Yoma 58b -- l'autel d'or et ses quatre cornes : par où commence-t-on, et pourquoi la corne rencontrée en premier n'est jamais la première servie (R. Akiva contre R. Yossi HaGelili)

Yoma 58b

Sougya : Le daf quitte le Saint des saints pour la dernière station du sang : l'autel d'or, une amah sur une amah, que la michna identifie à « l'autel qui est devant Hachem ». Elle y décrit l'ordre des quatre cornes (nord-est, nord-ouest, sud-ouest, sud-est), le sens du trait de sang -- de bas en haut partout sauf sur la corne qui fait face au kohen --, les sept aspersions sur le tohoro, puis le sort des restes de sang : yesod occidental pour les hatat intérieures, yesod méridional pour les extérieures, la amah, le Kidron, les jardiniers, et la me'ila si l'on en profite sans payer.

La guemara commence par deux baraitot symétriques de R. Nehemia qui fixent, à partir de deux mots apparemment superflus, où se tient le kohen quand il asperge vers le parokhet : en dedans de l'autel à Yom Kippour, en dehors pour le par hé'elem davar.

Vient ensuite la grande mahloket : R. Akiva fait commencer au sud-est et contourner par la gauche, R.

Yossi HaGelili au nord-est et par la droite, chacun ayant à l'esprit une architecture différente des parokhot. Tous s'accordent pourtant sur un point : la corne rencontrée en premier n'est jamais servie en premier, car « il sortira vers l'autel » veut dire : jusqu'à être sorti de tout l'autel (Chemouel).

Reste à comprendre pourquoi R. Akiva contredit la règle du tour par la droite de Rami bar Ye'hezkel -- et la réponse est un arbitrage entre deux principes : le verset l'oblige à différer la corne qu'il rencontre, ein maavirin al ha-mitsvot l'oblige à y revenir au plus vite.

Les quatre cornes de l'autel d'or : deux ordres de tournée Vue de dessus. Nord en haut, Est à droite. L'autel d'or fait une amah sur une amah ; le kohen gadol sort du Saint des saints, longe le parokhet, puis dépasse l'autel vers l'est. R. Akiva SE, puis SO, puis NO, puis NE -- il contourne par la GAUCHE autel d'or NO NE SO SE 1 2 3 4 kohen gadol face à l'ouest : sa droite = nord Il sort par le SUD (deux parokhot, l'extérieure ouverte au sud) : première corne rencontrée = SO -- interdite au départ. Il va donc jusqu'à SE, puis revient aussitôt sur SO : ein maavirin al ha-mitsvot (on ne passe pas outre une mitsva). R. Yossi HaGelili (= notre michna) NE, puis NO, puis SO, puis SE -- il contourne par la DROITE autel d'or NO NE SO SE 1 2 3 4 kohen gadol face à l'ouest : sa droite = nord Il sort par le NORD (un seul parokhet, ouvert au nord) : première corne rencontrée = NO -- interdite au départ. Il va jusqu'à NE, puis tourne par la droite : ainsi la règle de Rami bar Ye'hezkel est respectée de bout en bout. Point commun aux deux : la corne rencontrée en premier n'est JAMAIS servie en premier -- ve-yatsa el ha-mizbeah : jusqu'à être sorti de tout l'autel (Chemouel).
Les deux ordres de tournée des quatre cornes de l'autel d'or (R. Akiva / R. Yossi HaGelili) et la corne interdite au départ.
Où se tient le kohen quand il asperge vers le parokhet ? Deux services, deux places Coupe d'ouest en est. Le parokhet est à gauche (ouest), la sortie du Heikhal à droite (est). Les deux baraitot de R. Nehemia tiennent dans cet écart. Taureau et bouc de Yom Kippour Il asperge le parokhet EN DEDANS de l'autel (côté ouest) parokhet autel d'or kohen aspersions Derasha : ve-yatsa el ha-mizbeah -- il SORT vers l'autel. Donc jusque-là il était dedans, entre l'autel et le parokhet. Par hé'elem davar et par du kohen machiah Il asperge le parokhet EN DEHORS de l'autel (côté est) parokhet autel d'or kohen aspersions par-dessus l'autel Derasha : mizbah ketoret ha-samim LIFNEI HACHEM -- l'autel est devant Hachem, le kohen ne l'est pas : il reste dehors. Sans ces deux versets on aurait aligné un service sur l'autre. Chacun bloque l'analogie dans un sens.
Yom Kippour : le kohen asperge en dedans de l'autel ; par hé'elem davar : il asperge en dehors. Les deux derashot de R. Nehemia.
Le trajet des chirayim : du yesod au torrent du Kidron, et la question de la me'ila Deux versements distincts, un seul canal commun. La sainteté ne s'évapore pas en route : elle se rachète par de l'argent. Hatat INTÉRIEURES (autel d'or, Yom Kippour) yesod OCCIDENTAL Hatat EXTÉRIEURES (autel des holocaustes) yesod MÉRIDIONAL la amah canal de la azara -- ils s'y mélangent nahal Kidron sortie hors de la azara jardiniers engrais (zevel) Ils paient : la vente les fait sortir de la sainteté S'ils en profitaient sans payer -- me'ila (détournement de bien consacré). Rachi : il y a en eux une interdiction d'en tirer profit sans débourser.
Le trajet des restes de sang : yesod occidental et yesod méridional, la amah, le Kidron, les jardiniers et la me'ila.
1
מַתְנֵי׳ ״וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ אֲשֶׁר לִפְנֵי ה׳״, זֶה מִזְבַּח הַזָּהָב. הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד, מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל? מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית, צְפוֹנִית מַעֲרָבִית, מַעֲרָבִית דְּרוֹמִית, דְּרוֹמִית מִזְרָחִית. מָקוֹם שֶׁהוּא מַתְחִיל בַּחַטָּאת עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן — מִשָּׁם הָיָה גּוֹמֵר עַל מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי.

MICHNA. « Il sortira vers l'autel qui est devant Hachem » (Lv 16,18) : c'est l'autel d'or.

Il commença à purifier (mehate) en descendant. D'où commence-t-il ?

De la corne nord-est, puis nord-ouest, puis sud-ouest, puis sud-est. L'endroit où il commence pour un hatat sur l'autel extérieur -- c'est là qu'il achevait sur l'autel intérieur.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' זֶה מִזְבַּח הַזָּהָב דְּאִילּוּ מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן לָאו לִפְנֵי ה' הוּא:
« C'est l'autel d'or » -- car l'autel extérieur, lui, n'est pas « devant Hachem ».
הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מִשּׁוּם דִּסְבִירָא לֵיהּ לְהַאי תַּנָּא הַקָּפָה בָּרֶגֶל כִּדְאָמַר בַּגְּמָרָא וְכָל מַתָּנָה וּמַתָּנָה הָיְתָה בַּקֶּרֶן שֶׁלְּפָנָיו וְסָמוּךְ לוֹ וְצָרִיךְ לִיתֵּן מִלְמַעְלָה לְמַטָּה כִּי הֵיכִי דְּלָא נִתַּוְּוסִי מָאנֵיהּ שֶׁהַמִּזְבֵּחַ גָּבוֹהַּ אַמָּתַיִם וְאִי אֶפְשָׁר לְצַדֵּד רָאשֵׁי אֶצְבְּעוֹתָיו לְמַטָּה וְלָתֵת הַמַּתָּנָה בַּקֶּרֶן מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה וְעַל כָּרְחוֹ רָאשֵׁי אֶצְבְּעוֹתָיו לְמַעְלָה וּכְשֶׁהוּא נוֹתֵן בְּאֶצְבַּע כְּנֶגֶד חֻודָּהּ שֶׁל קֶרֶן וְנוֹתֵן מַתָּנָה אֲרֻוכָּה וּמְשׁוּכָה אִם מוֹשֵׁךְ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה הַדָּם זָב לְתוֹךְ בֵּית יָד כֻּתֹּונֶת שֶׁלּוֹ וְצָרִיךְ לִיתֵּן מִלְמַעְלָה לְמַטָּה נְקַט לְשׁוֹן מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מְחַטֵּא לְשׁוֹן יְרִידָה הִיא כִּדְאָמְרִינַן בִּמְנָחוֹת [סו:] נוֹשֵׂא עוֹלֶה וּמִתְחַטֵּא:
« Il commença à purifier en descendant » -- parce que ce tana tient que le contournement se fait à pied (hakafa be-regel), comme il est dit dans la guemara ; ainsi chaque matana se faisait à la corne qui était devant lui et tout près de lui, et il faut donner du haut vers le bas afin que ses vêtements ne soient pas souillés. Car l'autel est haut de deux amot, et il est impossible d'orienter le bout de ses doigts vers le bas pour donner la matana sur la corne de bas en haut : force lui est d'avoir le bout des doigts vers le haut. Et lorsqu'il donne avec le doigt contre l'arête de la corne, il fait une matana longue et tirée ; s'il la tirait de bas en haut, le sang coulerait dans la manche de sa tunique. Il faut donc donner du haut vers le bas -- d'où l'expression mehate ve-yored : mehate est un terme de descente, comme nous le disons dans Menahot (66b) « il porte, il monte et il descend ».
מָקוֹם שֶׁהוּא מַתְחִיל בַּחַטָּאת עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן דְּהַייְנוּ בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מִזְרָחִית כְּדִתְנַן בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נג.) שָׁם גּוֹמֵר עַל מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי וְטַעֲמָא אָמְרִי' בגמ':
« L'endroit où il commence pour un hatat sur l'autel extérieur » -- à savoir la corne sud-est, comme nous l'avons appris dans Eizehou Mekoman (Zevahim 53a) ; c'est là qu'il achève sur l'autel intérieur, et la raison en est donnée dans la guemara.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Lorsque vient le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaire, on fait descendre le kohen gadol à la maison d'immersion. (f. 30a) On étendait un drap de bouts (lin fin) entre lui et le peuple ; (f. 31b) et c'est un drap de lin que l'on étendait afin qu'il sache bien que le service du jour se fait en vêtements de lin. (f. 30a) Cette immersion-là avait lieu en un lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec une aiguière d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch (sanctification des mains et des pieds) au moment de se dévêtir, puisqu'il n'avait ôté que des vêtements profanes ; or nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, l'un pour le fait de se dévêtir et l'un pour le fait de se revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille pour les plonger le jour même dans l'eau et la réchauffer. Et bien qu'il y ait la tsirouf (trempe du métal), interdit au titre de make be-patich -- l'achèvement du travail du fer, qui le rend apte à être taillé --, dès lors qu'il n'a pas cette intention il ne s'agit que d'un chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Mikdach. (f. 31b) Ensuite il égorgea le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et acheva tous les services dans l'ordre de chaque jour, en vêtements d'or : l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat ha-nerot) et la minhat havitin. (f. 34b) Il vint ensuite à la Beit ha-Parva, laquelle se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de lin entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait cette fois des vêtements de sainteté. Il s'immergea, remonta, s'essuya et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit manes -- plus ou moins, pourvu seulement qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Les deux ensemble doivent valoir trente manes ; s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Cela vaut pour ce qui lui vient de la communauté ; mais s'il veut ajouter de ses propres biens, il ajoute autant qu'il veut. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Il vint auprès de son taureau. Il se tenait à la corne nord-ouest de l'autel, dans l'espace libre entre le Oulam et l'autel, exactement en face de l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) On disposait le taureau la tête vers le sud et la face vers l'ouest. On ne le plaçait pas franchement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de crainte qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, appuie ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : « De grâce, Hachem, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison » -- (f. 36b) selon les Sages. Lors de la première confession il ne confessait que sur lui-même et sur les gens de sa maison : « De grâce, Hachem, pardonne donc les fautes... ». Et dans le Yerouchalmi il est dit que, lors de la seconde mention du Nom dans la confession, il disait ana be-chem, avec un beit. (f. 37a) Il vint à l'est de la azara pour procéder au tirage au sort -- il suffit en vérité que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche. (f. 62a) Là se trouvaient les deux boucs, semblables d'aspect et de taille, acquis en une seule fois ; tout cela n'est pas indispensable (eino me'akev), ce n'est qu'un accomplissement préférentiel. (f. 39a) Il y avait là une kalpi (urne) [de bois, contenant les deux mains], et dedans les deux sorts, l'un gravé « pour Hachem », l'autre « pour Azazel » ; ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brasse ses mains dans la kalpi de façon à ne pouvoir viser lequel est « pour Hachem » et lequel « pour Azazel ». Il leva un sort dans chaque main [pour les deux boucs] : si celui « pour Hachem » monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta main droite ; s'il monta dans sa gauche, le roch beit av lui dit : lève ta main gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : « pour Hachem, un hatat ». Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs, mais les a seulement tirés en sachant lequel est monté dans la droite et lequel dans la gauche, cela n'invalide pas. (f. 41b) Il noua une bandelette d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc émissaire (sair ha-michtaleah) et le plaça à la porte orientale, là où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être égorgé il nouait une bandelette au cou, afin qu'il ne se confonde ni avec le bouc émissaire ni avec les autres boucs. Dans le seder Ata Konanta il est écrit que le bouc « pour Hachem », lui aussi, on le place face au lieu de son abattage ; cela étonne, car la guemara conclut explicitement que (la michna) parle du nouage. Il revint auprès de son taureau une seconde fois et confessa sur lui, sur lui-même et sur ses frères les kohanim -- car il faut que vienne un innocent pour expier sur le coupable, et c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'égorgea, recueillit son sang dans un mizrak et le confia à quelqu'un qui le remue (memares) pour qu'il ne coagule pas ; et le memares se tenait sur la quatrième rangée de dalles de la azara à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prit une mahta (encensoir) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche atteignant sous son bras afin que son bras la soutienne. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entend le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait une sorte de gaine (nartik), pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il monte au milieu de l'autel, racle une pleine mahta de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et la pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) On lui sortit une mahta pleine de ketoret, celle-là même que l'on avait remise au mortier la veille de Yom Kippour et pilée menu, pour qu'elle soit « fine parmi les fines ». Il en prit pleines ses deux paumes, selon ce que contiennent les paumes du kohen (f. 48a) : ni rasés, ni comblés, mais tefoufot (juste bombées). Il la versa de ses paumes dans une kaf (récipient), prit dans sa droite la mahta où étaient les braises et dans sa gauche la kaf de l'encens. (f. 51b) Il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'aux deux parokhot qui séparent le Kodech du Kodech ha-kodachim, à l'emplacement de la amah traksin du premier Temple. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que R. Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul parokhet, la halakha suit ici R. Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car nous avons là une mahloket suivie d'une michna anonyme, et l'anonyme postérieure à la mahloket fait autorité. (f. 52b) L'extérieure était agrafée au sud. De plus, R. Hanina suit R. Yehouda plus loin, lui qui dit qu'il se tenait du côté nord et purifiait. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (f. 58b) : « il commença à purifier en descendant ; d'où commençait-il ? de la corne nord-est » -- Rachi ayant expliqué qu'elle tient que l'ouverture est au nord. Même selon l'explication de Rachi, cette michna-là suit R. Yossi HaGelili, tandis que R. Akiva le conteste dans la baraita, et la halakha suit R. Akiva contre un seul collègue. (f. 52b) Il marchait entre elles jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il écarte des coudes pour que le parokhet ne brûle pas. Arrivé au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'Arche, et avança jusqu'à se trouver en face de l'Arche, et posa la mahta de feu entre les deux barres (badim). (f. 53b) Après que l'Arche eut été emportée, il la posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il transvasa dans ses paumes l'encens qui était dans la kaf et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit lifnai ve-lifnim, afin de réfuter l'opinion des Sadducéens, qui disent qu'il le pose dans le Heikhal et entre déjà dans le nuage de fumée. (f. 52b) Il commençait par le côté intérieur, le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplit de fumée ; il y laissa la kaf et la mahta et sortit par où il était entré, la face tournée vers l'Arche. Dans le seder Ata Konanta il est écrit « il ferma les yeux et sortit », mais cela ne figure pas dans la guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Voici en effet ce qu'on lit dans le Yerouchalmi : tant que l'Arche n'avait pas été emportée, il entrait et sortait à sa lumière ; une fois l'Arche emportée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (f. 53b) Il faisait dans le Heikhal une courte prière pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Il reprit le sang des mains de celui qui le remuait, entra lifnai ve-lifnim, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet ; il n'est pas nécessaire que le sang atteigne le kaporet, mais il asperge ke-matslif (comme on cingle du fouet). Rachi explique : dans leur ordre, une en haut et sept en bas. Les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas à viser qu'elles soient rangées ainsi ; simplement, pour celle d'en haut il tourne le dos de sa main vers le bas et asperge vers le haut, et pour les sept d'en bas il tourne le dos de sa main vers le haut et asperge vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux ; etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui était dans le Heikhal. Il égorgea le bouc et fit de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il reprit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergea vers tout le parokhet, à l'endroit qui fait face à l'Arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis du sang du bouc sur le parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le parokhet. Ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où se trouvait le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donne quatre matanot sur ses quatre cornes, se tenant à la corne sud-est. Il donne comme je l'ai expliqué plus haut : l'ouverture étant au sud, il se trouve rencontrer la corne sud-ouest, et il ne pouvait pas y commencer, puisqu'il lui fallait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à la corne sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne contournait pas l'autel avec ses pieds : il restait tout entier en un seul endroit et contournait avec sa main -- paroles de R. Akiva ; R. Yossi HaGelili le conteste sur ce point dans la baraita, et la halakha suit R. Akiva contre un seul collègue, lui qui dit qu'il contourne avec ses mains ; de plus, R. Eleazar est de son avis. Aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt par le bas et tirait vers le haut ; à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à la corne nord-est, il écartait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yesod occidental de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services -- ceux du Heikhal comme ceux du lifnai ve-lifnim. Mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas à se retirer pendant les services du lifnai ve-lifnim, seulement pendant ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait du tout. S'il a, dans le Heikhal, fait passer le sang du bouc avant le sang du taureau, il recommence et asperge de nouveau du sang du bouc. Par conséquent, si le mizrak du sang du taureau s'est confondu avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : si le premier était celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et si c'était celui du bouc, il est comme inexistant et il s'acquitte par les deux derniers. Si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les matanot de l'intérieur, il apporte un autre taureau et un autre encens, et refait tout l'ordre écrit ci-dessus. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli selon la loi les matanot du taureau et l'encens. S'il a achevé les matanot de l'intérieur et que l'un des sangs s'est répandu, il en apporte un autre et recommence depuis le début au Heikhal. S'il a achevé les matanot du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apporte un autre et recommence depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les matanot de l'autel et que (le sang) s'est répandu -- les chirayim (restes) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est aussi sa loi si son compagnon, le bouc émissaire, vient à mourir : à l'heure où meurt le bouc émissaire, à cette heure-là le sang est écarté.
💡 Explication

Après les aspersions du Saint des saints et celles faites vers le parokhet, le kohen gadol arrive au dernier poste : l'autel d'or, dit aussi autel intérieur, une amah sur une amah, haut de deux amot. La michna commence par identifier l'autel du verset : « devant Hachem » ne peut désigner que celui qui se trouve dans le Heikhal.

Vient ensuite la question qui occupera tout le daf : par quelle corne commence-t-il ? Notre michna répond nord-est, puis nord-ouest, sud-ouest, sud-est. Et elle donne un moyen de le retenir : la corne sud-est est celle par laquelle on commence le hatat sur l'autel extérieur (Zevahim 53a) ; sur l'autel intérieur, c'est celle par laquelle on finit. Les deux autels sont l'exact miroir l'un de l'autre.

Le mot mehate ve-yored -- il purifie en descendant -- n'est pas décoratif : Rachi y lit déjà une position du corps et une contrainte très concrète, celle du sang qui risque de couler dans la manche.

2
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בִּמְקוֹמוֹ הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא.

Rabbi Eliezer dit : il se tenait à sa place et purifiait (mehate).

📜 Rachi (1)
ר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר לֹא הָיָה מַקִּיפוֹ בְּרַגְלָיו שֶׁהֲרֵי כֻּולּוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אַמָּה עַל אַמָּה מְרֻובַּעַת וְכֵיוָן שֶׁאֵין שְׁלֹשֶׁת הַקְּרָנוֹת סְמוּכוֹת לוֹ יָכוֹל לִיתֵּן מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה:
« R. Eliezer dit » -- il ne le contournait pas avec ses pieds, car l'autel tout entier ne fait qu'une amah sur une amah, carré ; et puisque les trois autres cornes ne sont pas contre lui, il peut y donner de bas en haut.
💡 Explication

Première divergence : faut-il faire le tour de l'autel à pied ? Le tana de la michna suppose une hakafa be-regel : le kohen se déplace, si bien qu'à chaque station la corne servie est celle qui se trouve devant lui. R. Eliezer, lui, tient qu'il ne bouge pas : l'autel ne fait qu'une amah de côté, tout est à portée de bras.

La conséquence se lira dans le segment suivant : s'il ne bouge pas, une seule corne est vraiment « devant lui », et c'est la seule pour laquelle le geste s'inverse.

3
וְעַל כֻּולָּן הָיָה נוֹתֵן מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, חוּץ מִזּוֹ שֶׁהָיְתָה לְפָנָיו, שֶׁהָיָה נוֹתֵן מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה. הִזָּה עַל טָהֳרוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ שֶׁבַע פְּעָמִים, וּשְׁיָרֵי הַדָּם הָיָה שׁוֹפֵךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, וְשֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן הָיָה שׁוֹפֵךְ אֶל יְסוֹד דְּרוֹמִי. אֵלּוּ וָאֵלּוּ מִתְעָרְבִין בָּאַמָּה וְיוֹצְאִין לְנַחַל קִדְרוֹן, וְנִמְכָּרִין לַגַּנָּנִין לְזֶבֶל, וּמוֹעֲלִין בָּהֶן.

Et sur toutes il donnait de bas en haut, sauf sur celle-là qui était devant lui, sur laquelle il donnait de haut en bas. Il aspergea sept fois sur le tohoro de l'autel.

Et les restes du sang, il les versait sur le yesod (soubassement) occidental de l'autel extérieur ; et ceux de l'autel extérieur, il les versait sur le yesod méridional. Les uns et les autres se mélangent dans la amah (le canal) et sortent vers le torrent du Kidron ; on les vend aux jardiniers pour l'engrais, et l'on est coupable de me'ila à leur égard.

📜 Rachi (8)
חוּץ מִזּוֹ שֶׁהוּא עוֹמֵד אֶצְלָהּ שֶׁהִיא לְפָנָיו שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְצַדֵּד רָאשֵׁי אֶצְבְּעוֹתָיו לְמַטָּה אֶלָּא לְמַעְלָה וְצָרִיךְ לִמְשֹׁוךְ הַמַּתָּנָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה שֶׁאִם מוֹשְׁכָהּ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה הַדָּם זָב לְתוֹךְ בֵּית יָד כֻּתָּנְתּוֹ:
« Sauf celle-là » -- celle près de laquelle il se tient, qui est devant lui : il lui est impossible d'orienter le bout de ses doigts vers le bas, seulement vers le haut, et il doit tirer la matana du haut vers le bas -- car s'il la tirait de bas en haut, le sang coulerait dans la manche de sa tunique.
הִזָּה עַל טָהֳרוֹ אַחַר שֶׁגָּמַר מַתְּנוֹת הַקְּרָנוֹת מִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ט״ז:י״ט) וְהִזָּה עָלָיו מִן הַדָּם וְגוֹ':
« Il aspergea sur le tohoro » -- après avoir achevé les matanot des cornes, il asperge dessus sept fois, comme il est écrit (Lv 16,19) : « et il aspergera sur lui du sang... ».
טָהֲרוּ מְפָ' בגמ':
« Le tohoro » -- expliqué dans la guemara.
שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן שְׁיָרֵי דְּמֵי חַטָּאוֹת הַחִיצוֹנוֹת הָיָה שׁוֹפֵךְ עַל יְסוֹד דְּרוֹמִי וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
« Et ceux de l'autel extérieur » -- les restes des sangs des hatat extérieures, il les versait sur le yesod méridional ; et la raison en est expliquée dans la guemara.
אֵלּוּ וְאֵלּוּ דָּמִים הַחִיצוֹנִי' וְהַפְּנִימִיִּים הַנִּשְׁפָּכִים עַל יְסוֹד מִזְבַּח הָעוֹלָה הָיוּ שׁוֹתְתִין וְנוֹפְלִים מִן הַיְּסוֹד עַל הָרִצְפָּה:
« Les uns et les autres » -- les sangs extérieurs et intérieurs versés sur le yesod de l'autel des holocaustes s'écoulaient et tombaient du yesod sur le dallage.
וּמִתְעָרְבִין בָּאַמָּה סִילוֹן שֶׁבָּעֲזָרָה הַיּוֹצֵא לְנַחַל קִדְרוֹן:
« Et ils se mélangent dans la amah » -- un conduit qui se trouve dans la azara et sort vers le torrent du Kidron.
לַגַּנָּנִין בַּעֲלֵי גִּנּוֹת:
« Aux jardiniers » -- les propriétaires de jardins.
וּמוֹעֲלִין בָּהֶן יֵשׁ בָּהֶן אִיסּוּר לֵיהָנוֹת בְּלֹא דָּמִים:
« Et l'on est coupable de me'ila à leur égard » -- il y a en eux une interdiction d'en tirer profit sans payer.
💡 Explication

Trois choses dans ce membre de michna. D'abord le sens du geste : de bas en haut partout, sauf à la corne qui lui fait face, où il trace de haut en bas -- affaire de main et de manche, comme l'explique Rachi.

Ensuite les sept aspersions sur le tohoro de l'autel (Lv 16,19). Le mot tohoro est obscur et la guemara l'expliquera plus loin ; il désigne la surface même de l'autel, une fois les braises écartées.

Enfin les chirayim, les restes de sang : ceux des hatat intérieures au yesod occidental, ceux des hatat extérieures au yesod méridional. Ils finissent mélangés dans le canal de la azara, écoulés vers le Kidron, vendus aux jardiniers comme engrais. La dernière clause est la plus lourde : ils restent des biens consacrés, et celui qui en profite sans payer commet une me'ila.

🖼️ Schéma
Le sens du trait de sang sur la corne : pourquoi une exception ? L'autel d'or est haut de deux amot. Le kohen trace une matana longue et tirée le long de l'arête de la corne. Les TROIS cornes éloignées corne de bas en haut le bout des doigts peut viser vers le bas La corne DEVANT lui corne de haut en bas de trop près, les doigts ne peuvent pointer que vers le haut ; tirer vers le haut ferait couler le sang dans sa manche. De là vient le mot de la michna : mehate ve-yored, il purifie EN DESCENDANT (Rachi : mehate est un terme de descente).
Pourquoi le trait de sang change de sens sur la corne qui fait face au kohen.
4
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ״, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה: לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בְּפַר הַבָּא עַל כָּל הַמִּצְוֹת, שֶׁכֹּהֵן עוֹמֵד חוּץ לַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה עַל הַפָּרֹוכֶת בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מַזֶּה, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן,

GUEMARA. Nos maîtres ont enseigné : « Il sortira vers l'autel » -- que vient enseigner (ce verset) ?

Rabbi Nehemia dit : puisque nous trouvons, à propos du taureau qui vient pour l'ensemble des commandements (par hé'elem davar), que le kohen se tient hors de l'autel et asperge vers le parokhet au moment où il asperge, on aurait pu croire qu'ici aussi il en va de même --

📜 Rachi (1)
גְּמ' תָּנוּ רַבָּנַן וְכוּ' הָכִי גָּר' לָהּ בְּת"כ וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ מַה ת"ל אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בְּפַר הַבָּא עַל כָּל הַמִּצְוֹת שֶׁהוּא עוֹמֵד חוּץ לַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה עַל הַפָּרֹכֶת בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מַזֶּה יָכוֹל אַף זֶה כֵּן תַּ"לֹ וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ הֵיכָן הָיָה לִפְנִים מִן הַמִּזְבֵּחַ תַּנְיָא אִידַּךְ לִפְנֵי ה' מַה תַּלְמוּד לוֹמַר אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בְּפַר יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁהוּא עוֹמֵד לִפְנִים מִן הַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה עַל הַפָּרֹכֶת בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מַזֶּה יָכוֹל אַף זֶה כֵּן תַּלְמוּד לוֹמַר מִזְבַּח קְטֹרֶת הַסַּמִּים (אֲשֶׁר) לִפְנֵי ה' וְאֵין הַכֹּהֵן לִפְנֵי ה' הָכִי גָּרְסִינַן נָמֵי לְהַךְ גַּבֵּי פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ בת"כ וְהָכִי פֵּירוּשָׁהּ דְּתַרְוַוייְהוּ וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ מַה תַּלְמוּד לוֹמַר הָיָה לוֹ לִכְתֹּוב וְכִפֶּר עַל הַמִּזְבֵּחַ אֲשֶׁר לִפְנֵי ה' מַה ת"ל וְיָצָא אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בְּפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ וּפַר הָעֵדָה שֶׁהַכֹּהֵן עוֹמֵד חוּץ לַמִּזְבֵּחַ כְּשֶׁהוּא מִזֶּה הַזָּאוֹת שֶׁעַל הַפָּרֹוכֶת וְאֵינוֹ עוֹמֵד בֵּין הַמִּזְבֵּחַ לַפָּרֹוכֶת כִּדְקָתָנֵי בְּהַךְ אִידָךְ בָּרַייְתָא לְקַמָּן תַּלְמוּד לוֹמַר וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ לָמַדְנוּ שֶׁעַד עַכְשָׁיו הָיָה עוֹמֵד בִּפְנִים מִן הַמִּזְבֵּחַ תַּנְיָא אִידָךְ גַּבֵּי פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ לִפְנֵי ה' מַה תַּלְמוּד לוֹמַר לִיכְתֹּוב וְנָתַן הַכֹּהֵן מִן הַדָּם עַל קַרְנוֹת מִזְבַּח קְטֹרֶת הַסַּמִּים יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהִיא לִפְנֵי ה' מַה תַּלְמוּד לוֹמַר לִפְנֵי ה' מִזְבֵּחַ לִפְנֵי ה' וְאֵין כֹּהֵן לִפְנֵי ה' הַמִּזְבֵּחַ מַפְסִיק בֵּין הַכֹּהֵן לַפָּרֹוכֶת בִּשְׁעַת מַתַּן הַקְּרָנוֹת וּכְשֶׁהִזָּה עַל הַפָּרֹוכֶת בְּאוֹתוֹ מַעֲמָד עַצְמוֹ הָיָה שֶׁהֲרֵי לֹא נֶאֶמְרָה יְצִיאָה בֵּינְתַייִם לָמַדְנוּ שֶׁהָיָה עוֹמֵד חוּץ לַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה וְאִם תֹּאמַר וַהֲלֹא לָא כְּתִיב אֲשֶׁר לִפְנֵי ה' אֶלָּא לִפְנֵי ה' וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּאַנְּתִינָה קָאֵי וְהַכֹּהֵן לִפְנֵי ה' אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן שֶׁהֲרֵי בְּפַר הָעֵדָה נֶאֱמַר אֲשֶׁר לִפְנֵי ה' וְעַל כְּרִחְיָךְ אַמִּזְבֵּחַ קָאֵי וַעֲבוֹדַת שְׁנֵיהֶן הָיָה שָׁוֶה:
« Guemara : nos maîtres ont enseigné, etc. » -- voici la leçon telle qu'elle figure dans le Torat Kohanim : « il sortira vers l'autel » -- que vient enseigner ? R. Nehemia dit : puisque nous trouvons, pour le taureau qui vient sur l'ensemble des commandements, qu'il se tient hors de l'autel et asperge sur le parokhet au moment où il asperge, on aurait pu croire qu'ici aussi il en va ainsi -- le verset dit : « il sortira vers l'autel » : où était-il ? à l'intérieur de l'autel. On a enseigné une autre (baraita) : « devant Hachem », que vient enseigner ? R. Nehemia dit : puisque nous trouvons, pour le taureau de Yom Kippour, qu'il se tient à l'intérieur de l'autel et asperge sur le parokhet au moment où il asperge, on aurait pu croire qu'ici aussi il en va ainsi -- le verset dit : « l'autel de l'encens aromatique (qui est) devant Hachem » : l'autel est devant Hachem, et non le kohen. Et c'est ainsi également que nous lisons cette (baraita) à propos du taureau du kohen machiah dans le Torat Kohanim. Et voici l'explication des deux. « Il sortira vers l'autel » -- que vient enseigner ? Il aurait suffi d'écrire « et il expiera sur l'autel qui est devant Hachem » ; que vient donc enseigner « il sortira » ? R. Nehemia dit : puisque nous trouvons, pour le taureau du kohen machiah et pour le taureau de la communauté, que le kohen se tient hors de l'autel lorsqu'il fait les aspersions vers le parokhet, et non entre l'autel et le parokhet -- comme l'enseigne cette autre baraita plus loin --, le verset dit « il sortira vers l'autel » : nous apprenons que jusque-là il se tenait à l'intérieur de l'autel. On a enseigné une autre (baraita), à propos du taureau du kohen machiah : « devant Hachem », que vient enseigner ? Qu'il écrive donc « et le kohen mettra du sang sur les cornes de l'autel de l'encens aromatique » : je saurais déjà qu'il est devant Hachem ! Que vient donc enseigner « devant Hachem » ? L'autel est devant Hachem, et le kohen n'est pas devant Hachem : l'autel fait séparation entre le kohen et le parokhet au moment des dons sur les cornes ; et lorsqu'il a aspergé vers le parokhet, c'était dans cette même position, puisqu'aucune sortie n'a été mentionnée entre-temps. Nous apprenons donc qu'il se tenait hors de l'autel et aspergeait. Et si tu objectes : il n'est pas écrit « qui est devant Hachem » mais seulement « devant Hachem », et l'on pourrait dire que cela se rapporte au don (donc que ce serait le kohen qui est devant Hachem) -- il est impossible de dire ainsi, car pour le taureau de la communauté il est dit « qui est devant Hachem », ce qui se rapporte nécessairement à l'autel ; et le service des deux est identique.
💡 Explication

La guemara s'attaque au mot le plus banal du verset : ve-yatsa, « il sortira ». Pourquoi l'écrire ? Le kohen doit de toute façon passer par l'autel d'or en revenant.

R. Nehemia répond par une comparaison. Dans un autre service -- le par hé'elem davar, taureau apporté quand la communauté a erré, et le taureau du kohen machiah --, le kohen asperge lui aussi vers le parokhet, mais depuis l'extérieur de l'autel, c'est-à-dire du côté est, l'autel s'interposant entre lui et le parokhet. Sans notre verset, on aurait aligné Yom Kippour sur ce modèle-là.

5
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ״. הֵיכָן הָיָה — לִפְנִים מִן הַמִּזְבֵּחַ.

Le verset dit : « il sortira vers l'autel ». Où était-il ?

À l'intérieur de l'autel (du côté ouest, entre l'autel et le parokhet).

💡 Explication

La conclusion de la première baraita. Le mot ve-yatsa rétroagit : puisqu'il faut « sortir vers l'autel », c'est qu'auparavant on était à l'intérieur, c'est-à-dire du côté occidental, entre l'autel d'or et le parokhet. Le mot ne décrit pas un déplacement anodin, il fixe une position.

6
תַּנְיָא אִידָךְ: ״לִפְנֵי ה׳״, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה: לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בְּפַר וְשָׂעִיר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁכֹּהֵן עוֹמֵד לִפְנִים מִן הַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה עַל הַפָּרֹוכֶת בְּשָׁעָה שֶׁהוּא מַזֶּה, יָכוֹל אַף זֶה, כֵּן,

On a enseigné une autre (baraita) : « devant Hachem » -- que vient enseigner ? Rabbi Nehemia dit : puisque nous trouvons, pour le taureau et le bouc de Yom Kippour, que le kohen se tient à l'intérieur de l'autel et asperge vers le parokhet au moment où il asperge, on aurait pu croire qu'ici aussi il en va de même --

💡 Explication

La symétrie est parfaite, et c'est ce qui fait la beauté du passage. La première baraita partait du par hé'elem davar pour éclairer Yom Kippour ; celle-ci part de Yom Kippour pour éclairer le par hé'elem davar. Le même R. Nehemia, la même structure de raisonnement, et deux versets différents pour bloquer l'analogie dans chaque sens.

7
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִזְבַּח קְטֹרֶת הַסַּמִּים לִפְנֵי ה׳ אֲשֶׁר בְּאֹהֶל מוֹעֵד״ — מִזְבֵּחַ לִפְנֵי ה׳, וְאֵין כֹּהֵן לִפְנֵי ה׳. הָא כֵיצַד? עוֹמֵד חוּץ לַמִּזְבֵּחַ וּמַזֶּה.

Le verset dit : « l'autel de l'encens aromatique devant Hachem, qui est dans la Tente d'assignation » (Lv 4,7) -- l'autel est devant Hachem, et le kohen n'est pas devant Hachem. Comment cela ?

Il se tient hors de l'autel et asperge.

💡 Explication

La derasha est d'une grande économie. Les mots lifnei Hachem sont apparemment superflus : l'autel de l'encens, on sait bien où il se trouve. S'ils sont écrits, c'est pour désigner l'autel et lui seul comme étant « devant Hachem ».

Or si l'autel est devant Hachem et que le kohen ne l'est pas, c'est que l'autel s'interpose entre le kohen et le parokhet : le kohen reste du côté est. Une position dans l'espace déduite d'un mot en apparence redondant.

8
הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד. מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל? מִקֶּרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית, דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית, מַעֲרָבִית צְפוֹנִית, צְפוֹנִית מִזְרָחִית, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית, צְפוֹנִית מַעֲרָבִית, מַעֲרָבִית דְּרוֹמִית, דְּרוֹמִית מִזְרָחִית.

« Il commença à purifier en descendant, etc. » -- Nos maîtres ont enseigné : il commença à purifier en descendant. D'où commençait-il ?

De la corne sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est : paroles de Rabbi Akiva. Rabbi Yossi HaGelili dit : de la corne nord-est, puis nord-ouest, puis sud-ouest, puis sud-est.

📜 Rachi (2)
מֵהֵיכָן מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית קָסָבַר שְׁתֵּי פָּרֹוכֶת הָיוּ וְהַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין וּכְשֶׁיָּצָא מִבֵּית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים דֶּרֶךְ הַדָּרוֹם הִזָּה עַל הַפָּרֹוכֶת וּכְשֶׁהִשְׁלִים בָּא לוֹ לַמִּזְבֵּחַ לִדְרוֹמִית מַעֲרָבִית שֶׁהִיא רִאשׁוֹנָה לוֹ וְשָׁם לֹא הָיָה נוֹתֵן כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן דְּבָעֵינַן וְיָצָא עַד דְּנָפֵיק מִכֻּולֵּיהּ מִזְבֵּחַ לְפִיכָךְ יוֹצֵא לְמִזְרָחִית דְּרוֹמִית וּמַתְחִיל שָׁם וְחוֹזֵר דֶּרֶךְ שְׂמֹאל לְמַעֲרָבִית דְּרוֹמִית וּלְקַמָּן פָּרִיךְ לַקֵּיף דֶּרֶךְ יָמִין:
« D'où commence-t-il ? de la corne sud-est » -- il tient qu'il y avait deux parokhot, l'extérieure agrafée au sud, comme nous l'avons appris dans la michna ; en sortant du Saint des saints par le sud, il aspergea sur le parokhet, et lorsqu'il eut achevé il vint à l'autel, à la corne sud-ouest, qui est pour lui la première -- et il n'y donnait pas, comme nous le disons plus loin, car nous exigeons « il sortira » : jusqu'à être sorti de tout l'autel. C'est pourquoi il sort vers la corne sud-est, y commence, et revient par la gauche vers la corne sud-ouest. Et plus loin (la guemara) objecte : qu'il contourne donc par la droite !
ר"י הַגְּלִילִי אוֹמֵר כוּ' סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּמַתְנִי' דְּאָמַר לֹא הָיְתָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת וּפְרוּפָה מִן הַצָּפוֹן וּכְשֶׁגָּמַר מַתְּנוֹת פָּנִים וְיָצָא דֶּרֶךְ הַצָּפוֹן פָּגַע תְּחִילָּה בִּצְפוֹנִית מַעֲרָבִית דְּמִזְבֵּחַ וְשָׁם לֹא נָתַן עַד שֶׁיָּצָא וּבָא לוֹ לְמִזְרָחִית צְפוֹנִית וְנוֹתֵן שָׁם וְחָזַר לִצְפוֹנִית מַעֲרָבִית דֶּרֶךְ יָמִין:
« R. Yossi HaGelili dit, etc. » -- il tient comme R. Yossi de notre michna, qui dit qu'il n'y avait là qu'un seul parokhet, agrafé au nord ; ayant achevé les matanot de l'intérieur et étant sorti par le nord, il rencontre d'abord la corne nord-ouest de l'autel -- et il n'y donnait pas avant d'être sorti ; il vient à la corne nord-est, y donne, puis revient à la corne nord-ouest par la droite.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(f. 28a) Lorsque vient le moment de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaire, on fait descendre le kohen gadol à la maison d'immersion. (f. 30a) On étendait un drap de bouts (lin fin) entre lui et le peuple ; (f. 31b) et c'est un drap de lin que l'on étendait afin qu'il sache bien que le service du jour se fait en vêtements de lin. (f. 30a) Cette immersion-là avait lieu en un lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôta ses vêtements, s'immergea, remonta et s'essuya. (f. 31b) On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds (f. 43b) avec une aiguière d'or. Il n'y eut pas ici de kidouch (sanctification des mains et des pieds) au moment de se dévêtir, puisqu'il n'avait ôté que des vêtements profanes ; or nous tenons pour établi qu'il y a deux kidouchim, l'un pour le fait de se dévêtir et l'un pour le fait de se revêtir. (f. 31b) Et s'il était âgé, ou de constitution délicate (istenis) à qui le froid nuisait, on lui chauffait de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (f. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille pour les plonger le jour même dans l'eau et la réchauffer. Et bien qu'il y ait la tsirouf (trempe du métal), interdit au titre de make be-patich -- l'achèvement du travail du fer, qui le rend apte à être taillé --, dès lors qu'il n'a pas cette intention il ne s'agit que d'un chevout (interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Mikdach. (f. 31b) Ensuite il égorgea le tamid, en recueillit lui aussi le sang, et acheva tous les services dans l'ordre de chaque jour, en vêtements d'or : l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes (hatavat ha-nérot) et la minhat havitin. (f. 34b) Il vint ensuite à la Beit ha-Parva, laquelle se trouvait en lieu saint. On étendit un drap de lin entre lui et le peuple, et il sanctifia ses mains et ses pieds, puisqu'il ôtait cette fois des vêtements de sainteté. Il s'immergea, remonta, s'essuya et revêtit les vêtements blancs, valant dix-huit manes -- plus ou moins, pourvu seulement qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Les deux ensemble doivent valoir trente manes ; s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Cela vaut pour ce qui lui vient de la communauté ; mais s'il veut ajouter de ses propres biens, il ajoute autant qu'il veut. [Et il sanctifia ses mains et ses pieds.] (f. 35b) Il vint auprès de son taureau. Il se tenait à la corne nord-ouest de l'autel, dans l'espace libre entre le Oulam et l'autel, exactement en face de l'autel mais décale vers le nord. (f. 36a) On disposait le taureau la tête vers le sud et la face vers l'ouest. On ne le plaçait pas franchement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de crainte qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tient à l'est, la face vers l'ouest, appuie ses deux mains sur lui et confesse. Et voici ce qu'il disait : « De grâce, Hachem, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison » -- (f. 36b) selon les Sages. Lors de la première confession il ne confessait que sur lui-même et sur les gens de sa maison : « De grâce, Hachem, pardonne donc les fautes... ». Et dans le Yerouchalmi il est dit que, lors de la seconde mention du Nom dans la confession, il disait ana be-chem, avec un beit. (f. 37a) Il vint à l'est de la azara pour procéder au tirage au sort -- il suffit en vérité que ce soit dans la azara. (f. 39a) Le segan à sa droite et le roch beit av à sa gauche. (f. 62a) Là se trouvaient les deux boucs, semblables d'aspect et de taille, acquis en une seule fois ; tout cela n'est pas indispensable (eino me'akev), ce n'est qu'un accomplissement préférentiel. (f. 39a) Il y avait là une kalpi (urne) [de bois, contenant les deux mains], et dedans les deux sorts, l'un gravé « pour Hachem », l'autre « pour Azazel » ; ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brasse ses mains dans la kalpi de façon à ne pouvoir viser lequel est « pour Hachem » et lequel « pour Azazel ». Il leva un sort dans chaque main [pour les deux boucs] : si celui « pour Hachem » monta dans sa droite, le segan lui dit : lève ta main droite ; s'il monta dans sa gauche, le roch beit av lui dit : lève ta main gauche. Il les posa sur les deux boucs et dit : « pour Hachem, un hatat ». Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs, mais les a seulement tirés en sachant lequel est monté dans la droite et lequel dans la gauche, cela n'invalide pas. (f. 41b) Il noua une bandelette d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc émissaire (saïr ha-michtaléah) et le plaça à la porte orientale, là où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être égorgé il nouait une bandelette au cou, afin qu'il ne se confonde ni avec le bouc émissaire ni avec les autres boucs. Dans le seder Ata Konanta il est écrit que le bouc « pour Hachem », lui aussi, on le place face au lieu de son abattage ; cela étonne, car la guemara conclut explicitement que (la michna) parle du nouage. Il revint auprès de son taureau une seconde fois et confessa sur lui, sur lui-même et sur ses frères les kohanim -- car il faut que vienne un innocent pour expier sur le coupable, et c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (f. 43b) Il l'égorgea, recueillit son sang dans un mizrak et le confia à quelqu'un qui le remue (memarès) pour qu'il ne coagule pas ; et le memarès se tenait sur la quatrième rangée de dalles de la azara à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prit une mahta (encensoir) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche atteignant sous son bras afin que son bras la soutienne. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, dont on entend le son à son arrivée ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait une sorte de gaine (nartik), pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il monte au milieu de l'autel, racle une pleine mahta de braises dont la flamme s'est éteinte, descend et la pose sur le dallage de la azara. (f. 47a) On lui sortit une mahta pleine de ketoret, celle-là même que l'on avait remise au mortier la veille de Yom Kippour et pilée menu, pour qu'elle soit « fine parmi les fines ». Il en prit pleines ses deux paumes, selon ce que contiennent les paumes du kohen (f. 48a) : ni rasés, ni comblés, mais tefoufot (juste bombées). Il la versa de ses paumes dans une kaf (récipient), prit dans sa droite la mahta où étaient les braises et dans sa gauche la kaf de l'encens. (f. 51b) Il alla par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'aux deux parokhot qui séparent le Kodech du Kodech ha-kodachim, à l'emplacement de la amah traksin du premier Temple. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que R. Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul parokhet, la halakha suit ici R. Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car nous avons là une mahloket suivie d'une michna anonyme, et l'anonyme postérieure à la mahloket fait autorité. (f. 52b) L'extérieure était agrafée au sud. De plus, R. Hanina suit R. Yehouda plus loin, lui qui dit qu'il se tenait du côté nord et purifiait. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (f. 58b) : « il commença à purifier en descendant ; d'où commençait-il ? de la corne nord-est » -- Rachi ayant expliqué qu'elle tient que l'ouverture est au nord. Même selon l'explication de Rachi, cette michna-là suit R. Yossi HaGelili, tandis que R. Akiva le conteste dans la baraita, et la halakha suit R. Akiva contre un seul collègue. (f. 52b) Il marchait entre elles jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il écarte des coudes pour que le parokhet ne brûle pas. Arrivé au nord, il tourna sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'Arche, et avança jusqu'à se trouver en face de l'Arche, et posa la mahta de feu entre les deux barres (badim). (f. 53b) Après que l'Arche eut été emportée, il la posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il transvasa dans ses paumes l'encens qui était dans la kaf et amoncela l'encens sur les braises. (f. 53a) Il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit lifnai ve-lifnim, afin de réfuter l'opinion des Sadducéens, qui disent qu'il le pose dans le Heikhal et entre déjà dans le nuage de fumée. (f. 52b) Il commençait par le côté intérieur, le plus éloigné de lui, car s'il commençait près de lui la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplit de fumée ; il y laissa la kaf et la mahta et sortit par où il était entré, la face tournée vers l'Arche. Dans le seder Ata Konanta il est écrit « il ferma les yeux et sortit », mais cela ne figure pas dans la guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Voici en effet ce qu'on lit dans le Yerouchalmi : tant que l'Arche n'avait pas été emportée, il entrait et sortait à sa lumière ; une fois l'Arche emportée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (f. 53b) Il faisait dans le Heikhal une courte prière pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui guettait sa sortie. (f. 53b) Il reprit le sang des mains de celui qui le remuait, entra lifnai ve-lifnim, se tint entre les barres et aspergea une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet ; il n'est pas nécessaire que le sang atteigne le kaporet, mais il asperge ke-matslif (comme on cingle du fouet). Rachi explique : dans leur ordre, une en haut et sept en bas. Les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas à viser qu'elles soient rangées ainsi ; simplement, pour celle d'en haut il tourne le dos de sa main vers le bas et asperge vers le haut, et pour les sept d'en bas il tourne le dos de sa main vers le haut et asperge vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux ; etc. Il sortit et posa le mizrak du sang sur le support (ken) qui était dans le Heikhal. Il égorgea le bouc et fit de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortit et posa le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il reprit le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergea vers tout le parokhet, à l'endroit qui fait face à l'Arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis du sang du bouc sur le parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le parokhet. Ensuite il versa le sang du taureau dans le mizrak où se trouvait le sang du bouc, puis reversa du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement homogène. (f. 58b) Il sort vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donne quatre matanot sur ses quatre cornes, se tenant à la corne sud-est. Il donne comme je l'ai expliqué plus haut : l'ouverture étant au sud, il se trouve rencontrer la corne sud-ouest, et il ne pouvait pas y commencer, puisqu'il lui fallait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à la corne sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne contournait pas l'autel avec ses pieds : il restait tout entier en un seul endroit et contournait avec sa main -- paroles de R. Akiva ; R. Yossi HaGelili le conteste sur ce point dans la baraita, et la halakha suit R. Akiva contre un seul collègue, lui qui dit qu'il contourne avec ses mains ; de plus, R. Eleazar est de son avis. Aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt par le bas et tirait vers le haut ; à la corne qui est devant lui, il commence par le haut et tire en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à la corne nord-est, il écartait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yesod occidental de l'autel extérieur. (f. 43b, 44a) Il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tant qu'il accomplit ces services -- ceux du Heikhal comme ceux du lifnai ve-lifnim. Mais de l'espace entre le Oulam et l'autel, on n'a pas à se retirer pendant les services du lifnai ve-lifnim, seulement pendant ceux du Heikhal. (f. 60a) Et s'il a interverti cet ordre, il n'a rien fait du tout. S'il a, dans le Heikhal, fait passer le sang du bouc avant le sang du taureau, il recommence et asperge de nouveau du sang du bouc. Par conséquent, si le mizrak du sang du taureau s'est confondu avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : si le premier était celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et si c'était celui du bouc, il est comme inexistant et il s'acquitte par les deux derniers. Si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les matanot de l'intérieur, il apporte un autre taureau et un autre encens, et refait tout l'ordre écrit ci-dessus. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli selon la loi les matanot du taureau et l'encens. S'il a achevé les matanot de l'intérieur et que l'un des sangs s'est répandu, il en apporte un autre et recommence depuis le début au Heikhal. S'il a achevé les matanot du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apporte un autre et recommence depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les matanot de l'autel et que (le sang) s'est répandu -- les chirayim (restes) ne sont pas indispensables. Et toute la loi qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est aussi sa loi si son compagnon, le bouc émissaire, vient à mourir : à l'heure où meurt le bouc émissaire, à cette heure-là le sang est écarté.
💡 Explication

La baraita oppose deux ordres exactement inverses. R. Yossi HaGelili soutient l'ordre de notre michna (NE, NO, SO, SE) ; R. Akiva soutient l'ordre miroir (SE, SO, NO, NE).

Rachi remonte à la cause. Tout dépend de par où le kohen sort du Saint des saints, ce qui dépend à son tour du nombre de parokhot et du côté de leur ouverture. R. Akiva tient qu'il y en avait deux, l'extérieure ouverte au sud : il sort donc par le sud et rencontre d'abord la corne sud-ouest. R. Yossi HaGelili tient qu'il n'y en avait qu'une, ouverte au nord : il sort par le nord et rencontre d'abord la corne nord-ouest.

Dans les deux cas, la corne rencontrée en premier est écartée -- la suite de la guemara expliquera pourquoi.

🖼️ Schéma
Par où sort-il du Saint des saints ? La cause cachée de la mahloket Rachi : la divergence sur les cornes remonte à une divergence sur le nombre de parokhot et le côté de leur ouverture. R. Akiva DEUX parokhot ; l'extérieure agrafée au SUD sortie au sud autel d'or 1re corne vue : SO R. Yossi HaGelili UN seul parokhet, agrafé au NORD sortie au nord autel d'or 1re corne vue : NO Dans les deux cas la première corne rencontrée est refusée : il faut d'abord dépasser tout l'autel vers l'est.
Une ou deux parokhot, ouverture au nord ou au sud : la racine de la mahloket sur les cornes.
9
מָקוֹם שֶׁרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מַתְחִיל, שָׁם רַבִּי עֲקִיבָא פּוֹסֵק. מָקוֹם שֶׁרַבִּי עֲקִיבָא מַתְחִיל, שָׁם רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פּוֹסֵק.

L'endroit où Rabbi Yossi HaGelili commence, c'est là que Rabbi Akiva achève ; et l'endroit où Rabbi Akiva commence, c'est là que Rabbi Yossi HaGelili achève.

💡 Explication

Remarque de la guemara, et elle n'est pas qu'esthétique : les deux positions ne se recouvrent sur aucun point du parcours. Ce n'est pas un décalage, c'est une inversion complète -- le début de l'un est la fin de l'autre. Ce constat prépare la question suivante : y a-t-il un principe général qui les départage ?

10
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהָא, בְּהָהוּא קֶרֶן דְּפָגַע בְּרֵישָׁא — לָא עֲבִיד. מַאי טַעְמָא? אָמַר שְׁמוּאֵל, דְּאָמַר קְרָא: ״וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ״, עַד דְּנָפֵיק מִכֻּולֵּיהּ מִזְבֵּחַ.

En tout cas, pour tous, sur la corne qu'il rencontre en premier -- il ne fait rien. Quelle en est la raison ?

Chemouel a dit : parce que le verset dit « il sortira vers l'autel » : jusqu'à ce qu'il soit sorti de tout l'autel.

📜 Rachi (1)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא וְכוּ' דְּהָא ע"כ מִן הַמַּעֲרָב הוּא בָּא וּבְמַעֲרָבָהּ שֶׁל מִזְבֵּחַ פּוֹגֵעַ תְּחִילָּה:
« Pour tous, etc. » -- car il vient nécessairement de l'ouest, et c'est à l'ouest de l'autel qu'il rencontre (une corne) en premier.
💡 Explication

Voici le point d'accord, et il est instructif. Le kohen vient de l'ouest ; c'est donc une corne occidentale qu'il rencontre en premier -- sud-ouest pour R. Akiva, nord-ouest pour R. Yossi HaGelili. Ni l'un ni l'autre n'y commence.

Chemouel en donne la raison, et c'est de nouveau le mot ve-yatsa : « il sortira vers l'autel » ne veut pas dire qu'il approche l'autel, mais qu'il dépasse l'autel tout entier. Tant qu'une partie de l'autel est encore devant lui, il n'est pas encore « sorti ».

11
וּלְרַבִּי עֲקִיבָא, נַקֵּיף דֶּרֶךְ יָמִין? לֵימָא בִּדְרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל קָא מִיפַּלְגִי,

Et selon Rabbi Akiva, qu'il contourne donc par la droite ! Dirons-nous qu'ils sont en désaccord sur (l'enseignement de) Rami bar Ye'hezkel ?

📜 Rachi (1)
לֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא שֶׁמַּקִּיף לִשְׂמֹאל וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הַמַּקִּיף לְיָמִין בִּדְרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל קָא מִיפַּלְגִי:
« Dirons-nous » -- R. Akiva, qui contourne par la gauche, et R. Yossi HaGelili, qui contourne par la droite, seraient en désaccord sur (l'enseignement de) Rami bar Ye'hezkel.
💡 Explication

L'objection. Le kohen se tient à l'est de l'autel, face à l'ouest : sa droite est donc le nord. Or R. Akiva le fait partir au sud-est et tourner vers le sud-ouest : il contourne par la gauche. Cela heurte une règle bien connue du Mikdach, selon laquelle tout tour se fait par la droite.

Première hypothèse de la guemara : la mahloket porterait sur cette règle même -- R. Yossi HaGelili l'accepterait, R. Akiva la refuserait.

12
דְּאָמַר רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל: יָם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה — ״עוֹמֵד עַל שְׁנֵים עָשָׂר בָּקָר שְׁלֹשָׁה פֹונִים צָפוֹנָה וּשְׁלֹשָׁה פֹונִים יָמָּה וּשְׁלֹשָׁה פֹּונִים נֶגְבָּה וּשְׁלֹשָׁה פֹּונִים מִזְרָחָה וְהַיָּם עֲלֵיהֶם מִלְמָעְלָה וְכָל אֲחֹורֵיהֶם בָּיְתָה״. הָא לָמַדְתָּ, שֶׁכָּל פִּינּוֹת שֶׁאַתָּה פּוֹנֶה לֹא יְהוּ אֶלָּא דֶּרֶךְ יָמִין, לַמִּזְרָח. מָר אִית לֵיהּ דְּרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל, וּמָר לֵית לֵיהּ דְּרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל.

Car Rami bar Ye'hezkel a dit : la mer que fit Salomon -- « elle se tenait sur douze bœufs : trois tournés vers le nord, trois tournés vers l'ouest, trois tournés vers le sud et trois tournés vers l'est ; la mer était posée sur eux, par-dessus, et toutes leurs parties arrière étaient tournées vers l'intérieur » (II Chroniques 4,4). Tu apprends de là que tous les tours que tu tournes ne doivent se faire que par la droite, vers l'est.

L'un tient (l'enseignement de) Rami bar Ye'hezkel, et l'autre ne le tient pas.

📜 Rachi (2)
עוֹמֵד עַל שְׁנֵים עָשָׂר בָּקָר בְּיָם שֶׁל נְחֹושֶׁת שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה כְּתִיב שְׁלֹשָׁה פּוֹנִים (צָפוֹן) וְגוֹ' (דִּבְרֵי הַיָּמִים ב ד׳:ד׳) מִקְרָא זֶה מוֹנֶה וְהוֹלֵךְ דֶּרֶךְ יָמִין הַמַּקִּיף אֶת הַיָּם וּבָא מִצָּפוֹן לַמַּעֲרָב וּמִמַּעֲרָב לַדָּרוֹם וּמִדָּרוֹם לַמִּזְרָח דֶּרֶךְ יָמִין מַקִּיפָהּ:
« Elle se tenait sur douze bœufs » -- à propos de la mer d'airain que fit Salomon il est écrit « trois tournés vers (le nord) », etc. (II Chr 4,4) : ce verset énumère en allant par la droite, en contournant la mer -- il va du nord à l'ouest, de l'ouest au sud, du sud à l'est : il contourne par la droite.
דֶּרֶךְ יָמִין לַמִּזְרָח לֹא שַׁייָּךְ לְמִתְנֵי הָכָא לַמִּזְרָח אֶלָּא בְּמַס' זְבָחִים דְּמַייְתֵי לָהּ לְהָא מַתְנִיתָא עַל הַכֶּבֶשׂ שֶׁהוּא בַּדָּרוֹם וְהָעוֹלָה לוֹ וּפוֹנֶה לְיָמִין לַמִּזְרָח הוּא פּוֹנֶה וְאַגַּב רִיהֲטָא דְּהַהִיא גִּירְסָא נָקֵיט לָהּ בְּכֻולָּהּ הַשַּׁ"ס:
« Par la droite, vers l'est » -- il n'y a pas lieu d'enseigner ici « vers l'est », mais (seulement) dans le traité Zevahim, où l'on rapporte cette baraita à propos de la rampe, qui se trouve au sud : celui qui y monte et se tourne vers la droite se tourne vers l'est. Et c'est par la force de l'habitude de cette leçon qu'on la cite ainsi dans tout le Talmud.
💡 Explication

La source de la règle est étonnante : ce n'est pas une loi énoncée, c'est l'ordre dans lequel un verset énumère. Décrivant la mer d'airain du Temple de Salomon, l'Écriture nomme les quatre groupes de bœufs dans l'ordre nord, ouest, sud, est. Rami bar Ye'hezkel y lit le sens de rotation normatif : celui qui contourne, contourne par la droite.

Rachi ajoute une précision de philologue sur les mots « vers l'est » : ils n'ont pas leur place ici, ils viennent du contexte de Zevahim, où il est question de la rampe (kevech) située au sud -- celui qui y monte et tourne à droite tourne effectivement vers l'est. La formule s'est figée et on la cite telle quelle dans tout le Talmud.

🖼️ Schéma
La mer de Salomon : d'où vient la règle du tour par la droite II Chroniques 4,4 énumère les quatre groupes de trois bœufs. C'est l'ORDRE de l'énumération qui fait la règle. la mer d'airain 1. nord 2. ouest 3. sud 4. est Rami bar Ye'hezkel : tous les tours que tu tournes ne doivent se faire que par la droite.
L'ordre d'énumération des douze bœufs de la mer de Salomon : nord, ouest, sud, est -- le tour par la droite.
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לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דְּרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל. וְהָכָא בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, מַר סָבַר: יָלְפִינַן פָּנִים מִחוּץ, וּמַר סָבַר: לָא יָלְפִינַן פְּנִים מִחוּץ.

Non : tous tiennent (l'enseignement de) Rami bar Ye'hezkel, et ici ils sont en désaccord sur ceci : l'un tient qu'on apprend l'intérieur de l'extérieur, et l'autre tient qu'on n'apprend pas l'intérieur de l'extérieur.

💡 Explication

La guemara refuse de faire de R. Akiva un opposant à une règle aussi bien établie. Elle déplace le désaccord : il porte sur une question de méthode, pas de rotation.

Yalfinan penim mi-houts : peut-on transposer à l'autel intérieur l'ordre des cornes de l'autel extérieur ? R. Yossi HaGelili dit oui -- et l'ordre de l'autel extérieur, qui va bien par la droite, s'impose alors ici. R. Akiva dit non : le service de l'intérieur a sa logique propre, et il faudra (segment suivant) lui trouver un autre fondement.

14
וְרַבִּי עֲקִיבָא נְהִי דְּלָא יָלֵיף פְּנִים מִחוּץ, אִי בָּעֵי — הָכִי נַעֲבִיד, אִי בָּעֵי — הָכִי נַעֲבִיד? אָמַר לָךְ רַבִּי עֲקִיבָא: מִדִּינָא בְּהָהוּא קֶרֶן דְּפָגַע בְּרֵישָׁא — בְּהַהוּא עֲבִיד בְּרֵישָׁא, דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת.

Et Rabbi Akiva : soit, il n'apprend pas l'intérieur de l'extérieur -- mais alors, s'il veut qu'il fasse ainsi, et s'il veut qu'il fasse autrement ! Rabbi Akiva pourrait te dire : en stricte logique (mi-dina), c'est sur la corne qu'il rencontre en premier qu'il devrait faire en premier, comme l'a dit Rech Lakich : on ne passe pas outre les mitsvot (ein maavirin al ha-mitsvot).

💡 Explication

Objection redoutable : ne pas apprendre l'intérieur de l'extérieur, c'est se retrouver sans règle du tout. Pourquoi alors R. Akiva impose-t-il un ordre précis plutôt que de laisser le choix ?

Réponse : il y a bien un principe, mais un autre -- ein maavirin al ha-mitsvot, on ne passe pas devant une mitsva pour la remettre à plus tard. Ce qui se présente en premier doit être fait en premier. En stricte logique, R. Akiva devrait donc commencer par la corne sud-ouest, celle qu'il rencontre en sortant.

15
וְאַמַּאי לָא עֲבִיד — מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״וְיָצָא אֶל הַמִּזְבֵּחַ״, עַד דְּנָפֵיק מִכֻּולֵּיהּ מִזְבֵּחַ. וְכֵיוָן דְּיָהֵיב בְּהָהוּא קֶרֶן — הָדַר אָתֵי לְהָהוּא קֶרֶן דְּאִיחַייַּב לְמִיתַּב בְּרֵישָׁא.

Et pourquoi ne le fait-il pas ? Parce qu'il est écrit « il sortira vers l'autel » : jusqu'à ce qu'il soit sorti de tout l'autel.

Et puisqu'il a donné sur cette corne-là (la sud-est), il revient ensuite à la corne où il aurait été tenu de donner en premier.

💡 Explication

La résolution. Deux exigences se heurtent : ein maavirin voudrait qu'il commence par la corne sud-ouest ; ve-yatsa le lui interdit, car il faut d'abord avoir dépassé tout l'autel. Le verset l'emporte, et il part donc du sud-est.

Mais ein maavirin n'est pas abandonné pour autant : il garde une force résiduelle. Ayant commencé au sud-est, R. Akiva le fait revenir immédiatement sur la corne sud-ouest, celle qui avait été délaissée malgré lui. D'où le tour par la gauche : c'est le prix à payer pour réparer au plus vite le retard imposé par le verset.

Autrement dit, R. Akiva ne rejette pas Rami bar Ye'hezkel par principe -- il lui fait céder le pas devant une exigence plus urgente.

🖼️ Schéma
Le raisonnement de R. Akiva en quatre temps Il n'apprend pas l'intérieur de l'extérieur : il lui faut donc une autre raison de commencer précisément au sud-est. 1. En droit ein maavirin al ha-mitsvot : il devrait servir d'abord la corne rencontrée (SO). 2. Mais le verset ve-yatsa el ha-mizbeah : jusqu'à être sorti de TOUT l'autel. 3. Donc il dépasse l'autel et commence à la corne sud-est. 4. Puis il revient aussitôt sur la corne SO, la délaissée. Le prix à payer Contourner par la gauche contredit Rami bar Ye'hezkel -- mais c'est le seul moyen de rattraper immédiatement la corne délaissée. Deux principes se disputent ; R. Akiva sacrifie le tour par la droite.
Les quatre temps du raisonnement de R. Akiva : ein maavirin, le verset ve-yatsa, le départ au sud-est, le retour immédiat.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).