Yoma 62a -- Un seul bouc pour Azazel : le premier ou le dernier ? Puis l'ouverture du perek Chnei Se'irei

Yoma 62a

Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de la sougya de 61b : quand plusieurs paires de boucs ont été tirées au sort, Rav Nahman établit qu'un seul part à Azazel, parce que le verset dit oto -- celui-là. Reste à savoir lequel : Rav Papi au nom de Rava dit le premier, Rav Chimi au nom de Rava dit le dernier, celui avec lequel l'expiation par le sang s'est achevée.

Pour fonder Rav Papi, la guemara part en quête du Rabbi Yossi qui enseigne mitsva ba-richon : elle écarte celui des trois kupot marquées aleph beth guimel -- la première y était apte avant les autres, ce qui n'est pas notre cas -- et retient celui du pessa'h perdu puis retrouvé, où les deux agneaux deviennent aptes ensemble à hatsot et où le premier l'emporte tout de même, sauf si le second est mouvhar. Le chapitre Hotsiou Lo se clôt alors, et s'ouvre le perek Chnei Se'irei : les deux boucs doivent être semblables en apparence, en taille, en prix, et acquis d'un seul coup -- mais rien de tout cela n'est me'akev.

La michna règle enfin la mort de l'un d'eux, avant ou après le goral, avec le tenai qui redistribue les rôles, le sort de la bête en trop (elle paît, on la vend, ein hatta't tsibour meta) et l'objection de Rabbi Yehouda, qui la fait mourir et lie le destin du sang à celui du bouc envoyé. Le Piskei HaRosh profite de la michna pour redonner ici tout le seder ha-avoda de Yom Kippour, des immersions du kohen gadol jusqu'aux aspersions et aux cas de sang répandu.

Trois paires tirées au sort : lequel des boucs envoie-t-on a Azazel ? Un seul est envoyé (le mot oto du verset) -- mais lequel ? Rav Papi et Rav Chimi, tous deux au nom de Rava. Acquis : on n'en envoie qu'UN le-chalah OTO la-Azazel -- le verset restreint à une seule bête Rav Papi au nom de Rava RICHON MECHALEAH -- le PREMIER Raison : il tient comme Rabbi Yossi, mitsva ba-richon -- quand deux bêtes conviennent, la mitsva revient à celle qui s'est présentée la première. ein maavirin al ha-mitsvot Rav Chimi au nom de Rava AHARON MECHALEAH -- le DERNIER Raison : hoil ve-gamar bo kapara -- c'est avec la dernière paire que l'expiation par le sang s'est achevée ; son compagnon part donc à Azazel. la guemara n'a rien à lui demander : c'est évident La guemara traque la source de Rav Papi : QUEL Rabbi Yossi ? 1. Rabbi Yossi des KUPOT (aleph beth guimel) -- REJETÉ : la 1re corbeille était apte avant la dernière 2. Rabbi Yossi du PESSA'H (agneau perdu puis retrouvé) -- RETENU : les deux deviennent aptes ensemble à midi c'est bien un cas où le premier l'emporte sans avoir eu d'avance de sanctification
Rav Papi (le premier) contre Rav Chimi (le dernier), et la chasse à la source de Rabbi Yossi : les kupot sont écartées, le pessah est retenu.
Michna d'ouverture du perek Chnei Se'irei : quatre exigences, aucune indispensable Tout ce bloc est lekhatehila (a priori) ; bediavad (après coup) les boucs restent kecherim. LEKHATEHILA -- mitsvatan 1. be-mare -- même apparence (couleur du poil) 2. be-koma -- même taille 3. be-damim -- même prix 4. lekihatan ke-ehad -- acquis ensemble le couple doit se donner à voir comme un couple BEDIAVAD -- kecherim ve-af al pi she-ein chavin même dissemblables : VALIDES lakah ehad ha-yom ve-ehad le-mahar acquis à un jour d'écart : VALIDES Le Roch le redit sur place (Yoma 62a) : ve-khôl ze eino me'akev -- rien de cela n'invalide
La michna qui ouvre le sixième perek : quatre exigences de ressemblance entre les deux boucs, toutes lekhatehila.
L'un des deux boucs est mort : que fait-on ? Tout dépend d'un seul point de bascule : le tirage au sort (goral) a-t-il déjà eu lieu ? met ehad mehem AVANT le goral Aucun n'est encore désigné : le survivant n'a perdu aucun statut. yikah zoug la-cheni APRÈS le goral Le sort à fixé les rôles : le survivant ne peut plus changer de camp. nouvelle paire + goral à nouveau Il stipule (tenai) : celui du nouveau tirage qui a le même sort que le mort prend sa place Reste alors une bête en trop -- le HA-CHENI. Mahloket : Tanna kama : elle PAÎT jusqu'à devenir baal moum, on la vend, le prix va à la nedava -- ein hatat tsibour meta Rabbi Yehouda : TAMOUT -- elle est mise à mort et il ajoute : sang répandu / bouc mort s'entraînent l'un l'autre
Arbre de décision : la mort de l'un des boucs avant ou après le tirage au sort, et le sort de la bête surnuméraire.
1
וְכִי עֶדְרוֹ שׂוֹרֵף? מִי דָמֵי — הָתָם לָא כְּתִיב ״אוֹתוֹ״, הָכָא כְּתִיב ״אוֹתוֹ״.

-- Et est-ce son troupeau qu'il brûle ? [objecte Rava]. -- Est-ce comparable ?

[répond Rav Nahman] : là-bas il n'est pas écrit ''oto'' (celui-là), ici il est écrit ''oto''.

📜 Rachi (2)
וְכִי עֶדְרוֹ שׂוֹרֵף רָבָא קָא מַהְדַּר לֵיהּ לְרַב נַחְמָן וּלְטַעְמִיךְ וְכִי עֶדְרוֹ הִזְקִיקוֹ הַכָּתוּב לִשְׂרֹוף וּתְנַן וְכֻולָּן נִשְׂרָפִין אַבֵּית הַדֶּשֶׁן:
C'est Rava qui réplique à Rav Nahman : et selon ton raisonnement, est-ce son troupeau que l'Écriture l'a obligé à brûler ? Or nous avons appris dans la michna : ''et tous sont brûlés au beth ha-dechen (le lieu des cendres)''.
הָכָא כְּתִיב אוֹתוֹ לְשַׁלֵּחַ אוֹתוֹ לַעֲזָאזֵל (וַיִּקְרָא ט״ז:י׳):
''Pour l'envoyer, LUI (oto), à Azazel'' (Vayikra 16, 10).
💡 Explication

Fin de la discussion ouverte en 61b : quand plusieurs paires de boucs ont été tirées au sort, combien de boucs d'Azazel faut-il envoyer ? Rava avait tente de prouver qu'on en envoie plusieurs, par analogie avec les taureaux et boucs surnuméraires qui sont tous brûlés.

Rav Nahman coupe court : mi dami -- les deux cas ne sont pas comparables. Pour le brulement, aucun mot du verset ne limite le nombre ; pour l'envoi à Azazel, le verset dit oto (''lui'', ''celui-là''), un exclusif qui restreint à une seule bête. L'objection est écartée : un seul bouc part au désert.

2
אִיתְּמַר, רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: רִאשׁוֹן מְשַׁלֵּחַ, וְרַב שִׁימִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: אַחֲרוֹן מְשַׁלֵּחַ. בִּשְׁלָמָא רַב שִׁימִי (בַּר אַשִּׁי) מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, דְּאָמַר אַחֲרוֹן מְשַׁלֵּחַ — קָסָבַר: הוֹאִיל וְגָמַר בּוֹ כַּפָּרָה. אֶלָּא רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, מַאי קָסָבַר? סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן.

Il a été dit : Rav Papi, au nom de Rava, dit : c'est le premier que l'on envoie. Et Rav Chimi, au nom de Rava, dit : c'est le dernier que l'on envoie.

Soit pour Rav Chimi (bar Achi) au nom de Rava, qui dit que c'est le dernier que l'on envoie -- il tient que, puisque c'est avec lui que l'expiation s'est achevée. Mais Rav Papi au nom de Rava, que tient-il donc ?

Il tient comme Rabbi Yossi, qui dit : la mitsva est avec le premier.

💡 Explication

Puisqu'un seul bouc est envoyé, une nouvelle question s'ouvre : lequel des trois ? Deux transmetteurs de Rava s'opposent. Rav Chimi dit : le dernier -- car hoil ve-gamar bo kapara, c'est avec la dernière paire que les aspersions de sang ont été achevées, donc c'est ce couple-là qui est le couple opérant.

La position de Rav Papi demande davantage : rien dans le service accompli ne désigne le premier. La guemara doit donc lui chercher un appui de principe, et le trouve chez Rabbi Yossi : mitsva ba-richon -- quand deux objets conviennent également à une mitsva, elle revient à celui qui s'est présenté le premier.

3
הֵי רַבִּי יוֹסֵי? אִילֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי דְּקֻופּוֹת, דִּתְנַן (רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר): שָׁלֹשׁ קֻופּוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ סְאִין שֶׁבָּהֶם תּוֹרְמִין אֶת הַלִּשְׁכָּה, וְהָיָה כָּתוּב עֲלֵיהֶם אב״ג.

Quel Rabbi Yossi ? Si l'on dit : le Rabbi Yossi des kupot (corbeilles) -- comme nous avons appris dans la michna : (Rabbi Yossi dit :) trois corbeilles de trois se'in chacune, avec lesquelles on prélève la chambre (terumat ha-lichka), et sur elles était écrit aleph, beth, guimel.

📜 Rachi (1)
אֶת הַלִּשְׁכָּה שֶׁהִשְׁלִיכוּ לְתוֹכָהּ שְׁקָלִים שֶׁהֵבִיאוּ בַּאֲדָר וּמְמַלְּאִין הַגִּזְבָּרִין מֵהֶן שָׁלֹשׁ קֻופּוֹת לִתְרוּמָה לִקְנוֹת מֵהֶן קָרְבְּנוֹת צִבּוּר תְּמִידִין וּמוּסָפִין:
La chambre dans laquelle on jetait les chekalim apportés au mois d'Adar ; les gizbarim (trésoriers) en remplissaient trois kupot pour le prélèvement, afin d'acheter grâce à elles les korbanot du public, temidin et moussafin.
💡 Explication

La guemara cherche laquelle des positions de Rabbi Yossi porte le principe mitsva ba-richon. Première candidate : la michna des kupot (Chekalim). Les demi-chekels collectés en Adar sont versés dans la lichka ; trois fois dans l'année, les trésoriers y puisent une corbeille de trois se'in -- c'est la terouma de la chambre -- et achètent avec cet argent les sacrifices publics.

🖼️ Schéma
Les trois kupot de la terumat ha-lichka -- et pourquoi la preuve échoue Les chekalim d'Adar sont jetés dans la lichka ; les gizbarim y puisent trois corbeilles de 3 se'in. aleph beth guimel Rabbi Yossi : les lettres servent à savoir laquelle a été prélevée la première che-mitsva ba-richon -- on achète avec aleph d'abord Mais la preuve tombe : dilma... quand aleph devient apte, beth et guimel ne sont pas encore prélevées. Rabbi Yossi n'a donc peut-être dit que ceci : une bête déjà apte passe avant une bête pas encore apte. Or nos deux boucs deviennent aptes AU MÊME INSTANT -- la fin des aspersions. Cas différent.
Les trois kupot marquées aleph, beth, guimel -- et la raison pour laquelle la guemara refuse d'y voir la source de mitsva ba-richon.
4
וְתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: לָמָּה כָּתוּב עֲלֵיהֶן אב״ג — לֵידַע אֵיזֶה מֵהֶן נִתְרְמָה רִאשׁוֹן, לְהָבִיא הֵימֶנָּה רִאשׁוֹן, שֶׁמִּצְוָה בָּרִאשׁוֹן.

Et il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yossi a dit : pourquoi était-il écrit sur elles aleph, beth, guimel ? Pour savoir laquelle d'entre elles a été prélevée la première, afin d'apporter d'elle en premier -- car la mitsva est avec le premier.

💡 Explication

La baraita semble donner exactement ce que Rav Papi cherche : les lettres ne sont pas un simple inventaire, elles servent à préserver l'ordre, et Rabbi Yossi en donne pour raison la formule même du principe -- che-mitsva ba-richon.

5
דִּילְמָא בְּעִידָּנָא דְּאִיתְחֲזַאי קַמַּיְיתָא, לָא אִיתְחֲזַאי בָּתְרָיְיתָא.

Peut-être bien qu'au moment où la première est devenue apte, la dernière n'était pas encore apte.

📜 Rachi (2)
בְּעִידָּנָא דְּאִיתְחֲזַאי קֻופָּה קַמַּיְיתָא לְהַקְרִיב מִמֶּנָּה:
Au moment où la première kupa est devenue apte à ce que l'on offre à partir d'elle.
לָא אִיתְחֲזַאי בָּתְרָיְיתָא שֶׁהָרִאשׁוֹנָה נִרְאֵית לְהַקְרָבָה מִשֶּׁנִּתְרְמָה אֲבָל שָׂעִיר שֶׁל זוּג רִאשׁוֹן לֹא נִרְאֶה לִשְׁלֹוחַ עַד שֶׁגָּמְרוּ כָּל מַתְּנוֹת הַדָּמִים וּכְשֶׁגָּמְרוּ נִרְאֶה אַחֲרוֹן כָּרִאשׁוֹן:
La dernière n'était pas apte : la première kupa devient apte à l'offrande dès l'instant où elle a été prélevée ; mais le bouc de la première paire n'est apte à être envoyé que lorsque toutes les aspersions du sang ont été achevées -- et une fois celles-ci achevées, le dernier est apte au même titre que le premier.
💡 Explication

La preuve est désamorcée par une distinction de temporalité. La corbeille aleph est apte dès qu'elle est prélevée, alors que beth et guimel n'existent pas encore comme terouma. Rabbi Yossi n'aurait donc énoncé qu'une évidence : une chose déjà apte passe avant une chose pas encore apte -- ce n'est pas le principe fort dont Rav Papi a besoin.

Rachi souligne la dissymétrie avec nos boucs : aucun bouc n'est apte à l'envoi avant la fin de toutes les aspersions ; à cet instant précis, les trois deviennent aptes ensemble. Il faut donc un cas où deux bêtes deviennent aptes simultanément et où le premier l'emporte tout de même.

6
אֶלָּא רַבִּי יוֹסֵי דְּפֶסַח (דִּתְנַן): הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וְאָבַד, וְהִפְרִישׁ אַחֵר תַּחְתָּיו, וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הָרִאשׁוֹן, וַהֲרֵי שְׁנֵיהֶן עוֹמְדִין — אֵי זֶה מֵהֶן שֶׁיִּרְצֶה יַקְרִיב, דִּבְרֵי חֲכָמִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן, וְאִם הָיָה שֵׁנִי מֻובְחָר מִמֶּנּוּ — יְבִיאֶנּוּ.

Il s'agit plutôt du Rabbi Yossi du pessa'h -- (comme nous avons appris :) celui qui a mis à part son agneau pascal et l'a perdu, en a mis un autre à part à sa place, puis le premier a été retrouvé, et voici que les deux se tiennent là : il offrira celui des deux qu'il voudra -- paroles des Sages. Rabbi Yossi dit : la mitsva est avec le premier ; et si le second était plus beau (mouvhar) que lui, qu'il apporte celui-là.

📜 Rachi (1)
וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הָרִאשׁוֹן אוֹ קֹודֶם חֲצוֹת דְּאַרְבָּעָה עָשָׂר אוֹ אַחַר חֲצוֹת וְקָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן וְאַף עַל פִּי שֶׁהֻופְרַשׁ הַשֵּׁנִי קֹודֶם חֲצוֹת וְכִי מְטָא חֲצוֹת תַּרְוַיְיהוּ אִיחֲזוּ כִּי הֲדָדֵי דְּהָא כֹּל כַּמָּה דְּלָא מְטָא זְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח לָא אִיחְזֵי קַמָּא:
Que ce soit avant hatsot (midi) du quatorze, ou après hatsot ; et Rabbi Yossi dit tout de même : la mitsva est avec le premier -- et cela bien que le second ait été mis à part avant hatsot, de sorte qu'à l'arrivée de hatsot tous deux sont devenus aptes ensemble, puisque tant que n'est pas venue l'heure de la chehita du pessa'h, le premier lui non plus n'était pas apte.
💡 Explication

Voici la source juste. Les deux agneaux ne deviennent aptes qu'à hatsot du 14 Nissan, heure de la chehita du pessa'h : ni l'un ni l'autre n'a d'avance de sanctification. Malgré cette stricte simultanéité, Rabbi Yossi maintient mitsva ba-richon -- l'antériorité de la mise à part suffit.

La réserve qu'il ajoute est instructive : si le second est mouvhar (de meilleure qualité), il l'emporte. Le principe du premier n'est donc pas une règle de propriété de l'objet, mais une règle de préséance qui cède devant la qualité du sacrifice.

🖼️ Schéma
Le pessa'h perdu puis retrouvé : la vraie source de mitsva ba-richon On met à part un agneau -- il est perdu -- on en met un second à part -- le premier est retrouvé. agneau 1 (retrouvé) vs agneau 2 (de remplacement) tous deux ne deviennent aptes qu'à hatsot du 14 Nissan -- ensemble, sans avance de l'un sur l'autre Hakhamim ei ze mehem che-yirtse yakriv celui qu'il veut -- libre choix l'antériorité ne crée aucune préférence Rabbi Yossi mitsva ba-richon le premier -- sauf si le second est mouvhar (plus beau) la qualité l'emporte sur l'antériorité Voilà le Rabbi Yossi dont Rav Papi a besoin : deux bêtes égales et simultanées, et le premier l'emporte.
Le pessa'h perdu puis retrouvé : deux bêtes devenues aptes au même instant, et Rabbi Yossi choisit tout de même la première -- sauf si la seconde est mouvhar.
7
הֲדַרַן עֲלָךְ הוֹצִיאוּ לוֹ

Hadran alakh Hotsiou Lo -- fin du chapitre ''On lui sortit''.

8
שְׁנֵי שְׂעִירֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים — מִצְוָתָן שֶׁיִּהְיוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין בַּמַּרְאֶה וּבַקּוֹמָה וּבַדָּמִים וּבִלְקִיחָתָן כְּאֶחָד. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁוִין — כְּשֵׁרִין. לָקַח אֶחָד הַיּוֹם וְאֶחָד לְמָחָר — כְּשֵׁרִין.

MICHNA. Les deux boucs de Yom Kippour : leur mitsva est qu'ils soient tous deux semblables en apparence, en taille et en prix, et que leur acquisition se fasse d'un seul coup.

Et même s'ils ne sont pas semblables, ils sont valides (kecherim). S'il en a acquis un aujourd'hui et un autre demain, ils sont valides.

📜 Rachi (1)
שְׁנֵי שְׂעִירֵי. בְּמַרְאֶה שְׁנֵיהֶן לְבָנִים אוֹ שְׁחֹורִים אוֹ סְחוּפִים:
Tous deux blancs, ou tous deux noirs, ou tous deux sehoufim (d'une teinte sombre et terne).
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(28a) Lorsque vient l'heure de la chehita du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclaire, on fait descendre le kohen gadol à la maison d'immersion. (30a) On étendait un drap de boutz (lin fin) entre lui et le peuple ; (31b) et c'est afin qu'il sache bien que le service du jour se fait en vêtements de boutz que l'on étendait précisément un drap de boutz. (30a) Cette immersion avait lieu en un lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (31b) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (43b) à partir d'une aiguière d'or ; et il n'y avait pas ici de kidouch au moment du déshabillage, puisqu'il venait d'ôter des vêtements profanes -- or nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le déshabillage et l'autre pour le rhabillage. (31b) Et s'il était âgé ou istenis (de constitution délicate), au point que le froid lui fut nuisible, on chauffait pour lui de l'eau depuis la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (34b) ou bien l'on chauffait la veille des morceaux de fer que l'on plongeait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal, ce qui est interdit au titre de <i>maké be-patich</i> (le dernier coup de marteau, achèvement du travail du fer en vue de le couper), puisqu'il n'en a pas l'intention ce n'est plus qu'une <i>chevout</i> (interdit rabbinique) -- et il n'y a pas de chevout au Temple. (31b) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui-même le sang, et accomplissait tous les services selon l'ordre de chaque jour, en vêtements d'or : avec l'encens du heikhal, l'entretien des lampes et la minhat havitin. (34b) Ensuite il venait à la beth ha-Parva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds parce qu'il venait d'ôter des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait, et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit manés -- ou plus, ou moins, pourvu seulement qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir. Et les deux ensemble doivent valoir trente manés : s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manés et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit -- pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manés. Cela vaut pour ce qu'il prend sur les fonds du public ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (35b) Il venait vers son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace découvert entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais décale vers le nord. (36a) On plaçait la tête du taureau de telle sorte qu'elle vint vers le sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments -- ce qui serait un manque de respect envers l'autel. Le kohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest, posait ses deux mains sur lui (semikha) et faisait le viddouy (confession). Et voici ce qu'il disait : ''De grâce, Hachem, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison'' -- (ibid.) selon les Sages. Lors du premier viddouy, il ne confessait que sur lui-même et les gens de sa maison : ''De grâce, Hachem, expie donc les fautes...'' etc. Et dans le Yerouchalmi il est dit que, lors de la seconde mention du Nom dans le viddouy, il disait ''ana be-chem'', avec un beth. (37a) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort, car il suffit que cela se fasse dans la azara. (39a) Le sagan (adjoint du kohen gadol) à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (62a) Là se trouvaient les deux boucs, semblables en apparence et en taille, et leur acquisition s'était faite d'un seul coup -- et rien de tout cela n'est me'akev (indispensable) : ce n'est qu'une mitsva a priori. (39a) Il y avait là un kalpi [de bois, contenant les deux mains], et dedans deux sorts (goralot), l'un gravé ''pour Hachem'' et l'autre ''pour Azazel'' ; ils sont valides quelle qu'en soit la matière. Il brassait ses mains dans le kalpi de façon à ne pouvoir viser lequel était ''pour Hachem'' et lequel ''pour Azazel'', et remontait un sort dans chaque main [au nom des deux boucs]. Si celui ''pour Hachem'' était monté dans sa droite, le sagan lui disait : ''Lève ta droite'' ; s'il était monté dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : ''Lève ta gauche''. Il les posait sur les deux boucs et disait : ''À Hachem, hatta't''. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs, mais les a seulement remontés en sachant lequel était monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'a pas invalidé. (41b) Il nouait un fil d'écarlate (lachon chel zehorit) [du poids de deux sela'im] à la tête du bouc envoyé et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et pour celui qui devait être abattu, il nouait un fil à son cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Dans le seder ''Ata Konanta'' il est écrit que le bouc de Hachem lui aussi, on le place face au lieu de sa chehita -- ce qui est étonnant, car la guemara conclut explicitement que le texte porte sur le nouage. Il revenait vers son taureau une seconde fois et confessait sur lui, pour lui-même et pour ses frères les kohanim -- car il faut que vienne un innocent pour expier sur le coupable ; c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (43b) Il l'abattait, recueillait son sang dans un mizrak et le confiait à celui qui le remuait (memares) pour qu'il ne se coagule pas ; et celui qui le remuait se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à compter du heikhal vers l'extérieur. Il prenait une mahta (encensoir) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche qui atteignait sous son bras afin que son bras la soutienne. Elle avait un <i>nichtok</i> : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit à son arrivée ; Rabbenou Hananel explique qu'elle avait une sorte d'étui, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle chauffe au contact des braises. Il montait au milieu de l'autel, raclait plein l'encensoir de braises dont la flamme s'était éteinte, descendait et la posait sur le dallage de la azara. (47a) On lui sortait une mahta pleine d'encens -- que l'on avait remis, la veille de Yom Kippour, au mortier et broyé finement afin qu'il fut ''fin parmi le fin''. Il en prenait plein ses deux paumes jointes (hafina), selon ce que contenaient ses propres paumes, (48a) ni rasés ni combles, mais tefoufot (juste pleines à ras bord). Il le versait de ses paumes dans un kaf (récipient), prenait dans sa droite la mahta contenant les braises et dans sa gauche le kaf de l'encens. (51b) Il marchait au sud du heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux parokhot séparant le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de la ama teraksin qui existait dans le premier Temple ; l'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car c'est un cas de mahloket suivie d'un stam, puisque après la controverse il enseigne (52b) ''l'extérieure était relevée du côté sud''. En outre, Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord pour asperger. Et l'on ne saurait tirer preuve de cette michna (58b) : ''Il commençait à asperger en descendant -- par où commençait-il ? Par l'angle nord-est'', que Rachi explique en tenant que l'ouverture était au nord. Même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi ha-Guelili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une baraita -- et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (52b) Il marchait entre elles jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il écarte les tentures avec ses coudes afin que la parokhet ne brûle pas. Arrivé au nord, il tournait sa face vers le sud afin que sa droite fût du côté de l'aron, avançait jusqu'à se trouver face à l'aron, et déposait la mahta de feu entre les deux badim (barres de l'arche). (53b) Et après que l'aron eut été emporté, il la posait sur la even chetiya qui se trouvait là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait à pleines paumes l'encens qui était dans le kaf et l'amoncelait sur les braises. (53a) Il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lifnai ve-lifnim (le Saint des Saints), pour démentir l'opinion des Sadducéens, qui prétendent qu'il le pose déjà dans le heikhal et entre dans le nuage de fumée de l'encens. (52b) Il commençait par le côté intérieur, le plus éloigné de lui : car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La pièce se remplissait de fumée ; il y laissait le kaf et la mahta, et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'aron. Dans le seder ''Ata Konanta'' il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait ; cela ne figure pas dans la guemara, et il ressort au contraire du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Voici en effet ce qu'on lit dans le Yerouchalmi : tant que l'aron n'avait pas été emporté, il entrait et sortait à la lumière de l'aron ; depuis que l'aron fut emporté, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Il faisait une courte prière dans le heikhal, pour que l'année fût comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (53b) Il reprenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le Saint des Saints, se tenait entre les badim et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet. Il n'est pas nécessaire que le sang atteigne le kaporet, mais seulement <i>ke-matslif</i> (comme un coup de fouet). Rachi explique : dans cet ordre, une fois vers le haut puis sept fois vers le bas. Les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas à viser un ordre précis, mais que pour l'aspersion du haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept du bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et il comptait ainsi : ''une'' ; ''une et une'' ; ''une et deux'', etc. Il sortait et posait le mizrak du sang sur le support qui se trouvait dans le heikhal. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une fois vers le haut et sept fois vers le bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le heikhal. Il reprenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à toute la parokhet, à l'endroit qui fait face à l'aron, une fois vers le haut et sept fois vers le bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis, ensuite, du sang du bouc sur la parokhet comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Ensuite il versait le sang du taureau dans le mizrak où se trouvait le sang du bouc, puis reversait du mizrak plein dans le vide, afin que le mélange fût parfaitement homogène. (58b) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or, et donnait quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture se trouve au sud : il rencontrait donc d'abord l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel. C'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long au même endroit et faisait le tour avec sa main -- paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi ha-Guelili le contredit sur ce point dans une baraita. Et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, lui qui dit qu'il fait le tour avec les mains ; en outre, Rabbi Elazar tient comme lui. Pour les trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait à appliquer avec son doigt par le bas et tirait vers le haut ; et pour la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait en descendant vers le bas -- car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il écartait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et y aspergeait sept fois ; et ce qui lui restait du sang, il le versait sur le yessod occidental de l'autel extérieur. (43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le heikhal tout le temps où il accomplit ces services, qu'il s'agisse de ceux du heikhal ou de ceux du Saint des Saints ; mais de l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'écarter lors des services du Saint des Saints -- seulement lors de ceux du heikhal. (60a) Et s'il a modifié cet ordre, il n'a rien fait du tout. Et si, dans le heikhal, il a fait passer le sang du bouc avant le sang du taureau, il recommence et asperge à nouveau du sang du bouc. Par conséquent, si le mizrak du sang du taureau s'est confondu avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme s'il n'existait pas ; et si c'est celui du bouc, celui-là est comme s'il n'existait pas, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens, et refera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli selon la halakha les applications du taureau et l'encens. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le heikhal. Et s'il a achevé les applications du heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et que le sang s'est répandu -- les cheyarim (les restes versés au yessod) ne sont pas me'akev. Et toute la règle qui s'applique au sang du bouc lorsqu'il s'est répandu, telle est aussi sa règle si son compagnon, le bouc envoyé, vient à mourir : à quelque heure que meure le bouc envoyé, à cette heure-là le sang est écarté (nidhe).
💡 Explication

Début du sixième chapitre, Chnei Se'irei. La michna énonce quatre exigences de ressemblance entre le bouc ''pour Hachem'' et le bouc ''pour Azazel'' : même mare (apparence), même koma (taille), même damim (prix), et une lekiha ke-ehad (acquisition d'un seul coup). L'idée de fond : les deux boucs ne sont pas deux sacrifices indépendants mais un couple, et ce couple doit se voir.

Aussitôt énoncées, ces exigences sont relativisées deux fois : dissemblables, ils restent kecherim ; acquis à un jour d'intervalle, ils restent kecherim. Tout ce bloc est donc lekhatehila et rien n'est me'akev -- c'est exactement ce que redit le Roch en citant notre daf.

9
מֵת אֶחָד מֵהֶם, אִם עַד שֶׁלֹּא הִגְרִיל מֵת — יִקַּח זוּג לַשֵּׁנִי. וְאִם מִשֶּׁהִגְרִיל מֵת — יָבִיא זוּג אַחֵר וְיַגְרִיל עֲלֵיהֶם בַּתְּחִילָּה,

Si l'un d'eux est mort : si c'est avant qu'il n'ait tiré au sort qu'il est mort, il prend un compagnon pour le second ; et si c'est après qu'il eut tiré au sort qu'il est mort, il apporte une autre paire et tire au sort sur eux depuis le début,

💡 Explication

Le point de bascule est le goral (tirage au sort). Avant le sort, aucun des deux boucs n'a de rôle assigné : le survivant est une bête disponible, il suffit de lui donner un nouveau compagnon.

Après le sort, chaque bête porte une désignation fixée ; le survivant ne peut plus changer de camp, et l'on ne peut pas non plus lui adjoindre un nouveau partenaire par un tirage partiel. Il faut donc une paire entièrement neuve, sur laquelle on tire au sort ba-tehila, depuis le début.

10
וְיֹאמַר: אִם שֶׁל שֵׁם מֵת — זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַשֵּׁם יִתְקַייֵּם תַּחְתָּיו, וְאִם שֶׁל עֲזָאזֵל מֵת — זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַעֲזָאזֵל יִתְקַייֵּם תַּחְתָּיו. וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְיִמָּכֵר, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה, שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: תָּמוּת.

et il dira : si c'est celui de Hachem qui est mort -- celui-ci, sur lequel est monté le sort pour Hachem, tiendra sa place ; et si c'est celui d'Azazel qui est mort -- celui-ci, sur lequel est monté le sort pour Azazel, tiendra sa place. Et le second paîtra jusqu'à ce qu'il devienne impropre (baal moum), puis sera vendu, et son prix tombera à la nedava -- car une hatta't du public n'est pas mise à mort.

Rabbi Yehouda dit : elle est mise à mort.

📜 Rachi (3)
וְהַשֵּׁנִי אִם שֶׁל עֲזָאזֵל מֵת וְעַכְשָׁיו יֵשׁ כָּאן שְׁנַיִם לַשֵּׁם אֶחָד שֶׁנִּשְׁאַר מָזוּג רִאשׁוֹן וְאֶחָד מָזוּג שֵׁנִי בְּאֶחָד יִתְכַּפֵּר וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה וְכֵן אִם שֶׁל שֵׁם מֵת וַהֲרֵי יֵשׁ כָּאן שְׁנַיִם לַעֲזָאזֵל הָאֶחָד יִשְׁתַּלֵּחַ וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ אֵיזֶהוּ שֵׁנִי אִם שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג שֵׁנִי אִם שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג רִאשׁוֹן:
Et le second : si celui d'Azazel est mort, il y a maintenant ici deux bêtes pour Hachem -- l'une restée de la première paire, l'autre de la seconde ; avec l'une on fera l'expiation, et la seconde paîtra. De même, si celui de Hachem est mort, voici qu'il y a ici deux bêtes pour Azazel : l'une sera envoyée et la seconde paîtra. Et dans la guemara on explique laquelle est ''la seconde'' : celle de la seconde paire, ou celle de la première.
וְיֹאמַר אִם שֶׁל שֵׁם מֵת וְכוּ' הָכִי מִיפָּרַשׁ' אִם שֶׁל שֵׁם מֵת יֹאמַר זֶה שֶׁעָלָה וְכוּ' וְאִם שֶׁל עֲזָאזֵל מֵת יֹאמַר זֶה שֶׁעָלָה וְכוּ':
''Et il dira : si celui de Hachem est mort'', etc. -- il faut comprendre ainsi : si celui de Hachem est mort, il dira ''celui-ci sur lequel est monté le sort...'' etc. ; et si celui d'Azazel est mort, il dira ''celui-ci sur lequel est monté le sort...'' etc.
שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה דְּכִי גְּמִירִי חָמֵשׁ חַטָּאוֹת בְּיָחִיד גְּמִירִי וְטַעֲמָא מְפֹורָשׁ בְּהוֹרָיוֹת (דַּף ו.) וּבִתְמוּרָה (דַּף טו.) מַה מָּצִינוּ וְלַד חַטָּאת וּתְמוּרַת חַטָּאת וְחַטָּאת שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ שֶׁלֹּא תִּמְצָאֵם בְּצִבּוּר אַף שֶׁכִּפְּרוּ בְּעָלֶיהָ ואע"פ שֶׁאֶפְשָׁר לִהְיוֹת בְּצִבּוּר לֹא נֶאֶמְרָה אֶלָּא בְּיָחִיד:
Car une hatta't du public n'est pas mise à mort : car la tradition des cinq hatta'ot vouées à la mort n'a été reçue que pour le particulier. La raison en est exposée dans Horayot 6a et dans Temoura 15a : de même que le petit d'une hatta't, la temoura d'une hatta't et la hatta't dont les propriétaires sont morts ne se rencontrent pas dans le public, de même celle dont les propriétaires ont déjà obtenu l'expiation -- bien qu'un tel cas soit possible dans le public -- n'a été énoncée que pour le particulier.
⚖️ Rosh (1)
בָּא לוֹ אֵצֶל שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ אִם מָצְאוּ חַי מִתְוַדֶּה עָלָיו. (דַּף סב.) מֵת אַחַר שֶׁהִגְרִיל יָבִיא שְׁנַיִם אֲחֵרִים וְיַגְרִיל וְיֹאמַר זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַעֲזָאזֵל יִהְיֶה תַּחְתָּיו וּמִיהוּ זֶה לְדַעַת ר' שִׁמְעוֹן אֲבָל ר' יְהוּדָה סָבַר וִידּוּי מְעַכֵּב וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ לְגַבֵּי ר' שִׁמְעוֹן. וְכֵן הַדִּין אִם מֵת שֶׁל שֵׁם אַחַר הַגּוֹרָל יָבִיא שְׁנַיִם אֲחֵרִים וְיַגְרִיל וְיֹאמַר הַגּוֹרָל שֶׁעָלָה לַשֵּׁם יִהְיֶה תַּחְתָּיו. (דַּף סו.) וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר חָטְאוּ עָווּ פָּשְׁעוּ לְפָנֶיךָ עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל וְכוּ':
Il venait vers le bouc envoyé : s'il le trouvait vivant, il confessait sur lui. (62a) S'il est mort après qu'il eut tiré au sort, il apportera deux autres boucs, tirera au sort et dira : ''Celui sur lequel est monté le sort pour Azazel sera à sa place''. Cela toutefois selon l'avis de Rabbi Chimon ; mais Rabbi Yehouda tient que le viddouy est me'akev (indispensable), et la halakha suit son avis face à Rabbi Chimon. Et telle est aussi la règle si celui de Hachem est mort après le sort : il apportera deux autres boucs, tirera au sort et dira : ''Le sort qui est monté pour Hachem sera à sa place''. (66a) Et voici ce qu'il disait : ''Ils ont fauté, ils ont commis l'iniquité, ils ont transgressé devant Toi, Ton peuple Israël...'' etc.
💡 Explication

Comme un doublon subsiste après le second tirage, la michna fait prononcer un tenai (stipulation) qui aiguille automatiquement : la bête du nouveau tirage portant le même sort que la défunte prend sa place.

Reste alors une bête surnuméraire, ''ha-cheni''. Le tanna kama lui applique le sort ordinaire d'un sacrifice inutilisable et non voué à la mort : elle paît jusqu'à devenir baal moum, on la vend, et l'argent va à la nedava (les offrandes surnuméraires brûlées sur l'autel). La raison est un principe fort : ein hatta't tsibour meta -- une hatta't du public n'est jamais mise à mort, car la tradition des cinq hatta'ot vouées à la mort ne vise que le particulier. Rabbi Yehouda refuse cette limitation : tamout, elle est mise à mort.

11
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: נִשְׁפַּךְ הַדָּם — יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. מֵת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ — יִשָּׁפֵךְ הַדָּם.

Rabbi Yehouda a dit de plus : si le sang s'est répandu -- le bouc envoyé est mis à mort ; si le bouc envoyé est mort -- le sang est répandu.

📜 Rachi (2)
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ מַאי אֲתָא לְאוֹסוֹפֵי:
Rabbi Yehouda a dit de plus : dans la guemara on explique ce que ce ''de plus'' vient ajouter.
יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְיָבִיא שְׁנַיִם וְיַגְרִיל עֲלֵיהֶן בַּתְּחִילָּה:
Le bouc envoyé est mis à mort : et il apportera deux autres boucs et tirera le sort sur eux depuis le début.
💡 Explication

Rabbi Yehouda prolonge sa position par une règle de solidarité entre les deux boucs : leur destin est lié dans les deux sens. Si le sang du bouc de Hachem est répandu avant les aspersions, le bouc d'Azazel devient inutilisable et est mis à mort ; si le bouc d'Azazel meurt, le sang déjà recueilli est versé et perdu.

La guemara, plus loin, cherchera précisément ce que ce ve-od (''de plus'') apporte de neuf par rapport à ce qui vient d'être dit -- c'est la question que Rachi annonce ici.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).