Yoma 6b — tevila de jour ou de nuit, et l'impureté du mort en public (hutra ou dechuya)

Yoma 6b

Sougya : Ce daf clôt d'abord le débat sur le bo'el nidda (celui qui a eu commerce avec une nidda) : immerge-t-il de jour, comme le tamei met, ou de nuit, comme la nidda ? La baraita explicite de R.

Hiyya tranche — bo'el nidda de jour — et réfute (tiouvta) Rav Shimi de Nehardea ; au passage, on précise la particularité du bo'el nidda, qui produit du mishkav u-moshav mais d'une impureté légère (aliments et boissons seulement). Le daf enchaîne sur la séquestration du Cohen gadol avant Kippour : pourquoi l'écarter de sa maison (risque fréquent que sa femme soit nidda) et non des visiteurs (risque rare de mort) ?

Rava en déduit que l'impureté du mort est hutra (permise) en public ; Ravina se contente de la différence fréquent/rare, même si elle n'est que dechuya (repoussée). De là, la grande mahloket Rav Nahman (hutra) / Rav Chechet (dechuya), et ses trois étages de conséquence pratique quant à savoir si l'on recherche des cohanim purs — le troisième (ika de-amri) restant ouvert sur 7a.

Yoma 6b — quand immerge-t-on ? (baraita de R. Hiyya) Enjeu : le bo'el nidda (qui a eu commerce avec une nidda) immerge-t-il de JOUR (comme le tamei met) ou de NUIT (comme la nidda) ? Tevila de JOUR le zav et la zava le metzora et la metzora'at le bo'el nidda le tamei met (impur par un mort) Impurs dont l'impureté dépend d'un compte de jours : ils immergent le jour où le compte s'achève. Tevila de NUIT la nidda la yoledet (accouchée) Femmes dont l'impureté dépend de la vue du sang : elles immergent la nuit suivant le dernier jour de leur compte. Tiouvta : la baraita range le bo'el nidda côté JOUR -> Rav Shimi de Nehardea (bo'el nidda comme la nidda, de nuit) est réfuté.
La baraita de R. Hiyya : qui immerge de jour, qui de nuit, et la réfutation de Rav Shimi.
Pourquoi séparer le Cohen gadol de sa maison, mais pas du risque de mort ? On l'écarte de sa MAISON (7 j. avant Kippour) de peur que sa femme ne se trouve nidda tumat beito = FRÉQUENTE (chekhicha) On ne l'écarte PAS des visiteurs alors qu'un visiteur pourrait mourir auprès de lui tumat met = RARE (lo chekhicha) Rav Tahlifa au nom de Rava : cela veut dire (zot omeret) que la tumat met est HUTRA (permise) en public un individu est écarté (nidhe), mais la communauté n'est pas écartée -- à Kippour le service est communautaire Ravina : même si la tumat met n'est que DECHUYA (repoussée), la michna tient car il suffit que la différence fréquente / rare explique pourquoi on écarte l'une et non l'autre.
Le passage à la séquestration du Cohen gadol : maison (fréquent) vs mort (rare).
Tumat met en public : HUTRA ou DECHUYA ? (Rav Nahman / Rav Chechet) HUTRA — permise (Rav Nahman) Une permission pleine et entière. Tout se passe comme s'il n'y avait aucune impureté : le service impur vaut le service pur. => on ne recherche pas (lo mehadrinan) DECHUYA — repoussée (Rav Chechet) L'interdit est écarté avec peine, par nécessité, non aboli. Il subsiste en arrière-plan : chaque fois qu'on peut faire pur, on le doit. => on recherche (mehadrinan) Nafka mina — les trois cas 1. Purs ET impurs dans le même beit av (équipe du jour) Accord de tous : les PURS officient, les impurs non. 2. Tout le beit av du jour est impur — faire venir des purs d'un autre beit av ? 1re version : Nahman (hutra) NON / Chechet (dechuya) OUI, on va les chercher. 3. Ika de-amri : même cas 1 (purs et impurs présents dans le beit av) Nahman durcit sa position : les impurs officient AUSSI (suite en 7a).
La mahloket hutra / dechuya et ses trois étages de conséquence pratique.
1
אֶלָּא לָאו, לִטְבִילָתָן!

[La guemara reprend :] Plutôt, n'est-ce pas [que la baraita 'le bo'el nidda est comme le tamei met' les rapproche] quant à leur immersion (tevila) — tous deux immergeant de JOUR ? [Cela réfuterait Rav Shimi de Nehardea, qui fait immerger le bo'el nidda de nuit, comme la nidda.]

💡 Explication

Contexte (fin de 6a) : Rav Shimi de Nehardea soutenait que le bo'el nidda (celui qui a eu commerce avec une nidda) immerge de nuit, l'assimilant à la nidda. Contre lui, on invoque une baraita qui compare le bo'el nidda au tamei met. La guemara presse : cette comparaison ne doit-elle pas porter sur la tevila (immersion de jour) ? Si oui, Rav Shimi est réfuté.

2
לֹא, לְעוֹלָם לְטֻומְאָתָן, סֵיפָא אִצְטְרִיכָא לֵיהּ: אֶלָּא שֶׁחָמוּר מִמֶּנּוּ בּוֹעֵל נִדָּה, שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב בְּטֻומְאָה קַלָּה, לְטַמֵּא אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין.

Non ; en vérité [la baraita les compare] quant à leur [durée d']impureté. C'est la clause finale (seifa) qui la rendait nécessaire [au tana d'énoncer la comparaison] : 'sauf que le bo'el nidda est plus grave que [le tamei met], en ce qu'il rend impurs le coucher et le siège (mishkav u-moshav) d'une impureté LEGÈRE — [au point seulement] de rendre impurs aliments et boissons'.

📜 Rachi (2)
שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב אֲפִילּוּ עֶשֶׂר מַצָּעוֹת זוֹ עַל גַּב זוֹ וְטָמֵא מֵת אֵינוֹ מְטַמֵּא אֶלָּא מַגָּעוֹ:
Qu'il rend impurs le coucher et le siège (mishkav u-moshav) — même dix matelas l'un sur l'autre [le bo'el nidda les rend tous impurs par pression] ; tandis que le tamei met ne rend impur que ce qu'il touche (son contact seul).
לְטַמֵּא אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין וְלֹא לְטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים כִּשְׁאָר כֹּל עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב כְּגוֹן זָב וְזָבָה וְנִדָּה וּמְצוֹרָע שֶׁטֻּומְאָתָן אַב הַטֻּומְאָה לְטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים אֲבָל בּוֹעֵל נִדָּה כְּתִיב בֵּיהּ (וַיִּקְרָא טו) כָּל הַמִּשְׁכָּב אֲשֶׁר יִשְׁכַּב עָלָיו יִטְמָא נִתְּקוֹ הַכָּתוּב מִטֻּומְאָה חֲמוּרָה דְּמִשְׁכַּב נִדָּה עַצְמָהּ שֶׁמְּטַמֵּא אָדָם כְּדִכְתִיב (שָׁם) וְכָל אֲשֶׁר יִגַּע בְּמִשְׁכָּבָהּ וְגוֹ' וֶהֱבִיאוֹ לְטֻומְאָה קַלָּה לְטַמֵּא אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין דְּאִי לְטֻומְאָה חֲמוּרָה לִישְׁתּוֹק קְרָא מִינֵּיהּ וַאֲנָא יָדַעְנָא דְּמִשְׁכָּבָהּ טָמֵא כְּמִשְׁכַּב נִדָּה דְּהָא כְּתִיב וַתְּהִי נִדָּתָהּ עָלָיו (שָׁם):
Pour rendre impurs aliments et boissons — et non pour rendre impurs hommes et ustensiles, comme le font tous les autres qui produisent du mishkav u-moshav, tels le zav, la zava, la nidda et le metzora, dont l'impureté est av ha-tumah (source d'impureté) rendant impurs hommes et ustensiles. Mais à propos du bo'el nidda il est écrit (Lev 15) 'tout couchage sur lequel il se couche sera impur' : le verset l'a détaché de l'impureté grave — celle du couchage de la nidda elle-même, qui rend l'homme impur, comme il est écrit (ibid.) 'et quiconque touche son couchage [lavera ses vêtements]' — et l'a ramené à une impureté légère, celle de rendre impurs aliments et boissons. Car s'il s'agissait de l'impureté grave, le verset aurait pu se taire [à son sujet], et j'aurais su de moi-même que son couchage [au bo'el nidda] est impur comme le couchage de la nidda, puisqu'il est écrit 'et sa souillure de nidda sera sur lui' (ibid.).
🗂️ Tossefot (3)
סֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ אֶלָּא שֶׁחָמוּר מִמֶּנּוּ כּוּ' בְּפֶרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים בִּפְסָחִים (דַּף סח.) פָּרֵיךְ מֵהָכָא אִילֵימָא לְטֻומְאָתָם הַאי טֻומְאַת ז' כְּתִיב בֵּיהּ וְהַאי טֻומְאַת ז' כְּתִיב בֵּיהּ אֶלָּא לָאו לְמַחֲנוֹתָם וּמִדְּסֵיפָא לְמַחֲנוֹתָם רֵישָׁא נָמֵי לְמַחֲנוֹתָם מִידֵּי אִירְיָא הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא וְגִמְגְּמוּ שָׁם הַתּוֹס' אַמַּאי מְשַׁנֵּי בְּדֹוחַק וּמוּקִי רֵישָׁא וְסֵיפָא בִּתְרֵי טַעְמֵי לִישָּׁנֵי כִּי הָכָא לְעוֹלָם לְטֻומְאָתָן וְסֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ וְנִרְאֶה לִי לְתָרֵץ דְּהַהִיא שִׁינּוּיָא דְּהָתָם נִיחָא לֵיהּ לְתָרֵץ טְפֵי דְּהִיא גּוּפָא אִיצְטְרִיךְ מִלּוֹמַר דְּסֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ וְתַנָּא רֵישָׁא מִשְׁנָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה מִשּׁוּם סֵיפָא וְהָכָא לָא מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי כִּי הָתָם דְּמִסֵּיפָא גּוּפָהּ פָּרִיךְ וְאִיצְטְרִיךְ לְשַׁנּוֹיֵי שִׁינּוּיָא דְחִיקָא אִי נָמֵי נ"ל דְּהָתָם נָמֵי לָא מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי כִּי הָכָא דְּהָא מַסְּקִינַן הָכָא דְּבוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת לִטְבִילָתוֹ וְטוֹבֵל בַּיּוֹם וְרַב שִׁימִי מִנְּהַרְדְּעָא סְבִירָא לֵיהּ דְּבוֹעֵל נִדָּה כְּנִדָּה לִטְבֹּול בַּלַּיְלָה וּמֵעִיקָּרָא פָּרֵיךְ לֵיהּ מִבָּרַייְתָא בּוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת מַאי לָאו לִטְבִילָתוֹ לֹא לְטֻומְאָתוֹ וְסֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ וַהֲדַר אִיתּוֹתַב מִבָּרַייְתָא דְּתַנְיָא בְּהֶדְיָא בּוֹעֵל נִדָּה וּטְמֵא מֵת טְבִילָתָם בַּיּוֹם וּלְהָכִי לָא הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הָתָם לְטֻומְאָתוֹ דְּהָא עַל כָּרְחָךְ בּוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת נָמֵי לִטְבִילָתוֹ כִּדְמַסְּקִינַן הָכָא וְהַשְׁתָּא מַאי טַעְמָא הָוֵי כִּטְמֵא מֵת לִטְבִילָתוֹ אֶלָּא ש"מ דִּכְנִדָּה הָוֵי לְכָל מַאי דִכְתִיב בְּהֶדְיָא אֲבָל לְמַאי דְּלָא רַבִּינְהוּ קְרָא יֵשׁ לָנוּ לְדַמּוֹתוֹ לְטַמֵּא מֵת מִסְּבָרָא מִשּׁוּם דְּהָוֵי טֻומְאַת מַגָּע כְּמוֹתוֹ וא"כ ה"ה לְמָחְנוֹתָם ואע"ג דְּמֵעִיקָּרָא כִּי אָמַר לְמַאי אִי לְטֻומְאָה לָא הֲוָה קָשֶׁה לֵיהּ אֶלָּא הַאי טֻומְאַת ז' כְּתִיב בֵּיהּ כו' י"ל דְּקֻושְׁיָא הַפְּשׁוּטָה נְקַט ומ"מ אִי הֲוָה מְשַׁנֵּי לֵיהּ לְטֻומְאָתוֹ וְסֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ אַכַּתִּי הֲוָה פָּרֵיךְ לֵיהּ וְהָא עַל כָּרְחָךְ בּוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת לִטְבִילָתוֹ כִּדְמַסְּקִינַן הָכָא וְכֵיוָן דְּדָמֵי לִטְבִילָה דָּמֵי נָמֵי לְמָחְנוֹתָם כִּדְפֵי':
'La seifa était nécessaire pour lui : sauf que le bo'el nidda est plus grave, etc.' — Au chapitre Elou devarim, dans Pesahim (68a), on objecte à partir d'ici : si tu dis [que la baraita compare bo'el nidda et tamei met] quant à leur impureté — [c'est superflu,] car de l'un il est écrit une impureté de sept jours et de l'autre une impureté de sept jours [donc rien à apprendre] ; plutôt n'est-ce pas [qu'on les compare] quant à leurs camps (mahanot, d'où ils sont expulsés) ? Et puisque la seifa traite des camps, la recha aussi traite des camps ! [Là-bas on répond :] 'y a-t-il [contradiction] ? Ceci est comme il est et cela est comme il est' [chaque clause selon son propre motif]. Et les Tossafistes s'y sont demandé avec embarras : pourquoi répond-il par une réponse forcée, plaçant recha et seifa sur deux motifs distincts ? Qu'il réponde comme ici : 'en vérité quant à leur impureté, et la seifa était nécessaire' ! Il me semble de répondre que cette réponse-là [de Pesahim] lui convient mieux : dire que la recha est elle-même nécessaire, plutôt que de dire que seule la seifa était nécessaire et que le tana a enseigné une michna superflue à cause de la seifa. Et ici on ne peut pas répondre comme la-bas, car c'est de la seifa elle-même qu'on objecte, et il fallait donner la réponse forcée. Ou bien il me semble que là-bas non plus on ne pouvait répondre comme ici : car nous concluons ici que le bo'el nidda est comme le tamei met quant à sa tevila et immerge de jour ; or Rav Shimi de Nehardea tient que le bo'el nidda est comme la nidda, immergeant de nuit, et au départ on lui objecte de la baraita 'bo'el nidda comme tamei met' — n'est-ce pas quant à sa tevila ? Non, quant à son impureté, et la seifa était nécessaire ; puis il est réfuté d'une baraita enseignée explicitement : 'bo'el nidda et tamei met, leur tevila est de jour'. C'est pourquoi on ne pouvait répondre là-bas 'quant à son impureté', car forcément le bo'el nidda est comme le tamei met aussi quant à sa tevila, comme nous concluons ici. Et alors, quelle est la raison qu'il soit comme le tamei met quant à la tevila ? Apprends-en qu'il est comme la nidda pour tout ce qui est écrit explicitement, mais pour ce que le verset n'a pas [expressément] inclus, nous devons le comparer au tamei met par raisonnement, car il est une impureté de contact (tumat maga) comme lui ; et s'il en est ainsi, il en va de même pour leurs camps. Et bien qu'au départ, lorsqu'il demande 'quant à quoi ? si quant à l'impureté...', ne le gênait pas [le fait] que 'de l'un il est écrit impureté de sept jours, etc.' — on peut dire qu'il a pris l'objection la plus simple ; et de toute manière, s'il avait répondu 'quant à son impureté, et la seifa était nécessaire', on lui aurait encore objecté : mais forcément le bo'el nidda est comme le tamei met quant à sa tevila, comme nous concluons ici, et puisqu'il [lui] ressemble pour la tevila il [lui] ressemble aussi pour les camps, comme expliqué.
אֶלָּא שֶׁחָמוּר מִמֶּנּוּ בּוֹעֵל נִדָּה כּוּ' תֵּימַהּ לִי דְּטָמֵא מֵת נָמֵי חָמוּר מִבּוֹעֵל נִדָּה שֶׁטָּעוּן הַזָּאָה ג' וְז' וּמְטַמֵּא כְּלֵי מַתָּכוֹת לַעֲשׂוֹתָם אַב הַטֻּומְאָה כַּיּוֹצֵא בוֹ כְּדִתְנַן בְּרֵישׁ מַסֶּכֶת אֹהָלוֹת ג' טְמֵאִין בְּמֵת כֵּלִים בְּמֵת וְאָדָם בְּכֵלִים טְמֵאִים טֻומְאַת ז' וְכוּ' וְשֶׁמָּא בְּסֵיפָא דְּבָרַייְתָא חֲשִׁיב נָמֵי לְהָנֵי חוּמְרֵי דְּטָמֵא מֵת מִבּוֹעֵל נִדָּה:
'Sauf que le bo'el nidda est plus grave, etc.' — cela m'étonne, car le tamei met aussi est plus grave que le bo'el nidda : il requiert l'aspersion (haza'ah, des cendres de la vache rousse) au 3e et au 7e jour, et il rend impurs les ustensiles de métal au point d'en faire des av ha-tumah semblables à lui, comme nous l'avons appris au début du traité Ohalot : 'trois [degrés] deviennent impurs par le mort : les ustensiles [en contact] avec le mort, l'homme [en contact] avec les ustensiles [impurs] d'une impureté de sept jours, etc.'. Et peut-être que dans la seifa de la baraita on compte aussi ces stringences du tamei met sur le bo'el nidda.
שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב בְּטֻומְאָה קַלָּה כָּאן חָזַר בּוֹ רַשִׁ"י מִמַּה שֶׁפֵּירֵשׁ בְּפֶרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים בִּפְסָחִים (דַּף סז:) אַהָא דְּקָאָמַר הָתָם אַדְּרַבָּה זָב חָמוּר מִמְּצוֹרָע שֶׁכֵּן עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְכוּ' מַשְׁמַע דִּמְצוֹרָע אֵינוֹ עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְהִקְשָׁה מִדְּאָמַר בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וְגִילַּח אֶת כָּל שְׂעָרוֹ פְּרָט לְבֵית הַסְּתָרִים וְדִין הוּא נֶאֱמַר תִּגְלַחַת בִּימֵי סִפְרוֹ וְנֶאֱמַר תִּגְלַחַת בִּימֵי גְּמָרוֹ מַה תִּגְלַחַת הָאֲמוּרָה בִּימֵי סִפְרוֹ פְּרָט לְבֵית הַסְּתָרִים אַף תִּגְלַחַת הָאֲמוּרָה בִּימֵי גְּמָרוֹ פְּרָט לְבֵית הַסְּתָרִים וּמַקְשֶׁה אִם הֵקֵל בִּימֵי סִפְרוֹ שֶׁאֵין מְטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְאֵין מְטַמֵּא בְּבִיאָה נָקֵל בִּימֵי גְּמָרוֹ שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב כּוּ' וְתֵירֵץ רַשִׁ"י וְגַם ר"ת דְּהַהִיא דְּאֵלּוּ דְּבָרִים דְּמַשְׁמַע דְּזָב עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְלֹא מְצֹורָע הַייְנוּ לְטַמֵּא אָדָם וּבְגָדִים וְהַהִיא דת"כ מַיְירֵי לְטֻומְאָה קַלָּה לְטַמֵּא אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין דְּאָתֵי בק"ו כִּדְאִיתָא בְּרֵישׁ פֶּרֶק דַּם הַנִּדָּה (נִדָּה דַּף נד:) וּמַה זָב שֶׁאֵין מְטַמֵּא בְּבִיאָה עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב אֶבֶן הַמְנֻוגַּעַת וּמְצוֹרָע שֶׁמְּטַמְּאִים בְּבִיאָה אֵינוֹ דִּין שֶׁיַּעֲשׂוּ מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וּמִמִּיעוּטָא דְּהַזָּב וְלֹא אֶבֶן הַמְנֻוגַּעַת מְמַעֵט הָתָם מִטֻּומְאָה חֲמוּרָה וְהָכִי נָמֵי נְמַעֵט מְצֹורָע גּוּפֵיהּ מֵהַהוּא קְרָא מִטֻּומְאָה חֲמוּרָה וְכָאן פרש"י שֶׁעוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לְטַמֵּא אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין וְלֹא כִּשְׁאָר מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב שֶׁעוֹשֶׂה לְטַמֵּא אָדָם וְכֵלִים כְּגוֹן הַזָּב וְהַמְצֹורָע וְכוּ' וה"ר מֹשֶׁה מפונטייז"א פִּי' כְּמוֹ שפרש"י בְּכָאן וְהַהִיא דְּאֵלּוּ דְּבָרִים מוּקֵי לָהּ בִּמְצוֹרָע בִּימֵי סִפְרוֹ וְכִדְמַשְׁמַע בת"כ שֶׁאֵין עוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב וְעוֹד הֶאֱרִיכוּ בּוֹ הַתּוֹס' בְּאֵלּוּ דְּבָרִים (דַּף סז:) וְכָאן לֹא שַׁיָּיךְ וְלִי הֻוקְשָׁה עַל מַה שֶּׁפֵּי' הַתּוֹס' דִּמְצוֹרָע וְאֶבֶן הַמְנֻוגַּעַת אָתוּ בק"ו מִזָּב לְטֻומְאָה קַלָּה וְהֵיכִי אָתוּ הָאִיכָּא לְמִיפְרַךְ מַה לְזָב שֶׁעוֹשֶׂה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לְטֻומְאָה חֲמוּרָה תֹּאמַר בְּהָנֵי וּמִיהוּ הָא לֹא קָשֶׁה דְּאִיכָּא לְמֵימַר בּוֹעֵל נִדָּה יוֹכִיחַ מִיהוּ אַכַּתִּי אִיכָּא לְמִיפְרַךְ מַה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן שֶׁמְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט דְּאַף בּוֹעֵל נִדָּה מְטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט כְּמוֹ שֶׁהוֹכִיחַ שָׁם ר"י מִדְּאָמַר פֶּרֶק בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לג.) מַה הִיא מְטַמְּאָה כְּלִי חֶרֶס אַף הוּא מְטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס וּמִדִּנְקַט כְּלִי חֶרֶס שֶׁאֵין מִטַּמֵּא מִגַּבּוֹ ש"מ בְּהֶיסֵּט קָאָמַר אֶלָּא נ"ל דְּטֻומְאָה חֲמוּרָה נִמְעָטֶיהָ מֵהַזָּב וְטֻומְאָה קַלָּה מְטַמֵּא בְּהֶיקֵּשָׁא דִּוְהִזַּב אֶת זוֹבוֹ לַזָּכָר וְלַנְּקֵבָה וְדָרְשִׁינַן בְּפֶרֶק בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לד:) לַזָּכָר לְרַבּוֹת מְצֹורָע לְמַעְייְנוֹתָיו וְכוּ' וְאִיתַּקַּשׁ מְצֹורָע לְזָב גָּמוּר וּמִן הַדִּין הֲוָה לָן לְמֵימַר דְּאִיתַּקַּשׁ לְזָב אֲפִילּוּ לְטֻומְאָה חֲמוּרָה אֶלָּא דַּאֲתָא מִיעוּטָא דִּוְהִזֵּב וּמַעֲטֵיהּ וְנוֹקֵי מִיעוּטָא לְטֻומְאָה חֲמוּרָה וְהֶיקֵּשָׁא לְטֻומְאָה קַלָּה:
'Qu'il rend impurs le coucher et le siège d'une impureté légère' — ici Rachi s'est rétracté de ce qu'il avait expliqué au chapitre Elou devarim dans Pesahim (67b). Là-bas il est dit : 'au contraire, le zav est plus grave que le metzora, car il produit du mishkav u-moshav, etc.', ce qui laisse entendre que le metzora ne produit pas de mishkav u-moshav. Et l'on a objecté de ce qui est dit au Torat Kohanim : ''et il rasera tout son poil' (Lev 14:9) — à l'exclusion des endroits cachés ; et c'est [déduit] logiquement : il est dit rasage aux jours de son dénombrement (yemei sifro) et il est dit rasage aux jours de son achèvement (yemei gomro) ; de même que le rasage dit aux jours de son dénombrement exclut les endroits cachés, ainsi le rasage dit aux jours de son achèvement exclut les endroits cachés'. On objecte : si [la Torah] a été indulgente aux jours de son dénombrement — où il ne produit pas de mishkav u-moshav et ne rend pas impur par entrée (be-vi'a) — serions-nous indulgents aux jours de son achèvement, où il produit du mishkav u-moshav, etc. ? [Cela implique que le metzora, aux jours de son achèvement, produit bien du mishkav u-moshav.] Rachi, ainsi que Rabbenou Tam, ont répondu : ce passage d'Elou devarim, qui laisse entendre que le zav produit du mishkav u-moshav et non le metzora, concerne [le fait de] rendre impurs hommes et vêtements ; tandis que ce passage du Torat Kohanim traite de l'impureté légère, rendre impurs aliments et boissons, laquelle vient par kal va-homer, comme il est dit au début du chapitre Dam ha-nidda (Nidda 54b) : 'et si le zav, qui ne rend pas impur par entrée, produit du mishkav u-moshav, la pierre atteinte [de nega] et le metzora, qui rendent impurs par entrée, n'est-il pas juste (din) qu'ils produisent du mishkav u-moshav ?' ; et de l'exclusion 'ha-zav — et non la pierre atteinte' on exclut là-bas [la pierre] de l'impureté grave, et de même ici nous excluons le metzora lui-même, par ce verset, de l'impureté grave. Et ici Rachi a expliqué qu'il produit du mishkav u-moshav [seulement] pour rendre impurs aliments et boissons, et non comme les autres mishkav u-moshav qui rendent impurs hommes et ustensiles, tels le zav et le metzora, etc. Rabbenou Moche de Pontoise a expliqué comme Rachi l'a expliqué ici, et ce passage d'Elou devarim il l'établit [au sujet] du metzora aux jours de son dénombrement, comme le laisse entendre le Torat Kohanim, [où] il ne produit pas de mishkav u-moshav. Les Tossafistes s'y sont encore étendus dans Elou devarim (67b), et ici ce n'est pas le lieu. Pour moi, il était difficile [d'accepter] ce qu'ont expliqué les Tossafistes, [à savoir] que le metzora et la pierre atteinte viennent par kal va-homer du zav pour l'impureté légère : comment viennent-ils ? Il y a lieu d'objecter : ce qui vaut pour le zav, qui produit du mishkav u-moshav pour l'impureté grave — le diras-tu de ceux-ci [qui ne le produisent pas pour l'impureté grave] ? Toutefois ce n'est pas une difficulté, car on peut dire 'le bo'el nidda le prouvera' [par tsad ha-chaveh]. Néanmoins on peut encore objecter : qu'y a-t-il de commun [tsad ha-chaveh] entre eux, sinon qu'ils rendent impur l'ustensile de terre (kli hères) par déplacement (heset) ? Car le bo'el nidda aussi rend impur l'ustensile de terre par heset, comme R''i l'a prouvé là-bas de ce qui est dit au chapitre Benot Koutim (Nidda 33a) : 'de même qu'elle [la nidda] rend impur l'ustensile de terre [par heset], lui aussi rend impur l'ustensile de terre' ; et du fait qu'il a pris [l'exemple de] l'ustensile de terre, qui ne devient pas impur par son dos (mi-gabo), apprends-en qu'il parle de heset. Plutôt il me semble que l'impureté grave, nous l'excluons [pour le metzora] à partir de 'ha-zav', et l'impureté légère [vient] par l'analogie scripturaire (heikech) de 'et le zav son écoulement, pour le mâle et pour la femelle' (Lev 15:33), et nous exposons au chapitre Benot Koutim (Nidda 34b) : ''pour le mâle' — pour inclure le metzora quant à ses sources (ma'ayanot), etc.', et le metzora est comparé (houkach) au zav complet ; selon la stricte logique nous aurions dû dire qu'il est comparé au zav même pour l'impureté grave, sauf que vient l'exclusion de 'ha-zav' et l'exclut ; nous plaçons alors l'exclusion sur l'impureté grave et l'analogie sur l'impureté légère.
💡 Explication

Rejet : la baraita ne parle pas de la tevila mais de la durée de l'impureté (sept jours de part et d'autre). En soi cette équivalence n'apprend rien de neuf ; le tana ne l'a énoncée que pour amener la seifa, où le bo'el nidda se révèle plus grave que le tamei met.

Cette gravité tient à une singularité : le bo'el nidda produit du mishkav u-moshav (il rend impurs les objets sur lesquels on se couche ou s'assoit, même sans contact direct, par simple pression). Mais — et c'est la nuance — d'une impureté légère : ce mishkav ne rend impurs que des aliments et boissons, non des hommes et des ustensiles (contrairement au mishkav du zav ou de la nidda, qui est av ha-tumah).

🖼️ Schéma
Le mishkav u-moshav du bo'el nidda : une impureté LEGÈRE Ce qui rend le bo'el nidda plus grave que le tamei met : il transmet l'impureté même sans contact (par pression / heset). Zav, zava, nidda, metzora leur mishkav u-moshav est av ha-tumah rend impurs : hommes ET ustensiles (impureté grave, tumaa hamoura) Bo'el nidda le verset l'a détaché de l'impureté grave son mishkav rend impurs : aliments ET boissons seulement (impureté légère, tumaa kalla)
Le bo'el nidda produit du mishkav u-moshav, mais d'impureté légère (aliments/boissons seulement).
3
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבִּי חַיָּיא: הַזָּב וְהַזָּבָה וְהַמְּצֹורָע וְהַמְצֹורַעַת וּבוֹעֵל נִדָּה וּטְמֵא מֵת טְבִילָתָן בַּיּוֹם, נִדָּה וְיוֹלֶדֶת טְבִילָתָן בַּלַּיְלָה! תְּיוּבְתָּא.

Viens et entends [une preuve décisive] : R. Hiyya a enseigné : 'le zav et la zava, le metzora et la metzora'at, le bo'el nidda et le tamei met — leur immersion est de JOUR ; la nidda et la yoledet (accouchée) — leur immersion est de NUIT'.

[C'est] une réfutation (tiouvta) [de Rav Shimi de Nehardea] !

💡 Explication

Preuve tranchante : la baraita explicite de R. Hiyya range le bo'el nidda parmi ceux qui immergent de jour (aux côtés du zav, du metzora et du tamei met), et réserve l'immersion de nuit à la nidda et à la yoledet. Rav Shimi, qui assimilait le bo'el nidda a la nidda (immersion de nuit), est définitivement réfuté : tiouvta.

4
וְעַד שֶׁאַתָּה מַפְרִישׁוֹ מִטֻּומְאַת בֵּיתוֹ, הַפְרִישֵׁהוּ מִטֻּומְאַת הַמֵּת! אָמַר רַב תַּחְלִיפָא אֲבוּהּ דְּרַב הוּנָא (בַּר תַּחְלִיפָא) מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: זֹאת אוֹמֶרֶת: טֻומְאַת הַמֵּת הֻותְּרָה הִיא בְּצִיבּוּר.

[Nouveau thème, sur la michna qui sépare le Cohen gadol de sa maison sept jours avant Kippour, de peur que sa femme ne se trouve nidda. La guemara demande :] Et pendant que tu le séparés de l'impureté de sa maison, sépare-le [donc aussi] de l'impureté du mort [en interdisant les visiteurs, de crainte que l'un ne meure auprès de lui] !

Rav Tahlifa, père de Rav Huna bar Tahlifa, dit au nom de Rava : cela veut dire (zot omeret) que l'impureté du mort est PERMISE (hutra) en public.

📜 Rachi (2)
וְעַד שֶׁאַתָּה מַפְרִישׁוֹ מִטֻּומְאַת בֵּיתוֹ וּשְׁאָר כָּל אָדָם נִכְנָסִין וְיוֹצְאִין אֶצְלוֹ הִפְרִישׁוֹ מִטֻּומְאַת מֵת וְלֹא יִהְיוּ כָּל אָדָם נִכְנָסִין וְיוֹצְאִין אֶצְלוֹ שֶׁמָּא יָמוּת מֵת עָלָיו:
Et pendant que tu le séparés de l'impureté de sa maison — alors que tout autre homme entre et sort auprès de lui — sépare-le [aussi] de l'impureté du mort : que nul homme n'entre ni ne sorte auprès de lui, de peur qu'un homme ne meure auprès de lui.
הֻותְּרָה הִיא בְּצִיבּוּר כְּדִכְתִיב אִישׁ נִדְחֶה וְאֵין צִיבּוּר נִדְחִין וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים כּוּלֵּיהּ קָרְבַּן צִיבּוּר וְאַף קָרְבָּן שֶׁלּוֹ דּוֹחֶה אֶת הַטֻּומְאָה שֶׁהֲרֵי זְמַנּוֹ קָבוּעַ וְקָרְבָּנוֹ תָּלוּי בּוֹ:
Elle est permise en public — comme il est écrit 'un individu est écarté (nidhe) mais la communauté n'est pas écartée' ; et le jour de Kippour, tout est offrande communautaire, et même l'offrande qui lui est propre [au Cohen gadol] repousse l'impureté, car son temps est fixé et son offrande dépend de lui.
💡 Explication

La michna (Yoma 1:1) séquestre le Cohen gadol loin de sa maison (euphémisme pour son épouse) durant les sept jours précédant Kippour, de peur qu'elle ne se révèle nidda et ne le rende impur. La guemara objecte : si l'on craint l'impureté, il faudrait à plus forte raison l'écarter du risque d'impureté du mort — interdire les visites, de crainte qu'un homme ne meure auprès de lui.

Réponse de Rava (via Rav Tahlifa) : le fait qu'on ne le protège pas du mort enseigne (zot omeret) que l'impureté du mort est hutra be-tzibbur — pleinement permise dans un cadre communautaire. À Kippour tout le service est communautaire, et même l'office propre du Cohen gadol repousse l'impureté, car son temps est fixé (le 10 Tichri) et l'office dépend de lui.

5
רָבִינָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא טֻומְאַת הַמֵּת דְּחוּיָה הִיא בְּצִבּוּר. טֻומְאַת הַמֵּת לָא שְׁכִיחָא, טֻומְאַת בֵּיתוֹ שְׁכִיחָא.

Ravina dit : même si tu dis que l'impureté du mort n'est que REPOUSSÉE (dechuya) en public [et non pleinement permise, la michna se comprend encore] : l'impureté du mort n'est pas fréquente (lo chekhicha), tandis que l'impureté de sa maison est fréquente (chekhicha).

📜 Rachi (1)
דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר אַף עַל פִּי שֶׁהַקָּרְבָּן צִיבּוּר דּוֹחֶה אוֹתָהּ בְּקֹושִׁי הֻותְּרָה וְלֹא הֶיתֵּר גָּמוּר וְכָל מַה דְּמָצִינוּ לַהֲדוּרֵי מְהַדְּרִינַן שֶׁיַּעֲשֶׂה בְּטָהֳרָה:
Elle est repoussée en public — bien que l'offrande communautaire la repousse, [c'est] avec peine qu'elle est permise, et non d'une permission complète ; et tout ce que nous pouvons faire pour rechercher [la pureté], nous le recherchons, afin que [le service] se fasse en pureté.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב תַּחְלִיפָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא זֹאת אוֹמֶרֶת טֻומְאָה הֻותְּרָה הִיא בְּצִיבּוּר תֵּימַהּ דְּבִזְבָחִים ר"פ כָּל הַפְּסוּלִים (זְבָחִים דַּף לג.) קָאָמַר מִכְּלָל דְּתַרְוַיְיהוּ סְבִירָא לְהוּ פִּי' אַבַּיֵּי וְרָבָא טֻומְאָה דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר וְתֵירֵץ ר"י דְּהָא דְּקָאָמַר רָבָא הָכָא טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא זֹאת אוֹמֶרֶת וְלֵיהּ לָא ס"ל דס"ל (כְּרַב) דְּאָמַר בְּסָמוּךְ טֻומְאָה דְּחוּיָה הִיא ול"נ דְּאֵין אָנוּ צְרִיכִין לוֹמַר דְּלָא ס"ל כִּסְתָם מַתְנִיתִין אֶלָּא הַהִיא דְּהָתָם לְעִנְיַן פֶּסַח אַיְירֵי דְּקָאֵי אַמַּאי דְּקָאָמַר עֻולָּא בִּיאָה בְּמִקְצָת שְׁמָהּ בִּיאָה וּפָרִיךְ לֵיהּ מִמְּצוֹרָע שֶׁחָל שְׁמִינִי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת בְּעֶרֶב הַפֶּסַח וְרָאָה קֶרִי אע"פ שֶׁאֵין טְבוּל יוֹם אַחֵר נִכְנָס זֶה נִכְנָס מוּטָב יָבֹא עֲשֵׂה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת וְיִדְחֶה עֲשֵׂה שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת וְאִי אָמְרַתְּ בִּיאָה בְּמִקְצָת שְׁמָהּ בִּיאָה אִידֵּי וְאִידֵּי עֲשֵׂה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת הוּא א"ל מִטּוּנָךְ הוֹאִיל וְהֻותַּר לְצָרַעְתּוֹ הֻותַּר לְקִרְיוֹ אָמַר רַב יוֹסֵף ש"מ דְּקָסָבַר עֻולָּא רֻובָּן זָבִין וְנַעֲשׂוּ טְמֵאֵי מֵתִים הוֹאִיל וְהֻותְּרוּ לְטֻומְאָתָן הֻותְּרוּ לְזִיבָתָן א"ל אַבָּיֵי מִי דָּמֵי טֻומְאָה אִישְׁתְּרַאי זִיבָה לָא אִישְׁתְּרַאי וְכוּ' דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר מָר רֻובָּן טְמֵאֵי מֵתִים וְכוּ' וְאַכַּתִּי לָא דָּמֵי מְצֹורָע הֶיתֵּירָא הוּא טֻומְאָה דְּחוּיָה הִיא לְהָא אִידְּחַאי לְהָא לָא אִידְּחַאי א"ל רָבָא אַדְּרַבָּה אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא וְכוּ' וְכֵיוָן דְּהָתָם לְעִנְיַן פֶּסַח אַיְירֵי אִיכָּא לְמֵימַר נְהִי דְּפֶסַח כֵּיוָן דְּאָתֵי בְּכִינּוּפְיָא חֲשִׁיב כְּקָרְבַּן צִיבּוּר וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטֻּומְאָה מ"מ כֵּיוָן דְּלָאו כָּל יִשְׂרָאֵל מַיְיתוּ חַד פֶּסַח בְּשֻׁותָּפוּת מְהַדְּרִינַן אַטְּהוֹרִין אֲפִילּוּ לָמֶ"ד טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא בְּקָרְבַּן צִיבּוּר גָּמוּר הַבָּא בְּשֻׁותָּפוּת וְכֵן מַשְׁמַע לְקַמָּן בְּסָמוּךְ (יוֹמָא דַּף ז.) דְּאִילּוּ שֶׁל אַהֲרֹן אע"ג דְּזִימְנָא קְבִיעָא לֵיהּ וְדָחֵי אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטֻּומְאָה כְּקָרְבַּן צִיבּוּר מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן דְּקָרְבָּן יָחִיד הוּא מְהַדְּרִינַן אַטְּהוֹרִין לְכֻולֵּי עָלְמָא וכ"ש דְּנִיחָא טְפֵי הָא דְּאִצְטְרִיךְ לְמֵידַק הָתָם מִכְּלָל דְּתַרְוַיְיהוּ סְבִירָא לְהוּ טֻומְאָה דְּחוּיָה דְּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ בְּהַהוּא דִּיּוּקָא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּרָבָא סְבִירָא לֵיהּ הָכָא טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא אִיצְטְרִיךְ לְמֵידַק הָתָם דַּאֲפִילּוּ הָכֵי מוֹדֶה הוּא בְּפֶסַח וש"מ דְּשִׁינּוּיָא דְּשַׁנִּינַן הָכָא בְּיוֹמָא בְּסָמוּךְ אֵילִים בְּאֵילוֹ שֶׁל אַהֲרֹן דַּאֲפִילּוּ לָמֶ"ד הֶיתֵּר הוּא בְּקָרְבַּן יָחִיד כְּמוֹ אֵילוֹ שֶׁל אַהֲרֹן וּפֶסַח אע"ג דְּזִימְנָא קְבִיעַ לְהוּ וְדָחוּ שַׁבָּת וְטֻומְאָה מוֹדֶה הוּא דִּמְהַדְּרִינַן אַטָּהֳרָה:
'Rav Tahlifa dit au nom de Rava : cela veut dire que l'impureté est permise (hutra) en public' — cela étonne, car dans Zevahim, au début du chapitre Kol ha-pesoulim (33a), il dit : 'd'où il ressort que tous deux tiennent' — c'est-à-dire Abaye et Rava — 'que l'impureté est repoussée (dechuya) en public'. R''i a répondu : ce que Rava dit ici, 'l'impureté est permise', il le dit [au titre du] 'cela veut dire (zot omeret)', mais lui-même n'est pas de cet avis, car il tient comme [Rav] qui dit plus loin que l'impureté est dechuya. Et il me semble que nous n'avons pas besoin de dire qu'il [Rava] n'est pas d'accord avec la michna anonyme (stam matnitin) ; plutôt, ce passage de là-bas [Zevahim] traite du Pessa'h, portant sur ce que dit Oulla : 'une entrée partielle (bi'a be-miktsat) est-elle nommée entrée ?'. On lui objecte du metzora dont le huitième jour tombe la veille de Pessa'h et qui a eu une pollution (keri) : bien qu'aucun autre tevoul yom n'entre [au Temple], celui-ci entre — 'mieux vaut que vienne un [commandement] positif comportant un karet [le Pessa'h] et repousse un positif ne comportant pas de karet [l'interdit d'entrée du tevoul yom]' ; or si tu dis 'une entrée partielle est nommée entrée', l'un et l'autre sont [des commandements] positifs comportant un karet [et l'un ne repousse plus l'autre]. Il lui dit : 'ton fardeau [t'accable] : puisqu'il fut permis pour sa lèpre, il fut permis pour sa pollution'. Rav Yossef dit : apprends-en que Oulla tient — si la plupart [du peuple] étaient zavim et devinrent tamei met, puisqu'ils furent permis pour leur [première] impureté, ils furent permis pour leur zivout. Abaye lui dit : est-ce comparable ? L'impureté [du mort] fut permise, la zivout ne fut pas permise, etc. Peut-être le maître dit-il ainsi : la plupart étaient tamei met, etc. — et ce n'est toujours pas comparable : le metzora, c'est une permission (heteira) ; l'impureté [du mort] est repoussée (dechuya) ; pour ceci elle est repoussée, pour cela elle ne l'est pas. Rava lui dit : au contraire, l'inverse est plus logique, etc. Et puisque la-bas il s'agit du Pessa'h, on peut dire : bien que le Pessa'h, venant en assemblée (bi-khnoufia), soit considéré comme une offrande communautaire et repousse le Chabbat et l'impureté, néanmoins, puisque ce n'est pas tout Israël qui apporte un seul Pessa'h en association, on recherche des [gens] purs, même selon celui qui dit 'l'impureté est permise (heter)' pour une offrande communautaire complète — [pour le Pessa'h,] venant en association [on recherche des purs]. Et de même il ressort plus loin (Yoma 7a) qu'au [bélier] d'Aharon, bien que son temps lui soit fixé et qu'il repousse Chabbat et impureté comme une offrande communautaire, néanmoins, puisque c'est une offrande individuelle, on recherche des [gens] purs pour tous, de l'avis de tous. Et à plus forte raison cela convient-il [pour expliquer] pourquoi il fallut déduire là-bas 'd'où il ressort que tous deux tiennent que l'impureté est dechuya' — car quelle importance aurait cette déduction [autrement] ? Plutôt, parce que Rava tient ici que l'impureté est heter, il fallut déduire là-bas qu'il concède néanmoins pour le Pessa'h. Apprends-en que la réponse que nous donnons ici, dans Yoma plus loin, au sujet des béliers — [portant] sur le bélier d'Aharon — [signifie que] même selon celui qui dit 'c'est une permission (heter)', pour une offrande individuelle comme le bélier d'Aharon et le Pessa'h — bien que leur temps leur soit fixé et qu'ils repoussent Chabbat et impureté — il concède qu'on recherche la pureté.
💡 Explication

Ravina propose une lecture qui n'engage pas la thèse forte de Rava. Même si l'on tient que la tumat met est seulement dechuya (repoussée par nécessité, non abolie), la michna reste cohérente : elle protège le Cohen gadol du risque fréquent (sa femme nidda, qui peut survenir à tout instant) mais non du risque rare (un visiteur qui meurt). La différence fréquent/rare suffit à expliquer la michna, sans avoir à trancher hutra vs dechuya.

6
אִיתְּמַר, טֻומְאַת הַמֵּת, רַב נַחְמָן אָמַר: הֻותְּרָה הִיא בְּצִיבּוּר, וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר.

Il a été énoncé (itmar) : [au sujet de] l'impureté du mort — Rav Nahman dit : elle est PERMISE (hutra) en public ; et Rav Chechet dit : elle est REPOUSSÉE (dechuya) en public.

💡 Explication

La controverse implicite devient une mahloket nommée entre amoraim. Rav Nahman : la tumat met est hutra (pleinement permise) en public — quand la communauté est concernée, tout se passe comme s'il n'y avait pas d'impureté. Rav Chechet : elle est seulement dechuya (repoussée par nécessité) — l'interdit demeure en arrière-plan et l'on privilégie le pur dès qu'on le peut. Les segments suivants dégagent la conséquence pratique (nafka mina) de cette divergence.

7
הֵיכָא דְּאִיכָּא טְמֵאִין וּטְהוֹרִין בְּהָהוּא בֵּית אָב — כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּטְהוֹרִין עָבְדִי, טְמֵאִין לָא עָבְדִי. כִּי פְּלִיגִי לְאַהְדּוֹרֵי וּלְאֵתוֹיֵי טְהוֹרִין מִבֵּית אָב אַחֲרִינָא.

Là où il y a des [cohanim] impurs et des purs dans ce même beit av [la famille paternelle assignée au service ce jour-là] — tout le monde s'accorde que les PURS officient et que les impurs n'officient pas. La où ils divergent, c'est [sur le point de savoir s'il faut] rechercher et faire venir des [cohanim] purs d'un AUTRE beit av [du même michmar, assigné un autre jour de la semaine].

📜 Rachi (1)
בְּהַהוּא בֵּית אָב שֶׁעוֹבֵד בְּאוֹתוֹ יוֹם דְּכֻולֵּי עָלְמָא טְהוֹרִין עָבְדִי תְּמִידִים דְּהַהוּא יוֹמָא אע"פ שֶׁקָּרְבַּן צִיבּוּר הֵן:
Dans ce même beit av — qui officie ce jour-là : tous s'accordent que les [cohanim] purs accomplissent les tamidim de ce jour, bien qu'ils soient des offrandes communautaires.
💡 Explication

On circonscrit la mahloket. Le service au Temple s'organise par michmar (garde hebdomadaire) subdivisé en batei av (une famille par jour). Deux précisions :

• Si dans le beit av du jour coexistent purs et impurs, tous s'accordent : les purs officient, même pour les offrandes communautaires (les tamidim du jour). Nul ne fait servir un impur quand un pur est disponible sur place.

• Le litige ne porte donc que sur le cas où il faudrait aller chercher des purs dans un autre beit av (assigné un autre jour) : faut-il se donner cette peine ?

8
רַב נַחְמָן אָמַר: הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר, וְלָא מְהַדְּרִינַן. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר, וּמְהַדְּרִינַן.

Rav Nahman dit : elle est PERMISE (heter) en public, et nous ne recherchons pas [d'autres cohanim] (lo mehadrinan). Et Rav Chechet dit : elle est REPOUSSÉE (dechuya) en public, et nous recherchons (mehadrinan) [des cohanim purs dans un autre beit av].

💡 Explication

Application au cas litigieux (tout le beit av du jour est impur). Pour Rav Nahman (hutra), l'impureté étant pleinement permise, le service impur est parfaitement valide : inutile de déranger un autre beit av — lo mehadrinan. Pour Rav Chechet (dechuya), l'interdit subsiste et l'on doit privilégier la pureté dès qu'elle est atteignable : on va chercher des purs ailleurs — mehadrinan.

9
אִיכָּא דְאָמְרִי: אֲפִילּוּ הֵיכָא דְּאִיכָּא טְהוֹרִין וּטְמֵאִין בְּהָהוּא בֵּית אָב פְּלִיג רַב נַחְמָן, וְאָמַר: עָבְדִי נָמֵי טְמֵאִין,

Certains rapportent [la controverse autrement] (ika de-amri) : même là où il y a des [cohanim] purs et impurs dans ce même beit av, Rav Nahman diverge [de Rav Chechet] et dit : les impurs officient eux aussi,

💡 Explication

Seconde version de la mahloket, plus radicale. Selon le ika de-amri, Rav Nahman ne se contente pas de dispenser de chercher ailleurs : même quand des purs sont présents dans le beit av du jour, il tient que les impurs peuvent officier aussi. Car si la tumat met est véritablement hutra, l'impur est purement et simplement apte, à égalité avec le pur. La phrase reste ouverte : la suite (et l'objection) se lit au folio 7a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).