Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de la sougya du pouvoir - le juge qui sort siéger va, selon Rav, vers sa propre mise à mort, et les versets récités devant la foule ou sur la litière servent d'antidote à l'honneur. Vient ensuite une lecture à rebours de Proverbes 18,5 : être ménagé en ce monde est un mauvais signe (Ahab), être châtié ici en est un bon (Moche), puis la symétrie du mérite et de la dette transmis aux générations - les fils d'Aharon sauvés par leur père, les fils de Kenaan retenus par le leur, avec le cas de Tavi, serviteur de Rabban Gamliel.
Deux règles closent ce mouvement : celui qui fait acquérir du mérite au public est préservé de la faute, celui qui fait fauter le public n'obtient pas les moyens de faire techouva - non par récompense ou vengeance, mais pour que le maître et ses élèves ne finissent pas de part et d'autre. La guemara revient alors à la michna et démonte deux calculs : je fauterai et je ferai techouva, dit deux fois, parce qu'une faute répétée devient comme permise ; et je fauterai et Kippour expiera, qui échoue même selon Rabbi, car un jour d'expiation ne peut pas servir de moyen de fauter.
La seconde moitié du daf est consacrée aux fautes entre l'homme et son prochain, que Yom Kippour n'expie pas : la racine p-l-l de I Samuel 2,25 est d'abord lue comme jugement puis comme apaisement, et de là découle tout le protocole du piyous - même une offense en paroles, dénouer la paume s'il s'agit d'argent, multiplier les amis s'il s'agit de mots, trois rangées de trois hommes selon Rav Hisda, pas plus de trois demandes selon Rabbi Yossi bar Hanina, et dix personnes sur la tombe si l'offensé est mort. Quatre récits ferment le daf : Rabbi Yirmeya assis sous les eaux usées, Rabbi Abba qui sort à sa rencontre, Rabbi Zeira qui se rend disponible, et Rav allant la veille de Kippour chez le boucher qui le congédie - et que Rav Houna avait déjà vu mort.
[Rav disait, en sortant siéger au tribunal :] c'est de son propre gré qu'il sort vers sa mise à mort ; les besoins de sa maison, il ne les fait pas ; et c'est les mains vides qu'il rentre chez lui - et plût au Ciel que l'entrée soit comme la sortie ! Et lorsqu'il voyait une foule (amboha) marcher derrière lui [en son honneur], il disait : « quand bien même son élévation monterait jusqu'aux cieux et que sa tête toucherait la nuée, il périra à jamais comme sa propre fiente ; ceux qui le voyaient diront : où est-il ? » (Job 20,6-7).
Rav Zoutra, lorsqu'on le portait sur les épaules au Chabbat de la fête [où il enseignait], disait : « car la richesse ne dure pas toujours, et le diadème est-il d'âge en âge ? » (Proverbes 27,24).
Ces lignes achèvent la sougya de la fin de 86b sur le danger du pouvoir. Le juge qui sort siéger fait, selon Rav, le plus mauvais des marchés : il risque le châtiment d'une erreur de jugement (lekatla nafik - il sort vers sa mise à mort), il néglige les besoins de sa maison, et il n'en tire aucun gain. Son seul souhait est de rentrer aussi net qu'il est sorti.
Les deux versets qui suivent sont des antidotes à l'honneur, récités au moment précis où l'honneur se manifeste : la foule qui escorte, les épaules qui portent. Rachi le dit explicitement - chelo tazouah daato, pour que son esprit ne s'enfle pas. Le daf s'ouvre donc sur une hygiène de l'amour-propre, avant de passer à ce qui sépare le méchant ménagé du juste châtié.
« Il n'est pas bon d'avoir égard à la personne du méchant » (Proverbes 18,5) - il n'est pas bon pour les méchants qu'on ait égard à eux en ce monde. Il ne fut pas bon pour Ahab qu'on ait eu égard à lui en ce monde, ainsi qu'il est dit : « puisque [Ahab] s'est humilié devant Moi, Je n'amènerai pas le malheur de son vivant » (I Rois 21,29).
Le verset de Proverbes est lu à rebours du sens courant. « Avoir égard à la personne » (seet panim) désigne ici le fait d'être ménagé, de ne pas être puni tout de suite. Le daf en fait un mauvais signe : la sanction différée n'est pas une remise, c'est un report - et ce qui n'est pas soldé ici reste dû ailleurs.
Ahab est le cas type : son humiliation lui vaut un sursis explicite - « pas de son vivant ». Le texte souligne ce que ce sursis lui coûte.
« ... pour faire dévier le juste dans le jugement » [suite du même verset] - il est bon pour les justes qu'on n'ait pas égard à eux en ce monde. Il fut bon pour Moche qu'on n'ait pas eu égard à lui en ce monde, ainsi qu'il est dit : « parce que vous n'avez pas eu foi en Moi pour Me sanctifier » (Nombres 20,12) - d'où il ressort que si vous aviez eu foi en Moi, leur heure de quitter le monde ne serait pas encore venue.
Le second hémistiche du même verset donne le versant positif : lehatot tsadik ba-michpat, faire dévier le juste dans le jugement, c'est justement l'épargner ici-bas. Être repris de son vivant est un avantage, parce que le compte se solde dans ce monde.
La déduction sur Moche est audacieuse : si le décret de sa mort au désert est motivé par « parce que vous n'avez pas eu foi », c'est que sans cette faute son heure n'était pas encore venue. Le châtiment n'est pas seulement un châtiment : il est le signe qu'un compte resté ouvert a été règle ici plutôt que là-bas.
Heureux les justes : non seulement ils acquièrent du mérite pour eux-mêmes, mais ils en font acquérir à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants jusqu'à la fin de toutes les générations. Car Aharon avait plusieurs fils qui méritaient d'être brûlés comme Nadav et Avihou, ainsi qu'il est dit : « [les fils d'Aharon] qui restaient » (Lévitique 10,16) - mais le mérite de leur père les a soutenus.
La preuve tient à un seul mot : ha-notarim, « ceux qui restaient ». Rachi tire de ce participe qu'il n'y a de « reste » que là où il y aurait pu ne rien rester : eux aussi méritaient de brûler, et ils sont restés.
Ce qui les a sauvés n'est pas leur propre bilan mais le zekhout avot, le mérite du père. La sougya passe ainsi de la responsabilité individuelle à ce qu'un homme transmet - thème qui va se retourner au segment suivant.
Malheur aux méchants : non seulement ils se rendent coupables eux-mêmes, mais ils rendent coupables leurs enfants et les enfants de leurs enfants jusqu'à la fin de toutes les générations. Kenaan avait beaucoup de fils qui méritaient d'être ordonnés (semikha) comme Tavi, le serviteur de Rabban Gamliel - mais la dette (hova) de leur père en a décidé autrement.
Symétrie exacte du segment précédent : ce qui se transmet n'est pas seulement le mérite, c'est aussi la hova, la dette. Tavi, esclave cananéen de Rabban Gamliel, est le contre-exemple vivant : sa stature en Torah aurait justifié la semikha, mais son statut la lui interdit.
La formule est mesurée : ils méritaient d'être ordonnés. Le daf ne dit pas qu'ils valaient moins, il dit qu'une place leur était fermée par ce qui les précédait.
Quiconque fait acquérir du mérite au public (mézakéh et ha-rabim), aucune faute ne survient par sa main ; et quiconque fait fauter le public (mahti et ha-rabim), c'est à peine si on lui donne les moyens de faire techouva. Quiconque fait acquérir du mérite au public, aucune faute ne survient par sa main - quelle en est la raison ?
Afin qu'il ne se trouve pas, lui, dans la géhinam tandis que ses élèves seraient au gan éden, ainsi qu'il est dit : « car Tu n'abandonneras pas mon âme au cheol, Tu ne laisseras pas Ton fidèle voir la fosse » (Psaumes 16,10). Et quiconque fait fauter le public, on ne lui donne pas les moyens de faire techouva - afin qu'il ne se trouve pas, lui, au gan éden tandis que ses élèves seraient dans la géhinam, ainsi qu'il est dit : « un homme chargé du sang d'une âme fuira jusqu'à la fosse : qu'on ne le soutienne pas » (Proverbes 28,17).
Les deux règles paraissent récompenser et punir ; en réalité la guemara donne un tout autre motif : éviter un écart entre le sort du maître et celui de ses élèves. Ce n'est pas l'homme qui est protégé, c'est la cohérence du tableau final.
Attention à l'asymétrie du vocabulaire. Pour le premier, Rachi est actif : le Saint béni soit-Il écarte la transgression de devant lui. Pour le second, la formule est négative - ein maspikin be-yado, on ne lui donne pas les moyens : la porte n'est pas verrouillée, elle cesse simplement d'être tenue ouverte. Et la michna avait déjà dit kiméat, « c'est à peine » : la nuance laisse un interstice.
« Celui qui dit : je fauterai et je ferai techouva, je fauterai et je ferai techouva [on ne lui donne pas les moyens de faire techouva]. » Pourquoi faut-il dire deux fois « je fauterai et je ferai techouva » ? Conformément à ce que Rav Houna a dit au nom de Rav ; car Rav Houna a dit au nom de Rav : dès lors qu'un homme a commis une transgression et l'a répétée, elle lui devient permise.
« Elle lui devient permise » - cela te viendrait-il à l'esprit ?! Dis plutôt : elle devient pour lui comme permise.
La guemara revient à la michna et s'arrête sur une répétition apparemment gratuite : pourquoi dire deux fois ahta ve-achouv ? Réponse : parce que c'est précisément la seconde fois qui est fatale.
Rav Houna au nom de Rav donne la mécanique : une faute répétée houtra lo, lui devient permise. La guemara refuse la formule telle quelle - rien n'est devenu permis en droit - et la corrige en naasset lo ke-heter : elle est devenue comme permise. Le changement est subjectif, et c'est ce qui le rend redoutable : ce n'est plus la loi qui a bougé, c'est le regard du fauteur.
« [Celui qui dit :] je fauterai et Yom Kippour expiera » - Yom Kippour n'expie pas. Faut-il dire que notre michna n'est pas selon Rabbi ?
Car il a été enseigné : Rabbi dit - pour toutes les transgressions de la Torah, qu'il ait fait techouva ou qu'il n'ait pas fait techouva, Yom Kippour expie ! Tu peux même dire qu'elle est selon Rabbi : quand c'est en s'appuyant dessus (agav), c'est différent.
Rabbi soutient une position extrême : Yom Kippour expie même sans techouva. La michna, qui refuse l'expiation à celui qui dit « je fauterai et Kippour expiera », semble l'exclure.
La réponse tient en deux mots - agav chani. Ce n'est pas l'absence de techouva qui bloque ici, c'est le fait que Kippour ait servi de moyen de fauter. Le jour qui expie ne peut pas être en même temps l'instrument de la faute : même Rabbi le concède.
« Les transgressions entre l'homme et Dieu, etc. » Rav Yossef bar Havou opposa deux textes devant Rabbi Abbahou : les transgressions entre l'homme et son prochain, Yom Kippour ne les expierait pas ? Mais il est écrit : « si un homme faute contre un homme, ou-fillélo Elokim » (I Samuel 2,25) [ce qui suggère que Dieu prie pour lui et lui pardonne] !
[Il lui répondit :] qui est « Elokim » ici ? Le juge (dayan).
Début de la grande sougya du piyous, l'apaisement de celui qu'on a offensé. L'objection porte sur un verset ambigu : la racine p-l-l peut signifier prier ou juger.
Si ou-fillélo veut dire « [Dieu] intercédera pour lui », alors les fautes entre hommes seraient bien couvertes d'en haut, contre la michna. Rabbi Abbahou coupe court en déplaçant le mot Elokim : ce n'est pas Dieu, c'est le juge - comme dans ve-natan bi-flilim (Chemot 21). L'affaire entre deux hommes se règle devant un tribunal, pas par une expiation calendaire.
S'il en est ainsi, dis donc la fin [du verset] : « et si un homme faute contre l'Éternel, qui priera pour lui ? » [qui donc le jugerait pour le compte de Dieu ?] ! Voici ce que veut dire [le verset] : « si un homme faute contre un homme, ou-fillélo » - [s'il apaise son prochain,] Dieu lui pardonnera ; « et si un homme faute contre l'Éternel, qui intercédera pour lui ? » - la techouva et les bonnes actions.
L'objecteur retourne la réponse : si p-l-l veut dire juger, la fin du verset devient absurde - qui donc jugerait un homme pour le compte de Dieu, comme si le Ciel manquait d'émissaires ?
Rabbi Abbahou revient alors à la lecture d'apaisement, mais en la répartissant sur les deux moitiés du verset. Début : celui qui apaise l'homme qu'il a lésé obtient de Dieu le pardon - l'apaisement humain est la condition, le pardon divin la suite. Fin : contre Dieu seul, l'intercesseur n'est personne d'extérieur, c'est la techouva et les bonnes actions. Toute la sougya du piyous découle de ce partage.
Rabbi Yitshak a dit : quiconque irrite (makniet) son prochain, même seulement en paroles, doit l'apaiser, ainsi qu'il est dit : « mon fils, si tu t'es porté garant pour ton prochain, si tu as frappé des mains pour un étranger, si tu t'es pris au piège des paroles de ta bouche - fais donc ceci, mon fils, et délivre-toi, puisque tu es tombé dans la main de ton prochain : va, humilie-toi (hitrapes) et presse (rehav) ton prochain » (Proverbes 6,1-3). Si tu as de l'argent en main [qui lui est dû] - dénoue-lui la paume de ta main (hâter lo pissat yad) [et paie] ; et sinon - multiplie sur lui les amis (harbe alav re'im).
Rabbi Yitshak étend l'obligation de réparer à l'offense purement verbale : afilou bi-dvarim, même en paroles. Le verset choisi enchaîne deux cas - la garantie financière et le piège des paroles de ta bouche - et Rabbi Yitshak les traite comme deux régimes de réparation.
D'où la lecture de la fin du verset en deux temps, que Rachi détaille. Hitrapes est entendu comme hâter pissat yad - dénoue la paume : s'il s'agit d'argent, paie. Rehav re'eikha est entendu comme harbe alav re'im - multiplie les amis : s'il s'agit de paroles, envoie des gens intercèdes. Rachi note que le second re'eikha est écrit plene, signe qu'il faut le lire au pluriel.
Le Ben Yehoyada explique pourquoi le verset associe justement la garantie : c'est le cas type où l'on se rend redevable par la parole seule, sans aucun acte.
Et Rav Hisda a dit : et il faut l'apaiser par trois rangées de trois personnes, ainsi qu'il est dit : « il se met en rang (yachor) devant les hommes et dit : j'ai fauté, j'ai perverti le droit, et cela ne m'a rien valu » (Job 33,27).
Rav Hisda chiffre la démarche. Yachor est rattaché à choura, rangée ; et Rachi pose qu'une rangée n'est jamais de moins de trois hommes. Le triple aveu du verset - hatati, ve-yachar heeveti, ve-lo chava li - donne le nombre de démarches : trois. Total : neuf personnes, mais réparties en trois temps.
Le Ben Yehoyada demande justement pourquoi ne pas amener les neuf d'un coup, et donne deux raisons : faire entendre la chose plusieurs fois, comme les piyousim répétés du feuillet 24 ; et répondre aux trois étages de l'âme - NaRaN : nefech, roua'h, nechama - atteints par l'offense.
Et Rabbi Yossi bar Hanina a dit : quiconque demande pardon (matou) à son prochain ne doit pas le lui demander plus de trois fois, ainsi qu'il est dit : « de grâce, pardonne donc... et maintenant pardonne donc » (Berechit 50,17). Et si [l'offensé] est mort, il amène dix personnes, les fait tenir sur sa tombe et dit : j'ai fauté envers l'Éternel, Dieu d'Israël, et envers untel à qui j'ai porté préjudice.
Le protocole a aussi une borne haute. Les trois na du message des frères à Yossef fixent le plafond : au-delà de trois démarches, ce n'est plus à l'offenseur d'insister. Le Ben Yehoyada explique que la formule est prohibitive - qu'il ne demande pas - parce qu'une quatrième demande retournerait l'accusation contre celui qui refuse.
Si l'offensé est mort, la dette ne s'éteint pas avec lui : elle se règle publiquement, devant dix personnes, sur sa tombe, avec une confession nominative - envers Dieu et envers l'homme lésé.
Rabbi Yirmeya avait une affaire avec Rabbi Abba [il l'avait offensé]. Il alla s'asseoir à la porte de Rabbi Abba.
Comme la servante de celui-ci versait de l'eau [usée], un jet de gouttes atteignit sa tête. Il dit : on a fait de moi un tas d'ordures.
Il appliqua sur lui-même le verset : « du tas d'ordures Il élève le pauvre » (Psaumes 113,7). Rabbi Abba l'entendit et sortit à sa rencontre.
Il lui dit : maintenant, c'est moi qui dois sortir vers toi pour t'apaiser, ainsi qu'il est écrit : « va, humilie-toi et presse ton prochain ».
Première des quatre scènes qui closent le daf, et la seule où c'est l'offenseur qui agit. Rabbi Yirmeya applique à la lettre le lekh hitrapes : il va s'asseoir sur le seuil et attend. L'eau sale qui lui tombe dessus n'est pas un accident narratif - c'est l'abaissement réel qu'implique la démarche.
Le retournement est dans la réponse de Rabbi Abba : voyant l'autre pousser l'humiliation jusque-là, il se déclare à son tour tenu de sortir l'apaiser. Le même verset qui obligeait l'offenseur oblige maintenant l'offensé qui a laissé la chose durer.
Le Ben Yehoyada lit la phrase de Rabbi Yirmeya comme un soulagement et non une plainte : achpa contient les lettres de safa, la lèvre - l'ordure répare la faute de la parole, et la démarche est donc accomplie.
Rabbi Zeira, lorsqu'il avait une affaire avec quelqu'un [qui l'avait offensé], passait et repassait devant lui et se rendait disponible, afin que l'autre vienne et obtienne son pardon.
Contrepoint discret : Rabbi Zeira ne réclame rien et ne reproche rien. Il se contente de se rendre visible - Rachi : mamtsi nafcheih, il se met à disposition, et halif ve-tani, il passe et repasse un grand nombre de fois.
La halakha précédente chargeait l'offenseur ; ici l'offensé prend sur lui de rendre la demande de pardon facile. C'est la même logique que Rabbi Abba au segment précédent, mais préventive.
Rav avait une affaire avec un certain boucher [qui l'avait offensé], et celui-ci ne vint pas devant lui. La veille de Yom Kippour, Rav se dit : c'est moi qui vais aller l'apaiser.
Rav Houna le rencontra et lui dit : où va mon maître ? Il lui répondit : apaiser untel.
[Rav Houna] se dit : Abba va tuer un homme. Il alla et se tint auprès de lui.
L'autre était assis et fendait une tête [de bête]. Il leva les yeux, le vit et lui dit : Abba, c'est toi ?
Va-t'en, je n'ai rien à faire avec toi. Tandis qu'il fendait la tête, un os se détacha, le frappa à la gorge et le tua.
Point extrême de la sougya : c'est l'offensé, et un maître, qui se déplace la veille de Kippour vers celui qui l'a offensé. Rav Houna comprend immédiatement le danger et le dit sans détour - Abba va tuer un homme : non que Rav veuille sa mort, mais parce qu'un refus opposé à une telle démarche ne peut pas rester sans conséquence.
Le boucher accumule les fautes : il appelle Rav par son nom, il le congédie, il nie même qu'il y ait quelque chose à régler. La mort survient sans intervention de personne, par l'outil même de son métier.
Le Ben Yehoyada y lit une mesure pour mesure exacte : celui qui a inversé les rôles - en faisant comme si c'était à Rav de l'apaiser - est frappé par un instrument qui part à l'envers ; et il est frappé à la tête parce qu'il a méprisé Rav, qui est la tête du peuple.
Rav récitait le sidra (la section de l'Écriture) devant Rabbi. Entra [...]
Le feuillet s'arrête en pleine phrase : la scène se poursuit au verso. Le sidra est, selon Rachi, une section des Prophètes ou des Hagiographes lue devant le maître.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).