; mais en vérité, dans la résidence de la lumière de la Chekhina il y a plusieurs degrés, et le degré qui fut au temps du premier Temple ne fut pas sous le second. Et tu trouveras de même pour le roua'h ha-kodech : car la prophétie elle aussi est appelée roua'h ha-kodech, et le degré de prophétie qui fut sous le premier Temple ne fut pas sous le second. "Ils dirent : (oui), elle était bien là, c'est seulement qu'elle n'aidait pas" (21b). Il me semble d'après cela que ce qui est dit dans Zevahim (61b) -- que le feu descendu aux jours de Chelomo ne se retira pas jusqu'à ce que vint Menache et le retira -- ne veut pas dire qu'il le retira entièrement, que le corps du feu se soit retiré, mais que se retira la force de son action, comme on le dit ici : "elle était bien là, c'est seulement qu'elle n'aidait pas" ; car il en fut ainsi pour elle déjà sous le premier Temple, depuis le temps de Menache jusqu'à la destruction. Et sur le manque des Ourim ve-Toumim, vois le Petah Einayim au nom du Rambam : ils furent écrits par le Ciel ; et il objecte : n'a-t-on pas dit dans la guemara qu'ils étaient écrits au moyen du chamir ? Vois-y. Et il me semble avec l'aide du Ciel que, même si ce fut au moyen du chamir, il y fallait un acte miraculeux du Ciel : car la nature et la vertu du chamir sont de fendre de part en part et non de graver légèrement à la manière d'une écriture ; et le fait que la gravure se soit faite à la manière d'une écriture était par miracle, ce qui s'appelle acte du Ciel. Et il me semble encore que, sans même cela, l'action du chamir elle-même s'appelle "par le Ciel", puisqu'elle est une action de vertu occulte (segoulit) : nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'on traçait d'abord un sillon et qu'on leur montrait le chamir, et (les pierres) se fendaient d'elles-mêmes ; c'est donc une action de vertu occulte et non naturelle, et toute action de vertu occulte s'appelle "par le Ciel". Et quant à ce qui est dit "il y a six feux" (chech achot), il me semble avec l'aide du Ciel que le mot ech (feu) en est l'acronyme : les initiales de "chech achot".
💡 Explication

La baraita établit que l'Aron n'était déjà plus là à la fin du premier Temple : il fut enfoui (nignaz), et avec lui les quatre objets qui l'accompagnaient. La preuve pour le coffre des Pelichtim vient du mot mi-tsido, "à son côté" : ce qui était à son côté à suivi son sort.

12
וּמִי גְּנָזוֹ — יֹאשִׁיָּהוּ גְּנָזוֹ. מֶה רָאָה שֶׁגְּנָזוֹ? רָאָה שֶׁכָּתוּב: ״יוֹלֵךְ ה׳ אֹותְךָ וְאֶת מַלְכְּךָ אֲשֶׁר תָּקִים עָלֶיךָ״, עָמַד וְגָנְזוּ.

Et qui l'a enfoui ? C'est Yochiyahou qui l'a enfoui.

Qu'a-t-il vu pour l'enfouir ? Il a vu qu'il est écrit : "Hachem te mènera, toi et ton roi que tu auras établi sur toi (vers une nation que tu n'as pas connue)" -- il se leva et l'enfouit.

📜 Rachi (1)
יוֹלֵךְ ה' אוֹתְךָ וְדָאַג שֶׁמָּא יְגַלֶּה לְבָבֶל:
"Hachem te mènera" : et il craignit qu'(l'Aron) ne parte en exil à Babel.
13
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר לַלְוִיִּם הַמְּבִינִים לְכָל יִשְׂרָאֵל הַקְּדוֹשִׁים לַה׳ תְּנוּ אֶת אֲרוֹן הַקֹּודֶשׁ בַּבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה בֶן דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל אֵין לָכֶם מַשָּׂא בַּכָּתֵף עַתָּה עִבְדוּ אֶת ה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם וְאֵת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״.

Ainsi qu'il est dit : "et il dit aux Leviim, qui enseignaient tout Israël, les saints d'Hachem : déposez l'Aron saint dans la Maison qu'a bâtie Chelomo fils de David, roi d'Israël ; vous n'avez plus de fardeau sur l'épaule ; maintenant, servez Hachem votre Dieu et son peuple Israël".

📜 Rachi (1)
תְּנוּ אֶת אֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ בַּבַּיִת וְהָא הָתָם קָאֵי אֶלָּא גְּנִיזָה הִיא:
"Déposez l'Aron saint dans la Maison" : or il s'y trouvait déjà ! C'est donc qu'il s'agit d'un enfouissement (gueniza).
💡 Explication

Le verset (I Chroniques 35,3) est la preuve textuelle. Rachi en dégage la force : ordonner de "déposer l'Aron dans la Maison" n'a aucun sens s'il s'y trouve déjà -- il y est. Donc l'ordre porte sur autre chose : le déposer, c'est-à-dire l'enfouir. Et la phrase qui suit le confirme -- "vous n'avez plus de fardeau sur l'épaule" : les Leviim ne le porteront plus jamais.

14
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״שְׁמָהּ״ ״שְׁמָהּ״, וְאָתְיָא ״דּוֹרוֹת״ ״דּוֹרוֹת״.

Et Rabbi Elazar a dit : cela se déduit par (guezera chava) "chama" -- "chama", et cela se déduit par "dorot" -- "dorot".

📜 Rachi (2)
אָתְיָא שְׁמָהּ שְׁמָהּ וְכוּ' כְּתִיב בָּאָרוֹן אֲשֶׁר אִוָּעֵד לְךָ שָׁמָּה (שְׁמוֹת ל׳:ו׳) וּכְתִיב בְּצִנְצֶנֶת הַמָּן וְתֶן שָׁמָּה מְלֹא הָעֹומֶר (שָׁם טז.) וְאָתְיָא צְלוֹחִית מִצִּנְצֶנֶת הַמָּן:
"Cela se déduit par chama -- chama, etc." : il est écrit à propos de l'Aron "où je te rencontrerai là-bas (chama)" (Chemot 30,6), et il est écrit à propos de la fiole de manne "et mets-y là-bas (chama) un omer plein" (ibid. 16) ; et le flacon (d'huile) se déduit de la fiole de manne.
דּוֹרוֹת דּוֹרוֹת כְּתִיב בְּצִנְצֶנֶת לְמִשְׁמֶרֶת לְדֹורֹותֵיכֶם (שָׁם) וּכְתִיב בִּצְלוֹחִית שֶׁמֶן מִשְׁחַת קֹודֶשׁ יִהְיֶה זֶה וְגוֹ' (שָׁם ל) וְאָתְיָא מַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן מִצִּנְצֶנֶת בִּמְשַׁמֶּרֶת מִשְׁמֶרֶת דִּכְתִיב בֵּיהּ לְמִשְׁמֶרֶת לְאוֹת לִבְנֵי מֶרִי (בַּמִּדְבָּר יז):
"Dorot -- dorot" : il est écrit à propos de la fiole "en garde pour vos générations (le-doroteikhem)" (ibid.), et il est écrit à propos du flacon "ce sera pour moi une huile d'onction sainte (pour vos générations)" (ibid. 30) ; et le bâton d'Aharon se déduit de la fiole par michmeret -- michmeret, puisqu'il est écrit à son sujet "en garde, comme signe pour les fils de rébellion" (Bamidbar 17).
💡 Explication

Comment savoir que les autres objets ont suivi l'Aron ? Non par le récit, qui n'en dit rien, mais par des guezerot chavot -- des mots identiques qui autorisent à transporter une loi d'un verset à l'autre. Le mot chama ("là-bas") relie l'Aron à la fiole de manne ; le mot dorot ("pour vos générations") relie la fiole de manne au flacon d'huile.

🖼️ Schéma
Ce qui fut enfoui avec l'Aron -- et par quel mot on le sait Rabbi Elazar ne raisonne pas par proximité mais par mots-crochets : chaque objet est accroché au précédent par une guezera chava. ARON enfoui par Yochiyahou tsintsenet ha-man la fiole de manne tselohit chemen huile d'onction makel Aharon avec amandes et fleurs argaz des Pelichtim le coffre-cadeau chama / chama là-bas / là-bas dorot / dorot michmeret / michmeret mi-tsido (à son côté) Si tout cela est enfoui depuis Yochiyahou, comment la michna peut-elle faire marcher le Cohen Gadol jusqu'à l'Aron sous le second Temple ?
La chaîne complète des mots-crochets, y compris le michmeret du segment suivant.
15
וְאָתְיָא ״מִשְׁמֶרֶת״ ״מְשַׁמֶּרֶת״.

Et cela se déduit par "michmeret" -- "michmeret".

16
לְעוֹלָם בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, וּמַאי ״הִגִּיעַ לָאָרוֹן״ — מְקוֹם אָרוֹן. וְהָא קָתָנֵי: נָתַן אֶת הַמַּחְתָּה לְבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים! אֵימָא: ״כְּבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים״.

En vérité, (la michna traite) du second Sanctuaire ; et que veut dire "il est parvenu à l'Aron" ? L'emplacement de l'Aron.

Mais n'a-t-on pas enseigné : "il place la mahta entre les deux barres" ! Dis plutôt : "comme entre les deux barres".

📜 Rachi (1)
כְּבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים כְּאִילּוּ הָיוּ שָׁם וְנוֹתְנָהּ בֵּינֵיהֶם:
"Comme entre les deux barres" : comme si elles s'y trouvaient, et il la dépose entre elles.
💡 Explication

La résolution est une relecture minimale : on ne change pas d'époque, on affaiblit deux expressions. "Parvenu à l'Aron" devient "parvenu à l'emplacement de l'Aron" ; "entre les deux barres" devient "comme entre les deux barres", c'est-à-dire à l'endroit où elles auraient été.

C'est la lecture qui coûte le moins : le Saint des Saints du second Temple était vide, mais sa géographie liturgique restait celle du premier. Le Cohen Gadol marchait vers un lieu, non vers un objet.

17
צָבַר אֶת הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. תְּנַן כְּמַאן דְּאָמַר צוֹבְרָהּ. תָּנֵי חֲדָא: צוֹבְרָהּ פְּנִימָה שֶׁהִיא חוּצָה לוֹ. וְתַנְיָא אִידָךְ: צוֹבְרָהּ חוּצָה שֶׁהִיא פְּנִימָה לוֹ.

"Il entassa l'encens sur les braises." Nous avons donc enseigné (dans la michna) comme celui qui dit : il l'entasse. On a enseigné dans une baraita : il l'entasse du côté du dedans, qui est pour lui le côté du dehors ; et on a enseigné dans une autre : il l'entasse du côté du dehors, qui est pour lui le côté du dedans.

📜 Rachi (3)
תְּנַן מַתְנֵי' כמ"ד בַּבָּרַייְתָא דִּלְעֵיל [יוֹמָא דַּף מט:] צוֹבְרָהּ כְּדֵי שֶׁיְּהֵא עֲשָׁנָהּ שׁוֹהֶה לָבֹא:
"Nous avons enseigné" : la michna est conforme à celui qui dit, dans la baraita citée plus haut (Yoma 49b), qu'il l'entasse -- afin que sa fumée tarde à venir.
תָּנֵי חֲדָא צוֹבְרָהּ פְּנִימָה שֶׁהִיא חוּצָה לוֹ מַתְחִיל לְצָובְרָהּ בְּרֹאשׁ הַמַּחְתָּה שֶׁל צַד פְּנִים שֶׁאוֹתוֹ רֹאשׁ הַמַּחְתָּה אֵינוֹ לְצַד יָדוֹ וְהוֹלֵךְ וּמוֹשֵׁךְ יָדוֹ אֵלָיו וְצוֹבֵר תָּמִיד בִּמְשִׁיכָה עַד רֹאשׁ הַמַּחְתָּה הַשֵּׁנִי אֲשֶׁר אֵצֶל בֵּית יָדָהּ:
"On a enseigné dans une baraita : il l'entasse du côté du dedans, qui est pour lui le côté du dehors" : il commence à l'entasser au bord de la mahta situé du côté du dedans -- ce bord de la mahta n'étant pas du côté de sa main -- et il ramène sa main vers lui, entassant continûment dans ce mouvement de traction jusqu'au second bord de la mahta, celui qui est près du manche.
וְתַנְיָא אִידָךְ מַתְחִיל לְצָובְרָהּ בָּרֹאשׁ הַפֹּונֶה חוּצָה לְצַד הַהֵיכָל שֶׁהִיא פְּנִימָה לוֹ בְּצַד גּוּפוֹ וְהוֹלֵךְ וְצוֹבֵר תָּמִיד הָלְאָה עַד רֹאשׁ הַמַּחְתָּה הַשֵּׁנִי:
"Et on a enseigné dans une autre" : il commence à l'entasser au bord tourné vers le dehors, du côté du Hekhal -- lequel est pour lui le côté du dedans, du côté de son corps -- et il va en entassant continûment vers l'avant jusqu'au second bord de la mahta.
💡 Explication

Deux gestes possibles avec le même encensoir. Le vocabulaire est déroutant parce qu'il superpose deux repères : le dedans/dehors du Sanctuaire (le dedans, c'est vers l'Aron) et le près/loin du Cohen (le bord de la mahta le plus proche de son corps est celui qui regarde le Hekhal).

D'où les deux formules jumelles : entasser penima (côté Aron) revient à entasser au bord éloigné de lui, puis à tirer le tas vers soi ; entasser houtsa (côté Hekhal) revient à entasser au bord collé à son corps, puis à pousser au loin.

🖼️ Schéma
Entasser l'encens : de quel bord de la mahta commence-t-on ? La mahta est tenue par un long manche ; le bras du Cohen est du côté droit du schéma. vers l'Aron vers le Cohen manche (bet yad) on tire le tas vers soi Avis 1 -- tsovera penima che-hi houtsa lo : le tas commence au bord intérieur, le plus éloigné de lui. La fumée monte loin du bras ; c'est l'avis qu'Abaye juge le plus vraisemblable, à cause de l'avertissement "prends garde". on pousse le tas au loin Avis 2 -- tsovera houtsa che-hi penima lo : le tas commence au bord extérieur, contre son corps -- la fumée monte aussitôt près du bras.
Les deux manières d'entasser l'encens dans la mahta, et le risque de brûlure qui les sépare.
18
אָמַר אַבַּיֵּי: תַּנָּאֵי הִיא. וְאָמַר אַבַּיֵּי: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר פְּנִימָה שֶׁהִיא חוּצָה לוֹ — דִּתְנַן, מְלַמְּדִין אוֹתוֹ: הִזָּהֵר

Abaye a dit : c'est une controverse de tanaim. Et Abaye a dit : il est raisonnable (de trancher) comme celui qui dit "du côté du dedans, qui est pour lui le côté du dehors" -- car nous avons enseigné : on l'instruisait (en lui disant) : prends garde

💡 Explication

Abaye fait deux choses. D'abord il refuse de concilier les deux baraitot : c'est une mahloket tanaim, il faut choisir. Ensuite il choisit, et sur un argument tiré de l'expérience : la michna enseignait qu'on avertissait le Cohen Gadol.

L'avertissement suppose un danger, et le danger n'existe que dans un des deux gestes -- celui où l'encens s'enflamme juste sous son bras. L'amoud se ferme sur le mot "prends garde" ; la suite de la phrase, et la conclusion, sont en 53a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).