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Haguiga (Chagigah) — Traité complet

Feuilles d'étude interactives, 2a à 27a — 3 perakim : l'obligation de monter au Temple aux trois fêtes, les limites de l'enseignement ésotérique, et les degrés de pureté.
51 amudim · 735 segments · 984 gloses Rachi · 272 Tossefot · 152 schémas de synthèse

Perek 1 HaKol Hayavin — Tous sont tenus de monter au Temple · 19 amudim

2a8 segments · 15 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Chagigah 2a - Qui monte au Temple : la michna des exemptions et le mot hakol
Le traité s'ouvre sur la mitsva de ré'iya, la comparution au Temple aux trois fêtes de pèlerinage. La michna énonce que tous y sont tenus, puis dresse la liste de ceux qui en sont exemptés : le 'herech, le choté et le katan, le toumtoum et l'androgyne, les femmes, les esclaves non affranchis, et tous ceux que leur corps empêche de monter. Beit Chammai et Beit Hillel s'opposent ensuite sur le seuil qui définit le mineur et sur le montant minimal des offrandes de ré'iya et de haguiga. La Guemara demande alors ce que le mot tous vient ajouter, et propose trois réponses successives : le demi-esclave, le boiteux guéri au deuxième jour, l'aveugle d'un seul œil. Le folio se clôt sur la réponse qui concilie tout, en distinguant la michna première de la michna dernière au sujet du demi-esclave.
2b8 segments · 15 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
La sortie du demi-esclave par le tikoun ha-olam, puis la définition du hérech et le partage entre la reiya et la simha
Le folio achève d'abord la sougya du demi-esclave ouverte à la page précédente. Beit Hillel proposait qu'il serve son maître un jour et lui-même un jour ; Beit Chammaï répondent que l'arrangement ne profite qu'au maître, car un tel homme ne peut épouser ni une servante, à cause du côté de liberté qui est en lui, ni une femme libre, à cause du côté d'esclavage. Comme le monde n'a été créé que pour la peria ou-revia, on contraint le maître à l'affranchir, l'esclave lui écrivant un acte pour la moitié de sa valeur, et Beit Hillel se rangent à l'avis de Beit Chammaï. La Guemara passe ensuite à la seconde clause de la michna, qui dispense le hérech, le choté et le mineur : le hérech y est enseigné sur le modèle du choté, donc il s'agit de celui qui n'entend pas et ne parle pas. Une baraita range celui qui parle sans entendre et celui qui entend sans parler parmi les gens ordinaires, une autre baraita les dispense, et Ravina, ou Rava, résout la contradiction : il manque un membre de phrase à la michna, qui distingue en réalité deux obligations, la reiya dont ils sont dispensés et la simha à laquelle ils restent tenus.
3a19 segments · 20 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
La gzera chava reiya-reiya avec le hakhel, les deux muets de Rabbi, puis les derachot de Rabbi Tanhoum et la journée de Peki'in
Le folio part de la distinction posée à la fin de la page précédente : celui qui parle sans entendre et celui qui entend sans parler sont dispensés de la reiya mais restent tenus à la simha. La Guemara demande d'où vient cet écart et répond que la reiya est apprise par une gzera chava reiya-reiya depuis le hakhel, dont les exclusions viennent de « afin qu'ils entendent et afin qu'ils apprennent ». L'objection surgit alors : les deux muets du voisinage de Rabbi, guéris par sa prière, connaissaient la michna, le Sifra, le Sifrei et tout le Talmud, preuve qu'un muet apprend. Mar Zoutra et Rav Achi relisent donc le verset comme « afin qu'ils enseignent », et Rav Achi établit cette lecture par une preuve interne : autrement le second membre de phrase serait superflu. Viennent ensuite trois enseignements de Rabbi Tanhoum — le sourd d'une oreille, le boiteux d'une jambe, la fosse de Yossef — puis le récit de Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Elazar ben Hisma venus saluer Rabbi Yehochoua à Peki'in, qui rapporte les deux derachot de Rabbi Elazar ben Azarya : pourquoi les enfants viennent au hakhel, et la hativa réciproque entre Hachem et Israël.
3b14 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Les paroles des sages comme aiguillons et comme clous, l'affaire de Rabbi Yossi ben Dormaskit, et les signes du choté
Le folio poursuit le compte rendu de la journée d'étude de Yavné devant Rabbi Yehochoua. Rabbi Elazar ben Azarya y expose le verset de Kohelet qui compare les paroles des sages à des aiguillons, à des clous et à des plantations, et la Guemara suit pas à pas la chaîne des objections que chaque image soulève et que le mot suivant corrige. La conclusion porte sur l'unité de la Torah malgré les avis opposés : toutes les positions viennent d'un seul berger, et l'élève doit faire de son oreille un entonnoir. La Guemara demande ensuite pourquoi les deux élèves avaient hésité à rapporter la chose directement, et répond par l'affaire de Rabbi Yossi ben Dormaskit, puni par Rabbi Eliezer pour avoir rapporté comme une nouveauté le vote sur le maasser ani d'Ammon et de Moab pendant la septième année, alors qu'il s'agissait d'une halakha le-Moche mi-Sinaï. Le folio s'achève sur une baraita qui énumère les signes du choté et sur le désaccord entre Rav Houna et Rabbi Yo'hanan, résolu en montrant que chaque signe isolé admet une explication ordinaire.
4a13 segments · 13 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Qui est tenu de la reiya : zakhor, zekhourekha, kol zekhourekha, et l'exemption des esclaves
Le folio ferme d'abord la discussion sur les signes du choté : Rav Papa enseigne que Rav Houna se serait rétracté s'il avait connu la baraita qui définit le choté comme celui qui détruit tout ce qu'on lui donne, et la Guemara laisse en teikou la question de l'étendue de cette rétractation. Il passe ensuite à la michna sur le toumtoum et l'androguinos, et expose la baraita qui lit trois degrés dans le verset de Chemot 23,17 : zakhor exclut les femmes, zekhourekha exclut le toumtoum et l'androguinos, kol zekhourekha inclut les enfants. Chaque degré est mis en question : pourquoi un verset pour les femmes, déjà exemptes de toute mitsva positive liée au temps ? pourquoi un verset pour un cas de doute comme le toumtoum ? comment un verset peut-il inclure l'enfant que la michna exempte ? Les réponses font apparaître la guezera chava reiya-reiya avec le hakhel, le statut de créature à part de l'androguinos, le cas d'Abaye où les testicules sont au-dehors, et l'enseignement d'Aherim sur ceux dont le métier rend l'odeur insupportable. Le folio traite enfin l'exemption des esclaves : le principe de la guezera chava lah-lah rend le verset superflu, et Ravina le rapporte à celui qui est à moitié esclave et à moitié homme libre. Il s'achève sur la derasha de regalim qui exempte le boiteux, l'aveugle, le malade et le vieillard, interrompue au milieu de la réponse de Rava.
4b12 segments · 18 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les derniers exemptés de la reeya, puis les maîtres qui pleuraient sur un verset
Le folio achève la liste des exemptés de la reeya, l'obligation de monter au Temple et d'y apporter la ola de reeya. Rava ajoute le délicat, qui ne marche pas sans chaussure, alors que nul n'entre chaussé sur le Har haBayit. Une baraita exempte ensuite l'incirconcis et l'impur : l'impur par le rapprochement de ouvat chama et vehavetem chama, l'incirconcis par la derasha de ich ich selon Rabbi Akiva, qui l'inclut au titre de l'impur. Rabbi Yo'hanan ben Dehavai exempte enfin l'aveugle d'un seul œil, en lisant yerae et yire l'un par l'autre : on vient être vu comme on vient voir. Ce même verset ouvre la seconde partie du folio, une suite de récits où Rav Houna, Rabbi Elazar, Rabbi Ami, Rabbi Assi et Rav Yossef pleurent en parvenant à un verset. Le dernier, sur celui qui périt sans jugement, amène l'affaire de Rav Bivi bar Abaye et de l'ange de la mort, où une Miriam est prise pour une autre.
5a18 segments · 24 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les versets qui faisaient pleurer Rabbi Yo'hanan : mort avant l'heure, jugement sur ce qui est caché, et le bien qui blesse
Le folio s'ouvre sur la fin du récit de l'ange de la mort qui a pris une femme avant son terme, et sur la question que lui pose Rav Bibi bar Abaye : a-t-il le droit d'agir ainsi ? La réponse ouvre une doctrine complète des années enlevées avant l'heure — l'ange les garde jusqu'à la fin de la génération, puis les remet à Douma, et il peut les transférer à un jeune érudit qui passe sur ses affaires. Vient ensuite la longue série des versets devant lesquels Rabbi Yo'hanan pleurait, tous construits sur la même formule : un serviteur dont le maître agit ainsi, quel remède lui reste-t-il ? Iyov 2,3 sur le maître que l'on incite ; Iyov 15,15 sur Celui qui ne se fie pas à Ses saints, illustré par le cueilleur de figues qui prend les fruits non mûrs ; Malakhi 3,5 qui met le pressurage du salaire au rang de la sorcellerie ; Kohelet 12,14 sur le jugement de ce qui est caché ; Devarim 31,21 sur les maux qui deviennent rivaux l'un de l'autre. La Guemara précise chaque fois ce qui est visé : tuer un pou ou cracher devant un autre, donner la tsedaka en public, envoyer de la viande non purgée un vendredi, prêter au pauvre seulement quand il est aux abois. Le folio s'achève sur l'enseignement de Rav au sujet du hester panim, interrompu au milieu de la phrase et repris en 5b.
5b24 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le visage caché, les larmes des chambres intérieures et le poids de chaque parole
Le folio poursuit la sougya du hester panim, le visage caché annoncé en Deutéronome 31. Rava y est pris à partie par les maîtres, qui ne voient chez lui ni prière inexaucée ni spoliation ; sa réponse sur les présents versés en secret à la cour de Chapour n'empêche pas qu'ils posent les yeux sur lui, et la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel se vérifie. Viennent ensuite les lectures qui maintiennent un lien malgré la face cachée : le songe selon Rava, la main étendue selon Rav Yossef, dont Rabbi Yehochoua ben Hanania fait un signe devant César. La seconde moitié du folio porte sur ce qui est compté à l'homme, jusqu'au propos léger échangé avec sa femme, puis sur les larmes attribuées en haut : Mistarim, la contradiction de Rav Papa, la distinction des chambres intérieures et extérieures, les trois larmes de Jérémie et les trois motifs quotidiens. Le folio se ferme sur la valeur de la rencontre des sages, sur le principe qu'un seul jour compte pour l'année entière en bien comme en mal, et revient à la michna sur le mineur.
6a17 segments · 18 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
L'enfant que l'on éduque à la montée, puis le prix de la ré'iyah et de la haguiga : deux maisons, quatre arguments, et l'holocauste du Sinaï
Le folio achève d'abord la michna sur l'enfant. Beit Chammaï l'obligent dès qu'il peut être porte sur les épaules de son père, Beit Hillel dès qu'il peut tenir la main de son père et monter de Jérusalem au Har haBayit. La Guemara demande qui l'a amené jusqu'à Jérusalem, et Abaye répond que sa mère, tenue de la simcha, l'a conduit jusque-là. Rabbi objecte à Beit Chammaï le verset de Hanna, qui n'est pas montée avant le sevrage de Chemouel ; son père écarte l'objection par la délicatesse de l'enfant. Rabbi Chimon demande ensuite le cas du boiteux et de l'aveugle guérissables, et Abaye pose la règle générale : le chinoukh de l'enfant suit l'obligation de l'adulte. La seconde moitié du folio traite du montant minimal des deux sacrifices du pèlerinage. Beit Chammaï mettent deux pièces d'argent sur la ré'iyah et une ma'a sur la haguiga, Beit Hillel l'inverse ; chaque maison avance deux arguments et répond aux deux arguments de l'autre. Le débat se résout sur la lecture de Chemot 24,5 : l'holocauste offert au Sinaï avant le don de la Torah était-il un olat tamid ou un olat ré'iyah ? Abaye range les tannaïm dans les deux camps, et le folio s'interrompt sur Rabbi Yichmael et sa thèse des énoncés généraux dits au Sinaï.
6b15 segments · 18 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
L'olah offerte au Sinaï : olat tamid ou olat reiya, et la question de Rav Hisda sur les taureaux
Le folio achève le relevé d'Abaye sur une même question : l'olah que les enfants d'Israël ont offerte au désert, au pied du Sinaï, était-elle l'olat tamid, le sacrifice perpétuel imposé aux générations, ou l'olat reiya, l'offrande de comparution du pèlerin ? La première moitié du folio donne les sources de chaque camp : la position de Rabbi Yishmael sur les règles générales et les détails, la baraita de Rabbi Elazar et de Rabbi Akiva sur « l'olat tamid faite au mont Sinaï », le verset d'Amos résolu par la tribu de Levi, puis la baraita de Rabbi Yossi HaGlili sur les trois commandements du pèlerinage. La guemara revient ensuite sur l'argument qui avait fait ranger Rabbi Yishmael du côté de Beit Chamaï, l'argument de l'écorchement et de la découpe, et le retire : Rabbi Yossi HaGlili admet précisément ce changement, donc l'argument ne prouve rien, et il faut retrancher Rabbi Yishmael de la liste. Le folio se ferme sur la question de Rav Hisda concernant la lecture de Chemot 24,5, ses deux conséquences pratiques, teikou, puis sur la michna de Pea qui ouvre la sougya suivante.
7a17 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le reayon sans mesure : comparaître au Temple, avec ou sans sacrifice, et combien de fois
Le folio part de la fin de la michna de Pea, qui range le reayon parmi les choses sans mesure. Rabbi Yo'hanan rapporte que l'on croyait lire cette michna comme visant seulement le plafond, un minimum d'une ma'a d'argent restant de la Torah, jusqu'à ce que Rabbi Ochaya beRabbi enseigne qu'il n'y a ni plafond ni plancher min haTorah, la ma'a d'argent et les deux pièces d'argent étant une mesure des Sages. Vient alors la grande mahloket entre Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich sur le sens du mot reayon : la comparution du visage dans la Azara, ou la comparution accompagnée d'un sacrifice. Rech Lakich objecte trois fois depuis « on ne paraîtra pas devant Moi les mains vides », et Rabbi Yo'hanan répond chaque fois que ce verset vise le premier jour de la fête. Rabbi Yo'hanan renverse l'objection par la lecture yir'eh / yera'eh, et la Guemara reformule alors le désaccord : il porte sur celui qui vient et apporte, le sacrifice ayant ou non une mesure. Le folio s'achève sur la contradiction de Rabbi Levi entre « espace tes pas de la maison de ton ami » et « je viendrai dans Ta maison avec des holocaustes », puis sur la question de Rav Yossef : peut-on faire monter ses fils par moitiés ?
7b10 segments · 22 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les métiers dispensés de la comparution, puis la michna des olot et des chelamim : profane ou second maasser
Le folio commence par fermer la discussion sur « tous tes mâles ». Abaye écarte la lecture de Rav Yossef, et le verset est rendu à la baraita d'Aherim : trois métiers à l'odeur repoussante — le mekametz, celui qui affine le cuivre et le tanneur — sont dispensés de la comparution, puisqu'ils ne peuvent pas monter avec tous les mâles. Vient ensuite la michna du deuxième chapitre du traité : les olot apportées pendant les jours intermédiaires de la fête viennent du profane, les chelamim viennent du second maasser, et le premier jour de Pessa'h oppose Beit Chamai à Beit Hillel. La guemara attaque la michna par une déduction gênante : faudrait-il comprendre que le jour de fête lui-même l'olah viendrait du maasser, alors que toute chose obligatoire ne vient que du profane ? Une seconde lecture ferait de notre michna un enseignement de Beit Chamai seuls. La guemara conclut que la michna est incomplète et la réécrit en quatre membres distincts, une baraita confirme cette réécriture, et Rav Achi explique pourquoi le tana a mentionné précisément le premier jour de Pessa'h : pour opposer la haguiga du quinze à celle du quatorze.
8a10 segments · 15 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Avec quel argent et avec quelle viande : 'houlin, ma'aser cheni et les offrandes qui acquittent la simcha
Le folio poursuit la baraita laissée en 7b sur la haguiga du quatorze de Nissan. De ce que Beit Hillel autorisent de l'apporter du ma'aser cheni, la Guemara conclut que son auteur la tient pour une obligation des Sages, puisqu'une chose obligatoire ne vient que du 'houlin. Oula ouvre alors une autre voie : le tofel, l'adjonction d'argent ou de bêtes de ma'aser à une base de 'houlin. Hizkiya et Rabbi Yo'hanan divergent sur la forme que prend cette adjonction, bête à bête ou argent à argent, et chacun reçoit sa baraita. Le mot missat du verset de Chavouot sert de socle : il enseigne que l'obligation vient du 'houlin, et « selon ce dont Hachem t'aura béni » ouvre l'adjonction. Le folio se termine sur la question du ma'aser behema le jour de fête, écarté par Rav Achi à cause du sikra, puis sur la liste des offrandes par lesquelles Israélites et kohanim s'acquittent de la simcha.
8b18 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Proportionner les olot et les chelamim à sa fortune et à sa table, puis adjoindre le maasser au profane et rattraper la haguiga les jours suivants
Le folio ferme d'abord la discussion sur la réjouissance de la fête. Pour le premier tana, le verset « et tu te réjouiras dans ta fête » enseigne que la simha se fait avec ce dont la haguiga peut venir, ce qui exclut les oiseaux et les offrandes de farine ; Rav Achi tire la même exclusion du seul mot « et tu te réjouiras » et libère « dans ta fête » pour l'enseignement de Rav Daniel bar Ketina sur les mariages pendant les jours intermédiaires. Vient ensuite la michna : la proportion entre les olot et les chelamim suit deux grandeurs, la fortune du pèlerin et le nombre de ses convives. La guemara demande d'où un homme pauvre tirerait beaucoup de chelamim, et Rav Hisda répond par la tefila, l'adjonction de l'argent du second maasser à l'argent profane ; Rav Chechet objecte, et la guemara mesure sa position contre celles de Hizkiya et de Rabbi Yo'hanan, puis précise ce que veut dire « le premier repas vient du profane ». La dernière partie du folio pose une question de bal tossif : celui qui a mis à part dix bêtes pour sa haguiga et n'en a offert que cinq le premier jour peut-il offrir les autres le lendemain. Rabbi Abba résout la divergence entre Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan en distinguant celui qui a précisé son intention de celui qui n'a rien précisé.
9a18 segments · 29 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le jour principal et ses rattrapages : tachloumin de la haguiga, et ce qui ne se répare plus
Le folio achève la discussion ouverte en 8b : la limitation de Rabbi Yo'hanan ne vaut que tant que le premier jour n'est pas terminé. La michna énonce ensuite la règle du rattrapage : celui qui n'a pas apporté sa haguiga au premier jour de Souccot peut encore le faire durant tout le regel et jusqu'à Chemini Atseret ; une fois le regel passé, l'obligation s'éteint, et le verset de Kohelet « ce qui est tordu ne pourra être redressé » lui est applique. Rabbi Chimon ben Menassia et Rabbi Chimon ben Yohai donnent deux autres lectures de ce verset. La Guemara fonde l'inclusion du huitième jour sur une guezera chava atseret-atseret, qu'elle doit d'abord établir comme disponible, puis sur la double derasha de otho dans Vayikra 23, 41. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Ochaya divergent enfin sur la nature du rattrapage, et Rabbi Zera en dégage le cas du boiteux guéri en cours de fête ; l'objection tirée du nazir impur conduit Rabbi Yirmeya à distinguer l'impureté, distinction que Rav Papa vient contester.
9b17 segments · 21 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La nuit qui ne manque pas de temps, puis ce qui est faussé et ne peut plus être redressé
Le folio achève d'abord la défense de Rabbi Yo'hanan sur le boiteux : Rav Papa explique qu'il tient la nuit pour un temps déjà arrivé, et non pour un mehousar zeman, un temps qui manque encore. La guemara oppose aussitôt à cette lecture l'enseignement de Rabbi Yo'hanan sur le zav qui voit de nouvelles émissions après ses sept jours nets, et distingue selon que les visions décisives tombent la nuit ou le jour. Le folio passe ensuite à la fin de la michna : la fête passée sans haguiga ne se rattrape plus, et le verset de Kohelet « ce qui est faussé ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté » sert de cadre à une série d'enseignements. Bar Hei Hei interroge Hillel sur le mot « être compté » et reçoit deux réponses célèbres : l'occasion de mitsva perdue avec ses compagnons, et la différence entre celui qui révise son chapitre cent fois et celui qui le révise cent et une fois. Le folio se ferme sur le partage entre les fautes qui admettent une réparation — le vol, la guezela — et celles qui laissent une trace définitive, et sur la question de savoir si le mamzer engendré est ou non la condition de cette trace.
10a17 segments · 29 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Ce qui tient au verset et ce qui tient à la transmission : hetter nedarim, montagnes suspendues à un cheveu
Le folio achève d'abord la sougya de 9b sur le meouvat lo youkhal litkon : l'homme qui a rendu une femme interdite à son mari a commis un tort irréparable, et la Guemara distingue le rapport contraint du rapport consenti, puis la femme d'un cohen de la femme d'un Israélite. Vient ensuite une courte série sur celui qui quitte un ordre d'étude pour un autre, où Rav, Chmouel et Rabbi Yo'hanan lisent chacun à leur manière le verset « pour celui qui sort et pour celui qui entre, point de paix ». La michna classe alors les domaines de la Torah selon leur appui dans le texte écrit : la dissolution des vœux vole dans l'air, le Chabbat, les haguigot et les me'ilot sont des montagnes suspendues à un cheveu, tandis que les dinim, les avodot, les puretés et les arayot ont sur quoi s'appuyer. La Guemara recueille cinq tentatives d'ancrage de la dissolution des vœux dans un verset ; Rava les réfute toutes sauf celle de Chmouel. Elle demande enfin en quoi le Chabbat reposerait sur un mikra mince, et répond par la règle de Rabbi Abba sur celui qui creuse un trou dont il ne veut que la terre.
10b17 segments · 16 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Ce qui pend à un cheveu : melekhet mahshevet, la haguiga tirée d'une guezera chava, et le messager qui fait fauter un autre
Le folio poursuit l'examen de la michna qui range les lois du Chabbat, des haguigot et des meilot parmi les montagnes suspendues à un cheveu. Pour le Chabbat, la guemara répond que l'appui ténu est le principe de melekhet mahshevet, un travail voulu et pensé, que la Torah n'énonce qu'à propos du Michkan et que l'on transporte au Chabbat par la simple contiguïté des sections. Pour les haguigot, elle suit l'échange de Rav Papa et d'Abaye : le verset « vous le célébrerez comme une fête » pourrait ne demander qu'une réjouissance, et il faut une longue discussion, puis une guezera chava sur le mot midbar avec un verset d'Amos, pour y lire un sacrifice ; or on ne tire pas des paroles de Torah a partir des Prophètes, d'où la fragilité de l'appui. Pour les meilot, trois propositions se succèdent — Rami bar Hama, Rava, Rav Achi — chacune cherchant le cas où la halakha étonne la raison : le mandant qui commet la meila par l'acte de son messager, le messager tenu pour responsable alors qu'il n'a fait qu'obéir, et enfin la pierre consacrée qui n'engage celui qui la prend qu'au moment où il la donne à autrui. Le folio s'interrompt sur l'amorce d'une réponse de Chmouel.
11a16 segments · 19 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Le dernier cheveu de la me'ila, et le point non écrit des cinq domaines qui ont sur quoi s'appuyer
Le folio ferme la sougya ouverte en 10b sur les hilkhot me'ila, que la michna range parmi les montagnes suspendues à un cheveu. La Guemara écarte deux lectures de la michna de la me'ila, celle du guizbar et celle de la pierre bâtie dans la maison, et retient celle de Rava, où l'envoyé est tenu pour une me'ila alors qu'il ignorait tout. Un Tana précise ensuite le rapport entre le texte écrit et le nombre des règles pour les nega'im et pour les ohalot, avec sa conséquence pratique : chercher dans les versets où chercher dans la michna. La suite passe en revue les domaines dont la michna dit qu'ils ont sur quoi s'appuyer, et dégage pour chacun le point précis qui n'est pas écrit : nefech tahat nefech entendu comme une somme d'argent chez Rabbi, le transport du sang parmi les services, la mesure du mikve, la mesure d'une lentille pour le cherets. Le folio s'arrête au seuil des arayot, dont la réponse se donne en 11b.

Perek 2 Ein Dorchin — On n'expose pas ces sujets · 18 amudim

11b24 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui ne s'expose pas devant tous : sitrei arayot, maasse berechit, maasse merkava, et les quatre regards interdits
Le folio achève d'abord le deuxième chapitre en montrant d'où se tire l'interdit portant sur sa fille née d'une femme violée : une guezera chava sur le mot hena pour l'interdit, une seconde sur le mot zima pour la peine, après quoi la guemara corrige la michna précédente — les matières explicitées et celles qui le sont moins sont également des corps de Torah. S'ouvre ensuite le chapitre Ein dorchin, qui fixe trois seuils d'auditoire : les arayot ne s'exposent pas devant trois, le maasse berechit devant deux, la merkava devant un seul, sauf sage comprenant de lui-même. La guemara relève une contradiction interne à la michna et réforme sa lecture : les nombres comptent les élèves, non le maître. Elle cherche alors un appui scripturaire au premier seuil, essaie ich ich puis ouchmartem, écarte les deux, et s'arrête à Rav Achi : la règle ne vise que les sitrei arayot et repose sur un raisonnement — à trois, deux élèves discutent entre eux, perdent la parole du maître et risquent de permettre un interdit. Le folio s'achève sur la baraita qui découpe Deut. 4, 32 pour délimiter ce dont on a le droit de s'enquérir, et qui exclut les quatre regards de la michna.
12a20 segments · 20 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Maassé berechit : la taille d'Adam ha-richon, les dix choses du premier jour, la lumière mise en réserve, et l'ordre du ciel et de la terre
Le folio quitte la question du droit de s'enquérir pour entrer dans la matière elle-même, le maasse berechit. Il part d'un reste de verset : puisque l'interdit d'interroger se tire déjà de « d'une extrémité des cieux à l'autre », à quoi sert « depuis le jour où D.ieu créa l'homme sur la terre » ? Réponse : ce membre enseigne la taille d'Adam ha-richon, de la terre au firmament pour Rabbi Elazar, d'une extrémité du monde à l'autre pour Rav — une seule mesure, ramenée après la faute. Viennent ensuite les dix choses créées le premier jour avec leurs versets, l'explication de tohou et de bohou, et la lumière du premier jour mise en réserve pour les justes, qui se double d'une controverse de tanaim sur les luminaires. Rav Zoutra bar Tovia énumère alors les dix attributs par lesquels le monde fut créé, et Rav décrit un monde qui s'étend jusqu'à la réprimande : El Chaddai, Celui qui a dit au monde « assez ». Le folio s'achève sur la controverse de Beit Chammai et de Beit Hillel sur l'ordre du ciel et de la terre, résolue par Rech Lakich qui distingue création et déploiement, sur l'étymologie de chamayim, et sur la deracha de Nahoum de Gam Zo portant sur le mot et.
12b15 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Sur quoi le monde se tient : les colonnes de la terre, les sept firmaments et ce que contient Aravot
Le folio achève la lecture du premier verset de la Torah — pourquoi « et la terre » est écrit, et pourquoi le récit revient ensuite à la terre avant les cieux — par la parabole du roi qui loue celui qui n'a pas coutume de se lever tôt. Il descend ensuite la colonne du monde : la terre sur les colonnes, les colonnes sur les eaux, les eaux sur les montagnes, les montagnes sur le vent, le vent sur la tempête, la tempête suspendue au bras du Saint béni soit-Il ; trois avis comptent ces colonnes, douze, sept, ou une seule dont le nom est tsadik. Rav Yehouda compte deux firmaments, Rech Lakich sept, et la guemara les parcourt un à un — Vilon, Rakia, Chehakim, Zevoul, Maon, Makhon, Aravot — en établissant pour chacun qu'il porte bien le nom de « cieux ». Deux enseignements s'insèrent au passage sur l'étude de nuit et sur la parole vaine. Le folio s'arrête sur une difficulté ouverte : l'obscurité entoure la Gloire, alors que le verset de Daniel place la lumière auprès d'Elle.
13a14 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qu'il est permis d'exposer : la mesure du monde, les conditions de la transmission et le feu du hachmal
Le folio ouvre sur la fin de la difficulté laissée en suspens : l'obscurité entoure la Gloire dans les chambres extérieures, la lumière se tient dans les chambres intérieures. Rav Aha bar Yaakov ajoute un firmament au-dessus des têtes des hayot, puis la guemara pose une limite — jusqu'ici la parole est permise, au-delà elle ne l'est plus — et l'appuie sur le livre de Ben Sira. Vient alors la réponse de la bat kol à Nevoukhadnetsar : une vie d'homme compte soixante-dix ans, tandis que la montée vers le trône se mesure en étapes de cinq cents ans de marche, firmament après firmament, puis membre après membre des hayot. La seconde moitié du folio traite des conditions de la transmission : les têtes de chapitres, le av beit din et le cœur inquiet, les cinq qualités de Rabbi Ami, l'interdit d'enseigner à un non-Juif, et trois refus successifs de transmettre. Le folio se termine sur le hachmal : jusqu'où l'exposé est permis, l'enfant que le feu consuma, et le livre de Ye'hezkel sauvé par Hanania ben Hizkia.
13b14 segments · 22 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La Merkava de Ye'hezkel : le hachmal, Sandalfon, le bœuf changé en kerouv, et ce qui a diminué depuis la destruction
Le folio poursuit l'exposition du premier chapitre de Ye'hezkel, c'est-à-dire le Maasse Merkava. Il achève la lecture du mot hachmal comme notarikon de hayot ech memallelot, les créatures de feu qui parlent, puis explique le mouvement ratso vachov des hayot et la tempête venue du nord, qui alla soumettre le monde à Nevoukhadnetsar pour que les nations ne disent pas qu'Israël fut livré à un peuple vil. Vient ensuite l'ange Sandalfon, l'ofan qui se tient à terre et noue des couronnes pour son Créateur, puis la comparaison de Rava entre Ye'hezkel, le villageois qui voit le roi, et Yechayahou, le citadin qui le voit sans s'étonner. Le cœur halakhique du passage est une série de contradictions entre versets : le bœuf de Ye'hezkel 1 devenu kerouv en Ye'hezkel 10, les six ailes de Yechayahou contre les quatre de Ye'hezkel, et les mille milliers de Daniel contre les troupes sans nombre de Iyov ; la guemara les résout toutes par la même distinction entre le temps où le Temple est debout et le temps où il ne l'est plus. Le folio se clôt sur le nehar Dinour, né de la sueur des hayot, et sur les 974 générations retirées avant d'être créées.
14a18 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Les générations retirées, les anges du nehar Dinour, les deux trônes de Daniel et les dix-huit malédictions de Yechayahou
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya des générations qui devaient être créées avant le don de la Torah et qui ne le furent pas : le Saint béni soit-Il en planta quelques-unes à chaque génération, et ce sont les insolents de chaque génération. Vient ensuite une double question sur les anges, créés chaque jour du nehar Dinour selon le père de Hiya bar Rav, ou créés un par un de chaque parole divine selon Rabbi Chemouel bar Nahmani. Le cœur du folio est une série de contradictions entre versets portant sur la vision de Daniel : cheveux blancs comme la laine contre boucles noires comme le corbeau, résolues par la distinction entre la yéchiva et la guerre ; puis un trône unique contre des trônes au pluriel, où se déploie une mahloket en trois temps entre Rabbi Akiva, Rabbi Yossi HaGlili et Rabbi Elazar ben Azarya. La seconde moitié du folio expose le troisième chapitre de Yechayahou comme un catalogue des maîtres de Torah que D.ieu ôte de Jérusalem, dix-huit malédictions dont chaque terme désigne une catégorie d'étudiants, et s'achève sur la question des hommes de foi : Rav Ketina affirme qu'ils n'ont pas cessé même à la chute de la ville, Rava affirme que la ville ne fut détruite que lorsqu'ils eurent cessé.
14b10 segments · 15 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le Maassé Merkava exposé sur la route : Rabbi Elazar ben Arakh, les trois hartsaot, et les quatre qui entrèrent dans le Pardès
Le folio s'ouvre sur la dernière réponse de la sougya précédente concernant les hommes de confiance de Yerouchalayim : ils l'étaient pour les paroles de Torah et ne l'étaient plus pour le commerce. La guemara revient ensuite au Maassé Merkava avec une longue baraita narrative. Rabban Yo'hanan ben Zakkai chevauche un âne, Rabbi Elazar ben Arakh demande à être enseigné, le maître refuse d'enseigner et autorise l'élève à exposer devant lui ; il descend de l'âne, s'enveloppe et s'assied par terre, un feu descend du ciel, les arbres du champ disent un chant et un ange atteste depuis le feu. La même chose se produit, sous d'autres signes, quand Rabbi Yehochoua et Rabbi Yossi haKohen exposent à leur tour. Une baraita de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda compte alors trois hartsaot, expositions, et en exclut Rabbi Elazar ben Arakh, ce que la guemara explique par la réciprocité entre maître et élève. Le folio se clôt sur la baraita des quatre qui entrèrent dans le Pardès et sur deux questions posées à ben Zoma, la castration du chien et la vierge devenue enceinte.
15a13 segments · 16 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Ben Zoma entre les eaux supérieures et les eaux inférieures, et la chute d'Élicha ben Abouya devenu Aher
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya précédente : la vierge devenue enceinte est-elle permise au Kohen Gadol ? Ben Zoma répond qu'un homme habile comme Chemouel est rare, mais qu'on craint une conception dans un bain. La guemara passe ensuite au récit de ben Zoma sur la marche du Har haBayit : absorbé dans le Maassé Berechit, il ne se lève pas devant Rabbi Yehochoua et déclare qu'il n'y a que trois doigts entre les eaux supérieures et les eaux inférieures ; Rabbi Yehochoua conclut qu'il est encore dehors, et la guemara montre la faiblesse de sa preuve avant de rapporter quatre mesures de l'écart. Vient alors le long dossier d'Aher : il voit Métatron assis et écrivant, en conclut à tort à deux autorités, entend la bat kol qui l'exclut de la techouva et sort vers la mauvaise conduite. Le folio se clôt sur les échanges entre Aher et Rabbi Meir, l'un sur le verset de Kohelet, l'autre sur l'or et le verre, puis sur le cheval mené un jour de Chabbat et sur les versets récités par les enfants dans les maisons d'étude.
15b16 segments · 24 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Aher après sa mort : la fumée de la tombe, et la question d'apprendre la Torah d'un maître fautif
Le folio achève l'épreuve des treize synagogues : Aher fait réciter leur verset à des enfants, et tous lui renvoient la même condamnation, jusqu'au dernier qui bégaie et transforme « et au méchant » en « et à Elicha ». Vient ensuite le sort d'Aher après sa mort : la cour céleste refuse de le juger et refuse de le faire entrer au monde à venir ; Rabbi Meir demande qu'il soit jugé, et de la tombe monte une fumée ; Rabbi Yo'hanan la fera cesser. La fille d'Aher vient demander sa subsistance à Rabbi, et un feu lèche le banc. La guemara passe alors à la question halakhique de fond : comment Rabbi Meir a-t-il pu apprendre la Torah de la bouche d'Aher, puisqu'un verset exige que le maître ressemble à un ange ? Deux versets opposés sont produits, et la réponse distingue le gadol du katan. Trois images — la datte, la noix, la grenade — disent la même chose : la Torah d'un maître fautif ne devient pas répugnante. Le folio se clôt sur la faille d'origine, la tina du cœur, et sur Rabbi Akiva, seul à être monté et descendu en paix.
16a18 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ce que Rabbi Akiva a exposé, les chedim entre anges et hommes, et les témoins de la faute commise en cachette
Le folio ouvre sur la question laissée en suspens : quel verset Rabbi Akiva avait-il exposé, qui lui a permis de monter et de descendre en paix ? Quatre réponses sont données, quatre versets qui marquent tous la même chose : le lieu de la Chekhina se distingue au sein de la myriade des anges. Vient ensuite une baraita sur les chedim, partagés entre trois traits des anges de service et trois traits des hommes, puis sur l'homme lui-même, partagé entre trois traits des anges et trois traits de l'animal. La michna du chapitre est alors reprise : quatre objets de regard interdit, et la question de savoir pourquoi « ce qui est avant » entre dans la liste, résolue par le machal du palais bâti sur le tas d'ordures. Le folio traite enfin de l'égard dû à l'honneur du Créateur : regarder l'arc-en-ciel, transgresser en cachette, la règle de Rabbi Ela l'Ancien et sa distinction entre celui qui peut soumettre son inclination et celui qui ne le peut pas, les trois regards qui obscurcissent les yeux, et les quatre réponses à la question « qui témoignera contre moi ? ». Il se clôt sur la michna des cinq zougot et leur désaccord sur la semikha, la première mahloket des sages d'Israël.
16b19 segments · 18 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Nassi et av beit din dans les zougot, l'erreur de Yehouda ben Tabbaï, et la semikha comme chevout
Le folio ouvre la guemara du deuxième chapitre. Une baraita répartit les cinq zougot entre nessiim et avot beit din : pour Rabbi Meir, le premier nommé de chaque paire est le nassi ; pour les sages, le cinquième zoug s'inverse, Yehouda ben Tabbaï étant av beit din et Chimon ben Chatah nassi. La guemara cherche à qui attribuer la baraita où Yehouda ben Tabbaï raconte avoir fait exécuter un témoin zomem pour contredire les tsedoukim, et où Chimon ben Chatah lui répond qu'il a versé un sang innocent, puisque les edim zomemim ne sont punis que si tous deux sont convaincus. Suivent la prosternation sur la tombe et la voix entendue, puis la sortie de Menahem. La seconde moitié du folio quitte l'histoire pour la halakha : Rabbi Yo'hanan enseigne que la semikha de Yom Tov n'est qu'un chevout, Rami bar Hama en déduit qu'elle exige toute la force de celui qui la fait, l'affaire du veau amené à la cour des femmes vient objecter, et Rav Papa tire de tout cela que les côtés d'un objet interdit sont eux aussi interdits.
17a10 segments · 12 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Ce qu'on offre à Yom Tov selon Beit Chammai et Beit Hillel, le jour d'abattage de Atseret et ses sept jours de tashlumin
Le folio s'ouvre sur la dernière réponse de la sougya précédente : Rav Achi écarte la preuve tirée de l'affaire du veau en observant que la tête de la bête se trouve à la hauteur de son dos, de sorte qu'y poser les mains revient à toucher le dos et non un côté. Vient ensuite la michna, qui oppose Beit Chammai et Beit Hillel sur les sacrifices du jour de fête : Beit Chammai autorisent les chelamim, dont l'homme mange, refusent les olot, entièrement brûlées, et reportent la semikha à la veille ; Beit Hillel autorisent les deux et la semikha le jour même. De là découle le sort de Atseret tombant un vendredi, avec ou sans jour d'abattage le dimanche, et les mesures prises ce jour-là contre l'opinion des tsedoukim, qui plaçaient toujours Atseret au lendemain d'un Chabbat. La guemara établit enfin, au nom de Rabbi Ochaya, que Atseret dispose de sept jours de tashlumin : le verset rapproche Chavouot de la fête des matsot, la comparaison concurrente avec Souccot et ses huit jours est écartée par la règle tafasta mou'at tafasta, et la mention de Souccot dans le verset sert alors à lui étendre l'obligation de lina.
17b11 segments · 14 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les tashloumin d'Atseret : sept jours ou un seul, et le statut du yom tevoah
Le folio achève la sougya des jours de rattrapage (tashloumin). Il établit d'abord d'où vient l'obligation de passer la nuit à Jérusalem après la fête, par le verset ou-fanita ba-boker ve-halakhta le-ohalekha. Il cherche ensuite à trancher une question restée ouverte : Atseret a-t-elle des tashloumin, et combien de jours durent-ils ? Trois tentatives de preuve sont examinées — la michna d'Atseret tombant un vendredi, la baraita de celui qui n'a pas fêté, et l'enseignement de Rabba bar Chmouel qui rapproche Atseret du mois — et chacune est écartée ou retournée par Rava, qui établit sept jours. L'école de Rabbi Eliezer ben Yaakov apporte enfin un appui propre, tiré du voisinage de ou-krateim et ou-vekotsrekhem, qui montre que les jours de rattrapage d'Atseret restent permis au travail.
18a11 segments · 14 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le hol hamoed interdit dans l'accomplissement d'un travail, et le jour d'abattage face aux tsedoukim
Le folio achève d'abord la sougya des tashlumin de Atséret : Reich Lakich tire une preuve du nom hag ha-katsir, la fête de la moisson, puisqu'on ne moissonne pas un Yom Tov, et Rabbi Yo'hanan lui oppose hag ha-assif, la fête de la cueillette, où la même lecture est impossible ; les deux noms désignent donc la saison de l'année. Du silence de Reich Lakich devant cette objection, la guemara déduit que tous deux tiennent le hol hamoed interdit dans l'accomplissement d'un travail, et part en quête de la source de cet interdit. Quatre baraitot se succèdent : Rabbi Yochiya et son verset « tu observeras », Rabbi Yonatan et son kal va-homer que deux objections successives viennent éprouver, Rabbi Yossi HaGlili et Rabbi Akiva sur les versets de Vayikra 23, enfin la baraita de « et le septième jour, atséret », qui conclut que le verset a remis aux sages le soin de dire quel jour et quel travail sont interdits. Le folio revient pour finir à la michna, qui permet l'éloge funèbre et le jeûne le jour d'abattage, et résout la contradiction avec l'affaire d'Alexa à Loud par la date à laquelle tombe Atséret. Tossefot y greffe la grande discussion de Rabbenou Tam : le travail de hol hamoed est interdit par les maîtres, le verset ne servant que d'appui.
18b12 segments · 29 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Chomer ba-kodech : l'échelle des cinq niveaux de pureté et la question de la netilat yadayim pour les houlin
Le folio ouvre le troisième chapitre, Homer ba-kodech. La michna dresse une échelle de rigueur croissante entre cinq niveaux : houlin, maasser, terouma, kodech, mei hatat. Elle l'applique à trois domaines : ce qu'il faut faire aux mains avant de manger, l'intention requise au moment de l'immersion, et le statut de midras attaché aux vêtements de chaque rang. La guemara s'arrête aussitôt sur le premier mot de la michna : les houlin et le maasser exigent-ils vraiment la netilat yadayim ? Une michna de Bikkourim enseigne en effet que la netila vaut pour la terouma et les bikkourim, ce qui n'est pas le cas du maasser ni, à plus forte raison, des houlin. Deux difficultés en naissent ; celle du maasser se résout par la divergence entre Rabbi Meir et les Sages, celle des houlin par la distinction entre le pain et les fruits, après que Rav Chimi bar Achi a écarté une première réponse.
19a22 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La tevila sans intention : les houlin face au maasser, et jusqu'où s'étend le mikvé
Le folio poursuit l'examen de la deuxième rubrique de la michna de Homer ba-kodech : l'intention (kavana) exigée au moment de l'immersion. Rav Nahman soutient que les houlin (aliments profanes) se purifient sans aucune intention, et que seul le maasser (la dîme) en demande une ; la guemara cherche une preuve dans la michna de la vague détachée, la repousse, puis la trouve dans celle des fruits tombés dans un canal. Rabba objecte deux fois depuis notre michna, jusqu'à ce qu'une baraita tranche en faveur de Rav Nahman. La seconde moitié du folio demande jusqu'à quel instant un homme peut encore fixer l'usage de sa tevila : Rabbi Elazar le permet après la sortie de l'eau, et la baraita « tant qu'un de ses pieds est encore dans l'eau » conduit à la controverse de Rabbi Yehouda et des Sages sur le mikvé de quarante sea exactes. Le folio s'achève sur la question d'Oulla : le corps de celui qui est encore dans l'eau prolonge-t-il le mikvé vers le haut (goud assik) comme il le prolonge vers le bas (goud ahit) ?
19b6 segments · 7 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La chardalit qui relie les cuvettes, puis les échelons de pureté de la michna
Le folio s'ouvre sur la fin du débat concernant Rabbi Yehouda et le principe du gud assik, tire et fais monter la cloison. Rabbi Yo'hanan avait voulu prouver, à partir de la tossefta des trois cuvettes du oued reliées par une chardalit, que Rabbi Yehouda accepte ce principe ; Oulla lui oppose une seconde version de la même baraita, où Rabbi Yehouda conteste explicitement Rabbi Meir, et Rabbi Yo'hanan se rétracte. La guemara passe ensuite à la michna des échelons de pureté : celui qui s'immerge en vue des houlin reste interdit pour le maasser, ce qui suppose l'avis des Sages, tandis que la dernière clause, qui passe des perouchin directement à la terouma, suppose celui de Rabbi Meir. La guemara accepte d'abord de partager la michna entre deux tanaim, puis rapporte la version de Rav Aha bar Ada, qui compte cinq échelons dans la dernière clause et rétablit ainsi l'unité de la michna selon les Sages. Le folio se ferme sur Rav Mari, qui déduit de la michna que des houlin préparés selon la pureté du kodech ont le statut du kodech, et sur la question de la source de cette déduction.
20a18 segments · 19 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les houlin faits sur la pureté du kodech, et la garde de la pureté : l'attention et son relâchement
Le folio se partage en deux. La première moitié achève la question ouverte au folio précédent : les houlin (aliments profanes) qu'un homme a préparés en observant la pureté exigée pour le kodech (les offrandes) forment-ils un degré de pureté distinct ? La guemara essaie d'abord un argument du silence de la michna, le repousse, puis tire sa preuve de la fin de la michna, où Yo'hanan ben Goudgueda mange toute sa vie sur la pureté du kodech et où son linge n'est déclaré midras que pour la hatat. La seconde moitié ouvre une sougya nouvelle sur la chemira, la garde de la pureté : Rabbi Yonatan ben Elazar, Rabbi Yonatan ben Amram et Rabbi Elazar bar Tsadok rapportent trois cas où une erreur sur l'identité de l'objet rend celui-ci impur. Rabbi Ochaya objecte par le pain d'orge et par la baraita de la jarre, ce qui conduit Rabbi Yirmeya et Ravina à la notion de garde partielle : on peut garder un objet de ce qui le rend impur sans le garder de ce qui l'invalide. La difficulté demeure, deux récits de Rabbi Ichmael montrent le prix de l'intention de garde, et Rabbi Yo'hanan tranche par une présomption : un homme ne garde pas ce qui se trouve dans la main d'autrui.

Perek 3 Homer BaKodech — La rigueur accrue du kodech · 14 amudim

20b11 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Les âniers qui portent des aliments purs, puis l'ouverture du chapitre Homer bakodesh
La page achève d'abord la discussion sur la garde des aliments purs. Une baraita oppose deux cas : le maître qui s'éloigne de ses âniers sans rien dire, où les aliments restent purs même au-delà d'un mil, et celui qui annonce allez, je vous suis, où les aliments deviennent impurs dès qu'il les perd de vue. La guemara demande ce qui sépare les deux clauses, et Rabbi Yits hak Nappaha répond que la première parle d'ouvriers déjà purifiés à cette fin. Trois objections successives affinent la réponse : le am haarets ne se garde pas du contact de son semblable, le maître peut surgir par un chemin détourné, et la phrase je vous suis suffit à rassurer les ouvriers. Le chapitre Ein dorchin se clôture alors, et s'ouvre le chapitre Homer bakodesh, dont la michna aligne les échelons de rigueur qui séparent le kodech de la terouma : immersion des ustensiles, parties d'un même ustensile, midras, nœuds, ustensiles neufs, réunion du contenu, degrés d'impureté, mains et aliments secs.
21a4 segments · 5 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Le poids du récipient : la hatsitsa comme motif des rigueurs du kodech
Le folio s'ouvre sur la dernière clause de la michna du chapitre, celle de l'onen et du mehoussar kipourim, qui doivent s'immerger avant de manger du kodech mais non de la terouma. La guemara revient ensuite sur la première clause de la michna : on immerge un récipient placé à l'intérieur d'un autre lorsqu'il s'agit de terouma, mais non pour le kodech. Rabbi Ila en donne le motif : le poids du récipient intérieur, qui pèse sur celui qui le contient, fait écran devant l'eau. Une objection lui est opposée : puisque la clause finale de la michna, celle des nœuds qu'il faut défaire pour le kodech, repose déjà sur la hatsitsa, la première clause doit reposer sur un autre motif, sans quoi une seule clause aurait suffi. La guemara maintient la hatsitsa dans les deux clauses et les déclare nécessaires l'une et l'autre, chacune comportant un élément que l'autre n'a pas ; le folio s'interrompt au milieu de la seconde branche de ce tsrikha, qui s'achève au début de 21b.
21b4 segments · 9 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Pourquoi on n'immerge pas un récipient dans un récipient pour le kodech : hatsitsa ou décret du goulot d'outre
Le folio achève la tsrikhouta ouverte au folio précédent : le nœud se resserre dans l'eau, tandis que l'eau fait flotter le récipient intérieur, de sorte que les deux clauses de la michna devaient être enseignées. De là part deux lectures opposées de la première clause. Rabbi Ila, au nom de Rabbi Hanina bar Papa, tient les deux clauses pour une seule et même ma'ala fondée sur la hatsitsa : il ne compte donc que dix degrés de rigueur du kodech sur la terouma, cinq premiers qui comportent une attache à une impureté torahique et valent aussi pour les houlin faits selon la pureté du kodech, cinq derniers qui ne valent que pour le kodech. Rava raisonne en sens inverse : la clause finale portant déjà sur la hatsitsa, la clause initiale doit avoir une autre raison, à savoir un décret contre l'immersion d'aiguilles et de crochets dans un récipient dont l'ouverture est plus étroite que le goulot d'une outre. Le folio s'achève sur la michna de Mikvaot qui fixe cette mesure.
22a19 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Immerger un ustensile dans un ustensile : hatsitsa ou décret, et l'hostilité du am haaretz
Le folio achève la discussion de la maala de la michna qui interdit d'immerger un ustensile dans un ustensile pour le kodech. Deux motifs s'affrontent : Rabbi Ila y voit une crainte de hatsitsa, le poids de l'ustensile intérieur empêchant l'eau d'atteindre le point de contact, et Rava un décret pris de peur qu'on n'immerge aiguilles et crochets dans un récipient dont l'ouverture est plus étroite que le tuyau d'une outre. La guemara dégage la conséquence pratique, le panier et la gargoutni, puis montre que ce partage est déjà celui de tanaim avec Abba Chaoul. Une longue chaîne d'objections demande ensuite pourquoi la rigueur vaut pour le seul kodech, et la réponse finit par reposer sur l'hostilité, eva, que susciterait le refus des apports du am haaretz. Le folio s'ouvre enfin sur la crainte de l'emprunt et sur la michna de Edouyot relative à l'ustensile de terre cuite qui fait barrage devant l'impureté.
22b20 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La raison cachée de Beit Chammai, la créance de l'am haarets, puis le dos et l'intérieur du récipient
Le folio achève la controverse sur le récipient de terre fermé d'un tsamid patil dans la tente d'un mort. Rabbi Yehochoua raillait Beit Chammai, qui déclarent purs les aliments et les kelei heres tout en déclarant impurs les récipients de métal. Un disciple de Beit Chammai lui dévoile la raison : le récipient appartient à un am haarets, il est déjà impur, et un récipient impur ne fait pas écran ; en droit tout devrait être impur, mais on ne déclare impur que ce qu'un haver risque d'emprunter. Rabbi Yehochoua se prosterne alors sur les tombes de Beit Chammai. La guemara en tire que l'on emprunte bien des récipients à l'am haarets et qu'on les immerge, ce qui ouvre la question de sa créance : Abaye partage entre son corps et ses récipients, Rava entre une déclaration globale et une déclaration de détail, et Abaye se reprend par la règle de la rigueur au commencement qui autorise l'indulgence à la fin. La seconde moitié revient à la michna des ma'alot : le dos et l'intérieur du récipient, le beit hatsevita, et le compte de onze degrés de Rabba bar Avouh, six pour les houlin faits en pureté de kodech et cinq pour le kodech seul.
23a16 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Le décret ne dépasse pas l'affaire qui l'a produit, et la gouttelette de salive du am haaretz
Le folio part de l'affaire de la lanière de sandale : un midras du zav tombe dans l'espace intérieur d'une barrique de kodech et la rend impure, d'où le décret qui permet de porter un midras avec de la terouma et l'interdit avec du kodech. La guemara demande pourquoi la terouma échappe à la rigueur et répond par le principe de Rabbi Hanania ben Akavia : un décret ne s'étend pas au-delà du cas où l'affaire est survenue. Ce principe est illustré par la baraita des eaux de la hatat portées en barque sur le Jourdain, puis par l'affaire du kazayit de cadavre fiché dans le fond de la barque. Trois questions restent ouvertes sur la portée du décret, et Rabbi Ila s'oppose à Rabbi Zera sur le sort du kodech porte en transgression. La seconde moitié du folio quitte le midras pour la michna des ustensiles achevés en état de pureté : Chemouel y voit la crainte de la tsinora, la gouttelette de salive d'un am haaretz, et la guemara établit qu'elle doit être tombée avant l'achèvement en restant humide. Le folio se termine sur la michna du tube coupé pour la hatat, le débat de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua, et le signe distinctif que les Sages voulaient donner contre les Sadducéens.
23b10 segments · 11 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La chafoferet de la 'hatat entre cheretz et mort, puis le récipient qui joint ce qui est en lui
Le folio achève la recherche du heker, le signe distinctif opposé aux Tsedoukim dans la préparation de la para adouma. La guemara essaie trois statuts successifs pour la chafoferet, le tube qui contient la cendre de 'hatat : comme un objet impur par un cheretz, puis comme un objet impur par un mort, puis comme un objet impur par un mort parvenu à son septième jour. Chaque étape est réfutée par une beraita, jusqu'à l'objection de fond : jamais on n'a innové quoi que ce soit dans la para. Abaye répond en délimitant ce qui compte comme innovation : on n'a pas imposé d'impureté à un ustensile qui n'y est pas apte, comme une hache au titre de moshav du zav. La seconde moitié du folio ouvre la michna suivante : le récipient joint ce qui est en lui pour le kodech et non pour la terouma. Rabbi 'Hanin tire ce tseirouf d'un verset des offrandes des princes, Rav Kahana objecte à partir du témoignage de Rabbi Akiva, et la guemara établit que ce témoignage-là est de rang rabbinique.
24a10 segments · 16 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Ce que l'ustensile joint, le quatrième degré du kodech, et la main qui rend sa compagne impure
Le folio achève la discussion sur le tséirouf, la jonction opérée par un ustensile entre des matières qui ne se touchent pas. La guemara restreint le témoignage de Rabbi Akiva aux restes de la minha, puis, devant l'objection de l'encens et de la levona qui requièrent un ustensile, Rav Nahman transporte le cas sur un kartavla, un cuir sans espace intérieur. Rabbi Hanin, qui tenait le tséirouf pour toranique, se trouve ainsi opposé à Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan. Le folio passe ensuite à la michna : Rabbi Yossi tire par un kal va-homer le quatrième degré d'impureté dans le kodech, tandis que le troisième degré vient du verset « et la chair qui touchera quelque chose d'impur ne sera pas mangée ». La dernière partie traite de la main qui rend sa compagne impure : Rav Chizvi la limite au cas du contact, Abaye lui objecte la baraita de la main sèche, et le folio s'ouvre sur l'avis de Reich Lakich.
24b14 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La main qui rend l'autre main impure, les aliments secs, et la sévérité propre à la terouma
Le folio achève la sougya du maala selon lequel une main impure rend l'autre main impure pour le kodech. Deux questions y sont démêlées : jusqu'où va la transmission, la main d'autrui ou seulement l'autre main du même homme, et à quel degré, pour invalider seulement ou pour rendre véritablement impur. Rech Lakich finit par se ranger à l'avis de Rabbi Yo'hanan, et la guemara cherche à rattacher la question du degré à une controverse de Tanaim, d'abord chez Rabbi Yehochoua et les Sages, puis chez Rabbi et Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda. La suite explique la michna sur les aliments secs : puisque la 'hibat hakodech rend le kodech apte à l'impureté, la clause vise celui qui a du kodech dans la bouche et veut y ajouter du 'houlin de sa main souillée. Le folio se termine sur l'onen et le me'houssar kippourim, puis ouvre la michna inverse : les sévérités qui pèsent sur la terouma et non sur le kodech, avec la confiance faite en Judée à l'am haarets sur la pureté du vin et de l'huile.
25a12 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La bande de Koutim qui coupe la Galilée du Temple, et la confiance faite à l'am ha-arets au temps des pressoirs
La michna a enseigné qu'en Judée l'am ha-arets est cru sur la pureté du vin et de l'huile toute l'année, et qu'au temps des guitot et des badim il est cru même pour la terouma. La guemara demande pourquoi la Galilée est exclue : Reich Lakich répond qu'une bande de territoire koutien, tenue pour terre des nations, coupe la route vers Jérusalem. Trois tentatives de franchissement sont examinées et écartées — le coffre mobile, car pour Rabbi une tente mobile n'est pas une tente, puis le récipient fermé d'un tsamid patil, car le kodech n'y est pas sauvé — si bien que les 'haverim de Galilée laissent leur vin et leur huile en place jusqu'à la venue d'Eliyahou. La seconde moitié du folio oppose la michna à la baraita du gomer zeitav : Rav Na'hman distingue olives précoces et olives tardives, Rav Yossef renvoie la baraita à la Galilée, et l'objection d'Abaye tirée de la Transjordanie ramène la sougya à la première réponse.
25b18 segments · 25 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Berira dans le partage d'un héritage, le beth haperas pour le Pessa'h et pour la terouma, et la confiance faite au potier de Modi'im
Le folio poursuit la michna sur la confiance accordée au am haarets. Il commence par le partage d'un héritage entre un haver et son frère am haarets : dans une même espèce on applique la berira (désignation rétroactive) et le partage est permis, alors que dans deux espèces différentes le partage devient un échange, ce qui ferait tomber le haver sous l'interdit de lifnei iver. La guemara passe ensuite au beth haperas, ce champ dans lequel une tombe a été labourée : on y autorise une simple bedika pour celui qui monte offrir le Pessa'h, dont l'abstention entraîne le karet, et on la refuse à celui qui veut manger de la terouma, dont la consommation en état d'impureté entraîne la mort par la main du Ciel. De là naît la question de Oulla et de Rabba bar Oulla : celui qui a fait la bedika pour son Pessa'h peut-il ensuite manger sa terouma ? Un ancien tranche en faveur de Oulla par le migo de notre michna. Le folio examine enfin la clause des jarres mélangées et des cruches, puis ouvre la michna de Modi'im, où le potier am haarets est cru sur les ustensiles de terre à l'intérieur du périmètre de quinze mil autour de Jérusalem.
26a18 segments · 33 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les gabaïm et les voleurs entrés dans la maison, les ustensiles de terre de Modi'im à Jérusalem, et la jarre ouverte pendant le reguel
Le folio achève d'abord la baraita de Modi'im : Abaye montre que notre michna elle-même impose de distinguer le potier qui sort face au haver qui entre, ou les deux se croisent, des cas où tous deux entrent ou tous deux sortent. Vient ensuite la portée de cette confiance : elle vaut pour les ustensiles de terre fins, dont Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan discutent la définition et le statut lorsqu'ils sont pleins. La michna suivante traite des gabaïm, collecteurs d'impôts, et des voleurs entrés dans une maison : leur déclaration « nous n'avons pas touché » est acceptée, sauf pour les gabaïm accompagnés d'un non-Juif, et pour les voleurs tant qu'ils n'ont pas fait techouva. La guemara explique la largesse de Jérusalem par l'absence de fours de potier dans la ville, puis tire du verset de la concubine de Guivéa que le reguel fait de tout Israël des haverim. La dernière michna pose le cas du haver qui a ouvert sa jarre pendant la fête : Rabbi Yehouda lui permet d'achever la vente, les Sages le lui refusent, et Rabbi Ami et Rabbi Yits'hak Nappaha demandent s'il peut au moins la garder pour le reguel suivant. Le folio s'achève sur la purification de la azara au lendemain de la fête.
26b11 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La tevila des ustensiles du Mikdach après le regel : la table, le keli ets asouy lenahat et la question du revêtement
Le folio achève la michna sur la purification de la azara après la fête : on avertit les kohanim amei haarets de ne pas toucher la table, on immerge tous les ustensiles du Mikdach, à l'exception du mizbeah d'or et du mizbeah de cuivre — pour Rabbi Eliezer parce qu'ils sont comme le sol, pour les Sages parce qu'ils sont revêtus. La guemara demande d'abord pourquoi notre tana omet la menora que la baraita ajoute, et répond par le tamid écrit à propos de la table. Elle se demande ensuite pourquoi il faudrait seulement s'abstenir de toucher la table, puisqu'un ustensile de bois destiné à demeurer en place ne reçoit pas l'impureté : la réponse est que l'on soulevait la table pour montrer le léhem hapanim aux pèlerins, et Rabbi Yehochoua ben Levi enseigne à ce propos le miracle du pain retiré aussi chaud qu'au jour de sa disposition. Le folio se termine sur la piste du revêtement d'or, que la guemara écarte successivement par le bois de chittim, puis par la distinction entre revêtement stable et non stable, avant d'ouvrir la réponse retenue, achevée au début de 27a.
27a9 segments · 9 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le revêtement des mizbehot, la table qui expie, et les deux kal vahomer qui closent le traité
Le folio achève la réponse ouverte à la fin de 26b : la table du Mikdach reste un ustensile de bois malgré son revêtement d'or, puisque l'Écriture l'appelle bois dans la vision de Ye'hezkel. Ce verset commence par le mot mizbeah et se termine par le mot chouhan, ce qui donne lieu à l'enseignement de Rabbi Yo'hanan et de Rech Lakich : au temps du Mikdach le mizbeah procurait l'expiation, aujourd'hui c'est la table de l'homme qui la procure, par l'accueil des hôtes. La guemara revient ensuite à la michna et donne les versets qui assimilent les deux mizbehot au sol, puis examine la position des Sages, qui invoquaient le revêtement : selon une première lecture il faut corriger la michna et les Sages déclarent les mizbehot susceptibles d'impureté, selon une seconde ils répondent à Rabbi Eliezer que le revêtement s'annule et que le détour par le sol est superflu. Le traité se termine sur deux enseignements d'aggada bâtis en kal vahomer : Rabbi Elazar déduit de la salamandre que le feu du Guehinom n'a pas de prise sur les talmidei hakhamim, et Rech Lakich déduit du mizbeah d'or qu'il n'en a pas davantage sur les fauteurs d'Israël, remplis de mitsvot comme une grenade.
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