Sougya : Ce amud achève d'abord la sougya du dilloug par une règle simple -- on ne saute jamais à rebours -- puis revient à la michna de la lecture publique du cohen gadol pour en éclairer un geste étrange : pourquoi enrouler le rouleau et déclarer que ce qui n'a pas été lu s'y trouve pourtant ? La réponse ouvre une série de raisonnements entièrement gouvernés par la perception du public.
Le troisième passage, Uva-assor, doit être lu par cœur ; la guemara ferme les deux autres issues l'une après l'autre : dérouler jusque-là ferait attendre l'assemblée, ce qui atteint le kevod tsibbour ; apporter un second rouleau ferait croire le premier défectueux -- pegam -- et obligerait à une bénédiction inutile. L'usage des trois rouleaux de roch hodech Tevet en Hanoukka semble contredire la crainte du pegam, jusqu'à une distinction élégante : trois hommes avec trois rouleaux n'éveillent aucun soupçon, un seul homme avec deux rouleaux si.
Suit la liste des huit bénédictions, dont quatre sont celles de la tefila et quatre propres à la scène, la formule exacte de la dernière, et l'usage par lequel chacun apporte ensuite son propre sefer Tora pour en montrer la beauté. Une dernière précision de la michna est justifiée : si l'on ne peut voir à la fois la lecture et la combustion du taureau, ce n'est pas un interdit de ein maavirin al hamitsvot, malgré la mitsva de berov am hadrat melekh.
Une nouvelle michna prend alors le relais et conduit la journée jusqu'à son terme : troisième immersion et retour aux vêtements d'or pour le bélier du cohen gadol, le bélier du peuple et les sept agneaux selon Rabbi Eliezer -- Rabbi Akiva les plaçant au matin ; quatrième immersion et retour au lin pour la seule sortie de la coupe et de l'encensoir du Saint des Saints ; cinquième immersion et vêtements d'or pour l'encens du soir et la préparation des lampes ; puis ses propres vêtements, l'escorte jusqu'à sa maison et la fête qu'il donne à ses proches pour être sorti en paix. La guemara termine en démontant la michna : la phrase de Rabbi Akiva admet deux découpages, Rabbi Eliezer a omis le taureau de la ola, et aucun des deux n'a dit quand montent les emourim du hatat.
Rava conclut qu'il n'existe d'exposé complet -- metaknata -- que dans deux autres formulations : Rabbi Eliezer selon l'école de Chemouel, ou Rabbi Akiva selon la Tossefta, cette dernière appuyée sur le verset milevad olat haboker.
À condition toutefois qu'il ne saute pas de la fin du livre vers son début.
Dernière clause de la sougya du dilloug (le saut d'un passage à l'autre dans la lecture publique) ouverte en 69b. Même là où sauter est permis -- chez les Neviim, et à l'intérieur des Douze prophètes qui comptent pour un seul livre -- il reste une limite absolue : le sens de la lecture.
On peut avancer, jamais reculer. Sauter à rebours donnerait à voir que le lecteur revient en arrière, ce que tout le monde perçoit immédiatement comme un désordre.
Et il enroule le sefer Tora, etc. Et pourquoi tout cela ? -- afin de ne pas jeter le discrédit (laaz) sur le sefer Tora.
Retour au texte de la michna (68b) : après avoir lu ses deux premiers passages dans le rouleau, le cohen gadol l'enroule, le pose contre sa poitrine et déclare : plus que ce que j'ai lu devant vous est écrit ici. La guemara demande la raison de ce geste apparemment superflu.
La réponse est un souci de perception publique : le troisième passage, il va le réciter par cœur. Qui le voit faire pourrait en conclure que le rouleau ne contient pas ce passage -- c'est le laaz, la rumeur qui déprécie. La déclaration préalable coupe court au soupçon.
Uva-assor du Houmach haPekoudim, il le lit par cœur. Pourquoi donc ?
Qu'il déroule [le rouleau jusque-là] et qu'il lise ! Rav Houna fils de Rav Yehochoua dit au nom de Rav Chechet : parce qu'on ne déroule pas un sefer Tora en public, par égard pour l'honneur de la communauté (kevod tsibbour).
Le troisième passage -- Uva-assor (Bamidbar 29,7), dans le Houmach haPekoudim c'est-à-dire le livre des Nombres -- est très loin des deux premiers, qui sont dans Vayikra. La guemara pose la question évidente : pourquoi ne pas simplement dérouler le rouleau jusque-là ?
Réponse : kevod tsibbour. Faire attendre une assemblée entière, immobile et silencieuse, pendant le temps qu'il faut pour dérouler un sefer Tora d'un livre à l'autre, est une atteinte à son honneur. Le principe deviendra une règle générale de la lecture publique.
Qu'on en apporte donc un autre et qu'on lise ! Rav Houna bar Yehouda dit : à cause du discrédit (pegam) jeté sur le premier.
Et Rech Lakich dit : à cause d'une bénédiction inutile.
Nouvelle tentative : qu'on prépare la veille un second rouleau, déjà enroulé à l'endroit voulu -- ainsi personne n'attend. Deux amoraim ferment cette porte, chacun pour une raison différente.
Rav Houna bar Yehouda : le pegam, le discrédit. Voir le lecteur abandonner un rouleau pour un autre fait naître l'idée que le premier était défectueux. Rech Lakich : la berakha cheeina tsrikha, la bénédiction prononcée sans nécessité -- passer à un nouveau rouleau obligerait à bénir une seconde fois.
Les deux raisons ne sont pas interchangeables : elles vont produire des conséquences différentes dans la suite immédiate.
Et nous soucions-nous vraiment du pegam ? Mais Rabbi Yitshak Napaha n'a-t-il pas dit : roch hodech Tevet qui tombe un chabbat, on apporte trois sifrei Tora et on lit dans l'un le sujet du jour, dans un autre celui de roch hodech, et dans un autre celui de Hanoukka !
Objection dirigée contre la seule réponse de Rav Houna bar Yehouda. Roch hodech Tevet tombe toujours pendant Hanoukka ; s'il tombe un chabbat, trois lectures se superposent -- la paracha de la semaine, roch hodech, Hanoukka -- et l'usage rapporté est d'apporter trois rouleaux distincts.
Si l'on craignait vraiment le pegam, cette pratique serait impensable : deux rouleaux au moins sembleraient défectueux.
Trois hommes avec trois rouleaux -- il n'y a pas de pegam. Un seul homme avec deux rouleaux -- il y a pegam.
La distinction est fine et décisive : le soupçon ne naît pas du nombre de rouleaux, mais de ce que le public voit faire à une même personne.
Trois lecteurs, trois rouleaux : chacun a le sien, c'est un honneur rendu à chaque lecteur, la scène se lit d'elle-même. Un seul lecteur qui repose un rouleau pour en prendre un autre : la seule explication qui vienne à l'esprit est que le premier né convenait pas. Notre cas -- le cohen gadol, seul lecteur -- tombe du mauvais côté.
Et il récite sur elle huit bénédictions. Nos maîtres ont enseigné : sur la Tora -- de la manière dont on bénit à la synagogue ; sur la avoda, sur la hodaa et sur le pardon de la faute -- selon leur formule établie.
Et sur le Temple à part entière, et sur les cohanim à part entière, et sur Israël à part entière, et sur le reste de la prière.
La michna avait dit huit bénédictions sans les nommer ; la baraita les détaille. Quatre sont des formules déjà existantes, reprises ketikna -- telles qu'on les dit dans la tefila quotidienne. Quatre autres sont propres à ce moment et sont dites bifnei atsman, chacune de façon séparée et complète.
Ces quatre dernières dessinent des cercles emboîtés : le Temple comme lieu, les cohanim qui y servent, Israël tout entier, puis une dernière bénédiction ouverte pour tout le reste.
Nos maîtres ont enseigné : et le reste de la prière [se dit ainsi] : chant, supplication, requête devant Toi pour Ton peuple Israël qui a besoin d'être sauvé -- et il conclut par Chomea tefila. Et ensuite, chacun apporte un sefer Tora de chez lui et y lit, afin d'en montrer la beauté à tous.
La huitième bénédiction est donnée mot pour mot. Sa formule est volontairement ouverte : elle ne nomme aucun objet précis, elle laisse place à ce que ce jour-là, précisément, appelle.
Puis vient une scène remarquable : la lecture officielle terminée, chacun sort son propre rouleau et y lit. Rachi y voit l'application de zeh Eli veanvehou -- la beauté du rouleau, du parchemin, de l'encre, de la main du scribe, devient elle aussi une façon de servir. Ce que la halakha protégeait de la moquerie plus haut, elle le donne ici à admirer.
Celui qui voit le cohen gadol [lire], etc. -- ce n'est pas parce qu'il n'en a pas le droit. Cela va de soi !
[La michna l'énonce] pour que tu ne dises pas [qu'il y aurait là un problème] selon Rech Lakich, car Rech Lakich a dit : on ne passe pas outre les mitsvot (ein maavirin al hamitsvot).
La michna avait pris soin de préciser que si l'on ne peut assister aux deux scènes -- la lecture du cohen gadol et la combustion du taureau et du bouc -- ce n'est pas par interdit mais par simple impossibilité : les deux ont lieu au même moment, à deux endroits éloignés.
La guemara s'étonne : qui aurait imaginé un interdit ? Réponse : on aurait pu invoquer ein maavirin al hamitsvot, le principe de Rech Lakich selon lequel on ne laisse pas de côté une mitsva qui se présente pour aller en faire une autre.
Et quelle mitsva y a-t-il [à regarder] ? -- berov am hadrat melekh. [La michna] nous l'apprend donc.
La guemara complète le raisonnement qu'elle vient de prêter à l'objecteur : regarder est bien une mitsva, en vertu de berov am hadrat melekh (Michlei 14,28) -- la splendeur du roi tient à la multitude qui l'entoure. Une assemblée nombreuse autour d'une mitsva l'honore.
La michna écarte pourtant l'objection : ein maavirin ne mord que sur celui qui est déjà engagé dans une mitsva et l'abandonne. Ici, celui qui se rend à l'un des deux endroits n'avait rien commencé -- il choisit, il ne délaisse pas.
Michna. S'il a lu dans les vêtements de lin, il sanctifia ses mains et ses pieds, se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya ; on lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds,
Nouvelle michna. Elle reprend le fil du service là où il avait été laissé et le conduit jusqu'au soir. On est ici à la troisième immersion : le cohen gadol quitte les vêtements de lin -- ceux du service du Saint des Saints, dans lesquels il vient éventuellement de lire la Tora -- pour revenir aux vêtements d'or.
Le schéma est invariable : kidouch des mains et des pieds, on se dévêt, tevila, on s'essuie, on revêt les autres vêtements, kidouch à nouveau. Deux sanctifications par immersion : cinq immersions font dix sanctifications.
et il sortit et offrit son bélier et le bélier du peuple, ainsi que les sept agneaux d'un an sans défaut -- paroles de Rabbi Eliezer. Rabbi Akiva dit : ils étaient offerts avec le tamid du matin ; et le taureau de la ola et le bouc offert à l'extérieur étaient offerts avec le tamid de l'après-midi.
Le cœur du désaccord. Les moussafim de Yom Kippour, énumérés dans Bamidbar 29 (paracha de Pinhas), comprennent un taureau en ola (holocauste), sept agneaux et un bouc en hatat offert à l'extérieur du Sanctuaire -- à distinguer du bouc intérieur du service du jour.
Rabbi Eliezer les place ici, après la troisième immersion, avec le bélier du cohen gadol et le bélier du peuple. Rabbi Akiva déplace les agneaux au matin, avec le tamid, et renvoie le reste au tamid de l'après-midi. Sa phrase, telle que la michna la rapporte, est ambiguë : c'est elle que la guemara va dissèque à partir du segment 16.
Il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.
Quatrième immersion. La michna revient à sa formule fixe, dont la répétition mécanique est elle-même signifiante : chaque passage de l'or au lin et du lin à l'or coûte une immersion complète, sans exception ni raccourci.
On lui apporta les vêtements blancs, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds. Il entra pour retirer la coupe et l'encensoir.
Il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.
Dernière entrée dans le Saint des Saints -- et la seule qui ne comporte aucun service : il vient seulement y reprendre la kaf (la coupe contenant l'encens) et la mahta (l'encensoir) qu'il y avait laissées le matin.
Elle exige pourtant les vêtements de lin et donc une immersion entière : ce n'est pas la nature de l'acte qui commande la tenue, c'est le lieu où l'on entre. Puis aussitôt la cinquième immersion pour en ressortir.
On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds, et il entra pour faire fumer l'encens de l'après-midi et pour préparer les lampes ; il sanctifia ses mains et ses pieds et se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.
Retour aux vêtements d'or pour les services ordinaires de la fin de journée : l encens de l'après-midi et la hatavat nerot, la préparation des lampes de la menora.
Tossefot relève deux silences de la michna : elle ne mentionne pas le tamid du soir, et elle dit préparer les lampes là où l'on attendrait les allumer. La seconde remarque ouvre une hypothèse historique remarquable : cette michna refléterait l'époque de Chimon haTsadik, où les deux lampes orientales brûlaient encore le soir venu et devaient être nettoyées avant l'allumage.
On lui apporta ses propres vêtements, il les revêtit, et on l'escorte jusqu'à sa maison. Et il faisait un jour de fête pour ses amis lorsqu'il sortait en paix du Sanctuaire.
Fin de la journée, et fin d'une michna qui n'a cessé de compter les gestes. Ici, plus rien à compter : il reprend ses propres vêtements -- ni or, ni lin, ni service -- et redevient un homme.
Deux détails closent la scène. On l'escorte jusque chez lui : l'honneur, jusqu'au bout. Et il fait un yom tov pour ses proches -- une fête privée, dont le motif est explicite : lorsqu'il sortait en paix du Sanctuaire. La joie ne porte pas sur la réussite du service, mais sur le fait d'en être ressorti vivant.
Guemara. Ils se sont demandé : que veut dire [Rabbi Akiva] ?
[Les agneaux] étaient offerts avec le tamid du matin, et le taureau de la ola ainsi que le bouc offert à l'extérieur avec le tamid de l'après-midi ;
La guemara ouvre par un problème de lecture, pas de fond. La phrase de Rabbi Akiva énumère trois éléments et deux horaires, sans marquer où passe la coupure. Le taureau de la ola se trouve au milieu : appartient-il à ce qui précède ou à ce qui suit ?
Première lecture : la coupure tombe avant le taureau. Le matin ne reçoit que les sept agneaux ; le taureau et le bouc partent au soir.
ou peut-être veut-il dire ceci : ils étaient offerts avec le tamid du matin, et le taureau de la ola avec eux, tandis que le bouc offert à l'extérieur [l'était] avec le tamid de l'après-midi.
Seconde lecture : la coupure tombe après le taureau. Le matin reçoit les agneaux et le taureau ; seul le bouc du dehors reste pour l'après-midi.
Tossefot objecte à partir de la grammaire : si le soir ne recevait qu'un seul sacrifice, la michna aurait écrit il était offert au singulier, non ils étaient offerts. Sa réponse retourne l'argument -- le pluriel couvre peut-être les emourim du hatat, précisément ce que la michna a omis et que la guemara reprochera deux segments plus loin.
Et encore : le taureau de la ola, que Rabbi Eliezer a omis -- quand le fait-il ?
Deuxième embarras, dirigé cette fois contre Rabbi Eliezer. Sa liste -- son bélier, le bélier du peuple, les sept agneaux -- ne mentionne nulle part le taureau de la ola. Ce n'est plus une ambiguïté : c'est un silence.
Rachi ajoute une précision honnête : la même question vaudrait pour le bouc du dehors, également absent. La guemara a simplement cité le premier élément manquant de la liste.
Et encore : tant selon Rabbi Eliezer que selon Rabbi Akiva, les emourim du hatat -- quand les fait-il ?
Troisième embarras, et cette fois il frappe les deux tanaim. Les emourim -- les parties du sacrifice destinées à l'autel -- du taureau et du bouc intérieurs avaient été prélevées plus tôt et déposées dans un plat, en attente. Aucune des deux versions ne dit quand on les fait fumer.
Le compte est désormais complet : trois éléments en suspens, aucune des deux présentations de la michna ne les loge tous.
Rava dit : tu ne trouves d'exposé cohérent (metaknata) que soit selon Rabbi Eliezer d'après ce qu'on a enseigné dans l'école de Chemouel, soit selon Rabbi Akiva d'après la Tossefta.
Verdict de Rava, et il faut bien mesurer ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas. Il ne tranche pas entre Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva. Il constate que notre michna, dans ses deux versions, laisse des sacrifices sans horaire assigné -- et il oriente vers deux autres formulations, chacune complète.
Metaknata ne signifie pas ici correcte mais bien ordonnée, sans reste. Le critère n'est pas la vérité du din, c'est la complétude de l'exposé.
Car l'école de Chemouel a enseigné : Rabbi Eliezer dit : il sortit et fit son bélier, le bélier du peuple et les emourim du hatat ; mais le taureau de la ola, les sept agneaux et le bouc offert à l'extérieur -- avec le tamid de l'après-midi.
Première version complète. Tout y trouve sa place : les emourim du hatat montent après la troisième immersion, avec les deux béliers ; le taureau, les agneaux et le bouc sont renvoyés ensemble au tamid du soir. Le mot mais (aval) est le pivot : c'est lui qui sépare les deux groupes.
Tossefot défend précisément cette lecture contre une variante de manuscrit où mais le taureau de la ola disparaît -- auquel cas tout serait fait au même moment, et l'enseignement de l'école de Chemouel retomberait dans le défaut même que Rava lui reconnaissait d'avoir évité.
Et la Tossefta de Rabbi Akiva, quelle est-elle ? Car il a été enseigné : Rabbi Akiva dit : le taureau de la ola et les sept agneaux étaient offerts avec le tamid du matin, ainsi qu'il est dit : outre la ola du matin qui est pour la ola perpétuelle -- et ensuite le service du jour.
Seconde version complète, et elle apporte ce qui manquait partout ailleurs : un appui scripturaire. Le verset milévad olat habokèr (Bamidbar 28,23), dit des moussafim de toutes les fêtes, montre que les sacrifices additionnels se font au contact immédiat de la ola du matin. Rabbi Akiva applique la règle à Yom Kippour.
Reste une contrainte inverse, que Rachi expose : le bouc du dehors, bien qu'il appartienne au moussaf, ne peut pas passer avant le service du jour, car le verset le nomme outre le hatat des expiations -- ce qui suppose le bouc intérieur déjà offert. D'où l'ordre final : moussafim du matin, puis service du jour, puis le bouc.
Le amud se referme donc sur un équilibre entre deux exigences du texte -- la proximité du tamid et l'ordre des versets -- que le Roch reprendra pour justifier un partage des moussafim entre le matin et le soir.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).