Yoma 68a -- Un mot pour deux emplois : mi-houtz la-mahane, entre seuil de tuma et carte des trois camps

Yoma 68a

Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de la guezera chava restée suspendue en 67b : les mots peau, chair et fiente rapprochent le taureau et le bouc de Yom Kippour du taureau du cohen machiah, et de ce rapprochement vient la règle du découpage. Une baraita en reconstitue les trois temps -- on sort l'animal entier, on ne le brûle pas entier, donc on le découpe, comme la ola d'où viennent les mots tête et pattes.

Reste une objection : si la ola est aussi écorchée, pourquoi le taureau ne le serait-il pas ? Rav Papa répond par une lecture d'énumération -- de même que la fiente reste dans les entrailles, la chair reste dans sa peau.

Tossefot conteste au passage le maillon supplémentaire de Rachi au nom de la règle qui interdit d'apprendre un hekech à partir d'un hekech. La guemara revient alors à la michna : à partir de quand les porteurs rendent-ils leurs vêtements impurs ?

Le verset de Yom Kippour ne parle que d'un camp, alors que les autres taureaux brûlés en exigent trois -- et la guezera chava hatat-hatat les égalise. La sortie de cette contradiction est un déplacement de sens : le mot mahane ne fixe pas le lieu de la combustion, il fixe le seuil de la tuma des vêtements, des le franchissement du premier mur.

La guemara vérifie ensuite d'où viennent les trois camps, et découvre une mécanique très pure : trois versets qui n'avaient pas besoin d'être écrits achètent trois distances successives -- le camp de la Chekhina, celui des Lévites, celui d'Israël. Rabbi Chimon, qui ne fait commencer la tuma qu'au moment où le feu prend, garde le mot libre et le dépense autrement : en guezera chava avec la vache rousse, d'où la para adouma tire ses trois camps et le taureau son orientation à l'est de Jérusalem, face à l'ouverture du heikhal.

Le daf se referme sur la question symétrique posée aux Rabbanan -- où brûlent-ils, eux qui n'ont plus de guezera chava ? -- et la réponse attend en 68b.

Yoma 68a : ce qui sort du camp -- et à quelle distance Fin de la guezera chava du découpage, puis la grande question des trois camps et de la tuma des vêtements A -- Seg 0 à 2 : on découpe, mais on n'écorche pas La guezera chava roch-kra-ayim rapproche le taureau brûlé de la ola : de la vient le nitouah (découpage). Mais si la ola est aussi écorchée, pourquoi pas lui ? Le verset ajoute ve-kirbo ou-firsho -- entrailles et fiente. Rav Papa : de même que la fiente reste dans les entrailles, la chair reste dans la peau. Donc pas de hefchet. La guezera chava donne le découpage ; un mot voisin lui retire l'écorchement. B -- Seg 3 à 4 : la michna reprise -- un camp ou trois ? Le verset de Yom Kippour dit yotsi el mi-houtz la-mahane : on croirait un seul camp à franchir. Or les autres taureaux brûlés en exigent trois -- et tous sont rapprochés par la guezera chava hatat-hatat. Solution : ce mahane unique ne parle pas du lieu de la combustion, mais du seuil de la tuma des vêtements. C -- Seg 5 à 7 : d'où viennent les trois camps ? Trois versets superflus 1. ve-hotsi et kol ha-par (taureau du cohen machiah, Vayikra 4,12) -- premier camp. 2. el mi-houtz la-mahane chez le taureau de la communauté (4,21) : inutile, car ka-acher saraf le dit déjà -- 2e camp. 3. mi-houtz la-mahane chez le dechen (6,4) : inutile, car el chefekh ha-dechen le dit déjà -- 3e camp. Méthode : chaque mot que le verset n'avait pas besoin d'écrire achète un camp supplémentaire. D -- Seg 8 : et Rabbi Chimon ? Pour lui la tuma ne commence qu'au feu : il n'a pas besoin du mahane pour un seuil. Il le recycle en guezera chava avec la para adouma (Bamidbar 19,3). Résultat : la vache rousse aussi hors des trois camps, et à l'est de Jérusalem, face à l'ouverture du heikhal. E -- Seg 9 : où brûle-t-on, alors ? Les Rabbanan, eux, ont dépensé le verset pour la tuma des vêtements : ils n'ont plus de guezera chava pour fixer l'orientation. La guemara ouvre alors une baraita -- heikhan nisrafin -- et le daf s'interrompt sur la question. Suite en 68b. Un seul syntagme, mi-houtz la-mahane, tiré dans deux directions : seuil de tuma pour les Rabbanan, guezera chava géographique pour Rabbi Chimon.
Le fil du daf : du découpage sans écorchement à la géographie de la tuma des vêtements.
La carte des trois camps -- au désert et à Jérusalem Où l'on brûle les taureaux intérieurs, et où commence la tuma des vêtements selon chaque avis 3. Mahane Yisrael = Jérusalem 2. Mahane Leviya = Har haBayit 1. Mahane Chekhina = Azara Le sang est porté à l'intérieur (taureau et bouc de Yom Kippour) puis les corps sortent -- flechs vers l'est Beit ha-serefa hors des trois camps, au chefekh ha-dechen Point rouge -- avis des Rabbanan Dès la sortie d'un seul camp (le mur de la azara), les porteurs rendent leurs vêtements impurs. C'est le sens de mi-houtz la-mahane en Vayikra 16,27. Flèche verte -- avis de Rabbi Chimon Aucune tuma en chemin : elle ne commence que quand le feu a pris dans la plus grande partie. Le mot mi-houtz la-mahane lui reste libre pour autre chose.
La carte des trois camps : où l on brûle, et où commence la tuma selon les Rabbanan et selon Rabbi Chimon.
Comment trois versets achètent trois camps Règle de lecture : un mot que le verset n'avait pas besoin d'écrire ne peut pas être nul -- il ajoute une distance Verset 1 -- Vayikra 4,12 (taureau du cohen machiah) ve-hotsi et kol ha-par el mi-houtz la-mahane -- il fera sortir le taureau tout entier hors du camp Question de la baraita : un seul camp, ou trois ? À ce stade rien ne tranche. Acquis : premier camp -- on sort au moins du mahane Chekhina. Verset 2 -- Vayikra 4,21 (taureau de la communauté) el mi-houtz la-mahane -- mais le verset dit déjà ve-saraf oto ka-acher saraf et ha-par ha-richon Le ka-acher suffisait à transférer toute la loi du premier taureau. Le mi-houtz la-mahane est donc en trop. Acquis : deuxième camp -- il faut aussi sortir du mahane Leviya (Har haBayit). Verset 3 -- Vayikra 6,4 (sortie du dechen, les cendres de l'autel) ve-hotsi et ha-dechen el mi-houtz la-mahane -- mais on savait déjà par el chefekh ha-dechen (4,12) Puisque les taureaux brûlés sont déjà envoyés au lieu où l'on verse les cendres, ce mahane-là est en trop. Acquis : troisième camp -- il faut sortir aussi du mahane Yisrael (Jérusalem). Conclusion : les taureaux brûlés le sont hors des trois camps -- donc, à Yom Kippour, le mahane du verset 16,27 sert à autre chose.
La construction des trois camps : trois mots superflus, trois distances.
1
מַה לְהַלָּן, עַל יְדֵי נִיתּוּחַ וְלֹא עַל יְדֵי הֶפְשֵׁט, אַף כָּאן, עַל יְדֵי נִיתּוּחַ וְלֹא עַל יְדֵי הֶפְשֵׁט.

De même que là-bas [pour les taureaux brûlés] c'est par découpage (nitouah) et non par écorchement (hefchet), de même ici c'est par découpage et non par écorchement.

📜 Rachi (1)
מַה לְהַלָּן וְכוּ' כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
"De même que là-bas, etc." -- comme la guemara va l'expliquer dans ce qui suit.
💡 Explication

Ce segment achète la guezera chava ouverte à la fin de 67b : les mots or, bassar, perech (peau, chair, fiente) figurent à la fois pour le taureau et le bouc de Yom Kippour (Vayikra 16,27) et pour le taureau du cohen machiah (Vayikra 4,11). Ce qui vaut pour l'un vaut pour l'autre.

Le contenu transféré tient en une opposition : nitouah, on met l'animal en morceaux ; hefchet, on lui retire d'abord la peau. Ici on fait le premier et pas le second -- les corps sont débités or al gabei bassar, peau sur chair. La guemara va maintenant remonter d'un cran : d'où le sait-on là-bas ?

2
וְהָתָם מְנָא לַן? דְּתַנְיָא: ״וְקָרְבוּ וּפִרְשׁוֹ וְהוֹצִיא״ — מְלַמֵּד שֶׁמּוֹצִיאוֹ שָׁלֵם. יָכוֹל יִשְׂרְפֶנּוּ שָׁלֵם? נֶאֱמַר כָּאן: ״רֹאשׁוֹ וּכְרָעָיו״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן: (״רֹאשׁ וּכְרָעַיִם״), מַה לְהַלָּן עַל יְדֵי נִיתּוּחַ, אַף כָּאן עַל יְדֵי נִיתּוּחַ.

Et là-bas, d'où le tenons-nous ? De ce qui a été enseigné : "et ses entrailles et sa fiente, et il [le] fera sortir" -- cela enseigne qu'il le fait sortir entier.

Pourrait-on croire qu'il le brûle entier ? Il est dit ici "sa tête et ses pattes", et il est dit là-bas [à propos de la ola] ("tête et pattes") : de même que là-bas c'est par découpage, de même ici c'est par découpage.

📜 Rachi (2)
וְקָרְבוּ וּפִרְשׁוֹ וְהוֹצִיא בת"כ ה"ג לָהּ וְאֶת עוֹר הַפָּר וְאֶת כָּל בְּשָׂרוֹ עַל רֹאשׁוֹ וְעַל כְּרָעָיו וְקִרְבּוֹ וּפִרְשׁוֹ וְהוֹצִיא מְלַמֵּד שֶׁמּוֹצִיאוֹ שָׁלֵם:
"Et ses entrailles et sa fiente, et il fera sortir" -- dans le Torat Cohanim, telle est la version : "et la peau du taureau et toute sa chair, avec sa tête et avec ses pattes, et ses entrailles et sa fiente, et il fera sortir" -- cela enseigne qu'il le fait sortir entier.
וְנֶאֱמַר לְהַלָּן רֹאשׁ וּכְרָעַיִם ה"ג וּמְעֻולָּה גָּמַר שֶׁנֶּאֶמְרוּ בָּהּ רֹאשׁ וּכְרָעַיִם בְּהַקְטָרָתָהּ שֶׁנֶּאֱמַר וְעָרְכוּ אֵת הַנְּתָחִים אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר וְנֶאֱמַר וְהַקֶּרֶב וְהַכְּרָעַיִם:
"Et il est dit là-bas : tête et pattes" -- telle est la version. Et c'est de la ola qu'il l'apprend, car tête et pattes y sont mentionnées à propos de sa combustion, ainsi qu'il est dit "ils disposeront les morceaux, la tête et la graisse" (Vayikra 1,8), et il est dit "et les entrailles et les pattes" (ibid. 1,9).
💡 Explication

La baraita procède en trois temps. Premier temps : le verset énumère la peau, la chair, la tête, les pattes, les entrailles et la fiente, puis dit ve-hotsi -- il fera sortir. Cette énumération avant le verbe enseigne qu'on le sort entier, sans rien préparer dans la azara.

Deuxième temps : yakhol yisrefenou chalem -- pourrait-on croire qu'il le brûle également entier ? Le tana refuse cette extension.

Troisième temps : une guezera chava fournit le régime de la combustion. Les mots rocho ou-kra-av (sa tête et ses pattes) apparaissent ici, et les mots roch ou-kra-ayim apparaissent pour la ola, où le verset ordonne expressément de découper. Rachi précise pourquoi c'est bien de la ola qu'on apprend : c'est le seul sacrifice où tête et pattes sont nommés au moment de la combustion.

🖼️ Schéma
La guezera chava roch ve-kra-ayim : ce qu'elle transporte et ce qu'elle ne transporte pas Source -- la ola (Vayikra 1) Mots communs : ha-roch, ha-kra-ayim + nitouah (découpage) : explicite + hefchet (écorchement) : explicite aussi ve-hifchit et ha-ola ve-nitah otah -- il l'écorchera et il la découpera en morceaux. Deux opérations, dans le même verset. Cible -- le taureau brûlé (Vayikra 4) Mots communs : rosho, kra-av + nitouah : importe par la guezera chava + hefchet : bloqué (voir segment suivant) Le verset a d'abord enseigné qu'on le sort entier, mais qu'on ne le brûle pas entier. Une seule opération retenue. oui non Problème : une guezera chava transporte en principe tout le paquet. Si elle donne le nitouah, pourquoi pas le hefchet ? Il faut un frein explicite -- ce sera ve-kirbo ou-firsho, exposé par Rav Papa au segment suivant. Étapes de la baraita : 1. il le sort entier -- 2. mais il ne le brûle pas entier -- 3. donc découpage, appris de la ola par les mots tête et pattes.
La guezera chava roch ve-kra-ayim : elle importe le découpage, mais il faudra bloquer l'écorchement.
3
אִי מַה לְהַלָּן עַל יְדֵי הֶפְשֵׁט, אַף כָּאן עַל יְדֵי הֶפְשֵׁט, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְקָרְבוּ וּפָרְשׂוּ״. מַאי תַּלְמוּדָא? אָמַר רַב פָּפָּא: כְּשֵׁם שֶׁפֵּרְשׁוּ בְּקִרְבּוֹ, כָּךְ בְּשָׂרוֹ בְּעוֹרוֹ.

Si tel est le cas : de même que là-bas [la ola] c'est avec écorchement, de même ici ce serait avec écorchement ? Le verset dit : "et ses entrailles et sa fiente".

Quelle est la démonstration [tirée de ces mots] ? Rav Papa dit : de même que sa fiente est dans ses entrailles, de même sa chair est dans sa peau.

📜 Rachi (1)
כְּשֵׁם שֶׁפֵּרְשׁוּ בְּקִרְבּוֹ וְכוּ' שֶׁנֶּאֱמַר וְאֶת עוֹר הַפָּר וְאֶת כָּל בְּשָׂרוֹ הִקִּישׁ הוֹצָאַת עוֹר וּבָשָׂר לְהוֹצָאַת קִרְבּוֹ וּפִרְשׁוֹ מַה פֵּרְשׁוּ בְּקִרְבּוֹ אַף בְּשָׂרוֹ בְּעוֹרוֹ וּכְתִיב וְהוֹצִיא וְשָׂרַף מָה הוֹצָאָתוֹ בְּשָׂרוֹ וְעוֹרוֹ אַף שְׂרֵיפָתוֹ כֵּן:
"De même que sa fiente est dans ses entrailles, etc." -- car il est dit "et la peau du taureau et toute sa chair" : le verset a rapproché (hekech) la sortie de la peau et de la chair de la sortie de ses entrailles et de sa fiente -- de même que sa fiente est dans ses entrailles, de même sa chair est dans sa peau. Et il est écrit "il fera sortir et il brûlera" : de même que sa sortie se fait avec sa chair dans sa peau, de même sa combustion.
🗂️ Tossefot (1)
כְּשֵׁם שֶׁפִּרְשׁוֹ בְּקִרְבּוֹ כָּךְ בְּשָׂרוֹ בְּעוֹרוֹ פירש"י וְאִיתַּקַּשׁ שְׂרֵיפָה לְהוֹצָאָה וְתֵימַהּ לִי וְהָא בְּקָדָשִׁים אֵין לְמֵידִין הֶיקֵּשׁ מֵהֶיקֵּשׁ וְהָכָא כֵּיוָן דְּהוֹצָאָה גּוּפָהּ לְמֵידִין בְּהֶיקֵּשׁ מִדְּאִיתַּקַּשׁ עוֹר וּבָשָׂר לְפָרֵשׁ הֵיכִי הָדַר תּוּ גָּמְרִינַן מִינָּהּ שְׂרֵיפָה בְּהֶיקֵּשׁ וְאֵין לְתָרֵץ כֵּיוָן דְּנִשְׂרָפִין חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת לָא חֲשִׁיבִי עוֹר וּבָשָׂר שֶׁלָּהֶם קוֹדֶשׁ לְעִנְיָן זֶה שֶׁלֹּא יַחְזְרוּ וְיִלְמְדוּ בְּהֶיקֵּשׁ אֶלָּא חוֹזְרִין שַׁפִּיר וּמְלַמְּדִין בְּהֶיקֵּשׁ דְּהָא בְּפֶ' אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נ.) מַיְיתֵי הָא בָּרַיְיתָא דְּהָכָא וְגָמַר מִינָּהּ דָּבָר הַלָּמֵד בִּג"ש חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בג"ש בְּקָדָשִׁים אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר דִּשְׂרֵיפָה גּוּפָהּ אִיתַּקַּשׁ לְפָרֵשׁ כְּשֵׁם שֶׁפֵּרְשׁוּ בְּקִרְבּוֹ בִּשְׁעַת שְׂרֵפָה כָּךְ בְּשָׂרוֹ בְּעוֹרוֹ דִּוְשָׂרָף קָאֵי עַל בְּשָׂרוֹ וְרֹאשׁוֹ וּכְרָעָיו וְקָרְבוּ וּפִרְשׁוֹ שֶׁשּׂוֹרֵף הַכֹּל וּכְשֵׁם שֶׁפֵּרְשׁוּ בְּקִרְבּוֹ דִּגְנַאי הָיָה לִשְׂרֹוף הֶפְרֵשׁ בִּפְנֵי עַצְמוֹ אַף בְּשָׂרוֹ בְּעוֹרוֹ מִיהוּ יָכוְלֵנִי לְיַישֵּׁב פירש"י:
"De même que sa fiente est dans ses entrailles, de même sa chair est dans sa peau" -- Rachi a expliqué que la combustion est rapprochée (hekech) de la sortie. Et cela m étonne : dans les kodachim on n'apprend pas un hekech à partir d'un hekech ! Ici, puisque la sortie elle-même s'apprend par hekech -- du fait que la peau et la chair ont été rapprochées de la fiente -- comment en tirerions-nous encore la combustion par un [second] hekech ? Et l'on ne peut pas répondre que, puisqu'ils sont brûlés hors des trois camps, leur peau et leur chair ne seraient plus tenues pour kodech à cet égard, de sorte qu'elles ne reviendraient pas enseigner par hekech : car en vérité elles reviennent bel et bien enseigner par hekech -- au chapitre Eizehou Mekoman (Zevahim 50a) on cite cette même baraita et l'on en déduit qu'une chose apprise par guezera chava revient enseigner par guezera chava dans les kodachim. Il faut donc dire que la combustion elle-même a été rapprochée de la fiente : de même que sa fiente est dans ses entrailles au moment de la combustion, de même sa chair est dans sa peau -- car le verbe "il brûlera" porte sur sa chair, sa tête, ses pattes, ses entrailles et sa fiente, puisqu'il brûle le tout ; et de même que sa fiente reste dans ses entrailles -- car il serait indigne de brûler la fiente à part -- de même sa chair reste dans sa peau. Cela dit, je pourrais aussi justifier l'explication de Rachi.
💡 Explication

Objection prévisible : une guezera chava ne se découpe pas en tranches. Si elle transporte le nitouah depuis la ola, elle devrait transporter aussi le hefchet, puisque le même verset commande les deux (ve-hifchit et ha-ola ve-nitah otah).

Le frein vient d'un détail du verset du taureau : il ne dit pas seulement peau et chair, il ajoute ve-kirbo ou-firecho. Rav Papa lit l'énumération comme une comparaison implicite : les quatre éléments sont posés sur le même plan. Or personne n'imagine vider les entrailles de leur fiente avant la combustion. Donc, de la même façon, on ne détache pas la chair de sa peau.

Rachi ajoute un maillon : la sortie et la combustion sont rapprochées (ve-hotsi ve-saraf), donc ce qui vaut pour l'une vaut pour l'autre. C'est précisément ce maillon que Tossefot va attaquer, au nom de la règle ein lemedin hekech mi-hekech be-kodachim -- dans les sacrifices, on n'apprend pas un rapprochement à partir d'un rapprochement.

🖼️ Schéma
Le raisonnement de Rav Papa : deux emboîtements parallèles Le verset nomme côté à côté la peau, la chair, les entrailles et la fiente : il les traite de la même façon Enveloppe : le kerev (entrailles) le perech (la fiente) On ne vide pas les entrailles avant de brûler. Enveloppe : le or (la peau) le bassar (la chair) Donc on n'écorche pas avant de brûler. même rapport Verset : ve-et or ha-par ve-et kol bessaro al rocho ve-al kra-av ve-kirbo ou-fircho -- la peau et la chair y sont mises sur le même plan que les entrailles et la fiente. Or nul ne songe à séparer la fiente des entrailles. Rachi ajoute un second maillon : ve-hotsi ve-saraf -- ce qui vaut pour la sortie vaut pour la combustion. Tossefot conteste ce maillon.
Rav Papa : la fiente dans les entrailles, la chair dans la peau -- deux emboîtements que le verset traite pareillement.
4
מֵאֵימָתַי מְטַמְּאִין בְּגָדִים. תָּנוּ רַבָּנַן: ״יוֹצִיא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׂרְפוּ״.

"À partir de quand rendent-ils les vêtements impurs ?" [reprise de la michna]. Nos maîtres ont enseigné : "il fera sortir hors du camp et ils brûleront".

📜 Rachi (1)
ת"ר נֶאֱמַר כָּאן מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְכוּ' הַגִּירְסָא הַזּוֹ מְשֻׁובֶּשֶׁת הִיא וְאִי אֶפְשָׁר לְהַעֲמִידָהּ וּבְמַסֶּכֶת זְבָחִים ובת"כ הָכִי אִיתָא ת"ר לְהַלָּן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶן ג' מַחֲנוֹת וְכָאן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶן מַחֲנֶה אַחַת א"כ לָמָּה נֶאֱמַר אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה לוֹמַר לָךְ כֵּיוָן שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת מְטַמְּאִין בְּגָדִים וְגַבֵּי פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים תַּנְיָא לָהּ בת"כ יוֹצִיא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׂרְפוּ וְגוֹ' וְקָמַתְמַהּ תַּנָּא וְאָמַר הָכִי לְהַלָּן בְּפַר הָעֵדָה וְכֹהֵן מָשִׁיחַ אַתָּה נוֹתֵן לָהֶן לִשְׂרֵיפָתָן חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת עֲזָרָה וְהַר הַבַּיִת וִירוּשָׁלַיִם כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן וְכָאן אַתָּה אוֹמֵר אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׂרְפוּ דְּמַשְׁמַע שֶׁשּׂוֹרְפָן חוּץ לְמַחֲנֵה שְׁכִינָה מִיָּד בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה וַהֲלֹא אַף אֵלּוּ פְּנִימִיִּים וְאִיתַּקִּישׁוּ לְהַדְּדִי לִשְׂרֵיפָה וּלְטֻומְאַת בְּגָדִים כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי פַּר הֶעְלֵם דָּבָר וְעָשָׂה לַפָּר כַּאֲשֶׁר עָשָׂה לְפַר הַחַטָּאת וְכוּלֵּיהּ לִדְרָשָׁא וְדָרְשִׁינַן לַפָּר זֶה פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים בְּמַס' זְבָחִים (לט.) וּבְמַסֶּכֶת מְנָחוֹת (כז.) מַיְיתִינַן לָהּ וְעִיקָּרָהּ בת"כ וְגַבֵּי פַּר יוה"כ נָמֵי כְּתִיב הַחַטָּאת הַחַטָּאת וְאֵת פַּר הַחַטָּאת וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת מַה תַּלְמוּד לוֹמַר חַטָּאת חַטָּאת לְפִי שֶׁלֹּא לָמַדְנוּ שֶׁיְּהוּ מְטַמְּאִין בְּגָדִים וְנִשְׂרָפִין אַבֵּית הַדֶּשֶׁן אֶלָּא אֵלּוּ בִּלְבַד מִנַּיִין לְרַבּוֹת פַּר מָשִׁיחַ וּפַר הָעֵדָה וּשְׂעִירֵי ע"ז ת"ל חַטַּאת חַטָּאת אַלְמָא כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ א"כ לָמָּה נֶאֱמַר כָּאן מַחֲנֶה אַחַת לֹא נֶאֶמְרָה אֶלָּא עַל טֻומְאַת הַבְּגָדִים הַכְּתוּבָה אַחֲרֶיהָ וְהַשֹּׂורֵף אֹותָם יְכַבֵּס בְּגָדָיו וְלוֹמַר לָךְ כֵּיוָן שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת מְטַמְּאִין בְּגָדִים וְאַף שֶׁל פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ מִכָּאן לָמַד שֶׁהֲרֵי לֹא נִכְתְּבָה בּוֹ טֻומְאַת בְּגָדִים וּמֵרִיבּוּיָא דְּחַטָּאת חַטָּאת אָתְיָא כִּדְפָרֵישִׁית וה"ג אָמַר מַר לְהַלָּן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם ג' מַחֲנוֹת וְכוּ':
"Nos maîtres ont enseigné : il est dit ici hors du camp, etc." -- cette version est corrompue et intenable. Dans le traité Zevahim et dans le Torat Cohanim, la version est ainsi : nos maîtres ont enseigné -- là-bas tu leur donnes trois camps, et ici tu leur donnerais un seul camp ? Si tel est le cas, pourquoi est-il dit "hors du camp" ? Pour t enseigner que dès lors qu'ils sont sortis d'un seul camp, ils rendent les vêtements impurs. Et à propos du taureau de Yom Kippour, le Torat Cohanim enseigne : "il fera sortir hors du camp et ils brûleront, etc.", et le tana s'en étonne en disant : là-bas, pour le taureau de la communauté et pour celui du cohen machiah, tu assignes à leur combustion un lieu hors des trois camps -- la azara, le Har haBayit et Jérusalem, comme on le déduira plus loin -- et ici tu dis "hors du camp et ils brûleront", ce qui laisse entendre qu'on les brûle hors du seul camp de la Chekhina, aussitôt, dans le camp des Lévites ! Or ceux-là aussi sont des sacrifices intérieurs, et ils ont été rapprochés les uns des autres quant à la combustion et quant à la tuma des vêtements, comme nous le disons à propos du taureau du helem davar : "il fera au taureau comme il a fait au taureau de la hatat" -- tout étant là pour la deracha -- et nous exposons "au taureau", c'est-à-dire le taureau de Yom Kippour (traité Zevahim 39a, et nous le rapportons aussi au traité Menahot 27a, sa source étant dans le Torat Cohanim). Et à propos du taureau de Yom Kippour il est écrit également "la hatat, la hatat" -- "et le taureau de la hatat et le bouc de la hatat" : que vient enseigner ce double "hatat, hatat" ? Puisque nous n'avions appris que ceux-là seuls rendent les vêtements impurs et sont brûlés au beit ha-dechen, d'où inclure le taureau du machiah, le taureau de la communauté et les boucs de l'idolâtrie ? Le verset dit "hatat, hatat" -- ils sont donc tous équivalents. Si tel est le cas, pourquoi est-il dit ici un seul camp ? Cela n'a été dit que pour la tuma des vêtements qui est écrite à la suite -- "et celui qui les brûle lavera ses vêtements" -- et pour t enseigner que dès lors qu'ils sont sortis d'un seul camp, ils rendent les vêtements impurs. Et pour le taureau du cohen machiah aussi c'est d'ici qu'on l'apprend, car la tuma des vêtements n'y est pas écrite, et elle vient du surplus "hatat, hatat" comme je l'ai expliqué. Et telle est la version : "Le maître a dit : là-bas tu leur donnes trois camps, etc."
💡 Explication

La guemara quitte la question du découpage et revient à la michna laissée en suspens : à quel moment exact ceux qui transportent le taureau et le bouc de Yom Kippour au beit ha-serefa rendent-ils leurs vêtements impurs ?

La baraita part du verset de Vayikra 16,27 : yotsi el mi-houtz la-mahane ve-sarfou. Le mot mahane y est au singulier, ce qui va déclencher toute la sougya suivante. Rachi signale d'emblée que la version imprimée de la baraita est corrompue et donne, sur plusieurs lignes, la leçon du Torat Cohanim et de Zevahim.

5
לְהַלָּן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם שָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, וְכָאן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם מַחֲנֶה אַחַת? אִם כֵּן לָמָּה נֶאֱמַר ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״, לוֹמַר לָךְ: כֵּיוָן שֶׁיָּצָא חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת — מְטַמְּאִים בְּגָדִים.

Là-bas tu leur donnes trois camps, et ici tu leur donnerais un seul camp ? Si tel est le cas, pourquoi est-il dit "hors du camp" ?

Pour te dire : dès lors qu'il est sorti hors d'un seul camp -- ils rendent les vêtements impurs.

💡 Explication

Le tana refuse la lecture naïve du verset. Les autres parim ha-nisrafim (taureau du cohen machiah, taureau de la communauté, boucs de l'idolâtrie) doivent être brûlés hors des trois camps ; or le taureau et le bouc de Yom Kippour leur sont assimilés par la guezera chava hatat -- hatat. Ils ne peuvent donc pas être brûlés plus près.

La sortie est un déplacement de référence : le mot mahane ne désigne pas le lieu de la combustion, mais le seuil à partir duquel la tuma des vêtements frappe le porteur. Grammaticalement, il se rattache à la clause suivante, ve-ha-soref otam yekhabes begadav.

Le résultat est une dissociation nette : la combustion reste très loin, hors des trois camps ; la tuma, elle, commence très tôt, dès le franchissement du premier mur.

🖼️ Schéma
Un camp ou trois ? La contradiction et sa sortie Là-bas -- taureaux brûlés ordinaires Taureau du cohen machiah, taureau de la communauté, boucs de l'idolâtrie. Combustion hors des TROIS camps. Établi aux segments 5 à 7. Ici -- taureau et bouc de Yom Kippour Vayikra 16,27 : yotsi el mi-houtz la-mahane ve-sarfou -- au singulier, UN camp. Lecture naïve : on brûlerait dès le mahane Leviya. Impossible : ils sont rapprochés des précédents. Le lien : la guezera chava hatat -- hatat Le double ha-hatat ha-hatat égalise tous les sacrifices intérieurs brûlés. Ils ne peuvent pas différer. Sortie : le mot mahane ne parle pas du lieu de la combustion Il porte sur la phrase qui suit -- ve-ha-soref otam yekhabes begadav -- donc sur la tuma des vêtements. Dès la sortie d'un seul camp, le porteur est atteint ; la combustion, elle, reste hors des trois camps.
La contradiction un camp / trois camps, et sa résolution : le mot mahane change de fonction.
6
וְהָתָם מְנָא לַן? דְּתַנְיָא: ״וְהוֹצִיא אֶת כָּל הַפָּר״ — חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת.

Et là-bas, d'où le tenons-nous ? De ce qui a été enseigné : "il fera sortir le taureau tout entier" -- hors des trois camps.

💡 Explication

La guemara vérifie maintenant l'affirmation sur laquelle repose tout le raisonnement précédent : les taureaux brûlés ordinaires sortent-ils vraiment des trois camps ? La baraita part de Vayikra 4,12, à propos du taureau du cohen machiah : ve-hotsi et kol ha-par el mi-houtz la-mahane.

La lecture proposée -- hors des trois camps -- n'est pas encore justifiée ; elle va l'être par la séquence de trois versets superflus des segments suivants.

7
אַתָּה אוֹמֵר חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר בְּפַר הָעֵדָה ״אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״וְשָׂרַף אֹותוֹ כַּאֲשֶׁר שָׂרַף אֵת הַפָּר הָרִאשׁוֹן״, וּמַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ — לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁנִיָּה.

Dis-tu hors des trois camps, ou bien n'est-ce pas seulement hors d'un seul camp ? Lorsqu'il dit à propos du taureau de la communauté "hors du camp" -- ce que le verset n'avait pas besoin de dire, puisqu'il a déjà été dit "et il le brûlera comme il a brûlé le premier taureau" -- que vient donc enseigner "hors du camp" ?

À lui donner un second camp.

💡 Explication

Voici la mécanique exacte de la deracha. Pour le taureau de la communauté (par ha-eda), la Torah a déjà écrit ve-saraf oto ka-acher saraf et ha-par ha-richon : ce ka-acher transfère en bloc toute la loi du taureau du cohen machiah. Le membre de phrase el mi-houtz la-mahane est donc, en principe, redondant.

Règle de lecture : un mot que le verset n'avait pas besoin d'écrire ne peut pas être nul. Il doit ajouter quelque chose -- ici, un camp supplémentaire à franchir. Premier acquis : deux camps.

8
וּכְשֶׁהוּא אוֹמֵר ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ בַּדֶּשֶׁן, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״אֶל שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן״, תֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁלִישִׁית.

Et lorsqu'il dit "hors du camp" à propos du dechen (les cendres) -- ce que le verset n'avait pas besoin de dire, puisqu'il a déjà été dit "au lieu où l'on verse les cendres" -- donne-lui un troisième camp.

📜 Rachi (1)
מִחוּץ לַמַּחֲנֶה בַּדֶּשֶׁן בְּהוֹצָאַת דֶּשֶׁן הַמִּזְבֵּחַ וְהוֹצִיא אֶת הַדֶּשֶׁן אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה שֶׁאֵין [ת"ל] אֵינוֹ מְלַמֵּד כְּלוּם דַּאֲנָא יָדַעְנָא דְּאַל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹצִיאִין אוֹתוֹ דִּכְתִיב בְּפָרִים הַנִּשְׂרָפִים אֶל שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן וּכְתִיב בְּהוּ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה:
"Hors du camp, à propos du dechen" -- lors de la sortie des cendres de l'autel : "et il fera sortir les cendres hors du camp" (Vayikra 6,4). Ce que le verset n'avait pas besoin de dire -- il n'enseigne rien [de nouveau], car je sais déjà qu'on les sort hors du camp, puisqu'il est écrit à propos des taureaux brûlés "au lieu où l'on verse les cendres", et qu'il y est écrit "hors du camp".
🗂️ Tossefot (1)
תֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁלִישִׁית תֵּימַהּ בְּפַר הָעֵדָה מִנָּלַן שָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת אִי מִפַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ הָא אִיהוּ גּוּפֵיהּ גָּמַר בְּהֶיקֵּשׁ מְדַשֵּׁן וְדָבָר הַלָּמֵד בְּהֶיקֵּשׁ אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בְּהֶיקֵּשׁ וּלְמַאן דְּאָמַר הֵימֶנּוּ וְדָבָר אַחֵר לָא הָוֵי הֶיקֵּשׁ נִיחָא דְּאַגַּב דְּגָמְרִי מִינֵּיהּ מַחֲנֶה הַכָּתוּב בּוֹ גָּמְרִינַן נָמֵי מַחֲנֵה דְּגָמַר בְּהֶיקֵּשָׁא וְכֵן קָשֶׁה בְּפֶרֶק נִגְמַר הַדִּין (סַנְהֶדְרִין דַּף מב:) דְּיָלֵיף מְקַלֵּל דִּסְקִילָתוֹ חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת מִגְּזֵירָה שָׁוָה דְּפָרִים הַנִּשְׂרָפִים וְאַמַּאי וְהָא דָּבָר הַלָּמֵד בְּהֶיקֵּשׁ אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בִּגְזֵירָה שָׁוָה לְמָאֵן דְּאָמַר בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן דְּבָתַר מְלַמֵּד אָזְלִינַן אע"ג דְּלָמַד חוֹל הוּא וְכֵן בִּשְׁמַעְתָּא דְּקָאָמַר לְהַלָּן אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם שָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת וְכָאן מַחֲנֶה אַחַת פֵּירוּשׁ הָא גָּמְרִי מֵהֲדָדֵי בג"ש דְּחַטָּאת חַטָּאת בְּשִׁילְהֵי הַתַּעֲרֹובֶת (זֶבַח. ם דַּף פג.) וְקָשֶׁה וְהָא דָּבָר הַלָּמֵד בְּהֶיקֵּשׁ אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בִּגְזֵירָה שָׁוָה וְכֵן קָשֶׁה לְר' שִׁמְעוֹן דְּגָמַר פָּרָה מִפַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת בִּגְזֵירָה שָׁוָה וּפַר יוֹם הַכִּפּוּרִים גּוּפֵיהּ בְּהֶיקֵּשׁ מִפַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ כִּדְפֵירֵשׁ רַשִׁ"י מִדְּדָרְשִׁי לַפָּר זֶה פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים דְּאִיתַּקַּשׁ בְּהַהוּא קְרָא לְפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ וּלְפַר הֶעְלֵם וּבִקְרָא אַחֲרִיתִי דִּכְתִיב וְאֵת פַּר הַחַטָּאת וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר הַחַטָּאת הַחַטָּאת אֶלָּא הַחַטָּאת יַתִּירָא לִשְׁאָר נִשְׂרָפִין הוּא דַּאֲתָא הֲרֵי אִיתַּקַּשׁוּ לְהָדְדִי וְכָל שֶׁכֵּן דְּקָשֶׁה טְפֵי הָכָא דִּגְמַר פָּרָה בִּגְזֵירָה שָׁוָה מִפַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים וּפַר יוֹם הַכִּפּוּרִים בְּהֶיקֵּשׁ מִפַּר כֹּהֵן . הַמָּשִׁיחַ דְּאִיהוּ גּוּפֵיהּ יָלֵיף בְּהֶיקֵּשׁ בִּשְׁלָמָא מִזְרָחָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם דִּגְמַר יוֹם הַכִּפּוּרִים מִפָּרָה מָצֵי הָדַר לְמִיגְמַר מִפַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ לְרַב פַּפָּא דְּפֶרֶק אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן דְּאָמַר בָּתַר מְלַמֵּד אָזְלִינַן וּמְלַמֵּד חֻולִּין הוּא דְּפָרָה קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת הִיא אֲבָל הֵיכִי מְלַמֵּד יוֹם הַכִּפּוּרִים עַל פָּרָה כֵּיוָן דִּמְלַמֵּד קוֹדֶשׁ הוּא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּפַר יוֹם הַכִּפּוּרִים וּפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ לֹא בְּהֶיקֵּשׁ גָּמְרִי בַּהֲדָדִי אֶלָּא בִּגְזֵירָה שָׁוָה דְּעוֹר וּבָשָׂר וּפֵרֵשׁ כְּדִלְעֵיל אוֹ בג"ש דְּהַחַטָּאת הַחַטָּאת מְהֻדְּדֵי דִּבְכוּלְּהוּ כְּתִיב הַחַטָּאת וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּהֶיקֵּשׁ הוּא וְהַשְׁתָּא נִיחָא דַּהֲוָה לֵיהּ דָּבָר הַלָּמֵד בִּגְזֵירָה שָׁוָה חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בִּגְזֵירָה שָׁוָה וּפַר הֶעְלֵם נַמֵּי לְמַאן דְּאָמַר הֵימֶנּוּ וְדָבָר אַחֵר הָוֵי הֶיקֵּשׁ לָאו בְּהֶיקֵּשׁ יָלֵיף אֶלָּא בִּגְזֵירָה שָׁוָה דְּהַחַטָּאת הַחַטָּאת וַאֲפִילּוּ לְר' מֵאִיר דִּפְלִיג בס"פ הַתַּעֲרוֹבוֹת (גַּם זֶה שָׁם) אַהַהוּא דְּרָשָׁא דְּחַטָּאת וְקָאָמַר אֵינוֹ צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר לְכַפֵּר כו' לָאו מִשּׁוּם דְּלֵית לֵיהּ גְּזֵירָה שָׁוָה אֶלָּא ה"ק אֵינוֹ צָרִיךְ גְּזֵירָה שָׁוָה לְטֻומְאַת בְּגָדִים דְּמִקְּרָא דְּלִכְפָר נָפְקָא אִי נָמֵי יָלֵיף שְׂרֵיפָה חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת מִגְּזֵירָה שָׁוָה דְּמִחוּץ לַמַּחֲנֶה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְקָשֶׁה אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מְיֻותָּר לְלַמֵּד עַל פָּרָה שָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת נִגְמַר לָהּ מִפָּרִים הַנִּשְׂרָפִים כִּדְגָמַר מְקַלֵּל בר"פ נִגְמַר הַדִּין (סַנְהֶדְרִין דַּף מב:) וְיֵשׁ לוֹמַר דְּשֶׁמָּא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְקַלֵּל נָמֵי מִפַּר יוה"כ גָּמַר כְּמוֹ פָּרָה וְעוֹד תֵּימַהּ לְדִידַן נִגְמַר מְקַלֵּל שֶׁיְּהֵא חוּץ לַמַּחֲנֶה מִיּוֹם הַכִּפּוּרִים דִּמְטַמֵּא בְּגָדִים חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת וְלֹא נִגְמַר חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת מִשְּׂרֵיפַת פָּרִים וְיֵשׁ לוֹמַר מִסְתַּבְּרָא מִשְּׂרֵיפָה אִית לָן לְמִיגְמַר דְּאִידִי וְאִידִי הִכְשִׁירוּ שֵׁם מְקַלֵּל לְסָוקְלוֹ וּפָרִים לְשָׂורְפָן אֲבָל טֻומְאַת בְּגָדִים שֶׁחוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת אֵינָן הֶכְשֵׁירוֹ אֲבָל תֵּימַהּ מַאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא בְּפֶ' הַשּׁוֹחֵט וְהַמַּעֲלֶה (זְבָחִים דַּף קז:) בַּמַּחֲנֶה לְרַבּוֹת אֲפִילּוּ חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת דְּלָא תֵּימָא חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת כְּמוֹ פָּרִים הַנִּשְׂרָפִים בְּלָאו קְרָא נִגְמַר מִחוּץ לַמַּחֲנֶה דְּטֻומְאַת בְּגָדִים דְּדָמוּ לְהָדְדִי דְּתַרְוַייְהוּ לָאו מַכְשִׁירִים נִינְהוּ וְנִרְאֶה לִי דְּאִי לֹא כְּתַב בַּמַּחֲנֶה הֲוָה גָּמְרִינַן מִפָּרָה דְּאַף עַל גַּב דְּהַאי מַכְשִׁיר וְהַאי לָאו מַכְשִׁיר הוּא מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן דְּאִידִי וְאִידִי בִּשְׁחִיטַת חוּץ אַיְירֵי דִּכְתִיב גַּבֵּי פָּרָה וְהוֹצִיא אֹותָהּ אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׁחַט אֹותָהּ לְפָנָיו וְגָמְרִינַן לְהוּ מְהֻדְּדֵי וּפָרָה גָּמְרִינַן מִפָּרִים הַנִּשְׂרָפִין מִשְּׂרֵיפָתָן וְלֹא מִטֻּומְאָתָן דְּלִשְׂרֵיפָתָן דָּמְיָא דְּאִידִי וְאִידִי מַכְשִׁיר הוּא אֲבָל לְטֻומְאָתָן לָא דָּמְיָא כְּלָל:
"Donne-lui un troisième camp" -- étonnant : pour le taureau de la communauté, d'où tenons-nous les trois camps ? Si c'est du taureau du cohen machiah -- mais celui-ci les tient lui-même par un hekech tiré du dechen, et une chose apprise par hekech ne revient pas enseigner par hekech ! Pour celui qui tient que "de lui et une autre chose" n'est pas un hekech [à part entière], cela va bien : puisqu'on apprend de lui, de toute façon, le camp qui est écrit chez lui, on en apprend aussi le camp qu'il tient par hekech. Même difficulté au chapitre Nigmar ha-Din (Sanhédrin 42b), où l'on apprend que le blasphémateur est lapidé hors des trois camps par une guezera chava tirée des taureaux brûlés. Pourquoi ? Une chose apprise par hekech ne revient pas enseigner par guezera chava, selon celui qui tient dans Eizehou Mekoman que l'on suit le [statut du] terme enseignant, même si le terme enseigné est du profane. Et de même dans notre sougya, où l'on dit "là-bas tu leur donnes trois camps et ici un seul camp" -- c'est-à-dire qu'ils s'apprennent l'un de l'autre par la guezera chava hatat-hatat (fin du chapitre Ha-Taarovet, Zevahim 83a) : difficulté, car une chose apprise par hekech ne revient pas enseigner par guezera chava. Même difficulté encore pour Rabbi Chimon, qui apprend la para [adouma] du taureau de Yom Kippour -- hors des trois camps -- par guezera chava, alors que le taureau de Yom Kippour lui-même le tient par hekech du taureau du cohen machiah, comme l'a expliqué Rachi : du fait que l'on expose "au taureau", c'est-à-dire le taureau de Yom Kippour, lequel a été rapproché dans ce verset du taureau du cohen machiah et du taureau du helem davar ; et dans un autre verset, "et le taureau de la hatat et le bouc de la hatat", puisque le double "ha-hatat ha-hatat" n'avait pas besoin d'être dit, ce "hatat" superflu vient pour les autres sacrifices brûlés -- les voilà donc rapprochés les uns des autres. Et à plus forte raison la difficulté est-elle plus grande ici, où l'on apprend la para par guezera chava du taureau de Yom Kippour, lequel [tient] par hekech du taureau du cohen machiah, lequel lui-même apprend par hekech. Passe encore pour "à l'est de Jérusalem", que [le taureau de] Yom Kippour apprend de la para : celle-ci peut à son tour aller apprendre du taureau du cohen machiah, selon Rav Papa au chapitre Eizehou Mekoman, qui dit qu'on suit le terme enseignant -- et ici l'enseignant est du profane, puisque la vache rousse relève des kodchei bedek ha-bayit. Mais comment Yom Kippour enseignerait-il à la para, alors que l'enseignant est du kodech ? Il faut répondre que le taureau de Yom Kippour et le taureau du cohen machiah ne s'apprennent pas l'un de l'autre par hekech, mais par la guezera chava "peau, chair et fiente" comme ci-dessus, ou par la guezera chava "ha-hatat ha-hatat" -- car dans tous il est écrit "la hatat" -- et non comme l'a expliqué Rachi, qui en fait un hekech. Dès lors tout va bien : c'est une chose apprise par guezera chava qui revient enseigner par guezera chava. Et le taureau du helem davar aussi -- même pour celui qui tient que "de lui et une autre chose" est bien un hekech -- n'apprend pas par hekech mais par la guezera chava "ha-hatat ha-hatat". Et même selon Rabbi Meir, qui conteste à la fin de Ha-Taarovet cette deracha de "hatat" et dit "ce n'est pas nécessaire, car il est dit lekhaper, etc.", ce n'est pas qu'il rejette la guezera chava : il veut dire qu'on n'a pas besoin de la guezera chava pour la tuma des vêtements, laquelle se déduit du verset lekhaper. Ou bien encore : il apprend la combustion hors des trois camps de la guezera chava "hors du camp", comme Rabbi Chimon. Difficulté : pourquoi Rabbi Chimon aurait-il besoin du "hors du camp" superflu pour enseigner les trois camps à la para ? Qu'il l'apprenne des taureaux brûlés, comme on l'apprend pour le blasphémateur au début de Nigmar ha-Din (Sanhédrin 42b) ! Il faut répondre que peut-être, pour Rabbi Chimon, le blasphémateur aussi s'apprend du taureau de Yom Kippour, comme la para. Autre étonnement : selon nous, apprenons donc pour le blasphémateur qu'il suffit d'être hors d'un seul camp, à partir de Yom Kippour où l'on rend les vêtements impurs dès la sortie d'un seul camp -- plutôt que d'apprendre "hors des trois camps" de la combustion des taureaux ! Il faut répondre qu'il est logique d'apprendre de la combustion, car de part et d'autre il s'agit de l'accomplissement propre à la chose -- le blasphémateur, on le sort pour le lapider, et les taureaux, pour les brûler -- tandis que la tuma des vêtements hors d'un seul camp n'est pas cet accomplissement. Mais il est étonnant : pourquoi a-t-on eu besoin du verset au chapitre Ha-Chohet ve-ha-Maale (Zevahim 107b), "ba-mahane", pour inclure même hors d'un seul camp, afin qu'on ne dise pas "hors des trois camps" comme pour les taureaux brûlés ? Sans ce verset, apprenons-le du "hors du camp" de la tuma des vêtements, puisque les deux se ressemblent -- ni l'un ni l'autre n'étant un mekhchir ! Et il me semble que si "ba-mahane" n'avait pas été écrit, nous l'aurions appris de la para : bien que l'un soit un mekhchir et l'autre non, puisque de part et d'autre il s'agit d'un abattage hors [du camp] -- car il est écrit à propos de la para "il la fera sortir hors du camp et on l'abattra devant lui" -- nous les apprenons l'un de l'autre ; et la para, nous l'apprenons des taureaux brûlés à partir de leur combustion et non de leur tuma, car elle ressemble à leur combustion -- de part et d'autre c'est un mekhchir -- mais elle ne ressemble nullement à leur tuma.
💡 Explication

Même mécanique, troisième étage. La Torah dit, à propos de la sortie des cendres de l'autel : ve-hotsi et ha-dechen el mi-houtz la-mahane (Vayikra 6,4). Or on savait déjà où cela se trouve, puisque le verset du taureau brûlé dit el chéfekh ha-dechen, le lieu où l'on verse les cendres, et le situe hors du camp.

Ce troisième mahane superflu achète donc un troisième camp. Total : les taureaux brûlés sortent du mahane Chekhina (la azara), du mahane Léviya (le Har haBayit) et du mahane Yisrael (Jérusalem).

Tossefot ouvre ici une des plus longues gloses du daf. Sa question est de méthode : si le taureau du cohen machiah tient lui-même ses trois camps par un hekech, comment peut-il ensuite les transmettre à d'autres par hekech ou par guezera chava ? La règle davar ha-lamed be-hekech eino hozer ou-mélamed l'interdit. Sa réponse finale : ce ne sont pas des hekech mais des guezerot chavot (or-bassar-perech, ou hatat-hatat), et une guezera chava, elle, revient enseigner.

🖼️ Schéma
Comment trois versets achètent trois camps Règle de lecture : un mot que le verset n'avait pas besoin d'écrire ne peut pas être nul -- il ajoute une distance Verset 1 -- Vayikra 4,12 (taureau du cohen machiah) ve-hotsi et kol ha-par el mi-houtz la-mahane -- il fera sortir le taureau tout entier hors du camp Question de la baraita : un seul camp, ou trois ? À ce stade rien ne tranche. Acquis : premier camp -- on sort au moins du mahane Chekhina. Verset 2 -- Vayikra 4,21 (taureau de la communauté) el mi-houtz la-mahane -- mais le verset dit déjà ve-saraf oto ka-acher saraf et ha-par ha-richon Le ka-acher suffisait à transférer toute la loi du premier taureau. Le mi-houtz la-mahane est donc en trop. Acquis : deuxième camp -- il faut aussi sortir du mahane Léviya (Har haBayit). Verset 3 -- Vayikra 6,4 (sortie du dechen, les cendres de l'autel) ve-hotsi et ha-dechen el mi-houtz la-mahane -- mais on savait déjà par el chéfekh ha-dechen (4,12) Puisque les taureaux brûlés sont déjà envoyés au lieu où l'on verse les cendres, ce mahane-là est en trop. Acquis : troisième camp -- il faut sortir aussi du mahane Yisrael (Jérusalem). Conclusion : les taureaux brûlés le sont hors des trois camps -- donc, à Yom Kippour, le mahane du verset 16,27 sert à autre chose.
Trois versets qui n'avaient pas besoin d'être écrits, trois camps à franchir.
9
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, הַאי ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״, מַה כָּאן חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אַף לְהַלָּן חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. וּמַה לְהַלָּן בְּמִזְרָחָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם — אַף כָּאן בְּמִזְרָחָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם.

Et Rabbi Chimon, ce "hors du camp", qu'en fait-il ? Il en a besoin pour ce qui a été enseigné : Rabbi Eliezer dit : il est dit ici "hors du camp" et il est dit là-bas "hors du camp" -- de même qu'ici c'est hors des trois camps, de même là-bas c'est hors des trois camps ; et de même que là-bas c'est à l'est de Jérusalem, de même ici c'est à l'est de Jérusalem.

📜 Rachi (4)
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר בְּמַתְנִיתִין אֵין מְטַמְּאִין בְּגָדִים עַד שֶׁיֻּוצַּת הָאוּר בְּרֻובָּן הַאי מִחוּץ לַמַּחֲנֶה דִּכְתִיב בְּפַר וְשָׂעִיר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים מַאי עָבֵיד לֵיהּ:
"Et Rabbi Chimon" -- lui qui dit dans la michna qu'ils ne rendent pas les vêtements impurs tant que le feu n'a pas pris dans la plus grande partie [des corps] : ce "hors du camp" écrit à propos du taureau et du bouc de Yom Kippour, qu'en fait-il ?
נֶאֱמַר כָּאן בְּפַר יוֹם הַכִּפּוּרִים וְנֶאֱמַר לְהַלָּן בְּפָרָה אֲדֻומָּה וְהוֹצִיא אֹותָהּ אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה (בַּמִּדְבָּר י״ט:ג׳):
"Il est dit ici" -- à propos du taureau de Yom Kippour ; "et il est dit là-bas" -- à propos de la vache rousse : "il la fera sortir hors du camp" (Bamidbar 19,3).
מַה כָּאן בְּפָרִים הַנִּשְׂרָפִין חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת אַף שְׁחִיטַת פָּרָה אֲדֻומָּה חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת:
"De même qu'ici" -- pour les taureaux brûlés, hors des trois camps -- de même l'abattage de la vache rousse se fait hors des trois camps.
וּמַה לְהַלָּן בְּפָרָה אֲדֻומָּה בְּמִזְרָחָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם דִּכְתִיב בָּהּ אֶל נֹכַח פְּנֵי אֹהֶל מוֹעֵד (שָׁם) אַלְמָא עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב כְּנֶגֶד פִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל שֶׁהוּא בְּכֹותֶל [מַעֲרָבִי] וּפָתוּחַ לַמִּזְרָח אַף כָּאן וְכוּ':
"Et de même que là-bas" -- pour la vache rousse, à l'est de Jérusalem, car il y est écrit à son sujet "face à l'avant de la tente d'assignation" (ibid.). Il ressort donc qu'elle se tient à l'est, le visage tourné vers l'ouest, en face de l'ouverture du heikhal, laquelle est dans le mur [occidental] et s'ouvre vers l'est -- de même ici, etc.
💡 Explication

Un mot superflu n'est monnayable qu'une fois. Les Rabbanan ont dépensé mi-houtz la-mahane pour fixer le seuil précoce de la tuma des vêtements. Mais Rabbi Chimon soutient dans la michna que la tuma ne commence que michéyoutsat ha-our be-roubam, quand le feu a pris dans la plus grande partie des corps : il n'a aucun seuil géographique à fonder, et le mot lui reste disponible.

Il l'emploie pour une guezera chava avec la para adouma, où l'on lit ve-hotsi otah el mi-houtz la-mahane (Bamidbar 19,3). Le va-et-vient est double : le taureau de Yom Kippour donne à la vache rousse le régime des trois camps ; la vache rousse rend au taureau une donnée d'orientation -- à l'est de Jérusalem, car il est écrit à son sujet el nokhah penei ohel moed, face à l'avant de la tente d'assignation.

Rachi explique la géométrie : celui qui abat la vache se tient à l'est, le visage tourné vers l'ouest, en face de l'ouverture du heikhal, laquelle s'ouvre précisément vers l'est.

🖼️ Schéma
Un mot, deux budgets : que fait-on de mi-houtz la-mahane ? Un syntagme superflu ne peut servir qu'une fois -- chaque tana le dépense ailleurs Vayikra 16,27 : el mi-houtz la-mahane Les Rabbanan Michna : la tuma commence dès la sortie d'un seul camp. Il leur faut donc un verset pour fixer ce seuil précoce. Dépense : seuil de tuma des vêtements. Conséquence : plus de guezera chava disponible -- il faut une autre source pour l'orientation (seg 9). Rabbi Chimon Michna : pas de tuma avant que le feu ait pris dans la plus grande partie. Aucun seuil géographique à fonder : le mot est libre. Dépense : guezera chava avec la para adouma. Bamidbar 19,3 : ve-hotsi otah el mi-houtz la-mahane. Même expression des deux côtés. Ce que la guezera chava fait gagner à la para adouma 1. hors des trois camps -- 2. à l'est de Jérusalem, face au heikhal. Nafka mina immédiate Le porteur qui n'a franchi qu'un mur : impur ou non ?
Un mot, deux budgets exégétiques : seuil de tuma chez les Rabbanan, guezera chava géographique chez Rabbi Chimon.
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וְרַבָּנָן, הֵיכָא שְׂרִיף לְהוּ? כִּדְתַנְיָא: הֵיכָן נִשְׂרָפִין?

Et les Sages, où les brûlent-ils ? Comme il a été enseigné : où sont-ils brûlés ?

📜 Rachi (2)
וְרַבָּנָן דְּמַפְּקִי לֵיהּ לִקְרָא לְטֻומְאַת בְּגָדִים וְלֵית לְהוּ גְּזֵירָה שָׁוָה:
"Et les Sages" -- eux qui affectent ce verset à la tuma des vêtements et n'ont donc pas la guezera chava.
הֵיכָא שְׂרִיף לְהוּ לְאֵיזוֹ רוּחַ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם:
"Où les brûle-t-on" -- de quel côté de Jérusalem ?
💡 Explication

La question renverse la précédente. Puisque les Rabbanan ont déjà affecté le verset mi-houtz la-mahane à la tuma des vêtements, ils n'ont plus de guezera chava avec la vache rousse -- donc plus de source pour l'orientation. Où, alors, brûle-t-on le taureau et le bouc de Yom Kippour ?

La guemara ouvre une baraita par la question heikhan nisrafin, et le daf s'interrompt exactement la. La réponse -- au nord de Jérusalem, hors des trois camps -- se lit au début de 68b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).