11b24 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui ne s'expose pas devant tous : sitrei arayot, maasse berechit, maasse merkava, et les quatre regards interdits
Le folio achève d'abord le deuxième chapitre en montrant d'où se tire l'interdit portant sur sa fille née d'une femme violée : une guezera chava sur le mot hena pour l'interdit, une seconde sur le mot zima pour la peine, après quoi la guemara corrige la michna précédente — les matières explicitées et celles qui le sont moins sont également des corps de Torah. S'ouvre ensuite le chapitre Ein dorchin, qui fixe trois seuils d'auditoire : les arayot ne s'exposent pas devant trois, le maasse berechit devant deux, la merkava devant un seul, sauf sage comprenant de lui-même. La guemara relève une contradiction interne à la michna et réforme sa lecture : les nombres comptent les élèves, non le maître. Elle cherche alors un appui scripturaire au premier seuil, essaie ich ich puis ouchmartem, écarte les deux, et s'arrête à Rav Achi : la règle ne vise que les sitrei arayot et repose sur un raisonnement — à trois, deux élèves discutent entre eux, perdent la parole du maître et risquent de permettre un interdit. Le folio s'achève sur la baraita qui découpe Deut. 4, 32 pour délimiter ce dont on a le droit de s'enquérir, et qui exclut les quatre regards de la michna.
12a20 segments · 20 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Maassé berechit : la taille d'Adam ha-richon, les dix choses du premier jour, la lumière mise en réserve, et l'ordre du ciel et de la terre
Le folio quitte la question du droit de s'enquérir pour entrer dans la matière elle-même, le maasse berechit. Il part d'un reste de verset : puisque l'interdit d'interroger se tire déjà de « d'une extrémité des cieux à l'autre », à quoi sert « depuis le jour où D.ieu créa l'homme sur la terre » ? Réponse : ce membre enseigne la taille d'Adam ha-richon, de la terre au firmament pour Rabbi Elazar, d'une extrémité du monde à l'autre pour Rav — une seule mesure, ramenée après la faute. Viennent ensuite les dix choses créées le premier jour avec leurs versets, l'explication de tohou et de bohou, et la lumière du premier jour mise en réserve pour les justes, qui se double d'une controverse de tanaim sur les luminaires. Rav Zoutra bar Tovia énumère alors les dix attributs par lesquels le monde fut créé, et Rav décrit un monde qui s'étend jusqu'à la réprimande : El Chaddai, Celui qui a dit au monde « assez ». Le folio s'achève sur la controverse de Beit Chammai et de Beit Hillel sur l'ordre du ciel et de la terre, résolue par Rech Lakich qui distingue création et déploiement, sur l'étymologie de chamayim, et sur la deracha de Nahoum de Gam Zo portant sur le mot et.
12b15 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Sur quoi le monde se tient : les colonnes de la terre, les sept firmaments et ce que contient Aravot
Le folio achève la lecture du premier verset de la Torah — pourquoi « et la terre » est écrit, et pourquoi le récit revient ensuite à la terre avant les cieux — par la parabole du roi qui loue celui qui n'a pas coutume de se lever tôt. Il descend ensuite la colonne du monde : la terre sur les colonnes, les colonnes sur les eaux, les eaux sur les montagnes, les montagnes sur le vent, le vent sur la tempête, la tempête suspendue au bras du Saint béni soit-Il ; trois avis comptent ces colonnes, douze, sept, ou une seule dont le nom est tsadik. Rav Yehouda compte deux firmaments, Rech Lakich sept, et la guemara les parcourt un à un — Vilon, Rakia, Chehakim, Zevoul, Maon, Makhon, Aravot — en établissant pour chacun qu'il porte bien le nom de « cieux ». Deux enseignements s'insèrent au passage sur l'étude de nuit et sur la parole vaine. Le folio s'arrête sur une difficulté ouverte : l'obscurité entoure la Gloire, alors que le verset de Daniel place la lumière auprès d'Elle.
13a14 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qu'il est permis d'exposer : la mesure du monde, les conditions de la transmission et le feu du hachmal
Le folio ouvre sur la fin de la difficulté laissée en suspens : l'obscurité entoure la Gloire dans les chambres extérieures, la lumière se tient dans les chambres intérieures. Rav Aha bar Yaakov ajoute un firmament au-dessus des têtes des hayot, puis la guemara pose une limite — jusqu'ici la parole est permise, au-delà elle ne l'est plus — et l'appuie sur le livre de Ben Sira. Vient alors la réponse de la bat kol à Nevoukhadnetsar : une vie d'homme compte soixante-dix ans, tandis que la montée vers le trône se mesure en étapes de cinq cents ans de marche, firmament après firmament, puis membre après membre des hayot. La seconde moitié du folio traite des conditions de la transmission : les têtes de chapitres, le av beit din et le cœur inquiet, les cinq qualités de Rabbi Ami, l'interdit d'enseigner à un non-Juif, et trois refus successifs de transmettre. Le folio se termine sur le hachmal : jusqu'où l'exposé est permis, l'enfant que le feu consuma, et le livre de Ye'hezkel sauvé par Hanania ben Hizkia.
13b14 segments · 22 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La Merkava de Ye'hezkel : le hachmal, Sandalfon, le bœuf changé en kerouv, et ce qui a diminué depuis la destruction
Le folio poursuit l'exposition du premier chapitre de Ye'hezkel, c'est-à-dire le Maasse Merkava. Il achève la lecture du mot hachmal comme notarikon de hayot ech memallelot, les créatures de feu qui parlent, puis explique le mouvement ratso vachov des hayot et la tempête venue du nord, qui alla soumettre le monde à Nevoukhadnetsar pour que les nations ne disent pas qu'Israël fut livré à un peuple vil. Vient ensuite l'ange Sandalfon, l'ofan qui se tient à terre et noue des couronnes pour son Créateur, puis la comparaison de Rava entre Ye'hezkel, le villageois qui voit le roi, et Yechayahou, le citadin qui le voit sans s'étonner. Le cœur halakhique du passage est une série de contradictions entre versets : le bœuf de Ye'hezkel 1 devenu kerouv en Ye'hezkel 10, les six ailes de Yechayahou contre les quatre de Ye'hezkel, et les mille milliers de Daniel contre les troupes sans nombre de Iyov ; la guemara les résout toutes par la même distinction entre le temps où le Temple est debout et le temps où il ne l'est plus. Le folio se clôt sur le nehar Dinour, né de la sueur des hayot, et sur les 974 générations retirées avant d'être créées.
14a18 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Les générations retirées, les anges du nehar Dinour, les deux trônes de Daniel et les dix-huit malédictions de Yechayahou
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya des générations qui devaient être créées avant le don de la Torah et qui ne le furent pas : le Saint béni soit-Il en planta quelques-unes à chaque génération, et ce sont les insolents de chaque génération. Vient ensuite une double question sur les anges, créés chaque jour du nehar Dinour selon le père de Hiya bar Rav, ou créés un par un de chaque parole divine selon Rabbi Chemouel bar Nahmani. Le cœur du folio est une série de contradictions entre versets portant sur la vision de Daniel : cheveux blancs comme la laine contre boucles noires comme le corbeau, résolues par la distinction entre la yéchiva et la guerre ; puis un trône unique contre des trônes au pluriel, où se déploie une mahloket en trois temps entre Rabbi Akiva, Rabbi Yossi HaGlili et Rabbi Elazar ben Azarya. La seconde moitié du folio expose le troisième chapitre de Yechayahou comme un catalogue des maîtres de Torah que D.ieu ôte de Jérusalem, dix-huit malédictions dont chaque terme désigne une catégorie d'étudiants, et s'achève sur la question des hommes de foi : Rav Ketina affirme qu'ils n'ont pas cessé même à la chute de la ville, Rava affirme que la ville ne fut détruite que lorsqu'ils eurent cessé.
14b10 segments · 15 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le Maassé Merkava exposé sur la route : Rabbi Elazar ben Arakh, les trois hartsaot, et les quatre qui entrèrent dans le Pardès
Le folio s'ouvre sur la dernière réponse de la sougya précédente concernant les hommes de confiance de Yerouchalayim : ils l'étaient pour les paroles de Torah et ne l'étaient plus pour le commerce. La guemara revient ensuite au Maassé Merkava avec une longue baraita narrative. Rabban Yo'hanan ben Zakkai chevauche un âne, Rabbi Elazar ben Arakh demande à être enseigné, le maître refuse d'enseigner et autorise l'élève à exposer devant lui ; il descend de l'âne, s'enveloppe et s'assied par terre, un feu descend du ciel, les arbres du champ disent un chant et un ange atteste depuis le feu. La même chose se produit, sous d'autres signes, quand Rabbi Yehochoua et Rabbi Yossi haKohen exposent à leur tour. Une baraita de Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda compte alors trois hartsaot, expositions, et en exclut Rabbi Elazar ben Arakh, ce que la guemara explique par la réciprocité entre maître et élève. Le folio se clôt sur la baraita des quatre qui entrèrent dans le Pardès et sur deux questions posées à ben Zoma, la castration du chien et la vierge devenue enceinte.
15a13 segments · 16 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Ben Zoma entre les eaux supérieures et les eaux inférieures, et la chute d'Élicha ben Abouya devenu Aher
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya précédente : la vierge devenue enceinte est-elle permise au Kohen Gadol ? Ben Zoma répond qu'un homme habile comme Chemouel est rare, mais qu'on craint une conception dans un bain. La guemara passe ensuite au récit de ben Zoma sur la marche du Har haBayit : absorbé dans le Maassé Berechit, il ne se lève pas devant Rabbi Yehochoua et déclare qu'il n'y a que trois doigts entre les eaux supérieures et les eaux inférieures ; Rabbi Yehochoua conclut qu'il est encore dehors, et la guemara montre la faiblesse de sa preuve avant de rapporter quatre mesures de l'écart. Vient alors le long dossier d'Aher : il voit Métatron assis et écrivant, en conclut à tort à deux autorités, entend la bat kol qui l'exclut de la techouva et sort vers la mauvaise conduite. Le folio se clôt sur les échanges entre Aher et Rabbi Meir, l'un sur le verset de Kohelet, l'autre sur l'or et le verre, puis sur le cheval mené un jour de Chabbat et sur les versets récités par les enfants dans les maisons d'étude.
15b16 segments · 24 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Aher après sa mort : la fumée de la tombe, et la question d'apprendre la Torah d'un maître fautif
Le folio achève l'épreuve des treize synagogues : Aher fait réciter leur verset à des enfants, et tous lui renvoient la même condamnation, jusqu'au dernier qui bégaie et transforme « et au méchant » en « et à Elicha ». Vient ensuite le sort d'Aher après sa mort : la cour céleste refuse de le juger et refuse de le faire entrer au monde à venir ; Rabbi Meir demande qu'il soit jugé, et de la tombe monte une fumée ; Rabbi Yo'hanan la fera cesser. La fille d'Aher vient demander sa subsistance à Rabbi, et un feu lèche le banc. La guemara passe alors à la question halakhique de fond : comment Rabbi Meir a-t-il pu apprendre la Torah de la bouche d'Aher, puisqu'un verset exige que le maître ressemble à un ange ? Deux versets opposés sont produits, et la réponse distingue le gadol du katan. Trois images — la datte, la noix, la grenade — disent la même chose : la Torah d'un maître fautif ne devient pas répugnante. Le folio se clôt sur la faille d'origine, la tina du cœur, et sur Rabbi Akiva, seul à être monté et descendu en paix.
16a18 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ce que Rabbi Akiva a exposé, les chedim entre anges et hommes, et les témoins de la faute commise en cachette
Le folio ouvre sur la question laissée en suspens : quel verset Rabbi Akiva avait-il exposé, qui lui a permis de monter et de descendre en paix ? Quatre réponses sont données, quatre versets qui marquent tous la même chose : le lieu de la Chekhina se distingue au sein de la myriade des anges. Vient ensuite une baraita sur les chedim, partagés entre trois traits des anges de service et trois traits des hommes, puis sur l'homme lui-même, partagé entre trois traits des anges et trois traits de l'animal. La michna du chapitre est alors reprise : quatre objets de regard interdit, et la question de savoir pourquoi « ce qui est avant » entre dans la liste, résolue par le machal du palais bâti sur le tas d'ordures. Le folio traite enfin de l'égard dû à l'honneur du Créateur : regarder l'arc-en-ciel, transgresser en cachette, la règle de Rabbi Ela l'Ancien et sa distinction entre celui qui peut soumettre son inclination et celui qui ne le peut pas, les trois regards qui obscurcissent les yeux, et les quatre réponses à la question « qui témoignera contre moi ? ». Il se clôt sur la michna des cinq zougot et leur désaccord sur la semikha, la première mahloket des sages d'Israël.
16b19 segments · 18 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Nassi et av beit din dans les zougot, l'erreur de Yehouda ben Tabbaï, et la semikha comme chevout
Le folio ouvre la guemara du deuxième chapitre. Une baraita répartit les cinq zougot entre nessiim et avot beit din : pour Rabbi Meir, le premier nommé de chaque paire est le nassi ; pour les sages, le cinquième zoug s'inverse, Yehouda ben Tabbaï étant av beit din et Chimon ben Chatah nassi. La guemara cherche à qui attribuer la baraita où Yehouda ben Tabbaï raconte avoir fait exécuter un témoin zomem pour contredire les tsedoukim, et où Chimon ben Chatah lui répond qu'il a versé un sang innocent, puisque les edim zomemim ne sont punis que si tous deux sont convaincus. Suivent la prosternation sur la tombe et la voix entendue, puis la sortie de Menahem. La seconde moitié du folio quitte l'histoire pour la halakha : Rabbi Yo'hanan enseigne que la semikha de Yom Tov n'est qu'un chevout, Rami bar Hama en déduit qu'elle exige toute la force de celui qui la fait, l'affaire du veau amené à la cour des femmes vient objecter, et Rav Papa tire de tout cela que les côtés d'un objet interdit sont eux aussi interdits.
17a10 segments · 12 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Ce qu'on offre à Yom Tov selon Beit Chammai et Beit Hillel, le jour d'abattage de Atseret et ses sept jours de tashlumin
Le folio s'ouvre sur la dernière réponse de la sougya précédente : Rav Achi écarte la preuve tirée de l'affaire du veau en observant que la tête de la bête se trouve à la hauteur de son dos, de sorte qu'y poser les mains revient à toucher le dos et non un côté. Vient ensuite la michna, qui oppose Beit Chammai et Beit Hillel sur les sacrifices du jour de fête : Beit Chammai autorisent les chelamim, dont l'homme mange, refusent les olot, entièrement brûlées, et reportent la semikha à la veille ; Beit Hillel autorisent les deux et la semikha le jour même. De là découle le sort de Atseret tombant un vendredi, avec ou sans jour d'abattage le dimanche, et les mesures prises ce jour-là contre l'opinion des tsedoukim, qui plaçaient toujours Atseret au lendemain d'un Chabbat. La guemara établit enfin, au nom de Rabbi Ochaya, que Atseret dispose de sept jours de tashlumin : le verset rapproche Chavouot de la fête des matsot, la comparaison concurrente avec Souccot et ses huit jours est écartée par la règle tafasta mou'at tafasta, et la mention de Souccot dans le verset sert alors à lui étendre l'obligation de lina.
17b11 segments · 14 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les tashloumin d'Atseret : sept jours ou un seul, et le statut du yom tevoah
Le folio achève la sougya des jours de rattrapage (tashloumin). Il établit d'abord d'où vient l'obligation de passer la nuit à Jérusalem après la fête, par le verset ou-fanita ba-boker ve-halakhta le-ohalekha. Il cherche ensuite à trancher une question restée ouverte : Atseret a-t-elle des tashloumin, et combien de jours durent-ils ? Trois tentatives de preuve sont examinées — la michna d'Atseret tombant un vendredi, la baraita de celui qui n'a pas fêté, et l'enseignement de Rabba bar Chmouel qui rapproche Atseret du mois — et chacune est écartée ou retournée par Rava, qui établit sept jours. L'école de Rabbi Eliezer ben Yaakov apporte enfin un appui propre, tiré du voisinage de ou-krateim et ou-vekotsrekhem, qui montre que les jours de rattrapage d'Atseret restent permis au travail.
18a11 segments · 14 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le hol hamoed interdit dans l'accomplissement d'un travail, et le jour d'abattage face aux tsedoukim
Le folio achève d'abord la sougya des tashlumin de Atséret : Reich Lakich tire une preuve du nom hag ha-katsir, la fête de la moisson, puisqu'on ne moissonne pas un Yom Tov, et Rabbi Yo'hanan lui oppose hag ha-assif, la fête de la cueillette, où la même lecture est impossible ; les deux noms désignent donc la saison de l'année. Du silence de Reich Lakich devant cette objection, la guemara déduit que tous deux tiennent le hol hamoed interdit dans l'accomplissement d'un travail, et part en quête de la source de cet interdit. Quatre baraitot se succèdent : Rabbi Yochiya et son verset « tu observeras », Rabbi Yonatan et son kal va-homer que deux objections successives viennent éprouver, Rabbi Yossi HaGlili et Rabbi Akiva sur les versets de Vayikra 23, enfin la baraita de « et le septième jour, atséret », qui conclut que le verset a remis aux sages le soin de dire quel jour et quel travail sont interdits. Le folio revient pour finir à la michna, qui permet l'éloge funèbre et le jeûne le jour d'abattage, et résout la contradiction avec l'affaire d'Alexa à Loud par la date à laquelle tombe Atséret. Tossefot y greffe la grande discussion de Rabbenou Tam : le travail de hol hamoed est interdit par les maîtres, le verset ne servant que d'appui.
18b12 segments · 29 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Chomer ba-kodech : l'échelle des cinq niveaux de pureté et la question de la netilat yadayim pour les houlin
Le folio ouvre le troisième chapitre, Homer ba-kodech. La michna dresse une échelle de rigueur croissante entre cinq niveaux : houlin, maasser, terouma, kodech, mei hatat. Elle l'applique à trois domaines : ce qu'il faut faire aux mains avant de manger, l'intention requise au moment de l'immersion, et le statut de midras attaché aux vêtements de chaque rang. La guemara s'arrête aussitôt sur le premier mot de la michna : les houlin et le maasser exigent-ils vraiment la netilat yadayim ? Une michna de Bikkourim enseigne en effet que la netila vaut pour la terouma et les bikkourim, ce qui n'est pas le cas du maasser ni, à plus forte raison, des houlin. Deux difficultés en naissent ; celle du maasser se résout par la divergence entre Rabbi Meir et les Sages, celle des houlin par la distinction entre le pain et les fruits, après que Rav Chimi bar Achi a écarté une première réponse.
19a22 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La tevila sans intention : les houlin face au maasser, et jusqu'où s'étend le mikvé
Le folio poursuit l'examen de la deuxième rubrique de la michna de Homer ba-kodech : l'intention (kavana) exigée au moment de l'immersion. Rav Nahman soutient que les houlin (aliments profanes) se purifient sans aucune intention, et que seul le maasser (la dîme) en demande une ; la guemara cherche une preuve dans la michna de la vague détachée, la repousse, puis la trouve dans celle des fruits tombés dans un canal. Rabba objecte deux fois depuis notre michna, jusqu'à ce qu'une baraita tranche en faveur de Rav Nahman. La seconde moitié du folio demande jusqu'à quel instant un homme peut encore fixer l'usage de sa tevila : Rabbi Elazar le permet après la sortie de l'eau, et la baraita « tant qu'un de ses pieds est encore dans l'eau » conduit à la controverse de Rabbi Yehouda et des Sages sur le mikvé de quarante sea exactes. Le folio s'achève sur la question d'Oulla : le corps de celui qui est encore dans l'eau prolonge-t-il le mikvé vers le haut (goud assik) comme il le prolonge vers le bas (goud ahit) ?
19b6 segments · 7 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La chardalit qui relie les cuvettes, puis les échelons de pureté de la michna
Le folio s'ouvre sur la fin du débat concernant Rabbi Yehouda et le principe du gud assik, tire et fais monter la cloison. Rabbi Yo'hanan avait voulu prouver, à partir de la tossefta des trois cuvettes du oued reliées par une chardalit, que Rabbi Yehouda accepte ce principe ; Oulla lui oppose une seconde version de la même baraita, où Rabbi Yehouda conteste explicitement Rabbi Meir, et Rabbi Yo'hanan se rétracte. La guemara passe ensuite à la michna des échelons de pureté : celui qui s'immerge en vue des houlin reste interdit pour le maasser, ce qui suppose l'avis des Sages, tandis que la dernière clause, qui passe des perouchin directement à la terouma, suppose celui de Rabbi Meir. La guemara accepte d'abord de partager la michna entre deux tanaim, puis rapporte la version de Rav Aha bar Ada, qui compte cinq échelons dans la dernière clause et rétablit ainsi l'unité de la michna selon les Sages. Le folio se ferme sur Rav Mari, qui déduit de la michna que des houlin préparés selon la pureté du kodech ont le statut du kodech, et sur la question de la source de cette déduction.
20a18 segments · 19 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les houlin faits sur la pureté du kodech, et la garde de la pureté : l'attention et son relâchement
Le folio se partage en deux. La première moitié achève la question ouverte au folio précédent : les houlin (aliments profanes) qu'un homme a préparés en observant la pureté exigée pour le kodech (les offrandes) forment-ils un degré de pureté distinct ? La guemara essaie d'abord un argument du silence de la michna, le repousse, puis tire sa preuve de la fin de la michna, où Yo'hanan ben Goudgueda mange toute sa vie sur la pureté du kodech et où son linge n'est déclaré midras que pour la hatat. La seconde moitié ouvre une sougya nouvelle sur la chemira, la garde de la pureté : Rabbi Yonatan ben Elazar, Rabbi Yonatan ben Amram et Rabbi Elazar bar Tsadok rapportent trois cas où une erreur sur l'identité de l'objet rend celui-ci impur. Rabbi Ochaya objecte par le pain d'orge et par la baraita de la jarre, ce qui conduit Rabbi Yirmeya et Ravina à la notion de garde partielle : on peut garder un objet de ce qui le rend impur sans le garder de ce qui l'invalide. La difficulté demeure, deux récits de Rabbi Ichmael montrent le prix de l'intention de garde, et Rabbi Yo'hanan tranche par une présomption : un homme ne garde pas ce qui se trouve dans la main d'autrui.