Yoma 67b -- Un mot pour preuve, un mot à recaser : gezeira, le désert et les houkim

Yoma 67b

Sougya : Le daf achève la controverse de Rav et Chmouel laissée ouverte en 67a : les membres du bouc émissaire, disloqué contre le rocher, sont-ils permis ou interdits à la hanaa ? Les deux camps lisent le même verset et se partagent ses deux mots -- celui qui permet prend ba-midbar, mot superflu qui rend le bouc hefker comme le désert ; celui qui interdit prend gezeira, terme de sévérité.

Chacun doit alors trouver un emploi au mot que l'autre lui prend, et la guemara le fournit : ba-midbar inclut Nov, Guivon, Chilo et le Temple ; gezeira enseigne le rocher taillé à pic, la dislocation des membres, et surtout le décret pur. Rava tranche en faveur de celui qui permet, par un argument de bon sens législatif : la Torah n'a pas ordonné d'envoyer le bouc pour créer une takala.

Deux baraitot décomposent ensuite le nom Azazel -- âpre et dur, le plus dur des monts -- avant que l'école de Rabbi Yichmael n'y entende les noms de Ouza et Azaël, ce qui fait du bouc l'expiation des arayot. De là, la guemara élargit à la grande partition de Vayikra 18,4 : cinq michpatim que la raison aurait écrits d'elle-même, cinq houkim contre lesquels le Satan réplique -- et le bouc émissaire ferme la seconde liste, avec pour toute réponse Ani Hachem.

Le daf revient alors à la michna restée en suspens : à partir de quand le convoyeur rend-il ses vêtements impurs ? Rabbi Yehouda dit dès la sortie du mur de Jérusalem, Rabbi Yossi à l'arrivée au tsouk, Rabbi Chimon seulement au moment de la poussée.

Une nouvelle michna reprend enfin l'ordre du service : le Cohen Gadol fend le taureau et le bouc intérieurs, en retire les emourim, les dépose dans un maguis, puis on les tresse ensemble pour les porter au beit ha-serefa. La guemara corrige aussitôt la michna -- il ne peut pas les faire fumer maintenant, il porte encore les bigdei lavan -- et Tossefot consacre une longue glose à défendre la version du texte que Rachi voulait effacer.

Le daf s'interrompt sur le premier membre de la guezera chava or-bassar-peresh, qui interdit d'écorcher avant de découper.

Yoma 67b : un seul verset, quatre lectures -- puis retour à l'ordre du service Fin de la sougya du bouc émissaire, la question des houkim, et la reprise de la michna du Cohen Gadol À -- Seg 0 à 4 : les membres du bouc, permis ou interdits à la hanaa ? Celui qui permet lit le mot superflu bamidbar : le bouc est hefker comme le désert. Celui qui interdit lit gezeira : terme de sévérité. Chacun doit alors recaser le mot que l'autre lui prend : bamidbar sert à inclure Nov, Guivon, Chilo et le Temple ; gezeira sert à trois derachot. Rava tranche : la logique est du côté de celui qui permet -- la Torah n'a pas dit envoie pour créer une takala (achoppement). B -- Seg 5 à 6 : que veut dire Azazel ? 1. az ve-kaché : âpre et dur -- donc un tsouk 2. le plus dur des monts (eilei ha-arets) 3. dvei R. Yichmael : il expie l'acte de Ouza et Azaël -- donc les arayot Le nom du lieu devient le nom de la faute réparée. C -- Seg 7 à 8 : michpatim contre houkim Michpatim : la raison les aurait écrits. Houkim : le Satan y réplique. Le bouc émissaire est rangé parmi les houkim. La réponse est la même qu'au segment 3 : Ani Hachem, et tu n'as pas le droit d'élever des objections. D -- Seg 9 à 11 : à partir de quand le convoyeur rend-il ses vêtements impurs ? Baraita : seul le mechaleah, pas ceux qui l'accompagnent. Le verset ha-mechaleah exclut la sortie de la azara ; le vav de ve-ha-mechaleah exclut d'attendre le tsouk. R. Yehouda : sortie du mur de Jérusalem -- R. Yossi : arrivée au tsouk -- R. Chimon : au moment de la poussée. E -- Seg 12 à 15 : la michna reprend l'ordre du service Seg 12 : le Cohen Gadol revient au taureau et au bouc à brûler, les fend, en retire les emourim, les met dans un maguis. Seg 13 : on les tresse ensemble et on les sort au beit ha-serefa. Tuma des vêtements des la sortie du mur de la azara -- R. Chimon : seulement quand le feu a pris dans la plus grande partie. Seg 14 : la guemara corrige la michna -- il ne peut pas les faire fumer maintenant, il est encore en bigdei lavan. Lis donc : il les a mis dans le maguis pour les faire fumer plus tard. Seg 15 : la tresse selon R. Yo'hanan, et la guezera chava or-bassar-peresh qui interdit d'écorcher avant de découper.
Le fil du daf : de la fin de la controverse Rav-Chmouel sur les membres du bouc jusqu au retour à l ordre du service du Cohen Gadol.
Vayikra 16,22 : deux mots, deux camps et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes vers une terre gezeira , et il enverra le bouc ba-midbar Man de-amar assourin (interdits) Preuve : gezeira est un terme de sévérité et d'interdiction (Rachi). Que fait-il alors de ba-midbar ? Il en a besoin pour la baraita des trois mentions : ha-midbara, ha-midbara, ba-midbar -- pour inclure Nov, Guivon, Chilo et la Maison éternelle. Man de-amar moutarin (permis) Preuve : ba-midbar est un mot superflu -- il enseigne que le bouc est hefker, comme le désert n'appartient à personne. Que fait-il alors de gezeira ? Trois derachot : 1. rocher taillé à pic -- 2. ce qui se découpe en tombant (les membres) -- 3. c'est un décret, Ani Hachem. Rava : mistabra ke-man de-amar moutarin La Torah n'a pas dit et il enverra le bouc pour créer un achoppement. Une fois le bouc poussé, personne ne surveille plus les morceaux. Si le profit était interdit, un passant les trouverait et en profiterait sans le savoir (Rachi). Argument de bon sens législatif : une mitsva ne se construit pas sur un piège.
Un seul verset, deux mots, deux camps : chacun prend un mot pour preuve et doit trouver un emploi à celui que l autre lui prend. Rava tranche.
Vayikra 18,4 : Mes michpatim et Mes houkim Deux listes de cinq, et une seule réponse à la fin Michpatim n'eussent-ils pas été écrits, la raison exigeait qu'ils fussent écrits 1. avoda zara (idolâtrie) 2. guilouy arayot (unions interdites) 3. chefikhout damim (meurtre) 4. guezel (vol) 5. birkat Hachem (blasphème) Rachi : michpatim = choses droites, que le droit lui-même impose d'accomplir. Houkim choses contre lesquelles le Satan réplique (Rachi : le yetser hara, pour égarer Israël) 1. akhilat hazir (le porc) 2. chaatnez (laine et lin mélangés) 3. halitsat yevama 4. taharat metsora 5. saïr ha-michtaleah (notre bouc) Rachi : hok = simple décret du Roi, comme Yossef en fit une règle (Bereshit 47). Ani Hachem -- Moi, Hachem, Je les ai gravés et tu n'as pas le droit d'élever des objections à leur sujet.
Michpatim contre houkim : cinq lois que la raison aurait écrites, cinq que le Satan conteste -- et le bouc émissaire au bout de la seconde liste.
1
דִּכְתִיב: ״בַּמִּדְבָּר״. וּמַאן דְּאָמַר אֲסוּרִין, דִּכְתִיב: ״גְּזֵירָה״.

[Celui qui dit qu'ils sont permis fonde son avis] sur ce qui est écrit : "dans le désert" (ba-midbar). Et celui qui dit qu'ils sont interdits [fonde le sien] sur ce qui est écrit : "gezeira" (terre tranchée).

📜 Rachi (2)
דִּכְתִיב בַּמִּדְבָּר וְשִׁלַּח אֶת הַשָּׂעִיר בַּמִּדְבָּר (וַיִּקְרָא טז) וּקְרָא יַתִּירָא הוּא לְמִדְרַשׁ שֶׁיְּהֵא הֶפְקֵר כַּמִּדְבָּר:
Car il est écrit "ba-midbar" -- "et il enverra le bouc dans le désert" (Vayikra 16). C'est un verset superflu, destiné à être exposé : [pour enseigner] qu'il soit hefker (sans propriétaire) comme le désert.
גְּזֵירָה לְשׁוֹן חֹומֶר וְאִיסּוּר:
"Gezeira" -- un terme de sévérité et d'interdiction.
💡 Explication

Le daf s'ouvre au milieu de la phrase commencée en 67a : les membres du bouc émissaire, une fois qu'il s'est disloqué contre le rocher, sont-ils permis ou interdits à la hanaa (au profit) ? Rav et Chmouel divergeaient, sans qu'on sache qui soutient quoi. La guemara donne maintenant à chacun son verset.

Les deux camps lisent le même verset, Vayikra 16,22 : et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes vers une terre gezeira, et il enverra le bouc ba-midbar. Celui qui permet s'appuie sur ba-midbar : Rachi précise que ce mot est un kra yetera (un mot superflu), puisque le désert a déjà été mentionné deux fois ; il enseigne donc que le bouc devient hefker -- sans propriétaire, libre à tous, comme le désert lui-même.

Celui qui interdit s'appuie sur gezeira, que Rachi glose comme un lachon homer ve-issour : un terme de sévérité et d'interdiction. Le même mot qui, pour l'un, décrit la géographie du rocher, devient pour l'autre le vocabulaire de la prohibition.

🖼️ Schéma
Vayikra 16,22 : deux mots, deux camps et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes vers une terre gezeira , et il enverra le bouc ba-midbar Man de-amar assourin (interdits) Preuve : gezeira est un terme de sévérité et d'interdiction (Rachi). Que fait-il alors de ba-midbar ? Il en a besoin pour la baraita des trois mentions : ha-midbara, ha-midbara, ba-midbar -- pour inclure Nov, Guivon, Chilo et la Maison éternelle. Man de-amar moutarin (permis) Preuve : ba-midbar est un mot superflu -- il enseigne que le bouc est hefker, comme le désert n'appartient à personne. Que fait-il alors de gezeira ? Trois derachot : 1. rocher taillé à pic -- 2. ce qui se découpe en tombant (les membres) -- 3. c'est un décret, Ani Hachem. Rava : mistabra ke-man de-amar moutarin La Torah n'a pas dit et il enverra le bouc pour créer un achoppement. Une fois le bouc poussé, personne ne surveille plus les morceaux. Si le profit était interdit, un passant les trouverait et en profiterait sans le savoir (Rachi). Argument de bon sens législatif : une mitsva ne se construit pas sur un piège.
Le partage du verset entre les deux camps, et la conclusion de Rava (segment 4).
2
וּמַאן דְּאָמַר אֲסוּרִין, הַאי ״מְדַבֵּר״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״הַמִּדְבָּרָה״, ״הַמִּדְבָּרָה״, ״בַּמִּדְבָּר״ — לְרַבּוֹת נוֹב וְגִבְעוֹן, שִׁילֹה, וּבֵית עוֹלָמִים.

Et celui qui dit qu'ils sont interdits, ce mot "désert", qu'en fait-il ? Il lui est nécessaire pour ce qui a été enseigné [dans une baraita] : "vers le désert" (ha-midbara), "vers le désert" (ha-midbara), "dans le désert" (ba-midbar) -- pour inclure Nov et Guivon, Chilo, et la Maison éternelle.

📜 Rachi (1)
הַמִּדְבָּרָה הַמִּדְבָּרָה בַּמִּדְבָּר שָׁלֹשׁ מִקְרָאוֹת בְּעִנְיָן לְשַׁלַּח אֹותוֹ לַעֲזָאזֵל הַמִּדְבָּרָה וְשִׁלַּח בְּיַד אִישׁ עִתִּי הַמִּדְבָּרָה וְשִׁלַּח אֶת הַשָּׂעִיר בַּמִּדְבָּר:
"Ha-midbara, ha-midbara, ba-midbar" -- trois versets sur ce sujet : "pour l'envoyer à Azazel, vers le désert" ; "il l'enverra par la main d'un homme désigné, vers le désert" ; "et il enverra le bouc dans le désert".
💡 Explication

Règle constante de la guemara : celui qui refuse la lecture de l'autre doit trouver un autre emploi au mot en question, sinon le mot resterait sans fonction. Celui qui interdit doit donc dire ce que ba-midbar vient enseigner chez lui.

Réponse : les trois mentions du désert dans la paracha (Vayikra 16,10 ; 16,21 ; 16,22) servent à étendre la mitsva du bouc émissaire aux différents sanctuaires de l'histoire d'Israël -- Nov et Guivon (les bamot, les hauts lieux autorisés), Chilo (le Michkan de pierre) et le beit olamim (le Temple de Jérusalem). Autrement dit : le rituel du bouc n'est pas réservé au désert du Sinaï ni au seul Temple, il vaut partout où l'on offre les korbanot publics.

3
וְאִידָךְ, הַאי ״גְּזֵירָה״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״גְּזֵירָה״ — אֵין גְּזֵירָה אֶלָּא חֲתוּכָה. דָּבָר אַחֵר: אֵין גְּזֵירָה אֶלָּא דָּבָר הַמִּתְגַּזֵּר וְיוֹרֵד.

Et l'autre, ce mot "gezeira", qu'en fait-il ? Il lui est nécessaire pour ce qui a été enseigné [dans une baraita] : "gezeira" -- gezeira ne signifie rien d'autre que "tranchée".

Autre explication : gezeira ne désigne rien d'autre qu'une chose qui se découpe en descendant.

📜 Rachi (2)
חֲתוּכָה צוּק חִתּוּךְ בִּזְקִיפָה וְלֹא מְשֻׁופָּע כָּל כָּךְ:
"Tranchée" -- un tsouk taillé à pic, et non pas tellement en pente.
דָּבָר הַמִּתְגַּזֵּר וְיוֹרֵד הַשָּׂעִיר מִתְגַּזֵּר בָּהּ אֵיבָרִים אֵיבָרִים:
"Une chose qui se découpe en descendant" -- le bouc s'y découpe membre après membre.
💡 Explication

Question symétrique : celui qui permet doit lui aussi trouver un emploi à gezeira. La baraita lui en fournit trois, dont deux ici.

Première lecture : gezeira, de la racine gazar (couper), décrit le lieu -- un rocher taillé à pic. Rachi : tsouk hatoukh be-zekifa, une paroi verticale et non une pente douce. Deuxième lecture : gezeira désigne non le rocher mais ce qui lui arrive -- davar ha-mitgazer ve-yored, une chose qui se découpe en descendant, c'est-à-dire le bouc réduit en evarim evarim (membre après membre) avant même la mi-hauteur.

Le même mot fournit ainsi la forme du rocher et l'effet produit sur l'animal : la géographie et le résultat du rituel tiennent dans une seule racine.

4
דָּבָר אַחֵר: ״גְּזֵירָה״, שֶׁמָּא תֹּאמַר מַעֲשֵׂה תֹהוּ הוּא, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲנִי ה׳״, אֲנִי ה׳ גְּזַרְתִּיו, וְאֵין לְךָ רְשׁוּת לְהַרְהֵר בָּהֶן.

Autre explication : "gezeira" -- de peur que tu ne dises que c'est un acte vain (maasse tohou), le verset dit : "Je suis Hachem" -- Moi, Hachem, Je l'ai décrété (guezartiv), et tu n'as pas le droit d'élever des objections à son sujet.

📜 Rachi (1)
שֶׁמָּא תֹּאמַר מַעֲשֵׂה תֹהוּ הֵם מַה כַּפָּרָה יֵשׁ בְּשִׁילּוּחַ זֶה וּמַה יֵשׁ בְּיַד צוּק זֶה לְהוֹעִיל:
"De peur que tu ne dises que ce sont des actes vains" -- quelle kapara y a-t-il dans cet envoi, et que peut donc ce rocher pour être utile ?
💡 Explication

Troisième emploi de gezeira, et le plus lourd : la racine ne signifie plus couper mais décréter. Le mot annonce que ce rituel est un guezera, un décret royal dont la raison n'est pas donnée.

Rachi formule crûment l'objection anticipée : quelle kapara y a-t-il dans cet envoi, et que peut donc ce rocher pour être utile ? C'est la question du lecteur qui regarde un bouc poussé d'une falaise et n'y voit aucun mécanisme d'expiation. La réponse n'est pas une explication mais une signature : Ani Hachem. Ce même couple objection-signature reviendra mot pour mot au segment 8, cette fois pour toute la catégorie des houkim.

5
אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר מֻותָּרִין, לֹא אָמְרָה תּוֹרָה ״שְׁלַח״ לְתַקָּלָה.

Rava dit : il est logique [de trancher] comme celui qui dit qu'ils sont permis, [car] la Torah n'a pas dit "envoie" pour [créer] un achoppement.

📜 Rachi (1)
לְתַקָּלָה שֶׁיִּמְצָאֵם אָדָם וְיֵהָנֶה מֵהֶם שֶׁלֹּא יֵדַע שֶׁהָיוּ מִן הַשָּׂעִיר:
"Pour un achoppement" -- qu'un homme les trouve et en tire profit sans savoir qu'ils provenaient du bouc.
💡 Explication

Rava ne tranche pas par un verset mais par un raisonnement de bon sens législatif : lo amra Torah chelah le-takala. La Torah a ordonné d'envoyer le bouc au désert et de l'y abandonner ; elle n'a pas ordonné cela dans le but de créer une takala, un piège.

Rachi explicite le scénario : les morceaux gisent au pied du tsouk, sans surveillance ; un passant les trouve et en tire profit sans savoir qu'ils provenaient du bouc. Si le profit était interdit, l'accomplissement même de la mitsva produirait mécaniquement des transgressions involontaires. Un ordre divin ne se construit pas ainsi -- donc les membres sont permis.

C'est le même type d'argument que l'on rencontre ailleurs sous la forme la Torah n'a pas donné ses paroles à des anges : la halakha tient compte du monde réel dans lequel elle est appliquée.

6
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עֲזָאזֵל״ — שֶׁיְּהֵא עַז וְקָשֶׁה. יָכוֹל בְּיִשּׁוּב, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּמִּדְבָּר״, וּמִנַּיִן שֶׁבְּצוּק? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּזֵירָה״. תַּנְיָא אִידָךְ: ״עֲזָאזֵל״ — קָשֶׁה שֶׁבֶּהָרִים, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְאֶת אֵילֵי הָאָרֶץ לָקָח״.

Nos maîtres ont enseigné : "Azazel" -- qu'il soit az (âpre) et dur. Pourrait-on croire [que ce soit] dans une région habitée ?

Le verset dit : "dans le désert". Et d'où [sait-on] que c'est du haut d'un tsouk ?

Le verset dit : "gezeira". Il a été enseigné dans une autre baraita : "Azazel" -- le plus dur des monts, et de même il est dit : "et les puissants (eilei) du pays, il les emmena".

📜 Rachi (3)
שֶׁיְּהֵא עַז וְקָשֶׁה אֶל לָשׁוֹן קָשָׁה:
"Qu il soit az et dur" -- "el" est un terme de dureté.
וּמִנַּייִן שֶׁבְּצוּק הַר זָקוּף:
"Et d'où [sait-on] que c'est du haut d'un tsouk" -- une montagne à pic.
גְּזֵירָה חֲתוּכָה:
"Gezeira" -- tranchée.
💡 Explication

La guemara passe du verset au nom lui-même. Azazel est décomposé : az (âpre, violent) et el, que Rachi glose comme lachon kacheh, un terme de dureté. Le nom décrit donc un lieu rude.

Les trois mots déjà rencontrés se répartissent alors les trois informations : Azazel donne la nature du lieu (âpre et dur), ba-midbar exclut qu'il se trouve dans une région habitée, et gezeira ajoute la verticalité -- un tsouk, une montagne à pic selon Rachi. Rien n'est laissé au hasard géographique.

La seconde baraita confirme par une preuve lexicale : dans Ye'hezkel 17,13, eilei ha-arets désigne les puissants du pays. La racine el porte bien l'idée de force et de dureté.

🖼️ Schéma
Azazel : trois lectures du même nom Azazel az ve-kaché âpre et dur Pas dans une région habitée : ba-midbar Du haut d'un tsouk : gezeira le plus dur des monts Ye'hezkel 17,13 : et les eilei du pays, il les emmena el = terme de dureté (Rachi) Ouza et Azaël dvei R. Yichmael : il expie leur acte Rachi : anges descendus aux jours de Naama -- il expie les arayot Les deux premières lectures décrivent un lieu ; la troisième décrit une faute. Le même mot dit où l'on envoie le bouc et ce dont on se décharge.
Les trois lectures du nom Azazel (segments 5 et 6) : deux décrivent un lieu, la troisième une faute.
7
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״עֲזָאזֵל״ — שֶׁמְּכַפֵּר עַל מַעֲשֵׂה עֻוזָּא וְעַזָּאֵל.

L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : "Azazel" -- parce qu'il expie l'acte de Ouza et Azaël.

📜 Rachi (1)
עֻוזָּא וַעֲזָאֵל מַלְאֲכֵי חַבָּלָה שֶׁיָּרְדוּ לָאָרֶץ בִּימֵי נַעֲמָה אֲחוֹת תּוּבַל קַיִן וַעֲלֵיהֶם נֶאֱמַר וַיִּרְאוּ בְנֵי הָאֱ-לֹהִים אֶת בְּנוֹת הָאָדָם (בְּרֵאשִׁית ו׳:ב׳) כְּלוֹמַר עַל הָעֲרָיוֹת מְכַפֵּר:
"Ouza et Azaël" -- des anges destructeurs descendus sur terre aux jours de Naama, sœur de Toubal-Kayin, et c'est d'eux qu'il est dit "et les fils de Dieu virent les filles de l'homme" (Bereshit 6,2) -- autrement dit, il expie les arayot.
💡 Explication

Troisième lecture du nom, d'un tout autre ordre. Azazel n'est plus un lieu mais un écho de deux noms : Ouza et Azaël. Rachi identifie ces derniers comme des malakhei habala, des anges destructeurs descendus sur terre aux jours de Naama, sœur de Toubal-Kayin, dont parle le verset les fils de Dieu virent les filles de l'homme (Bereshit 6,2).

Rachi tire la conclusion halakhique de l'aggada : autrement dit, il expie les arayot (les unions interdites). Le bouc émissaire, qui porte les fautes d'Israël au désert, répare spécifiquement la faute qui a corrompu le monde avant le déluge. Le nom du lieu de l'envoi devient le nom de la faute réparée.

8
תָּנוּ רַבָּנַן, ״אֶת מִשְׁפְּטֵי תַּעֲשׂוּ״ — דְּבָרִים שֶׁאִלְמָלֵא (לֹא) נִכְתְּבוּ דִּין הוּא שֶׁיִּכָּתְבוּ, וְאֵלּוּ הֵן: עֲבוֹדָה זָרָה, וְגִלּוּי עֲרָיוֹת, וּשְׁפִיכוּת דָּמִים, וְגָזֵל, וּבִרְכַּת הַשֵּׁם.

Nos maîtres ont enseigné : "Vous accomplirez Mes michpatim" -- ce sont des choses qui, n'eussent-elles pas été écrites, la raison exigeait qu'elles fussent écrites ; les voici : l'idolâtrie, les unions interdites, l'effusion de sang, le vol, et le blasphème.

📜 Rachi (1)
מִשְׁפְּטֵי מַשְׁמַע דְּבָרִים הַמְיֻושָּׁרִים וְהַדִּין נוֹתֵן לַעֲשׂוֹתוֹ:
"Mes michpatim" -- cela signifie des choses droites, que le droit lui-même impose d'accomplir.
💡 Explication

La sougya s'élargit. Puisque le bouc émissaire est le type même de la loi sans raison apparente, la guemara cite la baraita qui classe l'ensemble de la Torah en deux catégories, à partir de Vayikra 18,4 : vous accomplirez Mes michpatim et vous garderez Mes houkim.

Michpatim : Rachi glose devarim ha-meyoucharim, des choses droites, que le droit lui-même impose d'accomplir. Cinq interdits en font partie : avoda zara (idolâtrie), guilouy arayot (unions interdites), chefikhout damim (effusion de sang), guezel (vol) et birkat Hachem (le blasphème, désigné par euphémisme du mot bénir).

La formule est remarquable : ces lois auraient été écrites de toute façon. La Révélation les confirme plutôt qu'elle ne les institué.

🖼️ Schéma
Vayikra 18,4 : Mes michpatim et Mes houkim Deux listes de cinq, et une seule réponse à la fin Michpatim n'eussent-ils pas été écrits, la raison exigeait qu'ils fussent écrits 1. avoda zara (idolâtrie) 2. guilouy arayot (unions interdites) 3. chefikhout damim (meurtre) 4. guezel (vol) 5. birkat Hachem (blasphème) Rachi : michpatim = choses droites, que le droit lui-même impose d'accomplir. Houkim choses contre lesquelles le Satan réplique (Rachi : le yetser hara, pour égarer Israël) 1. akhilat hazir (le porc) 2. chaatnez (laine et lin mélangés) 3. halitsat yevama 4. taharat metsora 5. saïr ha-michtaleah (notre bouc) Rachi : hok = simple décret du Roi, comme Yossef en fit une règle (Bereshit 47). Ani Hachem -- Moi, Hachem, Je les ai gravés et tu n'as pas le droit d'élever des objections à leur sujet.
Les deux listes de cinq (segments 7 et 8), et la réponse commune : Ani Hachem.
9
״אֶת חֻוקּוֹתַי תִּשְׁמְרוּ״ — דְּבָרִים שֶׁהַשָּׂטָן מֵשִׁיב עֲלֵיהֶן, וְאֵלּוּ הֵן: אֲכִילַת חֲזִיר, וּלְבִישַׁת שַׁעַטְנֵז, וַחֲלִיצַת יְבָמָה, וְטַהֲרַת מְצֹורָע, וְשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר מַעֲשֵׂה תֹוהוּ הֵם, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲנִי ה׳״, אֲנִי ה׳ חֲקַקְתִּיו, וְאֵין לְךָ רְשׁוּת לְהַרְהֵר בָּהֶן.

"Vous garderez Mes houkim" -- ce sont des choses contre lesquelles le Satan réplique ; les voici : la consommation du porc, le port du chaatnez, la halitsa de la yevama, la purification du metsora, et le bouc émissaire. Et de peur que tu ne dises que ce sont des actes vains, le verset dit : "Je suis Hachem" -- Moi, Hachem, Je les ai gravés, et tu n'as pas le droit d'élever des objections à leur sujet.

📜 Rachi (3)
חוֹק מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא גְּזֵירַת מֶלֶךְ כְּמוֹ וַיְשִׂימֶהָ לְחָק (שְׁמוּאֵל א ל) וַיָּשֶׂם אֹותָהּ יוֹסֵף לְחֹוק (בְּרֵאשִׁית מז):
"Hok" -- cela signifie que ce n'est qu'un décret du Roi, comme "il en fit une règle" (Chmouel I 30), "et Yossef en fit une règle" (Bereshit 47).
הַשָּׂטָן יֵצֶר הָרַע מֵשִׁיב עֲלֵיהֶן תְּשׁוּבָה לְהַטְעוֹת אֶת יִשְׂרָאֵל וְלוֹמַר שֶׁהַתּוֹרָה אֵינָהּ אֱמֶת כִּי מַה תּוֹעֶלֶת בְּכָל אֵלּוּ לְכָךְ נִכְתַּב בָּהֶן חוֹק אני ה' גָּזַרְתִּי עֲלֵיכֶם:
"Le Satan" -- c'est le yetser hara qui réplique contre elles, pour égarer Israël et dire que la Torah n'est pas véridique -- car quelle utilité y a-t-il en tout cela ? C'est pourquoi il est écrit à leur sujet "hok" : Moi, Hachem, Je l'ai décrété sur vous.
תַּלְמוּד לוֹמַר אֲנִי ה' אַחֻוקּוֹתַי קָאֵי דְּמִינַּייְהוּ סָלֵיק אֶת חֻוקּוֹתַי תִּשְׁמְרוּ אֲנִי ה' חֲקַקְתִּים גְּזַרְתִּים:
"Le verset dit : Je suis Hachem" -- cela se rapporte aux houkim, puisque c'est d'eux qu'on vient de parler : "vous garderez Mes houkim, Je suis Hachem" -- Je les ai gravés, Je les ai décrétés.
💡 Explication

Seconde catégorie : les houkim. Rachi définit hok comme guezerat melekh, un simple décret du Roi, en s'appuyant sur des emplois profanes du mot (Chmouel I 30 ; Bereshit 47, ou Yossef en fait une règle fixe d'Égypte).

Cinq exemples : l'interdit du porc, le chaatnez (mélange laine et lin), la halitsa de la yevama, la purification du metsora, et -- au bout de la liste -- notre bouc émissaire. C'est ainsi que la baraita rejoint la sougya : le rituel du tsouk est le cas d'école de la loi que la raison ne fonde pas.

Rachi identifie le Satan au yetser hara : il réplique contre ces lois pour égarer Israël et dire que la Torah n'est pas véridique -- car quelle utilité y a-t-il en tout cela ? La réponse est exactement celle du segment 3, mot pour mot, mais élargie de la seule guezera du bouc à toute la catégorie : Ani Hachem, Je les ai gravés.

10
אֵימָתַי מְטַמֵּא בְּגָדִים. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְשַׁלֵּחַ מְטַמֵּא בְּגָדִים, וְאֵין הַשּׁוֹלֵחַ אֶת הַמְשַׁלֵּחַ מְטַמֵּא בְּגָדִים.

"À partir de quand rend-il ses vêtements impurs ?" Nos maîtres ont enseigné : le convoyeur (ha-mechaleah) rend ses vêtements impurs, mais celui qui envoie le convoyeur ne rend pas ses vêtements impurs.

📜 Rachi (1)
הַשּׁוֹלֵחַ אֶת הַמְשַׁלֵּחַ הַמַּלְוִים אוֹתוֹ מִירוּשָׁלַיִם:
"Celui qui envoie le convoyeur" -- ceux qui l'accompagnent depuis Jérusalem.
💡 Explication

Retour à la michna de 67a, restée en suspens : le convoyeur rend ses vêtements impurs (Vayikra 16,26), mais à partir de quel moment de sa route ?

La baraita pose d'abord une délimitation de personnes avant celle du moment : seul le mechaleah, celui qui envoie effectivement le bouc, est concerné. Ceux que la baraita appelle joliment ceux qui envoient le convoyeur -- Rachi : les notables qui l'accompagnent depuis Jérusalem et les hommes des soukot -- ne sont pas touchés. La tuma ne se transmet pas par voisinage sur la route.

11
יָכוֹל מִשֶּׁיֵּצֵא חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הַמְשַׁלֵּחַ״. אִי ״הַמְשַׁלֵּחַ״, יָכוֹל עַד שֶׁיַּגִּיעַ לַצּוּק — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהַמְשַׁלֵּחַ״. הָא כֵיצַד: מִשֶּׁיֵּצֵא חוּץ לְחוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.

Pourrait-on croire [qu'il devient impur] dès qu'il sort hors du mur de la azara ? Le verset dit : "celui qui envoie (ha-mechaleah)".

Si [seulement] "ha-mechaleah", pourrait-on croire [qu'il ne le devienne] que lorsqu'il parvient au tsouk ? Le verset dit : "et celui qui envoie (ve-ha-mechaleah)".

Comment donc [concilier] ? Dès qu'il sort hors du mur de Jérusalem -- paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
ת"ל וְהַמְשַׁלֵּחַ מַשְׁמַע שֶׁשִּׁילְּחוֹ כְּבָר לְצַד הַמִּדְבָּר:
"Le verset dit : ve-ha-mechaleah" -- cela implique qu'il l'a déjà envoyé en direction du désert.
💡 Explication

Construction typique en deux temps, où chaque excès est corrigé par un détail du verset. Point de départ le plus précoce imaginable : la sortie de la azara. Ecarté par le mot ha-mechaleah, participe qui suppose un envoi déjà engagé.

Point le plus tardif : l'arrivée au tsouk. Ecarté par le vav de ve-ha-mechaleah. Rachi lit ce vav comme indiquant que l'envoi a déjà eu lieu, en direction du désert : la tuma commence donc avant l'arrivée.

Entre les deux bornes, Rabbi Yehouda place le point d'équilibre : la sortie hors du mur de Jérusalem. C'est le moment où le convoyeur quitte la ville et où la route du désert commence vraiment.

12
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״עֲזָאזֵל וְכִבֶּס״ — עַד שֶׁהִגִּיעַ לַצּוּק. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״וְהַמְשַׁלֵּחַ אֶת הַשָּׂעִיר לַעֲזָאזֵל יְכַבֵּס בְּגָדָיו״, זוֹרְקוֹ בְּבַת רֹאשׁ וּמְטַמֵּא בְּגָדִים.

Rabbi Yossi dit : "à Azazel... il lavera" -- [seulement] lorsqu'il est parvenu au tsouk. Rabbi Chimon dit : "et celui qui envoie le bouc à Azazel lavera ses vêtements" -- [c'est] lorsqu'il le projette d'un seul coup, la tête la première, qu'il rend ses vêtements impurs.

📜 Rachi (1)
זוֹרְקוֹ בְּבַת רֹאשׁ קָסָבַר דְּחִיפָתוֹ וּזְרִיקָתוֹ הִיא שִׁילּוּחוֹ:
"Il le projette d'un seul coup, la tête la première" -- il tient que la poussée et la projection constituent son envoi.
💡 Explication

Deux avis plus tardifs, tirés du même verset lu autrement. Rabbi Yossi rattache le lavage au mot Azazel : le verset dit à Azazel... il lavera ses vêtements, donc la tuma ne commence qu'à l'arrivée au rocher. Ce que Rabbi Yehouda excluait par le vav, Rabbi Yossi le retient par la proximité des mots.

Rabbi Chimon va plus loin encore : rien avant la poussée. Rachi donne sa raison : il tient que la poussée et la projection constituent son envoi -- le chilouah n'est pas la marche mais le geste final. Tant que le bouc n'a pas été jeté be-vat roch (d'un seul coup, la tête la première), la mitsva n'a pas eu lieu, donc la tuma non plus.

Nafka mina pratique : les vêtements du convoyeur, entre Jérusalem et le tsouk, sont-ils déjà tame ? Selon Rabbi Yehouda oui, selon Rabbi Yossi et Rabbi Chimon non.

🖼️ Schéma
À quel moment le mechaleah rend-il ses vêtements impurs ? Quatre bornes possibles sur la route, trois avis mur de la azara mur de Jérusalem arrivée au tsouk la poussée exclu par ha-mechaleah R. Yehouda le vav de ve-ha-mechaleah interdit d'attendre le tsouk R. Yossi Azazel ve-khibess : on lit le lavage sur Azazel R. Chimon la poussée est le shilouah : pas de tuma avant elle Baraita préliminaire : seul le convoyeur est concerné -- ceux qui envoient le convoyeur, c'est-à-dire ses accompagnateurs, ne rendent pas leurs vêtements impurs (Rachi : ce sont ceux qui l'accompagnent depuis Jérusalem).
Les quatre bornes de la route et les trois avis sur le moment où commence la tuma des vêtements.
13
מַתְנִי׳ בָּא לוֹ אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר הַנִּשְׂרָפִין, קְרָעָן, וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶן, נְתָנָן בְּמָגֵיס וְהִקְטִירָן עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ.

MICHNA. Il vint auprès du taureau et du bouc que l'on brûle, il les fendit, en retira les emourim, les plaça dans un maguis, et les fit fumer sur l'autel.

📜 Rachi (2)
מַתְנִי' בָּא לוֹ אֵצֶל פַּר וְכוּ' חָזַר לוֹ הַתַּנָּא לְסִדְרוֹ הָרִאשׁוֹן שֶׁהוּא מְסַדֵּר עֲבוֹדַת כ"ג וְקָתָנֵי בָּא לוֹ כֹּהֵן גָּדוֹל אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר הָעוֹמְדִים לִישָּׂרֵף אַחַר שֶׁמָּסַר אֶת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ לְמִי שֶׁהוּא מוֹלִיכוֹ בָּא לוֹ אֶצְלָם וּקְרָעָם וְהוֹצִיא הָאֵימוּרִין:
Michna. "Il vint auprès du taureau, etc." -- le tana revient à son ordre initial, qui est l'ordre du service du Cohen Gadol, et il enseigne : le Cohen Gadol vient auprès du taureau et du bouc qui sont destinés à être brûlés. Après avoir remis le bouc émissaire à celui qui doit le conduire, il vient auprès d'eux, les fend et en retire les emourim.
וּנְתָנָם בְּמָגֵס בִּקְעָרָה שֶׁל כְּלֵי שָׁרֵת וְהִקְטִירָן כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא טז) וְאֵת חֵלֶב הַחַטָּאת יַקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה וּבַגְּמָרָא פָּרִיךְ הָא אַכַּתִּי לָא חֲזִי לְהַקְטִירָן:
"Et il les plaça dans un maguis" -- dans un plat qui est un keli charet ; et il les fit fumer, comme il est écrit (Vayikra 16) "et la graisse du hatat, il la fera fumer vers l'autel". Et dans la guemara on objecte : mais il n'est pas encore apte à les faire fumer !
⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
On avait désigné dès la veille (ibid.) celui qui conduit [le bouc] à Azazel. Et maintenant [le Cohen Gadol] vient à la azara et le lui remet -- et [il reste valable] même s'il est devenu tame (impur). Et si le bouc est tombé malade au point de ne plus pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est Chabbat. Tout homme est apte à cela, même un zar (non-cohen). On lui aménageait une rampe (kevech) sur laquelle il sortait hors de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils en disant : prends et va-t en. (66b) Les notables de Jérusalem l'accompagnaient jusqu'à la première souka, car on lui dressait dix soukot sur la route, un mil entre chacune. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante. Les gens de la dernière souka l'accompagnaient un mil : il avait donc parcouru onze mil. Ils restaient là, et lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'à parvenir au lieu du tsouk, et ils voyaient ce qu'il faisait. À chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, s'il avait besoin de manger. Il prenait un ruban d'écarlate (lachon chel zehorit), le partageait, en attachait la moitié au rocher pour voir quand il blanchirait, et l'autre moitié entre les cornes du bouc, puis il le poussait à la renverse. Il n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà en morceaux -- car il faut que [le rocher] soit tranchant et dur. Et les morceaux sont permis à la hanaa (au profit). Le convoyeur rendait ses vêtements impurs dès qu'il parvenait au tsouk ; il revenait s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Et le lendemain, le convoyeur viendra chez le Cohen Gadol. (71a) S'il le rencontre au marché, il lui dira, afin de l'honorer : mon maître le Cohen Gadol, j'ai accompli ta mission. S'il le rencontre à la maison, il dira : [par Celui qui] fait vivre les vivants, j'ai accompli ta mission. Ensuite (67b) le Cohen Gadol vient auprès du taureau et du bouc, en retire les emourim, les place dans un keli charet (ustensile de service) et les laisse jusqu'à ce que vienne le temps de les faire fumer. Il remet le taureau et le bouc à ceux qui les sortent pour l'incinération hors de Jérusalem, au nord. Ils rendaient les vêtements impurs dès qu'ils sortaient hors du mur de la azara. On les sortait sur des barres : quatre hommes, deux barres. Taureau et bouc tressés l'un sur l'autre, entiers dans leur peau. Et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au Cohen Gadol : le bouc est parvenu au désert -- car il n'avait pas le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y parvienne. Et comment le savait-on ? Les hommes des soukot agitaient des linges (soudarim), et l'on voyait d'une souka a l'autre jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Et ensuite (68b) le Cohen Gadol lit dans la Torah : s'il le veut, dans les bigdei boutz (vêtements de lin) qu'il porte ; et s'il le veut, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, revêt une itstalit blanche qui lui appartient, et y lit. Le hazan de la synagogue prend le sefer Torah et le donne au roch ha-knesset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch ha-knesset le donne au segan, et le segan au Cohen Gadol. Tout cela pour l'honneur du Cohen Gadol, afin de montrer qu'il y a beaucoup d'autorités sous lui et qu'il est au-dessus de toutes. Il lit Aharei Mot, puis roule [le sefer] jusqu'à Akh be-assor et y lit : puisque tout est un seul et même sujet et qu'il n'est pas nécessaire de s'arrêter le temps que le targueman traduise, il peut rouler. Il roule le sefer Torah, le pose contre son sein et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici (70a) -- à cause de la pegam (atteinte) faite à la Torah, pour qu'on ne pense pas que le sefer Torah manque d'une paracha, puisqu'il doit lire par cœur. Et Ou-ve-assor du Houmach ha-Pekoudim, c'est-à-dire les korbanot des moussafim, c'est-à-dire la paracha de Pinhas, il le lit par cœur, car il lui est impossible d'y rouler [le sefer] à cause de l'honneur du public : il faudrait s'arrêter plus longtemps que le temps de la traduction, et ce n'est pas un honneur pour le public de l'attendre. Et il lui est impossible d'apporter un autre sefer Torah qui aurait été roulé depuis la veille, à cause de la pegam du premier ; et de plus il devrait bénir une seconde fois, et ce serait une berakha inutile. Il récite dessus huit berakhot : sur la Torah, comme nous bénissons au début et à la fin ; sur la avoda, Retse, et il conclut Baroukh Ata Hachem, [Toi] que Toi seul nous servirons ; sur la hodaa, Modim anahnou lakh ; sur le pardon des fautes, [Toi qui] pardonne vos fautes ; sur le Mikdach, Baroukh Ata Hachem qui choisit le Mikdach ; sur Israël, Baroukh Ata Hachem qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim, Baroukh Ata Hachem qui choisit les cohanim ; et sur le reste de la tefila -- prière, chant et supplication, car Ton peuple Israël a besoin d'être sauvé -- Baroukh Ata Hachem qui entend la prière. S'il a lu dans les bigdei boutz, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les bigdei zahav [et sanctifie] pour son bélier et le bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre itstalit, il se trouve qu'il a déjà sanctifié ses mains et ses pieds en ôtant les bigdei boutz, et il ne lui faut plus maintenant que la tevila et le kidouch, puis il fait son bélier et le bélier du peuple. (70a, 71a) Et il y a une grande controverse sur l'ordre de l'offrande des moussafim écrits dans la paracha de Pinhas, qui sont sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer tient qu'immédiatement après son bélier et le bélier du peuple il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieurs, puis sanctifiait ses mains et ses pieds, s'immergeait, sanctifiait, revêtait les bigdei lavan et sortait la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le Saint des Saints lorsqu'il y avait fait fumer l'encens. Et s'il veut faire ces vêtements-là à ses frais et ne pas les prendre du public, il en a le droit, à condition de les remettre au public ; mais pour les autres services il n'avait pas le droit d'agir ainsi. Ensuite il sanctifiait ses mains et ses pieds, [s'immergeait,] sanctifiait, revêtait les bigdei zahav et faisait tous les moussafim, le tamid du soir, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Et Rabbi Akiva tient que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le bouc fait au dehors immédiatement après qu'il eut achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite le fumage des emourim du taureau et du bouc lors de la troisième tevila ; ensuite la sortie de la coupe et de l'encensoir lors de la quatrième tevila ; ensuite le tamid du soir, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Et il y a qui dit au nom de Rabbi Akiva que six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier restant avec le tamid du soir. Et il y a qui dit l'inverse : qu'un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux et le taureau de la ola avec le tamid du soir. Et le Rambam, de mémoire bénie, a tranché comme Rabbi Akiva ; et la raison penche pour l'un de ces tanaim qui parlent au nom de Rabbi Akiva, à savoir qu'une partie des moussafim est offerte le matin et une partie le soir, afin d'accomplir les deux derachot : accomplir ce qui est dit outre la ola du matin qui..., d'où il ressort que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et accomplir l'ordre des versets, puisque la avoda est énoncée dans Aharei Mot avant les moussafim qui sont dans Pinhas, d'où il ressort que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc étaient eux aussi offerts après la sortie de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire l'interruption entre le service du jour et la sortie de la coupe et de l'encensoir -- car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt, sauf qu'il nous faut faire passer avant son bélier et le bélier du peuple, pour accomplir les cinq tevilot et les dix kidouchin dont nous avons la tradition qu'il faut les faire à Yom Kippour. Donc, tout ce que nous pouvons faire pour réduire l'interruption est préférable. Après tout cela (70a) il sanctifiait ses mains et ses pieds, revêtait ses propres vêtements, et les têtes du peuple et les grands l'accompagnaient jusqu'à sa maison. Et il faisait un jour de fête pour tous ceux qui l'aimaient lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux rétablisse le service de la Maison du Mikdach en son lieu, promptement et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Torah ; que par Sa Torah Il illumine nos yeux et éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le tana abandonne la digression du bouc émissaire et revient à son fil principal : l'ordre du service du Cohen Gadol. Rachi le note explicitement -- le tana revient à son ordre initial. Une fois le bouc émissaire remis à son convoyeur, le Cohen Gadol se retourne vers le par et le sair intérieurs, ceux dont le sang a été aspergé dans le Saint des Saints et dont les corps doivent être brûlés hors de Jérusalem.

Trois gestes : il les fend (kera) -- il n'est pas tenu de les dépecer, seulement d'ouvrir le ventre ; il en retire les emourim (les parties consommées sur l'autel : graisses, reins, lobe du foie) ; il les dépose dans un maguis, un plat qui est un keli charet (ustensile de service).

La dernière proposition -- et il les fit fumer sur l'autel -- est précisément celle que la guemara corrigera au segment 14 : à ce stade du service, le Cohen Gadol porte encore les bigdei lavan et ne peut pas encore procéder au fumage.

🖼️ Schéma
Le transport du taureau et du bouc au beit ha-serefa La kelia (tresse) selon Rachi Deux barres, quatre porteurs (deux devant, deux derrière). Taureau et bouc entiers, repliés l'un sous l'autre. Ce qui a été fait avant 1. Le Cohen Gadol les fend (kera) -- seulement le ventre. 2. Il en retire les emourim. 3. Il les met dans un maguis, ustensile de service. 4. Il ne les fait PAS fumer maintenant (guemara, seg 14). Les corps restent entiers dans leur peau : on ne les écorche pas. Rachi : seul le ventre a été ouvert, pour les emourim. À partir de quand ceux qui les portent rendent-ils leurs vêtements impurs ? Tana kama : dès la sortie hors du mur de la azara -- R. Chimon : quand le feu a pris dans la plus grande partie. Verset : et celui qui les brûle lavera ses vêtements (Vayikra 16,28). Même structure que pour le convoyeur : où commence l'acte que le verset nomme ?
Ce qui précède le transport (segment 12) et la manière dont on porte les corps au beit ha-serefa (segment 13).
14
קְלָעָן בְּמִקְלָעוֹת וְהוֹצִיאָן לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה. וּמֵאֵימָתַי מְטַמְּאִין בְּגָדִים — מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִשֶּׁיַּצִּית הָאוּר בְּרֻובָּן.

Il les tressa en tresses et les fit sortir vers le beit ha-serefa. Et à partir de quand rendent-ils les vêtements impurs ?

Dès qu'ils sont sortis hors du mur de la azara. Rabbi Chimon dit : dès que le feu a pris dans la plus grande partie d'eux.

📜 Rachi (4)
קְלָעָן בְּמִקְלָעוֹת כְּמִין קְלִיעָה אַרְבָּעָה בְּנֵי אָדָם נוֹשְׂאִין שְׁנֵי מוֹטוֹת שְׁנַיִם לִפְנִים שְׁנַיִם לְאָחוֹר וּמְהַלְּכִים מוֹט אֵצֶל מוֹט וְהֵפֵר וְהַשָּׂעִיר נְתוּנִים עֲלֵיהֶן מֻורְכָּבִין זֶה עַל זֶה וְכוֹפְפָן זֶה תַּחַת זֶה כְּמִין קְלִיעָה וּשְׁלֵימִין הֵן אֶלָּא שֶׁנִּקְרַע כְּרֵיסָן לְהוֹצִיא אֵימוּרֵיהֶן כִּדְתַנְיָא בַּגְּמָרָא שֶׁמּוֹצִיאָן שְׁלֵמִים:
"Il les tressa en tresses" -- à la manière d'une tresse. Quatre hommes portent deux barres, deux devant et deux derrière, et ils marchent barre contre barre ; le taureau et le bouc sont posés dessus, montés l'un sur l'autre, et on les replie l'un sous l'autre à la manière d'une tresse. Ils sont entiers, sauf que leur ventre a été fendu pour en retirer les emourim, comme il est enseigné dans la guemara qu'on les sort entiers.
וְהוֹצִיאָן לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם:
"Et il les fit sortir vers le beit ha-serefa" -- hors de Jérusalem.
מֵאֵימָתַי מְטַמְּאִים בְּגָדִים הָעִסּוּקִין בָּהֶן כְּדִכְתִיב וְהַשֹּׂורֵף אֹותָם יְכַבֵּס בְּגָדָיו (שָׁם):
"À partir de quand rendent-ils les vêtements impurs" -- [les vêtements] de ceux qui s'en occupent, comme il est écrit "et celui qui les brûle lavera ses vêtements" (ibid.).
מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
"Dès qu'ils sont sortis hors du mur de la azara" -- la guemara en explique la raison.
💡 Explication

Le transport. Rachi décrit le dispositif : quatre hommes portent deux barres, deux devant et deux derrière, marchant barre contre barre ; le taureau et le bouc sont posés dessus, montés l'un sur l'autre et repliés l'un sous l'autre à la manière d'une tresse. Les corps sont entiers, dans leur peau -- seul le ventre a été ouvert pour les emourim.

Puis la même question qu'au segment 9, transposée : les porteurs rendent-ils leurs vêtements impurs, et à partir de quand ? Le verset est et celui qui les brûle lavera ses vêtements (Vayikra 16,28). Le tana kama fixe la borne à la sortie du mur de la azara ; Rabbi Chimon, fidèle à sa logique du segment 11, attend l'accomplissement effectif de l'acte nommé par le verset -- ici la combustion : dès que le feu a pris dans la plus grande partie.

15
גְּמ׳ ״וְהִקְטִירָן״ סָלְקָא דַעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: לְהַקְטִירָן עַל גַּבֵּי מִזְבֵּחַ.

GUEMARA. "Et il les fit fumer" -- cela te viendrait-il à l'esprit ?

Dis plutôt : [il les plaça dans le maguis] pour les faire fumer sur l'autel.

📜 Rachi (1)
גְּמ' ה"ג וְהִקְטִירָן ס"ד אֶלָּא אֵימָא לְהַקְטִירָן וְלֹא גָּרַס בְּמָגֵס מַקְטִיר לְהוּ וְגִירְסָא מְשֻׁובֶּשֶׁת הִיא כָּאן וּבְמַסֶּכֶת פְּסָחִים (דַּף סה:) וּבְמַסֶּכֶת סוֹטָה (דַּף טו.) דְּשַׁפִּיר הֲוָה שַׁיָּיךְ לְמִיתְנֵי לַתַּנָּא וְהִקְטִירָן בְּמָגֵס דִּבְמָגֵס מַעֲלֶה אוֹתָן לַמִּזְבֵּחַ דְּדִכְוָותֵיהּ תָּנֵינַן טוּבָא מָעֲלוּ וּמַקְטִירוֹ בִּכְלִי שָׁרֵת (סוֹטָה דַּף יד:) מָעֲלוּ וּמַקְטִירוֹ בְּהֶמְיָינוֹ אֶלָּא הָכִי קַשְׁיָא לֵיהּ וְהִקְטִירָן ס"ד וְכִי עַכְשָׁיו הוּא מַקְטִירָן וַהֲלֹא עוֹדֶנּוּ לָבוּשׁ בִּגְדֵי לָבָן וַעֲדַיִין עָלָיו לִקְרוֹת הַפָּרָשָׁה בִּבְגָדִים הַלָּלוּ וְאַחַ"כּ יִטְבֹּול וְיִלְבַּשׁ בִּגְדֵי זָהָב לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וְיִטְבֹּול שְׁנִיָּה לְהוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה וְיִטְבֹּול שְׁלִישִׁית לְמוּסָפִין וְאֵמוּרֵי חַטָּאת הַלָּלוּ וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם כִּדְקָתָנֵי בְּפִרְקִין דִּלְקַמָּן אֶלָּא אֵימָא לְהַקְטִירָן נְתָנָן לַמָּגֵס לְהַקְטִירָן בּוֹ לַמִּזְבֵּחַ כְּשֶׁיַּגִּיעַ זְמַנָּן:
Guemara. Voici la version à retenir : "ve-hiktiran, cela te viendrait-il à l'esprit ? Dis plutôt : le-haktiran". Et l'on ne lit pas "est-ce donc dans le maguis qu'il les fait fumer ?" -- c'est une version corrompue, ici comme au traité Pessahim (65b) et au traité Sota (15a). Car il aurait été parfaitement possible au tana d'enseigner "et il les fit fumer dans le maguis", puisque c'est dans le maguis qu'il les monte à l'autel ; et de semblable nous avons enseigné bien des fois : "il le monte et le fait fumer dans un keli charet" (Sota 14b), "il le monte et le fait fumer avec sa ceinture". Ce qui lui fait difficulté est plutôt ceci : "ve-hiktiran, cela te viendrait-il à l'esprit ?" -- est-ce maintenant qu'il les fait fumer ? Il porte encore les bigdei lavan, et il lui reste à lire la paracha dans ces vêtements-là ; après quoi il s'immergera et revêtira les bigdei zahav pour son bélier et le bélier du peuple, puis s'immergera une deuxième fois pour sortir la coupe et l'encensoir, et une troisième fois pour les moussafim, ces emourim du hatat et le tamid de l'après-midi, comme il est enseigné au chapitre suivant. Dis plutôt "le-haktiran" : il les a placés dans le maguis afin de les y faire fumer sur l'autel quand leur temps viendra.
🗂️ Tossefot (1)
אַטּוּ בְּמָגֵס מַקְטִיר לֵיהּ כָּךְ הָיָה כָּתוּב בַּסְּפָרִים כָּאן ובס"פ תָּמִיד נִשְׁחָט (פִּסְחִיסְדָּף סה:) וְרַשִׁ"י מְחָקוֹ לְפִי שֶׁהָיָה קָשֶׁה לוֹ דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי בִּמְנָחוֹת קָתָנֵי מַעֲלֶה וּמַקְטִירָהּ בִּכְלִי שָׁרֵת וְלָא פָּרֵיךְ הָכִי אַטּוּ בִּכְלִי שָׁרֵת מַקְטֵיר לֵיהּ וְגָרַס רַשִׁ"י וְהִקְטִירוֹ ס"ד וְכִי הָיָה יָכוֹל לְהַקְטִירוֹ מִיָּד וַהֲלֹא הָיָה לָבוּשׁ עֲדַייִן בִּגְדֵי לָבָן וְהַקְטָרָה הוּא בְּבִגְדֵי זָהָב מִבַּחוּץ וּמְשַׁנֵּי נְתָנוֹ בְּמָגֵס לְהַקְטִירוֹ לִכְשֶׁיַּגִּיעַ זְמַנּוֹ וּבְפֶ' תָּמִיד נִשְׁחָט (גז"ש) מְפָרֵשׁ הִקְטִירוּ ס"ד אַטּוּ הוּא גּוּפֵיהּ מַקְטִיר לֵיהּ וְהָא בְּזָר קָיְימִינַן דִּלְעֵיל מִינֵּיהּ אַייְרֵי בְּהַפְשָׁטָה דִּכְשֵׁירָה בְּזָר וּמְשַׁנֵּי נְתָנוֹ בְּמָגֵס לְהַקְטִיר עַל יְדֵי כֹּהֵן ור"ת אוֹמֵר דְּאֵין צָרִיךְ לְהַגִּיהַּ הַסְּפָרִים וְהָא דְּלָא פָּרֵיךְ הָכִי גַּבֵּי מִנְחָה בִּכְלִי שָׁרֵת ס"ד שָׁאנֵי הָתָם כֵּיוָן דְּמִנְחָה בָּעֲיָא קִידּוּשׁ כְּלִי אַגַּב דִּמְקַדֵּשׁ בִּכְלִי שָׁרֵת מַעֲלֶה לַמִּזְבֵּחַ בִּכְלִי שָׁרֵת שֶׁהִיא נְתוּנָה בּוֹ לְהַקְטִירָהּ אֲבָל הָכָא וּבְפֶרֶק תָּמִיד נִשְׁחָט פָּרִיךְ שַׁפִּיר בְּמָגֵס ס"ד וְכִי חוֹבָה הוּא שֶׁיִּהְיֶה בִּכְלִי שָׁרֵת כְּלָל וְהִקְשָׁה ה"ר שְׁמוּאֵל מִוֶּרְדּוֹן דִּבְפֶרֶק שֵׁנִי דְּסוֹטָה (דַּף טו.) דְּפָרִיךְ הָכִי גַּבֵּי מִנְחָה דְּקָתָנֵי מַעֲלֶה וּמַקְטִירָהּ בִּכְלִי שָׁרֵת וּמַקְטִיר לָהּ וּמְשַׁנֵּי אֵימָא לְהַקְטִירָהּ וּמֵעַתָּה אֵין צָרִיךְ לִמְחוֹק הַסְּפָרִים דְּאִיכָּא לְמֵימַר כֵּיוָן דְּפָרִיךְ לָהּ חֲדָא זִימְנָא בְּסוֹטָה גַּבֵּי מִנְחָה וְשַׁנִּי לָהּ לֹא חָשׁ לְהַקְשׁוֹת בְּמִנְחָה זִימְנָא. אַחֲרִיתִי אע"ג דִּבְזֶבַח פָּרֵיךְ לָהּ בְּתָמִיד נִשְׁחָט (פְּסָחִים דַּף סה:) וַהֲדַר פָּרֵיךְ לָהּ הָכָא הָתָם כְּבָשִׂים וְהָכָא פָּרִים אֲבָל גַּבֵּי מְנָחוֹת שֵׁם מִנְחָה אַחַת הִיא וְלַסְּפָרִים דְּגָרְסִינַן בְּסוֹטָה בַּבָּרַיְיתָא מַעֲלָן וּמַקְטִירָן בִּכְלִי שָׁרֵת וּמוֹלְחוֹ וְנוֹתְנוֹ עַל גַּבֵּי הָאִשִּׁים נִיחָא (לפר"ת) דְּהָכִי פָּרִיךְ מַקְטִירוֹ בִּכְלִי שָׁרֵת ס"ד פֵּירוּשׁ וְכִי כְּמוֹ שֶׁהִיא בִּכְלִי שָׁרֵת בְּלֹא מְלִיחָה מַקְטִירוֹ וּמְשַׁנֵּי אֵימָא לְהַקְטִירוֹ פֵּירוּשׁ לְאַחַר מְלִיחָה וְלִי נִרְאֶה דְּגָרְסִי' שַׁפִּיר בְּמָגֵס ס"ד וּפָרִיךְ וְכִי חוֹבָה הוּא שֶׁיּוֹלִיכֶנּוּ בְּמָגֵס לַמִּזְבֵּחַ נְהִי נָמֵי דִּכְשֶׁקְּרָעָן וְהוֹצִיא אֵימוּרֵיהֶן נוֹתְנוֹ בְּמָגֵס וְלֹא עַל גַּבֵּי רִצְפָּה שֶׁלֹּא יְהוּ קָדְשֵׁי שָׁמַיִם מוּטָלִים כִּנְבֵלָה מ"מ כְּשֶׁמַּעֲלָן לַמִּזְבֵּחַ יָכוֹל לְהַעֲלוֹתָן בְּיָדָיו וּמִדְּקָתָנֵי לֵיהּ גַּבֵּי סֵדֶר יוֹם הַכִּפּוּרִים מַשְׁמַע דְּכָךְ הוּא הַסֵּדֶר וּבְעִנְיָן אַחֵר אֵין לַעֲשׂוֹת וּלְהָכִי פָּרֵיךְ וְכִי חוֹבָה הוּא לַעֲשׂוֹת כֵּן לְהַעֲלוֹתָם בְּמָגֵס וּבְפֶרֶק תָּמִיד נִשְׁחָט נָמֵי דְּקָתָנֵי כָּל סֵדֶר הַפֶּסַח שְׁחִיטָתוֹ וְקַבָּלַת דָּמוֹ וְהוֹלָכָתוֹ וּזְרִיקָתוֹ וְהִפְשִׁיטוּ וְהַקְטָרָתוֹ לְהָכִי מֻתְמָהּ מִדְּקָתָנֵי הָכִי גַּבֵּי סֵדֶר הַפֶּסַח אַלְמָא דְּחוֹבָה הוּא לְהַקְטִירוֹ בְּמָגֵס וְכֵן בְּפֶרֶק ב' דְּסוֹטָה דְּקָתָנֵי סֵדֶר מְנָחוֹת כֵּיצַד אָדָם מֵבִיא מִנְחָתוֹ מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ וְכָל סֵדֶר הַמִּנְחָה קָתָנֵי עַד מַעֲלֶה וּמַקְטִירָהּ בִּכְלִי שָׁרֵת לְהָכִי פָּרִיךְ מִדְּקָתָנֵי הָכִי גַּבֵּי סֵדֶר מִנְחָה אַלְמָא חוֹבָה הִיא אֲבָל בִּשְׁאָר דֻּוכְתֵי לָא פָּרֵיךְ הָכִי:
Est-ce donc dans le maguis qu'il le fait fumer ? -- Ainsi était-il écrit dans les livres, ici et à la fin du chapitre Tamid Nichhat (Pessahim 65b). Rachi l'a rayé parce que cela lui faisait difficulté : en plusieurs endroits du traité Menahot on enseigne il la monte et la fait fumer dans un keli charet, et l'on n'objecte pas ainsi -- est-ce donc dans un keli charet qu'il la fait fumer ? Rachi lit donc : et il le fit fumer, cela te viendrait-il à l'esprit ? Pouvait-il le faire fumer immédiatement ? Il portait encore les bigdei lavan, alors que le fumage se fait en bigdei zahav, au dehors ! Et la guemara répond : il l'a placé dans le maguis pour le faire fumer quand son temps viendra. Et au chapitre Tamid Nichhat (même endroit) il explique : il le fit fumer, cela te viendrait-il à l'esprit ? Est-ce donc lui-même qui le fait fumer ? Or nous traitons d'un zar (non-cohen), puisque juste avant il était question de l'écorchement, valide par un zar ! Et la guemara répond : il l'a placé dans le maguis pour qu'il soit fait fumer par un cohen. Et Rabbenou Tam dit qu'il n'est pas nécessaire de corriger les livres. Et si l'on n'objecte pas ainsi à propos de la minha -- dans un keli charet, cela te viendrait-il à l'esprit ? -- c'est que là-bas il en va autrement : puisque la minha requiert la sanctification par le keli, du fait même qu'elle est sanctifiée dans un keli charet, il la monte à l'autel dans le keli charet où elle se trouve pour la faire fumer. Mais ici, comme au chapitre Tamid Nichhat, on objecte à bon droit : dans le maguis, cela te viendrait-il à l'esprit ? Est-ce donc une obligation qu'il soit dans un keli charet, si peu que ce soit ? Et Rabbi Chmouel de Vardon a objecté : au deuxième chapitre de Sota (15a) on objecte pourtant ainsi à propos de la minha, où il est enseigné il la monte et la fait fumer dans un keli charet -- et il la fait fumer ?! -- et l'on répond : dis plutôt pour la faire fumer. Dès lors il n'est plus nécessaire d'effacer les livres, car on peut dire que, puisque la question a été posée une fois dans Sota a propos de la minha et qu'il y a été répondu, le talmud ne s'est pas soucié de la reposer une seconde fois à propos de la minha -- bien qu'à propos d'un zevah on la pose dans Tamid Nichhat (Pessahim 65b) puis de nouveau ici, car là-bas il s'agit d'agneaux et ici de taureaux, alors que pour les menahot il s'agit d'une seule et même minha. Et selon les livres où nous lisons dans la baraita de Sota il les monte et les fait fumer dans un keli charet, il le sale et le pose sur les feux, cela s'explique bien [selon Rabbenou Tam] : voici l'objection -- il le fait fumer dans le keli charet, cela te viendrait-il à l'esprit ? c'est-à-dire : le fait-il fumer tel quel, dans le keli charet et sans salage ? Et l'on répond : dis plutôt pour le faire fumer, c'est-à-dire après le salage. Et il me semble, quant à moi, que la leçon dans le maguis, cela te viendrait-il à l'esprit ? est parfaitement correcte, et que l'on objecte : est-ce donc une obligation qu'il le porte à l'autel dans le maguis ? Certes, lorsqu'il les a fendus et en a retiré les emourim, il les place dans un maguis et non à même le dallage, pour que des choses consacrées au Ciel ne gisent pas comme une charogne ; mais quoi qu'il en soit, lorsqu'il les monte à l'autel, il peut les y monter de ses mains. Et puisque cela est enseigné dans l'ordre du jour de Kippour, cela implique que tel est l'ordre et qu'il n'y a pas à faire autrement ; c'est pourquoi l'on objecte : est-ce donc une obligation d'agir ainsi, de les monter dans le maguis ? Et de même au chapitre Tamid Nichhat, où l'on enseigne tout l'ordre du korban Pessa'h -- son abattage, la réception de son sang, son transport, son aspersion, son écorchement et son fumage -- c'est pour cela que l'on s'étonne : du fait qu'on l'enseigne ainsi dans l'ordre du Pessa'h, il ressort que ce serait une obligation de le faire fumer dans le maguis. Et de même au deuxième chapitre de Sota, où l'on enseigne l'ordre des menahot : comment ? un homme apporte sa minha de chez lui... et tout l'ordre de la minha est enseigné jusqu'à il la monte et la fait fumer dans un keli charet -- c'est pour cela que l'on objecte : du fait qu'on l'enseigne ainsi dans l'ordre de la minha, il ressort que ce serait une obligation. Mais dans les autres endroits on n'objecte pas ainsi.
💡 Explication

La guemara refuse la lecture littérale de la michna. Un simple mot doit être relu comme un infinitif de but : non pas ve-hiktiran (et il les fit fumer) mais le-haktiran (pour les faire fumer).

Rachi donne la raison chronologique, et elle est décisive : à ce moment le Cohen Gadol porte encore les bigdei lavan ; il lui reste à lire la paracha dans ces mêmes vêtements, puis à s'immerger et à revêtir les bigdei zahav pour son bélier et le bélier du peuple, puis une deuxième tevila pour sortir la coupe et l'encensoir, puis une troisième pour les moussafim, ces emourim et le tamid du soir. Le fumage ne peut donc pas avoir lieu maintenant.

Rachi signale aussi qu'il corrige la version du texte : il refuse la leçon est-ce donc dans le maguis qu'il les fait fumer ?, qu'il juge corrompue ici comme à Pessahim 65b et Sota 15a. Tossefot consacre toute sa glose à défendre, avec Rabbenou Tam puis avec sa propre lecture, la version que Rachi voulait effacer.

16
״קְלָעָן בְּמִקְלָעוֹת״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּמִין קְלִיעָה. תְּנָא: לֹא הָיָה מְנַתְּחָן נִיתּוּחַ בְּשַׂר עוֹלָה, אֶלָּא עוֹר עַל גַּבֵּי בָּשָׂר. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן עוֹר וּבָשָׂר וָפֶרֶשׁ, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן עוֹר וּבָשָׂר וָפֶרֶשׁ,

"Il les tressa en tresses". Rabbi Yo'hanan dit : à la manière d'une tresse.

Il a été enseigné : il ne les dépeçait pas comme on dépèce la chair d'une ola, mais peau sur chair. D'où ces choses [sont-elles tirées] ?

De ce qui a été enseigné : Rabbi dit : il est dit ici "peau, chair et fiente", et il est dit là-bas "peau, chair et fiente",

📜 Rachi (3)
לֹא הָיָה מְנַתְּחָן הַשּׂוֹרְפָן כְּנִיתּוּחַ בְּשַׂר עוֹלָה שֶׁהוּא מֻופְשָׁט מִן הָעוֹר קֹודֶם נִיתּוּחַ כְּדִכְתִיב וְהִפְשִׁיט וְנִתַּח (וַיִּקְרָא א) אֶלָּא עוֹר עַל גַּבֵּי בָּשָׂר וְאֵינוֹ מַפְשִׁיטָן:
"Il ne les dépeçait pas" -- celui qui les brûle [ne les découpe pas] comme on découpe la chair d'une ola, laquelle est écorchée avant le découpage, comme il est écrit "il l'écorchera et la découpera" (Vayikra 1) -- mais peau sur chair, et il ne les écorche pas.
נֶאֱמַר כָּאן בְּפַר וְשָׂעִיר אֶת עֹורֹותָם וְאֶת בְּשָׂרָם וְאֶת פִּרְשָׁם:
"Il est dit ici" -- à propos du taureau et du bouc : "leurs peaux, leur chair et leur fiente".
וְנֶאֱמַר בְּפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ עוֹר וּבָשָׂר וּפֵרֵשׁ וְאֶת עוֹר הַפָּר וְאֶת כָּל בְּשָׂרוֹ עַל רֹאשׁוֹ וְעַל כְּרָעָיו וְקִרְבּוֹ וּפִרְשׁוֹ (וַיִּקְרָא ד):
"Et il est dit" -- à propos du taureau du cohen machiah, "peau, chair et fiente" : "et la peau du taureau, toute sa chair, avec sa tête, ses pattes, ses entrailles et sa fiente" (Vayikra 4).
💡 Explication

Trois enseignements enchaînés. D'abord Rabbi Yo'hanan confirme le sens du mot kel-an be-mikla-ot : une véritable tresse, corps entrelacés.

Ensuite une baraita énonce la règle du découpage : contrairement à la ola, où le verset ordonne il l'écorchera et la découpera (Vayikra 1), on ne sépare pas ici la peau de la chair. Le découpage se fait or al gabei bassar, peau sur chair, sans écorchement -- l'animal est réduit en morceaux avec sa peau.

Enfin la source : une guezera chava. Les trois mots or, bassar, peresh (peau, chair, fiente) figurent ici à propos du taureau et du bouc de Yom Kippour (Vayikra 16,27) et là-bas à propos du taureau du cohen machiah (Vayikra 4,11), où le détail est donné. Le daf s'interrompt sur le premier membre de la guezera chava : sa conclusion se lit en 68a.

🖼️ Schéma
La guezera chava or -- bassar -- peresh peau, chair et fiente : les trois mots reviennent dans deux passages Ici -- Vayikra 16,27 taureau et bouc de Yom Kippour leurs peaux, leur chair et leur fiente le mode de découpe n'est pas précisé Là-bas -- Vayikra 4,11 taureau du cohen machiah la peau du taureau, toute sa chair, sa tête, ses pattes, ses entrailles, sa fiente le détail y est donné Conclusion : peau sur chair (or al gabei bassar) On ne les écorche pas avant de les découper, contrairement à la ola où il est écrit il l'écorchera et la découpera (Vayikra 1). Le daf s'interrompt sur le premier membre de la guezera chava : la suite est en 68a.
La guezera chava or-bassar-peresh : deux passages, trois mots communs, une règle de découpage.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).