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Meguila (Megillah) — Traité complet

Feuilles d'étude interactives, 2a à 32a — 4 perakim : quand et comment se lit la Meguila, l'ordre des lectures publiques et la sainteté du lieu de prière.
61 amudim · 1213 segments · 1407 gloses Rachi · 233 Tossefot · 184 schémas de synthèse

Perek 1 Meguila Nikret — La Meguila se lit · 30 amudim

2a24 segments · 32 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
les cinq jours de lecture de la Meguila et leur source
Ce premier folio du traité ouvre sur la Michna qui autorise la lecture de la Meguila sur cinq jours, du 11 au 15 Adar, selon le statut du lieu : villes fortifiées depuis Yehochoua bin Noun, grandes bourgades, villages. La Guemara demande d'où viennent le 11, le 12 et le 13, que le livre d'Esther ne mentionne pas. Une première réponse invoque l'allègement accordé aux villages, mais la règle interdisant à un tribunal d'annuler l'œuvre d'un tribunal plus grand oblige à rattacher ces jours aux hommes de la Grande Assemblée, donc à chercher une allusion scripturaire : Rav Chemen bar Abba la tire de bi-zmanéihèm, Rabbi Chmouel bar Nahmani de ki-yamim. Le folio se poursuit par deux versions de Rabbi Yo'hanan sur l'étendue du désaccord entre Rabbi Akiva et les Sages, arbitrées par une baraita de Rabbi Yehouda.
2b24 segments · 31 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Villes murées depuis Yehochoua : la source du 15 Adar et la gezera chava perazi
Le folio achève d'abord le débat sur l'anticipation de la lecture : Rav Achi, placé devant une contradiction entre deux propos de Rabbi Yehouda, tranche entre deux versions de la baraita et retient celle de Rabbi Yossi bar Yehouda. La Guemara passe ensuite à la michna : d'où vient que les villes entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua bin Noun lisent le 15 Adar ? Rava le déduit du verset qui assigne le 14 aux perazim, et la Guemara teste quatre répartitions concurrentes avant d'étendre le même jour à la lecture par le heqech nizkarim ve-naassim. Suit la mahloket avec Rabbi Yehochoua ben Korha, qui date la muraille de l'époque d'Assuérus, contre notre tana qui tire une gezera chava perazi-perazi de Devarim 3,5 ; Chouchan est traitée à part parce qu'un miracle s'y est produit. La lecture des redoublements médina u-médina et ir va-ir conduit à la règle de Rabbi Yehochoua ben Levi sur l'attenant et le visible dans un rayon d'un mil, puis à deux propos de Rabbi Yirmeya, dont celui sur les lettres finales mantzepakh.
3a21 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les Targoumim, la frayeur nocturne, et ce qu'on interrompt pour la Meguila
Le folio solde d'abord la question laissée ouverte en 2b sur les lettres finales : les deux formes existaient bien au Sinaï, mais leur répartition avait été oubliée, et les Tsofim n'ont fait que la rétablir, faute de quoi ele ha-mitsvot interdirait toute innovation prophétique. La Guemara rapporte ensuite deux autres propos de Rabbi Yirmeya : l'origine des Targoumim — Onkelos pour la Torah, Yonatan ben Ouziel pour les prophètes, dont la traduction fit trembler la terre d'Israël parce qu'elle dévoilait de l'obscur — puis l'identité des hommes qui accompagnaient Daniel lors de sa vision. De ce que leur mazal voyait ce qu'eux ne voyaient pas, Ravina tire une règle pratique contre la frayeur nocturne. Le folio revient enfin à la Meguila : le redoublement michpaha ou-michpaha enseigne que kohanim, Leviim et Israël interrompent le service du Temple pour venir l'écouter, d'où la maison de Rabbi déduit à plus forte raison qu'on interrompt le talmud Torah ; mais l'épisode de Yehochoua devant Jericho vient contester la prémisse, puisque le reproche de l'ange porte d'abord sur l'étude.
3b17 segments · 18 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Ce qui passe avant quoi, et ce qui fait une ville murée
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya de Yehochoua : Rav Chemouel bar Ounia tire du verset « maintenant je suis venu » que l'étude de la Torah l'emporte sur l'offrande des tamidin, ce qui contredit la maison de Rabbi. La Guemara distingue l'étude du public de celle d'un individu, puis l'honneur du savant de son étude elle-même. Rava dresse ensuite une échelle complète : la lecture de la Meguila passe avant le service du Temple et avant l'étude, et le met mitsva passe avant l'un et l'autre ; sa seule vraie question, met mitsva contre Meguila, se résout par kevod ha-beriyot. La fin du folio reprend quatre paroles de Rabbi Yehochoua ben Levi sur le kerakh : ce qui lui est attenant ou visible depuis lui, la ville habitée avant d'être entourée, celle qui n'a pas dix batlanim, et celle qui fut détruite puis repeuplée.
4a11 segments · 15 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Les femmes, la nuit et le jour : les lois de la lecture selon Rabbi Yehochoua ben Levi
Le folio achève d'abord la série de Rabbi Yehochoua ben Levi sur le kerakh : Lod, Ono et Gué HaHarachim sont entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua, malgré les versets qui attribuent leur construction à Elpaal puis à Assa ; Rabbi Elazar répartit ces témoignages en une histoire de destructions et de reconstructions. Viennent ensuite trois lois du même maître sur la lecture elle-même. Les femmes y sont tenues, car elles aussi furent dans ce miracle, et les commentateurs se divisent sur le sens de cette formule et sur la portée de leur obligation. Lorsque Pourim tombe un Chabbat, on expose les lois du jour, précision qui écarte une extension du décret de Rabba. Enfin on lit la Meguila la nuit et on la répète le jour : la yechiva avait compris lichnota comme l'étude des michnayot, et Rabbi Yirmeya rétablit le sens de relecture. Le folio revient pour finir à la michna, et donne la raison de la faveur accordée aux villages.
4b24 segments · 15 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Qui avance, qui recule, et pourquoi jamais le Chabbat
Le folio achève d'abord la discussion sur l'avance de la lecture au jour de rassemblement : trois objections écartent l'idée qu'elle aurait été instituée pour l'avantage des villes murées, et la Guemara renverse la formule : c'est un allègement accordé aux villageois parce qu'ils fournissent l'eau et la nourriture aux villes. Vient ensuite le cas où le quatorze tombe un vendredi : deux baraitot livrent quatre positions, toutes tirées du verset « chaque année », qui porte trois exigences incompatibles ce jour-là ; notre michna se révèle être de Rabbi ou de Rabbi Yossi. Rabbi accepte pourtant de repousser les bourgades au jour de rassemblement quand le quatorze tombe un Chabbat, et la règle de Rav Houna, tout ce qui est repoussé va au jour de rassemblement, le suit. Le folio se clôt sur la raison de fond : Rabba craint que l'on ne porte le rouleau chez un expert et ne le transporte dans le domaine public, tandis que Rav Yossef rappelle que les yeux des pauvres sont levés vers la lecture, puisque les dons se distribuent le jour même où l'on lit.
5a19 segments · 23 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Lire seul ou à dix, avancer ou retarder
Le folio s'ouvre sur la fin de l'enseignement précédent : la réjouissance de Pourim ne se pratique qu'en son temps. Vient ensuite le partage de Rav et de Rav Assi sur le quorum de la lecture : Rav autorise la lecture individuelle le quatorze et exige dix hommes pour la lecture avancée, Rav Assi exige dix dans tous les cas ; un incident montre Rav lui-même rassemblant dix hommes, et la Guemara examine une autre de ses paroles sur Pourim tombant un Chabbat. La michna définit ensuite la grande ville par la présence de dix batlanim, et oppose ce que l'on avance, la lecture de la Meguila, a ce que l'on retarde : le bois des cohanim, le neuf Av, la haguiga et le hakhel. La Guemara donne la raison de chaque cas, ajoute deux règles de comput au nom de Rabbi Abba, puis consacre la fin du folio à une baraita sur le temps de la haguiga, que Rav Ochaya, Rava et Rav Achi expliquent de trois manières.
5b18 segments · 25 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La plantation de Rabbi à Pourim : le travail a-t-il été accepté comme interdit, et Tibériade est-elle une ville murée depuis Yehochoua
Le folio part de deux gestes attribués à Rabbi : il se baigne publiquement le dix-sept Tamouz et veut écarter le jeûne du neuf Av ; Rabbi Abba bar Zavda corrige la tradition en précisant que l'affaire ne visait qu'une année où le jeûne avait déjà été reporté. La guemara passe ensuite au troisième geste, la plantation faite un jour de Pourim, et en fait le point de départ d'une longue sougya : le verset « joie, festin et bon jour » interdit l'oraison funèbre, le jeûne et le travail, or Rabbi a planté. Les réponses successives déplacent Rabbi du quatorze au quinze, puis du quinze au quatorze, avant que Rabba fils de Rava ne tranche autrement : le peuple a accepté sur lui l'oraison funèbre et le jeûne, jamais le travail, et le verset final omet précisément « bon jour ». La malédiction que Rav lance contre le semeur de lin relève alors de la coutume locale, ou bien la plantation de Rabbi était une plantation de joie. Le folio s'achève sur le statut de Tibériade et de Houtsal : quand une ville est ceinte par la mer d'un côté, est-elle perouza ou moukéfet.
6a19 segments · 48 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Identifier les villes de l'Écriture : Hamat, Rakat et Kineret, la plainte de Zevoulon, et la bascule entre Césarée et Jérusalem
Le folio s'ouvre sur la suite de l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : l'intuition de sa jeunesse, qui identifiait Hamat à Tibériade, Rakat à Tsipori et Kineret à Guinossar, a été confirmée par les anciens. Rava la réfute à partir des formules d'oraison funèbre employées pour les morts de Babylonie que l'on fait monter en terre d'Israël : elles appellent Tibériade du nom de Rakat. Rabba reprend alors la liste autrement, et trois étymologies de Tibériade sont proposées. La sougya passe à Kitron, que Zeira identifie à Tsipori, et cette identification déclenche une longue objection tirée de la plainte de Zevoulon sur son lot : montagnes et mers au lieu de champs et de vignes, avec pour réponse le hilazon, la tarit et le sable à verre. Le folio s'achève sur Ekron et Césarée, sur la règle qui fait de Césarée et de Jérusalem deux villes qui ne peuvent tenir ensemble, puis sur deux enseignements de Rabbi Yits'hak : la demande de grâce formulée par Yits'hak en faveur d'Essav, et la prière de Yaakov pour que le dessein d'Essav n'aboutisse pas.
6b29 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Peine et réussite, la provocation des méchants, la grande ville de Rome, puis la michna : la meguila lue au premier Adar quand l'année devient embolismique
La première moitié du folio achève la série aggadique commencée plus haut : la puissance de Rome tenue en échec par Germamia, puis trois enseignements de Rabbi Yitshak. Le premier fixe le rapport entre l'effort et la réussite, en distinguant l'étude, le commerce, l'acuité et la rétention. Le deuxième interdit de provoquer le racha à qui l'heure sourit, ce qui entre en conflit avec Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai et avec Rabbi Dostai bar Matoun ; la guemara propose trois résolutions. Oula décrit ensuite la grande ville de Rome, ses dimensions et ses quatre côtés. La seconde moitié ouvre la michna : la meguila lue au premier Adar doit être relue au second si l'année est intercalée, et la seule différence entre les deux Adar porte sur la lecture et sur les dons aux pauvres. La guemara cherche l'auteur de cette michna entre trois positions de la baraita, tranche comme Rabban Chimon ben Gamliel, et remonte à la derasha de « en chaque année » : Adar proche de Chevat ou Adar proche de Nissan.
7a21 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les deux demandes d'Esther, la sainteté du livre, et les preuves que la meguila fut dite par roua'h hakodech
Le folio achève d'abord la tsrikhouta commencée plus haut entre « la seconde » et « en chaque année », puis demande ce que Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi tire du mot « la seconde ». La réponse de Rav Chmouel bar Yehouda ouvre toute la sougya : Esther adressa deux demandes aux sages. La première, « fixez-moi pour les générations », se heurte à la crainte de la jalousie des nations ; la seconde, « écrivez-moi pour les générations », se heurte au verset des Proverbes « des choses triples et non quadruples », jusqu'à ce qu'un verset de la Torah soit trouvé. De là naissent deux questions liées : le livre d'Esther rend-il les mains impures, marque de la sainteté des livres du canon, et a-t-il été dit par roua'h hakodech ? Chmouel soutient qu'il fut donné pour être lu sans être écrit ; la guemara lui oppose une baraita sur Kohelet, le Cantique des cantiques, Ruth et Esther. Cinq maîtres apportent chacun un verset prouvant l'inspiration de la meguila ; Rava les réfute tous sauf celui de Chmouel. Le folio s'achève sur le retour à la michna : deux portions à une personne pour le michloa'h manot, deux dons à deux personnes pour les matanot là-evyonim.
7b22 segments · 33 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Michloah manot et matanot laévyonim en pratique, l'obligation de boire à Pourim, le repas du jour ; puis deux michnayot : jour de fête et Chabbat, Chabbat et Yom Kippour
La première moitié du folio illustre par des récits ce que la halakha vient d'établir sur les envois de portions et les dons aux pauvres : Rabbi Ochaya remercie son maître d'avoir accompli deux mitsvot par un seul envoi, Rabba et Mari bar Mar échangent des présents d'inégale valeur, Abaye rapporte le festin qu'il y a trouvé, et deux maîtres nommés bar Avin échangent leurs repas. Vient ensuite l'enseignement de Rava sur l'obligation de s'enivrer jusqu'à ne plus distinguer entre la malédiction de Haman et la bénédiction de Mordekhai, suivi du récit de Rabba et de Rabbi Zeira, puis de la règle qui fixe le repas de Pourim au jour et non à la nuit, tirée de « jours de festin et de joie ». La seconde moitié quitte Pourim pour deux michnayot construites sur la même formule. La première oppose le jour de fête au Chabbat sur la seule préparation de la nourriture, ce qui ouvre la controverse du tana kama et de Rabbi Yehouda sur les actes préparatoires, appuyée sur les mots « lui » et « pour vous ». La seconde oppose le Chabbat à Yom Kippour, peine humaine contre karet, ce qui conduit à la position de Rabbi Néhounya ben HaKana sur les dommages, puis à la question de savoir si les coups dispensent du karet, avec les réponses de Rav Nahman et de Rav Achi.
8a18 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Trois michnayot « il n'y a entre » : vœux de profit, nedarim et nedavot, le zav de deux ou trois émissions
Le folio poursuit la série des michnayot construites sur la formule « il n'y a entre A et B que... ». La première oppose celui à qui tout profit de son prochain est interdit par vœu à celui à qui seule sa nourriture est interdite : la différence porte sur le passage du pied et sur les ustensiles étrangers à la préparation des aliments, et la guemara demande pourquoi un passage auquel personne ne prend garde serait interdit ; Rava rattache la michna à Rabbi Eliezer, pour qui le viteour est interdit. La deuxième michna oppose les nedarim aux nedavot : seule la responsabilité en cas de perte les sépare, l'interdit de bal te'ahar valant pour les deux, et un verset du Lévitique fonde cette responsabilité sur le mot alav. La troisième oppose le zav de deux émissions à celui de trois : seul le sacrifice les sépare. Une longue derasha de Rabbi Simaï, discutée par deux hypothèses alternatives puis complétée par le mot mizovo, fixe la répartition entre impureté et sacrifice ; le folio s'achève sur la source du compte des sept jours pour le zav de deux émissions.
8b23 segments · 33 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Fin de la sougya du zav : les deux lectures de « mizovo » ; puis deux michnayot : le metsora mousgar et le metsora mouhlat, et les sefarim face aux tefillin et mezouzot
Le folio achève d'abord la discussion ouverte plus haut sur le zav qui n'a eu que deux ré'iyot. Une baraita établit par le mot « mizovo » qu'un tel zav est tenu du compte de sept jours, alors qu'un autre « mizovo » servait à l'exclure du sacrifice. Rav Papa demande à Abaye ce qui distingue les deux lectures du même mot, et Abaye répond en trois temps : le verset ne se tait pas pour rien, le raisonnement ne suffirait pas puisque la chomeret yom keneged yom le réfute, et l'autre emploi possible du mot s'obtient déjà autrement. Vient ensuite la michna qui oppose le metsora mousgar (mis en quarantaine) au metsora mouhlat (déclaré atteint) : ils ne diffèrent que par la pri'a et la prima, et, au moment de la pureté, par le rasage et les deux oiseaux. La guemara cherche la source de cette limitation : la lecture de Rav Chmouel bar Yitshak sur « vetaher » est réfutée par Rava au moyen du verset du zav, puis Rava propose « acher bo », que Abaye met à l'épreuve du chilouah, ce qui conduit au surplus « kol yemei » et au verset « ve-hine nirpa ». Le folio s'achève sur une troisième michna : les sefarim s'écrivent en toute langue, les tefillin et les mezouzot seulement en achourit, Rabban Chimon ben Gamliel n'admettant que le grec ; une baraita qui exige achourit, parchemin et encre est opposée à la michna, et la réponse de Rava est à peine amorcée.
9a16 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
En quelle langue et en quelle écriture s'écrivent les livres saints ; l'affaire du roi Talmai et la traduction grecque de la Torah
Le folio achève la discussion ouverte par la michna « il n'y a entre les livres saints et les tefillin et les mezouzot que... » : la michna permet d'écrire les livres en toute langue, tandis qu'une baraita déclare invalide un verset du texte écrit en araméen ou un passage araméen écrit dans la langue du texte, et exige l'écriture achourit, sur un rouleau et à l'encre. Quatre tentatives de conciliation se succèdent, chacune écartée par une objection, avant que Rav Achi ne rapporte la baraita aux Prophètes et aux Écrits selon Rabbi Yehouda. La reconstitution de cette baraita conduit à la permission du grec, limitée par Rabbi Yehouda au seul rouleau de la Torah. La raison de cette permission est ensuite racontée : le roi Talmai réunit soixante-douze anciens dans soixante-douze maisons séparées et leur commanda de traduire la Torah ; tous écrivirent le même texte et y portèrent les mêmes modifications. Le folio énumère ces modifications, verset par verset, avec chaque fois le malentendu qu'elles écartent.
9b19 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Fin des changements des soixante-douze anciens et la beauté de Yefet sous les tentes de Chem ; puis trois michnayot de comparaison : le kohen gadol oint et le merubeh begadim, le kohen en fonction et le kohen retiré, la grande bama et la petite, Chilo et Yerouchalayim
Le folio achève la liste des passages que les soixante-douze anciens ont modifiés en traduisant la Torah pour le roi Talmai : ils écartent l'idée que Moche aurait pris autre chose qu'un âne, celle que les astres auraient été donnés aux nations pour être servis, celle que les divinités étrangères se seraient créées d'elles-mêmes, et ils remplacent le lièvre par une périphrase parce que la femme du roi portait ce nom. Rabbi Yo'hanan tranche ensuite comme Rabban Chimon ben Gamliel, pour qui seul le grec a été permis, et il fonde cette position sur le verset « yaft Elokim le-Yefet » : la beauté de Yefet, donc le grec, entre sous les tentes de Chem. Le traité passe alors à une série de michnayot batiles sur la formule « il n'y a entre X et Y que Z ». La première oppose le kohen gadol oint à l'huile d'onction au kohen consacré par le surcroît de vêtements, et la seconde le kohen en fonction au kohen qui s'est retiré. La guemara établit que le début suit les Sages et la fin Rabbi Meir, ce qui ouvre une contradiction interne résolue de deux manières : Rav Hisda accepte deux auteurs, Rav Yossef attribue le tout à Rabbi qui a composé sa michna selon des tanaim différents. Deux dernières michnayot comparent la grande bama et la petite, puis Chilo et Yerouchalayim ; le folio s'interrompt sur la sainteté de Chilo, dont le sort sera discuté au folio suivant.
10a11 segments · 13 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La première consécration de Jérusalem a-t-elle sanctifié pour toujours ; les sacrifices au Beit Honio et la consécration des villes murées
Le folio part de la fin de la michna : la sainteté de Chilo admet une permission après elle, celle de Jérusalem n'en admet pas. Rabbi Its'hak rapporte avoir entendu qu'on offre des sacrifices au Beit Honio, le temple bâti en Égypte par Honio fils de Chimon le Juste ; cela suppose deux choses, que ce lieu ne soit pas une maison d'idolâtrie, et que la première consécration de Jérusalem ait sanctifié pour son temps seulement. Rav Mari objecte de la michna elle-même et d'une michna de Zeva'him, et Rabbi Its'hak se rétracte. La guemara cherche alors si la question oppose deux tannaim : elle propose Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua à propos des tentures du second Temple, Ravina écarte cette lecture, et l'on aboutit à Rabbi Ichmael fils de Rabbi Yossi, dont deux baraitot sur les villes murées semblent se contredire. Le mot qui clôt l'amud, kidechoum, ouvre la difficulté que résoudra la suite.
10b30 segments · 17 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Fin de la sougya des villes entourées d'une muraille ; la règle du « vayehi » comme terme de peine et la mise au point de Rav Achi ; trois traditions de Rabbi Levi, dont la modestie de Tamar et l'emplacement de l'aron ; puis la série des petihot par lesquelles les maîtres ouvraient l'exposé de la meguila
Le folio achève d'abord la discussion sur les villes entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua : la baraita est relue de manière que les montants de Bavel aient trouvé ces villes et les aient dénombrées, et la contradiction interne à l'avis de Rabbi Yichmael be-Rabbi Yossi est levée de deux manières. Le traité revient ensuite à la meguila. Rabbi Levi transmet au nom des hommes de la Grande Assemblée que le mot vayehi annonce une peine ; une longue série de versets confirme la règle, une autre série la met en difficulté, et Rav Achi la restreint : vayehi seul se prête aux deux sens, mais vayehi biméi annonce toujours la peine, et il n'y en a que cinq occurrences. Deux autres traditions de Rabbi Levi suivent : Amots et Amatsia étaient frères, ce qui établit que les prophètes aussi descendent de Tamar, récompense de sa modestie chez son beau-père ; et l'emplacement de l'aron n'entrait pas dans la mesure du Saint des Saints, puisque dix coudées le séparaient de chaque mur d'une pièce qui n'en mesurait que vingt. Le folio s'achève sur les petihot : Rabbi Yonatan, Rabbi Chemouel bar Nahmani, Rabbi Yehochoua ben Levi, Rabbi Abba bar Kahana et Rabba bar Ofran ouvrent chacun l'exposé de la meguila par un verset, et la discussion de Rabbi Yehochoua ben Levi pose la question de savoir si le Ciel se réjouit de la chute des méchants.
11a24 segments · 22 Rachi · 1 Tossefot · 4 schémas
La suite des petihot par lesquelles les maîtres ouvrent l'exposé de la meguila, puis le commentaire mot à mot du premier verset d'Esther : vayehi comme cri de peine, les quatre lectures du nom d'Ahachveroch, la règle du mot hou, l'étendue de son empire de Hodou à Koush et les trois rois qui ont régné sur toute la terre
Le folio poursuit la série des petihot commencée à la fin de 10b : Rav Dimi bar Yitshak, Rabbi Hanina bar Papa, Rabbi Yo'hanan, Rech Lakich, Rabbi Elazar, Rav Nahman bar Yitshak, Rava, Rav Matna et Rav Achi ouvrent chacun l'exposé de la meguila par un verset lu comme l'annonce de la détresse de Haman et du retournement de Pourim. La Guemara passe ensuite au commentaire suivi du premier verset du livre d'Esther. Le mot vayehi est entendu par Rav comme vay ve-hi, malheur et lamentation ; Chemouel et une baraita lisent les cinq membres de Vayikra 26,44 comme cinq périodes d'exil, avec deux répartitions concurrentes ; Rabbi Levi et Rabbi Hiya rattachent la détresse à la faute de Chaoul qui avait épargné Amalek. Le nom d'Ahachveroch reçoit quatre lectures : frère et pareil de Nevoukhadnetsar selon Rav, noirceur des visages selon Chemouel, cri de deuil selon Rabbi Yo'hanan, appauvrissement général selon Rabbi Hanina. Le mot hou, là où il revient, marque une constance : dans la méchanceté pour Esav, Datan et Aviram, Ahaz ; dans la justice pour Avraham, Aharon et Moche, et dans la modestie pour David. Le folio s'achève sur l'étendue de l'empire : Rav et Chemouel divergent sur le sens de « de Hodou jusqu'à Koush », Rav Hisda lit une progression dans les cent vingt-sept provinces, et une baraita énumère les trois rois qui ont régné bekhipa, sous toute la voûte du firmament.
11b14 segments · 28 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Fin de la liste des rois qui ont régné sur le monde entier, puis les deux calculs erronés des soixante-dix ans : celui de Belchatsar et celui d'Ahachveroch, et le prix payé pour avoir sorti les ustensiles du Temple
Le folio achève la liste des rois qui ont régné sur le monde entier. Un signe mnémotechnique annonce quatre candidats qui seront écartés : Chelomo, Sanheriv, Daryavech et Koresh. Chacun est retiré pour une raison précise, et le cas de Chelomo oblige à distinguer entre deux avis sur la fin de son règne. Le traité revient ensuite au deuxième verset de la meguila, qui paraît se contredire : « lorsque le roi siégea » indique le début du règne, et la suite parle de la troisième année. Rava lit « lorsqu'il siégea » comme le moment où l'esprit d'Ahachveroch s'est apaisé, une fois qu'il se fut persuadé que les soixante-dix ans annoncés par Yirmiya étaient passés sans délivrance. Deux calculs sont alors exposés côté à côté. Belchatsar additionne quarante-cinq années de Nevoukhadnetsar, vingt-trois d'Evil Merodakh et deux des siennes ; la Guemara établit d'où viennent ces quarante-cinq par la lecture des versets sur les exils. Ahachveroch croit corriger l'erreur en comptant depuis l'exil de Bavel et non depuis l'avènement de la royauté babylonienne. Les deux se trompent, et pour le même motif de fond : le verset de Daniel ordonne de compter depuis les ruines de Yerouchalayim, soit onze ans plus tard. Belchatsar est tué la nuit même ; chez Ahachveroch, le Satan danse au milieu du festin et Vachti est mise à mort. La Guemara termine sur une dernière difficulté de comptage, que Rava résout par des années tronquées.
12a19 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La fin des soixante-dix ans et le déchiffrement du festin d'Assuérus
Le folio se partage en deux. La première moitié achève le compte des soixante-dix ans annoncés par Jérémie : une baraita confirme qu'il restait une année à Babel après la mort de Belchatsar, Rava montre que Daniel lui-même s'était trompé dans ce calcul, puis résout la contradiction entre le verset qui compte soixante-dix ans « pour Babel » et celui qui les compte « pour les ruines de Jérusalem » : le premier né promet qu'une pekida, une simple visite, celle de la proclamation de Cyrus. Un dracha de Rav Nahman bar Rav Hisda reproche à Cyrus de s'être arrêté là. La seconde moitié ouvre la lecture suivie du premier chapitre d'Esther : l'ordre de Perse et de Médie, les vêtements du kohen gadol portés par Assuérus, la sagesse ou la sottise du roi, puis, en réponse aux disciples de Rabbi Chimon bar Yohai, la faute qui valut à cette génération le décret d'anéantissement. La description du festin est ensuite déchiffrée mot à mot, jusqu'au festin parallèle de Vachti.
12b20 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le septième jour du banquet était Chabbat : la chute de Vachti mesure pour mesure, le refus des Sages de la juger, les sept conseillers lus comme sept offrandes, et la double ascendance de Mordekhai
Le folio poursuit la lecture midrachique du premier chapitre de la meguila. Rava établit que le septième jour du banquet était Chabbat : c'est le jour où la différence entre Israël et les nations apparaît le mieux, les uns ouvrant leur repas par la Torah et la louange, les autres par des paroles de débauche. De là conversation des convives sort la demande que Vachti paraisse nue, et la Guemara explique sa mise à nu par la mesure pour mesure : elle faisait travailler les filles d'Israël nues le Chabbat. Deux raisons sont données à son refus : la tsaraat qui éclata sur elle, ou la queue que l'ange Gavriel lui fit. Sa réponse insolente au roi déclenche la fureur. Ahachveroch convoque alors les sages, identifiés aux maîtres d'Israël, qui se récusent : condamner ou acquitter les expose tous deux, et ils renvoient le roi vers Ammon et Moav, restés en place comme un vin sur sa lie. Rabbi Levi lit le verset des sept conseillers comme sept allusions au service du Temple, réclamation des anges en faveur d'Israël. Memoukhan est identifié à Haman, et son empressement à parler le premier fournit la règle : l'homme du commun saute en tête. Le folio compare ensuite la recherche d'une épouse par David et par Ahachveroch, puis ouvre la présentation de Mordekhai : ses trois ancêtres lus comme trois titres de prière, et la contradiction entre yehoudi et yemini, résolue de quatre manières différentes.
13a24 segments · 28 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Yehoudi, le nom de celui qui renie l'idolâtrie : Mordekhai, Bitya fille de Pharaon et les six noms de Moché dans Divrei Hayamim, puis Hadassa-Esther, son entrée au palais et son silence sur son peuple
Le folio s'ouvre sur la fin de la lecture du verset de Chimi et d'Agag : la clémence de David envers Chimi a produit Mordekhai, celle de Chaoul envers Agag a produit Haman. Rabbi Yo'hanan propose alors une autre explication du titre de Mordekhai : il vient bien de Binyamin, et il est appelé Yehoudi parce qu'il a renié l'idolâtrie, puisque tout homme qui renie l'idolâtrie reçoit ce nom, comme les compagnons de Daniel. De là, la Guemara passe à un verset de Divrei Hayamim où la même règle s'applique à Bitya fille de Pharaon, appelée Hayehoudiya, et où six noms successifs désignent tous Moché. La seconde moitié du folio suit le chapitre 2 de la meguila : le double nom Hadassa-Esther et les cinq explications des Tanaim, l'orphelinat d'Esther, le verset lu lebayit plutôt que lebat, les sept jeunes filles qui lui servent de calendrier du Chabbat, la question de ce qu'on lui faisait manger, et les quatre tentatives d'Ahachveroch pour lui faire dire de quel peuple elle vient.
13b22 segments · 27 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La chaîne de la tsniout de Rachel à Esther, la conduite d'Esther au palais, le complot de Bigtan et Térèch, et le remède créé avant la plaie : l'ascension de Haman et son plaidoyer devant Ahachveroch
Le folio s'ouvre sur le verset d'Iyov « Il ne détourne pas ses yeux du juste », lu comme le récit d'une récompense transmise : la retenue de Rachel, qui remet à Léa les simanim convenus avec Yaakov, lui vaut de faire sortir d'elle Chaoul ; la retenue de Chaoul, qui tait à son oncle la parole de royauté de Chmouel, lui vaut de faire sortir de lui Esther. Rabbi Elazar en tire une règle générale sur la grandeur accordée aux descendants et sur son retrait en cas d'orgueil. La suite décrit la conduite d'Esther au palais : elle montre son sang aux Sages et se trempe avant de retourner auprès de Mordekhai. Vient ensuite le complot de Bigtan et Terech, deux gardes tarsiens qui parlent leur langue devant un membre du Sanhédrin connaissant les soixante-dix langues ; leur répartition des postes de garde fournira la preuve du complot. Rava lit l'élévation de Haman comme la suite immédiate de cet épisode : le Saint béni soit-Il avait déjà créé le remède avant la plaie, et Rech Lakich en fait une règle qui distingue Israël des nations. Le folio se poursuit par le sort tombé sur Adar, mois de la mort de Moche et aussi de sa naissance, puis par le plaidoyer de Haman devant Ahachveroch, construit comme une réponse point par point à toutes les objections possibles du roi. Rech Lakich montre que les chekalim d'Israël, annoncés le premier Adar, précèdent les dix mille kikar de Haman ; le folio s'interrompt sur la réponse du roi, « l'argent t'est donné ».
14a22 segments · 20 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Le retrait de l'anneau vaut mieux que quarante-huit prophètes : pourquoi on lit la meguila et pourquoi on ne dit pas le Hallel, le compte des prophètes d'Israël, et les sept prophétesses depuis Sara jusqu'à Avigail
Le folio s'ouvre sur le mashal du tertre et du fossé, qui explique pourquoi Ahachveroch a donné son anneau à Haman sans réclamer d'argent : les deux hommes voulaient la même chose. De ce retrait d'anneau, Rabbi Abba bar Kahana tire une formule célèbre : il a ramené Israël au bien plus sûrement que quarante-huit prophètes et sept prophétesses. La baraita qui donne ce compte enseigne aussi que les prophètes n'ont rien retranché ni ajouté à la Tora, sauf la lecture de la meguila ; la Guemara cherche alors le raisonnement qui les y a autorisés, un kal vahomer de l'esclavage à la liberté jusqu'à la mort à la vie, puis demande pourquoi on ne dit pas aussi le Hallel, et donne trois réponses successives. La suite vérifie le compte des prophètes à partir du verset d'Elkana, puis égrène les sept prophétesses : Sara, Miriam, Dévora, Hanna, Avigail, Houlda et Esther, avec pour chacune le verset et sa lecture. Le folio s'interrompt au milieu du dialogue halakhique entre Avigail et David.
14b13 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La fin du plaidoyer d'Avigail devant David, les deux damim, puis les prophétesses Houlda et Esther : pourquoi Houlda a prophétisé du vivant de Yirmeyahou, et de qui elle descendait
Le folio achève le dialogue d'Avigail et de David commencé en 14a. David tient Naval pour un rebelle contre la royauté, donc justiciable sans les égards ordinaires ; Avigail lui oppose que Chaoul est encore vivant et que sa royauté à lui n'est pas encore connue dans le monde. David la bénit de l'avoir retenu de venir badamim, au pluriel, et la guemara lit dans ce pluriel deux dangers écartés le même jour. La dernière parole d'Avigail, où elle demande à David de se souvenir d'elle, donne lieu à deux dictons populaires rapportés par Rav Nahman. La suite reprend la liste des sept prophétesses de 14a et traite de Houlda. Trois questions sont posées : comment prophétisait-elle du vivant de Yirmeyahou, pourquoi Yochiyahou l'a consultée plutôt que lui, et que faisait Yirmeyahou pendant ce temps. Rabbi Yo'hanan répond qu'il était parti ramener les dix tribus, ce qu'il établit à partir d'un verset de Ye'hezkel sur le yovel. Vient ensuite Esther, dont le verset elle revêtit la royauté est lu par guezera chava comme le revêtement du roua'h hakodech. Le folio se clôt sur la généalogie de Houlda : Rav Nahman la rattache à Yehochoua, une baraita et Rabbi Yehouda la rattachent à Rahav ; la conclusion joint les deux traditions, Rahav s'étant convertie et ayant épouse Yehochoua, qui n'eut que des filles.
15a22 segments · 22 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Ce que le nom d'un prophète révèle, l'identité de Malakhi, et la lecture des versets d'Esther depuis le cri de Mordekhai jusqu'à la série de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina
Le folio s'ouvre sur la fin du compte des prophètes : puisque les pères figurent eux aussi dans la liste, la Guemara demande d'où l'on sait qu'ils étaient prophètes, et répond par la règle d'Oula, qui lit la manière dont l'Écriture nomme un prophète comme une information sur son père et sur sa ville ; une baraita étend le procédé à la justice et à la méchanceté héritées. Vient ensuite l'identité de Malakhi : Rav Nahman l'identifie à Mordekhai, ce que la baraita des prophètes de la deuxième année de Darius réfute, puis une autre baraita l'identifie à Ezra, identification que Rav Nahman soutient par le rapprochement des mariages avec des femmes étrangères. La Guemara passe alors aux quatre femmes d'une grande beauté et à ce qui, chez chacune, éveillait le désir, avant de revenir aux versets de la meguila : le cri de Mordekhai, le tremblement d'Esther, l'identité de Hatakh, le message qu'elle envoie, la décision d'aller chez le roi de son plein gré et ce qu'elle en conclut pour elle-même. Le folio se termine par une longue série d'enseignements de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina, de l'esprit de sainteté dont Esther se revêt jusqu'à la phrase de Haman sur tout ce qui ne vaut rien pour lui, où le texte s'interrompt au milieu de la formule de Rav Hisda.
15b22 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La couronne des justes, la prière d'Esther dans la cour du roi, les douze raisons de l'invitation de Haman, et la nuit où le sommeil du roi s'enfuit
Le folio s'ouvre sur la fin de l'opposition entre Mordekhai et Haman commencée en 15a : l'un vient de l'héritage d'un riche, l'autre de celui d'un pauvre, et Rav Papa rappelle le sobriquet de l'esclave vendu pour des miches de pain. Vient ensuite une série de derachot de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina sur Yechaya 28 : Hachem sera une couronne sur la tête de chaque tsadik, mais seulement pour celui qui se tient pour un reste ; les cinq expressions du verset suivant sont appliquées à celui qui juge son yetser, au juge droit, à la guerre de la Torah et aux talmidei hakhamim. La midat hadin objecte alors qu'Israël aussi a fauté. Le folio revient ensuite au récit de la Meguila : Esther entre dans la cour, la Chekhina se retire d'elle à la salle des idoles, elle récite le psaume 22 ; trois anges la secourent et allongent le sceptre, dont la mesure fait l'objet de six avis. Le cœur du folio est la baraita des raisons pour lesquelles Esther a invité Haman à son festin : douze avis de tanaim et d'amoraim, qu'Eliyahou tranche en disant qu'elle a agi selon tous. Suivent les comptes des fils de Haman, puis l'ouverture du retournement : le sommeil du roi s'enfuit, le raisonnement nocturne d'Ahachveroch en trois temps, et les chroniques qui se lisent d'elles-mêmes.
16a24 segments · 21 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Le retournement : de l'écrit effacé et réécrit dans les chroniques jusqu'à la pendaison de Haman, lu verset par verset
Le folio poursuit la lecture midrachique de la meguila, depuis la nuit blanche d'Assuérus jusqu'à la pendaison de Haman. Il s'ouvre sur l'écrit des chroniques que Chimchi efface et que Gavriel réécrit, d'où Rabbi Chila tire un kal va-homer sur ce qui est écrit en haut. Vient ensuite la scène centrale du renversement : Haman entre pour demander la pendaison de Mordekhai et repart chargé de l'honorer ; il le trouve enseignant les lois de la kemitsa, attend la fin de sa prière, puis doit le baigner, le raser et lui servir de marchepied. La parade passe devant la maison de Haman, sa fille se méprend, jette le vase d'aisance sur son propre père et se tue. Zérech et les sages lisent alors le nom des Juifs : quatre tribus contre lesquelles Haman ne peut rien, et un double verbe de chute qui mesure la distance de la poussière aux étoiles. Le folio se termine au festin : la plainte d'Esther, le double « il dit » de Rabbi Abahou, la main déviée par un ange, la colère du roi au jardin, Harvona qui dénonce le gibet, les deux apaisements de la fureur, et l'ouverture sur les cinq vêtements de Binyamin.
16b20 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 4 schémas
Les cinq vêtements de Yossef et la couronne de Mordekhai, la lumière retrouvée d'Israël, la pendaison des dix fils de Haman, et la primauté de l'étude de la Torah
Le folio achève la longue derasha aggadique sur la maison de Yaakov puis revient au texte de la meguila. Il s'ouvre sur les cinq habits donnés à Binyamin, lus comme une allusion à Mordekhai sortant de devant le roi en vêtement royal, et enchaîne sur une série de derachot de Rabbi Elazar et de Rabbi Binyamin bar Yefet concernant Yossef et ses frères : les pleurs sur les sanctuaires futurs, l'absence de rancune, le vin vieux envoyé à Yaakov, le renard en son heure et les dix lampes. Vient ensuite l'explication du verset « les Juifs eurent lumière, joie, allégresse et honneur », décodé par Rav Yehouda en quatre mitsvot que Haman avait interdites. Le daf traite ensuite des règles de lecture et d'écriture liées aux dix fils de Haman : une seule respiration, le vav allongé de Vayzata, et la mise en page en colonnes destinée à interdire tout relèvement. Il se clôt sur trois énoncés parallèles de Rav Yossef, de Rav et de Rabba, qui placent l'étude de la Torah au-dessus du sauvetage des vies, de la construction du Temple et de l'honneur du père et de la mère.

Perek 2 HaKore Lemafrea — Celui qui lit à l'envers · 8 amudim

17a17 segments · 25 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les quatorze années cachées de Yaakov, puis l'ouverture du deuxième chapitre : lire la meguila dans l'ordre, dans la bonne langue et sur le bon support
Le folio se partage en deux. Sa première moitié achève la digression aggadique du premier chapitre : pourquoi la Torah compte-t-elle les années d'Ichmael ? Pour dater les années de Yaakov. Un calcul serré conduit Yaakov à cent seize ans à sa descente en Égypte, alors que le verset lui en fait déclarer cent trente. L'écart de quatorze ans révèle les quatorze années passées cachées dans la maison de Ever, années dont il ne fut pas puni, comme le montre la symétrie des vingt-deux ans de séparation entre Yossef et son père ; restent deux années attardées en chemin, à Soukot et à Beth-El. La seconde moitié ouvre le chapitre « La meguila se lit » : la michna invalide la lecture à l'envers, la lecture par cœur, la lecture en traduction, ainsi que les encres et les supports non conformes. La Guemara cherche la source de l'interdiction de lire à l'envers, écarte une première dérivation et la fonde sur le rapprochement entre « rappelés » et « accomplis », puis étend la règle au Hallel, au Chema et à la tefila.
17b20 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La langue du Chema entre Rabbi et les Sages, puis l'ordre des dix-huit bénédictions de la Amida et les versets qui le fondent
Le folio achève la discussion ouverte au folio précédent sur la langue dans laquelle le Chema doit être lu. Rabbi tire de « et ces paroles seront » que le Chema se dit en langue sainte ; les Sages tirent de « Écoute » qu'il se dit dans toute langue comprise. La guemara demande ensuite à chacun ce qu'il fait du verset de l'autre, puis examine si ce différend engage une position générale sur toute la Torah. La seconde moitié du folio passe à la tefila : Chimon ha-Pakouli a ordonné les dix-huit bénédictions devant Rabban Gamliel à Yavne, et cent vingt anciens les ont instituées selon leur ordre. Une longue baraita justifie alors chaque place dans la suite, bénédiction par bénédiction, par un verset ou par la contiguïté de deux versets, des Pères jusqu'à la venue de David.
18a30 segments · 22 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
La fin de l'ordre des dix-huit bénédictions, la mesure de la louange, puis la meguila lue par cœur, en traduction et en langue étrangère
Le folio achève d'abord la justification verset par verset de l'ordre des dernières bénédictions de la amida : le retour de David appelle la prière, la prière appelle le service du Temple, le service appelle l'action de grâce, l'action de grâce appelle la bénédiction des kohanim, et celle-ci appelle Sim chalom. La Guemara demande alors ce que Chimon HaPakouli a pu ordonner après les cent vingt anciens, et répond que les raisons de cet ordre avaient été oubliées. De là naît une règle de mesure : au-delà des formules instituées, il est interdit d'ajouter des louanges, et celui qui multiplie la louange est arraché du monde ; le remède par excellence est le silence. La seconde moitié revient à la michna : d'où sait-on que la lecture par cœur est invalide ? D'une guezera chava entre deux emplois du mot rappel, complète par la preuve que ce rappel se fait par la bouche. Vient ensuite le problème des langues : targoum, grec, copte, élamite, mède, et la distinction entre celui qui comprend et celui qui n'entend rien. Le folio se termine par une série de mots bibliques obscurs, dont le sens fut retrouvé en écoutant parler la servante de la maison de Rabbi.
18b18 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les interruptions de la lecture, les manques de la meguila, et l'interdit d'écrire un texte saint sans modèle sous les yeux
Le folio achève la question des interruptions : lire par tronçonnages laisse quitte, lire dans le désordre invalide, et Rabbi Mona ajoute qu'une pause aussi longue que la lecture entière oblige à reprendre au début. La guemara mesure ce délai, puis compare trois transmissions concurrentes de l'avis de Rav et de Chemouel, que Rav Yossef départage par une règle de conduite : Chemouel tient compte de l'avis isolé quand il est rigoureux. Viennent ensuite les défauts du rouleau — lettres ou versets omis, lettres effacées ou déchirées — et l'obligation de lire dans l'ordre. La mishna sur celui qui écrit la meguila tout en la lisant ouvre alors la grande question du folio : Rabbi Yo'hanan interdit d'écrire une seule lettre sans modèle écrit. Rabbi Meir, qui écrivit une meguila de mémoire, et Rav Hananel, dont la Torah était exacte par cœur, servent à préciser cet interdit ; les tefilin et les mezouzot en sont exceptés parce que leurs textes sont couramment récités.
19a22 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le voyageur entre ville ouverte et ville fortifiée, et à partir d'où la meguila doit être lue
Le folio achève d'abord les matières d'écriture invalides, puis ouvre la michna du voyageur : celui qui quitte une ville ouverte pour une ville entourée de murailles, ou l'inverse, lit selon son lieu d'origine s'il doit y revenir, et avec ses hôtes sinon. Rava fixe le critère : tout se décide sur la présence à l'entrée du quatorze, car le verset enseigne qu'un homme présenté en lieu ouvert ne serait-ce qu'un jour est appelé perouz. Il applique ensuite la règle à l'habitant d'un village, dont l'avance au jour de rassemblement n'est qu'un allègement rabbinique lié à sa présence au village. La seconde moitié du folio revient à la michna sur l'étendue de la lecture : quatre avis, de Rabbi Meir à Rabbi Chimon bar Yohai, que Rabbi Yo'hanan et Rav Houna rattachent chacun à un verset unique, avant que Rav ne tranche en faveur de la lecture intégrale. Le folio se termine par les règles matérielles du rouleau : la couture, le statut de « livre » et de « lettre », et l'interdit de lire une meguila noyée dans les Hagiographes.
19b15 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La meguila écrite parmi les Ketouvim, quatre enseignements de Rabbi Yo'hanan, et l'aptitude du sourd-muet à lire pour autrui
Le folio ouvre sur la fin de l'affaire de Levi bar Chemouel : lire dans une meguila copiée parmi les autres Ketouvim ne laisse pas quitte. Rabbi Hiya bar Abba rapporte la même règle au nom de Rabbi Yo'hanan, aussitôt rabattue — elle ne vaut que pour la lecture publique. Trois autres enseignements de la même chaîne suivent : l'espace laissé libre dans la couture des feuilles, la caverne de Moché et d'Élie, et ce que le Saint béni soit-Il montra à Moché au Sinaï, jusqu'à la lecture de la meguila elle-même. La michna énonce ensuite qui est apte à lire : tous, hormis le sourd-muet, l'insensé et le mineur, Rabbi Yehuda tenant le mineur pour apte. La guemara cherche alors l'auteur de la michna. Rav Matna l'attribue à Rabbi Yossi, qui invalide même à posteriori celui qui n'a pas fait entendre à son oreille ; une longue série d'objections tente de l'attribuer plutôt à Rabbi Yehuda, puis deux baraitot — le sourd qui prélève la terouma et celui qui récite la birkat ha-mazon en son cœur — bloquent les deux lectures à la fois. Le folio s'achève sur cette impasse, que le folio suivant dénouera.
20a13 segments · 18 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le dénouement de l'impasse sur le sourd-muet, le mineur qui lut devant les anciens, et la michna des actes réservés au jour
Le folio ouvre en dénouant l'impasse laissée par le folio précédent. Deux solutions sont proposées pour accorder les deux baraitot avec Rabbi Yehuda : la première distingue ce que Rabbi Yehuda dit en son propre nom et ce qu'il rapporte au nom de son maître Rabbi Elazar ben Azarya ; la seconde, après avoir cité la divergence entre Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Meir sur la hachmaat ozen, attribue la baraita de la terouma à Rabbi Meir. Vient ensuite la position de Rabbi Yehuda sur le mineur : il invoque son propre souvenir d'avoir lu, enfant, devant Rabbi Tarfon et les anciens à Loud, et se voit répondre qu'on n'apporte pas de preuve d'un mineur. Un second récit, où Rabbi lut enfant devant Rabbi Yehuda lui-même, reçoit une autre réponse : on n'apporte pas de preuve de celui qui autorise. La seconde michna du chapitre énumère ensuite les actes qui ne valent que de jour : lecture de la meguila, circoncision, immersion, aspersion, et l'immersion de celle qui garde un jour pour un jour. La guemara donne le verset de chacun, puis demande pourquoi ce dernier cas est répété à part. La réponse construit une hava amina par le premier écoulement du zav, que le folio suivant achèvera de rejeter par l'exigence de compte.
20b17 segments · 13 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Où commence le jour, et tout ce qui est valable tout le jour ou toute la nuit
Le folio achève d'abord la sougya du folio précédent : l'immersion de celle qui doit compter un jour dépend d'un compte, et le compte se fait de jour. La guemara cherche ensuite d'où vient que le lever de l'aube ouvre déjà le jour. Rava le tire du récit de la création, « et D.ieu appela la lumière jour », lu comme « à ce qui va s'éclairant » ; la derasha est écartée, car la seconde moitié du verset placerait la nuit dès le coucher du soleil, alors que la nuit commence à la sortie des étoiles. Rabbi Zeira la tire de Nehemie : les bâtisseurs travaillaient « depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles », et le verset suivant appelle ce temps « le jour ». Vient alors la michna : tout le jour est valable pour la lecture de la meguila, le Hallel, le chofar, le loulav, Moussaf, les trois confessions et une longue série de services du Temple ; toute la nuit est valable pour la moisson du omer et la combustion des graisses et des membres, avec la règle générale qui ferme la michna. La guemara parcourt enfin la liste et donne pour chaque poste son verset, son hekech ou sa guezera chava.

Perek 3 HaKore Omed — Celui qui lit debout · 9 amudim

21a18 segments · 20 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Fin du chapitre Ha-korei le-mafrea : ce qui vaut de jour et ce qui vaut de nuit ; ouverture du chapitre Ha-korei et ha-Meguila omed ve-yochev — lire debout ou assis, et le nombre de lecteurs à la Torah
Le folio achève d'abord le chapitre précédent. La michna avait énuméré les actes réservés au jour et ceux qui valent toute la nuit ; la guemara donne la source de chacun : le jugement de la sota par la gezera chava avec michpat, la nuque brisée de la génisse parce que le terme kappara y est écrit et la rapproche des kodachim, la purification du metsora par ביום טהרתו. Du côté de la nuit : la moisson du omer et le compte, la combustion des graisses et des membres, et — par la clause zeh ha-klal — la consommation des offrandes pascales, ce qui range notre michna contre Rabbi Elazar ben Azarya, qui la limite à minuit. La clause zeh ha-klal du jour, elle, vient inclure la disposition et le retrait des coupelles d'encens selon Rabbi Yossi. Vient ensuite le hadran, puis la michna qui ouvre le troisième chapitre : la meguila se lit debout ou assis, par un ou par deux, et la berakha suit la coutume du lieu ; puis le barème des lecteurs à la Torah, de trois à sept selon le jour. La guemara oppose aussitôt la Torah a la meguila : la Torah se lit debout, d'après ואתה פה עמד עמדי — verset dont Rabbi Abbahou tire aussi que le maître et le disciple doivent être au même niveau. Le folio se clôt sur la contradiction entre ואשב בהר et ואנכי עמדתי בהר, et ses quatre résolutions.
21b18 segments · 17 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Combien de voix, quelles bénédictions, combien de versets : le réglage de la lecture publique
Le folio ouvre sur une baraita qui compte les voix admises pendant la lecture publique : pour la Tora un lecteur et un traducteur, pour les Prophètes un lecteur et deux traducteurs, pour le Hallel et la meguila dix et dix, parce que l'attention du public supplée au bruit. La guemara passe ensuite aux bénédictions de la meguila : celle d'avant est due partout, puisque toute mitsva se bénit avant son accomplissement, et trois versets établissent que le mot over veut dire devancer ; celle d'après suit l'usage local, et Rav Papa fond en une seule formule les deux conclusions proposées. Le folio revient alors à la michna sur la lecture de la Tora : pourquoi trois lecteurs, pourquoi dix versets, et pourquoi le premier, celui du milieu ou le dernier gagne à en lire quatre. Il se ferme sur la question d'Oula bar Rav : le passage de Roch Hodech compte huit, deux et cinq versets, et il faut y faire monter quatre lecteurs sans jamais laisser moins de trois versets en fin de passage.
22a25 segments · 22 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Partager une paracha trop courte entre plusieurs lecteurs : doleg ou possek ; puis le nombre de lecteurs un jour de jeûne public et la conduite de Rav
Le folio poursuit la question posée à la fin du folio précédent : la section de roch hodech se découpe en trois blocs de huit, deux et cinq versets, et aucune répartition entre quatre lecteurs ne respecte à la fois la règle qui interdit de commencer une paracha avec moins de trois versets et celle qui interdit d'en laisser moins de trois. Rabba répond par un cas semblable, celui des maamadot, où la section Bereshit compte cinq versets pour deux lecteurs. Rav y enseigne doleg, le second lecteur reprend un verset déjà lu ; Chmouel enseigne possek, on coupe le verset du milieu en deux. Chacun est confronté à son principe adverse : un verset que Moche n'a pas coupé ne se coupe pas, d'un côté ; le décret à cause de ceux qui entrent et de ceux qui sortent, de l'autre. Une baraita sur les parashiyot de six et cinq versets, puis les enseignements de Rabbi Yehochoua ben Levi, fixent les deux règles symétriques, et Rav Yossef tranche : doleg, et c'est le lecteur du milieu qui reprend. La seconde moitié du folio demande combien de lecteurs monte-t-on un jour de jeûne public. La michna ne le dit pas, et la guemara se rabat sur un récit : Rav vint à Bavel un jour de jeûne, bénit avant sa lecture et non après. La discussion sur ce qu'il faut en déduire occupe la fin de l'amud.
22b19 segments · 22 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Combien de lecteurs monte-t-on a la Torah selon le jour : la règle du « ce qui a un élément de plus reçoit un homme de plus » ; puis pourquoi Rav ne tombait pas sur sa face, la pierre ornée du verset et les trois formes de prosternation
La première moitié du folio achève la discussion sur le nombre de lecteurs un jour de jeûne public. Une braita tranche par le critère de l'interruption de travail : trois lecteurs les jours où le peuple travaille, quatre les jours où il ne travaille pas. Rav Achi objecte depuis notre michna, qui compte quatre lecteurs pour tout jour comportant un moussaf, et la guemara répond que « telle est la règle générale » n'ajoute rien : c'est un simple repère qui classe les jours par degré de gravité, trois pour le jeûne, puis quatre, cinq, six et sept jusqu'au Chabbat. La seconde moitié revient au récit de Rav à Babel : il ne tomba pas sur sa face alors que tout le public le faisait. Quatre explications se succèdent, dallage de pierres, souci de ne pas déranger le public, extension des mains et des pieds, rang de l'homme important, chacune appuyée sur un enseignement de Oulla ou de Rabbi Elazar. Le folio se clôt sur la braita qui définit la kida, la keria et l'hichtahavaa, l'accident de Levi devant Rabbi, et s'interrompt au milieu du témoignage de Rav Hiya bar Avin sur Abaye.
23a14 segments · 12 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Combien de lecteurs à la Torah selon le jour : de qui est notre michna, à quoi répondent les nombres trois, cinq, sept et six, et le maftir entre-t-il dans le compte
Le folio achève d'abord la remarque sur la prosternation : Abaye et Rava s'inclinaient de côté sans tomber sur la face. Puis la guemara revient à la michna qui fixe cinq lecteurs un jour de fête, six à Kippour et sept le chabbat, avec permission d'ajouter. Elle montre que cette michna ne se laisse attribuer ni à Rabbi Yichmael, qui interdit d'ajouter, ni à Rabbi Akiva, qui inverse les nombres de Kippour et du chabbat, et Rava l'attribue au tanna de l'école de Rabbi Yichmael. Vient ensuite la recherche de la raison des nombres : trois, cinq et sept renvoient soit aux mots des trois versets de la bénédiction des kohanim, soit aux dignitaires de la cour royale ; les six de Kippour renvoient aux six hommes placés à la droite de Ezra et aux six placés à sa gauche. Le folio se termine sur la baraita qui admet tout le monde au compte des sept, y compris un mineur et une femme, puis sur la question du maftir : sa lecture dans la Torah compte-t-elle parmi les sept, ou ne se fait-elle que par honneur pour la Torah ?
23b17 segments · 21 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La fin de la règle des vingt et un versets de la haftara, puis la michna des dix : ce qui exige un quorum, à quel titre, et d'où vient le chiffre dix
Le folio achève d'abord la discussion sur la longueur de la haftara. La braita exige vingt et un versets, en face des sept lecteurs de la Torah ; Rava objecte depuis la haftara Olotékhem sefou, plus courte, et la guemara répond que le sujet s'y achève. Une seconde objection, tirée du témoignage de Rav Chemouel bar Abba sur Rabbi Yo'hanan, est résolue par la présence d'un metourgueman : là où l'on traduit verset par verset, dix versets suffisent, pour ne pas peser sur le public. Commence ensuite la michna du quorum. Elle énumère ce qui ne se fait pas à moins de dix : la perissa sur le Chema, la répétition devant l'arche, la bénédiction des kohanim, la lecture de la Torah et la haftara, les stations du convoi funéraire, la bénédiction des endeuillés et celle des mariés, le zimoun avec le Nom ; puis l'évaluation des terres consacrées, qui demande neuf israélites et un kohen. La guemara fonde le chiffre dix sur une chaîne de deux guezerot chavot, de venikdashti à Korah puis aux explorateurs, distingue les articles qui relèvent de la sainteté de ceux qui relèvent de la simple convenance, et cherche dans la derasha de Chemouel sur les dix occurrences du mot kohen l'origine du chiffre pour les terres. Le folio se termine sur la michna suivante : trois versets au minimum pour un lecteur, un seul verset à la fois pour le traducteur.
24a17 segments · 24 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Sauter d'un passage à l'autre dans la lecture publique, et qui peut remplir les fonctions de l'office : le maftir, le mineur, le pôhéah et l'aveugle
Le folio achève la michna sur la lecture et la traduction publique : on ne fait lire au metourgueman qu'un verset de Torah a la fois, trois versets de prophète, un à un lorsque les trois forment trois sections distinctes. Puis vient la règle du saut : on saute dans le prophète, on ne saute pas dans la Torah. La guemara oppose la lecture du kohen gadol à Kippour, qui passe de Ahare mot à Akh be-assor, et retient après une première tentative la réponse d'Abaye : dans la Torah on saute seulement à l'intérieur d'un même sujet, dans le prophète même entre deux sujets, et toujours à condition que le metourgueman n'ait pas à attendre. Une seconde michna ouvre alors la question des fonctions de l'office : celui qui conclut par le prophète fait aussi le pôress al chema, passe devant la teva et élève ses mains ; le mineur, le pôhéah et l'aveugle sont ensuite examinés fonction par fonction. La guemara demande enfin pourquoi ces fonctions reviennent au maftir : Rav Papa y voit une compensation d'honneur, Rabba bar Chimi la prévention d'une querelle.
24b20 segments · 29 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui écarte un homme de l'office public : la tenue, la cécité, les défauts des mains du kohen, la prononciation, et les usages qui sentent la minout
Le folio achève la michna précédente puis en ouvre deux autres. Il termine d'abord la question du pohéach, celui dont les épaules et les bras restent nus : Oula bar Rav demande si un enfant dans cet état peut lire dans la Torah, et Abaye ramène toute l'affaire au kevod tsibour, le respect du public, qui vaut pour l'enfant comme pour l'adulte. Vient ensuite la controverse sur l'aveugle : Rabbi Yehouda lui refuse la bénédiction des luminaires faute de profit, les Sages la lui accordent d'après Rabbi Yossi, qui rencontra un aveugle portant une torche pour que les passants le voient et l'écartent des fosses. La michna suivante écarte de la bénédiction des kohanim celui dont les mains portent un défaut, et Rabbi Yehouda y ajoute les mains teintes de satis : le motif unique est que le public regarde. La guemara élargit la liste, taches blanches, mains recourbées ou tordues, yeux qui coulent, cécité d'un œil, et y ajoute les hommes de Haïfa et de Beit Chean, qui confondent alef et ayin. Deux exceptions défont la règle : celui qui est familier dans sa ville, et la ville dont la plupart des habitants vivent de la teinture. La dernière michna traite des usages suspects : refuser de passer devant l'arche en vêtements de couleur, faire ses tefillin rondes, les poser sur le front ou sur la paume, les plaquer d'or ou les mettre sur la manche. La guemara donne le motif, la crainte de la minout, puis examine si notre michna prouve déjà la halakha de Moche au Sinaï sur le carré des tefillin.
25a19 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Les formules de prière que l'on fait taire, et les passages que l'on lit en public sans les traduire
Le folio ouvre sur la michna qui recense les formules de prière que l'on interrompt : Que les bons Te bénissent, qui sent la minout ; Que Ta miséricorde atteigne jusqu'au nid de l'oiseau ; Que Ton nom soit rappelé pour le bien ; et le double modim, qui a l'apparence de deux domaines. La guemara admet sans peine la raison des trois dernières et cherche celle de la formule sur le nid de l'oiseau : deux amoraim d'Eretz Israël y voient soit une jalousie introduite dans l'œuvre de la création, soit la transformation en miséricorde de ce qui n'est qu'un décret. Deux récits prolongent la discussion : l'officiant repris par Abaye devant Rabba, et celui qui allongeait les louanges devant Rabbi Hanina, avec la parabole des dinars d'or. Rabbi Zeira étend ensuite la règle du double modim au chema répété, et la guemara distingue la répétition mot à mot de la répétition verset par verset. Une seconde michna passe aux passages de l'Écriture que l'on lit en public sans les traduire, et la guemara ouvre la baraita qui range chaque récit dans l'une des trois catégories.

Perek 4 Bnei HaIr — Les gens de la ville · 14 amudim

25b20 segments · 24 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ce que l'on lit et ce que l'on traduit devant le public : l'honneur des pères ne suspend pas la lecture, et la langue de la traduction
Le folio déroule jusqu'au bout la braita des passages selon leur régime de lecture publique. Chaque ligne suit le même moule : la braita énonce qu'un passage se lit et se traduit, la guemara objecte que c'est évident, puis nomme la crainte qui aurait pu l'empêcher — l'honneur d'Avraham pour Lot, celui de Yehouda pour Tamar, celui d'Israël pour le veau, celui de David pour Amnon et Avchalom, celui de Binyamin pour la concubine de Guiv'a. Aucune de ces craintes ne tient : l'aveu de Yehouda est son éloge, et la publication du veau vaut expiation à Israël. Vient ensuite la seconde catégorie, les passages lus sans être traduits, regroupés sous le signe reich-ayin-beit-dalet-noun : l'affaire de Reouven, le second récit du veau, la bénédiction des kohanim, l'affaire de David et d'Amnon. Ici l'honneur d'Aharon et le risque d'un contresens sur « qu'Il élève Sa face » arrêtent le metourgueman. Le folio se termine sur la langue elle-même : les mots crus de l'Écriture se lisent en termes convenables, la moquerie est interdite sauf contre l'idolâtrie, et l'on peut outrager celui dont la réputation est mauvaise comme on peut louer celui dont la réputation est bonne. Le chapitre s'achève, et la première michna du chapitre Bnei ha-ir ouvre la question de la vente des objets saints et de l'échelle de sainteté qui les ordonne.
26a17 segments · 26 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
L'échelle de sainteté des biens de la communauté, et qui possède la synagogue
La fin de la michna achève l'échelle des biens sacrés : avec le prix d'un objet on en acquiert un plus saint, jamais un moins saint, et la règle vaut aussi pour le reste du prix. La guemara attribue d'abord à Rabbi Menahem bar Yossi l'opinion qui reconnaît une sainteté à la place publique de la ville, parce que l'on y prie les jours de jeûne ; pour les Sages, cet usage demeure occasionnel. Vient ensuite la grande question du folio : une synagogue appartient-elle à ceux qui l'ont bâtie ? Rabbi Chemouel bar Nahmani distingue le village de la grande ville, où l'afflux des étrangers fait du lieu un bien du public ; Rav Achi revendique pour lui-même la synagogue de Mata Mehassia, et deux baraitot viennent éprouver la distinction. L'une d'elles conduit la guemara jusqu'à la controverse sur le partage de Yerouchalaim entre les tribus, les parts de Yehouda et de Binyamin au Mikdach, la bande de terre où l'autel fut bâti et l'affliction de Binyamin. Le folio s'achève sur la règle de Rava : une vente faite par les sept notables de la ville en présence de l'assemblée retire la sainteté du bien et de son prix.
26b17 segments · 39 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Vendre, louer ou donner une synagogue, et l'échelle de sainteté des objets du culte
L'amud achève la règle de Rava sur la vente d'une synagogue : passée par les sept notables de la ville en présence des habitants, elle fait tomber toute sainteté du prix, au point que l'on peut en boire de la bière. Deux cas pratiques suivent, le tel de synagogue de Ravina que Rav Achi lui fait acheter avant de l'ensemencer, et les poutres de Rami bar Abba, que Rav Papa et Rav Houna lui interdisent de transférer d'un bâtiment ancien à un bâtiment neuf. Rava distingue alors les modes de cession : l'échange et la vente font passer la sainteté sur ce que l'on reçoit, la location et l'hypothèque la laissent en place, et le don partage Rav Aha et Ravina. La seconde moitié du daf ouvre un autre sujet, la baraita qui sépare les tashmichei mitsva, que l'on jette, des tashmichei kedoucha, que l'on enfouit ; Rava y ajoute ses propres révisions sur le pupitre et le rideau, la règle de l'arche qui se défait, l'arche posée dans l'ouverture chez les Juifs de Rome pour arrêter la toum'a, les mitpahot devenues linceul d'un met mitsva, le sefer Torah usé enfoui auprès d'un talmid 'hakham, et la question de la préséance entre la synagogue et la maison d'étude.
27a26 segments · 24 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Vendre un sefer Torah pour en acheter un autre, et le sort du surplus
Le folio ouvre sur la conclusion du débat précédent : la maison d'étude l'emporte sur la synagogue, puisque Rabbi Yehochoua ben Levi permet de transformer l'une en l'autre. Bar Kappara lit dans le verset de la destruction que la grande maison brûlée par Nevouzaradan désigne le lieu où l'on fait grandir la Torah, ou celui où l'on fait grandir la prière. Vient alors la grande question du daf : puisque l'échelle de sainteté interdit de descendre, que faire d'un échange latéral, vendre un sefer Torah ancien pour en acheter un neuf ? Cinq tentatives de preuve sont apportées et toutes sont écartées, de la michna elle-même aux housses des rouleaux, de la superposition des livres jusqu'aux enseignements de Rabban Chimon ben Gamliel et de Rabbi Meir. La seconde moitié du folio traite du surplus : Rava distingue l'argent d'une vente de l'argent d'une collecte, Abaye l'interroge à partir de la doukhsoussia, et la réponse fait apparaître la condition posée par les sept notables de la ville devant l'assemblée. Le folio s'achève sur la tsedaka des voyageurs et sur l'épisode de Rav Houna.
27b24 segments · 20 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Vendre une synagogue : à qui, a quelles conditions, et les quatre coudées de la prière
L'amud s'ouvre sur la fin de la règle de la tsedaka collectée hors de la ville, puis passe à la michna qui interdit de vendre un objet de la communauté à un particulier, parce que cela le fait descendre de sa sainteté. La Guemara montre que Rabbi Meir ne retient qu'une chute réelle, le passage du public au particulier, ou le davar chebikdoucha devient impossible, tandis que les Sages répondent que le principe de la multitude du peuple rendrait toute vente impossible. La michna suivante oppose la vente sous condition de reprise, défendue par Rabbi Meir, à la vente définitive des Sages, fermée à quatre usages dégradants, et à la position de Rabbi Yehouda qui vend à titre de cour. La Guemara y découvre un problème d'intérêt : si la synagogue peut être reprise, le prix ressemble à un prêt et l'occupation à un profit ; Rabbi Yo'hanan explique la michna par le tsad ehad be-ribit de Rabbi Yehouda, Rava par l'intérêt à charge de restituer. La seconde moitié du daf traite des quatre coudées de la prière, dont la sainteté n'est pas fixée, et de la durée qu'il faut attendre de part et d'autre. Elle s'achève sur la série signalée par le mnémotechnique zalpan, où plusieurs Sages disent par quelle conduite ils ont prolongé leurs jours.
28a25 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Par quel mérite as-tu prolongé tes jours, et la sainteté de la synagogue en ruine
Le folio achève la série des maîtres interrogés sur leur longévité. Rabbi Perida termine sa liste, et la guemara s'arrête sur un point : céder la bénédiction à un cohen passe pour une qualité, alors que Rabbi Yo'hanan tient pour passible de mort le talmid 'hakham qui s'efface devant un ignorant. La réponse distingue les cas d'égalité. Viennent ensuite Rabbi Nehounia ben Hakana, Rabbi Nehounia le Grand interrogé par Rabbi Akiva du haut d'un palmier, Rabbi Yehochoua ben Korha interrogé par Rabbi, les frères bar Ihi, puis Rabbi Zera et ses huit conduites. Chaque middah est illustrée par un récit : Rav Houna et sa houe, Mar Zoutra qui pardonne avant de dormir, Rabbi Elazar et Rabbi Zera devant les cadeaux du Nassi. Un long développement porte sur l'interdit de regarder le visage d'un méchant et sur la cécité de Yitshak, attribuée à la fois au regard porte sur Essav et à la malédiction d'Avimelekh. La michna qui clôt le folio revient au droit de la synagogue : une synagogue tombée en ruine garde sa sainteté, et les herbes qui y poussent restent en place.
28b18 segments · 27 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La synagogue en usage et en ruine, l'oraison du public, et la couronne de la Torah dont on ne se sert pas
L'amud achève la liste des conduites interdites dans une synagogue : s'y parer, s'y promener, y entrer pour s'abriter du soleil ou de la pluie, y prononcer l'oraison funèbre d'un particulier ; en regard, la lecture, l'étude et l'oraison du public y sont permises. Rabbi Yehouda limite ces règles au temps où la synagogue est en usage, et la Guemara corrige la baraita par un hissourei mihasra pour y faire entrer le balayage et l'aspersion. Rav Assi enseigne que les synagogues de Bavel sont construites sous condition, sans que la légèreté y soit pour autant admise : faire des comptes dans une synagogue conduit un met mitsva à y passer la nuit. Suivent les assouplissements, pour les Sages et leurs disciples, pour celui qui doit appeler quelqu'un, puis la définition de l'oraison du public par Rav Hisda et Rav Chechet et trois récits d'oraisons, dont celle que Rav Nahman refuse à un homme qui répétait sans comprendre. La fin du daf porte sur l'usage de la couronne de la Torah : Rech Lakich, Oula, et le récit de l'homme qui porte Rech Lakich sur ses épaules.
29a20 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Interrompre l'étude pour le mort et pour la mariée, la Chekhina dans les synagogues de l'exil, et les quatre parachiyot
Le folio s'ouvre sur la règle qui suspend l'étude de la Torah devant deux mitsvot : accompagner un mort et escorter une mariée. La guemara chiffre le seuil à partir duquel l'assistance suffit déjà, et distingue trois rangs de défunt : celui qui n'étudiait pas, celui qui lisait et étudiait pour lui-même, celui qui enseignait aux autres, pour qui aucune mesure ne vaut. Vient ensuite une longue section d'aggada sur la Chekhina qui accompagne Israël en exil : les synagogues de Houtsal et de Chaf ve-Yativ à Nehardea, le mikdach meat d'Ye'hezkel, la maison de Rav, et la promesse que les synagogues de Babel s'établiront en Terre d'Israël. La michna du chapitre précédent revient pour deux détails : le raccourci (kappandaria) à travers la synagogue et les herbes qui poussent dans la ruine. Le folio s'achève sur la michna d'ouverture du chapitre Bnei ha-ir, qui fixe le calendrier des quatre parachiyot d'Adar et la liste des jours pour lesquels on interrompt l'ordre habituel des lectures.
29b29 segments · 20 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Quelle est la parachat chekalim ? Rav contre Chmouel, et la répartition des lectures quand deux jours se rencontrent
L'amud achève d'expliquer la michna des quatre parachiot. Il justifie d'abord la date du premier Adar : Rabbi Tavi tire du verset zot olat hodech be-hodcho que les sacrifices publics de Nissan doivent venir d'un prélèvement nouveau, d'où l'annonce faite un mois plus tôt, et les tables des changeurs dressées le quinze. Vient ensuite la mahloket centrale du daf : pour Rav, la parachat chekalim est tsav et korbani lahmi, la section des sacrifices ; pour Chmouel, c'est ki tissa, la section du demi-chekel. La Guemara éprouve les deux positions par quatre épreuves successives : le nom de la paracha, la mention des sacrifices, la différence d'avec un roch hodech ordinaire, et la haftara de Yehoyada le cohen ; une baraita tranche finalement comme Chmouel. La fin du daf passe à la logistique des lectures : Rabbi Yits'hak Nappaha sur les trois rouleaux de Torah a roch hodech Adar et à roch hodech Tevet, puis la mahloket sur roch hodech Tevet tombant en semaine, où s'opposent le principe du tadir et celui qui demande ce qui a fait venir le quatrième montant.
30a25 segments · 26 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les quatre parachiot : comment lire Chekalim dans la sidra, et où placer Chekalim et Zakhor quand roch h'odech Adar ou Pourim tombe un vendredi
Le folio poursuit la michna des quatre parachiot lues autour d'Adar. Il règle d'abord une question de mise en œuvre : lorsque roch h'odech Adar tombe un chabbat dont la sidra est « Ve'ata tetsave » ou « Ki tissa » elle-même, comment répartir les sept montées pour que la lecture de Chekalim reste reconnaissable ? Rabbi Its'hak Naph'a et Abaye proposent deux découpages ; les baraitot tranchent en faveur d'Abaye, qui fait relire le passage une seconde fois. La seconde moitié du folio ouvre la controverse de Rav et de Chemouel : quand roch h'odech Adar, puis quand Pourim, tombe un vendredi, avance-t-on la lecture au chabbat précédent ou la retarde-t-on au chabbat suivant ? Rav compte les jours nécessaires aux tables de change et exige que le souvenir d'Amalek précède l'accomplissement de Pourim ; Chemouel répond que les changeurs ne siègent qu'après le chabbat et que les villes fortifiées font coïncider souvenir et accomplissement. Le folio s'achève sur les repères de calendrier des troisième et quatrième parachiot, Para et Hah'odech.
30b10 segments · 16 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
À quel ordre revient-on la cinquième semaine, et comment se partage la journée d'un jeûne public
L'amud ferme le dossier des quatre parachiot et ouvre celui des lectures des jours particuliers. La baraita achevée, la Guemara revient sur la dernière clause de la michna, ba-hamichit hozrin le-kesidran, on revient à l'ordre habituel : Rabbi Ami entend l'ordre des parachiot, Rabbi Yirmeya l'ordre des haftarot. Abaye appuie Rabbi Ami par la michna le-khôl mafsikin, qui mentionne des jours tombant en semaine, où il y a bien une lecture de la Torah et jamais de haftara ; Rabbi Yirmeya répond que chaque cas se prend selon ce qu'il est. L'objection sur les jeûnes conduit à l'enseignement de Rav Houna, mi-tsafra kinoufya, et Abaye détaille l'emploi du temps de la journée de jeûne à partir de Nehemia 9,3 et d'Ezra 9. La michna finale ouvre la liste des lectures : Pessa'h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Soukkot, 'Hanouka, Pourim, roch hodech, maamadot et jeûnes.
31a19 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le calendrier des lectures de la Torah et des haftarot : de la baraita de terre d'Israël à l'usage des deux jours de fête en diaspora
La michna s'achève sur la lecture des bénédictions et des malédictions, qu'un seul lecteur doit lire sans interruption, et sur les lectures du lundi, du jeudi et du chabbat à min'ha, qui ne comptent pas dans le décompte des parachiyot. La guemara rapporte alors une longue baraita qui fixe, fête par fête, le passage de la Torah et la haftara : Pessa'h et ses jours intermédiaires, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot, Chemini Atseret, puis 'Hanouka, Pourim et les néoménies. Cette baraita a été enseignée en terre d'Israël, où chaque fête ne dure qu'un jour ; les maîtres de la guemara l'interrompent donc à chaque fois par une remarque commençant par « et aujourd'hui, où il y a deux jours », pour indiquer ce que l'on lit le second jour en diaspora. Deux formules mnémotechniques structurent les jours de Pessa'h : le signe mem-alef-pe-vav de Rav Papa et la phrase d'Abaye mechokh tora, kadech bekaspa, pessol bemidbara, chelah boukhra. Au milieu de cette liste, la haftara de Yom Kippour amène l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : partout où l'Écriture dit la puissance du Saint béni soit-Il, elle dit aussitôt Son humilité, dans la Torah, dans les Prophètes et dans les Écrits.
31b14 segments · 11 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les lectures du 9 Av, l'ordre des sacrifices comme expiation, et les deux séries de malédictions
Le folio poursuit la liste des lectures de la Torah et des haftarot ouverte par la michna. Il fixe d'abord ce qu'on lit à Roch Hodech Av tombant un Chabbat et le 9 Av lui-même, puis passe aux maamadot et au récit de la Création : Rabbi Ami enseigne que sans eux le ciel et la terre ne subsisteraient pas. Suit l'échange entre Avraham et le Saint béni soit-Il sur le « à quoi saurai-je » de l'alliance des morceaux : les sacrifices expient, et lorsque le Temple n'est plus là, la lecture de l'ordre des sacrifices en tient lieu. La seconde moitié traite des malédictions lues aux jours de jeûne : on ne les coupe pas entre deux lecteurs, et Abaye distingue les malédictions du Lévitique, dites par Moche de la bouche de la Gevoura, de celles du Deutéronome, qu'il a dites de lui-même. Le daf se clôt sur l'institution d'Ezra — achever les malédictions avant Atseret et avant Roch Hachana — et sur la mahloket de Rabbi Meir et Rabbi Yehouda sur le point de reprise de la lecture publique.
32a18 segments · 17 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les égards dus au sefer torah : bénir sur un rouleau ouvert, le rouler et le serrer, et la takkana de Moche sur le sujet du jour
Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion précédente : Rabbi Zeira a énoncé la halakha en toutes lettres plutôt que de dire simplement « la halakha est comme Rabbi Yehouda », parce que certaines versions inversent les deux noms. Vient ensuite une baraita du même type sur la bénédiction de la Torah : Rabbi Meir fait fermer le rouleau avant de bénir, par la raison d'Oulla — que l'on ne dise pas que les bénédictions sont écrites dans la Torah, de même que le lecteur n'aide pas le metourgueman pour que l'on ne dise pas que le targoum y est écrit ; Rabbi Yehouda fait bénir sur le rouleau ouvert, et la halakha suit son avis. Le reste du folio rassemble les égards matériels dus au sefer torah : les lou'hot et les bimot n'ont pas de sainteté, on arrête le rouleau sur la couture, on le roule par l'extérieur et on le serre par l'intérieur, le plus grand des dix roule et reçoit une récompense égale à celle de tous, on ne tient pas le rouleau à nu, et l'on roule l'étoffe autour du rouleau. S'y intercalent trois enseignements de Rabbi Chéfatia au nom de Rabbi Yo'hanan sur la bat kol, sur la lecture chantée, et l'objection d'Abaye qui réoriente le verset d'Yé'hezkel vers deux talmide hakhamim d'une même ville qui ne s'accordent pas dans la halakha. Le traité s'achève sur la michna : Moche a institué que l'on interroge et que l'on expose, à chaque fête, le sujet du jour.
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