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Berakhot — Traité complet

Feuilles d'étude interactives, 2a à 64a — 9 perakim : le Chema, la Amida, les bénédictions sur les aliments, le zimoun et les bénédictions du quotidien.
125 amudim · 2749 segments · 3138 gloses Rachi · 501 Tossefot · 373 schémas de synthèse

Perek 1 MeEimatai — À partir de quand lit-on le Chema · 22 amudim

2a14 segments · 17 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le Chema du soir : ses bornes, et pourquoi le traité s'ouvre par la nuit
Ouverture du Talmud. La Michna fixe le début du Chema du soir à l'heure où les cohanim entrent manger leur terouma, et sa fin selon trois avis : fin de la première veille (R. Eliezer), hatsot (les Sages), lever de l'aube (Rabban Gamliel). L'épisode des fils de Rabban Gamliel revenant des noces sert à établir un principe général : partout où les Sages disent jusqu'à hatsot, la mitsva d'après la Torah tient jusqu'à l'aube, et hatsot est une clôture destinée à éloigner l'homme de la faute. La Guemara demande ensuite sur quoi le Tana s'appuie pour ouvrir par à partir de quand, et pourquoi il traite le soir avant le matin ; elle répond par le verset be-chokhbekha ou par l'ordre de la création. Le folio se clôt sur la formule les cohanim entrent manger leur terouma, qui enseigne au passage que le sacrifice expiatoire encore du ne fait pas obstacle à la terouma.
2b19 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Quand la nuit commence : ouva hachémech ve-taher et les seuils du Chema du soir
Le folio poursuit la recherche du point de départ du Chema du soir. Il achève d'abord l'exégèse du verset « ouva hachémech ve-taher » : Rabba bar Rav Chila montre par la forme grammaticale que « ve-taher » parle du jour qui se retire, non de l'homme qui se purifie ; en terre d'Israël, où cet enseignement n'était pas connu, la question est tranchée par une baraita qui donne pour signe la sortie des étoiles. La sougya confronte ensuite trois repères concrets du soir : les cohanim qui mangent la terouma, le pauvre qui mange son pain au sel, les gens ordinaires qui s'attablent. Une baraita à cinq opinions (Rabbi Eliezer, Rabbi Yehochoua, Rabbi Meir, Rabbi Hanina, Rabbi Ahai) oblige à distinguer la mesure du pauvre de celle du cohen et à établir que celle du pauvre est la plus tardive. Le folio se clôt sur l'échange entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meir au sujet de l'immersion des cohanim, qui repose sur deux définitions opposées du bein hachemachot.
3a15 segments · 17 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les trois veilles de la nuit et la ruine de Jérusalem
Le folio commence par liquider deux contradictions laissées ouvertes : Rabbi Meir contre Rabbi Meir, Rabbi Eliezer contre Rabbi Eliezer. La Guemara les résout en supposant deux disciples qui rapportent différemment le même maître, puis en retirant le début de la michna à Rabbi Eliezer. Elle passe ensuite à la fin du temps du Chema du soir : pourquoi Rabbi Eliezer dit-il « jusqu'à la fin de la première veille » plutôt que de donner une heure ? Réponse : il enseigne par là qu'il existe des veilles au ciel comme il en existe sur la terre. Une baraita décrit le Saint béni soit-Il qui rugit comme un lion sur chacune des trois veilles, avec ses signes terrestres — l'âne, les chiens, le nourrisson et la femme. La sougya cherche alors où placer ces signes, au début ou à la fin des veilles, et quelle en est la conséquence pratique. Le folio s'achève sur le récit de Rabbi Yossi entrant dans une ruine de Jérusalem, sa rencontre avec Eliyahou, les trois enseignements qu'il en tire, la bat kol qui gémit comme une colombe, et l'examen des trois raisons qui interdisent d'entrer dans une ruine.
3b32 segments · 27 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les trois raisons de la ruine, les veilles de la nuit et le lever de David
Le folio achève d'abord la sougya de la ruine : la beraita interdisait d'y entrer pour trois motifs (soupçon, effondrement, mazikin) et la Guemara construit pour chacun le cas où lui seul opère, en faisant varier l'âge de la ruine, le nombre et la qualité des entrants, et le lieu. Vient ensuite la mahloket de Rabbi et de Rabbi Natan sur le nombre de veilles de la nuit — quatre ou trois — appuyée d'un côté sur la veille du milieu de Guidone, de l'autre sur deux versets de Psaumes 119. La chaîne de transmission R. Zerika - R. Ami - R. Yehochoua ben Levi amène alors la règle sur ce que l'on peut dire devant un mort, avec ses deux versions. Le folio s'achève sur la nuit de David : à quelle heure se levait-il, ce que signifie nechef, comment il connaissait l'instant de minuit grâce à la lyre et au vent du nord, et la scène de l'aube où les sages réclament la parnassa du peuple et sont envoyés en campagne.
4a19 segments · 32 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
La 'hassidout de David : la harpe de minuit, les mains souillées et la crainte de la faute
Le folio achève la procédure royale de guerre (A'hitofel, le Sanhédrin, les Ourim veToumim, puis Yoav), puis revient sur le lever de David à minuit : Rabbi Zera soutient que Moche comme David connaissaient l'instant exact de minuit, et la Guemara doit alors expliquer à quoi servait la harpe et pourquoi Moche a dit « vers minuit ». Vient ensuite la grande sougya du verset « garde mon âme car je suis un 'hassid » : Levi et Rabbi Yits'hak proposent deux lectures de la 'hassidout de David, son lever nocturne ou son travail de juge aux mains souillées de sang, de chefir et de chilya pour rendre une femme pure à son mari. De là, une chaîne de trois générations qui se corrigent mutuellement dans la halakha : Méfivochet fait honte à David, et Kilav confond Méfivochet. Le folio se ferme sur une objection — David doutait de sa part dans le monde à venir — résolue par le principe « peut-être la faute en sera-t-elle cause », illustré par Yaakov et par la montée d'Ezra, avant le retour à la michna et à l'opinion des Sages.
4b28 segments · 21 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Berakhot 4b -- La haie des sages, la jonction de la gueoula à la tefila et le Chema du lit
Le folio achève d'abord la sougya du terme du Chema du soir : les sages tiennent en vérité comme Rabban Gamliel, mais ils ont fixé minuit comme haie protectrice, de peur que l'homme rentrant du champ ne s'endorme avant d'avoir lu et prie ; la beraita conclut par une menace de mort, dont la Guemara donne deux explications. Vient ensuite la grande mahloket entre Rabbi Yo'hanan, qui promet le monde à venir à qui joint la bénédiction de gueoula à la tefila du soir, et Rabbi Yehochoua ben Levi, pour qui les prières ont été instituées au milieu, entre les deux lectures du Chema ; leur désaccord est fondé tantôt sur un raisonnement au sujet de la délivrance d'Égypte, tantôt sur deux lectures du verset bechokhbekha ouvekoumekha. L'objection de Mar fils de Ravina, tirée de la bénédiction Hachkivenou, conduit au principe de la bénédiction prolongée. Le folio enchaîne sur la promesse attachée à Tehila léDavid dit trois fois par jour, sur l'absence du noun dans ce psaume, puis sur le rang comparé de Mikhael et de Gavriel mesuré au nombre de leurs vols. Il se ferme en revenant à son point de départ : même après la synagogue, mitsva de lire le Chema sur son lit.
5a24 segments · 28 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Les quatre armes contre le yetser hara, la Torah qui protège, et le grand traité des souffrances
Le folio quitte la question du chema sur le lit (le talmid 'hakham lui-même doit dire un verset de miséricorde) pour deux enseignements de Rabbi Levi bar Hama au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : l'échelle des quatre armes contre le mauvais penchant, tirée d'un seul verset des Psaumes, puis la lecture du verset des tables qui fait tenir dans le Sinaï les cinq étages de la Torah. Rabbi Yits'hak montre ensuite la force protectrice du chema du soir : une épée à deux tranchants, des mazikim qui s'écartent. Resh Lakich étend cette protection aux souffrances, Rabbi Yo'hanan l'objecte et déplace la règle : c'est la négligence de l'étude qui attire des souffrances laides. De là s'ouvre le grand traité des yissourim, cœur du folio : la procédure d'examen (pashpesh, puis bittul Torah, puis souffrances d'amour), la condition d'acceptation tirée du korban acham, la récompense, la mahloket sur ce qui mérite encore le nom de souffrances d'amour, et enfin leur fonction : elles décapent les fautes, comme le sel adoucit la viande. Le folio se ferme sur la baraita de Rabbi Chimon bar Yohai : trois dons acquis par la souffrance -- la Torah, la terre d'Israël et le monde à venir.
5b27 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Souffrances d'amour, visites au malade, et les soins d'Abba Binyamin
Le folio poursuit la discussion des souffrances ouverte en 5a. Rabbi Yo'hanan demande d'où l'on sait qu'enterrer ses fils expie les fautes, et un ancien le lui apprend au nom de Rabbi Chimon ben Yohai par une guezera chava. Rabbi Yo'hanan exclut ensuite les plaies (negaim) et les enfants du registre des souffrances d'amour, ce qui appelle deux objections et cinq réponses. Suivent trois scènes de chevet bâtie sur le même dialogue, où le malade refuse ses souffrances et se laisse relever par son visiteur, avec la maxime du prisonnier qui ne se libère pas lui-même. Le folio raconte ensuite comment les quatre cents jarres de Rav Houna tournèrent au vinaigre à cause de la part de sarments retenue à son métayer, et comment sa perte fut réparée. Il s'achève sur deux enseignements d'Abba Binyamin : la prière aussitôt au lever, le lit orienté du nord au sud, puis le sort de celui qui prie et sort sans attendre son compagnon.
6a25 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Les mazikim invisibles, la Chekhina à la synagogue, et les tefilin du Maître du monde
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya précédente : celui qui attend son compagnon à la synagogue mérite les bénédictions d'Isaie. Viennent ensuite les enseignements d'Abba Binyamin sur les mazikim : l'œil n'a pas reçu la permission de les voir, ils sont plus nombreux que nous, et le folio leur attribue la presse ressentie à l'assemblée d'étude, la fatigue des genoux, l'usure des vêtements. Deux procédés sont donnés, l'un pour les déceler, l'autre pour les voir, avec l'accident de Rav Bibi bar Abaye. Le cœur du folio est ensuite l'échelle de la Chekhina : dix qui prient, trois qui jugent, deux qui étudient, un seul, chaque degré tiré d'un verset, puis la guemara remonte l'échelle en demandant pourquoi chaque degré devait être énoncé. Le folio se ferme sur une longue aggada : le Saint béni soit-Il met les tefilin, et ce qui y est écrit est la louange d'Israël, répartie dans quatre boîtiers.
6b37 segments · 30 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
La constance à la synagogue, le lieu fixe de la prière, et où se trouve le salaire
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya des tefilin commencée en 6a, puis entre dans une longue série d'enseignements sur la synagogue et la prière. Celui qui a coutume de venir et qui manque un jour, Hachem s'enquiert de lui ; celui qui fixe un lieu à sa prière, le D.ieu d'Abraham l'assiste ; on sort de la synagogue à petits pas et on y entre en courant. Vient ensuite une série de sept sentences sur le point où se trouve réellement le salaire d'une chose : la course pour la deracha, la bousculade pour la kalla, le raisonnement pour la chemaata, le silence pour la maison de deuil. La sougya passe alors à celui qui prie derrière la synagogue, avec le récit d'Élie, puis à la double lecture du verset kroum zoulout : les choses hautes qu'on méprise, et la honte de celui qui dépend d'autrui. La dernière partie traite de l'heure des trois prières à partir d'Élie au mont Carmel, du devoir de réjouir le marié et des cinq voix, et se ferme sur la crainte du Ciel, la valeur d'un seul homme et l'obligation de saluer le premier.
7a36 segments · 18 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La prière du Saint béni soit-Il, la minute de colère, et les trois demandes de Moche
Le folio poursuit la série des enseignements de Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Yossi. Il s'ouvre sur la prière du Saint béni soit-Il, dont le texte est rapporté par Rav, puis sur le récit de Rabbi Ichmael ben Elicha entrant dans le Saint des saints et bénissant son Créateur, d'où l'on apprend à ne pas tenir pour légère la bénédiction d'un homme ordinaire. Vient ensuite une longue sougya sur la colère divine : on n'apaise pas quelqu'un en pleine colère, la colère du Ciel dure un rega, un cinquante-huit-mille-huit-cent-quatre-vingt-huitième d'heure, et Bilam seul savait viser cet instant. Suivent le signe du coq, l'épisode de Rabbi Yehochoua ben Levi qui renonce à maudire, et la cause de cette colère quotidienne : les rois qui se prosternent devant le soleil. Le folio passe alors aux trois demandes de Moche, à la grande question du juste qui souffre et du méchant qui prospère, aux trois récompenses gagnées au buisson ardent et au nœud des tefilin montré à Moche. Il s'achève sur la règle selon laquelle une parole de bien sortie de la bouche de D.ieu ne se rétracte pas, vérifiée sur la promesse faite à Moche et accomplie dans la descendance de Rehavia.
7b28 segments · 17 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
La série de Rabbi Chimon ben Yohai : nommer, remercier, provoquer, fixer sa place
Le folio ouvre une longue série d'enseignements de Rabbi Yo'hanan rapportés au nom de Rabbi Chimon ben Yohai. Il commence par Avraham, premier à appeler le Saint béni soit-Il du nom de Maître, mérite sur lequel Daniel s'appuiera dans sa prière. Vient ensuite Léa, première à rendre grâce, ce qui entraîne une suite d'explications de noms : Yehouda, Reouven, Rout, et la règle selon laquelle le nom est cause. La sougya centrale est halakhique : a-t-on le droit de provoquer les impies ? Une beraita l'autorise, Rabbi Yits'hak semble l'interdire, et le Talmud propose quatre résolutions successives. Le folio se termine sur la valeur de fixer un lieu pour sa prière, sur la supériorité du service de la Torah sur son étude, et sur le dialogue entre Rabbi Yits'hak et Rav Nahman qui ouvre l'enseignement poursuivi au folio suivant.
8a30 segments · 26 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La prière avec la communauté, les cinq lectures de lÉ'et metso et les quatre amot de la halakha
Le folio ouvre sur le temps de faveur : la prière de l'individu est agréée à l'heure où la communauté prie, et trois maîtres apportent chacun leur verset, avant qu'une baraita de Rabbi Natan n'assimile celui qui joint Torah, actes de bonté et prière publique à celui qui rachète D.ieu et Ses enfants d'entre les nations. Suivent les conséquences pratiques : Rech Lakich appelle mauvais voisin celui qui néglige la synagogue de sa ville, les anciens de Babel doivent leur longévité au fait d'aller tôt et tard à la synagogue, et Rav Hisda enseigne d'entrer la mesure de deux portes avant de prier. Le mot mets a du verset des Psaumes ouvre alors une longue sougya : cinq maîtres lisent lÉ'et metso de la femme, de la Torah, de la mort, de la sépulture et du lieu d'aisance, avec la baraita des neuf cent trois espèces de mort. Le folio s'achève sur la primauté de la halakha : depuis la destruction du Temple, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha, d'où la conduite d'Abaye, de Rabbi Ami et de Rabbi Assi, puis sur le respect du sefer Torah pendant la lecture publique et l'obligation d'achever chaque semaine sa paracha, deux fois le texte et une fois le Targoum.
8b23 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Achever sa paracha avec la communauté, les recommandations des maîtres à leurs fils, et les frontières du jour et de la nuit pour le Chema
Le folio achève la sougya du chenayim mikra ve-ehad targoum : même un verset de noms de lieux comme Atarot et Divon doit être lu, et celui qui achève ses sections avec la communauté voit ses jours prolongés. Rav Bivaï bar Abaye tente deux échappatoires, tout rattraper la veille de Kippour puis prendre de l'avance ; l'une et l'autre sont écartées, la première parce que le neuf Tichri est un jour de repas compté comme un jeûne, la seconde parce que la lecture doit suivre le rythme du tsibbour. Viennent ensuite deux séries de recommandations d'un père à ses fils : Rabbi Yehochoua ben Levi sur la paracha, les veridin et l'ancien qui a oublié son étude, puis Rava sur la découpe de la viande, le lit de l'aramitte et le passage derrière la synagogue, avec les cinq restrictions d'Abaye. Deux baraitot parallèles louent chacune trois conduites, celles des Mèdes selon Rabbi Akiva et celles des Perses selon Rabban Gamliel. Le folio revient enfin à la michna : la halakha est comme Rabban Gamliel, et deux baraitot de Rabbi Chimon ben Yohai examinent le statut de l'aube et du lever du soleil, ces zones où l'on peut lire deux fois le Chema et s'acquitter à la fois du jour et de la nuit.
9a29 segments · 18 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Jusqu'à l'aube : le Chema du soir, la barrière des Sages et la limite de la consommation du korban Pessa'h
Le folio achève la sougya des bornes de la nuit puis bascule sur le korban Pessa'h. Il résout d'abord la contradiction de la baraita de Rabbi Chimon au nom de Rabbi Akiva : le moment qui précède le lever du soleil est jour, et s'il est appelé nuit, c'est à cause de ceux qui dorment encore à cette heure ; Rabbi Yehochoua ben Levi tranche comme Rabbi Chimon, avec la réserve de Rabbi Zeira sur Hachkivenou et l'épisode des deux maîtres enivrés aux noces de son fils. Vient ensuite l'explication de la question des fils de Rabban Gamliel : ils demandaient si les Sages divergeaient réellement de leur père, ou s'ils avaient seulement posé une barrière pour éloigner l'homme de la faute. L'absence de la consommation du pessa'h dans la liste de la michna ouvre alors la grande mahloket entre Rabbi Elazar ben Azaria, qui la limite à minuit par une gezera chava sur « en cette nuit-là », et Rabbi Akiva, qui la prolonge jusqu'à l'aube par le mot « en hâte ». Le folio rattache ce débat à celui de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua sur les trois temps du verset du Deutéronome, puis à la lecture de Rabbi Abba : la délivrance commença le soir et la sortie eut lieu de jour, les deux maîtres divergeant sur l'identité de ceux qui se hâtèrent.
9b31 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le butin de la sortie d'Égypte, puis le début du temps du Chema du matin et la jonction de la gueoula à la tefila
Le folio achève la sougya aggadique sur la sortie d'Égypte : Hachem demande à Israël de réclamer aux Égyptiens or et argent pour qu'Avraham ne puisse pas dire que la seconde moitié de la promesse est restée lettre morte, et Israël répond par la parabole du prisonnier qui préfère sortir aujourd'hui les mains vides. Rabbi Ami et Rech Lakich décrivent l'Égypte vidée, un piège sans grain ou un abîme sans poissons, puis la guemara explique le double « Ehyeh » dit à Moche et le double « réponds-moi » d'Eliyahou au mont Carmel. La michna ouvre alors le chapitre du Chema du matin : on lit dès que l'on distingue le tekhelet du blanc, jusqu'au lever du soleil selon le tana anonyme, jusqu'à trois heures selon Rabbi Yehochoua. La guemara précise que la distinction porte sur les fils d'un même tsitsit, rapporte les repères de Rabbi Meir, Rabbi Akiva et des Aherim, et tranche : pour les tefilin comme les Aherim, pour le Chema comme les vatikin, qui achevaient la lecture au lever du soleil afin de joindre la gueoula à la tefila. Le reste du folio examine cette jonction : le témoignage de la sainte communauté de Jérusalem, l'objection de Rabbi Zera, la joie de Rav Berouna, puis la difficulté du verset « ה', ouvre mes lèvres » qui semble s'interposer, avec la réponse de Rav Achi. Le folio se clôt sur la place du verset « que les paroles de ma bouche soient agréées » et sur le compte des dix-huit sections des Psaumes.
10a32 segments · 19 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Berouria et la prière pour les méchants, l'exposition des semoukhin, les cinq mondes de David et la maladie de Hizkiyahou
Le folio poursuit l'exégèse des premiers psaumes et en tire une série de lectures aggadiques. Il s'ouvre sur la preuve que les psaumes 1 et 2 forment une seule section, encadrée par le mot achré, puis rapporte deux dialogues de Berouria, l'épouse de Rabbi Meir : contre son mari qui priait pour la mort des brigands du voisinage, elle lit le verset « que les fautes disparaissent » comme portant sur les fautes et non sur les fauteurs ; contre un min qui raillait le verset de la stérile, elle renvoie à la fin du verset. Vient ensuite la réponse de Rabbi Abahou sur l'ordre des psaumes : la juxtaposition de la section d'Avchalom et de celle de Gog et Magog répond à qui conteste la révolte d'un serviteur contre son maître. Le cœur du folio est la lecture de Rabbi Chimon ben Yohai sur les cinq « bénis, mon âme » de David, correspondant à cinq mondes traversés puis relus comme cinq traits communs au Saint béni soit-Il et à la nechama. Le folio s'achève sur le compromis que D.ieu établit entre Hizkiyahou et Yechaya, la maladie du roi, le reproche sur la procréation et la règle transmise depuis David : même l'épée sur le cou, l'homme ne se retient pas de demander miséricorde.
10b41 segments · 23 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
La prière de Hizkiyahou, les six actes du roi, la Chounamite et les règles de la tefila
Le folio poursuit la maladie de Hizkiyahou et sa prière. Il expose d'abord le mot kir (le mur) vers lequel le roi tourna sa face : les parois du cœur pour Rech Lakich, le mur de la Chounamite pour Rabbi Levi. De là sortent le kal va-homer du roi et la liste des six actes qu'il accomplit, trois approuvés par les sages et trois désapprouvés, avec la discussion sur l'intercalation de Nissan pendant Nissan. Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Yossi ben Zimra pose ensuite la règle du mérite : qui appuie sa demande sur son propre mérite est exaucé au mérite d'autrui, et inversement — Moche et Hizkiyahou en sont les deux illustrations. Le folio développe alors l'épisode de la Chounamite : la mahloket de Rav et Chmouel sur la chambre, ce qu'elle a perçu de la sainteté d'Elicha, la permission ou le refus de tirer profit d'autrui. Viennent enfin quatre enseignements de Rabbi Yossi bar Hanina au nom de Rabbi Eliezer ben Yaakov sur la tefila, puis le retour à la michna : jusqu'à quelle heure le Chema, le sort des berakhot au-delà de l'heure, et la michna de Beit Chamai et Beit Hillel sur la posture de la lecture.
11a27 segments · 22 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La raison de Beit Chamai, le hatan exempté par sa préoccupation, et le prix d'une pratique contraire à Beit Hillel
Le folio achève la mahloket du premier chapitre. La guemara demande d'abord pourquoi Beit Chamai n'expliquent pas le verset comme Beit Hillel, et répond que « quand tu te couches et quand tu te lèves » aurait pu s'écrire « le matin et le soir » : la formule choisie désigne donc une posture réelle. Il faut alors rendre à Beit Chamai le verset « et quand tu marches sur la route », que Beit Hillel utilisaient : il sert à exempter celui qui est occupé à une mitsva, et parmi eux le hatan qui épouse une vierge. La guemara construit cette exemption par étapes, définit la notion de tirda (préoccupation) et la limite à la préoccupation de mitsva, en s'appuyant sur l'endeuillé qui reste tenu à toutes les mitsvot sauf les tefilin. Une baraita rapporte ensuite l'incident de Rabbi Yichmael et Rabbi Elazar ben Azaria attablés ensemble, où la question de la posture devient une question de transmission devant les élèves. Trois amoraim évaluent enfin ce que vaut une pratique conforme à Beit Chamai : elle est valide pour Rav Ye'hezkel, nulle pour Rav Yossef, passible de mort pour Rav Nahman bar Yits'hak. La michna ouvre alors le sujet des bénédictions du Chema : deux avant et une après le matin, deux avant et deux après le soir, avec la règle générale sur la longueur et la conclusion des bénédictions.
11b23 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le texte des bénédictions du Chema, la bénédiction sur la Torah et la bénédiction unique du Temple
Le folio poursuit la sougya des bénédictions qui encadrent le Chema. Il commence par la formule de la première bénédiction du matin : pourquoi dire « qui crée l'obscurité » alors que l'on remplace « qui crée le mal » par « qui fait toutes choses » ? Rava répond qu'il faut mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour, et Abaye montre où cette mention se trouve le soir. Vient ensuite la seconde bénédiction, Ahava raba pour Chmouel, Ahavat olam pour les Sages. Comme cette bénédiction contient un élément de bénédiction sur la Torah, la guemara passe à la birkat haTorah : quand faut-il la réciter, et sur quel type d'étude ? Rav Houna, Rabbi Elazar, Rabbi Yo'hanan et Rava construisent une échelle à quatre degrés, du mikra jusqu'au talmud, et le témoignage de Rav Hiya bar Achi sur la pratique de Rav tranche en faveur de Rava. Trois formules sont alors proposées par Chmouel, Rabbi Yo'hanan et Rav Hamnouna, et la guemara conclut qu'on les dit toutes. Le folio se termine sur la michna de Tamid : le memounè faisait réciter aux cohanim « une seule bénédiction ». Laquelle ? Chmouel répond Ahava raba, Rabbi Zerika rapporte Yotser or au nom de Reich Lakich, et Rav Yits'hak bar Yossef montre que ce dernier propos a été déduit par inférence et non énoncé explicitement.
12a28 segments · 20 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Ouverture et clôture d'une bénédiction, l'abolition des Dix Paroles et la manière de s'incliner dans la prière
Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya précédente : si les cohanim du michmar récitaient « Ahava raba », l'inférence de Reich Lakich sur les bénédictions qui ne s'empêchent pas l'une l'autre s'effondre, et il faut alors la comprendre autrement, comme portant sur leur ordre. Vient ensuite la michna de Tamid qui mentionne les Dix Paroles : Rav Yehouda au nom de Chmouel rapporte qu'on avait voulu les réciter aussi hors du Temple, mais qu'on les a abolies à cause de la récrimination des minim ; deux Amoraim tenteront encore de les rétablir, sans succès. Le corps du folio pose alors une question qui traverse toute la matière des bénédictions : quelqu'un ouvre une bénédiction avec une intention et la clôt avec une autre — le corps de la bénédiction ou sa clôture ? Le cas est celui d'une coupe de bière prise pour du vin. Une baraita sur « Yotser or » et « Maariv aravim » semble trancher, mais la guemara montre qu'elle ne prouve rien, et la question reste ouverte. Le folio se termine sur deux enseignements de Rabba bar Hinena Sava au nom de Rav : l'obligation de dire « Emet ve-yatsiv » le matin et « Emet ve-emouna » le soir, puis la règle de la keria — on s'incline à « baroukh » et on se redresse au Nom.
12b28 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Les bénédictions des dix jours de techouva, la prière pour autrui, la honte qui expie, et pourquoi la section des tsitsit se lit la nuit
Le folio s'ouvre sur la manière dont Rav Chechet s'inclinait et se redressait, puis rassemble trois enseignements de Rabba bar Hinnana Sava au nom de Rav : la formule des bénédictions pendant les dix jours qui vont de Roch Hachana a Yom Kippour (HaMelekh hakadoch et HaMelekh hamichpat, contre HaKel hakadoch et Melekh ohev tsedaka oumichpat), l'obligation de demander miséricorde pour son prochain, et le pouvoir expiatoire de la honte éprouvée pour une faute. Ce dernier point est démontré par l'épisode du roi Chaoul qui, devant Chemouel, n'ose pas mentionner les Ourim veToumim parce qu'il avait tué Nov, la ville des cohanim ; deux preuves montrent qu'il fut pardonné. La sougya passe ensuite aux sections lues dans le Chema : pourquoi la section de Balak n'y a pas été insérée malgré le verset kara chakhav, et pourquoi celle des tsitsit y figure, avec ses cinq contenus. Le folio se clôt sur la michna de Rabbi Elazar ben Azarya et la controverse de Ben Zoma et des Sages sur le mot kol dans tous les jours de ta vie : les nuits, ou les jours du Machiah.

Perek 2 Haya Kore — Il était en train de lire · 9 amudim

13a37 segments · 27 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Fin des changements de nom, hadran du premier chapitre, et ouverture du chapitre Haya kore : kavana, interruptions et langue du Chema
Le folio achève d'abord la sougya des changements de nom ouverte au folio précédent : Yaakov garde son nom au second rang, Avram devient père du monde entier et Saray princesse pour tous, puis bar Kappara et Rabbi Eliezer font de l'appellation « Avram » une transgression, positive pour l'un, négative pour l'autre, avant que l'objection tirée de Nehemie soit écartée. Vient ensuite le hadran du chapitre Meemataï, puis la michna qui ouvre le deuxième chapitre : celui qui lisait la section du Chema dans la Torah au moment où l'heure de la lecture arrive s'acquitte s'il a dirigé son cœur ; suivent les règles d'interruption selon Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, la liste des coupures et l'ordre des trois sections selon Rabbi Yehochoua ben Korha. La guemara demande alors si la michna prouve que les mitsvot exigent une kavana, et se rabat sur le cas de celui qui lit pour corriger le rouleau. Elle s'achève sur la controverse entre Rabbi et les Sages : le Chema se dit-il tel qu'il est écrit, en langue sainte, ou dans toute langue ?
13b29 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Jusqu'où la kavana dans le Chema : du premier verset à la section entière, prolonger le mot ehad, le Chema de Rabbi, et les salutations pendant la lecture
Le folio achève le débat sur l'étendue de la kavana (intention) dans la lecture du Chema. Rabbi Akiva tire de « que Je te commande aujourd'hui sur ton cœur » que toute la première section requiert l'intention, et Rabbi Yo'hanan tranche comme lui ; une autre version rapporte la même décision sur la baraita de Rabbi Aha au nom de Rabbi Yehouda. Une baraita oppose ensuite Rav Zoutra et Rabbi Yochiya sur le partage entre mitsva de lecture et mitsva d'intention, et la guemara réduit l'écart entre eux. Rabbi Meir limite l'intention au premier verset, et Rava tranche comme lui ; de là viennent les règles sur la prolongation du mot ehad (sur le dalet, sans escamoter le het), la station immobile jusqu'à « al levavekha », et le Chema de Rabbi Yehouda haNassi réduit à un seul verset lorsqu'il passait ses mains sur son visage. Le folio traite encore de celui que le sommeil terrasse après le premier verset, de l'interdiction de lire couché sur le dos (perakdan), puis revient à la michna sur les saluts échangés aux intervalles et au milieu des sections, avec la correction « hissourei mehassera » qui sépare Rabbi Meir de Rabbi Yehouda.
14a21 segments · 15 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Où l'on peut s'interrompre : du Chema au Hallel et à la Meguila, goûter pendant un jeûne, et l'interdit de saluer ou de vaquer à ses affaires avant la prière
Le folio s'ouvre sur la baraita qui confirme la lecture corrigée de la michna : pour Rabbi Meir la réponse au salut suit toujours le motif du salut, pour Rabbi Yehouda elle est plus large. De là, Ahai demande à Rabbi Hiya si l'on peut s'interrompre pendant le Hallel et la Meguila : le kal va-homer depuis le Chema, obligation de la Torah, contre le poids du persouméi nissa (publication du miracle) ; Rabba distingue les jours où l'individu achève le Hallel de ceux où il ne l'achève pas. Une question parallèle, posée par Achyan à Rabbi Ami, porte sur celui qui jeûne et goûte un plat : a-t-il pris sur lui l'abstention de manger, ou l'abstention de tout plaisir ? Le folio passe ensuite à la parole de Rav sur celui qui salue son prochain avant d'avoir prié — comme s'il en avait fait un bama (autel privé) — discutée par Chmouel, objectée par Rav Chechet depuis notre michna, puis restreinte par Rabbi Abba au cas où l'on se lève tôt pour aller à sa porte ; de même pour celui qui vaque à ses affaires avant la prière. Après une digression sur les sept nuits sans rêve, la guemara revient à la michna et tranche comme Rabbi Yehouda : on n'interrompt pas entre « Elokeikhem » et « Emet veyatsiv ».
14b25 segments · 29 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La jonction du Chema et de émet, la section des tsitsit le soir, l'ordre des trois sections, et le Chema lu sans tefilin
Le folio s'ouvre sur le mot émet (vérité) qui soude la fin du Chema à la bénédiction suivante : faut-il le dire deux fois ? Rabbi Yo'hanan dit oui, Rabba dit non, et le Roch tranche comme Rava. Vient ensuite l'usage de Terre d'Israël, qui abrège la section des tsitsit le soir puisque la mitsva des tsitsit ne vaut pas la nuit : Abaye objecte à partir de la règle de Rav — on ne commence pas, mais si l'on a commencé on achève — et l'on discute du mot qui constitue un commencement. La michna de Rabbi Yehochoua ben Korha sur l'ordre des trois sections est ensuite doublée par la baraita de Rabbi Chimon ben Yohai, qui classe les sections selon l'étude, l'enseignement et l'accomplissement. Le folio s'achève sur la conduite de Rav, qui lisait le Chema avant de mettre les tefilin, et sur la parole de Oulla : lire le Chema sans tefilin, c'est porter contre soi-même un faux témoignage.
15a26 segments · 21 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La royauté des cieux entière : se préparer avant la prière, puis la grande controverse sur « fais entendre à ton oreille » — Chema, terouma, birkat hamazon et Meguila
Le folio s'ouvre sur la fin de la parole de Rabbi Yo'hanan : celui qui veut recevoir le joug entier de la royauté des cieux se soulage, se lave les mains, met les tefillin, lit le Chema et prie. Rabbi Hiya bar Abba ajoute que l'Écriture le lui compte comme s'il avait bâti un autel et offert un sacrifice, sur le verset « je laverai mes mains dans la pureté et je ferai le tour de Ton autel ». De là, la guemara discute de la propreté des mains quand l'eau manque : la terre, un caillou ou un éclat de bois suffisent, et Rav Hisda maudissait celui qui court après l'eau à l'heure du Chema — pour la tefila, en revanche, on avance jusqu'à une parsa. La michna ouvre ensuite la sougya centrale du folio : celui qui lit le Chema sans le faire entendre à son oreille s'est-il acquitté ? Rabbi Yehouda dit oui, Rabbi Yossei dit non, et Rabbi Meir, dans la baraita citée à la fin, dispense même d'emblée. La guemara éprouve ces positions sur trois autres cas — le sourd qui prélève la terouma, celui qui récite le birkat hamazon dans son cœur, le sourd qui lit la Meguila — et rectifie plusieurs fois son attribution avant de trouver l'équilibre : l'avis propre de Rabbi Yehouda contre celui de son maître Rabbi Elazar ben Azarya, puis la ligne de partage entre Rabbi Meir et Rabbi Yehouda.
15b30 segments · 30 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le sourd qui parle sans entendre, la halakha sur l'audition du Chema, la résurrection tirée du cheol et de la matrice, et la précision des lettres
Le folio poursuit la discussion ouverte au folio précédent : celui qui lit le Chema doit-il le faire entendre à son oreille ? La Guemara essaie d'attribuer quatre sources — la michna de Meguila, l'enseignement sur le sourd qui prélève la terouma, la baraita du birkat hamazon récité dans le cœur, et la baraita où Rabbi Yehouda cite Rabbi Elazar ben Azarya contre Rabbi Meir — à un même tana, et n'y parvient qu'en distinguant l'avis propre de Rabbi Yehouda de celui de son maître. Rav Hisda au nom de Rav Cheila tranche par une double halakha : à priori il faut s'entendre, après coup on est quitte. Rav Yossef limite ensuite la controverse au seul Chema. Vient la clause de la michna sur la précision des lettres, tranchée dans le sens de l'indulgence, puis deux paroles de Rabbi Tavi et de Rabbi Hama : le rapprochement du cheol et de la matrice, d'où un kal va-homer sur la résurrection des morts, et l'exigence de précision — dans l'écriture des tefilin et des mezouzot, puis dans la lecture, où il faut donner un intervalle entre les mots qui se collent.
16a23 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Lire sans savoir où l'on s'est trompé, puis la kavana à l'ouvrage : les artisans au sommet de l'arbre, les ouvriers du maître de maison, et le marié dispensé parce qu'il est occupé à une mitsva
Le folio s'ouvre sur la fin de la deracha précédente : les tentes rapprochées des torrents, les maisons d'étude qui font passer l'homme du plateau de la faute au plateau du mérite. La guemara revient ensuite à la michna sur celui qui s'est trompé dans le Chema : Rabbi Elazar, pendant qu'on lui noue son dais nuptial, va chercher à la maison d'étude la baraita qui règle les trois degrés du doute (au milieu du paragraphe, entre deux paragraphes, entre deux « oukhtavtam »), et rapporte la correction de Rabbi Yo'hanan : celui qui a déjà commencé « lema'an yirbou yemekhem » a suivi son habitude et continue. La michna suivante ouvre le vrai sujet du folio : jusqu'où la kavana est-elle exigée. Les artisans lisent le Chema au sommet de l'arbre, ce qui leur est interdit pour la tefila. Rav Mari oppose cette michna à la baraita qui exige d'appliquer son cœur ; Rav Chechet répond qu'ils s'interrompent, et la guemara partage entre le premier paragraphe et le second. Suit le statut liturgique des ouvriers salariés : Chema avec ses bénédictions, tefila, birkat hamazon abrégé, mais ni office ni bénédiction sacerdotale — avec la ligne de partage entre celui qui travaille pour son salaire et celui qui travaille pour son repas. Le folio se clôt sur le marié : la michna le dispense, Rabban Gamliel refuse pour lui-même de se priver du joug de la royauté des cieux, et la baraita tire les deux dispenses — l'occupé à une mitsva et le marié — des mots « quand tu es assis dans ta maison » et « quand tu vas sur le chemin ».
16b25 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le trouble de mitsva, le deuil de Rabban Gamliel, le statut du serviteur à sa mort, et les prières personnelles des maîtres après la Amida
Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion consacrée au marié exempt du Chema : la Guemara essaie de fonder l'exemption tantôt sur la mitsva, tantôt sur le trouble de l'esprit (tirda), et conclut en distinguant un trouble de reshout (acte facultatif), qui ne dispense pas, d'un trouble de mitsva, qui dispense. Vient ensuite la michna sur Rabban Gamliel, qui s'est lavé la première nuit de son deuil parce qu'il est istenis, et qui a accepté des condoléances à la mort de son serviteur Tavi. La Guemara en tire un dossier complet sur le statut du serviteur à sa mort : rangée de consolation, bénédiction des endeuillés, éloge funèbre, titre de « père untel », et la formule qu'on adresse au maître. Une baraita voisine fixe à trois les pères et à quatre les mères. Le folio s'achève sur une suite de prières personnelles que sept maîtres ajoutaient après la Amida.
17a17 segments · 29 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le florilège des prières personnelles des maîtres après la tefila, les maximes qu'ils avaient toujours à la bouche, et la question du lichma : l'égalité du savant et de l'artisan, le mérite des femmes, et le monde à venir
Le folio achève d'abord la série des « yehi ratson » que chaque amora ajoutait après sa prière : Rabbi Alexandri demande le coin de lumière, puis nomme les deux obstacles qui empêchent l'homme de faire la volonté du Ciel — le levain dans la pâte et l'asservissement aux royaumes ; Rava se déclare poussière et vase de honte et demande d'être lavé sans souffrances ; Mar fils de Ravina demande la garde de sa langue ; Rav Chechet, au sortir d'un jeûne, demande que sa graisse et son sang amaigris tiennent lieu de sacrifice. La guemara passe ensuite aux maximes que les maîtres avaient constamment à la bouche : Rabbi Yo'hanan à la fin du livre d'Iyov, Rabbi Meir sur l'étude et la crainte, les sages de Yavne sur l'égalité du talmid 'hakham et de l'artisan, Abaye sur la ruse au service de la crainte du Ciel et sur le salut donné le premier. Rava énonce alors le principe qui traverse tout le passage : la fin de la sagesse est la techouva et les bonnes actions, et le verset « lesoseihem » vise ceux qui agissent lichma. Rachi et les Tossefot doivent le concilier avec Pessahim 50b, qui encourage l'étude même chelo lichma. Le folio se clôt sur le monde à venir selon Rav, sur la promesse faite aux femmes et la réponse de Rabbi Hiya à Rav sur leur mérite, puis sur les bénédictions que les disciples adressaient à leur maître en prenant congé, et la mahloket sur « alufenou messoubalim ».

Perek 3 Mi CheMeto — Celui dont le mort est devant lui · 17 amudim

17b17 segments · 21 Rachi · 11 Tossefot · 3 schémas
Fin du chapitre Haya kore : la prière des Sages de Yavne, les abirei lev, la youhara du marié et du 9 av ; début du chapitre Mi chéméto : l'exemption de l'onen et des accompagnants du mort
Le folio achève d'abord la série des prières personnelles des maîtres : la dernière, celle des Sages de Yavne, lit le verset des Psaumes « point de brèche, point de sortie, point de cri dans nos rues » comme une demande de préservation contre le disciple qui tourne mal. Vient ensuite un couple d'avis sur le verset d'Isaie « écoutez-Moi, cœurs endurcis, éloignés de la tsedaka » : selon l'une des lectures, les justes sont nourris de plein droit, et le monde entier vit de leur mérite, ce qu'illustre la bat kol du mont Horev sur Rabbi Hanina ben Dossa. Rav Yehouda, Rav Yossef et Rav Achi donnent au même verset une lecture toute différente, tournée vers ceux qui voient la Tora de près et ne se convertissent pas. La Guemara revient alors à la michna du marié et découvre une double contradiction sur la youhara (l'ostentation religieuse), entre notre michna et celle du 9 av : Rabbi Yo'hanan intervertit les avis, Rav Chicha les concilie par un critère de visibilité publique. Le chapitre se clôt par le hadran, et un nouveau chapitre s'ouvre : « Mi chéméto », celui dont le mort gît devant lui, exempt du Chema, de la prière, des tefilin et de tous les commandements ; avec le régime des porteurs du brancard, de la rangée de consolation, et la baraita sur le repas de l'onen.
18a14 segments · 21 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
L'onen et le gardien du mort : l'étendue de l'exemption des mitsvot, les quatre coudées du défunt, et la règle de loeg larash qui interdit d'accomplir une mitsva sous les yeux de ceux qui ne le peuvent plus
Le folio achève la baraita sur l'onen : celui dont le mort n'est pas encore enterré ne récite aucune bénédiction, ne compte pas pour le zimoun et se trouve exempt du Chema, de la tefila, des tefilin et de toutes les mitsvot ; le Chabbat, tout revient à l'ordinaire, et Rabban Chimon ben Gamliel étend cette obligation à tout, ce que Rabbi Yo'hanan ramène à une seule nafka mina, le devoir conjugal. La guemara confronte ensuite la michna, qui parle du mort « étendu devant lui », à la baraita, qui exempte plus largement : Rav Papa restreint la baraita au cas où l'homme détourne son visage et mange, tandis que Rav Achi élargit la michna par un verset de la Genèse — tant que la charge de l'ensevelissement pèse sur lui, le mort est réputé étendu devant lui. Deux causes distinctes d'exemption sont alors dégagées : être le parent du défunt, ou être son gardien, chacune suffisant à elle seule. Le cas du cimetière sert de contre-épreuve et introduit la mesure des quatre coudées, qui vaut pour l'interdiction de loeg larash mais pas pour l'exemption elle-même. Le reste du folio déploie cette même règle de loeg larash : deux gardiens sur un bateau et la crainte des souris, le transport d'ossements ou d'un sefer Torah sur une bête, le devoir d'escorter le mort, et le tsitsit de Rabbi Yonatan qui traîne sur les tombes. La discussion s'achève sur le verset de Kohelet « les morts ne savent rien » et sur son exégèse : les justes sont appelés vivants après leur mort, et Benayahou ben Yehoyada en est l'illustration.
18b17 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Les justes appelés vivants dans leur mort, les méchants appelés morts de leur vivant ; et la grande question : les morts savent-ils ce qui se passe chez les vivants ?
Le folio s'ouvre sur la fin de l'exposition du verset consacré à Benayahou ben Yehoyada : « fils d'un homme vivant » signifie que le juste est appelé vivant jusque dans sa mort, et les autres membres du verset sont lus comme l'éloge d'un maître qui rassembla des ouvriers pour la Tora et ne laissa pas son pareil. Par contraste, le verset « les morts ne savent rien » est rapporté aux méchants, qui portent déjà le nom de morts de leur vivant. De là naît la sougya centrale du folio : les morts ont-ils connaissance de ce qui se passe ici-bas ? Les fils de Rabbi Hiyya, qui ont oublié leur étude, opposent deux versets du livre de Job, et l'on répond d'abord par une distinction : le mort connaît sa propre souffrance, il ignore celle d'autrui. Trois récits viennent alors ébranler cette réponse — les deux esprits entendus par un hassid au cimetière, l'hôtesse de Zeiri interrogée sur ses dépôts, et le père de Chmouel retrouvé dans la hatsar mavet — et chacun reçoit une réfutation. Le folio se clôt sur la rétractation de Rabbi Yonatan : le verset « lemor » de Deutéronome 34 prouve que les morts se parlent entre eux.
19a23 segments · 34 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Parler après le mort et l'honneur du talmid 'hakham : les vingt-quatre lieux de nidouy, puis le retour à la michna sur le convoi funèbre et la lecture du Chema
Le folio ouvre sur la question laissée en suspens : les morts savent-ils ce que l'on dit d'eux ? Rabbi Yitshak enseigne que parler après le mort revient à parler après la pierre, et la guemara propose deux lectures de cette formule, puis l'éprouve par le fait rapporté par Rav Papa sur celui qui parla après Mar Chmouel. La réponse déplace la question : le talmid 'hakham fait exception, car Hachem exige lui-même son honneur. De là, la guemara passe à l'honneur du maître et rapporte l'enseignement de Rabbi Yehochoua ben Levi : en vingt-quatre endroits le beit din met en nidouy pour l'honneur du maître, et tous se trouvent dans la michna. Rabbi Elazar cherche et n'en trouve que trois — le mépris de la netilat yadayim, la parole après le lit des talmidei hakhamim, et l'arrogance envers le Ciel. La guemara propose deux autres cas, celui de Todos de Rome et celui du four de Akhnai, et les écarte l'un après l'autre ; le désaccord se résout par une différence de méthode : Rabbi Yehochoua ben Levi rapproche une chose d'une autre, Rabbi Elazar s'en tient à ce qui est dit. Le folio revient enfin à la michna du chapitre : les porteurs de la civière et leurs remplaçants, ceux qui s'occupent du hesped selon que le mort est étendu devant eux ou non, la formule de tsidouk hadin que Abaye écarte au nom de la règle qui interdit d'ouvrir la bouche au satan, et la mesure du temps dont on dispose au retour du cimetière avant d'atteindre la rangée.
19b17 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La dignité humaine (kevod ha-beriyot) face aux interdits de la Tora : jusqu'où peut-elle les repousser ?
Le folio quitte le détail des rangées de consolateurs pour ouvrir la sougya la plus générale du chapitre : quel poids a la dignité humaine lorsqu'elle se heurte à un interdit ? Le point de départ est la règle de Rav : celui qui découvre du kilayim dans son vêtement l'ôte sur-le-champ, même au milieu de la place publique, car « il n'est ni sagesse, ni intelligence, ni conseil face à ה' ». De cette règle la guemara tire un principe maximaliste : là où il y a profanation du Nom, on ne fait aucun honneur à personne. Quatre sources viennent alors l'attaquer, et chacune reçoit sa réponse : le chemin impur emprunté par égard pour l'endeuillé (répondu par le beit ha-pras, impureté rabbinique) ; les kohanim qui sautaient par-dessus les cercueils pour saluer les rois (répondu par le tefah de vide, qui ramène l'affaire au rabbinique) ; la baraita « grande est la dignité humaine, car elle repousse un interdit de la Tora » (répondue par Rav Kahana : l'interdit visé est « tu ne t'écarteras pas », socle de tout le rabbinique) ; et l'objet perdu qu'un ancien peut ignorer (répondu par un verset propre, dont on ne tire rien puisqu'on n'apprend pas l'interdit à partir de l'argent). Le folio se clôt sur la derasha des proches du nazir, qui montre la limite : devant l'obligation du pessa'h et de la mila, l'égard dû au proche mort ne l'emporte pas.
20a10 segments · 16 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La dignité de la personne face à l'interdit, puis la mesirout nefech des générations anciennes et le mauvais œil qui n'a pas prise sur la semence de Yossef
Le folio achève la sougya du kevod habriyot, la dignité de la personne. Le nazir et le cohen se rendent impurs pour un met mitsva : la dignité du mort semble donc repousser un interdit explicite de la Torah. La guemara écarte la généralisation par deux étapes — le verset « et pour sa sœur » fait de ce cas une exception écrite, et la règle ne vaut que pour un « reste assis et n'agis pas », jamais pour un déracinement accompli par les mains. Vient ensuite la question de Rav Papa à Abaye : pourquoi les miracles se produisaient-ils pour les anciens et non pour nous, qui étudions davantage ? La réponse d'Abaye déplace le critère de l'étude vers le don de soi pour la sanctification du Nom, illustré par Rav Ada bar Ahava et la femme au vêtement de kilayim, puis par Rav Guidel et Rabbi Yo'hanan aux portes du bain rituel. De là, trois explications sur l'immunité de la descendance de Yossef au mauvais œil : la lecture « olei ayin », l'image des poissons que l'eau recouvre, et l'œil qui n'a pas voulu se repaître de ce qui ne lui appartenait pas. Le folio s'ouvre enfin sur la michna : femmes, esclaves et mineurs sont exempts de la lecture du Chema.
20b22 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Ce à quoi femmes, esclaves et mineurs sont tenus, le kidouch et le birkat hamazon, puis le baal keri et la valeur de la pensée
Le folio commente la michna qui exempte les femmes, les esclaves et les mineurs de la lecture du Chema et des tefilin, et les déclare tenus à la tefila, à la mezouza et au birkat hamazon. La guemara passe chaque terme au même crible : cela va de soi, donc pourquoi l'énoncer ? Chaque fois la réponse désigne un raisonnement possible que la michna vient écarter — le joug de la royauté des cieux dans le Chema, le rapprochement des tefilin avec la mezouza, celui de la mezouza avec l'étude, les heures fixes de la tefila et du repas. Vient ensuite le kidouch : Rav Ada bar Ahava y tient les femmes par ordre de la Torah, Abaye corrige en ordre rabbinique, Rava le réfute deux fois et fonde l'obligation sur le couple de versets zakhor et chamor. Ravina pose alors la question du birkat hamazon des femmes — toranique ou rabbinique — dont la conséquence pratique est d'acquitter autrui ; la baraita du fils, de l'esclave et de la femme ne tranche pas, puisqu'on l'explique par une mesure rabbinique. Rav Avira rapporte le dialogue des anges du service : Hachem fait acception de personne en faveur d'Israël parce qu'ils bénissent dès un kazayit, là où la Torah n'exigeait que la satiété. La michna suivante ouvre la sougya du baal keri : il médite le Chema sans le dire. Ravina en déduit que la pensée équivaut à la parole, Rav Hisda en déduit l'inverse.
21a17 segments · 15 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Ce qui est de la Torah et ce qui est des Sages : Chema, birkat hamazon, birkat haTorah et tefila, puis le régime du doute et de la prière refaite
Le folio achève la sougya du baal keri et bascule vers une question de fond : quel est le statut de chaque obligation de parole — de la Torah (deoraita) ou des Sages (derabanan) ? La guemara cherche d'abord pourquoi le baal keri ne commence pas la tefila alors qu'il médite le Chema ; elle essaie le critère de la royauté des cieux, l'écarte par le birkat hamazon, et retient le partage deoraita / derabanan. Rav Yehouda fixe alors deux ancrages scripturaires : « tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras » pour le birkat hamazon d'après le repas, et « car j'invoque le nom de Hachem » pour la bénédiction sur la Torah d'avant l'étude. Rabbi Yo'hanan tente d'étendre les deux autres côtés par un double kal va-homer ; la guemara le réfute deux fois et conclut par une teyouvta. Suit le régime du doute : pour Rav Yehouda le Chema est derabanan et Emet ve-yatsiv deoraita, donc on ne refait que le second ; Rabbi Elazar tient l'inverse pour le Chema, et Rabbi Yo'hanan ajoute que l'on peut toujours reprendre la tefila. Le folio se termine sur deux règles de Chmouel : celui qui s'aperçoit en pleine amida qu'il a déjà prié s'arrête aussitôt, et celui qui entre à la synagogue après avoir prié ne recommence que s'il peut innover quelque chose dans sa prière.
21b19 segments · 19 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Prier seul pendant que le public prie : Modim, Kedoucha et la règle des dix ; puis Rabbi Yehouda, les versets voisins et le baal keri
Le folio achève la tsrikhouta de Chmouel sur la prière refaite, puis ouvre une question très pratique : celui qui n'a pas encore prié et qui entre dans une synagogue où le public est déjà en pleine amida, peut-il commencer sa propre prière ? Rav Houna fixe la limite à Modim, Rabbi Yehochoua ben Levi la fixe plus tôt, à la Kedoucha ; la guemara ramène leur divergence à une seule question, celle de savoir si un individu dit la Kedoucha. Rav Ada bar Ahava fonde alors sur un verset la règle du quorum : « et Je serai sanctifié au sein des enfants d'Israël », et une guezera chava sur le mot « au sein » impose dix hommes pour toute chose de sainteté. Tous s'accordent ensuite sur un point : on n'interrompt pas sa propre amida pour répondre, et la guemara écarte l'avis qui autorisait à interrompre pour « yehe chemo hagadol mevorakh ». La seconde moitié du folio revient à la michna : Rabbi Yehouda permet au baal keri de bénir, alors que Rabbi Yehochoua ben Levi tire de deux versets voisins l'interdiction pour lui d'étudier. La guemara vérifie si Rabbi Yehouda expose les semoukhin, montre qu'il ne le fait pas dans le reste de la Torah mais le fait dans le Michne Torah, et résout la difficulté : ces deux versets-là, il en a besoin pour un autre enseignement, celui qui compare l'homme enseignant la Torah à son fils à celui qui l'a reçue au mont Horev. Le folio s'achève sur la michna du zav, de la nidda et de la femme qui a vu du sang après les rapports : la guemara y cherche la preuve que Rabbi Yehouda admet malgré tout la tevila du baal keri ordinaire.
22a25 segments · 37 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Le baal keri et les paroles de Torah : de l'interdit d'Ezra à son abolition, et la purification par neuf kabim
Le folio part d'une dernière tentative pour comprendre Rabbi Yehouda, qui laisse le baal keri bénir : dit-il que celui-ci médite en pensée, ou bien range-t-il les bénédictions parmi les halakhot de derekh erets ? La seconde réponse ouvre la baraita centrale du daf, qui déduit de deux versets voisins de Devarim 4 que la Torah doit s'étudier dans l'état intérieur du mont 'Horev, et qui écarte pour cela le seul baal keri, alors que le zav et le metsora restent autorisés. Suit une échelle d'avis tannaitiques, du plus permissif au plus restrictif, sur ce qui reste ouvert au baal keri : enseignements familiers, michna, guemara, entrée dans la maison d'étude. À l'autre bout se tient Rabbi Yehouda ben Betera : les paroles de Torah ne contractent pas d'impureté, et Rav Nahman bar Yits'hak constate que l'usage l'a suivi. Zeiri le formule d'un mot en arrivant de terre d'Israël : ils ont aboli la tevila. La dernière partie du folio suit ceux qui continuent malgré tout de s'immerger, et discute des moyens : quarante seah, neuf kabim versés, bains chauds. Rabbi Hanina y voit une barrière contre la faute, Rav Houna presse ses collègues de ne pas la négliger, et Rav Dimi restreint finalement les neuf kabim au malade dont le keri est survenu par accident — ce qui fait dire à Rav Yossef que la cruche de Rav Nahman est brisée.
22b19 segments · 25 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Combien d'eau pour le baal keri : quarante seah, neuf kabin, ou rien ; puis la michna des empêchements pendant l'amida
La première moitié du folio achève la sougya de la takana d'Ezra sur le baal keri. Quatre cas se croisent : l'homme bien portant ou malade, et l'émission provoquée (marguil) ou subie par contrainte (leonso). Rav Assi dispense entièrement le malade par contrainte, Abaye puis Rava reconstruisent l'histoire de la mesure, et Rava tranche : quarante seah pour tout marguil, neuf kabin pour le bien portant par contrainte, rien pour le malade par contrainte. Une baraita ajoute une distinction : neuf kabin suffisent pour lui-même, mais quarante seah sont requises pour autrui. Deux paires de Sages divergent, l'une sur la première partie de la baraita, l'autre sur la seconde : les quarante seah de Rabbi Yehouda valent-elles aussi dans des récipients, ou seulement dans le sol, l'ajout « en tout état de cause » servant alors à inclure l'eau puisée ? Suivent l'anecdote des trois Sages qui rompent le pain ensemble et le cas de Rav Hama, dont la halakha s'écarte. La seconde moitié ouvre la michna des empêchements pendant la prière : celui qui se souvient en pleine amida qu'il est baal keri abrège sans interrompre ; celui qui est descendu s'immerger et que le lever du soleil presse lit le Chema dans l'eau ; il faut quatre coudées d'écart des excréments. La guemara y ajoute la lecture de la Torah, les excréments aperçus devant soi ou trouvés après coup, et l'urine qui coule pendant l'amida, avec la question ouverte de savoir où l'on reprend.
23a21 segments · 25 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le corps avant la prière : le besoin naturel qui écarte l'homme, et les tefilin devant le lieu d'aisance
Le folio s'ouvre sur la fin du débat entre Rav Hisda et Rav Hamnouna : celui qui a dû s'interrompre en pleine amida reprend-il au début ou à l'endroit où il s'est arrêté ? Rav Achi écarte la lecture qui ferait porter le désaccord sur la durée de l'interruption et le déplace vers le statut de l'homme lui-même : était-il écarté de la prière, ou apte à prier ? De là, la guemara passe à la baraita qui déclare abominable la prière de celui qui a besoin de se soulager, en fixe la mesure à une parsa, et l'appuie sur deux versets, celui d'Amos et celui de Kohelet. Le verset de Kohelet ouvre une digression sur le sacrifice apporté sans techouva. La seconde moitié du daf est entièrement consacrée aux tefilin devant le lieu d'aisance : où les poser, comment les tenir, la controverse de Beit Chamai, Beit Hillel et Rabbi Akiva, l'histoire de l'élève et de la prostituée qui a fixé l'usage, puis les mesures pratiques de rangement, jusqu'à Rabbi Yo'hanan qui refuse de confier ses tefilin à ses disciples.
23b23 segments · 38 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Tenir les tefilin en main : lieu d'aisance fixe et lieu de fortune, le repas, le foulard désigné, et les tefilin sous le chevet
Le folio poursuit le traitement des tefilin hors du temps de leur port. Il s'ouvre sur Rav Nahman qui garde ses tefilin sur lui pour la protection qu'elles procurent, puis sur une baraita qui interdit de prier en tenant des tefilin ou un sefer Torah, d'uriner avec eux en main et de dormir avec eux. Rava au nom de Rav Chechet écarte cette baraita comme suivant Beth Chammai ; une objection tirée de la formule des choses que je t'ai permises ici, je te les ai interdites là occupe le cœur du folio. La guemara tente d'abord de rapporter cette formule au découvrement d'un tefah et de deux tefahim, distinction entre l'homme et la femme, puis abandonne cette lecture et la ramène aux tefilin, ce qui réfute Rav Chechet. La difficulté du kal va-homer se résout par les éclaboussures : le lieu d'aisance fixe en est exempt, le lieu de fortune non. Suivent trois sujets brefs : la préparation avant un repas établi et le sort des tefilin pendant ce repas, le foulard désigné pour y nouer les tefilin avec la question de la hazmana, et enfin les tefilin placées sous le chevet pendant la nuit, où Rava maintient la halakha de Chemouel malgré la réfutation.
24a23 segments · 41 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le lit partagé et la lecture du Chema : la garde des tefilin, la mesure de la nudité, et la tenue du corps dans la prière
Le folio achève d'abord la question des tefilin rangés pour la nuit : puisque la garde prime, on les glisse entre le coussin et le matelas, hors de l'aplomb de la tête, et la guemara rapporte les usages de Bar Kappara, de Rav Chicha et de Rava. De là, Rav Yossef fils de Rav Nehounya pose la seconde question : deux hommes couchés dans un même lit peuvent-ils détourner le visage et lire le Chema ? Chemouel permet même lorsque la femme est là ; Rav Yossef renverse l'argument, la femme étant comme le corps même de l'homme. Deux baraitot s'opposent, chacun les répartit à sa manière, et la discussion se résout en un désaccord entre tanaïm. Suivent les mesures de ce qui compte comme nudité : les fesses selon Rav Houna, le poil qui dépasse, puis le tefah, la cuisse, la voix et la chevelure, tous rapportés par Rachi à la lecture du Chema devant sa propre femme. Le daf se ferme sur Rabbi : la manière de suspendre les tefilin, puis sa tenue corporelle pendant la prière.
24b22 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le corps pendant la prière : roter, bâiller, éternuer, cracher ; puis le Chema dans les ruelles souillées
Le folio part de la conduite de Rabbi pendant sa prière : il tâtait son vêtement, ne s'enveloppait pas de son talit tombé, posait sa main sur son menton quand il bâillait. Une baraita objecte en condamnant précisément ces gestes : faire entendre sa voix, l'élever, roter, bâiller, éternuer, cracher. La guemara résout chaque contradiction par une distinction : contrainte contre volonté, éternuement par le haut contre éternuement par le bas, salive absorbée dans le talit ou dans le foulard. Rav Zera transmet au nom de la maison de Rav Hamnouna que l'éternuement pendant la prière est un bon signe, et Rabbi Abba, venu écouter Rav Yehouda de l'extérieur, y trouve la prière Maître du monde, tu nous as formés avec des orifices. La seconde moitié du folio passe au Chema : la séparation à faire quand on dort nu dans son talit, le principe du cœur qui voit la nudité, puis la longue divergence entre Rav Houna et Rabbi Yo'hanan, qui permettent de réciter le Chema en traversant des ruelles souillées en posant la main sur la bouche, et Rav Hisda, qui l'interdit. Deux baraitot sont produites, une pour chaque avis, et le folio se ferme sur les versets qui sanctionnent celui qui ne s'interrompt pas et récompensent celui qui s'interrompt.
25a27 segments · 35 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La propreté du lieu : excréments, urine et mauvaises odeurs face au Chema et à la prière
Le folio poursuit l'examen des conditions du lieu où l'on peut prononcer des paroles saintes. Il s'ouvre sur la tenue exigée pour la prière, puis sur celui qui est entré aux latrines en portant ses tefilin. Deux désaccords parallèles entre Rav Houna et Rav Hisda structurent ensuite la sougya : la saleté posée sur le corps de celui qui lit, et la mauvaise odeur qui a une source visible. La guemara distingue l'odeur ayant une source de celle qui n'en a pas, oppose Abaye et Rava sur les excréments que l'on transporte, puis descend au régime de l'urine : la Torah n'interdit que face au jet lui-même, et les Sages ont ajouté un décret limité aux cas certains. Reste alors à fixer les seuils de sécheresse — croûte, tesson, humidité, trace visible — que Rava tranche en fin de parcours.
25b25 segments · 31 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui fait écran : se couvrir dans l'eau, la nudité qui se voit ou qui se touche, et le pot d'aisance dans la chambre
Le folio prolonge la michna de celui qui est descendu s'immerger et qui doit calculer s'il pourra remonter, se couvrir et lire le Chema avant le lever du soleil. La guemara écarte l'idée que cette michna anonyme suivrait Rabbi Eliezer : elle vise les vatikin, ces hommes scrupuleux qui achevaient le Chema au lever du soleil pour joindre la gueoula à la tefila. Vient ensuite le problème de celui qui se couvre dans l'eau : son cœur voit sa nudité. Rabbi Elazar répond par l'eau trouble, comparable à une terre compacte, et une baraita propose de s'asseoir jusqu'au cou ou de troubler l'eau du pied. De là se déploie la distinction centrale du folio entre voir et toucher, tranchée par Abaye et Rava : le talon qui voit est permis, le talon qui touche est interdit, car la Torah n'a pas été donnée aux anges du service. Rava sépare alors deux régimes : la souillure dépend du recouvrement, la nudité dépend de la vue, ce qui fait diverger leurs sorts dans une lanterne de verre. La seconde moitié du folio traite du pot d'aisance et du vase d'urine, de la mesure d'eau qui annule l'urine, de la place du récipient devant ou derrière le lit, des mesures de lavoud et de dix tefahim sous le lit, et se ferme sur Rav Ahai qui trouve un sefer Torah posé dans la chambre nuptiale de son fils.

Perek 4 Tefilat HaChahar — La prière du matin · 9 amudim

26a21 segments · 24 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Fin de « Mi chemeto » : distance à garder des excréments et des latrines, immersion des impurs ; puis ouverture de « Tefilat ha-chahar » : les heures des prières et le rattrapage de la prière manquée
Le folio achève le troisième chapitre et ouvre le quatrième. Il commence par la protection due aux textes saints dans la chambre à coucher : une cape sur un coffre vaut ustensile dans un ustensile, et Rabbi Yehochoua ben Levi impose une cloison de dix tefahim pour un sefer Torah — règle que Mar Zoutra restreint au cas où l'on n'a pas d'autre pièce. Vient ensuite la question de la distance : quatre coudées suffisent lorsque les excréments sont derrière l'orant, mais devant lui il faut s'écarter aussi loin que porte le regard. Trois objections successives obligent la guemara à préciser de quelles latrines on parle — vides, neuves, seulement destinées à cet usage, ou construites à la persane. La michna qui clôt le chapitre traite de l'immersion de ceux qui cumulent deux impuretés : le zav qui a un keri, la nidda qui rejette du sperme, la femme qui voit du sang après la relation. Les Sages exigent la tevila, Rabbi Yehouda dispense ; la guemara demande si l'ordre d'apparition des impuretés change quelque chose, et conclut que non. Le chapitre « Tefilat ha-chahar » s'ouvre alors sur les heures limites des quatre prières, avec la divergence constante entre les Sages et Rabbi Yehouda. La suite du folio est occupée par le rattrapage (tachloumin) : qui a manqué une prière en prie deux à la suivante, sauf s'il l'a délaissée volontairement — et Rav Achi lit cette distinction dans le verbe même employé par la baraita.
26b15 segments · 13 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Rattraper une prière à la sortie de chabbat, puis la question des origines : les patriarches ou les sacrifices quotidiens
Le folio s'ouvre sur la suite du rattrapage (tachloumin). Celui qui a manqué minha la veille de chabbat prie deux amidot le soir venu ; celui qui a manqué minha pendant chabbat prie deux amidot de semaine à la sortie de chabbat. La baraita ordonne la havdala : dans la première, qui est l'obligation du moment, et non dans la seconde, qui n'est que le rattrapage. De là sort une inférence — celui qui a inversé doit recommencer — que la guemara oppose à une tossefta enseignant qu'on ne fait jamais recommencer pour une havdala oubliée, puisqu'elle peut se dire sur la coupe. La contradiction reste ouverte : kachia. Le folio bascule ensuite sur la question des origines. Rabbi Yosse fils de Rabbi Hanina tient que les patriarches ont institué les trois prières ; Rabbi Yehochoua ben Levi les rapporte aux sacrifices quotidiens du Temple. Deux baraitot appuient chacun des deux : l'une lit Avraham, Yitshak et Yaakov dans trois verbes de la Torah, l'autre déduit chaque horaire du temps de son korban. La dernière baraita fournit aussi les repères horaires du jour — minha guedola, minha ketana, pelag ha-minha — et le folio se clôt sur la question de savoir si le « jusqu'à » de Rabbi Yehouda inclut ou exclut la borne.
27a17 segments · 23 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
« Jusqu'à » inclut-il la borne ? La halakha comme Rabbi Yehouda pour cha'harit, et les trois enseignements de la prière de Rav la veille de chabbat
Le folio achève la discussion ouverte au verso précédent : lorsque Rabbi Yehouda fixe une borne horaire — « jusqu'à quatre heures », « jusqu'à sept heures », « jusqu'au pelag ha-minha » —, cette borne est-elle comprise dans le temps permis ou l'exclut-elle ? La guemara écarte la lecture exclusive, parce qu'elle rendrait impossible le cas, supposé par une baraita, où moussaf et minha se présentent ensemble. Elle sauve alors la lecture inclusive en redéfinissant le « pelag ha-minha » comme la fin de la première moitié de la minha a'harona, et Rav Nahman apporte le témoignage de Rabbi Yehouda ben Bava sur un tamid offert à quatre heures. Rav Kahana en tire la halakha pour la prière du matin. Un long développement rattache ensuite ces quatre heures au verset de la manne. La seconde moitié du folio pose la même question pour minha : Rav Hisda reste sans réponse, la halakha n'est tranchée ni dans un sens ni dans l'autre, et le récit de Rav priant la prière de chabbat la veille de chabbat chez Geniva livre trois enseignements, dont l'interdiction de passer devant celui qui prie.
27b22 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Prier avant l'heure : anticiper l'entrée et la sortie du chabbat ; la prière du soir est-elle obligatoire ? et la déposition de Rabban Gamliel
Le folio s'ouvre sur la fin de la règle de Rav : on ne prie ni en face de son maître ni derrière lui. Rabbi Yirmeya bar Abba échappe à la règle parce qu'il était talmid haver, élève-collègue de Rav. De là, la guemara passe à la question qui occupe la première moitié du folio : celui qui prie la prière de chabbat la veille de chabbat, avant la nuit, s'engage-t-il dès lors dans le chabbat au point de devoir s'abstenir de tout travail ? Les cas de Rabbi aux bains, de Rav Dimi bar Livaï et de la communauté trompée par un ciel couvert distinguent l'erreur de l'acceptation délibérée, et le particulier de la communauté ; Chemouel tranche que l'on dit alors le kidouch, ou la havdala, sur la coupe. La seconde moitié interprète la michna « la prière du soir n'a pas de temps fixe » comme suivant celui qui la tient pour facultative, et enchaîne sur la mahloket de Rabban Gamliel et de Rabbi Yehochoua. Le récit de l'élève qui reçoit deux réponses opposées conduit à l'humiliation de Rabbi Yehochoua debout pendant tout le cours, au murmure de l'assemblée et à la déposition du nassi, puis au choix de Rabbi Elazar ben Azaria pour lui succéder.
28a19 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le jour où l'on déposa Rabban Gamliel : le beth midrach ouvert à tous, le converti ammonite, la réconciliation, puis l'ordre et l'heure limite des prières
Le folio achève le récit de la déposition de Rabban Gamliel. Rabbi Elazar ben Azaria hésite, sa femme le met en garde, et un miracle lui blanchit dix-huit rangées de cheveux le jour même de ses dix-huit ans. Le changement de nassi entraîne un changement de politique : on renvoie le gardien de la porte et tout élève peut entrer, là où Rabban Gamliel exigeait que l'intérieur de l'élève corresponde à son extérieur. Des centaines de bancs sont ajoutés ; Rabban Gamliel s'en inquiète et voit en songe des jarres blanches pleines de cendre. La guemara prouve ensuite que Rabban Gamliel n'a pas boudé la maison d'étude, par l'affaire de Yehouda le converti ammonite où il débat avec Rabbi Yehochoua sur la portée du mélange des nations opéré par Sanhérib. Suit la réconciliation chez Rabbi Yehochoua, le refus des sages de rendre la charge, puis l'arrangement final : trois semaines pour Rabban Gamliel, une pour Rabbi Elazar ben Azaria. La dernière partie revient à la michna : la prière de moussaf peut se dire toute la journée, mais celui qui tarde est appelé négligent ; on y règle l'ordre entre minha et moussaf, et l'on rapporte les versets qui menacent celui qui laisse passer l'heure de la prière.
28b24 segments · 29 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Goûter avant moussaf ; les prières de Rabbi Nehounia ben Hakana ; les dernières paroles de Rabbi Eliezer et de Rabban Yo'hanan ben Zakkai ; et à quoi répondent les dix-huit bénédictions
Le folio s'ouvre sur un échange entre Abaye et Rav Avya, destiné à apaiser Rav Yossef dont Rav Avya avait manqué le cours du chabbat : peut-on goûter quelque chose avant moussaf, et peut-on prier seul avant la communauté ? La guemara conclut que la halakha ne suit ni Rav Houna ni Rabbi Yehochoua ben Levi sur ces interdits de goûter. Vient ensuite la michna de Rabbi Nehounia ben Hakana, qui priait à l'entrée et à la sortie de la maison d'étude, puis deux récits de maladie : les quatre consignes de Rabbi Eliezer à ses disciples, et les larmes de Rabban Yo'hanan ben Zakkai devant le jugement d'en haut. La seconde michna ouvre le grand débat sur la amida quotidienne : dix-huit bénédictions pour Rabban Gamliel, un abrégé pour Rabbi Yehochoua, l'un ou l'autre selon la fluidité de la prière pour Rabbi Akiva ; s'y ajoutent la prière courte en lieu de danger et l'orientation vers le Temple. La guemara demande enfin à quoi répondent les dix-huit bénédictions, jusqu'où s'incliner, et raconte l'institution à Yavne de la dix-neuvième, la birkat haminim, par Chmouel HaKatan.
29a27 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Chemouel HaKatan et la bénédiction contre les minim, les nombres de bénédictions, et Havinenou l'abrégé des dix-huit
Le folio s'ouvre sur la fin du récit de Yavne : Chemouel HaKatan, qui avait institué la bénédiction contre les minim, l'oublie l'année suivante et reste deux ou trois heures à la chercher, sans qu'on le destitue. La guemara demande pourquoi, puisque la règle veut qu'on retire l'officiant qui bute sur cette bénédiction-là, par crainte qu'il ne soit lui-même un min. Deux réponses sont examinées : il en est l'auteur, et il l'avait déjà commencée. Entre les deux s'ouvre un débat sur la question de savoir si un juste peut devenir méchant, avec le verset de Ye'hezkel, le cas de Yo'hanan le grand prêtre devenu tsedouki, et la divergence d'Abaye et de Rava sur l'identité de Yannai et de Yo'hanan. La suite quitte le récit pour les nombres : à quoi correspondent les sept bénédictions de chabbat, les neuf de Roch Hachana, les vingt-quatre du jeûne. Le dernier tiers du folio est consacré à Havinenou, l'abrégé des dix-huit proposé par Chemouel : Abaye le maudit, puis on examine les deux insertions qui posent problème, la havdala à l'issue du chabbat et la demande de pluie en hiver, avant d'aborder les cas où l'oubli oblige à recommencer la prière.
29b18 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Où revenir quand on a oublié une mention dans la amida ; ce qu'est une prière « keva » ; les prières abrégées en lieu de danger et la prière du voyageur
Le folio achève d'abord la discussion ouverte en 29a sur les omissions dans la amida : celui qui s'avise trop tard d'avoir oublié la demande de pluie, et surtout celui qui a oublié « ya'alé ve-yavo » à Roch Hodech. Rabbi Yehochoua ben Levi fixe le point de retour à la bénédiction de la avoda tant que la prière n'est pas achevée ; Rav Papa et Rav Nahman bar Yits'hak précisent alors ce qui compte comme achèvement, entre le déplacement des pieds et l'habitude de dire des supplications après la prière. La guemara revient ensuite à la michna de Rabbi Eliezer sur la prière devenue « keva » et recueille quatre définitions de ce terme, du fardeau ressenti jusqu'à la négligence des heures de faveur. Elle explique enfin la formule obscure de la michna, « parchat ha-ibour », par deux lectures de Mar Oukva, rapporte quatre versions de la prière abrégée que l'on dit en lieu de danger, et conclut par le conseil d'Eliyahou à Rav Yehouda, d'où la guemara tire la prière du voyageur.
30a19 segments · 23 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La prière du voyageur : quand, jusqu'où, debout ou en marchant ; l'orientation de tout Israël vers un seul lieu ; partir tôt sans perdre la prière ; et le moussaf de l'individu
Le folio achève d'abord le dossier de la tefilat haderekh ouvert à la fin de 29b : on la formule au pluriel pour s'associer à la communauté, on la dit dès l'engagement sur la route, dans la limite d'une parsa, et la guemara oppose Rav Hisda, qui exige d'être debout, à Rav Chechet, qui autorise de la dire en marchant — avant de raconter leur voyage commun, où Rav Chechet se fait mettre debout au nom du principe de ce qu'on peut être bon, ne te fais pas appeler mauvais. Une conclusion pratique sépare alors Havinenou, qui a le statut de la amida, de la prière courte du lieu de danger, qui n'en a pas. La michna sur le voyageur monte sur un âne conduit ensuite à la baraita de l'orientation : de l'étranger vers la terre d'Israël, puis Jérusalem, le Temple, le Saint des saints, le kapporet, de sorte que tout Israël dirige son cœur vers un seul lieu. Le daf se ferme sur deux dossiers pratiques : comment prier quand on part avant l'aube ou qu'on est retenu par le cours du chabbat du regel, avec les usages du père de Chmouel, de Mareimar, de Mar Zoutra et de Rav Achi ; puis la michna de Rabbi Elazar ben Azarya sur le moussaf, qu'il rattache au hever ir, et la halakha tranchée comme Rabbi Yehouda parlant en son nom.

Perek 5 Ein Omdin — On ne se met pas à prier · 9 amudim

30b25 segments · 22 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Fin du chapitre : le moussaf de l'individu et l'oubli de roch hodech ; puis la michna « on ne se lève pour prier qu'avec gravité » et la mesure de la joie
Le folio achève le chapitre Tefilat ha-cha'har par deux débats. Le premier porte sur la michna de Rabbi Elazar ben Azarya : l'individu qui se trouve dans une ville pourvue d'un chever ir est-il dispensé de moussaf ? La guemara aligne les pratiques et les tranchages, de Chmouel à Néhardé'a jusqu'à Rabbi Yannai qui renvoie dehors celui qui tranche comme Rabbi Yehouda, et arrive à Rav Yits'hak bar Avdimi au nom de Rav, qui tranche dans l'autre sens. Le second débat naît de la conduite de Rabbi Hiyya bar Abba, qui prie deux fois pour avoir omis roch hodech : la guemara fixe alors quand on fait recommencer la amida, quel délai sépare les deux prières, et pourquoi l'omission du soir est traitée à part. Le chapitre Ein Omdin s'ouvre ensuite sur l'exigence de kovéd roch : la guemara cherche son verset source à travers quatre propositions successives, puis rapporte les récits où un maître reprend son disciple pour un excès de joie.
31a28 segments · 24 Rachi · 7 Tossefot · 4 schémas
La mesure de la joie, l'état d'esprit d'où l'on se lève pour prier, la kavana, et les halakhot tirées de Daniel et de Hanna
Le folio commence par achever la série des récits de noces ouverte à la fin de 30b : Mar fils de Ravina, puis Rav Achi, brisent une coupe de prix devant des maîtres trop gais, Rav Hamnouna Zouti répond à une demande de chant par un refrain sur la mort, et Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai interdit de remplir sa bouche de rire tant que dure l'exil. De là, la guemara passe à la michna qui exige de se lever pour prier dans la gravité : une baraita demande une halakha tranchée, et trois exemples sont donnés (Rabbi Zera, Rav Hochaya, Rav Houna) ; une seconde baraita écarte la tristesse, la paresse, le rire et le bavardage au profit de la joie d'une mitsva, et étend la règle à la manière de prendre congé de son compagnon, illustrée par deux récits d'accompagnement de Rav Chimi bar Achi. Vient ensuite le dossier de la kavana : diriger son cœur vers le Ciel, la conduite de Rabbi Akiva, court avec la communauté et long en privé. Le daf se ferme sur deux séries exégétiques : la baraita des six on pourrait croire, qui tire de Daniel, de David, de Hanna et de Salomon le nombre des prières, leur orientation, leur répartition, le ton de la voix et l'ordre louange-demande ; puis Rav Hamnouna, qui tire des versets de Hanna quatre halakhot de la prière et ouvre, à la dernière ligne, le thème de la réprimande.
31b27 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La fin de l'échange entre Hanna et Eli : les règles du soupçon, la prière de Hanna et ses exigences, puis Chemouel qui tranche devant son maître
Le folio poursuit la lecture verset par verset du premier chapitre de Chemouel. De la réponse de Hanna à Eli, la guemara tire quatre règles pratiques : reprendre celui que l'on voit agir de façon inconvenante, informer son accusateur quand on est soupçonné à tort, l'assimilation de l'ivrogne qui prie à un idolâtre par guezera chava sur le mot belial, et l'obligation d'apaiser puis de bénir celui que l'on a soupçonné sans raison. Vient ensuite la prière de Hanna elle-même : le nom Tsevaot qu'elle est la première à prononcer, le mashal du pauvre à la porte du festin, et la menace de s'isoler pour boire les eaux de la sota — menace qui ne tient que selon Rabbi Yichmael, contre Rabbi Akiva, dans une baraita sur le verset « elle sera innocentée et fécondée d'une descendance ». La guemara détaille encore les trois « ta servante », les quatre lectures de « une descendance d'hommes », puis la halakha des quatre coudées de la prière. Le folio s'achève sur le récit de Chemouel enfant qui tranche devant Eli que la chehita est valable par un non-cohen, sur les seins que Hanna invoque devant Hachem, et sur ceux qui ont lancé des paroles vers le haut.
32a33 segments · 20 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La défense d'Israël après le Veau d'or : les trois versets, la richesse qui fait fauter, et la prière de Moché
Le folio poursuit la grande section aggadique sur la prière. Il s'ouvre sur trois versets qui, selon Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina, tiennent Israël debout au jugement : ils attestent que le penchant au mal vient du Créateur, donc qu'Israël dispose d'un argument de défense. De là, la guemara passe à Moché, qui a parlé durement en direction du Haut, et lit dans le mot Di Zahav de Deutéronome 1 une plaidoirie : c'est l'or donné en abondance qui a produit le Veau. Trois paraboles développent ce principe (le lion, la vache et les vesces, le fils conduit devant la porte des prostituées), puis la guemara montre que Hachem lui-même a concédé ce point. Suit le récit du plaidoyer : « descends de ta grandeur », « laisse-Moi » entendu comme l'aveu que tout dépend de Moché, la parabole du roi et de son fils, Moché saisissant le vêtement, la chaise à trois pieds. Le mot vayehal reçoit alors six lectures successives. Le daf se ferme sur les arguments tirés du serment fait par le Nom et de ce que diront les nations, sur l'aveu « J'ai pardonné selon ta parole », et sur la règle de Rabbi Simlai : ordonner d'abord la louange, prier ensuite.
32b31 segments · 21 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La grandeur de la prière, les portes fermées et les portes des larmes, les neuf heures des hassidim d'autrefois et la halakha de celui que l'on salue en pleine prière
Le folio ouvre par une série de comparaisons de Rabbi Elazar : la prière l'emporte sur les bonnes actions, le jeûne sur la tsedaka, la prière sur les sacrifices. De là, la guemara passe à ce que la destruction du Temple a changé : les portes de la prière sont fermées, un mur de fer sépare Israël de son Père qui est aux cieux, et seules les portes des larmes restent ouvertes. Vient ensuite la question de la durée de la prière : celui qui prolonge est assuré d'être exaucé selon Rabbi Hanina, et celui qui prolonge finit par une douleur de cœur selon Rabbi Yo'hanan — la contradiction se résout sur le mot « et la scrute ». Un long midrach sur Isaie 49 met en scène Tsion qui se dit abandonnée et oubliée, la réponse du Saint béni soit-Il par le dénombrement des armées célestes, et le double verdict sur l'oubli : le Veau sera oublié, le Sinaï ne le sera pas. Le folio revient enfin à la michna des hassidim d'autrefois, aux neuf heures quotidiennes qu'ils consacraient à la prière, puis à la halakha de celui qui est salué en pleine prière : roi d'Israël, roi des nations, homme violent ou chariot, et le récit du hassid et de l'hegmon sur la route.
33a37 segments · 28 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Interrompre la prière devant le danger, puis les trois insertions de la Amida : pluie, demande, havdala
Le folio achève d'abord la section sur celui qui ne s'interrompt pas pendant la Amida : un serpent enroulé autour du talon n'arrête pas la prière, un scorpion oui, et des bœufs obligent à s'écarter. Le récit de Rabbi Hanina ben Dossa et de l'arod donne la règle de fond : la faute fait mourir, l'animal seul n'y suffit pas. La michna ouvre ensuite un nouveau sujet : trois ajouts se glissent dans les bénédictions de la Amida — la mention de la puissance des pluies, la demande de pluie, et la havdala — chacun à une place motivée. Autour de la havdala dans la bénédiction de la connaissance s'ouvre une digression sur la grandeur de la daat, placée entre deux Noms, puis toute l'histoire de l'institution de la havdala : dans la prière, sur la coupe, et ce qu'il advient de celui qui s'est trompé.
33b31 segments · 21 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Fin de la havdala et degrés du psak, puis la michna des formules que l'on fait taire : le nid de l'oiseau, les louanges ajoutées, la crainte du Ciel
Le folio achève la sougya de la havdala : Rava tranche que celui qui a séparé dans la prière sépare encore sur la coupe, comme pour le kidouch. Vient ensuite le cas du Yom Tov qui tombe le dimanche, où l'on ne dit pas Ata honen : Rabbi Eliezer place alors la havdala dans la bénédiction de reconnaissance. La discussion tourne moins sur le fond que sur la force du psak — halakha, matin, modim, nirin sont quatre degrés distincts — et Rabbi Zeira loue la précision de Rabbi Hiya bar Abba, comparée à celle de Rahava de Poumbedita. Rav Yossef écarte le débat en rappelant la perle instituée par Rav et Chmouel à Babylone : la formule Vetodienou. La michna qui suit ouvre un nouveau sujet : trois formules de prière que l'on fait taire, et la Guemara en donne les raisons — apparence de deux puissances, refus de bénir sur le mal, et deux explications pour le nid de l'oiseau. Le folio se poursuit sur les louanges surajoutées devant Rabbi Hanina, sur la crainte du Ciel laissée au choix de l'homme, et sur la répétition du Chema.
34a15 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
L'officiant qui se trompe : le refus d'usage, le point où l'on reprend la amida, la place des demandes personnelles et les inclinaisons
Le folio s'ouvre sur la réponse d'Abaye à Rav Papa, qui clôt la sougya du folio précédent : la répétition du verset ne se justifie pas par un défaut d'intention, car on ne traite pas le Ciel avec familiarité. La michna passe ensuite à l'officiant qui se trompe au milieu de la amida : un autre prend sa place sans se faire prier, et il reprend au début de la bénédiction manquée ; l'officiant ne répond pas amen après les kohanim et ne monte pas au douhan, sauf s'il est sur de retrouver le fil. La guemara étudie d'abord le refus d'usage, qui doit rester mesuré comme le sel dans un plat, puis ouvre la question centrale du folio : de quel point reprend-on ? Rav Houna découpe la amida en trois blocs et fait revenir au début du bloc, Rav Assi tient que les treize bénédictions intermédiaires n'ont pas d'ordre. Rav Chechet objecte depuis la michna, Rav Houna répond que les intermédiaires forment une seule bénédiction. Viennent ensuite la règle de Rav Yehouda sur la place des demandes personnelles, avec l'image du serviteur devant son maître chez Rabbi Hanina, les deux anecdotes des élèves de Rabbi Eliezer sur la longueur de la prière, l'enseignement de Rav Hisda sur la prière pour un malade, et enfin la baraita des quatre inclinaisons de la amida.
34b32 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Fin des lois de l'inclinaison, puis la michna sur celui qui se trompe en priant : le signe de la prière fluide, la récompense qu'aucun œil n'a vue, et les récits de Rabbi Hanina ben Dossa
Le folio achève la sougya des inclinaisons : plus un homme est élevé, plus il doit s'abaisser, et Rabbi Yitshak bar Nahmani transmet une seconde version de la répartition entre l'homme ordinaire, le grand prêtre et le roi. Une baraita distingue ensuite trois postures — kida sur la face, keria sur les genoux, hichtahavaya mains et pieds étendus. Vient une contradiction entre deux baraitot sur l'inclinaison à Modim, résolue en quatre temps, avec la pratique de Rava. La michna ouvre alors un nouveau sujet : celui qui se trompe en priant reçoit un mauvais signe, et Rabbi Hanina ben Dossa reconnaît à la fluidité de sa prière si elle est agréée. La Guemara situe l'erreur dans la bénédiction des Avot, appuie le signe sur un verset d'Isaie, puis développe trois enseignements de Rabbi Yo'hanan sur la récompense qu'aucun œil n'a vue, discutés par Chmouel et Rabbi Abahou. Deux récits montrent la prière de Rabbi Hanina ben Dossa à l'œuvre, et le folio se clôt sur trois règles brèves de Rav Kahana et de Rabbi Yo'hanan touchant le lieu de la prière et l'aveu de la faute.

Perek 6 Keitsad Mevarkhin — Comment récite-t-on les bénédictions · 20 amudim

35a21 segments · 17 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
D'où vient l'obligation de bénir sur la nourriture : de kodech hiloulim à la sevara, et le meila de celui qui jouit du monde sans bénédiction
Le sixième chapitre s'ouvre : la michna fixe la formule de chaque bénédiction selon la catégorie de l'aliment, fruits de l'arbre et fruits du sol, avec deux exceptions dues à l'importance de l'aliment, le vin et le pain, et le désaccord de Rabbi Yehouda sur les légumes. La guemara demande aussitôt la source de l'obligation elle-même et propose le verset du neta revai, kodech hiloulim laHachem, dont les Sages tirent une bénédiction avant et après. Suit une longue mise à l'épreuve : le verset est déjà requis pour le rachat du fruit de la quatrième année, puis pour limiter cette loi à la vigne, et la réponse dépend de la version que l'on enseigne, neta revai ou kerem revai, et de la gezera chava tevouato. Vient ensuite l'extension aux autres espèces, par ma matsinu depuis la vigne, par le tsad hachave de la vigne et du blé sur pied, puis par les sept espèces, chaque étape se heurtant à une réfutation. La guemara renonce à toute dérivation scripturaire et conclut par la sevara : il est interdit à l'homme de tirer profit de ce monde sans bénédiction. Le folio s'achève sur la gravité de cette faute, qualifiée de meila, et sur la contradiction de Rabbi Levi entre deux versets, résolue par la bénédiction elle-même.
35b23 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Jouir du monde sans bénédiction, la part de Tora et la part de travail, et pourquoi le vin seul reçoit une bénédiction propre
Le folio s'ouvre sur la fin de la contradiction entre les deux versets des Tehilim : la terre appartient à Hachem avant la bénédiction, elle est donnée aux hommes après elle. Rabbi Hanina bar Papa en tire que celui qui jouit du monde sans bénédiction vole le Saint béni soit il et l'assemblée d'Israël, puis soulève une seconde contradiction, entre mon blé et ton blé, résolue par la conduite d'Israël. De là naît la grande mahloket entre Rabbi Yichmael, qui lit dans tu récolteras ton blé l'obligation de la derekh erets, et Rabbi Chimon ben Yohai, qui réserve l'homme à la seule Tora. Abaye tranche par l'expérience, Rava organise l'année de ses élèves, et Rabba bar bar Hana oppose deux fois les premières générations aux dernières, sur la place de l'étude et sur la dîme. La seconde moitié revient à la michna : pourquoi le vin a t il sa propre bénédiction ? Quatre explications se succèdent — la transformation, l'impossibilité de formuler, le fait de nourrir, le fait de rassasier — jusqu'à la conclusion que le vin rassasie et réjouit, sans pour autant servir de base à un repas. Le folio se clôt sur l'examen de la bénédiction de l'huile d'olive : bue pure elle nuit, prise avec du pain elle est accessoire, il reste le cas de l'anigueron.
36a24 segments · 36 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Quelle bénédiction pour ce qui a changé de forme : huile, farine, cœur de palmier et câprier
Le folio achève d'abord la discussion sur l'huile d'olive : elle ne reçoit la bénédiction bore péri haets que dans le cas où elle devient l'élément principal du plat, c'est-à-dire chez celui qui souffre de la gorge et en met beaucoup dans l'anigeron. De là, la guemara passe à la farine de blé, objet d'une controverse entre Rav Yehouda et Rav Nahman : un produit transformé garde-t-il la bénédiction du fruit dont il vient ? Rava appuie Rav Yehouda sur l'huile, et la guemara répond en distinguant le produit achevé du produit qui attend encore une amélioration, le pain. Le même critère revient ensuite sous une autre forme avec le cœur de palmier : Rav Yehouda le tient pour un fruit, Chmouel en fait un simple morceau de bois futur, et Rav Nahman bar Yits'hak dégage le principe de l'intention de celui qui plante. Le folio se termine sur le câprier, ses quatre parties comestibles, et le statut de ses câpres à l'égard de la orla hors de la Terre d'Israël.
36b20 segments · 35 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Qu'est ce qui protège un fruit : les trois définitions de Rava, puis les bénédictions du poivre, du gingembre et du havits kedera
Le folio achève d'abord la sougya du câprier ouverte en 36a. La règle qui autorise à suivre hors d'Erets Israël l'opinion indulgente est écartée ici, parce que Beit Chammai face à Beit Hillel ne compte pas comme une opinion enseignée. La Guemara cherche alors une autre raison d'interdire les kaprisin : ils protègent le fruit, et le verset inclut dans la orla ce qui est accessoire au fruit. Rava propose trois définitions successives du chômer laperi, la protection du fruit. La première, présente sur le fruit attaché comme sur le fruit détaché, tombe devant le netz de la grenade. La seconde, présente à l'achèvement du fruit, tombe devant les mithalei des dattes. La troisième est retenue et vérifiée par une expérience : on retire la protection, et l'on regarde si le fruit meurt. La seconde moitié du folio quitte la orla pour les bénédictions : le poivre, le gingembre, la himalta venue des Indes, puis le havits kedera et la dayssa, où Rav Yehouda et Rav Kahana s'opposent sur ce qui est l'essentiel, le miel ou la semoule. Rav Yossef tranche par la règle de Rav et Chmouel : tout ce qui contient l'une des cinq espèces reçoit borei minei mezonot.
37a15 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le riz et le millet face aux cinq espèces : quelle bénédiction pour un aliment qui rassasie sans être du blé
Le folio met à l'épreuve la règle de Rav et de Chmouel : seule une préparation issue des cinq espèces de céréales reçoit la bénédiction bore mine mezonot. Trois objections successives viennent du riz. La première, tirée du pain de riz traité comme un plat cuit, est résolue par une distinction ; la deuxième, tirée de la liste des plats cuits qui inclut le riz, est attribuée à Rabbi Yo'hanan ben Nouri, qui tient le riz pour une céréale ; la troisième, tirée de la baraita du blé et du riz mâché, moulu, cuit au four puis bouilli, emporte la décision et Rav et Chmouel sont réfutés. Le folio examine ensuite la bénédiction d'après pour ce qui n'est pas des sept espèces, et s'achève sur la scène de Jericho où Rabbi Akiva, autorisé à bénir par Rabban Gamliel, récite la bénédiction abrégée et justifie son geste par la règle que son maître lui a enseignée : entre un individu et un grand nombre, la halakha suit le grand nombre.
37b13 segments · 34 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le pain qui a perdu sa forme : miettes, bouillies et pains manques, et la bénédiction qui leur revient
Le folio s'ouvre sur la fin de la baraita de Rabbi Yehouda, qui classe les aliments en trois étages : le pain de blé, les sept espèces et les céréales non transformées en pain, puis ce qui n'appartient à aucune des deux catégories, comme le riz et le millet. La guemara vérifie à qui attribuer la tosefta citée plus haut et finit par corriger sa formulation pour la rendre cohérente avec l'avis des Sages. Vient ensuite la question centrale du folio : jusqu'où une matière céréale garde-t-elle le statut de pain quand elle a perdu sa forme. Rava tranche la bouillie par le principe de Rav et Chmouel, puis Rav Yossef pose pour le havitsa, le plat de miettes, le critère du kazayit ; Abaye l'attaque par les offrandes de farine, et la sougya s'achève sur la position retenue par la halakha : Rav Chechet dispense du kazayit, Rava exige que subsiste la tourita denahama, l'aspect du pain. La fin du folio passe à des pains douteux — teroknin, terita, pain fait pour le koutah — et demande s'ils sont soumis au prélèvement de la halla.
38a16 segments · 28 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ce qui demeure en son état et ce qui se défait : du kouva de-ar'a au miel de dattes, puis la querelle sur HaMotsi et Motsi
Le folio achève la sougya des pâtes cuites hors du four et poursuit une même question sur plusieurs matières : quand un aliment travaillé garde-t-il le statut de ce dont il vient ? Le kouva de-ar'a reçoit bore mine mezonot pour Rav Yossef, parce qu'il s'agit d'une simple pâte délayée, mais Mar Zoutra en fait un repas et récite dessus hamotsi avec le birkat hamazon : l'établissement du repas, la keviout, transforme le statut de l'aliment. Mar bar Rav Achi applique la même question au miel de dattes, qu'il tient pour une simple exsudation et qui reçoit chéhakol ; la Guemara rattache cette position à Rabbi Yehochoua, qui exempte les jus de fruits de terouma du principal et du cinquième. Vient ensuite la térima, le mets pilé, où Ravina doit demander de quelle térima il s'agit avant que Rava ne saisisse la question : les dattes pilées demeurent en leur état et gardent bore péri haets. Puis la chétita, où Rav Hisda concilie Rav et Chmouel par la consistance, épaisse pour la consommation et liquide pour le remède, et où l'objection de Rav Yossef sur le Chabbat conduit à distinguer l'intention de l'homme de l'effet qui advient de lui-même. La dernière partie du folio quitte les matières pour la formule : les Sages et Rabbi Nehemia s'opposent sur le sens de hamotsi, passé ou présent, chacun avec son verset, et Rabbi Zera reproche à un hôte reconnu expert en bénédictions d'avoir dit motsi.
38b15 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le légume cuit garde-t-il sa bénédiction ? Les chélakot, la transmission fautive d'Oulla et l'olive salée de Rabbi Yo'hanan
Le folio referme d'abord la discussion sur la formule du pain : la halakha retient hamotsi le'hem min haarets, parce que les Sages tiennent que ce mot signifie déjà qui a fait sortir, et Tossefot rapporte au nom du Talmud de Jérusalem la raison de forme qui fait préférer cette version. La michna passe ensuite aux légumes, et la guemara y lit un rapprochement décisif : la michna les enseigne sur le modèle du pain, donc le passage par le feu ne fait pas descendre leur bénédiction. De là naît la question centrale du folio : sur les chélakot, les légumes bouillis, dit-on boréi péri haadama ou chéhakol. Rav et Chmouel disent haadama, Oulla au nom de Rabbi Yo'hanan rapporte chéhakol, et Rav Hisda propose une position médiane fondée sur le sens de la transformation : ce que la cuisson améliore monte, ce qu'elle abîme descend. La guemara établit alors que la transmission d'Oulla est fautive, en opposant Rabbi Hiyya bar Abba à Rabbi Binyamin bar Yefet, et Rabbi Zeira aligne trois arguments contre elle, dont le lupin bouilli sept fois et l'olive salée que Rabbi Yo'hanan bénit avant et après. Le folio s'achève sur une objection tirée du maror bouilli, écartée par la distinction entre le goût exigé pour la mitsva et le statut qui commande la bénédiction, puis sur la question de Rabbi Yirmeya : le noyau retiré, l'olive atteignait-elle encore la mesure requise ?
39a14 segments · 23 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La mesure de l'olive, l'ordre des bénédictions chez Bar Kappara, puis le navet, l'eau de cuisson et le pain sec
Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion consacrée à l'olive salée de Rabbi Yo'hanan : une fois le noyau retiré, la mesure du kazayit semble manquer, et la réponse distingue l'olive de référence, qui est l'olive moyenne dite agouri, de la grande olive que l'on avait apportée. Vient ensuite le récit de Bar Kappara et de ses deux disciples, où l'un bénit sur les poulets avant les légumes bouillis et où l'autre s'en moque : la Guemara y cherche une divergence de fond sur l'ordre des bénédictions, entre la priorité de l'aliment préféré (haviv) et la priorité de la bénédiction la plus précise (bore péri haadama), avant de ramener la scène à un autre désaccord, sur le chou qui nourrit. La suite du folio applique une même question à plusieurs préparations : les têtes de navets coupées gros ou fin, le mets de bettes où l'on ajoute de la farine, l'eau de cuisson des légumes, l'aneth mis dans la marmite. Le folio s'achève sur le pain sec trempé dans une écuelle et sur l'exigence de Rabbi Hiya que la bénédiction s'achève avec la rupture du pain, exigence que Rava met aussitôt en difficulté.
39b11 segments · 11 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Le morceau ou le pain entier : sur lequel dit-on hamotsi ? De l'oignon de la terouma au morceau glissé dans l'entier
Le folio ferme d'abord la discussion ouverte en 39a sur le moment de la bénédiction du pain : Rava tranche qu'on achève la bénédiction avant de rompre, les gens de Nehardea suivent encore Rabbi Hiyya, et la halakha se fixe sur Rava. Vient ensuite la question centrale : quand on a devant soi des morceaux et des pains entiers, sur quoi porte la bénédiction ? Rav Houna autorise le morceau, Rabbi Yo'hanan tient que l'entier est la mitsva accomplie de la meilleure manière, et tous s'accordent qu'un morceau de blé l'emporte sur un pain entier d'orge. Rabbi Yirmeya bar Abba veut rattacher ce débat à une controverse de Tanaim sur le prélèvement de la terouma — un petit oignon entier contre la moitié d'un grand —, et la guemara précise que la divergence ne tient que là où aucun kohen n'est présent. Rav Nahman bar Yitzhak indique alors la sortie : celui qui craint le Ciel place le morceau à l'intérieur du pain entier et rompt, ce que la baraita de Chalman confirme et que Rav Nahman salue par un jeu sur son nom. Le folio applique enfin ce geste à Pessa'h, où le le'hem oni impose le morceau, puis passe au chabbat et à ses deux pains, aux usages de Rav Kahana et de Rabbi Zeira, et au pain de l'erouv que Rav Ami et Rav Assi réservent à une seconde mitsva.
40a15 segments · 27 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui interrompt entre la bénédiction et la première bouchée, conseils d'hygiène et de santé, puis la michna sur la bénédiction générale qui acquitte la bénédiction précise
Le folio commence par une question très concrète : une fois hamotsi prononcée, quelles paroles coupent le lien entre la bénédiction et la première bouchée et obligent à la redire ? Rav, Rabbi Yo'hanan et Rav Chechet placent la limite à trois endroits différents, et Rav Chechet la repousse jusqu'à inclure l'ordre donné au sujet du fourrage des bêtes, puisque nourrir sa bête avant soi fait déjà partie de la préparation du repas. Vient ensuite une série d'enseignements de Rava bar Chmouel au nom de Rabbi Hiya, sur le sel et l'accompagnement que l'on pose sur la table avant de rompre, puis sur plusieurs règles d'hygiène et de diététique : le sel après le repas, l'eau après la boisson, les lentilles, la moutarde, les petits poissons, le ketsah dont l'odeur nuit et dont le goût guérit. La dernière partie du folio revient à la halakha des bénédictions : la halakha n'est pas conforme à Rabbi Yehouda qui voulait une formule par espèce, et la michna enseigne qu'une bénédiction plus générale acquitte après coup une bénédiction plus précise. La Guemara rattache cette règle à Rabbi Yehouda, qui tient que la terre est le fondement de l'arbre, et enchaîne sur l'arbre dont mangea Adam avant de donner le critère qui définit un arbre pour la bénédiction.
40b25 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Berakhot 40b -- Chehakol, la formule des sages et ce qui fait une bénédiction
Le folio s'ouvre sur la fin de la règle précédente, puis aborde la clause de la michna selon laquelle celui qui a dit chehakol sur tout aliment s'est acquitté : Rav Houna en excepte le pain et le vin, Rabbi Yo'hanan non. La Guemara tente de rabattre ce désaccord sur la mahloket de Rabbi Meir et de Rabbi Yossi au sujet de celui qui modifie la formule frappée par les sages, puis défait ce rapprochement des deux côtés. Vient l'épisode de Binyamin le berger, qui bénit en araméen après avoir mangé du pain : la Guemara en tire que la langue profane vaut, même lorsque la formule ne décalque pas celle des sages, et enchaîne sur la controverse de fond entre Rav, pour qui une bénédiction exige la mention du Nom, et Rabbi Yo'hanan, qui exige en outre la royauté. La michna suivante fixe chehakol pour ce qui ne pousse pas de la terre, ainsi que pour le vinaigre, les novelot et les sauterelles, et rapporte la position de Rabbi Yehouda sur les espèces de malédiction et sur la préséance des sept espèces. La Guemara y ajoute la baraita sur les truffes et les champignons, la distinction d'Abaye entre croissance et succion, puis une longue discussion sur l'identité des novelot, qui se conclut sur les novelot temara de la liste du demai.
41a12 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Plusieurs espèces devant soi : l'espèce des sept espèces ou l'espèce préférée, l'étendue de la controverse, l'ordre du verset et les mesures qu'il enseigne
Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion des novelot, laissée en difficulté, puis passe à la michna qui traite de plusieurs espèces posées devant un homme : les Sages disent qu'il bénit sur celle qu'il veut, Rabbi Yehouda qu'il bénit sur l'espèce des sept espèces. Oulla limite la controverse au cas où les deux bénédictions sont identiques, et la Guemara l'éprouve par la baraita du radis et de l'olive, qu'elle finit par reconstruire comme incomplète. Rabbi Ami et Rabbi Yitshak Napaha se partagent ensuite entre deux lectures : controverse limitée aux bénédictions identiques, ou controverse également lorsque les bénédictions diffèrent. Dans cette seconde lecture, Rabbi Yirmeya explique que le débat porte sur l'ordre de priorité, et Rav Yossef énonce la règle qui la fonde : ce qui est mentionné en premier dans le verset de l'éloge du pays passe en premier pour la bénédiction. Rabbi Hanan s'y oppose : ce verset n'est venu que pour enseigner des mesures, et le folio déroule alors les mesures attachées au blé, à l'orge, à la vigne, à la figue et à la grenade.
41b8 segments · 20 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Ordre de préséance des bénédictions et statut des aliments servis pendant le repas
Le folio achève d'abord la lecture du verset des sept espèces (Deut. 8, 8) comme réservoir de mesures halakhiques : la grenade donne la taille du trou qui rend pur un ustensile, l'olive la mesure de la plupart des interdits alimentaires, la datte celle de la consommation à Yom Kippour ; le Talmud conclut que ces mesures sont d'institution rabbinique et que le verset n'en est qu'un appui. Le même verset sert ensuite de règle d'ordre : Rav Hisda et Rav Hamnouna, à table devant des dattes et des grenades, établissent qu'on compte le rang d'une espèce à partir du mot erets le plus proche, ce qui place la datte avant la grenade. La sougya passe alors au repas lui-même : quel statut ont des figues et des raisins servis au milieu d'un repas de pain ? Rav Houna et Rav Nahman exigent une bénédiction avant et non après, Rav Chechet exige les deux, Rabbi Hiya n'en exige aucune. Rav Papa tranche en trois cas selon le moment et le lien de l'aliment au repas, et la question posée à Ben Zoma ouvre le problème du vin, qui échappe à la couverture du pain.
42a10 segments · 19 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Quand le repas prend-il fin : achèvement, desserte, huile et dernières eaux ; le pain qui vient en dessert ; les enchaînements immédiats ; et la michna des bénédictions qui en dispensent d'autres
Le folio poursuit le chapitre Keitsad mevarkhin par une série de récits d'école qui cherchent tous le même point : à partir de quel moment un repas est terminé, de sorte qu'il faille une nouvelle bénédiction pour continuer à manger. Rav Houna mange treize pains sans réciter le birkat hamazon et Rav Nahman le reprend : tout ce sur quoi d'autres fixent un repas oblige à bénir. Rav Yehouda tranche ensuite le statut du pat haba'a be-kisnin, le pain qui vient en dessert, et le fait dépendre de la fixation du repas. Rav Papa puis Rava opposent deux critères de clôture, l'achèvement et la desserte, et Rav ajoute l'huile parfumée pour ceux qui y sont habitués. La Guemara écarte tous ces critères au profit d'un seul : les dernières eaux, par la règle des trois enchaînements immédiats de Rabbi Hiya bar Achi au nom de Rav, à laquelle Abaye ajoute un quatrième, la bénédiction qui suit l'entrée des talmide hakhamim. La michna qui clôt le folio passe aux bénédictions qui en dispensent d'autres : le vin, la parpéret, le pain, et la différence entre être assis et être installé en hasséba.
42b14 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Quand une bénédiction en couvre une autre : le vin, la parpéret et la fixation du repas commun
Ce folio poursuit la michna sur l'ordre des bénédictions du repas et pose trois fois la même question : un acte principal absorbe-t-il ce qui vient à côté de lui ? D'abord le vin — Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Levi restreignent la règle de la michna aux occasions où l'on fixe son repas sur le vin, puis une question ouverte oppose six amoraim sur le point de savoir si le vin bu pendant le repas acquitte celui d'après, avec l'objection de Rava à Rav Nahman et sa relecture de la michna. Ensuite les mets : Beit Chammai ajoutent que le plat de marmite n'est pas acquitté, et le Talmud ne parvient pas à déterminer sur quelle clause ils se prononcent — teikou. Enfin les convives : la michna exige l'installation à table pour qu'un seul bénisse pour tous, une braita se contente de l'assise, et Rav Nahman bar Yitshak résout par la convocation préalable en un lieu. Le folio se ferme sur le récit des disciples de Rav, revenant de son enterrement, qui butent sur cette question à leur propre table.
43a19 segments · 32 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La hasseba qui fixe le repas : le pain et le vin ; le vin pendant et après le repas selon Ben Zoma ; celui qui se lave les mains le premier ; les bénédictions sur l'encens et les parfums
Le daf s'ouvre sur la fin du récit de la mort de Rav : Rav Ada bar Ahava déchire son vêtement une seconde fois, car les élèves n'avaient pas achevé d'apprendre les lois de la bénédiction après le repas, et un vieillard anonyme résout la contradiction entre la Michna et la Braita — dire « allons manger à tel endroit » vaut hasseba. La Guemara passe ensuite à la question de savoir si le vin, comme le pain, exige la hasseba pour qu'un seul acquitte tous : Rav et Rabbi Yo'hanan s'opposent, et leur désaccord se lit en deux versions symétriques, l'une portant sur l'exigence de la hasseba, l'autre sur son efficacité. Une Braita décrivant l'ordre complet d'un banquet sert de test aux deux versions. Ben Zoma explique ensuite pourquoi le vin bu pendant le repas ne se prête pas à une bénédiction collective : la gorge est occupée. La Michna enseigne que celui qui a béni sur le vin bénit aussi sur l'encens, parce qu'il s'est lavé les mains le premier aux dernières eaux — d'où l'enseignement de Rav sur le lien entre netilat yadayim finale et birkat hamazon, illustré par la scène de Rav tremblant devant Rabbi. Le daf se poursuit par les bénédictions sur les odeurs : à partir de quand bénir sur l'encens, bore atsei bessamim ou bore miney bessamim, le musc, le baume, et le degré de présence du bois odorant dans une huile parfumée.
43b20 segments · 34 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les bénédictions sur les odeurs, la série de Rav Zoutra bar Tovia, et les six conduites indignes pour un talmid 'hakham
Le folio poursuit le classement des bénédictions sur les parfums : jasmin, nard de mer et narcisse de jardin relèvent de bore atse vessamim, le narcisse sauvage et les violettes de bore issve vessamim, l'etrog et le coing d'une formule propre aux fruits. Rav Zoutra bar Tovia fonde la bénédiction de l'odeur sur le verset kol hanechama tehallel Ya : l'odeur est la seule jouissance dont l'âme profite sans que le corps en profite. Suit une série de cinq enseignements transmis par lui au nom de Rav, reliés par la seule chaîne de transmission, dont la torche qui vaut deux marcheurs et la conduite de Tamar, source de la règle sur la honte publique. La dernière partie oppose Beit Chammai et Beit Hillel sur l'ordre des bénédictions de l'huile et du myrte, que Rabban Gamliel tranche en faveur de l'huile ; le mot gnai, indigne, ouvre alors la braita des six conduites indignes pour un talmid 'hakham, que la guemara commente clause par clause.
44a17 segments · 28 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ikar et tafel : le salé principal et le pain accessoire ; les fruits de Guinossar ; quelle bénédiction après les sept espèces, et par quoi se conclut la berakha méin chalosh
Le daf s'ouvre sur la fin de la Michna du chapitre : quand un aliment salé est apporté en premier et le pain avec lui, la bénédiction se dit sur le salé, qui exempte le pain — d'où la règle générale du ikar (principal) et du tafel (accessoire). La Guemara demande dans quelle situation réelle le pain peut devenir accessoire, et Rav Achi répond : chez ceux qui mangent les fruits de Guinossar, dont la douceur appelle un mets salé pour la contenir. Suit une série d'enseignements aggadiques sur l'abondance de la terre d'Israël : Rabbi Yo'hanan et ses collègues devant les fruits de Guinossar, la ville de Yannaï sur la Montagne du Roi, l'arbre aux pigeonneaux, la ville de Gufnit et ses quatre-vingts paires de frères cohanim. Une seconde Michna ouvre alors la question de la bénédiction après les fruits des sept espèces : Rabban Gamliel exige les trois bénédictions complètes, les Sages une seule bénédiction résumant les trois, et Rabbi Akiva étend les trois bénédictions à tout ce dont on a fait son repas. La Guemara établit le fondement scripturaire de chaque avis dans Devarim 8, donne le texte de la berakha meïn chalosh pour les fruits et pour les céréales, puis discute sa conclusion : « pour la terre et pour ses fruits » ou « pour la terre et pour les fruits », selon qu'on se trouve en Babylonie ou en terre d'Israël.
44b25 segments · 41 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Jusqu'où s'étend la bénédiction finale, et le grand passage sur les aliments qui nourrissent ou qui nuisent
Le folio s'ouvre sur une controverse à trois étages au nom de Rav : sur quels aliments récite-t-on une bénédiction après coup ? Rav Yitshak bar Avdimi s'arrête à l'œuf et à la viande, Rabbi Yitshak ajoute les légumes, Rav Papa ajoute encore l'eau. La pratique de trois maîtres et un signe mnémotechnique illustrent la controverse, puis une michna de Nidda est opposée à Rav Papa : s'il faut bénir après tout aliment, que reste-t-il qui exige une bénédiction avant sans en exiger après ? La réponse passe par les mitsvot, puis par l'usage des gens d'Erets Israël qui bénissaient en ôtant leurs tefilin, et se résout sur les parfums. La suite du folio quitte le registre des bénédictions pour celui de la nourriture : la supériorité de l'œuf, la tige de chou de Rabbi Akiva, et surtout une longue baraita médicale détaillant ce qui est bon ou nuisible pour les dents, les intestins, le teint et la vigueur. Chacune de ses clauses est ensuite reprise et précisée : la rate, les poireaux, le légume cru avant la quatrième heure, l'animal trop jeune, le cou de la bête, le chou, le navet et le petit poisson salé.

Perek 7 Chelocha CheAkhlou — Trois qui ont mangé ensemble · 13 amudim

45a16 segments · 12 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Début du chapitre Chelocha chéakhelou : qui entre dans le compte du zimmun, d'où vient l'obligation, et deux peuvent-ils zimmer s'ils le veulent
Le daf achève le chapitre précédent sur une dernière question de bénédiction — celui qu'un morceau de viande a étouffé et qui boit de l'eau — puis ouvre le chapitre Chelocha chéakhelou. La Michna fixe la règle du zimmun : trois qui ont mangé ensemble sont tenus de s'associer pour la bénédiction, et elle dresse deux listes, ceux que l'on compte dans les trois et ceux que l'on ne compte pas, selon que ce qu'ils ont mangé était permis ou interdit. La Guemara cherche le verset d'où sort l'obligation : Rav Assi l'appuie sur Tehilim 34, 4 et Rabbi Abahou sur Devarim 32, 3. De là, elle enchaîne sur deux règles de voix — celui qui répond amen et le meturgueman ne doivent pas couvrir celui qui bénit ou qui lit. La sougya principale s'ouvre ensuite : deux qui ont mangé ensemble et qui veulent zimmer, le peuvent-ils ? Rav et Rabbi Yo'hanan divergent, et la Guemara leur oppose trois sources successives.
45b24 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Deux qui ont mangé ensemble peuvent-ils faire le zimoun, et jusqu'où s'étend le groupe des trois
Le folio poursuit la controverse entre Rav et Rabbi Yo'hanan sur deux personnes qui ont mangé ensemble : peuvent-elles faire le zimoun si elles le veulent ? La guemara ne sait d'abord pas qui, des deux maîtres, tient chaque position, et tente deux fois de le déterminer (tistayem) : une première fois par un enseignement de Rav sur celui qui est sorti au marché, une seconde fois par un enseignement de Rabbi Yo'hanan sur l'un qui s'acquitte par la bénédiction de son compagnon. En chemin, une baraita sur le zimoun des femmes, des esclaves et des mineurs sert de preuve puis est écartée : trois femmes forment bien trois esprits distincts, mais femmes et esclaves ensemble sont écartés pour un motif de tenue. La seconde moitié du folio déroule les conséquences pratiques : le convive absent que l'on appelle, la différence entre un zimoun de trois et un zimoun de dix où le Nom est mentionné, la mitsva de se séparer quand on est deux, celui qui interrompt son repas pour deux autres, l'épisode des trois maîtres de force égale qui ont bénit chacun pour soi et se sont vu dire par Marimar qu'il n'y a pas de zimoun rétroactif, et enfin ce que répond celui qui arrive au milieu d'un zimoun, ce qui ouvre sur la question du amen après ses propres bénédictions.
46a14 segments · 13 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Qui rompt le pain et qui récite le birkat hamazon, la bénédiction que l'invité adresse à son hôte, et jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun
Le daf s'ouvre sur un récit : Rabbi Abahou avait voué un repas de fête pour les Sages si Rabbi Zeira guérissait, et lorsque le moment vient de rompre le pain puis de bénir, les deux maîtres se renvoient l'honneur en invoquant chacun une règle différente. La Guemara dégage de là trois positions sur le partage des rôles à table : le maître de maison rompt le pain, celui qui rompt le pain récite le birkat hamazon, et la position de Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai, qui sépare les deux offices — le maître de maison rompt, l'invité bénit — chacun pour une raison propre. Elle donne ensuite la formule de la bénédiction que l'invité adresse à son hôte, avec les ajouts de Rabbi. La seconde moitié du daf pose une question de mesure : jusqu'où s'étend la bénédiction du zimmun ? Rav Nahman l'arrête à nevarekh, Rav Chechet la prolonge jusqu'à la fin de la bénédiction hazan. La Guemara tente de rattacher ce différend à deux baraitot qui comptent le birkat hamazon deux et trois, où trois et quatre, puis renonce à ce rattachement et montre que chaque amora peut expliquer les deux baraitot selon son propre raisonnement. Le daf s'achève sur deux preuves que hatov vehametiv n'est pas d'ordre toraique.
46b15 segments · 26 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Hatov vehametiv chez l'endeuillé, le point de retour après l'interruption du zimmun, et les usages du repas : disposition des lits, premières et dernières eaux, préséance
La première moitié du daf achève la démonstration ouverte au verso : hatov vehametiv relève d'une institution rabbinique. Deux arguments la ferment. Le premier tient à la forme des bénédictions : elle ouvre par barouh alors qu'elle suit bone Yerouchalayim, donc elle ne se rattache pas au corps du birkat hamazon. Le second est de Rav Nahman bar Yits'hak : on la supprime dans la maison de l'endeuillé, ce qu'une obligation toranique ne permettrait pas. La Guemara corrige la baraita citée, puis rapporte la formule que Mar Zoutra prononça chez Rav Achi, qui joint la bénédiction du bien à l'acceptation du jugement. Vient ensuite le point laissé en suspens : celui qui a interrompu son repas pour permettre le zimmun, à quel endroit reprend-il sa bénédiction ? La halakha tranche pour le lieu de l'interruption. La seconde moitié quitte la halakha du birkat hamazon pour les usages de la table. Le Reich Galouta oppose à Rav Chechet la science des Perses en matière de repas : ordre des lits selon que les convives sont deux ou trois, ordre du lavage avant et après le repas. Rav Chechet répond par une baraita qui corrige l'usage perse sur un point et qui rattache la préséance du lavage final à la désignation de celui qui bénira. Le daf s'achève sur le récit de Rav tremblant devant Rabbi, puis sur la baraita des lieux où l'on ne cède pas le pas.
47a16 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Où l'on fait honneur, l'ordre à table autour de celui qui rompt le pain, la mesure du amen, et qui se joint au zimmun ou le récite
Le daf achève la baraita commencée au verso : on ne fait honneur ni sur les chemins, ni sur les ponts, ni avec des mains souillées, mais à une porte apte à recevoir une mezouza. Le récit de Ravin et Abaye en donne la mise en pratique et la Guemara en corrige la formulation. Vient ensuite l'ordre à table : les convives attendent que celui qui rompt le pain ait goûté, et celui qui rompt attend que le amen des répondants soit achevé. De là, la Guemara passe à la mesure du amen lui-même : la majorité des répondants suffit selon Rav Hisda, et une baraita écarte trois amen défectueux — hatoufa, ketoufa, yetoma — que Ben Azzai assortit de conséquences. La dernière partie traite du zimmun : jusqu'à quand un retardataire peut s'y joindre, qui récite la bénédiction, puis le retour à la michna sur le demai et la première dîme, avec la règle de Rabbi Abahou au nom de Rech Lakich sur la dîme prise par anticipation alors que le grain est encore en épis.
47b21 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Qui entre dans le compte : le Kouti, le am ha-aretz, l'esclave et le mineur, du zimmun de trois au quorum de dix
Le daf achève d'abord la réponse d'Abaye à Rav Papa sur la terouma guedola devancée, puis reprend la michna clause par clause en demandant chaque fois pourquoi elle énonce une évidence : la réponse construit à chaque fois un cas limite. De là, la Guemara arrive au Kouti et bute sur le am ha-aretz, ce qui ouvre le grand débat sur sa définition — Rabbi Meir et les Sages d'abord, puis une baraita à six opinions que Rav Houna tranche selon Aherim, et le récit grave de Rami bar Hama qui n'a pas voulu inclure Rav Menachya bar Tahlifa. La fin du daf quitte le zimmun de trois pour le quorum de dix : le mineur au berceau comme appoint, neuf et un esclave, l'affranchissement de Rabbi Eliezer et la question de la mitsva accomplie par une transgression, la récompense des dix premiers à la synagogue, puis deux propositions que Rav Nahman corrige — neuf et l'arche, deux et le Chabbat. Le daf s'interrompt sur le katan poreah.
48a10 segments · 11 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le katan dans le compte du zimmun, la majorité qui a mangé du grain, et le kezayit de grain qui permet d'acquitter les autres
Le daf clôt la longue discussion sur le mineur : la Guemara écarte toutes les positions précédentes et retient celle de Rav Nahman, un katan qui sait à qui l'on bénit entre dans le zimmun. Le fait d'Abaye et Rava enfants devant Rabba illustre ce discernement. Vient ensuite la question de la composition du groupe de dix : combien doivent avoir mangé du grain pour que les autres, qui n'ont mangé que des légumes, se joignent à eux ? Rav répond neuf sur dix, Rav Yehouda étend à sept, et Rabbi Zera et Rabbi Yirmeya divergent sur ce que doit être cette majorité. Le récit du roi Yannai et de Chimon ben Chatah ouvre alors la dernière question du daf : Chimon ben Chatah a béni pour eux après n'avoir bu qu'une coupe, et Rabbi Yo'hanan pose la règle qui l'écarte — nul n'acquitte le public de son obligation avant d'avoir mangé un kezayit de grain. La distinction qui en sort tient tout le passage : se joindre au compte, et acquitter les autres, sont deux choses.
48b13 segments · 17 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
L'histoire des quatre bénédictions du Birkat Hamazon, leur source dans la Torah, et la bénédiction que l'on dit avant de manger
Le daf s'ouvre sur la fin de la règle précédente : une feuille de légume et une coupe de vin suffisent pour se joindre au zimmun, mais il faut un kezayit de grain pour acquitter les autres. Rav Nahman retrace ensuite l'histoire des quatre bénédictions du Birkat Hamazon : Moche pour Hazan à la descente de la manne, Yehochoua pour la bénédiction de la Terre à l'entrée en Terre d'Israël, David et Chelomo pour Boné Yerouchalayim, et les Sages de Yavne pour Hatov vehamitiv, après la sépulture des tués de Betar. Une baraita fixe l'ordre des quatre bénédictions et discute où insérer la sainteté du chabbat. La Guemara cherche alors la source scripturaire de chaque bénédiction dans le verset « tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras », avec deux découpages concurrents, celui du tana kama et celui de Rabbi. De là naissent deux questions annexes : d'où vient l'obligation de bénir avant de manger, et d'où vient la bénédiction de la Torah. Le daf se clôt sur le contenu obligatoire de chaque bénédiction, selon Rabbi Eliezer, Nahoum l'Ancien, Rabbi Yossi et Pelimo.
49a22 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le contenu obligatoire des bénédictions du Birkat Hamazon, la règle « on ne conclut pas par deux », et les royautés de Hatov vehamitiv
Le daf achève la baraita commencée au verso sur le contenu des bénédictions : action de grâce au début et à la fin, berit et Torah dans la bénédiction de la Terre, royauté de la maison de David dans « qui rebâtit Jérusalem ». Qui change ces conclusions est un rustre, qui omet ces mentions ne s'est pas acquitté. Vient ensuite la question de la royauté dans Hatov vehamitiv, liée au statut de cette bénédiction : institution rabbinique ou obligation de la Torah. La Guemara ouvre alors une longue discussion sur la conclusion de la troisième bénédiction : Rabbi enseigne qu'on ne conclut pas par deux thèmes, Levi lui oppose cinq formules connues, et Rav Chechet puis Rav Nahman fixent le rapport entre l'ouverture et la conclusion. Rav Hisda raconte comment Rav Chechet s'est fâché contre lui à la maison de l'Exilarque. Le daf se clôt sur les formules de rattrapage pour celui qui a oublié le chabbat, le yom tov ou le roch hodech dans le Birkat Hamazon.
49b18 segments · 11 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Oubli de la mention du jour dans le Birkat Hamazon, la mesure qui oblige au zimoun, et les formules du zimoun selon le nombre
Le daf achève la sougya de celui qui a oublié la mention du jour dans le Birkat Hamazon. Rav fixe deux régimes : tant qu'on n'a pas commencé Hatov vehametiv, une bénédiction de rattrapage suffit ; une fois cette bénédiction commencée, on revient au début. Chemouel distingue ensuite la tefila, obligation dont on ne peut se dispenser, et le Birkat Hamazon, qui dépend d'un repas facultatif : pour Roch Hodech on fait recommencer la première et non le second, tandis que Chabbat et Yom Tov, où le pain est obligatoire, rejoignent le régime du retour au début. La guemara passe alors à la mesure qui oblige au zimoun, kazayit pour Rabbi Meir et kabeitsa pour Rabbi Yehouda, et relève que la michna de Pessahim leur attribue l'inverse : Rabbi Yo'hanan intervertit les positions, Abaye montre que les deux débats se tiennent sur deux plans distincts. La michna suivante graduerait la formule du zimoun selon le nombre de convives, de trois à une myriade, et la guemara s'ouvre sur la règle de Chemouel : que l'homme ne s'exclue jamais de la collectivité.
50a24 segments · 30 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les formules du zimoun comme marque du talmid 'hakham, le nombre des convives, et la division des groupes
Le daf achève la règle de Chemouel : celui qui conduit le zimoun ne s'exclut pas de la collectivité. Rav Ada bar Ahava en tire une preuve de la michna sur les six convives qui se divisent, puis une baraita établit qu'on ne reprend personne sur le choix de la formule. S'ouvre alors une série de couples de formules, où chaque variante trahit celui qui la dit : ouvétouvo contre oumitouvo, hayinou contre 'hayim, nevarekh chi-akhalnou contre lemi chi-akhalnou, baroukh chi-akhalnou contre al hamazon. Rav Houna fils de Rav Yehochoua restreint la dernière règle au zimoun de trois, où le Nom n'est pas mentionné. La guemara revient ensuite à la contradiction interne de la michna sur le nombre des convives : Rav Yossef l'attribue à deux tanaim, Rabbi Yossi le Galiléen graduant la formule selon l'assemblée et Rabbi Akiva la fixant à dix. Rava tranche comme Rabbi Akiva, ce qu'illustrent deux scènes chez le Resh Galouta et une à la synagogue d'Abei Guivar. La nouvelle michna règle enfin la division des groupes, de trois à vingt, et la guemara demande ce qu'elle ajoute à ce qui a déjà été enseigné.
50b15 segments · 24 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Le zimoun déjà acquitté, le vin coupé d'eau, et les égards dus au pain et aux aliments
Le daf achève la sougya des trois convives venus de trois groupes distincts. Rava pose une limite : si les groupes d'origine ont déjà fait le zimoun en les comptant, l'obligation s'est envolée et ne revient plus ; il l'établit par la michna du lit impur qu'on a partagé puis reconstitué, et qui ne retrouve pas son impureté ancienne. Une beraita ajoute que le serviteur commun joint deux groupes qui ne se voient pas. La guemara passe ensuite à la michna sur le vin : Rabbi Eliezer tient que le vin pur, trop fort pour être bu, garde la bénédiction du fruit de l'arbre et sert encore à la netilat yadayim, tandis que les Sages le tiennent pour du vin dans tous les cas. Rabbi Yossi bar Hanina relève que pour la coupe de bénédiction les Sages concèdent à Rabbi Eliezer, au titre de la mitsva accomplie de la plus belle manière. Le daf se referme sur les égards dus à la nourriture : quatre choses dites à propos du pain, la distinction entre ce qui devient répugnant et ce qui ne le devient pas, les usages de noce, et la conduite de celui qui a mis un aliment en bouche avant d'avoir béni.
51a22 segments · 39 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La bénédiction oubliée avant le repas, la coupe d'aspargos, et les dix règles de la coupe de bénédiction
Le daf achève d'abord la question de la bouche pleine : pourquoi recracher ce qui n'est pas repoussant plutôt que de le repousser sur le côté ? Rabbi Yo'hanan répond par le verset « Que ma bouche soit remplie de Ta louange » : la bénédiction demande une bouche entière. De là, on demande à Rav Hisda ce que devient celui qui a mangé sans avoir dit la bénédiction d'avant ; Ravina veut le laisser rattraper jusqu'au bout du repas en s'appuyant sur la bénédiction dite après l'immersion, et la guemara écarte le rapprochement par le principe « une fois écarté, il reste écarté ». Suit une longue série sur l'aspargos, coupe matinale prise à jeun : ses effets contraires selon qu'elle est faite de vin ou de bière, ses six règles d'usage, puis deux listes de trois conseils reçus l'un de l'ange Souriel, l'autre de l'ange de la mort. Le daf s'achève sur les dix choses dites au sujet de la coupe de bénédiction, que Rabbi Yo'hanan réduit à quatre, et sur la question laissée en suspens : la main gauche peut-elle assister la droite ?

Perek 8 Elou Devarim — Voici les points en litige · 5 amudim

51b25 segments · 33 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La fin des règles de la coupe de bénédiction, Oulla chez Rav Nahman, et l'ouverture du chapitre Elou dvarim : les divergences de Beth Chammai et Beth Hillel
Le daf achève la liste des dix choses dites au sujet de la coupe de bénédiction : la main gauche n'assistera pas la droite, on élève la coupe d'un tefah au-dessus du sol d'après « J'élèverai la coupe des saluts », on y fixe le regard pour ne pas s'en distraire, et on l'envoie à la maisonnée pour que l'épouse soit bénie. De là vient le récit d'Oulla chez Rav Nahman : Oulla refuse d'envoyer la coupe à Yalta au nom d'un enseignement de Rabbi Yo'hanan, Yalta brise quatre cents jarres, et lui répond par un proverbe cinglant. Rav Assi ajoute deux règles — on ne converse pas sur la coupe de bénédiction, on ne bénit pas sur une coupe de malheur, c'est-à-dire la seconde d'une paire — puis Rabbi Abbahou fixe la posture : dans tous les cas, on s'assied pour bénir. Le chapitre se clôt par le Hadran, et s'ouvre le huitième chapitre, Elou dvarim, qui aligne huit divergences entre Beth Chammai et Beth Hillel dans la conduite du repas. La guemara commence par la première : faut-il bénir d'abord sur le jour ou d'abord sur le vin ? Beth Chammai invoquent la priorité du jour, Beth Hillel la cause du vin et le principe « le fréquent passe en premier », et la halakha suit Beth Hillel.
52a19 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
L'ordre des bénédictions à la sortie du Chabbat, la coupe de la Birkat Hamazon, et le lavage des mains avant ou après le mélange de la coupe
Le daf s'ouvre sur la fin de la Tossefta précédente : celui qui suit Beth Chammai après la bat qol (voix céleste) qui a tranché comme Beth Hillel s'appuie sur Rabbi Yehochoua, pour qui on ne tient pas compte d'une bat qol. La guemara demande ensuite si Beth Chammai tiennent vraiment que la bénédiction du jour précède celle du vin : une beraita place le vin avant la havdala. Après avoir établi, en deux étapes, que cette beraita est bien de Beth Chammai selon Rabbi Yehouda, la guemara résout la contradiction par une distinction entre l'entrée du jour, que l'on avance, et sa sortie, que l'on retarde. Vient alors une longue série d'objections sur la question de savoir si la Birkat Hamazon exige une coupe de vin selon Beth Chammai : le besoin de goûter, la coupe rendue défectueuse (pagoum), la mesure minimale, la formule « une seule coupe » ; la conclusion pose deux tanaim divergents au nom de Beth Chammai. Le daf s'achève sur la michna du lavage des mains et du mélange de la coupe, expliquée par une Tossefta : chaque école craint une chaîne d'impureté de sens inverse, et la guemara précise les règles de tuma qui la commandent.
52b34 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La coupe, la serviette et les miettes : les craintes croisées de Beth Chammai et Beth Hillel, puis l'ordre des bénédictions de la havdala et la formule sur le feu
La fin du chapitre Elou Devarim achève les divergences de Beth Chammai et de Beth Hillel autour du repas. La guemara demande d'abord sur quoi porte réellement le désaccord du lavage des mains et du mélange de la coupe : Beth Chammai interdisent de se servir d'un ustensile dont le dos a été rendu impur par des liquides, par crainte des éclaboussures, tandis que Beth Hillel l'autorisent et craignent, eux, que la coupe ne rende impurs les liquides des mains, en ajoutant le principe tekhef le-netilat yadayim seuda. Vient ensuite la Tossefta de la serviette : chaque école redoute une chaîne d'impureté de sens inverse, l'une vers les mains par le coussin, l'autre vers les aliments par la table de deuxième degré. Puis le balayage de la maison et les mayim aharonim, ou le statut du serviteur, talmid 'hakham ou am ha-arets, commande tout ; Rav Houna y tranche comme Beth Chammai, et Rabbi Ochaya enseigne l'inverse. Le daf se poursuit par l'ordre des bénédictions à la sortie du Chabbat, avec la version de Rabbi Yehouda que suit l'usage, puis par la formule de la bénédiction sur le feu : bara ou boré, maor ou meoré. Il s'achève sur la lampe et les aromates des non-Juifs et la notion de feu qui a chômé.
53a34 segments · 31 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La lampe et les aromates de la havdala : quelle lumière mérite une bénédiction, et quelle odeur
Le daf poursuit la michna sur les bénédictions de la sortie du Chabbat. Il précise d'abord ce que signifie « une lumière qui a chômé » : elle a chômé d'un travail de transgression, et non de tout travail, si bien que la lampe allumée pour une accouchée ou pour un malade reste valable. Une longue discussion suit sur la lampe allumée par un non-Juif à partir d'un autre non-Juif ; elle passe par la nature de la flamme, qui se renouvelle sans cesse, et par le cas de celui qui transporte une flamme dans le domaine public, avant de s'achever sur un décret rabbinique. La guemara dégage ensuite le critère central du chapitre : on ne bénit que sur une lumière faite pour éclairer, d'où les distinctions entre le début et la fin de la cuisson d'un four, entre la synagogue éclairée pour un homme de marque et celle éclairée pour l'assemblée, et entre les lampes des convois funèbres. La dernière partie applique la même règle aux aromates : ceux des latrines, l'huile qui ôte la graisse, l'encens des rues de Tibériade et de Tsipori, et le marché d'idolâtrie.
53b33 segments · 25 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Voir la flamme et en profiter, retourner au lieu du repas oublié, la durée de la digestion et les eaux qui encadrent la table
La fin du chapitre Elou Devarim règle d'abord les conditions de la bénédiction sur le feu à la sortie du Chabbat : la michna exige que l'on en tire profit (yéotou), et la guemara oppose deux lectures, celle de Rav, pour qui il suffit que la lumière soit utilisable par qui se tiendrait à proximité, et celle de Rava, qui exige un profit réel, mesuré par la capacité à distinguer deux pièces ou deux poids. Une beraita sur les charbons rougeoyants et une question d'orthographe sur omémot complètent le dossier. Le daf passe ensuite à celui qui a oublié de réciter le birkat hamazon : Rav Zevid limite la divergence de Beth Chammai et de Beth Hillel au cas de l'oubli, la baraita de la bira met en balance la bourse perdue et l'honneur du Ciel, et deux récits, celui des deux disciples et celui de Rabba bar bar Hana, illustrent l'enjeu. Viennent enfin la mesure de la digestion, la valeur comparée de celui qui bénit et de celui qui répond amen, et le verset Véhitkadichtem qui ordonne les premières eaux, les dernières eaux, l'huile et la bénédiction.

Perek 9 HaRoe — Celui qui voit · 21 amudim

54a16 segments · 38 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Les bénédictions du spectacle du monde : miracles, forces de la nature, et les limites de la prière
Le daf ouvre le neuvième chapitre, Ha-roe, consacré aux bénédictions qui ne dépendent pas d'une heure fixe mais d'un événement rencontré. La michna énumère ce que l'on voit ou ce que l'on apprend et la formule qui lui correspond : lieu d'un miracle, lieu d'où l'idolâtrie a été déracinée, phénomènes célestes, reliefs et grandes eaux, pluies, bonnes et mauvaises nouvelles, maison neuve. Elle pose ensuite deux principes : on bénit sur le mal comme sur le bien, et une demande portant sur un fait déjà accompli est une prière vaine (tefilat chav). La michna se poursuit par des règles de déférence envers le mont du Temple et par deux institutions post-exiliques : la conclusion des bénédictions « du monde et jusqu'au monde », et le salut par le Nom. La Guemara demande la source de la bénédiction sur le miracle, la trouve dans la bouche de Yitro, puis distingue le miracle destiné au public du miracle destiné à un individu à travers les mésaventures de Mar fils de Ravina.
54b23 segments · 29 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les lieux de miracle et leurs bénédictions, la pierre d'Og, les quatre qui doivent rendre grâce et ceux qui ont besoin d'être gardés
Le daf poursuit la baraita des lieux où l'on doit louange et action de grâce. Il raconte d'abord l'embuscade des Émorites aux passages du torrent Arnon, déjouée par l'arche qui aplanissait les montagnes, puis explique les pierres d'elgavich, suspendues par le mérite de Moche et tombées par celui de Yehochoua. Vient ensuite le récit de la pierre qu'Og roi du Bachan voulut jeter sur Israël, avec la lecture de Rech Lakich sur « tu as brisé les dents des méchants », lue « tu as allongé ». La guemara règle deux difficultés de la baraita : la femme de Lot, qui est un malheur et non un miracle, appelle « Dayan haémet », et Lot lui-même « zokher hatsadikim » ; la muraille de Yeriho, dite tombée dans le verset, a bien été engloutie parce que sa largeur égalait sa hauteur. La seconde moitié du daf ouvre le dossier de la birkat hagomel : Rav Yehuda énumère les quatre qui doivent rendre grâce d'après le psaume 107, on discute la formule, le quorum de dix et la présence de deux maîtres, et le récit de Rav Yehuda guéri montre qu'un tiers peut bénir à la place du rescapé s'il répond amen. Le daf s'achève sur les listes de Rav Yehuda : ceux qui ont besoin d'être gardés, et les trois manières de prolonger qui allongent les jours.
55a17 segments · 28 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Ce qui allonge et ce qui abrège les jours, la nomination du dirigeant, et l'ouverture de la sougya des rêves
Le daf achève la série de Rav Yehuda sur les conduites qui allongent les jours et il en résout les objections : prolonger sa prière vaut à condition de ne pas compter sur son exaucement, prolonger aux latrines vaut à condition de ne pas s'y suspendre. Il énonce ensuite les trois conduites qui abrègent les jours, chacune adossée à un verset, et la mort de Yossef avant ses frères en fournit l'illustration. Vient alors une série sur ce qui dépend directement du Ciel : trois choses requièrent miséricorde, trois autres sont proclamées par le Saint béni soit-Il Lui-même, dont le bon parnas. De là, la Guemara tire la règle de nomination des dirigeants, qui exige la consultation de la communauté, et elle développe la figure de Betsalel : son nom, sa sagesse, sa capacité à rétablir l'ordre exact de l'ordre divin, et le principe que la sagesse n'est donnée qu'à qui en possède déjà. Le daf s'ouvre enfin sur le grand traité des rêves, avec les maximes de Rav Hisda et le rapport du grain à la paille.
55b21 segments · 18 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Le rêve suit la bouche : qui voit quel rêve, comment on améliore un mauvais rêve, et d'où vient la matière du songe
Le daf poursuit le grand traité des rêves. Il achève d'abord la démonstration de Rabbi Berekhya sur le second rêve de Yossef, puis fixe avec Rabbi Levi le délai pendant lequel on doit attendre l'accomplissement d'un bon rêve. Rav Huna énonce ensuite un principe renversant : l'homme juste ne voit pas de bon rêve et l'homme mauvais ne voit pas de mauvais rêve, principe illustré par David et Ahitofel, puis confronté à deux objections qui obligent à le préciser. Vient la partie pratique : la hatavat halom devant trois personnes avec ses neuf versets, la prière à dire pendant la birkat kohanim, la sauvegarde contre le mauvais œil et la conduite du malade, transmises par Ameimar, Mar Zoutra et Rav Achi. Le daf se clôture sur la doctrine de l'interprétation : tous les rêves suivent la bouche, avec la restriction de Rava, et sur l'origine de la matière onirique, qui vient soit d'un ange soit d'un chede, et toujours des pensées du cœur.
56a19 segments · 44 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Le rêve suit la bouche : les deux rois, puis l'affaire de bar Hadya, Abaye et Rava
Le daf ouvre par deux récits parallèles : César demande à Rabbi Yehochoua fils de Rabbi Hanania ce qu'il verra en rêve, Chapour demande la même chose à Chemouel. Chacun des deux sages annonce à son roi la défaite par l'empire rival ; le roi y pense tout le jour et le voit la nuit. Vient ensuite le long récit de bar Hadya, interprète de rêves qui donnait un sens favorable à qui le payait et un sens défavorable à qui ne le payait pas. Abaye et Rava voient les mêmes rêves : Abaye paie, Rava ne paie pas, et treize rêves identiques reçoivent deux séries d'interprétations opposées, qui toutes se réalisent. Rava finit par payer et reçoit alors des annonces favorables. La découverte du livre tombé de bar Hadya, où est écrit que tous les rêves suivent la bouche, révèle à Rava que l'interprète disposait du sens et l'avait tourné contre lui. Rava le maudit ; bar Hadya s'exile chez les Romains, où son propre principe se retourne contre lui à cause d'un zouz refusé.
56b21 segments · 27 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Le lexique du songe : la fin de bar Hadaya, les interprètes et leurs procédés, et les versets qu'il faut dire avant que le mal ne devance le bien
Le daf s'ouvre sur la fin de bar Hadaya, l'interprète de rêves que Rava avait maudit : livré aux Romains, il meurt fendu en deux entre deux cèdres. Viennent ensuite quatre scènes d'interprétation qui montrent le métier à l'œuvre : Rabbi Yichmael avec son neveu Ben Dama, Rabbi avec bar Kappara, puis Rabbi Yichmael face à un min dont il lit les rêves un à un comme un acte d'accusation, et enfin le rêve de Cappadoce déchiffré par le grec. La sougya passe alors du récit au répertoire : Rabbi Hanina, Rabbi Natan et Rava sur le puits, Rabbi Hanan sur les trois signes de paix, puis la longue règle de Rabbi Yehochoua ben Levi, qui commande de se lever tôt et de dire soi-même le verset favorable avant qu'un verset défavorable ne prenne les devants. Le daf se poursuit par les symboles animaux et végétaux — roseau, courge, bœuf, âne, chat, raisins, cheval, chameau, éléphant — et s'interrompt sur une objection encore ouverte concernant l'éléphant et le singe.
57a22 segments · 36 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Le catalogue des signes de rêve : noms et mots écrits, actes du culte, fruits, animaux, lieux, et le cas du vin
Le daf poursuit la longue liste des signes de rêve commencée au verso : chaque image vue en rêve reçoit une annonce, appuyée sur un verset, sur un notarikon ou sur un jeu de mots. L'ordre suit des familles : les noms porteurs de la lettre noun et le mot hesped, puis les actes du culte (kaddish, Chema, tefillin, prière), puis quatre unions interdites vues en rêve qui annoncent quatre acquisitions d'étude, puis les céréales et les fruits, les animaux, les objets fragiles, enfin les actes et les lieux. Reviennent avec insistance des restrictions qui limitent le signe à un cas précis : seulement si le mot était écrit, seulement s'il n'avait pas fini sa prière, seulement s'il ne la connaissait pas, seulement si le myrte était encore sur sa tige. Trois récits d'Amoraim viennent vérifier la liste sur eux-mêmes : Rav Achi et l'oie, Rav Pappa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua avec le marais et la forêt, Rav Chechet qui avait tué un serpent en rêve et lit le signe à son avantage. Le daf s'achève sur le vin, seule boisson dont le signe reste double, et sur la correction de Rabbi Yo'hanan qui le rend toujours favorable au talmid 'hakham.
57b22 segments · 34 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La fin du lexique des rêves : les triades de figures et de livres, les listes de trois, cinq, six et dix, puis le retour à la michna avec les berakhot sur l'idolâtrie déracinée et sur Bavel la mauvaise
Le daf achève le répertoire des signes du rêve ouvert dans les pages précédentes. Il procède d'abord par triades : trois rois, trois prophètes, trois grands et trois petits livres des Ketouvim, trois sages, trois talmide hakhamim, chaque série distribuant ses trois figures entre la piété, la sagesse et le malheur. Viennent ensuite les règles générales par espèces — bêtes, métaux, fruits, légumes, couleurs, oiseaux — chacune favorable sauf une courte liste d'exceptions que la Guemara doit accorder avec des enseignements contraires. La sougya glisse alors vers des listes numériques qui ne parlent plus du rêve : trois qui entrent dans le corps sans profit, trois qui profitent sans y entrer, trois qui sont un avant-goût du monde à venir, cinq qui sont un soixantième d'une réalité plus grande, six bons signes pour le malade, six remèdes et dix rechutes. Après un dernier passage sur le mort vu en rêve, la Guemara revient à la michna et traite les berakhot dites devant un Markoulis, devant un lieu d'où l'idolâtrie a été déracinée, et les cinq berakhot de Rav Hamnouna sur les ruines de Bavel.
58a17 segments · 19 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Les bénédictions sur les foules, les sages et les rois : Ben Zoma, Rav Chechet devant le cortège royal et Rabbi Chila devant le pouvoir
Le daf enchaîne sur les bénédictions que l'on dit devant ce que l'on voit. Il commence par la foule : six cent mille d'Israël appellent « Sage des secrets », parce que les pensées et les visages y diffèrent sans se répéter, tandis qu'une foule de nations appelle un verset de honte. Ben Zoma en tire deux enseignements sur la reconnaissance : les onze travaux d'Adam pour un pain et les cinq pour un vêtement, puis le partage entre le bon hôte et le mauvais hôte. La suite passe aux sages et aux rois, avec une formule différente pour Israël et pour les nations, et la consigne de Rabbi Yo'hanan de courir au-devant des rois. Deux récits occupent la fin : Rav Chechet, aveugle, qui reconnaît la venue du roi au silence et non au bruit, et Rabbi Chila traduit devant le pouvoir perse, sauvé par le verset « À Toi, Hachem, la grandeur ». Le daf se ferme sur deux lectures de ce verset, celle de Rabbi Chila et celle de Rabbi Akiva.
58b15 segments · 37 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les berakhot de ce que l'on voit : maisons habitées et maisons en ruines, tombes, retrouvailles, sages et foules, corps hors du commun, puis les astres, la comète et l'équilibre de Kessil et de Kima
Le daf poursuit le catalogue des berakhot dues à la vue. Il ouvre sur les maisons : celles d'Israël habitées ou en ruines, celles des nations habitées ou en ruines, chacune avec sa formule propre. De là, la Guemara passe au récit de Oulla et de Rav Hisda devant la maison ruinée de Rav Hana bar Hanilai, où sont rapportées la mesure du soupir selon Rav et selon Rabbi Yo'hanan, la générosité de cette maison, puis le décret porté sur les maisons des justes depuis la destruction du Temple et la promesse de leur rétablissement. Viennent ensuite les berakhot sur les tombes, celles que l'on dit en revoyant un compagnon après trente jours ou après douze mois, et l'épisode de Rav Papa et de Rav Houna fils de Rav Yehochoua devant Rav Hanina fils de Rav Ika, où se trouve la berakha du Sage des secrets. La sougya traite alors des corps hors du commun et résout une contradiction par la distinction entre ce qui existe depuis le ventre de la mère et ce qui survient après la naissance. Le daf revient enfin à la michna sur les zikin : la comète selon Chemouel, les trois réponses au problème de son passage devant Kessil, l'équilibre entre la chaleur de Kessil et le froid de Kima, le dard du Scorpion dans le fleuve de feu, puis le sens des noms Kima et Ach.
59a15 segments · 32 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Ce qui ébranle le monde : Kima et Ich, les tremblements de terre, les tonnerres, les vents, les éclairs et l'arc-en-ciel
Le daf poursuit l'explication des phénomènes sur lesquels la michna fait bénir. Il achève d'abord le récit des deux constellations : Kima a perdu deux étoiles quand le déluge a été ouvert, Ich en a perdu deux quand l'ouverture a été bouchée, et Ich marche depuis derrière Kima en réclamant ses enfants. Trois objections examinent pourquoi les étoiles n'ont pas été rendues ni remplacées, et Rav Nahman annonce leur restitution future. Vient ensuite le tremblement de terre : le récit de Rav Ketina devant le nécromancien, puis cinq explications du gouha, chacune appuyée sur un verset. Le même traitement est applique aux tonnerres, aux vents de tempête et aux éclairs, avec des indications pratiques sur ce qui annonce un malheur et sur la prière qu'il appelle. La fin du daf passe à l'arc-en-ciel, à sa berakha double selon Rav Papa, puis à la distinction d'Abaye et de Rava entre les deux formules de la michna, et se ferme sur le firmament pur, que Rav Hisda déclare invisible depuis la destruction du Temple.
59b17 segments · 25 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Le soleil a son point de départ, les fleuves du commencement, puis la berakha sur la pluie et la ligne de partage entre Chehe'heyanou et haTov vehaMetiv
Le daf ouvre sur la baraita de celui qui voit le soleil à son tekoufa, la lune dans sa force, les étoiles et les constellations dans leur ordre : il dit « qui fait l'œuvre du commencement ». Abaye fixe le moment de ce retour tous les vingt-huit ans, et Rachi en donne le calcul par les heures planétaires et le décalage de sept heures et demie entre deux tekoufot. La sougya passe aux eaux qui sont restées dans leur cours d'origine, l'Euphrate et le Tigre, puis à l'explication de leurs noms et aux traits des gens de Me'hoza. Le corps du daf est ensuite consacré à la pluie : la michna prescrit haTov vehaMetiv, Rabbi Abahou enseigne la formule « Nous Te rendons grâce pour chaque goutte », et la Guemara cherche comment tenir les deux. Trois distinctions sont essayées, entendre ou voir, peu ou beaucoup, posséder ou non une terre, jusqu'à la règle générale de la baraita : Chehe'heyanou sur ce qui est à lui seul, haTov vehaMetiv sur ce qui est à lui et à un autre. Cette règle est ensuite éprouvée par trois cas, la naissance d'un fils, l'héritage du père et le changement de vin. Le daf se ferme sur la michna de la maison neuve et des ustensiles neufs, avec la mahloket de Rav Houna et de Rabbi Yo'hanan sur celui qui possède déjà des objets semblables.
60a30 segments · 22 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Bénir sur le mal comme sur le bien, la prière qui arrive trop tard, et les prières des lieux de danger
Le folio achève d'abord la discussion sur la bénédiction du neuf : deux versions opposent Rav Houna et Rabbi Yo'hanan sur le cas de celui qui possède déjà un objet semblable et en achète un autre, et sur celui qui a acheté autrefois et achète de nouveau. Une baraita où s'affrontent Rabbi Meir et Rabbi Yehouda sert de pierre de touche. La michna prend ensuite le relais : on bénit sur le mal comme sur le bien. La guemara donne deux cas où le présent et l'avenir divergent — la digue rompue qui déposera du limon, l'objet trouvé que le roi peut confisquer — et fixe la règle : la bénédiction suit l'état présent. Vient alors la prière vaine, celle qui porte sur ce qui est déjà fixé. L'objection tirée de Léa et de la naissance de Dina reçoit deux réponses : on ne légifère pas d'après un miracle, et le cas de Léa se situait dans les quarante premiers jours, où la baraita des cinq demandes laisse encore place à la prière. Hillel, qui entend un cri dans la ville sans s'effrayer, illustre le verset « il ne craint pas une mauvaise nouvelle ». Le folio se clôt sur les formules à dire aux lieux de danger : entrée et sortie de la grande ville selon Ben Azzai, entrée et sortie des bains publics, et prière avant la saignée. Abaye intervient deux fois pour corriger une formule : on n'ouvre pas la bouche au Satan, et le médecin a reçu l'autorisation de guérir.
60b13 segments · 13 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Les bénédictions de la journée, du seuil des latrines au réveil, puis l'obligation de bénir sur le mal comme sur le bien
Le folio déroule d'abord un formulaire complet de bénédictions attachées aux gestes ordinaires de la vie : ce que l'on dit en entrant aux latrines et en en sortant (acher yatsar), la lecture du Chema et la bénédiction du coucher, la restitution de l'âme au réveil (Élokai nechama), puis la série des birkhot ha-chahar attachées chacune à un geste précis — le chant du coq, l'ouverture des yeux, le fait de s'asseoir, de s'habiller, de se redresser, de poser le pied à terre, de marcher, de se chausser, de se ceindre, de se couvrir la tête — et enfin les bénédictions du tsitsit, des tefilin et du lavage des mains. Une courte discussion oppose Rav, Chmouel et Rav Chechet sur la conclusion de acher yatsar ; Rav Papa tranche en réunissant les deux formules. La seconde moitié du folio revient à la michna : l'homme est tenu de bénir sur le mal comme il bénit sur le bien. La guemara écarte l'idée d'une même formule pour les deux cas, puisque la michna elle-même distingue Hatov vehametiv et Dayan ha-émet ; Rava explique donc que la michna porte sur la manière de recevoir : avec joie. Quatre appuis scripturaires sont apportés, puis la règle de Rabbi Meir et de Rabbi Akiva — tout ce que fait le Ciel, c'est pour le bien — illustrée par le récit de Rabbi Akiva sur la route, qui perd en une nuit sa lampe, son coq et son âne, et se trouve par là même sauvé d'une troupe armée.
61a29 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les deux yod de vayyitser : deux penchants, deux visages, et la lecture du corps humain comme conseil, compréhension et parole
Le folio s'ouvre sur la fin du récit de Rabbi Akiva (tout ce que fait le Ciel est pour le bien) et sur la règle de Rav Houna au nom de Rav : peu de mots devant le Ciel. Il enchaîne ensuite sur la grande dracha du double yod de vayyitser, dans le verset de la formation de l'homme. Trois lectures sont proposées : deux penchants créés en l'homme, la plainte de Rabbi Chimon ben Pazi (malheur à moi du fait de mon Créateur, malheur à moi du fait de mon penchant), et les deux visages de Rabbi Yirmeya ben Elazar. De là naît la mahloket centrale du daf : Rav et Chemouel sur le sens de tsela, visage entier ou appendice, chaque position devant rendre compte de cinq expressions du récit de la Genèse. Le daf glisse enfin vers la conduite pratique — ne pas marcher derrière une femme, la hiérarchie de Rabbi Yo'hanan et ses conditions — puis revient à l'anatomie morale : le mauvais penchant comparé à une mouche ou à un grain de blé, les deux reins qui conseillent, et la liste des organes selon leur fonction.
61b16 segments · 31 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Les deux penchants et leurs juges, le martyre de Rabbi Akiva sur le mot Ehad, et la retenue devant le lieu du Temple
Le folio achève d'abord la liste aggadique des organes et de leurs fonctions : chacun a sa tâche, et l'échange des rôles entre l'estomac qui endort et le nez qui réveille conduit à la mort. Vient ensuite la classification des hommes selon celui qui les juge : le bon penchant chez les justes, le mauvais penchant chez les méchants, les deux chez les intermédiaires. Rabba se range parmi les intermédiaires, Rava et Rav prolongent la question par la place respective de ce monde-ci et du monde à venir. Le cœur du folio est la lecture de « et tu aimeras Hachem ton D.ieu de toute ton âme » : Rabbi Eliezer y voit deux catégories d'hommes, ceux qui tiennent au corps et ceux qui tiennent à l'argent ; Rabbi Akiva y lit l'obligation de donner sa vie. La guemara raconte alors comment il l'a accomplie : la parabole du renard et des poissons face au décret romain, l'arrestation, les peignes de fer, le Chema récité jusqu'au dernier souffle sur le mot Ehad, la protestation des anges et la réponse de D.ieu. Le folio se clôt sur la michna de la retenue devant la porte orientale : Rav et Rabbi Yo'hanan en limitent la portée, puis quatre baraitot règlent l'orientation lors des besoins naturels en Judée, en Galilée et hors d'Erets Israël, avec la conduite de Rabba comme conclusion pratique.
62a22 segments · 40 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La maison d'aisance comme lieu d'étude : trois règles apprises par observation, la main gauche, et la mesure de l'éloignement
Le folio est tout entier consacré à la conduite à la maison d'aisance, traitée comme une matière d'étude à part entière. Il s'ouvre sur trois récits parallèles : Rabbi Akiva entre derrière Rabbi Yehochoua, Ben Azai derrière Rabbi Akiva, Rav Kahana se glisse sous le lit de Rav — chaque fois un reproche, chaque fois la même réponse : c'est de la Torah, et j'ai besoin d'apprendre. La Guemara demande ensuite pourquoi on s'essuie de la main gauche et rassemble quatre raisons amoraiques, qu'elle rattache à une divergence de tannaim. Vient alors le thème de la pudeur (tseniout) comme protection contre les serpents, les scorpions et les démons, avec les usages de Rabbi Ami et Rabbi Assi, d'Abaye et de Rava. La dernière partie fixe la mesure de l'éloignement requis : divergence entre Oula et Issi bar Natan, deux objections tirées des lois de pureté, la réinterprétation de Rav Achi, puis la définition du tsanoua et la question de la nuit.
62b25 segments · 33 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La pudeur au lieu d'aisance, la modestie de Chaoul qui lui sauve la vie, le recensement et la peste, et la déférence due au mont du Temple
Le folio prolonge d'abord les conseils d'hygiène et de conduite : les maximes de Ben Azzai sur la couche et le siège, celles de Chmouel sur le sommeil et l'évacuation à l'aube, puis les sentences brèves de Bar Kappara, qui recommandent de ne rien différer. Abaye enseigne à ses élèves à ne pas regarder de côté sur les sentiers de Mehoza, et l'épisode de Rav Safra et de Rabbi Abba pose la question de la parole au lieu d'aisance : la baraita de Tamid interdit d'y parler, mais Rav Safra a cru à un danger, car retenir ses besoins rend malade. La sougya passe ensuite au récit de la grotte. David reproche à Chaoul de l'avoir poursuivi, et le verset « et il a dit de te tuer, et il a eu pitié de toi » est lu par Rabbi Elazar comme l'aveu que la pudeur de Chaoul l'a sauvé : selon la loi du poursuivant, David pouvait le tuer. De là découlent trois développements : le mépris du vêtement, qui frappera David vieillissant ; le mot « inciter » adressé à Hachem, qui entraîne le recensement sans rançon et la peste ; et la question « que vit-Il ? » lorsque la peste s'arrête, avec quatre réponses des Amoraim. Le folio revient enfin à la michna sur le mont du Temple : le sens du mot kappandaria, la permission d'y passer dans une synagogue quand on n'y est pas entré pour cela, et le kal va-homer qui interdit de cracher, discuté entre Rava et son interlocuteur.
63a27 segments · 40 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La synagogue comme sa maison, les bénédictions du Temple, et « il est temps d'agir pour Hachem » comme règle de conduite
Le folio achève la sougya du respect du lieu saint : Rava écarte le raisonnement par comparaison avec le mont du Temple et pose que la synagogue se règle sur ce qui se fait dans sa propre maison — le raccourci y est interdit, cracher et porter la chaussure y sont permis. Vient ensuite l'explication de la michna sur la formule de conclusion des bénédictions au Temple : puisqu'on n'y répond pas amen, il fallait une formule propre, tirée de deux versets de Nehemia. La michna sur le salut au moyen du Nom conduit au verset « il est temps d'agir pour Hachem, ils ont annulé Ta Torah », que Rava lit dans les deux sens. De là part une longue série d'enseignements de conduite : la règle de Hillel sur le moment de disperser et celui de rassembler, les maximes de Bar Kappara, les baraitot de Rabbi sur les amis, l'intendant et le nazir, puis la chaîne terouma-sota-richesse et le thème de la subsistance. Le folio se clôt sur l'affaire de Hanina, neveu de Rabbi Yehochoua, qui intercalait les années en dehors de la Terre d'Israël : deux envoyés contredisent systématiquement ses décisions jusqu'à la menace de nidouy.
63b24 segments · 29 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La fin de l'affaire de Hanina et le monopole de Tsion sur le calendrier, puis le kerem de Yavne : l'honneur de la Torah et l'honneur de celui qui reçoit
Le folio achève d'abord le récit commencé au folio précédent : Hanina, neveu de Rabbi Yehochoua, intercalait les années et fixait les mois en Babylonie, et les sages d'Erets Israël envoient un message d'une dureté extrême pour l'arrêter. La raison tient en un verset : de Tsion sortira la Torah. La guemara relève au passage une anomalie de droit : un sage n'a pas le droit de déclarer pur ce que son collègue a déclaré impur, et les envoyés l'ont pourtant fait, pour que le public ne se laisse pas entraîner. S'ouvre ensuite une longue baraita : la réunion des sages au kerem de Yavne. Quatre maîtres y prennent la parole. Rabbi Yehouda traite de l'honneur de la Torah, à partir de la tente que Moche dressait hors du camp, puis à partir du mot hasket du Deutéronome, qu'il lit de trois manières. Rabbi Nehemia, Rabbi Yossi et Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi le Galiléen traitent de l'honneur de l'akhsania, chacun par un kal va-homer tiré d'un hôte qui n'avait pourtant reçu qu'un intérêt propre : Yitro, les Égyptiens, et l'arche chez Oved-Edom.
64a15 segments · 13 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Forcer l'heure où s'effacer devant elle, les formules de congé, et la paix qui achève le traité
Le folio achève d'abord le compte des enfants d'Oved-Edom commencé au folio précédent, puis ouvre une série de paroles de Rabbi Avin HaLevi. La première pose une règle de conduite : qui force l'heure, l'heure le force ; qui s'efface devant l'heure, l'heure s'efface devant lui. La guemara l'illustre par le choix entre Rabba et Rav Yossef à la tête de la yechiva : Erets Israël répond que Sinaï passe avant celui qui arrache des montagnes, et Rav Yossef refuse pourtant la charge à cause d'une annonce des astrologues chaldéens ; il régnera finalement deux ans et demi, après les vingt-deux ans de Rabba. Viennent ensuite quatre autres paroles du même maître : Yaacov comme maître de la poutre qui doit prier pour ses fils, le repas partagé avec un talmid 'hakham comparé à l'éclat de la Chekhina, et les deux formules de congé, lekh le-chalom pour un vivant et lekh be-chalom pour un mort. Le traité se ferme sur trois énoncés enchaînés par le même verset des Psaumes : celui qui passe de la synagogue au beit hamidrach reçoit la face de la Chekhina, les talmidei hakhamim n'ont de repos ni en ce monde ni dans le monde à venir, et ils augmentent la paix dans le monde.
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