2a24 segments · 32 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
les cinq jours de lecture de la Meguila et leur source
Ce premier folio du traité ouvre sur la Michna qui autorise la lecture de la Meguila sur cinq jours, du 11 au 15 Adar, selon le statut du lieu : villes fortifiées depuis Yehochoua bin Noun, grandes bourgades, villages. La Guemara demande d'où viennent le 11, le 12 et le 13, que le livre d'Esther ne mentionne pas. Une première réponse invoque l'allègement accordé aux villages, mais la règle interdisant à un tribunal d'annuler l'œuvre d'un tribunal plus grand oblige à rattacher ces jours aux hommes de la Grande Assemblée, donc à chercher une allusion scripturaire : Rav Chemen bar Abba la tire de bi-zmanéihèm, Rabbi Chmouel bar Nahmani de ki-yamim. Le folio se poursuit par deux versions de Rabbi Yo'hanan sur l'étendue du désaccord entre Rabbi Akiva et les Sages, arbitrées par une baraita de Rabbi Yehouda.
2b24 segments · 31 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Villes murées depuis Yehochoua : la source du 15 Adar et la gezera chava perazi
Le folio achève d'abord le débat sur l'anticipation de la lecture : Rav Achi, placé devant une contradiction entre deux propos de Rabbi Yehouda, tranche entre deux versions de la baraita et retient celle de Rabbi Yossi bar Yehouda. La Guemara passe ensuite à la michna : d'où vient que les villes entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua bin Noun lisent le 15 Adar ? Rava le déduit du verset qui assigne le 14 aux perazim, et la Guemara teste quatre répartitions concurrentes avant d'étendre le même jour à la lecture par le heqech nizkarim ve-naassim. Suit la mahloket avec Rabbi Yehochoua ben Korha, qui date la muraille de l'époque d'Assuérus, contre notre tana qui tire une gezera chava perazi-perazi de Devarim 3,5 ; Chouchan est traitée à part parce qu'un miracle s'y est produit. La lecture des redoublements médina u-médina et ir va-ir conduit à la règle de Rabbi Yehochoua ben Levi sur l'attenant et le visible dans un rayon d'un mil, puis à deux propos de Rabbi Yirmeya, dont celui sur les lettres finales mantzepakh.
3a21 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les Targoumim, la frayeur nocturne, et ce qu'on interrompt pour la Meguila
Le folio solde d'abord la question laissée ouverte en 2b sur les lettres finales : les deux formes existaient bien au Sinaï, mais leur répartition avait été oubliée, et les Tsofim n'ont fait que la rétablir, faute de quoi ele ha-mitsvot interdirait toute innovation prophétique. La Guemara rapporte ensuite deux autres propos de Rabbi Yirmeya : l'origine des Targoumim — Onkelos pour la Torah, Yonatan ben Ouziel pour les prophètes, dont la traduction fit trembler la terre d'Israël parce qu'elle dévoilait de l'obscur — puis l'identité des hommes qui accompagnaient Daniel lors de sa vision. De ce que leur mazal voyait ce qu'eux ne voyaient pas, Ravina tire une règle pratique contre la frayeur nocturne. Le folio revient enfin à la Meguila : le redoublement michpaha ou-michpaha enseigne que kohanim, Leviim et Israël interrompent le service du Temple pour venir l'écouter, d'où la maison de Rabbi déduit à plus forte raison qu'on interrompt le talmud Torah ; mais l'épisode de Yehochoua devant Jericho vient contester la prémisse, puisque le reproche de l'ange porte d'abord sur l'étude.
3b17 segments · 18 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Ce qui passe avant quoi, et ce qui fait une ville murée
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya de Yehochoua : Rav Chemouel bar Ounia tire du verset « maintenant je suis venu » que l'étude de la Torah l'emporte sur l'offrande des tamidin, ce qui contredit la maison de Rabbi. La Guemara distingue l'étude du public de celle d'un individu, puis l'honneur du savant de son étude elle-même. Rava dresse ensuite une échelle complète : la lecture de la Meguila passe avant le service du Temple et avant l'étude, et le met mitsva passe avant l'un et l'autre ; sa seule vraie question, met mitsva contre Meguila, se résout par kevod ha-beriyot. La fin du folio reprend quatre paroles de Rabbi Yehochoua ben Levi sur le kerakh : ce qui lui est attenant ou visible depuis lui, la ville habitée avant d'être entourée, celle qui n'a pas dix batlanim, et celle qui fut détruite puis repeuplée.
4a11 segments · 15 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Les femmes, la nuit et le jour : les lois de la lecture selon Rabbi Yehochoua ben Levi
Le folio achève d'abord la série de Rabbi Yehochoua ben Levi sur le kerakh : Lod, Ono et Gué HaHarachim sont entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua, malgré les versets qui attribuent leur construction à Elpaal puis à Assa ; Rabbi Elazar répartit ces témoignages en une histoire de destructions et de reconstructions. Viennent ensuite trois lois du même maître sur la lecture elle-même. Les femmes y sont tenues, car elles aussi furent dans ce miracle, et les commentateurs se divisent sur le sens de cette formule et sur la portée de leur obligation. Lorsque Pourim tombe un Chabbat, on expose les lois du jour, précision qui écarte une extension du décret de Rabba. Enfin on lit la Meguila la nuit et on la répète le jour : la yechiva avait compris lichnota comme l'étude des michnayot, et Rabbi Yirmeya rétablit le sens de relecture. Le folio revient pour finir à la michna, et donne la raison de la faveur accordée aux villages.
4b24 segments · 15 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Qui avance, qui recule, et pourquoi jamais le Chabbat
Le folio achève d'abord la discussion sur l'avance de la lecture au jour de rassemblement : trois objections écartent l'idée qu'elle aurait été instituée pour l'avantage des villes murées, et la Guemara renverse la formule : c'est un allègement accordé aux villageois parce qu'ils fournissent l'eau et la nourriture aux villes. Vient ensuite le cas où le quatorze tombe un vendredi : deux baraitot livrent quatre positions, toutes tirées du verset « chaque année », qui porte trois exigences incompatibles ce jour-là ; notre michna se révèle être de Rabbi ou de Rabbi Yossi. Rabbi accepte pourtant de repousser les bourgades au jour de rassemblement quand le quatorze tombe un Chabbat, et la règle de Rav Houna, tout ce qui est repoussé va au jour de rassemblement, le suit. Le folio se clôt sur la raison de fond : Rabba craint que l'on ne porte le rouleau chez un expert et ne le transporte dans le domaine public, tandis que Rav Yossef rappelle que les yeux des pauvres sont levés vers la lecture, puisque les dons se distribuent le jour même où l'on lit.
5a19 segments · 23 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Lire seul ou à dix, avancer ou retarder
Le folio s'ouvre sur la fin de l'enseignement précédent : la réjouissance de Pourim ne se pratique qu'en son temps. Vient ensuite le partage de Rav et de Rav Assi sur le quorum de la lecture : Rav autorise la lecture individuelle le quatorze et exige dix hommes pour la lecture avancée, Rav Assi exige dix dans tous les cas ; un incident montre Rav lui-même rassemblant dix hommes, et la Guemara examine une autre de ses paroles sur Pourim tombant un Chabbat. La michna définit ensuite la grande ville par la présence de dix batlanim, et oppose ce que l'on avance, la lecture de la Meguila, a ce que l'on retarde : le bois des cohanim, le neuf Av, la haguiga et le hakhel. La Guemara donne la raison de chaque cas, ajoute deux règles de comput au nom de Rabbi Abba, puis consacre la fin du folio à une baraita sur le temps de la haguiga, que Rav Ochaya, Rava et Rav Achi expliquent de trois manières.
5b18 segments · 25 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La plantation de Rabbi à Pourim : le travail a-t-il été accepté comme interdit, et Tibériade est-elle une ville murée depuis Yehochoua
Le folio part de deux gestes attribués à Rabbi : il se baigne publiquement le dix-sept Tamouz et veut écarter le jeûne du neuf Av ; Rabbi Abba bar Zavda corrige la tradition en précisant que l'affaire ne visait qu'une année où le jeûne avait déjà été reporté. La guemara passe ensuite au troisième geste, la plantation faite un jour de Pourim, et en fait le point de départ d'une longue sougya : le verset « joie, festin et bon jour » interdit l'oraison funèbre, le jeûne et le travail, or Rabbi a planté. Les réponses successives déplacent Rabbi du quatorze au quinze, puis du quinze au quatorze, avant que Rabba fils de Rava ne tranche autrement : le peuple a accepté sur lui l'oraison funèbre et le jeûne, jamais le travail, et le verset final omet précisément « bon jour ». La malédiction que Rav lance contre le semeur de lin relève alors de la coutume locale, ou bien la plantation de Rabbi était une plantation de joie. Le folio s'achève sur le statut de Tibériade et de Houtsal : quand une ville est ceinte par la mer d'un côté, est-elle perouza ou moukéfet.
6a19 segments · 48 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Identifier les villes de l'Écriture : Hamat, Rakat et Kineret, la plainte de Zevoulon, et la bascule entre Césarée et Jérusalem
Le folio s'ouvre sur la suite de l'enseignement de Rabbi Yo'hanan : l'intuition de sa jeunesse, qui identifiait Hamat à Tibériade, Rakat à Tsipori et Kineret à Guinossar, a été confirmée par les anciens. Rava la réfute à partir des formules d'oraison funèbre employées pour les morts de Babylonie que l'on fait monter en terre d'Israël : elles appellent Tibériade du nom de Rakat. Rabba reprend alors la liste autrement, et trois étymologies de Tibériade sont proposées. La sougya passe à Kitron, que Zeira identifie à Tsipori, et cette identification déclenche une longue objection tirée de la plainte de Zevoulon sur son lot : montagnes et mers au lieu de champs et de vignes, avec pour réponse le hilazon, la tarit et le sable à verre. Le folio s'achève sur Ekron et Césarée, sur la règle qui fait de Césarée et de Jérusalem deux villes qui ne peuvent tenir ensemble, puis sur deux enseignements de Rabbi Yits'hak : la demande de grâce formulée par Yits'hak en faveur d'Essav, et la prière de Yaakov pour que le dessein d'Essav n'aboutisse pas.
6b29 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Peine et réussite, la provocation des méchants, la grande ville de Rome, puis la michna : la meguila lue au premier Adar quand l'année devient embolismique
La première moitié du folio achève la série aggadique commencée plus haut : la puissance de Rome tenue en échec par Germamia, puis trois enseignements de Rabbi Yitshak. Le premier fixe le rapport entre l'effort et la réussite, en distinguant l'étude, le commerce, l'acuité et la rétention. Le deuxième interdit de provoquer le racha à qui l'heure sourit, ce qui entre en conflit avec Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai et avec Rabbi Dostai bar Matoun ; la guemara propose trois résolutions. Oula décrit ensuite la grande ville de Rome, ses dimensions et ses quatre côtés. La seconde moitié ouvre la michna : la meguila lue au premier Adar doit être relue au second si l'année est intercalée, et la seule différence entre les deux Adar porte sur la lecture et sur les dons aux pauvres. La guemara cherche l'auteur de cette michna entre trois positions de la baraita, tranche comme Rabban Chimon ben Gamliel, et remonte à la derasha de « en chaque année » : Adar proche de Chevat ou Adar proche de Nissan.
7a21 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les deux demandes d'Esther, la sainteté du livre, et les preuves que la meguila fut dite par roua'h hakodech
Le folio achève d'abord la tsrikhouta commencée plus haut entre « la seconde » et « en chaque année », puis demande ce que Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi tire du mot « la seconde ». La réponse de Rav Chmouel bar Yehouda ouvre toute la sougya : Esther adressa deux demandes aux sages. La première, « fixez-moi pour les générations », se heurte à la crainte de la jalousie des nations ; la seconde, « écrivez-moi pour les générations », se heurte au verset des Proverbes « des choses triples et non quadruples », jusqu'à ce qu'un verset de la Torah soit trouvé. De là naissent deux questions liées : le livre d'Esther rend-il les mains impures, marque de la sainteté des livres du canon, et a-t-il été dit par roua'h hakodech ? Chmouel soutient qu'il fut donné pour être lu sans être écrit ; la guemara lui oppose une baraita sur Kohelet, le Cantique des cantiques, Ruth et Esther. Cinq maîtres apportent chacun un verset prouvant l'inspiration de la meguila ; Rava les réfute tous sauf celui de Chmouel. Le folio s'achève sur le retour à la michna : deux portions à une personne pour le michloa'h manot, deux dons à deux personnes pour les matanot là-evyonim.
7b22 segments · 33 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Michloah manot et matanot laévyonim en pratique, l'obligation de boire à Pourim, le repas du jour ; puis deux michnayot : jour de fête et Chabbat, Chabbat et Yom Kippour
La première moitié du folio illustre par des récits ce que la halakha vient d'établir sur les envois de portions et les dons aux pauvres : Rabbi Ochaya remercie son maître d'avoir accompli deux mitsvot par un seul envoi, Rabba et Mari bar Mar échangent des présents d'inégale valeur, Abaye rapporte le festin qu'il y a trouvé, et deux maîtres nommés bar Avin échangent leurs repas. Vient ensuite l'enseignement de Rava sur l'obligation de s'enivrer jusqu'à ne plus distinguer entre la malédiction de Haman et la bénédiction de Mordekhai, suivi du récit de Rabba et de Rabbi Zeira, puis de la règle qui fixe le repas de Pourim au jour et non à la nuit, tirée de « jours de festin et de joie ». La seconde moitié quitte Pourim pour deux michnayot construites sur la même formule. La première oppose le jour de fête au Chabbat sur la seule préparation de la nourriture, ce qui ouvre la controverse du tana kama et de Rabbi Yehouda sur les actes préparatoires, appuyée sur les mots « lui » et « pour vous ». La seconde oppose le Chabbat à Yom Kippour, peine humaine contre karet, ce qui conduit à la position de Rabbi Néhounya ben HaKana sur les dommages, puis à la question de savoir si les coups dispensent du karet, avec les réponses de Rav Nahman et de Rav Achi.
8a18 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Trois michnayot « il n'y a entre » : vœux de profit, nedarim et nedavot, le zav de deux ou trois émissions
Le folio poursuit la série des michnayot construites sur la formule « il n'y a entre A et B que... ». La première oppose celui à qui tout profit de son prochain est interdit par vœu à celui à qui seule sa nourriture est interdite : la différence porte sur le passage du pied et sur les ustensiles étrangers à la préparation des aliments, et la guemara demande pourquoi un passage auquel personne ne prend garde serait interdit ; Rava rattache la michna à Rabbi Eliezer, pour qui le viteour est interdit. La deuxième michna oppose les nedarim aux nedavot : seule la responsabilité en cas de perte les sépare, l'interdit de bal te'ahar valant pour les deux, et un verset du Lévitique fonde cette responsabilité sur le mot alav. La troisième oppose le zav de deux émissions à celui de trois : seul le sacrifice les sépare. Une longue derasha de Rabbi Simaï, discutée par deux hypothèses alternatives puis complétée par le mot mizovo, fixe la répartition entre impureté et sacrifice ; le folio s'achève sur la source du compte des sept jours pour le zav de deux émissions.
8b23 segments · 33 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Fin de la sougya du zav : les deux lectures de « mizovo » ; puis deux michnayot : le metsora mousgar et le metsora mouhlat, et les sefarim face aux tefillin et mezouzot
Le folio achève d'abord la discussion ouverte plus haut sur le zav qui n'a eu que deux ré'iyot. Une baraita établit par le mot « mizovo » qu'un tel zav est tenu du compte de sept jours, alors qu'un autre « mizovo » servait à l'exclure du sacrifice. Rav Papa demande à Abaye ce qui distingue les deux lectures du même mot, et Abaye répond en trois temps : le verset ne se tait pas pour rien, le raisonnement ne suffirait pas puisque la chomeret yom keneged yom le réfute, et l'autre emploi possible du mot s'obtient déjà autrement. Vient ensuite la michna qui oppose le metsora mousgar (mis en quarantaine) au metsora mouhlat (déclaré atteint) : ils ne diffèrent que par la pri'a et la prima, et, au moment de la pureté, par le rasage et les deux oiseaux. La guemara cherche la source de cette limitation : la lecture de Rav Chmouel bar Yitshak sur « vetaher » est réfutée par Rava au moyen du verset du zav, puis Rava propose « acher bo », que Abaye met à l'épreuve du chilouah, ce qui conduit au surplus « kol yemei » et au verset « ve-hine nirpa ». Le folio s'achève sur une troisième michna : les sefarim s'écrivent en toute langue, les tefillin et les mezouzot seulement en achourit, Rabban Chimon ben Gamliel n'admettant que le grec ; une baraita qui exige achourit, parchemin et encre est opposée à la michna, et la réponse de Rava est à peine amorcée.
9a16 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
En quelle langue et en quelle écriture s'écrivent les livres saints ; l'affaire du roi Talmai et la traduction grecque de la Torah
Le folio achève la discussion ouverte par la michna « il n'y a entre les livres saints et les tefillin et les mezouzot que... » : la michna permet d'écrire les livres en toute langue, tandis qu'une baraita déclare invalide un verset du texte écrit en araméen ou un passage araméen écrit dans la langue du texte, et exige l'écriture achourit, sur un rouleau et à l'encre. Quatre tentatives de conciliation se succèdent, chacune écartée par une objection, avant que Rav Achi ne rapporte la baraita aux Prophètes et aux Écrits selon Rabbi Yehouda. La reconstitution de cette baraita conduit à la permission du grec, limitée par Rabbi Yehouda au seul rouleau de la Torah. La raison de cette permission est ensuite racontée : le roi Talmai réunit soixante-douze anciens dans soixante-douze maisons séparées et leur commanda de traduire la Torah ; tous écrivirent le même texte et y portèrent les mêmes modifications. Le folio énumère ces modifications, verset par verset, avec chaque fois le malentendu qu'elles écartent.
9b19 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Fin des changements des soixante-douze anciens et la beauté de Yefet sous les tentes de Chem ; puis trois michnayot de comparaison : le kohen gadol oint et le merubeh begadim, le kohen en fonction et le kohen retiré, la grande bama et la petite, Chilo et Yerouchalayim
Le folio achève la liste des passages que les soixante-douze anciens ont modifiés en traduisant la Torah pour le roi Talmai : ils écartent l'idée que Moche aurait pris autre chose qu'un âne, celle que les astres auraient été donnés aux nations pour être servis, celle que les divinités étrangères se seraient créées d'elles-mêmes, et ils remplacent le lièvre par une périphrase parce que la femme du roi portait ce nom. Rabbi Yo'hanan tranche ensuite comme Rabban Chimon ben Gamliel, pour qui seul le grec a été permis, et il fonde cette position sur le verset « yaft Elokim le-Yefet » : la beauté de Yefet, donc le grec, entre sous les tentes de Chem. Le traité passe alors à une série de michnayot batiles sur la formule « il n'y a entre X et Y que Z ». La première oppose le kohen gadol oint à l'huile d'onction au kohen consacré par le surcroît de vêtements, et la seconde le kohen en fonction au kohen qui s'est retiré. La guemara établit que le début suit les Sages et la fin Rabbi Meir, ce qui ouvre une contradiction interne résolue de deux manières : Rav Hisda accepte deux auteurs, Rav Yossef attribue le tout à Rabbi qui a composé sa michna selon des tanaim différents. Deux dernières michnayot comparent la grande bama et la petite, puis Chilo et Yerouchalayim ; le folio s'interrompt sur la sainteté de Chilo, dont le sort sera discuté au folio suivant.
10a11 segments · 13 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La première consécration de Jérusalem a-t-elle sanctifié pour toujours ; les sacrifices au Beit Honio et la consécration des villes murées
Le folio part de la fin de la michna : la sainteté de Chilo admet une permission après elle, celle de Jérusalem n'en admet pas. Rabbi Its'hak rapporte avoir entendu qu'on offre des sacrifices au Beit Honio, le temple bâti en Égypte par Honio fils de Chimon le Juste ; cela suppose deux choses, que ce lieu ne soit pas une maison d'idolâtrie, et que la première consécration de Jérusalem ait sanctifié pour son temps seulement. Rav Mari objecte de la michna elle-même et d'une michna de Zeva'him, et Rabbi Its'hak se rétracte. La guemara cherche alors si la question oppose deux tannaim : elle propose Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua à propos des tentures du second Temple, Ravina écarte cette lecture, et l'on aboutit à Rabbi Ichmael fils de Rabbi Yossi, dont deux baraitot sur les villes murées semblent se contredire. Le mot qui clôt l'amud, kidechoum, ouvre la difficulté que résoudra la suite.
10b30 segments · 17 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Fin de la sougya des villes entourées d'une muraille ; la règle du « vayehi » comme terme de peine et la mise au point de Rav Achi ; trois traditions de Rabbi Levi, dont la modestie de Tamar et l'emplacement de l'aron ; puis la série des petihot par lesquelles les maîtres ouvraient l'exposé de la meguila
Le folio achève d'abord la discussion sur les villes entourées d'une muraille depuis les jours de Yehochoua : la baraita est relue de manière que les montants de Bavel aient trouvé ces villes et les aient dénombrées, et la contradiction interne à l'avis de Rabbi Yichmael be-Rabbi Yossi est levée de deux manières. Le traité revient ensuite à la meguila. Rabbi Levi transmet au nom des hommes de la Grande Assemblée que le mot vayehi annonce une peine ; une longue série de versets confirme la règle, une autre série la met en difficulté, et Rav Achi la restreint : vayehi seul se prête aux deux sens, mais vayehi biméi annonce toujours la peine, et il n'y en a que cinq occurrences. Deux autres traditions de Rabbi Levi suivent : Amots et Amatsia étaient frères, ce qui établit que les prophètes aussi descendent de Tamar, récompense de sa modestie chez son beau-père ; et l'emplacement de l'aron n'entrait pas dans la mesure du Saint des Saints, puisque dix coudées le séparaient de chaque mur d'une pièce qui n'en mesurait que vingt. Le folio s'achève sur les petihot : Rabbi Yonatan, Rabbi Chemouel bar Nahmani, Rabbi Yehochoua ben Levi, Rabbi Abba bar Kahana et Rabba bar Ofran ouvrent chacun l'exposé de la meguila par un verset, et la discussion de Rabbi Yehochoua ben Levi pose la question de savoir si le Ciel se réjouit de la chute des méchants.
11a24 segments · 22 Rachi · 1 Tossefot · 4 schémas
La suite des petihot par lesquelles les maîtres ouvrent l'exposé de la meguila, puis le commentaire mot à mot du premier verset d'Esther : vayehi comme cri de peine, les quatre lectures du nom d'Ahachveroch, la règle du mot hou, l'étendue de son empire de Hodou à Koush et les trois rois qui ont régné sur toute la terre
Le folio poursuit la série des petihot commencée à la fin de 10b : Rav Dimi bar Yitshak, Rabbi Hanina bar Papa, Rabbi Yo'hanan, Rech Lakich, Rabbi Elazar, Rav Nahman bar Yitshak, Rava, Rav Matna et Rav Achi ouvrent chacun l'exposé de la meguila par un verset lu comme l'annonce de la détresse de Haman et du retournement de Pourim. La Guemara passe ensuite au commentaire suivi du premier verset du livre d'Esther. Le mot vayehi est entendu par Rav comme vay ve-hi, malheur et lamentation ; Chemouel et une baraita lisent les cinq membres de Vayikra 26,44 comme cinq périodes d'exil, avec deux répartitions concurrentes ; Rabbi Levi et Rabbi Hiya rattachent la détresse à la faute de Chaoul qui avait épargné Amalek. Le nom d'Ahachveroch reçoit quatre lectures : frère et pareil de Nevoukhadnetsar selon Rav, noirceur des visages selon Chemouel, cri de deuil selon Rabbi Yo'hanan, appauvrissement général selon Rabbi Hanina. Le mot hou, là où il revient, marque une constance : dans la méchanceté pour Esav, Datan et Aviram, Ahaz ; dans la justice pour Avraham, Aharon et Moche, et dans la modestie pour David. Le folio s'achève sur l'étendue de l'empire : Rav et Chemouel divergent sur le sens de « de Hodou jusqu'à Koush », Rav Hisda lit une progression dans les cent vingt-sept provinces, et une baraita énumère les trois rois qui ont régné bekhipa, sous toute la voûte du firmament.
11b14 segments · 28 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Fin de la liste des rois qui ont régné sur le monde entier, puis les deux calculs erronés des soixante-dix ans : celui de Belchatsar et celui d'Ahachveroch, et le prix payé pour avoir sorti les ustensiles du Temple
Le folio achève la liste des rois qui ont régné sur le monde entier. Un signe mnémotechnique annonce quatre candidats qui seront écartés : Chelomo, Sanheriv, Daryavech et Koresh. Chacun est retiré pour une raison précise, et le cas de Chelomo oblige à distinguer entre deux avis sur la fin de son règne. Le traité revient ensuite au deuxième verset de la meguila, qui paraît se contredire : « lorsque le roi siégea » indique le début du règne, et la suite parle de la troisième année. Rava lit « lorsqu'il siégea » comme le moment où l'esprit d'Ahachveroch s'est apaisé, une fois qu'il se fut persuadé que les soixante-dix ans annoncés par Yirmiya étaient passés sans délivrance. Deux calculs sont alors exposés côté à côté. Belchatsar additionne quarante-cinq années de Nevoukhadnetsar, vingt-trois d'Evil Merodakh et deux des siennes ; la Guemara établit d'où viennent ces quarante-cinq par la lecture des versets sur les exils. Ahachveroch croit corriger l'erreur en comptant depuis l'exil de Bavel et non depuis l'avènement de la royauté babylonienne. Les deux se trompent, et pour le même motif de fond : le verset de Daniel ordonne de compter depuis les ruines de Yerouchalayim, soit onze ans plus tard. Belchatsar est tué la nuit même ; chez Ahachveroch, le Satan danse au milieu du festin et Vachti est mise à mort. La Guemara termine sur une dernière difficulté de comptage, que Rava résout par des années tronquées.
12a19 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La fin des soixante-dix ans et le déchiffrement du festin d'Assuérus
Le folio se partage en deux. La première moitié achève le compte des soixante-dix ans annoncés par Jérémie : une baraita confirme qu'il restait une année à Babel après la mort de Belchatsar, Rava montre que Daniel lui-même s'était trompé dans ce calcul, puis résout la contradiction entre le verset qui compte soixante-dix ans « pour Babel » et celui qui les compte « pour les ruines de Jérusalem » : le premier né promet qu'une pekida, une simple visite, celle de la proclamation de Cyrus. Un dracha de Rav Nahman bar Rav Hisda reproche à Cyrus de s'être arrêté là. La seconde moitié ouvre la lecture suivie du premier chapitre d'Esther : l'ordre de Perse et de Médie, les vêtements du kohen gadol portés par Assuérus, la sagesse ou la sottise du roi, puis, en réponse aux disciples de Rabbi Chimon bar Yohai, la faute qui valut à cette génération le décret d'anéantissement. La description du festin est ensuite déchiffrée mot à mot, jusqu'au festin parallèle de Vachti.
12b20 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le septième jour du banquet était Chabbat : la chute de Vachti mesure pour mesure, le refus des Sages de la juger, les sept conseillers lus comme sept offrandes, et la double ascendance de Mordekhai
Le folio poursuit la lecture midrachique du premier chapitre de la meguila. Rava établit que le septième jour du banquet était Chabbat : c'est le jour où la différence entre Israël et les nations apparaît le mieux, les uns ouvrant leur repas par la Torah et la louange, les autres par des paroles de débauche. De là conversation des convives sort la demande que Vachti paraisse nue, et la Guemara explique sa mise à nu par la mesure pour mesure : elle faisait travailler les filles d'Israël nues le Chabbat. Deux raisons sont données à son refus : la tsaraat qui éclata sur elle, ou la queue que l'ange Gavriel lui fit. Sa réponse insolente au roi déclenche la fureur. Ahachveroch convoque alors les sages, identifiés aux maîtres d'Israël, qui se récusent : condamner ou acquitter les expose tous deux, et ils renvoient le roi vers Ammon et Moav, restés en place comme un vin sur sa lie. Rabbi Levi lit le verset des sept conseillers comme sept allusions au service du Temple, réclamation des anges en faveur d'Israël. Memoukhan est identifié à Haman, et son empressement à parler le premier fournit la règle : l'homme du commun saute en tête. Le folio compare ensuite la recherche d'une épouse par David et par Ahachveroch, puis ouvre la présentation de Mordekhai : ses trois ancêtres lus comme trois titres de prière, et la contradiction entre yehoudi et yemini, résolue de quatre manières différentes.
13a24 segments · 28 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Yehoudi, le nom de celui qui renie l'idolâtrie : Mordekhai, Bitya fille de Pharaon et les six noms de Moché dans Divrei Hayamim, puis Hadassa-Esther, son entrée au palais et son silence sur son peuple
Le folio s'ouvre sur la fin de la lecture du verset de Chimi et d'Agag : la clémence de David envers Chimi a produit Mordekhai, celle de Chaoul envers Agag a produit Haman. Rabbi Yo'hanan propose alors une autre explication du titre de Mordekhai : il vient bien de Binyamin, et il est appelé Yehoudi parce qu'il a renié l'idolâtrie, puisque tout homme qui renie l'idolâtrie reçoit ce nom, comme les compagnons de Daniel. De là, la Guemara passe à un verset de Divrei Hayamim où la même règle s'applique à Bitya fille de Pharaon, appelée Hayehoudiya, et où six noms successifs désignent tous Moché. La seconde moitié du folio suit le chapitre 2 de la meguila : le double nom Hadassa-Esther et les cinq explications des Tanaim, l'orphelinat d'Esther, le verset lu lebayit plutôt que lebat, les sept jeunes filles qui lui servent de calendrier du Chabbat, la question de ce qu'on lui faisait manger, et les quatre tentatives d'Ahachveroch pour lui faire dire de quel peuple elle vient.
13b22 segments · 27 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La chaîne de la tsniout de Rachel à Esther, la conduite d'Esther au palais, le complot de Bigtan et Térèch, et le remède créé avant la plaie : l'ascension de Haman et son plaidoyer devant Ahachveroch
Le folio s'ouvre sur le verset d'Iyov « Il ne détourne pas ses yeux du juste », lu comme le récit d'une récompense transmise : la retenue de Rachel, qui remet à Léa les simanim convenus avec Yaakov, lui vaut de faire sortir d'elle Chaoul ; la retenue de Chaoul, qui tait à son oncle la parole de royauté de Chmouel, lui vaut de faire sortir de lui Esther. Rabbi Elazar en tire une règle générale sur la grandeur accordée aux descendants et sur son retrait en cas d'orgueil. La suite décrit la conduite d'Esther au palais : elle montre son sang aux Sages et se trempe avant de retourner auprès de Mordekhai. Vient ensuite le complot de Bigtan et Terech, deux gardes tarsiens qui parlent leur langue devant un membre du Sanhédrin connaissant les soixante-dix langues ; leur répartition des postes de garde fournira la preuve du complot. Rava lit l'élévation de Haman comme la suite immédiate de cet épisode : le Saint béni soit-Il avait déjà créé le remède avant la plaie, et Rech Lakich en fait une règle qui distingue Israël des nations. Le folio se poursuit par le sort tombé sur Adar, mois de la mort de Moche et aussi de sa naissance, puis par le plaidoyer de Haman devant Ahachveroch, construit comme une réponse point par point à toutes les objections possibles du roi. Rech Lakich montre que les chekalim d'Israël, annoncés le premier Adar, précèdent les dix mille kikar de Haman ; le folio s'interrompt sur la réponse du roi, « l'argent t'est donné ».
14a22 segments · 20 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Le retrait de l'anneau vaut mieux que quarante-huit prophètes : pourquoi on lit la meguila et pourquoi on ne dit pas le Hallel, le compte des prophètes d'Israël, et les sept prophétesses depuis Sara jusqu'à Avigail
Le folio s'ouvre sur le mashal du tertre et du fossé, qui explique pourquoi Ahachveroch a donné son anneau à Haman sans réclamer d'argent : les deux hommes voulaient la même chose. De ce retrait d'anneau, Rabbi Abba bar Kahana tire une formule célèbre : il a ramené Israël au bien plus sûrement que quarante-huit prophètes et sept prophétesses. La baraita qui donne ce compte enseigne aussi que les prophètes n'ont rien retranché ni ajouté à la Tora, sauf la lecture de la meguila ; la Guemara cherche alors le raisonnement qui les y a autorisés, un kal vahomer de l'esclavage à la liberté jusqu'à la mort à la vie, puis demande pourquoi on ne dit pas aussi le Hallel, et donne trois réponses successives. La suite vérifie le compte des prophètes à partir du verset d'Elkana, puis égrène les sept prophétesses : Sara, Miriam, Dévora, Hanna, Avigail, Houlda et Esther, avec pour chacune le verset et sa lecture. Le folio s'interrompt au milieu du dialogue halakhique entre Avigail et David.
14b13 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La fin du plaidoyer d'Avigail devant David, les deux damim, puis les prophétesses Houlda et Esther : pourquoi Houlda a prophétisé du vivant de Yirmeyahou, et de qui elle descendait
Le folio achève le dialogue d'Avigail et de David commencé en 14a. David tient Naval pour un rebelle contre la royauté, donc justiciable sans les égards ordinaires ; Avigail lui oppose que Chaoul est encore vivant et que sa royauté à lui n'est pas encore connue dans le monde. David la bénit de l'avoir retenu de venir badamim, au pluriel, et la guemara lit dans ce pluriel deux dangers écartés le même jour. La dernière parole d'Avigail, où elle demande à David de se souvenir d'elle, donne lieu à deux dictons populaires rapportés par Rav Nahman. La suite reprend la liste des sept prophétesses de 14a et traite de Houlda. Trois questions sont posées : comment prophétisait-elle du vivant de Yirmeyahou, pourquoi Yochiyahou l'a consultée plutôt que lui, et que faisait Yirmeyahou pendant ce temps. Rabbi Yo'hanan répond qu'il était parti ramener les dix tribus, ce qu'il établit à partir d'un verset de Ye'hezkel sur le yovel. Vient ensuite Esther, dont le verset elle revêtit la royauté est lu par guezera chava comme le revêtement du roua'h hakodech. Le folio se clôt sur la généalogie de Houlda : Rav Nahman la rattache à Yehochoua, une baraita et Rabbi Yehouda la rattachent à Rahav ; la conclusion joint les deux traditions, Rahav s'étant convertie et ayant épouse Yehochoua, qui n'eut que des filles.
15a22 segments · 22 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Ce que le nom d'un prophète révèle, l'identité de Malakhi, et la lecture des versets d'Esther depuis le cri de Mordekhai jusqu'à la série de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina
Le folio s'ouvre sur la fin du compte des prophètes : puisque les pères figurent eux aussi dans la liste, la Guemara demande d'où l'on sait qu'ils étaient prophètes, et répond par la règle d'Oula, qui lit la manière dont l'Écriture nomme un prophète comme une information sur son père et sur sa ville ; une baraita étend le procédé à la justice et à la méchanceté héritées. Vient ensuite l'identité de Malakhi : Rav Nahman l'identifie à Mordekhai, ce que la baraita des prophètes de la deuxième année de Darius réfute, puis une autre baraita l'identifie à Ezra, identification que Rav Nahman soutient par le rapprochement des mariages avec des femmes étrangères. La Guemara passe alors aux quatre femmes d'une grande beauté et à ce qui, chez chacune, éveillait le désir, avant de revenir aux versets de la meguila : le cri de Mordekhai, le tremblement d'Esther, l'identité de Hatakh, le message qu'elle envoie, la décision d'aller chez le roi de son plein gré et ce qu'elle en conclut pour elle-même. Le folio se termine par une longue série d'enseignements de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina, de l'esprit de sainteté dont Esther se revêt jusqu'à la phrase de Haman sur tout ce qui ne vaut rien pour lui, où le texte s'interrompt au milieu de la formule de Rav Hisda.
15b22 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La couronne des justes, la prière d'Esther dans la cour du roi, les douze raisons de l'invitation de Haman, et la nuit où le sommeil du roi s'enfuit
Le folio s'ouvre sur la fin de l'opposition entre Mordekhai et Haman commencée en 15a : l'un vient de l'héritage d'un riche, l'autre de celui d'un pauvre, et Rav Papa rappelle le sobriquet de l'esclave vendu pour des miches de pain. Vient ensuite une série de derachot de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Hanina sur Yechaya 28 : Hachem sera une couronne sur la tête de chaque tsadik, mais seulement pour celui qui se tient pour un reste ; les cinq expressions du verset suivant sont appliquées à celui qui juge son yetser, au juge droit, à la guerre de la Torah et aux talmidei hakhamim. La midat hadin objecte alors qu'Israël aussi a fauté. Le folio revient ensuite au récit de la Meguila : Esther entre dans la cour, la Chekhina se retire d'elle à la salle des idoles, elle récite le psaume 22 ; trois anges la secourent et allongent le sceptre, dont la mesure fait l'objet de six avis. Le cœur du folio est la baraita des raisons pour lesquelles Esther a invité Haman à son festin : douze avis de tanaim et d'amoraim, qu'Eliyahou tranche en disant qu'elle a agi selon tous. Suivent les comptes des fils de Haman, puis l'ouverture du retournement : le sommeil du roi s'enfuit, le raisonnement nocturne d'Ahachveroch en trois temps, et les chroniques qui se lisent d'elles-mêmes.
16a24 segments · 21 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Le retournement : de l'écrit effacé et réécrit dans les chroniques jusqu'à la pendaison de Haman, lu verset par verset
Le folio poursuit la lecture midrachique de la meguila, depuis la nuit blanche d'Assuérus jusqu'à la pendaison de Haman. Il s'ouvre sur l'écrit des chroniques que Chimchi efface et que Gavriel réécrit, d'où Rabbi Chila tire un kal va-homer sur ce qui est écrit en haut. Vient ensuite la scène centrale du renversement : Haman entre pour demander la pendaison de Mordekhai et repart chargé de l'honorer ; il le trouve enseignant les lois de la kemitsa, attend la fin de sa prière, puis doit le baigner, le raser et lui servir de marchepied. La parade passe devant la maison de Haman, sa fille se méprend, jette le vase d'aisance sur son propre père et se tue. Zérech et les sages lisent alors le nom des Juifs : quatre tribus contre lesquelles Haman ne peut rien, et un double verbe de chute qui mesure la distance de la poussière aux étoiles. Le folio se termine au festin : la plainte d'Esther, le double « il dit » de Rabbi Abahou, la main déviée par un ange, la colère du roi au jardin, Harvona qui dénonce le gibet, les deux apaisements de la fureur, et l'ouverture sur les cinq vêtements de Binyamin.
16b20 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 4 schémas
Les cinq vêtements de Yossef et la couronne de Mordekhai, la lumière retrouvée d'Israël, la pendaison des dix fils de Haman, et la primauté de l'étude de la Torah
Le folio achève la longue derasha aggadique sur la maison de Yaakov puis revient au texte de la meguila. Il s'ouvre sur les cinq habits donnés à Binyamin, lus comme une allusion à Mordekhai sortant de devant le roi en vêtement royal, et enchaîne sur une série de derachot de Rabbi Elazar et de Rabbi Binyamin bar Yefet concernant Yossef et ses frères : les pleurs sur les sanctuaires futurs, l'absence de rancune, le vin vieux envoyé à Yaakov, le renard en son heure et les dix lampes. Vient ensuite l'explication du verset « les Juifs eurent lumière, joie, allégresse et honneur », décodé par Rav Yehouda en quatre mitsvot que Haman avait interdites. Le daf traite ensuite des règles de lecture et d'écriture liées aux dix fils de Haman : une seule respiration, le vav allongé de Vayzata, et la mise en page en colonnes destinée à interdire tout relèvement. Il se clôt sur trois énoncés parallèles de Rav Yossef, de Rav et de Rabba, qui placent l'étude de la Torah au-dessus du sauvetage des vies, de la construction du Temple et de l'honneur du père et de la mère.