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Chabbat (Shabbat) — Traité complet

Feuilles d'étude interactives, 2a à 157b — 24 perakim : les trente-neuf travaux interdits, l'allumage des lumières, et les limites du transport d'un domaine à l'autre.
312 amudim · 3778 segments · 8729 gloses Rachi · 1551 Tossefot · 766 schémas de synthèse

Perek 1 Yetsiot HaChabbat — Les sorties d'objets, domaine par domaine · 37 amudim

2a7 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les sorties du Chabbat : deux qui sont quatre, au-dedans et au-dehors
Le traité Chabbat ouvre sur le transport d'un domaine à un autre, la melakha qui occupe toute la première michna : « les sorties du Chabbat, deux qui sont quatre au-dedans et deux qui sont quatre au-dehors ». La michna déploie ce compte à travers une scène unique, un pauvre debout dans le domaine public et un maître de maison chez lui, qui se passent un objet de main à main : huit cas au total. Quatre d'entre eux mettent un seul homme en cause, qui accomplit lui-même l'akira (le soulèvement) et la hanaha (le dépôt) : il est passible selon la Torah. Dans les quatre autres, le geste est partagé entre les deux hommes, et chacun reste exempt, l'acte demeurant interdit mide-rabbanan. La Guemara s'ouvre en rapprochant cette formule de celle du traité Chevouot, « les serments, deux qui sont quatre », pour éprouver ce que le tana compte exactement. Rachi fixe le vocabulaire de base du traité, tandis que Tossefot demande pourquoi le transport a été placé en tête de la massekhet et pourquoi il a fallu enseigner séparément le cas du pauvre et celui du riche.
2b17 segments · 17 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Ce que compte le tana : sorties, entrées et domaines
La Guemara poursuit la comparaison entamée au verso précédent entre notre michna et celle du traité Chevouot, qui rassemble quatre séries bâties sur la même formule : les serments, les prises de conscience de l'impureté, les aspects des plaies, les sorties du Chabbat. La question directrice est celle du compte : pourquoi notre michna énonce-t-elle quatre cas au-dedans et quatre au-dehors, quand celle de Chevouot se contente de « deux qui sont quatre » ? Une première réponse distingue les avot (travaux-pères) des toladot (dérivations), et se heurte au parallèle avec les aspects des plaies, où les quatre cas rendent tous passible. Rav Papa y substitue la distinction entre cas de responsabilité et cas d'exemption, ce qui oblige la Guemara à établir que le mot « yetsiot » (sorties) recouvre aussi les entrées : Rav Achi l'appuie sur la michna de Kelal Gadol, Ravina sur notre michna elle-même, tandis que Rava propose de lire « rechouyot », les domaines. Le daf s'achève sur la question de Rav Matana à Abaye : à compter les gestes plutôt que les cas, le total monte à douze, et Abaye répond que le même raisonnement en donnerait seize.
3a6 segments · 15 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Huit ou douze : les exemptions que compte la michna
Le daf reprend la question de Rav Matana à Abaye : à compter les gestes, la michna des sorties du Chabbat devrait énumérer douze cas, et non huit. Une première réponse distingue les cas « exempt et permis » (patour oumoutar), que le tana ne compte pas, des cas « exempt mais interdit » (patour aval assour), qu'il compte ; elle se heurte à l'énoncé de Chmouel, selon lequel seuls trois cas du Chabbat sont exempts et permis. La Guemara précise que Chmouel ne vise que les cas où l'on accomplit un acte, puis donne la règle définitive : le tana compte les exemptions qui peuvent conduire à une obligation de hatat. Elle fonde ensuite l'exemption de deux personnes qui se partagent un travail sur le verset « ba-asotah » (Rabbi et Rabbi Hiya bar Gamda), et s'achève sur la question de Rav à Rabbi : celui qu'un autre a chargé d'un objet et qui sort, est-il passible ? Oui, car son corps repose en un lieu, à la différence de sa main.
3b13 segments · 20 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La main tendue dans un autre domaine : karmelit ou pénalité ?
Le daf s'ouvre sur la fin d'un récit : Rabbi Hiya reproche à Rav d'avoir interrogé Rabbi sur un sujet étranger au traité qu'il étudiait, puis reconnaît que la réponse reçue était juste, appuyée sur une baraita : celui qui était chargé d'aliments avant Chabbat et les sort après la tombée de la nuit est passible, car son corps ne se compare pas à sa main. Abaye établit ensuite que la main d'un homme tendue dans un autre domaine n'a le statut ni du domaine public ni du domaine privé, et il demande si les Sages lui ont donné le statut de karmelit, interdisant de la ramener vers soi. Deux baraitot se contredisent sur ce point (interdit / permis de ramener la main pleine de fruits), et la Guemara propose une série de résolutions : au-dessous ou au-dessus de dix tefahim, de jour ou de nuit, par inadvertance ou volontairement, pénalité du chogueg à cause du mezid, même cour ou autre cour. Au passage, la question de Rav Bivai bar Abaye sur le pain collé au four sert de pierre de touche : les Sages lèvent-ils leur interdit pour éviter une faute passible de sacrifice ?
4a13 segments · 12 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Ramener la main chargée de fruits, détacher le pain du four, et la main de l'homme comme surface de quatre
Le daf s'ouvre sur la fin d'une réponse : celui dont la main pleine de fruits a été tendue hors de la cour peut la ramener vers la cour où il se tient, mais non vers une autre cour. Rava demande à Rav Nahman la raison de cette différence et reçoit d'abord une boutade, puis le critère véritable : dans le premier cas la mahshava (l'intention) de celui qui a sorti les fruits ne s'est pas réalisée, dans le second elle s'est réalisée. La Guemara revient ensuite sur la question de Rav Beivai bar Abaye citée en passant : celui qui a collé un pain dans le four a-t-il le droit de le détacher avant d'encourir une sanction ? Rav Aha bar Abaye montre que la question ne tient ni dans un cas de chogueg sans prise de conscience, ni dans un cas de chogueg suivi d'un rappel ; Rav Chila la déplace vers autrui, ce que Rav Chechet refuse au nom du principe « dit-on a un homme : transgresse afin que ton prochain soit crédité ? » ; Rav Achi conclut qu'il s'agit d'un mezid et qu'il faut lire « avant qu'il n'en vienne à l'interdit de sekila ». Le daf revient enfin à la michna du pauvre et du maître de maison : comment y aurait-il akira et hanaha, puisque la main n'a pas quatre tefahim sur quatre ? Rabba attribue la michna à Rabbi Akiva, qui n'exige pas cette surface, et rattache sa position à la règle de kelouta.
4b11 segments · 7 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Qui est l'auteur de la michna des mains ? Rabbi Akiva, la kelouta, puis Rabbi et l'arbre penché
Au recto, Rabba avait attribué la michna des mains du pauvre et du maître de maison à Rabbi Akiva, pour qui la kelouta (objet saisi dans l'air) est tenue pour posée : la main de l'homme n'a pas quatre tefahim sur quatre, et l'on est pourtant astreint. Le daf objecte que Rabba lui-même hésitait sur le point de la mahloket (controverse) entre Rabbi Akiva et les Sages : porte-t-elle sur la kelouta en deçà de dix tefahim, ou sur la dérivation du zorek (lancer) à partir du mochit (tendre) au-dessus de dix ? On répond qu'après avoir posé la question, il l'a tranchée. Nouvelle objection : la kelouta prouve peut-être qu'une hanaha (dépose) n'exige pas quatre sur quatre, sans rien prouver pour l'akira (enlèvement). Rav Yossef attribue alors la michna à Rabbi. La Guemara cherche de quel enseignement de Rabbi il s'agit : le cas du ziz (saillie) de toute taille est écarté par l'explication d'Abaye (un arbre dont les branches penchent vers le domaine public), et le cas du lancer d'un domaine public à un autre à travers un domaine privé, où Rabbi rend astreint à deux sacrifices, est à son tour contesté. La réponse de Rav et Chmouel s'ouvre au folio suivant.
5a18 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La main de l'homme vaut quatre sur quatre : akira et hanaha sans surface mesurée
Le daf poursuit la difficulté laissée ouverte au verso précédent : la michna astreint le pauvre et le maître de maison alors que l'objet part d'une main et se pose dans une main, sans le lieu de quatre tefahim sur quatre que l'akira (enlèvement) et la hanaha (dépose) semblent exiger. Rav et Chmouel ont limité Rabbi au domaine privé couvert, ce que la Guemara écarte pour le domaine public au nom des étendards du désert. Rabbi Zeira attribue alors la michna aux Aherim, Rabbi Abba y lit une corbeille tenue en main, Rabbi Abbahou une main abaissée en dessous de trois tefahim ; chaque lecture est examinée puis trouvée trop étroite. Rava tranche par un principe : la main de l'homme compte pour lui comme quatre sur quatre, et Rabbi Yo'hanan énonce la même règle. Le daf ajoute deux enseignements de Rabbi Avin sur la portée de ce principe, une question restée sans réponse sur les deux forces d'un seul homme, et s'achève sur l'eau de pluie captée dans la main, où il faut encore trouver un lieu d'akira.
5b11 segments · 34 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Qu'est-ce qu'une hanaha ? De l'eau posée sur l'eau à l'homme qui s'arrête
Le daf poursuit l'examen de la hanaha (dépose) commencé au recto. La Guemara rapporte d'abord la baraita du rouleau qui échappe des mains, où Rava avait invoqué un mur en pente, puis montre que cette réponse ne vaut pas pour l'eau, qui ne se retient pas sur une pente ; Rava y substitue le cas de l'eau captée au-dessus d'une fosse déjà pleine. De là, la Guemara recueille les règles de Rava sur ce qui compte comme repos d'un objet : l'eau sur l'eau se tient pour posée, une noix qui flotte garde son mouvement propre, et la noix placée dans un récipient flottant reste en teikou ; l'huile qui flotte sur du vin dépend de la mahloket (controverse) entre Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Sages à propos du tevoul yom. La sougya passe ensuite au corps de l'homme : Rabbi Yo'hanan enseigne que celui qui porte une charge et va et vient tout le jour n'est astreint que s'il s'arrête, et Abaye précise qu'il doit s'agir d'un arrêt pour se reposer. Le daf s'achève sur la baraita de la boutique, du portique et de la place publique, où Ben Azzai exempte parce que celui qui marche est pour lui comme celui qui se tient à l'arrêt.
6a16 segments · 34 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Traverser un lieu exempt sans s'y arrêter, et la baraita des quatre domaines du Chabbat
La Guemara cherche un précédent qui justifie d'astreindre celui qui fait sortir un objet d'une boutique vers la place publique en passant par le stav, alors que le stav est un lieu exempt. Trois analogies sont proposées : le transport ordinaire dans le domaine public, le transport du début des quatre coudées à leur terme, puis le passage par les côtés du domaine public. Les deux premières sont écartées, la troisième tient, et Rav Papa objecte au nom de Rabbi Eliezer ben Yaakov avant que Rav Aha fils de Rav Ika ne restreigne sa position aux endroits dépourvus de hifoufei. Rabbi Yo'hanan précise ensuite que Ben Azzai, qui exempte celui qui marche parce que la marche vaut arrêt, concède pour celui qui lance et celui qui tend. Le daf s'achève sur la grande baraita des quatre domaines du Chabbat : domaine privé, domaine public, karmelit et lieu exempt, avec leurs mesures, leurs interdits et le cas du seuil, puis sur la question de savoir qui la formule « voilà le domaine privé » vient exclure.
6b12 segments · 21 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Ce que chaque « guemoura » vient exclure : les cloisons de Rabbi Yehouda, le désert, la plaine et le rouleau caché d'Issi ben Yehouda
Le daf achève la lecture de la baraita des domaines commencée en 6a. La Guemara demande pourquoi elle qualifie deux fois un domaine de « guemoura », plein et entier, et répond que chaque emploi du mot vient exclure une position de Rabbi Yehouda : d'abord les deux lehayin ou les deux korot dont il se contente pour porter au milieu d'une voie publique, ensuite son exigence de détourner le chemin qui traverse les passin bira'ot. Abaye résout ensuite la contradiction sur le désert : il comptait comme domaine public du temps où Israël y séjournait, non à notre époque. La seconde moitié du daf part de la mention du karet et de la lapidation pour citer le rouleau caché trouvé par Rav chez Rabbi H'iya, au nom d'Issi ben Yehouda, et corrige sa lecture : il ne dit pas qu'on ne doit qu'un seul sacrifice, mais qu'il existe un travail-père pour lequel on n'est pas lapidé. Le daf se clôt sur la plaine (bik'a), qu'Oulla ramène au statut de karmelit.
7a9 segments · 29 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui fait une karmelit : l'angle de rue, les piliers, la brique dressée, et les mesures de quatre et de dix
Le daf achève d'abord la discussion sur la vallée de la michna de Teharot : Rav Achi la lit comme une vallée munie de cloisons, ce qui la rattache à l'enseignement d'Oulla sur le karpef de plus de beit sa'atayim, tandis qu'Oulla refuse cette lecture parce qu'un lieu clos ne s'appelle plus « vallée ». La Guemara demande ensuite pourquoi la baraita mentionne la karmelit à côté de la mer, de la vallée et de l'istevanit, qui sont déjà des karmelit : Rav Dimi répond au nom de Rabbi Yo'hanan que le terme ajoute l'angle de rue attenant à la voie publique, puis l'espace entre les piliers et le banc placé devant eux. Le critère commun est l'usage malaisé : la foule y passe, mais pas librement. Rav Hisda applique le même critère à une brique dressée dans la rue, et Abaye et Rava fixent le seuil à trois tefahim, avec un débat sur les ronces et les excréments. Le daf se clôt sur les deux mesures de la karmelit : pas moins de quatre de largeur, et une emprise qui ne dépasse pas dix tefahim de hauteur.
7b10 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Jusqu'où montent les domaines : le karmelit s'arrête à dix, et les trous du mur (mahloket Abaye / Rava)
Le daf achève la lecture de la parole de Chmouel commencée en 7a. La Guemara écarte la lecture qui en ferait une règle sur le domaine public, puisqu'une michna l'enseigne déjà, et retient que Chmouel parlait du karmelit : il ne s'étend pas au-dessus de dix tefahim. Les Sages lui ont appliqué un allègement pris du domaine privé (il faut quatre tefahim de large) et un allègement pris du domaine public (il s'arrête à dix). Vient ensuite la maison basse dont la toiture complète la hauteur de dix : son toit est domaine privé, son intérieur reste karmelit, et Abaye montre qu'un creux de quatre sur quatre dans le sol suffit à rendre toute la maison portable, au titre des trous du domaine privé. De là naît la controverse centrale du daf : les trous du domaine public sont-ils eux aussi assimilés au domaine public ? Abaye le soutient, Rava le refuse, et la Guemara éprouve la position d'Abaye par la michna du mur, la figue grasse et la règle du creusement pour compléter. Le daf se clôt sur le roseau planté en domaine privé : le domaine privé monte jusqu'au firmament.
8a9 segments · 20 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La kavveret lancée dans le domaine public, la colonne de neuf et la fosse
Le daf achève d'abord la discussion sur Rav Hisda : Abaye explique que la controverse entre Rabbi et les Sages porte sur un arbre du domaine privé dont les branches penchent au-dessus du domaine public, et sur le principe « les branches suivent le tronc ». Vient ensuite la kavveret, une ruche ronde en roseaux tressés, lancée dans le domaine public : à partir de quelle largeur devient-elle un domaine à elle seule (Abaye), faut-il tenir compte des pointes de roseau qui dépassent dix tefahim (Rava), et que se passe-t-il si elle tombe renversée, ou le principe de lavoud pourrait prolonger ses parois jusqu'au sol (Rav Achi s'y oppose). Oulla enseigne enfin qu'une colonne haute de neuf tefahim dans le domaine public en fait partie, parce que le public y réajuste ses fardeaux ; Abaye demande à Rav Yosef s'il en va de même d'une fosse profonde de neuf, et Rava le conteste, car un usage malaisé ne compte pas comme un usage. Rav Ada bar Matna objecte à Rava à partir d'une baraita sur le panier posé dans le domaine public.
8b15 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
L'erouv dans la fosse, le rekak et le seuil makom petour
Le daf poursuit l'objection de Rav Ada bar Matna contre Rava, qui soutient qu'un usage malaisé (tachmich al yedei ha-dehak) ne compte pas comme usage du public. La baraita de l'erouv de tehoumin posé dans une fosse semble prouver le contraire ; Rava propose deux lectures (lui et son erouv en karmelit, ou erouv en karmelit selon Rabbi qui ne décrète pas de chevout à bein hachemachot), puis prouve sa thèse par la michna du rekak, où la répétition de « le domaine public y passe » enseigne qu'une marche malaisée compte comme marche, mais pas un usage malaisé. Rav Yehouda enseigne ensuite qu'un faisceau de roseaux déplacé en le basculant ne rend pas passible faute d'akira. Enfin la Guemara définit le seuil (iskoupa) de la Tossefta : ni domaine public, ni domaine privé, ni karmelit, il est un makom petour de moins de quatre sur quatre, selon Rabbi Yo'hanan. Le daf s'achève sur la question de savoir si la fin de cette Tossefta réfute Rava.
9a7 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Le seuil qui sert deux domaines : porte ouverte, porte fermée
Le daf achève la discussion sur le seuil (iskoupa) comme makom petour : la Guemara distingue l'objet qui passe seulement par l'air d'un lieu exempté, sans s'y poser, de celui qui s'y pose dans la main de l'homme debout sur le seuil. Vient ensuite l'opinion des Aherim dans la baraita : le seuil sert deux domaines, comme l'intérieur quand l'entrée est ouverte, comme l'extérieur quand elle est fermée. La Guemara objecte à partir de la règle de Rav Hama bar Gourya au nom de Rav, selon laquelle l'intérieur de l'ouverture requiert un autre lehi. Deux réponses sont proposées : Rav Yehouda au nom de Rav parle du seuil d'une ruelle à moitié couvert par une poutre placée vers l'intérieur ; Rav Achi parle du seuil d'une maison couvert de deux poutres étroites, avec la porte au milieu. Le daf se clôt sur la fin de la baraita, qui soutient la guezera de Rabbi Meir sur la colonne haute de dix dans un domaine privé, décrétée à cause du monticule dans le domaine public.
9b8 segments · 30 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Les activités interdites avant la prière de Minha et le moment où elles sont considérées comme commencées
Le folio ouvre le premier perek sur une michna qui interdit, à l'approche de Minha, cinq activités susceptibles de se prolonger : la coupe de cheveux, le bain, la tannerie, le repas et le jugement. Si on les a commencées, on ne les interrompt pas, sauf pour le Chema. La guemara demande de quelle Minha il s'agit : si c'est Minha ketana, la fin de la michna contredit Rabbi Yehochoua ben Levi, qui interdit de goûter quoi que ce soit une fois venue l'heure de Minha. Deux lectures placent donc la michna à Minha guedola : l'anonyme parle d'activités longues (coupe de Ben Elassa, grand repas), Rav Aha bar Yaakov d'activités ordinaires frappées d'un décret préventif. Rav Avin définit ensuite le début de chaque activité, et Rav et Rabbi Hanina divergent sur le début du repas, divergence que la guemara rattache aux usages de Babylonie et d'Erets Israël.
10a13 segments · 23 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Se préparer pour la prière, l'heure du tribunal et du repas, prier au bain public
Le daf poursuit la discussion de la Michna (9b) sur les activités qu'on ne commence pas à l'approche de Minha. La Guemara explique pourquoi on interrompt un repas pour Arvit et non pour Minha, puis Rav Chechet conteste l'obligation de remettre sa ceinture ; la réponse s'appuie sur le verset Prépare-toi à la rencontre de ton D.ieu, Israël. Suivent les usages de plusieurs Amoraim pour la tenue pendant la prière, et deux récits sur l'équilibre entre prière et étude. La Guemara définit ensuite le début d'un procès (Rabbi Yirmeya et Rabbi Yona), la valeur du juge qui juge avec vérité, l'heure à laquelle le tribunal lève la séance, et une baraita sur les heures de repas selon les catégories de personnes. Le daf se termine sur la déclaration de Rav Ada bar Ahava, selon qui on peut prier dans un bain public : une baraita sur les trois salles du bain l'objecte, et la Guemara restreint sa parole à un bain vide, puis à un bain neuf.
10b8 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Le Nom Chalom, le cadeau du Chabbat et les enseignements de Rav
Le daf achève la discussion sur le bain (beit ha-merhats) commencée en 10a : la simple désignation (hazmana) d'un lieu pour le bain ne l'interdit pas à la prière, tandis que le lieu d'aisances, répugnant, reste un doute. La baraita enseigne qu'à l'endroit où les gens sont nus on ne se salue pas, ce qui appuie Rav Hamnouna au nom de Oula : « Chalom » est un Nom de Hachem, d'après le verset « Et il l'appela Hachem Chalom ». La Guemara distingue ce Nom du mot « himnouta » (fidélité), permis dans le lieu d'aisances. Suit une série d'enseignements de Rav transmis par Rava bar Mahsseya au nom de Rav Hama bar Gourya : celui qui fait un cadeau doit en informer le bénéficiaire, appris du Chabbat, « cadeau de la maison des trésors » ; l'épisode de Rav Hisda et des dons du bœuf ; l'interdiction de favoriser un fils parmi ses frères, tirée de la tunique de Yossef ; et le conseil d'habiter une ville de fondation récente, déduit de Tsoar, plus jeune d'un an que Sedom. Le Roch résume la halakha du bain selon ses trois zones.
11a11 segments · 26 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Enseignements de Rav sur la synagogue, la souffrance et le jeûne ; interrompre l'étude pour le Chema ; les précautions de la veille de Chabbat
Le daf achève la série d'enseignements transmis par Rava bar Mehasseya au nom de Rav Hama bar Gourya, au nom de Rav : les années de tranquillité de Sedom, la ville dont les toits dépassent la synagogue, l'échelle des dominations et des souffrances, le cœur insondable des rois et l'efficacité du jeûne contre un mauvais rêve, même le Chabbat. La Guemara revient ensuite à la Michna de 9b : la fin de la Michna (on interrompt pour le Chema) concerne ceux qui étudient la Torah ; Rabbi Yo'hanan limite la dispense de prière à ceux dont la Torah est le métier, comme Rabbi Chimon bar Yohai, et une baraita contraire est ramenée aux sages occupés à l'intercalation de l'année. Commence alors une nouvelle Michna : les gezerot (décrets préventifs) de la veille de Chabbat, le tailleur et son aiguille, le scribe et son calame, la lecture à la lumière de la lampe, et le zav qui ne mange pas avec la zava. La Guemara ouvre sa discussion par une Michna parallèle sur celui qui boit d'un domaine à l'autre.
11b13 segments · 29 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Gezera li-gezera : la karmelit, l'aiguille du tailleur et la bourse du zav
La Guemara poursuit la Michna d'Erouvin sur celui qui boit d'un domaine à l'autre et se demande si la karmelit, domaine de rang rabbinique, est soumise au même interdit. Abaye l'interdit ; Rava refuse d'ajouter un décret pour protéger un autre décret (gezera li-gezera). Abaye tire une preuve des mots "et de même dans le pressoir", que Rava et Rav Chechet rapportent aux lois du maasser (dîme). Suivent des tentatives de preuve tirées de l'aiguille du tailleur, ramenées à l'avis de Rabbi Yehouda : l'artisan qui transporte selon l'usage de son métier est passible. De là découle une contradiction entre deux baraitot sur le zav sortant avec sa bourse : Rav Yosef l'attribue à Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, Abaye le réfute, Rav Hamnouna distingue le zav à deux ou trois observations, et Rabbi Zeira explique que ce Tanna ne compte pas l'usage destiné à éviter la salissure.
12a12 segments · 35 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La bourse du zav, les tefilin à la tombée de la nuit, épouiller ses vêtements et visiter les malades le Chabbat
Le daf achève la discussion sur le zav qui sort avec sa bourse : la comparaison avec les lois de Makhshirin (Ki youtan) est rejetée, puis Abaye et Rava résolvent la contradiction entre les deux baraitot par la discussion entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon sur la melakha qui n'est pas nécessaire pour elle-même. L'école de Rabbi Ichmael permet de sortir avec ses tefilin à la tombée de la nuit, car on doit y penser en permanence ; Hanania demande de tâter ses vêtements la veille de Chabbat. La Guemara revient ensuite à la Michna : l'interdit d'épouiller ses vêtements vient-il de la crainte de tuer un pou (Rabbi Eliezer) ou de celle d'incliner la lampe ? Une baraita tranche : les deux interdits visent la lampe. Suivent les règles sur l'épouillage (Tanna kamma, Abba Chaoul, Rav Houna), la permission de Beit Hillel de tuer le pou, et une série de discussions entre Beit Chammai et Beit Hillel sur les affaires de mitsva le Chabbat, jusqu'à la formule de visite au malade le Chabbat.
12b8 segments · 26 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La visite du malade le Chabbat et la lecture à la lumière de la lampe
Le daf achève la baraita sur les formules de la visite au malade le Chabbat : Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi divergent sur l'inclusion du malade parmi les malades d'Israël, et Rabbi Hanina tranche comme Rabbi Yossi. Rabbi Elazar priait parfois en araméen pour le malade, bien que les anges du service ne connaissent pas cette langue : la Chekhina est avec le malade. On en tire les règles de la visite (ne pas s'asseoir plus haut que le chevet). La Guemara revient ensuite à la Michna : on ne lit pas à la lumière de la lampe le Chabbat, de peur d'incliner la mèche ; Rabba étend le décret à toute hauteur, Rabbi Elazar permet à deux lecteurs d'un même sujet, Rav Houna interdit près d'un feu de camp, Rava permet à l'homme important, objection tirée de Rabbi Yichmael ben Elicha. Suivent le serviteur qui examine les coupes (attitré ou non, huile ou naphte) et le hazan qui ordonne les débuts des paragraphes.
13a11 segments · 18 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Les barrières contre l'habitude de la faute : zav et zava, nidda couchée près de son mari, et les notions de deot et de chinouy
Le folio achève la discussion sur la lecture à la lumière de la lampe (les enfants de l'école, tenus par la crainte de leur maître, peuvent lire), puis passe à la clause de la michna : le zav ne mangera pas avec la zava, par crainte de l'habitude de la faute. Rabbi Chimon ben Elazar en déduit le haut niveau de pureté d'Israël à cette époque, et la guemara examine le cas du zav rigoureux (parouch) qui mange avec un zav am haarets (explications d'Abaye et de Rava). Vient ensuite la question : une nidda peut-elle dormir avec son mari, chacun dans son vêtement ? Les preuves successives sont réfutées par deux critères, la présence de plusieurs consciences (deot) et celle d'un changement visible (chinouy), jusqu'à la preuve par le verset d'Ezechiel qui compare la nidda a la femme du prochain et conclut à l'interdit. La guemara note que Rabbi Pedat et Oulla s'en écartent, et ouvre le récit de Tana devei Eliyahou sur l'élève mort à la moitié de ses jours.
13b10 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
La niddah jusqu'à l'immersion, l'étage de Hananya ben Hizkiya et les dix-huit décrets
Le daf achève le récit de l'élève mort à la moitié de ses jours : interrogée par Eliyahou, sa veuve rapporte qu'aux jours du libboun (les sept jours propres) il dormait près d'elle ; Eliyahou y voit la cause de sa mort, car la femme reste niddah jusqu'à l'immersion. Rav Dimi et les Sages d'Erets Israël atténuent le récit (lit large, ceinture séparatrice). La Michna ouvre ensuite la liste des halakhot dites dans l'étage de Hananya ben Hizkiya ben Garon, où Beit Chammai l'emporta en nombre et où l'on décréta dix-huit choses. La Guemara établit que "ve-elou" renvoie aux décrets précédents, puis rapporte que Hananya et son groupe écrivirent la Meguilat Taanit et qu'il sauva le livre d'Ye'hezkel. Elle commence enfin l'énumération des dix-huit décrets par la liste de ce qui rend la terouma passoule.
14a9 segments · 23 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Les raisons des décrets de pureté : celui qui mange ou boit un impur, l'eau puisée, le Sefer Tora et les mains
Le folio poursuit l'examen des décrets pris le jour des dix-huit mesures, qui rendent passoul (invalide) la terouma. Il commence par établir que la michna, selon laquelle celui qui mange un aliment impur au premier ou au deuxième degré invalide la terouma sans la rendre impure, suit Rabbi Yehochoua (contre Rabbi Eliezer). La guemara donne ensuite la raison de chaque décret : manger un aliment impur, boire un liquide impur, entrer tête et majeure partie du corps dans de l'eau puisée (discussion entre Abaye et Rava sur ce que signifie en avoir fait une règle fixe), recevoir trois log d'eau puisée, le Sefer Tora et les mains. À propos des mains qui ont touché un Sefer Tora, elle cite Rabbi Parnakh : celui qui tient un Sefer Tora à nu est enterré nu, c'est-à-dire sans le mérite de cette mitsva. Le folio s'achève sur la question de l'ordre des décrets concernant les mains.
14b7 segments · 24 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Suite des décrets : le tevoul yom retiré de la liste, les liquides, les ustensiles, et qui a décrété l'impureté des mains
Le folio achève la question de l'ordre des deux décrets sur les mains : on a d'abord décrété sur les mains qui touchent un Sefer Tora, puis sur toutes les mains. La guemara reprend ensuite la liste des décrets de la michna. Le tevoul yom est retiré du compte des dix-huit choses, car il invalide la terouma de par la Tora. Les aliments rendus impurs par des liquides visent des liquides devenus impurs par les mains ; les ustensiles rendus impurs par des liquides visent des liquides devenus impurs par un cheretz. Enfin, la guemara demande qui a décrété l'impureté des mains : les disciples de Chammai et Hillel, Chammai et Hillel eux-mêmes, ou déjà le roi Chlomo ? Réponse partielle : Chammai et Hillel ont décrété sans être suivis, leurs disciples ont décrété et ont été suivis. La réponse sur Chlomo se poursuit au folio 15a.
15a10 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Les trois controverses de Chammai et Hillel, et la date du décret sur la terre des peuples
Le folio conclut la discussion sur l'impureté des mains : Chelomo l'avait décrétée pour les kodachim (choses consacrées), et les disciples de Chammai et Hillel l'ont étendue à la terouma. La guemara revient ensuite sur deux enseignements cités plus haut. Chmouel : ce jour-là on a décrété dix-huit mesures et on a été en désaccord, le lendemain on s'est accordé. Rav Houna : Chammai et Hillel n'ont été en désaccord qu'en trois endroits (la mesure de pâte soumise à la halla, la quantité d'eau puisée qui invalide le mikve, le temps d'impureté rétroactive d'une femme qui voit du sang) ; la guemara écarte la semikha et le cas de celui qui vendange pour le pressoir. Enfin, elle s'interroge sur l'attribution du décret sur la terre des peuples et les ustensiles de verre à Yossi ben Yoezer et Yossi ben Yo'hanan, alors qu'une tradition de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi le date de quatre-vingts ans avant la destruction du Temple.
15b9 segments · 20 Rachi · 10 Tossefot · 2 schémas
Les étapes du décret sur la terre des peuples, et l'impureté des ustensiles de verre
Le folio résout la contradiction laissée ouverte en 15a : le décret sur la terre des peuples a été pris par étapes. La guemara propose trois reconstructions successives. La première (Yossi et Yossi : brulement pour la motte ; Sages des quatre-vingts ans : suspension pour l'air) est écartée par Ilfa, selon qui seules les mains ont été frappées d'emblée du brulement. La deuxième est écartée par la michna des six doutes, instituée à Oucha selon Oulla. La reconstruction finale compte trois étapes : Yossi et Yossi, les Sages des quatre-vingts ans, puis Oucha. La guemara passe ensuite aux ustensiles de verre : Rabbi Yo'hanan au nom de Reich Lakich explique qu'on les a assimilés aux ustensiles de terre cuite parce que le verre vient du sable ; elle en examine les conséquences (purification au mikve, impureté par l'extérieur).
16a4 segments · 13 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le statut des ustensiles de verre : entre la terre cuite et le métal
Le folio poursuit l'examen du décret des Sages sur l'impureté des ustensiles de verre. Si le verre est assimilé à la terre cuite (il est fait de sable), il ne devrait pas devenir impur par son extérieur (gav) ; or la michna ne compare à la terre cuite que les ustensiles de neter. La guemara répond que le verre, qui peut être refondu après bris, a été assimilé aux ustensiles de métal. Elle objecte alors : qu'il revienne à son impureté ancienne (touma yechana) comme le métal ! Réponse : l'impureté du verre et l'impureté ancienne sont toutes deux rabbiniques, et les Sages n'ont pas greffé un décret sur un décret. Dernière question : que ses ustensiles plats deviennent impurs comme ceux de métal ; réponse : les Sages ont fait un signe distinctif (hekera) pour qu'on ne brûle pas la terouma et les kodachim à cause d'une impureté rabbinique.
16b10 segments · 27 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
L'impureté ancienne des ustensiles de métal et le décompte des dix-huit décrets
Rav Achi clôt la discussion sur le verre : il ressemble à la terre cuite, mais il devient impur par son extérieur parce que son intérieur se voit à travers ses parois. La guemara revient ensuite au décret de Chimon ben Chatah sur les ustensiles de métal : puisque leur impureté est de la Torah, le décret porte sur l'impureté ancienne (touma yechana), qui revient à l'ustensile brisé puis refondu, comme dans l'épisode de la reine Chel Tsion. Trois raisons sont proposées : protéger la loi des eaux de purification, la crainte d'un trou insuffisant (Abaye) et la crainte qu'on croie à l'efficacité d'une immersion le jour même (Rava). La guemara poursuit le décompte des dix-huit décrets : les ustensiles oubliés sous la gouttière (divergence de Beit Chamai et Beit Hillel sur l'annulation de l'intention), les filles des Koutim, niddot dès leur berceau, et l'impureté de tente transmise par un objet de l'épaisseur d'un aiguillon.
17a10 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
L'aiguillon du laboureur et la vendange : deux des dix-huit décrets
Le folio poursuit l'énumération des dix-huit décrets pris le jour où Beit Chammai l'emportèrent sur Beit Hillel. Rabbi Tarfon jure que l'enseignement sur l'aiguillon (mardea) qui transmet l'impureté a été tronqué par un auditeur ; Rabbi Akiva le rectifie en distinguant trois cas : le porteur, l'objet lui-même et les autres hommes et ustensiles. Rabbi Yannai précise qu'il s'agit d'un décret sur la circonférence d'un tefah à cause de l'épaisseur d'un tefah. Pour Rabbi Tarfon, le compte des dix-huit est complété par le décret sur les filles des Koutim. Vient ensuite le décret sur la vendange destinée au pressoir : Chammai et Hillel s'opposent, une épée est plantée dans la maison d'étude, et la guemara cherche la raison du décret (paniers impurs, paniers enduits de poix, grappes qui se mordent).
17b7 segments · 25 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Fin des dix-huit décrets et début de la michna sur les travaux commencés avant Chabbat
La guemara achève le décompte des dix-huit décrets. Les produits qui poussent de la terouma semée sont terouma : Rabbi Hanina y voit une mesure contre l'Israélite avare, Rava la rapporte à la terouma impure gardée par le Cohen. Celui que la nuit surprend en chemin confie sa bourse à un non-Juif. Le pain, l'huile, le vin et les filles des non-Juifs forment une chaîne de décrets, qui aboutit au décret sur l'enfant non-juif considéré comme zav ; la guemara ajuste le compte pour Rabbi Meir et pour Rabbi Yossi. La michna ouvre ensuite la divergence entre Beit Chamai et Beit Hillel : peut-on, la veille de Chabbat, lancer un processus (trempage, teinture, piège, remise d'un travail à un artisan non-juif) qui se poursuivra seul pendant Chabbat ? Beit Hillel le permettent. Tossefot discutent longuement le travail à forfait (kablanout) confié à un non-Juif.
18a8 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Le pétrissage de l'encre et le repos des ustensiles (chevitat kelim)
Le folio termine la michna (Rabban Chimon ben Gamliel et le linge blanc donné au blanchisseur non-juif trois jours avant Chabbat ; accord sur le pressoir à huile et à vin) puis ouvre la guemara. Rav Yossef attribue à Rabbi l'idée que verser de l'eau sur l'encre équivaut à la pétrir ; Abaye objecte à partir de Rabbi Yossi, et la guemara discute cendre (efer) et terre (afar). Une baraita permet de lancer la veille de Chabbat des processus qui se poursuivent seuls, sauf le moulin à eau. Rabba explique l'interdit par le bruit, Rav Yossef par le repos des ustensiles (chevitat kelim) ; la guemara distingue l'ustensile qui accomplit une action de celui qui n'en accomplit pas, puis cite Rav Ochaya : le repos des ustensiles de la Torah est l'avis de Beit Chammai seulement.
18b8 segments · 27 Rachi · 9 Tossefot · 2 schémas
La crainte d'attiser les braises (chema yehate) et la vente au non-Juif la veille de Chabbat
Le folio achève la discussion sur le repos des ustensiles : l'encens et le soufre sont posés à terre, et la cuve, la lampe, la marmite et la broche sont déclarés sans propriétaire (hefker). La guemara cite ensuite une baraita qui interdit de mettre au four, à la tombée de la nuit, des légumineuses ou un tonneau d'eau : même selon Beit Hillel, c'est une guezera de peur qu'on n'attise les braises. Elle examine les cas où cette crainte n'existe pas (encens, lin, chaudron retiré et scellé), puis en tire des règles pratiques : marmite crue ou cuite, viande de chevreau ou de bélier, four scellé ou non, avec le désaccord entre Rav Achi et Rav Yirmeya de Difti en deux versions. Le folio se termine sur la vente d'un objet ou du hamets à un non-Juif, entre Beit Chammai, Beit Hillel et Rabbi Akiva.
19a13 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le non-Juif, les lettres, le bateau et la règle des trois jours avant Chabbat
Le folio conclut la série de baraitot sur les rapports avec le non-Juif à l'approche de Chabbat et de Pessa'h : vente du koutah avant Pessa'h, nourriture donnée au chien et au non-Juif dans la cour, location d'ustensiles et envoi de lettres la veille de Chabbat. La baraita sur la lettre confiée à un non-Juif distingue le prix fixe (kitsouts) et la présence d'une maison du courrier (bei doar) dans la ville ; Rav Chechet explique le désaccord de Beit Chammai et Beit Hillel. Viennent ensuite la règle des trois jours avant Chabbat pour prendre la mer et pour assiéger une ville, puis la coutume de la maison de Rabban Gamliel pour le linge blanc et le linge teint, et l'anecdote d'Abaye avec le blanchisseur. La guemara explique enfin pourquoi Beit Chammai n'ont pas décrété pour le pressoir : leur décret ne vise que ce qui rendrait passible d'un hatat le Chabbat. Elle cherche le Tanna qui permet ce qui se fait de soi-même : Rabbi Yichmael.
19b6 segments · 31 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Ce qui s'achève de soi-même, le mouktse selon Rav et Chmouel, et ce qui doit être cuit avant la nuit
Le folio achève la recherche du Tanna selon lequel tout ce qui se fait de soi-même pendant Chabbat est permis : Rabbi Yossi bar Hanina l'attribue à Rabbi Yichmael, Rabbi Elazar à Rabbi Elazar ben Chamoua ; la guemara explique pourquoi chacun rejette l'avis de l'autre. Elle cite ensuite plusieurs désaccords entre Rav et Chmouel sur le mouktse (huile et nattes du pressoir, nattes de bateau, animaux et dattes destinés à un autre usage), qui reprennent la controverse de Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, avec l'épisode de l'élève excommunié par Rav Hamnouna. Le folio ouvre enfin une nouvelle michna : rôtir de la viande, un oignon ou un œuf, cuire du pain ou une galette la veille de Chabbat, avec deux exceptions, l'agneau pascal et le feu de la Beit hamoked.
20a9 segments · 31 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La nourriture de Ben Drossai et le feu allumé avant Chabbat
Le folio commente la fin de la michna de 19b sur ce qu'on peut commencer la veille de Chabbat. La guemara fixe la mesure de cuisson 'comme la nourriture de Ben Drossai' (un tiers de cuisson), qui sert aussi pour bichoulei goyim et, selon Hanania, pour laisser un plat sur un fourneau ni balayé ni couvert ; le Roch développe longuement la discussion des décisionnaires sur ce point. Elle précise ensuite quel est le 'côté inférieur' du pain collé au four, pourquoi on peut descendre le Pessa'h dans le four (les membres de la havoura sont zélés), et d'où vient la permission d'allumer le feu de la Beit Hamokéd (Rav Houna et Rav Hisda). Enfin, pour le feu allumé en province, Rav et Chmouel définissent 'la majeure partie' ; suivent la bûche unique (épaisseur et circonférence), le sens du mot ah (Rav et Chmouel) et le désaccord de Rav Houna et Rav Hisda sur les roseaux et les noyaux de dattes.

Perek 2 Bameh Madlikin — Avec quoi on allume les lumières · 32 amudim

20b15 segments · 37 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Les feux qui n'exigent pas la majorité, et l'ouverture de Bame madlikin : mèches et huiles interdites pour la lampe de Chabbat
Le folio achève le premier chapitre. Rav Kahana distingue entre roseaux liés ou non, et noyaux mis ou non dans des paniers, pour savoir si le feu doit prendre dans la majorité du combustible avant Chabbat ; Rav Yossef enseigne quatre feux qui n'exigent pas la majorité, et Rabbi Yo'hanan y ajoute le bois de Babylone, que la guemara identifie. S'ouvre alors le deuxième chapitre, Bame madlikin : la michna énumère six matières interdites comme mèche et six substances interdites comme combustible pour la lampe de Chabbat, avec le désaccord de Nahoum le Mède et des Sages sur le suif fondu. La guemara identifie chaque terme (lekhech, hossen, kalakh, idan, mèche du désert, mousse verte), rapporte des échanges entre Ravin et Abbaye, ajoute la laine et le poil, et précise que la liste passe des mèches aux huiles à partir de la poix.
21a12 segments · 33 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Huiles et mèches interdites : feu de joie, mélange avec une huile valable, lumières du Temple et de 'Hanouka
Le folio poursuit la michna Bame madlikin. Une baraita précise que les matières interdites pour la lampe de Chabbat restent permises pour un grand feu (medoura). La guemara identifie l'huile de kik (oiseau marin, huile de coton ou ricin de Yona), puis Rabba donne les deux raisons de l'interdit : le feu vacille sur ces mèches, et ces huiles ne montent pas dans la mèche, d'où la crainte qu'on incline la lampe. Abbaye demande si l'on peut ajouter un peu d'huile valable à une huile interdite ; Rabba l'interdit, et la guemara défend sa position face à la baraita du noyer de Rabban Chimon ben Gamliel et à l'enseignement de Rav sur le suif fondu (pas de gezera sur une gezera). Rami bar Hama étend l'interdit au Temple (le-haalot ner tamid) ; on discute les mèches faites des vêtements sacerdotaux à Simhat beit ha-choeva. Enfin, Rav Houna et Rav Hisda divergent sur l'emploi de ces mèches et huiles pour la lumière de 'Hanouka.
21b13 segments · 29 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La lampe de 'Hanouka : mèches permises, ordre d'allumage selon Beit Chammai et Beit Hillel, emplacement de la lampe et récit du miracle
Le folio achève le débat sur les mèches et huiles interdites le Chabbat : selon Rav, on peut les utiliser pour 'Hanouka, même le Chabbat, car si la lampe s'éteint on n'est pas tenu de la rallumer et il est interdit de se servir de sa lumière. La guemara précise ensuite le temps de l'allumage (jusqu'à ce que cesse la circulation au marché), puis enseigne les trois niveaux de la mitsva : une lampe par maison, une lampe par personne, et pour les plus scrupuleux un nombre variable, décroissant selon Beit Chammai, croissant selon Beit Hillel. Viennent l'emplacement de la lampe (à l'entrée de la maison, à la fenêtre, ou sur la table en temps de danger), la nécessité d'une lampe supplémentaire pour l'usage, le récit de la fiole d'huile scellée, et la michna sur les dommages causés par une lampe placée dehors, dont Ravina déduit que la lampe se place à moins de dix tefahim du sol.
22a8 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Hauteur et emplacement de la lumière de 'Hanouka, interdit d'en tirer profit, allumer d'une lampe à l'autre
Le folio poursuit les lois de la lumière de 'Hanouka. Placée à plus de vingt coudées, elle est invalide, comme la soukka et le mavoi, car l'œil ne la voit pas. Rabba fixe sa place dans le tefah proche de l'entrée, et la halakha la met à gauche, face à la mezouza à droite. Rav interdit de compter de l'argent à sa lumière ; Chmouel objecte qu'elle n'a pas de sainteté, et Rav Yossef répond par l'exemple du sang de la chehita : on le couvre de la main, pour que les mitsvot ne soient pas méprisées. La guemara compare avec les ornements de la soukka et conclut que la source de tous ces cas est le sang. Enfin trois discussions entre Rav et Chmouel (allumer d'une lampe à l'autre, détacher les tsitsit, la gerira de Rabbi Chimon), et deux explications de la raison de Rav : mépris de la mitsva ou affaiblissement de la mitsva.
22b8 segments · 22 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Allumer d'une lampe à l'autre : la lampe occidentale du Temple, puis la question décisive, hadlaka ou hanaha ?
Le daf achève le débat ouvert en 22a entre Rav et Chmouel sur le droit d'allumer une lampe de 'Hanouka à partir d'une autre. La baraita du maasser cheni, qui interdit de peser des dinars d'or contre une pièce consacrée, servirait de réfutation contre Chmouel ; Rabba l'écarte en expliquant que le décret y vise un risque précis, celui de renoncer au rachat et de laisser les pièces en état de hulin. Rav Chechet objecte ensuite depuis la menorah du Temple : la lampe occidentale servait à allumer les autres, et les lampes étant fixées à la menorah, il fallait bien passer par un copeau. Rav Papa répond par des mèches longues, mais la difficulté subsiste pour l'opinion qui craint l'affaiblissement de la mitsva. Rav Houna fils de Rav Yehochoua ramène alors toute l'affaire à une seule question : la mitsva de 'Hanouka s'accomplit-elle par l'allumage ou par la pose de la lampe à son emplacement ? Deux paroles de Rava sont examinées comme preuves, et toutes deux sont écartées au nom de ce que comprend celui qui voit.
23a11 segments · 38 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
L'allumage accomplit la mitsva : qui allume, qui bénit, et le soupçon du passant
Le daf tranche la question laissée ouverte à la page précédente : c'est l'allumage, et non la pose de la lampe, qui accomplit la mitsva de 'Hanouka. Deux preuves l'établissent : la lanterne restée allumée tout le Chabbat, qu'on éteint et rallume sans la déplacer, et le texte même de la bénédiction, qui porte sur l'acte d'allumer. De là découlent les règles sur celui qui allume (le sourd-muet, le dément et le mineur ne font rien ; la femme est tenue à la mitsva ; l'hôte de passage doit s'associer à son logeur), puis sur les huiles, l'huile d'olive étant la plus choisie pour la lampe comme pour l'encre. La sougya passe ensuite aux bénédictions : celui qui allume et celui qui voit, le premier jour et les suivants, avec la question de fond posée par Rav Amram sur le demai, qui conduit Abaye à distinguer le certain et le doute dans les institutions rabbiniques. Le daf se clôt sur le hachad, le soupçon : une cour à deux entrées exige deux lampes, et la baraita de la pea montre que la Torah elle-même tient compte de ce que les gens soupçonnent.
23b8 segments · 29 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Priorités entre les lampes, récompense de la lampe, et l'huile à brûler
Le daf achève la baraita de la pea : ses quatre motifs, dont le soupçon, et la précision de Rava sur les fraudeurs. Il revient ensuite à 'Hanouka : une lampe à deux becs compte pour deux personnes, un bol entouré de mèches ne compte que s'il est couvert, faute de quoi il devient un brasier. Rava fixe l'ordre de priorité pour le pauvre : la lampe de la maison passe avant la lampe de 'Hanouka et avant le kiddouch, et la lampe de 'Hanouka passe avant le kiddouch à cause de la publication du miracle. Suivent des enseignements sur la récompense des mitsvot (Rav Houna, Rava), l'heure de l'allumage de Chabbat (la femme de Rav Yossef), puis la Guemara revient à la michna : l'huile à brûler est de la terouma devenue impure ; Rabba interdit par crainte qu'on incline la lampe, Rav 'Hisda situe la michna un jour de fête tombant la veille de Chabbat, où l'on ne brûle pas les choses consacrées.
24a7 segments · 18 Rachi · 10 Tossefot · 3 schémas
Mentionner le jour : 'Hanouka et Roch Hodech dans le birkat hamazon et dans moussaf
Après une dernière baraita sur les huiles interdites au Chabbat mais permises le jour de fête, le daf ouvre une série de questions sur la mention de l'événement du jour. Faut-il mentionner 'Hanouka dans le birkat hamazon ? Rav Houna répond que non, et que celui qui veut le faire le fait dans la bénédiction de hoda'a, comme dans la tefila. La même question se pose pour Roch Hodech, où Rav et Rabbi Hanina s'opposent ; Rav Zerika appuie Rav sur la baraita de Rabbi Ochaya, qui classe les jours selon qu'ils comportent ou non un korban moussaf. Le daf se termine sur une troisième question : mentionne-t-on 'Hanouka dans la tefila de moussaf d'un Chabbat ou d'un Roch Hodech qui tombe pendant la fête ? Abaye rattache l'avis restrictif à Rav, par l'analogie de la haftara de Roch Hodech ; la Guemara écarte cette analogie et lui en substitue une autre, celle de la haftara de minha un jour de fête tombant le Chabbat.
24b9 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La halakha retenue sur la mention du jour, puis les huiles de la michna et l'interdit de brûler les kodachim un jour de fête
Le daf ouvre en tranchant la série de questions du daf précédent : la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi, pour qui la ne'ila de Yom Kippour tombant le Chabbat mentionne le Chabbat, parce que ce jour s'est trouvé obligé de quatre prières. Une objection immédiate oppose cette halakha à celle de Rava sur la bénédiction abrégée du soir un jour de fête tombant le Chabbat, et la Guemara distingue les deux cas par l'origine de l'office. Le daf revient ensuite à la michna sur le helev, où l'avis des Sages semble répéter celui du premier tana, avant d'aborder une nouvelle michna : les huiles interdites ou permises pour la lampe, et l'interdiction d'allumer avec de l'huile de sereifa un jour de fête. La Guemara consacre la fin du daf à quatre dérivations scripturaires du principe qu'on ne brûle pas les kodachim un jour de fête, par Hizkiya, Abaye, Rava et Rav Achi.
25a7 segments · 11 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Brûler la terouma impure : la mitsva de destruction et le profit qu'on en tire
Le daf s'ouvre sur la fin de l'explication précédente : le jour de fête comporte à la fois une interdiction de travail et un commandement positif de repos, et le commandement de brûler les kodachim invalides ne suffit pas à le repousser. De là, la Guemara déduit qu'en semaine l'usage du chemen serefa, l'huile de terouma devenue impure, est permis. Rav énonce alors le principe : de même qu'il y a une mitsva de brûler les kodachim impurs, il y a une mitsva de brûler la terouma impure, et la Tora autorise à en tirer profit pendant sa destruction. Deux sources sont proposées : celle de Rav Nahman au nom de Rabba bar Avouh, tirée du pluriel teroumotai, et celle de Rabbi Abahou au nom de Rabbi Yo'hanan, tirée du mot mimenou dans la confession des maasserot. La discussion se resserre sur une question d'exclusion : le mot mimenou écarte-t-il la terouma ou bien le kodech ? La Guemara oppose alors les rigueurs du kodech, groupées sous le signe PNK AKHS, à celles de la terouma, groupées sous le signe MHPZ.
25b7 segments · 18 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Terouma impure, lampe du Chabbat et définition du riche
Le daf achève la comparaison entre les rigueurs du kodech et celles de la terouma : les rigueurs du kodech sont plus nombreuses, et il comporte le karet. Rav Nahman bar Yitshak apporte une autre source au profit tiré de la terouma impure : titen lo, à lui et non à son feu, ce qui implique qu'elle est apte à son feu. La Guemara passe ensuite à la michna : Rabbi Yichmael interdit d'allumer avec le goudron, et Rava l'explique par l'obligation d'allumer la lampe du Chabbat. Suivent le lavage à l'eau chaude la veille du Chabbat, la coutume de Rabbi Yehouda bar Ilai et la discussion sur les tsitsit d'un drap de lin, le verset d'Eikha lu comme la perte des plaisirs du Chabbat, et la baraita sur la définition du riche (Rabbi Meir, Rabbi Tarfon, Rabbi Akiva, Rabbi Yossi). Le daf s'arrête sur l'interdit d'allumer avec le baume (tsori).
26a9 segments · 21 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Tsori, tevel impur et la liste des huiles permises pour la lampe
Le daf achève la discussion sur le tsori, la résine du baumier : Rabbi Chimon ben Elazar donne deux raisons, la crainte qu'on en prélève pour son parfum et sa volatilité. Une anecdote sur une belle-mère montre le danger de l'huile de baume, puis la Guemara explique le verset de Jérémie sur les pauvres laissés par Nevouzaradan, cueilleurs de baume et pêcheurs de 'hilazon. Une baraita interdit d'allumer, même en semaine, avec du tevel impur et du naphte blanc ; le tevel est tiré du pluriel teroumotai. Vient ensuite la baraita des huiles : Rabbi Yichmael, Rabbi Yichmael ben Beroka et Rabbi Tarfon restreignent, Rabbi Yo'hanan ben Nouri proteste au nom des communautés qui n'ont pas d'huile d'olive, et Soumkhos se distingue du premier Tana sur la règle de Rav Berouna. Le daf s'ouvre enfin sur la question des matériaux issus de l'arbre en matière d'impureté et de soukka.
26b6 segments · 13 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Laine, lin et autres tissus : la mesure de l'impureté des plaies
Le daf poursuit la discussion sur les tissus qui ne sont ni laine ni lin. Selon Abaye, Rabbi Chimon ben Elazar et le Tanna de l'école de Rabbi Yichmael disent la même chose : seuls la laine et le lin sont des vêtements au sens de la Torah, par un binyan av tiré des plaies (negaim). Rava répond qu'ils diffèrent sur un morceau de trois tefahim sur trois dans les autres tissus. La Guemara établit ensuite, selon tous, qu'un morceau de trois doigts sur trois en laine et lin devient impur par les plaies, grâce à l'inclusion ve-ha-beged, et discute du kal va-homer tiré de la chaîne et de la trame : il vaut pour trois tefahim, qui conviennent aux riches comme aux pauvres, et non pour trois doigts. Deux exclusions écrites (laine et lin) excluent les autres tissus, aux deux mesures. Le daf s'arrête sur la question : selon Rava, d'où Rabbi Chimon ben Elazar tire-t-il l'impureté des autres tissus ?
27a12 segments · 14 Rachi · 10 Tossefot · 2 schémas
Les autres étoffes : impureté des reptiles, des plaies et kilayim
Le daf poursuit la discussion sur les étoffes autres que la laine et le lin (chear begadim). Selon Rava, Rabbi Chimon ben Elazar tient qu'un morceau de trois paumes sur trois de ces étoffes reçoit l'impureté ; il le déduit du mot 'ou' dans 'ou un vêtement', au verset des reptiles (cheratsim). Abbaye emploie ce 'ou' pour inclure un petit morceau de trois doigts sur trois en laine et lin ; Rava l'apprend des plaies (negaim), et les deux débattent de la possibilité de déduire les reptiles des plaies et les plaies des reptiles. On confronte ensuite deux enseignements de l'école de Rabbi Yichmael : Abbaye y voit une divergence, Rava les concilie, puis Rav Pappa rapporte le 'aussi tout' aux kilayim (mélange laine et lin), explication rejetée par un kal va-homer. Rav Na'hman bar Yits'hak propose une autre lecture, qui se poursuit au verso.
27b9 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Laine et lin : les tsitsit, le vêtement de l'aveugle, et le lin appelé arbre
Le daf achève la baraita de l'école de Rabbi Yichmael, selon laquelle le mot beged de la Tora désigne la laine et le lin, et le af kol vient inclure les tsitsit. La Guemara demande pourquoi cette inclusion est nécessaire, puisque les tsitsit sont déjà rattachés au chaatnez par la contiguïté des versets ; la réponse mobilise la contradiction de Rava entre ha-kanaf, qui veut des tsitsit de l'espèce du talit, et tsemer ou-fichtim, qui les veut de laine et de lin. Rav Aha fils de Rava demande ensuite pourquoi le terme d'amplification acher tekhassé ba n'inclut pas les autres étoffes ; la Guemara réserve cette amplification au vêtement de l'aveugle et exclut le vêtement de nuit, au motif que le premier est vu par autrui. Abaye rapproche alors Rabbi Chimon ben Elazar et Soumkhos : ce qui contracte l'impureté des negaim ne peut servir de skhakh. Le daf s'achève sur la michna qui fait du lin une double exception, pour la mèche de Chabbat et pour l'impureté des tentes, et sur les deux sources que la Guemara lui trouve.
28a8 segments · 18 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Ce qui mérite le nom de tente : la guezera chava du Michkan et la peau d'une bête impure
Le folio prolonge la règle de la michna selon laquelle, parmi tout ce qui provient de l'arbre, seul le lin devient impur comme tente au-dessus d'un mort. La guemara en donne la source : une guezera chava entre le mot tente du verset sur l'impureté du mort et le mot tente employé pour le Michkan, dont les tentures étaient de lin. Elle mesure ensuite la portée exacte de ce rapprochement, en écartant deux excès : exiger du lin les caractéristiques techniques du Michkan, ou au contraire tout inclure au nom de la répétition du mot tente. La discussion se déplace alors sur les couches du Michkan — planches, tentures, couvertures de peaux — et sur la question de Rabbi Elazar : la peau d'une bête impure contracte-t-elle l'impureté de tente ? Rav Ada bar Ahava y voit une interrogation sur l'identité du tahach, tandis que Rava cherche une source par les negaim puis par les chratsim ; Rava de Barnich réfute la construction, et la page s'interrompt au moment où il propose autre chose.
28b12 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La peau kacher dans l'ouvrage du Ciel, l'énigme du tahach, et la mèche de tissu pliée (mahloket R. Eliezer / R. Akiva)
Le daf achève la recherche ouverte en 28a sur la peau d'un animal impur. Un kal va-homer tiré du poil de chèvre montre qu'elle aussi contracte l'impureté d'ohel ha-met, et la couverture du Michkan cesse donc de prouver quoi que ce soit sur l'espèce du tahach. L'enseignement de Rav Yossef, selon lequel seule la peau d'un animal kacher a été déclarée apte pour l'ouvrage du Ciel, se trouve alors sans objet : la Guemara lui cherche une application dans les téfilines et écarte successivement les parchemins, le cuir des boîtiers, le poil et les tendons, pour la retenir enfin sur les lanières. Vient ensuite la réponse de Rabbi Meir sur le tahach de Moche, créature à corne unique que les Sages n'ont pas classée entre haya et behema. La seconde moitié du daf ouvre la michna de la mèche faite d'un vêtement plié et non roussi : Rabbi Eliezer la tient pour susceptible d'impureté et interdit d'allumer avec elle, Rabbi Akiva la déclare pure et permet l'allumage. La Guemara ramène leur désaccord au seul point du kipoul, le pliage, et en tire la lecture d'un cas étroit, trois sur trois exactement, un Yom Tov tombant la veille de Chabbat.
29a9 segments · 25 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le nolad selon Rabbi Yehuda et les trois lectures de la controverse sur la mèche pliée
Le folio achève d'examiner la controverse de la michna entre Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva sur le morceau d'étoffe plié en mèche sans avoir été roussi. Rav Ada bar Ahava l'avait expliquée par le nolad, ce qui l'oblige à placer la michna selon Rabbi Yehuda ; la guemara montre qu'il s'agit d'une lecture des positions des autres, et que lui-même suit Rabbi Chimon. Rava propose alors une autre raison pour Rabbi Eliezer, tirée de la qualité de l'allumage, et renvoie la mesure de trois sur trois au domaine de l'impureté. Un long développement de Rav au nom duquel on rapporte trois cas — débris d'ustensiles, noyaux de dattes, coquilles de noix — mesure l'extension exacte du nolad chez Rabbi Yehuda, puis cherche à savoir si Rav lui-même a accepté la remontrance de Rabbi Hiya. La page s'achève sur la troisième lecture, celle de Rav Hamnuna, qui ramène la michna aux chiffons de moins de trois sur trois et rattache la controverse à celle du traité Kelim.
29b12 segments · 42 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
L'huile qui goutte dans la lampe et le banc que l'on traîne
Le daf achève la discussion sur le petit morceau de tissu de moins de trois sur trois : R. Eliezer, R. Yehochoua et R. Akiva divergent selon l'endroit où on l'a rangé (boîte, patère, derrière la porte), et R. Akiva finit par se ranger à l'avis de R. Yehochoua. Vient ensuite une nouvelle michna : il est interdit de percer une coquille d'œuf remplie d'huile au-dessus de la lampe, ou de placer un bol d'huile à côté de la lampe pour que la mèche y puise, de peur qu'on en retire de l'huile, ce qui hâte l'extinction ; R. Yehouda permet. La Guemara explique pourquoi les trois cas sont nécessaires, puis passe, à partir du silence des Sages envers R. Yehouda, à la question du banc traîne sur le sol (davar she-eino mitkaven) : R. Yirmeya Rabba et Oula divergent sur la position de R. Chimon, et R. Yirmeya est réfuté. Le daf s'ouvre enfin sur la michna de celui qui éteint la lampe.
30a9 segments · 32 Rachi · 0 Tossefot · 2 schémas
Éteindre la lampe pour un malade ; les morts et les vivants selon Chelomo
La Guemara analyse la Michna de 29b : puisque la fin (éteindre pour épargner la lampe, l'huile ou la mèche) rend passible, la Michna suit Rabbi Yehouda, pour qui une melakha qui n'est pas nécessaire pour elle-même rend passible. La première partie (éteindre pour qu'un malade dorme) parle donc d'un malade en danger, et 'exempt' y signifie en réalité 'permis' ; la baraita de Rabbi Ochaya ('exempt mais interdit') vise un malade sans danger, selon Rabbi Chimon. On pose ensuite la même question à Rabbi Tan'houm de Nevi, qui ouvre par une aggada : les versets de David et de Chelomo sur les morts et les vivants semblent se contredire. Il les concilie : le mérite des Patriarches, les décrets de Moche, le pardon de David rendu public à l'inauguration du Temple, et la mort de David un Chabbat, qui prépare la réponse halakhique donnée sur 30b.
30b12 segments · 33 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La mort de David, la lampe de l'homme et la lampe de D.ieu, et les livres que l'on a voulu ranger
Le folio achève le récit de la mort du roi David, qui étudiait tout le jour du Chabbat pour que l'ange de la mort n'ait pas prise sur lui. De là naissent les deux questions que Chelomo envoie à la maison d'étude — les chiens affamés et le corps de son père exposé au soleil — et la conclusion de Rav Tanhoum : la lampe de chair et de sang s'efface devant la lampe de D.ieu, c'est-à-dire l'âme, ce qui fonde le pikouah nefech (le sauvetage d'une vie). La guemara passe alors aux livres que les sages ont voulu retirer de la circulation, Kohelet puis Michle, parce que leurs versets se contredisent, et résout chaque contradiction : le dépit et le rire, la joie de mitsva et la joie qui n'en est pas, puis les deux versets opposés sur le sot. De la dernière résolution — répondre au sot pour des paroles de Torah, se taire pour les affaires du monde — découlent quatre récits : deux hommes que Rabbi et Rabbi Hiya font taire par une coupe de vin, et trois enseignements de Rabban Gamliel sur les merveilles à venir, raillées par un disciple et démontrées par une poule, un câprier et des truffes. La page s'ouvre enfin sur la baraita de la patience de Hillel.
31a13 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La patience de Hillel : le pari des quatre cents zouz, les trois candidats à la conversion, et la crainte du Ciel comme trésor
Le folio déroule la baraita ouverte à la fin de 30b : que l'homme soit patient comme Hillel et non emporté comme Chamai. Deux hommes parient quatre cents zouz que l'un d'eux parviendra à irriter Hillel ; celui-ci vient trois fois, une veille de Chabbat, poser des questions moqueuses sur les Babyloniens, les Tarmodiens et les Africains, puis attaque de front le titre de nassi d'Israël. Hillel s'enveloppe chaque fois, appelle son interlocuteur mon fils, et lui répond que la somme perdue valait la peine. Viennent ensuite trois récits parallèles de candidats à la conversion que Chamai repousse et que Hillel accueille : celui qui refuse la Torah orale et apprend l'alphabet à l'envers, celui qui veut toute la Torah sur un pied et reçoit la règle de ce qui t'est odieux, celui qui veut devenir cohen gadol et découvre lui-même, par un kal va-homer, que le profane qui approche est passible de mort. Les trois se retrouvent et concluent que la sévérité de Chamai les aurait chassés du monde. La page se termine sur Rech Lakich, qui lit les six ordres de la Michna dans un verset d'Yechayahou, et sur Rava, qui énumère les six questions du jugement d'après-vie : sans la crainte du Ciel, tout le reste est un kor de blé monté au grenier sans son kav de homton.
31b10 segments · 18 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
La crainte du Ciel comme porte de la Torah, et l'extinction de la mèche selon Rabbi Yossi : démolir pour reconstruire au même endroit
Le folio achève l'enseignement de Rabba bar Rav Houna : celui qui a la Torah sans la crainte du Ciel ressemble à un trésorier qui a reçu les clefs intérieures sans les clefs extérieures. Suivent plusieurs enseignements sur la primauté de la crainte : Rabbi Yanai, Rav Yehouda, la discussion de Rabbi Simon et Rabbi Elazar devant Rabbi Yaakov bar Aha, puis deux lectures de versets sur les méchants, celle de Rav Oula (l'ail) et celle de Rava bar Rav Oula (harsoubot). La guemara revient ensuite à la michna de 29b : pourquoi Rabbi Yossi rend-il passible celui qui éteint pour ménager la mèche, et exempte-t-il celui qui ménage la lampe ou l'huile ? Oula l'explique selon Rabbi Yehouda avec le principe de la démolition en vue de reconstruire au même endroit, et défend ce principe face à l'objection de Rabba tirée du Michkan ; Rabbi Yo'hanan l'explique selon Rabbi Chimon, pour une mèche qu'il faut flamber. Le folio s'achève sur la michna des trois fautes pour lesquelles les femmes meurent en couches, et le début de sa guemara.
32a10 segments · 45 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Le moment du jugement : l'accouchement, le pont, la maladie et les avocats de l'homme
Le daf poursuit l'aggada sur la Michna de 31b : pour trois fautes (nida, 'hala, allumage de la lampe) les femmes meurent au moment de l'accouchement. Après le lien entre 'reshit' (la 'hala), 'ner' (l'âme et la lampe) et la punition, la Guemara demande pourquoi le jugement tombe justement à l'heure de la naissance ; Rava, Abaye, Rav 'Hisda, Mar Oukva et Rav Papa répondent par des proverbes : le moment du danger est le moment où l'on examine les fautes. Pour les hommes, ce moment est le passage d'un pont ou tout lieu dangereux ; d'où les conduites de Rav, Chemouel, Rabbi Yanai et Rabbi Zeira. Un malade doit 'apporter un mérite pour être acquitté' ; ses avocats sont la techouva et les bonnes actions, et un seul défenseur sur mille suffit. Le daf se termine par les variantes 'yolédot / yéladot', les fautes des amei ha-arets et l'importance des lois de hekdech, terouma et maasser.
32b9 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les fautes et leurs sanctions : vœux non acquittés, bitoul Torah, mezouza, tsitsit, haine gratuite, halla, teroumot et vol
Le folio poursuit la liste ouverte plus haut : à chaque faute répond une sanction précise, lue dans un verset. Par la faute des vœux non acquittés, Rabbi Natan fait mourir l'épouse et Rabbi les enfants en bas âge. Une baraita oppose ensuite Rabbi Elazar be-Rabbi Chimon, qui retient les vœux, à Rabbi Yehouda ha-Nassi, qui retient le bitoul Torah, et la guemara explique que Rabbi s'est rangé au premier avis après l'avoir entendu. Deux autres controverses portent sur la mezouza, l'étude de la Torah et les tsitsit, et dépendent de la règle selon laquelle un verset se dérive de celui qui le précède, ou aussi de celui qui précède celui-là. Rech Lakich chiffre la récompense des tsitsit à deux mille huit cents serviteurs, puis un signe mnémotechnique ouvre la série de la haine gratuite, de la halla, des teroumot et maasserot et du vol.
33a14 segments · 32 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La beraita des fautes et de leurs châtiments : du vol aux propos obscènes, puis les maladies-signes (hidrokan, yerakon, askara)
Le folio poursuit la longue beraita commencée à la page précédente, qui associe à chaque faute collective un châtiment annoncé par un verset : le vol appelle les sauterelles et la famine ; le retard, la distorsion et la négligence du jugement, joints à l'abandon de l'étude, appellent l'épée, le pillage, la peste et la sécheresse ; le serment vain, la profanation du Nom et celle du Chabbat appellent les bêtes sauvages et les routes désertes ; le meurtre entraîne la destruction du Temple et le retrait de la Chekhina ; les relations interdites, l'idolâtrie et l'abandon de la chemita entraînent l'exil. La dernière faute de la liste, le nivoul pe (parole obscène), ouvre une section propre : Rabbi Hanan bar Rava, Rav Hisda et Rav Nahman bar Yits'hak en tirent trois enseignements. La guemara passe alors aux maladies comprises comme signes : les trois formes d'hidrokan (hydropisie), les cas de Chemouel ha-Katan, d'Abaye et de Rava, puis la beraita des quatre signes, qui s'achève sur l'askara et ouvre la discussion de la page suivante.
33b10 segments · 35 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
L'askara et ses causes, puis Rabbi Chimon bar Yohai : la dénonciation, les treize années de la grotte et le tikkoun après le miracle
Le folio achève la liste des fautes qui attirent l'askara, la maladie qui prend à la gorge : le maasser négligé, puis le lachon hara selon Rabbi Elazar be-Rabbi Yossi. Une question se pose : a-t-il retenu le lachon hara seul, ou aussi le lachon hara ? La baraita du vignoble de Yavne fournit la réponse, avec trois explications de la plaie qui commence aux entrailles et s'achève à la bouche ; l'avis de Rabbi Chimon, le bitoul Torah, essuie quatre objections et conduit à l'enseignement de Rabbi Gourion sur les enfants saisis pour la génération. Le titre de premier des orateurs, donné à Rabbi Yehouda, ouvre alors le récit romain : Rabbi Yehouda loue les réalisations de Rome, Rabbi Yossi se tait, Rabbi Chimon bar Yohai les blâme, et Yehouda ben Guerim rapporte leurs propos. De là viennent les trois verdicts, la fuite au beit hamidrach, les douze années de la grotte avec le caroubier et la source, l'intervention d'Eliyahou, les deux sorties, le vieillard aux deux bottes de myrte et le bain chez Rabbi Pin'has ben Yair. Le folio se clôt sur la règle apprise de Yaakov : après un miracle, on répare quelque chose pour autrui.
34a11 segments · 31 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
La tombée de la nuit du vendredi : ce qu'on dit, ce qu'on fait encore à bein hachmachot
Le daf achève le récit de Rabbi Chimon bar Yo'haï à Tibériade : il purifie un marché douteux après le témoignage d'un vieillard sur les lupins de terouma de Rabbi Yo'hanan ben Zakkai, puis punit celui qui le raille et Yehouda fils de convertis. Commence ensuite la dernière michna du chapitre Bameh madlikin : les trois choses qu'on dit chez soi la veille de Chabbat à la tombée de la nuit, et la liste de ce qui est interdit ou encore permis au doute s'il fait nuit (bein hachmachot). La Guemara tire la source d'un verset de Iyov, demande de parler avec douceur, puis résout une contradiction interne de la michna : Rav distingue erouvei te'houmin et erouvei 'hatserot. Rava traite le cas de deux erouvin, l'un mangé à bein hachmachot, l'autre posé à bein hachmachot : tous deux sont valides, car un doute de rabbanan va à l'indulgence. Le daf se termine sur la raison de l'interdit de la hatmana après la nuit tombée.
34b6 segments · 20 Rachi · 2 Tossefot · 4 schémas
Du décret sur la hatmana au bein hachemachot : les trois doutes du crépuscule, les signes du ciel et la mesure du mil
Le folio achève d'abord la discussion sur la hatmana : pourquoi interdire d'envelopper un plat dans une matière qui ajoute de la chaleur même avant l'entrée de Chabbat ? Le décret vise le remets, cendre mêlée de braises, et Abaye obtient la raison dernière, la crainte qu'on ne remue les braises. La guemara passe ensuite au sujet qui occupera toute la suite : le bein hachemachot, ce laps entre le coucher du soleil et la nuit. Une baraita pose trois doutes sur sa nature et impose la rigueur des deux jours, puis donne les signes du ciel selon Rabbi Yehouda, la mesure du demi-mil selon Rabbi Nehemia et le clin d'œil selon Rabbi Yossi. Rav Houna fils de Rav Yehochoua rattache la rigueur des deux jours au cas du zav qui a vu deux fois au crépuscule. La baraita se contredit enfin sur la portée des signes : Rabba et Rav Yossef, tous deux au nom de Rav Yehouda au nom de Chemouel, la lisent autrement, et leur divergence commande la durée qu'ils assignent au bein hachemachot, trois quarts de mil contre deux parties de mil.
35a9 segments · 27 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Mesurer le bein ha-chemachot : les fractions de mil, le signe du Carmel et l'immersion des kohanim
Le folio achève la discussion sur le crépuscule ouverte à la page précédente. Rabba et Rav Yossef évaluent différemment la durée du bein ha-chemachot de Rabbi Yehuda, trois quarts de mil contre deux tiers, et la guemara chiffre l'écart : un demi-danka, soit un douzième de mil. Elle signale aussitôt que leur rapport s'inverse au sujet de la chalta, la grande corbeille d'osier, où la mesure permise par Rav Yossef dépasse celle de Rabba ; Abaye rapporte que Rabba, interrogé en pratique, s'est montré plus sévère encore, et l'on rattache sa position à une michna de Kelim d'où Abaye déduit que le comble d'un récipient vaut un tiers. Viennent ensuite deux signes concrets : la face du ciel qu'il faut regarder pour guetter la rougeur, avec la fenêtre pour aide-mémoire, et le sommet du Carmel qui sert à mesurer le demi-mil de Rabbi Nehemia, puis à apercevoir le puits de Miriam. La page se termine sur la question pratique de l'immersion des kohanim pendant le bein ha-chemachot et sur la décision de Rabbi Yo'hanan, partagée entre Rabbi Yehuda pour Chabbat et Rabbi Yossei pour la terouma.
35b9 segments · 28 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Les étoiles du crépuscule et les six sonneries qui font entrer Chabbat
Le folio achève d'abord la discussion du crépuscule ouverte plus haut : la décision de suivre Rabbi Yosse pour la terouma porte sur le moment où le cohen peut manger, une fois achevé le bein hachemachot de Rabbi Yosse. Chmouel donne ensuite le signe des étoiles : une seule étoile, il fait encore jour ; deux, c'est le bein hachemachot ; trois, la nuit est installée. Rabbi Yosse bar Zevida en tire qu'un travail accompli pendant les deux crépuscules d'un même Chabbat rend passible d'un hatat, et Rava donne à son serviteur des repères concrets pour les jours où l'on ne sait pas mesurer l'heure. La seconde moitié du folio est consacrée aux six sonneries du chofar qui annoncent l'entrée de Chabbat : leur fonction, la divergence entre Rabbi Natan et Rabbi Yehouda HaNassi sur la troisième, la description détaillée de l'école de Rabbi Yichmael, et le sort du chofar lui-même, que le hazan dépose sur son toit puisqu'on ne le déplace pas Chabbat.
36a6 segments · 14 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Trois baraitot pour trois tanaim, puis les noms qui se sont inversés depuis la destruction du Temple
La page achève d'abord la discussion sur le mouktse du chofar et des trompettes. L'autorisation de déplacer le chofar reposait sur un usage permis, faire boire un enfant par sa partie recourbée ; la guemara objecte que le chofar de la communauté sert de la même manière à un enfant pauvre, puis relève une baraita qui traite chofar et trompettes à égalité. La résolution répartit les trois baraitot entre Rabbi Yehuda, Rabbi Chimon et Rabbi Nehemia, chacun avec sa doctrine du mouktse. Vient ensuite l'enseignement de Rav Hisda : trois mots ont échangé leur sens depuis la destruction du Temple, chofar et trompette, arava et tsaftsafa, petora et petorata, avec pour chacun une conséquence pratique — la sonnerie de Roch Hachana, le loulav, les transactions. Abaye ajoute les deux poches de l'estomac du ruminant, houvlila et bei kassei, ce qui engage le statut d'une aiguille trouvée dans la paroi, et Rav Achi termine par les noms de Bavel et de Boursif.

Perek 3 Kira — Le fourneau et le maintien au chaud · 22 amudim

36b6 segments · 18 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Kira : ce que la michna interdit, laisser la marmite ou la remettre
La page clôt le chapitre Bameh madlikin par la conséquence pratique de l'échange des noms Bavel et Boursif : la rédaction des actes de divorce. Elle ouvre ensuite le chapitre Kira avec la michna sur le foyer (kira) chauffé la veille du Chabbat : selon le combustible, paille ou marc et bois, on peut y poser un plat, ou bien il faut d'abord balayer les braises ou les couvrir de cendres. Beit Chamai et Beit Hillel divergent sur ce qu'on y pose et sur le droit de remettre une marmite retirée. La guemara s'interroge : le mot lo yiten (il ne posera pas) vise-t-il le retour de la marmite le Chabbat, et la michna suit alors Hanania, qui permet de laisser un plat déjà cuit comme la nourriture de ben Drossai, ou vise-t-il le fait de laisser la marmite dès la veille ? Elle tente de trancher par la structure de la michna, qui contient deux débats successifs entre Beit Chamai et Beit Hillel. Le Roch expose les positions des décisionnaires sur la halakha.
37a11 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Laisser ou remettre sur la kira, puis la question d'appuyer la marmite contre le fourneau
La guemara poursuit la question ouverte sur 36b : la michna « lo yiten » parle-t-elle de laisser (lechahot) un plat sur le fourneau ou de le remettre (lehahazir) pendant Chabbat ? Deux preuves sont examinées et repoussées : la règle de Rav rapportée par Rabbi Helbo, qui distingue l'intérieur du fourneau de son dessus, puis une baraita sur deux fourneaux accolés ou Rabbi Meir et Rabbi Yehuda transmettent différemment la discussion de Beit Chammai et Beit Hillel. La guemara soutient que notre tana suit Rabbi Yehuda sur un point et s'en écarte sur un autre. Une nouvelle question est ensuite posée : peut-on appuyer (lismokh) une marmite contre un fourneau non balayé ? Après plusieurs tentatives, une baraita tranche qu'on peut appuyer, et Rav Ochaya permet de laisser un plat entièrement cuit sur un fourneau couvert qui s'est rallumé.
37b9 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Laisser un plat sur la kira : mitsatmék veyafé lo et la halakha de Rabbi Yo'hanan
La page poursuit la question ouverte au folio précédent : la michna Kira parle-t-elle de laisser (lechahot) ou de remettre (lehahazir) une marmite sur le foyer ? Plusieurs enseignements rapportés au nom de Rabbi Yo'hanan sont examinés : sur un foyer couvert de cendres (katum) qui s'est rallumé, sur un foyer chauffé au marc ou au bois, et sur le plat qui se réduit et s'améliore (mitsatmék veyafé lo). Rav Chechet déduit que la michna vise le retour du plat, et Rava montre que les deux points se lisent déjà dans les michnayot. Face à Rav et Chmouel, qui interdisent de laisser un plat mitsatmék veyafé lo, Rav Ouqva de Mechan déclare suivre Rabbi Yo'hanan. La page se termine par la règle de Rav Nahman qui classe les mets : plats à farine, plat de navets avec ou sans viande, plat préparé pour des invités, figues, bouillie et dattes.
38a10 segments · 30 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La marmite oubliée sur la kira : peut-on manger ce qui a cuit pendant Chabbat ? (chehiya, gezera sur les oublieux, mitztamek)
Le daf poursuit la question posée à Rabbi Hiya bar Abba : on a oublié une marmite sur une kira, elle a cuit pendant Chabbat, peut-on en manger ? Il se tait, puis enseigne le lendemain la michna sur celui qui cuit pendant Chabbat en ajoutant une formule obscure, ve-lo chna, il n'y a pas de différence. Rabba et Rav Yossef y lisent un allégement, puisque celui qui laisse une marmite n'accomplit aucun acte ; Rav Nahman bar Yitzhak y lit au contraire une aggravation, parce que l'oubli se simule facilement. Une baraita oppose alors Rabbi Meir, qui permet tout ce qui a déjà cuit autant qu'il faut, et Rabbi Yehouda, qui distingue selon que la réduction améliore le plat ou le gâte. La Guemara découvre le décret rapporté par Rav : les Sages ont fini par frapper d'une pénalité même celui qui oublie, parce que trop de gens laissaient délibérément leur marmite en disant qu'ils avaient oublié. Elle résout ensuite deux contradictions internes, chez Rabbi Meir par la distinction lekhathila / bediavad, chez Rabbi Yehouda par l'état de la kira, balayée ou non. Le daf s'achève sur la visite de Rabbi Yossi à Tsippori et sur les œufs réduits comme des azeroles.
38b12 segments · 29 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Remettre la marmite sur le réchaud, puis les trois foyers (réchaud, koupah, four) et la cuisson de l'œuf sans feu
La page achève d'abord la question de la hazara, le fait de remettre une marmite sur le réchaud après l'avoir retirée. Le témoignage de Rabbi Ochaya chez Rabbi Hiya le Grand sert de preuve que la chose est permise le Chabbat lui-même, puis les amoraim précisent à quelles conditions : la marmite est-elle restée dans la main, a-t-elle été posée au sol, et quelle était l'intention de celui qui l'a prise. Hizkiya au nom d'Abaye est rapporté en deux versions qui inversent le poids de ces deux critères, et trois cas intermédiaires restent sans réponse. La michna suivante classe les foyers : le four retient trop la chaleur pour qu'on y place quoi que ce soit, le koupah occupe une position intermédiaire, et la guemara cherche à savoir si l'interdit porte aussi sur le fait d'appuyer la marmite contre la paroi. La dernière michna quitte le feu pour ses dérivés : l'œuf que l'on chauffe contre un récipient d'eau chaude, dans des linges, dans le sable, et la conduite d'eau froide que les gens de Tibériade avaient fait passer dans le canal des sources chaudes.
39a8 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Chaleur du soleil, chaleur du feu : cuire sans feu Chabbat
Le daf achève d'abord la question posée plus haut : celui qui a seulement fait rouler un œuf sur une surface brûlante est passible d'un sacrifice expiatoire, comme le montre la règle du poisson salé ancien, dont le simple rinçage achève la cuisson. La sougya passe ensuite au cœur du sujet : Rav Nahman distingue trois sources de chaleur - le soleil lui-même, permis de l'avis de tous ; les dérivés du feu, interdits de l'avis de tous ; les dérivés du soleil, objets chauffés par le soleil, sur lesquels portent les Sages et Rabbi Yossi. Reste la clause du sable : pourquoi Rabbi Yossi y concède-t-il ? Rabba y voit un décret de peur que l'on n'enfouisse dans la cendre chaude, Rav Yossef un déplacement de terre, et la Guemara éprouve les deux raisons par la barayta du toit brûlant puis par le fait des gens de Tibériade. La conclusion attribue les eaux de Tibériade aux dérivés du feu, puisqu'elles passent devant l'entrée du Guehinnom.
39b6 segments · 11 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Les eaux chaudes de Tibériade : hatmana, lavage et rinçage à Chabbat et à Yom Tov, puis la règle de l'avis médiateur
Le daf tire d'abord la leçon de l'affaire de Tibériade : puisque les Sages ont interdit la conduite d'eau froide passée dans les sources chaudes, la hatmana dans une matière qui ajoute de la chaleur est interdite, et déjà lorsqu'on la fait vendredi de jour. Oula tranche pour les gens de Tibériade, Rav Nahman répond qu'ils ont eux-mêmes brisé leurs conduites. La Guemara examine ensuite le mot rehitsa de la michna : le lavage du corps entier conduit à une contradiction avec une baraita, et le lavage du visage, des mains et des pieds ferait de notre michna anonyme un enseignement de Beit Chammai. Rav Ika bar Hanania résout en lisant la michna du rinçage du corps entier, selon le tanna qu'est Rabbi Chimon, dans une baraita où Rabbi Meir interdit tout, Rabbi Chimon permet tout et Rabbi Yehouda distingue le chaud du froid. Rav Hisda situe le désaccord, après correction, sur l'eau recueillie dans le sol, le récipient étant interdit de l'avis de tous. Le daf s'achève sur la halakha selon Rabbi Yehouda et sur le principe rapporté au nom de Rabbi : quand deux avis s'opposent et qu'un troisième tranche en départ, la halakha suit le médiateur, sauf pour les allégements relatifs aux chiffons.
40a10 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La toilette à l'eau chaude le Chabbat, l'étuve scellée et l'histoire des décrets sur les bains
Le folio s'ouvre sur la fin de la discussion précédente : la règle de Rabbi Yo'hanan selon laquelle la halakha suit le makhria (celui qui fait pencher la balance) vaut-elle aussi dans une baraita, ou seulement dans une michna ? Vient ensuite le cœur du daf : un différend entre Rav et Chmouel sur l'eau chauffée avant l'entrée du Chabbat. Rav permet d'en laver tout le corps, membre après membre ; Chmouel n'autorise que le visage, les mains et les pieds. Trois baraitot sont opposées à Rav ; sa position survit dans la version de Rav Yossef et se trouve réfutée dans celle de Rabba, ce qui conduit Rav Yossef à interroger Abaye sur la pratique réelle de Rabba. La seconde moitié du folio passe à l'étuve dont on a bouche les ouvertures avant Chabbat, à l'épisode des bains de Bene Berak, puis au récit de Bar Kappara : une suite de décrets et de ruses qui explique pourquoi la transpiration en étuve est restée interdite alors que les eaux chaudes de Tibériade ont été rendues.
40b12 segments · 41 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Tiédir l'eau et l'huile près du feu, yad soledet bo et le kli cheni
Le folio clôt la série sur les bains : l'étuve des grandes villes, où l'on peut se promener, et les règles pour se réchauffer devant un feu puis se rincer à l'eau froide. Il passe ensuite à la question centrale : peut-on placer de l'eau ou de l'huile près du foyer le Chabbat pour en dissiper la froideur ? Une baraita rapporte trois avis (tana kama, Rabbi Yehouda, Rabban Chimon ben Gamliel), que Rabba et Rav Yossef d'un côté, Rav Nahman bar Yitshak de l'autre, lisent de façon opposée. Chmouel fixe la mesure : yad soledet bo, le degré de chaleur dont la main se retire. L'épisode de Rabbi aux bains de Tibériade (prends dans un kli cheni) fournit trois enseignements et soulève la question de l'étude de la Torah dans un lieu malpropre. Le folio s'achève sur Rabbi Abbahou flottant dans un bassin.
41a10 segments · 36 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La tenue au bain, les conseils de Rav Yehouda à l'étuve, et les récipients qui gardent l'eau chaude
Le folio achève d'abord la discussion sur la nage : un bassin muni de gidudin (bords surlevés) ressemble à un récipient et le bain y est permis, alors qu'un bassin sans bords ressemble à un fleuve. Vient ensuite une série de récits sur la tenue au bain : Rabbi Zera a vu Rabbi Abahou poser ses mains devant lui sans savoir s'il touchait, et la guemara confronte l'interdit de Rabbi Eliezer à la règle de Rav pour qui se couvrir revient à paraître renier l'alliance d'Abraham ; la réponse distingue la descente vers l'eau et la remontée vers les gens. Le daf rapporte alors la visite de Rabbi Zera à Rav Yehouda dans la maison de bains, avec le natron, le peigne, la vapeur aspirée par la bouche et l'eau chaude que l'on boit, puis la baraita qui énumère six règles d'hygiène sous forme d'images. La fin du folio ouvre deux michnayot sur le Chabbat : le moulyar et l'antikhi, deux récipients qui chauffent l'eau différemment, puis le meiham que l'on a vidé et dans lequel on verse de l'eau froide.
41b3 segments · 6 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le tsirouf du mehem : verser de l'eau froide dans un chaudron brûlant, et la mesure qui fait la différence
La michna permet de verser de l'eau froide dans un mehem, le chaudron métallique d'eau chaude, une fois qu'il a quitté le feu, pourvu qu'on cherche seulement à ôter le froid de cette eau. La Guemara objecte que le contact de l'eau froide avec le métal brûlant opère un tsirouf, la trempe qui durcit le métal et achève le travail du forgeron. Une première réponse attribue la michna à Rabbi Chimon, pour qui un acte dont l'auteur n'a pas l'intention est permis. Abaye refuse cette lecture au nom du mot employé par la michna, chepinahou, qui désigne le récipient ôté du feu avec son eau chaude encore dedans, et il relit la michna en deux clauses distinctes, selon Rabbi Yehouda. Le daf se ferme sur la controverse de Rav et de Chmouel : leur désaccord porte d'abord sur l'intention, puis, après correction, sur la quantité d'eau versée.
42a8 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Ce que l'on ne vise pas, le travail dont on n'a pas besoin, et le mélange de l'eau chaude et de l'eau froide
Le folio s'ouvre sur le dernier mot de Chmouel à la fin de 41b : verser dans le méiham vide une quantité d'eau suffisante pour tremper le métal reste permis. La guemara en déduit que Chmouel suivrait Rabbi Chimon, puis objecte avec une autre parole de Chmouel sur la braise que l'on éteint dans la rue. La réponse sépare deux principes que l'on confond volontiers : le davar che-ein mitkaven (l'acte dont le résultat interdit n'est pas visé) et la melakha che-eina tsrikha le-goufa (le travail dont on n'a pas besoin pour lui-même). Ravina en tire la règle de l'épine que l'on écarte du domaine public. La seconde moitié du folio passe à la chaleur de l'eau : la baraita de Beit Chamai et Beit Hillel sur le chaud versé dans le froid, la distinction entre le verre et l'ambati, la position de Rabbi Chimon ben Ménasya, puis le statut du sefel et de la cruche. Le folio se termine en ouvrant la michna de l'ilpas et de la marmite retirés du feu.
42b9 segments · 21 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Le kli cheni qui ne cuit pas, le sel comme chair de bœuf, et le récipient que l'on place sous la lampe
Le folio achève la michna de l'ilpas : on peut mettre des épices dans l'écuelle ou dans le tam'houy, parce qu'un kli cheni (second récipient) ne cuit pas. La guemara demande si Rabbi Yehouda, qui excepte le vinaigre et le tsir, se rattache au début de la michna pour alléger ou à sa fin pour aggraver ; une baraita tranche pour l'allègement. Vient ensuite la question du sel : Rav Yossef le range parmi les épices, Abaye lui oppose l'enseignement de Rabbi 'Hiya, et la sougya se dédouble en deux versions qui s'opposent sur le point de savoir si le sel cuit même dans un kli richon. La seconde michna ouvre le dossier du mouktse : on ne place pas de récipient sous la lampe pour recueillir l'huile qui goutte. Rav 'Hisda permet en revanche de retourner un récipient sur un œuf, et Rabba en dégage le principe du sauvetage courant, que les objections d'Abaye viennent éprouver.
43a14 segments · 20 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Priver un ustensile de sa disponibilité, et l'ustensile que l'on ne déplace que pour une chose permise
Le folio poursuit l'examen de la règle de Rav 'Hisda : on ne place pas de récipient sous la poule pour recueillir l'œuf pondu le Chabbat. Abaye achève ses objections contre l'explication de Rabba (seul un sauvetage courant a été permis). Rav Yossef propose une autre raison : placer le récipient revient à le priver de sa disponibilité (mevatel kli mehekhano), et il répond à chaque objection en montrant que l'ustensile reste utilisable. Rabbi Yits'hak va plus loin : un ustensile ne se déplace que pour une chose qui elle-même se déplace le Chabbat ; il écarte les objections par le cas où l'on a besoin de l'emplacement du récipient. La guemara lui oppose ensuite plusieurs baraitot (œuf, pierres, briques, ruche), chacune expliquée par un objet qui, en réalité, se déplace.
43b8 segments · 18 Rachi · 10 Tossefot · 2 schémas
La natte sur la ruche, la cloison pour le mort et le déplacement indirect (tiltoul min hatsad)
Le folio achève la discussion sur la baraita de la natte étendue sur une ruche le Chabbat. Selon Rabbi Yits'hak, un ustensile ne se déplace que pour une chose permise ; la guemara explique que la natte protège le miel, même en saison des pluies (les deux rayons réservés, auxquels on a pensé avant Chabbat), puis précise la condition de ne pas capturer les abeilles selon Rabbi Yehouda. Rav Achi propose une autre lecture (Nissan et Tichri). Rav Chechet rattache la règle de Rabbi Yits'hak à celle de Rav Houna : on fait une cloison pour un mort en faveur d'un vivant, jamais en faveur du mort. Enfin Rav et Chmouel divergent sur le mort gisant au soleil, ce qui ouvre la question du déplacement indirect (tiltoul min hatsad) et de l'incendie.
44a10 segments · 21 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Déplacer la lampe le Chabbat : mouktse par répugnance, mouktse par interdit, et l'intention du propriétaire
Le folio conclut la discussion sur le mort menacé par un incendie (la halakha suit Rabbi Yehouda ben Lakich), puis explique pourquoi l'huile qui goutte de la lampe est interdite : elle n'a pas été préparée avant Chabbat. La Michna oppose Rabbi Yehouda (seule la lampe neuve se déplace, la vieille est répugnante) et Rabbi Chimon (toute lampe se déplace, sauf celle qui brûle). Une baraita ajoute l'avis de Rabbi Meir (interdit pour la lampe allumée ce Chabbat) et de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon (on peut même se servir de l'huile qui goutte pendant que la lampe brûle). La guemara explique pourquoi Rabbi Chimon interdit le gobelet, la coupe et la lanterne (Mar Zoutra : ce sont de grands récipients dont on n'attend pas l'extinction), puis corrige l'enseignement de Rabbi Zeira sur le chandelier de métal. Elle ouvre enfin la question de Rav : un lit désigné pour l'argent devient-il mouktse par simple désignation ?
44b3 segments · 10 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Le lit désigné pour l'argent : l'enseignement de Rav reformule, et l'objection de la mokhni
Rav Na'hman bar Yits'hak achève son objection : si la lampe neuve, faite pour être allumée, reste permise tant qu'on ne l'a pas allumée, un lit, qui n'est pas fait pour l'argent, doit l'être à plus forte raison. La guemara reformule donc l'enseignement de Rav : un lit désigné pour l'argent devient mouktse seulement si l'on y a effectivement posé de l'argent ; un lit non désigné est interdit tant que l'argent s'y trouve, ou s'il s'y trouvait pendant tout bein hachmachot. Rabbi Eliezer (selon Oula) objecte par la Michna de Kelim sur la mokhni de la chida (voiture de bois) : on ne la tire pas quand il y a de l'argent dessus, ce qui laisse entendre qu'on la tire des que l'argent est enlevé. Réponse : cette Michna suit Rabbi Chimon, qui ne reconnaît pas le mouktse, et Rav suit Rabbi Yehouda.
45a9 segments · 30 Rachi · 11 Tossefot · 2 schémas
Le mouktse selon Rabbi Chimon : l'huile de la lampe, la soucca, les figues sèches et les raisins secs
Le folio confirme d'abord que Rav suit Rabbi Yehouda sur le mouktse (lampe posée sur un palmier), et explique qu'il n'a permis de déplacer la lampe de ''Hanouka devant les 'Habarim qu'en cas de nécessité pressante, en s'appuyant sur Rabbi Chimon. Reich Lakich demande ensuite à Rabbi Yo'hanan si Rabbi Chimon reconnaît le mouktse quand on a écarté l'objet de ses propres mains (blé semé, œufs sous la poule). Rabbi Yo'hanan répond que Rabbi Chimon ne connaît de mouktse que pour l'huile de la lampe qui brûle ; la guemara corrige cette réponse, à partir des décorations de la soucca, en 'ce qui ressemble à l'huile de la lampe' : un objet réservé à une mitsva est interdit tant que dure cette mitsva. Chmouel, lui, limite le mouktse de Rabbi Chimon aux figues sèches et aux raisins secs ; une baraita qui l'étend à tous les fruits est attribuée à Rabbi Yehouda. Le folio s'achève sur une question de Rabbi Chimon fils de Rabbi à son père.
45b11 segments · 25 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Rabbi et le mouktse, la position de Rabbi Yo'hanan, et le statut particulier de la menora
Rabbi Chimon, interrogé par son père Rabbi (Rabbi Yehouda Hanassi), répond que selon Rabbi Chimon le mouktse se limite aux figues séchées et aux raisins secs. La guemara demande si Rabbi lui-même rejette le mouktse, puisqu'il interdit les bêtes du désert (midbariyot) le jour de fête ; trois réponses sont proposées. On examine ensuite la position de Rabbi Yo'hanan : Rabba bar bar 'Hana rapporte en son nom que la halakha suit Rabbi Chimon, mais sa réponse sur le nid de poule semble aller en sens inverse ; on l'explique par un poussin mort, un œuf pondu le jour même ou un œuf couvé. Rav Yits'hak bar Rabbi Yossef rapporte finalement que Rabbi Yo'hanan tranche comme Rabbi Yehouda. Abayé et Rav Yossef discutent enfin du cas de Rabbi Assi, qui n'a pas déplacé une menora, et de la raison propre à la menora : on lui fixe une place.
46a8 segments · 17 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La menora à joints, la position de Rabbi Yo'hanan sur le mouktse et la lampe à naphte
Le folio achève la discussion sur le déplacement d'une menora le Chabbat. Abaye explique que l'interdit vise une menora faite de joints ('houlyot), qu'on risque de remonter ; la guemara précise qu'il s'agit d'une menora à rainures ('hidkei) qui ressemble à une menora à joints, et situe la discussion entre Rabbi Yo'hanan et Reich Lakich sur la petite menora à rainures. La guemara objecte ensuite à Rabbi Yo'hanan, qui suit Rabbi Yehouda sur le mouktse, une michna anonyme (la base roulante, mokhni) qui semble suivre Rabbi Chimon ; Rabbi Zeira l'interprète de façon à sauver sa position. Suivent l'enseignement de Rabbi à Diospera (question restée sans réponse, teikou), des récits sur des Sages qui déplaçaient ou non une lampe, la discussion sur la lampe à naphte, et l'échange entre Rava et Rav Avia sur le statut d'ustensile (torat keli).
46b10 segments · 13 Rachi · 9 Tossefot · 2 schémas
Le reste d'huile, le premier-né et les vœux : Rabbi Chimon, le mouktse et le davar che-eino mitkaven
Le daf s'ouvre sur la fin de l'échange entre Rava et Rav Avya : les bijoux gardent le statut d'ustensile (torat keli), preuve tirée d'une baraita commentée par Oulla. Abayé oppose ensuite deux positions de Rabbi Chimon : il permet le reste d'huile de la lampe, donc il rejette le mouktse, mais il interdit le premier-né (bekhor) dont le défaut n'était pas reconnaissable la veille de la fête. Rabba distingue : on attend l'extinction de la lampe, on n'attend pas un défaut, qui dépend de trois incertitudes (mi yeimar). Rami bar 'Hama objecte par l'annulation des vœux le Chabbat ; on répond par la règle de Rav Pin'has et par les trois profanes (hedyotot). Enfin Abayé et Rav Yossef discutent pourquoi Rabbi Chimon interdit de déplacer une lampe allumée alors qu'il permet l'acte non intentionnel (davar che-eino mitkaven) ; Rava conteste la distinction entre interdit de la Torah et interdit rabbinique à partir des marchands de vêtements de kilayim.
47a7 segments · 27 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La pelle à braises avec sa cendre, le support d'une chose interdite et le remontage d'un lit démontable
Le folio part de la règle du support (bassis) : un récipient qui porte seulement une chose interdite en prend le statut. Rabbi Romanos rapporte que Rabbi lui a permis de déplacer une pelle à encens avec sa cendre, ce qui semble contredire l'enseignement de Rabbi Yo'hanan sur le panier et la pierre. Plusieurs explications se succèdent : les grains d'encens (Rabbi Assi, réfuté par Abaye), le pot de chambre (Abaye, réfuté par Rava), puis la cendre utile du brasero chez Rav Na'hman (Rava), confrontée aux débris de mèche que Abaye explique par les conditions de la Galilée. La guemara aborde ensuite le remontage d'un lit démontable le Chabbat : Rabbi Abba et Rav Houna bar 'Hiya le permettent, Rav et Chmouel le rendent passible d'un 'hatat.

Perek 4 Bameh Tomnin — Dans quoi on enveloppe les plats · 8 amudim

47b12 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Le récipient sous la lampe, l'eau qui éteint les étincelles et les matières interdites pour la hatmana
Le daf achève la discussion sur le lit démontable : Rabban Chimon ben Gamliel permet de le remonter s'il est lâche, et Rava s'appuie sur lui pour le lit de la maison de Rav 'Hama. Vient ensuite la mishna du récipient placé sous la lampe pour recevoir les étincelles : la Guemara demande s'il ne retire pas au récipient sa disponibilité (mevatel kli me-hekhano), puis si l'interdit d'y mettre de l'eau suit Rabbi Yossi (gorem le-khibouy). Rav Achi répond que l'eau rapproche l'extinction (mekarev et kibouyo). Le chapitre Kira s'achève et s'ouvre le chapitre Ba-mè tomnin : la mishna énumère les matières dans lesquelles on ne peut pas envelopper une marmite (hatmana) la veille de Chabbat, et la Guemara demande si le marc (gefet) interdit est celui des olives ou celui du sésame.
48a13 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Le marc qui fait monter la chaleur, les trois scènes chez l'Exilarque et le rembourrage des coussins
Le folio achève la discussion sur le marc (gefet) : le marc d'olives fait monter la chaleur, celui de sésame non, ce qui distingue l'enfouissement (hatmana) du simple fait de poser un panier dessus. Suivent deux scènes chez l'Exilarque où Rabba reprend un serviteur : une cruche d'eau froide posée sur la bouilloire (on produit de la chaleur au lieu de la conserver) et un foulard étendu sur une jarre (on en vient à l'essorer). La guemara examine ensuite le statut de muktse des mokhin (bourre) qui ont servi à enfouir : pour Abaye, on ne les consacre pas à cet usage. Enfin Rav 'Hisda permet de remettre la bourre tombée d'un coussin : un coussin neuf est interdit, un ancien est permis ; et ouvrir le col d'une chemise rend passible d'un 'hatat.
48b11 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
La connexion (hibour) pour l'impureté : shelal des blanchisseurs, manche de hache, réceptacles du foyer et ciseaux à pièces
Le daf achève la question sur l'ouverture du col d'un vêtement : Rava la distingue du bouchon de tonneau, car le col fait partie du tissu (hibour) alors que le bouchon est un corps distinct. La Guemara passe ensuite à la notion de connexion (hibour) pour l'impureté. Rabbi Yirmeya oppose à Rabbi Zeira deux mishnayot : le shelal des blanchisseurs est connexion même hors du moment du travail, le manche de hache seulement pendant le travail ; Rabbi Zeira répond selon l'intérêt du propriétaire. Rav établit que la règle "tout ce qui lui est attaché est comme lui" suit Rabbi Meir (réceptacles du foyer), et la Guemara explique pourquoi les Sages n'ont décrété l'impureté que par contact : pour faire une distinction visible (hekera) qui empêche de brûler la teroumah. Enfin, une baraita sur les ciseaux à pièces (connexion pour l'impureté, non pour l'aspersion) amène la règle de Rava : selon la Torah, connexion pendant le travail pour les deux, hors du travail pour aucun.
49a14 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Matériaux humides ou secs pour l'enfouissement, Elicha 'l'homme aux ailes' et les peaux de l'artisan
Le folio achève la règle du hibour (connexion) pour l'impureté et l'aspersion, puis examine le sens de 'lorsqu'ils sont humides' dans la michna précédente : humides par nature ou humides par un liquide venu de l'extérieur ? La question reste sans réponse. Une nouvelle michna énumère les matériaux permis pour l'enfouissement (hatmana) : vêtements, fruits, ailes de colombe, sciure, étoupe de lin. Les ailes de colombe amènent le récit d'Elicha 'l'homme aux ailes', qui portait ses téfilines malgré le décret romain, et l'exigence d'un 'corps propre' pour les téfilines (Abaye / Rava). La guemara établit ensuite que Rabbi Yehouda vise l'étoupe de lin. Une troisième michna distingue les peaux (déplaçables) et la toison (muktse), et la guemara se demande si la permission vaut aussi pour les peaux d'un artisan.
49b15 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Les peaux de l'artisan, l'origine des 39 melakhot (Michkan ou décompte du mot melakha) et la toison qui a servi à l'enfouissement
Le daf poursuit la question de 49a : les peaux d'un artisan (oman) peuvent-elles être déplacées le Chabbat ? Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi rapporte que son père, tanneur, disait de s'asseoir sur des peaux ; la Guemara oppose des baraitot sur les planches et les peaux, et conclut que la question correspond à une discussion de Tanaim (premier Tana contre Rabbi Yossi). Les mêmes Sages demandent ensuite à quoi correspond le nombre des 39 melakhot : Rabbi Hanina bar Hama répond qu'il correspond aux travaux du Michkan ; Rabbi Chimon fils de Rabbi Yossi ben Lakounia, aux 39 occurrences du mot melakha dans la Torah. Rav Yossef se demande quel verset est compté (Yossef en Égypte où les dons du Michkan), sans réponse (tékou). Une baraita soutient l'avis du Michkan et dérive le transport d'un domaine à l'autre du chargement des planches sur les chariots. Enfin, Rava permet de déplacer la toison qui a déjà servi à l'enfouissement, et un étudiant arrive du jour l'interroge.
50a19 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Désigner un objet muktse : lier, penser ou s'asseoir ; la terre, le sable et le natron
Le folio reprend la toison de laine utilisée pour l'enfouissement : Rava permet de la déplacer si elle a été désignée pour cet usage, et Ravina situe la michna restrictive dans la toison du hefték (stock du marchand). Une baraita traite ensuite des branches de palmier coupées pour le bois : le Tana kama exige de les lier la veille, Rabban Chimon ben Gamliel se contente de l'intention. Trois Amoraim s'opposent (Rav : lier ; Chmouel : penser ; Rav Assi : s'y asseoir), et la guemara trouve des sources à chacun, notamment Rabbi Hanina ben Akiva. La seconde partie examine la corbeille de terre que Rav Yehouda permet d'utiliser : Rav Pappa distingue les objets susceptibles d'un acte de préparation et ceux qui ne le sont pas, puis la discussion sur le sable et le natron est ramenée au débat entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon sur le davar cheein mitkaven.
50b18 segments · 30 Rachi · 11 Tossefot · 3 schémas
Se laver avec du natron et du sable, la berada, et retirer un objet enfoui dans du muktse (la koupa, la gouma, dets'a-chelfa)
Le daf achève la discussion de 50a sur les deux baraitot qui divergent sur le natron et le sable : la Guemara écarte l'attribution à Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, car Rabbi Chimon permet même au nazir de se laver les cheveux, et conclut que les deux baraitot suivent Rabbi Yehouda, en divergeant sur le fait que le natron polit (gerir) ou non. Elle énumère ensuite les produits avec lesquels on peut se laver le visage le Chabbat (dont la berada), et rapporte que Mar Zoutra n'en usait pas, même en semaine, alors qu'Amemar et Rav Achi s'en servaient, chacun selon une baraita. La seconde partie revient à la michna de la hatmana : la koupa de Rabbi Elazar ben Azaria, la gouma (cavité) qui s'effondre, puis les règles de Rav Houna et de Chmouel sur l'objet planté dans une matière muktse (dets'a, chelfa, vehadar dets'a), et l'objection de Rav Ketina tirée de la michna du navet enfoui.
51a13 segments · 25 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Envelopper le froid, ajouter à l'enveloppe, retirer la marmite
Le daf clôt la discussion sur le déplacement de la terre (réfutation de Rav Houna et Chmouel), puis ouvre la michna : on n'enveloppe pas une marmite après la tombée de la nuit, mais on peut recouvrir ce qui s'est découvert, et envelopper une cruche d'eau froide. La guemara débat de la hatmana du froid : Chmouel permet, Rabbi interdisait puis se range à l'avis de Rabbi Yossi (kevar hora zaken). Épisode de Rav Nahman et de son esclave Darou : Rabbi Ami s'irrite, car un homme important doit être plus strict. Enfin, la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel : ajouter ou échanger l'enveloppe, transvaser d'un récipient à l'autre, et les conditions pour retirer et remettre une marmite enveloppée dans une matière muktsé.

Perek 5 Bameh Behema — Ce que la bête peut porter · 11 amudim

51b18 segments · 39 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Fin de Bame tomnin ; Bame behema : la garde superflue est-elle un fardeau ?
Le daf achève la baraita de Bame tomnin : couvercle muktse, nooret de lin fine, superposition des récipients, hatmana du froid et interdit de broyer la neige et la grêle pour en faire couler l'eau. Puis commence le cinquième chapitre, Bame behema : une bête peut sortir le Chabbat avec ce qui sert à la garder (afsar, hotem, perumbiya, chir), car cela n'est pas un fardeau. La guemara définit ces termes, puis pose la question d'une garde superflue (netirouta yetera) : un chameau avec un anneau nasal. La preuve de Rabbi Yossi est rejetée ; la question dépend d'une mahloket entre le Tanna kamma et Hanania au sujet du chat, et Chmouel tranche selon Hanania. Le daf se termine sur un récit de voyage entre Levi et Rabba bar Rav Houna.
52a17 segments · 33 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La garde superflue (netirouta yetirta) : fardeau ou non ?
Suite du chapitre Bameh behema : avec quoi un animal peut-il sortir le Chabbat dans le domaine public ? La question centrale est celle de la netirouta yetirta, une garde plus forte que ce dont l'animal a besoin : est-elle un fardeau (masa), interdit le Chabbat ? Rav et Chmouel divergent à propos de la courroie entre les cornes de la vache, et la guemara cherche lequel des deux permet ; on objecte à partir de la para adouma attachée par sa bride. Puis le daf explique les termes 'yotsin' (enroulé) et 'nimchakhin' (tiré) de la michna, avec les témoignages sur les mules de la maison de Rabbi, et ouvre la question de l'impureté des anneaux.
52b20 segments · 45 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Anneaux et aiguilles : quand l'impureté distingue-t-elle ?
Le daf achève la discussion sur les colliers d'animaux de la michna : comment un anneau d'animal peut-il recevoir l'impureté (R. Yitshak Nappaha et Rav Yosef), et comment peut-on l'immerger sans le retirer malgré la hatsitsa (R. Ami : anneaux élargis au marteau ; baraita : anneaux larges). Cela amène le principe des ustensiles qui ne sortent de l'impureté que par un changement d'acte, et la distinction de R. Yehouda entre acte qui améliore et acte qui abîme. Suit la question d'un élève de Galilée à R. Eliezer : la phrase 'pour l'impureté, l'un et l'autre sont pareils' est restreinte pas à pas, pour les anneaux puis pour les aiguilles. Le daf se termine par une nouvelle michna sur l'âne, les béliers, les brebis et les chèvres.
53a15 segments · 36 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Mardaat, oukaf et tarsekal : le souci de l'animal le Chabbat
Suite du chapitre Bameh behema. La michna permet à l'âne de sortir avec sa mardaat (couverture) ; Chmouel précise : à condition qu'elle ait été attachée dès la veille du Chabbat, et une baraita le confirme, en ajoutant la position de Rabban Chimon ben Gamliel sur l'oukaf (bat). La guemara examine ensuite ce que l'on peut poser sur l'animal dans la cour : Rav permet le tarsekal (panier de fourrage suspendu) et, à fortiori, la mardaat ; Chmouel permet la mardaat et interdit le tarsekal, et Rabbi Yo'hanan lui donne raison. Rav Pappa distingue réchauffer l'animal (souffrance réelle) et le rafraîchir. Le daf se termine sur une objection tirée de la Tosefta à propos des poulains et de leur tarsekal.
53b24 segments · 42 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Soigner l'animal le Chabbat, la poche des chèvres et les levouvin
Le daf achève la discussion sur la souffrance (tsaar) de l'animal le Chabbat. Une baraita interdit de mettre dans l'eau un animal pris de sang ; Oula l'explique par une gezera contre les soins, de peur qu'on en vienne à broyer des remèdes, et la guemara distingue l'homme, qui semble simplement se rafraîchir. Rav Nahman bar Yitshak montre que cette gezera est discutée par les Tannaim, et Rava tranche comme Rabbi Ochaya, qui permet de faire courir l'animal malade. Viennent ensuite la poche sur les mamelles des chèvres (Rav Yehouda, Rav Yossef), des récits sur les miracles et la subsistance, puis l'explication du mot levouvin de la michna selon Rav Houna, Oula et Rav Nahman bar Yitshak.
54a21 segments · 40 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Kavoul, chèvres tserourot et chameaux entravés : ce qui n'est pas permis à l'animal
Fin de l'explication des termes de la michna précédente : kevoulot (queue des brebis attachée vers le bas), rattaché au 'pays de Kavoul' donné par Chlomo à Hiram, et kevounot (brebis enveloppées pour une laine fine). La Guemara rapporte ensuite la discussion sur les chèvres au pis attaché (tserourot) : Rav suit R. Yehouda, Chmouel interdit tout, R. Yo'hanan permet tout. Commence alors la michna Bameh einah yotsa : le chameau ne sort ni avec une metoultelet ni entravé (akoud, ragoul), et l'on ne tire pas des chameaux attachés l'un à l'autre. La Guemara définit akoud selon Rav Yehouda, explique l'interdit d'attacher les chameaux (air d'aller au marché), puis Rav Achi rattache l'interdit d'enrouler les cordes aux kilayim de laine et de lin ; Chmouel limite enfin la longueur de corde qui dépasse de la main.
54b21 segments · 31 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Fin de Bameh behema : les objets de l'animal et le devoir de protester
Le daf achève la question de la corde du chameau, puis cite la michna finale du chapitre Bameh behema : l'âne, les coqs, les béliers, les brebis, le veau et la vache ne sortent pas avec divers objets. La guemara explique la fonction de chacun : clochette de foire, protection d'une plaie, signe de propriété, petit joug. Elle discute longuement le terme hanounot (Rav Aha bar Oula, Rav Papa bar Chmouel, Rav Houna, Chimon le nazir). La vache de Rabbi Elazar ben Azarya était en fait à sa voisine : faute d'avoir protesté, elle porte son nom. D'où le principe : qui peut protester et ne le fait pas est puni pour les fautes de sa maison, de sa ville, du monde entier.
55a18 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le devoir de protester (toukheha), le tav de Ye'hezkel et le mérite des Pères
Le daf poursuit l'aggada ouverte à propos de la vache de R. Elazar ben Azarya : celui qui peut protester et ne le fait pas est puni pour la faute d'autrui. Chmouel explique à Rav Yehouda que la responsabilité de juger revient à Mar Oukva, av beit din. R. Zeira demande à R. Simon de réprimander la maison de l'Exilarque même s'ils n'acceptent pas, et appuie cela sur Ye'hezkel 9 : Hachem ordonne à Gavriel de marquer un tav sur le front des justes et des méchants, puis, sur l'objection de l'attribut de rigueur, retire son décret favorable. Suivent les sens de la lettre tav (Rav, Chmouel, R. Yo'hanan, Reich Lakich, R. Chmouel bar Nahmani), la discussion sur l'époque où le mérite des Pères s'est épuisé, et l'énoncé de Rav Ami : pas de mort sans faute, pas de souffrances sans faute.
55b20 segments · 26 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La mort sans faute, et l'innocence de Reouven et des fils d'Eli
Le daf conclut la discussion sur la thèse de Rav Ami ('pas de mort sans faute, pas de souffrances sans faute'). La baraita des quatre justes morts seulement 'par le conseil du serpent' (Binyamin, Amram, Ichaï, Kilav) le réfute : il existe une mort sans faute. La Guemara ouvre ensuite une série d'enseignements de R. Chmouel bar Nahmani au nom de R. Yonatan : 'quiconque dit que X a fauté se trompe'. Pour Reouven, il n'a pas couché avec Bilha mais dérangé la couche de son père, et les Tanaim discutent le sens du mot pahaz. Pour les fils d'Eli, Hofni et Pinhas n'ont pas fauté avec les femmes ; ils retardaient les offrandes des accouchées. Rav innocente Pinhas seul, à qui l'on impute seulement de ne pas avoir protesté contre son frère.
56a16 segments · 24 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Qui a vraiment fauté ? Les fils de Chmouel, David et Bat-Cheva, Tsiva et Méfibochet
Le daf poursuit la série de R. Chmouel bar Nahmani au nom de R. Yonatan : 'quiconque dit que X a fauté ne fait que se tromper'. Les fils de Chmouel n'ont pas pris de pots-de-vin ; ils ont seulement cessé de faire la tournée de leur père, et quatre Tannaim précisent leur 'gain'. David n'a pas fauté avec Bat-Cheva : tout soldat de la maison de David remettait un gett à sa femme, et Ouria, rebelle contre la royauté, était passible de mort ; Rabbi relit le reproche de Natan en faveur de son ancêtre. Rav limite la faute de David à l'affaire d'Ouria, mais Abaye l'Ancien lui oppose un autre énoncé de Rav : David a accepté la médisance de Tsiva contre Méfibochet. Chmouel conteste : David avait vu des signes évidents.
56b20 segments · 20 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Mefibochet, Chlomo et Yochiyahou : qui a vraiment fauté ?
Le daf achève l'affaire de Tsiva et Mefibochet : la plainte de Mefibochet contre Celui qui a ramené David lui vaut le nom de Meriv-Baal, et Rav voit dans le partage du champ la cause du partage du royaume, de l'idolâtrie et de l'exil. R. Chmouel bar Nahmani au nom de R. Yonatan poursuit sa série : Chlomo n'a pas fauté. La Guemara examine les versets qui l'accusent et conclut qu'il est blâmé pour ne pas avoir protesté auprès de ses femmes ; Chmouel rattache à son mariage avec la fille de Pharaon la naissance de Rome. Enfin, Yochiyahou n'a pas fauté non plus : sa 'techouva' consiste à avoir remboursé de son argent les jugements de sa jeunesse, ce que Rav conteste. Fin du chapitre Bameh behema.

Perek 6 Bameh Icha — Ce que la femme peut porter sur elle · 21 amudim

57a17 segments · 36 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Fils dans les cheveux, bijoux et hatsitsa : avec quoi la femme sort-elle le Chabbat ?
Début du chapitre 6, Bameh icha. La Michna énumère les objets avec lesquels une femme ne sort pas dans le domaine public le Chabbat : des fils de laine ou de lin et des rubans dans les cheveux, et une série de bijoux de valeur. La Guemara explique pourquoi la Michna mentionne la tevila (immersion) : Rabba bar Avouh y voit la raison de l'interdit, car une femme devant dénouer ces fils pour une tevila risquerait de les porter. Rav et Rav Houna fils de Rav Yehochoua discutent des chaînettes tissées ; puis Rav Houna limite la hatsitsa des fils à ceux de la tête, et Rav Yossef le justifie : une femme ne s'étrangle pas. Abaye objecte à partir d'une baraita sur les colliers des jeunes filles.
57b18 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Fils de cheveux, totefet, kavoul et istema : les parures de la femme le Chabbat
Le daf poursuit l'analyse de la Michna Bameh isha (ce avec quoi une femme peut sortir le Chabbat). Il achève la discussion sur la hatsitsa : le katla serré au cou fait interposition, et selon R. Yehouda les fils de laine et de cheveux n'en font pas ; Chmouel tranche comme lui pour les cheveux, et la Guemara établit que les Sages l'admettent aussi. Puis sont définies trois parures de tête : la totefet (bandeau frontal, après le rejet de l'explication 'amulette' de Rav Yossef par Abaye), les sarvitin, le kavoul (bonnet de laine selon R. Abbahou, contre le doute de R. Yannai) et l'istema, avec la règle de R. Chimon ben Elazar : ce qui est sous la résille est permis, ce qui est au-dessus est interdit.
58a19 segments · 25 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Le sceau de l'esclave et la clochette : avec quoi l'esclave et la bête sortent-ils le Chabbat ?
Le daf achève la discussion sur le kavoul de la Michna : pour Chmouel, il s'agit du sceau de l'esclave (kavla deavda). La Guemara confronte cette lecture à une autre parole de Chmouel, qui permet à l'esclave de sortir avec un sceau au cou, et distingue le sceau que le maître a fait de celui que l'esclave a fait lui-même. Le sceau sur le vêtement est interdit, de peur que l'esclave, le sceau détaché, ne plie son manteau sur ses épaules (Rav Yitshak bar Yossef). Une baraita contraire est résolue par la distinction entre sceau de métal et sceau d'argile, selon le souci (kepida) du maître. Enfin, la clochette tissée dans le vêtement est permise, et la Guemara ouvre la question de l'impureté de la clochette d'une bête.
58b14 segments · 25 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La clochette et son battant : quand la clochette reçoit-elle l'impureté ?
Le daf poursuit la question ouverte en 58a : une baraita déclare la clochette d'une bête pure, une autre la déclare impure. La Guemara distingue la clochette qui a un battant (inbal) de celle qui n'en a pas, et fonde cette distinction sur l'enseignement de Rabbi Chmouel bar Nahmani au nom de Rabbi Yonatan : un objet de métal qui produit un son est un ustensile. Elle précise ensuite que la clochette d'un enfant sert au son, tandis que celle d'un adulte est une parure. Enfin, à propos de la clochette dont on a retiré le battant, Abaye explique que son impureté demeure parce qu'un profane peut remettre le battant ; Rava le réfute à partir des lois de jonction (hibour) et de la position de Rabba sur les ciseaux à pièces.
59a9 segments · 13 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
La clochette sans battant, la sandale de bête et la 'ville d'or'
Le daf achève la discussion sur la clochette dont on a retiré le battant : Rava la tient pour impure puisqu'on peut encore frapper avec sur un tesson. Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina et Rabbi Yo'hanan donnent deux raisons différentes ; celle de Rabbi Yo'hanan (faire boire un enfant) contredit sa position ailleurs, selon laquelle un ustensile ne reste impur que s'il garde un usage du même type que son premier travail. La Guemara inverse donc les auteurs, et le prouve par la sandale de bête en métal, à propos de laquelle Rav, Rabbi Hanina et Rabbi Yo'hanan proposent trois usages humains. Le daf revient enfin à la Michna : la 'ville d'or' que la femme ne porte pas le Chabbat est une 'Jérusalem d'or'.
59b19 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les parures de la femme : ville d'or, diadème, ceinture et bague à sceau
Le daf poursuit l'examen des parures avec lesquelles une femme peut sortir le Chabbat dans le domaine public. Une baraita oppose Rabbi Meir, les Hakhamim et Rabbi Eliezer sur la 'ville d'or' : fardeau, parure interdite par crainte qu'elle ne l'enlève pour la montrer, ou parure d'une femme importante qui ne l'exhibe pas. Rav et Chmouel discutent ensuite du diadème (kelila), selon deux versions ; l'épisode de Levi arrivant à Nehardea confirme que Rav a permis la kelila de tissu. Le daf traite encore de la ceinture précieuse (kamra), de la cape courte, du pendentif et de l'anneau de nez, puis de la bague à sceau, dont le statut dépend d'une discussion entre Rabbi Nehemia et les Rabbanan : faut-il suivre le sceau ou l'anneau ?
60a13 segments · 30 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La bague à sceau, l'aiguille non percée et la sandale cloutée
Le daf achève la discussion sur la bague à sceau : après la réponse de Rabbi Zeira (Rabbi Nehemia contre les Rabbanan, qui suivent 'ce qui soutient'), Rava et Rav Nahman bar Yitshak proposent deux autres résolutions. La Guemara explique ensuite l'aiguille non percée de la Michna : Rav Yossef (elle rassemble les cheveux) est réfuté par Abaye, et Rav Ada de Narech (elle sépare les cheveux) est complété par Rava : une plaque d'or posée sur le front le Chabbat. Commence alors une nouvelle Michna sur ce que l'homme ne porte pas le Chabbat : sandale cloutée, sandale unique, tefilin, amulette non éprouvée, pièces d'armure. Chmouel, Rabbi Ilai ben Elazar et Rami bar Ye'hezkel racontent l'événement tragique à l'origine du décret sur la sandale cloutée, et la Guemara demande pourquoi il ne vise que le Chabbat.
60b22 segments · 32 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La sandale cloutée : portée du décret et nombre de clous
Le daf poursuit la discussion sur la sandale cloutée (sandal ha-mesoumar), interdite depuis l'événement tragique de la grotte. La Guemara établit d'abord que le décret vaut aussi pour Yom Tov, jour de rassemblement où le travail est interdit, mais pas pour un jeûne public. Elle distingue ensuite les clous placés pour renforcer (interdits) de ceux placés pour l'ornement, dont Rabbi Yo'hanan et Rabbi Hanina fixent le nombre (cinq ou sept). Suit une série de cas où la sandale, modifiée, n'est plus semblable à celle de l'événement et devient permise : cousue de l'intérieur, clou en forme de pince, semelle entièrement cloutée, clous tombés. Le daf se clôt sur la règle de Rabbi Hiyya et amorce la michna sur la sandale unique.
61a18 segments · 21 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
La sandale unique, l'ordre des chaussures, les tefilin et l'amulette
Le daf poursuit la michna des objets avec lesquels on ne sort pas le Chabbat. Pour la sandale unique, Rav Houna et Hiyya bar Rav discutent sur quel pied la porter quand on a une blessure, selon que la sandale sert contre la douleur ou pour le confort. Cela mène à la question de l'ordre des chaussures : Rabbi Yo'hanan commence par le pied gauche, comme les tefilin, alors qu'une baraita commence par le droit ; Rav Nahman bar Its'hak décrit la conduite du yere chamayim qui satisfait les deux. La Guemara explique ensuite pourquoi on ne sort pas avec des tefilin, puis définit l'amulette (kamia) provenant d'un expert : Rav Papa établit que l'auteur éprouvé suffit. Le daf s'achève sur la baraita qui définit l'amulette éprouvée.
61b11 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
L'amulette éprouvée et la sainteté des amulettes
Le daf achève la discussion sur l'amulette (kamia) qu'on peut porter le Chabbat dans le domaine public : elle doit être moumhe (éprouvée). La Guemara concilie deux critères, l'un pour établir le scribe, l'autre pour établir l'amulette, puis Rav Papa classe les cas (trois amulettes, trois personnes, nombre de guérisons) et laisse un doute sur trois amulettes pour une seule personne. On se demande ensuite si les amulettes ont une sainteté (kedoucha) : la question ne peut porter ni sur le sauvetage d'un incendie ni sur la gueniza, déjà tranchés ; elle porte sur l'entrée aux toilettes, et la preuve tirée de la michna est écartée.
62a21 segments · 33 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Amulettes et tefillin ; bagues, broches et sachets de parfum
Le daf achève la question de l'amulette aux toilettes : une baraita de Rabbi Ochaya interdit de la porter à la main quatre coudées, on répond qu'il s'agit d'une amulette recouverte de cuir, et on distingue les tefillin, sanctifiés par le chin visible. La michna suivante énumère des objets de femme interdits le Chabbat (aiguille percée, bague à sceau, kouliar, kovelet, fiole de baume). Oula enseigne que pour l'homme la règle des bagues est inversée ; Rav Yossef explique que les femmes forment une catégorie à part, et la Guemara discute l'objection de la hotsaa kilachar yad (Rabbi Yirmeya, Rava). Le daf se termine par la mahloket sur la kovelet entre Rabbi Meir, les Hakhamim et Rabbi Eliezer.
62b23 segments · 46 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Le parfum le Chabbat, le deuil du Temple et les fautes de Chomron et de Jérusalem
Le daf achève la discussion sur la femme qui sort le Chabbat avec une kovelet ou une fiole de palyaton : Rabbi Meir la rend passible, Rabbi Eliezer la dispense tant que le récipient contient du parfum ; Rav Adda bar Ahava et Rav Ashi discutent ce qu'on en déduit pour des aliments inférieurs au chiour portés dans un récipient. À partir du mot palyaton, la Guemara passe aux versets d'Amos sur les notables de Chomron et fixe, avec Abaye, le critère de la gezera de deuil après le Hourban : l'interdit porte sur ce qui procure à la fois agrément et joie. Suivent trois conduites qui mènent à la pauvreté, précisées par Rava, puis le midrach de Yechayahou 3 sur l'orgueil des filles de Tsion et leur punition mesure pour mesure, et le début du passage sur les gens de Jérusalem, "anchei chahats".
63a28 segments · 41 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Les armes le Chabbat, les jours du Machiah et l'étude à deux
Le daf achève le passage sur le langage à double sens des gens de Jérusalem et évoque les bois de cinnamome de la ville. La Michna interdit à l'homme de sortir le Chabbat avec une arme ; Rabbi Eliezer y voit une parure, les Sages une honte, appelée à disparaître selon Yechayahou 2, 4. La Guemara en tire un débat sur les jours du Machiah (Chmouel contre Rabbi Hiya bar Abba) et sur le principe "un verset ne sort pas de son sens simple". Suit une série d'enseignements de Rabbi Elazar et de Resh Lakich sur les deux talmidei hakhamim qui étudient ensemble, sur la mitsva pensée, sur le prêt et l'association avec le pauvre, et sur le talmid 'hakham et l'am haarets.
63b21 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La berit, les kevalim et la tuma des objets minuscules
Le daf achève le passage sur le chien méchant (lamas) et raconte l'histoire de la femme qui perdit son enfant à cause d'un aboiement ; Rav Houna et Reich Lakich expliquent ensuite le verset de Kohelet 11, 9. La Guemara revient à la Michna : la berit est tehora. Rav Yehouda l'identifie d'abord à l'ets'ada, puis précise qu'elle se porte à la jambe comme l'ets'ada au bras. Ravin et Rav Houna discutent devant Rav Yirmeya de la différence entre berit et kevalim, et de la fonction de la chaîne. Enfin, Rav Dimi, Rava et une baraita établissent les sources de la tuma d'un tissu, d'une parure et d'un objet mixte de taille minimale (kol chehou) : o beged, le tsits, et kol keli maasse.
64a23 segments · 33 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Beged et or : la tuma des objets en poil entre cherets et met
Le daf poursuit l'exposé sur la tuma des tissus et objets tressés. La Guemara explique pourquoi un sak (sac en poil de chèvre) est tamei même sans être tissé, puis cite une longue baraita qui rapproche le passage du cherets (Vayikra 11) de celui du mort (Bamidbar 31) par une gezera chava sur les mots beged et or : chacun apporte à l'autre ses règles (seulement filé et tissé ; tout ouvrage de chèvre ; queue de cheval et de vache). La Guemara vérifie que ces mots sont mufnim (libres) des deux côtés grâce au hekech avec chikhvat zera. Elle revient ensuite aux parures de la guerre de Midian (agil, koumaz) et au dialogue entre Moche et les officiers : ils étaient sortis de la faute, mais pas de la pensée.
64b18 segments · 37 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Cheveux postiches, perruque et mar'it ha'ayin
Le daf achève la derasha de Rav Chechet sur les parures offertes après la guerre de Midian, puis ouvre une nouvelle Michna : une femme peut sortir le Chabbat avec des fils de cheveux (les siens, ceux d'une autre, ceux d'un animal), avec du coton dans l'oreille ou la sandale, avec du poivre ou du sel dans la bouche ; le kavoul et la perruque sont permis dans la cour ; Rabbi et les Hakhamim discutent de la dent postiche. La Guemara explique pourquoi les trois sortes de cheveux sont nécessaires, puis rapporte la mahloket entre Rav et R. Anani bar Sason : les parures interdites en rue le sont-elles aussi dans la cour ? Oulla explique la permission du kavoul et de la perruque par l'enseignement de R. Akiva sur la nidda. Le daf se termine sur la règle de Rav : ce que les Sages ont interdit pour mar'it ha'ayin est interdit même dans les pièces les plus retirées.
65a17 segments · 41 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Mokh, dent en or et sela sur la plaie : sortir avec ce qu'on ne montrera pas
Le daf achève le débat sur marit ha-ayin (ce qui est interdit à cause de l'apparence) puis commente la Michna des objets avec lesquels une femme peut sortir le Chabbat. Rami bar Ye'hezkel exige que le mokh (tampon de coton) soit attaché à l'oreille ou à la sandale ; Rava dispense le mokh de la nidda car il est repoussant. Pour la dent postiche en or, Rabbi Zeira limite la discussion à l'or, et Abaye rattache Rabbi, Rabbi Eliezer et Rabbi Chimon ben Elazar à un même principe : un objet dont le retrait rend la femme disgracieuse ne sera pas enlevé pour être montré. Une nouvelle Michna traite de la sela sur la plaie, des fils aux oreilles des fillettes et des voiles des femmes d'Arabie et de Médie ; la Guemara commence à expliquer les pratiques du père de Chmouel envers ses filles.
65b10 segments · 17 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le mikve du père de Chmouel, l'agrafe du manteau et le kav de l'amputé
La Guemara achève l'examen des pratiques du père de Chmouel envers ses filles : ne pas les laisser dormir ensemble, leur préparer des mikvaot au mois de Nissan. Cette seconde pratique suppose, comme Rav, que le fleuve grossit par l'eau de pluie (notfin), qui ne purifie pas en coulant ; Chmouel, son fils, soutient que le fleuve grossit par sa propre source, et semble se contredire lui-même. On revient ensuite à la Michna : on peut agrafer un manteau autour d'une pierre ou d'une noix, mais pas d'une pièce le Chabbat même ; Abaye demande si une femme peut user d'artifice pour sortir ainsi une noix à son enfant, question restée sans réponse (teikou). Le daf s'achève sur l'ouverture d'une nouvelle Michna : l'amputée sortant avec sa jambe de bois (kav), selon Rabbi Meir.
66a18 segments · 28 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Le pilon de l'amputé : version de la Michna, Chabbat et impureté de midras
Le daf achève la Michna sur l'amputé (kite'a) : son pilon de bois (kav), les supports (semokhot) de celui qui marche sur les genoux, la chaise de celui qui ne marche pas du tout, et les loketamin. Rava demande à Rav Nahman qui, de Rabbi Meir ou de Rabbi Yossi, permet de sortir avec le kav. Chmouel et Rav Houna lisent que l'amputé ne sort pas, mais une tradition de la maison de Rav inverse la version, et chacun des deux Amoraim se rétracte ailleurs. La Guemara discute ensuite le sandale des plâtriers, puis Abaye et Rava débattent si le kav muni d'un réceptacle est impur de midras.
66b24 segments · 61 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Les kecharim des enfants et les remèdes permis le Chabbat
Le daf achève le débat d'Abaye et Rava sur le kav de l'amputé, puis revient à la fin de la Michna (semokhot, loketamin). La Michna suivante permet aux garçons de sortir avec des kecharim et aux fils de rois avec des clochettes. La Guemara hésite sur la nature de ces kecharim : nœuds de garance selon Rav Yehouda, ou courroie contre la nostalgie du père selon Avin bar Houna. Suivent plusieurs enseignements sur les soins permis le Chabbat, la pierre de tekouma contre les fausses couches, et des remèdes contre la fièvre rapportés par Abaye au nom de sa nourrice.
67a18 segments · 58 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Remèdes, formules et darkei haEmori
La page achève la série des remèdes et formules (lehachim) commencée en 66b : fièvre tierce, fièvre brûlante soignée par les versets du buisson ardent, furoncles, démons. La Guemara revient ensuite à la Michna précédente sur les clochettes des fils de rois (Rabbi Chimon ou tissées dans le vêtement). La nouvelle Michna rapporte la discussion entre Rabbi Meir et les Hakhamim sur l'œuf de criquet, la dent de renard et le clou de pendu. Abaye et Rava posent le principe : ce qui a une vertu de guérison n'est pas darkei haEmori ; la Guemara l'éprouve sur l'arbre peint en rouge, puis cite les deux exceptions de Rabbi Hiya bar Avin.

Perek 7 Kelal Gadol — La règle générale des trente-neuf travaux · 18 amudim

67b17 segments · 28 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Fin des darkei haEmori ; le kelal gadol du Chabbat
La page achève la liste de la Tossefta sur les darkei haEmori (pratiques des Amorreens) : formules de bonne fortune, présages tirés des oiseaux, gestes de cuisine censés faire réussir un plat. Rabbi Yehouda classe gad et dan comme invocations d'idoles. À l'inverse, ce qui produit un effet réel (bois de mûrier, sel dans la lampe) est permis, et la formule de Rabbi Akiva, hamra ve-hayei, est une simple beraha. Rav Zoutra rattache le gaspillage de combustible à bal tachhit. Le chapitre Bameh icha s'achève, et le septième chapitre s'ouvre sur la Michna du kelal gadol : le nombre de hataot dépend de ce qu'on a oublié.
68a9 segments · 20 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Pourquoi kelal gadol ? L'oubli du principe du Chabbat selon Rav et Chmouel
La page achève la Michna du kelal gadol : plusieurs melakhot d'un même type n'entraînent qu'une hatat. La Guemara demande pourquoi la Michna emploie l'expression kelal gadol (grand principe), alors que la Michna des maasser dit seulement kelal. Après avoir écarté deux explications, elle conclut que le terme signale un domaine dont le champ d'application est plus large que celui du domaine voisin : Chabbat plus que Chevi'it, Chevi'it plus que maasser, et selon Bar Kappara maasser plus que pea. Rav et Chmouel limitent ensuite le cas de l'oubli du principe du Chabbat à l'enfant captif et au converti parmi les nations ; celui qui a connu puis oublié est tenu pour chaque Chabbat.
68b7 segments · 16 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
L'enfant capturé parmi les nations : Rav et Chmouel, Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich, Monbaz
La Guemara achève l'analyse de la Michna du kelal gadol : celui qui connaît le principe du Chabbat, puis l'a oublié, doit une hatat par Chabbat ; celui qui sait que c'est Chabbat doit une hatat par melakha. Elle en conclut que la Michna parle de celui qui a connu puis oublié, et que Rav et Chmouel assimilent à ce cas l'enfant capturé parmi les non-Juifs (tinok chenichba) et le converti parmi les non-Juifs. Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich les exemptent. Une baraita semble contredire ces derniers ; ils répondent qu'ils suivent Monbaz, qui exempte celui qui n'a jamais eu de connaissance (yedia) de l'interdit. La Guemara rapporte le débat de Monbaz avec Rabbi Akiva et la source scripturaire de Monbaz (le hekech de Bamidbar 15, 29-30).
69a9 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Définir la chegaga : lav, karet ou korban ?
Le daf poursuit la discussion sur la nature de l'erreur (chegaga) qui oblige à apporter une hatat. Toute la Torah est comparée à l'idolâtrie : la hatat ne vient que pour une faute dont la version volontaire entraîne le karet. Mounbaz considère comme fautif par erreur celui qui ignorait seulement l'obligation du korban ; les Rabbanan exigent une erreur sur la faute elle-même, et R. Yo'hanan et Reich Lakich discutent : suffit-il d'ignorer le karet, ou faut-il ignorer aussi l'interdit (lav) ? La Guemara éprouve ces positions sur le cas des 39 melakhot faites en un seul oubli, identifie l'auteur d'une baraita comme Mounbaz, et termine par la chevouat bitouy selon Abaye.
69b10 segments · 24 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Chevouat bitouy, terouma, et le voyageur qui a perdu le compte de Chabbat
Le daf achève la discussion sur l'erreur (chegaga) qui oblige au korban : une baraita sur la chevouat bitouy du passé est attribuée à Mounbaz, puis, dans une autre version, sert de réfutation à Abaye. Abaye enseigne ensuite que pour le cinquième (homech) de la terouma il faut s'être trompé sur l'interdit lui-même, et Rava établit l'analogie mort par le Ciel / karet et homech / korban. La Guemara traite ensuite du voyageur perdu dans le désert qui ne sait plus quel jour est Chabbat : Rav Houna et Hiyya bar Rav discutent de l'ordre du compte, Rava règle ce qu'il peut faire chaque jour. Enfin R. Nahman tire de deux versets la distinction de la Michna entre celui qui a oublié le principe de Chabbat et celui qui le connaît.
70a7 segments · 20 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Hilouk melakhot : une hatat pour chaque melakha
Le daf explique la différence entre les deux cas de la michna : celui qui a oublié le Chabbat apporte une hatat par Chabbat, celui qui ignorait l'interdit des melakhot en apporte une par melakha. Rav Safra rattache la différence à ce qui fait cesser l'auteur ; Rav Nahman la rattache au nombre de chegagot (erreurs). La Guemara cherche ensuite la source du hilouk melakhot : Chmouel l'apprend de « mehalleleha mot yumat », et l'on demande pourquoi il n'utilise pas la source de Rabbi Natan (« lo tevaarou ech ») ni celle de Rabbi Yossi (« meahat mehena »).
70b5 segments · 17 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Oubli du Chabbat et oubli des melakhot (helem zeh ve-zeh)
Le daf achève la dérivation de R. Yossi (meahat mehena) et explique que Chmouel ne l'adopte pas. Rava demande à Rav Nahman ce que doit celui qui a oublié à la fois que c'est Chabbat et que les melakhot sont interdites : une seule hatat, ou une par melakha ? Rav Ashi propose un critère, Ravina le rejette. La Guemara tente une preuve depuis le compte des 39 melakhot, en passant par la divergence de R. Yo'hanan et de Rech Lakich sur la définition de la chegaga. Rava ouvre enfin un cas complexe de deux séries de fautes découvertes l'une après l'autre.
71a8 segments · 33 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Gerira : l'expiation qui en entraîne une autre
Le daf achève le cas de Rava : deux séries de moisson et de mouture, l'une en chegagat Chabbat, l'autre en chegagat melakhot. Quand la hatat apportée pour une faute en entraîne d'autres (gerira), jusqu'où s'étend l'expiation ? Abbaye admet une gerira en chaîne ; Rava, qui a adopté la gerira après l'avoir entendue d'Abbaye dans le cas des trois olives de helev, refuse la gerira de gerira. R. Zeira, sur ce point, s'interroge sur la combinaison de deux demi-mesures faites dans des états d'oubli différents, et la Guemara discute la michna des espèces et l'enseignement de Rech Lakich au nom de Bar Toutni sur les deux plats (tamhuyin) selon R. Yehochoua.
71b7 segments · 13 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Yediot, hafrachot, kapparot : quand les hataot se séparent
Le daf achève la discussion sur la Michna des demi-kezeitim : Rav Houna l'établit dans le cas d'une prise de conscience entre les deux moitiés, selon Rabban Gamliel pour qui il n'y a pas de yedia pour un demi-chiour. Vient ensuite la mahloket de Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich : celui qui a mangé deux kezeitim de helev dans un seul oubli et les apprend l'un après l'autre doit-il deux hataot ou une seule ? Chacun s'appuie sur un verset et répond au verset de l'autre. Ravina demande à Rav Achi à quel stade porte la mahloket (avant ou après la mise à part du sacrifice) ; Rav Achi répond : dans les deux, avec une réserve. Le daf s'ouvre enfin sur une déclaration d'Oula concernant l'acham vadaï.
72a4 segments · 14 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Achame de la chifha harouffa : quand la connaissance ou la désignation divise-t-elle les fautes ?
Le daf poursuit la discussion sur la connaissance (yedia) qui divise des fautes en plusieurs sacrifices. Oula enseigne que celui qui a cinq rapports avec une chifha harouffa n'apporte qu'un achame, même s'il a pris connaissance de sa faute entre chaque rapport, car selon l'avis qui n'exige pas de connaissance préalable pour l'achame vadai, cette connaissance n'a pas de poids. Rav Hamnouna objecte à partir du cas d'un rapport commis après la désignation du sacrifice, et Oula précise que ce cas est différent. Rav Dimi, puis Ravin, classent les situations : accord pour un seul achame (Oula), accord pour plusieurs (Rav Hamnouna), et controverse de R. Yo'hanan et Rech Lakich selon l'avis qui exige une connaissance préalable.
72b7 segments · 16 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Mitasek et chogueg : l'intention nécessaire pour être redevable d'une hatat
Le daf ouvre sur la controverse d'Abaye et de Rava : celui qui voulait couper un végétal qu'il croyait détaché et a coupé un végétal attaché au sol est-il redevable d'une hatat ? Pour Rava il est exempt, car il n'avait pas l'intention d'une coupe interdite ; pour Abaye il est redevable, car il voulait couper et il a coupé. Rava apporte une baraita : au Chabbat on est plus sévère (deux actes en un seul oubli entraînent deux sacrifices), et ailleurs on est plus sévère (le chogueg sans intention est redevable). La Guemara analyse la baraita : elle établit la reicha en idolâtrie selon R. Ami, puis cherche ce que serait un chogueg sans intention en idolâtrie ; la réponse par amour ou par crainte ne convient qu'à Abaye, et la réponse omer moutar se heurte à une autre position de Rava. La discussion se poursuit au daf 73a.
73a9 segments · 28 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Mitasek selon Abaye et Rava, et la liste des 39 avot melakhot
Le daf achève la discussion entre Abaye et Rava sur le mitasek : celui qui accomplit un acte interdit sans l'avoir visé. Rava exempte, Abaye rend redevable, dans trois cas (couper un végétal attaché en le croyant détaché, lancer quatre amot en visant deux, lancer en domaine public en le croyant privé), et la Guemara explique pourquoi les trois sont nécessaires. Elle demande ensuite comment, selon Rava, trouver le cas de 39 hatat en un seul oubli, et répond par la connaissance des tehoumin selon R. Akiva. Puis commence la Mishna fondamentale du chapitre Klal gadol : l'énumération des 39 avot melakhot.
73b10 segments · 38 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Les avot melakhot et leurs familles : semer, labourer, moissonner, battre
La Guemara commence l'analyse de la Mishna des 39 avot melakhot. R. Yo'hanan explique pourquoi la Mishna donne leur nombre : celui qui les accomplit toutes en un seul oubli apporte une hatat pour chacune. Le daf passe ensuite les premières melakhot une à une (semer, labourer, moissonner, gerber, battre) et, pour chacune, une baraita énumère les actes qui forment avec elle une seule melakha. Les Amoraim discutent des cas où un seul geste entraîne deux hatat (tailler en gardant le bois, couper la luzerne ou les bettes, abattre des dattes d'un jet de motte), du rôle du lieu (maison ou champ) et de l'acte destructeur (mekalkel). Le daf s'arrête sur la question : vanner, trier et tamiser, est-ce la même chose ?
74a7 segments · 22 Rachi · 9 Tossefot · 2 schémas
La melakha de borer (trier) : cinq lectures d'une baraita
Le daf achève la discussion sur la liste des melakhot : pourquoi la Mishna ne compte-t-elle pas le kotech (piler) ? Abaye répond que le pauvre mange son pain sans piler le blé. La Gemara passe ensuite à la melakha de borer (trier) : une baraita permet de trier puis semble l'interdire. Oula, Rav Hisda, Rav Yosef, Rav Hamnouna et Abaye proposent tour à tour une lecture ; celle d'Abaye (trier pour manger tout de suite est permis, pour plus tard c'est trier pour une réserve) est approuvée par Rava. Suivent le cas de deux sortes d'aliments, le récit de la corbeille de fruits de Rav Bivai et l'enseignement de Hizkiya sur les lupins.
74b10 segments · 37 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Moudre, cuire, tondre, nouer : les melakhot et leur modèle dans le Michkan
Le daf achève l'explication des lupins de Hizkiya, puis reprend la liste des melakhot de la Mishna une à une. Pour moudre, Rav Pappa et Rav Menache y rattachent le hachage des bettes et le débitage des copeaux ; Rav Achi ajoute couper si l'on tient à la mesure. Pour cuire, la Gemara explique pourquoi le Tana cite la cuisson du pain et montre qu'une cuisson suivie d'un durcissement reste une cuisson. Rava et Abaye comptent les hataot dues pour fabriquer un tonneau, un four ou une ruche. Viennent ensuite filer la laine sur l'animal (R. Yo'hanan contre Rav Kahana), la plume arrachée, la recherche d'une source pour nouer et dénouer dans le Michkan (les pêcheurs de hilazon), la couture de deux points, et la question de la déchirure.
75a7 segments · 19 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Le fil tendu, le magoch, le hilazon et l'abattage
Le daf achève la melakha de déchirer (kore'a) : dans le Michkan, une tenture percée par un ver était déchirée puis recousue. Rav Zoutra bar Toviya rapporte au nom de Rav trois enseignements : tendre le fil d'une couture rend redevable d'un hatat, apprendre une chose d'un magoch rend passible de mort, et celui qui sait calculer les tekoufot et ne le fait pas est blâmé ; Rav et Chmouel divergent sur la nature du magoch. La Gemara aborde ensuite la capture du hilazon : les Rabbanan et Rabbi Yehouda divergent sur l'écrasement (dicha), et Rava explique pourquoi il n'y a pas de netilat nechama. Enfin, Rav et Chmouel divergent sur la melakha de l'abattage : teinture ou netilat nechama.
75b10 segments · 33 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Fin des 39 melakhot et la règle de ce qu'on range
Le daf achève le commentaire de la liste des 39 melakhot. Rav explique pourquoi l'abatteur teint : il veut que le cou soit couvert de sang pour montrer que la bête est fraîche. Saler et tanner étant une même melakha, Rabbi Yo'hanan et Reich Lakich remplacent l'une par le tracé (chirtout) ; on discute du salage de la viande. Suivent des applications de memahek, mehatekh et makeh bepatich, la règle de la grande lettre écrite ou effacée, et ce qu'excluent les mots 'celles-ci' et 'quarante moins une'. Une nouvelle Mishna pose que l'objet qu'on a coutume de ranger engage tout homme qui le sort ; Rav Pappa et Mar Oukva divergent sur ce qu'elle exclut, et Rabbi Yossi bar Hanina note qu'elle ne suit pas Rabbi Chimon.
76a9 segments · 17 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Les mesures du fourrage et leur jonction
Le daf achève la discussion sur ce qui n'est pas apte à être rangé : Rabbi Elazar note que la Mishna ne suit pas Rabbi Chimon ben Elazar, pour qui la pensée de celui qui range engage aussi celui qui sort l'objet. Une nouvelle Mishna fixe les mesures du fourrage selon la bouchée de l'animal : vache, chameau, agneau, chevreau. La Gemara rapporte deux versions de la discussion entre Rabbi Yo'hanan et Reich Lakich : mesure-t-on selon la quantité ou selon l'animal visé, et la nourriture mangée par contrainte compte-t-elle comme nourriture ? Enfin Rabbi Yossi bar Hanina limite la règle 'ils ne se joignent pas' : le grave complète le léger ; la Gemara objecte à partir des mesures d'impureté du vêtement, du sac, de la peau et de la natte.

Perek 8 HaMotsi Yayin — Les quantités minimales transportées · 11 amudim

76b8 segments · 28 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Aliments et liquides : les mesures de la sortie
Le daf achève le chapitre Klal gadol. La Mishna fixe à la figue sèche la mesure de sortie des aliments, qui se combinent entre eux, sans leurs écorces, noyaux, queues et son ; Rabbi Yehouda compte les cosses de lentilles. La Guemara distingue le son pour la halla, où il compte parce que le pauvre mange un pain mélangé, et concilie deux versions de Rabbi Yehouda par la différence entre fèves nouvelles et anciennes. Le chapitre Hamotsi yayin s'ouvre ensuite sur les mesures des liquides : vin, lait, miel, huile, eau, et le revi'it pour les autres ; Rabbi Chimon ramène tout au revi'it. La Guemara identifie la 'coupe' du vin à la coupe de bénédiction : un quart de revi'it de vin pur, dilué pour atteindre un revi'it.
77a7 segments · 16 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Le vin pur et sa dilution, le vin figé, la gorgée de lait
Le daf poursuit l'examen des mesures de sortie des liquides. Rava prouve par la Mishna que le quart de revi'it de vin pur est retenu parce que, dilué à trois parts d'eau pour une, il atteint le revi'it des autres liquides. Abaye lui oppose la Mishna de Nidda (dilution à deux pour un) et le fait que l'eau, encore dans la cruche, ne peut se combiner ; Rava répond à chaque objection. Rav Yossef rapproche ensuite Rabbi Natan (vin figé : un kazayit) et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda (sang de nevela : un revi'it qui fige en kazayit), ce qu'Abaye refuse. Le daf s'achève sur l'orthographe de la gorgée de lait, gemia.
77b13 segments · 72 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Mesures des liquides, créatures et étymologies de Rav Yehouda
Le daf commence par trois questions d'orthographe (alef ou ayin) résolues par des versets. Il reprend ensuite les mesures de sortie : lait, lait de femme, collyre, miel, avec deux questions de Rav Achi laissées sans réponse (teikou). La mention de la plaie amène une séquence aggadique : rien n'a été créé en vain, les cinq terreurs du faible sur le fort, puis les questions de Rabbi Zeira a Rav Yehouda sur la nature des animaux et l'étymologie des mots araméens. Le daf revient enfin à l'huile : 'petit membre' de quel corps ? L'école de Rabbi Yanai, Rabbi Chimon ben Elazar et Rabbi Natan.
78a9 segments · 36 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Usage courant et usage rare : la mesure des liquides
Le daf achève la discussion sur la mesure de l'huile : Rabbi Shimon ben Elazar et Rabbi Natan divergent sur le petit membre d'un adulte et le grand membre d'un nouveau-né. Abaye formule ensuite une règle générale : lorsqu'un liquide a un usage courant et un usage rare, les Sages suivent l'usage courant, même pour alléger ; lorsque les deux sont courants, ils suivent le plus petit, pour aggraver. Il l'applique au vin, au lait, au miel et à l'eau, dont le cas pose question (Abaye : en Galilée ; Rava : selon Chmouel). Viennent la Tossefta sur le sang pour soigner l'œil, la distinction entre celui qui sort (motzi) et celui qui met en réserve (matznia), et la mesure des eaux usées. Le daf se clôt sur la Mishna des mesures de la corde, du jonc et du papier.
78b8 segments · 38 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Mesures des matériaux, reçu de douane et chtar remboursé
Le daf termine la Mishna des mesures de sortie : papier effacé, peau, parchemin, encre, kohl, colle, poix, cire, argile, son et chaux. La Guemara explique pourquoi la corde n'a pas la mesure du jonc, puis cite une baraita sur d'autres matériaux (feuilles de palmier, fibre, graisse, bourre). Elle discute la mesure du papier : deux lettres de reçu de douane (Rav Chechet) ou deux lettres ordinaires avec une marge (Rava). Enfin, Rabbi Yehouda et les Sages divergent sur un reçu déjà présenté et un chtar déjà remboursé ; Abaye, Rava, Rav Achi et Rav Yossef proposent chacun la différence pratique.
79a10 segments · 35 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Peau brute ou tannée : la mesure de sortie suit l'usage
Le daf achève la discussion sur le chtar remboursé (Abaye, Rava, Rav Ashi) : faut-il valider un chtar reconnu, écrit-on un reçu, et à quoi sert un chtar payé au débiteur. Puis Rava interroge Rav Nahman sur la peau : la mesure d'une amulette vaut-elle pour la peau tannée, à tanner ou non destinée au tannage ? Rav Nahman répond que la matière destinée à un travail a la mesure du produit fini (preuve par la laine). Rava objecte à partir des teintures, des graines et de l'argile ; chaque fois, l'écart s'explique parce qu'on ne prépare pas le brut pour une quantité aussi petite. Enfin, la Guemara examine les trois états de peau selon Oula (matsa, hifa, diftera) et distingue la peau fraîche (bichoula) et la kortovela.
79b7 segments · 23 Rachi · 9 Tossefot · 2 schémas
Klaf et doukhsoustos : support des tefilin et de la mezouza
Le daf commente la mesure du parchemin (klaf) dans la Mishna des mesures de sortie. Une baraita donne pour klaf et doukhsoustos la mesure d'une mezouza ; la Guemara concilie en attribuant chaque mesure à un support. Suit la parole de Rav, 'le doukhsoustos est comme le klaf' pour les tefilin, confrontée à la halakha le-Moche mi-Sinaï (tefilin sur klaf, mezouza sur doukhsoustos) et à plusieurs baraitot. La conclusion inverse la formule : le klaf est comme le doukhsoustos, et l'on peut y écrire une mezouza, comme le faisait Rabbi Meir.
80a12 segments · 21 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Jonction des demi-mesures et mesures de la Mishna (encre, khôl, cire, glu)
Le daf poursuit le commentaire de la Mishna des mesures de sortie. Rava examine quand deux demi-mesures sorties séparément se joignent : lettres d'encre écrites en marchant, encre qui sèche, moitiés de figue relevées ou passées à moins de trois tefahim. Une baraita pose la condition d'un seul oubli, et Rabbi Yossei exige un seul domaine d'arrivée ; Rabba, Abaye et Rava discutent de ce qui coupe un domaine en deux. La Guemara commente ensuite les mesures du khôl, de la cire, de la glu, de la poix, de la terre cuite et du son.
80b9 segments · 46 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Mesures de sortie : cheveux, chaux, terre, sable et roseau
Le daf continue l'étude des mesures minimales qui rendent coupable celui qui sort un objet un jour de Chabbat. La Guemara explique la mesure de la chaux (sid), utilisée comme dépilatoire pour les jeunes filles, et raconte l'histoire de Rav Bivai et de son voisin non-juif. Elle discute ensuite le sens des mots kilkoul et andifi dans l'opinion de Rabbi Yehouda et de Rabbi Nehemia. Une nouvelle Mishna fixe les mesures de la terre, du fumier, du sable et du roseau, avec une discussion entre Rabbi Akiva et les Hakhamim. La Guemara précise enfin la mesure du calame et celle de l'œuf léger.
81a10 segments · 41 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Os, verre, pierre ; les pierres des toilettes le Chabbat
La Mishna fixe la mesure de sortie de l'os, du verre et de la pierre. La Guemara explique le 'haf de Rabbi Yehouda comme les dents d'une serrure et cite une baraita sur leur pureté. Elle traite ensuite des pierres qu'on peut déplacer le Chabbat pour s'essuyer aux toilettes : Zounin pose la question, les Sages concluent à plein la main ; Rabbi Meir et Rabbi Yehouda discutent de la taille, comme pour l'etrog. Rabbi Yanai distingue selon qu'il existe un endroit fixe, Rav Chechet permet la pierre portant une trace d'usage, et la Guemara concilie cela avec la baraita des dix choses qui causent les hémorroïdes.
81b6 segments · 33 Rachi · 4 Tossefot · 1 schémas
Kevod habriyot, le champ labouré et le tesson
Le daf achève la discussion sur les pierres d'essuyage : Rav 'Hisda permet de les monter au toit, car la dignité humaine (kevod habriyot) repousse un interdit rabbinique ; la Guemara distingue ce cas du cure-dent, pour lequel on pouvait s'organiser. Rav Houna interdit ensuite de faire ses besoins dans un champ labouré le Chabbat, par crainte qu'on ne comble un creux avec une motte (labourer). La Guemara revient sur la motte couverte d'herbes de Rech Lakich et sur le pot percé (Rav Pappi, Rav Kahana, Abaye), puis sur l'interdit de Rabbi Yo'hanan de s'essuyer avec un tesson le Chabbat, expliqué par Rav Natan bar Ochaya. Le daf s'ouvre enfin sur le récit de la matrone qui immobilisa le bateau de Rav 'Hisda et Rabba bar Rav Houna.

Perek 9 Amar Rabbi Akiva — Impureté, idolâtrie et mesures · 17 amudim

82a13 segments · 35 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Hygiène et santé, mesure du tesson, impureté de l'idolâtrie
Le daf achève la série de conseils d'hygiène liés aux toilettes : Rav Houna envoie son fils Rabba étudier chez Rav 'Hisda, dont les conseils de santé relèvent de la vie humaine. Deux mahlokot portent sur la matière avec laquelle on s'essuie le Chabbat (caillou, tesson, herbes), suivies de conseils sur la retenue et la constipation. La mishna fixe ensuite la mesure du tesson dont le transport rend coupable (Rabbi Yehouda, Rabbi Meir, Rabbi Yossi), et la Guemara discute quelle mesure est la plus grande. Le chapitre Rabbi Akiva s'ouvre sur l'impureté par portage de l'idolâtrie, et la Guemara commence par la loi du mur mitoyen avec une maison d'idolâtrie.
82b4 segments · 14 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Impureté de l'idolâtrie : comme la nida ou comme le cheretz ?
Suite de la mishna de Rabbi Akiva : les pierres, bois et poussière d'une maison d'idolâtrie rendent impur comme un cheretz selon les Rabbanan, et comme une nida selon Rabbi Akiva, qui en déduit l'impureté par massa (portage). Rabba et Rabbi Elazar proposent deux lectures de cette mahloket : pour Rabba, tous admettent le massa et on diverge sur l'even messama ; pour Rabbi Elazar, tous rejettent l'even messama et on diverge sur le massa. La Guemara cherche ensuite à quoi sert, dans chaque opinion, le heqech non retenu : les accessoires (méchamechin) ou l'absence d'impureté des membres détachés.
83a6 segments · 20 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Impureté de l'idolâtrie : massa, hesset et even mésama
Le daf poursuit la discussion de 82b sur la nature de l'impureté de l'idolâtrie, qui est rabbinique et comparée soit au cheretz (reptile), soit à la nida. Rabba et R. Elazar divergent sur la portée de ces comparaisons : transmet-elle l'impureté par le port (massa) et par la pierre très lourde (even mésama) ? La Guemara confronte ces deux lectures à deux baraitot et les amende chacun selon sa méthode. Rav Ashi propose une autre lecture, qui distingue l'objet déplacé par d'autres de l'objet qui déplace d'autres ; Rami fils de Rav Yeiva montre, par le cas du zav sur une balance, comment une idole peut déplacer quelque chose.
83b10 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Idolâtrie en pièces et plus petite qu'une olive ; la pureté du bateau
Le daf achève la discussion sur l'impureté de l'idolâtrie : on situe selon R. Akiva la baraita sur le hesset (déplacement) du zav, puis Rav 'Hama bar Gouria demande si une idole démontée en pièces transmet encore l'impureté (question laissée ouverte). Rav Ahadvoi bar Ami demande ce qu'il en est d'une idole plus petite qu'un kazayit ; une baraita la compare au mort, qui n'est impur qu'à partir d'une olive. La Guemara explique ensuite que chaque comparaison de l'idolâtrie est lue à la koula, car cette impureté est rabbinique. Nouvelle mishna : le bateau ne reçoit pas l'impureté, soit parce qu'il est comme la mer, soit parce qu'on ne le porte pas plein, à la manière du sac. Le daf se termine sur l'éloge de l'assiduité au beit hamidrach.
84a5 segments · 25 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Chariots, coffres et bateaux : déplacement et impureté de midras
Le daf poursuit la discussion sur l'impureté du bateau (mishna de 83b). Selon Hanania, un ustensile de bois reçoit l'impureté s'il se déplace plein et vide, comme le sac ; la Guemara établit que le déplacement par des bœufs compte, à partir de la mishna des trois chariots et de la remarque de R. Yo'hanan. Elle cite ensuite les trois coffres, puis une baraita sur le midras du kli hères (ustensile de terre cuite), que Rav Zevid et Rav Papa lisent différemment. Enfin, Hizkiya et l'école de R. Yichmael tirent des versets que seul un objet purifiable au mikve devient midras ; R. Ila soulève une objection à partir de la natte (mapats).
84b5 segments · 17 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La natte et le midras ; la plate-bande de cinq semences
Le daf achève la discussion sur le midras (impureté par pression du zav). Une baraita tire par kal va-homer que la natte (mapats), impure pour le zav, l'est aussi pour le mort. R. Ila objecte que la natte n'a pas de purification au mikve ; R. Hanina répond qu'il suffit que son espèce en ait une, et justifie cette position par deux versets. Rava apporte une autre source pour dire que le kli hères ne reçoit pas le midras : le couvercle scellé (tsamid patil). Puis commence la mishna de la plate-bande de six tefahim où l'on sème cinq espèces sans enfreindre les kilayim, avec l'allusion au verset de Yechaya que Rav Yehouda explique.
85a4 segments · 17 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
La tradition des Sages sur les cinq semences ; les bordures de la plate-bande
Le daf justifie la règle selon laquelle cinq semences dans une plate-bande de six tefahim ne se nourrissent pas l'une de l'autre : c'est une tradition des Sages, et la Guemara montre, à partir du verset "tu ne déplaceras pas la borne" et des fils de Séir, experts de la terre, qu'un tel savoir agricole est fiable. Rav Assi précise que les six tefahim s'entendent à l'intérieur, sans les bordures, larges d'un tefah selon Rabbi Yehouda. Rav limite ensuite la michna à une plate-bande isolée dans une ruine ; la Guemara objecte qu'on pourrait placer d'autres plates-bandes aux coins, et l'école de Rav répond qu'on remplit les coins.
85b5 segments · 22 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Plates-bandes voisines, sillon de séparation et plate-bande de Rabbi Yo'hanan
Le daf poursuit l'étude de la michna des cinq semences dans une plate-bande de six tefahim. Rav limite la michna à une plate-bande isolée, par crainte qu'on remplisse les coins ; on lui oppose la règle du roch tor, et la Guemara répond qu'elle ne s'applique pas entre plates-bandes. Chmouel admet une plate-bande entourée d'autres, à condition d'incliner les rangées. On discute ensuite si un seul sillon creusé suffit à séparer (Rav Chechet et Rav Assi), puis Rabbi Yo'hanan enseigne comment remplir tout un jardin : une plate-bande de six sur six avec un cercle de cinq, les coins pouvant recevoir d'autres espèces.
86a7 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Poletet au troisième jour : jours ou onot, et la séparation du Sinaï
Le daf achève la discussion sur les plates-bandes de kilayim, puis ouvre une nouvelle michna qui tire quatre halakhot d'allusions bibliques : l'impureté de la femme qui rejette de la semence le troisième jour, le lavage de la mila le troisième jour même à Chabbat, le fil écarlate du bouc émissaire, et l'onction assimilée à la boisson à Yom Kippour. La Guemara relève que la michna semble mélanger deux Tannaim, puis cite la baraita où R. Eleazar ben Azaria, R. Ichmael et R. Akiva divergent sur le compte (en jours ou en onot). Chaque opinion est rattachée à une date de la séparation avant le don de la Torah ; celle de R. Akiva repose sur l'enseignement de Rav Ada bar Ahava : Moche montait et descendait à l'aube.
86b5 segments · 20 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Tevoul yom au Sinaï, impureté de la semence et date du don de la Torah
Le daf poursuit la discussion sur la séparation avant le don de la Torah. Ceux qui s'étaient immergés le vendredi étaient-ils des tevoulei yom ? Mareimar précise que la Torah était "apte" à leur être donnée. La Guemara explique ensuite pourquoi l'immersion et la réception n'ont eu lieu ni la nuit ni le Chabbat matin (R. Yitshak). R. Yo'hanan rapporte l'avis des Hakhamim (six onot complètes), Rav Hisda distingue la semence sortie de la femme de celle sortie de l'homme, et Rav Papa pose des questions laissées en suspens. Enfin s'ouvre la baraita sur la date du don de la Torah : le 6 Sivan selon les Rabbanan, le 7 selon R. Yossi, tous admettant l'arrivée à Roch Hodech et le don un Chabbat.
87a9 segments · 24 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Les trois choses que Moche fit de son propre chef
Le daf poursuit la discussion sur la semaine du don de la Torah. Selon les Rabbanan, Roch Hodesh Sivan tombait un lundi et la séparation dura deux jours ; selon R. Yose, Roch Hodesh tombait un dimanche et la séparation dura trois jours. À l'objection tirée du verset "aujourd'hui et demain", R. Yose répond que Moche ajouta un jour de son propre chef ; la Guemara cite alors la baraita des trois choses que Moche fit de lui-même (ajouter un jour, se séparer de sa femme, briser les Tables), en donnant pour chacune sa derasha et la preuve que le Saint béni soit-Il fut d'accord. Suivent des objections tirées de baraitot ("troisième", "sixième") attribuées à R. Yose, et la mahloket sur le sens de vayachev et vayaged.
87b7 segments · 24 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Le jour de la semaine du don de la Torah : preuves par le calendrier
La Guemara poursuit la discussion entre Rabbi Yossi (Roch Hodech Sivan tombait un dimanche) et les Rabbanan (un lundi). Elle explique d'abord la divergence entre Rava et Rav Aha bar Yaakov sur le sixième jour, qui dépend de ce qui fut ordonné à Mara : le Chabbat seul, ou aussi les tehoumin. Puis elle avance plusieurs preuves tirées du calendrier : la date de la sortie d'Égypte (jeudi 15 Nisan), l'arrivée au désert de Sin un Chabbat 15 Iyar (Rav Papa), et l'érection du Michkan un dimanche 1er Nisan de la deuxième année (Rav Havivi de Hozna). Les Rabbanan répondent chaque fois que Iyar a été allongé cette année-là, ou que la baraita suit Rabbi Yossi ; la dernière preuve, fondée sur l'opinion des Aherim, gêne les deux parties et oblige à supposer un calendrier ajusté.
88a9 segments · 34 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Le don de la Torah : le jour du Sinaï, la montagne renversée et naase venichma
Le daf achève la discussion sur le jour du don de la Torah entre Rabbi Yossi (le 7 Sivan) et les Rabbanan (le 6 Sivan) : calcul du nombre de mois manquants de la première année, baraita du Seder Olam, et emploi du temps de Moche entre le 2 et le 6 Sivan. Il passe ensuite à une série d'enseignements aggadiques sur le Sinaï : la montagne renversée au-dessus du peuple comme une cuve (Rav Avdimi) et l'acceptation renouvelée au temps d'Assuérus (Rava) ; la condition posée à la Création (Reich Lakich) ; les deux couronnes données à chaque Israélite pour avoir dit naase avant nichma (Rabbi Simai) ; le secret des anges (Rabbi Elazar) et la comparaison au pommier. Il se termine par le reproche d'un min à Rava.
88b8 segments · 29 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
La Torah au Sinaï : paroles divines et procès des anges
Le daf achève la réponse de Rava au min : Israël a accepté la Torah avec intégrité, avant de l'entendre. Suit une série de derachot sur le don de la Torah : la faute du veau d'or comparée à une fiancée infidèle sous son dais, les victimes d'offense qui ne répondent pas, chaque parole divine divisée en soixante-dix langues, la Torah qui donne la vie ou la mort. R. Yehochoua ben Levi décrit l'effet physique de chaque parole sur Israël (parfum, âme qui sort, recul de douze mil). Le daf s'ouvre enfin sur le récit de Moche au ciel : les anges contestent le don de la Torah à un être de chair, et Moche leur répond à partir du contenu des commandements.
89a7 segments · 16 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Moche au ciel : les anges, le Satan et le mont Sinaï
Le daf achève la réponse de Moche aux anges : chaque commandement suppose une condition humaine, et les anges reconnaissent que la Torah revient aux hommes ; chacun lui transmet alors un don, jusqu'à l'ange de la mort. Suivent trois enseignements de R. Yehochoua ben Levi : le Satan cherche la Torah et Moche s'efface, d'où le nom de Torah de Moche ; Hachem attache des couronnes aux lettres ; le Satan trouble le peuple au quarantième jour, cause de la faute du veau d'or. Le daf se termine sur le sens du nom Sinaï et les noms du désert.
89b9 segments · 27 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Les Patriarches et la défense d'Israël ; mesures de la hotsaa
Le daf achève les noms du mont Sinaï (Horev, selon R. Abahou Sinaï) puis revient au verset "si vos péchés sont comme l'écarlate", source du ruban écarlate de Yom Kippour. Rava et R. Yonatan décrivent une scène future : Hachem renvoie Israël vers ses Patriarches ; Avraham et Yaakov ne plaident pas pour eux, Yitshak les défend par un calcul des années de faute et par le rappel de naassé ve-nichma. Suit l'enseignement sur la descente de Yaakov en Égypte, adoucie par son mérite. La michna reprend ensuite les lois de la hotsaa (sortie) et fixe les quantités de bois, d'épices, de teintures et de détergents ; la Guemara explique pourquoi la mesure du bois est répétée et commence à confronter la règle de combinaison des épices.
90a11 segments · 34 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Mesures de l'hotsaa : teintures, lessives, poivre et objets sacrés
Le daf achève la michna des mesures (chiourim) de l'hotsaa. La Guemara justifie la combinaison des épices par leur usage commun, concilie deux mesures différentes pour les teintures, puis identifie les produits de lessive : urine, natron, borit (sable, soufre ou aloès ?), kimolia et achlag. Une nouvelle michna fixe la mesure à kol chehou pour le poivre, le goudron, les parfums, les métaux, les objets de l'autel et les débris de livres saints ; R. Yehouda y ajoute les objets d'idolâtrie. La Guemara explique chaque usage, traite au passage des vœux de fer et de cuivre pour le Temple, et des insectes dangereux. Le daf s'ouvre enfin sur la michna du panier du colporteur et des graines de jardin.

Perek 10 HaMatsnia — Celui qui dissimule pour transporter · 11 amudim

90b8 segments · 39 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Graines, sauterelles et la hatsnaa (mise de côté)
Le daf achève le chapitre Amar Rabbi Akiva : la michna fixe les mesures pour les graines de concombre, de courge et de fève d'Égypte, et pour les sauterelles pures, impures et la tsiporet keramim. La Guemara résout une contradiction sur la mesure des graines (Rav Papa), détaille les mesures des noyaux de dattes et des crins, et décrit l'usage de la tsiporet keramim pour la sagesse. Elle explique ensuite la mahloket entre le Tanna Kamma et R. Yehouda sur la sauterelle impure donnée à un enfant. Le chapitre Ha-Matsnia s'ouvre : celui qui a mis quelque chose de côté est passible pour toute quantité, et Abaye explique le cas de celui qui a oublié pourquoi il l'avait mis de côté.
91a7 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Intention et mesure dans l'hotsaa : grain rangé, changement d'intention, dihouy
Le daf poursuit la michna sur celui qui range (hitsnia) un objet pour semer, pour un échantillon ou pour un remède : son intention première détermine la mesure, même au moment où il le sort sans y penser. Chmouel précise que selon R. Meir, un seul grain de blé sorti pour semer suffit ; R. Yitshak fils de Rav Yehouda objecte le cas de celui qui pense sortir toute sa maison. La Guemara oppose la michna à R. Chimon ben Elazar, pour qui la pensée de celui qui range engage celui qui sort. Rav Nahman enseigne ensuite que changer d'intention entre akira et hanaha n'exempte pas, et Rava enchaîne des questions sur des aliments qui gonflent ou rétrécissent en route, jusqu'à la question du dihouy (rejet) à Chabbat. Le daf se termine par la question de Rava sur un kazayit de terouma jeté dans une maison impure.
91b11 segments · 31 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Le seuil, le panier et la bourse : l'hotsaa faite en une seule fois
Le daf conclut la preuve de Rav Nahman (terouma jetée dans une maison impure) et la michna sur l'objet rangé qu'on a fait rentrer. Une nouvelle michna enseigne que celui qui pose des aliments sur le seuil puis les sort est patour, car il n'a pas fait sa melakha en une seule fois ; de même pour un panier dont la majorité des fruits est dehors. La Guemara établit que ce seuil est une karmelit et en déduit que la michna ne suit pas Ben Azzai. Hizkiya et R. Yo'hanan discutent ensuite d'agad keli : le récipient relie-t-il son contenu au domaine d'où il sort ? R. Zeira montre que la michna se lit dans les deux sens, puis on objecte une baraita du panier des marchands d'épices et la loi du voleur de bourse à Chabbat.
92a9 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Agad kli et agad gouf ; porter comme les fils de Kehat
Le daf termine la discussion sur la bourse et le couffin sortis en partie dans le domaine public, puis rapporte la mahloket d'Abaye et Rava : un récipient (agad kli) ou le corps (agad gouf) relient-ils l'objet au domaine privé ? Les deux Amoraim ont ensuite échangé leurs positions. La michna énumère ensuite les façons habituelles de porter (main, giron, épaule : hayav, comme le port des fils de Kehat) et les façons inhabituelles (pied, bouche, coude, chaussure : patour). La Guemara rapporte R. Elazar : porter au-dessus de dix tefahim rend hayav, prouvé par l'autel et le Aron portés par les Leviim, puis l'enseignement de Rav sur celui qui porte sur la tête.
92b12 segments · 31 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Devant ou derrière, seul ou à deux : la manière habituelle de sortir un objet
Le daf achève la discussion sur le fardeau porté sur la tête (les gens de Houtsal) puis ouvre deux michnayot. La première : celui qui voulait sortir un objet devant lui et l'a sorti derrière est patour, dans le cas inverse il est hayav ; la femme au sinar est hayevet dans tous les cas. R. Elazar y voit deux Tanaim, Rava et Rav Ashi l'expliquent par le degré de garde (shemira me'ula ou pehouta) et l'école de pensée du lo miba'ya ; la bourse ouverte vers le bas oppose R. Yehouda et les Hakhamim. La seconde michna traite de deux personnes qui sortent ensemble un objet : R. Meir, R. Yehouda et R. Chimon divergent selon que chacun pouvait ou non le sortir seul, à partir du verset be'assota.
93a8 segments · 26 Rachi · 10 Tossefot · 2 schémas
Deux personnes qui font une melakha ; mesayea ein bo mamach
Le daf achève la michna sur deux personnes qui sortent ensemble un objet : pour une galette de figues ou une poutre qu'un seul ne peut pas porter, Rabbi Yehouda rend coupable, Rabbi Chimon exempte. La Guemara ramène la mahloket à la lecture des restrictions (mioutim) du verset Vayikra 4, 27 (nefech, ahat, be-asota), et explique la position de Rabbi Meir. Puis, pour le cas où l'un peut et l'autre non, Rav Hisda établit que seul celui qui peut est coupable, car celui qui aide n'a pas de substance (mesayea ein bo mamach). Rav Zevid au nom de Rava cherche un appui dans la michna du zav monté sur une bête ; Rav Yehouda de Diskarta propose une autre explication, rejetée à partir de la michna du zav étendu sur cinq bancs.
93b8 segments · 18 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
L'aide d'appoint, la mesure commune et l'accessoire (tafel)
Le daf achève la preuve que l'aide d'appoint ne compte pas (mesayea ein bo mamash) : R. Yossi sur le cheval et l'âne du zav, R. Eliezer sur le cohen debout sur un objet, la michna de la main gauche. Il pose ensuite la question de Rav Hisda et Rav Hamnouna : quand deux font ensemble une melakha, faut-il une mesure pour chacun ou une seule pour tous ? Trois preuves (lit du zav, cerf enfermé, associés voleurs) soutiennent la mesure unique ; celle du roseau de tisserand est réfutée. Enfin une michna enseigne que l'accessoire (récipient, lit) suit le principal, et que R. Chimon exempte la sortie d'un mort, melakha she-einah tsrikha legoufah.
94a5 segments · 13 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Le vivant se porte lui-même (ha-haï nosse et atsmo)
Le daf achève la discussion sur celui qui sort des aliments dans un récipient : Rav Ashi explique la double culpabilité par deux prises de conscience successives, selon la mahloket de Rabbi Yo'hanan et Resh Lakish. Puis la Guemara aborde la michna 'un vivant sur un lit, il est exempté même pour le lit' : Rabbi Natan exempte celui qui sort un être vivant, car le vivant se porte lui-même ; Rava limite la divergence des Rabbanan aux animaux, qui se font lourds. Rav Ada bar Ahava objecte à partir de Ben Betera, qui permet de vendre un cheval à un non-Juif ; on répond par le cheval des fauconniers. Rabbi Natan admet qu'un être ligoté ne se porte pas ; les cavaliers perses restent libres, car ils restent à cheval par orgueil. Le daf ouvre enfin la question du cadavre sur un lit.
94b11 segments · 37 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Sortir un mort, arracher un signe d'impureté, les soins du corps
Le daf achève la michna du mort : Rava précise que R. Chimon rend hayav celui qui sort une houe pour creuser ou un Sefer Torah pour y lire. Rav Nahman bar Yitshak permet de sortir un mort dans une karmelit, au nom de la dignité humaine (kevod ha-beriot). Rav Nahman et Rav Chechet discutent ensuite du cas de celui qui arrache un poil d'impureté sur trois : l'acte qui rapproche la pureté suffit-il ? Leur discussion s'appuie sur la sortie d'un demi-kezayit de mort. Une nouvelle michna oppose R. Eliezer et les Hakhamim sur les ongles, les cheveux, la tresse et le fard le Chabbat ; la Guemara rapporte les précisions de R. Elazar, la mesure de deux poils, la baraita de R. Chimon ben Elazar sur l'ongle à demi détaché, et le rattachement de la tresse, du fard des yeux et du fard du visage aux melakhot de tisser, écrire et filer.
95a8 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Tresser, traire, asperger le sol ; le pot percé
Le daf achève la liste des soins féminins interdits le Chabbat (fard, tresse, rouge) et justifie la tresse comme une forme de construction par le verset de la création de Hava. Une baraita énumère ensuite des actes domestiques (traire, faire cailler, faire du fromage, balayer, asperger, extraire le miel) : Rabbi Eliezer y voit des melakhot de la Torah, les Hakhamim un simple chevout. La Guemara identifie la melakha de chaque acte, puis suit l'évolution de l'aspersion du sol jusqu'à la permission complète selon Rabbi Chimon. La michna suivante traite de celui qui arrache une plante d'un pot percé ou non percé, et la Guemara ouvre une contradiction dans la position de Rabbi Chimon.
95b5 segments · 26 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le pot perforé selon R. Chimon et les cinq mesures du récipient d'argile
Le daf achève la discussion sur le pot perforé (atsits nakouv) : pour R. Chimon, il est considéré comme détaché en toute matière, sauf pour le hekhsher des semences, car la Torah a élargi la pureté des semences. Un vieillard interroge R. Zeira sur une racine placée face au trou ; R. Zeira enseigne ensuite que R. Chimon reconnaît l'attachement si le pot est percé à la mesure de sa purification, et Abaye reformule : percé sous le niveau d'un reviit. Rava énumère alors cinq mesures de trou dans un récipient d'argile, du trou qui laisse sortir un liquide à celui qui laisse passer une grenade. Enfin Rav Assi rapporte la mesure de la grenade, et Rava propose de la limiter au récipient fermé d'un couvercle scellé (tsamid patil).

Perek 11 HaZorek — Le lancer d'un domaine à l'autre · 13 amudim

96a6 segments · 20 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Le trou qui annule un kli hères ; lancer et tendre d'un domaine privé à l'autre
La Guemara achève la discussion du perek Hamatsnia sur la taille du trou qui fait perdre à un kli hères (récipient d'argile) son statut de récipient : kones mashke, motsi mashke, petite racine, olive, grenade, majorité brisée, chaque mesure selon le domaine de halakha. Rav Asi, Oula, Rav Hinnana bar Kahana et Mar Kachicha au nom de Rabbi Eliezer précisent les seuils. Puis s'ouvre le perek Hazorek : lancer d'un reshout hayahid à un reshout harabim rend hayav ; d'un domaine privé à un autre à travers la rue, Rabbi Akiva rend hayav et les Hakhamim exemptent. La Michna illustre par deux balcons et par le travail des Leviim qui se tendaient les planches du Michkan d'un chariot à l'autre.
96b20 segments · 32 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
La source de la hotsaa, av et toldah, et le mekochech
La Guemara cherche d'où la Torah tire l'interdit de sortir un objet d'un domaine à l'autre : R. Yo'hanan le tire de l'ordre de Moche de cesser les dons, proclamé dans le camp des Levi'im, et la gezera chava haavara établit que c'était un Chabbat. L'entrée (hakhnassa) est déduite par raisonnement, puis la Guemara explique la différence pratique entre av et toldah. Elle tente ensuite de trouver dans le Michkan la source du lancer de quatre amot en domaine public (aiguilles, navette), échoue, et conclut que ces lois sont une tradition. Le daf s'achève sur l'identité de la faute du mekochech et sur la discussion entre R. Akiva et R. Yehouda ben Betera : le mekochech était-il Tselofhad ?
97a21 segments · 35 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Tselofhad et la lèpre d'Aharon ; lancer par-dessus le reshout harabim et la règle de lavoud
Le daf achève la mahloket entre Rabbi Akiva, qui identifie le mekochech à Tselofhad et dit qu'Aharon fut lui aussi frappé de lèpre, et Rabbi Yehouda ben Betera, qui lui reproche de révéler ce que la Torah a caché. Suit une digression aggadique : celui qui soupçonne des innocents est frappé dans son corps (Moche), la mesure du bienfait est plus rapide que celle de la punition, le bâton d'Aharon avalé les bâtons des magiciens. La Guemara revient ensuite à la Michna : qui lance d'un reshout hayahid à un autre par-dessus le reshout harabim. Rabba demande si la mahloket de Rabbi Akiva et des Hakhamim porte sur kelouta kemi chehouna'h (sous 10 tefahim) ou sur l'analogie du lanceur avec celui qui tend (au-dessus de 10) ; Rav Hamnouna tranche, R. Elazar et Rav Hilkiya bar Tovi divergent. On étudie enfin l'origine de la règle de lavoud et le cas inverse enseigné par Rabbi : de rue à rue à travers une maison couverte.
97b13 segments · 20 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Toldah faite avec son av : Rabbi, Rabbi Yehouda et l'intention du lanceur
Le daf examine si Rabbi, ou Rabbi Yehouda, rend hayav de deux hatat quand on accomplit en un seul geste une av melakha et une de ses toldot. Rav Hana rapporte la phrase de Chmouel sur Rabbi, ce qui contredit le compte des 39 melakhot tiré de Ele hadevarim ; Rav Yosef la rapporte sur Rabbi Yehouda, à propos de l'objet lancé d'un reshout hayahid au reshout harabim qui y parcourt 4 amot. La Guemara tente de prouver par chovet et medakdek que Rabbi Yehouda rend hayav pour une toldah avec son av, rejette la preuve, et conclut avec Rabba et Rav Yosef qu'il ne rend hayav que d'une seule. Suit une discussion sur l'intention : vise 8 amot et lance 4, vise 4 et lance 8, et la comparaison avec Chem écrit dans Chimon. Le daf s'achève sur une baraita : lancer de reshout harabim à reshout harabim à travers un reshout hayahid.
98a5 segments · 22 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Le reshout harabim couvert et les chariots du Michkan
Le daf achève la baraita de Rabbi (d'un reshout harabim à un autre en passant par un reshout hayahid) : moins de quatre amot, patour, car les domaines du même type se joignent et l'objet en l'air n'est pas considéré comme posé. Rav enseigne ensuite que celui qui transporte quatre amot dans un reshout harabim couvert est patour, car cela ne ressemble pas aux campements du désert. La Guemara objecte à partir des chariots du Michkan, recouverts de planches, dont le dessous était pourtant reshout harabim. S'ensuit un calcul de la disposition des planches sur le chariot (à plat, sur la tranche) pour savoir si les écarts entre les rangées dépassaient trois tefahim, puis la réponse de Rav Kahana, discutée par Rachi et Tossefot.
98b11 segments · 28 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Les planches et les tentures du Michkan : Rabbi Yehouda et Rabbi Nehemia
La Guemara poursuit la description du Michkan, en lien avec le transport des planches sur les chariots. Rabbi Yehouda et Rabbi Nehemia discutent de l'épaisseur des planches (kerashim) : une amah en bas, qui s'amincit jusqu'à un doigt en haut selon Rabbi Yehouda, une amah en haut comme en bas selon Rabbi Nehemia. La Guemara examine les versets relatifs aux planches d'angle et au verrou central, puis calcule, pour chaque opinion, ce que couvrent les tentures du Michkan et les tentures en poil de chèvre sur les murs et les socles (adanim). Le daf se termine sur la baraita : les planches étaient entaillées et les socles creux.
99a7 segments · 18 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Les chariots du Michkan et la largeur du reshout harabim ; le puits et sa margelle
Le daf achève la description des tentures du Michkan (les agrafes dans les boucles, les tentures de poils de chèvre filées sur les chèvres) puis revient à la mishna des deux balcons : Rav, au nom de Rabbi Hiya, enseigne que le dessous, l'entre-deux et les côtés des chariots des Leviim étaient reshout harabim. Abaye et Rava donnent les dimensions (chariot de 5 amot de long, 2,5 de large, côtés égaux à la largeur), ce qui donne 15 amot pour deux chariots ; une amah de plus pour le Levi qui retenait les planches explique la largeur de 16 amot du reshout harabim. Rachi et Rabbenou Tam divergent sur la disposition des chariots. Puis une nouvelle mishna traite de la margelle d'un puits et d'un rocher de 10 tefahim de haut et 4 de large ; la Guemara en déduit la règle de Rabbi Yo'hanan : le puits et sa margelle se joignent pour atteindre 10 tefahim.
99b14 segments · 29 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Lancer sur une colonne, un mur étroit, un puits : quand l'action et la cloison coïncident
Le daf achève la mishna du puits dans le reshout harabim (cloison de dix, boire la tête et le corps à l'intérieur) puis ouvre une série de questions sur le lancer (zorek). Rav Mordekhai demande si celui qui lance sur une colonne haute de dix et large de quatre est hayav, puisque l'objet passe par le makom patour ; Rava, Rav Yosef et Abaye renvoient à la mishna, qu'il ramène au cas d'une aiguille. Rabbi Yo'hanan demande si le sommet d'un mur étroit qui fait d'une karmelit un reshout hayahid est lui-même reshout hayahid ; Oulla le prouve par kal va-homer. Rabbi Yo'hanan et Rava posent ensuite des questions où l'akira ou la hanaha coïncide avec la création ou la suppression d'une cloison (puits de 9 ou de 10, planche lancée sur des piquets) ; la dernière reste teikou.
100a11 segments · 25 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Ce qui annule une paroi, le jet contre un mur, l'objet qui roule
Le daf achève la discussion sur l'objet posé sur l'eau : Rava demande si une noix dans un récipient flottant est considérée au repos (teikou), et le cas de l'huile sur le vin est rattaché à la mahloket de Rabbi Yo'hanan ben Nouri et des Rabbanan. Abaye enseigne ensuite quels contenus annulent les parois d'une fosse de 10 tefahim dans le reshout harabim : une natte qui la divise et des fruits l'annulent, l'eau ne l'annule pas. La mishna traite du jet de 4 amot contre un mur (au-dessus ou au-dessous de 10 tefahim) ; la Guemara parle de la figue grasse qui colle, du petit trou (mahloket Rabbi Meir et Hakhamim sur hokekin lehachlim) et du tel mitlaket. Une seconde mishna traite de l'objet qui roule en deçà ou au-delà de 4 amot, et Rava exige, selon les Rabbanan, un repos sur quelque chose même à moins de 3 tefahim du sol.
100b11 segments · 35 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le raqaq, la mer et le bateau : d'où mesure-t-on la karmelit ?
Le daf achève la discussion sur l'objet qui passe à moins de trois tefahim du sol sans s'y poser. La mishna traite ensuite du raqaq (marécage peu profond) traversé par le public, qui reste reshout harabim : Rava, Abaye et Rav Ashi expliquent pourquoi elle le répète. Une seconde mishna déclare patour celui qui jette entre la mer (karmelit), la terre ferme et un bateau, et règle le transport entre bateaux. La Guemara rapporte la discussion de Rav Houna et de Rav Hisda avec Rabba bar Rav Houna sur la manière de puiser l'eau de mer depuis un bateau : tout dépend de l'endroit d'où l'on mesure la karmelit, le fond ou la surface de l'eau. Elle examine enfin comment rejeter les eaux usées (koho, la force de l'homme, dans une karmelit).
101a5 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Barques en mer, bitsiata de Mechan et gud ahit mehitsata
Le daf conclut la sougya du transport depuis une barque : selon Rabbi Yehouda, dans une barque profonde de 10 tefahim mais pas haute de 10 au-dessus de l'eau, on peut verser vers la mer par le rebord, car pour une action indirecte (koho) vers une karmelit les Sages n'ont pas décrété. Rav Houna limite ensuite à 4 amot le transport dans les petites barques de Mechan (bitsiata), dont les parois ne sont pas valables. Rav Nahman objecte qu'il faudrait dire gud ahit mehitsata (prolonger la paroi vers le bas), comme pour la corbeille sur un roseau ; Rav Yossef et Abaye débattent de ce principe, et la Guemara distingue une paroi sous laquelle passent des chevreaux d'une paroi sous laquelle ne passent que des poissons, ce qui ne compte pas comme passage.
101b8 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Barques attachées, erouv et paroi faite le Chabbat
Le daf conclut la preuve de Rav Achi : la paroi suspendue n'est efficace que dans l'eau, et le passage des poissons ne compte pas comme passage. Il passe ensuite à la mishna des barques attachées : Rava y lit une permission de transporter par une petite barque intermédiaire, Rav Safra la rejette et y lit l'obligation d'un erouv, appuyée sur une baraita (barques détachées puis rattachées, nattes enroulées puis étendues). La Guemara concilie cette baraita avec Rav Nahman, pour qui une paroi faite volontairement le Chabbat ne sert que pour lancer. Enfin, Chemouel admet même le fil d'une encolure pour attacher les barques, à la différence de la tuma, où il exige une chaîne de fer.
102a13 segments · 33 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Tehilatan vessofan chegaga : le souvenir en cours d'action
La dernière mishna du perek Hazorek pose que celui qui lance un objet et se souvient de Chabbat avant qu'il ne se pose est exempté si l'objet est intercepté, et énonce la règle : on n'est astreint à une hatat que si le début et la fin de l'acte sont chegaga (par erreur). La Guemara cherche comment concilier cette règle avec le cas du lancer : Rav Kahana, Rava puis Rav Ashi proposent chacun une lecture. Rabba et Rava discutent ensuite du cas 2 amot chogeg, 2 amot mezid, 2 amot chogeg, et la Guemara montre qu'ils parlent de cas différents (transport ou lancer). Enfin Rabba enseigne que lancer volontairement dans la gueule d'un chien rend hayav, car l'intention fait de la gueule un lieu de dépôt, ce que Rav Bivi bar Abaye appuie sur une mishna de Keritot.

Perek 12 HaBone — Bâtir, écrire, et les travaux de construction · 5 amudim

102b10 segments · 37 Rachi · 9 Tossefot · 3 schémas
Boneh et make bepatich : construire une quantité minime
Le perek Haboneh s'ouvre sur la mishna qui rend hayav celui qui construit, taille, frappe du marteau ou perce, même pour une quantité minime (kol shehou), selon la règle : tout travail qui subsiste rend hayav. La Guemara cherche à quoi sert une construction si petite, avec un équivalent dans le Michkan : Rabbi Yirmeya, Abaye et Rav Aha bar Yaakov proposent chacun un exemple. Chmouel rend hayav celui qui cale une pierre ; la Guemara distingue trois rangées du mur. Enfin Rav et Chmouel discutent du titre (boneh ou make bepatich) de trois actes, et Rabbi Yo'hanan range le mesatet sous make bepatich.
103a13 segments · 32 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Percer, cueillir, écrire : la mesure minimale de la melakha
La Guemara achève le commentaire de la mishna sur la construction : percer un trou (kodeah), selon Rav et Chmouel, puis le coup de marteau sur l'enclume de Rabban Chimon ben Gamliel. La mishna suivante fixe les mesures des travaux agricoles (labourer, désherber, élaguer, ramasser du bois ou de l'herbe) : la mesure dépend du but. La baraita sur les oulchin et les zeradim amène la question de l'amélioration involontaire du sol, et donc de pessik reisha selon Rabbi Chimon, avec le cas du champ d'autrui, longuement discuté par Tossefot et le Roch. Enfin la mishna sur l'écriture de deux lettres : main droite ou gauche, lettres identiques ou non, la raison de Rabbi Yossi (rochem) et celle de Rabbi Yehouda (chem katan mishem gadol), puis la baraita qui tire du mot meahat la mesure d'une partie du travail.
103b17 segments · 37 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Écrire deux lettres : Chem de Chimon, lettres ouvertes et fermées
La baraita discute de la quantité minimale d'écriture qui rend hayav le Chabbat : le tanna kamma exige un nom court tiré d'un nom long (Chem de Chimon), Rabbi Yehouda au nom de Rabban Gamliel se contente de deux lettres identiques, Rabbi Yossi range cet acte sous rochem (marquer), et Rabbi Chimon exige un travail qui subsiste. La Guemara précise que Rabbi Chimon demande le mot entier, puis explique la drasha de Rabbi Yossi sur 'ahat' et 'hena' (une ou plusieurs hataot). Elle objecte enfin que le mem de Chem est fermé et celui de Chimon ouvert ; Rav Hisda en déduit qu'une lettre fermée faite ouverte est valable, en s'appuyant sur l'allusion de Rabbi Yehouda ben Betera à la libation d'eau.
104a13 segments · 47 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Lettres finales, Tables de la Loi et midrach de l'alphabet
Le daf achève la discussion sur l'écriture du mem ouvert et du mem fermé : Rav Hisda enseigne que le mem et le samekh des Tables tenaient par miracle, Rabbi Yirmeya que les lettres finales MaNTsePaKh ont été instituées par les Tsofim ; la Gemara conclut que les formes existaient déjà et que les prophètes les ont seulement rétablies après un oubli. Rav Hisda ajoute que l'écriture des Tables se lisait des deux côtés. Vient ensuite le midrach des enfants (dardekei) rapporté à Rabbi Yehochoua ben Levi : chaque paire de lettres de l'alphabet porte un enseignement (Torah, tsedaka, humilité, techouva, vérité). Le daf se termine par les derachot selon les alphabets At-bach, Ahas-beta et Al-bam sur les méchants, les justes et le Géhinam.
104b11 segments · 37 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Écrire le Chabbat : l'encre, la surface, la manière et la lettre unique
La mishna définit l'écriture qui rend hayav le Chabbat : deux lettres, avec une matière qui marque et subsiste, de la manière habituelle, sur une surface où les lettres se lisent ensemble. Elle énumère les cas patour (liquides, poussière, dos de la main, une seule lettre, écrire sur un écrit, het devenu deux zayin) et deux mahloket : graver sur sa chair et la lettre-abréviation. La Guemara explique les noms des encres, rapporte la discussion sur Ben Stada, et identifie l'auteur de la mishna (pas R. Eliezer, pas R. Yehouda). Elle traite ensuite de la lettre qui achève un livre, des lettres écrites dans deux villes (R. Ami) et de la correction d'une seule lettre.

Perek 13 HaOreg — Tisser, dechirer, chasser · 4 amudim

105a15 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le notarikon, le demi-chiour et les mesures du tissage
L'amud achève le chapitre Ha-bone. La Guemara distingue les zayin qui demandent encore leurs couronnes de ceux qui n'en ont plus besoin, puis, à propos de la lettre-abréviation, rapporte une série de notarikon tirés du Tanakh (av hamon, anokhi, yarat, karmel, nimretset, nitstadak). La mishna oppose Rabban Gamliel et les Hakhamim sur deux lettres écrites en deux oublis : la prise de conscience intermédiaire sépare-t-elle un demi-chiour ? Le chapitre Ha-oreg commence : mesures du tissage selon R. Eliezer et les Hakhamim, fils épais et fils fins, bordure, mailles (batei nirin), couture et déchirure.
105b12 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Déchirer dans la colère et pour un mort ; le deuil du sage et de l'homme droit
La mishna déclare patour celui qui déchire un vêtement dans sa colère ou pour son mort, et plus généralement tout mekalkel (celui qui détruit) ; elle fixe les mesures du sit pour le blanchissage, le filage et le tissage. La Guemara oppose une baraita qui rend hayav ces mêmes cas. Pour 'son mort', on réduit la mishna au proche non soumis au deuil, qui n'est ni un sage, ni un homme droit, et auprès duquel on n'était pas présent à la sortie de l'âme. Pour 'sa colère', la divergence dépend de R. Yehouda et R. Chimon sur la melakha she-eina tsrikha le-goufa, ce qui amène la gravité de la colère et plusieurs enseignements sur le devoir de pleurer et d'éloger un sage.
106a7 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le mekalkel dans la blessure et l'allumage
La michna a énoncé que tous les mekalkelin (ceux qui font une melakha de façon destructrice) sont patour. R. Abbahou enseigne une baraita qui excepte celui qui blesse et celui qui allume ; R. Yo'hanan la rejette, ou la limite au cas où le sang sert au chien et la cendre sert à quelque chose. La Guemara attribue la michna à R. Yehouda et la baraita à R. Chimon, qui tire sa position de la mila et de l'exécution de la fille de Cohen ; R. Yehouda répond avec Rav Achi que ces cas sont des tikoun. L'amud s'achève sur la mesure du sit kafoul et l'ouverture de la michna sur le piégeage (tseida).
106b12 segments · 37 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Le bivar, l'animal déjà capturé et la capture à plusieurs
Fin de la mishna sur la melakha de chasser (tsad) : un cerf poussé dans un jardin, une cour ou un bivar (enclos) rend hayav, mais pour Rabban Chimon ben Gamliel tout dépend si l'animal 'manque de capture'. La Guemara confronte la mishna de Beitsa et une baraita sur les animaux des bivarim à Yom Tov, et résout la contradiction par le tsipor deror et par la distinction entre petit et grand bivar, que Rav Ashi définit par trois critères. Suivent les animaux déjà 'capturés' (boiteux, vieux, malade), les insectes, le lion, puis une nouvelle mishna sur la capture faite à deux : fermer la porte ou s'asseoir sur le seuil.

Perek 14 Chemona Chratsim — Les huit reptiles, et les soins à Chabbat · 9 amudim

107a7 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Patour oumoutar, et la capture et la blessure des cheratsim
La guemara termine le chapitre Haoreg : Rav permet de garder jusqu'à la nuit un oiseau entré sous son vêtement, et l'on discute si le 'patour' de la michna du cerf signifie 'patour et permis'. Chmouel pose la règle : tout patour de Chabbat est patour mais interdit, sauf trois cas (le cerf déjà gardé, l'abcès percé pour faire sortir le pus, le serpent dont on s'occupe pour ne pas être mordu). Puis commence le chapitre Chemona cheratsim : la michna distingue la capture et la blessure des huit cheratsim, des autres reptiles et des animaux déjà possédés. La guemara demande quel Tana admet que les cheratsim ont une peau : R. Yo'hanan ben Nouri selon Chmouel, ou même les Sages selon Rav.
107b12 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La peau des cheratsim, tuer un pou et la melakha sans besoin
Fin de la discussion sur la blessure (havoura) des huit cheratsim : Abaye, Rava et Rav Ada bar Matana cherchent à lire la baraita pour savoir si Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Sages divergent seulement pour la toumah ou aussi pour Chabbat ; Rav Achi attribue le premier Tanna à Rabbi Yehouda. Rabbi dérive du verset de Yirmeyahou qu'une blessure est un dommage qui ne revient pas. La mishna sur les autres cheratsim ouvre la mahloket entre Rabbi Eliezer et les Rabbanan sur le fait de tuer un pou, tous deux tirant leur critère des béliers du Michkan. Rav rattache ensuite trois cas à la règle de Rabbi Chimon (melakha she-eina tsrikha legoufa), puis Chmouel traite du poisson sorti de l'eau et du foetus détaché dans le ventre de l'animal.
108a13 segments · 28 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Peau d'oiseau et de poisson pour les tefillin, et les questions de Karna à Rav
Fin de la discussion sur 'arracher de son lieu de croissance' (champignon sur l'anse d'une cruche), puis la mishna sur celui qui blesse un animal ou un oiseau amène la question : l'oiseau a-t-il une peau, et peut-on y écrire des tefillin ? Rav Houna le permet ; Rabbi Zeira et Abaye discutent la peau de l'olat haof. Pour le poisson kacher, Rav Nahman bar Its'hak répond 'si Eliyahou vient et le dit', à propos de sa mauvaise odeur. Suit le récit de Chmouel, Karna et Rav, avec trois questions : les tefillin, la couleur du dam et le lieu de la mila (discussion de Rabbi Yoshiya et Rabbi Natan), puis la baraita sur les peaux permises pour les tefillin et le dialogue avec un Boéthusien. L'amud s'achève sur l'ouverture de la mishna des eaux salées (hilmei).
108b13 segments · 46 Rachi · 0 Tossefot · 2 schémas
L'eau salée le Chabbat et les soins des yeux
L'amud achève la mishna des eaux salées : on ne prépare pas de hilmei (saumure), mais on peut faire un peu d'eau salée pour y tremper son pain. Rabbi Yossi interdit toute quantité, sauf si l'huile est placée en premier. La Guemara définit l'eau salée forte (l'œuf y flotte), discute le fait de saler le radis et l'œuf, puis passe, par la mer de Sedom, aux soins des yeux le Chabbat : laver, cligner, vin, salive à jeun et kilorin (collyres). Le critère est de savoir si l'acte montre qu'il sert de remède. L'amud se termine sur les conseils d'hygiène de Chmouel et de Rabbi Mona.
109a10 segments · 40 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Soins le Chabbat : collyre, herbes, blessures et bains thérapeutiques
L'amud achève la liste des dangers de la main non lavée le matin et de l'esprit qui repose sur elle jusqu'à trois ablutions. Il examine ensuite quels remèdes sont permis le Chabbat : herbes et plantes (alin, coriandre, houblon, teruza), jus de melon, blessure trempée dans le vin ou le vinaigre. Le critère est de savoir si l'usage est celui des bien-portants ou s'il montre clairement un soin ; une blessure au dos de la main ou du pied est dangereuse et on transgresse le Chabbat pour elle. Enfin, deux baraitot se contredisent sur le bain dans la Grande Mer ; Rabbi Yo'hanan les attribue à Rabbi Meir et à Rabbi Yehouda, qui divergent sur le statut des mers comme mikve.
109b11 segments · 66 Rachi · 0 Tossefot · 2 schémas
Bains et remèdes le Chabbat : le critère des bien-portants
L'amud achève la discussion sur le bain dans la Grande Mer et dans l'eau de rouissage du lin le Chabbat : Rav Nahman bar Yitshak distingue d'abord selon qu'on s'attarde dans l'eau, puis, après objection, selon la qualité des eaux de la mer. La Mishna pose ensuite le principe : on peut manger et boire ce que mangent les bien-portants, même pour se soigner, mais on évite ce qui révèle un soin (eizoveyon, eau de palmier, kos iqarin). La Guemara identifie les plantes citées (ezov, yoezer, abouvroe) et énumère des remèdes contre les vers, l'eau découverte (guiluy), le serpent avalé ou la morsure de serpent.
110a8 segments · 57 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le serpent des Rabbanan ; remèdes permis et interdits à Chabbat
L'amud achève le récit du bar Kacha de Poumbedita, mordu par un serpent : aucun remède ne put être obtenu, et Abaye y voit la punition de celui qui a franchi la 'clôture' des Sages. Suivent des conseils pratiques contre le serpent. La Guemara revient ensuite à la michna : à Chabbat, un malade peut manger et boire tout ce que les gens en bonne santé consomment (rate, vesces, eau de câpres), mais pas ce qui ne se prend que comme remède : l'urine, les mei deqalim (ou zitom égyptien, selon Rav Yosef et Rav Papa) et la kos ikarin, dont Rabbi Yo'hanan donne la recette.
110b7 segments · 59 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Remèdes contre l'écoulement et la jaunisse ; le kos ikarin et l'interdit de sirous
La Guemara achève la liste des remèdes, commencée en 110a, pour une femme atteinte d'un écoulement de sang (zivah) : chaque remède est accompagné de la formule "lève-toi de ton écoulement", et l'on passe au suivant s'il reste sans effet. Vient ensuite la série des remèdes contre la jaunisse (yerokana), avec l'anecdote de l'Arabe et du jardinier. La Guemara revient alors sur le premier remède de la jaunisse, la boisson qui rend stérile (kos ikarin), et demande comment il peut être permis, puisque Rabbi Hanina tire du verset "et dans votre pays vous ne ferez pas" l'interdit de castrer (sirous) un homme. La réponse "cela se produit de soi-même" s'appuie sur le coq de Rabbi Yo'hanan, mais Rav Ashi la réfute ; la Guemara conclut que le remède vise un homme déjà castré (saris). Tossefot et le Roch discutent la règle du davar she-eino mitkaven et du pessik reicha.
111a9 segments · 20 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Stérilisation, remèdes pour les dents et les reins, et le principe 'hoil' de Rava
L'amud achève la discussion sur la kos ikarin : comment un remède qui rend stérile peut-il être permis, alors que le sirous (castration) est interdit même après un premier castrateur ? La Guemara conclut qu'il s'agit d'une femme, et selon Rabbi Yo'hanan ben Béroqa d'une femme âgée ou stérile. Vient ensuite la michna sur celui qui souffre des dents ou des reins à Chabbat : un remède qui ressemble à un usage ordinaire est permis, un remède manifeste est interdit. La Guemara concilie la michna avec un verset de Michle sur le vinaigre, distingue entre gargariser et avaler, puis examine le principe 'hoil' (puisque) de Rava et sa rétractation. Elle ouvre enfin la question : Rav tranche-t-il comme Rabbi Chimon ?

Perek 15 Veelou Kecharim — Les nœuds permis et interdits · 7 amudim

111b9 segments · 26 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Rav et Rabbi Chimon (pessik reicha, huile de rose) ; début du chapitre Vé-elou kecharim : les nœuds interdits
La Guemara achève la discussion ouverte en 111a sur la position de Rav : s'il suit Rabbi Chimon (davar she-eino mitkaven, un acte sans intention est permis), pourquoi interdit-il d'enfoncer avec force le bouchon d'un tonneau un jour de fête ? Réponse : c'est un pessik reicha, où même Rabbi Chimon interdit. Face aux traditions qui font dire à Rav que la halakha suit Rabbi Yehouda, Rava et Rabbi Hiya bar Avin expliquent : la halakha suit Rabbi Chimon pour l'huile de rose, mais pour une autre raison, l'usage courant du lieu. Le chapitre 14 (Chemona cheratsim) s'achève alors et commence le chapitre 15, Vé-elou kecharim : les nœuds des chameliers et des marins, qui rendent passible ; la règle de Rabbi Meir sur le nœud qu'on défait d'une main, et la question non résolue (teiku) de la boucle (aniva) ; enfin les nœuds pour lesquels on n'est pas passible, et la contradiction interne de la Michna.
112a11 segments · 42 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Les nœuds permis et interdits (tunique, filet, chaussures) ; la sandale dont la courroie s'est rompue
La Guemara précise la Michna de Vé-elou kecharim. Le nœud du chamelier à la longe et celui du marin à la proue sont exempts mais interdits ; l'ouverture de la tunique et le filet à cheveux sont permis d'emblée, même dans les cas où l'on pourrait craindre qu'un nœud reste en place. Trois baraitot se contredisent sur les courroies de la chaussure et de la sandale (passible, exempt mais interdit, permis) : la Guemara les répartit selon le type de nœud (artisan, Rabbanan, gens de Mehoza, sandale partagée entre deux personnes, épisode de Rav Yehouda et Abaye). Viennent ensuite deux récits de courroie rompue le Chabbat (Rabbi Yirmeya et Rabbi Abahou ; Abaye et Rav Yosef), qui mènent à la controverse de Rabbi Yehouda et des Rabbanan sur la sandale dont la courroie extérieure s'est rompue, et à la parole de Rabbi Yo'hanan qui relie tuma, Chabbat et halitsa.
112b11 segments · 23 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Le sandale dont l'oreille s'est rompue : Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehouda, les panim hadachot, et la suite des nœuds permis
La Guemara achève la discussion de 112a : selon Rabbi Yehouda, un sandale dont la courroie extérieure s'est rompue devient pur, et Rabbi Yo'hanan aurait tranché comme lui. On objecte que Rabbi Yo'hanan suit toujours la Michna anonyme (stam michna), qui semble ne pas distinguer entre courroie intérieure et extérieure ; Rav Yitshak ben Yossef répond en situant la Michna dans un sandale à quatre oreilles et quatre courroies. On rapporte ensuite une tradition contraire sur Rabbi Yo'hanan, attribuée à d'autres Amoraim. La question de Hizkiya sur un ustensile percé puis bouche à plusieurs reprises amène la réponse de son élève Rabbi Yo'hanan fondée sur la notion de panim hadachot (une nouvelle entité), et la sentence de Rabbi Zeira sur le déclin des générations. Le daf revient enfin à la Michna des nœuds (outres, marmite, corde devant la bête) : chaque cas vise une situation où l'on pourrait croire le nœud rendu permanent.
113a14 segments · 37 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Le seau et la corde du tisserand ; les outils du métier à tisser ; plier les vêtements et honorer le Chabbat
Le daf clôt la sougya des nœuds : la halakha suit Rabbi Eliezer ben Yaakov, et la Michna permet d'attacher un seau avec une ceinture (pésikya) mais pas avec une corde, Rabbi Yehouda permettant. La Guemara établit qu'il s'agit d'une corde de tisserand (hevel de-gardi) et résout la contradiction avec une baraita sur la corde de seau rompue : les Rabbanan craignent la confusion corde/corde, pas nœud coulant/nœud ; pour Rabbi Yehouda, le nœud coulant est lui-même un nœud. Suit la question des outils du tisserand (ensouples et montants) et du trou creusé en les retirant du sol. La Michna suivante traite du pliage des vêtements, de la préparation des lits et des graisses des sacrifices entre Chabbat et Yom Kippour (Rabbi Yichmael et Rabbi Akiva) ; la Guemara pose quatre conditions au pliage, puis ouvre le commentaire du verset d'Isaie sur l'honneur du Chabbat (vêtements, démarche, affaires).
113b14 segments · 32 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Honorer le Chabbat : la parole, la marche et le grand pas ; la terre de Babel ; Ruth et Boaz ; 'sous sa gloire'
La Guemara achève les derachot d'Isaie 58, 13 sur l'honneur du Chabbat : la parole de Chabbat doit différer de celle de la semaine (la pensée reste permise), et la marche aussi. Rav Houna l'applique d'abord au saut par-dessus un canal ; Rava objecte qu'on n'a pas d'autre moyen de traverser, et l'on rapporte plutôt la question de Rabbi à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi sur le grand pas (pessia gassa), puis sur le fait de manger de la terre. Suit une série de derachot de Rabbi Elazar sur le livre de Ruth : les vêtements de Chabbat, la sagesse de Ruth et de Chemouel, la pudeur et la sagesse de Ruth aux champs, et les allusions de Boaz à la royauté de David. Le daf se termine par la discussion entre Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Chemouel bar Nahmani sur 'et sous sa gloire' (Isaie 10, 16).
114a12 segments · 33 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les vêtements du talmid 'hakham ; taches et hatsitsa ; graisses du Chabbat offertes à Yom Kippour ou à Yom Tov
Le daf poursuit le commentaire de "et tu l'honoreras" : le changement de vêtements est tiré de la Torah (le Cohen change d'habits pour sortir la cendre). Rabbi Yo'hanan énonce une série de règles sur la tenue du talmid 'hakham : chaussures rapiécées, taches (revav ou revad), et Isaie qui marchait "nu et déchaussé". La Guemara cite ensuite la Michna de Mikvaot sur la tache qui fait hatsitsa (séparation) lors de l'immersion : sur la selle, sur un vêtement d'un côté ou des deux, et la distinction de Rabbi Yossi entre les "banna'in" et l'ignorant. Rabbi Yo'hanan définit à cette occasion qui est un talmid 'hakham (objet perdu rendu sur reconnaissance visuelle, travail fait par les gens de sa ville, nomination comme parnas). Enfin, retour à la Michna : Rabbi Yichmael et Rabbi Akiva divergent sur le jour où l'on peut brûler les graisses du Chabbat (Yom Kippour ou Yom Tov suivant), en lien avec les vœux et offrandes volontaires à Yom Tov.
114b8 segments · 26 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Sonner le chofar et faire la havdala entre Chabbat, Yom Kippour et Yom Tov ; la kenivat yarak quand Yom Kippour tombe un Chabbat
Rabbi Zeira raconte comment il comprenait, à Babylone puis en Erets Israël, la baraita selon laquelle on ne sonne pas le chofar à la veille d'un Chabbat qui suit Yom Kippour et l'on ne fait pas la havdala à la sortie d'un Chabbat qui précède Yom Kippour. Yehouda fils de Rabbi Chimon ben Pazi l'attribue à Rabbi Akiva, qui met Yom Kippour à égalité avec le Chabbat ; Rabbi Zeira répond que les Cohanim sont zerizin (vigilants) et n'ont pas besoin de signal. La Guemara demande ensuite pourquoi on ne sonne pas pour annoncer que la kenivat yarak (préparation des légumes) est permise à Yom Kippour l'après-midi : Rav Yosef répond qu'on ne lève pas un chevout pour permettre, Rav Chicha distingue un chevout proche et un chevout éloigné, et la Michna sur Yom Tov qui suit le Chabbat tranche en faveur de Rav Yosef. Enfin, Rav Houna interdit la kenivat yarak quand Yom Kippour tombe un Chabbat (derachat "chabbaton"), et Rabbi Yo'hanan la permet ; une baraita le soutient (suite en 115a).

Perek 16 Kol Kitvei — Sauver les écrits d'un incendie · 15 amudim

115a7 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Fin de Vé-elou kecharim ; sauver les Écrits saints de l'incendie : les livres en traduction selon Rav Houna et Rav Hisda
Le daf achève le chapitre Ve-elou kecharim avec les travaux permis à Yom Kippour à partir de Minha (casser des noix, égrener des grenades) à cause de l'angoisse de celui qui jeûne, et la réaction de Rabba envers les gens de sa maison. Commence ensuite le chapitre Kol kitvei ha-kodech : la Michna enseigne qu'on sauve de l'incendie, le Chabbat, tous les Écrits saints, qu'on les lise en public ou non, et qu'ils requièrent une gueniza même s'ils sont écrits en toute langue. La Guemara rapporte la controverse de Rav Houna et Rav Hisda sur les livres écrits en traduction ou en langue étrangère, selon l'avis qui dit qu'ils n'ont pas été donnés pour être lus : Rav Houna interdit de les sauver, Rav Hisda le permet à cause du mépris des Écrits saints. Chacun lit la Michna à sa façon ; deux baraitot sont opposées à Rav Houna, qui répond qu'il s'agit d'une controverse de Tannaim, illustrée par le récit du Targoum de Job enterré sur ordre de Rabban Gamliel.
115b7 segments · 29 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Sauver de l'incendie les bénédictions, les livres écrits sans encre et le Sefer Torah usé : la mesure des quatre-vingt-cinq lettres
La Guemara achève la recherche d'une source tannaitique à la controverse de Rav Houna et Rav Hisda : elle la trouve entre Rabbi Yossi et le Tanna de la baraita sur l'écriture copte. Une baraita enseigne qu'on ne sauve pas de l'incendie les bénédictions et les amulettes, malgré les noms divins qu'elles contiennent ; Rabbi Yichmael reproche à un scribe de Tsidon d'avoir noyé ses feuillets. L'Exilarque demande à Rabba bar Rav Houna si l'on sauve des livres saints écrits avec des pigments qui ne se conservent pas ; il répond non, puis se range à la baraita de Rav Hamnouna. Rav Houna bar Haloub et Rav Nahman fixent qu'un Sefer Torah usé sans quatre-vingt-cinq lettres n'est pas sauvé, et Rav Houna et Rav Hisda divergent : ces lettres doivent-elles être rassemblées ou peuvent-elles être dispersées ? Le daf s'ouvre enfin sur la paracha "Vayehi binsoa haaron" et ses signes de séparation.
116a11 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Vayehi binsoa ha-aron, un livre à part ; les marges du Sefer Torah et les livres des minim face à l'incendie
Le daf poursuit la discussion sur le passage 'Vayehi binsoa ha-aron' (Bamidbar 10, 35-36), encadré de signes : Rabbi y voit un livre à part entière, de sorte que la Torah compte sept livres, tandis que Rabban Chimon ben Gamliel le considère comme déplacé, écrit ici pour séparer deux punitions. La Guemara demande ensuite si l'on sauve de l'incendie, le Chabbat, les marges vierges (gilyonin) d'un Sefer Torah ; quatre preuves sont proposées et rejetées, et la question reste ouverte. À propos des livres des minim (hérétiques), on rapporte les avis de Rabbi Yossi, Rabbi Tarfon et Rabbi Yichmael, puis le comportement des Amoraim envers Bei Avidan. Le daf s'achève sur le début du récit d'Imma Chalom et du philosophe.
116b9 segments · 31 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Lire les Ketouvim le Chabbat, sauver l'étui avec le livre, et dépouiller le Pessa'h qui tombe un Chabbat
Le daf achève le récit de Rabban Gamliel, de sa sœur Imma Chalom et du philosophe qui se vantait de refuser les pots-de-vin : une lampe d'or, puis un âne de Libye, font basculer son jugement. La Guemara revient ensuite à la Michna : pourquoi ne lit-on pas les Ketouvim le Chabbat ? Rav et Chmouel divergent (au moment où au lieu du beit hamidrach), et Rav Achi rattache Chmouel à Rabbi Nehemia, pour qui l'interdit vise à écarter la lecture des actes profanes. La Michna suivante permet de sauver de l'incendie l'étui du livre et celui des tefilin avec leur contenu, et discute du lieu où on les porte. La Guemara rapproche cette règle de la controverse sur le dépouillement du korban Pessa'h le quatorze Nissan tombant un Chabbat : jusqu'à la poitrine (Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka) ou entièrement (les Sages).
117a7 segments · 24 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
La peau du Pessa'h et l'étui du Sefer Torah ; l'impasse ouverte et l'impasse fermée pour sauver les Écrits saints
Le daf achève la discussion ouverte en 116b sur la réponse des Sages à Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka : le 14 Nissan tombant un Chabbat, peut-on dépouiller entièrement l'agneau pascal, ou déplacer sa peau avec la viande, en s'appuyant sur l'étui du Sefer Torah que l'on sauve avec son contenu d'argent ? Plusieurs formulations sont rejetées ('mi dami'), puis Mar bar Rav Achi revient à la première : il s'agit d'un dépouillement sans besoin de la peau, fait par lanières (be-berazei) pour échapper au psik reicha. La Guemara passe ensuite à la Michna : dans quelle impasse (mavoy) sauve-t-on les Écrits saints ? Rav 'Hisda définit l'impasse ouverte et fermée selon Rabbi Eliezer, Rabba selon Rabbi Yehouda, et Abaye objecte à Rabba.
117b11 segments · 30 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Sauver de l'incendie la nourriture de trois repas, la ruse (ha'arama) et les repas du Chabbat
Le daf conclut d'abord la discussion sur l'impasse (mavoi) où l'on peut sauver les livres saints, selon Rav Achi. La Michna suivante permet de sauver de l'incendie la nourriture de trois repas, en fonction du moment où le feu se déclare ; Rabbi Yossi permet toujours trois repas. La Guemara explique la limite par une gezera (Rava : l'homme pressé pour ses biens risque d'éteindre ; ou crainte qu'il apporte des récipients par le domaine public) et discute de la baraita du tonneau brisé sur le toit et de la ruse (ha'arama) qui consiste à inviter des hôtes, rapprochée de la controverse de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua sur l'animal et son petit tombés dans une fosse. Suivent des règles sur le pain sauvé, le pain oublié dans le four, les deux pains du Chabbat (le'hem michne), et la controverse sur le nombre de repas : trois selon les Sages, quatre selon Rabbi Hidka.
118a8 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Trois ou quatre repas le Chabbat : les Michnayot de la tsedaka et la récompense de celui qui fait du Chabbat un délice
La Guemara cherche si les Michnayot qui comptent les repas suivent les Sages (trois repas le Chabbat) ou Rabbi Hidka (quatre). La Michna de l'incendie suit les Sages, puisque Rabbi Yossi y parle toujours de trois repas. La Michna du tamhui et de la koupa (quatorze repas pour la semaine) est attribuée à Rabbi Akiva : fais de ton Chabbat un jour ordinaire plutôt que de dépendre des autres. La Michna du pauvre de passage peut suivre Rabbi Hidka s'il a apporté un repas avec lui. Une baraita sur le rinçage des bols montre que le troisième repas a lieu à Minha. Le daf s'ouvre ensuite sur l'aggada : celui qui accomplit les trois repas est sauvé de trois calamités, et celui qui fait du Chabbat un délice reçoit un héritage sans limites.
118b14 segments · 30 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
La récompense du délice du Chabbat ; les 'yehe helki' de Rabbi Yossi et les 'titei li' des Amoraim
Le daf poursuit la section aggadique ouverte en 118a sur la récompense de celui qui fait du Chabbat un délice (oneg) : un héritage sans limites comme celui de Yaakov, la délivrance de l'asservissement des exils, l'accomplissement des désirs du cœur ; puis le pardon accordé à celui qui garde le Chabbat selon sa halakha, et la délivrance qui aurait suivi un premier Chabbat, ou suivrait deux Chabbats, gardés selon les règles. Vient ensuite la série des souhaits de Rabbi Yossi, 'que mon lot soit parmi...' (trois repas, Pessouqei dezimra, prière au rougeoiement du soleil, entrer tôt et sortir tard du Chabbat...), et ses déclarations de pudeur et de droiture. Le daf se termine par les 'titei li' des Amoraim, qui nomment chacun la mitsva qu'ils ont accomplie avec un soin particulier.
119a9 segments · 39 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Honorer le Chabbat : les Sages préparent eux-mêmes le Chabbat, Yossef mokir Chabbe et la richesse acquise par le kavod Chabbat
Le daf poursuit les récits sur les Sages et le Chabbat. Rabbi Hanina et Rabbi Yannai accueillent le Chabbat comme une reine et une fiancée. Une série d'Amoraim participent de leurs propres mains aux préparatifs : acheter la viande, attiser le feu, saler le poisson, couper le bois, porter des objets. Le récit de Yossef mokir Chabbe montre que celui qui dépense pour le Chabbat est remboursé par le Chabbat. Rabbi interroge Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi sur la source de la richesse (maasser en Erets Israël, honneur de la Torah à Bavel, honneur du Chabbat ailleurs). Le daf se termine sur l'épice nommée Chabbat, le sens de vekhibadto (Rav et Chmouel : avancer ou retarder le repas) et la méthode de Rav Chechet pour ne pas prolonger le cours au détriment du repas.
119b11 segments · 23 Rachi · 4 Tossefot · 1 schémas
Vaykhoulou, la table dressée pour le Chabbat, la réponse Amen et les causes de la destruction de Jérusalem
Le daf achève la série sur l'honneur du Chabbat : celui qui dit Vaykhoulou le vendredi soir devient associé du Saint, béni soit-Il, dans la Création, et deux anges l'accompagnent de la synagogue à sa maison ; selon qu'il trouve la lampe allumée, la table dressée et le lit fait, l'ange bon ou l'ange mauvais formule un souhait pour le Chabbat suivant. On dresse la table à l'entrée et à la sortie du Chabbat (récit du veau de Rabbi Abahou). Viennent ensuite les récompenses de celui qui répond Amen yehe chemeh rabba et Amen de toute sa force. La fin du daf énumère, d'après de nombreux Amoraim, les fautes pour lesquelles Jérusalem a été détruite, et souligne l'importance des enfants de l'école (tinokot chel beit rabban) et des talmidei hakhamim.
120a10 segments · 45 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Sauver ses biens d'un incendie le Chabbat : trois repas ou cent repas, les dix-huit vêtements et le gram kibouy (extinction indirecte)
Le daf s'ouvre sur la fin de la discussion sur les hommes de confiance de Jérusalem : ils étaient sincères en matière de Torah, pas en affaires. La Michna permet ensuite de sauver d'un incendie un panier plein de pains, même de cent repas, et de dire aux autres de venir sauver pour eux-mêmes. La Guemara concilie cela avec la limite de trois repas : Rav Houna distingue sauver en une fois (lehatsil) et rassembler en plusieurs fois (lekapel) ; Rabbi Abba bar Zavda distingue la même cour et une autre cour. Rava explique le compte fait après Chabbat par le cas d'un homme craignant le Ciel. Rabbi Meir et Rabbi Yossi divergent sur le nombre de vêtements qu'on peut sortir en les portant (Rabbi Yossi : dix-huit, énumérés). La seconde Michna traite des moyens d'arrêter le feu sans l'éteindre : peau de chevreau humide, barrière de récipients, et la réserve de Rabbi Yossi sur les récipients d'argile neufs remplis d'eau. La Guemara commence la discussion sur le fait de mettre de l'eau de l'autre côté d'un vêtement qui brûle.
120b15 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Gram kibouy (extinction indirecte), pessik reicheh et le Nom écrit sur la chair
Le daf achève la discussion sur l'extinction indirecte (gram kibouy) : Rav suit Rabbi Chimon ben Nanas, dont la Michna permet la barrière de récipients pleins d'eau. Suivent trois cas de lampe et de feu : la lampe sur une planche qu'on secoue, la lampe derrière une porte (que Rav maudissait, car c'est un pessik reicheh que même Rabbi Chimon interdit) et la porte ouverte face à un feu (Rav Yehouda permet, Abaye décrète). La Guemara confronte ensuite la Michna à une baraita où Rabbi Yossi semble plus indulgent que les Rabbanan ; elle conclut que la baraita entière est de Rabbi Yossi. Enfin, elle oppose ces positions au cas du Nom de D.ieu écrit sur la chair lors d'une immersion : la raison des Rabbanan est l'interdit de se tenir nu devant le Nom, et la divergence porte sur l'obligation d'aller chercher un roseau.
121a8 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Immersion en son temps, le non-Juif et l'enfant face à l'incendie, le bol renversé sur la lampe
Le daf achève la discussion sur le Nom de D.ieu écrit sur la chair : selon les Rabbanan, l'immersion en son temps n'est pas une mitsva et l'on va chercher un roseau ; selon Rabbi Yossi, c'est une mitsva et l'on ne cherche pas. La Guemara objecte une baraita sur l'immersion à Yom Kippour et l'attribue à Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Vient ensuite la Michna : on ne dit à un non-Juif ni 'éteins' ni 'n'éteins pas', mais on arrête un enfant juif qui vient éteindre. Rabbi Ami permet de dire 'quiconque éteint ne perdra pas' ; l'histoire de Yossef ben Simai illustre la Michna ; Rabbi Yo'hanan explique le cas de l'enfant (il agit selon la volonté de son père). Enfin, la Michna permet de renverser un bol sur une lampe, sur des excréments et sur un scorpion, et Rabban Yo'hanan ben Zakai craint une obligation de hatat pour le scorpion.
121b11 segments · 41 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Couvrir les excréments d'un enfant, tuer les nuisibles le Chabbat et écraser "au passage"
Le daf poursuit la Michna qui permet de retourner un récipient sur les excréments d'un enfant et sur un scorpion. Rav Hanan bar Rava objecte que les excréments sont prêts pour les chiens et peuvent donc être enlevés ; la Guemara établit qu'il s'agit d'excréments de poules, sur un tas d'ordures situé dans la cour, où le principe du graf chel rei (pot d'excréments) ne s'applique pas. Vient ensuite la question de tuer les nuisibles le Chabbat : Rabbi Yehochoua ben Levi permet de tuer tous les nuisibles, Rav Yossef lui oppose la baraita des cinq créatures, et la discussion dépend de la divergence entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon sur la melakha cheeina tsrikha legoufa. Les avis d'Amoraim divergent (Rava bar Rav Houna, Rav Houna, Rabbi Yannai), et la Guemara propose la voie de l'écrasement "au passage" (lefi toumo), illustrée par l'histoire d'Abba bar Minyomi chez l'Exilarque. Le daf s'achève sur les chandeliers de la maison de Rabbi.
122a11 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Profiter de ce qu'un non-Juif a fait le Chabbat : lampe, eau, herbe et passerelle
Le daf clôt d'abord les enseignements de Rabbi Abba bar Kahana sur la maison de Rabbi (chandeliers, chaises à porteurs, vin transporté sous un seul sceau). Commence ensuite la Michna du chapitre "Goy chehidlik" : un non-Juif qui allume une lampe, puise de l'eau ou construit une passerelle pour lui-même, le Juif peut en profiter ; s'il l'a fait pour le Juif, c'est interdit, et l'histoire de Rabban Gamliel et des Anciens descendant du bateau l'illustre. La Guemara explique pourquoi les trois cas sont nécessaires (ner le-ehad ner le-mea : une lampe pour un sert pour cent), puis cite la baraita qui interdit lorsque le non-Juif connaît le Juif (makiro). Abaye et Rava divergent sur la raison pour laquelle Rabban Gamliel, connu du non-Juif, pouvait descendre ; la Guemara confronte Rava à la Tossefta, au bain chauffé dans une ville mixte et à la lampe d'un banquet, et répond par le principe que l'on agit en pensant à la majorité.

Perek 17 Kol HaKelim — Le déplacement des ustensiles · 8 amudim

122b18 segments · 36 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
La lampe du non-Juif, les portes des ustensiles et le marteau du forgeron (début du chapitre Kol hakelim)
Le daf achève le chapitre Kol kitvei : une lampe allumée par un non-Juif dans une réunion est allumée "en pensant à la majorité", et Shmouel profite de la lumière des qu'il voit le non-Juif lire son propre document. Commence ensuite le chapitre Kol hakelim, dont la Michna permet de déplacer les ustensiles avec leurs portes, et d'utiliser des outils de travail (marteau, hache, scie, pelle, aiguilles) pour des usages permis. La Guemara explique la clause "même s'ils se sont détachés le Chabbat" (Abaye), puis discute une baraita sur les portes de coffre et de poulailler : Abaye y voit un interdit de construire et de démolir dans les ustensiles, Rava un simple décret de peur qu'on ne fixe la porte solidement. Enfin, Rav Yehouda limite la Michna au marteau destiné aux noix, car un objet dont l'usage est interdit ne se déplace pas même pour un usage permis ; Rabba le réfute par le cas de la pelle à vanner et de la fourche donnés à l'enfant.
123a18 segments · 32 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
L'objet à usage interdit déplacé pour son usage, le déplacement indirect et l'aiguille sans chas
Le daf poursuit la Michna de Kol hakelim. Rabba pose qu'un objet dont l'usage est interdit peut être déplacé pour le besoin de son corps (letsorekh goufo) ; Abaye l'attaque avec le mortier et le pilon, et Rabba finit par distinguer les outils auxquels l'artisan tient et auxquels il réserve une place. Deux Amoraim discutent ensuite du marteau visé par la Michna (orfèvres ou marchands d'épices). La baraita de la figue enfouie dans la paille ouvre la question du déplacement indirect (taltoul min hatsad) : Rav Nahman tranche selon R. Eleazar ben Tadaï et se rétracte de sa règle sur le radis. Rava fils de Rabba, Rav Yosef, Abaye et Rava débattent enfin de l'aiguille dont le chas ou la pointe a été enlevé : la pureté de l'objet pour la tumah décide-t-elle de son statut d'ustensile pour le Chabbat ? Le daf s'achève sur la discussion de Rav Nahman et Rav Sheshet au sujet des membres du nourrisson.
123b16 segments · 39 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le roseau des olives, les outils réservés (kefeida) et l'histoire de l'autorisation de déplacer les ustensiles
Le daf achève la discussion entre Rav Nahman et Rav Shesheth sur le fait de redresser les membres d'un nouveau-né le Chabbat. Il étudie ensuite la Michna du roseau servant à retourner les olives : avec un nœud en tête, il reçoit l'impureté, car sa petite cavité sert de réceptacle. La Michna de Rabbi Yossi exclut du déplacement la grande scie et le soc de charrue, outils que leur propriétaire réserve de peur de les abîmer ; Rav Nahman et Abaye y ajoutent d'autres outils de métier. Une baraita raconte que l'on ne déplaçait d'abord que trois ustensiles, puis que les Sages ont permis par étapes : Abaye et Rava décrivent ces étapes différemment. Rabbi Hanina situe la restriction initiale à l'époque de Nehemie, et Rabbi Elazar énumère les michnayot enseignées avant cette autorisation.
124a20 segments · 25 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Déplacer un ustensile pour un besoin ou sans besoin : Rabba, Rava et le décret de Yom Tov à cause du Chabbat
Le daf achève la liste des michnayot que Rabbi Elazar situe avant l'autorisation de déplacer les ustensiles (les bâtons de l'agneau pascal, le verrou à tête épaisse, le mortier) ; Rabba propose de les expliquer toutes après cette autorisation. La Michna oppose ensuite le Tanna kamma, qui permet de déplacer les ustensiles pour un besoin et sans besoin, à Rabbi Nehemia, qui exige un besoin. Rabba et Rava définissent différemment ces termes selon l'usage de l'objet (permis ou interdit) et le but du déplacement (l'objet lui-même, sa place, ou le protéger du soleil). Les objections d'Abaye conduisent à la question du décret interdisant à Yom Tov ce qui est interdit le Chabbat : Rav Yossef et Rav Pappa rattachent les michnayot contradictoires à des Tannaim différents.
124b23 segments · 53 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Déplacer pour l'objet, pour sa place ou pour le protéger ; les débris d'ustensiles (chivrei kelim)
La Guemara achève la discussion sur les buts du déplacement (tiltoul) : pour se servir de l'objet (tsorekh goufo), pour libérer sa place (tsorekh mekomo), pour le protéger du soleil (méhama lêtsel) ou du vol. Rav se range à l'avis de Rava, ce qu'illustrent la houe, le filet de Rav Kahana, les coussins de Rav Mari bar Rahel et les balais de laine ou de palme. Puis s'ouvre le chapitre Kol hakelim : les débris d'un ustensile se déplacent s'ils servent encore à quelque chose (les Sages) ou à un usage semblable au premier (Rabbi Yehouda). Chmouel situe la divergence dans le cas d'un bris survenu pendant Chabbat (mouhan ou nolad) ; trois baraitot sur le feu de Yom Tov sont attribuées à Rabbi Yehouda, Rabbi Chimon et Rabbi Nehemia. Le daf se termine sur les briques restantes, le petit tesson (Chmouel, Rav Nahman, Rava) et le bouchon d'argile brisé.
125a16 segments · 29 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Restes de natte, chiffons et tessons d'un four ancien : Rabbi Meir et Rabbi Yehouda sur les débris d'ustensiles
Le daf poursuit l'examen des débris d'ustensiles (chevarim) que l'on peut déplacer le Chabbat. Chmouel permet les restes d'une natte, utiles pour couvrir une saleté, et Rav interdit les petits chiffons de moins de trois doigts sur trois. Une baraita oppose Rabbi Meir, qui permet de déplacer les tessons d'un four ancien, à Rabbi Yehouda, qui l'interdit. Abaye, Rava et Rav Ashi proposent trois explications de ce désaccord ; celle de Rava passe par la mahloket sur le four posé sur l'ouverture d'une fosse (tumah d'un four non fixé, verset yutats). Ravina tranche d'après Rabbi Eliezer ben Yaakov pour les couvercles sans poignée, et la Michna aborde la pierre attachée à une gourde.
125b14 segments · 39 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
La pierre sur le tonneau, les pierres de Rabbi, le sarment attaché et le bouchon de la fenêtre
La michna achève la liste des objets qui deviennent ustensiles : le sarment attaché à une cruche sert à puiser, et Rabbi Eliezer et les Sages divergent sur le bouchon de la fenêtre (pekak hahalon). La Guemara revient sur la pierre posée sur un tonneau : selon Rabba (au nom de Rabbi Ami), le tonneau devient support d'une chose interdite (bassis) ; selon Rav Yosef (au nom de Rabbi Asi), la pierre devient couvercle. La question de fond est de savoir si un objet mouktse devient ustensile par la seule intention ou s'il faut un acte (maasse) ; on l'illustre par les pierres que Rabbi fit préparer pour s'y asseoir. Le daf explique ensuite pourquoi le sarment doit être attaché (Rav Chechet, Rav Achi), puis définit, au nom de Rabbi Yo'hanan, la divergence sur le bouchon : tous interdisent de faire une tente provisoire (ohel arai) au départ ; ils divergent sur l'ajout à une tente existante.
126a7 segments · 16 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Le volet de fenêtre et le verrou traîne : attaché, suspendu ou simplement apprêté ?
Le daf poursuit la michna du volet de fenêtre (pekak hahalon) : Rabbi Eliezer exige qu'il soit attaché et suspendu, les Sages permettent dans les deux cas. Rabbi Abba bar Kahana explique : attaché ou non, pourvu qu'il soit apprêté (metoukan). Rabbi Yirmeya objecte qu'il faudrait plutôt dire : suspendu ou non, pourvu qu'il soit attaché, car Rabbi Yo'hanan compare ce désaccord à celui du verrou traîne (négar hanigrar) entre le premier Tanna et Rabbi Yehouda. Rabbi Abba bar Kahana répond qu'il suit Rabban Chimon ben Gamliel, pour qui l'apprêt suffit, et Rabbi Yo'hanan tranche comme lui ; le Talmud commence alors à confronter cette décision à la michna des couvercles d'ustensiles.

Perek 18 Mefanin — Deblayer, et l'assistance a l'accouchement · 7 amudim

126b18 segments · 27 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les couvercles d'ustensiles, puis le début du chapitre Mefanin : dégager des paniers pour les invités
L'amud achève la discussion sur le bouchon de la fenêtre. Rabbi Yo'hanan exige qu'un objet ait statut d'ustensile (torat keli) pour être déplacé : il suit Rabban Chimon ben Gamliel sur un point (un objet préparé n'a pas besoin d'être attaché) et diverge de lui sur un autre. Rabbi Yits'hak Nappa'ha tranche comme Rabbi Eliezer ; Rav Amram objecte par un récit où les Sages ont bouche une lucarne, et Abaye conclut que le fait rapporté (maasse rav) l'emporte. La dernière michna du chapitre Kol hakelim traite des couvercles : couvercles de fosses et couvercles d'ustensiles, avec une divergence sur les ustensiles fixés au sol ou sur le couvercle du four. Le chapitre Mefanin s'ouvre ensuite : on peut dégager quatre ou cinq paniers de paille ou de grain pour recevoir des invités ou pour l'étude, mais pas l'entrepôt, et la michna dresse la liste des produits qu'on déplace ou non. Rav Hisda et Chmouel divergent sur le sens de quatre et cinq et de mais pas l'entrepôt.
127a15 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Dégager la réserve pour les invités ; la grandeur de l'hospitalité
Le daf achève l'explication de la michna qui permet, le Chabbat, de dégager quatre ou cinq paniers de produits pour faire place aux invités ou à l'étude. Selon Chmouel, le chiffre est approximatif et l'interdit porte sur l'achèvement de la réserve ; la michna suit Rabbi Chimon, qui ne retient pas l'interdit de mouktse. Le Talmud pose ensuite trois questions : faut-il réduire les trajets ou la charge, le nombre de paniers dépend-il des invités, un seul peut-il dégager pour tous. Il passe enfin à l'aggada sur la grandeur de l'hospitalité (Rabbi Yo'hanan, Rav Dimi, Rav) et aux six choses dont on mange les fruits dans ce monde.
127b21 segments · 18 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Juger son prochain favorablement (trois récits), puis les produits qu'on déplace le Chabbat
L'amud achève la liste des six choses dont on mange les fruits en ce monde : l'hospitalité et la visite des malades relèvent des actes de bonté. La baraita enseigne ensuite que celui qui juge son prochain favorablement (lekaf zekhout) sera jugé favorablement, et l'illustre par trois récits : le salarié de Haute-Galilée et son employeur, le hassid qui rachète une captive, Rabbi Yehochoua chez la matrone. Chaque fois, le maître demande : de quoi m'avez-vous soupçonné ? et bénit ceux qui l'ont jugé favorablement. La Guemara revient ensuite à la michna Mefanin et justifie chaque produit qu'on peut déplacer le Chabbat : terouma pure chez un Israélite, demai, maasser rishon prélevé sur les épis (Rabbi Abbahou au nom de Rech Lakich, et la question de Rav Pappa à Abaye), maasser cheni racheté sans le cinquième, et lupin sec.
128a21 segments · 26 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Mouktse : tevel, nourriture animale, herbes aromatiques et viande non salée
Le daf commente la michna de Mefanin sur ce qu'on ne déplace pas le Chabbat : pour le tevel, le maaser richon, le maaser cheni et le hekdech, la Guemara précise à chaque fois le cas non évident visé. Une baraita permet de déplacer ce qui sert de nourriture aux animaux ; Rabban Chimon ben Gamliel l'étend aux tessons de verre pour les autruches, et Abaye rattache sa position au principe "tout Juif est un prince", partagé par Rabbi Chimon, Rabbi Ychmael et Rabbi Akiva. Suivent les fagots, les herbes aromatiques (sia, ezov, koranit) et la manière de les égrener. Enfin Rav Houna et Rav Hisda discutent de la viande non salée ; une baraita anonyme selon Rabbi Chimon permet la viande, salée ou non, et les os.
128b24 segments · 44 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
La souffrance des animaux, la poule qui s'enfuit et l'accouchée le Chabbat
Le daf achève la liste des choses que l'on peut déplacer le Chabbat, puis présente une michna sur les animaux : retourner un panier pour les poussins, pousser une poule, faire marcher veaux et enfants. La Guemara établit, avec Rav, que la souffrance des animaux (tsaar baalei 'hayim) est un interdit toranique qui repousse l'interdit rabbinique d'annuler un récipient (bitoul kli mehekhano). Elle distingue ensuite pousser, faire marcher et soulever, avec le cas particulier de la poule. La seconde michna traite de la bête qui met bas le Yom Tov (Rav Yehouda et Rav Nahman sur mesaadin) et de l'accouchée le Chabbat : lampe pour l'aveugle, huile apportée de façon modifiée, et le critère du kever ouvert selon Chmouel.
129a24 segments · 39 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
L'accouchée et le Chabbat ; les précautions de la saignée
Le daf achève la discussion sur l'accouchée (haya) : deux versions de l'enseignement de Chmouel (Rav Achi, sévère ; Mar Zoutra, indulgent) et la décision selon Mar Zoutra, car dans le doute de vie on est indulgent. On précise quand commence l'ouverture du col et combien de temps elle dure, et les Nehardeens fixent trois paliers : trois, sept et trente jours. Puis la Guemara passe à la saignée (hakaza) : on allume un feu pour celui qui s'est fait saigner et a pris froid, même en été ; on décrit le repas qui suit la saignée (viande selon Rav, vin selon Chmouel), les usages des Amoraim et une série de précautions de Rav et Chmouel.
129b18 segments · 30 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
La saignée : jours, dates et précautions ; les soins du nouveau-né le Chabbat
Le daf poursuit les conseils médicaux liés à la saignée (hakaza) : se reposer avant de se lever, fréquence selon l'âge, jours de la semaine à éviter (lundi et jeudi, jours de jugement ; mardi, à cause de l'astre Maadim en heure paire) et dates dangereuses du mois et des veilles de fête. Suivent les règles de boire et manger après la saignée, deux questions laissées en teikou, et une remarque de Rav sur les bonnes affaires. Enfin, retour à la Michna : on noue le cordon ombilical le Chabbat, Rabbi Yossi permet même de le couper et la halakha suit son avis ; Rav tire de Ye'hezkel 16,4 la liste des soins permis pour l'accouchée et l'enfant le Chabbat. Fin du perek Mefanin.

Perek 19 Rabbi Eliezer DeMila — La circoncision qui tombe à Chabbat · 15 amudim

130a18 segments · 24 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Les préparatifs de la mila le Chabbat : Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva
Début du chapitre Rabbi Eliezer de-Mila. La michna oppose Rabbi Eliezer, pour qui les préparatifs de la mila (porter l'izmel, couper du bois, forger l'instrument) repoussent le Chabbat, à Rabbi Akiva, pour qui seul ce qui ne pouvait pas être fait la veille repousse le Chabbat. La Guemara établit que Rabbi Eliezer exige l'izmel à découvert par amour de la mitsva (hibbouv mitsva), puis discute du nombre de témoins. Elle rapporte les usages locaux (Rabbi Eliezer, Rabbi Yossi HaGlili et la volaille au lait) et la récompense de la ville qui suivait Rabbi Eliezer. Deux baraitot comparent les mitsvot reçues dans la joie ou en querelle, avec ou sans sacrifice de soi, ce qui amène le récit d'Elicha 'aux ailes'.
130b9 segments · 25 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
L'izmel apporté par toits et cours ; le mavoi sans chitouf
Le daf poursuit le récit d'un izmel (scalpel de la mila) oublié la veille du Chabbat et apporté par les toits et les cours, <i>shelo birtson R. Eliezer</i>. Rav Yosef objecte que ni R. Eliezer ni ses opposants ne s'accordent avec ce récit ; Rav Achi répond qu'il suit R. Chimon, pour qui toits, cours et enclos forment un seul domaine. R. Zeira demande alors à R. Assi si un mavoi (impasse) sans chitouf est comme une cour ; R. Assi, d'abord silencieux, tranche ensuite par l'incident rapporté par R. Yehouda le mohel. Enfin, la règle de Rav (4 amot seulement) est précisée par Rabba bar Avouh, et Rav Hanina Hozaa en cherche la raison.
131a9 segments · 19 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Le mavoi selon Rav ; les préparatifs de mitsva selon Rabbi Eliezer
Le daf achève la discussion sur la position de Rav : on peut porter dans un mavoi sans chitouf, selon Rabbi Chimon, à condition que les cours n'aient pas fait d'erouv avec les maisons. Après plusieurs explications rejetées, Rav Achi conclut que ce sont les maisons qui rendent les cours interdites envers le mavoi. La Guemara passe ensuite à Rabbi Eliezer : selon Rabbi Yo'hanan, sa règle 'les préparatifs d'une mitsva repoussent le Chabbat' ne vaut pas pour toutes les mitsvot, puisqu'il a eu besoin d'une gezera chava pour les deux pains de Chavouot. On analyse cette gezera chava (mots libres, d'un ou des deux côtés), puis on identifie les mitsvot exclues : le tsitsit et la mezouza, qui n'ont pas de temps fixe.
131b18 segments · 21 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Les préparatifs des mitsvot repoussent-ils le Chabbat ? Les sources de R. Eliezer
R. Eliezer enseigne que non seulement la mitsva, mais aussi ses préparatifs (makhchirin) repoussent le Chabbat, pour le loulav, la soukka, la matsa, le chofar et la mila. La Guemara recherche sa source pour chacune : le mot jour (bayom) pour le loulav, une gezera chava sept jours pour la soukka, une gezera chava quinze pour la matsa, le mot jour (yom terua) pour le chofar. Chaque fois, elle montre qu'on ne peut déduire une mitsva d'une autre, car chacune a un trait propre (besoin du Temple, quatre espèces, nuits comme jours, femmes comme hommes, portée du chofar). Les Rabbanan, eux, lisent jour comme : le jour et non la nuit. La discussion sur la mila commence en fin de page.
132a25 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
La mila repousse Chabbat : à la recherche de la source
Le daf achève la discussion sur les préparatifs de la mila selon Rabbi Eliezer, puis pose la question de fond : d'où sait-on que la mila elle-même, pratiquée le huitième jour, repousse Chabbat ? Oula et Rabbi Yitshak y voient une halakha le-Moche mi-Sinaï, mais cette position est rejetée, car Rabbi Elazar ben Azarya tire de la mila un kal va-homer. Suivent plusieurs guezerot chavot (ot, berit, dorot), chacune réfutée, jusqu'à la synthèse de Rav Nahman bar Yitshak. Rabbi Yo'hanan apprend du mot be-yom, et Rav Aha bar Yaakov du mot chemini ; la Guemara retient Rabbi Yo'hanan, confirmé par une baraita, dont Rava commence à expliquer la logique à partir d'un kal va-homer fondé sur la tsaraat.
132b16 segments · 17 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
La mila repousse la tsaraat : "basar" et le principe asse dohe lo taasse
Le daf achève le kal va-homer de la baraita (132a) : la mila repousse la tsaraat, qui repousse le service, lequel repousse Chabbat ; la mila devrait donc repousser Chabbat. Le raisonnement tombe, car Chabbat est peut-être plus grave, et la source reste "be-yom". La Guemara établit ensuite que la mila repousse la tsaraat, à son temps où non, à partir du mot "basar" ; Rava analyse l'hésitation du Tanna selon deux versions (kal va-homer, ou asse dohe lo taasse). Abaye dérive le cas de l'intermédiaire (beinoni) par un tsad ha-chave. Rav Safra conteste Rava : la tsaraat repousse le service, elle est donc peut-être plus grave que Chabbat. Rav Achi répond : un asse ne repousse un lo taasse que lorsqu'on l'accomplit au moment même où l'on transgresse l'interdit.
133a20 segments · 27 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Mila, tache de tsaraat et jour de fête ; les besoins de la mila le Chabbat
Le daf achève la discussion sur la mila pratiquée à l'endroit d'une tache de tsaraat (baheret) : Rabbi Yochiya l'apprend du mot basar, Rabbi Yonatan d'un kal va-homer. La Guemara demande pourquoi un verset est nécessaire pour un acte non intentionnel ; Abaye et Rava répondent, en introduisant la notion de pessik reicha. On cherche ensuite la source de la règle selon laquelle la mila hors de son temps ne repousse pas le jour de fête (Hizkiya, Abaye, Rava, Rav Achi), puis Rav tranche comme Rabbi Akiva sur les préparatifs, pour la mila et pour le Pessa'h. La mishna du chapitre Rabbi Eliezer de la mila se conclut par la liste des besoins de la mila permis le Chabbat.
133b18 segments · 37 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Revenir sur les tsitsin, embellir la mitsva, et les soins de la mila le Chabbat
La Guemara explique ce qu'ajoute l'expression "tous les besoins de la mila" de la michna : tant que le mohel est occupé à la mila, il revient même sur les tsitsin (restes de prépuce) qui n'invalident pas la mila ; s'il s'est retiré (pirech), il ne revient que sur ceux qui l'invalident. Elle cherche ensuite quel Tanna soutient qu'après s'être retiré on ne revient pas : trois attributions sont proposées (Rabbi Ichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka pour le Pessa'h, Rabbi Yossi pour la néoménie, les Rabbanan de Rabbi Yossi pour le pain de proposition) ; les deux premières sont réfutées, notamment par le principe "zeh Eli ve-anvehou" (embellir la mitsva). Suit la baraita du mohel "ענוש כרת" qui n'achève pas la mila, avec trois lectures (Rav Kahana, Rav Pappa, Rav Achi). Le daf finit sur la metsitsa (succion du sang), qui est une question de danger, et sur la composition du pansement (ispelanit).
134a16 segments · 53 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Préparatifs de la mila à Yom tov et soins du nouveau-né
Le daf poursuit la michna sur les soins de la mila. Une baraita enseigne que certains préparatifs interdits le Chabbat (broyer le cumin, battre le vin et l'huile) sont permis à Yom tov. Abaye interroge Rav Yosef sur une série de cas à Yom tov : la moutarde filtrée ou adoucie avec une braise, la viande grillée, le fromage caillé ; Rav Yosef répond par la ressemblance avec le tri et par le critère de ce qui pouvait se faire la veille. La Guemara rapporte ensuite les conseils de la nourrice d'Abaye sur le pansement de la mila et les soins du nouveau-né, et deux récits de R. Natan sur des enfants dont on a retardé la mila.
134b23 segments · 26 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Laver le nouveau-né circoncis le Chabbat, et soigner une plaie
La michna permet de laver l'enfant avant et après la mila, et d'asperger de l'eau chaude à la main mais pas avec un récipient ; Rabbi Elazar ben Azarya permet de le laver le troisième jour, car ce jour est dangereux ("au troisième jour, quand ils souffraient"). Rav Yehouda et Rabba bar Avouh lisent la michna en style "comment ?" (laver = asperger à la main) ; Rava distingue le premier jour (lavage habituel) et le troisième (aspersion). La halakha suit Rabbi Elazar ben Azarya, pour tout le corps et pour l'eau chauffée même le Chabbat, car c'est un danger. Suit la discussion de Rav et Chmouel sur l'eau chaude et l'huile sur une plaie, puis les pansements secs, et enfin l'exclusion du cas douteux et de l'androgyne par le mot "ערלתו" (son prépuce).
135a13 segments · 19 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Mila douteuse, né circoncis et guer déjà circoncis
Le daf poursuit la baraita qui déduit du mot 'orlato' (son prépuce) que seule une mila certaine repousse le Chabbat : on exclut le cas douteux, l'androgyne (sauf pour R. Yehouda), l'enfant né bein hachmachot et l'enfant né circoncis. Trois tanaim rapportent différemment la discussion de Beit Chamai et Beit Hillel : sur le né circoncis (tana kama), sur le converti déjà circoncis (R. Chimon ben Elazar) ou sur la profanation du Chabbat (R. Eliezer Hakappar). Rav et Chmouel tranchent différemment ; Rabba et Rav Yossef discutent si l'orla kvoucha (prépuce caché) est un doute ou une certitude. Le daf traite aussi du ben 8 (né à huit mois) et ouvre la règle de R. Assi liant la mila au 8e jour à l'impureté de la mère.
135b14 segments · 19 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Circoncision au huitième jour : le principe de Rav Assi et l'esclave ne à la maison
Rav Assi fait dépendre la circoncision au huitième jour de l'impureté de la mère après l'accouchement. La Guemara l'oppose à la discussion de Rav Houna et Rav Hiya bar Rav sur l'enfant né par césarienne, et répond que le huitième jour et la permission du Chabbat vont ensemble. Elle rattache ensuite le principe à une baraita sur l'esclave ne à la maison (yelid bayit) et l'esclave acheté (miknat kessef), circoncis à un jour ou à huit jours, ou Rabbi Hama suit le critère de l'immersion de la servante. Rava, Rabbi Yirmeya et Rav Mesharshia cherchent comment le Tanna kamma explique chaque cas. Le daf s'achève sur l'enseignement de Rabban Chimon ben Gamliel : trente jours pour l'homme, huit pour l'animal, avant d'être hors de doute de nefel.
136a20 segments · 25 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Nefel : mila douteuse et statut du nouveau-né avant trente jours
Le daf prolonge la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel : un enfant qui n'a pas vécu trente jours (un animal : huit jours) reste dans le doute d'être un nefel, non viable. La Guemara demande comment on peut alors le circoncire le Chabbat ; Rav Adda bar Ahava répond par le raisonnement memah nafchakh, et Mar fils de Ravina limite l'interdit de la baraita aux préparatifs de la mila. Abaye et Rava comparent la question au petit d'animal né à huit mois et au statut de la terefa. On établit ensuite que les Rabbanan sont en désaccord avec RChBG et que la halakha suit RChBG ; Abaye reformule la portée du désaccord, et des récits sur le deuil d'un enfant mort avant trente jours illustrent l'exception : quand on sait que la grossesse a dure ses mois, l'enfant est viable.
136b5 segments · 10 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Halitsa après un nefel douteux ; l'androgyne et les erekhin
Le daf conclut la discussion sur l'enfant mort avant trente jours, dont la mère s'est fiancée à un autre homme. Ravina rapporte au nom de Rava : la femme d'un Israël fait la halitsa par doute, la femme d'un Cohen ne la fait pas. Rav Sherevya rapporte au nom de Rava que toutes deux la font ; Ravina répond que Rava s'est rétracté le matin, et Rav Sherevya proteste vivement. La Guemara revient ensuite à la Michna : Rabbi Yehouda permet de circoncire l'androgyne le Chabbat. Rav Hisda précise que Rabbi Yehouda ne le tient pas pour mâle à tous égards, car l'androgyne n'a pas d'erekh (évaluation), comme l'enseigne la baraita sur 'le mâle' et 'si c'est une femelle'.
137a29 segments · 30 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
L'erreur dans la mila le Chabbat, les jours de la mila et les tsitsin
Le daf clôt la discussion sur l'androgyne selon Rabbi Yehouda, puis ouvre une michna : un mohel devait circoncire deux enfants, l'un le Chabbat, l'autre un autre jour, et il a circoncis par erreur le mauvais le Chabbat. Rabbi Eliezer l'oblige à une hatat, Rabbi Yehoshoua l'en dispense ; la Guemara présente trois versions de la baraita sur le cas exact de leur mahloket et sur la raison de Rabbi Yehoshoua (il a fait une mitsva, ou il était occupé par une mitsva). La michna suivante explique pourquoi la mila tombe entre le 8e et le 12e jour, et la Guemara fixe le délai de sept jours après la guérison d'un enfant malade. Le daf se termine sur les tsitsin, lambeaux de peau qui invalident la mila.

Perek 20 Tolin — Filtrer et préparer sans effort interdit · 8 amudim

137b19 segments · 20 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Les berakhot de la mila et la mechameret tendue yom tov
Le daf achève le chapitre Rabbi Eliezer demila : la peria est indispensable, Rav précise le seuil des tsitsin (la majeure partie de la hauteur de l'atara), et Chmouel et la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel divergent sur l'enfant charnu. La baraita fixe ensuite les berakhot du mohel, du père, des présents et du mevarekh, pour un enfant, un converti et un esclave. Le chapitre Tolin s'ouvre sur la mechameret (filtre à vin) : Rabbi Eliezer permet de la tendre yom tov, les Hakhamim l'interdisent. La Guemara concilie cette position avec l'interdit de l'ohel arai (tente provisoire) et discute si celui qui l'a tendue doit une hatat.
138a16 segments · 27 Rachi · 8 Tossefot · 3 schémas
Tentes provisoires, filtrage du vin et ciels de lit le Chabbat
Le daf poursuit la michna du filtre à vin (machméret) : suspendre un filtre le Chabbat est interdit par les Sages pour ne pas agir comme en semaine. Abaye regroupe les baraitot en trois catégories : tente provisoire (patour aval assour), tente permanente (hayav hatat), objet déjà monté (permis). Rav Kahana rend passible celui qui filtre le vin ; Rav Chechet s'étonne d'un écart si grand avec R. Eliezer, Rav Yosef cite l'ir shel zahav, et Abaye répond. Rabba et R. Zeira discutent de la melakha concernée : trier (borer) ou tamiser (meraked). Enfin, la Guemara traite de la talit pliée, des échanges entre Rav Kahana et Rav sur la kila et la mita, et du rideau (vilon).
138b17 segments · 28 Rachi · 3 Tossefot · 3 schémas
Kilat hatanim, chapeau de feutre et l'oubli annoncé de la Torah
Le daf achève la discussion sur la tente (ohel) le Chabbat : la kilat hatanim, sans toit, peut être tendue et retirée, à quatre conditions posées par Rav Chicha fils de Rav Idi. Il traite ensuite du chapeau de feutre (siana) : l'interdit tient à la crainte que le vent ne l'emporte. Rami bar Ye'hezkel demande à Rav Houna trois enseignements de Rav : le goud tendu à deux, le fourneau dont un pied est tombé, et la prédiction que la Torah sera oubliée d'Israël. La Guemara cite alors la réunion des Sages à Yavne : on ne saura plus si un pain de terouma est richon ou cheni, à cause de la question de Rav Adda bar Ahava sur le four. Rabbi Chimon bar Yohai conteste que la Torah puisse être oubliée.
139a22 segments · 27 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Juges corrompus, retenue de Yossef et questions des gens de Bashkar
Le daf achève une aggada sur la corruption des juges. R. Yossi ben Elicha enseigne que les malheurs d'une génération renvoient d'abord aux juges d'Israël ; Michee annonce trois châtiments pour trois fautes, et Isaie promet la Chekhina une fois les mauvais juges écartés. R. Malaï lit plusieurs versets sur les juges et leurs auxiliaires, puis enseigne que Yossef s'abstint de vin depuis sa séparation et qu'Aharon mérita le pectoral pour sa joie sans jalousie. La Guemara revient ensuite à la halakha : les gens de Bashkar interrogent Levi sur la kila, le houblon dans la vigne et le mort un jour de fête. Rav Menachia répond strictement et tait les léniences, car ils ne sont pas des bnei Torah.
139b19 segments · 36 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Le stratagème (haarama) et le filtrage du vin le Chabbat
Le daf achève les réponses de Rav Menachya aux gens de Bechkar : un mort le yom tov est confié à des non-Juifs le premier jour et à des Juifs le second, mais on leur a refusé ces permissions parce qu'ils n'étaient pas bnei Torah. On peut sortir enveloppé d'une kila avec ses lanières, qui s'annulent, à la différence de tsitsit non conformes. La Guemara traite ensuite de la haarama (stratagème) : la passoire suspendue pour des grenades, la bière de hol hamoed, et l'érudit Rav Houna qui ruse dans des interdits derabanan. La michna du chapitre Toline permet de filtrer le vin dans des linges et un panier, de passer un œuf dans la passoire à moutarde et de préparer l'anomalin ; la Guemara en fixe les limites.
140a24 segments · 43 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Moutarde, hiltit et linge frotté : les limites des préparations du Chabbat
Le daf poursuit la liste des préparations permises le Chabbat. Pour la moutarde pétrie la veille, Rav, Chmouel, Rabbi Elazar et Rabbi Yo'hanan divergent sur la manière de la délayer, avant que Mar Zoutra ne permette les deux manières, sans battre fortement. Suivent l'anomalin, permis, et l'alountit, interdite car proche d'un remède. La Michna traite ensuite du hiltit (assa-foetida) et du tri des vesces et de la paille : la Guemara discute le trempage dans l'eau froide et le cas du malade dont la cure ne peut être interrompue. Enfin, Rav Aha bar Yossef interroge Rav Safra sur le fait de frotter une chemise de lin rigide : on vise à l'assouplir, c'est donc permis, à la différence du foulard.
140b25 segments · 50 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Mouktse des objets suspendus, conseils de Rav Hisda et mangeoire du Chabbat
Le daf achève la discussion sur la chemise mise à sécher : on peut la retirer de sa tige, mais la tige, simple roseau, est mouktse, sauf s'il s'agit d'un outil de tisserand. Rav Hisda et Rav traitent ensuite de la botte de légumes et du crochet à viande ou à poissons. Suit une longue série de conseils de Rav Hisda à l'étudiant pauvre et à ses filles : économie, nourriture, vêtements, pudeur. La Guemara revient alors aux Michnayot : le tri des vesces, puis la discussion entre Rabbi Dossa et les Sages sur la mangeoire du bœuf à l'engrais, que Rav Hisda limite à la mangeoire-ustensile, et enfin le fourrage passe d'une bête à l'autre, qu'Abaye explique par la différence entre l'âne et le bœuf.
141a20 segments · 24 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Paille du lit, pressoir à linge et déplacement indirect
Le daf achève la discussion sur le fourrage déplacé d'une bête à l'autre, puis cite la Michna : la paille posée sur un lit, mouktse, se remue avec le corps mais non avec la main, sauf si elle est destinée au bétail ou recouverte d'un coussin ; le pressoir à linge d'un particulier se desserre mais on ne presse pas, et celui du blanchisseur est interdit. La Guemara oppose Rav Nahman (le radis enfoui) à la Michna et conclut que le déplacement indirect (tiltoul min hatsad) n'est pas un déplacement. Suit une série de décrets de Rav Yehouda et de Rava : piler des poivres, se sécher en sortant de l'eau, essuyer la boue du pied sur le mur ou le sol, s'asseoir à l'entrée d'une impasse, caler un tonneau, boucher une cruche avec un chiffon. Le daf finit sur la boue du vêtement et de la chaussure.

Perek 21 Notel Adam et Beno — Porter un enfant, dégager une pierre · 4 amudim

141b28 segments · 27 Rachi · 5 Tossefot · 3 schémas
Huile et chaussures, la forme du cordonnier, l'enfant et la bourse
Le daf achève le chapitre Tolin. Il précise d'abord quand l'huile mise sur le pied ou sur le corps devient un tannage du cuir (ibboud) : Rav Hisda fixe le critère à la quantité d'huile. Suivent des règles sur les chaussures que l'on porte le Chabbat (trop grande, déchirée, neuve) de peur que l'on vienne à les porter à la main dans le domaine public. La Guemara examine ensuite s'il est permis de retirer une chaussure de la forme du cordonnier (imous), en fonction de la discussion entre Abaye et Rava sur l'objet à usage interdit. Le chapitre Notel s'ouvre sur un père qui porte son fils tenant une pierre, et la Guemara analyse l'enseignement de Rava sur l'enfant qui porte une bourse au cou.
142a20 segments · 35 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
La corbeille, la terouma mélangée et Rabbi Yehouda
Le daf achève la discussion sur le fait de porter un enfant qui tient une pierre, puis confirme la position de Rava sur les vêtements portés par une personne que l'on transporte. La Guemara examine ensuite la corbeille contenant une pierre : pourquoi la corbeille ne devient-elle pas support (bassis) d'un objet mouktse ? Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elai et Rava répondent par étapes. Rav Hisda distingue les cas de terouma pure et impure dans le même panier, selon la disposition et selon que l'on a besoin de l'objet ou de sa place. Enfin, la Guemara cherche sur quel Tana s'appuie Rabbi Yehouda, qui permet de retirer la terouma d'un mélange le Chabbat : Rabbi Eliezer, Rabbi Chimon, puis Rabbi Chimon ben Elazar.
142b20 segments · 43 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
La pierre sur le tonneau et les pièces sur le coussin
Le daf conclut la discussion sur Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon ben Elazar au sujet du prélèvement de la terouma mélangée. Commence ensuite la michna : comment retirer un objet mouktse (pierre, pièces) posé sur un objet permis (tonneau, coussin) sans le prendre à la main, et comment nettoyer un coussin sali. La Guemara limite ces permissions au cas d'oubli : si l'objet a été posé volontairement, le support devient bassis (support d'un objet interdit). Elle rattache la michna à Rabban Chimon ben Gamliel au sujet du tri le jour de fête, distingue le besoin de l'objet et le besoin de sa place, puis discute la technique de la miche ou de l'enfant posé sur un objet mouktse, avec les positions de Mar Zoutra, Rav Achi, Abaye, Rava et Rav Yossef.
143a15 segments · 31 Rachi · 8 Tossefot · 2 schémas
Os, miettes, éponge et noyaux de dattes : le mouktse à table
La Guemara conclut la discussion précédente : les entrailles qui se gâtent étaient destinées au chat dès la veille, et Rava suit Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. La Michna traite du débarrassage de la table le Chabbat : os et écorces, miettes, cosses de légumineuses et éponge. Rav Nahman inverse les positions de Beit Chammai et Beit Hillel, pour que Beit Hillel suive Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse. La Guemara examine ensuite l'éponge (psik reicha) et termine par les noyaux de dattes et les différentes manières dont les Amoraim s'en débarrassaient. Fin du chapitre Notel adam et bno.

Perek 22 Havit — Le tonneau brisé et les liquides répandus · 9 amudim

143b8 segments · 21 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Tonneau brisé et jus qui s'écoule des fruits le Chabbat
La Michna permet de sauver d'un tonneau brisé la nourriture de trois repas, sans éponger. Elle interdit de presser des fruits le Chabbat et discute du jus qui s'en écoule de lui-même : Rabbi Yehouda distingue selon que les fruits ont été rentrés pour être mangés ou pour leur jus. La Guemara précise la portée de ce désaccord : Chmouel restreint la dispute, Rav Nahman bar Yitshak la situe dans les mûres et les grenades, en s'appuyant sur une baraita. La sougya ouvre ensuite une question sur le cas 'sans précision' à partir de la Michna du lait de femme et du lait d'animal.
144a4 segments · 7 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Le liquide sorti sans consentement : lait, olives et fruits
La Guemara poursuit la Michna de Makhchirin citée au daf précédent : Rabbi Akiva soutient que le lait d'une bête rend apte à l'impureté même s'il sort sans consentement, car le lait n'a pas le statut du sang. Les Sages lui opposent les paniers d'olives et de raisins, dont le liquide sorti sans consentement est pur. La Guemara tente d'en tirer une objection contre la baraita de Rabbi Yehouda sur les mûres et les grenades (si le cas indéterminé ne compte pas pour des olives, à plus forte raison pour des fruits qu'on ne presse pas), puis la rejette de deux façons. Elle ouvre enfin la question de savoir si les Rabbanan reconnaissent la distinction de Rabbi Yehouda pour les autres fruits.
144b15 segments · 32 Rachi · 4 Tossefot · 2 schémas
Presser des grenades, le mohal et le liquide qui va vers un aliment
La Guemara achève la preuve que les Rabbanan admettent la distinction de Rabbi Yehouda pour les fruits ordinaires : une baraita permet de presser pruneaux, coings et azeroles, mais pas les grenades, que la maison de Menachya bar Menahem pressait en semaine. Rav Nahman tranche comme cette maison ; Rava objecte qu'un seul homme ne fait pas la norme. La justification vient de Rav Hisda (le jus de bettes dans un mikve) : celui qui donne de l'importance à un jus en fait un liquide. Rav Pappa propose une autre raison pour les bettes, ce qui amène la discussion sur le mohal des olives (Rabbi Yaakov et Rabbi Chimon). Enfin Chmouel permet de presser une grappe dans une marmite de nourriture (un liquide qui va vers un aliment est un aliment), Rav Hisda en déduit la traite d'une chèvre, et Rami bar Hama puis Ravina soulèvent des objections tirées des lois de pureté.
145a15 segments · 22 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
Liquide qui entre dans un aliment ; presser kevachim et chelakot le Chabbat
La Guemara poursuit la question du liquide exprimé directement dans un aliment (machke ha-ba le-okhel) : est-il un aliment ou un liquide ? Elle examine la michna de Taharot sur l'impur qui presse des olives, puis le désaccord sur le pain lissé avec des raisins, lu de trois façons (Rabbi Yirmeya, Rav Papa, Rav Houna fils de Rav Yehochoua). Vient ensuite la règle de Rav : presser des raisins dans une marmite, non dans un bol, et le poisson pour sa saumure même dans un bol. Enfin, le débat entre Rav, Chmouel et Rabbi Yo'hanan sur la pression des kevachim (légumes marinés) et des chelakot (légumes cuits) pour leur jus, et le principe : selon la Torah, on n'est passible que pour le foulage des olives et des raisins.
145b16 segments · 48 Rachi · 1 Tossefot · 3 schémas
Témoignage par ouï-dire pour le bekhor ; tremper et rincer à l'eau chaude ; Babel et Erets Israël
Le daf achève la discussion sur le témoin rapportant un autre témoin (ed mipi ed) : l'école de Menachya le limite à l'edout icha, et la Guemara conclut qu'il est valable aussi pour le bekhor. Rav Hochaya apporte ensuite une baraita sur les olives et raisins écrasés avant Chabbat, dont le jus coule de lui-même, que Rabbi Eleazar et Rabbi Chimon permettent. La michna suivante distingue l'aliment déjà cuit, qu'on peut tremper dans l'eau chaude, de celui qui ne l'a pas été, qu'on peut seulement rincer, sauf certains poissons salés pour lesquels le rinçage achève la cuisson (hatat selon Rav Yosef). Le daf s'ouvre enfin sur une aggada : quatre questions de Rabbi Hiya bar Abba sur Babel et Erets Israël, les réponses de Rabbi Asi, puis celles de Rabbi Yo'hanan.
146a12 segments · 35 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
La souillure du serpent ; ouvrir un tonneau et percer un trou le Chabbat
Le daf achève un passage aggadique : la souillure (zouhama) introduite par le serpent chez Hava a cessé pour Israël au mont Sinaï, et Rabbi Abba bar Kahana la fait cesser dès Yaakov et ses douze tribus. Commence ensuite la michna : on peut briser un tonneau pour en manger des figues sèches, sans intention de faire un récipient ; Rabbi Yehouda et les Hakhamim discutent de percer le bouchon (mégufa), et on ne recouvre pas un trou de cire. La Guemara restreint la michna aux figues pressées selon Rabbi Nehemia (Rabbi Ochaya), examine le percement d'un tonneau avec une lance (Rav Chechet), la portée du désaccord sur le bouchon (Rav Houna et Rav Hisda), puis la baraita sur le nouveau trou, l'élargissement et l'ancien trou, que Rabba explique par la gezera du poulailler.
146b15 segments · 37 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Percer un tonneau, le tuyau, la feuille de myrte, les feutres ; marit haayin
Le daf achève la discussion sur le percement d'un trou dans un tonneau le Chabbat : la halakha suit "certains disent" (on n'élargit pas un trou existant), et l'on peut rouvrir un ancien trou seulement si sa fermeture servait à conserver le vin et non à renforcer le tonneau (désaccord Rav Hisda / Rava). Suivent trois désaccords entre Rav et Chmouel construits sur le même modèle : le tuyau-bec (goubta), la graisse pour boucher le trou (mich'ha), les feutres (bei sadya) ; à chaque fois les extrêmes font l'unanimité et le désaccord porte sur le cas du milieu, où Rav décrète. La Michna suivante traite des moyens de conserver, refroidir ou chauffer sans cuisson, et des vêtements tombés à l'eau, ce qui ouvre la question de marit haayin : Rav interdit même en privé ce qui est interdit à cause de l'apparence.
147a13 segments · 42 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Secouer son manteau, le porter sur les épaules ; se sécher et se soigner le Chabbat
Le daf commence par l'enseignement : celui qui secoue son manteau le Chabbat est passible d'un hatat, à condition que le vêtement soit neuf, noir, et que son propriétaire y tienne ; Rachi parle de poussière, Rabbenou Hananel (cité par Tossefot et le Roch) de rosée. La Guemara passe ensuite à la manière de porter un vêtement sur les épaules : un manteau plié, des pièces nouées ou un merzav (poches babyloniennes) sont un transport interdit, tandis qu'un foulard jeté sur l'épaule est une manière de se vêtir ; Rav Pappa pose la règle : plier pour ramasser est interdit, plier pour s'embellir est permis. Un récit sur Rabbi, transmis en trois versions, illustre le cas limite. La Michna suivante traite de celui qui se sèche après le bain (dix serviettes pour un homme, une serviette pour dix hommes) et des soins corporels interdits le Chabbat ; la Guemara commence à en analyser la formulation.
147b17 segments · 40 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
La serviette après le bain et les soins du corps le Chabbat
Le daf achève la discussion sur le bain le Chabbat : se rincer le corps suit Rabbi Chimon, et la Guemara examine si l'on peut rapporter chez soi la serviette avec laquelle on s'est sèche. Rav Yossef énumère Rabbi Chimon, Rabbi, Chmouel et Rabbi Yo'hanan comme permissifs, et la Guemara résout la contradiction avec la michna anonyme. On explique ensuite les autres éléments de la michna : oindre et masser, l'effort physique et les eaux de Dyomsit (avec l'histoire de Rabbi Elazar ben Arakh qui oublia son étude), le racloir, le Kordima, faire vomir, redresser un enfant, et le début de la question de la fracture.

Perek 23 Choel — Emprunter, compter, et les soins au mort · 10 amudim

148a8 segments · 19 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Remettre une fracture ; emprunter le Chabbat sans dire "prête-moi"
Le daf termine le chapitre Havit. La halakha suit la version de la Michna rapportée par Chmouel : on remet une fracture le Chabbat. Rabba bar bar Hana transmet cette version à Rav Yehouda, qui l'avait fait amener de force à son cours. Rav Yosef refuse d'étendre cette version au membre déplacé. Le chapitre Choel commence : on peut emprunter des cruches de vin et d'huile le Chabbat, à condition de ne pas employer le terme halveni (fais-moi un prêt), de peur qu'on en vienne à écrire. Abaye explique la distinction à Rava bar Rav Hanan, puis la règle du changement (chinouy) à Yom Tov est discutée à propos des femmes qui puisent l'eau.
148b19 segments · 38 Rachi · 7 Tossefot · 3 schémas
Le prêt de Yom Tov : peut-on le réclamer ? ; consacrer le Pessa'h le Chabbat
Le daf achève la discussion sur le changement (chinouy) à Yom Tov, puis pose le principe : mieux vaut qu'ils soient involontaires plutôt que délibérés, valable même pour un interdit de la Torah. Il concilie le prêt de pain de notre Michna avec l'avis de Hillel sur l'usure. Rav Yosef et Rabba discutent du prêt fait à Yom Tov : peut-on le réclamer au tribunal ? Les preuves tirées du gage et de la vache partagée à Roch Hachana après la chemita sont rejetées. Rabbi Yo'hanan permet de consacrer le Pessa'h le Chabbat, pour une obligation à date fixe. Le daf s'achève sur la Michna du compte des invités et du tirage au sort.
149a14 segments · 26 Rachi · 7 Tossefot · 2 schémas
Lire la liste des invités : peur d'effacer ou peur de lire ; le miroir le Chabbat
La Michna interdit de lire le Chabbat, sur une liste écrite, les noms de ses invités et les plats prévus. Rav Bivi y voit un décret de peur qu'on n'efface un nom ; Abaye, de peur qu'on en vienne à lire des documents profanes (chetarei hedyotot). La Guemara cherche le cas où ils diffèrent : mur en hauteur, mur en bas, tablette gravée, et revient au mur en hauteur en établissant que la règle de Rabba (ne pas distinguer selon la hauteur) est discutée par des Tannaim, comme la discussion sur le miroir fixé au mur. Suivent l'interdit de lire l'écrit sous les images et de regarder une idole, puis le tirage au sort des portions entre convives pointilleux.
149b15 segments · 25 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
Tirage au sort en famille et avec d'autres ; celui par qui son prochain est puni ; Nevoukhadnetsar
La Guemara termine l'étude de la mishna sur le tirage au sort à table. Avec ses enfants et les gens de sa maison, le tirage est permis, même pour une grande portion contre une petite, car tout appartient au père ; avec d'autres, il est interdit (mesure, poids, compte, ribit selon Beit Hillel) et la grande portion contre la petite relève du kouvia, interdit même en semaine. Rabbi Yaakov, fils de la fille de Yaakov, précise que les kohanim ne tirent pas au sort le jour de fête les portions de la veille, puis enseigne que celui par qui son prochain est puni n'entre pas dans l'enceinte de Hachem ; la Guemara cherche la source du principe. Le mot 'halachim' de la mishna amène enfin une série d'enseignements de Rav et de Rabbi Yo'hanan sur Nevoukhadnetsar.
150a13 segments · 26 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Parler de ses affaires le Chabbat : dibour interdit, hirhour permis
L'amud achève l'aggada sur Nevoukhadnetsar, puis ouvre la Michna du dernier chapitre des règles de la parole le Chabbat : on n'engage pas d'ouvriers, on ne demande pas à un autre de le faire, et on ne s'attarde pas à la limite du tehoum pour une chose interdite à dire. La Guemara établit, avec R. Yehochoua ben Korha, que la parole (dibour) est interdite et la pensée (hirhour) permise, confronte ce principe aux lois de la Torah dans un lieu impur, puis montre que les affaires de mitsva (heftsei chamayim) sont permises à la parole. Elle termine sur les calculs permis et interdits.
150b13 segments · 21 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Parler de demain le Chabbat : calculs, bourganin et attente de la nuit au tehoum
L'amud achève la discussion sur les calculs permis le Chabbat : un calcul du passé est interdit tant qu'il reste un salaire à payer, permis sinon. Suit le récit du hassid qui s'abstint de réparer la brèche de son champ parce qu'il y avait pensé le Chabbat. Chmouel pose un principe : on peut dire 'je vais demain à telle ville', car l'acte pourrait être permis s'il y avait des bourganin. La Guemara confronte ce principe à la Michna (fruits, paille, besoins d'une fiancée et d'un mort), puis examine comment on peut garder ses fruits à la sortie du Chabbat sans avoir fait la havdala, et ouvre la question de la portée de la règle d'Abba Chaoul.
151a11 segments · 24 Rachi · 6 Tossefot · 3 schémas
Attendre la nuit au bord du tehoum ; flûtes, cercueil et bain faits le Chabbat
L'amud achève l'analyse de la règle d'Abba Chaoul : tout ce dont on est autorisé à parler le Chabbat, on peut attendre la nuit au bord du tehoum pour s'en occuper ; la Guemara la rattache à la règle de Chmouel (garde mes fruits dans ton tehoum). Une nouvelle michna traite des besoins du mort : flûtes apportées par un non-Juif, cercueil et tombe faits le Chabbat. Rav et Chmouel discutent du cas douteux (endroit proche) ; la michna appuie Chmouel, la baraita du bain appuie Rav. Oula et R. Abahou expliquent pourquoi le cercueil et la tombe sont permis sans attente, puis s'ouvre la michna des soins au mort le Chabbat.
151b17 segments · 44 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
Les besoins du mort le Chabbat ; la mort, la tsedaka et la vieillesse
L'amud achève la michna des besoins du mort : on attache sa mâchoire et on étaie une poutre brisée pour empêcher l'aggravation, sans rétablir l'état initial. La Guemara justifie l'onction du mort malgré l'interdit d'oindre le sol du bain, puis inclut d'autres soins (ustensiles froids, orifices bouchés). La michna suivante interdit de fermer les yeux du mort le Chabbat et, en tout temps, au moment où l'âme sort. Suit une longue aggada : le vivant et le mort (nourrisson, David, Og), la tsedaka à faire tant qu'on le peut, la mahloket entre Rabbi Chimon ben Elazar et Chmouel sur les jours du Machiah, la roue de la pauvreté, et la lecture de Kohelet 12 sur la vieillesse et les larmes.
152a16 segments · 56 Rachi · 0 Tossefot · 3 schémas
La vieillesse : versets de Kohelet, réparties des Sages, deuil de l'âme
L'amud poursuit la section aggadique ouverte par la michna sur les soins au mort. La Guemara lit Kohelet 12 comme une description du corps qui vieillit : dents, yeux, jambes, sommeil, désir. Elle rapporte des réparties de Sages sur leur grand âge (R. Yehochoua ben Hanania devant l'empereur, R. Chimon ben Halafta devant Rabbi) et l'échange mordant entre R. Yehochoua ben Qorha et un eunuque. Rav et Rava discutent le cas de Barzilaï, puis une baraita distingue la vieillesse des sages de celle des ignorants. La fin traite du sort du mort : demeure selon son rang, douleur des vers, deuil de l'âme pendant sept jours, et dix personnes qui s'assoient à la place du mort sans endeuillés.
152b13 segments · 24 Rachi · 1 Tossefot · 2 schémas
L'âme après la mort : conscience du défunt, parabole du roi, Rav Ahai bar Yochiya
L'amud poursuit l'aggada sur le deuil commencée au 152a. Rav Yehouda installe un minyan à la place d'un mort sans endeuillés, et le défunt l'en remercie en rêve. Rabbi Abahou enseigne que le mort sait ce qu'on dit devant lui ; Rabbi Hiya et Rabbi Chimon beRabbi discutent jusqu'à quand. Une baraita sur Kohelet 12,7 demande de rendre l'âme pure comme on l'a reçue, avec la parabole du roi qui distribue ses habits, puis décrit le sort des âmes des justes, des moyens et des méchants. Suit le récit de Rav Ahai bar Yochiya, dont le corps est intact dans sa tombe, et la question d'un min sur la nécromancienne qui fit monter Chmouel.

Perek 24 Mi CheHechchikh — Surpris par la nuit sur la route · 10 amudim

153a17 segments · 27 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Éloge funèbre, techouva de chaque jour, et la bourse à la tombée de Chabbat
La fin du chapitre Choel traite de l'éloge funèbre (hesped) : il révèle si le défunt est un ben olam haba, à condition qu'on s'efforce d'émouvoir l'assistance et qu'elle soit émue. Suit l'enseignement de Rabbi Eliezer, se repentir un jour avant sa mort, c'est-à-dire chaque jour, illustré par la parabole du festin du roi de Rabban Yo'hanan ben Zakai. Le chapitre Mi chehehchikh s'ouvre ensuite : celui que la nuit de Chabbat surprend en chemin confie sa bourse à un non-Juif, ou à défaut la pose sur son âne. La Guemara explique la raison (l'homme ne se retient pas devant la perte de son argent), limite la permission à sa propre bourse, et établit un ordre de préférence entre non-Juif, âne, chote, 'herech et katan.
153b15 segments · 32 Rachi · 5 Tossefot · 2 schémas
La bourse à l'entrée de Chabbat : sourd-muet ou mineur, les 18 décrets, le méhamèr
L'amud achève la discussion sur celui que Chabbat surprend en chemin avec sa bourse. Entre un sourd-muet et un mineur, la guemara ne tranche pas. S'il n'y a personne, Rabbi Yitshak révèle une solution que les Sages avaient tué : porter la bourse par étapes de moins de quatre amot. Ce décret fait partie des dix-huit décrets, sur lesquels Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua s'opposent par deux paraboles. La guemara justifie ensuite le recours à l'âne (Rav Adda bar Ahava, Rav Pappa), traite du paquet porté sur l'épaule, puis examine l'avis de Rami bar Hama sur le méhamèr, que Rava conteste par deux objections.
154a7 segments · 5 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Le mehamer : passible de lapidation ou exempt de tout ?
L'amud clôt le traité Chabbat par la question du mehamer, celui qui conduit sa bête chargée le Chabbat. Selon la version de Rav Zevid, Rami bar Hama le déclare exempt de hatat s'il agit par inadvertance, mais passible de lapidation s'il agit volontairement. Rava objecte une baraita, que la guemara relit pour maintenir cet avis. Une autre tradition, rapportée au nom de Rabbi Yo'hanan, exempte le mehamer de toute peine : ni hatat, ni lapidation, ni flagellation. En passant, la guemara discute l'identité du père de Rav Mari bar Rahel.
154b17 segments · 34 Rachi · 3 Tossefot · 2 schémas
Décharger l'animal le Chabbat ; tsdadin et tsdéi tsdadin
L'amud conclut d'abord que le méhamer (conduire un animal chargé) n'entraîne pas de flagellation, puis revient à la michna : arrivé à la cour extérieure, comment décharger l'animal ? Rav Houna permet de glisser des coussins sous des objets en verre mouktse, dans le cas de petits paquets ; une baraita sur des plaques de verre et l'histoire de l'âne de Rabban Gamliel, mort sous sa charge de miel, précisent la limite. Rabba fait glisser son fils sur le flanc d'un âne : il soutient que l'usage des tsdadin (côtés) d'un animal n'a pas été interdit. Abaye le conteste à partir de la michna de la souka adossée à un arbre, puis Abaye et Rava interprètent la mahloket des Tannaim sur les tsdéi tsdadin.
155a13 segments · 32 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Tsdadin et tsdei tsdadin (l'arbre, le piquet, l'échelle) ; Michna Matirin : nourrir l'animal, mitrah be-okhla et chavouyei okhla
Le daf achève la discussion sur l'usage des côtés d'un arbre (tsdadin) : un erouv posé dans un panier suspendu à un piquet planté dans l'arbre est valable sous dix tefahim, parce que le piquet est un côté et le panier un côté de côté. Rav Pappa explique le cas du panier étroit, et la halakha est tranchée : tsdadin interdits, tsdei tsdadin permis ; Rav Ashi en tire la règle de l'échelle appuyée contre un palmier. Commence ensuite la Michna Matirin : ce qu'on peut faire pour préparer le fourrage d'un animal à Chabbat (délier les gerbes, les étaler, broyer). Rav Houna et Rav Yehouda lisent la Michna en sens inverse : pour l'un on peut se donner de la peine pour une nourriture déjà consommable (mitrah be-okhla) mais pas rendre consommable (chavouyei okhla), pour l'autre c'est l'inverse. La Guemara attaque Rav Houna par la fin de la Michna (le broyage des caroubes) et par la position de Rabbi Yehouda ; la dernière difficulté reste sans réponse (kachya).
155b16 segments · 38 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Nourrir les animaux le Chabbat : hamraa, halata et les animaux à notre charge
Le daf termine la discussion sur la préparation de la nourriture animale (courges, charogne, paille, luzerne). La michna énumère ensuite ce qu'on peut faire pour nourrir les animaux le Chabbat : on ne gave pas le chameau, on ne fait pas de hamraa aux veaux mais on peut faire la halata, on peut donner à manger aux poules et mettre de l'eau sur le son sans le pétrir. Rav Yehouda et Rav Hisda discutent de la différence entre hamraa et halata ; la Guemara introduit le critère des animaux dont les vivres sont à notre charge, puis cite l'enseignement de Rabbi Yona sur le chien. Elle identifie enfin l'auteur de la michna : Rabbi Yossi bar Yehouda.
156a14 segments · 53 Rachi · 2 Tossefot · 3 schémas
Pétrir avec modification, puis le mazal du jour et de l'heure
Le daf achève la discussion sur le pétrissage du son et de la chetita le Chabbat : la baraita suit Rabbi Yossi bar Yehouda, et le geste n'est permis qu'avec une modification (chinouy), dont la Guemara donne plusieurs formes. Les carnets (pinkassim) de Zeiri et de Levi rapportent des décisions de Rabbi Hiya et de Rabbi. Le carnet de Rabbi Yehochoua ben Levi ouvre ensuite une longue aggada : le caractère dépend du jour de naissance ; Rabbi Hanina répond qu'il dépend de la planète de l'heure. Le daf se termine sur la mahloket : y a-t-il un mazal pour Israël ? Rabbi Yo'hanan et Rav le nient, en s'appuyant sur Yirmeyahou et sur l'histoire d'Avraham.
156b10 segments · 26 Rachi · 6 Tossefot · 2 schémas
Ein mazal le-Israël ; mouktse de la charogne (Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon)
La première partie du daf achève la sougya de l'influence des astres : après Avraham, trois récits (Chmouel et l'astrologue Avlat, la fille de Rabbi Akiva, Rav Nahman bar Yits'hak) montrent que le destin annoncé par les astres change par la tsedaka et la prière ; d'où le principe : la tsedaka sauve de la mort elle-même. La michna suivante permet de couper des courges devant l'animal et une charogne devant les chiens le Chabbat ; Rabbi Yehouda l'interdit si la bête n'était pas encore morte la veille, car elle n'était pas prévue (mouktse). La Guemara recense les Amoraim de chaque camp : Oula, Rav et Levi avec Rabbi Yehouda ; Chmouel, Zeeiri et Rabbi Yo'hanan avec Rabbi Chimon, ce dernier point étant contesté à partir d'une michna anonyme.
157a13 segments · 32 Rachi · 4 Tossefot · 3 schémas
Fin de la sougya du mouktse ; annulation et levée des vœux le Chabbat
La première partie du daf achève la discussion sur le mouktse : on oppose à Rabbi Yo'hanan, qui tranche comme Rabbi Chimon, plusieurs michnayot anonymes qui semblent suivre Rabbi Yehouda ; chacune reçoit une réponse, et Rabbi Yo'hanan s'appuie sur la position de Beit Hillel. Rav Aha et Ravina fixent ensuite les limites de la halakha selon Rabbi Chimon (mouktse par répugnance, par interdit, par perte d'argent). La michna du dernier chapitre permet d'annuler et de faire lever des vœux le Chabbat, de boucher une lucarne, de mesurer et de nouer. La Guemara examine si la clause 'pour les besoins du Chabbat' porte aussi sur l'annulation, ce qui dépend du délai de hafara (toute la journée ou vingt-quatre heures), une mahloket de Tannaim.
157b3 segments · 5 Rachi · 2 Tossefot · 2 schémas
Boucher, mesurer, nouer le Chabbat ; Oulla et Rabba bar Rav Houna ; fin du traité
Dernier amud du traité Chabbat. La michna achève le récit de Rabbi Yehouda : un mort gisait dans un passage étroit (hilket) entre deux maisons, sous une cuve fendue ; pour protéger la maison de l'impureté, on boucha la fenêtre avec un récipient d'argile et on attacha un tesson à un jonc pour mesurer la fente. On en déduit que l'on peut boucher, mesurer et nouer le Chabbat. La Guemara rapporte qu'Oulla vit Rabba bar Rav Houna mesurer l'eau de sa cuve et objecta que seule la mesure de mitsva est permise ; Rabba répondit qu'il ne faisait que s'occuper sans intention. Le Ben Yehoyada commente ce dialogue et conclut par une allusion sur les lettres qui ouvrent et ferment le traité.
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