Yoma 5b — ce qui invalide les milouim (ikkouva) et l'ordre du revêtement des cohanim

Yoma 5b

Sougya : Ce daf clôt l'enquête sur l'investiture des cohanim (milouim). Première question : un détail écrit seulement dans la section de la RÉALISATION (Lev 8), et non dans celle du COMMANDEMENT (Ex 29), invalide-t-il aussi l'inauguration s'il manque ?

Trois réponses : la guezera chava 'pétach'-'pétach' (Rav Nahman bar Yitzhak), 've-chmartem et michmeret Hachem' (Rav Mecharchia), et 'ki khen tzuvéiti' (Rav Achi). Une baraita distingue alors trois expressions du commandement (Lev 8-10) et leur enseignement, dont l'obligation de manger la mincha du huitième jour même en état d'aninout.

R. Yossi bar Hanina ajoute, par le vav de 've-zeh ha-davar' et une guezera chava 'zeh'-'zeh', les caleçons et le dixième d'épha ; R.

Yo'hanan au nom de Rachbi ajoute que même la lecture publique de la section (mikra paracha) est indispensable. Le daf s'achève sur l'ordre du revêtement : consensus sur la tunique et la mitre (Aharon d'abord), litige sur la ceinture (Aharon puis ses fils, ou tous simultanément), dont la résolution ouvre 6à.

Yoma 5b — qu'est-ce qui invalide (me'akev) les milouim ? Un détail écrit dans la section du COMMANDEMENT (Ex 29) invalide s'il manque. Et un détail écrit seulement dans la RÉALISATION (Lev 8) ? Section du commandement (tzavaa) Vé-atta Tetzave (Ex 29). Déjà acquis (5à) : 'kakha' = ikkouva. Section de la réalisation (asiya) Tzav et Aharon (Lev 8). Manque le terme 'kakha'. D'où l'ikkouva ? Rav Nahman b. Yitzhak guezera chava 'pétach' - 'pétach' le mot 'entrée' relie les deux sections (Ex 29:32 / Lev 8:31) Rav Mecharchia 've-chmartem et michmeret Hachem' (Lev 8:35) 'vous garderez' = gardez tout l'écrit. Pas besoin de g.ch. Rav Achi 'ki khen tzuvéiti' (Lev 8:35) 'car ainsi il m'a été ordonné' = terme d'invalidation. R. Yo'hanan au nom de R. Chimon bar Yohai : même la LECTURE de la section (mikra paracha) est indispensable 'Moche dit à l'assemblée : voici la chose que Hachem a ordonné' (Lev 8:5) -- même le dibbour (proclamation) invalide s'il manque. Détails non écrits explicitement dans la section, ajoutés par R. Yossi bar Hanina 've-ZEH ha-davar acher ta'aseh lahem' (Ex 29:1) : le vav (et) ajoute au sujet précédent => les MIKHNASAYIM (caleçons) voisins de la section des habits le DIXIÈME D'ÉPHA (asirit ha-éifa) g. chava 'zeh'-'zeh' (Lev 6:13)
Les sources de l'invalidation (ikkouva) pour un détail écrit seulement dans la section de la réalisation, et les éléments ajoutés par derachot.
Baraita : les trois expressions du commandement dans la réalisation 'ki khen tzuvéiti' car ainsi il m'a été ordonné Lev 8:35 'ka'asher tzuvéiti' comme il m'a été ordonné Lev 10:18 'ka'asher tziva Hachem' comme Hachem l'a ordonné Lev 10:15 enseigne : on la mange en état d'ANINOUT (deuil du 1er jour) -- la mincha du 8e jour, malgré le deuil de Nadav et Avihou enseigne : Moche le leur dit AU MOMENT MÊME de l'événement (le bouc chatat brûlé) -- 'comme je vous l'ai ordonné pour la mincha' enseigne : 'ce n'est PAS de moi-même que je le dis' -- l'ordre vient de Hachem, non de Moche
La baraita des trois expressions du commandement (Lev 8-10) et ce que chacune enseigne.
Comment Moche revêtit-il Aharon et ses fils ? (le-misbar kra'ei) Consensus : tunique (ketonet) et mitre (mitznefet) -- Aharon D'ABORD, puis les fils Tant dans le commandement que dans la réalisation, Aharon précède. (Les mikhnasayim précèdent tout, non contestés.) Le litige ne porte que sur la CEINTURE (avnet) Position A : Aharon puis ses fils S'appuie sur la RÉALISATION : 'il le ceignit de la ceinture' (Lev 8:7 -- Aharon, avec tous ses habits) puis 'il les ceignit de ceintures' (Lev 8:13 -- les fils, ensuite) => Aharon entièrement revêtu, puis les fils Position B : simultanément (bevat ahat) S'appuie sur le COMMANDEMENT : 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils' (Ex 29:9 -- ensemble, sans interruption) => la ceinture des uns et des autres dans un seul et même mouvement Objection à B : mais la réalisation dit bien 'il le ceignit' (Aharon) PUIS 'il les ceignit' (les fils) ! La guemara résout cette difficulté au début de 6à.
La mahloket sur l'ordre du revêtement : consensus sur ketonet/mitznefet, litige sur la ceinture (avnet).
1
מִילְּתָא דִּכְתִיבָא בְּהַאי עִנְיָנָא. מִילְּתָא דְּלָא כְּתִיבָא בְּהַאי עִנְיָנָא מְנָא לַן?

[On vient d'établir (5à) que] ce qui est écrit dans ce contexte-ci [la section du commandement des milouim, dans Vé-atta Tetzave (Ex 29)] [invalide l'investiture s'il manque]. Mais ce qui N'est PAS écrit dans ce contexte-ci — [et ne figure que dans la section de la réalisation, Tzav et Aharon (Lev 8)] — d'où tirons-nous [qu'il invalide également] ?

📜 Rachi (2)
מִילְּתָא דִּכְתִיבָא בְּהַאי עִנְיָנָא בְּפָרָשַׁת צַווָּאָה דְּמִלּוּאִים שֶׁנֶּאֱמַר בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה:
Ce qui est écrit dans ce contexte-ci — dans la section du commandement (tzavaa) des milouim, celle qui est énoncée dans Vé-atta Tetzave (Ex 29).
דְּלָא כְּתִיב בְּפָרָשַׁת הַמִּלּוּאִים בְּזֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה וְגוֹ' לָא כְּתִיב שֶׁיִּתֵּן אֶל הַחֹושֶׁן אוּרִים וְתֻומִּים כְּשֶׁהִלְבִּישָׁן אֲבָל בְּפָרָשַׁת צַו אֶת אַהֲרֹן שֶׁנֶּאֶמְרָה שָׁם עֲשִׂייַּת הַמִּלּוּאִים כְּתִיב וְיִתֵּן עָלָיו אֶת הַחֹשֶׁן וַיִּתֵּן אֶל הַחֹשֶׁן אֶת הָאוּרִים וְאֶת הַתֻּומִּים וא"ת אַף בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה נֶאֱמַר וְנָתַתָּ אֶל חֹשֶׁן הַמִּשְׁפָּט אֶת הָאוּרִים וְאֶת הַתֻּומִּים אֵין זוֹ מִפָּרָשַׁת הַמִּלּוּאִים אֶלָּא עֲשִׂייַּת הַבְּגָדִים וּבְהַהוּא עִנְיָנָא לָא כְּתִיב כָּכָה לְעִיכּוּבָא:
Ce qui n'est pas écrit — dans la section des milouim 've-zeh ha-davar acher ta'aseh' (Ex 29:1) il n'est pas écrit qu'on place dans le pectoral (choshen) les ourim et les toumim au moment où on les revêt ; mais dans la section 'Tzav et Aharon', où est énoncée la réalisation des milouim, il est écrit 'il posa sur lui le pectoral, et mit dans le pectoral les ourim et les toumim' (Lev 8:8). Et si tu objectes : dans Vé-atta Tetzave aussi il est dit 'tu mettras dans le pectoral du jugement les ourim et les toumim' (Ex 28:30) — [réponse :] ce verset-là n'appartient pas à la section des milouim, mais à celle de la confection des habits, et dans ce contexte-là le terme d'invalidation 'kakha' n'est pas écrit.
💡 Explication

La guemara poursuit la sougya des milouim (l'investiture des cohanim). En 5a on a établi qu'un détail écrit dans la section du commandement (tzavaa, Ex 29) est indispensable (me'akev) : s'il est omis, l'investiture est invalide. Reste une question : certains détails ne figurent QUE dans la section de la réalisation (asiya, Lev 8), pas dans le commandement. D'où sait-on qu'eux aussi invalident ?

🖼️ Schéma
Yoma 5b — qu'est-ce qui invalide (me'akev) les milouim ? Un détail écrit dans la section du COMMANDEMENT (Ex 29) invalide s'il manque. Et un détail écrit seulement dans la RÉALISATION (Lev 8) ? Section du commandement (tzavaa) Vé-atta Tetzave (Ex 29). Déjà acquis (5à) : 'kakha' = ikkouva. Section de la réalisation (asiya) Tzav et Aharon (Lev 8). Manque le terme 'kakha'. D'où l'ikkouva ? Rav Nahman b. Yitzhak guezera chava 'pétach' - 'pétach' le mot 'entrée' relie les deux sections (Ex 29:32 / Lev 8:31) Rav Mecharchia 've-chmartem et michmeret Hachem' (Lev 8:35) 'vous garderez' = gardez tout l'écrit. Pas besoin de g.ch. Rav Achi 'ki khen tzuvéiti' (Lev 8:35) 'car ainsi il m'a été ordonné' = terme d'invalidation. R. Yo'hanan au nom de R. Chimon bar Yohai : même la LECTURE de la section (mikra paracha) est indispensable 'Moche dit à l'assemblée : voici la chose que Hachem a ordonné' (Lev 8:5) -- même le dibbour (proclamation) invalide s'il manque. Détails non écrits explicitement dans la section, ajoutés par R. Yossi bar Hanina 've-ZEH ha-davar acher ta'aseh lahem' (Ex 29:1) : le vav (et) ajoute au sujet précédent => les MIKHNASAYIM (caleçons) voisins de la section des habits le DIXIÈME D'ÉPHA (asirit ha-éifa) g. chava 'zeh'-'zeh' (Lev 6:13)
Le problème et ses réponses : d'où vient l'invalidation pour un détail écrit seulement dans la réalisation ?
2
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: יָלֵיף ״פֶּתַח״ ״פֶּתַח״. רַב מִשָּׁרְשְׁיָא אָמַר: ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת מִשְׁמֶרֶת ה׳״ — עִכּוּבָא. רַב אַשִּׁי אָמַר: ״כִּי כֵן צִוִּיתִי״ — עִכּוּבָא.

Rav Nahman bar Yitzhak dit : on l'apprend par une guezera chava (analogie verbale) 'pétach' — 'pétach' [le mot 'entrée' (pétach ohel moed) figure dans les deux sections des milouim : dans le commandement (Ex 29:32) et dans la réalisation (Lev 8:31) ; ce qui est écrit dans les deux est donc indispensable]. Rav Mecharchia dit : ['ve-chmartem et michmeret Hachem' (Lev 8:35), écrit dans la réalisation elle-même,] indique l'invalidation (ikkouva) [nul besoin de guezera chava].

Rav Achi dit : 'ki khen tzuvéiti' ('car ainsi il m'a été ordonné', Lev 8:35) — [c'est de là qu'on tire] l'invalidation.

📜 Rachi (2)
פֶּתַח פֶּתַח בְּצַווָּאָה כְּתִיב (שְׁמוֹת כט) אֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד [יַתִּירָא] וְכֵן בַּעֲשִׂיָּיה [בַּצַּווָּאָה כְּתִיב] תַּקְרִיב פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְאָכַל אַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת בְּשַׂר הָאַיִל וְאֶת הַלֶּחֶם אֲשֶׁר בַּסָּל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְכֵן בַּעֲשִׂיָּיה וְאֵת כָּל הָעֵדָה הִקְהִילוּ אֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד בַּשְּׁלוּ אֶת הַבָּשָׂר פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד:
Pétach — pétach : dans le commandement il est écrit (Ex 29) 'à l'entrée (pétach) de la tente d'assignation' [mot surabondant] ; de même dans la réalisation. [Dans le commandement :] 'tu offriras à l'entrée de la tente d'assignation... et Aharon et ses fils mangeront la chair du bélier et le pain qui est dans la corbeille, à l'entrée de la tente d'assignation' ; et de même dans la réalisation : 'toute la communauté, il l'assembla à l'entrée de la tente d'assignation... ils firent cuire la chair à l'entrée de la tente d'assignation'.
וְרַב מִשָּׁרְשְׁיָא אָמַר בְּפָרָשַׁת עֲשִׂיָּיתָן נָמֵי עִיכּוּבָא כְּתִיבָא וּשְׁמַרְתֶּם מִשְׁמֶרֶת מַשְׁמַע תִּשְׁמֹור כְּכָל הַכָּתוּב וְלֹא צָרִיךְ גְּזֵירָה שָׁוָה:
Et Rav Mecharchia dit : dans la section de leur réalisation aussi l'invalidation est écrite : 've-chmartem michmeret' ('vous garderez la garde') signifie 'tu observeras selon tout l'écrit', et il n'est pas besoin de la guezera chava.
💡 Explication

Trois réponses à la question du segment précédent :

Rav Nahman bar Yitzhak : une guezera chava sur le mot 'pétach' (entrée), qui apparaît à la fois dans le commandement et dans la réalisation, relie les deux sections — ce qui invalide dans l'une invalide dans l'autre.

Rav Mecharchia : pas besoin de l'analogie ; le verset de la réalisation lui-même, 'et vous garderez la garde de Hachem' (Lev 8:35), signifie 'observez TOUT ce qui est écrit' — donc l'omission invalide.

Rav Achi : c'est l'expression 'ki khen tzuvéiti' ('car ainsi il m'a été ordonné') qui porte l'invalidation.

3
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כִּי כֵן צִוִּיתִי״, ״כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִי״, ״כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳״. ״כִּי כֵן צִוֵּיתִי״ — בַּאֲנִינוּת יֹאכְלוּהָ. ״כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִי״ — בִּשְׁעַת מַעֲשֶׂה אָמַר לָהֶם. ״כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳״ — וְלֹא מֵאֵלַי אֲנִי אוֹמֵר.

Nos Maîtres ont enseigné : ['ki khen tzuvéiti' ('car ainsi il m'a été ordonné', Lev 8:35), 'ka'acher tzuvéiti' ('comme il m'a été ordonné', Lev 10:18), 'ka'acher tziva Hachem' ('comme Hachem l'a ordonné', Lev 10:15)]. 'Ki khen tzuvéiti' — [enseigne que] c'est en état d'aninout (deuil du premier jour) qu'on doit la manger [l'offrande]. 'Ka'acher tzuvéiti' — [Moche] le leur a dit au moment même de l'événement. 'Ka'acher tziva Hachem' — [et Moche précise :] ce n'est pas de moi-même que je le dis [mais sur ordre divin].

📜 Rachi (6)
ת"ר כִּי כֵן צִוֵּיתִי וְכוּ' אַיְּידֵי דִּנְקַט הָכָא לְמִידְרַשׁ כִּי כֵן צִוִּיתִי לְעִנְיָנָא דְּמִלּוּאִים דִּלְעִיכּוּבָא אֲתָא קָבְעָה לָהּ בָּרַייְתָא הָכָא לְמִדְרַשׁ כִּי כֵן צִוִּיתִי דִּשְׁמִינִי לְמַאי אֲתָא וְלָאו נִיהוּ הַהוּא קְרָא דְּעִנְיָנָא דְּמִלּוּאִים דְּצַו אֶת אַהֲרֹן אֶלָּא דְּיוֹם הַשְּׁמִינִי דִּכְתִיב בְּמִנְחָה (וַיִּקְרָא י׳:י״ב) קְחוּ אֶת הַמִּנְחָה הַנּוֹתֶרֶת מֵאִשֵּׁי ה' וְאִכְלוּהָ מַצּוֹת אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ כִּי כֵּן צִוִּיתִי:
'Nos Maîtres ont enseigné : ki khen tzuvéiti...' — puisqu'on a ici cité 'ki khen tzuvéiti' au sujet des milouim (où il vient enseigner l'invalidation), la baraita est placée ici pour exposer à quoi vient le 'ki khen tzuvéiti' [du huitième jour]. Ce n'est pas le verset du contexte des milouim (Tzav et Aharon), mais celui du huitième jour, écrit à propos de la mincha (Lev 10:12) : 'prenez la mincha qui reste des offrandes de Hachem et mangez-la sans levain à côté de l'autel... car ainsi il m'a été ordonné (ki khen tzuvéiti)'.
כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִי גַּבֵּי שְׂעִיר חַטָּאת אֲשֶׁר דָּרַשׁ מֹשֶׁה וְהִנֵּה שֹׂורָף כְּתִיב אָכֹל תֹּאכְלוּ אֹותָהּ בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִי (שָׁם):
'Ka'acher tzuvéiti' — à propos du bouc chatat que Moche rechercha 'et voici il avait été brûlé' (Lev 10:16), il est écrit : 'vous auriez dû la manger en lieu saint, comme je l'avais ordonné (ka'acher tzuvéiti)' (Lev 10:18).
כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה' גַּבֵּי שׁוֹק הַתְּרוּמָה וַחֲזֵה הַתְּנוּפָה כְּתִיב תֹּאכְלוּ בְּמָקוֹם טָהוֹר וְגוֹ' כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה' (שָׁם) וְלָמָּה לִי חַד מִכָּל הָנֵי כּוּ' וְכִי כָּל הַדְּבָרִים שֶׁנֶּאֶמְרוּ לְמֹשֶׁה לוֹמַר לְיִשְׂרָאֵל חָזַר וְאָמַר כִּי כֵן צִוִּיתִי:
'Ka'acher tziva Hachem' — à propos de la cuisse de prélèvement et de la poitrine de balancement, il est écrit : 'vous les mangerez en lieu pur... comme Hachem l'a ordonné (ka'acher tziva Hachem)' (Lev 10:15). Et pourquoi ai-je besoin de chacune de ces [expressions] ? Est-ce que pour toutes les choses que Hachem dit à Moche de transmettre à Israël, celui-ci répétait 'car ainsi il m'a été ordonné' ? [Non — d'où la nécessité d'un enseignement particulier.]
אוֹנְנִין עַל נָדָב וַאֲבִיהוּא וְקָדָשִׁים אֲסוּרִין לְאוֹנֵן מִקַּל וָחֹומֶר מִמַּעֲשֵׂר הַקַּל דִּכְתִיב גַּבֵּי מַעֲשֵׂר (דְּבָרִים כ״ו:י״ד) לֹא אָכַלְתִּי בְאֹונִי מִמֶּנּוּ וְהוּא אָמַר לָהֶן לֶאֱכֹול הַמִּנְחָה הֻוזְקַק לוֹמַר כִּי כֵן צֻוֵּיתִי בַּאֲנִינוּת תֹּאכְלוּהָ:
Onenin (en état de deuil) — [en deuil] pour Nadav et Avihou. Or les kodachim sont interdits à l'onen par un kal va-homer depuis la dîme (ma'asser), pourtant moins grave, dont il est écrit (Deut 26:14) 'je n'en ai pas mangé dans mon deuil (be-oni)'. Et pourtant [Moche] leur dit de manger la mincha : il fallut donc préciser 'car ainsi il m'a été ordonné — c'est en état d'aninout que vous la mangerez'.
כַּאֲשֶׁר צִוֵּיתִי בִּשְׁעַת מַעֲשֶׂה אָמַר לָהֶם כְּשֶׁמָּצָא מַה שֶׁעָשׂוּ שֶׁשָּׂרְפוּ שְׂעִיר הַחַטָּאת וְהוּא שָׂעִיר שֶׁל ר"ח אָמַר לָהֶם הֵן לֹא הוּבָא אֶת דָּמָהּ וְגוֹ' הֲלֹא לֹא אֵירַע בּוֹ פְּסוּל הָיָה לָכֶם לְאָוכְלוֹ בַּקֹּודֶשׁ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִי אֶתְכֶם בַּמִּנְחָה שֶׁאָמַרְתִּי לָכֶם בָּהּ שֶׁמִּפִּי הקב"ה נִצְטַוֵּיתִי:
'Ka'acher tzuvéiti — au moment même de l'événement il le leur dit' — quand il constata ce qu'ils avaient fait, ayant brûlé le bouc chatat (celui de Roch Hodech), il leur dit : 'voici, son sang n'a pas été apporté... (Lev 10:18)' — aucune invalidité n'y étant survenue, vous auriez dû le manger en lieu saint, 'comme je vous l'avais ordonné' pour la mincha, où je vous ai dit que c'est de la bouche du Saint béni soit-Il que j'en ai reçu l'ordre.
כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה' וְלֹא מֵאֵלַי אֲנִי אוֹמֵר הָיוּ סוֹמְכִין ע"פ הַדִּיבּוּר וְאָכְלוּ אוֹתוֹ אוֹנְנִין וְלֹא תַּעֲשׂוּ כַּאֲשֶׁר עֲשִׂיתֶם בְּחַטָּאת וּמֹשֶׁה טָעָה בַּדָּבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר לוֹ אֶלָּא בְּמִנְחָה וּבְחָזֶה וְשׁוֹק וְשָׂעִיר שְׁמִינִי וּבִשְׂעִיר נַחְשׁוֹן שֶׁהָיוּ קָדְשֵׁי שָׁעָה אֲבָל שְׂעִיר ר"ח שֶׁהוּא קָדְשֵׁי דּוֹרוֹת לֹא הֻותַּר לְאוֹנֵן וּשְׁלֹשָׁה שְׂעִירִים קָרְבוּ בּוֹ בַּיּוֹם וְלֹא נִשְׂרַף אֶלָּא שֶׁל ר"ח בִּלְבַד שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא י׳:י״ז) וְאֹותָהּ נָתַן לָכֶם לָשֵׂאת אֶת עֲוֹן הָעֵדָה זֶהוּ שֶׁל ר"ח הַבָּא עַל טֻומְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו כְּמוֹ שֶׁשָּׁנִינוּ בְּמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת (דַּף ט:):
'Ka'acher tziva Hachem — et ce n'est pas de moi-même que je le dis' — ils s'appuyaient sur la parole [divine] et mangeaient en état d'aninout ; [Moche leur dit :] ne faites pas comme vous avez fait pour le chatat. Or Moche s'était trompé : il ne lui avait été dit [d'autoriser l'aninout] que pour la mincha, la poitrine et la cuisse, le bouc du huitième jour et le bouc de Nahchon — qui étaient des kodchei chaa (offrandes du moment) ; mais le bouc de Roch Hodech, qui est kodchei dorot (des générations), n'était pas permis à l'onen. Trois boucs furent offerts ce jour-là, et seul celui de Roch Hodech fut brûlé, car il est dit (Lev 10:17) 'Il vous l'a donné pour porter la faute de la communauté' — c'est celui de Roch Hodech, qui vient pour l'impureté du Sanctuaire et de ses saintetés, comme nous l'avons appris au traité Chevouot (9b).
💡 Explication

À propos de l'expression 'ki khen tzuvéiti', la guemara cite une baraita qui distingue trois formules proches, chacune enseignant une chose :

'Ki khen tzuvéiti' (Lev 8:35) : la mincha du huitième jour doit être mangée même en état d'aninout (le deuil du premier jour, après la mort de Nadav et Avihou) — d'ordinaire les kodachim sont interdits à l'onen.

'Ka'asher tzuvéiti' (Lev 10:18) : Moche le leur a dit au moment même de l'incident (à propos du bouc chatat que les fils d'Aharon avaient brûlé).

'Ka'asher tziva Hachem' (Lev 10:15) : Moche insiste — l'ordre vient de Hachem, non de sa propre initiative.

🖼️ Schéma
Baraita : les trois expressions du commandement dans la réalisation 'ki khen tzuvéiti' car ainsi il m'a été ordonné Lev 8:35 'ka'asher tzuvéiti' comme il m'a été ordonné Lev 10:18 'ka'asher tziva Hachem' comme Hachem l'a ordonné Lev 10:15 enseigne : on la mange en état d'ANINOUT (deuil du 1er jour) -- la mincha du 8e jour, malgré le deuil de Nadav et Avihou enseigne : Moche le leur dit AU MOMENT MÊME de l'événement (le bouc chatat brûlé) -- 'comme je vous l'ai ordonné pour la mincha' enseigne : 'ce n'est PAS de moi-même que je le dis' -- l'ordre vient de Hachem, non de Moche
Les trois expressions et leur enseignement respectif.
4
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: מִכְנָסַיִם אֵין כְּתוּבִין בַּפָּרָשָׁה, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְזֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה לָהֶם לְקַדֵּשׁ אֹתָם לְכַהֵן״ — לְהָבִיא הַמִּכְנָסַיִם וַעֲשִׂירִית הָאֵיפָה.

R. Yossi bar Hanina dit : les caleçons (mikhnasayim) ne sont pas écrits dans la section [des milouim] ; lorsque le verset dit 've-zeh ha-davar acher ta'aseh lahem le-kadech otam le-khahen li' ('et voici ce que tu leur feras pour les sanctifier afin qu'ils exercent Mon sacerdoce', Ex 29:1), [le vav 'et' vient] inclure les caleçons et le dixième d'épha (asirit ha-éifa).

📜 Rachi (3)
אֵינָן כְּתוּבִין בַּפָּרָשָׁה בִּלְבִישַׁת הַבְּגָדִים לֹא בְּצַוָּואָה וְלֹא בַּעֲשִׂיָּיה:
Ne sont pas écrits dans la section — [c'est-à-dire] dans le revêtement des habits, ni dans le commandement ni dans la réalisation.
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְזֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה לָהֶם וָי"ו מוֹסִיף עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן הַמְדַבֵּר בְּצַוָּואַת עֲשִׂייַּת הַבְּגָדִים וְשָׁם כְּתִיב וַעֲשֵׂה לָהֶם מִכְנְסֵי בָד:
Lorsqu'il dit 've-zeh ha-davar acher ta'aseh lahem' — le vav ajoute au sujet précédent, lequel traite du commandement de la confection des habits ; et là il est écrit 'tu leur feras des caleçons de lin' (Ex 28:42).
וַעֲשִׂירִית הָאֵיפָה שֶׁהַכֹּהֲנִים צְרִיכִים לְהָבִיא בְּיוֹם חִינּוּכָם וַאֲפִילּוּ הַהֶדְיוֹט כִּדְאָמְרִינַן בִּמְנָחוֹת (דַּף נא:):
Et le dixième d'épha — que les cohanim doivent apporter au jour de leur inauguration, même le simple cohen (hedyot), comme nous le disons à Menahot (51b).
🗂️ Tossefot (1)
לְהָבִיא אֶת הַמִּכְנָסַיִם מִכָּאן קָשֶׁה לְהָא דִּבְפֶ' אֵלּוּ הֵן הַנִּשְׂרָפִין (סַנְהֶדְרִין דַּף פג:) מַפִּיק מִיתָה מְחֻוסַּר בְּגָדִים מִדְּדָרְשִׁינַן אֵין בִּגְדֵיהֶן עֲלֵיהֶן אֵין כְּהֻונָּתָן עֲלֵיהֶן וְהָווּ לְהוּ זָרִים וְהִקְשָׁה רַבֵּינוּ יַעֲקֹב מאורליינ"ש הָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב מִיתָה בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה נְהִי דְּהַאי קְרָא אִיצְטְרִיךְ לְשַׁווִּינְהוּ זָרִים אַף לְעִנְייַן לְחַלֵּל עֲבוֹדָה כְּמוֹ זָרִים מ"מ הַהוּא קְרָא דִּכְתִיב בִּמְחֻוסְּרֵי בְּגָדִים מִיתָה בְּהֶדְיָא לָמָּה לִי תִּיפּוֹק לֵיהּ מֵאֵין בִּגְדֵיהֶם עֲלֵיהֶם אֵין כְּהֻונָּתָן עֲלֵיהֶן וְתֵירֵץ דְּמִכְנָסַיִם לָא כְּתִיב הָכָא וְאִיצְטְרִיךְ הַהוּא קְרָא לִמְחֻוסַּר מִכְנָסַיִם דַּהֲוָה בְּמִיתָה וְקָשֶׁה לְרַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא כֵּיוָן דְּנָפְקָא לֵיהּ מִכְנָסַיִם מֻוזֶּה הַדָּבָר הֲוָה לֵיהּ כְּאִלּוּ מִכְנָסַיִם נָמֵי כְּתִיבִי הָכָא וְתֵירֵץ ריצב"א דְּמִיתָה דְּגַבֵּי [מִכְנָסַיִם] אִיצְטְרִיךְ לְחַיֵּיב אֲפִילּוּ בְּבִיאָה רֵיקָנִית אַאֹהֶל מוֹעֵד מִי שֶׁנִּכְנַס מְחֻוסַּר בְּגָדִים כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ח:מ״ג) וְהָיוּ עַל אַהֲרֹן וְעַל בָּנָיו בְּבֹאָם אֶל אֹהֶל מוֹעֵד וְכֵן בְּשֶׁלֹּא רְחוּץ יָדַיִם דִּכְתִיב (שָׁם ל) בְּבֹואָם אֶל אֹהֶל מוֹעֵד יִרְחֲצוּ אוֹ בְגִשְׁתָּם אֶל הַמִּזְבֵּחַ לְשָׁרֵת מִיחַייַּב אַאֹהֶל מוֹעֵד אֲפִילּוּ אַבִּיאָה רֵיקָנִית וְהָא דְּקָאָמַר פ"ב דִּזְבָחִים (דַּף יט:) אִי כְּתַב רַחֲמָנָא בְּבוֹאָם וְלֹא כְּתַב בְּגִשְׁתָּם הֵ"א אֲפִילּוּ אַבִּיאָה רֵיקָנִית כו' מַשְׁמַע דִּלְפִי הָאֱמֶת לָא מִיחַייַּב אַבִּיאָה רֵיקָנִית יֵשׁ לוֹמַר הַיְינוּ אַמִּזְבֵּחַ וה"פ אִי כְּתִיב בְּבֹואָם אֶל אֹהֶל מוֹעֵד אוֹ אֶל הַמִּזְבֵּחַ וְלָא כְּתִיב לְשָׁרֵת הֵ"א דַּאֲפִילּוּ אַמִּזְבֵּחַ מִיחַייַּב אַבִּיאָה רֵיקָנִית קמ"ל דְּאַמִּזְבֵּחַ לָא מִיחַייַּב וּבַתּוֹסֶפְתָּא דְּמַסֶּכֶת כֵּלִים [פ"א] תַּנְיָא אָמַר שִׁמְעוֹן הַצָּנוּעַ לִפְנֵי ר"א אֲנִי נִכְנַסְתִּי בֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ בְּלֹא רְחוּץ יָדַיִם וְרַגְלַיִם אָמַר לוֹ מִי חָבִיב אַתָּה אוֹ כֹּהֵן גָּדוֹל שָׁתַק אָמַר לוֹ בּוֹשׁ אַתָּה לוֹמַר (הָעֲבוֹדָה) שֶׁכַּלְבּוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל יוֹתֵר חָבִיב מִמְּךָ וְכוּ' עַד וַאֲפִילּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל מְפַצְּעִים אֶת מוֹחוֹ בְּגִיזְרִין אֶלָּא שֶׁלֹּא מְצָאֲךָ בַּעַל הַפּוֹל וּמִסְּתָמָא שִׁמְעוֹן הַצָּנוּעַ לֹא הָיָה מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּלֹא רְחוּץ יָדַיִם כִּי לֹא הָיָה טוֹעֶה בָּזֶה אֲבָל רַשִׁ"י פֵּירֵשׁ בְּפֵירוּשׁ חֻומָּשׁ בְּבֹואָם אֶל אֹהֶל מוֹעֵד לְהַקְטִיר וְלָא נְהִירָא אֶלָּא כִּדְפָרֵישִׁית:
'Pour inclure les caleçons' — de là une difficulté contre ce qui est dit au chapitre Elou hen ha-nisrafin (Sanhédrin 83b), où l'on tire la peine de mort pour le cohen 'mehousar begadim' (auquel manque un habit) de la deracha 'quand leurs habits ne sont pas sur eux, leur sacerdoce n'est pas sur eux' — ils sont alors comme des étrangers (zarim). Rabbenou Yaakov d'Orléans objecte : mais la peine de mort est écrite explicitement dans Vé-atta Tetzave ! Certes ce verset est nécessaire pour les rendre 'comme des étrangers' aussi pour profaner le service comme des zarim ; mais le verset explicite de mort pour les mehousrei begadim, pourquoi le faut-il ? Qu'on la tire donc de 'quand leurs habits ne sont pas sur eux, leur sacerdoce n'est pas sur eux' ! Il répond : les caleçons ne sont pas écrits ici [dans Vé-atta Tetzave], et ce verset [de mort] est nécessaire pour le cas du 'mehousar mikhnasayim' (auquel manquent les caleçons), qui encourt la mort. Mais cela fait difficulté pour R. Yossi bar Hanina : puisqu'il tire les caleçons de 've-zeh ha-davar', c'est comme s'ils étaient eux aussi écrits ici ! Le Ritzva répond : la mort énoncée à propos des caleçons est nécessaire pour rendre passible même celui qui entre 'les mains vides' (sans service) dans la tente d'assignation, s'il y pénètre mehousar begadim — comme il est écrit (Ex 28:43) 'ils seront sur Aharon et sur ses fils quand ils entreront dans la tente d'assignation'. De même pour les mains non lavées, il est écrit (Ex 30) 'quand ils entreront dans la tente d'assignation, ils se laveront, ou quand ils approcheront de l'autel pour servir' — on est passible pour l'entrée dans la tente d'assignation même sans service. Et ce que dit le 2e chapitre de Zevahim (19b) — 'si le Miséricordieux avait écrit be-voam (en entrant) et non be-guichtam (en approchant), j'aurais dit passible même pour l'entrée à mains vides' — d'où il ressort qu'en vérité on n'est pas passible pour l'entrée à mains vides — il faut dire que cela concerne l'autel : le sens est que si était écrit 'en entrant dans la tente d'assignation ou vers l'autel' sans 'pour servir', j'aurais dit passible même à l'autel pour l'entrée à mains vides ; le verset enseigne qu'à l'autel on ne l'est pas. Et dans la Tossefta du traité Kelim (ch. 1) : Chimon le Modeste dit devant R. Eliezer : je suis entré entre le Oulam et l'autel sans avoir lavé mes mains et mes pieds ; il lui dit : qui est le plus cher, toi ou le Cohen gadol ? Il se tut. Il lui dit : tu as honte de dire que le chien du Cohen gadol t'est plus cher que toi... jusqu'à : et même un Cohen gadol, on lui fend le crâne avec des bûches, seulement le 'maître du bulbe' (l'ange de la mort) ne t'a pas trouvé. Vraisemblablement Chimon le Modeste ne servait pas sans mains lavées, car il ne se trompait pas là-dessus. Mais Rachi a expliqué dans son commentaire du Houmach 'quand ils entreront dans la tente d'assignation' = pour offrir l'encens ; cela ne paraît pas [exact] — plutôt comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

À propos des éléments qui ne sont pas explicites dans la section, R. Yossi bar Hanina note que les caleçons (mikhnasayim) n'y figurent pas. Le vav initial de 've-zeh ha-davar' ('ET voici la chose') est un vav 'qui ajoute au sujet précédent' : il rattache le verset à ce qui précède (la confection des habits) et inclut ainsi les caleçons, ainsi que la asirit ha-éifa, le dixième d'épha que le cohen offre au jour de son investiture.

5
בִּשְׁלָמָא מִכְנָסַיִם כְּתִיבִי בְּעִנְיָנָא דִבְגָדִים, אֶלָּא עֲשִׂירִית הָאֵיפָה מְנָא לַן? אָתְיָא ״זֶה״ ״זֶה״ מִ״וְזֶה קָרְבַּן אַהֲרֹן וּבָנָיו אֲשֶׁר יַקְרִיבוּ לַה׳ עֲשִׂירִית הָאֵיפָה״.

[La guemara demande :] soit, les caleçons — ils sont écrits dans le contexte des habits [voisin de notre section, on peut donc les inclure par le vav]. Mais le dixième d'épha, d'où le tirons-nous ?

[Réponse :] cela vient d'une [guezera chava] 'zeh' — 'zeh' : de 've-zeh korban Aharon ou-vanav acher yakrivou la-Hachem... asirit ha-éifa' ('voici l'offrande d'Aharon et de ses fils qu'ils offriront à Hachem... un dixième d'épha', Lev 6:13).

📜 Rachi (2)
בִּשְׁלָמָא מִכְנָסַיִם כְּתִיבִי בְּעִנְיָינָא דִבְגָדִים דִּלְעֵיל מִינֵּיהּ דְּהַהִיא פָּרַשְׁתָּא אִיכָּא לְרַבּוֹיִינְהוּ וָי"ו מוֹסִיף עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן:
Soit, les caleçons sont écrits dans le contexte des habits — puisque juste au-dessus de cette section [Ex 29:1] on peut les inclure par 'le vav qui ajoute au sujet précédent'.
זֶה קָרְבַּן אַהֲרֹן וּבָנָיו בַּעֲשִׂירִית הָאֵיפָה כְּתִיב שֶׁהַהֶדְיוֹט מֵבִיא בְּיוֹם חִינּוּכוֹ וְכֹהֵן גָּדוֹל בְּכָל יוֹם:
'Zeh korban Aharon ou-vanav' — [ce verset] est écrit à propos du dixième d'épha : le simple cohen (hedyot) l'apporte au jour de son inauguration, et le Cohen gadol chaque jour.
💡 Explication

Objection : l'inclusion par le vav fonctionne pour les caleçons, car ils figurent dans le passage voisin sur les habits (Ex 28). Mais la asirit ha-éifa n'y figure nulle part à proximité — d'où la tirer ? Réponse : une guezera chava sur le mot 'zeh' (voici), commun à 've-ZEH ha-davar' (Ex 29:1) et 've-ZEH korban Aharon... asirit ha-éifa' (Lev 6:13). Le mot-crochet transfère l'obligation du dixième d'épha à l'investiture.

6
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: מִנַּיִין שֶׁאַף מִקְרָא פָּרָשָׁה מְעַכֵּב, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל הָעֵדָה זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה ה׳״ — אֲפִילּוּ דִּיבּוּר מְעַכֵּב.

R. Yo'hanan dit au nom de R.

Chimon bar Yohai : d'où [sait-on] que même la lecture de la section (mikra paracha) est indispensable (me'akev) ? Le verset dit : 'Moche dit à l'assemblée : voici la chose que Hachem a ordonné de faire' (Lev 8:5) — [cela enseigne que] même la proclamation (dibbour) [de la section devant le peuple] est indispensable.

📜 Rachi (1)
מִקְרָא פָּרָשַׁת מִלּוּאִים שֶׁנִּצְטַווָּה בִּוְאַתָּה תְּצַוֶּה אָמַר לָהֶם לַצִּיבּוּר בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה בַּאֲדָר כְּשֶׁהִתְחִילוּ הַמִּלּוּאִים וְהִקְהִיל אֶת הָעֵדָה אֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד שֶׁנֶּאֱמַר וַתִּקָּהֵל הָעֵדָה וְגוֹ' וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל הָעֵדָה זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה ה' לַעֲשׂוֹת וּמִקְרָאוֹת הַלָּלוּ בַּעֲשִׂיַּית הַמִּלּוּאִים בְּצַו אֶת אַהֲרֹן:
La lecture — [de] la section des milouim, celle dont il fut ordonné dans Vé-atta Tetzave ; il la dit à la communauté le 23 Adar, quand commencèrent les milouim. Il assembla la communauté à l'entrée de la tente d'assignation, comme il est dit 'la communauté s'assembla... (Lev 8:4) et Moche dit à l'assemblée : voici la chose que Hachem a ordonné de faire' — et ces versets se trouvent dans la réalisation des milouim, dans 'Tzav et Aharon'.
💡 Explication

R. Yo'hanan, au nom de R. Chimon bar Yohai, ajoute un élément indispensable qui n'est pas un acte mais une parole : la lecture publique de la section des milouim. Le verset 'Moche dit à l'assemblée : voici la chose...' (Lev 8:5) montre que la proclamation (dibbour) de la section devant l'assemblée fait partie intégrante de l'investiture — l'omettre l'invalide.

7
כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן? כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן?! מַאי דַהֲוָה הֲוָה! אֶלָּא: כֵּיצַד מַלְבִּישָׁן לֶעָתִיד לָבוֹא? לֶעָתִיד לָבוֹא נָמֵי, לִכְשֶׁיָּבוֹאוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו וּמֹשֶׁה עִמָּהֶם!

Comment [Moche] les a-t-il revêtus [Aharon et ses fils, des habits sacerdotaux] ? [La guemara s'étonne :] 'Comment les a-t-il revêtus' ?!

Ce qui fut, fut (mai de-hava hava) — [quelle portée pratique cela a-t-il] ! Plutôt [la question serait] : comment les revêtira-t-il dans l'avenir (le-atid lavo) [à la résurrection des morts, quand le service sera rétabli] ?

[Rejet :] dans l'avenir aussi, lorsque viendront Aharon et ses fils, et Moche avec eux, [ils sauront eux-mêmes l'ordre] !

📜 Rachi (2)
כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן סֵדֶר בְּגָדִים לָאָב וְלַבָּנִים זֶה אַחַר זֶה:
Comment les a-t-il revêtus — l'ordre des habits pour le père et pour les fils, l'un après l'autre.
מַאי דַהֲוָה הֲוָה וּמַה צָרִיךְ לָנוּ לִשְׁאוֹל:
Ce qui fut, fut — et pourquoi aurions-nous besoin de le demander ?
🗂️ Tossefot (1)
מַאי דַהֲוָה הֲוָה בפ"ק דְּסַנְהֶדְרִין (דַּף טו:) מִיבַּעְיָא לָן שׁוֹר סִינַי בְּכַמָּה מִי גָּמַר שָׁעָה מִדּוֹרוֹת אוֹ לָא וְלָא פָּרִיךְ הָתָם כִּי הָכָא מַאי דַהֲוָה הֲוָה:
'Ce qui fut, fut' — au premier chapitre de Sanhédrin (15b), on s'interroge : le bœuf du Sinaï, [s'il tue,] par combien [de juges est-il jugé] ? Apprend-on le [cas du] moment à partir des générations, ou non ? Et l'on n'objecte pas là-bas, comme ici, 'ce qui fut, fut' [car cela avait là une portée pour l'étude de la loi].
💡 Explication

La guemara passe à l'ordre concret du revêtement. Première lecture : 'comment Moche les a-t-il revêtus ?' — mais on objecte : mai de-hava hava ('ce qui fut, fut'), l'ordre passé n'a pas de portée pratique. Deuxième lecture : 'comment les revêtira-t-il le-atid lavo (dans l'avenir), à la résurrection ?' — rejetée aussi : Aharon, ses fils et Moche reviendront eux-mêmes et connaîtront l'ordre. La vraie portée de la question sera précisée au segment suivant.

8
אֶלָּא: כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן לְמִיסְבַּר קְרָאֵי. פְּלִיגִי בָּהּ בְּנֵי רַבִּי חִייָּא וְרַבִּי יוֹחָנָן. חַד אָמַר: אַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו, וְחַד אָמַר: אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת.

Plutôt : [la question est] comment les a-t-il revêtus, afin de comprendre (concilier) les versets (le-misbar kra'ei). À ce sujet divergent les fils de R.

Hiyya et R. Yo'hanan.

L'un dit : Aharon d'abord, puis ses fils ; et l'autre dit : Aharon et ses fils simultanément (bevat ahat).

📜 Rachi (1)
לְמִסְבַּר קְרָאֵי דְּלָא לִירְמוֹ אַהֲדָדֵי דְּבַצַּווָּאָה כְּתִיב (שְׁמוֹת כ״ט:ט׳) וְחָגַרְתָּ אֹותָם אַבְנֵט אַהֲרֹן וּבָנָיו. מַשְׁמַע חֲגִירָתָם שֶׁל אָב וּבָנִים בְּסֵדֶר אֶחָד וְלֹא הִפְסִיק לְבִישַׁת בֶּגֶד אַחֵר בֵּינְתַיִים וּבָעֲשִׂייָּה כְּתִיב בְּאַהֲרֹן (וַיִּקְרָא ח׳:ז׳) וְיַחְגֹּור אוֹתוֹ בְּאַבְנֵט בְּסֵדֶר לְבִישַׁת בְּגָדִים וְגוֹ' וְהִלְבִּישׁוּ כָּל הַמַּלְבּוּשִׁין וְאַחַר כָּךְ הִקְרִיב בָּנָיו וְהִלְבִּישָׁם [וְלֹא] חָגַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת:
Pour concilier les versets — pour qu'ils ne se contredisent pas. Dans le commandement il est écrit (Ex 29:9) 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils' — ce qui suggère une ceinture du père et des fils dans un seul mouvement, sans intercaler le revêtement d'un autre habit ; tandis que dans la réalisation il est écrit à propos d'Aharon (Lev 8:7) 'il le ceignit de la ceinture' dans l'ordre du revêtement de ses habits — il lui revêtit tous les habits, puis ensuite offrit [revêtit] ses fils et les revêtit ; il ne ceignit donc pas Aharon et ses fils dans un seul mouvement.
🪔 Ben Yehoyada (2)
כֵּיצַד מַלְבִּישָׁן; לְמִסְבַּר קְרָאֵי. קָשֶׁה הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן לְמִסְבַּר קְרָאֵי דְּהַמִּקְרָאוֹת מְדַבְּרִים בְּמַה שֶׁהִלְבִּישָׁן מֵעִיקָּרָא וְאֵין מְדַבְּרִים בְּמַה שֶׁמַּלְבִּישָׁן לֶעָתִיד לָבוֹא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַשּׁוֹאֵל מִתְּחִילָּה נִתְקַשָּׁה לוֹ בִּקְרָאֵי שֶׁהֵם הַפְכִּיִּים וְעָלָה בְּדַעְתּוֹ לְתָרֵץ הַמִּקְרָאוֹת כָּךְ דְּמַה שֶׁאָמַר לוֹ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בַּצִּוּוּי (שְׁמוֹת כט, ט) 'וְחָגַרְתָּ אֹתָם אַבְנֵט אַהֲרֹן וּבָנָיו' דְּמַשְׁמַע חֲגִירַת אָב וּבָנִים בְּסֵדֶר אֶחָד וְלֹא יַפְסִיק בִּלְבִישַׁת בֶּגֶד אַחֵר בֵּנְתַיִים זֶה קָאֵי עַל עָתִיד לָבוֹא שֶׁבִּישְּׂרוֹ דִּלְעָתִיד לָבוֹא גַּם כֵּן הוּא יִלְבָּשָׁם בְּסֵדֶר זֶה וּכְמוֹ שֶׁמָּצִינוּ בְּעִנְיַן תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר יח, כח) 'וּנְתַתֶּם מִמֶּנּוּ אֶת תְּרוּמַת ה' לְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן' וְאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (סַנְהֶדְרִין צ:) הַכָּתוּב מִבְּשָׂרוֹ עַל עָתִיד לָבוֹא שֶׁיִּחְיוּ הַמֵּתִים וְיִתְּנוּ תְּרוּמָה לְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן ע"ה דְּבַמִּדְבָּר לֹא נָהֲגוּ תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת, וְכֵן כָּאן מִבְּשָׂרוֹ עַל הֶעָתִיד שֶׁיִּחְיוּ וְיִלְבָּשָׁם כָּךְ בְּזֶה הַסֵּדֶר אַךְ עַל לְבִישָׁתָם עַתָּה צִיווָּהוּ שֶׁיַּלְבִּישֵׁם לְכָל אֶחָד בִּפְנֵי עַצְמוֹ אֶת הַלְּבוּשִׁים אֲפִילּוּ הָאַבְנֵט, וּבַתּוֹרָה נִתְפָּרֵשׁ וְנִכְתַּב הַסֵּדֶר שֶׁל עַתָּה בַּעֲשִׂיָּיה וְהַסֵּדֶר שֶׁל עָתִיד לָבוֹא בְּעֵת הַצִּוּוּי כָּךְ עָלָה בְּדַעַת הַשּׁוֹאֵל לְתָרֵץ הַמִּקְרָאוֹת. אַךְ זֶה הַתֵּירוּץ אִי אֶפְשָׁר לִהְיוֹת אֶלָּא אִם כֵּן נַנִּיחַ בְּמֻונָּח דִּלְעָתִיד לָבוֹא יִהְיֶה שִׁינּוּי בְּסֵדֶר לְבִישָׁתָם מִמַּה שֶׁהָיָה מִקֹּודֶם כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ קְצָת שִׁינּוּיִים בְּקָרְבָּנוֹת שֶׁל עָתִיד לָבוֹא בְּבַיִת שְׁלִישִׁי בִּנְבוּאַת יְחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה, וְאִם לֹא יֵשׁ לָנוּ קַבָּלָה בְּדָבָר זֶה שֶׁיִּהְיֶה שִׁינּוּי בִּלְבִישָׁתָן לֶעָתִיד לָבוֹא מִסֵּדֶר שֶׁנַּעֲשָׂה מִקֹּודֶם, אֵין אֲנַחְנוּ יְכוֹלִים לוֹמַר מִדַּעְתֵּינוּ שֶׁיִּהְיֶה שִׁינּוּי כְּדֵי לְתָרֵץ הַמִּקְרָאוֹת, וְלָכֵן נִתְכַּוֵּון הַשּׁוֹאֵל לִשְׁאוֹל וְלֵידַע בַּתְּחִילָּה כֵּיצַד מַלְבִּישָׁן לֶעָתִיד לָבוֹא שֶׁרָצָה לֵידַע אִם יֵשׁ לָהֶם קַבָּלָה בְּסֵדֶר לְבִישָׁתָם לֶעָתִיד לָבוֹא שֶׁאִם יָשִׁיבוּ לוֹ הַחֲכָמִים בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ שֶׁיֵּשׁ לָהֶם קַבָּלָה דִּלְעָתִיד יִהְיֶה שִׁינּוּי לְבִישָׁתָם שֶׁהָאַבְנֵט שֶׁל כֻּולָּם תִּהְיֶה הַלְבָּשָׁתוֹ בִּפְנֵי עַצְמוֹ בְּיַחַד, אָז מִמֵּילָא יִתְייַשְּׁבוּ הַמִּקְרָאוֹת דְּעַתָּה יְפָרֵשׁ הַמִּקְרָא שֶׁל הַצִּוּוּי הוּא מְדַבֵּר עַל עָתִיד לָבוֹא. וְלָזֶה אָמַר כֵּיצַד מַלְבִּישָׁן לֶעָתִיד לָבוֹא כְּדֵי לְמִסְבַּר קְרָאֵי וְלֹא אָמַר כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן מֵעִיקָּרָא כְּדֵי לְמִסְבַּר קְרָאֵי כִּי לְבִישָׁה דְּמֵעִיקָּרָא אֵין לְהִסְתַּפֵּק בָּהּ דְּוַדַּאי כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ גַּבֵּי עֲשִׂיָּה וּמִזֶּה לֹא יוּכַל לְתָרֵץ הַמִּקְרָאוֹת. וְדַע אַף עַל גַּב דְּשַׁפִּיר מְשַׁנֵּי דְּצָרִיךְ לְמַנְדַּע לְמִסְבַּר קְרָאֵי, הִנֵּה עוֹד מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּנָפְקָא מִינָּהּ לְעִנְיַן דִּינָא אִם אֶחָד עָשָׂה לְבָנָיו אוֹ לְאוֹהֲבָיו בְּגָדִים שְׁלֵמִים כֻּתֹּונֶת וּמִכְנָסַייִם וּבֶגֶד וְאַבְנֵט וְנָדַר אוֹ נִשְׁבַּע שֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ יַלְבִּישׁ הַבְּגָדִים הָאֵלֶּה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מֵהֶם כַּאֲשֶׁר הִלְבִּישׁ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה אֶת אַהֲרֹן וּבָנָיו דְּהַשְׁתָּא צְרִיכִין אֲנַחְנוּ לָדַעַת אֵיךְ הִלְבִּישָׁן כְּדֵי לְקַייֵּם זֶה שְׁבוּעָתוֹ בְּאוֹתוֹ הַסֵּדֶר מַמָּשׁ! וְהִנֵּה לְמָאֵן דְּאָמַר (יוֹמָא יב.) שֶׁלֹּא הָיָה הֶפְסֵק בֵּין אַבְנֵט לָאַבְנֵט אֶלָּא הִלְבִּישׁ כָּל הָאַבְנֵטִים בְּזֶה אַחַר זֶה צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה נִשְׁתַּנָּה הָאַבְנֵט מִשְּׁאָר בְּגָדִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאַבְנֵט בָּא לְתַקֵּן עַל הִרְהוּר הַלֵּב וּבְכָל מִצְוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה חוּץ מֵעֲבוֹדָה זָרָה אֵין הַהִרְהוּר חָשׁוּב כְּלוּם וְרַק בְּקָדָשִׁים בַּעֲבוֹדַת כֹּהֲנִים פּוֹסֵל כִּי עוֹשֶׂה הַכֹּהֵן פִּיגּוּל בְּהִרְהוּר בִּלְבַד לָכֵן עָשָׂה לָהֶם שִׁינּוּי בָּאַבְנֵטִים לַחְגֹּור אֶת כֻּולָּם בְּיַחַד לְעוֹרֵר אוֹתָם בְּאַזְהָרַת הַהִרְהוּר שֶׁהוּא כְּנֶגֶד הָאַבְנֵט כִּי אַזְהָרָה זוֹ שָׁיְיכָה לָהֶם יוֹתֵר.
'Comment les revêtira-t-il ; pour concilier les versets.' Difficulté : il aurait dû dire 'comment les a-t-il revêtus, pour concilier les versets', car les versets parlent de la manière dont il les a revêtus au début, et non de la manière dont il les revêtira dans l'avenir ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le questionneur fut d'abord embarrassé par des versets qui paraissent opposés, et il envisagea de les concilier ainsi : ce que Hachem lui ordonna dans le commandement (Ex 29:9) 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils' — qui suggère la ceinture du père et des fils en un seul mouvement, sans intercaler le revêtement d'un autre habit — se rapporterait à l'avenir : Il l'informerait que dans l'avenir aussi il les revêtira selon cet ordre. De même que l'on trouve, à propos des teroumot et maasserot, qu'il est écrit (Nb 18:28) 'vous donnerez de cela le prélèvement de Hachem à Aharon le cohen', et nos Maîtres ont dit (Sanhédrin 90b) que le verset l'informe sur l'avenir, quand les morts revivront et donneront le prélèvement à Aharon le cohen — puisqu'au désert on ne pratiquait pas teroumot et maasserot. De même ici : le verset l'informe sur l'avenir, qu'ils revivront et qu'il les revêtira ainsi, dans cet ordre ; mais pour leur revêtement présent, Il lui ordonna de revêtir chacun séparément, chaque habit, même la ceinture. Et dans la Torah furent explicités : l'ordre du présent dans la réalisation, et l'ordre de l'avenir dans le commandement. Ainsi le questionneur pensa concilier les versets. Mais cette solution n'est possible que si l'on pose qu'à l'avenir il y aura un changement dans l'ordre de leur revêtement par rapport à auparavant — comme il y a quelques changements dans les offrandes de l'avenir, au Troisième Temple, dans la prophétie d'Ezechiel. Et si nous n'avons pas de tradition (kabbala) qu'il y aura à l'avenir un changement de revêtement par rapport à l'ordre antérieur, nous ne pouvons dire de nous-mêmes qu'il y aura un changement afin de concilier les versets. C'est pourquoi le questionneur voulut d'abord demander et savoir 'comment les revêtira-t-il à l'avenir' : il voulait savoir s'ils ont une tradition sur l'ordre du revêtement à l'avenir. Car si les sages de la maison d'étude lui répondaient qu'ils ont une tradition qu'à l'avenir le revêtement changera — que la ceinture de tous sera mise séparément, ensemble — alors les versets se résolvent d'eux-mêmes, car le verset du commandement parle désormais de l'avenir. Voilà pourquoi il dit 'comment les revêtira-t-il à l'avenir, afin de concilier les versets', et non 'comment les a-t-il revêtus au début afin de concilier les versets' : car le revêtement initial ne fait pas de doute — il est certainement tel qu'on l'a dit pour la réalisation — et de là on ne peut concilier les versets. Et sache : bien qu'il réponde justement qu'il faut le savoir pour concilier les versets, on pourrait encore répondre qu'il y a une portée pratique (nafka mina) en matière de loi : si quelqu'un a confectionné pour ses fils ou ses amis des habits complets (tunique, caleçons, vêtement et ceinture) et a fait vœu ou serment que lui-même les revêtira de ces habits, chacun d'eux, comme Moche notre maître revêtit Aharon et ses fils — nous avons alors besoin de savoir comment il les revêtit, afin d'accomplir ce serment exactement dans cet ordre ! Et pour celui qui dit (Yoma 12a) qu'il n'y eut pas d'interruption entre ceinture et ceinture, mais qu'il ceignit toutes les ceintures l'une après l'autre, il faut comprendre pourquoi la ceinture diffère des autres habits. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la ceinture vient réparer la pensée du cœur (hirhour ha-lev) ; or dans toutes les mitsvot de la Torah, hormis l'idolâtrie, la pensée n'a aucune valeur, et ce n'est que dans les kodachim, dans le service des cohanim, qu'elle invalide — car le cohen rend l'offrande pigoul par la seule pensée. C'est pourquoi il leur fit un changement dans les ceintures, en les ceignant tous ensemble, pour les éveiller à l'avertissement contre la pensée, qui correspond à la ceinture, car cet avertissement les concerne plus particulièrement.
אִיבַּעְיָא לְהוּ : הֵי מִנַּיְהוּ חֲמִירָא? שְׁפִיכוּת דָּמִים הוּא דְּזִילָא , וּדְכֵלִים כִּדְקַיְמָא. קָשֶׁה מַאי נָפְקָא לָן מִזֶּה מַה דַּהֲוָה הֲוָה? וּכְהַאי גַּוְנָא פָּרֵיךְ לְעֵיל (דַּף ה:) 'כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן' מַאי דַהֲוָה הֲוָה! וּמְשַׁנֵּי לְמִסְבַּר קְרָאֵי. וְכָאן לֹא שַׁיָּיךְ תֵּירוּץ זֶה. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמַר לְעֵיל (דַּף ט:) מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן חָרֵב בִּשְׁבִיל עֲבוֹדָה זָרָה גִּלּוּי עֲרָיוֹת וּשְׁפִיכוּת דָּמִים אֲבָל מִקְדָּשׁ שֵׁנִי חָרֵב בִּשְׁבִיל 'שִׂנְאַת חִנָּם' לְלַמֶּדְךָ, שֶׁשְּׁקוּלָה שִׂנְאַת חִנָּם כְּנֶגֶד שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת: עֲבוֹדָה זָרָה וְגִלּוּי עֲרָיוֹת וּשְׁפִיכוּת דָּמִים. וְהִנֵּה זֶה הַלִּימּוּד תָּלוּי בְּהַאי בַּעְיָא דְּאִם תֹּאמַר שְׁפִיכוּת דָּמִים הֲווָת זִילָא בַּמִּקְדָּשׁ שֵׁנִי שֶׁהָיְתָה כְּמוֹ מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן דִּכְתִיב בֵּיהּ (מְלָכִים ב' כא, טז) 'וְגַם דָּם נָקִי שָׁפַךְ מְנַשֶּׁה' אִם כֵּן לֵיכָּא לְמֵימַר שֶׁחָרַב בִּשְׁבִיל שִׂנְאַת חִנָּם אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר דְּחֶרֶב בִּשְׁבִיל שְׁפִיכוּת דָּמִים וּמִמֵּילָא לֵיכָּא לִלְמֹוד דִּשְׁקוּלָה שִׂנְאַת חִנָּם כְּנֶגֶד ג' עֲבֵירוֹת, וְאִי אָמְרִינַן שְׁפִיכוּת דָּמִים לָא זִילָא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי אִם כֵּן לֹא נֶחֱרַב אֶלָּא בִּשְׁבִיל שִׂנְאַת חִנָּם וּמִמֵּילָא אַתָּה לָמֵד דַּחֲמִירָא שִׂנְאַת חִנָּם כְּנֶגֶד ג' עֲבֵירוֹת. מִפְּנֵי שֶׁמַּעֲשֶׁרֶת [כו.] קָשֶׁה מַה בְּכָךְ וְכִי צָרָה עֵינֵיהֶם ח"ו בְּכֹהֲנִים שֶׁיִּהְיוּ עֲשִׁירִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי מִצְוַת הַהַקְטָרָה הִיא יְקָרָה וּגְדוֹלָה מִכָּל מִצְוֹת שֶׁל עֲבוֹדָה מִפְּנֵי שֶׁהִיא בִּפְנִים בַּהֵיכָל וְעוֹד תִּיקּוּן שֶׁלָּהּ גְּדוֹלָה גָּדוֹל כַּנִּזְכָּר בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ וְאִם יִתְעַשְּׁרוּ בָּהּ אֶפְשָׁר שֶׁיַּעֲשׂוּ מִצְוָה יְקָרָה זוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. אוֹ יוּבַן אִם יִתְעַשְּׁרוּ אָז אוֹתָם הַמִּתְעַשְּׂרִים לֹא יָבֹאוּ לַעֲבֹוד עֲבוֹדָה, וּכְהַאי גַּווְנָא מָצִינוּ דְּאַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה הִתְפַּלְּלוּ עַל כּוֹתְבֵי סת"ם [סְפָרִים, תְּפִילִּין, מְזוּזוֹת] שֶׁלֹּא יִתְעַשְּׁרוּ כְּדֵי שֶׁיִּכְתְּבוּ. וּמַה שֶׁאָמְרוּ הָא שְׁכִיחָא וְהָא לָא שְׁכִיחָא , נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיֵשׁ לְדַקְדֵּק זֶה מִן הַכָּתוּב דִּכְתִיב (דְּבָרִים לג, יא) 'בָּרֵךְ ה' חֵילוֹ וּפֹעַל יָדָיו תִּרְצֶה' וְקָשֶׁה כֵּיוָן דִּיבָרֵךְ חֵילוֹ בְּוַדַּאי פֹּעַל יָדָיו יִרְצֶה וּלְמַאי הֻוצְרַךְ לוֹמַר 'וּפָעַל יָדָיו תִּרְצֶה' אֶלָּא וַדַּאי 'בֵּרֵךְ ה' חֵילוֹ' קָאֵי עַל יָשִׂימוּ קְטוּרָה דְּלָא שְׁכִיחָה וְגַם שֶׁהִיא עֲבוֹדָה בִּפְנִים, 'וּפָעַל יָדָיו תִּרְצֶה' קָאֵי עַל וְכָלִיל עַל מִזְבַּחֲךָ שֶׁהִיא עֲבוֹדַת הַקְרָבַת קָרְבָּנוֹת.
'On leur a demandé : lequel des deux est plus grave ?' — [difficulté comparable à la nôtre]. On peut demander : quelle portée pratique, puisque 'ce qui fut, fut' ? Et de même on a objecté plus haut (5b) 'comment les a-t-il revêtus — ce qui fut, fut !', et l'on a répondu 'pour concilier les versets' ; mais ici cette réponse ne s'applique pas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : on dit plus loin (9b) que le Premier Temple fut détruit à cause de l'idolâtrie, des relations interdites et de l'effusion de sang, tandis que le Second Temple fut détruit à cause de la haine gratuite (sinat hinam), pour t'enseigner que la haine gratuite équivaut aux trois transgressions : idolâtrie, relations interdites et effusion de sang. Or cet enseignement dépend de cette question : si tu dis que l'effusion de sang était répandue (zila) au Second Temple comme au Premier — dont il est écrit à propos de Menache (2 Rois 21:16) 'Menache répandit aussi du sang innocent' — alors on ne peut dire qu'il fut détruit pour la haine gratuite, mais bien pour l'effusion de sang, et l'on ne peut plus apprendre que la haine gratuite équivaut aux trois transgressions ; mais si nous disons que l'effusion de sang n'était pas répandue au Second Temple, alors il ne fut détruit que pour la haine gratuite, et de là tu apprends que la haine gratuite est aussi grave que les trois transgressions. 'Parce que cela les enrichirait' (26a) — difficulté : qu'importe, leur œil serait-il, à Dieu ne plaise, jaloux que les cohanim soient riches ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : la mitsva de l'encensement (haktara) est précieuse et plus grande que toutes les mitsvot du service, car elle s'accomplit à l'intérieur, dans le Heikhal, et de plus sa réparation (tikoun) est grande, comme il est mentionné dans le saint Zohar ; et s'ils s'enrichissaient par elle, ils risqueraient d'accomplir cette précieuse mitsva non pour elle-même (chelo lichma). Ou bien on peut comprendre : s'ils s'enrichissaient, ceux qui s'enrichiraient ne viendraient plus faire le service — comme on trouve que les Hommes de la Grande Assemblée prièrent au sujet des scribes de STa'M (rouleaux, tefilin, mezouzot) qu'ils ne s'enrichissent pas, afin qu'ils continuent d'écrire. Et ce qu'ils ont dit 'ceci est fréquent et cela ne l'est pas', il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on peut le déduire du verset (Deut 33:11) 'bénis, Hachem, sa force, et agrée l'œuvre de ses mains'. Difficulté : puisqu'Il bénit sa force, certainement l'œuvre de ses mains sera agréée — pourquoi dire 'et agrée l'œuvre de ses mains' ? Plutôt : 'bénis, Hachem, sa force' se rapporte à 'ils placeront l'encens' (yasimou ketora), qui n'est pas fréquent et qui est en outre un service intérieur ; 'et agrée l'œuvre de ses mains' se rapporte à 've-khalil al mizbahekha' (l'holocauste sur ton autel), qui est le service de l'offrande des sacrifices.
💡 Explication

La vraie raison de la question : le-misbar kra'ei — pour concilier des versets apparemment contradictoires sur l'ordre du revêtement. D'où une mahloket entre les fils de R. Hiyya et R. Yo'hanan : l'un tient que Moche revêtit Aharon d'abord, puis ses fils ; l'autre qu'il les revêtit simultanément (bevat ahat), sans changer l'ordre prescrit par les versets. Abaye précisera (segment 8) que le litige ne porte que sur la ceinture.

🖼️ Schéma
Comment Moche revêtit-il Aharon et ses fils ? (le-misbar kra'ei) Consensus : tunique (ketonet) et mitre (mitznefet) -- Aharon D'ABORD, puis les fils Tant dans le commandement que dans la réalisation, Aharon précède. (Les mikhnasayim précèdent tout, non contestés.) Le litige ne porte que sur la CEINTURE (avnet) Position A : Aharon puis ses fils S'appuie sur la RÉALISATION : 'il le ceignit de la ceinture' (Lev 8:7 -- Aharon, avec tous ses habits) puis 'il les ceignit de ceintures' (Lev 8:13 -- les fils, ensuite) => Aharon entièrement revêtu, puis les fils Position B : simultanément (bevat ahat) S'appuie sur le COMMANDEMENT : 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils' (Ex 29:9 -- ensemble, sans interruption) => la ceinture des uns et des autres dans un seul et même mouvement Objection à B : mais la réalisation dit bien 'il le ceignit' (Aharon) PUIS 'il les ceignit' (les fils) ! La guemara résout cette difficulté au début de 6a.
Les deux positions et les versets sur lesquels chacune s'appuie.
9
אָמַר אַבַּיֵּי: בְּכֻתֹּונֶת וּמִצְנֶפֶת כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו. דְּבֵין בְּצַוָּואָה וּבֵין בַּעֲשִׂיָּה אַהֲרֹן קָדֵים. כִּי פְּלִיגִי בְּאַבְנֵט. מַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו, דִּכְתִיב: ״וְיַחְגֹּור אוֹתוֹ בָּאַבְנֵט״, וַהֲדַר כְּתִיב: ״וְיַחְגֹּור אוֹתָם אַבְנֵט״. וּמַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת, דִּכְתִיב: ״וְחָגַרְתָּ אוֹתָם״. וּלְמַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת, הַכְּתִיב: ״וְיַחְגֹּור אוֹתוֹ בָּאַבְנֵט״ וַהֲדַר כְּתִיב: ״וְיַחְגֹּור אוֹתָם אַבְנֵט״!

Abaye dit : pour la tunique (ketonet) et la mitre (mitznefet), tous s'accordent [que Moche revêtit] Aharon puis ses fils, car tant dans le commandement que dans la réalisation Aharon précède. Ils ne divergent qu'à propos de la ceinture (avnet).

Celui qui dit 'Aharon puis ses fils' [s'appuie sur] 'il le ceignit de la ceinture' (Lev 8:7), puis il est écrit 'il les ceignit de ceintures' (Lev 8:13). Et celui qui dit 'Aharon et ses fils simultanément' [s'appuie sur] 've-hagarta otam' ('et tu les ceindras', Ex 29:9).

Mais pour celui qui dit 'Aharon et ses fils simultanément' — n'est-il pas écrit 'il le ceignit de la ceinture' puis 'il les ceignit de ceintures' [ce qui indique Aharon d'abord] ?! [La guemara résout en 6a.]

📜 Rachi (5)
אַבַּיֵּי מְפָרֵשׁ לָהּ לְמִילְּתַייְהוּ בְּכֻתֹּונֶת וּמִצְנֶפֶת לְהָכִי נְקַט כֻּתֹּונֶת וּמִצְנֶפֶת שֶׁשָּׁוִין בְּגָדוֹל וּבַהֶדְיוֹט וּמִכְנָסַיִם לֹא הֻוצְרַךְ לוֹמַר שֶׁהֲרֵי הֵן קוֹדְמִין לְכָל כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן מִנַּיִין שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר קוֹדֵם לַמִּכְנָסַיִם כו':
Abaye explicite leur position. [Il cite] la tunique et la mitre précisément parce qu'elles sont identiques pour le Cohen gadol et pour le simple cohen ; quant aux caleçons, nul besoin de les mentionner, car ils précèdent tout, comme nous le disons plus loin : 'd'où [sait-on] que rien ne doit précéder les caleçons ?'.
כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאַהֲרֹן וְאַחַ"כּ בָּנָיו לְאַהֲרֹן הִלְבִּישׁ תְּחִילָּה כָּל שְׁאָר בְּגָדָיו חוּץ מֵאַבְנֵט וְאַחַר כָּךְ הִתְחִיל לְהַלְבִּישׁ אֶת בָּנָיו:
Tous s'accordent : Aharon puis ses fils — à Aharon il revêtit d'abord tous ses autres habits, sauf la ceinture, puis il commença à revêtir ses fils.
דְּבֵין בְּצַווָּאָה בֵּין בַּעֲשִׂיָּיה כָּךְ כְּתִיב:
Tant dans le commandement que dans la réalisation — ainsi est-il écrit.
כִּי פְּלִיגִי בְּאַבְנֵט שֶׁבַּצַּווָּאָה נֶאֱמַר חֲגִירָתָם כְּאַחַת וְחָגַרְתָּ אֹותָם אַבְנֵט אַהֲרֹן וּבָנָיו וְלֹא נֶאֶמְרָה חֲגִירָה בְּאַהֲרֹן כְּסֵדֶר לְבִישַׁת בְּגָדִים וּבָעֲשִׂיָּיה נֶאֶמְרָה חֲגִירָתוֹ כְּסֵדֶר שְׁאָר בְּגָדָיו וַחֲגִירַת בָּנָיו לְעַצְמָן בְּסֵדֶר בִּגְדֵיהֶם:
Le litige porte sur la ceinture — car dans le commandement leur ceinture est énoncée ensemble, 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils', et la ceinture d'Aharon n'y est pas mentionnée dans l'ordre du revêtement de ses habits ; tandis que dans la réalisation sa ceinture [à lui] est énoncée dans l'ordre de ses autres habits, et celle de ses fils à part, dans l'ordre de leurs habits.
מַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת אָזַל בָּתַר צַוָּואָה וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ בְּבַת אַחַת מִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ:
Celui qui dit 'Aharon et ses fils simultanément' — suit le [verset du] commandement ; et plus loin il expliquera comment 'simultanément' est possible [en pratique].
🗂️ Tossefot (1)
בְּכֻתֹּונֶת וּמִצְנֶפֶת כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי הָא דְּלָא נְקַט נָמֵי מִכְנָסַיִם נִרְאֶה לִי מִשּׁוּם דִּמְפָרֵשׁ דְּבֵין בַּצַּוָּואָה בֵּין בַּעֲשִׂייָּה אַהֲרֹן קָדִים וּמִכְנָסַיִם לָא כְּתִיבִי לֹא בַּצַּוָּואָה וְלֹא בַּעֲשִׂייָּה וְרַשִׁ"י פִּי' טַעְמָא אַחַרְיַנָא:
'Pour la tunique et la mitre, tous s'accordent' — s'il n'a pas mentionné aussi les caleçons, cela me paraît être parce qu'il explique 'tant dans le commandement que dans la réalisation Aharon précède', or les caleçons ne sont écrits ni dans le commandement ni dans la réalisation. Rachi, lui, a donné une autre raison.
💡 Explication

Abaye circonscrit le litige. Pour la tunique et la mitre, aucun désaccord : Aharon d'abord, car commandement ET réalisation placent Aharon en tête. Le litige ne porte que sur la ceinture (avnet) :

• Position A ('Aharon puis ses fils') s'appuie sur les versets de la réalisation : 'il le ceignit' (Aharon, Lev 8:7), puis 'il les ceignit' (les fils, Lev 8:13).

• Position B ('simultanément') s'appuie sur le commandement : 've-hagarta otam' — 'tu les ceindras' ensemble (Ex 29:9).

Objection à B : les versets de la réalisation montrent bien Aharon d'abord ! La résolution ouvre le folio 6a.

🖼️ Schéma
Comment Moche revêtit-il Aharon et ses fils ? (le-misbar kra'ei) Consensus : tunique (ketonet) et mitre (mitznefet) -- Aharon D'ABORD, puis les fils Tant dans le commandement que dans la réalisation, Aharon précède. (Les mikhnasayim précèdent tout, non contestés.) Le litige ne porte que sur la CEINTURE (avnet) Position A : Aharon puis ses fils S'appuie sur la RÉALISATION : 'il le ceignit de la ceinture' (Lev 8:7 -- Aharon, avec tous ses habits) puis 'il les ceignit de ceintures' (Lev 8:13 -- les fils, ensuite) => Aharon entièrement revêtu, puis les fils Position B : simultanément (bevat ahat) S'appuie sur le COMMANDEMENT : 'et tu les ceindras d'une ceinture, Aharon et ses fils' (Ex 29:9 -- ensemble, sans interruption) => la ceinture des uns et des autres dans un seul et même mouvement Objection à B : mais la réalisation dit bien 'il le ceignit' (Aharon) PUIS 'il les ceignit' (les fils) ! La guemara résout cette difficulté au début de 6a.
Le litige circonscrit à la ceinture, et l'objection finale à la position 'simultanément'.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).