42a11 segments · 36 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Hadran sur HaShochet, et le début d'Elou Tereifot : la liste des dix-huit tereifot et l'allusion scripturaire
Le daf clôt d'abord le chapitre HaShochet (segment 0 : on n'aurait pas su, sans Rabbi Elazar, que celui qui abat pour l'holocauste de l'accouchée de sa femme rend l'abattage invalide, car peut-être a-t-elle avorté sans que cela soit notoire) ; puis vient le Hadran. S'ouvre alors le chapitre Elou Tereifot, dont la michna énumère les lésions qui rendent une bête tereifa (interdite à la consommation) : oesophage perforé, trachée sectionnée, membrane du cerveau perforée, cœur perforé jusqu'à sa cavité, colonne brisée avec moelle coupée, foie totalement enlevé ; poumon perforé ou manquant (Rabbi Chimon : seulement jusqu'aux bronches) ; caillette, vésicule biliaire, intestins grêles, panse, feuillet et bonnet perforés ; chute du toit, majorité des côtés brisées, griffure d'un prédateur (Rabbi Yehouda détaille les couples prédateur/proie). Le principe : tout [animal] dont une bête semblable ne pourrait vivre est tereifa. La Guemara cherche enfin l'allusion scripturaire au fait que la tereifa ne survit pas : Rabbi Chimon ben Lakich la tire de 'voici l'être vivant que vous mangerez' (Lévitique 11:2), lue 'le vivant, mangez-le ; le non-vivant, non'. La sougya confronte cette lecture à celle qui tient que la tereifa vit, et à l'enseignement de l'école de Rabbi Yichmael (Dieu montra à Moché chaque espèce, et 'les dix-huit tereifot dites à Moché au Sinaï'), avant de relever que la liste n'est pas close (il en manque, mnémonique BSGR, et sept enseignements amoraiques).
42b10 segments · 24 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
sauver le compte des dix-huit tereifot de l'école de Rabbi Yichmael
Après la michna des tereifot, la Guemara confronte le Tana de l'école de Rabbi Yichmael, qui enseigne un nombre fixe de dix-huit tereifot et pas davantage, à une série de cas qui ne figurent pas dans ce compte (le moyen mnémotechnique BeSaGaR, puis le manque dans la colonne vertébrale et les sept enseignements des Amoraim, chev chemaateta). À chaque objection, la Guemara sauve le nombre dix-huit en retirant un cas et en insérant l'autre, ou en montrant que le Tana tranche comme un avis qui valide : pattes coupées au-dessus du genou (R. Chimon ben Elazar : cautère et survie, donc valide), manque dans la colonne (on fond feuillet et bonnet en un seul cas, ce qui libère une place), peau entièrement ôtée gueloudat (valide selon R. Meir), poumon ratatiné harouta (on sort la vésicule biliaire, avis individuel de R. Yossi ben R. Yehouda, et l'on insère harouta), enfin les huit perforations comptées comme une seule, ce qui ouvre sept places pour les sept enseignements amoraiques. La sougya s'achève sur une réplique : si l'on fond ainsi, on devrait fondre aussi les deux organes sectionnés en un seul (il manquerait alors un cas), et la rate perforée de Rav Avira est elle-même une perforation (il en manquerait deux).
43a13 segments · 23 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
les huit catégories de tereifa du Sinaï (Oula), les huit perforations, et les deux tuniques de l'oesophage
La sougya clôt le décompte des dix-huit tereifot puis ouvre la grande classification d'Oula : huit catégories de tereifa furent transmises à Moche au Sinaï — perforée (nekouva), tranchée (pessouka), prélevée (netoula), manquante (hassora), déchirée (keroua), griffée (derousa), tombée (nefoula), brisée (chevoura) — toute tereifa de la michna se rangeant dans l'une d'elles, à l'exclusion de la lésion (lekouta) du rein de Rakhich bar Papa. Hiya bar Rava dénombre huit perforations ; si l'on objecte neuf (avec la vésicule biliaire, mara), c'est l'avis isolé de Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda, que Rabbi Yo'hanan tranche pourtant comme halakha. Suit la chaîne de Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef au nom de Rabbi Yo'hanan (mnémotechnique : halakhot, haver, kazayit, mara, korkevan) : la réplique des collègues à partir de Job ('il déverse ma bile à terre'), écartée par 'on n'invoque pas un miracle' ; la halakha du kazayit pour le foie ; la difficulté de la michna anonyme ; la vésicule percée que le foie obture ; le gésier percé dont la poche tient. Enfin les questions sur les percées non vis-à-vis, et Rava sur les deux tuniques de l'oesophage (externe rouge, interne blanche), examinable seulement de l'intérieur.
43b15 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
le caillou dans l'oesophage, la présomption d'état (hazaka), et l'entrée de l'oesophage (turbatz ha-veshet)
La sougya part de l'examen de l'oesophage (veshet) en cas de doute de derousa (bête griffée) : seul l'examen interne le décèle, et l'on rapporte le cas où Rabba examine de l'extérieur pour aiguiser Abaye, puis retourne l'oesophage et trouve deux gouttes de sang (tereifa). Oulla enseigne ensuite qu'un caillou planté dans l'oesophage sans perforation visible ne fait pas craindre une perforation guérie : la présomption d'état valide (hazaka) demeure. La Guemara confronte cette règle à quatre cas (doute de derousa, deux morceaux dont un helev, couteau trouvé ébréché, doute d'impureté en domaine privé) et dégage que la hazaka tient en l'absence d'interdit établi ou de défaut survenu. Rav Kahana corrige une transmission : c'est 'planté' (et non 'trouvé') qui fut énoncé. Vient alors la mahloket Rav (be-mashehu) contre Chmouel (be-rouvo) sur la perforation de l'entrée de l'oesophage (turbatz ha-veshet), avec la définition de cette zone (ce qui s'élargit, se durcit ou se rétracte à la coupe). Enfin le bœuf des fils de Rav Oukva, abattu à cheval sur turbatz et oesophage : Rava cumule les rigueurs de Rav et de Chmouel pour l'invalider, Rabbi Abba le déclare cachere selon l'un comme l'autre, et Mar fils de Ravina réfute Rava par la règle qui interdit de cumuler deux indulgences contradictoires — Rava doit payer le bœuf qu'il a fait manger aux chiens.
44a16 segments · 22 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
le torbatz ha-veshet, les bornes du lieu d'abattage, l'arrachement des simanim et la trachée sectionnée
Le daf clôt d'abord la règle des deux écoles : qui cumule les rigueurs de Beit Chammai et de Beit Hillel, de lui le verset dit 'le sot marche dans l'obscurité' ; on suit Beit Chammai ou Beit Hillel d'un seul bloc, et la halakha tranche comme Beit Hillel après la bat kol (voix céleste), sauf pour Rabbi Yehochoua qui n'en tient pas compte. On revient alors à Rava : sa double rigueur (de Rav et de Chmouel) était contradictoire ; Rav Tavout répond qu'il a tout tranché selon Rav seul. De là, la sougya établit que l'entrée du veshet (torbatz ha-veshet) n'est pas un lieu d'abattage, et délimite la zone valide entre deux bornes : en haut jusqu'à 'la prise de main' (Rav Nahman), en bas jusqu'au point où paraissent les poils du rumen (Rabba bar Avouh). Puis Chmouel : un torbatz ha-veshet entièrement détaché de la mâchoire reste kacher, appuyé par la michna 'la mâchoire inférieure arrachée : kacher'. Rav Papa objecte l'arrachement des simanim (ikkur simanim) ; on distingue la mâchoire tranchée au-dessus des simanim (kacher) du veshet arraché lui-même. On corrige Chmouel ('la majorité', non 'tout'), et Rav Checha concilie : pelé en douceur (akpoulei) -> kacher ; arraché de force (afroukei) -> tereifa. Le daf s'achève sur la trachée sectionnée (pesoukat ha-gargeret), tereifa dès sa majorité — combien est 'sa majorité' ?
44b12 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
la trachée sectionnée (roub oviah ou roub halalah), et l'éthique du sage qui statue puis achète
La sougya fixe la mesure de la trachée sectionnée (pessoukat ha-gargeret) : selon une version la bête est tereifa dès [que coupée] la majorité de son épaisseur (roub oviah), selon une autre [seulement] la majorité de sa cavité (roub halalah). Un cas concret : Rav examinait une trachée selon l'épaisseur ; Rav Kahana et Rav Assi lui rappellent qu'il leur avait enseigné 'la majorité de la cavité' ; Rav l'envoie à Rabba bar bar Hana, qui la valide et lui achète de la viande pour treize istera. De là, trois objections en chaîne : un sage peut-il valider ce qu'un autre allait interdire (chakham che-timme) ? — Rav n'avait pas formellement interdit ; un sage peut-il manger de ce qu'il a permis (Ye'hezkel : 'aucune chair piggoul n'est entrée dans ma bouche') ? — cela vaut pour ce qui dépend du raisonnement, or Rabba s'appuyait sur une tradition reçue (agmireih samakh) ; un sage peut-il en acheter, vu le soupçon (chashda) ? — la règle 'éloigne-toi de la laideur' ne concerne que la vente à l'estimation, non la vente au poids où la balance prouve [le prix juste]. Suit l'échange de Rabba avec la fille de Rav Hisda (le premier-né se vend à l'estimation, la viande au poids), puis les maximes de Rav Hisda sur le talmid 'hakham 'qui voit la tereifa sur sa propre bête' et sur le verset 'celui qui hait les présents vivra', illustrées par Rabbi Elazar et Rabbi Zera.
45a15 segments · 47 Rachi · 6 Tossefot · 4 schémas
la trachée perforée, fendue ou amputée, la zone d'abattage, et les membranes du cerveau
La sougya poursuit les tereifot. Rav enseigne que les trous d'une trachée criblée 'comme un tamis' (kenafa) se cumulent jusqu'à la majorité (rov) du pourtour ; Rav Yirmeya objecte depuis le crâne (mesure du trépan), et la règle de Rabbi Helbo au nom de Rav tranche : les trous AVEC manque (hisaron) se cumulent jusqu'à un issar, ceux SANS manque jusqu'à la majorité. Suivent la bande ôtée (issar), le test du lambeau replié sur la bouche du kaneh (mémoire : nafya, le tamis), le battant (delet) ou un issar entre en largeur, et la fente (nisdeka), la plus légère — kachère s'il reste un anneau en haut et un en bas, voire (Rabbi Yo'hanan) un rien en haut et un rien en bas. Rabbi Hiyya bar Yossef délimite la zone du cou apte à l'abattage (du grand anneau jusqu'aux ailes inférieures du poumon), que Rava relit 'inférieure qui est supérieure' : tant que la bête tend son cou pour paître sans qu'on l'y force (ones). On juge ensuite l'animal qui s'est forcé lui-même (teikou) et le trou du kaneh sous le poitrail (jugé comme le poumon), on définit le poitrail (haze) donné aux Cohanim, puis on passe à la membrane du cerveau : Rav et Chmouel divergent (externe seule, ou interne aussi ; mémoire : le 'sac' où repose le cerveau), et bar Kappara fixe la limite cerveau / moelle (tout ce qui est dans la 'marmite' du crâne est cerveau).
45b22 segments · 42 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
l'aorte et les trois conduits, le cordon médullaire et son altération, et jusqu'où il s'étend
Suite des tereifot de la tête et du tronc. La Guemara précise d'abord les 'fèves' (poulin) posées à la jonction du crâne : en deçà = comme le dedans (le cerveau, perforé d'un rien la bête est tereifa), au-delà = comme le dehors (le cordon, qui requiert la majeure partie) ; les fèves elles-mêmes : indécis, mais on penche pour le dedans. Puis la michna 'le cœur perforé jusqu'à sa cavité' : Rabbi Zira hésite entre petite et grande cavité, et l'on conclut [pour] la grande. L'aorte (kane ha-lev) : Rav dit un rien, Chmouel la majeure partie ; Amemar établit trois conduits qui se séparent dans la poitrine — vers le cœur, le poumon, le foie — chacun jugé selon son organe ; Mar bar Hiya enseigne à l'inverse pour le poumon et le foie. Sur le cordon médullaire (hout ha-chidra) : Rabbi tranche, contre Rav Houna, comme Rabbi Yaakov [même une perforation invalide], et l'on débat de ce qu'est 'la majeure partie' — la peau (les méninges) ou la moelle. Rabbi Yehochoua ben Levi traite de la liquéfaction (nitmarekh) et du ramollissement (nitmasmes) du cordon, distingués du simple vidage (nitmazmez). Enfin Chmouel fixe jusqu'où s'étend le cordon — jusqu'à l'entre-deux des ramifications, face aux cuisses — et Rabbi Yehouda l'explique à Rav Dimi bar Yitzhak : première ramification = tereifa, troisième = cachere, deuxième = je ne sais pas.
46a13 segments · 34 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
la limite du cordon rachidien (chut ha-shidra), le reste du foie (kaved) et la membrane perforée du poumon (ria)
La sougya poursuit l'examen des tereifot. D'abord le cordon rachidien (chut ha-shidra) : Chmouel a dit que la coupe rend tereifa 'jusqu'aux premières ramifications' (parashot) ; la Guemara demande si 'jusqu'à' inclut ou non l'intervalle lui-même, et Rav Papa puis Rabbi Yirmeya raffinent (l'embouchure de la ramification, la ramification elle-même). Une braita ('la paracha est jugée comme de la chair') est invoquée puis renvoyée à la troisième paire. Pour l'oiseau, Rabbi Yannai et Resh Lakich divergent sur la limite basse (sous les ailes ou entre les ailes), et Oulla rapporte une scène chez ben Pazi laissée indécidée. Vient ensuite le foie (kaved) : combien doit-il en rester (un kazayit) et à quel endroit — au lieu de la vésicule biliaire (mara) selon Rabbi Zeira, au lieu où il 'vit' selon Rav Adda bar Ahava, les deux selon Rav Papa ; Rabbi Yirmeya et Rav Achi posent des cas (foie en miettes, en lanniere, aplati) laissés en suspens (teikou), et un foie décollé mais tenant à ses membranes reste cachere. Enfin le poumon (ria) perforé : Rav, Chmouel et Rav Assi visent la membrane externe — ou, selon une autre version, la membrane interne (rouge) — et il est évident que si seule l'externe est perforée, l'interne protège.
46b12 segments · 27 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
les treifot du poumon : membranes perforées, rougeur, dessèchement, croûtes et adhérences des lobes
La sougya poursuit l'examen des treifot du poumon (ria). On demande si, lorsque la membrane interne (tataa) est perforée mais l'externe (eilaa) intacte, l'externe protège [la bête reste cachere] ou non : Rav Aha et Ravina divergent, et la halakha tranche qu'elle protège, selon Rav Yossef, qui décrit le test d'un poumon qui siffle (plume, salive, paille, ou bassine d'eau tiède où l'on insuffle). Suit, sous un mnémonique, une série de règles de Rava : poumon dont la membrane s'est pelée jusqu'à paraître une datte rouge (cacher) ; poumon rougi en partie (cacher) ou en entier (tereifa), avec l'objection de Ravina par les huit reptiles et la conclusion 'lo chena' ; poumon desséché en partie (tereifa, mesure : qu'il s'émiette à l'ongle, comme l'oreille du premier-né selon Rabbi Yossi ben ha-Mechoulam) ; poumon couvert de croûtes et de taches noires (cacher). Enfin Amemar : on ne compare pas les vésicules (bouei) ; et Rava sur les deux lobes collés l'un à l'autre — hors de leur ordre (chelo ke-sidran) ils n'ont pas de test [tereifa], mais dans leur ordre (ke-sidran) c'est leur croissance normale, ce qui ouvre la grande controverse de l'adhérence d'un lobe à la mère (ouma).
47a5 segments · 14 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
vésicules accolées du poumon (bouot) et le compte des lobes (onot), du lobe surnuméraire au einonita devarda
Suite des règles de Rava sur le poumon. D'abord les vésicules (bouot) : deux vésicules accolées l'une à l'autre sont tereifa sans examen (on présume une perforation), tandis qu'une seule vésicule qui paraît double se vérifie en la perçant d'une épine (si les liquides se mêlent, c'est une seule vésicule et la bête est cachere ; sinon, deux et tereifa). Ensuite le compte des lobes : le poumon a cinq lobes (onot), trois à droite et deux à gauche ; un lobe en moins, en plus ou interverti rend tereifa selon Rava. La Guemara rapporte que la halakha ne suit pas Rava pour le simple lobe en plus (histoire de Mareimar et de Rav Aha à la porte). Reste décisive la place du lobe surnuméraire : aligné dans la rangée des lobes, cachere ; entre les deux faces (beini beini), tereifa — sauf le 'petit lobe de rose' (einonita devarda) que toutes les bêtes des champs possèdent, comme l'enseigne Rav Houna Mar bar Avya à Rav Achi, et à la seule condition qu'il soit du côté interne du poumon.
47b16 segments · 37 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
les altérations du poumon (ria) : couleurs, texture, zones bouchées, poumon fondu, et le manque interne
La sougya poursuit l'examen du poumon (ria) pour déterminer ce qui rend la bête tereifa. Rafram juge tereifa le poumon 'semblable à un copeau de bois' (lisse, sans découpe des lobes). Suit le barème des couleurs : comme le fard à yeux (kohel) cachere, comme l'encre (deyota) tereifa, car Rabbi Hanina enseigne que le noir est du rouge qui s'est gâté ; le vert et le rouge sont cachers d'après l'épisode de Rabbi Natan (l'enfant à circoncire qu'il fallut attendre que le sang revienne ou s'absorbe). Rav Kahana : comme le foie cachere, comme la chair tereifa (mnemo 'ouvassar bassade tereifa'). Rav Sama précise les nuances de vert : cuscute, safran, jaune d'œuf tereifa, mais vert comme le poireau (karti) cachere. Viennent ensuite les procédés d'examen : la zone bouchée (atoum) qu'on ouvre au couteau, le poumon qui siffle (aoucha) testé à la plume, la salive ou l'eau tiède, et enfin le poumon fondu ou versé comme d'une cruche. Rabbi Yo'hanan le déclare cachere — un manque interne n'est pas un manque — ce que Rabbi Abba conteste depuis la michna, avant que Rava ne pose la condition que les bronches (simponot) tiennent encore, Rav Achi indiquant le test du plat vernissé et des filets blancs.
48a16 segments · 32 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
le poumon collé à la paroi, la perforation que la paroi obture, et les crêtes (tsemahim)
Le daf poursuit les tereifot du poumon (riaa). Le poumon collé à la paroi (semoukha la-dofen) ne fait pas craindre une perforation : on impute l'adhérence à un défaut de la paroi et l'on déclare cachere ; mais s'il a poussé des crêtes (tsemahim) en cet endroit, on craint, et Avimi craint dans tous les cas. La méthode d'examen (détacher au couteau fin, chercher un défaut dans la paroi) est exposée par Rava au nom de Ravin bar Chava, et Rav Nehemia examine en plus à l'eau tiède (pechoureï). Rav Achi distingue ce cas du cas de Rava (deux lobes collés l'un à l'autre, sans recours). On confronte alors deux propos de Rav Nahman : il craint pour les crêtes (donc une perforation rendrait tereifa), mais il enseigne aussi que 'le poumon perforé que la paroi obture est cachere' ; on résout par la distinction lieu de croissance (mekom rivta = la découpe des lobes) / hors de ce lieu. Ravina restreint l'obturation au cas où le poumon s'accroche dans la chair (saviekh be-bissra), et Rav Yossef objecte ; on appuie sur la braita du membre perforé puis obturé ('un invalide qui redevient apte'). Rav Oukva et la Guemara répondent par le principe : on n'enseigne pas dans la michna l'organe par lequel la bête n'est pas rendue tereifa. Enfin, sur les crêtes elles-mêmes : Chmouel les déclare cacheres (la règle 'pus = tereifa, eau claire = cachere' de Rav Matna ne vaut que pour le rein), Rabbi Yirmeya s'abstient de trancher par rigueur, et Rava commence un récit sur Rav Nahman au marché.
48b13 segments · 27 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
l'aiguille trouvée dans le poumon (et le foie) : par quel trajet est-elle entrée, et la bête est-elle tereifa ?
Après deux anecdotes où des Sages voient des poumons couverts de kystes (kandei) ou de durillons (tinrei) et ne disent rien (donc cachere), la sougya pose la grande question : une aiguille trouvée dans le poumon, sans perforation visible à l'extérieur, rend-elle tereifa ? Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Hanina déclarent cachere ; Resh Lakich, Rabbi Mani bar Patich et Rabbi Chimon ben Elyakim déclarent tereifa. La Guemara écarte l'idée qu'ils divergent sur le manque interne (hesron mibifnim) — tous admettent qu'il n'invalide pas — et fixe le vrai point : l'aiguille est-elle entrée par la trachée sans perforer la membrane (simpona nakat ve-atai, cachere), ou a-t-elle perforé son chemin depuis l'oesophage (nakuvei nakiv ve-atai, tereifa) ? Suit le cas pratique de l'aiguille trouvée dans un poumon déjà découpé : Rabbi Ami puis Rabbi Yitzhak Nappaha veulent autoriser, mais Rabbi Ami finit par interdire, car on n'a plus le poumon entier sous les yeux. La Guemara distingue ensuite la perforation d'un bronche contre un autre (tereifa, Rav Nahman) du bronche perforé vers la chair tendre (qui se rebouche), et oppose ce cas à l'anse intestinale qui se protège elle-même — Rav Achi posant qu'on ne compare pas une tereifa à une autre. Enfin, l'aiguille trouvée dans le foie : Rav Achi tranche selon l'orientation du chas (kofa) — vers l'extérieur = perforation = tereifa, vers l'intérieur = entrée par un vaisseau = cachere — mais seulement pour une aiguille épaisse ; une aiguille fine perfore de toute façon. Le daf s'interrompt sur le début d'une comparaison avec l'aiguille trouvée dans la paroi de la panse.
49a20 segments · 36 Rachi · 6 Tossefot · 4 schémas
corps étrangers logés dans un organe (aiguille, noyau), le poumon perforé et l'attribution du trou, et le graisse sur la caillette
La sougya poursuit les cas du doute (sefek tereifa) : une aiguille dans l'épaisseur du beit ha-kossot (le feuillet, paroi double) est kachère si elle ne perfore qu'un côté, tereifa des deux côtés, sans s'arrêter à l'orientation du chas. Suivent une aiguille dans le gros conduit du foie (Ravina valide et fait restituer le manteau de ceux qui ont interdit) et un noyau dans la vésicule biliaire (datte : passe par le conduit, kacher ; olive : pointu, tereifa). Rabbi Yo'hanan explique pourquoi le poumon se nomme rei'a (il éclaire les yeux). Puis on traite l'attribution d'un trou au poumon (talinan) : à la main du boucher (halakha : on attribue), au loup, au ver (halakha : sorti après la chehita, kacher). On rapporte la position de Rabbi Chimon (pas tereifa tant que le poumon n'est pas percé jusqu'au gros conduit) et le va-et-vient des traditions de Rabbi Malokh : la halakha n'est PAS comme Rabbi Chimon. Enfin, à propos de la caillette perforée, la graisse sur la caillette que les cohanim ont eu coutume de permettre selon Rabbi Yichmael ; d'où un long détour sur la bénédiction des cohanim et le verset 'et Moi, Je les bénirai' (R. Yichmael vs R. Akiva), résumé par le mnémo 'Yichmael cohen aide les cohanim'.
49b15 segments · 35 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
la graisse interdite (boyaux ou caillette), et la graisse qui bouche une perforation
Le daf poursuit la mahloket de Rabbi Yichmael et Rabbi Akiva sur l'inclusion par le mot 'toute' (kol) du verset 'et toute la graisse qui est sur les entrailles' : pour l'un, [cela] inclut la graisse sur les boyaux (dakin) ; pour l'autre, [cela] inclut la graisse sur la caillette (kevah). Une braita (critères 'membrane qui se pèle' et 'étalée') semble se contredire ; Ravin, au nom de Rabbi Yo'hanan, renverse la première braita, et Rav Nahman bar Yitzhak précise que Rabbi Yichmael ne dit la position indulgente qu'au nom de ses pères. La sougya passe ensuite à la tereifa : Rav (la graisse pure 'bouche' une perforation, l'impure non) contre Rav Chechet (les deux bouchent). Rabbi Zira interroge la graisse de la bête sauvage ; Abaye tranche [qu'elle] n'adhère pas. Deux cas viennent devant Rava, qui invoque 'la Torah épargne l'argent d'Israël' (un nkav bouche par graisse impure ; une jarre de miel découverte) — mais Rav Papa et Rav Nahman bar Yitzhak [le] reprennent, [car il s'agit] d'un interdit de la Torah et d'un danger mortel. Suit la règle des liquides sujets au 'découvert' (gilui) face au venin de serpent. Enfin Rav Nahman : la graisse 'en bonnet' (ke-kova) ne bouche pas, et le couple chimtza / bar chimtza, dont l'un bouche et l'autre non (le fils l'emporte sur le père).
50a18 segments · 36 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
la graisse de la caillette (arc et corde), le mucus qui scelle l'intestin perforé, et la comparaison des perforations (makifin)
Le daf achève d'abord le débat sur la graisse de la caillette (keva), en forme d'arc : la graisse de l'arc (deakchta, face bombée) et celle de la corde (deyatra, face plate). Deux versions : pour la première, tous interdisent l'arc et l'on discute de la corde ; pour la seconde, tous permettent la corde et l'on discute de l'arc. Les sages de Terre d'Israël qui la permettent en prélèvent d'abord une poignée (mekamtzin). Puis vient une braita de Rabban Chimon ben Gamliel : un intestin perforé mais scellé par le mucus (liha, le chirka des intestins) est cachere. Rabbi Yo'hanan aurait tranché comme RChbG pour la tereifa et comme Rabbi Chimon pour le deuil ; mais Rabbi Abba corrige : ce n'est PAS la halakha pour la tereifa, et pour le deuil [c'est] un litige (Rav Hisda et Rav Yo'hanan disent oui, Rav Nahman non). Conclusion : intestin perforé = tereifa ; pour le deuil, on suit l'indulgent (Chmouel). Enfin la technique des makifin (comparer une perforation douteuse à un trou-témoin percé à côté) est exposée pour les intestins (Rav Chimi, puis Rav Mecharchia qui frotte), le poumon (Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, avec la règle aroga-à-aroga) et la trachée (Abaye et Rava, houlia-à-houlia). Le daf se clôt sur Zeiri : le rectum (chalcholet) perforé est cachere car les hanches le maintiennent, avec la mesure de Rabbi Yo'hanan, et l'avertissement de Rava de ne pas s'appuyer [sur Rav Nahman].
51a13 segments · 44 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
la goutte de sang sur l'aiguille, et la bête tombée (rissouk evarim)
Le daf clôt d'abord la discussion sur l'aiguille trouvée dans la paroi de l'estomac : une goutte de sang (kort dam) sur l'aiguille prouve que la perforation est antérieure à l'abattage (tereifa), son absence qu'elle est postérieure (cachere) ; la Guemara explique pourquoi ce critère du sang vaut ici alors qu'ailleurs une perforation sans sang rend déjà tereifa (l'aiguille offre une prise au sang, mido le-mishrakh). Rav Safra rapporte à Abaye le cas de Rav Avira : une aiguille trouvée d'un seul côté du bet ha-koussot, déclarée tereifa par Rabbi — apparente contradiction levée quand on apprend que Rabbi avait retourné l'organe et découvert une goutte de sang du côté externe (donc perforation des deux côtés) ; Abaye conclut que ce n'est que la michna. La sougya passe ensuite à la bête tombée du toit et au principe d'écrasement des membres (rissouk evarim) : Rav Houna, Rav Achi, Rav Yemar, Rav Menachi et Rav Yehouda au nom de Rav distinguent les cas où l'on craint l'écrasement (chute après choc, animal rendu par crainte, bâton à nœuds ou coup en travers) de ceux où on ne le craint pas (saut volontaire, béliers qui se cognent, jet sur les hanches), avec les cas des pattes traîneuses (rhumatisme contre moelle sectionnée) et de la matrice (jamais d'écrasement), appuyé par la braita du nourrisson d'un jour.
51b16 segments · 54 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
la bête tombée (nefoula) et la crainte du brisement des membres (risouk evarim)
La sougya cherche s'il faut craindre, pour un nouveau-né ou une bête tombée, un brisement interne des membres (risouk evarim) qui la rendrait tereifa. Plusieurs braitot semblent prouver qu'on ne le craint pas (le zav, le veau né le jour de fête, le premier-né né avec son défaut), mais la Guemara les écarte une à une (naissance par la paroi, ou bête qui se dresse aussitôt sur ses pattes). Rav Nahman pose qu'à l'abattoir on ne craint pas le brisement, et Rav explique que la bête plante ses ongles en tombant. Rav Yehouda au nom de Rav fixe la règle de la nefoula : levée sans avoir marché -> examen mais pas d'attente de vingt-quatre heures ; a marché -> même pas d'examen ; et la halakha tranche en ce sens. On précise ensuite l'étendue de l'examen (entrailles selon Rav Dimi, toute la cavité selon Rav Papa, simanim dispensés selon Rav Achi). Enfin Chmouel et une longue baraita appliquent ces principes à l'oiseau tombé : nager à contre-courant vaut marche, et toute une casuistique distingue les surfaces dures (on craint) des surfaces molles (on ne craint pas).
52a21 segments · 39 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
l'oiseau tombé (risouk evarim), le piège à glu, et les côtés brisées ou arrachées (rov tzela'ot)
Fin de la sougya de la bête tombée (nefoula) : on distingue les surfaces qui font craindre des membres broyés (risouk evarim) de celles qui n'en font pas craindre, selon le principe que ce qui glisse (mishtarik) amortit la chute alors que ce qui se tasse la rend dangereuse. Suit la mahloket entre Rav Achi et Amemar sur l'oiseau pris au piège à glu (davuk), tranchée : deux ailes collées interdit, une seule aile permis. Puis la michna 'la majorité de ses côtés brisées' : on définit la majorité (douze côtés sur vingt-deux à moelle), la règle de Ze'iri (moitié vers la colonne) et celle de Rabbi Yo'hanan (grandes côtés à moelle). Ben Zakkai distingue arrachées (majorité d'un seul côté) et brisées (majorité des deux côtés), contre Rabbi Yo'hanan qui exige la majorité des deux côtés dans les deux cas. Rav déclare tereifa une côte arrachée avec sa vertèbre ; Rav Kahana et Rav Assi l'interrogent sur deux côtés opposées à vertèbre intacte, et Rav répond qu'il s'agit alors d'une bête tranchée (gistra), donc nevela. La Guemara analyse longuement la différence entre côte-avec-demi-vertèbre (bokhna ve-assita) et côte-sans-vertèbre, et la stratégie de leur question. Enfin Chmouel énumère trois tereifot : côte arrachée de sa racine, crâne écrasé en majorité, chair couvrant la panse déchirée en majorité — propos aussitôt confronté à une michna d'Oholot.
52b20 segments · 34 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
les manques (échine, crâne, panse) et la droussa : quel prédateur rend la bête tereifa
Le daf poursuit la liste des tereifot. Il débat d'abord du manque à l'échine (Beit Chammai : deux vertèbres ; Beit Hillel : une), que Chmouel étend à la tereifa, en distinguant la côte arrachée de la vertèbre manquante ; Rav Ocha'ya objecte que cela aurait dû figurer dans Edouyot, et Rav répond que la question ne fut posée qu'à propos de l'impureté. Suivent deux dilemmes : le crâne écrasé 'en sa majeure partie' (R. Yirmeya : la hauteur ou le tour ? teikou) et la chair couvrant la panse 'manquante en sa majeure partie' (Rav Achi : déchirée ou arrachée ?), qu'on tente de résoudre par la michna avant d'écarter la preuve au nom de Chmouel. La seconde moitié traite de la droussa (griffure venimeuse) : Rav dit que pour la bête c'est du loup et au-dessus, pour les oiseaux de l'épervier et au-dessus ; la Guemara cherche ce que cela exclut (le chat), confronte R. Yehouda et les Sages, puis rapporte la mahloket Rav Hisda (chat et belette griffent chevreaux et agneaux) contre une braita, conciliée par la position de Bribi sur la présence ou l'absence de sauveteurs, illustrée par la poule de Rav Kahana et ses cinq gouttes de sang. Le daf s'achève sur une question de Rav Kahana à Rav.
53a16 segments · 29 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
la derissa (griffure du fauve) : quel prédateur rend tereifa quelle proie, et le doute de derissa
La sougya poursuit l'étude de la derissa, la griffure d'un animal prédateur qui rend sa proie tereifa par l'injection d'un venin. Rav concilie trois réponses apparemment contradictoires : la belette griffe l'oiseau, le chat griffe aussi le chevreau, mais la brebis adulte échappe aux deux — tout dépend de la taille relative du prédateur et de la proie. Rav Achi s'interroge sur les autres oiseaux impurs ; un débat oppose le renard, le chat et le chien (qui n'a pas de venin) à propos de l'incident de la brebis au bain de Beit Hini. Abaye dégage les quatre conditions de la derissa (patte avant, griffe, à dessein, du vivant) et précise que le venin n'est injecté qu'au retrait de la griffe. Vient enfin le cas-clé du lion entre les bœufs : une griffe trouvée dans un dos est-elle signe de griffure ou de simple frottement ? Rav la déclare permise (on ne s'inquiète pas d'un doute de derissa), contre Chmouel ; Abaye affine (emplacement de la griffe, griffe humide ou sèche, une ou plusieurs en rangée).
53b16 segments · 27 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
le doute de derissa (safek drussa) et l'examen de la bête griffée
La sougya tranche le différend Rav / Chmouel sur la griffure d'un fauve : pour Rav, des oiseaux qui glapissent le font par peur (pas de drissa), pour Chmouel parce que le fauve agit sur eux. Amemar fixe la halakha : on s'inquiète d'un doute de drissa (safek drussa), la bête est interdite ; et l'on montre, par le récit de la corbeille d'oiseaux douteux envoyée à Chmouel — qu'il étrangle et jette au fleuve pour publier l'interdit — que Rav s'est rétracté (ou qu'il a cédé par respect du territoire de Chmouel). Suit le canard de Rav Achi (doute roseau / chat : on dit roseau). Puis les règles d'examen d'une bête griffée : les fils de Rabbi Hiya exigent l'examen de la chair en regard des intestins ; Rav, toute la cavité y compris les simanim ; Chmouel, que des simanim déboîtés en leur majorité rendent tereifa ; Rav Yehouda, que la chair pourrie (nitmasmes) se regarde comme absente. Enfin Rav Nahman et Rav Zevid fixent les mesures : l'épine ne rend tereifa que si elle perce jusqu'à la cavité, la drissa dès que la chair rougit, et dans les simanim seulement quand les simanim eux-mêmes rougissent.
54a16 segments · 40 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
la mesure de la drissa, l'étendue de l'examen, et la michna des bêtes qui restent cacheres
Le daf ouvre sur les mesures de la drissa (griffe du prédateur) : à l'oesophage (veshet) comme à la trachée (kaneh), le rougissement de la chair rend tereifa au moindre point (mashehou), bien que la perforation de la trachée ne rende tereifa qu'à la taille d'un issar — car le venin (zihara) du prédateur brûle et s'étend en continu. Suit une dispute sur l'étendue de l'examen après drissa : en face des entrailles (Rav Yits'hak, R. Yo'hanan, Resh Lakich) ou de la calotte du crâne à la cuisse selon Rav (Rav Nahman). Une discussion entre R. Yo'hanan et Resh Lakich révèle l'identité cachée de Rav (le disciple qui servit Rabbi et Rabbi Hiyya), et l'on rapporte sa halakha : une trachée trouvée déboîtée-et-égorgée (chemouta ve-chehouta) est cachere, car une trachée déboîtée ne peut être égorgée ; R. Yo'hanan exige une comparaison d'entailles (yavi ve-yakif), et Rav Nahman précise le cas (s'il a saisi les simanim). Viennent les chasseurs qui tuaient par le nerf sciatique ou le rein, à qui les Sages répondent qu'on n'ajoute pas à la liste des tereifot (l'animal aurait pu guérir par un remède). Enfin la michna énumère les atteintes qui n'invalident pas (trachée, crâne, cœur, colonne, foie, feuillet, rate, reins, mâchoire, matrice, poumon ridé, écorchée), et la Guemara oppose R. Yo'hanan et Resh Lakich sur le caractère exclusif de 'voici les tereifot' contre 'voici les cacheres', à propos du bouka de-atma (tête du fémur déboîtée).
54b13 segments · 27 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
pourquoi la michna dit 'alou' (la tête du fémur déboîtée), la mesure de l'issar, et 'ad ve-lo ad bichlal'
La sougya achève d'expliquer pourquoi la michna ouvre par 'alou terefot' et 'alou kecherot' : selon Rabbi Yo'hanan le 'zeh haklal' aurait inclus le cas de Rav Matna (tête du fémur déboîtée, boukad de-atma) qui ressemble aux organes retirés, d'où 'alou terefot' pour l'exclure et le déclarer cacher ; selon Rech Lakich 'alou kecherot' est exclusif, et le cas de Rav Matna — ni perforé, ni coupé, ni retiré — est terefa. La Guemara reprend ensuite la machloket sur le boukad de-atma : Rav Matna (terefa dès le déboîtement) contre Rava (cachere, sauf si le tendon, niv, est coupé), la halakha tranchant que même le niv coupé est cacher tant qu'il ne s'est pas décomposé. Vient la mesure de la déficience de la trachée : Zeeiri traduit l'issar italien — inconnu en Babylonie — par le dinar kourde, et Rabbi Hana le changeur rapporte que Rabbi Yo'hanan vint le lui emprunter, refusant qu'il se lève, car les artisans occupés à leur ouvrage ne se lèvent pas devant les sages ; suit la discussion sur les artisans qui se lèvent devant les porteurs de prémices (bikourim) mais non devant les sages, et l'éloge de la mitsva accomplie en son temps. Enfin Rav Nahman pose que 'comme un sela' / 'comme un issar' vaut déjà 'plus qu'un sela / issar' — donc 'ad' (jusqu'à) ne comprend pas la mesure exacte ; Rava l'objecte par trois michnayot (la corde du lit, de cinq à dix tefahim, les petits vases d'argile), chacune résolue dans le sens 'ad ve-lo ad bichlal'.
55a10 segments · 18 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
'jusqu'à' la borne incluse ou non, et la rate ou les reins (enlevés, perforés, malades)
La Guemara cherche à trancher si le mot 'ad' (jusqu'à) inclut ou non la borne, à propos des mesures de brisures de récipients qui reçoivent l'impureté : un log, une sea, deux sea. Trois tentatives de preuve ('viens entendre') échouent, car à chaque fois 'jusqu'à' peut se lire borne incluse OU borne exclue. Une braita ('log = au-dessous, sea = au-dessous, deux sea = au-dessous') semble imposer 'incluse', mais la Guemara répond que c'est par sévérité : Rabbi Abahou au nom de Rabbi Yo'hanan établit que toutes les mesures des Sages se lisent dans le sens sévère (lehumra), sauf la mesure 'd'un pois' des taches de sang, qui se lit dans le sens léger. La preuve linguistique est confirmée par la corde du lit (cinq tefahim comme au-dessus, dix comme au-dessous), toujours par sévérité. La seconde moitié du daf revient à la michna des tereifot : la rate enlevée laisse la bête casher, mais perforée elle [la rend] tereifa (Rav Avira au nom de Rava) ; une objection tirée des morceaux de rate découpés est résolue ; enfin, un rein malade (Rakhich bar Papa au nom de Rav) [rend la bête] tereifa, et l'Occident précise : seulement si le mal a atteint [un certain point, suite au daf suivant].
55b22 segments · 42 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
rein, rate et poumon ratatiné ; la bête écorchée (guelouda) et le reste de peau qui sauve
La sougya poursuit les tereifot internes : la loi suit Rakhich bar Papa (rein malade tereifa) et non Rav Avira (rate perforée), avec les nuances sur la rate (partie mince/épaisse, épaisseur d'un dinar d'or). On dégage le principe d'Occident — tout ce qui invalide le poumon est cachere dans le rein — aussitôt réfuté par Rabbi Tan'houma (pus, eau claire) et corrigé par Rav Achi : on ne compare pas les tereifot entre elles. Suivent l'eau claire (limpide et non fétide), le rein rétréci, la mâchoire inférieure enlevée, la matrice (em, identifiée à la tarpahat et à la chalpouhit), puis le poumon ratatiné (harouta) : par le Ciel cachere, par l'homme tereifa, et la discussion sur Rabbi Chimon ben Elazar (sur la première ou la dernière clause) tranchée par la braita, plus le test de Rabba bar bar Hana (récipients et eau, été/hiver). La fin traite la bête écorchée (gueouda) : Rabbi Meir validait puis s'est rétracté ; il faut un reste de peau d'au moins un sela, dont la forme (longue bande ou largeur pleine) et le lieu (échine, têtes des jointures, nombril) sont discutés ; question laissée teikou. Rav exclut la peau des paturons, Rabbi Yo'hanan l'inclut, et ramène la braita de la peau sous la queue pour montrer que les peaux 'comme la chair' relèvent d'une opinion isolée (Rabbi Chimon).
56a13 segments · 34 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
les tereifot de l'oiseau, et l'examen de la membrane du cerveau après morsure de belette
Après la fin de la sougya précédente (le cuir de la matrice, bet ha-bochet, compte parmi les peaux jugées comme chair pour le piggoul), la michna ouvre la liste des tereifot propres à l'oiseau : oesophage perforé, trachée tranchée, coup de belette à la tête (là où la membrane du cerveau risque d'être percée), gésier ou intestins perforés, entrailles roussies par le feu (vertes : invalide ; rouges : valide), enfin piétinement, choc ou écrasement (rissouk evarim). La guemara se concentre sur la morsure de belette : Rav, Chmouel et Levi enseignent l'examen à la main (on pousse la cervelle : si elle sourd, la membrane est percée). Zeiri objecte qu'il n'y a pas d'examen fiable car les dents de la belette sont fines et recourbées, puis se rétracte depuis Nehardea : on examine à la main mais non au clou — tandis que Rabbi Yo'hanan permet même le clou. Cette mahloket reflète celle de Rabbi Yehouda et Rabbi Nehemia (main vs aiguille : 'tu gaspilles l'argent d'Israël' contre 'tu fais manger des tereifot'). On établit que c'est Rabbi Yehouda qui examine à la main. La braita de Levi (l'os brisé sans perforation rend l'oiseau tereifa) est conciliée en la rapportant à l'oiseau d'eau, dont la membrane molle se rompt dès que l'os se brise. Le daf s'achève sur les procédés pratiques : Rav Chizvi au soleil, Rav Yemar à l'eau, Rav Aha bar Yaakov examinait (la suite en 56b).
56b15 segments · 33 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
l'oiseau tombé au feu (couleur des organes) et les atteintes qui ne rendent pas tereifa
La sougya achève les examens de l'oiseau roussi par le feu : Rabbi Yo'hanan fixe que le verdissement (yerakon) invalide pour un rien, comme la perforation ; mais ce critère ne vaut que pour trois organes naturellement rouges — cœur, gésier (korkevan) et foie (kaved). Pour les organes naturellement verts (les intestins fins), c'est le rougissement qui invalide. Rabbi Mani et Rav Nahman bar Yitshak proposent l'ébouillantage (chelaka) comme épreuve : des verts qui rougissent à la cuisson n'avaient reçu que la fumée (koutra) et sont cachers ; des rouges qui verdissent étaient brûlés et sont tereifa ; mais on ne présume pas un défaut sans preuve. Puis vient une nouvelle mishna : liste des atteintes qui ne rendent PAS l'oiseau tereifa (trachée perforée ou fendue, belette en lieu non fatal, jabot perforé — voire retiré selon Rabbi —, intestins sortis sans perforation, ailes/pattes brisées, plumes arrachées, R. Yehouda exigeant le duvet). La guemara rapporte l'incident de Rabbi Simai et Rabbi Tzadok à Ono (la matrice retirée, teikou), fixe que le toit du jabot est jugé comme le veshet, enseigne que brouiller les intestins rend tereifa (verset 'Il t'a fait et t'a établi'), donne le derach de Rabbi Meir sur Israël ville complète, et s'achève sur l'anecdote du Romain qui égorgea le fils devant le père tombé du toit.
57a10 segments · 27 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
membres démis chez la bête et l'oiseau, le poumon de l'oiseau et le faisceau des tendons (tsomet ha-guidin)
Le daf poursuit les tereifot de l'oiseau. Rav établit ses règles : patte avant démise (chez la bête) kacher, cuisse démise (bête ou oiseau) et aile démise (oiseau) tereifa, par crainte d'une perforation du poumon ; Chmouel et Rabbi Yo'hanan exigent seulement un examen (tibadek). Suit la mahloket sur le poumon de l'oiseau : Hizkiya dit que l'oiseau n'a pas de poumon, Rabbi Yo'hanan qu'il en a un, semblable à un pétale de rose entre les ailes ; la Guemara réduit le propos de Hizkiya (l'oiseau n'a pas de loi de chute ni de roussissure pour son poumon, car ses côtés le protègent), puis conclut, au nom de Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina, que Hizkiya 'n'est pas familier des poulets'. Une seconde controverse oppose deux traditions au nom de Rav sur la cuisse démise de l'oiseau (Rav Houna : kacher ; Rav Yehouda de Pumbedita : tereifa), réconciliées par 'chaque fleuve a son cours'. Enfin, le dialogue entre Rabbi Abba et Rav Yirmeya bar Abba dégage la distinction décisive de Rav : démis (shamut) kacher, coupé (chatukh) passoul, appuyée sur le faisceau des tendons (tsomet ha-guidin).
57b15 segments · 31 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
la cuisse arrachée de la volaille, les guérisons de Rabbi Chimon ben Halafta, et les signes de la tereifa
La sougya tranche d'abord le statut de la cuisse arrachée (shemoutat yarech) chez la volaille : Rav Huna rapporte au nom de Rav qu'elle est kachère, mais Rav Hiya bar Achi et Rabbi Yo'hanan transmettent l'inverse, et la Guemara conclut que la halakha n'est comme aucun de ces propos — elle est tereifa (preuve : la brebis à la trachée entamée et la poule de Rabbi Chimon ben Halafta n'ont survécu que dans les douze mois). Vient ensuite le portrait de Rabbi Chimon ben Halafta, 'homme d'expériences' (askan be-dvarim) : sa poule au duvet arraché qui régénère des ailes plus fournies (contre Rabbi Yehuda), puis son enquête sur les fourmis pour vérifier le verset de Salomon (Proverbes 6) selon lequel elles n'ont pas de roi — enquête contestée par Rav Aha fils de Rava, qui conclut qu'il vaut mieux se fier à la parole de Salomon. Enfin, les signes de la tereifa : Rav Huna (douze mois), la braita (qui n'enfante pas ; Rabban Chimon ben Gamliel : amélioration/dépérissement ; Rabbi : trente jours), le cas du crâne perforé d'Inbul, la halakha de Rav Aha bar Yaakov (une tereifa peut enfanter et s'améliorer), et l'amorce d'Ameimar sur les œufs d'une tereifa.
58a15 segments · 21 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
l'œuf de la poule tereifa, les deux causes (zeh va-zeh gorem) et le petit de la tereifa
La sougya poursuit l'examen de la tereifa : l'œuf formé après que la poule fut rendue tereifa relève de 'zeh va-zeh gorem' (une cause interdite, la mère, et une cause permise, le mâle) et est permis, alors que la première ponte déjà présente au moment de la tereifa, ou l'œuf 'échauffé par la terre' sans mâle, n'a qu'une seule cause et reste interdit. Rav Achi objecte à Amemar depuis une michna d'Edouyot ('l'œuf de la tereifa est interdit car il a grandi dans l'interdit'), résolue par 'échauffé par la terre'. De là, la Guemara reconstruit la mahloket de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua sur le petit de la tereifa, selon deux lichnot : pour Rav Aha (la tereifa enfante) ils divergent sur 'rendue tereifa puis engrossée' au titre de zeh va-zeh gorem ; pour Ravina (la tereifa n'enfante pas) ils divergent sur 'engrossée puis rendue tereifa', le foetus étant ou non 'cuisse de sa mère'. Dans les deux cas la mahloket porte sur l'offrande pour montrer la force de la position permissive de Rabbi Yehochoua. La Guemara fixe la halakha : pour un safek tereifa, le mâle est interdit douze mois, la femelle tant qu'elle n'enfante pas. Enfin Rav Houna pose qu'une créature sans os ne survit pas douze mois, d'où Rav Papa déduit le propos de Chmouel sur le ver de la cougourde encore attachée au sol, interdit comme 'grouillant sur la terre'.
58b17 segments · 44 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
tout surnombre vaut retranchement (yater ke-natoul), les intestins doubles, la plume comme une peau, et la bête en péril
Après trois propos sur les vers et la longévité des insectes (les dattes du bocal permises au bout de douze mois, le moustique qui ne vit pas un jour, l'adage des sept ans), la sougya pose la règle de Rav Houna : tout membre en surnombre a le statut d'un membre retranché (kol yater ke-natoul dami) — surnombre ou manque à la patte antérieure n'est qu'un défaut (permis au profane), mais à la patte postérieure rend la bête tereifa. On applique le principe : deux caecums (tereifa, sauf s'ils se déversent l'un dans l'autre), un tube reliant panse et feuillet (connu, donc cachere) contre un tube reliant panse et rumen (non rapporté, donc tereifa). Vient le témoignage de Natan bar Chila sur deux intestins sortant de l'estomac : tereifa s'ils sortent en deux endroits, cachere s'ils sortent en un seul et se rejoignent (Rav Ami et Rav Assi divergeant sur le sens de 'jusqu'à un doigt'). Puis Rabbi Yo'hanan rapproche Rabbi Yehouda et Rabbi Yichmael (la plume vaut la peau), mais Rava distingue tereifa et piggoul. Enfin la michna des bêtes en péril (saisie de sang, enfumée, poison, morsure de serpent) oppose ce qui est cachere à ce qui est permis rituellement mais interdit par danger de mort, avec la difficulté de l'asa fetida (Chmouel) et des deux sortes de poison.
59a17 segments · 31 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
les signes de pureté (simanim) des bêtes, oiseaux, sauterelles et poissons, et les examens de Rav Hisda
Après quelques remèdes et un récit sur un faon aux pattes coupées (Rav y craint la tereifa, Chmouel la morsure de serpent), la michna énonce les signes de pureté : ceux de la behema et de la haya sont dans la Torah (sabot fendu, rumination), ceux de l'oiseau ne le sont pas (les Sages : un rapace est impur ; doigt supplémentaire, jabot et gésier pelable rendent pur), ceux des sauterelles (quatre pattes, quatre ailes, sauteuses, ailes couvrantes) et ceux des poissons (nageoire et écaille). La gemara reformule le signe négatif 'pas de dents en haut' et le confronte au chameau (qui a un croc, niv), au jeune chameau (sans croc), au pourceau et à l'arod ; l'école de Rabbi Yichmael montre, par le mot 'lui' (hou) du verset, qu'aucune autre espèce n'est à craindre. Rav Hisda en tire trois examens pour le voyageur : selon que les sabots, la bouche ou les deux manquent, on inspecte la bouche, les sabots ou la chair (en chaîne et trame), pourvu qu'on sache reconnaître le jeune chameau, le pourceau et l'arod. La page se clôt sur une objection de Rabbi Zira : pourquoi des signes pour la haya, puisqu'elle est comprise dans la behema ?
59b11 segments · 29 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
les signes de l'animal sauvage (simane chaya) : cornes, sabots, et la graisse permise
La sougya cherche à reconnaître une chaya (animal sauvage), dont la graisse (helev) est permise, par opposition à une behema (domestique), dont le helev est interdit. Le Tana Kama exige deux signes — cornes (keranayim) et sabots fendus (telafim) ; Rabbi Dossa juge la corne signe décisif. La Guemara teste la règle par une série de contre-exemples (chèvre, bœuf, chèvre, gazelle) qui forcent à préciser quatre qualités de corne : kerouhot (en couches), haroukot (crantées), mefoutsalot (ramifiées), hadourot (rondes et pointues). Rava conclut : cornes ramifiées -> chaya certaine ; sinon il faut les trois autres qualités réunies, avec des crans absorbés l'un dans l'autre. De là naît le doute sur le bouc karkoz, tranché en pratique (helev permis) par les Sages d'Eretz Israël, avec égard pour Rav Ahai qui interdit. Vient ensuite le keresh (à corne unique, permis), le lion gigantesque de Bé Ilai, et l'aggada de Rabbi Yehochoua ben Hanania devant l'empereur romain.
60a13 segments · 27 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Rabbi Yehochoua ben Hanania et Rome, le taureau d'Adam, et l'obéissance des herbes (le-mineho)
Le daf est surtout aggadique. Rabbi Yehochoua ben Hanania répond à trois défis de Rome : montrer Dieu (le César ne peut même fixer le soleil, un seul des serviteurs divins) ; Lui dresser un repas (vent et pluie engloutissent tout : ce ne sont que les balayeurs et laveurs qui ont consommé) ; et la quenouille demandée par la fille du César (frappée de lèpre, puis 'notre Dieu donne mais ne reprend pas'). Vient ensuite Rav Yehouda : description du taureau et de l'âne (pour l'achat-vente) ; le taureau qu'offrit Adam avait une seule corne et ses cornes ont précédé ses sabots, ce qui appuie Rabbi Yehochoua ben Levi : toute la Création fut créée en pleine stature, avec son savoir et selon sa forme. Enfin la derasha de Rabbi Hanina bar Pappa : le 'prince du monde' rapporte que, l'ordre 'selon son espèce (le-mineho)' n'ayant été dit qu'aux arbres, les herbes en tirèrent un kal va-homer pour sortir elles aussi chacune selon son espèce ; d'où la question de Ravina sur la greffe de deux herbes l'une sur l'autre (kilayim), laissée en suspens.
60b16 segments · 39 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
le rapetissement de la lune, le désir de la prière des justes, et les versets 'à brûler' qui sont le cœur de la Torah
Après le dilemme laissé en suspens (teikou) sur les espèces nées 'd'elles-mêmes' selon Rabbi Hanina bar Pappa, la sougya enchaîne une série d'aggadot. Rabbi Chimon ben Pazi résout la contradiction des versets (deux grands luminaires / le grand et le petit) par le récit du rapetissement de la lune : elle objecte que deux rois ne peuvent porter une couronne, Dieu lui ordonne de se rapetisser, la console en trois temps (régner jour et nuit, servir au comput d'Israël, donner son nom 'ha-katan' aux justes), et, la voyant inconsolée, ordonne le bouc de Roch Hodech 'pour l'Éternel' comme expiation. Rav Assi établit, par la contradiction sur la sortie des herbes, que Dieu désire la prière des justes (illustrée par le jardin de Rav Nahman bar Pappa). Rav Hanan bar Rava lit 'ha-chessoua' comme une créature distincte, preuve que la Torah vient du Ciel. Enfin Resh Lakich enseigne que des versets apparemment 'à brûler comme livres d'hérétiques' sont en réalité le corps même de la Torah : Avvim/Kaftorim, Si'hon et Moav, le Hermon, le déplacement des Égyptiens par Yossef — chacun recelant une raison halakhique ou morale précise. Le daf se clôt sur le retour à la michna : les simanim de l'oiseau ne sont pas énoncés — mais une braita semble objecter à partir du 'nesher'.
61a6 segments · 8 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
les quatre signes de pureté de l'oiseau : apprend-on du nesher ou des torin ?
La braita dégage du nesher (aigle, impur) et des torin (tourterelles, pures) les quatre signes de pureté d'un oiseau : doigt en plus (etzba yetera), jabot (zefek), gésier pelable (kurkavan niklaf), et ne pas griffer sa proie (eino dores). Abaye précise que ces signes ne sont pas écrits explicitement dans la Torah mais déduits par les Sages. Rabbi Hiyya enseigne qu'un oiseau venu avec un seul signe est pur, car on apprend du nesher (qui n'a aucun signe). La Guemara objecte : apprenons plutôt des torin, qui ont les quatre signes — il faudrait alors les quatre pour être pur. Réponse : si on apprenait des torin, pourquoi la Torah écrit-elle les autres oiseaux impurs, dont aucun n'a les quatre signes ? Nouvelle objection : apprenons des autres impurs, qui ont trois signes et restent impurs — donc trois signes ne purifient pas. Réponse finale : si même trois signes ne purifiaient pas, pourquoi la Torah écrit-elle l'orev (corbeau), qui n'a que deux signes ? Conclusion : un seul signe de pureté suffit.
61b7 segments · 10 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
d'où l'on apprend qu'un oiseau à un seul siman est permis : nesher contre pères, ozniya et corbeau
Poursuite de la sougya sur les simanim (signes de pureté) des oiseaux. La Guemara cherche la source qui fixe le statut d'un oiseau ne portant qu'un seul siman casher. Faut-il dériver du corbeau (orev, qui a deux simanim et reste interdit) ou du pères et de l'ozniya (un siman chacun, interdits) qu'un oiseau à un seul siman est interdit ? Ou bien dériver du nesher (l'aigle, qui n'a aucun siman) que seul un oiseau totalement dépourvu de siman est interdit, et qu'à un siman on mange ? Chaque dérivation est confrontée à une mention de la Torah qui deviendrait superflue. Le pivot est la règle 'deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas' (chenei ketouvim ha-baim ke-ehad ein melamdin) : le pères et l'ozniya, puis les vingt-quatre oiseaux impurs, répètent la même leçon et ne peuvent servir de source ; mais comme un siman ne figure qu'une seule fois, on aurait pu l'en dériver, [aussi] la Torah écrit 'nesher' pour interdire cette dérivation. La Guemara fixe le compte : vingt-quatre oiseaux impurs, quatre simanim, trois qui reviennent partout. Enfin, si l'on apprend du nesher qu'à un siman on mange, pourquoi la Torah mentionne-t-elle les tourterelles (torin) ? Rav Oukva bar Hama répond : pour le sacrifice (korban), seules elles y étant aptes.
62a9 segments · 20 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
les simanim de l'oiseau pur, le corbeau et son espèce (zarzir, sanounit), et le tasil parmi les colombidés
La sougya poursuit les règles de reconnaissance des oiseaux purs par leurs simanim : un oiseau qui se présente avec un seul siman est pur si l'on connaît le pères et l'ozniya (seuls impurs à un seul siman), impur sinon ; avec deux simanim il est pur, à condition de reconnaître l'orev (corbeau), seul impur à deux simanim. La Guemara objecte par une braita où Rabbi Eliezer lit 'orev selon son espèce' (Lev 11:15) comme incluant le zarzir, puis la sanounit blanche, malgré que les gens de Kefar Temarta et de Haute-Galilée les mangent (jabot, gésier pelable) ; Rabbi Eliezer leur rétorque 'eux aussi rendront des comptes'. Amemar tranche : un seul siman suffit, pourvu que l'oiseau ne soit pas prédateur (dores), le pères et l'ozniya étant absents des lieux habités. Rav Yehouda identifie l'oiseau 'mesaret' à la sanounit blanche, apte à la purification du metsora ; Amemar et Mar Zoutra divergent sur le ventre blanc ou jaune. Enfin Rehava au nom de Rabbi Yehouda traite le tasil et le datzifi parmi les colombidés offerts.
62b9 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
reconnaître les oiseaux purs : noms, signes (simanim) et moyens mnémoniques
Le daf poursuit la distinction des oiseaux purs et impurs. Il s'ouvre sur le tasil (espèce de pigeon) qui invalide l'eau de purification parce qu'il aspire puis recrache, alors que le pigeon aspire sans recracher. Puis Rav Yehouda valide les colombes tzoutzeyanei pour l'autel, ce qui soulève l'objection du 'nom adjoint' (chem livouy) tiré de l'hysope : Abaye et Rava résolvent (le nom n'a pas changé avant le don de la Torah ; et dans leur pays on les appelle simplement colombes). Suit une série d'identifications par couples d'oiseaux quasi homonymes — chacun assorti d'un moyen mnémonique (simane) — et la règle des quatre signes de pureté : doigt surnuméraire, jabot, ne pas griffer, et gésier qui se pèle. Rav Assi énumère huit cas douteux dont le gésier ne se pèle qu'au couteau ; la longue Tossefot discute lesquels des trois ou quatre signes sont en jeu. Enfin Rav Papa, Rav, Rav Houna et Chmouel ajoutent d'autres couples d'oiseaux permis ou interdits, toujours avec leur moyen mnémonique.
63a18 segments · 37 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
l'identification des oiseaux impurs : noms, signes mnémotechniques et le compte des vingt-quatre
Suite du chapitre Elou Tereifot consacré aux signes des oiseaux purs et impurs, la sougya enchaîne des traditions amoraiques qui identifient des oiseaux par leur nom araméen ou vernaculaire et fournissent un signe mnémotechnique pour retenir lesquels sont permis et lesquels interdits (la bat mizga hamra, les variantes de chekitna, le chalakh, le doukhifat qui apporta le chamir au Temple). Viennent ensuite des étymologies homilétiques (le raham, source de miséricorde et signe de pluie, voire du Machiah ; la hassida 'pieuse', l'anafa 'querelleuse'), la règle herméneutique du 'davar ha-lamed me-inyano' appliquée au tinshemet — un même mot pour un oiseau et pour un reptile, départagé par le contexte — et l'identification du orev (corbeau noir, corbeau de vallée blanc, corbeau à tête de pigeon) et du netz. La sougya culmine sur le compte de Rav : il y a vingt-quatre oiseaux impurs, établi en additionnant les listes du Lévitique et du Deutéronome, les quatre 'le-mino' et en soustrayant le doublon daa = raa.
63b15 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
les 24 oiseaux impurs : raa/daa et aya/daya, la voie courte de la Tora, et l'oiseau pur par tradition
La sougya poursuit le décompte des oiseaux impurs de la Tora pour le ramener à 24. Puisque le passage de Deutéronome (Michne Tora) est censé AJOUTER à celui du Lévitique, la différence de nom (daa écrit dans Vayikra, raa dans Deut ; aya seule dans Vayikra, aya et daya dans Deut) prouve qu'il s'agit d'UNE seule espèce sous deux noms : le surplus ne vient pas ajouter mais expliciter, afin qu'on ne permette pas un oiseau sous un autre nom (Rabbi). Une braita objecte (les bêtes sont répétées pour ajouter la chessoua : donc les oiseaux aussi ?) et la Guemara distingue : là-bas pour ajouter, ici pour expliciter. Rabbi Abahou identifie raa et aya (la raa voit le plus loin : posée à Babel elle voit une charogne en Terre d'Israël), ce qui ramène le compte à 23. Suivent Issi ben Yehouda (cent oiseaux impurs, tous de l'espèce aya) et Avimi (700 espèces de poissons, 800 de sauterelles, des oiseaux sans nombre — entendre : oiseaux purs). Rabbi explique pourquoi la Tora énumère la minorité (bêtes pures, oiseaux impurs) : enseigner par la voie courte. Rabbi Itshak permet de manger un oiseau pur par tradition (massoret) ; Rabbi Yo'hanan exige que le maître connaisse les oiseaux et leurs noms ; Rabbi Zera tranche que ce maître est le chasseur. Enfin on achète des œufs aux non-Juifs sans craindre nevela ni tereifa, pourvu que le vendeur nomme l'espèce pure, et la sougya s'ouvre sur les signes des œufs (et des poissons).
64a9 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
les signes de l'œuf casher, l'œuf de sherets, impureté et flagellation
La sougya examine les simanim (signes) qui distinguent un œuf d'oiseau casher d'un œuf impur : forme (un bout pointu, un bout arrondi), disposition du blanc et du jaune ; le mélange du blanc et du jaune trahit un œuf de reptile rampant (sherets). La Guemara objecte que ces signes ne servent guère (œufs découpés, battus en bol) et que l'on ne peut acheter de tels œufs au non-Juif. Rabbi Zera conclut que les signes ne sont pas d'ordre toranique (lav de-oraita) : on ne s'y fie que si le vendeur précise l'espèce, car l'œuf de corbeau ressemble à celui du pigeon. La braita 'blanc et jaune mêlés = œuf de sherets' est ensuite expliquée : pour Rav Oukva bar Hama, elle vise l'impureté (si l'embryon est formé et l'œuf perforé, il rend impur dès un volume de lentille) ; Ravina objecte que ce pourrait être un serpent, dont l'œuf ne transmet pas l'impureté ; aussi Rava dit-il qu'elle vise la flagellation, au titre du 'rampant qui rampe sur la terre' (Lévitique 11:41). La Guemara demande enfin pourquoi spécifier l'œuf impur, l'embryon d'un oiseau pur étant lui aussi prohibé.
64b7 segments · 14 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
l'œuf interdit : sang dans l'œuf, œufs mouzarot, et le verset 'bat hayaana'
Le daf traite du statut des œufs. La braita permet les œufs cacheres cuits avec des œufs impurs (gioulei beitsim), permet les œufs gâtés (mouzarot), et, si l'on trouve une goutte de sang (kort dam), ordonne de jeter le sang et de manger le reste. Rabbi Yirmeya et Dostai précisent où doit se trouver ce sang : sur le nœud (kecher) ou le blanc (chelbon), le reste est permis ; sur le jaune (chelmon), tout l'œuf est interdit, car le mal s'est répandu partout. Puis Hizkiya dérive de l'Écriture ('et la bat hayaana', Lev 11:16) que l'œuf d'un oiseau impur est interdit par la Torah : la 'fille' de l'autruche n'étant pas un oiseau distinct, c'est son œuf. La Guemara objecte par plusieurs versets où 'bat hayaana' semble désigner l'oiseau lui-même (qui pleure, habite, honore Dieu), les résout, puis distingue le cas présent du fait que le scribe écrit le mot en deux.
65a10 segments · 19 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
les signes de l'oiseau cachere, et les quatre signes de la sauterelle permise
La sougya achève d'abord le point sur 'bat yaana' (l'autruche) écrit en deux mots : deux mots impliquent deux noms (donc l'œuf aussi est interdit), et l'objection 'Kedorlaomer' est écartée car ce nom-là n'est jamais coupé sur deux lignes. Puis vient le cœur du daf : comment reconnaître un oiseau cachere. La braita rapporte les positions de Rabban Gamliel (griffe-et-mange = non cachere ; doigt supplémentaire, jabot et gésier pelable = cachere), de Rabbi Elazar fils de Rabbi Tsadok (le test du fil), de Rabbi Chimon ben Elazar (happe en plein vol = non cachere), corrigé par Abaye ('happe ET mange' en l'air), et des 'Aherim' (cohabitation et ressemblance avec une espèce cachere ou non), rattachée à Rabbi Eliezer à propos du zarzir et du corbeau. Le daf passe ensuite aux sauterelles : les quatre signes (quatre pattes, quatre ailes, deux pattes à sauter, ailes couvrant la majorité du corps), la double exigence de Rav Papa (majorité de la longueur ET de la circonférence), le cas du 'zahal' dont les pattes à sauter poussent plus tard (permis), et l'énumération des quatre espèces du verset (arbeh, solam, hargol, hagav) avec la lecture klal ou-prat ou-klal de l'école de Rabbi Yichmael, où les quatre 'leminehu' incluent quatre espèces voisines.
65b10 segments · 29 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
les criquets permis : les quatre signes, le klal-prat-klal et la tête longue (Rav Ahai)
La sougya développe la braita de l'école de Rabbi Yichmael sur les criquets (chagavim) purs. La Torah (Lévitique 11) nomme quatre espèces — arbeh, solam, hargol, hagav — chacune suivie de 'le-mino' (selon son espèce). Par le procédé klal-prat-klal, chaque nom (détail) plus son 'le-mino' (terme englobant) élargit la permission : on inclut d'abord les criquets sans front lisse, puis ceux qui ont un front lisse (solam = nippol), puis ceux qui ont une queue (hargol = rachon), puis on demande d'où inclure ceux dont la tête est longue. La braita construit alors un binyan av des trois espèces : leur seul point commun étant les quatre signes (quatre pattes, quatre ailes, pattes sauteuses, ailes couvrant la majeure part), tout criquet portant ces quatre signes est permis. Le tzartzour, qui a les quatre signes mais ne se nomme pas chagav, est exclu par le mot 'hagav' ; et 'le-mino' enseigne qu'un chagav sans les quatre signes reste interdit. Rav Ahai réfute le binyan av (les trois espèces ont aussi en commun de ne pas avoir la tête longue), puis tranche : 'solam' est superflu — supprime-le et dérive tout du point commun d'arbeh et hargol ; puisque 'solam' est écrit sans nécessité propre, applique-le (im eino inyan) au criquet à tête longue, qui est ainsi permis.
66a9 segments · 12 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
sauterelles cacheres : klal-perat contre klal-perat-klal (Bei Rav / Bei Rabbi Yichmael), puis les signes du poisson
La sougya cherche le point de divergence entre le Tana de l'école de Rav et le Tana de l'école de Rabbi Yichmael au sujet des sauterelles cacheres : ils s'opposent sur la sauterelle à tête longue. Tout dépend de la règle exégétique appliquée au verset (Lévitique 11:21-22). Pour Bei Rav, c'est un klal ('qui a des pattes') suivi d'un perat (arbe, solam, hargol, hagav) — donc 'rien que ce qui est dans le perat', et la tête longue est interdite. Pour Bei Rabbi Yichmael, le 'selon leurs espèces' regénéralise (klal-perat-klal) — donc tout ce qui ressemble par un seul côté est inclus, et la tête longue est permise pourvu qu'elle ait les quatre simanim de la michna. La Guemara objecte que les deux klalim ne se ressemblent pas, mais maintient que Bei Rabbi Yichmael interprète ainsi (et c'est d'ici qu'on l'apprend). Suit l'analyse du 'solam' qui sert à inclure la tête longue, puis une remarque sur l'identification locale des espèces (rachon, nipoul). Enfin la michna passe aux poissons : nageoire et écaille ; une braita traite du poisson qui n'a pas encore d'écaille mais en aura, et de celui qui en a une mais la perd hors de l'eau.
66b12 segments · 20 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
les signes du poisson cachere (nageoire et écaille) et l'extension aux récipients, puits et fosses
Après avoir permis une série de poissons aux noms perses, la Guemara expose les deux signes du poisson cachere : la nageoire (senappir) et l'écaille (kaskeset). La michna de Nidda enseigne que tout poisson à écaille a une nageoire, mais non l'inverse, de sorte que l'on se fie à l'écaille. La Guemara demande pourquoi la Torah écrit les deux signes alors qu'un seul suffirait : sans 'nageoire', on aurait pu comprendre 'écaille' comme l'organe de nage et rendre cachere même le poisson impur ; le verset écrit donc les deux, et 'cotte d'écailles' (I Sam 17:5) établit que kaskeset désigne la cuirasse fixée. Rabbi Abahou et l'école de Rabbi Ichmael : 'Il rend la Torah grande et magnifique' — elle fut élargie au-delà du strict nécessaire. Une braita dégage du verset positif et du verset négatif un double commandement (positif et interdit). La dernière partie du daf démontre, par la clause 'mangez de tout ce qui est dans les eaux', que les vermisseaux des récipients (kelim), puis ceux des puits, fosses et grottes (borot, shihin, mearot), sont permis même sans signes, par une lecture de type klal-perat-klal, jusqu'à la règle de Ravina sur deux généralités accolées l'une à l'autre.
67a15 segments · 24 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
quelles eaux interdisent le poisson sans simanim, et la vermine qui sort de l'eau (heinu revitiah)
Suite de l'exégèse du verset de Lévitique 11 sur les créatures aquatiques : le poisson sans nageoires ni écailles (simanim) est interdit, mais selon le type d'eau où il se trouve. Deux écoles lisent le triple 'dans les eaux / dans les mers et les fleuves / dans les eaux' : Beit Rav par klal-prat-klal (général-détail-général, on n'inclut que le semblable au détail), Beit Rabbi Yichmael par ribuy-miut-ribuy (amplification-restriction-amplification, on amplifie tout sauf l'exclu) ; les deux aboutissent au même résultat : fosses-tranchées (charitzin) et canaux (ne'itzin) sont assimilés aux mers et fleuves (poisson sans simanim interdit), mais puits, citernes et grottes (borot, shihin, me'arot), eaux retenues comme dans un récipient, sont permis ; le mot superflu 'tochlou' (vous mangerez) sert à permettre ces derniers. Mattitya bar Yehouda justifie le sens du partage (les eaux retenues comme des récipients sont permises). Rav Aha et Ravina disputent ensuite [pour savoir] quel verset est explicite et quel verset est implicite quant à la permission du poisson dans des récipients. Enfin Rav Houna interdit de filtrer la bière sur des baguettes la nuit (de peur qu'un ver, ayant rampe hors de la boisson, ne retombe et ne devienne 'celui qui rampe sur la terre'), tandis que ce qui monte sur la paroi puis retombe reste permis car c'est sa croissance normale (heinu revitiah). Rav Hisda étaye Rav Houna par une braita sur les moucherons filtrés. Le daf se clôt sur Chmouel et le concombre véreux.
67b16 segments · 32 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
le ver qui 'rampe sur la terre', les vers des bêtes et des poissons, et les espèces du verset
Fin du chapitre Elou Tereifot. La sougya cherche l'appui scripturaire de Chmouel (le concombre véreux encore attaché au sol est interdit) en confrontant deux braitot sur 'qui rampe sur la terre' (al ha-aretz) : la conclusion écarte Chmouel, car la seconde braita vise le ver des racines de l'arbre, non du fruit. Rav Yossef puis Rav Achi posent une série de cas-limites (le ver sorti puis mort, sorti en partie, monté sur le toit de la datte ou du noyau, passé d'une datte à l'autre) tous laissés en suspens (teikou). Vient ensuite la question des vers internes des bêtes (kokiani du foie et du poumon) : viennent-ils du dehors ou naissent-ils dedans ? La halakha tranche qu'ils sont interdits (la bête dort, le ver entre par le naseau), de même que les darnei entre peau et chair ; les vers des poissons, eux, sont permis, car le poisson devient permis par simple capture alors que la bête ne l'est que par l'abattage, qui n'agit pas sur eux. Enfin une braita expose Lévitique 11:42 (serpent, scorpion, mille-pattes et leurs inclusions), puis Rabbi Yossi ben Dourmaskit prouve que le léviathan est un poisson pur (il a nageoires et écailles). Le chapitre se clôt par le Hadran.