Yoma 71a -- Quand la Tora raconte hors de l'ordre : cinq immersions, deux versets déplacés, et la salutation du messager

Yoma 71a

Sougya : Ce amud est construit sur une seule question de lecture : la section de Vayikra 16 décrit-elle le service de Yom Kippour dans l'ordre où il s'accomplit ? La baraita répond que oui, sauf un verset -- celui de la rentrée du cohen gadol pour ôter les habits de lin.

Rav Hisda donne la raison : nous avons la tradition de cinq immersions et dix sanctifications ce jour-là, alors qu'une lecture suivant l'ordre écrit n'en produit que trois et six. Rabbi Zeira objecte qu'on pourrait atteindre le compte sans déplacer aucun verset, en intercalant le bouc extérieur, qui se fait en habits d'or et n'est pas mentionné dans notre section ; Abaye répond par le verset et il sortira et fera son ola, qui soude la première sortie aux béliers, et Rava par un mot de trop -- les habits qu'il avait revêtus, donc revêtus une seconde fois.

La guemara attaque ensuite le principe lui-même : la graisse du hatat est écrite avant la combustion du taureau et du bouc, alors que la michna place cette combustion pendant la lecture de la Tora, donc plus tôt. On répond que l'ordre cesse à partir du verset excepté, et l'on demande aussitôt pourquoi bousculer les versets plutôt que la michna.

Deux preuves suivent : Abaye tire du parallélisme entre celui qui envoie et celui qui brûle que les deux actes sont antérieurs, et Rava établit par il sera placé vivant que le bouc ne doit se tenir là que jusqu'au moment de la kappara, l'aspersion des sangs. Le amud bascule alors dans la aggada : le lendemain, celui qui a conduit le bouc salue le cohen gadol -- au marché il honore l'homme, à la maison il rend tout au Ciel -- et de ce mehaye 'hayim la guemara enchaîne sur la formule d'adieu des maîtres de Poumbedita, sur les terres des vivants entendues comme un lieu de marchés, sur les années qui se retournent du mal vers le bien, et sur les talmide hakhamim, semblables à des femmes et vaillants comme des hommes, à qui l'on verse le vin qui n'a plus d'autel.

Yoma 71a : le fil du daf Une question de lecture : la section de Vayikra 16 suit-elle l'ordre réel du service, et où faut-il la bousculer A -- Seg 0 à 2 : toute la section est dans l'ordre, sauf un verset Pourquoi excepter Vayikra 16,23 ? Rav Hisda : nous avons une tradition -- cinq immersions et dix sanctifications ce jour-là. Or si l'on lit les versets dans leur ordre écrit, on ne compte que trois immersions et six sanctifications. Le compte transmis force donc à déplacer le verset de la rentrée au Saint des Saints après les béliers. B -- Seg 3 à 6 : Rabbi Zeira propose une autre façon de trouver cinq immersions Et si l'on intercalait le bouc extérieur, fait en habits d'or, entre le service du jour et la sortie de la coupe ? Abaye répond par le verset : et il sortira et fera son ola -- dès la première sortie, ce sont les béliers qui viennent. Rava répond par un mot de trop : les habits de lin qu'il avait revêtus -- donc revêtus une seconde fois. Rachi précise que Rava ne répond pas à Rabbi Zeira : il explique seulement pourquoi la baraita bouscule les versets. C -- Seg 7 à 9 : la section est-elle vraiment dans l'ordre ? Vayikra 16,25 met la graisse du hatat avant 16,27, la combustion du taureau et du bouc. Or la michna dit l'inverse : qui regarde le cohen gadol lire la Tora ne voit pas la combustion -- elle a donc lieu pendant la lecture, plus tôt. Réponse : sauf à partir de ce verset et au-delà. Objection : pourquoi bousculer les versets plutôt que la michna ? D -- Seg 10 à 12 : deux preuves que le texte, ici, raconte du déjà-fait Abaye : celui qui envoie et celui qui brûle sont dits dans la même tournure ; le premier est antérieur, le second aussi. On retourne l'argument, puis on tranche : la forme et celui qui envoie renvoie à un acte déjà raconté plus haut. Rava : il sera placé vivant -- jusqu'à quand ? jusqu'au moment de l'expiation, c'est-à-dire l'aspersion des sangs. Le bouc part donc pendant le service intérieur, bien avant la graisse du hatat : les versets 26 à 28 sont un retour en arrière. E -- Seg 13 à 18 : de la halakha à la aggada, par un mot de politesse Le lendemain, celui qui a conduit le bouc salue le cohen gadol : au marché il l'honore, chez lui il honore le Ciel. Le mot mehaye 'hayim ouvre une suite de versets sur la vie : les marchés, les années qui se retournent du mal au bien, et les talmide hakhamim, semblables à des femmes mais vaillants comme des hommes -- à qui verser le vin de l'autel. Le amud se ferme sur le conseil de Rabbi Berekhia : épouser la fille d'un talmid 'hakham pour raviver la Tora.
Le mouvement du amud : du compte des immersions jusqu à la aggada des talmide hakhamim.
Le compte qui commande tout : cinq immersions et dix sanctifications Chaque changement d'habits = 1 kidouch avant, 1 immersion, 1 kidouch après. Cinq tenues = 5 tevilot et 10 kidouchin Si les versets sont lus dans leur ordre la rentrée au Saint des Saints reste collée au service du jour 1. Habits d'or Tamid du matin 2. Habits de lin Service du jour : taureau, encens, sangs, envoi du bouc puis aussitôt sortie de la coupe et de l'encensoir 3. Habits d'or Béliers, moussafim, tamid de l'après-midi 3 immersions -- 6 sanctifications Le compte transmis n'est pas atteint : il manque un aller-retour entre l'or et le lin. Si le verset 16,23 est déplacé plus loin la rentrée n'a lieu qu'après les béliers, en habits de lin à nouveau 1. Habits d'or Tamid du matin 2. Habits de lin Service du jour : taureau, encens, sangs, envoi du bouc 3. Habits d'or Son bélier, le bélier du peuple, emourim du hatat 4. Habits de lin -- le verset déplacé Sortie de la coupe et de l'encensoir 5. Habits d'or Tamid de l'après-midi, encens, lampes, havitin 5 immersions -- 10 sanctifications Le compte transmis est atteint : c'est lui qui force la lecture.
Trois immersions ou cinq : le compte transmis par Rav Hisda est ce qui oblige à déplacer le verset.
Vayikra 16,23-28 : l'ordre du texte et l'ordre réel du service Chaque trait relie un verset à sa place effective dans la journée. Les traits qui se croisent sont les déplacements Ordre du texte Ordre réel du service v. 23 Il vient à la tente, ôte les habits de lin v. 24 Il sortira et fera son ola et l'ola du peuple v. 25 Et la graisse du hatat, il la fera fumer v. 26 Celui qui envoie le bouc lave ses habits v. 27 Le taureau et le bouc sortis et brûlés v. 28 Celui qui les brûle lave ses habits 1 -- v. 26 Envoi du bouc, au moment de l'aspersion 2 -- v. 27 Combustion, pendant la lecture de la Tora 3 -- v. 28 Celui qui brûle devient impur, dès ce moment 4 -- v. 24 Son bélier et le bélier du peuple 5 -- v. 25 Graisse du hatat sur l'autel 6 -- v. 23 Sortie de la coupe et de l'encensoir En rouge : le verset excepté par la baraita (seg 0 à 6). En orange : le second bloc déplacé, discuté aux seg 7 à 12 -- les versets 26 à 28 racontent du déjà-fait.
Vayikra 16,23-28 : deux blocs de versets sont hors de leur place, et le amud démontre chacun des deux.
1
שֶׁכָּל הַפָּרָשָׁה כֻּולָּהּ נֶאֶמְרָה עַל הַסֵּדֶר, חוּץ מִפָּסוּק זֶה.

car toute la section a été dite dans l'ordre, sauf ce verset-ci.

📜 Rachi (1)
שֶׁכָּל הַפָּרָשָׁה נֶאֶמְרָה עַל הַסֵּדֶר וְכוּ' וְאִי כְּסִדְרָן כְּתִיבִי וְכֵן הַסֵּדֶר שֶׁמּוֹצִיאָן בִּלְבִישָׁה רִאשׁוֹנָה וְאֵין עֲבוֹדָה חִיצוֹנָה שֶׁל בִּגְדֵי זָהָב מַפְסֶקֶת בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם לְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ וְכוּ' כְּבָר פֵּרַשְׁתִּיהָ בְּפֶרֶק אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (לְעֵיל יוֹמָא דַּף לב:):
Car toute la section a été dite dans l'ordre, etc. -- et si les versets sont écrits selon leur ordre, et que tel est donc l'ordre du service, à savoir qu'il sort la coupe et l'encensoir dans la première tenue de lin, sans qu'aucun service extérieur en habits d'or ne vienne s'intercaler entre le service du jour et la sortie de la coupe et de l'encensoir -- alors tu ne trouves pas le compte, etc. Je l'ai déjà expliqué au chapitre Amar lahem hamemouneh (plus haut, Yoma 32b).
💡 Explication

Fin de la baraita commencée en 70b. Elle affirme un principe de lecture : la section de Vayikra 16, qui décrit le service de Yom Kippour, énonce les actes dans l'ordre où ils s'accomplissent -- avec une seule exception, le verset 16,23, celui de la rentrée du cohen gadol dans la tente pour ôter les habits de lin.

Ce verset est écrit avant celui des béliers (16,24), alors qu'en fait la rentrée n'a lieu qu après eux. Autrement dit : la Tora a placé ici un acte plus tardif. Tout le début du amud va chercher ce qui oblige à lire ainsi.

🖼️ Schéma
Vayikra 16,23-28 : l'ordre du texte et l'ordre réel du service Chaque trait relie un verset à sa place effective dans la journée. Les traits qui se croisent sont les déplacements Ordre du texte Ordre réel du service v. 23 Il vient à la tente, ôte les habits de lin v. 24 Il sortira et fera son ola et l'ola du peuple v. 25 Et la graisse du hatat, il la fera fumer v. 26 Celui qui envoie le bouc lave ses habits v. 27 Le taureau et le bouc sortis et brûlés v. 28 Celui qui les brûle lave ses habits 1 -- v. 26 Envoi du bouc, au moment de l'aspersion 2 -- v. 27 Combustion, pendant la lecture de la Tora 3 -- v. 28 Celui qui brûle devient impur, dès ce moment 4 -- v. 24 Son bélier et le bélier du peuple 5 -- v. 25 Graisse du hatat sur l'autel 6 -- v. 23 Sortie de la coupe et de l'encensoir En rouge : le verset excepté par la baraita (seg 0 à 6). En orange : le second bloc déplacé, discuté aux seg 7 à 12 -- les versets 26 à 28 racontent du déjà-fait.
Les six versets en cause, et la place réelle de chacun dans la journée.
2
מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב חִסְדָּא: גְּמִירִי, חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין טוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם,

Quelle en est la raison ? Rav Hisda a dit : nous en avons la tradition -- cinq tevilot (immersions) et dix kidouchin (sanctifications des mains et des pieds), voilà ce que le cohen gadol accomplit en ce jour,

💡 Explication

La réponse de Rav Hisda ne vient pas d'un verset mais d'une tradition reçue (guemiri) : le service de Yom Kippour comporte exactement cinq immersions et dix sanctifications. Le mécanisme est fixé : à chaque changement entre habits d'or et habits de lin, le cohen gadol sanctifie mains et pieds, s'immerge, se rhabille, et sanctifie à nouveau -- soit deux kidouchin par immersion.

Cinq immersions supposent donc cinq tenues successives : or, lin, or, lin, or. C'est ce chiffre, et lui seul, qui va contraindre la lecture des versets.

🖼️ Schéma
Le compte qui commande tout : cinq immersions et dix sanctifications Chaque changement d'habits = 1 kidouch avant, 1 immersion, 1 kidouch après. Cinq tenues = 5 tevilot et 10 kidouchin Si les versets sont lus dans leur ordre la rentrée au Saint des Saints reste collée au service du jour 1. Habits d'or Tamid du matin 2. Habits de lin Service du jour : taureau, encens, sangs, envoi du bouc puis aussitôt sortie de la coupe et de l'encensoir 3. Habits d'or Béliers, moussafim, tamid de l'après-midi 3 immersions -- 6 sanctifications Le compte transmis n'est pas atteint : il manque un aller-retour entre l'or et le lin. Si le verset 16,23 est déplacé plus loin la rentrée n'a lieu qu'après les béliers, en habits de lin à nouveau 1. Habits d'or Tamid du matin 2. Habits de lin Service du jour : taureau, encens, sangs, envoi du bouc 3. Habits d'or Son bélier, le bélier du peuple, emourim du hatat 4. Habits de lin -- le verset déplacé Sortie de la coupe et de l'encensoir 5. Habits d'or Tamid de l'après-midi, encens, lampes, havitin 5 immersions -- 10 sanctifications Le compte transmis est atteint : c'est lui qui force la lecture.
Le compte transmis : cinq tenues, cinq immersions, dix sanctifications.
3
וְאִי אָמְרַתְּ כְּסִדְרָן כְּתִיבִי, לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ אֶלָּא שָׁלֹשׁ טְבִילוֹת וְשִׁשָּׁה קִידּוּשִׁין.

et si tu dis que les versets sont écrits selon leur ordre, tu n'en trouves que trois immersions et six sanctifications.

🗂️ Tossefot (1)
לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ אֶלָּא ג' טְבִילוֹת לְעֵיל פ' אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא דַּף לב. ד"ה וְאִי) פֵּירַשְׁתִּי:
Tu n'en trouves que trois immersions -- je l'ai expliqué plus haut, au chapitre Amar lahem hamemouneh (Yoma 32a, dibour hamatchil <i>Vei</i>).
💡 Explication

Le calcul : si le verset 16,23 est à sa place, la rentrée pour sortir la coupe et l'encensoir suit immédiatement le service intérieur, sans changement d'habits. Il ne reste alors que trois tenues -- or le matin, lin pour le service du jour, or pour la fin de la journée -- donc trois immersions et six sanctifications.

Il manque exactement un aller-retour : repasser du lin à l'or, puis de l'or au lin, ajoute deux immersions et quatre sanctifications, et l'on retombe sur cinq et dix. C'est ce que produit le déplacement du verset.

4
מַתְקִיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: וְדִילְמָא מַפְסֵיק לֵיהּ בְּשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ!

Rabbi Zeira objecte : et peut-être les sépare-t-il par le bouc dont le service se fait à l'extérieur !

📜 Rachi (1)
בְּשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ כְּדִכְתִיב (בַּמִּדְבָּר כ״ט:י״א) מִלְּבַד חַטַּאת הַכִּפּוּרִים וְהוּא אֵינוֹ כָּתוּב כָּאן אֲבָל אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם דַּוְוקָא כַּתְבִינְהוּ קְרָא אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה וְלָא אִיצְטְרִיךְ לָן לְשַׁבֵּשׁ סִדְרָא דִּקְרָאֵי:
Par le bouc dont le service se fait à l'extérieur -- comme il est écrit (Bamidbar 29,11) : outre le hatat des expiations ; et ce bouc-là n'est pas écrit ici, dans notre section. Mais son bélier et le bélier du peuple, le verset les a écrits précisément après la sortie de la coupe et de l'encensoir, et il ne nous est donc pas nécessaire de bousculer l'ordre des versets.
💡 Explication

Objection de fond : le compte de cinq immersions ne prouve rien, car on peut l'atteindre sans déplacer aucun verset. Il suffit d'intercaler entre le service du jour et la sortie de la coupe un service qui se fait en habits d'or : le bouc extérieur, dont le sang est aspergé dans le parvis et non dans le Saint des Saints.

La finesse est signalée par Rachi : ce bouc n'est pas mentionné dans Vayikra 16 mais dans Bamidbar 29,11 -- outre le hatat des expiations. Comme il n'a pas de place assignée dans notre section, on peut le glisser où l'on veut sans bousculer l'ordre du texte.

🖼️ Schéma
La proposition de Rabbi Zeira : garder l'ordre des versets et trouver quand même cinq immersions Rabbi Zeira -- on intercale le bouc extérieur, qui se fait en habits d'or 2. Lin Service du jour 3. Or Bouc extérieur 4. Lin Coupe et encensoir 5. Or Béliers, tamid Cinq tenues sont bien atteintes, et pourtant aucun verset n'a été déplacé : le bouc extérieur n'est pas écrit ici, il vient de Bamidbar 29,11. Abaye refuse -- et il sortira et fera son ola (Vayikra 16,24) C'est la première sortie nommée dans la section. Ce qui la suit immédiatement, c'est son bélier et le bélier du peuple. Rien ne peut donc s'intercaler là : le bouc extérieur ne peut pas venir avant les béliers. Rabba bar Rav Chila relancera la même proposition au seg 6 -- même réponse. Conclusion : la sortie de la coupe et de l'encensoir est bien repoussée après les béliers Le verset 16,23 est donc hors de son ordre -- c'est exactement ce que disait la baraita du seg 0. Rava ajoutera un second appui : le mot de trop -- qu'il avait revêtus.
La proposition de Rabbi Zeira, et la raison pour laquelle Abaye la refuse.
5
אָמַר אַבַּיֵּי, אֲמַר קְרָא: ״וְיָצָא וְעָשָׂה אֶת עֹולָתוֹ״, מִיצִיאָה רִאשׁוֹנָה עָבֵיד אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם.

Abaye a dit : le verset dit -- et il sortira et fera son ola (holocauste) : dès la première sortie il accomplit son bélier et le bélier du peuple.

📜 Rachi (1)
אָמַר קְרָא וְיָצָא וְעָשָׂה וְגוֹ' וְזוֹ יְצִיאָה רִאשׁוֹנָה הָאֲמוּרָה בַּפָּרָשָׁה הִילְכָּךְ עַל כָּרְחָךְ מִקַּמֵּי הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה עֲבִיד לְהוּ בַּהַפְסָקָה שֶׁבֵּינֵיהֶם לַעֲבוֹדַת הַיּוֹם:
Le verset dit : et il sortira et fera, etc. -- et c'est la première sortie mentionnée dans la section. Par force, il accomplit donc son bélier et le bélier du peuple avant la sortie de la coupe et de l'encensoir, et ils font ainsi coupure entre celle-ci et le service du jour.
⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
Depuis la veille on a désigné (voir plus haut) celui qui conduira le bouc à Azazel. Maintenant il vient à la azara (le parvis) et on le lui remet -- et cela même s'il est devenu tame (impur). Et si le bouc tombe malade au point de ne plus pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est Chabbat. Tout homme est apte à cette mission, même un zar (un non-cohen). On lui faisait une rampe (kevech) par laquelle il sortait hors de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils en disant : prends et sors. (66b) Les notables de Jérusalem l'accompagnaient jusqu'à la première souka : dix soukot on lui dressait sur la route, distantes d'un mil l'une de l'autre. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante ; ceux de la dernière souka l'accompagnaient un mil. Il avait donc parcouru onze mils. Ils restaient là, et lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'à atteindre le lieu du tsouk (le précipice), et de loin ils voyaient ses gestes. Dans chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, s'il avait besoin de manger. Il prenait un fil d'écarlate (lachon chel zehorit), le partageait en deux : une moitié liée au rocher pour que l'on voie quand il blanchirait, l'autre moitié liée entre les cornes du bouc, et il le poussait à la renverse. Le bouc n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà en morceaux -- car il faut que la pente soit dure et déchiquetante. Les membres du bouc sont permis à l'usage (moutarim be-hanaa). Celui qui l'envoie rendait ses habits impurs dès l'instant où il atteignait le tsouk ; il revenait ensuite s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Et le lendemain, celui qui envoie vient trouver le cohen gadol : (71a) s'il le trouve au marché, il lui dit, pour l'honorer -- Mon maître le cohen gadol, j'ai accompli ta mission ; s'il le trouve à la maison, il dit -- Celui qui fait vivre les vivants, j'ai accompli Sa mission. Ensuite (67b) le cohen gadol vient auprès du taureau et du bouc, en retire les emourim (les parties sacrificielles), les dépose dans un keli charet (un ustensile du service) et les y laisse jusqu'au moment de les faire fumer. Il remet le taureau et le bouc à ceux qui les sortent pour les brûler hors de Jérusalem, au nord. Ceux-là rendaient leurs habits impurs dès qu'ils franchissaient le mur de la azara. On les sortait sur des barres : quatre hommes, deux barres entrelacées, le taureau et le bouc posés l'un sur l'autre, entiers avec leur peau ; et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au cohen gadol : le bouc est arrivé au désert -- car il n'avait le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y fût parvenu. Et comment le savaient-ils ? Les hommes des soukot agitaient des linges (soudarim), et l'on voyait d'une souka a l'autre jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Ensuite (68b) le cohen gadol lit dans la Tora : s'il le veut, dans les habits de boutz (de lin) qu'il porte ; s'il le veut, il sanctifie mains et pieds, se dévêt et revêt une itstelit (une toge) blanche qui lui appartient, et y lit. Le hazan de la synagogue prend le sefer Tora et le donne au roch ha-knesset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch ha-knesset le donne au segan (l'adjoint du cohen gadol), et le segan au cohen gadol. Tout cela pour l'honneur du cohen gadol, afin de montrer qu'il y a beaucoup de dignitaires sous lui et qu'il est au-dessus de tous. Il lit Aharei Mot, puis roule le rouleau jusqu'à Akh be-Assor et lit -- puisque tout relève d'un même sujet et qu'il n'a pas besoin d'une interruption plus longue que le temps de traduction du metourgueman, il peut rouler. Puis il roule le sefer Tora, le pose sur son sein et dit : plus que ce que je vous ai lu est écrit ici. (70a) Cela, à cause de la pegima (l'atteinte) faite à la Tora : pour qu'on ne pense pas qu'il manque une section au sefer Tora, puisqu'il doit réciter par cœur. Car Ouve-assor du houmach des Comptes -- c'est-à-dire les korbanot des moussafim, dans la parachat Pin'has -- il le récite par cœur, ne pouvant y rouler à cause de l'honneur du public : il devrait interrompre plus longtemps que le temps de traduction du metourgueman, et ce n'est pas honorer le public que de le faire attendre. Il ne peut pas non plus apporter un second sefer Tora déjà roulé depuis la veille, à cause de la pegima du premier ; et de plus il devrait bénir une seconde fois, ce qui serait une berakha che-eina tsrikha (une bénédiction inutile). Sur cette lecture il récite huit berakhot : sur la Tora, comme nous bénissons avant et après ; sur la avoda, retse, et il conclut -- béni sois-Tu Hachem, que Toi seul nous servions ; sur la reconnaissance, modim anahnou lakh ; sur le pardon des fautes, qui pardonne vos fautes ; sur le Mikdach, béni sois-Tu Hachem qui choisit le Mikdach ; sur Israël, béni sois-Tu Hachem qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim, béni sois-Tu Hachem qui choisit les cohanim ; et sur le reste de la prière -- prière, chant et supplication, car Ton peuple Israël a besoin d'être sauvé -- béni sois-Tu Hachem qui entend la prière. S'il a lu dans les habits de boutz, il sanctifie mains et pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les habits d'or (et sanctifie) pour son bélier et le bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre toge, il se trouve qu'il a déjà sanctifié mains et pieds en ôtant les habits de boutz : il ne lui reste alors qu'une immersion et une sanctification, puis il accomplit son bélier et le bélier du peuple. (70a et 71a) Il existe une large divergence sur l'ordre d'offrande des moussafim écrits dans la parachat Pin'has, à savoir sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer tient qu'aussitôt après son bélier et le bélier du peuple il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieur ; puis il sanctifiait mains et pieds, s'immergeait, sanctifiait, revêtait les habits blancs et sortait la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le lifnai ve-lifnim (le Saint des Saints) en y faisant fumer l'encens. Et s'il veut faire ces habits-là à ses frais plutôt que de les prendre du public, il en a le droit, pourvu qu'il les remette ensuite au public ; mais pour les autres services il n'avait pas cette liberté. Ensuite il sanctifie mains et pieds, s'immerge, sanctifie, revêt les habits d'or, et accomplit tous les moussafim, le tamid de l'après-midi, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Rabbi Akiva tient que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin ; le bouc fait à l'extérieur, aussitôt achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite la fumigation des emourim du taureau et du bouc, à la troisième immersion ; ensuite la sortie de la coupe et de l'encensoir, à la quatrième immersion ; ensuite le tamid de l'après-midi, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Il y a qui dit au nom de Rabbi Akiva : six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier avec le tamid de l'après-midi. Et il y a qui dit l'inverse : un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux avec le taureau de la ola au tamid de l'après-midi. Le Rambam zal a tranché comme Rabbi Akiva, et le bon sens penche pour l'un de ces tanaim qui parlent au nom de Rabbi Akiva, selon lesquels une partie des moussafim est offerte le matin et une partie le soir, afin de satisfaire les deux derachot : satisfaire ce qui est dit -- outre la ola du matin, etc. -- d'où il ressort que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et satisfaire l'ordre des versets, puisque le service a été énoncé dans Aharei Mot avant les moussafim qui sont dans Pin'has, d'où il ressort que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc, eux aussi, étaient offerts après la sortie de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire la coupure entre le service du jour et cette sortie -- car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt ; mais nous sommes obligés de faire passer avant son bélier et le bélier du peuple, pour réaliser les cinq immersions et les dix sanctifications que la tradition impose à Yom Kippour. Dès lors, tout ce que l'on peut retrancher de cette coupure vaut mieux. Après tout cela (70a), il sanctifiait mains et pieds, revêtait ses propres habits, et les chefs du peuple et les grands l'accompagnaient jusqu'à sa maison. Et il faisait un jour de fête pour tous ceux qui l'aimaient, lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux ramène le service du Beit haMikdach à sa place, promptement et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Tora ; que par Sa Tora Il illumine nos yeux et éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

Réponse d'Abaye à Rabbi Zeira. Le verset 16,24 commence par ve-yatsa, et il sortira : c'est la première sortie nommée dans toute la section. Et ce que le verset attache immédiatement à cette sortie, ce sont les béliers.

Rien ne peut donc s'insérer entre la sortie du Saint des Saints et les béliers -- ni le bouc extérieur, ni autre chose. La sortie de la coupe et de l'encensoir doit forcément venir après eux : le verset 16,23 est bien hors de son ordre.

6
רָבָא אָמַר, אֲמַר קְרָא: ״וּפָשַׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר לָבַשׁ״, כְּלוּם אָדָם פּוֹשֵׁט אֶלָּא מַה שֶּׁלּוֹבֵשׁ?! אֶלָּא מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר לָבַשׁ״ — שֶׁלָּבַשׁ כְּבָר.

Rava a dit : le verset dit -- et il ôtera les habits de lin ; or il n'y avait pas lieu de préciser qu'il avait revêtus. Un homme ôte-t-il autre chose que ce qu'il porte ?!

Alors que vient enseigner qu'il avait revêtus ? -- qu'il les avait déjà revêtus auparavant.

📜 Rachi (1)
אֲשֶׁר לָבַשׁ כְּבָר אַלְמָא זוֹ הִיא פְּשִׁיטָה שְׁנִיָּה שְׁמַע מִינָּה יֵשׁ הַפְסָקַת חִילּוּף בְּגָדִים בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם לְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה וְרָבָא לָא אַאַתְקָפְתֵּיהּ דְּרַבִּי זֵירָא קָאֵי אֶלָּא לְפָרוּשֵׁי טַעְמָא דְּמַתְנִיתָא דִּמְשַׁבְּשָׁא קְרָאֵי:
Qu'il avait déjà revêtus -- il en ressort que c'est un second dévêtement ; on en déduit qu'il y a une coupure, avec changement d'habits, entre le service du jour et la sortie de la coupe et de l'encensoir. Et Rava ne répond pas à l'objection de Rabbi Zeira : il vient seulement expliquer la raison de la baraita, qui bouscule l'ordre des versets.
💡 Explication

Seconde démonstration, tirée d'un mot superflu. Le verset 16,23 dit : il ôtera les habits de lin qu'il avait revêtus en entrant dans le sanctuaire. La précision est inutile : on n'ôte que ce que l'on porte. Elle doit donc enseigner autre chose -- que ce sont des habits déjà portés une première fois, ôtés, puis remis.

Cela suppose qu'entre-temps il a porté les habits d'or : il y a donc bien un changement de tenue entre le service du jour et la sortie de la coupe et de l'encensoir. Rachi souligne un point important : Rava ne répond pas à Rabbi Zeira, il explique seulement pourquoi la baraita se permet de bousculer les versets.

7
מַתְקִיף לַהּ רַבָּה בַּר רַב שִׁילָא: וְאֵימָא דְּמַפְסֵיק לֵיהּ בְּשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ! הַכְּתִיב: ״וְיָצָא וְעָשָׂה״.

Rabba bar Rav Chila objecte : et dis donc qu'il les sépare par le bouc dont le service se fait à l'extérieur ! -- Mais n'est-il pas écrit : et il sortira et fera ?

💡 Explication

La même objection que celle de Rabbi Zeira revient, portée cette fois contre la preuve de Rava, et reçoit la même réponse : le verset et il sortira et fera soude la première sortie aux béliers.

La guemara boucle ainsi le premier mouvement : quelle que soit la voie choisie, la rentrée pour la coupe et l'encensoir arrive après les béliers, et le verset 16,23 est bien l'exception annoncée par la baraita.

8
וְכָל הַפָּרָשָׁה כֻּולָּהּ נֶאֶמְרָה עַל הַסֵּדֶר? וְהָא קְרָאֵי כְּתִיבִי: ״וְאֵת חֵלֶב הַחַטָּאת יַקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה״, וַהֲדַר: ״וְאֵת פַּר הַחַטָּאת וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת״, וְאִילּוּ אֲנַן תְּנַן: הָרוֹאֶה אֶת כֹּהֵן גָּדוֹל כְּשֶׁהוּא קוֹרֵא — אֵינוֹ רוֹאֶה פַּר וְשָׂעִיר הַנִּשְׂרָפִין. וְאִילּוּ אֵמוּרֵי חַטָּאת בָּתַר הָכִי מַקְטֵיר לְהוּ!

Et toute la section aurait été dite dans l'ordre ? Mais voici des versets qui sont écrits : et la graisse du hatat, il la fera fumer sur l'autel -- puis ensuite : et le taureau du hatat et le bouc du hatat... ; alors que nous avons appris dans la michna : celui qui voit le cohen gadol pendant qu'il lit ne voit pas le taureau et le bouc que l'on brûle ; tandis que les emourim du hatat, c'est après cela qu'il les fait fumer !

📜 Rachi (3)
ה"ג קְרָאֵי כְּתִיבִי וְכוּ' וְלָא גָּרַס תְּרֵי:
Ainsi faut-il lire : des versets sont écrits, etc. -- et l'on ne lit pas <i>tere</i> (deux).
אֵינוֹ רוֹאֶה פַּר וְשָׂעִיר הַנִּשְׂרָפִים אַלְמָא שְׂרֵיפָתָן בְּעוֹד שֶׁכֹּהֵן גָּדוֹל לָבוּשׁ בִּגְדֵי בּוּץ הִיא:
Il ne voit pas le taureau et le bouc que l'on brûle -- il en ressort que leur combustion a lieu pendant que le cohen gadol est encore vêtu des habits de boutz (de lin).
וְאִילּוּ אֵימוּרֵי חַטָּאת לְדִבְרֵי הַכֹּל בָּתַר הָכִי עֲבִיד לְהוּ (כְּשֶׁטּוֹבֵל) בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית עִם אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם:
Tandis que les emourim du hatat -- de l'avis de tous, il les accomplit après cela, à la troisième immersion, avec son bélier et le bélier du peuple.
💡 Explication

Nouvelle attaque, cette fois contre le principe lui-même. Deux versets se suivent : 16,25 (la graisse du hatat sur l'autel), puis 16,27 (le taureau et le bouc brûlés hors du camp). Si la section est dans l'ordre, la graisse précède la combustion.

Mais la michna dit le contraire : qui regarde le cohen gadol lire la Tora ne voit pas la combustion -- preuve que celle-ci a lieu pendant la lecture, donc encore en habits de lin. Or les emourim du hatat, tout le monde en convient, ne sont brûlés qu'après, à la troisième immersion. Les deux versets sont donc, eux aussi, inversés.

9
אֵימָא: חוּץ מִפָּסוּק זֶה וְאֵילָךְ.

Dis : sauf à partir de ce verset et au-delà.

📜 Rachi (1)
אֵימָא חוּץ מִפָּסוּק זֶה וְאֵילָךְ לֹא נִכְתְּבָה עַל הַסֵּדֶר:
Dis : sauf à partir de ce verset et au-delà -- la suite de la section n'a pas été écrite dans l'ordre.
💡 Explication

Réponse économique : la baraita ne disait pas que seul le verset 16,23 est hors d'ordre, mais que l'ordre cesse à partir de là. Tout ce qui suit 16,23 -- donc aussi les versets 25 à 28 -- peut être réagencé.

10
וּמַאי חָזֵית דִּמְשַׁבְּשַׁתְּ קְרָאֵי, שַׁבֵּישׁ מַתְנִיתָא!

Et qu'as-tu vu pour bousculer les versets ? bouscule plutôt l'enseignement de la michna !

📜 Rachi (1)
שַׁבֵּישׁ מַתְנִיתָא וְאֵימָא שְׂרֵיפַת הַפָּר וְהַשָּׂעִיר אַחַר טְבִילָה שְׁלִישִׁית:
Bouscule la michna -- et dis que la combustion du taureau et du bouc a lieu après la troisième immersion.
💡 Explication

Objection de méthode, très serrée : les deux termes du conflit sont un ordre de versets et un ordre de michna. Pourquoi tenir la michna pour exacte et corriger la Tora ? Il serait aussi simple de dire que la combustion du taureau et du bouc a lieu après la troisième immersion, comme l'ordre des versets le laisse entendre.

La question exige donc une preuve textuelle que les versets 26 à 28 racontent du déjà-fait. Deux vont être apportées : celle d'Abaye, puis celle de Rava.

11
אָמַר אַבַּיֵּי, אֲמַר קְרָא: ״וְהַמְשַׁלֵּחַ ... וְהַשּׂוֹרֵף״. מַה מְשַׁלֵּחַ דְּמֵעִיקָּרָא — אַף שׂוֹרֵף דְּמֵעִיקָּרָא.

Abaye a dit : le verset dit -- et celui qui envoie... et celui qui brûle. De même que celui qui envoie l'a fait des le début, de même celui qui brûle l'a fait des le début.

📜 Rachi (2)
אֲמַר קְרָא וְהַמְשַׁלֵּחַ אֶת הַשָּׂעִיר וְגוֹ' וּבְאוֹתוֹ לָשׁוֹן עַצְמוֹ נֶאֱמַר וְהַשּׂוֹרֵף אוֹתָם דְּמִשְׁתַּעֵי בִּשְׂרֵיפַת הַפָּר וְשָׂעִיר וּשְׁנֵיהֶן כְּתוּבִין אַחַר וְאֶת חֵלֶב הַחַטָּאת וְעַל כָּרְחֲךָ שִׁילּוּחַ הַשָּׂעִיר מִקַּמֵּי הַקְטָרַת אֵימוּרִים הֲוָה כְּדִכְתִיב וְשִׁלַּח אֶת הַשָּׂעִיר בַּמִּדְבָּר וַהֲדַר וְאֶת חֵלֶב הַחַטָּאת עַל כָּרְחָךְ וְהַמְשַׁלֵּחַ דִּכְתִיב בָּתְרֵיהּ כְּאָדָם שֶׁהִפְסִיק הָעִנְיָן שֶׁהָיָה מְדַבֵּר בּוֹ וְחוֹזֵר וּמְסַיְּימוֹ וְאוֹמֵר וְאוֹתוֹ שִׁילּוּחַ שֶׁאָמַרְתִּי לְךָ לְמַעְלָה הַמְשַׁלְּחוֹ מְטַמֵּא בְּגָדִים וּבְאוֹתוֹ לָשׁוֹן עַצְמוֹ נֶאֱמַר וְהַשּׂוֹרֵף:
Le verset dit : et celui qui envoie le bouc, etc. -- et c'est exactement dans le même langage qu'il est dit : et celui qui les brûle, ce qui parle de la combustion du taureau et du bouc ; et les deux sont écrits après <i>et la graisse du hatat</i>. Or, par force, l'envoi du bouc a eu lieu avant que l'on fasse fumer les emourim, comme il est écrit : et il enverra le bouc au désert, puis ensuite : et la graisse du hatat. Par force donc, le <i>et celui qui envoie</i> écrit après cela est comme un homme qui a interrompu le sujet dont il parlait, y revient et l'achève en disant : et cet envoi dont je t ai parlé plus haut, celui qui l'accomplit rend ses habits impurs. Et c'est dans ce même langage exactement qu'il est dit : et celui qui brûle.
מַה וְהַמְשַׁלֵּחַ אַף עַל פִּי שֶׁנִּכְתַּב אַחַר אֵימוּרֵי חַטָּאת דְּמֵעִיקָּרָא הוּא אַף וְהַשּׂוֹרֵף אַף עַל פִּי שֶׁנִּכְתַּב אַחֲרֵיהֶן מֵעִיקָּרָא הוּא:
De même que <i>et celui qui envoie</i> -- bien qu'il soit écrit après les emourim du hatat, il s'agit de ce qui s'est fait des le début -- de même <i>et celui qui brûle</i>, bien qu'il soit écrit après eux, il s'agit de ce qui s'est fait des le début.
💡 Explication

Preuve par le parallélisme des formules. Les versets 16,26 et 16,28 emploient exactement la même tournure : ve-haméchaléah (et celui qui envoie) et ve-hasoréf (et celui qui brûle).

Or l'envoi du bouc, lui, est certainement antérieur : il est raconté plus haut, avant la graisse du hatat. Le verset 16,26 revient donc en arrière pour en tirer une règle d'impureté -- comme quelqu un qui interrompt son récit puis y revient pour l'achever, dit Rachi. Et puisque la formule est la même au verset 28, la combustion aussi est antérieure.

12
אַדְּרַבָּה: מַה שׂוֹרֵף דְּהַשְׁתָּא — אַף מְשַׁלֵּחַ דְּהַשְׁתָּא!

Au contraire : de même que celui qui brûle le fait maintenant, de même celui qui envoie le fait maintenant !

📜 Rachi (2)
אַדְּרַבָּה מַה שׂוֹרֵף דְּהַשְׁתָּא שֶׁהֲרֵי צִוּוּי עִיקַּר שְׂרֵיפָתָן אַחַר אֵימוּרֵי חַטָּאת נֶאֱמַר כְּדִכְתִיב וְאֵת חֵלֶב הַחַטָּאת וְגוֹ' וַהֲדַר וְאֵת פַּר הַחַטָּאת יוֹצִיא וְשָׂרְפוּ:
Au contraire, de même que celui qui brûle le fait maintenant -- car l'ordre même de leur combustion a été énoncé après les emourim du hatat, comme il est écrit : et la graisse du hatat, etc., puis ensuite : et le taureau du hatat... on les sortira et on les brûlera.
אַף הַמְשַׁלֵּחַ דְּהַשְׁתָּא דַּווְקָא כָּתַב אַחַר אֵימוּרִין וְשִׁילּוּחַ שָׂעִיר הָאָמוּר לְמַעְלָה מֵהֶם הָכִי קָאָמַר וְנָשָׂא הַשָּׂעִיר עָלָיו אֶת עֲוֹנֹותָם וּשְׁלָחוֹ הַמִּדְבָּרָה כְּשֶׁיַּגִּיעַ זְמַן שִׁילּוּחוֹ:
De même celui qui envoie le fait maintenant -- c'est précisément pour cela que le verset l'a écrit après les emourim ; et l'envoi du bouc mentionné plus haut qu'eux veut dire ceci : et le bouc portera sur lui leurs fautes, et il l'enverra au désert -- lorsque viendra le temps de son envoi.
💡 Explication

Le parallélisme se retourne aussi bien dans l'autre sens. Rachi explique pourquoi cette lecture n'est pas absurde : l'ordre explicite de brûler le taureau et le bouc figure précisément après la graisse du hatat (16,27). On pourrait donc dire que la combustion est bien à sa place, et que c'est l'envoi du bouc qui n'a lieu qu'à ce moment-là.

Quant à l'envoi mentionné plus haut (16,10 et 16,21), il ne fixerait pas le moment mais seulement le fait -- il l'enverra au désert le moment venu.

13
״וְהַמְשַׁלֵּחַ״, דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע. רָבָא אָמַר, אֲמַר קְרָא: ״יַעֲמֹד חַי״, עַד מָתַי יְהֵא זָקוּק לַעֲמֹוד חַי? עַד שְׁעַת כַּפָּרָה. וְאֵימָתַי שְׁעַת כַּפָּרָה? בִּשְׁעַת מַתַּן דָּמִים, וְתוּ לָא.

-- Et celui qui envoie : la formulation implique un acte déjà accompli. Rava a dit : le verset dit -- il sera placé vivant ; jusqu'à quand doit-il rester debout vivant ?

Jusqu'au moment de la kappara (l'expiation). Et quand est le moment de la kappara ?

Au moment du matan damim (l'aspersion des sangs), et pas au-delà.

📜 Rachi (2)
וְהַמְשַׁלֵּחַ מֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע כְּאָדָם שֶׁחוֹזֵר לָעִנְיָן שֶׁהִפְסִיק בּוֹ וּכְמוֹ שֶׁפֵּירַשְׁתִּי וְשִׁילּוּחַ שָׂעִיר בִּמְקוֹמוֹ נִכְתַּב מִדְּלָא הָדַר וְכָתַב אַחַר אֵימוּרִין וְשִׁלַּח הַשָּׂעִיר וְהַמְשַׁלְּחוֹ יְכַבֵּס בְּגָדָיו:
Et celui qui envoie implique un acte déjà accompli -- comme un homme qui revient au sujet qu'il avait interrompu, ainsi que je l'ai expliqué. Et l'envoi du bouc a bien été écrit à sa place, puisque le verset n'a pas repris après les emourim en écrivant : et il enverra le bouc, et celui qui l'envoie lavera ses habits.
רָבָא אָמַר לָא מָצֵית אָמְרַת דְּשִׁילּוּחַ שָׂעִיר לֹא בִּמְקוֹמוֹ נֶאֱמַר דְּהָא לֹא הִזְקִיקוֹ לַעֲמֹוד שָׁם אֶלָּא עַד שְׁעַת כַּפָּרָה וְהִיא עֲבוֹדַת הַיּוֹם דְּמַתַּן דָּמִים:
Rava a dit -- tu ne peux pas dire que l'envoi du bouc n'a pas été énoncé à sa place, car on ne l'a astreint à se tenir là que jusqu'au moment de la kappara, et c'est le service du jour, l'aspersion des sangs.
💡 Explication

Deux réponses. La première est grammaticale : la forme ve-haméchaléah, avec son participe, désigne celui qui a déjà envoyé -- le texte revient sur un acte déjà raconté. Rachi ajoute une preuve : si l'envoi avait lieu maintenant, le verset aurait recommencé par et il enverra le bouc, et celui qui l'envoie lavera ses habits ; il ne l'a pas fait.

La seconde est celle de Rava, et elle est décisive : le bouc doit se tenir vivant devant Hachem pour expier (16,10). Cette obligation dure jusqu'au moment de la kappara -- c'est-à-dire jusqu'à l'aspersion des sangs, le cœur du service intérieur. Passé cet instant, plus rien ne le retient : il part donc bien avant la graisse du hatat du verset 25.

🖼️ Schéma
Il sera placé vivant : jusqu'à quand le bouc doit-il rester debout ? La réponse de Rava fixe l'heure du départ du bouc -- et donc la place des versets 26 à 28 Tirage au sort Le bouc est placé vivant devant Hachem Service intérieur Taureau, encens Aspersion des sangs = moment de la kappara au-delà, plus d'obligation de le tenir vivant Envoi au désert v. 26 -- déjà fait ici Graisse du hatat v. 25 Ce que Rava en tire Le bouc part au plus tard à l'aspersion des sangs, donc avant la graisse du hatat du verset 25. Le verset 26, écrit après, ne raconte donc pas la suite : il revient sur un acte déjà accompli. Et puisque celui qui brûle est dit dans la même tournure que celui qui envoie, lui aussi est antérieur.
Jusqu'où court l'obligation de tenir le bouc vivant, et ce que cela fixe pour les versets 26 à 28.
14
אָתֵי מְשַׁלֵּחַ, מְצָאוֹ בַּשּׁוּק לְכֹהֵן גָּדוֹל, אוֹמֵר לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל! עָשִׂינוּ שְׁלִיחוּתְךָ. מָצְאוּ בְּבֵיתוֹ, אוֹמֵר לוֹ: מְחַיֶּה חַיִּים, עָשִׂינוּ שְׁלִיחוּתוֹ.

Celui qui envoie le bouc vient ; s'il trouve le cohen gadol au marché, il lui dit : Mon maître le cohen gadol ! nous avons accompli ta mission. S'il le trouve dans sa maison, il lui dit : Celui qui fait vivre les vivants -- nous avons accompli Sa mission.

📜 Rachi (3)
אִתִּי מְשַׁלֵּחַ לְיוֹם הַמָּחֳרָת:
Celui qui envoie vient -- le lendemain.
מָצְאוּ בַּשּׁוּק מְכַבְּדוֹ לִפְנֵי הַבְּרִיּוֹת וְאוֹמֵר לוֹ אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל וְכוּ':
S'il le trouve au marché -- il l'honore devant les gens et lui dit : Mon maître le cohen gadol, etc.
מְחַייֶּה חַיִּים הוּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עָשִׂינוּ שְׁלִיחוּתוֹ:
Celui qui fait vivre les vivants -- c'est le Saint béni soit-Il ; nous avons accompli Sa mission.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מְחַיֶּה חַיִּים , עָשִׂינוּ שְׁלִיחוּתוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד מַה שֶׁאָמַר בְּזֶה הַלָּשׁוֹן דְּיָדוּעַ רְשָׁעִים בְּחַיֵּיהֶם קְרוּיִים מֵתִים (בְּרָכוֹת יח:) אַךְ עַל יְדֵי שְׁלִיחוּת זוֹ שֶׁל שִׁלּוּחַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר נִמְחָלִים עֲוֹנוֹתֵיהֶם וְנִמְצְאוּ כָּל יִשְׂרָאֵל קְרוּיִים חַיִּים! וְנִמְצָא שֶׁהַיּוֹם הַזֶּה הקב"ה מְחַיֶּה בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּקְרָאִים חַיִּים שֶׁלֹּא נִשְׁאַר בְּיִשְׂרָאֵל רְשָׁעִים שֶׁקְּרוּיִים מֵתִים. וּמַה שֶׁאוֹמְרִים רַבָּנָן מְחַיֵּה חַיִּים יִתֵּן לְךָ חַיִּים אֲרֻכִּים טוֹבִים בִּשְׁלֵימוּת מִצְווַת עֲשֵׂה וּמְתַקְּנִים בִּשְׁלֵימוּת מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה, אוֹ טוֹבִים בַּתּוֹרָה שֶׁנִּקְרֵאת 'טוֹב' וּמְתַקְּנִים בְּמִצְוֹת. אוֹ אַרְכִים כְּמִשְׁמָעוֹ בְּכַמּוּת וְטוֹבִים בְּאֹושֶׁר עוֹלָם הַזֶּה עֹושֶׁר וְכָבוֹד וּבָנִים וּבְרִיאוּת, וּמְתַקְּנִים בְּאֹושֶׁר עוֹלָם הַבָּא תּוֹרָה וּמִצְוֹת וּמַעֲשִׂים טוֹבִים. וְנִרְאֶה לִי בס"ד בָּזֶה הַפָּסוּק (יְשַׁעְיָה מח, ט) 'לְמַעַן שְׁמִי אַאֲרִיךְ אַפִּי וּתְהִלָּתִי אֶחֱטָם לָךְ' וְהַיְינוּ 'אֶחֱטָם' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ח ייֵם א רַכִּים ט וּבְיָם מ תְּקַנֵּים. גַּם אוֹמְרָם 'מְחַיֶּה חַיִּים' חַי י"ם הֵם י סוֹד ו מ לְכוּת:
Celui qui fait vivre les vivants, nous avons accompli Sa mission. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'on s'exprime ainsi parce qu'il est connu que les rechaim (les impies), de leur vivant, sont appelés morts (Berakhot 18b). Or, par cette mission -- l'envoi du bouc au désert -- leurs fautes sont pardonnées, et voilà que tout Israël se trouve appelé vivant ! Il se trouve donc qu'en ce jour le Saint béni soit-Il fait vivre des hommes qui sont appelés vivants, puisqu'il ne reste plus en Israël de rechaim qui soient appelés morts. Et ce que disent les maîtres -- que Celui qui fait vivre les vivants te donne une vie longue, bonne et bien ordonnée -- signifie : bonne par l'accomplissement parfait des mitsvot positives, et ordonnée par l'accomplissement parfait des interdits ; ou bien : bonne par la Tora, qui est appelée bien, et ordonnée par les mitsvot ; ou encore : longue au sens littéral, en quantité, bonne par le bonheur de ce monde -- richesse, honneur, enfants et santé -- et ordonnée par le bonheur du monde à venir, Tora, mitsvot et bonnes actions. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que cela est contenu dans le verset (Yechayahou 48,9) : pour Mon Nom Je différerai Ma colère, et pour Ma louange <i>éhétam</i> pour toi -- car <i>éhétam</i> est l'acronyme de 'Hayim Aroukhim Tovim Metoukanim (une vie longue, bonne, bien ordonnée). De même, dans l'expression <i>mehaye 'hayim</i>, le mot 'hayim se lit hay-yam, qui sont Yessod et Malkhout (sod).
⚖️ Rosh (1)
מֵאֶתְמוֹל הִזְמִינוֹ (שָׁם:) מִי שֶׁמּוֹלִיכוֹ לַעֲזָאזֵל. וְעַתָּה בָּא לְעֶזְרָה וּמוֹסְרוֹ לוֹ וַאֲפִילּוּ נִטְמָא וְאִם חָלָה הַשָּׂעִיר שֶׁלֹּא יוּכַל לֵילֵךְ מַרְכִּיבוֹ עַל כְּתֵפָיו וַאֲפִילּוּ אִם הוּא שַׁבָּת. וְכָל אָדָם כָּשֵׁר לָזֶה אֲפִילּוּ זָר. וְהָיוּ עוֹשִׂים לוֹ כֶּבֶשׂ שֶׁהָיָה הוֹלֵךְ עָלָיו לַחוּץ לָעֲזָרָה מִפְּנֵי קַלֵּי רֹאשׁ שֶׁבָּעַם שֶׁהָיוּ תּוֹלְשִׁין בִּשְׂעָרוֹ לוֹמַר טֹול וְצֵא. (דַּף סו:) וּמִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הָיוּ מְלַוִּין אוֹתוֹ עַד הַסֻּוכָּה הָרִאשׁוֹנָה. שֶׁעִשֵּׂר סֻוכּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לוֹ בַּדֶּרֶךְ בֵּין כָּל אַחַת וְאַחַת מִיל. (דַּף סז.) וּבְכָל אַחַת יוֹשְׁבִים אֲנָשִׁים לִלְווֹתוֹ מֵאַחַת לַחֲבֶרְתָּהּ. וְעִם שֶׁבְּסֻוכָּה אַחֲרוֹנָה לִווָּהוּ מִיל. הֲרֵי שֶׁהָלַךְ אַחַד עָשָׂר מִיל. וְנִשְׁאֲרוּ שָׁם וְהוּא הָיָה מַרְחִיק עוֹד מִיל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִמְקוֹם הַצּוּק וְהֵם רוֹאִים מַעֲשָׂיו. וּבְכָל סֻוכָּה וְסֻוכָּה אוֹמְרִים לוֹ הֲרֵי מַיִם הֲרֵי מָזוֹן אִם יִצְטָרֵךְ לֶאֱכֹול. וְהָיָה לוֹקֵחַ לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְחוֹלֵק אוֹתוֹ חֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בַּסֶּלַע לִרְאוֹת כְּשֶׁיַּלְבִּין וְחֶצְיוֹ קוֹשֵׁר בֵּין קַרְנֵי הַשָּׂעִיר וְדוֹחֵהוּ לַאֲחוֹרָיו. וְלֹא הָיָה מַגִּיעַ לַחֲצִי הָהָר עַד שֶׁנַּעֲשֶׂה אֵבָרִים אֵבָרִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה חִתּוּךְ וְקָשֶׁה. וְהָאֵבָרִים מֻותָּרִין בַּהֲנָאָה. וְהַמְשַׁלֵּחַ הָיָה מְטַמֵּא בְּגָדִים מִשֶּׁיַּגִּיעַ לַצּוּק וְחָזַר וְיָשַׁב בַּסֻּוכָּה הָאַחֲרוֹנָה עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמָחָר הַמְשַׁלֵּחַ יָבֹא לְכֹהֵן גָּדוֹל. (דַּף עא.) אִם מָצְאוּ בַּשּׁוּק יֹאמַר לוֹ כְּדֵי לְכַבְּדוֹ אִישִׁי כ"ג עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אִם מָצְאוּ בַּבַּיִת יֹאמַר מְחַיֶּה חַיִּים עָשִׂיתִי שְׁלִיחוּתְךָ. אַחַ"כּ (דַּף סז:) בָּא כ"ג אֵצֶל פַּר וְשָׂעִיר וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרֵיהֶם וּנְתָנָן בִּכְלִי שָׁרֵת וְהִנִּיחָן עַד בָּא זְמַן הַקְטָרָתָן. וְנָתַן הַפָּר וְהַשָּׂעִיר לְמִי שֶׁמּוֹצִיאָן לִשְׂרֵיפָה חוּץ לִירוּשָׁלַיִם לִצְפוֹנָהּ. וְהָיוּ מְטַמְּאִים בְּגָדִים מִשֶּׁיֵּצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה. וְהוֹצִיאוּם בְּמַקְלוֹת אַרְבָּעָה אֲנָשִׁים בִּשְׁנֵי מַקְלוֹת. קְלוּעוֹת פַּר וְשָׂעִיר זֶה עַל זֶה שְׁלֵימִים בְּעוֹרָן. וְכָךְ הָיוּ מְנַתְּחִין אוֹתָן בָּעוֹר וְשׂוֹרְפָן. אָמְרוּ לכ"ג הִגִּיעַ הַשָּׂעִיר לַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הָיָה רַשַּׁאי לְהַתְחִיל בְּשׁוּם עֲבוֹדָה עַד הִגִּיעוּ שָׁמָּה. וְהֵיאַךְ הָיוּ יוֹדְעִין. אַנְשֵׁי הַסֻּוכּוֹת הָיוּ מְנִיפִין בְּסוּדָרִים וְהָיוּ רוֹאִין מִסֻּוכָּה לַסֻּוכָּה עַד שֶׁמַּגִּיעַ הַדָּבָר לִירוּשָׁלַיִם. וְאַחַר כָּךְ (דַּף סח:) קוֹרֵא כ"ג בַּתּוֹרָה אִם יִרְצֶה בְּבִגְדֵי בּוּץ שֶׁהוּא לָבוּשׁ וְאִם יִרְצֶה יִקְדַּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפוֹשֵׁט וְלוֹבֵשׁ אִיצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ. חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנִיתְּנוּ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת הַמְמֻונֶּה עַל צָרְכֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנוֹ לַסְּגָן וְהַסְּגָן לְכֹהֵן גָּדוֹל. וְכָל זֶה מִשּׁוּם כְּבוֹד כֹּהֵן גָּדוֹל לְהַרְאוֹת שֶׁיֵּשׁ הַרְבֵּה שְׂרָרוֹת תַּחְתָּיו וְהוּא עַל כֻּולָּם. וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְגוֹלֵל אַךְ בֶּעָשׂוֹר וְקוֹרֵא כֵּיוָן שֶׁהַכֹּל עִנְיָן אֶחָד וא"צ לְהַפְסִיק בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתֻּורְגְּמָן יָכוֹל לִגְלֹול. וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וּמַנִּיחוֹ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כְּחוֹב כָּאן (דַּף ע.) מִשּׁוּם פָּגְמָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ שֶׁהַסֵּפֶר תּוֹרָה חֲסֵרָה פָּרָשָׁה כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לִקְרוֹת עַל פֶּה וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים דְּהַייְנוּ קָרְבְּנוֹת הַמּוּסָפִין דְּהַייְנוּ פָּרָשַׁת פִּינְחָס קוֹרֵא עַל פֶּה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִגְלֹול שָׁם מִפְּנֵי כְּבוֹד צִבּוּר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי שֶׁיְּתַרְגֵּם הַמְתֻורְגְּמָן וְאֵין זֶה כְּבוֹד הַצִּבּוּר שֶׁיַּמְתִּינוּ לוֹ. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהָבִיא סֵפֶר תּוֹרָה אַחֶרֶת שֶׁתְּהֵא נִגְלֶלֶת מֵאֶתְמוֹל מִפְּנֵי פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְעוֹד שֶׁיְּהֵא צָרִיךְ לְבָרֵךְ פַּעַם שֵׁנִית וִיהֵא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה. וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹונֶה בְּרָכוֹת. עַל הַתּוֹרָה כְּדֶרֶךְ שֶׁאָנוּ מְבָרְכִין תְּחִלָּה וָסוֹף. וְעַל עֲבוֹדָה רָצָה וְחוֹתֵם בָּרוּךְ אַתָּה ה' שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ נַעֲבֹוד. וְעַל הַהוֹדָאָה מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ. וְעַל מְחִילַת עָוֹן מוֹחֵל עֲוֹנֹותֵיכֶם. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּמִּקְדָּשׁ. וְעַל יִשְׂרָאֵל בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְעַל הַכֹּהֲנִים בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַבּוֹחֵר בַּכֹּהֲנִים. וְעַל שְׁאָר הַתְּפִלָּה תְּפִלָּה רִנָּה וּבַקָּשָׁה שֶׁעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִין לְהִוָּשַׁע בָּרוּךְ אַתָּה ה' שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. אִם קוֹרֵא בְּבִגְדֵי בּוּץ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וּפָשַׁט וְטוֹבֵל (וּמְקַדֵּשׁ) וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי זָהָב [וּמְקַדֵּשׁ] לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאִם קָרָא בְּאִיצְטְלִית מִשֶּׁלּוֹ וְנִמְצָא כְּבָר קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בְּפָשְׁטוּ בִּגְדֵי הַבּוּץ וְאֵינוֹ צָרִיךְ עַתָּה אֶלָּא טְבִילָה וְקִידּוּשׁ וְעָשָׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. (דַּף ע. עא.) וְאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא טוּבָא בְּסֵדֶר הַקְרָבַת הַמּוּסָפִין הַכְּתוּבִים בְּפָרָשַׁת פִּינְחָס שֶׁהֵם שִׁבְעָה כְּבָשִׂים פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר שֶׁמִּיָּד אַחַר אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם הָיָה מַקְטִיר אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הַפְּנִימִי וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְטוֹבֵל וּמְקַדֵּשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי לָבָן וּמוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ לִפְנַי וְלִפְנִים בְּהִקְטִיר שָׁמָּה הַקְּטֹורֶת. וְאִם יִרְצֶה לַעֲשׂוֹת אֵלּוּ הַבְּגָדִים מִשֶּׁלּוֹ וְשֶׁלֹּא לִיקְחָם מִן הַצִּבּוּר הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ וּבִלְבַד שֶׁיִּמְסְרֵם לַצִּבּוּר. אֲבָל בִּשְׁאָר הָעֲבוֹדוֹת לֹא הָיָה רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו [וְטוֹבֵל] וּמְקַדֵּשׁ וְלָבַשׁ בִּגְדֵי זָהָב וְעוֹשֶׂה כָּל הַמּוּסָפִין וְתָמִיד הָעֶרֶב וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר שִׁבְעָה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִין עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר. וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ מִיָּד שֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם. אַחַ"כּ אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם. וְאַחַ"כּ הַקְטָרַת אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר בִּטְבִילָה שְׁלִישִׁית. וְאַחַ"כּ הוֹצָאַת הַכַּף וּמַחְתָּה בִּטְבִילָה רְבִיעִית. וְאַחַ"כּ תָּמִיד הָעֶרֶב וּקְטֹרֶת וְנֵרוֹת וְחָבִיתִין כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא שִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה הָיוּ קְרֵיבִים עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְאֶחָד הַנִּשְׁאָר עִם תָּמִיד הָעֶרֶב. וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר אִיפְּכָא שֶׁהָאֶחָד הָיָה קָרֵב עִם תָּמִיד הַשַּׁחַר וְשִׁשָּׁה כְּבָשִׂים וּפַר הָעוֹלָה עִם תָּמִיד הָעָרֶב. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי עֲקִיבָא וְהַדַּעַת מַכְרַעַת כְּחַד מֵהָנָךְ תַּנָּאֵי דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' עֲקִיבָא שֶׁמִּקְצָת הַמּוּסָפִין בַּבֹּוקֶר וּמִקְצָתָן בָּעֶרֶב לְקַיֵּים שְׁתֵּי הַדְּרָשׁוֹת. לְקַייֵּם מַה שֶׁנֶּאֱמַר מִלְּבַד עֹולַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר וְגוֹ' אַלְמָא שֶׁמּוּסָפִין קְרֵבִין עִם עוֹלַת הַבֹּוקֶר. וּלְקַייֵּם סִדְרָא דְּמִקְּרָאֵי שֶׁעֲבוֹדָה נֶאֶמְרָה בְּאַחֲרֵי מוֹת קֹודֶם הַמּוּסָפִין שֶׁהֵם בְּפִינְחָס אַלְמָא שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם קוֹדֵם הַמּוּסָפִין וְאִיכָּא לְמֵימַר שֶׁגַּם אֵימוּרֵי פַּר וְשָׂעִיר הָיוּ קְרֵיבִין אַחַר הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה כְּדֵי שֶׁנְּמַעֵט הַהַפְסָקָה בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם וּבֵין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהֲרֵי הֵם כְּתוּבִים מִיָּד אַחַר עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְהָיָה רָאוּי לַעֲשׂוֹתָן מִיָּד אֶלָּא שֶׁאָנוּ צְרִיכִין לְהַקְדִּים אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְקַיֵּים חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין דִּגְמִירִי שֶׁצָּרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. הִלְכָּךְ כָּל מַה שֶׁנּוּכַל לְמַעֵט הַהֶפְסֵק עָדִיף טְפֵי. אַחַר כָּל זֶה (דַּף ע.) הָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי עַצְמוֹ וּמְלַוִּין אוֹתוֹ רָאשֵׁי הָעָם וּגְדוֹלִים עַד בֵּיתוֹ. וְיוֹם טוֹב הָיָה עוֹשֶׂה לְכָל אוֹהֲבָיו כְּשֶׁהָיָה יוֹצֵא בְּשָׁלוֹם. הָרַחֲמָן הוּא יַחֲזִיר עֲבוֹדַת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְקוֹמָהּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. יִרְאוּ עֵינֵינוּ וְיִשְׂמַח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יָאִיר עֵינֵינוּ. וִיבָרֵר כָּל סְפֵקוֹתֵינוּ:
Depuis la veille on a désigné (voir plus haut) celui qui conduira le bouc à Azazel. Maintenant il vient à la azara (le parvis) et on le lui remet -- et cela même s'il est devenu tame (impur). Et si le bouc tombe malade au point de ne plus pouvoir marcher, il le charge sur ses épaules, et cela même si c'est Chabbat. Tout homme est apte à cette mission, même un zar (un non-cohen). On lui faisait une rampe (kevech) par laquelle il sortait hors de la azara, à cause des gens légers du peuple qui lui arrachaient les poils en disant : prends et sors. (66b) Les notables de Jérusalem l'accompagnaient jusqu'à la première souka : dix soukot on lui dressait sur la route, distantes d'un mil l'une de l'autre. (67a) Dans chacune se tenaient des hommes pour l'accompagner de l'une à la suivante ; ceux de la dernière souka l'accompagnaient un mil. Il avait donc parcouru onze mils. Ils restaient là, et lui s'éloignait encore d'un mil jusqu'à atteindre le lieu du tsouk (le précipice), et de loin ils voyaient ses gestes. Dans chaque souka on lui disait : voici de l'eau, voici de la nourriture, s'il avait besoin de manger. Il prenait un fil d'écarlate (lachon chel zehorit), le partageait en deux : une moitié liée au rocher pour que l'on voie quand il blanchirait, l'autre moitié liée entre les cornes du bouc, et il le poussait à la renverse. Le bouc n'atteignait pas la moitié de la montagne qu'il était déjà en morceaux -- car il faut que la pente soit dure et déchiquetante. Les membres du bouc sont permis à l'usage (moutarim be-hanaa). Celui qui l'envoie rendait ses habits impurs dès l'instant où il atteignait le tsouk ; il revenait ensuite s'asseoir dans la dernière souka jusqu'à la tombée de la nuit. Et le lendemain, celui qui envoie vient trouver le cohen gadol : (71a) s'il le trouve au marché, il lui dit, pour l'honorer -- Mon maître le cohen gadol, j'ai accompli ta mission ; s'il le trouve à la maison, il dit -- Celui qui fait vivre les vivants, j'ai accompli Sa mission. Ensuite (67b) le cohen gadol vient auprès du taureau et du bouc, en retire les emourim (les parties sacrificielles), les dépose dans un keli charet (un ustensile du service) et les y laisse jusqu'au moment de les faire fumer. Il remet le taureau et le bouc à ceux qui les sortent pour les brûler hors de Jérusalem, au nord. Ceux-là rendaient leurs habits impurs dès qu'ils franchissaient le mur de la azara. On les sortait sur des barres : quatre hommes, deux barres entrelacées, le taureau et le bouc posés l'un sur l'autre, entiers avec leur peau ; et c'est ainsi qu'on les découpait avec la peau et qu'on les brûlait. On disait au cohen gadol : le bouc est arrivé au désert -- car il n'avait le droit de commencer aucun service avant qu'il n'y fût parvenu. Et comment le savaient-ils ? Les hommes des soukot agitaient des linges (soudarim), et l'on voyait d'une souka a l'autre jusqu'à ce que la nouvelle parvienne à Jérusalem. Ensuite (68b) le cohen gadol lit dans la Tora : s'il le veut, dans les habits de boutz (de lin) qu'il porte ; s'il le veut, il sanctifie mains et pieds, se dévêt et revêt une itstelit (une toge) blanche qui lui appartient, et y lit. Le hazan de la synagogue prend le sefer Tora et le donne au roch ha-knesset, préposé aux besoins de la synagogue ; le roch ha-knesset le donne au segan (l'adjoint du cohen gadol), et le segan au cohen gadol. Tout cela pour l'honneur du cohen gadol, afin de montrer qu'il y a beaucoup de dignitaires sous lui et qu'il est au-dessus de tous. Il lit Aharei Mot, puis roule le rouleau jusqu'à Akh be-Assor et lit -- puisque tout relève d'un même sujet et qu'il n'a pas besoin d'une interruption plus longue que le temps de traduction du metourgueman, il peut rouler. Puis il roule le sefer Tora, le pose sur son sein et dit : plus que ce que je vous ai lu est écrit ici. (70a) Cela, à cause de la pegima (l'atteinte) faite à la Tora : pour qu'on ne pense pas qu'il manque une section au sefer Tora, puisqu'il doit réciter par cœur. Car Ouve-assor du houmach des Comptes -- c'est-à-dire les korbanot des moussafim, dans la parachat Pin'has -- il le récite par cœur, ne pouvant y rouler à cause de l'honneur du public : il devrait interrompre plus longtemps que le temps de traduction du metourgueman, et ce n'est pas honorer le public que de le faire attendre. Il ne peut pas non plus apporter un second sefer Tora déjà roulé depuis la veille, à cause de la pegima du premier ; et de plus il devrait bénir une seconde fois, ce qui serait une berakha che-eina tsrikha (une bénédiction inutile). Sur cette lecture il récite huit berakhot : sur la Tora, comme nous bénissons avant et après ; sur la avoda, retse, et il conclut -- béni sois-Tu Hachem, que Toi seul nous servions ; sur la reconnaissance, modim anahnou lakh ; sur le pardon des fautes, qui pardonne vos fautes ; sur le Mikdach, béni sois-Tu Hachem qui choisit le Mikdach ; sur Israël, béni sois-Tu Hachem qui choisit Son peuple Israël ; sur les cohanim, béni sois-Tu Hachem qui choisit les cohanim ; et sur le reste de la prière -- prière, chant et supplication, car Ton peuple Israël a besoin d'être sauvé -- béni sois-Tu Hachem qui entend la prière. S'il a lu dans les habits de boutz, il sanctifie mains et pieds, se dévêt, s'immerge (et sanctifie), revêt les habits d'or (et sanctifie) pour son bélier et le bélier du peuple. Et s'il a lu dans sa propre toge, il se trouve qu'il a déjà sanctifié mains et pieds en ôtant les habits de boutz : il ne lui reste alors qu'une immersion et une sanctification, puis il accomplit son bélier et le bélier du peuple. (70a et 71a) Il existe une large divergence sur l'ordre d'offrande des moussafim écrits dans la parachat Pin'has, à savoir sept agneaux, un taureau en ola et un bouc en hatat. Rabbi Eliezer tient qu'aussitôt après son bélier et le bélier du peuple il faisait fumer les emourim du taureau et du bouc intérieur ; puis il sanctifiait mains et pieds, s'immergeait, sanctifiait, revêtait les habits blancs et sortait la coupe et l'encensoir qu'il avait laissés dans le lifnai ve-lifnim (le Saint des Saints) en y faisant fumer l'encens. Et s'il veut faire ces habits-là à ses frais plutôt que de les prendre du public, il en a le droit, pourvu qu'il les remette ensuite au public ; mais pour les autres services il n'avait pas cette liberté. Ensuite il sanctifie mains et pieds, s'immerge, sanctifie, revêt les habits d'or, et accomplit tous les moussafim, le tamid de l'après-midi, l'allumage des lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Rabbi Akiva tient que les sept agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin ; le bouc fait à l'extérieur, aussitôt achevé le service du jour ; ensuite son bélier et le bélier du peuple ; ensuite la fumigation des emourim du taureau et du bouc, à la troisième immersion ; ensuite la sortie de la coupe et de l'encensoir, à la quatrième immersion ; ensuite le tamid de l'après-midi, l'encens, les lampes et les havitin, selon l'ordre de tous les jours. Il y a qui dit au nom de Rabbi Akiva : six agneaux et le taureau de la ola étaient offerts avec le tamid du matin, et le dernier avec le tamid de l'après-midi. Et il y a qui dit l'inverse : un seul était offert avec le tamid du matin, et six agneaux avec le taureau de la ola au tamid de l'après-midi. Le Rambam zal a tranché comme Rabbi Akiva, et le bon sens penche pour l'un de ces tanaim qui parlent au nom de Rabbi Akiva, selon lesquels une partie des moussafim est offerte le matin et une partie le soir, afin de satisfaire les deux derachot : satisfaire ce qui est dit -- outre la ola du matin, etc. -- d'où il ressort que les moussafim sont offerts avec la ola du matin ; et satisfaire l'ordre des versets, puisque le service a été énoncé dans Aharei Mot avant les moussafim qui sont dans Pin'has, d'où il ressort que le service du jour précède les moussafim. Et l'on peut dire que les emourim du taureau et du bouc, eux aussi, étaient offerts après la sortie de la coupe et de l'encensoir, afin de réduire la coupure entre le service du jour et cette sortie -- car ils sont écrits immédiatement après le service du jour et il aurait convenu de les faire aussitôt ; mais nous sommes obligés de faire passer avant son bélier et le bélier du peuple, pour réaliser les cinq immersions et les dix sanctifications que la tradition impose à Yom Kippour. Dès lors, tout ce que l'on peut retrancher de cette coupure vaut mieux. Après tout cela (70a), il sanctifiait mains et pieds, revêtait ses propres habits, et les chefs du peuple et les grands l'accompagnaient jusqu'à sa maison. Et il faisait un jour de fête pour tous ceux qui l'aimaient, lorsqu'il sortait en paix. Que le Miséricordieux ramène le service du Beit haMikdach à sa place, promptement et de nos jours. Que nos yeux voient et que notre cœur se réjouisse en Sa Tora ; que par Sa Tora Il illumine nos yeux et éclaircisse tous nos doutes.
💡 Explication

La guemara quitte la discussion sur l'ordre des versets pour une scène : le lendemain de Yom Kippour, l'homme qui a conduit le bouc au désert vient rendre compte. Deux formules, selon le lieu.

Au marché, en public, il honore l'homme : Ichi cohen gadol, mon maître -- et il parle de ta mission. À la maison, sans témoins, l'honneur dû à l'homme n'a plus de raison d'être affiché, et tout est rendu au Ciel : mehaye 'hayim, Celui qui fait vivre les vivants -- Sa mission. Le Ben Yehoyada donne à cette formule un sens plus fort : ce jour-là, les fautes étant pardonnées, il ne reste plus en Israël de rechaim, qui de leur vivant sont appelés morts -- tous sont redevenus des vivants.

🖼️ Schéma
Le lendemain de Yom Kippour : deux façons de dire la même chose Celui qui a conduit le bouc vient rendre compte au cohen gadol -- la formule change avec le lieu Le messager arrive Il le trouve au marché lieu public, devant les gens Mon maître le cohen gadol, nous avons accompli ta mission On honore l'homme là où son honneur se voit. Il le trouve dans sa maison lieu privé, sans public Celui qui fait vivre les vivants, nous avons accompli Sa mission Sans public à impressionner, tout revient au Ciel. De ce mehaye 'hayim la guemara enchaîne sur la formule d'adieu des maîtres de Poumbedita, puis sur toute une série de versets sur la vie.
Les deux salutations, et ce que change le lieu de la rencontre.
15
אָמַר רַבָּה: כִּי מִיפַּטְרִי רַבָּנַן מֵהֲדָדֵי בְּפֻומְבְּדִיתָא אָמְרִי הָכִי: ״מְחַיֵּה חַיִּים יִתֵּן לְךָ חַיִּים אֲרֻוכִּים וְטוֹבִים וּמְתֻוקָּנִין״.

Rabba a dit : lorsque les maîtres prennent congé les uns des autres à Poumbedita, ils se disent ainsi : que Celui qui fait vivre les vivants te donne une vie longue, bonne et bien ordonnée.

📜 Rachi (1)
מִפַּטְרִי מְהֻדְּדֵי שֶׁהָיָה אֶחָד נוֹטֵל רְשׁוּת מֵחֲבֵירוֹ לָשׁוּב לְבֵיתוֹ:
Ils prennent congé les uns des autres -- l'un demandait congé à son compagnon pour rentrer chez lui.
💡 Explication

Association d'idées à partir de l'expression mehaye 'hayim. La formule de Poumbedita n'est pas un simple souhait de longévité : elle demande trois choses -- une vie longue, bonne, et metoukenet, c'est-à-dire bien ordonnée, où l'on ne manque de rien et où l'on n'a pas à courir après ses besoins.

16
״אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה׳ בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים״, אָמַר רַב יְהוּדָה: זֶה מְקוֹם שְׁוָוקִים.

Je marcherai devant Hachem dans les terres des vivants (Tehilim 116,9) -- Rav Yehouda a dit : c'est le lieu des marchés.

📜 Rachi (2)
אֶתְהַלֵּךְ וְכוּ' אַיְּידֵי דְּאַייְרֵי בַּחַיִּים מְתֻוקָּנִים נְקַט לָהּ:
Je marcherai, etc. -- puisqu'il vient d'être question d'une vie bien ordonnée, la guemara rapporte ce verset ici.
זֶה מְקוֹם שְׁוָוקִים שֶׁאָדָם מוֹצֵא לִקְנוֹת מְזוֹנוֹתָיו וּלְפִי שֶׁהָיָה דָּוִד מְטַלְטֵל נָע וָנָד הָיָה מִתְפַּלֵּל עַל הַדָּבָר:
C'est le lieu des marchés -- où l'homme trouve à acheter sa nourriture ; et parce que David était errant, ballotté d'un lieu à l'autre, il priait à ce sujet.
🪔 Ben Yehoyada (1)
(תְּהִלִּים קטז, ט) "אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה' בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים". אָמַר רַב יְהוּדָה: זֶה מְקוֹם שׁוֹקַיִם. קָשֶׁה מַה שַׁייָּכוּת לוֹמַר עַל מְקוֹם שׁוֹקַיִם אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה' וַדַּאי קָאֵי עַל בָּתֵּי מִדְרָשׁוֹת, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר גַּבֵּי דּוֹאֵג (שְׁמוּאֵל א' כא, ח) נֶעְצַר לִפְנֵי ה' שֶׁהָיָה מֵחוֹבְשֵׁי בֵּית הַמִּדְרָשׁ, אַךְ אִם הָאָדָם צָרִיךְ לְתַקֵּן בְּיָדוֹ מַאֲכָלוֹ וּמִלְּבוּשׁוֹ, מֻוכְרָח לְאַבֵּד כַּמָּה שָׁעוֹת בַּיּוֹם בִּשְׁבִיל תִּיקּוּנָם וַהֲכָנָתָם, אֲבָל בְּעִיר שֶׁיֵּשׁ שְׁוָוקִים שֶׁהַכֹּל מוּכָן וּמְתֻוקָּן דַּאֲפִילּוּ תַּבְשִׁילִים מוֹכְרִים בָּהֶם בְּאֹופֶן שֶׁאֵין אָדָם צָרִיךְ לְתַקֵּן בְּיָדוֹ כְּלוּם אֶלָּא קוֹנֶה וְאוֹכֵל תֵּיכֶף קוֹנֶה וְלוֹבֵשׁ תֵּיכֶף אָז עַל יְדֵי כָּךְ יוּכַל לִהְיוֹת נֶעְצַר לִפְנֵי ה' בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ בִּתְמִידוּת, וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה' בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ בִּתְמִידוּת הוּא רַק בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים, רוֹצֶה לוֹמַר בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ שְׁוָוקִים שֶׁהַכֹּל מוּכָן וּמְזֻומָּן וְאֵין צֹורֶךְ לְאַבֵּד הַזְּמַן. אוֹ יוּבַן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר הָרַמְבַּ"ם זַ"ל (רַמְבַּ"ם הִלְכוֹת דֵּעוֹת ג, ג) 'בְּכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ' (מִשְׁלֵי ג, ו) זֶה כְּלָל גָּדוֹל בַּתּוֹרָה שֶׁהָאָדָם גַּם בְּעֵסֶק הַגַּשְׁמִיּוּת יְכַוֵּין בַּעֲבוּר עֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרֵךְ, וְלָזֶה אָמַר אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה' כְּלוֹמַר בְּכָל עֵת אֲנִי רוֹאֶה עַצְמִי לִפְנֵי ה' וְגַם בִּהְיוֹתִי עוֹמֵד 'בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים' זֶה מְקוֹם שׁוֹקַיִם לִקְנוֹת דְּבָרִים הַגּוּפָנִיִּים, כִּי אֲנִי מְכַוֵּין לַעֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרֵךְ. אוֹ יוּבַן הַכַּוָּנָה עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל כְּשֶׁאָדָם מְהַלֵּךְ צָרִיךְ לְכַוֵּין שְׁתֵּי רַגְלָיו הֵם כְּנֶגֶד נֶצַח וְהוֹד שֶׁהֵם תְּרֵין שׁוּקִין וְדוֹק. אוֹ יוּבַן רֶמֶז עַל אֲחִיזָתוֹ שֶׁהוּא בַּמַּלְכוּת אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי ה' בְּחִינַת פָּנִים בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים, וְדָרַשׁ רַב יְהוּדָה 'אֲרָצוֹת הַחַיִּים' עַל מְקוֹם שׁוֹקַיִם הֵם נֶצַח וְהוֹד שֶׁהֵם תְּרֵין שׁוּקִין וּשְׁוָוקִים לְשׁוֹן שׁוֹק וְיָרֵךְ שֶׁשָּׁם מְקוֹם הַיִּחוּד וההי"ב.
Je marcherai devant Hachem dans les terres des vivants (Tehilim 116,9). Rav Yehouda a dit : c'est le lieu des marchés. Difficulté : quel rapport y a-t-il à dire d'un lieu de marchés -- je marcherai devant Hachem ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que <i>je marcherai devant Hachem</i> se rapporte certainement aux maisons d'étude, comme il est dit à propos de Doeg (Chemouel I 21,8) : retenu devant Hachem -- car il était de ceux qui siégeaient au beit hamidrach. Or, si un homme doit préparer de ses mains sa nourriture et son vêtement, il lui faut perdre plusieurs heures par jour à les préparer et à les apprêter ; mais dans une ville où il y a des marchés, où tout est prêt et disposé -- au point qu'on y vend même des plats cuisinés, de sorte que l'homme n'a rien à préparer lui-même mais achète et mange aussitôt, achète et se vêt aussitôt -- alors il peut, grâce à cela, se tenir en permanence devant Hachem au beit hamidrach. Et c'est le sens du verset : je marcherai devant Hachem, c'est-à-dire être en permanence au beit hamidrach, n'est possible que dans les terres des vivants, c'est-à-dire dans un lieu où il y a des marchés, où tout est prêt et disponible et où l'on n'a pas à perdre son temps. On peut aussi le comprendre, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a dit le Rambam zal (Hilkhot Deot 3,3) sur le verset dans toutes tes voies connais-Le (Michle 3,6) : c'est un grand principe de la Tora, que l'homme, même dans ses occupations matérielles, vise le service de Hachem. Ainsi : je marcherai devant Hachem, c'est-à-dire qu'à tout instant je me vois devant Hachem, y compris lorsque je me tiens dans les terres des vivants -- le lieu des marchés, où l'on achète les choses du corps -- car j'y vise le service de Hachem. On peut encore le comprendre d'après ce qu'a dit notre maître le Ari zal : quand l'homme marche, il doit avoir en vue que ses deux jambes correspondent à Netsa'h et Hod, qui sont les <i>terein chokin</i>, les deux cuisses -- médite-le. Ou encore en allusion à son point d'attache, qui est dans Malkhout : je marcherai devant Hachem, c'est l'aspect des panim (la face) ; dans les terres des vivants -- et Rav Yehouda a expliqué les terres des vivants comme le lieu des chevakim (les marchés), qui sont Netsa'h et Hod, les deux chokin, car chevakim est du même mot que chok, la cuisse, là où se trouve le lieu de l'union -- et comprends bien.
💡 Explication

Le mot metoukanim du souhait précédent appelle ce verset. Marcher devant Hachem désigne la vie d'étude ; les terres des vivants, dit Rav Yehouda, sont un lieu où il y a des marchés.

La logique est celle du Ben Yehoyada : qui doit lui-même préparer sa nourriture et son vêtement perd chaque jour des heures ; là où tout s'achète déjà prêt, l'homme peut rester en permanence au beit hamidrach. Rachi ajoute la dimension personnelle : David, errant de lieu en lieu, priait précisément pour cela.

17
״כִּי אֹורֶךְ יָמִים וּשְׁנוֹת חַיִּים וְשָׁלוֹם יוֹסִיפוּ לָךְ״, וְכִי יֵשׁ שָׁנִים שֶׁל חַיִּים וְיֵשׁ שָׁנִים שֶׁאֵינָן שֶׁל חַיִּים? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵלּוּ שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם הַמִּתְהַפְּכוֹת עָלָיו מֵרָעָה לְטוֹבָה.

Car longueur de jours, années de vie et paix, ils t ajouteront (Michle 3,2) : y a-t-il donc des années de vie et des années qui ne sont pas de vie ? Rabbi Elazar a dit : ce sont les années d'un homme qui se retournent pour lui du mal vers le bien.

📜 Rachi (1)
שֶׁמִּתְהַפְּכוֹת עָלָיו מִי שֶׁהָיָה עָנִי בְּיַלְדוּתוֹ וְנַעֲשָׂה עָשִׁיר לְעֵת זִקְנוּתוֹ דּוֹמֶה לוֹ כְּאִילּוּ עַכְשָׁיו נַעֲשָׂה חַי מִתּוֹךְ מִיתָה:
Qui se retournent pour lui -- celui qui était pauvre dans sa jeunesse et devient riche au temps de sa vieillesse, il lui semble qu'il vient à l'instant de revenir à la vie du sein de la mort.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵלּוּ שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם, שֶׁמִּתְהַפְּכִין לוֹ מֵרָעָה לְטוֹבָה. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּדָרֵישׁ (מִשְׁלֵי ג, ב) 'וּשְׁנוֹת' לְשׁוֹן שִׁינּוּי שֶׁמִּשְׁתַּנִּים הַיָּמִים לְטוֹבָה וּלְחָיַיִם, וְהַייְנוּ כִּי הַתּוֹרָה נִמְשְׁלָה לִתְבוּאָה, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (מַכּוֹת י.) עַל פָּסוּק (קֹהֶלֶת ה, ט) 'וּמִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לֹא תְּבוּאָה' וְהַמַּרְבֶּה בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה שֶׁיַּעֲשֶׂה מִמֶּנָּה גֹּרֶן וְגַם יִהְיֶה נַגָּר בְּפִלְפּוּל הַתּוֹרָה אָז יֶחְסַר מִסְפַּר גֹּרֶן מִסֵּפֶר רָעָה וְיִשָּׁאֵר מִסֵּפֶר טוֹבָה [גֹּרֶן 253 - רָעָה 275 =טוֹבָה 22] , וְלָזֶה אָמַר שֶׁמִּתְהַפְּכִין לוֹ מֵרָעָה לְטוֹבָה.
Ce sont les années d'un homme qui se retournent pour lui du mal vers le bien. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il interprète <i>ouchnot</i> (Michle 3,2) au sens de chinouy, changement : les jours changent pour devenir bons et devenir vie. Car la Tora est comparée à la récolte (tevoua), comme l'ont dit nos maîtres (Makot 10a) sur le verset (Kohelet 5,9) : et qui aime l'abondance, sans récolte -- celui qui multiplie l'étude de la Tora au point d'en faire une aire (goren), et qui de plus devient nagar, habile à manier le pilpoul de la Tora, alors on retranche la valeur numérique de goren de la valeur numérique de raa (le mal), et il reste la valeur numérique de tova (le bien) [goren 253, raa 275, reste tova 22]. C'est pourquoi il dit : elles se retournent pour lui du mal vers le bien.
💡 Explication

La difficulté est dans le pléonasme : années de vie -- comme s'il existait des années qui n'en seraient pas. Rabbi Elazar répond que années de vie désigne les bonnes années ; le verset promet donc un renversement.

Rachi rend la chose concrète : celui qui était pauvre dans sa jeunesse et devient riche dans sa vieillesse éprouve comme s'il revenait à la vie du sein de la mort. Le Ben Yehoyada lit ouchnot au sens de chinouy, changement : ce ne sont pas des années ajoutées mais des années transformées.

18
״אֲלֵיכֶם אִישִּׁים אֶקְרָא״, אָמַר רַבִּי בֶּרֶכְיָה: אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁדּוֹמִין לְנָשִׁים וְעוֹשִׂין גְּבוּרָה כַּאֲנָשִׁים. וְאָמַר רַבִּי בֶּרֶכְיָה: הָרוֹצֶה לְנַסֵּךְ יַיִן עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ — יְמַלֵּא גְּרוֹנָם שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים יַיִן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲלֵיכֶם אִישִּׁים אֶקְרָא״.

Vers vous, ichim, j'appelle (Michle 8,4) -- Rabbi Berekhia a dit : ce sont les talmide hakhamim, qui ressemblent à des femmes et accomplissent des actes de vaillance comme des hommes. Et Rabbi Berekhia a dit : celui qui veut verser une libation de vin sur l'autel, qu'il remplisse de vin le gosier des talmide hakhamim, ainsi qu'il est dit : vers vous, ichim, j'appelle.

📜 Rachi (4)
אֲלֵיכֶם אִישִּׁים אֶקְרָא בְּרֹאשׁ פָּרָשַׁת וּשְׁנוֹת חַיִּים הוּא לְהָכִי נְקַט לֵיהּ:
Vers vous, ichim, j'appelle -- ce verset se trouve en tête de la section où figure <i>et années de vie</i> (Michle 9,11) ; c'est pourquoi la guemara le rapporte ici.
אִישִּׁים לְשׁוֹן אִשָּׁה מִדְּלָא כְּתִיב אֲנָשִׁים:
Ichim -- c'est un terme de icha (femme), puisqu'il n'est pas écrit anachim (hommes).
שֶׁדּוֹמִין לְנָשִׁים עִנְוְתָנִין וּתְשׁוּשֵׁי כֹּחַ:
Qui ressemblent à des femmes -- humbles et de force amoindrie.
(שֶׁנִּסֵּךְ) יַיִן וְכוּ' אִישִּׁים לְשׁוֹן קָרְבַּן אִשָּׁה:
Verser du vin, etc. -- ichim est ici un terme de iche, l'offrande consumée par le feu.
🪔 Ben Yehoyada (1)
"אֲלֵיכֶם אִישִּׁים אֶקְרָא" וְגוֹ' (מִשְׁלֵי ח, ד) , אָמַר רַבִּי בֶּרֶכְיָה: אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁיּוֹשְׁבִים וְדוֹמִים כַּנָּשִׁים וְעוֹשִׂין גְּבוּרָה כַּאֲנָשִׁים. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל 'אִישִּׁים' לְשׁוֹן אִשָּׁה מִדְּלָא כְּתִיב אֲנָשִׁים, וְקָשֶׁה לָמָּה אִישִּׁים מַשְׁמָעוּתָהּ עַל אִשָּׁה טְפֵי מֵאִישׁ, אַדְּרַבָּא בָּאִישִּׁים יֵשׁ אוֹתִיּוֹת אִישׁ וְלֹא יֵשׁ אוֹתִיּוֹת אִשָּׁה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי אִישִׁים מַשְׁמָעוּתָהּ לָזֶה וְלָזֶה, שֶׁהוּא שֵׁם דָּבָר דְּהַייְנוּ אִישׁוּת, וְקַשְׁיָא לֵיהּ לְבַעַל הַמַּאֲמָר אִם הוּא מְדַבֵּר עִם אֲנָשִׁים יֹאמַר 'אֲלֵיכֶם אֲנָשִׁים אֶקְרָא' וְאִם מְדַבֵּר עִם הַנָּשִׁים יֹאמַר 'אֲלֵיכֶם נָשִׁים אֶקְרָא' וְלָמָּה נָקֵיט 'אִישִּׁים' שֶׁהוּא מִלְּתָא דְּמִשְׁתַּמְעָא לִתְרֵי אַנְפֵּי? וְלָכֵן מְפָרֵשׁ דְּקָאֵי עַל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים דְּאִית בְּהוּ הָא וְהָא שֶׁדּוֹמִין לְנָשִׁים וְעוֹשִׂין גְּבוּרָה כַּאֲנָשִׁים. וּמַה שֶׁאָמַר שֶׁיּוֹשְׁבִים וְדוֹמִים , תֵּיבַת 'שֶׁיּוֹשְׁבִים' נִרְאֶה לְשׁוֹן יֶתֶר? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּנָה כְּמוֹ הָאִשָּׁה שֶׁהִיא עֲצוּרָה בַּבַּיִת שֶׁיּוֹשֶׁבֶת בְּבֵיתָהּ וְלֹא תֵּצֵא חוּצָה, דִּכְתִיב (תְּהִלִּים מה, יד) 'כָּל כְּבוּדָּה בַת מֶלֶךְ פְּנִימָה' כֵּן הֵם יוֹשְׁבִין בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וַעֲצוּרִים שָׁם, וּבָזֶה הֵם דּוֹמִין לְנָשִׁים, אַךְ בֶּאֱמֶת עוֹשִׂין גְּבוּרָה כַּאֲנָשִׁים שֶׁיּוֹדְעִין בְּכָל עִנְיְנֵי הָעוֹלָם וּפִקְּחִים בְּכָל דָּבָר, כִּי הֵם הַנּוֹתְנִים עֵצָה נְכוֹנָה לַאֲנָשִׁים אֲפִילּוּ בְּעִנְיְנֵי הַמִּלְחָמָה. אוֹ יוּבַן יוֹשְׁבִין בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וְאֵינָם עוֹסְקִים בְּמַשָּׂא וּמַתָּן וּמְלָאכָה, וּבָזֶה דּוֹמִין לְנָשִׁים שֶׁיּוֹשְׁבִין בְּבֵיתָם וּמִתְפַּרְנְסִים מִן בַּעֲלֵיהֶם, כֵּן הֵם מִתְפַּרְנְסִים בְּמַה שֶׁמַּחֲזִיקִין בְּיָדָם הָעֲשִׁירִים, אַךְ בֶּאֱמֶת הֵם עֲדִיפֵי מִנָּשִׁים יַעַן דְּהָאִשָּׁה נִשְׁפַּעַת מִבַּעְלָהּ וְאֵינָהּ מַשְׁפַּעַת לוֹ, אַךְ אֵלּוּ אַף עַל פִּי שֶׁנִּשְׁפָּעִים מִן הָעֲשִׁירִים עוֹשִׂים גְּבוּרָה כַּאֲנָשִׁים שֶׁהֵם מַשְׁפִּיעִים לַעֲשִׁירִים שֶׁבִּזְכוּתָם עוֹשִׂים בְּמַשָּׂא וּמַתָּן וּמַצְלִיחִים בּוֹ.
Vers vous, ichim, j'appelle, etc. (Michle 8,4). Rabbi Berekhia a dit : ce sont les talmide hakhamim, qui siègent et ressemblent à des femmes, et accomplissent des actes de vaillance comme des hommes. Rachi zal a expliqué : ichim est un terme de icha (femme), puisqu'il n'est pas écrit anachim. Difficulté : pourquoi ichim signifierait-il femme plutôt qu'homme ? Au contraire, dans ichim il y a les lettres de ich, et non les lettres de icha ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ichim vaut pour l'un et pour l'autre, car c'est un nom abstrait, celui d'ichout (la conjugalité). L'auteur de l'enseignement s'est donc demandé : s'il parle à des hommes, qu'il dise vers vous, anachim, j'appelle ; s'il parle aux femmes, qu'il dise vers vous, nachim, j'appelle ; pourquoi prendre ichim, un mot qui s'entend dans les deux sens ? Il explique donc que cela vise les talmide hakhamim, en qui il y a l'un et l'autre : ils ressemblent à des femmes et accomplissent des actes de vaillance comme des hommes. Et ce qu'il dit -- <i>qui siègent</i> et ressemblent -- le mot qui siègent paraît superflu ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le sens est celui-ci : de même que la femme est retenue à la maison, qu'elle y siège et ne sort pas au dehors, comme il est écrit (Tehilim 45,14) toute la gloire de la fille du roi est au-dedans, de même eux siègent au beit hamidrach et y sont retenus -- et en cela ils ressemblent à des femmes ; mais en vérité ils accomplissent des actes de vaillance comme des hommes, car ils connaissent toutes les affaires du monde et sont perspicaces en tout, et ce sont eux qui donnent aux hommes le conseil juste, même en matière de guerre. On peut aussi comprendre : ils siègent au beit hamidrach et ne s'occupent ni de commerce ni de métier, et en cela ils ressemblent aux femmes, qui siègent chez elles et sont entretenues par leurs maris -- ainsi eux sont entretenus par ce que les riches leur donnent. Mais en vérité ils valent mieux que les femmes : car la femme reçoit l'influx de son mari et ne lui en donne pas, tandis qu'eux, bien qu'ils reçoivent l'influx des riches, accomplissent des actes de vaillance comme des hommes, puisque ce sont eux qui font descendre l'influx sur les riches -- c'est par leur mérite que ceux-ci réussissent dans leur commerce.
💡 Explication

Le verset est amené, dit Rachi, parce qu'il ouvre la section où figure et années de vie (Michle 9,11). Rabbi Berekhia y lit le mot ichim en trois sens successifs.

D'abord comme icha, femme -- le texte n'a pas écrit anachim : les talmide hakhamim sont humbles et de force amoindrie. Ensuite comme anachim : leur vaillance est réelle, elle s'exerce dans la Tora. Enfin comme iche, l'offrande consumée par le feu de l'autel : à défaut d'autel, qui veut offrir une libation de vin la verse dans le gosier des sages.

🖼️ Schéma
Ichim : un mot qui tient les deux bouts Rabbi Berekhia lit dans un seul mot deux lectures opposées, et trois enseignements en découlent Comme des femmes ichim entendu comme icha Rachi : humbles et de force amoindrie Ben Yehoyada : retenus au beit hamidrach comme la femme au-dedans de sa maison Comme des hommes ichim contient les lettres de ich Ils font acte de vaillance : ils connaissent le monde et donnent le conseil juste Ils reçoivent des riches mais font réussir leur commerce Comme le feu de l'autel ichim entendu comme iche, l'offrande consumée Qui veut verser du vin sur l'autel, qu'il en remplisse le gosier des talmide hakhamim Rachi : ichim, terme de iche Ben Yehoyada précise la difficulté : dans ichim il y a bien les lettres de ich, non celles de icha. Sa réponse : ichim est un nom abstrait, ichout -- il vaut pour les deux, et c'est justement ce qui désigne le talmid 'hakham.
Les trois lectures du mot ichim et les enseignements que Rabbi Berekhia en tire.
19
וְאָמַר רַבִּי בֶּרֶכְיָה: אִם רוֹאֶה אָדָם שֶׁתּוֹרָה פּוֹסֶקֶת מִזַּרְעוֹ — יִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם יַזְקִין בָּאָרֶץ שָׁרְשׁוֹ וּבֶעָפָר יָמוּת גִּזְעוֹ

Et Rabbi Berekhia a dit : si un homme voit que la Tora cesse dans sa descendance, qu'il épouse la fille d'un talmid 'hakham, ainsi qu'il est dit : si sa racine vieillit dans la terre et si son tronc meurt dans la poussière

🪔 Ben Yehoyada (1)
אִם רוֹאֶה אָדָם שֶׁתּוֹרָה פּוֹסֶקֶת מִזַּרְעוֹ, יֵלֵךְ וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. נִרְאֶה לִי בס"ד נָקֵיט 'יֵלֵךְ' לוֹמַר אִם אֵינָהּ מְצוּיָה בְּעִירוֹ יֵלֵךְ אֲפִילּוּ לְעִיר אַחֶרֶת כְּדֵי לִישָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם.
S'il voit que la Tora cesse dans sa descendance, qu'il aille épouser la fille d'un talmid 'hakham. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le mot <i>qu il aille</i> est pris pour dire : si elle ne se trouve pas dans sa ville, qu'il aille même dans une autre ville afin d'épouser la fille d'un talmid 'hakham.
💡 Explication

Dernier enseignement du amud, laissé en suspens : le verset (Iyov 14,8-9) se poursuit par à l'odeur de l'eau il refleurira -- l'eau étant la Tora. Même un arbre dont la racine a vieilli et dont le tronc est mort reverdit au contact de l'eau.

Le Ben Yehoyada s'arrête sur le mot qu'il aille : si une telle femme ne se trouve pas dans sa ville, qu'il aille la chercher dans une autre.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).