Yoma 8a — où loger le désaccord ? (tzitz : R. Yehuda / R. Shimon ; puis l'aspersion des 7 jours : hutra/dehuya, tevila bi-zmana mitzva, assimiler l'aspersion à l'immersion)

Yoma 8a

Sougya : Ce daf s'ouvre en refermant le à fortiori tzitz -> tefillin (ne pas détourner sa pensée, hessekh ha-da'at), puis oppose R. Yehuda et R.

Shimon sur la lecture des mots du verset du tzitz : lequel dérive de 'al mitzcho', de 've-nassa' et de la nuance 'metzach/metzacho' l'emplacement du tzitz, son pouvoir d'agréer en permanence, et l'exclusion du tzitz brisé. Le cœur du daf est une démarche par élimination : la guemara cherche où loger le désaccord entre R.

Meir (on asperge les eaux de para les sept jours de mise à l'écart) et R. Yossi (seulement le troisième et le septième).

Trois axes sont testés : (1) la tum'a est-elle hutra ou dehuya dans le tzibbur — réfuté, car tous la tiennent pour dehuya ; (2) 'l'immersion en son temps est-elle une mitsva' (tevila bi-zmana mitsva) — réfuté par la baraita du Nom écrit sur la chair, qui montre que R. Yossi tient le principe ; (3) 'compare-t-on l'aspersion à l'immersion' — c'est là le vrai clivage, retenu.

Reste la troisième voix, R. Hanina l'adjoint des kohanim, qui distingue para et Yom Kippour : il n'assimile pas l'aspersion à l'immersion, et les sept jours de la para ne sont qu'une ma'ala (surcroît de rigueur).

Le daf s'achève en amorçant, vers 8b, une baraita 'ein bein... ela' comparant le kohen de la para et le Cohen Gadol de Yom Kippour.

Yoma 8a — où loger le désaccord R. Meir / R. Yossi ? R. Meir : on asperge les 7 jours de mise à l'écart. R. Yossi : seulement le 3e et le 7e. Sur quoi divergent-ils vraiment ? Axe 1 — tum'a : hutra ou dehuya dans le tzibbur ? R. Meir = dehuya (repoussée, donc pureté parfaite exigée, on asperge par doute chaque jour) ; R. Yossi = hutra (permise, donc 3e + 7e suffisent, simple ma'ala). REFUTÉ (seg 7) : si hutra, pourquoi asperger du tout ? Tous tiennent dehuya. Axe 2 — 'tevila bi-zmana mitsva' (l'immersion en son temps est-elle une mitsva) ? R. Meir = oui (donc l'aspersion aussi, chaque jour, par crainte que ce soit son temps) ; R. Yossi = non. REFUTÉ (seg 10) : la baraita du Nom sur la chair prouve que R. Yossi tient tevila bi-zmana mitsva. Axe 3 — compare-t-on l'aspersion à l'immersion (makish haza'a le-tevila) ? Tous tiennent tevila bi-zmana mitsva. Mais l'aspersion suit-elle l'immersion ? R. Meir = oui, on compare (donc aspersion en son temps = mitsva, 7 jours) ; R. Yossi = non, on ne compare pas. TIENT (seg 11) : c'est là le vrai point de désaccord. La guemara affine par élimination : chaque axe rejeté rapproche du vrai clivage (l'assimilation aspersion / immersion).
La démarche par élimination : trois axes possibles pour le désaccord R. Meir / R. Yossi ; seul le troisième (assimiler l'aspersion à l'immersion) tient.
Aspersion durant les 7 jours : les trois tannaïm Cohen Gadol avant Yom Kippour et kohen qui brûle la para adouma : combien de jours d'aspersion ? Kohen / para adouma Cohen Gadol / Yom Kippour R. Meir tum'a dehuya + assimile les 7 jours les 7 jours R. Yossi n'assimile pas l'aspersion 3e + 7e seulement 3e + 7e seulement R. Hanina, segan distingue les deux cas : para = ma'ala, YK = din les 7 jours 3e + 7e seulement Le problème de R. Hanina (seg 12-13) S'il assimile l'aspersion à l'immersion -> même le CG à YK devrait être aspergé 7 jours. S'il n'assimile pas -> même la para ne le devrait pas. Réponse : il n'assimile pas ; les 7 jours de la para ne sont qu'une ma'ala (surcroît de rigueur institué).
Combien de jours d'aspersion pour le CG à Yom Kippour et pour le kohen de la para, selon R. Meir, R. Yossi et R. Hanina l'adjoint.
Ouverture — le tzitz (lame frontale) selon R. Yehuda et R. Shimon Chacun dérive du verset trois enseignements, mais les répartit sur les mots différemment. R. Yehuda R. Shimon 'tamid' (en permanence) le tzitz agrée-t-il hors du front ? non : ne détourne pas la pensée oui : agrée même non porté (meratze) 'al mitzcho' (sur son front) d'où fixer l'emplacement ? fixe l'emplacement (likboa makom) fixe l'emplacement (idem) tzitz brisé (nichbar) d'où : brisé n'agrée plus ? de 'metzach' vs 'metzacho' (apte au front du CG) de 've-nassa' : apte agrée, inapte n'agrée pas Nafka mina de l'ouverture R. Shimon 'dépense' 've-nassa' pour le tzitz brisé ; R. Yehuda le tire de 'metzach/metzacho' et lit 've-nassa' pour l'emplacement.
R. Yehuda et R. Shimon : comment chacun répartit sur les mots du verset les trois enseignements du tzitz (permanence, emplacement, tzitz brisé).
1
וּמַה צִיץ, שֶׁאֵין בּוֹ אֶלָּא אַזְכָּרָה אַחַת, אָמְרָה תּוֹרָה: ״עַל מִצְחוֹ תָּמִיד״ — שֶׁלֹּא יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִמֶּנּוּ. תְּפִילִּין שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַזְכָּרוֹת הַרְבֵּה — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

Et de même que le tzitz (la lame frontale du Cohen Gadol), qui ne porte qu'une seule mention [du Nom divin], la Tora a dit : « sur son front, en permanence (tamid) » — [pour enseigner] qu'il n'en détourne pas sa pensée (hessekh ha-da'at) : les tefillin, qui portent de nombreuses mentions [du Nom], à plus forte raison (al ahat kama ve-khama).

🗂️ Tossefot (1)
וּמַה צִיץ שֶׁאֵין בּוֹ אֶלָּא אַזְכָּרָה אַחַת תֵּימַהּ לִי לִיפְרֹךְ מַה לְצִיץ שֶׁכֵּן הַשֵּׁם הוּא בְּגָלוּי תֹּאמַר בִּתְפִילִּין שֶׁהֵן מְחֻופִּין עוֹר וְאֵין לְתָרֵץ דה"נ כְּתִיב שַׁדַּי בִּתְפִילִּין בַּקְּמָטִין חֲדָא דְּאֵין זֶה כְּתָב גָּמוּר דְּדַוְקָא שִׁי"ן שֶׁל תְּפִילִּין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי אֲבָל ד' י' לֹא וְעוֹד בְּצִיץ אִיכָּא שֵׁם הַמְיֻוחָד בֶּן ד' אוֹתִיּוֹת דַּחֲמִיר טְפֵי ונ"ל דְּאֵינוֹ ק"ו גָּמוּר דְּאוֹרָייְתָא אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן וה"ק נְהִי נָמֵי דְּאִיכָּא חוּמְרָא טְפֵי בְּצִיץ כְּדִמְפָרֵשׁ מ"מ כֵּיוָן דְּאִיכָּא בִּתְפִילִּין צַד חֲשִׁיבוּת זֶה טְפֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַזְכָּרוֹת הַרְבֵּה סְבָרָא הוּא שֶׁמִּן הַדִּין יֵשׁ לַחֲכָמִים לְתַקֵּן לְמַשְׁמֵשׁ בָּהֶן כָּל שָׁעָה:
Il m'est difficile [de comprendre pourquoi on ne] réfute pas [ce à fortiori] : quoi de comparable avec le tzitz, où le Nom est apparent (à découvert), tandis que pour les tefillin il est recouvert de cuir ? Et l'on ne peut répondre qu'ici aussi il est écrit 'Chaddaï' dans les tefillin, dans les plis (kematin) : premièrement, ce n'est pas une écriture pleine (ketav gamour), car seul le chin des tefillin est halakha le-Moche mi-Sinaï, mais le daleth et le youd non ; de plus, dans le tzitz figure le Nom particulier (chem ha-meyuhad) de quatre lettres, qui est plus grave (hamir tefei). Et il me semble que ce n'est pas un à fortiori parfait de la Tora, mais [seulement] rabbinique, et voici son sens : bien qu'il y ait certes une plus grande sévérité pour le tzitz, comme il l'explique, néanmoins, puisqu'il existe dans les tefillin ce côté d'importance en plus — qu'ils portent de nombreuses mentions [du Nom] — il est logique (sevara) que les Sages doivent instituer de les toucher (le-mashmech) à toute heure.
💡 Explication

Clôture du kal va-homer (raisonnement à fortiori) ouvert au bas de 7b. Le tzitz ne contient qu'un seul Nom divin, et pourtant la Tora exige qu'il soit « toujours sur son front » — compris comme l'interdit d'en détourner la pensée (hessekh ha-da'at).

Or les tefillin contiennent bien davantage de mentions du Nom : à plus forte raison faut-il ne pas s'en distraire. Tossefot met en garde : ce à fortiori n'est pas parfait, car dans le tzitz le Nom est apparent (à découvert) alors que dans les tefillin il est recouvert de cuir — la déduction est donc d'ordre rabbinique.

🖼️ Schéma
Ouverture — le tzitz (lame frontale) selon R. Yehuda et R. Shimon Chacun dérive du verset trois enseignements, mais les répartit sur les mots différemment. R. Yehuda R. Shimon 'tamid' (en permanence) le tzitz agrée-t-il hors du front ? non : ne détourne pas la pensée oui : agrée même non porté (meratze) 'al mitzcho' (sur son front) d'où fixer l'emplacement ? fixe l'emplacement (likboa makom) fixe l'emplacement (idem) tzitz brisé (nichbar) d'où : brisé n'agrée plus ? de 'metzach' vs 'metzacho' (apte au front du CG) de 've-nassa' : apte agrée, inapte n'agrée pas Nafka mina de l'ouverture R. Shimon 'dépense' 've-nassa' pour le tzitz brisé ; R. Yehuda le tire de 'metzach/metzacho' et lit 've-nassa' pour l'emplacement.
Le tzitz comme point de départ : un seul Nom y impose déjà de ne pas détourner la pensée ; les tefillin, plus riches en Noms, à plus forte raison.
2
וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר תָּמִיד מְרַצֶּה, וְהָא כְּתִיב ״עַל מִצְחוֹ וְנָשָׂא״! הָהוּא לִקְבֹּועַ לוֹ מָקוֹם הוּא דַּאֲתָא.

Et selon R. Shimon, qui dit que [le tzitz], « en permanence (tamid) », agrée (meratze) [même lorsqu'il n'est pas porté sur le front] — mais il est écrit « sur son front... et il portera (ve-nassa) » [ce qui semble impliquer : seulement lorsqu'il est sur le front] !

Ce [verset]-là ne vient que pour lui fixer un emplacement (likboa lo makom).

💡 Explication

R. Shimon soutient (traite ailleurs) que le tzitz agrée l'impureté même lorsque le Cohen Gadol ne le porte pas — le mot « tamid » (en permanence) signifiant que son pouvoir d'agréer est continu. Objection : le verset « sur son front... et il portera » suggère que l'action ne vaut que lorsqu'il est sur le front.

Réponse : ce verset n'enseigne pas la condition d'être porté, mais sert seulement à fixer l'emplacement (likboa makom) du tzitz sur le front.

3
וְרַבִּי יְהוּדָה לִקְבֹּועַ לוֹ מָקוֹם מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מ״על מִצְחוֹ״. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן נַמֵּי, תִּיפּוֹק לֵיהּ מ״על מִצְחוֹ״? אִין הָכִי נָמֵי.

Et R. Yehuda, d'où tient-il [la règle] de fixer l'emplacement ?

Il la tire de « sur son front (al mitzcho) ». Et R.

Shimon aussi, qu'il la tire de « sur son front » ! Oui, il en est bien ainsi (in hakhi nami).

💡 Explication

Symétrie du raisonnement. Puisque R. Shimon utilise « ve-nassa » pour dire que le tzitz agrée en permanence, d'où tire-t-il l'emplacement ? De « al mitzcho ». Et R. Yehuda, qui n'a pas cette thèse, tire lui aussi l'emplacement de « al mitzcho ». La guemara le confirme : oui, c'est bien la source de R. Shimon pour l'emplacement.

4
אֶלָּא, ״עַל מִצְחוֹ וְנָשָׂא״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? אָמַר לָךְ: רָאוּי לְמֵצַח מְרַצֶּה, שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לַמֵּצַח אֵינוֹ מְרַצֶּה. לְאַפּוֹקֵי נִשְׁבַּר הַצִּיץ, דְּלָא מְרַצֶּה.

Mais alors, « sur son front... et il portera », qu'en fait-il [R. Shimon] ?

Il pourrait te dire : [le tzitz] apte au front agrée ; celui qui n'est pas apte au front n'agrée pas. Cela vient exclure le cas où le tzitz s'est brisé (nichbar), qui n'agrée pas.

💡 Explication

Si R. Shimon dérive l'emplacement de « al mitzcho », que fait-il alors de « ve-nassa » ? Il l'emploie pour enseigner que seul un tzitz apte à être posé sur le front agrée.

Conséquence : un tzitz brisé (nichbar), inapte au front, n'agrée plus l'impureté. Le mot « ve-nassa » sert ainsi de source à cette exclusion.

5
וּלְרַבִּי יְהוּדָה, נִשְׁבַּר הַצִּיץ מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מִ״מֵצַח״ ״מִצְחוֹ״. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, ״מֵצַח״ ״מִצְחוֹ״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ.

Et selon R. Yehuda, [le cas du] tzitz brisé, d'où le tire-t-il ?

Il le tire de [la différence entre] « metzach » (front) et « metzacho » (son front). Et R.

Shimon ne déduit rien de [la différence] « metzach »/« metzacho ».

💡 Explication

R. Yehuda, lui, a déjà utilisé « ve-nassa » pour l'emplacement. D'où tire-t-il alors l'exclusion du tzitz brisé ? D'une nuance textuelle : la Tora écrit « metzacho » (son front) et non « metzach » (front) — donc le tzitz doit être apte au front du Cohen Gadol.

R. Shimon, lui, ne dérive rien de cette nuance ; il n'en a pas besoin, ayant tiré l'exclusion de « ve-nassa ». Ceci referme la première partie du daf.

6
נֵימָא הָנֵי תַּנָּאֵי כְּהָנֵי תַּנָּאֵי. דְּתַנְיָא: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה מַזִּין עָלָיו כָּל שִׁבְעָה מִכָּל חַטָּאוֹת שֶׁהָיוּ שָׁם — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין מַזִּין עָלָיו אֶלָּא שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי בִּלְבַד. רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה מַזִּין עָלָיו כָּל שִׁבְעָה, כֹּהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אֵין מַזִּין עָלָיו אֶלָּא שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי.

Disons que ces tannaïm [R. Yehuda et R.

Shimon] [correspondent au désaccord] de ces [autres] tannaïm. Car il a été enseigné (de-tanya) : Tant celui-ci que celui-là [le Cohen Gadol avant Yom Kippour et le kohen qui brûle la para adouma], on asperge sur lui, pendant les sept jours [de sa mise à l'écart], [les eaux mêlées] de toutes les hataot (offrandes purificatrices, c.-à-d. les cendres de para) qui étaient là — paroles de R.

Meir. R.

Yossi dit : on n'asperge sur lui que le troisième et le septième [jour] seulement. R.

Hanina, l'adjoint des kohanim (segan ha-kohanim), dit : le kohen qui brûle la para, on asperge sur lui les sept jours ; le Cohen Gadol à Yom Kippour, on n'asperge sur lui que le troisième et le septième.

📜 Rachi (3)
אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה דיוה"כ וּפָרָה:
[Aussi bien celui] de Yom Kippour que [celui] de la para.
שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי לִפְרִישָׁתוֹ:
[Comptés] à partir de sa mise à l'écart (perisha).
כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף כו' לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ טַעְמֵיהּ:
Plus loin [la guemara] explique sa raison.
💡 Explication

La guemara propose de rattacher le désaccord R. Yehuda / R. Shimon (sur la tum'a dans le tzibbur) à une baraita à trois voix, sur l'aspersion (haza'a) des eaux de para durant les 7 jours où l'on met le Cohen Gadol (avant Yom Kippour) et le kohen (avant de brûler la para) à l'écart.

R. Meir : on asperge chaque jour des 7 (par crainte du doute sur le 3e/7e). R. Yossi : seulement le 3e et le 7e. R. Hanina segan distingue : para = 7 jours, Cohen Gadol à YK = 3e + 7e.

🖼️ Schéma
Aspersion durant les 7 jours : les trois tannaïm Cohen Gadol avant Yom Kippour et kohen qui brûle la para adouma : combien de jours d'aspersion ? Kohen / para adouma Cohen Gadol / Yom Kippour R. Meir tum'a dehuya + assimilé les 7 jours les 7 jours R. Yossi n'assimile pas l'aspersion 3e + 7e seulement 3e + 7e seulement R. Hanina, segan distingue les deux cas : para = ma'ala, YK = din les 7 jours 3e + 7e seulement Le problème de R. Hanina (seg 12-13) S'il assimile l'aspersion à l'immersion -> même le CG à YK devrait être aspergé 7 jours. S'il n'assimile pas -> même la para ne le devrait pas. Réponse : il n'assimile pas ; les 7 jours de la para ne sont qu'une ma'ala (surcroît de rigueur institué).
Les trois positions de la baraita sur le nombre de jours d'aspersion.
7
מַאי לָאו בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, רַבִּי מֵאִיר סָבַר: טֻומְאָה דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר. וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר.

N'est-ce pas sur ce point qu'ils divergent : R. Meir tient que la tum'a (impureté) est repoussée (dehuya) dans le public (tzibbur) — [donc on exige une pureté parfaite et l'on asperge chaque jour par doute] — et R.

Yossi tient que la tum'a est permise (hutra) dans le public [donc 3e et 7e suffisent] ?

📜 Rachi (2)
דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר וּבָעֵינַן טָהֳרָה מְעַלַּיְיתָא וְהַזָּאָה בִּזְמַנָּהּ וְכָל יוֹמָא אִיכָּא לְסַפּוּקֵי שֶׁמָּא הַיּוֹם יוֹם שְׁלִישִׁי הוּא לְטֻומְאָתוֹ בִּשְׁלֹשָׁה רִאשׁוֹנִים וּבִשְׁלֹשָׁה הָאַחֲרוֹנִים כָּל יוֹמָא וְיוֹמָא אִיכָּא לְסַפּוֹקֵי מִסְּפֵיקָא שֶׁהוּא שְׁבִיעִי:
R. Meir tient qu'elle est repoussée dans le public — et nous exigeons une pureté parfaite (tahara me'alyata) et une aspersion en son temps ; or chaque jour il y a lieu de douter : peut-être aujourd'hui est-il le troisième jour de son impureté — durant les trois premiers [jours] comme durant les trois derniers, chaque jour il y a lieu de douter, par ce doute, qu'il soit le septième.
וְר' יוֹסֵי סָבַר הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר דְּלָא מַחְמְרִי בָּהּ אֶלָּא לְמַעְלָה בְּעָלְמָא דְּיָלְפִינַן מִמִּלּוּאִים:
R. Yossi tient qu'elle est permise dans le public — car on n'y est rigoureux qu'à titre de simple 'ma'ala' (surcroît de perfection), que nous apprenons des jours d'investiture (miluïm).
🗂️ Tossefot (1)
וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר תֵּימַהּ לִי א"כ גַּבֵּי פָּרָה אַמַּאי סַגִּי בַּג' וּבַשְּׁבִיעִי הָא לָאו קָרְבַּן צִיבּוּר הִיא לִדְחוֹת שַׁבָּת וְטֻומְאָה וְי"ל דְּכֵיוָן דִּטְבוּל יוֹם כָּשֵׁר בַּפָּרָה דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ט:י״ט) וְהִזָּה הַטָּהוֹר דַּאֲמַרְתְּ טָהוֹר כָּל דְּהוּ אִם כֵּן מֵהָתָם נָמֵי נַכְשִׁיר כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף הַפָּרָה בְּלֹא הַזָּאָה כְּלָל כֵּיוָן דְּלָא בָּרוּר לָן דְּנִטְמָא וְהוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי לָא בָּעֵי אֶלָּא מַעֲלָה בְּעָלְמָא:
Il m'est difficile : si oui, à propos de la para, pourquoi suffit-il du troisième et du septième ? Elle n'est pas une offrande publique (korban tzibbur) pour repousser le Chabbat et la tum'a ! Et l'on peut répondre : puisqu'un teloul yom (immerge le jour même, avant le coucher du soleil) est valide pour la para — car il est écrit (Nb 19,19) 'et le pur (ha-tahor) aspergera', 'pur' [signifiant] tant soit peu (kol de-hou) — si oui, de là aussi on validerait le kohen qui brûle la para sans aucune aspersion, puisqu'il ne nous est pas avéré qu'il s'est rendu impur ; et de même, même le troisième et le septième ne seraient requis qu'à titre de simple ma'ala.
💡 Explication

Première lecture du désaccord (axe 1). La guemara propose : R. Meir tiendrait que la tum'a est seulement dehuya (repoussée par nécessité) dans le tzibbur — d'où l'exigence d'une pureté parfaite et d'asperger tous les jours par doute ; R. Yossi tiendrait qu'elle est hutra (totalement permise) — d'où il suffit d'asperger le 3e et le 7e, à titre de simple surcroît de perfection (ma'ala).

8
וְתִסְבְּרָא? אִי סָבַר רַבִּי יוֹסֵי הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר — הַזָּאָה כְּלָל לָמָּה לִי? אֶלָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא הָנֵי תַּנָּאֵי סָבְרִי טֻומְאָה דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר.

Et le comprends-tu ainsi (ve-tisbera) ? Si R.

Yossi tenait que [la tum'a] est permise (hutra) dans le public — pourquoi me faudrait-il une aspersion du tout ? Plutôt, tous [ces tannaïm] tiennent que la tum'a est repoussée (dehuya) dans le public.

📜 Rachi (1)
הַזָּאָה כְּלָל לָמָּה לִי בְּתוֹרַת שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי:
[Pourquoi une aspersion] au titre du troisième et du septième.
🗂️ Tossefot (1)
אִי סָבַר רַבִּי יוֹסֵי טֻומְאָה הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר הַזָּאָה כְּלָל לָמָּה לִי גַּבֵּי יוה"כ תֵּימַהּ לִי לֵימָא דְּאִיצְטְרִיךְ הַזָּאָה מִשּׁוּם אֵילוֹ שֶׁל אַהֲרֹן הַקָּרֵב ביוה"כ דְּכֵיוָן דְּיָחִיד הוּא מְהַדְּרִינַן אַטָּהֳרָה וי"ל דהנ"מ הֵיכָא דְּנִטְמָא בְּיָדוֹ טֻומְאָה וַדָּאִית כְּדִלְעֵיל אֲבָל בַּחֲשָׁשָׁא בְּעָלְמָא כִּי הָכָא וַדַּאי לְמָאֵן דְּמֵיקֵל וְאָמַר הֶיתֵּר הִיא בְּצִיבּוּר לָא הֲוָה מַצְרְכִי' מִידֵּי אֲפִילּוּ בִּדְיָחִיד כְּגוֹן אֵילּוּ שֶׁל אַהֲרֹן כֵּיוָן דַּחֲשִׁיב כְּקָרְבַּן צִיבּוּר לִדְחוֹת שַׁבָּת וְטֻומְאָה:
À propos de Yom Kippour, il m'est difficile : qu'on dise que l'aspersion est nécessaire à cause du bélier d'Aharon offert à Yom Kippour — car, étant [l'offrande] d'un individu (yahid), on revient à la pureté (mehadrinan à-tahara). Et l'on peut répondre : cela ne vaut que là où il s'est rendu impur d'une tum'a certaine (vaddaït), comme plus haut ; mais dans un simple soupçon (hachacha be-alma) comme ici, assurément, pour celui qui allège et dit '[la tum'a] est permise dans le public', on n'exigerait rien, même pour un individu comme le bélier d'Aharon — puisqu'il est considéré comme une offrande publique pour repousser le Chabbat et la tum'a.
💡 Explication

Réfutation de l'axe 1. Si R. Yossi tenait vraiment la tum'a pour hutra, il n'y aurait aucune raison d'asperger, même le 3e et le 7e — l'impureté ne serait plus un défaut du tout. Le fait qu'il maintienne une aspersion prouve qu'il tient, lui aussi, la tum'a pour dehuya.

Conclusion : tous les tannaïm de la baraita tiennent que la tum'a est dehuya dans le tzibbur. Le désaccord doit donc être cherché ailleurs.

9
וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, רַבִּי מֵאִיר סָבַר: אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה. וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה.

Et ici, c'est sur ceci qu'ils divergent : R. Meir tient que nous disons « l'immersion en son temps est une mitsva » (tevila bi-zmana mitsva), et R.

Yossi tient que nous ne disons pas « l'immersion en son temps est une mitsva ».

📜 Rachi (1)
טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה דַּכְתִּי' [בִּמְדַבֵּר יט] וְחִטְּאוֹ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְרָחַץ לֹא בָּא זֶה אֶלָּא לְלַמֵּד עַל הַטְּבִילָה שֶׁתְּהֵא בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְהַזָּאָה נָמֵי מַקְּשִׁינַן לִטְבִילָה לִהְיוֹת מִצְוָה בִּזְמַנָּהּ הִלְכָּךְ כָּל יוֹמָא מְזַיְּנָן עָלֶיהָ שֶׁמָּא הַיּוֹם זְמַנָּהּ:
[L'immersion en son temps est une mitsva] — car il est écrit (Nb 19) 'il se purifiera le septième jour et lavera ses vêtements et se baignera' : ce verset n'est venu qu'enseigner que l'immersion doit avoir lieu le septième jour ; et l'aspersion aussi, nous la comparons (makichinan) à l'immersion pour qu'elle soit mitsva en son temps — c'est pourquoi chaque jour on asperge sur lui, [par crainte] que peut-être aujourd'hui soit son temps.
🗂️ Tossefot (1)
וְסָבַר רַבִּי יוֹסֵי לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה כּוּ' לָא הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי הַהִיא דִּלְעֵיל רַבִּי יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה הִיא דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כט.) לָאו מִצְוָה הִיא וכה"ג מְשַׁנֵּי לְקַמָּן שִׁילְהֵי מְכִילְתִּין (דַּף פח. וְשָׁם) וְי"ל דְּכֵיוָן דִּפְלִיג בַּהֲדֵיהּ ר"מ שְׁמַע מִינָּה דְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲלַפְתָּא הוּא שֶׁהָיָה חֲבֵירוֹ בַּר פְּלֻוגְתֵּיהּ:
On ne pouvait pas résoudre que cette [baraita] ci-dessus [attribuée à] R. Yossi soit [en réalité] R. Yossi be-R. Yehuda, qui tient au chapitre 'Ha-Mapelet' (Nidda 29a) que ce n'est pas une mitsva — et de la sorte [la guemara] résout plus loin, à la fin de notre traité (88a) ; et l'on peut répondre : puisque R. Meir diverge directement avec lui, apprends-en que c'est R. Yossi bar Halafta, qui était son compagnon et son interlocuteur (bar plougteih).
💡 Explication

Deuxième lecture (axe 2). Puisque tous tiennent dehuya, le clivage serait : le principe tevila bi-zmana mitsva — l'immersion (et par assimilation l'aspersion) doit s'accomplir dès que possible, en son temps.

R. Meir : oui, c'est une mitsva — donc on asperge chaque jour, car ce pourrait être le 3e jour de l'impureté. R. Yossi : non — donc le 3e et le 7e de la mise à l'écart suffisent.

10
וְסָבַר רַבִּי יוֹסֵי לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה? וְהַתַּנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיָה שֵׁם כָּתוּב עַל בְּשָׂרוֹ — הֲרֵי זֶה לֹא יִרְחַץ וְלֹא יָסוּךְ וְלֹא יַעֲמוֹד בִּמְקוֹם הַטִּנֹּופֶת. נִזְדַּמְּנָה לוֹ טְבִילָה שֶׁל מִצְוָה — כּוֹרֵךְ עָלָיו גֶּמִי וְטוֹבֵל. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יוֹרֵד וְטוֹבֵל כְּדַרְכּוֹ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשַׁפְשֵׁף.

Et R. Yossi tient-il [vraiment] que nous ne disons pas « l'immersion en son temps est une mitsva » ?

Mais n'a-t-il pas été enseigné (ve-ha-tanya) : Celui qui avait un Nom [divin] écrit sur sa chair — celui-là ne se baignera pas, ne s'enduira pas [d'huile] et ne se tiendra pas dans un lieu de saleté (tinofet). [Si] une immersion de mitsva se présente à lui — il enroule dessus un roseau (gémi) et s'immerge.

R. Yossi dit : il descend et s'immerge à son habitude, pourvu qu'il ne frotte pas (che-lo yechafchef) [le Nom].

📜 Rachi (4)
לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה וְהַאי וְחָטְאוּ דָּרְשִׁינַן לֵיהּ בְּמַסֶּכֶת קִדּוּשִׁין בפ"ג (דַּף סב.):
[Nous ne disons pas l'immersion en son temps est une mitsva] — et ce 've-hitte', nous l'exposons (dorchin) au traité Kiddouchin, chap. 3 (62a).
לֹא יִרְחַץ שֶׁלֹּא יִמְחָקֶנּוּ וְאַזְהָרָה לְמוֹחֵק אֶת הַשֵּׁם וַאֲבַדְתֶּם אֶת שְׁמָם (דְּבָרִים י״ב:ג׳) וּסְמִיךְ לֵיהּ לֹא תַעֲשׂוּן כֵּן וְגוֹ:
Il ne se baignera pas — pour ne pas l'effacer ; c'est l'avertissement (azhara) [de l'interdit] d'effacer le Nom : 'et vous détruirez leur nom' (Dt 12,3), auquel est accolé 'vous ne ferez pas ainsi [à l'Éternel votre Dieu]'.
טְבִילָה שֶׁל מִצְוָה טְבִילַת טָהֳרָה שֶׁהֵטִילָה הַכָּתוּב עָלָיו:
Immersion de mitsva — une immersion de pureté (tahara) que l'Écriture lui a imposée.
כּוֹרֵךְ עָלָיו גֶּמִי לְהָגֵין עָלָיו חֹוזֶק שֶׁטֶף הַמַּיִם:
Il enroule dessus un roseau — pour le protéger de la violence du flot des eaux.
💡 Explication

Objection contre l'axe 2. Une baraita traite de celui qui a un Nom divin écrit sur sa peau : il doit éviter de l'effacer. Le tanna kama exige qu'il enroule un roseau protecteur avant de s'immerger — quitte à différer. R. Yossi, lui, dit qu'il s'immerge immédiatement, à son habitude, sans différer, pourvu de ne pas frotter.

Cela montre que R. Yossi refuse tout délai à l'immersion : donc il tient bien tevila bi-zmana mitsva — contredisant la lecture de l'axe 2.

11
וְקַייְמָא לַן דְּבִטְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה קָא מִיפַּלְגִי, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה, וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה. אֶלָּא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא לְהָנֵי תַּנָּאֵי אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה.

Or il nous est établi (ve-kayma lan) que c'est bien sur [le principe] « l'immersion en son temps est une mitsva » qu'ils [le tanna kama et R. Yossi] divergent : le tanna kama tient que nous ne disons pas « l'immersion en son temps est une mitsva », et R.

Yossi tient que nous disons « l'immersion en son temps est une mitsva ». Plutôt, tous [conviennent que], selon ces tannaïm [R.

Meir et R. Yossi de la baraita du 3e/7e], nous disons « l'immersion en son temps est une mitsva ».

📜 Rachi (1)
וְקַייְמָא לָן בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף קכ:) דְּבִטְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה פְּלִיגִי ר' יוֹסֵי סָבַר מִצְוָה הִלְכָּךְ דִּלְמָא לָא מַשְׁכַּח גֶּמִי וְיִשְׁהֶה טְבִילָתוֹ לְיוֹם אַחֵר:
Il nous est établi — au traité Chabbat (120b), que c'est sur '[si] l'immersion en son temps est une mitsva' qu'ils divergent : R. Yossi tient que c'est une mitsva, c'est pourquoi [il craint] que peut-être il ne trouve pas de roseau et ne diffère son immersion à un autre jour.
🗂️ Tossefot (1)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא לְהָנֵי תַּנָּאֵי אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה ר"ת פָּסַק דִּטְבִילָה בִּזְמַנָּהּ לָאו מִצְוָה הִיא אע"ג דְּאָמַר בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף ל. וְשָׁם) שְׁמַע מִינָּה תְּלָת שְׁמַע מִינַּהּ טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה אֵין הֲלָכָה כֵּן אֶלָּא כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר הָתָם דַּיָּה טְבִילָה בָּאַחֲרוֹנָה שֶׁהֲרֵי מַעֲשִׂים בְּכָל יוֹם שֶׁאֵין לְךָ טוֹבֶלֶת בִּזְמַנָּהּ טְבִילָה שֶׁל נִדָּה וְשֶׁל זָבָה וְשֶׁל שׁוֹמֶרֶת יוֹם וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (דַּף סז: וְשָׁם) אָמְרִינַן מִכְּדֵי הָאִידָּנָא כֻּולְּהוּ סָפֵק זָבוֹת שַׁוִּינְהוּ רַבָּנַן לַיטְבְּלִינְהוּ בִּימָמָא דְּשִׁבְעָה מַשְׁמַע שֶׁלֹּא הָיוּ טוֹבְלוֹת בַּיּוֹם בְּשׁוּם פַּעַם ור"ח פָּסַק כב"ש וב"ה דְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף ל. וְשָׁם) דְּסָבְרִי טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה וְלָאו רְאָיָיה הִיא מִדְּסָבְרִי ב"ש וב"ה הָכִי שֶׁיְּהֵא הֲלָכָה כֵּן דְּוַדַּאי ר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה לָא פְּלִיג עֲלַייְהוּ אֶלָּא ס"ל לֹא נֶחְלְקוּ ב"ש וב"ה בְּדָבָר זֶה א"כ מָצֵי לְמֵימַר דְּהִלְכְתָא כְּר' יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה וּמַה שֶׁעָשָׂה רַבֵּינוּ אֵלִיָּהוּ הַזָּקֵן זִכְרוֹנוֹ לִבְרָכָה בָּאַזְהָרוֹת שֶׁלּוֹ טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ וְעַל אַרְבַּע גְּדִילִים יָתֵד עַל אֲזֵנֶיךָ תְּכַסֶּה הַגְּדוֹלִים מִנְהָגָן הָיָה שֶׁלֹּא הָיָה מַקְפִּיד לִכְתֹּוב כְּהִלְכָתָן כְּמוֹ שֶׁיָּסַד עַל סְתָם נִסְקָלִים דַּנְתֶּם וְנִתְחַיֵּיב תִּסְקְלוּהוּ וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ תָּלוּהוּ וְהַייְנוּ כר"א דְּפֶרֶק נִגְמַר הַדִּין (סַנְהֶדְרִין דַּף מה:) כָּל הַנִּסְקָלִין נִתְלִין וּדְלֹא כְּרַבָּנָן דְּאָמְרִי אֵין נִתְלֶה אֶלָּא מְגַדֵּף וְעוֹבֵד עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמֵהָא דְּאָמַר בִּשְׁמַעְתָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה אֵין לְהָבִיא רְאָיָה דְּלָא הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר אִיפְּכָא דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא אָמְרִינַן טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה דא"כ מַאי טַעְמָא דר"מ וְעוֹד ר' יוֹסֵי נָמֵי עַל כָּרְחָךְ סָבַר טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה כִּדְשָׁמְעִינַן לֵיהּ גַּבֵּי מִי שֶׁהָיָה שֵׁם כָּתוּב עַל בְּשָׂרוֹ:
Rabbenou Tam a tranché que l'immersion en son temps n'est pas une mitsva. Et bien qu'il soit dit au chapitre 'Ha-Mapelet' (Nidda 30a) 'apprends-en trois choses... apprends-en que l'immersion en son temps est une mitsva' — la halakha n'est pas ainsi, mais [suit] R. Yossi be-R. Yehuda qui dit là-bas 'il lui suffit de s'immerger en dernier (be-aharona)' ; car il y a des faits chaque jour : aucune femme ne s'immerge en son temps — immersion de nidda, de zava, ou de chomeret yom [ke-neged yom]. Et au dernier chapitre de Nidda (67b) nous disons : 'or maintenant que les Sages les ont toutes rendues [comme des] safek zavot, qu'elles s'immergent le jour du septième' — ce qui implique qu'elles ne s'immergeaient jamais de jour. Et Rabbenou Hananel a tranché comme Beit Chammaï et Beit Hillel du chapitre 'Ha-Mapelet' (Nidda 30a), qui tiennent que l'immersion en son temps est une mitsva ; mais ce n'est pas une preuve : du fait que Beit Chammaï et Beit Hillel tiennent ainsi, [on ne déduit pas] que la halakha soit telle — car assurément R. Yossi be-R. Yehuda ne diverge pas d'eux, mais tient que Beit Chammaï et Beit Hillel n'ont pas divergé sur ce point ; si oui, on peut dire que la halakha est comme R. Yossi be-R. Yehuda. Et ce que Rabbenou Eliyahou le Vieux, de mémoire bénie, a composé dans ses Azharot — 'immersion en son temps' et 'sur quatre franges (guedilim) une cheville à ton oreille...' — c'était sa coutume de ne pas se soucier d'écrire [toujours] selon la halakha, comme il a formulé au sujet des simples condamnés à la lapidation 'ils ont jugé et il fut déclaré passible, lapidez-le, et le roi dira : pendez-le' — et cela suit R. Eliezer du chapitre 'Nigmar ha-Din' (Sanhédrin 45b) 'tous les lapidés sont pendus', et non les rabbanan qui disent 'seul le blasphémateur et l'idolâtre sont pendus'. Et de ce qui est dit dans notre sougya, 'tous [conviennent que] nous disons l'immersion en son temps est une mitsva', on ne peut tirer preuve [en faveur du principe] — car [la guemara] ne pouvait dire l'inverse, 'tous [conviennent que] nous ne disons pas l'immersion en son temps est une mitsva', car alors quelle serait la raison de R. Meir ? De plus, R. Yossi aussi, forcément, tient que l'immersion en son temps est une mitsva, comme nous l'entendons de lui à propos de 'celui qui avait un Nom écrit sur sa chair'.
💡 Explication

La guemara établit (d'après Chabbat 120b) que dans la baraita du Nom sur la chair, le clivage est justement tevila bi-zmana mitsva : tanna kama = non, R. Yossi = oui. R. Yossi tient donc positivement le principe.

Conséquence pour notre baraita : l'axe 2 s'effondre. Tous (R. Meir comme R. Yossi) conviennent que tevila bi-zmana mitsva. Le désaccord doit encore être cherché ailleurs — ce sera l'axe 3.

12
וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, רַבִּי מֵאִיר סָבַר: מַקְּשִׁינַן הַזָּאָה לִטְבִילָה, וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: לָא מַקְּשִׁינַן הַזָּאָה לִטְבִילָה.

Et ici, c'est sur ceci qu'ils divergent : R. Meir tient que nous comparons (makichinan) l'aspersion à l'immersion [donc l'aspersion en son temps est aussi une mitsva], et R.

Yossi tient que nous ne comparons pas (lo makichinan) l'aspersion à l'immersion.

📜 Rachi (1)
לָא מַקְּשִׁינַן הַזָּאָה בִּזְמַנָּהּ לָאו מִצְוָה הִיא וְכִי כְּתִיב שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי שֶׁלֹּא יַקְדִּים וְיִשְׁהֶה בֵּין הַזָּאָה לְהַזָּאָה אַרְבָּעָה יָמִים אֲבָל אִם הִשְׁהָה הַזָּאָתוֹ לִזְמַן מְרֻובֶּה לֵית לַן בַּהּ:
Nous ne comparons pas — l'aspersion en son temps n'est pas une mitsva ; et lorsqu'il est écrit 'le troisième et le septième', c'est [seulement] pour qu'il n'avance ni ne diffère [de sorte à laisser] quatre jours entre une aspersion et l'autre ; mais s'il a diffère son aspersion pour une longue durée, cela ne nous importe pas (leit lan bah).
🗂️ Tossefot (1)
מַקְּשִׁינַן הַזָּאָה לִטְבִילָה תֵּימַהּ אַמַּאי פְּשִׁיט לְהוּ טְפֵי דִּטְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה מֵהַזָּאָה יֵשׁ לוֹמַר מִשּׁוּם דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר יט) וְהִזָּה הַטָּהֹור עַל הַטָּמֵא בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְחִטְּאוֹ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְרָחַץ בַּמַּיִם וְטָהֵר בָּעָרֶב וְעַל כָּרְחֲךָ הָא דַּהֲדַר כְּתִיב וְחָטְאוּ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי לָאו מִשּׁוּם הַזָּאָה כְּתִיב דְּהָא כְּתִיב כְּבָר וְאִי מִשּׁוּם לְאַשְׁמוֹעִינַן הַזָּאָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה לֶיהְדַּר נָמֵי הַזָּאָה דָּג' כְּדַהֲדַר הַזָּאָה דִּשְׁבִיעִי אֶלָּא עַל כָּרְחָךְ מִשּׁוּם וְרָחַץ אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּתֵכֶף לְהַזָּאָה טְבִילָה וּשְׁמַע מִינָּהּ דִּטְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה וּלְמַאן דְּלֵית לֵיהּ טְבִילָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה אִיכָּא לְמֵימַר דְּדָרֵישׁ לְהַאי קְרָא כִּדְקָא דְּרֵישׁ לֵיהּ בְּפֶרֶק הָאוֹמֵר בְּקִידּוּשִׁין (דַּף סב. וְשָׁם) דְּקָאָמַר וְחִטְּאוֹ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי לָמָּה לִי אִיצְטְרִיךְ סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי לְקָדָשִׁים אֲבָל בִּתְרוּמָה בְּחַד נָמֵי סַגִּי קָא מַשְׁמַע לַן וְהָא דְּקָאָמַר הָתָם וְהִזָּה הַטָּהֹור עַל הַטָּמֵא לָמָּה לִי אִצְטְרִיךְ סד"א שְׁלִישִׁי לְמַעוֹטֵי שֵׁנִי שְׁבִיעִי לְמַעוֹטֵי שִׁשִּׁי דְּקָא מְמַעֵט יְמֵי טָהֳרָה אֲבָל הֵיכָא דַּעֲבַד בָּרְבִיעִי וּבַשְּׁמִינִי אֵימָא שַׁפִּיר דָּמֵי קמ"ל יֵשׁ לְפָרֵשׁ אֲפִילּוּ לְמ"ד אֵין הַזָּאָה בִּזְמַנָּהּ מִצְוָה וְאוֹ אוֹ קָאָמַר בָּרְבִיעִי אוֹ בַּשְּׁמִינִי כְּלוֹמַר סד"א אִי עֲבַד הַזָּאָה קַמַּיְיתָא בָּרְבִיעִי וְהַשְּׁנִיָּה בַּשְּׁבִיעִי אוֹ קַמַּיְיתָא בַּשְּׁלִישִׁי כְּמִשְׁפָּטָהּ וּבָּתְרָיְיתָא בַּשְּׁמִינִי קמ"ל דְּבָעֵינַן שֶׁיְּהֵא ד' יָמִים בֵּין הַזָּאָה לְהַזָּאָה לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר וְכֵן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י הָתָם:
C'est étonnant : pourquoi leur est-il plus évident que l'immersion en son temps est une mitsva que l'aspersion ? On peut dire : parce qu'il est écrit (Nb 19) 'et le pur aspergera sur l'impur le troisième jour et le septième jour, et il se purifiera le septième jour et lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau et sera pur au soir' ; or, forcément, ce 'il se purifiera le septième jour' répété n'est pas écrit à cause de l'aspersion — car elle est déjà écrite ; et si c'est pour nous enseigner que l'aspersion en son temps est une mitsva, qu'il répète aussi l'aspersion du troisième, comme il a répété l'aspersion du septième ! Plutôt, forcément, c'est à cause de 'et il se baignera' qu'il fallait [le répéter], pour nous enseigner que l'immersion suit immédiatement l'aspersion (tekhef le-haza'a tevila) — et apprends-en que l'immersion en son temps est une mitsva. Et pour celui qui ne tient pas que l'immersion en son temps est une mitsva, on peut dire qu'il expose ce verset comme il est exposé au chapitre 'Ha-Omer' de Kiddouchin (62a), où il dit : 'pourquoi 'il se purifiera le septième jour' [est-il nécessaire] ? Il le fallait ; tu aurais pu penser : cela ne vaut que pour les kodachim (choses saintes), mais pour la terouma un [seul jour] suffirait aussi — il nous enseigne [que non].' Et ce qu'il dit là-bas 'pourquoi 'le pur aspergera sur l'impur' [est-il nécessaire] ? Il le fallait ; tu aurais pu penser : le troisième pour exclure le deuxième, le septième pour exclure le sixième — [ce] qui réduit les jours de pureté ; mais là où il a fait [l'aspersion] au quatrième et au huitième, dis que c'est valable — il nous enseigne [que non].' On peut expliquer [cela] même selon celui qui tient que l'aspersion en son temps n'est pas une mitsva, et il dit 'ou bien... ou bien', au quatrième ou au huitième : c'est-à-dire, tu aurais pu penser : s'il a fait la première aspersion au quatrième et la seconde au septième, ou la première au troisième selon sa règle et la dernière au huitième — il nous enseigne qu'il faut quatre jours entre une aspersion et l'autre, ni moins ni plus. Et ainsi l'a expliqué Rachi là-bas.
💡 Explication

Troisième lecture (axe 3) — celle qui tient. Tous conviennent que tevila bi-zmana mitsva ; le vrai clivage porte sur l'assimilation de l'aspersion (haza'a) à l'immersion (tevila).

R. Meir : on compare — donc l'aspersion aussi doit se faire dès que possible, chaque jour. R. Yossi : on ne compare pas — l'aspersion en son temps n'est pas une mitsva, il suffit de respecter l'intervalle du 3e au 7e.

🖼️ Schéma
Yoma 8a — où loger le désaccord R. Meir / R. Yossi ? R. Meir : on asperge les 7 jours de mise à l'écart. R. Yossi : seulement le 3e et le 7e. Sur quoi divergent-ils vraiment ? Axe 1 — tum'a : hutra ou dehuya dans le tzibbur ? R. Meir = dehuya (repoussée, donc pureté parfaite exigée, on asperge par doute chaque jour) ; R. Yossi = hutra (permise, donc 3e + 7e suffisent, simple ma'ala). RÉFUTE (seg 7) : si hutra, pourquoi asperger du tout ? Tous tiennent dehuya. Axe 2 — 'tevila bi-zmana mitsva' (l'immersion en son temps est-elle une mitsva) ? R. Meir = oui (donc l'aspersion aussi, chaque jour, par crainte que ce soit son temps) ; R. Yossi = non. RÉFUTE (seg 10) : la baraita du Nom sur la chair prouve que R. Yossi tient tevila bi-zmana mitsva. Axe 3 — compare-t-on l'aspersion à l'immersion (makish haza'a le-tevila) ? Tous tiennent tevila bi-zmana mitsva. Mais l'aspersion suit-elle l'immersion ? R. Meir = oui, on compare (donc aspersion en son temps = mitsva, 7 jours) ; R. Yossi = non, on ne compare pas. TIENT (seg 11) : c'est là le vrai point de désaccord. La guemara affine par élimination : chaque axe rejeté rapproche du vrai clivage (l'assimilation aspersion / immersion).
Récapitulatif : les deux axes écartés et l'axe 3 retenu (assimiler ou non l'aspersion à l'immersion).
13
וְרַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים? אִי מַקֵּישׁ הַזָּאָה לִטְבִילָה — אֲפִילּוּ כֹּהֵן בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים נָמֵי, אִי לָא מַקֵּישׁ הַזָּאָה לִטְבִילָה — אֲפִילּוּ כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה נָמֵי לָא!

Et R. Hanina, l'adjoint des kohanim ?

S'il compare l'aspersion à l'immersion — [alors] même le kohen à Yom Kippour aussi [devrait être aspergé sept jours] ; s'il ne compare pas l'aspersion à l'immersion — [alors] même le kohen qui brûle la para aussi ne [devrait] pas [l'être sept jours] !

💡 Explication

Difficulté sur la troisième voix, R. Hanina segan, qui distingue les deux cas (para = 7 jours ; CG à YK = 3e + 7e). Or l'axe 3 est binaire : ou bien on assimile l'aspersion à l'immersion (et alors les deux devraient être 7 jours), ou bien on ne l'assimile pas (et alors aucun ne le devrait). Comment justifier son traitement différencié ?

14
לְעוֹלָם לֹא מַקִּישׁ, וְכֹהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה מַעֲלָה בְּעָלְמָא.

En vérité, il ne compare pas [l'aspersion à l'immersion] ; et [pour] le kohen qui brûle la para, c'est un simple surcroît de rigueur (ma'ala be-alma).

💡 Explication

Réponse. R. Hanina segan n'assimile pas l'aspersion à l'immersion — donc, de droit strict (min ha-din), 3e et 7e suffiraient dans les deux cas.

Les 7 jours d'aspersion pour le kohen de la para ne sont pas une exigence de fond, mais une ma'ala be-alma : une des nombreuses rigueurs que les Sages ont ajoutées autour de la para adouma, pour souligner qu'elle doit être accomplie dans une pureté éclatante.

15
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: אֵין בֵּין כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה לְכֹהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אֶלָּא

Selon qui va ce qu'ont enseigné nos Maîtres (tanou rabbanan) : Il n'y a entre le kohen qui brûle la para et le Cohen Gadol à Yom Kippour que —

💡 Explication

Charnière vers 8b. La guemara introduit une nouvelle baraita du type « ein bein... ela » (il n'y a de différence entre X et Y que...) comparant le kohen de la para et le Cohen Gadol de Yom Kippour, et demande à quelle opinion (parmi les tannaïm précédents) elle correspond. Le contenu de la différence se poursuit au verso.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).