Yoma 70a -- Ce que le public voit : lire par cœur sans discrédit, et les trois dernières immersions du cohen gadol

Yoma 70a

Sougya : Ce amud achève d'abord la sougya du dilloug par une règle simple -- on ne saute jamais à rebours -- puis revient à la michna de la lecture publique du cohen gadol pour en éclairer un geste étrange : pourquoi enrouler le rouleau et déclarer que ce qui n'a pas été lu s'y trouve pourtant ? La réponse ouvre une série de raisonnements entièrement gouvernés par la perception du public.

Le troisième passage, Uva-assor, doit être lu par cœur ; la guemara ferme les deux autres issues l'une après l'autre : dérouler jusque-là ferait attendre l'assemblée, ce qui atteint le kevod tsibbour ; apporter un second rouleau ferait croire le premier défectueux -- pegam -- et obligerait à une bénédiction inutile. L'usage des trois rouleaux de roch hodech Tevet en Hanoukka semble contredire la crainte du pegam, jusqu'à une distinction élégante : trois hommes avec trois rouleaux n'éveillent aucun soupçon, un seul homme avec deux rouleaux si.

Suit la liste des huit bénédictions, dont quatre sont celles de la tefila et quatre propres à la scène, la formule exacte de la dernière, et l'usage par lequel chacun apporte ensuite son propre sefer Tora pour en montrer la beauté. Une dernière précision de la michna est justifiée : si l'on ne peut voir à la fois la lecture et la combustion du taureau, ce n'est pas un interdit de ein maavirin al hamitsvot, malgré la mitsva de berov am hadrat melekh.

Une nouvelle michna prend alors le relais et conduit la journée jusqu'à son terme : troisième immersion et retour aux vêtements d'or pour le bélier du cohen gadol, le bélier du peuple et les sept agneaux selon Rabbi Eliezer -- Rabbi Akiva les plaçant au matin ; quatrième immersion et retour au lin pour la seule sortie de la coupe et de l'encensoir du Saint des Saints ; cinquième immersion et vêtements d'or pour l'encens du soir et la préparation des lampes ; puis ses propres vêtements, l'escorte jusqu'à sa maison et la fête qu'il donne à ses proches pour être sorti en paix. La guemara termine en démontant la michna : la phrase de Rabbi Akiva admet deux découpages, Rabbi Eliezer a omis le taureau de la ola, et aucun des deux n'a dit quand montent les emourim du hatat.

Rava conclut qu'il n'existe d'exposé complet -- metaknata -- que dans deux autres formulations : Rabbi Eliezer selon l'école de Chemouel, ou Rabbi Akiva selon la Tossefta, cette dernière appuyée sur le verset milevad olat haboker.

Yoma 70a : le fil du daf La lecture publique du cohen gadol s'achève ; la michna reprend le service et le mène jusqu'au soir A -- Seg 0 à 1 : la fin du dilloug, et le geste qui rassure la communauté Dernière condition héritée de 69b : on ne saute jamais à rebours, de la fin du livre vers son début. Puis retour à la michna. Le cohen gadol enroule le rouleau, le pose contre sa poitrine et déclare : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici. Motif : ne pas jeter le laaz -- le discrédit -- sur le sefer Tora. B -- Seg 2 à 5 : pourquoi la troisième section se lit-elle par cœur ? Dérouler jusqu'à Pinhas devant tout le monde ? Non : kevod tsibbour, on ne fait pas attendre la communauté en silence. Apporter un second rouleau déjà enroulé ? Deux refus : le pegam du premier (Rav Houna bar Yehouda) et la berakha inutile (Rech Lakich). Objection : à Hanoukka on sort bien trois rouleaux ! Réponse : trois hommes / trois rouleaux, pas de pegam ; un homme / deux rouleaux, pegam. Reste donc la seule issue : lire de mémoire, en prévenant le public. C -- Seg 6 à 9 : les huit bénédictions, et le public partagé Baraita : la liste des huit berakhot, dont quatre sont celles de la tefila et quatre sont propres à ce moment. Puis chacun sort de chez lui son propre sefer Tora pour en montrer la beauté -- zeh Eli veanvehou. Qui regarde la lecture ne voit pas la crématoire du taureau : ce n'est pas ein maavirin, c'est une question de distance. D -- Seg 10 à 15 : la michna achève la journée -- troisième, quatrième et cinquième immersions Tevila 3 : il quitte le lin, revêt l'or, sort offrir son bélier, le bélier du peuple et les sept agneaux (Rabbi Eliezer). Tevila 4 : retour au lin, il entre au Saint des Saints pour en retirer la coupe et l'encensoir laissés le matin. Tevila 5 : de nouveau l'or, encens du soir et hatavat nerot. Puis ses propres vêtements, l'escorte, et la fête pour ses proches. Rabbi Akiva conteste le placement : pour lui les agneaux montaient déjà avec le tamid du matin. Cinq immersions, dix sanctifications des mains et des pieds : le compte est fixé par la tradition. E -- Seg 16 à 22 : la guemara démonte la michna Trois embarras. 1. La phrase de Rabbi Akiva est ambiguë : où faut-il rattacher le taureau de la ola, au matin ou au soir ? 2. Rabbi Eliezer a purement omis ce taureau : quand le fait-il ? 3. Les deux ont omis les emourim du hatat. Rava tranche : notre michna est inexploitable telle quelle. Deux versions seulement sont complètes. Rabbi Eliezer selon l'école de Chemouel, ou Rabbi Akiva selon la Tossefta -- chacune énonce tout, sans reste. Le verset milevad olat haboker fournit à Rabbi Akiva son ancrage : les moussafim se collent au tamid du matin. Le mot-clé du amud : metaknata -- une exposition qui tient debout, sans élément laissé en suspens. Une michna peut être exacte et pourtant incomplète : la guemara ne cherche pas ici qui a raison, mais quelle version dit tout.
Le mouvement du amud : de la dernière règle du dilloug jusqu au démontage de la michna par la guemara.
Pourquoi Uva-assor se lit-il par cœur ? Les trois issues fermées Le cohen gadol doit lire trois passages ; les deux premiers sont voisins, le troisième est dans un autre houmach Il faut lire Uva-assor (Bamidbar 29) Comment y accéder depuis Vayikra 23 ? Option 1 : dérouler sur place Nigloul veniqri -- on déroule le rouleau jusqu'à Pinhas devant tous. REFUSÉE Kevod tsibbour : la communauté resterait à attendre, muette, le temps du déroulement. Rav Chechet Option 2 : un second rouleau Déjà enroulé depuis la veille à l'endroit voulu : aucune attente. REFUSÉE deux fois à. Pegam : on croira le premier rouleau défectueux. b. Berakha cheeina tsrikha. Rav Houna bar Yehouda / Rech Lakich Option 3 : par cœur Kore al pe -- il récite le passage de mémoire, sans toucher au rouleau. RETENUE Aucune attente, aucun second rouleau, aucune bénédiction en trop. Prix à payer : le soupçon. D'où la déclaration préalable Le correctif du soupçon Il enroule, pose le rouleau sur sa poitrine et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici. Un seul et même souci traverse les trois options : ce que le public va croire. Kevod tsibbour protège son temps ; pegam protège la réputation du rouleau ; la déclaration protège celle du texte lu de mémoire. La halakha ne règle pas seulement ce qui est fait, mais ce que la scène donne à voir.
Les trois issues examinées pour lire Uva-assor, et pourquoi deux sont fermées.
Les cinq immersions et les dix sanctifications de Yom Kippour Chaque changement de vêtements impose une tevila encadrée de deux kidouch yadayim veraglayim Vêtements d'or (bigdei zahav) Vêtements de lin blanc (bigdei boutz) Notre michna : 70a 1 Immersion 1 -- puis vêtements d'or Tamid du matin, encens du matin, hatavat nerot, havitin. Selon Rabbi Akiva : aussi le taureau de la ola et les sept agneaux. Kidouch avant de se dévêtir, kidouch après s'être revêtu -- ce couple se répète à chaque étape. 2 Immersion 2 -- puis vêtements de lin Le cœur du jour : vidouy sur le taureau, chehita, encens dans le Saint des Saints, aspersions, bouc intérieur, envoi à Azazel. C'est ce service que la guemara appelle avodat hayom -- le service propre à Yom Kippour. 3 Immersion 3 -- puis vêtements d'or Il sort et offre son bélier et le bélier du peuple. Selon Rabbi Eliezer, aussi les sept agneaux. La lecture de la Tora vient juste avant : s'il a lu en vêtements de lin, cette immersion l'en fait sortir. Seg 10 à 11 de notre daf 4 Immersion 4 -- puis vêtements de lin Il rentre dans le Saint des Saints une dernière fois, seulement pour en retirer la coupe et l'encensoir qu'il y avait laissés le matin. Aucun service nouveau : une simple sortie d'objets. Seg 12 à 13 de notre daf 5 Immersion 5 -- puis vêtements d'or Encens de l'après-midi et hatavat nerot. Selon Rabbi Akiva : aussi le taureau de la ola et le bouc du dehors. Le tamid du soir n'est pas nommé par la michna -- Tossefot s'en étonne et répond qu'il a déjà été dit plus haut. Seg 14 de notre daf fin Ses propres vêtements -- sans immersion On l'escorte jusqu'à sa maison, et il fait un jour de fête pour ses proches : il est sorti en paix du Sanctuaire. Le seul kidouch qui reste est celui qui précède le retrait des derniers vêtements de service. Le compte : 5 tevilot, 10 kidouchin. Deux sanctifications par immersion -- une avant de quitter les vêtements, une après avoir revêtu les autres. Le Roch en tire un principe d'ordonnancement : le compte est fixé, donc l'ordre des sacrifices doit s'y plier, et non l'inverse.
Les cinq immersions de Yom Kippour ; notre michna couvre la troisième, la quatrième et la cinquième.
Quand offre-t-on les moussafim de Yom Kippour ? Quatre exposés Les moussafim de Pinhas : un taureau en ola, sept agneaux, un bouc en hatat -- plus les emourim du hatat intérieur Rabbi Eliezer version de notre michna Après la 3e immersion : son bélier le bélier du peuple les 7 agneaux Non dit : le taureau de la ola les emourim du hatat Rachi note que la même question vaut pour le bouc du dehors ; la guemara a simplement cité le premier. Pas metaknata Rabbi Akiva version de notre michna Lecture 1 (seg 16) : matin : 7 agneaux soir : taureau + bouc Lecture 2 (seg 17) : matin : 7 agneaux + taureau soir : le bouc seul Non dit : les emourim du hatat Tossefot : le pluriel étaient offerts couvre peut-être les emourim omis. Pas metaknata Rabbi Eliezer école de Chemouel Après la 3e immersion : son bélier le bélier du peuple les emourim du hatat Avec le tamid du soir : le taureau de la ola les 7 agneaux le bouc du dehors Tossefot défend cette version : sans le mot mais, le problème reviendrait. Metaknata Rabbi Akiva Tossefta Avec le tamid du matin : le taureau de la ola les 7 agneaux Puis : avodat hayom puis le bouc du dehors Appui scripturaire : milevad olat haboker Bamidbar 28,23 Rachi : premier revêtement d'or, avant tout le reste. Metaknata Le vrai enjeu : deux contraintes scripturaires qui tirent en sens contraire 1. Milevad olat haboker (Bamidbar 28,23) place les moussafim juste après la ola du matin -- donc tôt. 2. L'ordre des versets place le service de Aharei mot avant les moussafim de Pinhas -- donc le service du jour passe en premier. Le Roch conclut que la raison penche pour un partage : une partie des moussafim le matin, le reste le soir, pour honorer les deux lectures. Ce que Rava ne dit pas Il ne tranche pas entre Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva. Il constate seulement que les formulations de notre michna laissent des sacrifices sans horaire. La halakha pratique -- pour un Temple qui n'existe plus -- viendra d'ailleurs : le Rambam tranche comme Rabbi Akiva. Ici, le critère n'est pas la vérité du din mais la complétude de l'exposé.
Les quatre exposés de l ordre des moussafim, et pourquoi Rava n en retient que deux.
1
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְדַלֵּג מִסּוֹף הַסֵּפֶר לִתְחִילָּתוֹ.

À condition toutefois qu'il ne saute pas de la fin du livre vers son début.

📜 Rachi (1)
מִסּוֹף הַסֵּפֶר לִתְחִילָּתוֹ לְמַפְרֵעַ:
De la fin du livre vers son début -- à rebours.
🗂️ Tossefot (1)
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְדַלֵּג מִסּוֹף הַסֵּפֶר לִתְחִילָּתוֹ אֵין לְפָרֵשׁ מִסּוֹף תְּרֵי עֲשַׂר לִתְחִילָּתוֹ דְּאִם כֵּן אֲפִילּוּ מִתְּחִילָּתוֹ לְסוֹפוֹ נָמֵי לֹא דְּהַיְינוּ בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן אֶלָּא מִסּוֹף הַסֵּפֶר לְצַד תְּחִילָּתוֹ כְּלָל כְּלָל לֹא:
À condition qu'il ne saute pas de la fin du livre vers son début -- on ne peut pas expliquer [cette clause comme visant un saut] de la fin des Douze prophètes vers leur début ; car s'il en était ainsi, même de leur début vers leur fin ce serait également interdit [dès lors que le saut dépasse] le délai où le meturgueman s'interrompt. Il faut donc [comprendre] : [aller] de la fin du livre en direction de son début, cela n'est absolument jamais [permis].
💡 Explication

Dernière clause de la sougya du dilloug (le saut d'un passage à l'autre dans la lecture publique) ouverte en 69b. Même là où sauter est permis -- chez les Neviim, et à l'intérieur des Douze prophètes qui comptent pour un seul livre -- il reste une limite absolue : le sens de la lecture.

On peut avancer, jamais reculer. Sauter à rebours donnerait à voir que le lecteur revient en arrière, ce que tout le monde perçoit immédiatement comme un désordre.

2
וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְכוּ׳. וְכָל כָּךְ לָמָּה — כְּדֵי שֶׁלֹּא לְהוֹצִיא לַעַז עַל סֵפֶר תּוֹרָה.

Et il enroule le sefer Tora, etc. Et pourquoi tout cela ? -- afin de ne pas jeter le discrédit (laaz) sur le sefer Tora.

📜 Rachi (2)
וְכָל כָּךְ לָמָּה לָמָּה צָרִיךְ לוֹמַר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כָּתוּב כָּאן:
Et pourquoi tout cela -- pourquoi doit-il dire : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici ?
שֶׁלֹּא לְהוֹצִיא לַעַז עַל סֵפֶר תּוֹרָה כְּשֶׁרוֹאִין אוֹתוֹ קוֹרֵא פָּרָשָׁה שְׁלִישִׁית עַל פֶּה יְהוּ סְבוּרִים שֶׁסֵּפֶר תּוֹרָה חָסֵר אוֹתָהּ פָּרָשָׁה:
Pour ne pas jeter le discrédit sur le sefer Tora -- lorsqu'ils le voient lire par cœur la troisième section, ils pourraient penser que le sefer Tora est amputé de cette section.
⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
Depuis la veille on avait désigné celui qui conduirait [le bouc] à Azazel. À présent il vient dans la azara et on le lui remet -- même s'il est devenu impur ; et si le bouc est malade au point de ne pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est chabbat. Tout homme est apte à cette mission, même un zar (non-cohen). On lui aménageait une rampe par laquelle il sortait de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils [du bouc] en disant : prends et va-t-en ! (66b) Les notables de Jérusalem l'escortaient jusqu'à la première souka -- car on lui dressait dix soukot le long du chemin, distantes chacune d'un mil. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante. Et ceux de la dernière souka l'accompagnaient encore d'un mil : cela fait onze mil parcourus [avec escorte]. Ils restaient là, tandis que lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'au lieu du précipice (tsok), et ils voyaient ce qu'il faisait. Dans chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, au cas où il aurait besoin de manger. Il prenait une bande de laine écarlate (lechon chel zehorit), la partageait en deux : une moitié attachée au rocher, pour voir quand elle blanchirait, et l'autre moitié attachée entre les cornes du bouc, puis il le poussait à la renverse. Le bouc n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà disloqué membre par membre -- car [le précipice] doit être coupant et dur. Les membres sont permis à l'usage (moutarim behanaa). Celui qui l'envoyait rendait ses vêtements impurs dès l'instant où [le bouc] atteignait le tsok ; il revenait ensuite s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Le lendemain, l'envoyeur venait chez le cohen gadol : (71a) s'il le rencontrait au marché, il lui disait, pour l'honorer : Monseigneur le cohen gadol, j'ai accompli ta mission. S'il le rencontrait à la maison, il disait : [béni soit] Celui qui fait vivre les vivants, j'ai accompli ta mission. Ensuite (67b) le cohen gadol venait auprès du taureau et du bouc, en retirait les emourim, les plaçait dans un ustensile du service et les laissait jusqu'à l'heure de leur combustion. Il remettait le taureau et le bouc à ceux qui devaient les sortir pour les brûler hors de Jérusalem, au nord ; ceux-là rendaient leurs vêtements impurs dès qu'ils sortaient hors du mur de la azara. On les sortait avec des perches : quatre hommes, deux perches entrelacées, le taureau et le bouc posés l'un sur l'autre, entiers avec leur peau -- et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au cohen gadol : le bouc est arrivé au désert -- car il n'avait le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y fût parvenu. Et comment le savaient-ils ? Les gens des soukot agitaient des mouchoirs et se voyaient de souka en souka, jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Et ensuite (68b) le cohen gadol lit dans la Tora : s'il le veut, dans les vêtements de lin qu'il porte ; et s'il le veut, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, revêt une tunique blanche (itstalit) qui lui appartient et y lit. Le hazan de l'assemblée prend le sefer Tora et le donne au roch hakneset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch hakneset le donne au segan, et le segan au cohen gadol -- tout cela pour l'honneur du cohen gadol, afin de montrer qu'il y a de nombreuses autorités au-dessous de lui et qu'il est au-dessus de toutes. Il lit Aharei mot, enroule jusqu'à Akh be-assor et lit : puisque tout relève d'un seul et même sujet, et qu'il n'est pas nécessaire d'interrompre plus longtemps que le délai où le meturgueman s'interrompt, il peut enrouler. Puis il enroule le sefer Tora, le pose contre sa poitrine et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici (70a) -- à cause du discrédit de la Tora, pour qu'on ne pense pas que le sefer Tora est amputé d'une section, puisqu'il doit lire par cœur. Et Uva-assor du Houmach haPekoudim -- c'est-à-dire les sacrifices des moussafim, dans la paracha de Pinhas -- il le lit par cœur, car il lui est impossible d'y dérouler par égard pour l'honneur de la communauté : il devrait interrompre plus longtemps que le temps où traduit le meturgueman, et ce n'est pas honorer la communauté que de la faire attendre. Et il ne peut pas apporter un autre sefer Tora qui aurait été enroulé depuis la veille, à cause du discrédit jeté sur le premier ; et en outre parce qu'il devrait bénir une seconde fois, ce qui serait une bénédiction inutile. Et il récite sur elle huit bénédictions : sur la Tora -- comme nous bénissons au début et à la fin ; sur la avoda -- Retse, et il conclut : Béni sois-Tu, Éternel, [car] c'est Toi seul que nous servirons ; sur la hodaa -- Modim anahnou lakh ; sur le pardon de la faute -- [Celui qui] pardonne vos fautes ; sur le Temple -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit le Temple ; sur Israël -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit les cohanim ; sur le reste de la prière -- prière, chant et requête dont Ton peuple Israël a besoin pour être sauvé, Béni sois-Tu, Éternel, qui entend la prière. S'il lit dans les vêtements de lin, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les vêtements d'or [et sanctifie] en vue de son bélier et du bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre tunique, il se trouve qu'il a déjà sanctifié ses mains et ses pieds en ôtant les vêtements de lin, et il ne lui reste plus maintenant qu'une immersion et une sanctification ; puis il fait son bélier et le bélier du peuple. (70a-71a) Et il y a une grande controverse sur l'ordre d'offrande des moussafim écrits dans la paracha de Pinhas, qui sont sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer estime qu'immédiatement après son bélier et le bélier du peuple, il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieur ; puis il sanctifie ses mains et ses pieds, s'immerge, sanctifie, revêt les vêtements blancs et retire la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le Saint des Saints en y faisant fumer l'encens. Et s'il veut faire ces vêtements-là à ses frais et ne pas les prendre de la communauté, il en a le droit, à condition de les remettre à la communauté ; mais pour les autres services il n'avait pas le droit d'agir ainsi. Ensuite il sanctifie ses mains et ses pieds, [s'immerge], sanctifie, revêt les vêtements d'or et fait tous les moussafim, le tamid de l'après-midi, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Et Rabbi Akiva estime que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin ; et le bouc offert à l'extérieur, aussitôt qu'il avait achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite la combustion des emourim du taureau et du bouc, lors de la troisième immersion ; ensuite le retrait de la coupe et de l'encensoir, lors de la quatrième immersion ; ensuite le tamid de l'après-midi, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Il y a un maître qui dit au nom de Rabbi Akiva que six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier avec le tamid de l'après-midi ; et un autre dit l'inverse : un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux plus le taureau de la ola avec le tamid de l'après-midi. Et le Rambam, de mémoire bénie, a tranché comme Rabbi Akiva ; et la raison penche pour l'un de ces tanaim qui ont parlé au nom de Rabbi Akiva, à savoir qu'une partie des moussafim se fait le matin et une partie le soir, afin de satisfaire les deux derachot : satisfaire ce qui est dit outre la ola du matin, etc. -- ce qui montre que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et satisfaire l'ordre des versets, puisque le service [du jour] est énoncé dans Aharei mot avant les moussafim qui sont dans Pinhas -- ce qui montre que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc étaient eux aussi offerts après le retrait de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire l'interruption entre le service du jour et ce retrait ; car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt, sauf que nous devons faire passer avant le bélier du cohen gadol et le bélier du peuple, pour accomplir les cinq immersions et les dix sanctifications que la tradition impose à Yom Kippour. Dès lors, tout ce qui permet de réduire l'interruption est préférable. Après tout cela (70a), il sanctifiait ses mains et ses pieds, revêtait ses propres vêtements, et les chefs du peuple et les grands l'escortaient jusqu'à sa maison ; et il faisait un jour de fête pour tous ses amis lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux rétablisse le service du Temple en son lieu, bientôt et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Tora ; qu'Il illumine nos yeux par Sa Tora et qu'Il éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

Retour au texte de la michna (68b) : après avoir lu ses deux premiers passages dans le rouleau, le cohen gadol l'enroule, le pose contre sa poitrine et déclare : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici. La guemara demande la raison de ce geste apparemment superflu.

La réponse est un souci de perception publique : le troisième passage, il va le réciter par cœur. Qui le voit faire pourrait en conclure que le rouleau ne contient pas ce passage -- c'est le laaz, la rumeur qui déprécie. La déclaration préalable coupe court au soupçon.

3
״וּבֶעָשׂוֹר״ שֶׁל חֹומֶשׁ הַפְּקוּדִים קוֹרֵא עַל פֶּה. אַמַּאי? נִגְלֹול וְנִיקְרֵי! אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לְפִי שֶׁאֵין גּוֹלְלִין סֵפֶר תּוֹרָה בַּצִּיבּוּר, מִפְּנֵי כְּבוֹד צִיבּוּר.

Uva-assor du Houmach haPekoudim, il le lit par cœur. Pourquoi donc ?

Qu'il déroule [le rouleau jusque-là] et qu'il lise ! Rav Houna fils de Rav Yehochoua dit au nom de Rav Chechet : parce qu'on ne déroule pas un sefer Tora en public, par égard pour l'honneur de la communauté (kevod tsibbour).

📜 Rachi (1)
מִפְּנֵי כְּבוֹד צִיבּוּר שֶׁיְּהוּ מְצַפִּין וְדוֹמְמִין לְכָךְ:
Par égard pour l'honneur de la communauté -- [il n'est pas convenable] qu'ils restent là à attendre et à se taire.
💡 Explication

Le troisième passage -- Uva-assor (Bamidbar 29,7), dans le Houmach haPekoudim c'est-à-dire le livre des Nombres -- est très loin des deux premiers, qui sont dans Vayikra. La guemara pose la question évidente : pourquoi ne pas simplement dérouler le rouleau jusque-là ?

Réponse : kevod tsibbour. Faire attendre une assemblée entière, immobile et silencieuse, pendant le temps qu'il faut pour dérouler un sefer Tora d'un livre à l'autre, est une atteinte à son honneur. Le principe deviendra une règle générale de la lecture publique.

🖼️ Schéma
Pourquoi Uva-assor se lit-il par cœur ? Les trois issues fermées Le cohen gadol doit lire trois passages ; les deux premiers sont voisins, le troisième est dans un autre houmach Il faut lire Uva-assor (Bamidbar 29) Comment y accéder depuis Vayikra 23 ? Option 1 : dérouler sur place Nigloul veniqri -- on déroule le rouleau jusqu'à Pinhas devant tous. REFUSÉE Kevod tsibbour : la communauté resterait à attendre, muette, le temps du déroulement. Rav Chechet Option 2 : un second rouleau Déjà enroulé depuis la veille à l'endroit voulu : aucune attente. REFUSÉE deux fois à. Pegam : on croira le premier rouleau défectueux. b. Berakha cheeina tsrikha. Rav Houna bar Yehouda / Rech Lakich Option 3 : par cœur Kore al pe -- il récite le passage de mémoire, sans toucher au rouleau. RETENUE Aucune attente, aucun second rouleau, aucune bénédiction en trop. Prix à payer : le soupçon. D'où la déclaration préalable Le correctif du soupçon Il enroule, pose le rouleau sur sa poitrine et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici. Un seul et même souci traverse les trois options : ce que le public va croire. Kevod tsibbour protège son temps ; pegam protège la réputation du rouleau ; la déclaration protège celle du texte lu de mémoire. La halakha ne règle pas seulement ce qui est fait, mais ce que la scène donne à voir.
Les trois issues examinées, et la raison de chaque refus.
4
וְנַייְתֵי אַחַרְיַנָא וְנִקְרֵי! רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אָמַר: מִשּׁוּם פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מִשּׁוּם בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה.

Qu'on en apporte donc un autre et qu'on lise ! Rav Houna bar Yehouda dit : à cause du discrédit (pegam) jeté sur le premier.

Et Rech Lakich dit : à cause d'une bénédiction inutile.

📜 Rachi (3)
וְנַייְתֵי אַחַרְיַנָא שֶׁיְּהֵא נִגְלָל לְפָרָשָׁה שְׁלִישִׁית:
Qu'on en apporte un autre -- qui serait déjà enroulé jusqu'à la troisième section.
מִשּׁוּם פְּגָמוֹ וְכוּ' שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ חָסֵר הוּא:
À cause du discrédit, etc. -- pour qu'on ne dise pas qu'il est défectueux.
בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ:
Une bénédiction inutile -- car il devrait de nouveau réciter la bénédiction.
💡 Explication

Nouvelle tentative : qu'on prépare la veille un second rouleau, déjà enroulé à l'endroit voulu -- ainsi personne n'attend. Deux amoraim ferment cette porte, chacun pour une raison différente.

Rav Houna bar Yehouda : le pegam, le discrédit. Voir le lecteur abandonner un rouleau pour un autre fait naître l'idée que le premier était défectueux. Rech Lakich : la berakha cheeina tsrikha, la bénédiction prononcée sans nécessité -- passer à un nouveau rouleau obligerait à bénir une seconde fois.

Les deux raisons ne sont pas interchangeables : elles vont produire des conséquences différentes dans la suite immédiate.

5
וּמִי חָייְשִׁינַן לִפְגְּמָא? וְהָאָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: רֹאשׁ חֹודֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת מְבִיאִין שָׁלֹשׁ תּוֹרוֹת וְקוֹרִין אַחַת בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם, וְאַחַת שֶׁל רֹאשׁ חֹודֶשׁ, וְאַחַת שֶׁל חֲנֻוכָּה.

Et nous soucions-nous vraiment du pegam ? Mais Rabbi Yitshak Napaha n'a-t-il pas dit : roch hodech Tevet qui tombe un chabbat, on apporte trois sifrei Tora et on lit dans l'un le sujet du jour, dans un autre celui de roch hodech, et dans un autre celui de Hanoukka !

💡 Explication

Objection dirigée contre la seule réponse de Rav Houna bar Yehouda. Roch hodech Tevet tombe toujours pendant Hanoukka ; s'il tombe un chabbat, trois lectures se superposent -- la paracha de la semaine, roch hodech, Hanoukka -- et l'usage rapporté est d'apporter trois rouleaux distincts.

Si l'on craignait vraiment le pegam, cette pratique serait impensable : deux rouleaux au moins sembleraient défectueux.

6
תְּלָתָא גַּבְרֵי בִּתְלָתָא סִפְרֵי — לֵיכָּא פָּגְמָא, חַד גַּבְרָא בִּתְרֵי סִפְרֵי — אִיכָּא פָּגְמָא.

Trois hommes avec trois rouleaux -- il n'y a pas de pegam. Un seul homme avec deux rouleaux -- il y a pegam.

💡 Explication

La distinction est fine et décisive : le soupçon ne naît pas du nombre de rouleaux, mais de ce que le public voit faire à une même personne.

Trois lecteurs, trois rouleaux : chacun a le sien, c'est un honneur rendu à chaque lecteur, la scène se lit d'elle-même. Un seul lecteur qui repose un rouleau pour en prendre un autre : la seule explication qui vienne à l'esprit est que le premier né convenait pas. Notre cas -- le cohen gadol, seul lecteur -- tombe du mauvais côté.

🖼️ Schéma
Quand un second rouleau éveille-t-il le soupçon ? La distinction de la guemara : ce n'est pas le nombre de rouleaux qui compte, c'est le nombre de lecteurs Trois hommes, trois rouleaux Roch hodech Tevet tombant un chabbat Lecteur 1 sujet du jour Lecteur 2 roch hodech Lecteur 3 Hanoukka Chacun reçoit son propre rouleau : c'est un honneur rendu à chaque lecteur, non le signe qu'un rouleau serait défectueux. Leka pegama -- pas de discrédit Un homme, deux rouleaux Le cohen gadol à Yom Kippour Un seul lecteur rouleau 1 puis rouleau 2 Le même homme abandonne le rouleau qu'il tenait pour en prendre un autre : le public en conclut que le premier avait un défaut. Ika pegama -- discrédit Le soupçon ne naît pas du second rouleau, mais du fait qu'on voit quelqu un renoncer au premier.
Ce qui distingue les trois rouleaux de Hanoukka du second rouleau du cohen gadol.
7
וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. תָּנוּ רַבָּנַן: עַל הַתּוֹרָה — כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּבָרְכִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, עַל הָעֲבוֹדָה, וְעַל הַהוֹדָאָה, וְעַל מְחִילַת הֶעָוֹן כְּתִיקְנָהּ. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְעַל הַכֹּהֲנִים בִּפְנֵי עַצְמָן, וְעַל יִשְׂרָאֵל בִּפְנֵי עַצְמָן, וְעַל שְׁאָר תְּפִלָּה.

Et il récite sur elle huit bénédictions. Nos maîtres ont enseigné : sur la Tora -- de la manière dont on bénit à la synagogue ; sur la avoda, sur la hodaa et sur le pardon de la faute -- selon leur formule établie.

Et sur le Temple à part entière, et sur les cohanim à part entière, et sur Israël à part entière, et sur le reste de la prière.

📜 Rachi (1)
כְּתִיקְנָהּ כְּמוֹ שֶׁאָנוּ אוֹמְרִין אוֹתָן בִּתְפִלָּה:
Selon leur formule établie -- comme nous les disons dans la tefila.
💡 Explication

La michna avait dit huit bénédictions sans les nommer ; la baraita les détaille. Quatre sont des formules déjà existantes, reprises ketikna -- telles qu'on les dit dans la tefila quotidienne. Quatre autres sont propres à ce moment et sont dites bifnei atsman, chacune de façon séparée et complète.

Ces quatre dernières dessinent des cercles emboîtés : le Temple comme lieu, les cohanim qui y servent, Israël tout entier, puis une dernière bénédiction ouverte pour tout le reste.

🖼️ Schéma
Les huit bénédictions du cohen gadol Quatre reprises de la tefila courante, quatre propres à cette scène Déjà connues -- ketikna dites comme dans la prière habituelle 1. Sur la Tora -- comme à la synagogue 2. Sur la avoda -- Retse 3. Sur la hodaa -- Modim 4. Sur le pardon de la faute Rachi : ketikna veut dire exactement comme nous les disons dans la tefila. Propres à ce moment chacune bifnei atsma -- à part entière 5. Sur le Temple 6. Sur les cohanim 7. Sur Israël 8. Sur le reste de la prière Trois cercles concentriques : le lieu, ceux qui y servent, le peuple entier. La huitième, mot pour mot (baraita du seg 7) Chant, supplication, requête devant Toi pour Ton peuple Israël qui a besoin d'être sauvé -- et il conclut par Chomea tefila. Formule ouverte : elle laisse place à ce que ce jour-là, précisément, demande. Puis chacun apporte de chez lui son propre sefer Tora et y lit : zeh Eli veanvehou, embellis-toi devant Lui par les mitsvot. Rachi précise que ces rouleaux avaient été apportés au Temple dès la veille de Yom Kippour.
Les huit bénédictions : quatre reprises, quatre propres à la scène.
8
תָּנוּ רַבָּנַן: וּשְׁאָר הַתְּפִלָּה ״רִנָּה תְּחִינָּה בַּקָּשָׁה מִלְּפָנֶיךָ עַל עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל שֶׁצְּרִיכִין לְהִוָּשַׁע״ וְחוֹתֵם בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. וְאַחַר כָּךְ, כָּל אֶחָד וְאֶחָד מֵבִיא סֵפֶר תּוֹרָה מִבֵּיתוֹ, וְקוֹרֵא בּוֹ כְּדֵי לְהַרְאוֹת חָזוּתוֹ לְרַבִּים.

Nos maîtres ont enseigné : et le reste de la prière [se dit ainsi] : chant, supplication, requête devant Toi pour Ton peuple Israël qui a besoin d'être sauvé -- et il conclut par Chomea tefila. Et ensuite, chacun apporte un sefer Tora de chez lui et y lit, afin d'en montrer la beauté à tous.

📜 Rachi (2)
תָּנוּ רַבָּנַן שְׁאָר הַתְּפִלָּה הַשְּׁנוּיָה בַּמִּשְׁנָה כָּךְ הִיא רִנָּה תְּחִינָּה בַּקָּשָׁה מִלְּפָנֶיךָ עַל עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל שֶׁצְּרִיכִים לְהוֹשֵׁעַ:
Nos maîtres ont enseigné : le reste de la prière -- celui qui est mentionné dans la michna ; le voici : chant, supplication, requête devant Toi pour Ton peuple Israël qui a besoin d'être sauvé.
לְהַרְאוֹת חָזוּתוֹ לָרַבִּים לְהַרְאוֹת נוֹיוֹ שֶׁל סֵפֶר תּוֹרָה וְתִפְאֶרֶת בְּעָלֶיהָ שֶׁטָּרַח לְהִתְנָאוֹת בְּמִצְוָה שֶׁנֶּאֱמַר (שְׁמוֹת ט״ו:ב׳) זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ הִתְנָאֵה לְפָנָיו בְּמִצְוַת לוּלָב נָאָה סֵפֶר תּוֹרָה נָאֶה בִּקְלָף נָאֶה בִּדְיוֹ נָאֶה בְּלַבְלָר אֻומָּן וּמַעֲרָב יוֹם הַכִּפּוּרִים הֱבִיאוּם שָׁם:
Pour en montrer la beauté à tous -- pour montrer la beauté du sefer Tora et l'honneur de son propriétaire, qui a pris la peine de s'embellir dans la mitsva, ainsi qu'il est dit (Chemot 15,2) : voici mon Dieu et je L'embellirai -- embellis-toi devant Lui par les mitsvot : un beau loulav, un beau sefer Tora, avec un beau parchemin, une belle encre, un scribe habile. Et c'est depuis la veille de Yom Kippour qu'ils les avaient apportés là.
💡 Explication

La huitième bénédiction est donnée mot pour mot. Sa formule est volontairement ouverte : elle ne nomme aucun objet précis, elle laisse place à ce que ce jour-là, précisément, appelle.

Puis vient une scène remarquable : la lecture officielle terminée, chacun sort son propre rouleau et y lit. Rachi y voit l'application de zeh Eli veanvehou -- la beauté du rouleau, du parchemin, de l'encre, de la main du scribe, devient elle aussi une façon de servir. Ce que la halakha protégeait de la moquerie plus haut, elle le donne ici à admirer.

9
הָרוֹאֶה כֹּהֵן גָּדוֹל כּוּ׳ לֹא מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת.

Celui qui voit le cohen gadol [lire], etc. -- ce n'est pas parce qu'il n'en a pas le droit. Cela va de soi !

[La michna l'énonce] pour que tu ne dises pas [qu'il y aurait là un problème] selon Rech Lakich, car Rech Lakich a dit : on ne passe pas outre les mitsvot (ein maavirin al hamitsvot).

📜 Rachi (1)
אֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת וּמַהוּ דְּתֵימָא הַאי נָמֵי אַעֲבוּרֵי הוּא שֶׁמַּנִּיחַ זוֹ וְהוֹלֵךְ לִרְאוֹת זוֹ:
On ne passe pas outre les mitsvot -- tu aurais pu dire que ceci aussi est un dépassement, puisqu'il laisse celle-ci et va voir celle-là.
💡 Explication

La michna avait pris soin de préciser que si l'on ne peut assister aux deux scènes -- la lecture du cohen gadol et la combustion du taureau et du bouc -- ce n'est pas par interdit mais par simple impossibilité : les deux ont lieu au même moment, à deux endroits éloignés.

La guemara s'étonne : qui aurait imaginé un interdit ? Réponse : on aurait pu invoquer ein maavirin al hamitsvot, le principe de Rech Lakich selon lequel on ne laisse pas de côté une mitsva qui se présente pour aller en faire une autre.

10
וּמַאי מִצְוָה — ״בְּרָב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״, קָא מַשְׁמָע לַן.

Et quelle mitsva y a-t-il [à regarder] ? -- berov am hadrat melekh. [La michna] nous l'apprend donc.

📜 Rachi (2)
וּמַאי מִצְוָה יֵשׁ בִּרְאִייָּתָן יֵשׁ כָּאן מִצְוָה מִשּׁוּם בְּרָוב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ:
Et quelle mitsva -- y a-t-il dans le fait de les voir ? Il y a ici une mitsva, en vertu de berov am hadrat melekh.
קמ"ל דְּלָאו מַעֲבָר הוּא מֵאַחַר שֶׁאֵינוֹ עָסוּק בָּהּ:
Cela nous l'apprend -- que ce n'est pas un dépassement, puisqu'il n'est pas [déjà] occupé à elle.
💡 Explication

La guemara complète le raisonnement qu'elle vient de prêter à l'objecteur : regarder est bien une mitsva, en vertu de berov am hadrat melekh (Michlei 14,28) -- la splendeur du roi tient à la multitude qui l'entoure. Une assemblée nombreuse autour d'une mitsva l'honore.

La michna écarte pourtant l'objection : ein maavirin ne mord que sur celui qui est déjà engagé dans une mitsva et l'abandonne. Ici, celui qui se rend à l'un des deux endroits n'avait rien commencé -- il choisit, il ne délaisse pas.

🖼️ Schéma
Pourquoi la michna précise-t-elle une évidence ? Deux scènes ont lieu en même temps à deux endroits du Temple : on ne peut voir que l'une La lecture du cohen gadol dans la ezrat nachim Le taureau et le bouc brûlés hors de Jérusalem, au nord La michna : ce n'est pas parce qu'il n'en a pas le droit -- lo mipnei cheeino rachai Autrement dit : simple impossibilité matérielle, aucune interdiction en jeu. Ce qu'on aurait pu croire Rech Lakich : ein maavirin al hamitsvot -- on ne passe pas outre une mitsva pour en faire une autre. Regarder serait une mitsva. Ce que la michna écarte La mitsva de regarder existe bien -- berov am hadrat melekh. Mais on n'est pas maavir : on n'était pas engagé dans la première. Rachi : la règle ne mord que sur celui qui laisse une mitsva déjà commencée -- ici, il n'en avait commencé aucune.
Pourquoi la michna prend la peine d'écarter un interdit que personne ne soupçonnait.
11
מַתְנִי׳ אִם בְּבִגְדֵי בוּץ קוֹרֵא, קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. פָּשַׁט, יָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפֵּג, וְהֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ, וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו,

Michna. S'il a lu dans les vêtements de lin, il sanctifia ses mains et ses pieds, se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya ; on lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds,

⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
Depuis la veille on avait désigné celui qui conduirait [le bouc] à Azazel. À présent il vient dans la azara et on le lui remet -- même s'il est devenu impur ; et si le bouc est malade au point de ne pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est chabbat. Tout homme est apte à cette mission, même un zar (non-cohen). On lui aménageait une rampe par laquelle il sortait de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils [du bouc] en disant : prends et va-t-en ! (66b) Les notables de Jérusalem l'escortaient jusqu'à la première souka -- car on lui dressait dix soukot le long du chemin, distantes chacune d'un mil. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante. Et ceux de la dernière souka l'accompagnaient encore d'un mil : cela fait onze mil parcourus [avec escorte]. Ils restaient là, tandis que lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'au lieu du précipice (tsok), et ils voyaient ce qu'il faisait. Dans chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, au cas où il aurait besoin de manger. Il prenait une bande de laine écarlate (lechon chel zehorit), la partageait en deux : une moitié attachée au rocher, pour voir quand elle blanchirait, et l'autre moitié attachée entre les cornes du bouc, puis il le poussait à la renverse. Le bouc n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà disloqué membre par membre -- car [le précipice] doit être coupant et dur. Les membres sont permis à l'usage (moutarim behanaa). Celui qui l'envoyait rendait ses vêtements impurs dès l'instant où [le bouc] atteignait le tsok ; il revenait ensuite s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Le lendemain, l'envoyeur venait chez le cohen gadol : (71a) s'il le rencontrait au marché, il lui disait, pour l'honorer : Monseigneur le cohen gadol, j'ai accompli ta mission. S'il le rencontrait à la maison, il disait : [béni soit] Celui qui fait vivre les vivants, j'ai accompli ta mission. Ensuite (67b) le cohen gadol venait auprès du taureau et du bouc, en retirait les emourim, les plaçait dans un ustensile du service et les laissait jusqu'à l'heure de leur combustion. Il remettait le taureau et le bouc à ceux qui devaient les sortir pour les brûler hors de Jérusalem, au nord ; ceux-là rendaient leurs vêtements impurs dès qu'ils sortaient hors du mur de la azara. On les sortait avec des perches : quatre hommes, deux perches entrelacées, le taureau et le bouc posés l'un sur l'autre, entiers avec leur peau -- et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au cohen gadol : le bouc est arrivé au désert -- car il n'avait le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y fût parvenu. Et comment le savaient-ils ? Les gens des soukot agitaient des mouchoirs et se voyaient de souka en souka, jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Et ensuite (68b) le cohen gadol lit dans la Tora : s'il le veut, dans les vêtements de lin qu'il porte ; et s'il le veut, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, revêt une tunique blanche (itstalit) qui lui appartient et y lit. Le hazan de l'assemblée prend le sefer Tora et le donne au roch hakneset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch hakneset le donne au segan, et le segan au cohen gadol -- tout cela pour l'honneur du cohen gadol, afin de montrer qu'il y a de nombreuses autorités au-dessous de lui et qu'il est au-dessus de toutes. Il lit Aharei mot, enroule jusqu'à Akh be-assor et lit : puisque tout relève d'un seul et même sujet, et qu'il n'est pas nécessaire d'interrompre plus longtemps que le délai où le meturgueman s'interrompt, il peut enrouler. Puis il enroule le sefer Tora, le pose contre sa poitrine et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici (70a) -- à cause du discrédit de la Tora, pour qu'on ne pense pas que le sefer Tora est amputé d'une section, puisqu'il doit lire par cœur. Et Uva-assor du Houmach haPekoudim -- c'est-à-dire les sacrifices des moussafim, dans la paracha de Pinhas -- il le lit par cœur, car il lui est impossible d'y dérouler par égard pour l'honneur de la communauté : il devrait interrompre plus longtemps que le temps où traduit le meturgueman, et ce n'est pas honorer la communauté que de la faire attendre. Et il ne peut pas apporter un autre sefer Tora qui aurait été enroulé depuis la veille, à cause du discrédit jeté sur le premier ; et en outre parce qu'il devrait bénir une seconde fois, ce qui serait une bénédiction inutile. Et il récite sur elle huit bénédictions : sur la Tora -- comme nous bénissons au début et à la fin ; sur la avoda -- Retse, et il conclut : Béni sois-Tu, Éternel, [car] c'est Toi seul que nous servirons ; sur la hodaa -- Modim anahnou lakh ; sur le pardon de la faute -- [Celui qui] pardonne vos fautes ; sur le Temple -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit le Temple ; sur Israël -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit les cohanim ; sur le reste de la prière -- prière, chant et requête dont Ton peuple Israël a besoin pour être sauvé, Béni sois-Tu, Éternel, qui entend la prière. S'il lit dans les vêtements de lin, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les vêtements d'or [et sanctifie] en vue de son bélier et du bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre tunique, il se trouve qu'il a déjà sanctifié ses mains et ses pieds en ôtant les vêtements de lin, et il ne lui reste plus maintenant qu'une immersion et une sanctification ; puis il fait son bélier et le bélier du peuple. (70a-71a) Et il y a une grande controverse sur l'ordre d'offrande des moussafim écrits dans la paracha de Pinhas, qui sont sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer estime qu'immédiatement après son bélier et le bélier du peuple, il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieur ; puis il sanctifie ses mains et ses pieds, s'immerge, sanctifie, revêt les vêtements blancs et retire la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le Saint des Saints en y faisant fumer l'encens. Et s'il veut faire ces vêtements-là à ses frais et ne pas les prendre de la communauté, il en a le droit, à condition de les remettre à la communauté ; mais pour les autres services il n'avait pas le droit d'agir ainsi. Ensuite il sanctifie ses mains et ses pieds, [s'immerge], sanctifie, revêt les vêtements d'or et fait tous les moussafim, le tamid de l'après-midi, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Et Rabbi Akiva estime que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin ; et le bouc offert à l'extérieur, aussitôt qu'il avait achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite la combustion des emourim du taureau et du bouc, lors de la troisième immersion ; ensuite le retrait de la coupe et de l'encensoir, lors de la quatrième immersion ; ensuite le tamid de l'après-midi, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Il y a un maître qui dit au nom de Rabbi Akiva que six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier avec le tamid de l'après-midi ; et un autre dit l'inverse : un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux plus le taureau de la ola avec le tamid de l'après-midi. Et le Rambam, de mémoire bénie, a tranché comme Rabbi Akiva ; et la raison penche pour l'un de ces tanaim qui ont parlé au nom de Rabbi Akiva, à savoir qu'une partie des moussafim se fait le matin et une partie le soir, afin de satisfaire les deux derachot : satisfaire ce qui est dit outre la ola du matin, etc. -- ce qui montre que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et satisfaire l'ordre des versets, puisque le service [du jour] est énoncé dans Aharei mot avant les moussafim qui sont dans Pinhas -- ce qui montre que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc étaient eux aussi offerts après le retrait de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire l'interruption entre le service du jour et ce retrait ; car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt, sauf que nous devons faire passer avant le bélier du cohen gadol et le bélier du peuple, pour accomplir les cinq immersions et les dix sanctifications que la tradition impose à Yom Kippour. Dès lors, tout ce qui permet de réduire l'interruption est préférable. Après tout cela (70a), il sanctifiait ses mains et ses pieds, revêtait ses propres vêtements, et les chefs du peuple et les grands l'escortaient jusqu'à sa maison ; et il faisait un jour de fête pour tous ses amis lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux rétablisse le service du Temple en son lieu, bientôt et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Tora ; qu'Il illumine nos yeux par Sa Tora et qu'Il éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

Nouvelle michna. Elle reprend le fil du service là où il avait été laissé et le conduit jusqu'au soir. On est ici à la troisième immersion : le cohen gadol quitte les vêtements de lin -- ceux du service du Saint des Saints, dans lesquels il vient éventuellement de lire la Tora -- pour revenir aux vêtements d'or.

Le schéma est invariable : kidouch des mains et des pieds, on se dévêt, tevila, on s'essuie, on revêt les autres vêtements, kidouch à nouveau. Deux sanctifications par immersion : cinq immersions font dix sanctifications.

🖼️ Schéma
Les cinq immersions et les dix sanctifications de Yom Kippour Chaque changement de vêtements impose une tevila encadrée de deux kidouch yadayim veraglayim Vêtements d'or (bigdei zahav) Vêtements de lin blanc (bigdei boutz) Notre michna : 70a 1 Immersion 1 -- puis vêtements d'or Tamid du matin, encens du matin, hatavat nerot, havitin. Selon Rabbi Akiva : aussi le taureau de la ola et les sept agneaux. Kidouch avant de se dévêtir, kidouch après s'être revêtu -- ce couple se répète à chaque étape. 2 Immersion 2 -- puis vêtements de lin Le cœur du jour : vidouy sur le taureau, chehita, encens dans le Saint des Saints, aspersions, bouc intérieur, envoi à Azazel. C'est ce service que la guemara appelle avodat hayom -- le service propre à Yom Kippour. 3 Immersion 3 -- puis vêtements d'or Il sort et offre son bélier et le bélier du peuple. Selon Rabbi Eliezer, aussi les sept agneaux. La lecture de la Tora vient juste avant : s'il a lu en vêtements de lin, cette immersion l'en fait sortir. Seg 10 a 11 de notre daf 4 Immersion 4 -- puis vêtements de lin Il rentre dans le Saint des Saints une dernière fois, seulement pour en retirer la coupe et l'encensoir qu'il y avait laissés le matin. Aucun service nouveau : une simple sortie d'objets. Seg 12 a 13 de notre daf 5 Immersion 5 -- puis vêtements d'or Encens de l'après-midi et hatavat nerot. Selon Rabbi Akiva : aussi le taureau de la ola et le bouc du dehors. Le tamid du soir n'est pas nommé par la michna -- Tossefot s'en étonne et répond qu'il a déjà été dit plus haut. Seg 14 de notre daf fin Ses propres vêtements -- sans immersion On l'escorte jusqu'à sa maison, et il fait un jour de fête pour ses proches : il est sorti en paix du Sanctuaire. Le seul kidouch qui reste est celui qui précède le retrait des derniers vêtements de service. Le compte : 5 tevilot, 10 kidouchin. Deux sanctifications par immersion -- une avant de quitter les vêtements, une après avoir revêtu les autres. Le Roch en tire un principe d'ordonnancement : le compte est fixé, donc l'ordre des sacrifices doit s'y plier, et non l'inverse.
Situer notre michna dans la séquence complète des cinq immersions.
12
וְיָצָא וְעָשָׂה אֶת אֵילוֹ וְאֶת אֵיל הָעָם וְאֶת שִׁבְעַת כְּבָשִׂים תְּמִימִים בְּנֵי שָׁנָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הָיוּ קְרֵבִין. וּפַר הָעוֹלָה וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ — הָיוּ קְרֵבִין עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם.

et il sortit et offrit son bélier et le bélier du peuple, ainsi que les sept agneaux d'un an sans défaut -- paroles de Rabbi Eliezer. Rabbi Akiva dit : ils étaient offerts avec le tamid du matin ; et le taureau de la ola et le bouc offert à l'extérieur étaient offerts avec le tamid de l'après-midi.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' שִׁבְעַת כְּבָשִׂים שֶׁל מוּסָף הֵן בְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים (בַּמִּדְבָּר כ״ט:ד׳):
Michna. Les sept agneaux -- ce sont ceux du moussaf, [mentionnés] dans le Houmach haPekoudim (Bamidbar 29,4).
וּפַר הָעוֹלָה נָמֵי דְּמוּסָף עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם בִּטְבִילָה חֲמִישִׁית:
Et le taureau de la ola -- lui aussi [fait partie] du moussaf, [il est offert] avec le tamid de l'après-midi, lors de la cinquième immersion.
💡 Explication

Le cœur du désaccord. Les moussafim de Yom Kippour, énumérés dans Bamidbar 29 (paracha de Pinhas), comprennent un taureau en ola (holocauste), sept agneaux et un bouc en hatat offert à l'extérieur du Sanctuaire -- à distinguer du bouc intérieur du service du jour.

Rabbi Eliezer les place ici, après la troisième immersion, avec le bélier du cohen gadol et le bélier du peuple. Rabbi Akiva déplace les agneaux au matin, avec le tamid, et renvoie le reste au tamid de l'après-midi. Sa phrase, telle que la michna la rapporte, est ambiguë : c'est elle que la guemara va dissèque à partir du segment 16.

13
קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט, וְיָרַד וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפָּג.

Il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.

💡 Explication

Quatrième immersion. La michna revient à sa formule fixe, dont la répétition mécanique est elle-même signifiante : chaque passage de l'or au lin et du lin à l'or coûte une immersion complète, sans exception ni raccourci.

14
הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי לָבָן וְלָבַשׁ, וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. נִכְנַס לְהוֹצִיא אֶת הַכַּף וְאֶת הַמַּחְתָּה. קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט, וְיָרַד וְטָבָל עָלָה וְנִסְתַּפֵּג.

On lui apporta les vêtements blancs, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds. Il entra pour retirer la coupe et l'encensoir.

Il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.

💡 Explication

Dernière entrée dans le Saint des Saints -- et la seule qui ne comporte aucun service : il vient seulement y reprendre la kaf (la coupe contenant l'encens) et la mahta (l'encensoir) qu'il y avait laissées le matin.

Elle exige pourtant les vêtements de lin et donc une immersion entière : ce n'est pas la nature de l'acte qui commande la tenue, c'est le lieu où l'on entre. Puis aussitôt la cinquième immersion pour en ressortir.

15
הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ, וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו, וְנִכְנַס לְהַקְטִיר קְטֹורֶת שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם, וּלְהֵטִיב אֶת הַנֵּרוֹת, וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט, וְיָרַד וְטָבָל עָלָה וְנִסְתַּפֵּג.

On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds, et il entra pour faire fumer l'encens de l'après-midi et pour préparer les lampes ; il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.

🗂️ Tossefot (2)
נִכְנַס לְהַקְטִיר קְטֹורֶת שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וּלְהֵטִיב אֶת הַנֵּרוֹת תֵּימַהּ הוּא דְּלָא קָתָנֵי תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וְשֶׁמָּא יֵשׁ לוֹמַר מִשּׁוּם דִּכְבָר תְּנָא לֵיהּ בְּרֵישָׁא בְּמִילְּתֵיהּ דר"ע:
Il entra pour faire fumer l'encens de l'après-midi et pour préparer les lampes -- il est étonnant que [la michna] n'enseigne pas [aussi] le tamid de l'après-midi. On peut peut-être dire que c'est parce qu'elle l'a déjà enseigné plus haut, dans les paroles de Rabbi Akiva.
וּלְהֵטִיב אֶת הַנֵּרוֹת הָא דְּלָא תְּנָא לְהַדְלִיק אֶת הַנֵּרוֹת שֶׁהָיְתָה בֵּין הָעַרְבַּיִם אֲבָל הֲטָבָה בְּצַפְרָא הֲוַאי נ"ל דְּדִילְמָא בִּימֵי שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק נִשְׁנֵית מִשְׁנָה זוֹ וְכֵן מַתְנִיתִין דְּתָמִיד (דַּף לג.) דִּתְנַן מִי שֶׁזָּכָה בְּדִישּׁוּן הַמְּנוֹרָה נִכְנַס וּמָצָא שְׁתֵּי נֵרוֹת מִזְרָחִיּוֹת דּוֹלְקוֹת מְדַשֵּׁן אֶת הַשְּׁאָר וּמַנִּיחַ אֶת אֵלּוּ זֶה הָיָה כְּמוֹ כֵן בִּימֵי שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק מְצָאָן שֶׁכָּבוּ פִּי' מִשֶּׁמֵּת שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק מְדַשְּׁנוֹ כו' וְאִם כֵּן בִּימֵי שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק הָיוּ דּוֹלְקִין אוֹתָן שְׁתֵּי נֵרוֹת מִזְרָחִיּוֹת עַד הָעֶרֶב וְהָיָה צָרִיךְ לְהֵטִיב אוֹתָם בְּרֵישָׁא וְאַחַר כָּךְ הָיָה עוֹשֶׂה הַדְלָקָה וּלְהָכִי נְקַט וּלְהֵטִיב אֶת הַנֵּרוֹת וְלָא קָתָנֵי לְהַדְלִיק מִשּׁוּם דַּהֲטָבָה הָיְתָה קֹודֶם כִּדְפָרֵישִׁית:
Et pour préparer les lampes -- [pourquoi] n'a-t-elle pas enseigné d'allumer les lampes, ce qui se faisait l'après-midi, alors que la hatava avait lieu le matin ? Il me semble que cette michna a peut-être été enseignée [d'après ce qui se passait] du temps de Chimon haTsadik ; et de même la michna de Tamid (33a) qui enseigne : celui qui avait obtenu [le service] du nettoyage de la menora entrait, trouvait les deux lampes orientales allumées, nettoyait les autres et laissait celles-là -- cela aussi c'était du temps de Chimon haTsadik ; et [ce qui y est dit] : il les trouva éteintes, cela veut dire après la mort de Chimon haTsadik, [alors] il les nettoyait, etc. Si donc, du temps de Chimon haTsadik, ces deux lampes orientales brûlaient jusqu'au soir, il fallait d'abord les préparer et procéder ensuite à l'allumage ; c'est pourquoi [la michna] a dit et pour préparer les lampes et non pour allumer les lampes, parce que la hatava venait avant, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Retour aux vêtements d'or pour les services ordinaires de la fin de journée : l encens de l'après-midi et la hatavat nerot, la préparation des lampes de la menora.

Tossefot relève deux silences de la michna : elle ne mentionne pas le tamid du soir, et elle dit préparer les lampes là où l'on attendrait les allumer. La seconde remarque ouvre une hypothèse historique remarquable : cette michna refléterait l'époque de Chimon haTsadik, où les deux lampes orientales brûlaient encore le soir venu et devaient être nettoyées avant l'allumage.

16
הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וְלָבַשׁ, וּמְלַוִּין אוֹתוֹ עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְאוֹהֲבָיו בְּשָׁעָה שֶׁיָּצָא בְּשָׁלוֹם מִן הַקֹּודֶשׁ.

On lui apporta ses propres vêtements, il les revêtit, et on l'escorte jusqu'à sa maison. Et il faisait un jour de fête pour ses amis lorsqu'il sortait en paix du Sanctuaire.

⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
Depuis la veille on avait désigné celui qui conduirait [le bouc] à Azazel. À présent il vient dans la azara et on le lui remet -- même s'il est devenu impur ; et si le bouc est malade au point de ne pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est chabbat. Tout homme est apte à cette mission, même un zar (non-cohen). On lui aménageait une rampe par laquelle il sortait de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils [du bouc] en disant : prends et va-t-en ! (66b) Les notables de Jérusalem l'escortaient jusqu'à la première souka -- car on lui dressait dix soukot le long du chemin, distantes chacune d'un mil. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante. Et ceux de la dernière souka l'accompagnaient encore d'un mil : cela fait onze mil parcourus [avec escorte]. Ils restaient là, tandis que lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'au lieu du précipice (tsok), et ils voyaient ce qu'il faisait. Dans chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, au cas où il aurait besoin de manger. Il prenait une bande de laine écarlate (lechon chel zehorit), la partageait en deux : une moitié attachée au rocher, pour voir quand elle blanchirait, et l'autre moitié attachée entre les cornes du bouc, puis il le poussait à la renverse. Le bouc n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà disloqué membre par membre -- car [le précipice] doit être coupant et dur. Les membres sont permis à l'usage (moutarim behanaa). Celui qui l'envoyait rendait ses vêtements impurs dès l'instant où [le bouc] atteignait le tsok ; il revenait ensuite s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Le lendemain, l'envoyeur venait chez le cohen gadol : (71a) s'il le rencontrait au marché, il lui disait, pour l'honorer : Monseigneur le cohen gadol, j'ai accompli ta mission. S'il le rencontrait à la maison, il disait : [béni soit] Celui qui fait vivre les vivants, j'ai accompli ta mission. Ensuite (67b) le cohen gadol venait auprès du taureau et du bouc, en retirait les emourim, les plaçait dans un ustensile du service et les laissait jusqu'à l'heure de leur combustion. Il remettait le taureau et le bouc à ceux qui devaient les sortir pour les brûler hors de Jérusalem, au nord ; ceux-là rendaient leurs vêtements impurs dès qu'ils sortaient hors du mur de la azara. On les sortait avec des perches : quatre hommes, deux perches entrelacées, le taureau et le bouc posés l'un sur l'autre, entiers avec leur peau -- et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au cohen gadol : le bouc est arrivé au désert -- car il n'avait le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y fût parvenu. Et comment le savaient-ils ? Les gens des soukot agitaient des mouchoirs et se voyaient de souka en souka, jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Et ensuite (68b) le cohen gadol lit dans la Tora : s'il le veut, dans les vêtements de lin qu'il porte ; et s'il le veut, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, revêt une tunique blanche (itstalit) qui lui appartient et y lit. Le hazan de l'assemblée prend le sefer Tora et le donne au roch hakneset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch hakneset le donne au segan, et le segan au cohen gadol -- tout cela pour l'honneur du cohen gadol, afin de montrer qu'il y a de nombreuses autorités au-dessous de lui et qu'il est au-dessus de toutes. Il lit Aharei mot, enroule jusqu'à Akh be-assor et lit : puisque tout relève d'un seul et même sujet, et qu'il n'est pas nécessaire d'interrompre plus longtemps que le délai où le meturgueman s'interrompt, il peut enrouler. Puis il enroule le sefer Tora, le pose contre sa poitrine et dit : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici (70a) -- à cause du discrédit de la Tora, pour qu'on ne pense pas que le sefer Tora est amputé d'une section, puisqu'il doit lire par cœur. Et Uva-assor du Houmach haPekoudim -- c'est-à-dire les sacrifices des moussafim, dans la paracha de Pinhas -- il le lit par cœur, car il lui est impossible d'y dérouler par égard pour l'honneur de la communauté : il devrait interrompre plus longtemps que le temps où traduit le meturgueman, et ce n'est pas honorer la communauté que de la faire attendre. Et il ne peut pas apporter un autre sefer Tora qui aurait été enroulé depuis la veille, à cause du discrédit jeté sur le premier ; et en outre parce qu'il devrait bénir une seconde fois, ce qui serait une bénédiction inutile. Et il récite sur elle huit bénédictions : sur la Tora -- comme nous bénissons au début et à la fin ; sur la avoda -- Retse, et il conclut : Béni sois-Tu, Éternel, [car] c'est Toi seul que nous servirons ; sur la hodaa -- Modim anahnou lakh ; sur le pardon de la faute -- [Celui qui] pardonne vos fautes ; sur le Temple -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit le Temple ; sur Israël -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim -- Béni sois-Tu, Éternel, qui choisit les cohanim ; sur le reste de la prière -- prière, chant et requête dont Ton peuple Israël a besoin pour être sauvé, Béni sois-Tu, Éternel, qui entend la prière. S'il lit dans les vêtements de lin, il sanctifie ses mains et ses pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les vêtements d'or [et sanctifie] en vue de son bélier et du bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre tunique, il se trouve qu'il a déjà sanctifié ses mains et ses pieds en ôtant les vêtements de lin, et il ne lui reste plus maintenant qu'une immersion et une sanctification ; puis il fait son bélier et le bélier du peuple. (70a-71a) Et il y a une grande controverse sur l'ordre d'offrande des moussafim écrits dans la paracha de Pinhas, qui sont sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer estime qu'immédiatement après son bélier et le bélier du peuple, il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieur ; puis il sanctifie ses mains et ses pieds, s'immerge, sanctifie, revêt les vêtements blancs et retire la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le Saint des Saints en y faisant fumer l'encens. Et s'il veut faire ces vêtements-là à ses frais et ne pas les prendre de la communauté, il en a le droit, à condition de les remettre à la communauté ; mais pour les autres services il n'avait pas le droit d'agir ainsi. Ensuite il sanctifie ses mains et ses pieds, [s'immerge], sanctifie, revêt les vêtements d'or et fait tous les moussafim, le tamid de l'après-midi, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Et Rabbi Akiva estime que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin ; et le bouc offert à l'extérieur, aussitôt qu'il avait achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite la combustion des emourim du taureau et du bouc, lors de la troisième immersion ; ensuite le retrait de la coupe et de l'encensoir, lors de la quatrième immersion ; ensuite le tamid de l'après-midi, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Il y a un maître qui dit au nom de Rabbi Akiva que six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier avec le tamid de l'après-midi ; et un autre dit l'inverse : un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux plus le taureau de la ola avec le tamid de l'après-midi. Et le Rambam, de mémoire bénie, a tranché comme Rabbi Akiva ; et la raison penche pour l'un de ces tanaim qui ont parlé au nom de Rabbi Akiva, à savoir qu'une partie des moussafim se fait le matin et une partie le soir, afin de satisfaire les deux derachot : satisfaire ce qui est dit outre la ola du matin, etc. -- ce qui montre que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et satisfaire l'ordre des versets, puisque le service [du jour] est énoncé dans Aharei mot avant les moussafim qui sont dans Pinhas -- ce qui montre que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc étaient eux aussi offerts après le retrait de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire l'interruption entre le service du jour et ce retrait ; car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt, sauf que nous devons faire passer avant le bélier du cohen gadol et le bélier du peuple, pour accomplir les cinq immersions et les dix sanctifications que la tradition impose à Yom Kippour. Dès lors, tout ce qui permet de réduire l'interruption est préférable. Après tout cela (70a), il sanctifiait ses mains et ses pieds, revêtait ses propres vêtements, et les chefs du peuple et les grands l'escortaient jusqu'à sa maison ; et il faisait un jour de fête pour tous ses amis lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux rétablisse le service du Temple en son lieu, bientôt et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Tora ; qu'Il illumine nos yeux par Sa Tora et qu'Il éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

Fin de la journée, et fin d'une michna qui n'a cessé de compter les gestes. Ici, plus rien à compter : il reprend ses propres vêtements -- ni or, ni lin, ni service -- et redevient un homme.

Deux détails closent la scène. On l'escorte jusque chez lui : l'honneur, jusqu'au bout. Et il fait un yom tov pour ses proches -- une fête privée, dont le motif est explicite : lorsqu'il sortait en paix du Sanctuaire. La joie ne porte pas sur la réussite du service, mais sur le fait d'en être ressorti vivant.

17
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֵיכִי קָאָמַר, עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הָיוּ קְרֵבִין, וּפַר הָעוֹלָה וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם,

Guemara. Ils se sont demandé : que veut dire [Rabbi Akiva] ?

[Les agneaux] étaient offerts avec le tamid du matin, et le taureau de la ola ainsi que le bouc offert à l'extérieur avec le tamid de l'après-midi ;

📜 Rachi (1)
גְּמ' הֵיכִי קָאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא:
Guemara. Que veut dire -- Rabbi Akiva.
💡 Explication

La guemara ouvre par un problème de lecture, pas de fond. La phrase de Rabbi Akiva énumère trois éléments et deux horaires, sans marquer où passe la coupure. Le taureau de la ola se trouve au milieu : appartient-il à ce qui précède ou à ce qui suit ?

Première lecture : la coupure tombe avant le taureau. Le matin ne reçoit que les sept agneaux ; le taureau et le bouc partent au soir.

🖼️ Schéma
Où couper la phrase de Rabbi Akiva ? Trois éléments, deux horaires, une virgule qui manque avec le tamid du matin ils étaient offerts | et le taureau de la ola | et le bouc du dehors | avec le tamid du soir Le taureau de la ola est au milieu : appartient-il à ce qui précède ou à ce qui suit ? Lecture 1 -- coupe avant le taureau Matin : les 7 agneaux seuls Soir : taureau de la ola + bouc du dehors Deux éléments le soir : le pluriel étaient offerts se comprend. Lecture 2 -- coupe après le taureau Matin : les 7 agneaux + le taureau Soir : le bouc du dehors seul Un seul élément le soir : pourquoi alors le pluriel ? La réponse de Tossefot au problème du pluriel Même dans la lecture 2, le pluriel reste justifié : les emourim du hatat, que la michna a omis, pourraient monter aussi le soir. L'omission qui gêne la guemara au seg 19 devient ici l'explication d'une tournure grammaticale.
Les deux découpages possibles de la phrase de Rabbi Akiva.
18
אוֹ דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר: עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הָיוּ קְרֵבִין, וּפַר הָעוֹלֶה בַּהֲדַיְיהוּ, וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם.

ou peut-être veut-il dire ceci : ils étaient offerts avec le tamid du matin, et le taureau de la ola avec eux, tandis que le bouc offert à l'extérieur [l'était] avec le tamid de l'après-midi.

🗂️ Tossefot (1)
וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם תֵּימַהּ לִי מַאי מְסַפְּקָא לֵיהּ (אִם מְסַפְּקָא לֵיהּ) אִם אִיתָא דְּשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ לְחוּדֵיהּ קָרֵב עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם אִם כֵּן לָא לִיתְנֵי בְּמַתְנִיתִין הָיוּ קְרֵבִים עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם בִּלְשׁוֹן רַבִּים אֶלָּא לִיתְנֵי הָיָה קָרֵב וְי"ל מִשּׁוּם דְּשִׁיֵּיר אֵימוּרֵי חַטָּאת דִּילְמָא אֵמוּרֵי חַטָּאת נָמֵי קָרֵב עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וּלְהָכִי קָתָנֵי הָיוּ:
Et le bouc offert à l'extérieur avec le tamid de l'après-midi -- cela m étonne : sur quoi porte donc le doute ? Si le bouc offert à l'extérieur était le seul à être offert avec le tamid de l'après-midi, la michna n'aurait pas dû enseigner ils étaient offerts avec le tamid de l'après-midi au pluriel, mais il était offert [au singulier]. Et l'on peut répondre : parce qu'elle a omis les emourim du hatat, [on pourrait penser] que peut-être les emourim du hatat aussi étaient offerts avec le tamid de l'après-midi -- c'est pourquoi elle enseigne ils étaient [au pluriel].
💡 Explication

Seconde lecture : la coupure tombe après le taureau. Le matin reçoit les agneaux et le taureau ; seul le bouc du dehors reste pour l'après-midi.

Tossefot objecte à partir de la grammaire : si le soir ne recevait qu'un seul sacrifice, la michna aurait écrit il était offert au singulier, non ils étaient offerts. Sa réponse retourne l'argument -- le pluriel couvre peut-être les emourim du hatat, précisément ce que la michna a omis et que la guemara reprochera deux segments plus loin.

19
וְתוּ: פַּר הָעוֹלָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּשַׁיְּירֵיהּ, אֵימַת עֲבִיד לֵיהּ?

Et encore : le taureau de la ola, que Rabbi Eliezer a omis -- quand le fait-il ?

📜 Rachi (1)
וְתוּ פַּר הָעוֹלָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּשַׁיְּירֵיהּ וְלָא אַיְּירִי בֵּיהּ אֵימַת עֲבִיד לֵיהּ וְהוּא הַדִּין נָמֵי דְּאִיכָּא לְאַקְשׁוֹיֵי אַשָּׂעִיר אֶלָּא רֵישׁ מִילְּתָא נְקַט:
Et encore, le taureau de la ola que Rabbi Eliezer a omis -- il n'en a pas parlé : quand le fait-il ? Et l'on pourrait objecter de même à propos du bouc, mais [la guemara] a pris le premier élément.
💡 Explication

Deuxième embarras, dirigé cette fois contre Rabbi Eliezer. Sa liste -- son bélier, le bélier du peuple, les sept agneaux -- ne mentionne nulle part le taureau de la ola. Ce n'est plus une ambiguïté : c'est un silence.

Rachi ajoute une précision honnête : la même question vaudrait pour le bouc du dehors, également absent. La guemara a simplement cité le premier élément manquant de la liste.

20
וְתוּ: בֵּין לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֵּין לְרַבִּי עֲקִיבָא, אֵימוּרֵי חַטָּאת אֵימַת עָבֵיד לְהוּ?

Et encore : tant selon Rabbi Eliezer que selon Rabbi Akiva, les emourim du hatat -- quand les fait-il ?

📜 Rachi (1)
אֵימוּרֵי חַטָּאת דִּתְנָא בְּאִידָךְ פִּירְקִין נְתָנָם בְּמָגֵס עַד שֶׁיַּקְטִירֵם:
Les emourim du hatat -- dont il a été enseigné au chapitre précédent : il les plaça dans un plat jusqu'à ce qu'il les fasse fumer.
💡 Explication

Troisième embarras, et cette fois il frappe les deux tanaim. Les emourim -- les parties du sacrifice destinées à l'autel -- du taureau et du bouc intérieurs avaient été prélevées plus tôt et déposées dans un plat, en attente. Aucune des deux versions ne dit quand on les fait fumer.

Le compte est désormais complet : trois éléments en suspens, aucune des deux présentations de la michna ne les loge tous.

21
אָמַר רָבָא: לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ מְתַקַּנְתָּא, אֶלָּא אוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּתָנָא בִּדְבֵי שְׁמוּאֵל, אוֹ לְרַבִּי עֲקִיבָא כִּדְתוֹסֶפְתָּא.

Rava dit : tu ne trouves d'exposé cohérent (metaknata) que soit selon Rabbi Eliezer d'après ce qu'on a enseigné dans l'école de Chemouel, soit selon Rabbi Akiva d'après la Tossefta.

📜 Rachi (1)
לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ לְסַדֵּר עֲבוֹדַת הַיּוֹם מִתַּקַּנְתָּא בְּמִשְׁנָתֵינוּ אֶלָּא מַשְׁכַּחַת לָהּ מִתַּקַּנְתָּא לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּתַנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל דְּאַיְירֵי בְּכוּלְּהוּ אוֹ לְרַבִּי עֲקִיבָא דְּתוֹסֶפְתָּא שֶׁפֵּירֵשׁ שָׁם אֶת דְּבָרָיו יָפֶה בִּדְרַבִּי עֲקִיבָא לָא גָּרְסִינַן יָצָא וְעָשָׂה:
Tu ne trouves pas -- d'ordre cohérent du service du jour dans notre michna ; tu n'en trouves un que selon Rabbi Eliezer d'après ce qu'on a enseigné dans l'école de Chemouel, qui traite de tous [les sacrifices], ou selon Rabbi Akiva d'après la Tossefta, qui y a bien explicité ses paroles. Dans [la version de] Rabbi Akiva, nous ne lisons pas il sortit et fit.
💡 Explication

Verdict de Rava, et il faut bien mesurer ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas. Il ne tranche pas entre Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva. Il constate que notre michna, dans ses deux versions, laisse des sacrifices sans horaire assigné -- et il oriente vers deux autres formulations, chacune complète.

Metaknata ne signifie pas ici correcte mais bien ordonnée, sans reste. Le critère n'est pas la vérité du din, c'est la complétude de l'exposé.

🖼️ Schéma
Le verdict de Rava : quelle version dit tout ? Trois choses doivent trouver leur place : le taureau de la ola, le bouc du dehors, les emourim du hatat Notre michna R. Eliezer : taureau et emourim sans horaire R. Akiva : emourim sans horaire, phrase ambiguë Rava lo machkahat la metaknata ela... tu n'en trouves une que... R. Eliezer, école de Chemouel tous les éléments sont nommés R. Akiva, Tossefta ordre explicite et verset à l'appui Ce que metaknata veut dire ici Non pas correcte, mais complète : un exposé où aucun sacrifice du jour ne reste sans moment assigné. Rachi ajoute une précision de texte : dans la version de Rabbi Akiva rapportée par la Tossefta, on ne lit pas il sortit et fit -- car chez lui ces sacrifices ne sont justement pas liés au moment où le cohen gadol sort après la troisième immersion. Une virgule de girsa suffit à faire ou défaire la cohérence d'une sougya.
Ce que Rava reproche à la michna, et les deux versions qu'il retient.
22
דִּתְנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יָצָא וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וְאֵימוּרֵי חַטָּאת, אֲבָל פַּר הָעוֹלָה וְשִׁבְעַת כְּבָשִׂים וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ — עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם.

Car l'école de Chemouel a enseigné : Rabbi Eliezer dit : il sortit et fit son bélier, le bélier du peuple et les emourim du hatat ; mais le taureau de la ola, les sept agneaux et le bouc offert à l'extérieur -- avec le tamid de l'après-midi.

🗂️ Tossefot (1)
דִּתְנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל ה"ג רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יָצָא וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וְאֵימוּרֵי חַטָּאת אֲבָל פַּר הָעוֹלָה וְז' כְּבָשִׂים תְּמִימִים וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וְיֵשׁ סְפָרִים שֶׁאֵין בָּהֶם אֲבָל פַּר הָעוֹלָה אֶלָּא כָּתוּב בָּהֶן יָצָא וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וְאֵימוּרֵי חַטָּאת וּפַר הָעוֹלָה וְז' כְּבָשִׂים וְשָׂעִיר וְכוּ' וְלָא נְהִירָא אוֹתָהּ גִּרְסָא דְּאִם כֵּן תַּנָּא דְּבֵי שְׁמוּאֵל נָמֵי לָאו מִתַּקַּנְתָּא הִיא דְּאִיכָּא לְמִיבְעֵי עֲלָהּ כְּמוֹ אַמַּתְנִיתִין:
L'école de Chemouel a enseigné -- voici la version correcte : Rabbi Eliezer dit : il sortit et fit son bélier, le bélier du peuple et les emourim du hatat, mais le taureau de la ola, les sept agneaux sans défaut et le bouc offert à l'extérieur [furent offerts] avec le tamid de l'après-midi. Et il y a des livres où ne figure pas mais le taureau de la ola, ou il est écrit à la place : il sortit et fit son bélier, le bélier du peuple, les emourim du hatat, le taureau de la ola, les sept agneaux et le bouc, etc. Cette version-là ne paraît pas correcte, car s'il en était ainsi, l'enseignement de l'école de Chemouel ne serait pas non plus un exposé cohérent, puisqu'on pourrait lui poser la même question qu'à notre michna.
💡 Explication

Première version complète. Tout y trouve sa place : les emourim du hatat montent après la troisième immersion, avec les deux béliers ; le taureau, les agneaux et le bouc sont renvoyés ensemble au tamid du soir. Le mot mais (aval) est le pivot : c'est lui qui sépare les deux groupes.

Tossefot défend précisément cette lecture contre une variante de manuscrit où mais le taureau de la ola disparaît -- auquel cas tout serait fait au même moment, et l'enseignement de l'école de Chemouel retomberait dans le défaut même que Rava lui reconnaissait d'avoir évité.

23
רַבִּי עֲקִיבָא דְּתוֹסֶפְתָּא מַאי הִיא? דְּתַנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: פַּר הָעוֹלָה וְשִׁבְעַת כְּבָשִׁים עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הָיוּ קְרֵבִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר לְעֹולַת הַתָּמִיד״, וְאַחַר כָּךְ עֲבוֹדַת הַיּוֹם.

Et la Tossefta de Rabbi Akiva, quelle est-elle ? Car il a été enseigné : Rabbi Akiva dit : le taureau de la ola et les sept agneaux étaient offerts avec le tamid du matin, ainsi qu'il est dit : outre la ola du matin qui est pour la ola perpétuelle -- et ensuite le service du jour.

📜 Rachi (2)
עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר בִּלְבִישָׁה רִאשׁוֹנָה שֶׁנֶּאֱמַר בְּמוּסְפֵי כָּל הָרְגָלִים מִלְּבַד עוֹלַת הַבָּקָר אַלְמָא מוּסָפִין עִם עוֹלַת הַבָּקָר נַעֲשֵׂית בְּסָמוּךְ לָהֶן וְיִלְמֹוד יוֹם הַכִּפּוּרִים מֵהֶם:
Avec le tamid du matin -- lors du premier revêtement [des vêtements d'or]. Car il est dit à propos des moussafim de toutes les fêtes : outre la ola du matin -- ce qui montre que les moussafim se font auprès de la ola du matin, immédiatement après elle ; et l'on apprend Yom Kippour à partir d'elles.
וְאַחַ"כּ עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְאַחַר כָּךְ שָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא מִן הַמּוּסָף לֹא יָכוֹל לְהַקְדִּימוֹ לַעֲבוֹדַת הַיּוֹם לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד חַטַּאת הַכִּפּוּרִים לָמַדְנוּ שֶׁשְּׂעִיר חַטָּאת הַפְּנִימִי קְדָמוֹ:
Et ensuite le service du jour, et ensuite le bouc offert à l'extérieur -- et bien qu'il fasse partie du moussaf, on n'a pas pu l'avancer avant le service du jour, car il est dit à son sujet : et un bouc en hatat, outre le hatat des expiations -- nous apprenons de là que le bouc du hatat intérieur le précède.
💡 Explication

Seconde version complète, et elle apporte ce qui manquait partout ailleurs : un appui scripturaire. Le verset milévad olat habokèr (Bamidbar 28,23), dit des moussafim de toutes les fêtes, montre que les sacrifices additionnels se font au contact immédiat de la ola du matin. Rabbi Akiva applique la règle à Yom Kippour.

Reste une contrainte inverse, que Rachi expose : le bouc du dehors, bien qu'il appartienne au moussaf, ne peut pas passer avant le service du jour, car le verset le nomme outre le hatat des expiations -- ce qui suppose le bouc intérieur déjà offert. D'où l'ordre final : moussafim du matin, puis service du jour, puis le bouc.

Le amud se referme donc sur un équilibre entre deux exigences du texte -- la proximité du tamid et l'ordre des versets -- que le Roch reprendra pour justifier un partage des moussafim entre le matin et le soir.

🖼️ Schéma
Quand offre-t-on les moussafim de Yom Kippour ? Quatre exposés Les moussafim de Pinhas : un taureau en ola, sept agneaux, un bouc en hatat -- plus les emourim du hatat intérieur Rabbi Eliezer version de notre michna Après la 3e immersion : son bélier le bélier du peuple les 7 agneaux Non dit : le taureau de la ola les emourim du hatat Rachi note que la même question vaut pour le bouc du dehors ; la guemara a simplement cite le premier. Pas métaknata Rabbi Akiva version de notre michna Lecture 1 (seg 16) : matin : 7 agneaux soir : taureau + bouc Lecture 2 (seg 17) : matin : 7 agneaux + taureau soir : le bouc seul Non dit : les emourim du hatat Tossefot : le pluriel étaient offerts couvre peut-être les emourim omis. Pas métaknata Rabbi Eliezer école de Chemouel Après la 3e immersion : son bélier le bélier du peuple les emourim du hatat Avec le tamid du soir : le taureau de la ola les 7 agneaux le bouc du dehors Tossefot défend cette version : sans le mot mais, le problème reviendrait. Métaknata Rabbi Akiva Tossefta Avec le tamid du matin : le taureau de la ola les 7 agneaux Puis : avodat hayom puis le bouc du dehors Appui scripturaire : milévad olat habokèr Bamidbar 28,23 Rachi : premier revêtement d'or, avant tout le reste. Métaknata Le vrai enjeu : deux contraintes scripturaires qui tirent en sens contraire 1. Milévad olat habokèr (Bamidbar 28,23) place les moussafim juste après la ola du matin -- donc tôt. 2. L'ordre des versets place le service de Aharei mot avant les moussafim de Pinhas -- donc le service du jour passe en premier. Le Roch conclut que la raison penche pour un partage : une partie des moussafim le matin, le reste le soir, pour honorer les deux lectures. Ce que Rava ne dit pas Il ne tranche pas entre Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva. Il constate seulement que les formulations de notre michna laissent des sacrifices sans horaire. La halakha pratique -- pour un Temple qui n'existe plus -- viendra d'ailleurs : le Rambam tranche comme Rabbi Akiva. Ici, le critère n'est pas la vérité du din mais la complétude de l'exposé.
Les quatre exposés comparés, et les deux contraintes scripturaires qui les commandent.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).