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Roch Hachana (Rosh Hashanah) — Traité complet

Feuilles d'étude interactives, 2a à 35a — 4 perakim, des quatre nouvel-ans au chofar de Yom Tov.
67 amudim · 1025 segments · 1298 gloses Rachi · 330 Tossefot · 191 schémas de synthèse

Perek 1 Arbaa Rachei Chanim — Les quatre nouvel-ans · 40 amudim

2a8 segments · 13 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
les quatre 'têtes d'année' : rois, dîme du bétail, années, arbre ; et pourquoi 1 Nissan sert à dater les actes
Ouverture du traité : la Michna énonce quatre Roch Hachana distincts. Le 1 Nissan est le nouvel an des rois (pour compter les années de règne et dater les actes) et des regalim (ordre des fêtes) ; le 1 Eloul, celui de la dîme du bétail (R. Elazar et R. Chimon disent : 1 Tichri) ; le 1 Tichri, celui des années, des chemitot et yovlot, de la plantation (orla) et des légumes ; le 1 Chevat, celui de l'arbre selon Beit Chamai, ou le 15 Chevat selon Beit Hillel. La Guemara demande en vue de quelle halakha on fixe le nouvel an des rois : Rav Hisda répond que c'est pour la datation des actes (chetarot), puisqu'un acte antidaté est invalide et un acte post-daté valide. Une baraita précise qu'un roi intronisé le 29 Adar achève déjà son an 1 dès l'arrivée du 1 Nissan, tandis qu'un roi intronisé le 1 Nissan n'entre en an 2 qu'au Nissan suivant.
2b13 segments · 20 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Nissan, Roch Hachana des rois : compter les années de règne et dater les contrats
Ce daf approfondit le principe de la michna : le 1er Nissan est le Roch Hachana des rois, et un seul jour de règne en fin d'année compte comme une année entière. La Guemara analyse une baraita à trois cas (un roi meurt, un autre lui succède en Adar, en Nissan, ou à cheval sur les deux mois) et explique la nouveauté halakhique de chacun, notamment le cas du 'roi fils de roi' déjà désigné dès Adar. Puis R. Yo'hanan cherche la source scripturaire : le verset qui juxtapose le règne de Chelomo (Salomon) à la Sortie d'Égypte (I Rois 6:1), ce qui suppose de prouver que la Sortie elle-même se compte depuis Nissan. La preuve vient de la mort d'Aharon (Av, an 40) et du discours de Moche (Chevat, an 40) : deux dates du même 'an 40' de part et d'autre de Tichri, donc Roch Hachana n'est pas Tichri. La sougya verrouille chaque maillon par guezera chava et par le repère 'après avoir battu Si'hon'. L'enjeu pratique est la datation des actes (chetarot) selon l'année de règne.
3a16 segments · 9 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Roch Hashanah 3a - la mort d'Aharon et le roi cananéen d'Arad, les quatre sens de KI, et le nouvel an des rois (Nissan pour Israël, Tichri pour les nations)
Le daf s'ouvre sur le roi cananéen d'Arad qui attaqua Israël : quelle nouvelle avait-il entendue ? La mort d'Aharon et le retrait des nuées de gloire, d'où le verset 'toute la communauté vit (vayirou) que mourut Aharon' que R. Abbahou relit vayeraou (ils furent vus/exposés), le KI signifiant ici 'car' selon les quatre sens du mot énoncés par Rech Lakich (im, dilma, ela, deha). Une baraita identifie Si'hon, Arad et Kenaan comme un seul et même personnage. La Guemara établit ensuite le cœur de la sougya : les années de règne des rois se comptent à partir de Nissan. Elle écarte tour à tour Iyar, Sivan, Tamouz, Av et Adar comme nouvel an, apporte la preuve de R. Elazar (Salomon, II Chron 3:2), répond aux objections de Ravina, puis cite une baraita conforme à R. Yo'hanan. Enfin Rav H'isda distingue : pour les rois des nations, on compte depuis Tichri, preuve tirée de Nehemie.
3b12 segments · 11 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Nissan ou Tichri : depuis quand compte-t-on les années des rois des nations ?
Suite de la sougya sur le point de départ du comptage des années de règne. La Guemara établit par une gezera chava sur l'expression 'la vingtième année' (chnat esrim) que le Kislev et le Nissan des récits de Nehemie relèvent d'une seule et même année du roi Artahchasta, le Kislev précédant le Nissan — preuve que l'année des rois des nations débute en Tichri. Rav Yossef objecte à partir des versets de Haggai et d'Ezra ; Rabbi Abbahou répond que Koresh (Cyrus), roi vertueux (kacher), fut compté comme un roi d'Israël (depuis Nissan). Une baraita identifie Koresh, Dariavech (Darius) et Artahchasta comme un seul et même roi. Enfin Rabbi Yits'hak concilie les versets contradictoires : on le comptait depuis Nissan avant qu'il ne 'tourne' (hehmits, devienne mauvais), et depuis Tichri après — objection de Rav Kahana à la clé (suite en 4a).
4a15 segments · 21 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Roch Hashanah 4a - Koresh a-t-il tourné (donations intéressées, la shegal-chienne) et le 1er Nisan comme Roch Hachana des regalim (bal te'aher)
Le daf poursuit l'examen de Koresh (Cyrus) : ses dons généreux au Temple prouvaient-ils sa piété, ou agit-il par intérêt ? La Guemara établit qu'il 'a tourné' (hé-hmitz) : il finance les korbanot pour qu'on prie pour lui, place une rangée de bois inflammable au bas du Temple en cas de révolte, s'unit à une chienne (la shegal) et finit par plafonner ses dons. Un long développement lexical explore le mot shegal (consort / chienne) à travers plusieurs versets. La deuxième moitié commente la michna : le 1er Nisan est Roch Hachana pour les regalim, ce qui importe pour le bal te'aher (interdiction de différer un vœu), selon R. Chimon qui exige trois fêtes de pèlerinage dans leur ordre, Pessa'h en tête.
4b16 segments · 10 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
bal teaher (ne pas tarder) : combien de fêtes, et le rattrapage de sept jours pour Chavouot
Ce daf poursuit la sougya de bal teaher, l'interdit de tarder à s'acquitter de ses vœux, offrandes et dons obligatoires (leket, chikhecha, pea) apportés au Temple. Une michna et une baraita opposent quatre positions sur le nombre de fêtes qui doivent passer avant la transgression : R. Meir (une seule fête), R. Eliezer ben Yaakov (deux), le Tana Kama et les Sages (trois), R. Chimon (trois mais dans l'ordre, Pessa'h en premier et Souccot en dernier). La Guemara établit l'assise scripturaire de chaque avis (Dt 12, Dt 16:16, Nb 29:39). Elle explique ensuite ce que R. Meir et R. Eliezer ben Yaakov dérivent du verset des trois fêtes : la règle de R. Ochaya selon laquelle Chavouot dispose de sept jours de rattrapage (tashlumin) de la hagiga, par analogie avec Pessa'h plutôt qu'avec Souccot — car le huitième jour (Chemini Atseret) est une fête distincte (acronyme PZR KCB), et selon le principe tefasta mouat tefasta (en cas de doute, retenir le petit nombre).
5a9 segments · 9 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
la lina après la fête, les tachloumin de Chavouot, et la place du pessa'h dans le bal te'aher
Le daf commence par la règle de la lina : de même que Pessa'h exige de passer une nuit de plus à Jérusalem avant de rentrer (verset 'et tu te tourneras au matin', Dt 16:7), Souccot l'exige aussi, par comparaison (hekech). La Guemara demande d'où le Tana Kama et Rabbi Chimon tirent que le korban de Chavouot dispose de sept jours de rattrapage (tachloumin) : de la dracha de Rabba bar Chmouel, qui compare le nouveau mois (sanctifié selon son unité de compte, le jour) à Chavouot (comptée par semaines, donc sanctifiée pour une semaine). Rava écarte l'objection qu'il n'y aurait qu'un seul jour : on compte aussi les semaines, et il est écrit 'Hag ha-Chavouot'. La sougya se tourne ensuite vers le bal te'aher (l'interdit de différer) : comment le pessa'h, dont le temps est fixé au 14 nissan, pourrait-il 'traverser trois fêtes' ? Rav Hisda répond qu'il est cité par entraînement (kedi nasba), Rav Chechet qu'il s'agit des chalmei pessa'h (offrande de paix issue d'un pessa'h perdu puis retrouvé), soumis eux aussi à l'interdit de différer.
5b16 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Roch Hachana 5b - le bal te-acher : ne pas tarder à acquitter vœux et offrandes ; sources scripturaires, exclusion des substituts, et le retard qui n-invalide pas l-offrande
Ce daf poursuit l-étude du bal te-acher (l-interdit de tarder à s-acquitter d-un vœu ou d-une offrande). Une beraita dérive de chaque mot de Deut 23:22 l-ensemble des obligations concernées : vœux et dons, consécrations pour l-entretien du Temple (damim, arakhin, haramim, hekdechot), offrandes obligatoires (hatat, acham, ola, chelamim), charité, dîmes, premier-né, et même les dons du pauvre (leket, chikhecha, pea). Le mot HOU ('l-acquitter LUI') exclut les 'substituts' (hiloufin) : la Guemara démontre par élimination qu-il s-agit du substitut d-une toda (action de grâces) mélangée à sa temoura, qui n-a plus de solution. Rav Chechet et Rava réinterprètent le cas pour qu-il vise un substitut réellement offrable. Enfin, 've-haya vekha het' enseigne que le retard met le péché dans l-homme, non dans l-offrande, qui n-est pas invalidée - point confirmé par le hekech (analogie) entre le premier-né et la dîme, selon Aherim.
6a19 segments · 16 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
bal te'aher : ne pas différer le paiement des vœux ; l'exégèse de 'motza sefatecha', neder contre nedava, la tsedaka et l'objection du petit des chelamim
Ce daf poursuit l'étude de l'interdit de bal te'aher (ne pas tarder à s'acquitter d'un vœu). On rattache d'abord la règle 'en toi il y a faute, non en ta femme' à l'exégèse de ben Azzai sur le mot 'oto' (le piggoul est visé par 'il ne sera pas agréé', non celui qui tarde son vœu). Vient ensuite une baraita qui démonté le verset 'ce qui sort de tes lèvres, tu garderas et tu feras' (Deut 23:24) mot à mot : mitsva positive, interdit, semonce au beit din, vœu, offrandes obligatoires, offrande libre, consécrations pour l'entretien du Temple, et tsedaka. La Guemara vérifie que chaque bribe apporte du neuf, distingue le neder (engagement personnel, responsabilité en cas de perte) de la nedava (animal désigné, sans responsabilité), et enseigne par Rava que la tsedaka oblige immédiatement (les pauvres sont toujours là) tandis que le korban ne transgresse qu'après trois regalim — mais un seul regel passé suffit déjà à violer une mitsva positive. Le daf s'achève sur une objection tirée du témoignage de Rabbi Papeyyas concernant le petit d'une offrande de chelamim.
6b18 segments · 22 Rachi · 11 Tossefot · 3 schémas
bal teaher : chana ou regalim, la date variable de Chavouot, et qui est tenu (héritier, femme, bekhor)
La sougya poursuit l'étude de bal teaher (l'interdit de tarder à apporter ses offrandes). Rava enseigne qu'une fois trois fêtes passées, on transgresse chaque jour. Une baraita fixe deux délais parallèles : une année sans trois fêtes, ou trois fêtes sans une année entière ; on transgresse dès que l'un d'eux est atteint. La Guemara cherche comment réaliser le cas rare d'une année sans trois fêtes, en s'appuyant sur la mahloket Rabbi / Sages sur le calcul de l'année (365 jours solaires contre douze mois lunaires) et sur la baraita de Rav Chemaya : Chavouot tombe le 5, 6 ou 7 Sivan selon que Nissan et Iyar sont pleins ou creux. Enfin, deux questions de Rabbi Zera : l'héritier est-il soumis à bal teaher (non : me-imekha l'exclut) et la femme (selon R. Zera, oui, car elle est tenue de la joie de la fête) ; puis, à partir de quand compte-t-on l'année du premier-né (bekhor) ?
7a21 segments · 23 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
le 1er Nissan, tête d'année pour les mois, les années bissextiles et le prélèvement des sicles
Le daf s'ouvre sur la fin d'une discussion sur l'animal défectueux (baal moum) et le bal te'ahèr, puis expose une baraita : le 1er Nissan est Roch Hachana pour quatre choses — le décompte des mois, les années bissextiles (ibbourin), le prélèvement des sicles (teroumat chekalim), et selon certains la location des maisons. La Guemara cherche la source scripturaire prouvant que Nissan est le premier mois : la voie de la Torah (mois de l'aviv, mois de la récolte) échoue sur l'objection 'rov n'est pas écrit', et Rabina conclut qu'on l'apprend des paroles de tradition (Prophètes et Écrits, où les noms des mois figurent avec leur rang). Elle explique ensuite que la Michna omet les mois et les ibbourin car elle traite des débuts d'année, non des mois ni des fins de période ; que 'ibbourin' désigne la fin de l'intercalation (jusqu'à Pourim ou tout Adar) ; et que le prélèvement des sicles se dérive par guezera chava chana/chana depuis Nissan. Enfin : les offrandes publiques du 1er Nissan, mitsva de les apporter de la caisse neuve, un particulier peut en faire don à condition de les transmettre au public.
7b17 segments · 31 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
le 1er Nissan pour les baux de maisons, R. Meir et le 1er Eloul pour la dîme du bétail, et pourquoi la michna ne compte que quatre chefs d'année
Fin de la sougya sur le 1er Nissan comme chef d'année des chekalim, puis la position 'certains disent' qu'il l'est aussi pour la location des maisons : celui qui loue 'pour cette année' voit son bail finir le 1er Nissan, car on loue pour toute la saison des pluies. La michna désigne ensuite le 1er Eloul comme chef d'année de la dîme du bétail (maasser behema) — c'est l'avis de R. Meir. Se pose alors la difficulté : la michna mélange R. Chimon (regalim) et R. Meir (maasser behema) ; Rav Yossef répond que c'est Rabbi qui enseigne selon des Tanaim divergents. Reste à expliquer pourquoi 'quatre' chefs d'année et non cinq : Rava ('quatre pour chacun'), Rav Nahman bar Yits'hak ('quatre mois'), puis Rav Papa et Rav Chicha proposent deux critères (prise d'effet dès le soir ; indépendance d'un acte) pour écarter le omer et les deux pains.
8a17 segments · 22 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
les quatre Roch H'achana selon Rav Achi, le dîme du bétail (Eloul ou Tichri) et les sens de 'Roch H'achana pour les années'
La Guemara achève d'expliquer pourquoi la michna ne compte que quatre Roch H'achana : selon Rav Achi, elle ne retient que les débuts d'année tombant à un Roch H'odech (d'où l'exclusion du omer et des deux pains), et le 1er Chevat n'est admis que par Beit Chamai. Puis vient la mahloket sur le Roch H'achana du dîme du bétail : R. Meir dit le 1er Eloul, R. Elazar et R. Chimon le 1er Tichri ; R. Yo'hanan montre qu'ils exégètent tous deux le même verset (Ps 65:14) sur la saison de conception des brebis, et Rava recentre le débat sur le heqech (analogie) entre dîme du bétail et dîme du grain. Enfin la Guemara sonde le sens de '1er Tichri, Roch H'achana pour les années' : les actes (Rav Papa), les rois des nations (Rav H'isda), la tekoufa des astres (R. Zeira, comme R. Eliezer : monde créé en Tichri), et le jugement (R. Nahman bar Its'hak), étayé par le verset 'Sonnez du chofar à la néoménie' (Ps 81:4).
8b12 segments · 17 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Roch Hachana jour du jugement, l'ordre du jugement (Israël, les nations, le roi), et le point de départ des années de chemitta et de yovel
Le daf achève d'établir que le 'jour couvert' (kesse) du verset des Tehilim désigne Roch Hachana, jour où 'c'est un statut (h'ok) pour Israël, un jugement pour le D.ieu de Yaakov' (Ps 81:5). Deux beraïtot en tirent que le tribunal céleste n'ouvre le jugement qu'après que le tribunal terrestre a sanctifié le mois, et qu'Israël est jugé avant les nations ; on rattache cela à Rav H'isda : le roi passe en jugement avant la communauté (pour ne pas attendre dehors, et avant que la colère divine ne s'intensifie du fait des fautes du public). La suite explique pourquoi le 1er Tichri est le Nouvel An des années de chemitta (guezera chava 'chana-chana' depuis Deut 11:12, une année sans mois déduite d'une année sans mois, non de Nissan). Enfin, le yovel : bien que le chofar sonne le 10 Tichri (Kippour), l'année se sanctifie dès le 1er Tichri selon R. Yichmael fils de R. Yoh'anan ben Beroka — d'où l'état intermédiaire des esclaves entre Roch Hachana et Kippour ; une autre beraïta borne cette sanctification à l'an 50 sans déborder sur l'an 51.
9a8 segments · 9 Rachi · 9 Tossefot · 2 schémas
l'année du Yovel, et d'où l'on tire l'obligation d'ajouter du profane au sacré (tossefet)
La sougya part de la question : l'année du Yovel (la 50e) doit-elle être comptée uniquement comme Yovel, ou aussi comme première année du cycle sabbatique suivant ? Les Rabbanan (loi retenue) l'excluent contre R. Yehouda, qui la faisait valoir 'pour ici et pour la-bas'. La Guemara demande ensuite d'où l'on apprend le principe général d'ajouter du profane au sacré (mo'ssifin me-hol al kodech, la tossefet). Une braita oppose R. Akiva et R. Ichmael sur le verset 'au labour et à la moisson tu chômeras' (Ex 34:21) : pour R. Akiva il vise le labour de la veille de chemita et la moisson qui la suit ; pour R. Ichmael il enseigne que la moisson interdite est facultative, excluant la moisson du omer qui est une mitsva. R. Ichmael tire alors la tossefet du verset de Yom Kippour ('vous vous affligerez le neuf au soir'), étendu au Chabbat et aux fêtes. Enfin la Guemara demande ce que R. Akiva fait de ce verset : il l'affecte à l'enseignement de Hiya bar Rav de Difti — celui qui mange et boit le neuf [Tichri] est crédité [comme s'il avait jeûné les deux jours].
9b13 segments · 16 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
les actes indispensables du Yovel (chofar, libération, retour des terres) et le Nouvel An des plantations (orla, cheviit)
Le daf poursuit deux sujets. D'abord le Yovel : une baraita oppose R. Yehouda (l'année reste Yovel même sans chemita ni tekia de chofar, mais la libération des esclaves, dror, est indispensable) à R. Yossi (le chofar est l'acte indispensable, car on peut vivre sans esclave à libérer mais pas sans chofar, et le chofar est confié au beit din). R. Yo'hanan rapporte qu'au-delà de ces deux Tanaim, les Sages exigent les trois actes ensemble. La divergence tient à la règle d'exégèse : le mot limitatif 'Hi' se lit-il sur ce qui précède (lefanav), sur l'avant-avant (lifnei fanav) et/ou sur ce qui suit (leaharav). La Guemara clarifie aussi que le Yovel vaut même hors de la Terre, quand il vaut en Terre. Ensuite, le Nouvel An des plantations : une gezera chava chana/chana fixe le comptage de l'orla à Tichri (et non à Nissan), et une baraita fixe la règle des trente jours avant Roch Hashanah pour qu'une plantation faite à la veille de la cheviit compte comme une année et puisse être conservée.
10a7 segments · 18 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
orla et rêva'i jusqu'au 15 Chevat, 'un jour dans l'année vaut une année', et le kal va-homer de Rava
Le daf poursuit la michna sur les Roch Hachana : pour un arbre, les années d'orla et de rêva'i se comptent jusqu'au 15 Chevat, si bien que des fruits noués après Tichri mais avant le 15 Chevat restent soumis à l'année précédente (parfois encore orla en 4e année civile, parfois encore rêva'i en 5e). R. Yo'hanan au nom de R. Yannai en tire la source du verset (Lévitique 19:23-25) grâce au vav de 'et la quatrième année' / 'et la cinquième année'. La Guemara demande si la baraita contredit R. Meir, qui tient 'un jour dans l'année vaut une année' (d'où un par à 24 mois et 1 jour, contre 24 mois et 30 jours pour R. Elazar) ; on répond que R. Meir ne le dit qu'à la FIN de l'année, non au début. Rava objecte alors par un kal va-homer tiré de la nidda : si le début du jour lui compte au commencement de sa période, à plus forte raison un jour doit-il compter au début d'une année.
10b10 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
un jour dans l'année compte pour une année : orla, néta et cheviit selon R. Meir et R. Eliezer, et la braita Tichri/Nissan
La Guemara poursuit le calcul du délai de plantation avant Roch Hachana : combien de jours faut-il pour la prise de racine (kelita) plus le décompte de l'année ? Elle montre que la braita ne peut suivre ni R. Eliezer (30+30), ni R. Yehouda (3+30), ni R. Yossei/R. Chimon (2 semaines +30), mais bien R. Meir, pour qui 30 jours servent à la seule kelita et un unique jour suffit à valider l'année (le 30e jour comptant des deux côtés). R. Yo'hanan enseigne que R. Meir et R. Eliezer dérivent tous deux leur règle d'un même verset (Gen 8:13, l'an 601 du déluge) : R. Meir lit 'un jour dans l'année = une année', R. Eliezer 'trente jours = une année' (via 'un jour = un mois'). De là, tous deux tiennent que le monde fut créé à Nissan. Le daf s'achève sur la braita aggadique de R. Eliezer : à Tichri le monde fut créé, les Patriarches naquirent et moururent ; à Pessa'h naquit Its'hak ; à Roch Hachana Sarah, Ra'hel et 'Hanna furent visitées et Yossef sortit de prison.
11a18 segments · 22 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Tichri ou Nissan ? Création du monde, naissance et mort des Patriarches, et les événements de Roch Hachana
Ce daf développe la mahloket entre Rabbi Eliezer (le monde fut créé en Tichri) et Rabbi Yehochoua (en Nissan), chacun apportant ses preuves scripturaires sur la création, la naissance et la mort des Patriarches. La Guemara harmonise les versets qui semblent contredire chaque avis (le verbe 'oce péri' comme bénédiction pour les générations ; les créatures créées dans leur pleine stature). Elle établit que les justes meurent le jour anniversaire de leur naissance, le Saint béni soit-Il complétant leurs années 'de jour en jour'. Elle prouve par élimination que Yits'hak naquit à Pessa'h (à partir de 'lamoed achouv eleikha'), en discutant la durée d'une grossesse à sept mois. Enfin, par des analogies verbales (guezerot chava) de 'pekida' et 'zekhira', elle situe à Roch Hachana la visitation de Sara, Rachel et Hanna et la sortie de prison de Yossef.
11b7 segments · 5 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Nissan ou Tichri : le mois de la délivrance future et le second mois du Déluge (constellation Kima)
La baraita poursuit l'énumération des événements liés au mois de Tichri (Roch Hachana) : Yossef sort de prison ('edout bi-Yhossef', Ps 81) et la servitude de nos pères en Égypte cesse (gezera chava sur le mot 'fardeau', sevel). Vient ensuite la grande mahloket sur le mois de la délivrance future : le tana anonyme (R. Eliezer) l'attend en Tichri (gezera chava chofar / chofar), tandis que R. Yehochoua l'attend en Nissan, 'nuit gardée' (leil chimourim) depuis les six jours de la Création. Chacun suit sa ligne (azdou le-taamayhou) quant au mois de la Création, ce qui commande la lecture du 'second mois' du Déluge (Gn 7:11) : 17 Iyar pour R. Yehochoua, 17 Mar-Hechvan pour R. Eliezer. Le daf explique le mécanisme astronomique de la constellation Kima (les Pléiades) et le miracle inverse par lequel le Saint béni soit-Il ôta deux étoiles pour ouvrir les vannes du Déluge.
12a10 segments · 16 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Roch Hashanah 12a - la date du Déluge (R. Eliezer vs R. Yehochoua), les eaux brûlantes, et le 1er Tichri comme Roch Hachana des légumes, dîmes et vœux
La sougya poursuit la controverse entre R. Eliezer (monde créé en Tichri) et R. Yehochoua (monde créé en Nissan) appliquée à la date du Déluge : que signifie 'le second mois' (Gen 7:11) et qu'est-ce que le Saint béni soit-Il 'changea' dans l'œuvre de la Création pour chacun ? R. Hisda enseigne que la génération du Déluge fauta par le bouillant (routhin, l'ardeur de la débauche) et fut jugée par le bouillant (des eaux brûlantes), via une guezera chava sur le verbe 'se calmer'. Une baraita distingue le comput des sages d'Israël (Déluge selon R. Eliezer, cycles solaires selon R. Yehochoua) de celui des nations. La seconde moitié du daf explique le 1er Tichri comme Roch Hachana pour les légumes (dîme rabbinique, qui suit la cueillette), les dîmes (grain, de-oraita) et les vœux, et pourquoi la michna et la baraita emploient tantôt le singulier tantôt le pluriel.
12b13 segments · 17 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Roch Hashanah 12b -- le nouvel an des dîmes et des vœux : quel dîme en 3e année, l'inaltérable maaser richon, l'année du vœu selon le langage courant, et le stade du 'tiers' pour le grain et les olives
La sougya poursuit les différents 'nouvels an' du 1er Tichri. D'abord les dîmes : dans le cycle de sept ans, la 2e année donne maaser cheni et la 3e maaser ani -- car le verset 'chenat ha-maaser' (Deut 26:12) désigne une année où il ne reste qu'un seul des deux dîmes. La Guemara démontre que c'est le maaser cheni qui disparaît et non le maaser richon (au Levi), lequel ne s'interrompt jamais : R. Yehouda le déduit de 'ou-va ha-Levi', R. Eliezer ben Yaakov du hekech à la nahala (l'héritage sans interruption). Vient ensuite le nouvel an des vœux : celui qui s'interdit un bénéfice 'pour une année' compte douze mois de date à date, mais 'cette année-ci' finit au 1er Tichri, car pour les vœux on suit le langage courant. Enfin, à quel stade un produit appartient à l'année : le fenugrec dès qu'il germe pour la semence, le grain et les olives dès qu'ils atteignent le tiers de leur maturation (chlich), règle tirée du verset qui rattache la chemita à la fête de Soukot.
13a16 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
l'année d'un produit suit le premier tiers (chelich) de sa maturation ; la précision des mesures des Sages ; le omer de l'entrée en Terre d'Israël
La Guemara établit que l'année halakhique d'une récolte (pour orla, chviit, maaser) se détermine d'après le premier tiers (chelich) de sa maturation, atteint avant Roch Hachana. Preuve : le verset 'la fête de la récolte (assif) à la sortie de l'année' (Ex 23:16), où 'assif' est relu comme 'katsir' (moisson). R. Yirmeya doute que les Sages sachent distinguer le tiers du moins-que-tiers, puis se ravise grâce au omer que les Israélites offrirent en entrant en Terre du temps de Josue : ils surent choisir un grain n'ayant pas atteint le tiers en main non-juive, et l'orge mûrit en cinq jours car la Terre est 'terre du cerf' (erets tsvi). R. Hanina objecte que 'assif' désigne plutôt les déchets de l'aire (pour le toit de la souccah) et 'jette une hache' dans la preuve. La source réelle sera un remez : 'li-chlich' au lieu de 'là-chaloch' (Vayikra 25:21).
13b12 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Roch Hashanah 13b - l'année du dîme des légumineuses : enracinement, mélange (bila) et achèvement du fruit
Ce daf poursuit l'étude de ce qui fixe l'année du dîme (maaser) et de la Chemita pour les différentes cultures. Une michna enseigne que le riz, le millet, le pavot et le sésame suivent leur enracinement (hachracha) avant Roch Hachana. Rabba explique que ces légumineuses mûrissent par petites quantités (parkhin parkhin), d'où le risque de mélanger ancien et nouveau si l'on suivait la cueillette. Abaye objecte qu'on pourrait entasser et mélanger la récolte (tsavar goren) puis prélever selon la proportion - à quoi Rabba répond que les Sages tiennent ein bila (pas de mélange fiable pour les solides), contrairement à R. Chimon Chezouri qui tient yech bila. La sougya se conclut par l'enseignement de Shmuel : tout suit l'achèvement du fruit (gemar péri).
14a11 segments · 20 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
la triple règle de Chmouel (tserikha), l'année de dîme des légumes selon le verset baaspekha, et le Nouvel An de l'arbre au 1er Chevat
La Guemara achève d'expliquer pourquoi Chmouel devait énoncer ses trois règles distinctes sur la dîme des mélanges : chacune, prise seule, aurait laissé croire autre chose (tserikha). La règle de fond est que tout suit la maturation du fruit (gemar péri), et non le tiers de croissance. Une baraita oppose ensuite R. Yossi ha-Guelili et R. Akiva sur l'exégèse du verset 'quand tu engrangeras de ton aire et de ton pressoir' (Dt 16:13) : quel critère fixe l'année de dîme des légumes ? La différence pratique (nafka mina) porte sur les oignons stériles et le pois d'Égypte privés d'eau trente jours avant Roch Hachana. Enfin la Michna fixe au 1er Chevat le Roch Hachana de l'arbre (Beit Chammai) : la majorité des pluies est déjà tombée, même si la majorité de la saison reste à venir ; R. Akiva cueillit un etrog ce jour-là et y appliqua deux dîmes par doute.
14b11 segments · 19 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
le etrog entre l'arbre et le légume, et les deux dîmes de Rabbi Akiva
Le daf poursuit l'énigme de Rabbi Akiva qui, pour un etrog (cédrat), préleva DEUX dîmes. Première lecture : par doute entre Beit Chammai (nouvel an de l'arbre au 1er Chevat) et Beit Hillel (15 Chevat). Rabbi Yossi bar Yehouda propose une autre lecture : le doute portait sur la controverse entre Rabban Gamliel (le etrog suit la cueillette, comme un légume) et Rabbi Eliezer (il suit la floraison, comme un arbre pour tout). La Guemara demande si l'on peut cumuler deux rigueurs contradictoires (baraita sur Chammai et Hillel : cohérence exigée, sous peine d'être mécréant ou sot), et répond que le doute de R. Akiva portait sur sa tradition même de Beit Hillel. Elle harmonise ensuite les deux lectures (R. Hanina, Ravina), puis Rabba bar Rav Houna fixe le nouvel an du etrog pour le maaser au 1er Tichri, avant une objection tirée de R. Chimon ben Elazar.
15a14 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
l'etrog entre nouaison et cueillette : dîme, quinze Chevat et année sabbatique
Le daf poursuit la sougya de l'etrog, fruit hybride entre l'arbre (dont le Roch Hachana est le 15 Chevat, selon la chanata / nouaison) et le légume (dont l'année suit la lekita / cueillette). Rabba bar Rav Houna précise que pour R. Gamliel la dîme de l'etrog suit la cueillette, tout en gardant le 15 Chevat comme Nouvel An. On y traite de l'année embolismique (suivre la majorité des années, donc Chevat) et surtout du statut de l'etrog à cheval sur l'année sabbatique (chevi'it) : Rabba distingue exemption de maaser (dîme) et de bi'our (élimination) selon la nouaison, tandis que Rav Hamnouna tient l'etrog toujours rattaché à l'année de sa nouaison. Une baraita de R. Chimon ben Yehouda pose le principe 'grandi en obligation et cueilli en obligation', et la sougya se résout en une mahloket entre tannaim : Avtolmos (dîme selon la cueillette) contre les Sages d'Ousha (cueillette pour la dîme ET la chevi'it).
15b12 segments · 12 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
l'etrog (cueillette ou nouaison), le 15 Chevat des arbres, et le silence de R. Yo'hanan sur les caroubes
La sougya précise le statut de l'etrog : pour la dîme on suit la cueillette (lekita), comme un légume ; pour la cheviit, Avtolemos et les Sages d'Oucha divergent (nouaison vs cueillette), avec Rabba et Rav Hamnouna qui tiennent la nouaison. Cas concret : l'etrog de 6e année cueilli en 7e année — R. Yo'hanan et Rech Lakich le tiennent toujours de 6e année (soumis à la dîme, exempt du bi'our). Une baraita distingue ensuite les arbres à 'deux couvées' (comme les figuiers, où l'on suit la nouaison et le 15 Chevat) des arbres à une seule couvée (dattiers, oliviers, caroubiers, où l'on suit la cueillette). R. Yo'hanan atteste que le peuple suit R. Nehemia pour les caroubes ; Rech Lakich l'objecte des figues benot-choua'h et R. Yo'hanan se tait. R. Abba et R. Yossef les Cohanim analysent alors les trois réponses que R. Yo'hanan aurait pu donner (mahloket isolé vs majorité, simple usage vs interdit, dîme rabbinique vs cheviit de la Torah) et concluent en s'interrogeant sur le sens de son silence.
16a17 segments · 28 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
les quatre époques du jugement, quand l'homme est jugé, et le sens des offrandes du calendrier
La michna enseigne que le monde est jugé en quatre temps : la récolte à Pessa'h, les fruits de l'arbre à Chavouot, toutes les créatures à Roch ha-Chana (qui passent 'comme un troupeau'), et l'eau à Souccot. La Gemara précise que chaque récolte subit deux jugements (avant et après Pessa'h), d'où le conseil pratique d'Abaye de semer vite l'orge. Elle cherche ensuite l'auteur de la michna : ni R. Meir, ni R. Yehouda, ni R. Yossi (l'homme jugé chaque jour), ni R. Natan (chaque instant) — c'est l'école de R. Yichmael, la michna parlant du début du jugement. Suivent l'enseignement de Rav Hisda (le roi jugé avant la communauté), la raison de prier pour les malades, et un baraita de R. Akiva reliant l'omer, les deux pains, la libation d'eau et le chofar (avec Malkhouyot, Zikhronot, Chofarot et le souvenir de la ligature d'Its'hak) aux bénédictions et au jugement de chaque saison.
16b15 segments · 14 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
brouiller le Satan, les maximes de R. Yitzhak sur le jugement, et les trois livres de Roch Hachana
Le daf explique pourquoi l'on sonne le chofar assis puis debout : pour 'brouiller le Satan' (le-arbev et-ha-Satan), l'amour d'Israël pour la mitsva fermant la bouche de l'accusateur. Suit une longue série de maximes de Rabbi Yitzhak liées au jugement : l'année 'pauvre' à son début s'enrichit à sa fin ; l'homme n'est jugé que selon ses actes du moment ; trois choses rappellent les fautes (mur penché, prière scrutée, remise du jugement contre autrui) ; quatre choses déchirent le décret (tsedaka, cri, changement de nom, changement d'actes — et certains ajoutent le changement de lieu) ; et l'obligation d'accueillir son maître à la fête et de se purifier au regel. La sougya culmine sur l'enseignement de R. Kerouspedai au nom de R. Yo'hanan : trois livres s'ouvrent à Roch Hachana (justes, méchants, intermédiaires), les beinonim restant en suspens jusqu'à Yom Kippour, avec les supports scripturaires de R. Avin et de Rav Nahman bar Yitzhak, et la baraita de Beit Chammai sur le jour du Jugement.
17a16 segments · 29 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
le jugement du Grand Jour : justes, méchants, beinonim et hérétiques ; rav 'hessed qui penche vers la clémence
Ce daf poursuit la baraita de Beit Chammai et Beit Hillel sur le sort des âmes au jugement. Trois catégories principales : les justes scellés pour la vie, les méchants pour le Guehinnom, et les beinonim (moitié fautes, moitié mérites) qui font l'objet du débat : pour Beit Chammai ils descendent au Guehinnom, crient et remontent affinés ; pour Beit Hillel, le rav 'hessed (l'abondance de bonté divine) penche la balance vers la clémence et les en dispense. La Guemara distingue ensuite les fauteurs 'par leur corps' (crâne sans tefillin ; débauche), les hérétiques (minim, mossrot, apikorsim) jugés pour l'éternité, puis explique par quel mécanisme le Ciel penche la balance (kovech, nosse, maavir rishon rishon). Elle conclut par le grand principe : qui passe outre les offenses qu'on lui fait (maavir al midotav) obtient que le Ciel passe outre toutes ses fautes — illustré par le récit de Rav Houna fils de Rav Yehochoua rappelé du seuil de la mort.
17b19 segments · 14 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
les treize middot de miséricorde, la techouva qui déchire le verdict, et le pardon
Suite du développement sur le pardon divin : plusieurs maîtres (Rav Houna, R. Elazar, Ilfa) relèvent la même tension dans un verset — d'abord la rigueur (tzedek/émet), ensuite la bonté ('hessed) — car le monde ne subsisterait pas sous le seul droit strict. R. Yo'hanan enseigne que le Saint béni soit-Il S'est enveloppé comme un officiant et a montré à Moche l'ordre de la prière : lorsqu'Israël récite les treize attributs de miséricorde, Il pardonne ; une alliance (berit) garantit qu'ils ne reviennent pas à vide. La sougya demande ensuite si la techouva déchire un verdict déjà scellé (gzar din) : oui pour la communauté, non pour l'individu — la Guemara vérifie ce principe par la pluie décrétée à Roch Hachana et par le psaume 'ceux qui descendent en mer' (marqué de nun inversés). Enfin, la question de Bloroya la convertie sur l'apparente contradiction 'Il ne fait pas acception' / 'Il te sera favorable' : la parabole du roi distingue les fautes envers le Ciel (pardonnées) des fautes envers le prochain (à réparer d'abord), jusqu'à l'enseignement de R. Akiva. Le Ben Yehoyada (Ben Ich H'ai) déploie tout au long le sod : gematria des Noms, sens des nun inversés, tsitsit, guilgoul.
18a17 segments · 22 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
verdict et techouva (avant/après le gzar din, serment et maison d'Eli), les benei maron à Roch Hachana, et les six mois où sortent les messagers
La sougya poursuit le débat : le cri et la techouva peuvent-ils annuler un verdict déjà prononcé (gzar din) ? On distingue l'individu (mahloket entre R. Eliezer et R. Yitzhak) et la communauté, puis un verdict assorti d'un serment (irrévocable, comme celui prononcé contre la maison d'Eli, I Sam 3:14) d'un verdict sans serment (déchirable). Rava et Abaye enseignent que la faute de la maison d'Eli s'expie par la Tora (et les actes de bonté) — illustré par leurs propres longévités et par la famille de Jérusalem sauvée par R. Yo'hanan ben Zakkai. La sougya explique ensuite les 'dix jours' (de Roch Hachana a Kippour) via Naval, puis la michna : à Roch Hachana tous passent 'comme des benei maron', scrutés d'un seul regard. La dernière michna énumère les six mois où le Beit Din envoie des messagers annoncer le nouveau mois.
18b17 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
les quatre jeûnes de Zekharia, la mort des justes, et l'abrogation de Meguilat Taanit
Le daf explique le verset de Zekharia (8:19) qui nomme les quatre jeûnes à la fois 'jeûne' et 'allégresse et joie' : Rav Papa distingue trois états — paix (joie), persécution (jeûne obligatoire), ni l'un ni l'autre (facultatif) ; le 9 Av reste obligatoire car ses malheurs y furent redoublés. Suit la mahloket entre R. Akiva et R. Chimon sur l'identification des quatre jeûnes (le 10e = 10 Tevet, début du siège, pour Akiva ; = 5 Tevet, arrivée de l'annonce, pour Chimon qui ordonne aussi par les malheurs). On enseigne au passage que la mort des justes (Guedalia) équivaut à l'incendie du Temple. La seconde moitié débat de l'abrogation de Meguilat Taanit : Rav dit abrogée, R. Yo'hanan dit maintenue ; objections tirées de Hanoukka (jeûne refusé à Lod) et du 3 Tichri (abolition du Nom divin dans les actes), résolues en distinguant l'époque du Temple de celle qui a suivi sa destruction.
19a7 segments · 14 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
jeûne interdit la veille et le lendemain, divrei sofrim et le renforcement, et le décret de Rome annulé le 28 Adar
La Guemara affine les règles de Meguilat Taanit : pourquoi le 3 Tichri (jeûne de Guedalya) devait y être inscrit alors que, du temps du Temple, c'était déjà un jour de joie ? Rav répond : c'est pour interdire aussi la veille. On distingue alors deux régimes : les fêtes de la Torah (Chabbat, Roch H'odech) interdisent le jeûne seulement le jour même, car la Torah n'a pas besoin de renforcement (h'izzouk) ; les jours de Meguilat Taanit, d'ordre rabbinique (divrei sofrim), interdisent aussi la veille et le lendemain, pour éviter qu'on ne jeûne le jour de fête lui-même. Rav Achi ajoute que le jeûne de Guedalya relève des divrei kabbala, assimilés à la Torah. Enfin, Rav Tovi bar Matna objecte à partir du 28 Adar : ce jour rappelle l'annulation du décret romain interdisant Torah, circoncision et Chabbat, obtenue grâce au cri nocturne conseillé par une matrone ; comme il fut institué par Yehouda ben Chamoua, disciple de Rabbi Meir (donc après la destruction), Meguilat Taanit n'était donc pas annulée.
19b16 segments · 20 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
abolition de la Meguilat Taanit, messagers de Tichri, et le compte des deux Adar
La Guemara résout d'abord si la Meguilat Taanit (calendrier des jours de réjouissance où le jeûne est interdit) est abolie après la destruction du Temple : c'est une mahloket entre R. Meir (jamais abolie) et R. Yossei (abolie), et la halakha tranche qu'elle est abolie pour les jours ordinaires mais maintenue pour Hanoukka et Pourim. On explique ensuite pourquoi la michna fait sortir les messagers en Tichri alors qu'ils sont déjà sortis en Eloul : bien qu'Eloul n'ait jamais eu de jour ajouté depuis Ezra, il le pourrait, et 'mieux vaut fausser Roch Hachana que fausser toutes les fêtes' de Tichri. Le daf discute enfin le calendrier des années embolismiques (le second Adar, l'opinion de Rabbi), et rapporte les témoignages de R. Yehochoua ben Levi, R. Simaï et Rav sur la manière de fixer les deux mois d'Adar, jusqu'à la règle 'l'Adar accolé à Nissan est toujours court' envoyée à Mar Ouqva et objectée par Rav Nahman.
20a21 segments · 40 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
profaner le Chabbat pour la Néoménie, allonger Eloul, et intimider les témoins
La sougya demande pourquoi les témoins de la néoménie profanent le Chabbat pour Nissan et Tichri : si l'Adar qui précède Nissan est toujours défectif (29 jours), le tribunal connaît déjà la date et n'a pas besoin des témoins ; c'est donc que la mitsva est de sanctifier le mois 'sur le vu' (al ha-reiya) des témoins (Ex 12:2). Rav Kahana réfute cette lecture depuis la michna : du temps du Temple on profanait pour tous les mois, à cause du korban — donc Nissan et Tichri aussi profanent pour une autre raison. La Guemara passe ensuite au récit d'Oulla : on a allongé Eloul pour éviter deux jours chômés consécutifs (à cause des légumes selon Oulla, des morts selon R. Aha bar Hanina), un bénéfice surtout pour Babylone dont le climat est chaud. Enfin, on discute quand le beit din peut 'intimider' (aiyoum) les témoins : pour allonger un mois déjà vu, ou pour sanctifier tôt un mois non encore vu (R. Yehochoua ben Levi, R. Yo'hanan, Abaye, Rava et Rav Dimi qui enseigne l'inverse).
20b14 segments · 25 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
le sod ha-ibour : calculer la conjonction, 24 heures où la lune est cachée, réfuter les témoins, et nuit+jour du nouveau mois
La sougya passe de l'intimidation des témoins au calcul astronomique du calendrier. Chmouel se dit capable de fixer le calendrier de toute la Diaspora sans témoins, mais Abba père de R. Simlai lui montre qu'il ignore un point du 'sod ha-ibour' (le secret de l'intercalation) : la différence entre une conjonction (molad) survenue avant ou après midi. R. Zeira, monté en Eretz Israël, transmet deux enseignements : il faut que la nuit ET le jour appartiennent au nouveau mois, et l'on calcule la naissance de la lune (avant midi = visible le soir même). R. Nahman enseigne que la lune reste cachée 24 heures autour de la conjonction, réparties différemment entre Babylone (est) et Eretz Israël (ouest) ; l'enjeu pratique (nafka mina) est de réfuter des témoins impossibles (lakhouchéi sahadei). Enfin, on cherche la source scripturaire du principe 'nuit et jour du nouveau mois' (R. Yo'hanan vs Rech Lakich), et l'on conclut sur la règle du jour de fête supplémentaire en Diaspora : tout doute, on le rejette vers l'avant (le 15 et le 16, jamais le 14).
21a10 segments · 16 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
messagers du Beit Din, double jour de fête en diaspora, le Kippour douteux de Rava, l'embolisme selon l'équinoxe et le signe de la lune en mer
Ce daf poursuit la sougya du calendrier et de la sanctification du mois. Il commence par expliquer que deux mois consécutifs raccourcis font du bruit (kala), si bien que tout le monde le sait. Puis vient le récit de Levi arrivé à Babylone le 11 Tichri : il constate le décalage d'un jour du à l'allongement d'Eloul mais refuse de témoigner n'ayant pas entendu 'mekoudach' de la bouche du Beit Din. R. Yo'hanan institué que les lieux atteints par les messagers de Nissan mais non par ceux de Tichri doivent faire deux jours de fête (décret de Nissan à cause de Tichri) ; il s'irrite contre ses élèves qui n'ont pas corrigé la coutume locale. Rava jeûne deux jours à Kippour par doute et une fois cela se vérifie ; Rav Nahman reçoit tard la nouvelle du Kippour de la Terre d'Israël. Enfin, Rav Houna bar Avin transmet la règle d'embolisme selon l'équinoxe (l'aviv doit tomber dans Nissan, Dt 16:1), et Rav Nahman donne aux marins un signe astronomique — la lune 'pleine au jour' — pour brûler le hamets sans connaître la fixation du mois.
21b13 segments · 14 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
pour quels mois profaner le Chabbat, be-alil (clairement visible), et les cinquante portes de la Bina
La michna limite la profanation du Chabbat par les témoins de la néoménie à deux mois, Nissan et Tichri, car d'eux dépendent toutes les fêtes ; du temps du Temple on profanait pour tous les mois, à cause du sacrifice de Roch Hodech, jusqu'à ce que Rabban Yo'hanan ben Zakkai l'abolisse après la destruction. La Guemara concilie ce chiffre avec les six mois où sortent les messagers (Abaye : pour les autres mois ils partent dès le soir ; pour Nissan et Tichri, seulement après avoir entendu 'mekoudach'). On dérive le droit de profaner du verset 'que vous proclamerez en leur temps' (Lev 23:4) : on profane pour la proclamation, non pour l'observance. Une seconde michna oppose Tanna Kamma et Rabbi Yossi sur la lune 'clairement visible' (be-alil), d'où une digression : les cinquante portes de la Bina, dont quarante-neuf données à Moché, et le désir de Kohelet d'égaler Moché ou de juger sans témoins.

Perek 2 Im Einan Makirin — S'ils ne connaissent pas le témoin · 7 amudim

22a14 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
témoignage des proches sur la néoménie, témoins disqualifiés, et profanation du Chabbat pour la fixer
Le daf ouvre sur l'incident des quarante paires de témoins retenus à Loud : R. Yehouda innocente R. Akiva, l'auteur en étant Tséfer, chef de Guueder, destitué par Rabban Gamliel. La michna pose ensuite le débat sur le témoignage des proches pour la néoménie : les Sages les disqualifient (père et fils vont seulement pour se remplacer), R. Chimon les valide tous, appuyé sur 'lakhem' (Ex 12:2) — les Sages lisant plutôt 'témoignage confié aux grands de la génération'. Le cas de Toviya le médecin illustre la divergence Cohanim/Beth Din, et l'on tranche la halakha selon R. Chimon. Une seconde michna énumère cinq catégories de témoins disqualifiés (joueur de dés, usurier, coureur de pigeons, marchand de chevi'it, esclave) et la règle 'tout ce pour quoi la femme est invalide'. Le daf s'achève sur les mesures permettant de profaner le Chabbat pour aller témoigner du mois, fondées sur 'be-mo'adam' (Lv 23:4).
22b16 segments · 28 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
un ou deux témoins pour le mois, la ruse des Boethusiens, et la chaîne des feux (mechouot) vers la Diaspora
La Guemara demande si UN seul témoin suffit pour authentifier le témoin qui a vu la nouvelle lune : Rav Papa explique que le mot 'aher' (un autre) de la Michna désigne une AUTRE PAIRE de témoins, car l'authentification, étant un 'michpat' (jugement), exige deux témoins ; l'histoire de R. Nehorai qui alla seul témoigner à Oucha est résolue (un second témoin l'accompagnait ou l'attendait). Elle enseigne ensuite que toute chose 'destinée à être révélée' (comme la sanctification du mois) est crue même sur un seul homme, car nul ne ment sur ce qui se vérifiera. Vient le récit de la corruption des Boethusiens (Baytossim), qui louèrent deux faux témoins pour tromper les Sages sur le jour du mois (afin de fixer Pessa'h un Chabbat) : l'infiltré 'des nôtres' dévoila la ruse par une description grotesque de la lune et les 200 zouz noués dans son drap ; d'où l'ordonnance de n'accepter que des témoins connus. La Michna passe alors à la signalisation par feux (mechouot) allumés de sommet en sommet (mont des Oliviers, Sartava, Grofina, Havran, Bet Baltin) jusqu'à la Diaspora, abandonnée après la corruption par les Koutim (Samaritains) au profit d'émissaires ; la Guemara précise qu'on n'allumait que pour un mois déficient, par un décret de R. Zera.
23a14 segments · 27 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
le signal fiable des massuot, les dix espèces de cèdre, la récolte du corail, et les enseignements de Rabbi Yo'hanan
La Guemara achève la discussion sur les massuot (torches-signaux annonçant la néoménie) : on cherche un système d'allumage sans ambiguïté, et l'on conclut qu'on allume seulement après un mois creux (haser, 29 jours), Abaye écartant l'allumage 'après un mois plein seulement' à cause du chômage de deux jours qu'il imposerait au peuple. La Michna ayant parlé de perches de cèdre, la sougya recense les espèces de erez : Rav Yehouda en compte quatre, mais Rabba bar Rav Houna dix (sept du verset d'Isaie 41,19 + trois ajouts de Rav Dimi), dont l'almog (corail). Suit une description technique de la pêche au corail au fond de la mer et des trois ports (deux romains, un perse). Le daf se clôt sur trois enseignements aggadiques de Rabbi Yo'hanan (le retour à Jérusalem des bois pillés, celui qui étudie sans enseigner, et le châtiment des nations pour le sang de Rabbi Akiva et ses compagnons), puis la question sur Beit Baltin, poursuivie en 23b.
23b14 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
des flambeaux jusqu'à la Diaspora, la cour Beit Yaazek et l'examen des témoins de la néoménie
La Guemara achève la description de la chaîne de feux annonçant le nouveau mois : la 'Golah' visée est Pumbedita, où chacun montait sur son toit avec une torche, la ville entière paraissant un seul brasier ; R. Yo'hanan fixe huit parsaot entre chaque station (trente-deux au total), et Abaye explique que les routes se sont depuis bouchées (Osée 2:8). La michna décrit ensuite la grande cour de Jérusalem, Beit Yaazek, où les témoins de la néoménie se rassemblaient : Rabban Gamliel l'Ancien institua qu'ils puissent marcher deux mille coudées dans chaque direction, extension étendue à la sage-femme et aux sauveteurs. La guemara débat de la vocalisation du nom (Yaazek, terme noble, où Yazek, terme de souffrance). Enfin la michna expose l'examen des témoins sur la forme et la position du croissant, et R. Yo'hanan enseigne que le soleil n'a jamais vu l'échancrure de la lune ni de l'arc-en-ciel : 'Il fait la paix en Ses hauteurs' (Job 25:2).
24a20 segments · 18 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
examen des témoins de la néoménie, sanctification du mois (mekaddech) et le tableau des lunes de Rabban Gamliel
Fin de la sougya sur l'interrogatoire des témoins de la nouvelle lune : vers quel côté penche le croissant (nord ou sud du soleil), résolu selon la saison (été / hiver) et la trajectoire du soleil ; quel écart de hauteur (en mardeot, aiguillons de bouvier) est tolérable ; et quels témoignages sont irrecevables (lune vue seulement dans l'eau, une lanterne, les nuages, ou un croissant aperçu puis introuvable — peut-être un simple nuage rond). Vient ensuite la michna de la sanctification (kidouch ha-hodech) : le chef du beit din dit 'sanctifie' et le peuple répond 'sanctifie, sanctifie' — avec les versets sources et la mahloket (R. Elazar b. Tsadok, Palimo, R. Elazar b. Chimon) sur la nécessité de sanctifier quand la lune n'a pas paru à temps ; la halakha suit R. Elazar b. Tsadok. Enfin la michna du tableau des formes de lune que Rabban Gamliel montrait aux témoins profanes, et la question de l'interdit 'lo taassoun iti' (ne pas façonner l'image de Mes serviteurs célestes).
24b14 segments · 23 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
reproduire images et figures : menora, serviteurs célestes, visage humain, la bague à sceau, et le début de la michna des faux témoins de la lune
La sougya poursuit l'interdit de reproduire certains objets et figures. On ne fabrique pas de menora à sept branches (même en un autre métal), ni — pour R. Yossei b. Yehouda — en bois comme les Hachmonéens. De 'lo taasoun iti' (Ex 20:19), les baraitot déduisent qu'on ne reproduit pas les serviteurs célestes ; Abaye distingue l'étage supérieur du ciel (les quatre faces de la Merkava, interdites) de l'étage inférieur (soleil, lune, étoiles, permis à reproduire mais interdits à adorer), et lit 'iti' comme 'oti' pour interdire le seul visage humain. On explique alors les figures de la lune de Rabban Gamliel (faites par autrui, entouré d'une foule, en pièces détachées, ou pour apprendre), et la règle de la bague à sceau en relief ou en creux (soupçon d'idolâtrie). Le daf s'achève sur le début d'une nouvelle michna : deux témoins disent avoir vu la lune le matin à l'est.
25a16 segments · 22 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
l'autorité du tribunal sur le calendrier : Rabban Gamliel, Rabbi Yehochoua et Rabbi Dossa
Ce daf raconte le célèbre affrontement autour de la fixation du mois. Rabban Gamliel, le nassi, accepte des témoins de la néoménie que Rabbi Yo'hanan ben Nouri puis Rabbi Dossa ben Horkinas jugent menteurs (impossible de voir la lune si tôt). Rabbi Yehochoua approuve l'objection ; Rabban Gamliel lui décrète alors de venir avec son bâton et son argent le jour de Kippour selon SON propre calcul, pour affirmer l'autorité du tribunal. Rabbi Akiva le console par le triple 'otam / atem' (Lev 23) : la fête que le tribunal proclame vaut même s'il s'est trompé, même sciemment, même induit en erreur. Rabbi Dossa lui rappelle que tout tribunal légitime équivaut à celui de Moche (les 70 anciens anonymes). La Guemara ajoute la tradition astronomique de R. Gamliel (chemin long/court de la lune, lunaison de 29 jours et demi + 793 chalakim), l'épisode de Rabbi Hiya jetant une motte à la lune, et la ville d'Ein Tav où l'on sanctifiait le mois avec le signe 'David roi d'Israël est vivant et subsiste'.

Perek 3 Raouhou Beit Din — Le tribunal l'a vu · 8 amudim

25b19 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
le chef de sa génération, la fin du chapitre, et la sanctification du mois par le tribunal
Le daf achève la beraita sur l'autorité : le verset 'Moche et Aharon parmi Ses prêtres, Chemouel parmi ceux qui invoquent Son nom' (Ps 99:6) met sur un même plan trois figures moindres (Guidon, Chimchon, Yiftah) et trois géantes (Moche, Aharon, Chemouel), pour enseigner que même le plus léger des hommes, une fois nommé chef sur le public, doit être traité comme le plus grand ('le juge qui sera en tes jours', Deut 17:9). Rabban Gamliel embrasse Rabbi Yehochoua : heureuse la génération où les grands écoutent les petits. Le chapitre se clôt (Hadran). S'ouvre alors une nouvelle michna sur la sanctification du mois : trois cas de figure selon qui a vu la néoménie et s'il reste du temps avant la nuit. La Guemara analyse chaque clause, établit que la sanctification est un jugement (mishpat) qui doit se faire de jour, et discute s'il faut trois juges — Moche lui-même dut attendre Aharon (Ex 12) — avant d'ouvrir la question 'un témoin devient-il juge ?', qui se poursuivra sur 26a.
26a21 segments · 20 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
quel shofar est cachere : keren contre shofar, 'l'accusateur ne devient pas défenseur', et les mots rares éclairés par les langues
La michna enseigne que tous les shofarot sont valides sauf celui de la vache, parce qu'il est une 'corne' (keren) et non un shofar. Rabbi Yossi conteste : tout shofar est aussi appelé keren (Jos 6:5). La Guemara oppose R. Yossi et les Rabbanan sur les versets, puis apporte trois motifs d'invalidité de la corne de vache : ein katigor naassé sanigor — l'accusateur (l'or / le Veau d'or) ne devient pas défenseur (Oulla au nom de Rav Hisda) ; la corne faite de couches ressemble à deux ou trois shofarot (Abaye) ; et le simple fait qu'elle soit nommée keren. Le daf se clôt sur une série d'étymologies : R. Akiva, Rabbi et Rech Lakich rapportent des mots entendus en voyage (yovla, galmouda, kesita, kira, ninfi, sekhvi) pour éclairer des versets obscurs.
26b12 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
mots rares élucidés par le langage populaire, et le shofar de Roch Hachana : droit ou recourbé ?
La fin de la sougya des mots obscurs : des Sages ignorant le sens de certains mots de l'Écriture ou de la michna (kava = voler, seirugin = par intervalles, chaloglogot = pourpier, salseleha = fouiller la Torah, matate = balai, yehav = charge) l'apprennent de la bouche d'une servante de la maison de Rabbi ou d'un voyageur arabe. Puis débute le chapitre du shofar : la michna décrit le shofar de Roch Hachana (corne droite de bouquetin, bec plaqué d'or, deux trompettes) et celui des jeûnes publics (corne recourbée de bélier, argent). Yom Kippour du Yovel est assimilé à Roch Hachana pour la tekia et les berachot, mais Rabbi Yehouda distingue (Yovel = corne de yael). La Guemara rapporte R. Levi (recourbé à R.H. et Kippour, droit le reste de l'année) et dévoile la logique de la mahloket : faut-il, à Roch Hachana, se ployer (humilité) ou se redresser (élan vers le haut) ?
27a18 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 4 schémas
embouchure d'or, discerner deux sons (shofar et trompettes), Temple vs province, et 'ce jour, début de Ton œuvre'
Suite de l'analyse de la Michna sur le shofar de Roch Hachana. La Guemara demande comment une embouchure plaquée d'or peut être valide (Abaye : le placage n'est pas à l'endroit où l'on pose la bouche). Puis la grande question : peut-on discerner deux sons simultanés, celui du shofar et celui des deux trompettes ? On invoque zakhor et shamor dits en un seul énoncé divin ; après plusieurs réfutations (fin sans début, écho dans un puits, teqia prolongée), la conclusion est que deux sons d'un même émetteur sont indiscernables, mais de deux émetteurs distincts ils le sont — surtout quand la chose est chère (haviv), comme le Hallel ou la Meguila lus par dix. On explique ensuite pourquoi l'embouchure est d'or à Roch Hachana et d'argent aux jeûnes (honneur de la fête vs ménagement de l'argent d'Israël), puis que shofar et trompettes ensemble ne valent qu'au Temple (Ps 98:6). Enfin, Rav Chmouel bar Yitzhak sur la formule 'ce jour, début de Ton œuvre' selon R. Eliezer (monde créé en Tichri), et la Michna finale : un shofar fendu puis recollé, ou fait de fragments recollés, est passoul (invalide).
27b17 segments · 14 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
le chofar valide ou invalide : perforations, placage d'or, fentes, mesure, et le son entendu dans une fosse
Ce daf poursuit les règles de validité du chofar. La braita énumère ce qui le laisse kacher (long puis raccourci, gratté jusqu'à la peau) et ce qui le rend passoul (ajout de matière, placage d'or à l'appui de la bouche ou à l'intérieur, son modifié). On discute la perforation colmatée (mahloket Rabbanan/R. Nathan : dans son espèce ou hors de son espèce), et R. Yo'hanan précise la condition du 'reste majoritaire' selon deux versions. Rav Papa explique 'retourné' (hafkho) via le verset veha'avarta : le chofar doit être sonné dans le sens où il était porte sur la tête de l'animal. La sougya traite enfin de celui qui perce la corne dans sa 'masculinité' (zahrout, l'os), puis du son entendu dans une fosse (bor) : Rav Houna distingue celui qui se tient au bord (entend l'écho, ne s'acquitte pas) de celui qui se tient dans la fosse (entend le vrai son, s'acquitte). Le daf s'ouvre aussi sur l'intention (kavana) requise pour s'acquitter en entendant le chofar.
28a18 segments · 21 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
la tekia scindée, sonner avec un chofar interdit, et les mitsvot sans intention
Le daf poursuit la discussion sur celui qui entend le chofar depuis un puits : Rabba tient qu'entendre la fin (ou le début) d'une tekia suffit, car le puits reste un lieu d'obligation, contrairement à la nuit qui n'est pas du tout un temps de sonnerie. Abaye objecte, et la Guemara résout par des michnayot : on ne scinde pas une tekia (pesouke tekiata) et l'écho invalide ; en réalité Rabba parlait de celui qui sonne pour lui-même en remontant du puits. Vient ensuite la série de Rav Yehouda et Rava sur les chofars interdits (holocauste, sacrifice de paix, idolâtrie, ville dévoyée) : la clé est le principe mitsvot lav lehanot nitnou (les mitsvot n'ont pas été données pour le plaisir). Enfin, à partir du cas de celui qu'on a forcé à manger la matsa, Rava déduit que sonner sans intention (la-chir) rend quitte : les mitsvot ne requièrent pas la kavana.
28b25 segments · 21 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
les mitsvot exigent-elles la kavana ? Chofar entendu par hasard, bal tossif dans et hors de son temps
Ce daf poursuit le débat sur la kavana (intention) dans l'accomplissement des mitsvot. Rava soutient que 'les mitsvot n'exigent pas d'intention' (mitsvot einan tzerikhot kavana) : celui qui entend le chofar ou lit le Chema sans viser la mitsva s'acquitte néanmoins. La Guemara oppose plusieurs michnayot et baraïtot (celui qui lit pour corriger, celui qui passe derrière la synagogue, le sonneur et l'auditeur) puis les résout. Abaye objecte que, selon Rava, dormir dans la souka a Chemini Atseret devrait valoir des coups pour bal tossif ; Rava distingue alors 'dans son temps' (bi-zmano) et 'hors de son temps' (chelo bi-zmano). Le long développement sur la bénédiction des cohanim et l'aspersion des sangs mélangés (mahloket R. Eliezer / R. Yehochoua) sert à établir quand une mitsva reste 'dans son temps' toute la journée. Conclusion de Rava : s'acquitter n'exige pas la kavana ; transgresser bal tossif dans son temps non plus, mais hors de son temps oui.
29a18 segments · 13 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
l'intention dans la sonnerie du chofar, les mains de Moché, et qui peut acquitter autrui
Le daf poursuit le débat sur la kavana (intention) requise pour la sonnerie du choofar : le sonneur (machmia') doit-il viser l'auditeur pour l'acquitter ? La Guemara résout les objections en distinguant l'officiant (chalia'h tsibour), qui vise toute l'assemblée, du particulier, et ramène la question à une machloket de Tanaim. La Michna enseigne ensuite, à partir des mains de Moché (Ex 17) et du serpent d'airain (Nb 21), que ce n'est pas l'objet qui agit mais la soumission du cœur au Père céleste. Puis la baraita détaille qui est obligé et qui peut acquitter le public (motsi et ha-rabim) : kohanim, leviim, convertis, affranchis, tumtum, androgyne, demi-esclave demi-libre — avec le principe que celui qui n'est pas obligé n'acquitte pas autrui. Enfin, la règle d'arevut (garantie mutuelle) : pour toutes les bénédictions, même acquitté on peut acquitter autrui, sauf celles du pain et du vin, bénédictions de jouissance.

Perek 4 Yom Tov — Le jour de fête — le chofar · 12 amudim

29b16 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
béni pour autrui déjà acquitté, et sonner le chofar de Roch Hachana un Chabbat (du Temple aux tribunaux de Rabban Yo'hanan ben Zakai)
Fin du chapitre 'Ra'ouhou beit din' : la Guemara tranche si celui qui s'est déjà acquitté de la bénédiction du pain (matsa) ou du vin (kiddouch) peut encore acquitter autrui — Rav Papi le faisait pour ses métayers, donc oui, ces bénédictions sont des obligations (hova) et non de simples bénédictions de jouissance. S'ouvre ensuite le chapitre 'Yom tov chel Roch Hachana' : quand Roch Hachana tombe un Chabbat, on sonnait le chofar au Temple mais pas en province ; après la destruction, Rabban Yo'hanan ben Zakai institua qu'on sonne partout où siège un beit din. La Guemara établit que, selon la Torah, sonner est permis même Chabbat (le chofar est un savoir-faire, non une melakha), l'interdit venant du décret de Rabba (peur de porter quatre coudées dans le domaine public pour aller apprendre chez un expert). Enfin, l'incident des Bnei Betera à Yavne : Rabban Yo'hanan ben Zakai fait sonner puis clôt le débat par 'on ne réfute pas après l'acte'.
30a24 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
sonner le chofar de Chabbat (où et quand), et les décrets de Rabban Yo'hanan ben Zakkai (loulav, yom ha-nef)
La sougya précise la règle de Rav Houna sur le chofar sonné un Chabbat : à Jérusalem les particuliers sonnaient partout et à toute heure ; à Yavne, seulement 'avec le beit din'. Deux lectures s'affrontent : ve-im beit din = 'en présence du tribunal' (bifnei beit din), ou 'pendant la séance' (bizman beit din), étayées par des baraitot sur le yovel de Yom Kippour. Rabbi Zeira laisse en suspens (teïkou) le cas où les juges se sont levés sans encore partir. La michna passe ensuite aux décrets de Rabban Yo'hanan ben Zakkai après la destruction : prendre le loulav sept jours en province (zekher là-mikdach), et interdire le grain nouveau tout le jour de la 'tenoufa' du omer (yom ha-nef), de peur qu'un Temple soudain reconstruit ne fasse manger le hadach avant l'offrande du omer.
30b15 segments · 20 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
le hadach le jour du omer, la réception des témoins de la néoménie et le chant des Lévites
Le daf achève d'expliquer que R. Yo'hanan ben Zakai, en interdisant le hadach (nouvelle récolte) tout le jour où l'on brandit le omer (yom ha-nef), parlait selon la Tora (comme R. Yehouda : 'jusqu'au cœur de ce jour', ad ve-ad bikhlal), et non par décret rabbinique. La michna retrace ensuite l'histoire de la réception du témoignage sur la néoménie (edout ha-hodech) : d'abord tout le jour, puis, après un incident où les témoins tardèrent et où les Lévites se troublèrent dans le chant (chir), seulement jusqu'à minha ; après la destruction du Temple, R. Yo'hanan ben Zakai rétablit la réception tout le jour. La guemara demande en quoi consista le 'ratage' (kilkoul) des Lévites : les uns disent qu'ils ne chantèrent rien du tout, R. Zeira qu'ils chantèrent le psaume du jour ordinaire ; une baraita, citant 'un chant erroné', tranche pour R. Zeira. Elle détaille enfin quel psaume est dit à Roch Hachana au tamid, au moussaf et à minha, et le cas où Roch Hachana tombe un jeudi.
31a19 segments · 40 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
le psaume de chaque jour, les chants du chabbat au Temple, et les dix voyages de la Chekhina
Le daf poursuit sur le chir chel yom : R. Yehouda au nom de R. Akiva énonce le psaume que les Lévites chantaient chaque jour de la semaine, chacun évoquant l'œuvre du jour correspondant de la Création (jour 1 à 6), le septième étant le psaume du chabbat. R. Nehemia conteste la lecture 'à venir' du 7e psaume et le rapporte au repos passé ; leur divergence recoupe la mahloket de Rav Ketina et Abaye sur la durée du monde à venir. La Guemara détaille ensuite les chants du moussaf du chabbat (Haazinu découpée par le moyen mnémotechnique HaZYou LaKh), de la minha (Chirat ha-yam et Chirat ha-béer), et résout s'ils se disaient tous en un chabbat ou un par chabbat. Enfin, R. Yo'hanan enseigne les dix voyages (massaot) par lesquels la Chekhina quitta progressivement le Temple, appuyés sur des versets, et les dix exils correspondants du Sanhédrin, connus par tradition.
31b17 segments · 20 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
les six exils du Sanhédrin jusqu'à Tveria, et les neuf takanot de Rabban Yo'hanan ben Zakai
Le daf achève l'énumération des exils (gueliyot) successifs du Sanhédrin, de Yavne jusqu'à Tveria, la plus basse de toutes ; R. Yo'hanan enseigne que c'est précisément du point le plus bas que viendra le rachat. Une michna rapporte une takana de Rabban Yo'hanan ben Zakai (RYbZ) : les témoins de la néoménie ne se rendent qu'au lieu de réunion du beit din, même si le av beit din est ailleurs ; la guemara la distingue du cas monétaire (Amemar excommunie une femme qui ne l'a pas suivi à Mehoza, car 'l'emprunteur est esclave du prêteur'). La suite dénombre les neuf takanot de RYbZ : six dans notre chapitre, une au premier, et une dernière qui fait l'objet d'une mahloket entre Rav Papa (la vigne de quatrième année, kerem revai) et Rav Nahman bar Yits'hak (le ruban écarlate, lachon chel zehorit). Chacun réfute l'attribution de l'autre à RYbZ par des arguments de chronologie et de titre (maître vs collègue).
32a23 segments · 22 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
l'ordre des berakhot de Moussaf, où insérer Malkhouyot, et les dix versets de royauté
La michna oppose R. Yo'hanan ben Nouri et R. Akiva sur l'ordre des neuf berakhot de la amida de Moussaf de Roch Hachana et sur l'endroit où l'on insère Malkhouyot (versets de royauté) : selon R. Akiva, on la rattache à Kedouchat ha-yom afin d'y sonner le chofar, et telle est la halakha. La guemara établit ensuite par des versets l'origine des trois premières berakhot (Ps 29) et des trois séries Malkhouyot-Zikhronot-Chofarot (Lev 23:24), avec la controverse entre R. Eliezer et R. Akiva sur la lecture du verset. Elle discute du nombre minimal de versets (dix, ou trois, ou sept) et de leurs correspondances symboliques selon Rabbi, Rav Yossef et R. Yo'hanan : dix louanges de David, les Dix Paroles du Sinaï, ou les dix Enoncés de la Création. Enfin, la michna précise qu'on n'évoque aucun verset de châtiment, qu'on commence par la Torah et qu'on conclut par un Prophète.
32b26 segments · 15 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
quels versets pour Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot ; le second officiant sonne le chofar ; pas de Hallel à Roch Hachana ; le chofar un Yom Tov
La Guemara précise quels versets sont admis dans les dix versets de Royauté (Malkhouyot), de Souvenir (Zikhronot) et de Chofar (Chofarot) du Moussaf : on écarte tout verset de châtiment visant Israël, mais on admet ceux dirigent le châtiment contre les nations ; on écarte aussi le souvenir d'un individu. S'ensuit une longue mahloket entre Rabbi Yossei (lecture large) et Rabbi Yehouda (lecture stricte, exigeant une mention explicite de royauté ou de chofar) sur la manière de compter chaque verset — Ps 24, Ps 47, pekidot, zikhron teroua, trouat melekh, yom teroua. La Guemara vérifie qu'il existe assez de versets de royauté dans la Torah pour la position de R. Yossei (qui clôture par la Torah). Vient ensuite la michna sur l'officiant : le second (celui du Moussaf) sonne le chofar, mais le premier récite le Hallel ; la Guemara explique cette répartition par la persécution (chemad) et rappelle qu'à Roch Hachana on ne dit pas de Hallel, car le Roi siège pour le jugement. Enfin, la michna des interdits : pour un chofar de Roch Hachana tombant un Yom Tov, on ne transgresse ni interdit rabbinique ni interdit de la Torah, mais on peut y verser eau ou vin.
33a9 segments · 6 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
tailler le chofar à Yom Tov, femmes et enfants qui sonnent, semikha et éducation
La Guemara explicite la michna : on ne taille pas le chofar le jour de fête, ni avec un outil interdit par décret rabbinique (chevout : la faucille, outil inhabituel), ni avec un outil interdit par la Torah (le couteau, travail normal). On peut y verser de l'eau ou du vin pour éclaircir son son, mais pas de l'urine, par respect (Abba Chaoul). La michna enseigne qu'on n'empêche pas les enfants de sonner ; par inférence, on empêche les femmes — ce qui contredit une baraita. Abaye distingue : notre michna suit Rabbi Yehouda (les femmes sont dispensées et empêchées, sous peine de bal tossif), la baraita suit R. Yossei et R. Chimon (elles peuvent sonner à titre facultatif), comme dans la mahloket sur la semikha (imposition des mains) des femmes. Enfin, on s'occupe des enfants pour leur apprendre à sonner, même le Chabbat ; la Guemara résout une contradiction interne en distinguant l'enfant arrivé à l'âge d'éducation de celui qui n'y est pas encore.
33b14 segments · 21 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
l'ordre et les mesures des sonneries du chofar : teki'a, teroua, et la nature du son de teroua (gémissement ou plainte)
La fin de la sougya précédente distingue le mineur qui a atteint l'âge d'éducation (qu'on entraîne à sonner) de celui qui ne l'a pas atteint. La Guemara examine ensuite si celui qui sonne 'pour le chant' (li-chir) est acquitté, et si l'on s'acquitte en entendant celui qui sonne pour lui-même sans intention d'acquitter autrui (position de R. Zeira). La michna énonce alors l'ordre des sonneries : trois séries de trois sons (teki'a-teroua-teki'a), la mesure d'une teki'a égale à trois terou'ot, la mesure d'une teroua égale à trois yevavot (sanglots) ; et la règle qu'on ne coupe pas une teki'a en deux. La Guemara résout une contradiction sur la mesure de la teki'a (tanna de la michna vs baraita), puis pose la grande mahloket sur la nature de la teroua biblique : gémissement long (gnouhi ganah = chevarim) ou plainte brève (yelouli yelil = teroua), d'après le targoum de 'yom teroua' (yevava) et le cri de la mère de Sisra. Enfin, une baraita dérive des versets (Vayikra 25:9) que la sonnerie se fait au chofar, au Yovel comme à Roch Hachana, et qu'un son plein (pechouta) précède et suit la teroua.
34a24 segments · 25 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
le nombre et l'ordre des sonneries du chofar : trois teroua encadrées, la source des teqia, et le doute de R. Abahou
Le daf établit par exégèse le nombre de sonneries de Roch Hachana : trois séries de teqia-teroua-teqia, soit neuf sons, déduites de trois versets où figure le mot teroua, reliés entre eux et au Yovel par guezera chava sur le mot 'septième'. On démontre ensuite, à partir des trompettes du désert (Nombres 10), que teqia et teroua sont deux sons distincts, et qu'une teqia (son plein) précède et suit chaque teroua. Deux tanaim divergent sur le nombre de teroua d'ordre biblique (deux ou une), l'un tirant du verset 'Yom teroua' que le chofar se sonne de jour et non de nuit. Enfin, R. Abahou institué à Césarée l'ordre teqia-chevarim-teroua-teqia (TaCHRaT) pour lever le doute sur la nature de la teroua biblique — gémissement (chevarim) ou sanglot (teroua) — d'où nos trois séries TaCHRaT, TaChaT, TaRaT.
34b16 segments · 14 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
sonneries et bénédictions du chofar : indispensables ensemble, l'ordre des berakhot, le chever ir et le chalia'h tsibbour
La Guemara établit qu'on peut entendre les neuf sonneries (tekiot) de façon fractionnée, même étalées sur toute la journée, et confronte cela à la règle de R. Yoh'anan sur le Hallel et la Meguila (une interruption trop longue oblige à recommencer). Elle distingue l'avis propre de R. Yoh'anan de celui de son maître, illustre par l'épisode de R. Abbahou récitant le Chema dans des ruelles souillées. Puis une baraita pose le principe des Roch Hachana / Kippour : sonneries et bénédictions se bloquent mutuellement (l'ensemble est un tout indivisible), car le Saint béni soit-Il a demandé Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot. On y précise l'ordre des sonneries relativement aux bénédictions selon qu'il y a ou non un chever ir (assemblée), et l'on donne la priorité au lieu où l'on sonne sur celui où l'on bénit. Le daf s'achève sur la controverse entre Rabban Gamliel et les Sages : le chalia'h tsibbour acquitte-t-il aussi l'expert (baki) ? R. Yoh'anan rapporte que les Sages se sont ralliées, mais Rav et Rech Lakich soutiennent que la dispute demeure.
35a13 segments · 14 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
l'officiant acquitte-t-il le public ? Roch Hachana/Kippour, ordonner sa prière, et les gens des champs
Fin de la sougya (et du traité) sur la question : l'officiant (cheliah tsibbour) peut-il acquitter le public de son obligation de prière ? On résout une contradiction dans les propos de R. Yo'hanan : Rav Nahman bar Yitshak établit que celui qui concède à Rabban Gamliel (l'officiant acquitte tous) est R. Meir, tandis que les Rabbanane exigent que chacun prie pour lui-même. La Guemara demande pourquoi R. Meir ne concède que pour Roch Hachana et Kippour : ce n'est pas à cause des nombreux versets (malkhouyot/zikhronot/chofarot), car 'et dans Ta Torah il est écrit' en dispense, mais à cause du grand nombre de bénédictions, longues et peu connues. R. Elazar enseigne qu'on doit d'abord ordonner sa prière ; R. Abba le limite aux prières rares. Enfin, Rabban Gamliel n'exempte via l'officiant que les gens des champs, empêchés par le travail, non ceux de la ville. Le traité se conclut par le Hadran.
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